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RSHCQ Réseau des sciences humaines des collèges du Québec Mémoire présenté au Ministère de l’Enseignement

RSHCQ Réseau des sciences humaines des collèges du Québec

Mémoire

présenté au

Ministère de l’Enseignement supérieur, des Sciences, de la Recherche et de la Technologie (MESRST)

dans le cadre d’une consultation publique sur la modification au

Règlement sur le régime des études collégiales (RREC)

Concernant la formation générale et complémentaire du réseau collégial

par

Réseau des sciences humaines des collèges du Québec (RSHCQ)

Mars 2014

Mémoire du RSHCQ concernant la modification du RREC

Mémoire du RSHCQ concernant la modification du RREC Table des matières Préambule 1 Présentation du Réseau

Table des matières

Préambule

1

Présentation du Réseau des sciences humaines des collèges du Québec (RSHCQ)

1.1 Raison d’être et mission

1.2 Activités

1.3 Représentativité

2

La formation générale et complémentaire dans les cégeps

2.1 Les visées de la formation générale et complémentaire

2.2 Quelques critiques envers la formation générale

2.3 Une formation complémentaire qui a perdu de son sens 2.3.1 Le cas particulier des Sciences humaines : ailleurs une grande spécialisation, ici une grande diversité

3

La place des Sciences humaines en formation générale et complémentaire

3.1 Des choix d’époque qui ont exclu les sciences humaines

3.2 La pertinence d’un cours sur le Québec contemporain

3.3 Les conséquences de ce projet sur la formation générale et le fonctionnement des cégeps

3.4 Des solutions à envisager

3.4.1 Proposer un cours accessible à plusieurs disciplines des sciences humaines

3.4.2 Redonner le cours complémentaire subsistant au cégep ou aux programmes

3.4.3 Revoir la formation générale pour faire une place plus grande aux sciences humaines

3.4.4 Transformer les deux cours complémentaires actuels en un ensemble de cours ayant pour objet le Québec

Conclusion

Recommandations

Médiagraphie

(p. 18)

le Québec Conclusion Recommandations Médiagraphie (p. 18) Réseau des Sciences humaines des collèges du Québec
le Québec Conclusion Recommandations Médiagraphie (p. 18) Réseau des Sciences humaines des collèges du Québec
le Québec Conclusion Recommandations Médiagraphie (p. 18) Réseau des Sciences humaines des collèges du Québec

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Mémoire du RSHCQ concernant la modification du RREC

Mémoire du RSHCQ concernant la modification du RREC Préambule Le Réseau des sciences humaines du Québec

Préambule

Le Réseau des sciences humaines du Québec (RSHCQ) souhaite contribuer à la réflexion concernant la modification au Règlement sur le Régime des études collégiales (RREC). La disparition d’un cours complémentaire et l’inclusion à la formation générale commune d’un cours d’histoire constituent des modifications importantes au RREC. Cette décision aura un impact majeur sur la formation des étudiantes et étudiants des cégeps et touche directement le programme d’études préuniversitaires Sciences humaines.

Bien que les professeurs d’histoire dans le réseau collégial soient généralement favorables à la mise en place d’un cours d’histoire du Québec contemporain, ils ne sont pas unanimes sur la question et ils demeurent des membres actifs et importants du RSHCQ. En outre, ils ont également l’occasion d’exprimer leur point de vue, par l’entremise de leur association disciplinaire (APHCQ) et autres regroupements voués à la défense de l’enseignement de l’histoire au Québec. Leur opinion demeure certes légitime et pertinente.

L’objectif du présent mémoire est de faire valoir le point de vue plus large des sciences humaines, en lien avec la formation générale et complémentaire. Des analyses plus poussées auraient été requises pour mieux étayer le présent avis. Cependant, bon nombre d’enseignantes et d’enseignants des diverses disciplines œuvrant au sein du programme Sciences humaines se sont sentis interpellés par cette proposition de modification au RREC et à l’enseignement collégial. Le point de vue présenté dans ce mémoire, sans faire l’unanimité des membres du RSHCQ, reflète un consensus assez large, dégagé à l’occasion de diverses consultations.

La dernière consultation a eu lieu le 16 janvier dernier, lorsque les professeurs du programme de Sciences humaines furent invités à nous faire part, au Collège Ahuntsic, de leurs points de vue sur ce sujet. Des documents en provenance de divers collèges ont aussi contribué à documenter cet avis.

Le Conseil d’administration du RSHCQ

Catherine Allen Isabelle Carrier Claire Denis Sébastien Despelteau Jonathan Fontaine Antonin-Xavier Fournier Michel Huot Jean-Louis Vallée

Collège Ahuntsic Collège Dawson Cégep de Sherbrooke Collège Marie-Victorin Collège Rosemont, Cégep à distance Cégep de Sherbrooke Cégep Beauce-Appalaches C.É.C. de Montmagny

Anthropologie Histoire Sociologie Politique Responsable Sc humaines Politique Sociologie Histoire

Responsable – Sc humaines Politique Sociologie Histoire Réseau des Sciences humaines des collèges du Québec
Responsable – Sc humaines Politique Sociologie Histoire Réseau des Sciences humaines des collèges du Québec
Responsable – Sc humaines Politique Sociologie Histoire Réseau des Sciences humaines des collèges du Québec

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Mémoire du RSHCQ concernant la modification du RREC

Mémoire du RSHCQ concernant la modification du RREC 1. Présentation du Réseau des sciences humaines des

1. Présentation du Réseau des sciences humaines des collèges du Québec (RSHCQ)

Le Réseau des sciences humaines des collèges du Québec (RSHCQ) a été fondé en mai 2011. Ce sont des membres assidus du Comité d’enseignantes et d’enseignants du

programme d’études préuniversitaires Sciences humaines, essentiellement composé de coordonnateurs de programme dans leurs cégeps respectifs, qui ont soutenu l’idée d’une association autonome pour veiller sur ce programme. Depuis la disparition des coordinations disciplinaires provinciales, en 1989, plusieurs associations de professeurs ont vu le jour pour préserver une forme de communication en réseau. Des associations de disciplines et de programme ont été mises sur pied pour pallier au vide créé par cette disparition : sociologie, psychologie, histoire et économie plus récemment. Des programmes techniques se sont aussi dotés de regroupements (Techniques de travail

Cependant, compte tenu de la taille et de

social, Techniques d’éducation à l’enfance

la complexité du programme Sciences humaines, celui-ci était en quelque sorte demeuré orphelin, sans groupe clairement identifiable pour veiller à sa santé et à son rayonnement.

).

Les Comités d’enseignantes et d’enseignants, créés à la suite du démantèlement des coordinations provinciales, devaient notamment servir à maintenir une forme de consultation réseau. En réalité, la structure actuelle ne fonctionne pas adéquatement en ce qui concerne Sciences humaines. Les Mécanismes de consultation et de partenariat 1 , qui encadrent les consultations provinciales reliées au programme Sciences humaines, ont engendré des rencontres qui ne répondent pas aux préoccupations des coordonnateurs, surtout depuis la fin des réunions ayant mené à la révision du programme en vigueur depuis 2001. En outre, ce comité ministériel n’offre pas un cadre assez souple pour répondre à l’envie d’échanger entre cégeps sur des problèmes communs et sur le besoin de valorisation du programme Sciences humaines.

Avant même la naissance formelle du RSHCQ, plusieurs préoccupations se sont imposées d’emblée : les cours du tronc commun du programme, les ressources allouées au programme, les caractéristiques des étudiantes et étudiants du programme, l’image de ce programme, l’alourdissement de la charge de travail… Le besoin d’en discuter a donné lieu à un premier colloque, dont l’Association des professeurs de sociologie (l’APPSC) en avait été l’hôte, en juin 2006, au Cégep Édouard-Montpetit. Par la suite, c’est le cadre offert par les colloques de l’AQPC qui a été utilisé pour soutenir les échanges en réseau.

Bref, après un périple relativement long et une réflexion qui s’est poursuivie lors des rencontres annuelles du Comité d’enseignantes et d’enseignants du programme Sciences

1 ÉDUCATION QUÉBEC. Cadre général de suivi des programmes d’études préuniversitaires et de la formation générale, Québec, Éducation Québec, 2004.

formation générale , Québec, Éducation Québec, 2004. Réseau des Sciences humaines des collèges du Québec
formation générale , Québec, Éducation Québec, 2004. Réseau des Sciences humaines des collèges du Québec
formation générale , Québec, Éducation Québec, 2004. Réseau des Sciences humaines des collèges du Québec

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Mémoire du RSHCQ concernant la modification du RREC humaines, le projet était mûr. L’idée d’une a

humaines, le projet était mûr. L’idée d’une association formelle, qui prendrait la forme d’un réseau d’échanges indépendant des structures ministérielles, a trouvé assez d’appuis parmi le personnel œuvrant en Sciences humaines pour prendre son envol, pour tenter de contribuer au développement et au rayonnement de ce programme.

1.1 Raison d’être et mission

Le Réseau des sciences humaines des collèges du Québec ne peut remplacer les associations disciplinaires existantes. Elles conservent entièrement leur raison d’être et leur mission propre, dont celle d’offrir du ressourcement et de la formation disciplinaire. Cependant, comme certaines disciplines n’ont pas d’association, le RSHCQ peut aussi, au besoin, offrir du soutien à des disciplines qui souhaiteraient organiser des activités particulières. Il s’est donné pour mission principale de :

promouvoir et valoriser les sciences humaines dans les cégeps;

partager expertises et ressources;

offrir des formations à ses membres;

améliorer les conditions de travail et la qualité de la formation offerte;

unifier les forces dans des moments stratégiques;

servir de vigie;

intervenir publiquement au besoin;

défendre ce programme et veiller à son rayonnement;

combler le vide structurel qui existe présentement.

1.2 Activités

Les activités principales du Réseau consistent à organiser un colloque, une journée d’étude ou une assemblée formelle, au moins une fois l’an, afin de discuter de sujets qui préoccupent nos membres. Il alimente également un blogue, afin de faire circuler de l’information et engager des discussions sur diverses préoccupations reliées à la santé du programme, à son fonctionnement et à son rayonnement. Le blogue du Réseau est logé à l’adresse suivante : http://rshcq.blogspot.com

1.3 Représentativité

Le RSHCQ est essentiellement composé d’enseignantes et d’enseignants en provenance de tous les collèges francophones et anglophones du Québec. Il est ouvert à tous ceux qui œuvrent dans le réseau collégial et qui souhaitent contribuer au rayonnement des sciences humaines. L’adhésion est volontaire et l’on dénombre actuellement une soixantaine de membres actifs. Cependant, à en juger par la circulation sur le blogue, plusieurs centaines de personnes dans les cégeps consultent ses publications régulièrement. Bon nombre des usagers du blogue peuvent aussi être considérés comme adhérents aux objectifs du RSHCQ.

être considérés comme adhérents aux objectifs du RSHCQ. Réseau des Sciences humaines des collèges du Québec
être considérés comme adhérents aux objectifs du RSHCQ. Réseau des Sciences humaines des collèges du Québec
être considérés comme adhérents aux objectifs du RSHCQ. Réseau des Sciences humaines des collèges du Québec

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Mémoire du RSHCQ concernant la modification du RREC

Mémoire du RSHCQ concernant la modification du RREC 2. La formation générale et complémentaire dans les

2. La formation générale et complémentaire dans les cégeps

Afin de bien cerner la problématique actuelle autour de la modification du Règlement sur le régime des études collégiales (RREC), il est utile d’effectuer un bref retour sur l’esprit ayant gouverné à l’inclusion d’une formation générale dans les cégeps.

2.1 Les visées de la formation générale et complémentaire

La formation générale, telle qu’imaginée au départ, propose une formation large, du type « humaniste » ou « libérale », pour les futurs collégiennes et collégiens. Comme on le constate dans cet extrait du Rapport Parent, chaque élève doit augmenter son bagage de culture et ce sont les cours de la formation générale et complémentaire, des cours en provenance d’autres domaines, qui jouent un rôle essentiel dans ce processus de formation.

1045. Les programmes d'études entre lesquels un élève aurait à choisir en entrant à l'institut seraient tous composés fondamentalement de trois groupes de cours :

matières de base obligatoires pour tous, matières orientées vers la future carrière de l'élève et cours connexes, enfin cours dans d'autres domaines. Cette composition du programme empêchera un élève de se spécialiser dans une direction sans acquérir le niveau de formation générale correspondant. L'institut est un établissement de formation générale et spéciale à la fois ; mais chaque élève doit y augmenter son bagage de culture. Les facultés universitaires réclament des étudiants mieux préparés quant à leur formation de base : langue maternelle, ordonnance de la pensée, méthodes de travail intellectuel, etc. Elles seront consultées quant au niveau de formation générale qu'elles requièrent. 2

D’entrée de jeu, on constate que, pour les concepteurs des cégeps, cet élargissement des horizons des jeunes Québécois est fondamental, notamment pour bien les préparer à entreprendre des études universitaires. On mentionne également l’importance de bien s’arrimer aux besoins des universités, en les consultant notamment sur le niveau attendu de formation générale.

Les cours complémentaires ont jadis occupé une place significative dans les programmes collégiaux. Jusqu’en 1993, le diplôme d’études collégiales comprenait obligatoirement quatre cours complémentaires. C’est la réforme Robillard qui a modifié significativement cette donne, essentiellement pour faire une place à l’anglais. Deux cours complémentaires ont été abolis et le nombre d’heures de cours de philosophie et d’éducat ion physique a été réduit, dans le but, semble-t-il, de mieux répondre aux besoins du marché du travail. 3

2 A.M. PARENT, Rapport de la commission royale d’enquête sur l’enseignement dans la Province de Québec, Tome II Les structures pédagogiques du système scolaire, Québec, Ministère de l’Éducation du Québec, 1964, article 1045.

3 FEC-CSQ, Renforcer le réseau collégial, 2013, p. 5

3 FEC-CSQ, Renforcer le réseau collégial , 2013, p. 5 Réseau des Sciences humaines des collèges
3 FEC-CSQ, Renforcer le réseau collégial , 2013, p. 5 Réseau des Sciences humaines des collèges
3 FEC-CSQ, Renforcer le réseau collégial , 2013, p. 5 Réseau des Sciences humaines des collèges

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Mémoire du RSHCQ concernant la modification du RREC 2.2 Quelques critiques envers la formation générale La

2.2 Quelques critiques envers la formation générale

La formation générale des cégeps, tout comme les cégeps eux-mêmes, est souvent remise en question. Pourtant, cette formation qui comprend des cours de français, de philosophie, d’anglais et d’éducation physique, caractérise les cégeps et en marque l’originalité. Or elle est mal perçue et mal comprise par bon nombre d’étudiantes et d’étudiants, particulièrement dans le secteur technique. Les problèmes de réussite qu’ils y rencontrent les amènent à s’interroger sur sa pertinence et à douter de son utilité dans le cadre de leur future profession 4 . Généralement, les professeurs des programmes techniques défendent la présence de la formation générale dans les programmes collégiaux. Cependant, il arrive que certains d’entre eux partagent plus ou moins entièrement le point de vue des étudiants. On souhaiterait notamment qu’elle prenne moins de place, puisque la formation spécifique est habituellement très chargée et on a l’impression que la formation générale contribue grandement à alourdir les programmes. À une certaine époque, lors de l’instauration de cibles de réussite, on a étiqueté certains cours de la formation générale de cours-écueil 5 . Cela a contribué à renforcer la perception qu’elle contribue à retarder la diplomation et à accroitre les risques d’échec et d’abandon. On a aussi exprimé le souhait qu’elle se colle davantage aux besoins spécifiques de formation : des cours de français adaptés, des cours d’anglais sur mesure Dans certains collèges, des cours d’éthique en philosophie et de français propres au programme ont été mis en place pour tenter répondre à ces attentes du milieu. Bref, les tensions occasionnées par le mariage entre la formation générale et spécifique existent depuis toujours.

Des critiques à l’endroit de la formation générale proviennent aussi des sciences humaines. La très grande place qu’elle occupe dans les programmes préuniversitaires, presque la moitié du programme Sciences humaines, est sujette à controverse. Elle a également du mal à s’arrimer à la formation spécifique de plusieurs programmes. En Sciences humaines, on reproche parfois aux cours de philosophie de recouper de nombreux cours de Sciences humaines, ce qui engendre des frictions et des remises en question et une impression de redite voire de contradiction au plan des contenus pour les étudiantes et étudiants du programme. Cependant, malgré ces difficultés, on admet généralement qu’elle joue un rôle important dans la formation cégépienne et dans la spécificité des cégeps.

4 Cette opinion est aussi assez répandue dans la population, comme on l’a vu dans les médias, au sujet du cours de « pêche à la mouche », à l’époque de la Réforme Robillard.

5 Cette perception n’est probablement pas fondée, mais elle demeure assez répandue.

probablement pas fondée, mais elle demeure assez répandue. Réseau des Sciences humaines des collèges du Québec
probablement pas fondée, mais elle demeure assez répandue. Réseau des Sciences humaines des collèges du Québec
probablement pas fondée, mais elle demeure assez répandue. Réseau des Sciences humaines des collèges du Québec

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Mémoire du RSHCQ concernant la modification du RREC 2.3 Une formation complémentaire qui a perdu de

2.3 Une formation complémentaire qui a perdu de son sens

En ce qui a trait aux cours complémentaires, la situation est assez hétéroclite et, dans plusieurs cégeps, elle s’éloigne de sa mission première. Ainsi, dans certains programmes techniques, on a réussi à l’utiliser pour satisfaire des besoins particuliers de formation, reliés directement à la profession. Par exemple, on ajoutera en complémentaire un cours d’informatique ou de premiers soins à un programme. Cette formation est utilisée également pour soutenir les activités des Centres d’aide ou encore des projets spéciaux de toutes sortes. Cette utilisation du cours complémentaire ne laisse plus qu’un seul cours vraiment complémentaire, au choix de l’étudiante ou de l’étudiant, voire aucun choix, dans quelques rares programmes, comme en Sciences, lettres et arts ou en Histoire et civilisation.

Également, dans bon nombre de cégeps, lorsque l’étudiante ou l’étudiant choisit un cours complémentaire, celui qu’on lui offrira en définitive ne correspond pas toujours à son premier choix, ni même parfois à un choix qui lui était apparu intéressant ou pertinent Dans certains cégeps, l’on offre en complémentaire des cours dits « populaires » et, à en juger par quelques-uns des titres recensés, on peut s’interroger sur la pertinence de certains d’entre eux.

Certains collèges, malgré l’objectif d’exploration d’un autre champ d’études, ont décloisonné les cours complémentaires, en permettant aux étudiantes et étudiants de choisir un cours appartenant à la même famille que le programme où ils sont inscrits. En outre, dans certains cégeps, des cours complémentaires sont accordés à des disciplines comme français, philosophie ou éducation physique, ce qui crée une situation grandement éloignée de l’idée d’explorer un autre champ. Les cours complémentaires ne doivent-ils pas amener l’étudiante ou l’étudiant à découvrir des disciplines ou des champs d’études autres que ceux déjà présents dans leur programme? Faut-il rappeler que, dans à peu près tous les collèges du réseau, les cours complémentaires sont devenus un moyen de stabiliser du personnel, ce qui a pour effet de situer l’offre de cours complémentaire dans une logique de gestion de la tâche qui l’éloigne davantage de son objectif initial?

2.3.1 Le cas particulier des Sciences humaines : ailleurs une grande spécialisation, ici une grande diversité

En ce qui a trait au programme Sciences humaines et ses rapports avec la formation complémentaire, ce programme se caractérise d’emblée par une formation très diversifiée, étant donné la grande variété de disciplines qui le compose. Par exemple, une étudiante ou un étudiant qui emprunte un profil qui inclut un préalable universitaire verra, selon le cas, apparaître à son horaire des cours en administration, en anthropologie, en

horaire des cours en administration, en anthropologie, en Réseau des Sciences humaines des collèges du Québec
horaire des cours en administration, en anthropologie, en Réseau des Sciences humaines des collèges du Québec
horaire des cours en administration, en anthropologie, en Réseau des Sciences humaines des collèges du Québec

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Mémoire du RSHCQ concernant la modification du RREC économie, en histoire, en psychologie, en sociologie, en

économie, en histoire, en psychologie, en sociologie, en politique, en géographie, en

S’ajoute à cela, les cours de formation

générale : français, philosophie, anglais, éducation physique et les cours

complémentaires

ceux et celles qui s’inscrivent au collégial, la formation est si diversifiée que l’on peine à approfondir une discipline en particulier. Pour conserver sa pertinence, la formation complémentaire doit constituer une valeur ajoutée, apporter quelque chose de différent au développement intellectuel du cégépien, comme la rigueur intellectuelle ou une meilleure maîtrise en langue maternelle. Sinon, elle risque de contribuer à affecter la cohérence et le sens du programme Sciences humaines, qui ne dispose que de l’équivalent d’une année de cours pour initier ses étudiantes et étudiants à ses nombreuses disciplines. Cette initiation touchera entre six à huit d’entre elles, ou plus, selon les profils et les collèges. En réalité, on a de la difficulté à approfondir certains contenus disciplinaires. Aussi, sous

Pour le programme Sciences humaines qui représente 28.8% 6 de tous

biologie, en méthodologie, en mathématique

l’angle de la diversité, ce programme est probablement l’un de ceux qui répond le mieux, aux visées originales de formation large, du type humaniste, énoncées par le Rapport Parent

Le fait d’explorer un sujet d’intérêt pour un jeune constitue toujours un apport pertinent à une formation. Or, étant donné la grande diversité de cours qui caractérise le programme Sciences humaines, cette exploration pourrait demeurer dans le même champ disciplinaire et satisfaire à l’objectif et à l’esprit général de la formation complémentaire. Comme mentionné précédemment, il existe des programmes qui n’ont pas de cours complémentaire. Peut-être que celle-ci pourrait aussi être remise en question pour le programme Sciences humaines, surtout si l’étudiante ou l’étudiant ne peut obtenir le cours correspondant à son choix. Cela permettrait d’approfondir certaines disciplines et de mieux caractériser certains profils du programme.

Toutes ces observations sur la manière dont la formation complémentaire s’est transformée se résument ainsi : diminution du nombre de cours, décloisonnement de la formation complémentaire, formation ne répondant pas toujours aux intérêts ou aux besoins de l’étudiante ou de l’étudiant, utilisation de cet espace pour des besoins de

formation spécifique ou pour stabiliser du personnel, proposition de cours populaires plus ou moins pertinents, cours choisi par l’étudiante ou l’étudiant non respecté, pertinence

discutable pour le programme Sciences humaines

Ces transformations ont grandement

contribué à dénaturer le sens de ce pan, très important à l’origine, de la formation collégiale. Cette manière de l’utiliser a aussi contribué à réduire l’intérêt des étudiantes et

6 Si l’on inclut quelques petits programmes associés à la famille des sciences humaines, comme Histoire et civilisation, cette proportion atteint 30%. Ces pourcentages sont calculés à partir des données du MELS. Direction de l’enseignement collégial. Cheminements scolaires des inscrits et des inscrites dans les programmes d’études préuniversitaires de la famille des sciences humaines. Tableau de bord, Sciences humaines, Histoire et civilisation. 1 er septembre 2010

Histoire et civilisation . 1 e r septembre 2010 Réseau des Sciences humaines des collèges du
Histoire et civilisation . 1 e r septembre 2010 Réseau des Sciences humaines des collèges du
Histoire et civilisation . 1 e r septembre 2010 Réseau des Sciences humaines des collèges du

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Mémoire du RSHCQ concernant la modification du RREC

Mémoire du RSHCQ concernant la modification du RREC étudiants pour cette catégorie de cours. Dans ce

étudiants pour cette catégorie de cours. Dans ce contexte, il n’est donc pas étonnant que, pour introduire un nouvel élément à la formation générale des cégépiennes et cégépiens, on choisisse encore de faire disparaître un cours complémentaire pour lui aménager une place. En l’occurrence, ce choix évite un réinvestissement dans les cégeps et aussi de faire des choix encore plus douloureux, comme celui de toucher à d’autres cours de la formation générale. Si le cours complémentaire qui subsistera survit à cet assaut quasi

final

quel en sera la pertinence ou le sens?

3. La place des Sciences humaines en formation générale et complémentaire

En relisant l’extrait suivant du Rapport Parent, il semble assez clair que les sciences humaines auraient dû occuper une place plus grande dans la formation générale commune des cégeps. L’objectif était de former une population davantage qualifiée et prête à occuper des emplois dans les secteurs technique ou professionnel, tout en préservant une formation citoyenne large, humaniste, nécessaire pour l’avenir du Québec

101. Par ailleurs, notre société manque de gens bien formés et compétents dans tous les secteurs de la fonction publique, de l'industrie et du commerce. Nombre d'emplois et de carrières, dans ces secteurs, ne requièrent pas la formation professionnelle longue que donne l'université, formation qui peut justement rebuter un adolescent pressé de s'engager dans la vie. Cependant, à tous ces échelons, le besoin d'une meilleure culture et d'une formation générale plus poussée se fait de plus en plus sentir, en même temps que le besoin d'une formation technique et professionnelle vraiment sérieuse. La sociologie, l'économique, la langue maternelle, les statistiques, les arts plastiques, la philosophie, l'histoire, la géographie et autres disciplines ne peuvent pas, après le secondaire, rester l'apanage exclusif des futurs universitaires; des techniciens de toutes sortes doivent se former dans ces disciplines, et ce, au même niveau d'études que les futurs médecins, avocats, enseignants et chercheurs qui entreront dans une faculté après leurs études à l'institut; tous doivent participer à un humanisme où leurs disciplines propres jouent un rôle si important. C'est pour la préparation aux carrières techniques et professionnelles que s'impose avec le plus d'urgence un enseignement public répondant aux aspirations des jeunes et aux besoins de notre province. L'avenir du Québec dépend très largement de l'enseignement que l'on offrira à tous les jeunes gens au terme du cours secondaire, en utilisant et coordonnant toutes les énergies et les initiatives existantes 7 .

7 A.M. PARENT, Op.cit., paragraphe 101

7 . 7 A.M. PARENT, Op.cit., paragraphe 101 Réseau des Sciences humaines des collèges du Québec
7 . 7 A.M. PARENT, Op.cit., paragraphe 101 Réseau des Sciences humaines des collèges du Québec
7 . 7 A.M. PARENT, Op.cit., paragraphe 101 Réseau des Sciences humaines des collèges du Québec

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Mémoire du RSHCQ concernant la modification du RREC 3.1 Des choix d’époque qui ont exclu les

3.1 Des choix d’époque qui ont exclu les sciences humaines

Comment expliquer que, lors des décisions prises par la suite, on ait exclu les sciences humaines, étant donné le modèle « humaniste » ou « libéral » envisagé pour mettre au point la formation générale dans les cégeps? Il semble que cela s’explique notamment par l’importance de la philosophie dans les écoles classiques et par le fait que les sciences humaines et sociales étaient encore peu développées dans les universités québécoises. Les diplômés québécois étaient d’ailleurs encore peu nombreux. Ces réalités ont sans doute contribué à orienter le choix des cours en formation générale. Comme les professeurs d’histoire l’ont fait valoir récemment 8 , lors de la création des cégeps, on a choisi d’exclure l’enseignement de l’histoire dans le cadre de la formation générale. Or il n’y a pas que l’histoire qui a été exclue, mais toutes les sciences humaines. Plusieurs d’entre elles mériteraient pourtant d’y apparaître. C’est d’ailleurs l’option choisie dès le départ par les cégeps anglophones qui ont remplacé la philosophie par les Humanities. Aujourd’hui, parmi les critiques à l’endroit de la formation générale, souvent dites à mots couverts, on remet en question le quatrième cours de français et parfois aussi le deuxième cours d’anglais. Que ces critiques soient justifiées ou non, bien des professeurs des sciences humaines aimeraient revoir un peu la donne. Il n’est certes pas facile d’aborder ces questions, étant donné les enjeux d’emploi qu’elles sous-tendent inévitablement.

Quelle place reste-t-il pour les nombreuses disciplines les sciences humaines? Il semble pourtant assez évident que, dans l’état actuel de notre monde, l’expertise des sciences sociales et humaines est nécessaire, plus que jamais, pour analyser et affronter les défis de l’humanité. Le confinement des sciences humaines à un seul programme et à une seule année de cours affecte nécessairement sa visibilité et son rayonnement. Certes, il est important par son nombre d’étudiantes et étudiants, mais certainement pas par les ressources qu’on lui accorde et l’image qu’il projette. Alors, comment accéder à une formation comprenant de nombreuses disciplines, indispensables à une compréhension globale des enjeux de notre monde? En outre, au niveau secondaire, on a accordé davantage d’heures de cours à l’histoire, mais on aussi amalgamé toutes les disciplines les sciences humaines sous le vocable Univers social. La géographie et l’économie ont été touchées directement par ce choix. Que dire également du fait que ces disciplines soient enseignées par des non-spécialistes? Dans notre système, plusieurs disciplines ne sont accessibles qu’au cégep. Alors, comment mettre davantage à contribution cet important champ de la connaissance humaine et le rendre disponible et profitable pour les jeunes d’aujourd’hui?

Certes, dans les cégeps où l’on trouve de nombreux programmes techniques, des disciplines comme la psychologie et la sociologie sont un peu plus accessibles, de par

8 Gilles Laporte et Myriam D’Arcy, Je ne me souviens plus, Fondation Lionel Groulx. Novembre 2010.

me souviens plus , Fondation Lionel Groulx. Novembre 2010. Réseau des Sciences humaines des collèges du
me souviens plus , Fondation Lionel Groulx. Novembre 2010. Réseau des Sciences humaines des collèges du
me souviens plus , Fondation Lionel Groulx. Novembre 2010. Réseau des Sciences humaines des collèges du

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Mémoire du RSHCQ concernant la modification du RREC

Mémoire du RSHCQ concernant la modification du RREC leur statut de disciplines contributives. Or les disciplines

leur statut de disciplines contributives. Or les disciplines de sciences humaines qui n’ont pas cette chance doivent compter sur les cours complémentaires pour avoir l’occasion de contribuer à la formation cégépienne. Ainsi, en faisant disparaitre l’un des deux cours complémentaires, on touche directement à l’une des avenues qui permettaient à ces disciplines d’avoir une place en formation générale. D’ailleurs, à partir des données compilées par la FNEEQ 9 , concernant le nombre d’emplois en équivalent à temps complet (ETC) relié aux cours complémentaires, on note que les sciences humaines donneraient 18 % des cours complémentaires alors que ce programme compte près de 30 % de tous les cégépiens.

D’entrée de jeu, le RSHCQ estime qu’il existe une iniquité entre les ressources allouées aux sciences humaines et celles accordées pour le fonctionnement de tous les autres programmes des cégeps. La répartition actuelle des cours complémentaires illustre ces iniquités. Les disciplines des sciences humaines présentent toutes les caractéristiques pertinentes au concept de formation complémentaire. Or s’il est exact qu’elles n’obtiennent que 18 % des cours attribués dans le cadre de cette formation, on peut poser la question des principes qui gouvernent le partage des ressources entre les programmes. Les Sciences humaines ne devraient-elles pas avoir la part de cours complémentaire qui correspond à leur poids relatif dans un cégep donné? Peut-être que dans beaucoup de collèges les professeurs de ce champ d’études auraient avantage à enseigner à leur propre public

La diminution des cours complémentaires et l’ajout d’un cours en formation générale commune renforceront la formation en histoire, mais diminueront l’apport à l’enseignement collégial de petites disciplines comme la politique, l’anthropologie ou la géographie. Au global, les sciences humaines y gagneront un peu, mais le réaménagement de la distribution des ressources aura des effets négatifs sur le programme, en nuisant à la visibilité de plusieurs autres disciplines. Cela affectera aussi la contribution à la formation cégépienne de plusieurs disciplines en provenance des autres programmes offerts dans les collèges.

Dans le réseau collégial, le modèle de formation générale privilégié par les cégeps anglophones comporte plusieurs avantages. Il présente un éventail plus large de perspectives disciplinaires proposées pour développer les habiletés intellectuelles visées par la formation générale. Cette approche bénéficie de l’expertise en provenance de plusieurs disciplines pour parfaire la formation étudiante et, en prime, cela peut faciliter la gestion des ressources humaines. Le modèle de formation associé aux humanities ou

9 FNEEQ CSN. COMITÉ ÉCOLE ET SOCIÉTÉ Rapport d’analyse relatif à l’introduction d’un cours d’histoire du Québec contemporain au collégial, décembre 2013, p. 35

Québec contemporain au collégial , décembre 2013, p. 35 Réseau des Sciences humaines des collèges du
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Mémoire du RSHCQ concernant la modification du RREC

Mémoire du RSHCQ concernant la modification du RREC aux liberal arts comprend généralement des cours de

aux liberal arts comprend généralement des cours de sciences humaines et sociales. On peut penser que l’approche des cégeps anglophones correspond tout à fait à l’esprit de la formation générale des cégeps comme démontré dans le Rapport Parent et qu’elle répond très bien aux besoins des jeunes en cette matière, toujours aussi manifestes que lors de la fondation des cégeps. La rédaction de compétences qui se traduisent en définitive par des cours offerts par différentes disciplines existe déjà dans le réseau francophone, pour les actuels cours complémentaires notamment. De même, la compétence 22N en Sciences humaines est accessible à plusieurs disciplines. Le fait de proposer une compétence en la calquant sur le modèle humanities ne constituerait pas une hérésie et répondrait aux attentes formulées par plusieurs professeurs des sciences humaines.

3.2 La pertinence d’un cours sur le Québec contemporain

Empiriquement, plusieurs professeurs de sciences humaines constatent des lacunes dans la formation des diplômés du secondaire. En ce qui a trait à l’histoire du Québec, des lacunes existent sans doute, mais pas uniquement sur ce plan. Des lacunes concernant les aspects politiques, économiques, sociologiques, géographiques de la société québécoise sont tout aussi notables! Cependant, la démonstration de ces lacunes demanderait à être documentée davantage. La décision d’ajouter un cours d’histoire se justifie probablement, mais était-ce la principale lacune? Étant donné le débat et l’impression d’urgence, on a fait l’économie d’une analyse plus poussée du problème et de ses solutions éventuelles. Tout l’exercice aurait dû également s’effectuer en tenant compte des besoins actuels de formation générale des cégépiens. Consulter les universités également aurait été une avenue nécessaire et pertinente. Une approche plus scientifique pour analyser la question et anticiper les effets des changements proposés aurait engendré des discussions fertiles et enrichissantes pour tous les acteurs concernés.

3.3 Les conséquences de ce projet sur la formation collégiale et le fonctionnement des cégeps

Les effets de cette modification à la formation générale et complémentaire sont notables. La formation complémentaire perdra définitivement sa signification, déjà amplement altérée lors de la Réforme Robillard. Lors de la consultation du 16 janvier dernier, plusieurs professeurs ont mentionné qu’ils préféreraient le maintien de la formation complémentaire. On estime généralement que son rôle demeure pertinent dans le parcours collégial des collégiennes et collégiens. Or si le projet actuel va de l’avant, il n’en restera pratiquement rien, ce qui amène inévitablement la question de la pertinence de la maintenir dans les circonstances.

Le programme Sciences humaines sera touché de plein fouet par cette modification au RREC. La plupart des cégeps devront retoucher à leurs profils et réajuster les contenus de

retoucher à leurs profils et réajuster les contenus de Réseau des Sciences humaines des collèges du
retoucher à leurs profils et réajuster les contenus de Réseau des Sciences humaines des collèges du
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Mémoire du RSHCQ concernant la modification du RREC certains cours pour tenir compte de l’apport du

certains cours pour tenir compte de l’apport du nouveau cours d’histoire. En outre, les grilles de cours seront revues à partir d’un programme qui a près de 15 ans et dont on réclame à grand cri une refonte globale dans les plus brefs délais. 10 Il aurait été moins couteux de retravailler les programmes localement, à partir d’un programme révisé. Par ailleurs, la visibilité et l’accès à plusieurs disciplines associées aux sciences humaines deviendront quasi inexistants. C’est sans compter tous les problèmes de gestion des ressources humaines que cette transition engendrera. D’ailleurs, dans bien des cégeps, à défaut d’un bassin de cours du type Humanities comme celui des cégeps anglophones, il n’y a, en pratique, que les cours complémentaires pour stabiliser les emplois de nombreux professeurs, dont les cégeps ont grandement besoin dans des domaines parfois très spécialisés. Au-delà des enjeux d’emplois, peut-être que le fait de parfaire la formation en histoire constitue une bonne nouvelle, particulièrement en ce qui a trait aux jeunes en provenance des communautés culturelles. Par contre, sans une analyse plus globale et étayée du problème soulevé, les bénéfices anticipés restent difficiles à évaluer.

3.4 Des solutions à envisager

Plusieurs solutions, différentes de celles proposées actuellement, sont envisageables concernant les objectifs de cette modification au RREC et ses impacts sur les emplois dans les différents collèges. Les différents problèmes soulevés par l’ajout d’un cours d’histoire ont eu pour effet de mettre en évidence le besoin de repenser la formation générale. Les réflexions soulevées par cette éventuelle modification au RREC engendrent une forme d’effet domino, qui illustre le danger de faire des modifications à la pièce. Les solutions envisagées ici demanderaient toutes à être discutées et analysées plus finement et globalement.

3.4.1

Proposer

sciences humaines.

un

cours

accessible

à

plusieurs

disciplines

des

Bien que mal documenté, on peut sans doute admettre que le problème d’une méconnaissance de l’histoire du Québec existe à des degrés variables parmi les diplômés du secondaire. Il semble que le programme actuel du secondaire suscite la critique en ce qui a trait à son contenu et à son découpage entre les deux années où il est enseigné 11 . Est-ce la cause du déficit actuel sur le plan des connaissances de l’histoire nationale? On peut imaginer que, si l’on avait effectué une enquête plus approfondie autour d’autres aspects de la société québécoise, on aurait probablement pu aisément démontrer une méconnaissance du Québec sur le plan de sa géographie, de ses réalités sociales, de ses

enjeux économiques ou politiques

En réduisant le problème à sa seule dimension

10 Le Comité d’enseignantes et d’enseignants du programme d’études préuniversitaires Sciences humaines a réclamé une refonte rapide de leur programme, dans le cadre de leur réunion annuelle, tenue en avril

2013.

11 FNEEQ-CSN. Avis sur le renforcement de l’histoire nationale au secondaire, p. 11.

de l’ histoire nationale au secondaire, p. 11. Réseau des Sciences humaines des collèges du Québec
de l’ histoire nationale au secondaire, p. 11. Réseau des Sciences humaines des collèges du Québec
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Mémoire du RSHCQ concernant la modification du RREC historique, on prive les jeunes de la possibilité

historique, on prive les jeunes de la possibilité d’étudier et de comprendre le Québec actuel, à l’aide de sciences offrant de solides corpus théoriques et de puissants outils d’analyse. En outre, comme on prévoit renforcer encore la formation en histoire au secondaire, pour stimuler l’intérêt des jeunes, il faudra que le cours au collégial se démarque. Aussi, offrir des cours proposant des perspectives d’analyses nouvelles et différentes serait très probablement apprécié, surtout parmi les étudiantes et étudiants qui maîtriseront bien la dimension historique. Ainsi, une formation du type « études québécoises » ou « sciences sociales » ou encore du type « humanités» constituerait tout autant une réponse adéquate au problème soulevé. D’ailleurs, il existait plusieurs cours portant sur l’objet Québec dans les cégeps, jusqu’à la fin des années 1990. Des cours d’économie du Québec, de sociologie de la société québécoise, d’histoire, de géographie ou de politique du Québec faisaient partie de l’enseignement régulier en Sciences humaines, voire aussi de quelques autres programmes collégiaux. Leur disparition s’explique peut-être en partie par la Réforme Robillard et la mise en place de l’approche par compétence qui aurait eu des effets non recherchés. Pour corriger cette lacune dans l’offre de cours des cégeps, apparue un peu involontairement, il serait bien dommage de se priver de l’expertise professionnelle déjà présente dans les collèges pour traiter du Québec contemporain.

La modification au RREC, proposée dans le cadre de cette consultation, envisage d’ajouter « histoire du Québec » à la formation générale commune des cégeps. En écrivant plutôt, « études sur le Québec » le ministère pourrait se conserver une marge de manœuvre plus grande pour inclure éventuellement d’autres cours en lien avec cet objet d’études. Le cours d’histoire, dont une proposition d’objectif et de standard circule pour consultation dans le réseau collégial, pourrait être libellé un peu différemment, pour permettre à autres disciplines des sciences humaines de proposer une lecture des problèmes et enjeux du Québec contemporain. Des propositions de libellé modifié circulent pour remplacer l’actuel, « expliquer des grands repères historiques ». L’on propose plutôt : expliquer (ou analyser) des enjeux historiques, géographiques, politiques, économiques, du Québec contemporain. D’ailleurs, l’énoncé de compétence « expliquer des repères historiques » fait appel à l’expertise des historiens. Or, les éléments de compétence tels que rédigés présentement font aussi appel à d’autres disciplines des sciences humaines dont la science politique et à la sociologie. Des membres du Réseau estiment que des sciences telles l’anthropologie, l’économie, la géographie, l’histoire, la politique ou la sociologie auraient toutes un apport pertinent, voire essentiel, pour mieux saisir les enjeux du Québec actuel. Une approche du type humanities serait clairement envisageable et probablement préférable à la proposition actuelle.

et probablement préférable à la proposition actuelle. Réseau des Sciences humaines des collèges du Québec
et probablement préférable à la proposition actuelle. Réseau des Sciences humaines des collèges du Québec
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Mémoire du RSHCQ concernant la modification du RREC 3.4.2 Redonner le cours complémentaire subsistant au cégep

3.4.2 Redonner le cours complémentaire subsistant au cégep ou aux programmes

Pour atténuer les effets sur l’emploi dans tous les programmes et donner de la latitude à certains programmes pour renforcer et combler les besoins de formation, le cours complémentaire subsistant pourrait être redonné au cégep ou au programme qui en aurait besoin, tenant compte d’un certain nombre de critères. Cela permettrait d’aérer certains programmes très chargés et de faciliter un peu la gestion des conséquences sur l’emploi qui affecteront différents programmes.

Les cégeps qui en feraient la demande et qui répondent aux visées de la formation complémentaire pourraient en être dispensés et utiliser ces unités pour répondre à leurs besoins. Étant donné la diversité déjà présente à l’intérieur du programme Sciences humaines, celui-ci pourrait probablement répondre à ce critère. Cela procurerait à ce programme une petite marge de manœuvre pour rendre plus cohérente la formation de certains profils et de soutenir les disciplines moins bien représentées.

3.4.3 Revoir la formation générale pour faire une place plus grande aux Sciences humaines

Il faudrait, après 50 ans, que des experts analysent la formation générale pour voir si elle répond toujours adéquatement aux besoins de formation intellectuelle des jeunes collégiennes et collégiens. Les choix des années ‘60 sont-ils toujours les bons? Certes, elle a toujours sa place et doit continuer de jouer son rôle dans la formation étudiante. Or, sans tout chambarder, étant donné les effets sur l’emploi, n’y aurait-il pas moyen de faire une place aux sciences humaines? En intégrant l’histoire à la formation générale, on effectue un pas en ce sens, mais pourquoi exclure toutes les autres sciences humaines? Des solutions peu couteuses existent qui permettraient aux cégeps francophones d’y intégrer d’autres disciplines tout en préservant et en bonifiant le rôle de cette formation. D’autres perspectives peuvent contribuer à la formation générale de l’étudiant, et les sciences humaines sont incontournables pour analyser et s’armer pour affronter le monde actuel. L’idée de se pencher sur cette importante dimension de la formation collégiale fait son chemin. En cette ère de changements sociaux et technologiques excessivement rapides, il serait probablement grand temps de vérifier si les choix effectués dans les années 60 sont toujours les bons, évaluer s’ils n’auraient pas besoin d’être actualisés

3.4.4 Transformer les deux cours complémentaires actuels en un ensemble de cours ayant pour objet le Québec

En réduisant presque à néant la formation complémentaire, l’une des avenues à envisager consisterait à offrir un panier de cours sur le Québec, selon l’expertise disponible

de cours sur le Québec, selon l’ expertise disponible Réseau des Sciences humaines des collèges du
de cours sur le Québec, selon l’ expertise disponible Réseau des Sciences humaines des collèges du
de cours sur le Québec, selon l’ expertise disponible Réseau des Sciences humaines des collèges du

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Mémoire du RSHCQ concernant la modification du RREC localement. Pour faire place aux Études sur le

localement. Pour faire place aux Études sur le Québec, on pourrait transformer les deux cours complémentaires restant en des cours sur le Québec. L’étudiante ou l’étudiant pourrait choisir deux cours parmi un ensemble de cours : anthropologie, économie, histoire, géographie, politique sociologie, selon l’expertise disponible dans le collège

Une autre solution consisterait à revoir la distribution des unités présentement allouées à la formation générale pour faire une place à d’autres disciplines. On pourrait réduire quelque peu les heures de cours dans les disciplines actuelles de la formation générale. Revoir le nombre d’heures de cours allouées en littérature, en philosophie, en anglais ou en éducation physique engendrera forcément de longues discussions. Étant donné, les grincements que cela occasionnerait parmi ces disciplines de la formation générale, cette solution ne pourrait s’effectuer sereinement sans des analyses bien étayées pour soutenir une réflexion globale sur la formation générale.

Conclusion

Bref, la formation générale, plus de 50 ans après le dépôt du Rapport Parent, est probablement à repenser. En prenant une décision rapide, on a fait l’économie d’un travail en amont qui aurait permis une décision éclairée concernant la présente modification du RREC. Une analyse précise aurait permis de mieux cadrer son application et de la justifier. Des mesures pour en atténuer les effets auraient également pu être anticipées. L’introduction de ce changement aurait pu également être l’occasion de repenser la formation générale et de mieux l’adapter aux réalités du Québec actuel. Les sciences humaines ne sont pas représentées à leur juste valeur et en proportion du nombre d’étudiantes et d’étudiants qu’elles représentent. À l’exemple de ce qu’on observe dans les collèges anglophones, plusieurs disciplines des sciences humaines devraient être accessibles en formation générale. Par contre, à la suite des modifications qui sont actuellement proposées, la présence de plusieurs disciplines des sciences humaines sera encore plus faible dans la formation des étudiantes et étudiants. Si l’on adoptait maintenant le modèle des humanités, il faudrait probablement de nombreuses années, en procédant par attrition, pour corriger le tir, mais cet effort permettrait de mieux servir la formation des étudiantes et étudiants, tout en offrant une marge de manœuvre pour stabiliser les emplois de plusieurs spécialistes œuvrant dans les cégeps, tout en bénéficiant de leur expertise.

Étant donné tous ces enjeux, il faudrait peut-être surseoir à l’implantation de ce cours, pour mieux en évaluer les effets et pour qu’il soit accueilli plus favorablement dans les cégeps. L’ensemble du réseau collégial semble mûr pour effectuer une réflexion en profondeur, en ce qui a trait au rôle de la formation générale et complémentaire dans les programmes collégiaux. Alors, prêts pour des États généraux sur l’enseignement collégial?

des É tats généraux sur l’enseignement collégial? Réseau des Sciences humaines des collèges du Québec
des É tats généraux sur l’enseignement collégial? Réseau des Sciences humaines des collèges du Québec
des É tats généraux sur l’enseignement collégial? Réseau des Sciences humaines des collèges du Québec

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Mémoire du RSHCQ concernant la modification du RREC Recommandations À court terme :  Libeller la

Recommandations

À court terme :

Libeller la modification au règlement : « études sur le Québec »;

Modifier le libellé actuel d’objectif et standard du cours pour qu’il puisse traiter d’enjeux du Québec contemporain selon plusieurs approches disciplinaires;

Analyser l’hypothèse de redonner le cours complémentaire restant au cégep et/ou aux programmes pour qu’ils puissent les utiliser à leur convenance;

Évaluer l’hypothèse de repenser la formation générale ou de conserver la formation complémentaire en visant une meilleure connaissance de la société québécoise, en intégrant un ensemble de cours sur le Québec;

Effectuer dès maintenant une révision du programme Sciences humaines, pour effectuer les ajustements nécessaires à l’intégration d’un cours sur le Québec en formation générale.

À moyen terme :

Actualiser la formation générale et faire une place plus grande aux sciences humaines;

Organiser, assez rapidement, des États généraux sur le curriculum collégial, afin d’arrimer cette formation aux besoins et aux réalités du Québec contemporain.

aux besoins et aux réalités du Québec contemporain. Réseau des Sciences humaines des collèges du Québec
aux besoins et aux réalités du Québec contemporain. Réseau des Sciences humaines des collèges du Québec
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Mémoire du RSHCQ concernant la modification du RREC Médiagraphie ÉDUCATION QUÉBEC. Cadre général de suivi des

Médiagraphie

ÉDUCATION QUÉBEC. Cadre général de suivi des programmes d’études préuniversitaires et de la formation générale, Québec, Éducation Québec, 2004. http://www.mels.gouv.qc.ca/sections/publications/publications/Ens_Sup/Affaires_u niversitaires_collegiales/Ens_collegial/Cadre_general_suivi_programmes.pdf

FEC-CSQ. Renforcer le réseau collégial, 2013. http://fec.csq.qc.net/fileadmin/FEC/documents/ R%C3%A9seau_coll%C3%A9gial/1213-66_progThematique_f_web.pdf [page consultée le 5 mars]

GOUVERNEMENT DU QUÉBEC. Ministère de l’Éducation des loisirs et du sport. Enseignement supérieur. Direction de l’enseignement collégial. Cheminements scolaires des inscrits et des inscrites dans les programmes d’études préuniversitaires de la famille des sciences humaines. Tableau de bord, Sciences humaines, Histoire et civilisation. 1 er septembre 2010

FNEEQ-CSN. COMITÉ ÉCOLE ET SOCIÉTÉ. Rapport d’analyse relatif à l’introduction d’un cours d’histoire du Québec contemporain au collégial Texte présenté au regroupement cégep 5 et 6 décembre 2013 http://seecl.qc.ca/wp-

content/uploads/2013/12/%C3%89cole-et-soci%C3%A9t%C3%A9-FNEEQ-Cours-

dHistoire.pdf

FNEEQ-CSN. Avis sur le renforcement de l’histoire nationale au secondaire.

http://www.fneeq.qc.ca/fr/accueil/publications/memoires/Avis-renforcement-

enseignement-histoire-nationale-secondaire-FNEEQ-CSN.pdf

LAPORTE Gilles et Myriam D’ARCY. Je ne me souviens plus, Fondation Lionel Groulx, Novembre 2010. http://www.ledevoir.com/documents/pdf/histoire.pdf [page consultée le 3 mars 2014]

PARENT, A.-M. Rapport de la commission royale d’enquête sur l’enseignement dans la Province de Québec, Tome II Les structures pédagogiques du système scolaire, Québec, Ministère de l’Éducation du Québec, 1964. http://classiques.uqac.ca

/contemporains/quebec_commission_parent/rapport_parent_1/RP_1.html

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