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Thème : offres et acceptation

8 ème séance de méthodologie


Droit des contrats
Collège Universitaire Français de Moscou
Par Matthieu Escande

1. Commentaire d’arrêt Cass. com., 6 mars 1990, Bull. IV n°74, JCP G 1990, II, 21583
note B. Gross

2. Cas pratique

Cass. com., 6 mars 1990, Bull. IV n°74

Sur le moyen unique : Cass. com., 16 avril 1991, Bull. IV n°148


Vu les articles 1134 et 1583 du Code civil ;
Sur le moyen unique, pris en ses deux branches :
Attendu qu'entre commerçants, une proposition de contracter
Attendu, selon l'arrêt attaqué (Paris, 10 octobre 1989), que la
ne constitue une offre que si elle indique la volonté de son
société Alamo Trading (société Alamo) est entrée en relation
auteur d'être lié en cas d'acceptation ;
avec la société Pescabrava France (société Pescabrava) en
vue de l'achat d'une certaine quantité de saumon fumé ; que la
Attendu, selon l'arrêt attaqué, que M. Borde a, pour les
société Pescabrava, soutenant qu'il résultait d'un échange de
besoins de son commerce, commandé du matériel à la société
télex, dont le dernier était daté du 10 novembre 1988, que la
Hugin Sweda ; que cette dernière avait précisé, dans les
vente était parfaite, a assigné la société Alamo en paiement ;
conditions générales de vente figurant dans ses bons de
que celle-ci a répliqué que la vente était restée à l'état de
commande, que ses offres ne devenaient définitives et ne
projet, faute de réalisation des conditions tenant aux
constituaient un engagement qu'après ratification de sa part,
modalités de paiement du prix ;
et que toute commande ne serait considérée comme ferme
qu'après acceptation par elle ; que M. Borde, avant
Attendu que la société Pescabrava fait grief à l'arrêt d'avoir
l'acceptation de sa commande par la société Hugin Sweda,
rejeté sa demande, alors, selon le pourvoi, que, d'une part, la
s'est ravisé et l'a rétractée ;
vente est parfaite dès que les parties sont convenues de la
chose et du prix ; qu'en l'espèce, il est acquis aux débats que
Attendu que pour débouter M. Borde de sa demande de
les sociétés Pescabrava et Alamo sont convenues, dès le 17
répétition de la somme qu'il avait versée à titre d'acompte, la
octobre 1988, de la vente de 100 tonnes de saumon fumé au
cour d'appel a retenu que le bon de commande constituait "
prix de 123 francs le kilo ; qu'il n'est pas contesté qu'elles ont
un achat ferme aux conditions offertes par Hugin Sweda " et
confirmé les termes du contrat par télex le 10 novembre 1988
que la clause qui y figurait constituait une condition
; qu'en déniant cependant à la vente son caractère parfait, la
suspensive stipulée au bénéfice du seul vendeur qui
cour d'appel a violé l'article 1583 du Code civil ; et alors que,
n'autorisait pas l'acheteur à revenir sur une vente parfaite par
d'autre part, en estimant que les modalités de paiement du
accord des parties sur la chose et sur le prix ;
prix étaient des éléments de formation du contrat de vente,
sans relever expressément l'intention déclarée des deux
Attendu qu'en statuant ainsi, alors que, par son adhésion à la
parties de différer la conclusion de la vente à l'octroi de la
proposition contenue dans le bon de commande, M. Borde
lettre de change, les juges du fond ont privé leur décision de
n'avait formulé qu'une offre d'achat, révocable comme telle
base légale au regard de l'article 1583 du Code civil ;
jusqu'à ce que la vente devienne parfaite par l'acceptation du
vendeur, la cour d'appel a violé les textes susvisés ;
Mais attendu que, l'arrêt relève que, par télex des 17 octobre
PAR CES MOTIFS :
et 10 novembre 1988, la société Alamo avait soumis son
CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt
engagement à l'octroi d'une lettre de crédit dont elle entendait
rendu le 7 janvier 1988, entre les parties, par la cour d'appel
" vérifier le contenu " et précisé qu'elle confirmerait dès
de Versailles ; […]
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qu'elle aurait reçu celle-ci " la totalité de la commande " ; REJETTE le pourvoi
qu'ayant ainsi constaté que cette société avait fait connaître à
la société Pescabrava qu'elle considérait les modalités de
paiement du prix comme un élément constitutif de son Cass. 3ème civ., 25 mai 2005, Bull. III n°117
consentement, la cour d'appel a pu en déduire qu'il ne
résultait pas des termes des documents invoqués que le Attendu, selon l'arrêt attaqué (Aix-en-Provence, 27 mai 2003)
contrat de vente s'était formé ; d'où il suit que le moyen n'est que M. X... a donné le 3 février 1999 à la société Sogetrim un
fondé en aucune de ses branches ; mandat de vente de sa propriété ; que la société Les Ciseaux
d'Argent ayant accepté par lettre en date du 16 juin 1999
PAR CES MOTIFS : l'offre de M. X... reçue le 14 mai 1999, celui-ci a refusé de
REJETTE le pourvoi donner suite à la vente ; que la société Les Ciseaux d'Argent
et la société Sogetrim l'ont assigné en réalisation forcée de la
vente et en paiement des honoraires du mandataire ;
Cass. 1ère civ., 12 janvier 1988, Bull. I n°8
Sur les deux moyens, réunis :
Sur le moyen unique :
Attendu, selon l'arrêt attaqué (Limoges, 15 octobre 1985), que Attendu que M. X... fait grief à l'arrêt d'accueillir cette
par acte sous seing privé du 11 février 1981, les époux demande, alors, selon le moyen :
Czernik ont promis de vendre aux époux Maillard, pendant
un délai de dix-huit mois, une attraction foraine, pour un prix 1 / qu'une personne ne peut être engagée sur le fondement
à déterminer d'un commun accord ou, à défaut, par un arbitre d'un mandat apparent que si sa croyance à l'étendue des
; que, par acte d'huissier du 22 avril 1981, M. Czernik a pouvoirs du mandataire est légitime, ce caractère supposant
confirmé aux époux Maillard cette offre de vente, leur que les circonstances autorisaient le tiers à ne pas vérifier les
rappelant le délai dans lequel devait intervenir la " levée limites exactes de ces pouvoirs ; qu'en déduisant l'existence
d'option chiffrée " qu'il se réservait d'accepter ou de refuser d'un mandat apparent du seul fait que nonobstant la nullité du
dans la quinzaine de celle-ci, et leur laissait, pour saisir mandat la société Les Ciseaux d'Argent avait pu croire
l'arbitre, un délai supplémentaire de quinze jours à légitimement aux pouvoirs de la société Sogetrim, sans
l'expiration duquel il serait délié de la promesse ; que le 5 constater les circonstances autorisant l'acheteur à ne pas
janvier 1982, les époux Maillard ont informé les époux vérifier la pérennité des pouvoirs de l'agence, la cour d'appel
Czernik qu'ils levaient l'option au prix de 100 000 francs ; a privé son arrêt de base légale au regard des articles 1984 et
que le 11 février 1982, les époux Czernik ont notifié aux 1998 du Code Civil ;
époux Maillard leur refus d'accepter le prix offert et leur
intention de saisir l'arbitre ; que les époux Maillard ont 2 / que l'offre est caduque si elle n'a pas été acceptée dans le
assigné les époux Czernik pour faire juger que la vente de délai fixé par le pollicitant, lequel ne doit pas nécessairement
l'attraction foraine pour un prix de 100 000 francs était être chiffré ; qu'ainsi en l'espèce où M. X... avait indiqué dans
parfaite ; sa télécopie du 10 mai 1999 qu'il souhaitait une réponse
immédiate à son offre d'acquisition au prix de 4 000 000
Attendu que les époux Czernik font grief à l'arrêt d'avoir fait francs net, la cour d'appel en considérant que cette offre avait
droit à cette demande alors que, selon le moyen, la été faite sans stipulation de terme et avait été acceptée le 17
convention faisait obligation aux parties de déterminer le prix juin 1999 dans un délai raisonnable, a violé les articles 1108,
d'un commun accord et à défaut d'accord, de saisir un arbitre ; 1134 et 1589 du Code civil ;
que la cour d'appel, en l'absence d'un accord manifeste sur le
prix qui ne pouvait se déduire d'un silence des époux Czernik Mais attendu, d'une part, qu'ayant relevé que si le mandat
pendant un délai de quinze jours, a méconnu la convention simple donné à la société Sogetrim était nul faute d'indication
des parties qui prévoyait le recours à une procédure d'une durée déterminée, la société Les Ciseaux d'Argent avait
d'arbitrage, d'ailleurs mise en mouvement mais qui n'a pu pu légitimement croire aux pouvoirs de l'agence, la cour
aboutir par suite d'un refus de l'arbitre de remplir sa mission, d'appel, qui n'était pas tenue d'effectuer une recherche qui ne
ce qui ne pouvait qu'entraîner la nullité de la vente ; qu'ainsi, lui était pas demandée sur la vérification de leur pérennité, a
la cour d'appel a violé les articles 1134 et 1592 du Code civil pu retenir l'existence d'un mandat apparent, et a légalement
; justifié sa décision de ce chef ;
Mais attendu qu'après avoir justement énoncé que le silence Attendu, d'autre part, qu'ayant constaté que l'offre faite par M.
de celui qu'on prétend obligé ne peut suffire en l'absence de X... le 10 mai 1999 mentionnait "réponse immédiate
toute autre circonstance à faire la preuve contre lui de souhaitée", la cour d'appel qui, par une interprétation
l'obligation alléguée, la cour d'appel, par une appréciation souveraine que l'imprécision de ces termes rendait nécessaire,
souveraine des circonstances de la cause et de l'intention des en a déduit que l'offre avait été faite sans stipulation de terme
parties, retient qu'en s'imposant un délai pour accepter ou et qu'elle devait être acceptée dans un délai raisonnable, et qui
refuser le prix offert par les époux Maillard, les époux a souverainement retenu que compte tenu de la nature du bien
Czernik s'étaient obligés à manifester expressément leur et de la qualité de l'acquéreur qui devait consulter son conseil
désaccord si le prix proposé ne leur convenait pas, et que le d'administration pour obtenir le consentement à l'acquisition,
silence par eux gardé pendant ce délai valait acceptation du le délai de cinq semaines dans lequel était intervenue
prix ; que la cour d'appel en a justement déduit, sans violer les l'acceptation de la société Les Ciseaux d'Argent n'était pas
textes visés au moyen, que la vente était parfaite ; que le déraisonnable, a pu retenir qu'il y avait eu vente ;
moyen ne peut donc être accueilli ;
D'où il suit que le moyen n'est pas fondé ;
PAR CES MOTIFS : PAR CES MOTIFS :
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REJETTE le pourvoi ; […] manqué à la bonne foi qui doit présider aux relations
commerciales, la cour d'appel a violé le texte susvisé ;

Cass. com., 8 novembre 2005, pourvoi n°04-12322 (inédit) PAR CES MOTIFS et sans qu'il y ait lieu de statuer sur les
autres griefs,
Sur le moyen unique, pris en sa deuxième branche :
Vu l'article 1382 du Code civil ; CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt
rendu le 13 août 2003, entre les parties, par la cour d'appel
Attendu, selon l'arrêt attaqué, qu'après avoir constitué la SCI d'Agen ; […]
le Pont d'Or et la société l'Hôtellerie figeacoise dans la
perspective de développer un commerce d'hôtellerie et de
restauration dans un immeuble à réhabiliter, la famille X...
Chambre civile 3 Audience publique du 27 mars
s'est adressée, notamment, à la Société générale pour obtenir
les financements nécessaires ; que, le 8 décembre 1999, cette 2008
dernière a communiqué à ses interlocuteurs ses "meilleures Donne acte à la société Ogic du désistement de son pourvoi
offres en matière de financement de biens immobiliers et en ce qu'il est dirigé contre la société Brioni France, la société
d'agencements" relatifs à l'opération envisagée précisant que Axa banque, la société EII Equities limited, la société Milhac
ces offres étaient valables jusqu'au 9 janvier 2000 et qu'au Reynis Haguel, la Selafa MJA, la société Catchband
delà "toute variation à la hausse comme à la baisse serait developpements limited et la société Glenside management
appliquée" ; qu'aucun contrat n'ayant alors été conclu, la limited ;
Société générale a, après que les parties se soient réunies,
confirmé, dans un second courrier du 5 mai 2000, être Attendu, selon l'arrêt attaqué (Paris,26 octobre 2006) que par
disposée "à accompagner" le projet de création de acte notarié du 30 juillet 1999, la société Foncière Costa a
l'établissement hôtelier selon des modalités qu'elle indiquait, consenti à la société Ogic une promesse unilatérale de vente
ces propositions n'étant toutefois susceptibles de devenir portant sur un immeuble sis... à Paris et sur la commercialité
définitives "qu'à la signature d'une offre de prêt en° bonne et attachée à l'immeuble sis au numéro 35 de la même avenue ;
due forme mentionnant les conditions de taux, que la promesse expirait le 15 octobre 1999 avec stipulation
d'amortissement et de frais de dossier arrêtés d'un commun d'une prorogation automatique jusqu'au 28 février 2000 et de
accord" ; deux conditions suspensives relatives à l'absence
d'hypothèque et à la justification par la venderesse d'un titre
que, le 7 juillet 2000, la SCI le Pont d'Or et la société de propriété incommutable sur le bien vendu ; que la société
l'Hôtellerie figeacoise ont demandé à la banque de débloquer Ogic a renoncé à la première condition alors que la seconde
une partie des fonds qui leur étaient nécessaires mais que la s'est réalisée ensuite d'un arrêt du 3 janvier 2003 consacrant
Société générale a refusé de s'exécuter en signifiant aux définitivement le droit de propriété de la société Foncière
intéressés "que ses propositions ne correspondaient pas à un Costa ; que le 22 septembre 1999 les parties sont convenues
engagement ferme de sa part et qu'elle n'avait pas l'intention de proroger la durée de la promesse jusqu'au 30 juin 2000
d'y donner suite" ; que reprochant à l'établissement de crédit sauf à remplacer la délivrance d'une garantie de paiement à
d'avoir abusivement retiré son offre de financement ou, à tout première demande par celle d'une caution fournie par la
le moins, rompu fautivement les pourparlers engagés, la SCI société Axa banque ; que par acte du 29 mars 2000 la société
le Pont d'Or et la société l'Hôtellerie figeacoise l'ont fait Foncière Costa a consenti une promesse synallagmatique de
assigner en responsabilité ; bail à la société Brioni portant sur l'immeuble sis ... ; qu'un
bail commercial étant intervenu le 1er octobre 2000, la
Attendu que pour rejeter l'intégralité des demandes, l'arrêt société Foncière Costa a refusé de signer l'acte authentique de
retient que les offres figurant dans le courrier du 8 décembre vente avec la société Ogic Sur le premier moyen
1999 avaient expiré le 9 janvier 2000 sans être acceptées, que
celles exprimées le 5 mai 2000 supposaient qu'un accord Attendu que la société Ogic fait grief à l'arrêt de dire qu'elle
intervienne entre les parties et qu'un contrat de prêt soit signé, n'avait pas levé l'option d'achat contenue dans la promesse
ce qui n'avait pas été le cas, et en déduit que, dans ces unilatérale de vente du 30 juillet 1999, alors, selon le
conditions, la banque ne pouvait se voir reprocher, ni d'avoir moyen :1° / que la levée de l'option d'achat par le bénéficiaire
abusivement rompu des pourparlers qui n'avaient pas été d'une promesse unilatérale de vente n'est soumise à aucune
entrepris, ni méconnu des engagements contractuels qui condition de forme ; que le contrat de vente est formé dès lors
n'avaient pas été souscrits ; que le bénéficiaire de la promesse a manifesté sa volonté de
réaliser la vente, dans les conditions stipulées dans la
Attendu qu'en statuant ainsi alors qu'il résultait de ses promesse, que celle-ci soit ou non assortie de conditions
constatations qu'après avoir, sans exprimer aucune réserve, suspensives ; qu'en l'espèce, la cour d'appel a relevé que par
fait connaître à ses interlocuteurs, le 5 mai 2000, qu'elle était conclusions en date du 17 septembre 1999, la société Ogic
disposée à accompagner leur projet selon des modalités avait déclaré sa volonté de réaliser la vente de l'immeuble
restant à définir, la Société générale avait, sans motif sis... ; qu'en jugeant toutefois que par ces écritures, la société
légitime, rompu brutalement et unilatéralement, sans aucune Ogic n'avait pas levé l'option, mais avait seulement "
nouvelle perspective de négociation, les pourparlers engagés, confirmé qu'elle avait l'intention de réaliser la vente
contraignant la SCI le Pont d'Or et la société l'Hôtellerie ultérieurement, lorsque les conditions suspensives seraient
figeacoise à rechercher, dans l'urgence, un autre financement, accomplies ", la cour d'appel n'a pas tiré les conséquences
ce dont il résulte que, s'il ne pouvait être reproché à la banque légales de ses propres constatations, violant ainsi l'article
d'avoir, en l'absence de contrat dûment souscrit, refusé de 1134 du code civil ; 2° / que le fait que la société Ogic ait cru
débloquer les fonds demandés, celle-ci a, en revanche, bon, postérieurement à la levée de l'option de proroger la
3
promesse ou d'indiquer aux services fiscaux qu'elle " la vente, force était de relever que les actes conclus entre la
envisageait d'acquérir l'immeuble " constituait autant d'actes société Foncière Costa et la société Ogic n'avaient pas stipulé
ou diligences nécessairement dépourvus de toutes que l'inexécution par la société Foncière Costa de sa "
conséquences juridiques, en l'état d'une vente qui, par promesse ferme " et de son " engagement ferme et définitif "
hypothèse, était déjà conclue, en sorte que la cour d'appel, qui de vendre se résoudrait par une autre voie que celle prévue à
se fonde sur ces faits ou événements pour nier l'existence l'article 1142 du code civil, la cour d'appel, sans dénaturation,
d'une vente ferme, lesquels faits ou événements n'auraient pu en a exactement déduit que la société Ogic n'était pas fondée
utilement être pris en considération que si la volonté de la à prétendre à une exécution en nature et que la société
société Ogic antérieurement exprimée de lever l'option avait Foncière Costa devait réparer le dommage que l'inexécution
été équivoque, se détermine par des motifs inopérants et, de son obligation de vendre avait pu causer à la société Ogic ;
derechef, viole les articles 1134 et 1589 du code civil ; D'où il suit que le moyen n'est pas fondé ; Mais sur le
troisième moyen :
Mais attendu qu'ayant souverainement retenu qu'aux termes Vu l'article 1134 du code civil, ensemble l'article 1589 du
de ses conclusions d'intervention signifiées les 17 septembre même code ;
1999 et 23 février 2000, dans le litige opposant la société
Foncière Costa à son vendeur la société Paris participations, Attendu que pour constater, par motifs adoptés, la caducité de
la société Ogic s'était bornée à solliciter qu'il lui soit donné la promesse de vente consentie le 30 juillet 1999 par la
acte de ce qu'elle réitérait, si besoin était, sa volonté de société Foncière Costa à la société Ogic, l'arrêt retient, d'une
réaliser la promesse de vente du 30 juillet 1999 et de payer le part, que la rétractation de l'engagement de vendre souscrit
prix dès réalisation des conditions suspensives, qu'à la date de par la société Foncière Costa est intervenue avant la levée de
ces conclusions la société Foncière Costa ne détenait pas de l'option par la société Ogic et, d'autre part, que le jugement du
titre de propriété sur les biens objet de la promesse de vente 26 juin 2002 est confirmé en ce qu'il a constaté la caducité de
du 30 juillet 1999, qu'elle n'avait été utilement titrée qu'au la promesse ;
jour de la publication du jugement du 15 décembre 1998, les
7 avril et 9 juin 2000, et le titre n'étant devenu irrévocable que Qu'en statuant ainsi, par des motifs contradictoires et sans
par arrêt de la Cour de cassation du 31 mars 2005, que tirer les conséquences légales de ses propres constatations, la
postérieurement à ces écritures, la société Ogic avait arrêté cour d'appel a violé les textes sus-visés ;
avec la venderesse des dispositions incompatibles avec une Vu l'article 627 du code de procédure civile ;
vente parfaite, consécutive à une levée d'option, la cour Attendu que l'arrêt du 4 avril 2003 ayant fait l'objet d'un
d'appel en a déduit que la société Ogic n'avait pas levé précédent pourvoi, rejeté par arrêt de la troisième chambre
l'option mais avait seulement confirmé qu'elle avait l'intention civile en date du 31 mars 2005, le pourvoi en ce qu'il est
de réaliser la vente ultérieurement ; D'où il suit que le moyen dirigé contre cet arrêt est irrecevable ;
n'est pas fondé ; Sur le deuxième moyen : Attendu qu'aucun grief n'est dirigé contre l'arrêt du 11 mars
2004 ;
Attendu que la société Ogic fait grief à l'arrêt de juger que le
défaut d'exécution par la société Foncière Costa de son PAR CES MOTIFS :
engagement de vendre ne pouvait se résoudre qu'en -déclare irrecevable le pourvoi en ce qu'il est dirigé contre
dommages-intérêts, alors, selon le moyen, que s'il est de l'arrêt du 4 avril 2003 ;
principe que le manquement du promettant à son obligation -rejette le pourvoi en ce qu'il est dirigé contre l'arrêt du 11
de vendre l'immeuble objet d'une promesse unilatérale de mars 2004 ;
vente constitue la violation d'une obligation de faire qui ne
peut se résoudre, en application de l'article 1142 du code CASSE ET ANNULE, par voie de retranchement mais
civil, que par l'allocation de dommages-intérêts, les parties seulement en ce qu'il a constaté la caducité de la promesse de
ont la faculté de stipuler que par exception, la vente de vente consentie le 30 juillet 1999 par la société Foncière
l'immeuble pourra être exécutée de manière forcée sur Costa à la société Ogic, l'arrêt rendu le 26 octobre 2006, entre
décision de justice ; qu'en l'espèce, il résultait des termes les parties, par la cour d'appel de Paris ;
clairs et précis de la promesse de vente du 30 juillet 1999
qu'en cas de carence du promettant, la vente de l'immeuble
sis... pourrait intervenir sur décision de justice ; qu'ainsi les Chambre civile 3 Audience publique du mercredi 7 mai
parties avaient expressément convenu que le juge pourrait 2008
sanctionner par la réalisation judiciaire de la vente la carence Sur le premier moyen
du promettant à conclure la vente ; qu'en rejetant la demande Vu l'article 1134 du code civil
de la société Ogic tendant à ce qu'il soit constaté que la vente Attendu, selon l'arrêt attaqué (Pau, 17 octobre 2005), que par
de l'immeuble sis... soit réputée parfaite, au motif que les acte du 24 juin 2000, Mme X... a signé, par l'intermédiaire
parties n'avaient pas stipulé que l'inexécution par la société d'un agent immobilier, une proposition d'achat d'un immeuble
Foncière Costa de sa " promesse ferme " de vendre se appartenant aux consorts Y..., avec remise d'un dépôt de
résoudrait par une voie autre que celle prévue par l'article garantie ; qu'elle a retiré son offre d'achat le 26 juin, tandis
1142 du code civil, la cour d'appel a dénaturé les termes clairs que l'agent immobilier lui adressait le 27 juin un courrier
et précis de la promesse de vente du 30 juillet 1999, en l'informant de l'acceptation de cette offre par les consorts Y...
violation de l'article 1134 du code civil ; ; que Mme X... a assigné ces derniers en restitution de la
somme versée et en paiement de dommages-intérêts ;
Mais attendu qu'ayant retenu que si les parties à une promesse Attendu que pour accueillir cette demande, l'arrêt retient la
unilatérale de vente étaient libres de convenir que le défaut validité de la rétractation de son offre d'achat par Mme X...,
d'exécution par le promettant de son engagement de vendre celle-ci étant intervenue par lettre recommandée expédiée le
pouvait se résoudre en nature par la constatation judiciaire de 26 juin 2000, antérieurement à l'émission, par les consorts
4
Y..., de leur acceptation par lettre recommandée expédiée le PAR CES MOTIFS, et sans qu'il y ait lieu de statuer sur le
27 juin 2000 ; second moyen :

Qu'en statuant ainsi, alors que si une offre d'achat ou de vente CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt
peut en principe être rétractée tant qu'elle n'a pas été acceptée, rendu le 17 octobre 2005, entre les parties, par la cour d'appel
il en est autrement au cas où celui de qui elle émane s'est de Pau ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans
engagé à ne pas la retirer avant une certaine époque, et alors l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait
qu'elle avait constaté que les consorts Y... disposaient d'un droit, les renvoie devant la cour d'appel de Pau, autrement
délai jusqu'au 27 juin 2000 pour donner leur accord, et qu'il composée
en résultait que Mme X... s'était engagée à maintenir son offre
jusqu'à cette date, la cour d'appel a violé le texte susvisé

CAS PRATIQUE
 M. et Mme Lafleur ont lu le 30 juin 2008 dernier dans un journal local une petite annonce
ainsi rédigée : « Particulier vend Porsche 911 état exceptionnel, année 2004, peu roulé ; 25 000 euro,
réponse à M. Roulevite 15 rue du circuit, Le Mans ».
Les époux Lafleur, amateurs de voitures de course, n’ont pas hésité et ont envoyé une lettre dans
laquelle ils acceptent d’acheter l’automobile au prix de 25 000 euro. La lettre est postée le 15 juillet
2008 à 12 heures à la Poste centrale de Toulouse.
Après avoir attendu deux mois, ils reçoivent le 15 septembre 2008 une lettre en réponse d’une Mlle
Roulevite qui leur indique qu’elle a bien reçu la lettre des époux Lafleur le 18 juillet 2008. Elle ajoute
toutefois : « Cette lettre est arrivée trop tard car mon père, M. Roulevite, étant décédé le 17 juillet
2008, n’a pas pu connaître votre acceptation. Je ne suis donc pas tenue personnellement de vous
vendre ce véhicule qui me revient en tant qu’unique héritière. En outre, votre réponse du 15 juillet
2008 était tardive compte tenu de la publication de l’annonce dans le journal du 30 juin 2008. Enfin je
vous indique que j’ai bien l’intention de remettre à la vente ce véhicule, mais pour la somme de 35
000 euro ».
Les époux Lafleur, outrés par l’attitude de Mlle Roulevite, souhaiteraient savoir s’ils peuvent
prétendre être devenus propriétaires de la Porsche.

 Suite au décès de M. Roulevite, sa fille a hérité de la maison familiale. Dans le but de la


vendre, Mlle Roulevite confère un mandat de vente de la propriété à la société Vitefé-Bienfé.
Cette dernière propose l’affaire par courrier à la société Pasdebol. La lettre est ainsi rédigée : « Vends
maison située dans la commune du Mans, parfait état, 150 m2 habitables, 2000 m2 de terrain arboré,
250 000 euro, réponse immédiate souhaitée ». Elle est reçue par la société Pasdebol le 1er août 2008.
La société Pasdebol accepte la proposition par une lettre en date du 7 septembre 2008. Toutefois, Mlle
Roulevite a une nouvelle fois changé d’avis : elle ne souhaite plus vendre la maison. Elle souligne
qu’au demeurant, la réponse était en tout état de cause tardive.
Vous conseillerez la société Pasdebol, pour qui la vente est parfaite nonobstant l’argument de Mlle
Roulevite. Quid juris ?