Vous êtes sur la page 1sur 1

Le Soir

d’Algérie

Actualité

Mardi 10 juin 2014 - PAgE 5

Soir d’Algérie Actualité Mardi 10 juin 2014 - PAgE 5 PREMIER JOUR DES ÉPREUVES DU BEM

PREMIER JOUR DES ÉPREUVES DU BEM

Les collégiens partagés

Coup d’envoi des épreuves du brevet de l'enseigne- ment moyen. Quatre matières étaient au menu de cette première journée. L’épreuve de physique a donné du fil à retordre aux collégiens. L’examen se poursuivra aujourd’hui et demain.

Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Décisives pour le passage du palier moyen à celui du secondaire, les épreuves du brevet de l'enseigne- ment moyen ont débuté hier. Dans la matinée, les collégiens ont eu droit aux épreuves de physique et de langue arabe alors que dans l’après- midi, c’était au tour de l’éducation civique puis islamique. L’épreuve de physique a causé quelques soucis à de nombreux candidats. Ceux ren- contrés au niveau de l’établissement Ibn Ennass du 1 er Mai se sont plaints arguant n’avoir pas étudié l’ensemble du programme en raison des absences prolongées de leur ensei- gnant. Ils affirment néanmoins avoir bien travaillé en langue arabe car trouvant le sujet «abordable». Les parents, de leur côté, avaient égale-

ment des doléances. Ils sont nom- breux à trouver que programmer quatre épreuves par jour était exces- sif. Leur progéniture subira néan- moins ce rythme encore aujourd’hui et demain avec deux épreuves en matinée et autant dans l’après-midi. Pour assurer le bon déroulement des épreuves, le ministère de l’Education a reconduit les mêmes mesures que celles prises pour le baccalauréat. L’introduction des téléphones à l’inté- rieur des centres d’examen est stric- tement interdite. A l’entrée des éta- blissements scolaires, est clairement affichée la liste de l’ensemble des appareils électroniques proscrits à l’image du Bluetooth. Les candidats sont clairement avertis que la simple introduction de ces appareils dans les centres d’examen est considérée

Photo : Samir Sid
Photo : Samir Sid

Près de 600 000 candidats se sont présentés à l'examen du brevet d'enseignement moyen (BEM).

comme une tentative de triche. Les candidats sont également informés des risques qu’ils encourent, à savoir l’interdiction de se présenter aux exa- mens pour une durée pouvant aller jusqu’à dix années. La ministre de l’Education avait clairement fait savoir

qu’elle appliquerait la tolérance zéro pour les tricheurs avant même le début des examens de fin d’année.

Hier, Nouria Benghebrit donnait le coup d’envoi des épreuves du brevet de l'enseignement moyen à partir de Béchar. Elle a abordé en marge de sa visite l’épineuse question du manque d’enseignants de langue étrangère dans les régions du sud du pays qui ont amené le ministère de l’Education à délivrer des dérogations permettant aux élèves des différents paliers de ne pas subir les épreuves de langue française. Ce manque, dit-elle, trou- vera «une solution adéquate» au cours des prochaines assises natio- nales du secteur, prévues au mois de juillet prochain à Alger ajoutant que «la réduction de ce manque a pu avoir lieu ces dernières années grâce à l'apport des différentes universités de ces régions qui ont formé des cadres pédagogiques spécialisés et nous allons encore faire des efforts pour mettre un terme à ce manque».

N. I.

CONSEILLER À LA VENTE

Une nouvelle filière dans la formation professionnelle

ILS PASSENT L’EXAMEN DANS DES CONDITIONS PARTICULIÈRES

5 614 détenus planchent sur les épreuves du BEM

Ce sont des candidats particuliers qui ont passé hier les épreuves du brevet d’enseignement moyen, dans des conditions tout aussi particulières. Il s’agit des détenus de l’établissement pénitentiaire d’El Harrach qui étaient au nombre de 181 à passer l’examen sous une sur- veillance renforcée. Ils sont en outre 5 614 détenus à composer sur le territoire national.

F.-Zohra B. - Alger (Le Soir) - L’établissement pénitentiaire d’El Harrach a connu hier une activité peu commune avec l’installation des encadreurs et autres sur- veillants du secteur de l’Education nationale chargés de surveiller et d’encadrer les épreuves du BEM. Les journalistes présents sur les lieux contribuaient aussi à sortir de la routine où la discipline règne en maîtresse. Dès le coup d’envoi des épreuves, des gardiens ont été postés dans les couloirs de l’aile transformée pour les besoins de l’examen en classes. Selon une responsable, ce sont les per- sonnes détachées du secteur de l’éducation qui prennent en charge le déroulement de l’examen dans l’espace réservé aux épreuves au sein de l’établissement. Une heure après le début des épreuves,

concentrés, les candidats répon- daient aux questions du sujet d’arabe. «Il ne faut pas les pertur- ber, nous avons un coefficient cinq pour la matière d’arabe, ils doivent rester concentrés.» Conseille la responsable aux journalistes pré- sents. Pour leur part, les détenus concentrés levaient à peine les yeux de leurs feuilles d’examen. Mokhtar Felioune, directeur de l'administration pénitentiaire et de la réinsertion au ministère de la Justice, présent sur les lieux, pré- cisera que sur le territoire national, ce sont 5 613 candidats détenus qui passent les épreuves du bre- vet d’enseignement moyen au niveau des différents établisse- ments pénitentiaires. Le nombre est en hausse selon le respon- sable par rapport à l’année passée puisque 4 500 candidats avaient

passé les épreuves. Il y a aussi sur le territoire 38 centres agréés par le ministère de l’Education nationale. Au niveau des établis- sements, 32 femmes passent les épreuves qui s’étalent sur trois jours. Pour ce qui est du taux de réussite, il était de 43% l’année passée selon Mokhtar Felioune qui dira espérer de meilleurs résul- tats pour cette année, au vu préci- se-t-il de la préparation tout au long de l’année. Le responsable expliquera aussi que les lauréats seront inscrits en 1 re année secon- daire. «Nous aidons aussi ceux qui sortent de prison ou bénéfi- cient d’une grâce pour leurs démarches d’inscription aux études par correspondance. Ils sont suivis et aidés par les ser- vices extérieurs d’insertion sociale une fois libérés, explique Mokhtar Felioune. Le plus jeune candidat passe les épreuves à Bouira, il est né en 1999. Le plus âgé est né en 1944 et passe les épreuves à Adrar. Pour ce qui est des femmes la plus jeune est née en 1992 et compose à Oran.

F.-Z. B.

Le métier du conseiller à la vente est la nouvelle filiè- re que proposera le secteur de la formation profession- nelle à partir de la rentrée du mois de septembre pro- chain. Une spécialité dont le modèle de formation par apprentissage est inspiré du modèle suisse.

Salima Akkouche - Alger (Le Soir) - Le métier de la vente va désor- mais se professionnaliser. Mieux enco- re, le ministre de l’Enseignement et de la Formation professionnels, Noureddine Bedoui, ne veut plus qu’il y ait «un vendeur non qualifié dans les cinq prochaines années». Dans cet objectif, le secteur a intégré une nou- velle filière de formation dans la nomenclature nationale des spécialités qui est la branche de la distribution. Le métier du conseiller à la vente est une première spécialité qui sera intégrée et proposée aux apprentis à partir de la rentrée de septembre. Ce projet pilote de formation par apprentissage sera mené en partenariat avec la Chambre de commerce et d’industrie Suisse- Algérie et le soutien technique de l’Office pour l’orientation, la formation professionnelle et continue du canton de Genève. L’Algérie a donc décidé de s’inspirer du modèle suisse. Pourquoi ? Selon le directeur de la Chambre Suisse-Algérie, Alain Roland, le modè- le suisse a déjà fait ses preuves. Comment ? Avec un taux de chômage qui avoisine les 3,6%, contre une

moyenne européenne de 28%, la Suisse, dit-il, est un modèle. Il a expli- qué que le programme développé por- tera d’une part sur une formation en entreprise et sur des cours théoriques dans un centre de formation profes- sionnelle. A son terme, dit-il, la forma- tion dispensée sur une durée de 18 mois et qui exige le niveau de 4 e année moyenne, sera sanctionnée par l’ob- tention d’un diplôme CMP (Certificat de maîtrise professionnelle), une pre- mière dans les métiers de la vente en Algérie. «La filière du commerce de détail en Algérie représente un gise- ment d’opportunités pour des jeunes en quête d’emplois et pour des com- merces soucieux d’offrir des presta- tions de service à valeur ajoutée à leurs clients», a souligné Alain Roland qui a indiqué que le vendeur doit savoir que «le seul patron c’est le client». Ainsi, la partie suisse et la partie algé- rienne vont collaborer pour l’élabora- tion du profil professionnel de conseiller de vente, du référentiel, de compétences et du programme de for- mation, la formation des formateurs et de maîtres d’apprentissage, ainsi que sur les procédures de certifications conformément aux dispositions en vigueur pour les CMP. Par ailleurs, des établissements de formation pri- vés, présents lors de cette journée, ne comprennent pas l’appel du ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels aux formateurs suisses. Ils dénoncent leur «exclu- sion» et estiment avoir les compé- tences nécessaires pour faire partie de ce projet.

S. A.

Pourquoi tant de haine ?

Voici que reviennent les sirènes chantant avec insistance les vertus de la «réconciliation». Référendum et amnistie n'ont apparemment pas réussi à convaincre du bien-fondé de la démarche : il faut maintenant la graver dans le marbre de la Constitution pour s'assurer que ces traîtres de proches et de descendants des vic- times du terrorisme ne s'avisent un jour de récla- mer justice. Il faut créer le délit de «crime consti- tutionnel» pour les en dissuader pour l'éternité Qu'avons-nous fait pour mériter tant de hargne ? Quels crimes ont commis les victimes ? Qu'ont fait de mal les hommes de science, les journalistes, les hommes et femmes de religion, les enseignants et les enseignantes, les artistes, les militaires, les policiers, tous partis sous les balles ou les tranchants de lames ? Qu'ont fait de mal les enfants scouts de Mostaganem ? Les enfants jouant sous la falaise de Saint-Raphaël

à El Biar ? Les populations de Raïs, de

Bentalha, de Sidi-Hamed massacrés hommes, femmes, enfants au cours de nuits d'horreur ? Ces Algériens ont-ils tous trahi la patrie ? Ont-ils abandonné leurs concitoyens aux flammes de l'enfer ? Ont-ils détruit les biens nationaux pour lesquels une génération précédente s'était sacrifiée en récupérant la terre des ancêtres ? Il est effectivement plus facile de pardonner quand on n'a pas eu à souffrir dans sa chair, quand on n'a pas eu à enterrer les siens, quand on était «aux abris» à l'étranger attendant des moments plus cléments pour revenir se pavaner en toute sécurité et en profiter à fond, exacte- ment comme ceux qui ont guetté l'indépendance du haut de miradors ou de bordjs planqués dans

En tout

des pays accueillants voisins ou amis

état de cause, pour se réconcilier, il faut d'abord avoir été deux parties adverses. Quels pas ont

fait les adversaires de la démocratie vers ceux qui portent la mémoire de leurs victimes ? Quels regrets ont-ils exprimés ? Ne sont-ils pas encore persuadés d'avoir bien agi en assassinant des innocents et que la «guerre étant ruse» d'avoir tout à gagner à se voir consacrés «héros» par la Constitution ? Constitution dont, au demeurant,

ils n'ont jamais reconnu la sacralité : rappelez- vous le slogan hurlé durant la décennie noire :

«la mithaq, la destour

consacrée constante nationale, alors pourquoi et comment s'opposer à la réconciliation avec les harkis ? Ont-ils été vraiment plus traîtres que les terroristes qui avaient programmé la mort de l'Algérie ? Leurs crimes sont-ils réellement plus atroces que ceux commis par les «nationaux» envers leurs frères ? Les peuples occidentaux ennemis pendant la Seconde Guerre mondiale sont maintenant amis et célèbrent ensemble le

» Si la réconciliation est

Fadela Belkhenchir

débarquement anglo-saxon le 6 juin 44 sur les

côtes de Normandie. Mais les crimes nazis n'ont jamais été ni amnistiés ni oubliés, mais Guy Mocquet est un nom qui résonne dans la mémoire de tous, mais les criminels nazis sont pourchassés jusqu'à nos jours, mais Ouradour sur Glane, le village martyr, est encore évoqué

70 ans après alors que ma génération en a entendu parler comme d'un crime impardon- nable déjà à l'école primaire du temps de la

colonisation

Malgré les apparences, les pays

occidentaux ne sont pas plus civilisés que nous mais ils ont compris - et la France le sait bien pour ce qui concerne son histoire algérienne - ils ont compris que l'on peut tuer les Hommes mais qu'on ne peut pas tuer la Mémoire.

F. B.