Juin 2014 - n°1

« Dans un univers passablement absurde, il y a quelque chose qui
n’est pas absurde, c’est ce que l’on peut faire pour les autres ».
André Malraux.
Zoom sur la réforme des rythmes scolaires
tion académique va obliger le maire à appliquer la réforme à ses
conditions, ce qui sera la pire des solutions puisqu’il n’y aura pas
eu de concertation ni avec les parents, ni avec les enseignants.
M. Dupont-Aignan va refuser d’ouvrir les écoles le mercredi et
cela va se terminer devant le tribunal administratif que va saisir
le préfet de l’Essonne. Nos enfants ne méritent pas d’être pris en
otages de cette façon, d’autant plus que M. Dupont-Aignan avait
indiqué l’an dernier qu’il ne les instrumentaliserait pas. En agis-
sant ainsi, il fait exactement l’inverse. L’amélioration de la vie de
nos enfants semble être le cadet de ses soucis. Et cela se vérifie
d’autant plus que ses priorités d’investissement restent consa-
crées à ce qui se voit (vidéo-protection, exposition Caillebotte,
paysagisme…)

Enfin, soulignons qu’un récent sondage sur la réforme des
rythmes scolaires révèle que 2 Français sur 3 la soutiennent.
Pourquoi est-il si difficile de prendre en compte l’inté-
rêt des enfants?

Incompréhensible, c’est le mot qui vient à l’esprit devant le refus
obstiné de M. Dupont-Aignan d’appliquer la réforme des rythmes
scolaires à la rentrée. Alors qu’il ne nie pas l’évidence : notre sys-
tème éducatif a des horaires inadaptés pour les enfants. Si l’on
compare avec les autres pays du monde, la France concentre le
plus d’heures d’apprentissage sur le plus petit nombre de jours
(987 heures sur 144 jours).










Notre maire trouve toutes les excuses pour ne pas se
plier à la loi, un comble pour un homme qui se dit ré-
publicain.

Il parle d’une large concertation avec les parents… ah bon, où ?
quand ? à part un questionnaire et un débat l’année dernière,
nous ne sommes au courant de rien. Le CCVS (Comité Consultatif
de la Vie Scolaire) n’a pas l’air de très bien fonctionner d’après les
parents à qui nous avons parlé. Les professeurs des écoles n’ont
pas l’air très au courant non plus.
Le maire dit que les enfants seraient très fatigués et s’endormi-
raient après les repas, dans les villes où la réforme a été appli-
quée… Nous avons interrogé des parents et des enfants des
villes de Boussy-Saint-Antoine, Evry et Palaiseau et rien de tout
cela n’a été constaté. Nous ne devons pas avoir les mêmes
sources d’information.
Il est d’ailleurs reconnu que la demi-journée supplémentaire de-
vrait plutôt être le samedi afin de maintenir une coupure dans la
semaine le mercredi.
L’aspect financier est évidemment important. L’estimation de notre
maire est très exagérée car il n’en coûterait en fait que 21€ par
Yerrois par an. Peut être peut on planter un peu moins de fleurs
et faire de l’éducation une priorité ?

Nous pouvons désormais imaginer le scénario suivant : l’inspec-

« Je n’ai rien contre la réforme des
rythmes scolaires. Faisons-la !
Mais alors, j’augmente les impôts...»

Nicolas Dupont-Aignan
Conseil Municipal du 9 avril 2014

A propos du Conservatoire
du Val d'Yerres
Après des années de dégradation progressive, le fonction-
nement du Conservatoire du Val d’Yerres est sérieusement
remis en question depuis plusieurs semaines. Le mois der-
nier, les rumeurs les plus folles ont circulé comme celle de
sa fermeture pure et simple. S’il convient de relativiser,
nous sommes cependant inquiets sur les mesures qui pour-
raient être prises pour préserver la survie du Conservatoire.
Nous craignons que des postes soient supprimés et que de
nombreux cours, comme ceux des classes à horaires amé-
nagés, soient sacrifiés au profit d’une rentabilité à tout prix.
C’est pourquoi nous soutenons l’association Ardamuse qui
a lancé cette pétition : http://www.petitions24.net/halt_au
demanteleme nt_du_conservatoire_du_val_dyerres

« La municipalité de Yerres n’appliquera
pas cette réforme, quoi qu’il advienne. »

Gaëlle Bougerol
Maire Adjointe chargée des affaires scolaires
Tribune du Journal des Yerrois de juin 2014


Le Canard’Yerres
Victoire des anti-européens
Lors des élections européennes, le choix s’est porté entre ceux qui
ne veulent pas d’Europe (FN), ceux qui en veulent moins (DLR),
ceux qui en veulent autant (UMP), ceux qui en veulent autrement
(UDI-MODEM) et ceux qui en veulent mieux (PS-EELV-PRG-
FDG).

Alors pourquoi, quand les sondages indiquent que la majorité
des Français est pro-européenne, les anti-européens ont-ils
gagné ?

D’abord, parce qu’en période de crise économique, il leur a été
facile de faire de l’Europe le bouc émissaire des problèmes des
Français, alors que contrairement aux idées reçues 10 % seule-
ment des lois nationales sont d’origine communautaire.

Ensuite, parce qu’il y a longtemps que la plupart des médias, vain-
cus par l’audimat, n’informent plus. Est-il normal, par exemple, que
le service public n’ait pas retransmis le débat qui a eu lieu entre
les 5 candidats à la Présidence de la Commission ?

Résultat : alors que dans les sondages, les Français veulent sur-
tout mieux d’Europe, une Europe qui prenne davantage en compte
leur réalité quotidienne, ils ont finalement voté pour moins d’Eu-
rope.

Dans notre ville, la moitié des Yerrois qui ont voté ont choisi M.
Dupont-Aignan ou Mme Le Pen, personnalités ultra-
conservatrices, qui militent pour le retour au franc, aux frontières, à
la famille et aux valeurs traditionnelles...

Ces partis qui prônent le retour au XXème siècle sur bon nombre
de questions économiques, sociales et sociétales, ne répondent
pas aux enjeux de l’avenir. Un jour, chaque européen sera con-
vaincu que l’Europe est son horizon indépassable dans lequel il
dispose d’un maximum de chances pour s’épanouir.

Avec le vote qui vient de se tenir et qui laisse les conserva-
teurs aux commandes de l’Europe, nous avons malheureuse-
ment perdu plusieurs années.
La culture, c’est
comme la confiture
La communication habile de la mairie promet pléthore d’événe-
ments culturels à Yerres.
Mais il y a tromperie car il s’agit du programme culturel du Val
d’Yerres et non de la seule ville de Yerres, pourtant fort bien équi-
pée.
Pourquoi le CEC n’accueille-t-il pas plus d’une vingtaine de spec-
tacles par an ? N’est-ce pas révélateur du désintérêt de la ville
pour la culture au sens large ?
La réalisation d’une salle de spectacle si coûteuse mais si peu
exploitée devrait pousser les Yerrois à s’interroger sur les choix
culturels de notre maire.
Proposer des artistes (visibles à Paris pour un moindre coût la
plupart du temps) et des concerts classiques : est-ce là la seule
politique culturelle possible ?
Ne pourrait-on pas envisager une programmation plus variée qui
satisferait tous les Yerrois, quel que soit leur âge ? D’autant plus
qu’ils ont largement contribué au financement de cet équipement
culturel qu’est censé être le CEC : un centre éducatif et culturel.
Où sont nos artistes yerrois ? Où sont les spectacles à petit prix
pour les jeunes ? Où sont les spectacles communaux et associa-
tifs ? Et les Festivals, où sont-ils ? Dans le Val d’Yerres sans au-
cun doute ! Mais jamais dans notre ville !
On dit souvent que la culture, c’est comme la confiture :
moins on en a, plus on l’étale. Visiblement, à Yerres, la tartine
est trop grande.

Le 22 mai dernier, Nicolas Dupont-Aignan a
franchi la frontière italienne avec une kalachni-
kov pour prouver que l’Europe est une pas-
soire.
Alors que depuis l’accord de Schengen (1985)
les frontières n’existent plus, la démonstration
est en effet irréfutable.
Et elle l’aurait été tout autant quelle que soit la
cargaison!




Voilà l’affichage qui a
été réalisé sur tous les
panneaux de Yerres et
qui nous permet d’ap-
précier la grande
classe de Nicolas Du-
pont-Aignan vis-à-vis
de sa tête de liste fran-
cilienne pour les élec-
tions européennes.


le journal des socialistes et écologistes yerrois
Paupiettes de lapin aux pruneaux, croostifoot et ketchup,
bœuf aux oignons, grignotine de porc aigre-doux… Voici
quelques-uns des plats tels qu’ils sont annoncés à nos bambins ce
mois de juin. Alors que la cantine doit prôner l’éveil des enfants au
goût, comment leur apprendre à distinguer un morceau de bœuf
d’une cuisse de poulet, lorsque les aliments insipides, précuits
puis réchauffés baignent dans des sauces dont le nom, pour cer-
taines, ne parlera qu’aux chefs étoilés ? A la lecture des menus,
on imagine le gaspillage.

Nous avons interrogé une mère de famille et une élève d’école
primaire sur ce qu’elles pensent des menus réchauffés dont les
enfants se sustentent quotidiennement grâce au porte-monnaie
(qu’il faut bien rempli !) des parents.

Hélène, 40 ans : « Je ne suis pas à la place de mes enfants, donc
je ne peux pas me prononcer sur la qualité des repas. En re-
vanche, je m’étonne souvent de la constitution de certains menus
qui, à mon sens, ne sont pas toujours équilibrés. Il parait qu’une
nutritionniste participe à leur élaboration, mais je suis parfois per-
plexe. Mon fils me dit que ce n’est pas bon et qu’il lui arrive même
de ne manger que le pain et le fromage et ça m’agace d’autant
plus que nous payons chaque repas près de 5 euros… Ma cantine
d’entreprise est équipée de vrais cuisiniers et je mange un repas
complet pour bien moins cher. Je pense qu’il faudrait vraiment
envisager le retour de cuisiniers dans nos cantines, car quand on y
pense, une cantine sans cuisinier, ça n’a plus aucun sens. »

Camille, 7 ans : la cantine, j’aime pas. C’est pas bon. Parfois, je
ne sais même pas ce que je mange. Ils mettent des sauces par-
tout, et la pire, c’est celle avec le poisson. Ce que je préfère, c’est
les pâtes, ça, ça va, parce que c’est quand même difficile à rater !
Une journée à Yerres
Ce matin, la rue Marc Sangnier était bloquée, comme tous les
jours à la même heure : des embouteillages dignes de Paris ! Du
coup, mon bus était en retard et j’ai raté mon train qui, lui, était à
l’heure. En rentrant le soir, sur le chemin de la gare jusque chez
moi, j’ai désespérément cherché une poubelle pour jeter un pros-
pectus. La première que j’ai croisée était à Intermarché. Et je me
suis demandée pourquoi il y avait si peu de poubelles à Yerres.

De retour dans le centre, j’ai quitté la ville en voiture pour un ren-
dez-vous. Comme d’habitude, le centre-ville était saturé de voi-
tures et je me suis fait griller la priorité de la rue de l’Abbé Moreau
trois fois. Ce carrefour est vraiment dangereux.
En rentrant vers 20h, le centre-ville était encore embouteillé. Ex-
ceptionnellement, c’était soir de spectacle au CEC. J’ai fait 3 fois
le tour, de la rue de l’Abbé Moreau au Marché en passant par les
Jardins de Concy et la Grange au Bois. Je suis revenue sur mes
pas et j’ai finalement atterri au parking des Rives de l’Yerres, celui
qui a été créé en lieu et place du skate-park.

Au bout de 30 minutes, alors que j’en aurais mis 5 en temps nor-
mal, je suis enfin arrivée chez moi. Heureusement, comme le CEC
ne sert pas beaucoup, ça ira mieux les jours suivants. Je me de-
mandais pourquoi on a construit un si grand CEC qui sert si peu.

Le lendemain, je suis allée chercher ma voiture à l’endroit habituel.
Elle n’y était pas. Normal : j’avais oublié que je l’avais garée loin là
-bas, derrière le CEC. J’ai donc rebroussé chemin et je l’ai retrou-
vée. Ouf ! Mais là, grand moment de solitude : où donc est la sor-
tie de ce parking ? Un énorme « sens interdit » m’indique que je
dois en fait passer par la pelouse pour remonter la rue. Etrange.

Notes pour plus tard : partir plus tôt le matin à cause des em-
bouteillages, jeter ses déchets à la gare, ne pas prendre de
rendez-vous qui nécessitent un trajet en voiture après 19h.

Nicolas Dupont-Aignan a accueilli dans son
groupe Gilles Bourdouleix, député-maire de
Cholet, qui a démissionné de l’UDI après avoir
déclaré à propos des gens du voyage:

« Hitler n’en a peut-être pas tué assez ».

Monsieur Dupont-Aignan, fils spirituel de De
Gaulle ?

Cantine scolaire:
parents et enfants
prennent la parole
nagé pour nous, un peu comme un pub avec un billard, des flé-
chettes, ou un baby-foot… Avec un barbecue aussi. Pour la fête
des voisins c’est légal, mais quand c’est fait par les jeunes, il y a
toujours quelqu’un pour appeler les flics. Nous on n’a pas le droit
de vivre. »

D., 19 ans: « Je m’occupe de mes petits frères parce que même
pour eux, y a rien. Ici, quand on écoute les gens, on est tous des
dealers. La maison des jeunes est nulle. De toute façon, je suis
trop vieux pour y aller. Dès que je peux, je me barre d’ici. A Yerres
y’ a rien, c’est la mort. »
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Le tour du quartier
Les Tournelles.

Dans ce quartier, les habitants que nous avons rencontrés ont le
sentiment d’être des laissés pour compte. Beaucoup ont de faibles
revenus. Et malgré quelques aides sociales, la vie est dure.
La grande richesse des Tournelles, c’est sa mixité culturelle, un
atout rare dont notre ville devrait tirer avantage. C’est un lieu d’en-
traide et de débrouille où les grands gardent les petits quand les
parents travaillent car certains n’ont même pas les moyens d’ins-
crire leurs enfants au centre de loisirs. Alors on mise sur la solida-
rité.
Quand les beaux jours sont là, tout le monde vit dehors. Les rares
aires de jeux datent d’une autre époque et sont en piteux état.
Mais les enfants s’en moquent. Ils s’amusent et c’est tout ce qui
compte.
Les plus grands discutent entre eux, refont le monde et évoquent
les derniers résultats du PSG. Mais faute d’espace à eux, ils
« squattent » les marches devant les halls. Evidemment, ça fait du
bruit. Mais où aller ? Avant, il y avait des porches pour s’abriter les
jours de pluie mais plus maintenant : ils ont été condamnés par de
lourdes grilles.

B., 20 ans : « Moi j’ai une voiture pour bouger. Mais ici, y a rien.
Le parc au milieu, on pourrait l’arranger pour nous. On pourrait
avoir un bâtiment pour se réunir. Comme on a plus de 18 ans, on
peut plus aller à la maison des jeunes. On peut rien faire ici. Le
city-stade c’est bien pour les petits mais pas pour nous. »

D., 21 ans : « Je m’ennuie ici. La seule animation, c’est quand les
flics débarquent parce qu’ils nous prennent tous pour des dealers.
Alors que c’est pas le cas. Y a rien ici. On a rien à nous. »

A., 17 ans : « Moi, j’aimerais bien que le parc au milieu soit amé-
Lire entre les lignes
Citons deux exemples :
La démolition du skate parc et du plateau sportif des Rives de
l’Yerres deux jours après les élections municipales
Dans le journal : une page de justification. Il ne pouvait en être
autrement après la contestation des jeunes au premier conseil
municipal. Tous les arguments possibles et imaginables sont dé-
ployés pour justifier la création d’un parking et l’exfiltration des
jeunes du centre-ville.

Le centre de loisirs: l’éternelle rengaine
« Yerres s’oppose à la réforme » peut-on lire dans le journal ! Une
posture révélatrice du manque d’anticipation de la mairie.
Un argument vaut le détour : « La ville souhaite se concentrer sur
d’autres priorités : la rénovation complète du centre de loisirs de
Gros Bois ». Voilà qui confirme que la municipalité accorde plus
d’importance à la forme qu’au fond. Il eut été plus juste d’écrire :
« Peu importe ce que font les enfants dans les centres pourvu que
ce soit joli vu de l’extérieur ». Sans parler du fait que cela fait 15
ans que la rénovation du centre de Gros Bois est à l’ordre du jour.
Félicitons néanmoins la municipalité d’utiliser du papier recyclé en
parfaite harmonie avec ses articles (recyclés, eux aussi).
« Yerres comme nous la rêvons »
Le journal des Yerrois, publication grand format et haute en cou-
leur, fournit-elle vraiment des informations utiles aux Yerrois ?
Tout dépend ce qu’on entend par « information » car une fois les
pubs, photos et infos administratives expurgées, il ne reste plus
grand-chose.
Ce « journal », à la gloire de Nicolas Dupont-Aignan, n’a qu’un
seul but : faire croire aux Yerrois que tout va pour le mieux dans
le meilleur des mondes.
Ce journal permet également à la municipalité de mettre en
avant des actions qui ne sont pas de sa seule initiative. Alors que
les budgets des associations sont chaque année réduits un peu
plus, comment la mairie peut-elle se féliciter de leurs résultats
sportifs ou de leurs actions ?
C’est sûrement avec ce même esprit de bénévolat que la munici-
palité compte maintenir le bon fonctionnement du tissu associatif
de la ville (comme avec l’Exposition Caillebotte).
« Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent » : voilà une
maxime que l’équipe municipale a fait sienne.
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