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Immuno-analyse et biologie spécialisée (2012) 27, 205—211

et biologie spécialisée (2012) 27 , 205—211 Disponible en ligne sur www.sciencedirect.com PROFILS

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, 205—211 Disponible en ligne sur www.sciencedirect.com PROFILS IMMUNO-ANALYTIQUES EN BIOLOGIE MÉDICALE
, 205—211 Disponible en ligne sur www.sciencedirect.com PROFILS IMMUNO-ANALYTIQUES EN BIOLOGIE MÉDICALE

PROFILS IMMUNO-ANALYTIQUES EN BIOLOGIE MÉDICALE

Caractéristiques immuno-analytiques des dosages des troponines cardiaques

Immunoanalytical characteristics of cardiac troponins assays

G. Lefèvre

Service de biochimie, hôpital Tenon, 4, rue de la Chine, 75970 Paris cedex 20, France

Rec¸u le 25 fevrier´

2012 ; accepté le 29 fevrier´

2012

KEYWORDS

Troponin I; Troponin T; Immunoassay; Myocardial infarction; Acute coronary syndrome

MOTS CLÉS

Troponine I ; Troponine T ; Immunodosage ; Infarctus du myocarde ; Syndrome coronarien aigu

Summary Since 2007, the European and American societies of cardiology give a central role to biochemical parameters and nowadays troponin is considered as the gold standard for myocar- dial infarction diagnosis together with clinical and electrical signs. The author points out the

pre-analytical, analytical characteristics of troponin assays and their use in clinical practice namely myocardial infarction diagnosis and monitoring of acute coronary syndromes.

© 2012 Published by Elsevier Masson SAS.

Résumé Depuis 2007, les sociétés européenne et américaine de cardiologie accordent une place centrale aux paramètres biochimiques au même titre que les signes électriques et cli- niques et le dosage de la troponine (Tn) est considéré comme la référence pour le diagnostic de l’infarctus du myocarde. L’auteur fait le point sur les caractéristiques préanalytiques et

analytiques, la physiopathologie des Tn et leur utilisation dans le diagnostic de l’infarctus du myocarde et la prise en charge des syndromes coronariens aigus.

© 2012 Publié par Elsevier Masson SAS.

Introduction

Les sociétés savantes américaines et européennes de car- diologie ont modifié la définition de l’infarctus, en faisant une place centrale aux paramètres biochimiques. Pour les syndromes coronariens aigus, les nouvelles recommanda- tions de 2007 incluent dans ladéfinition de l’infarctus du

Adresse e-mail : guillaume.lefevre@tnn.aphp.fr

0923-2532/$ – see front matter © 2012 Publié par Elsevier Masson SAS.

doi:10.1016/j.immbio.2012.02.011

myocarde, en plus des signes cliniques et électriques, l’augmentation puis la diminution dans un contexte isché- mique de troponine dans le sang circulant [1]. Le dosage des troponines est reconnu comme le standard international pour la détection de l’atteinte cardiaque, la stratification du risque chez les patients suspect de syndrome coronarien aigu et pour le diagnostic de l’infarctus [2]. C’est dire la place essentielle prise par les marqueurs biologiques dans la stratégie diagnostique, le pronostic et la thérapeutique des syndromes coronariens aigus. Nous présentons ici une revue

206

G. Lefèvre

206 G. Lefèvre Figure 1 Le complexe des troponines : leur rôle dans la contraction musculaire

Figure 1

Le complexe des troponines : leur rôle dans la contraction musculaire calcium dépendante.

actualisée des caractéristiques analytiques et biologiques de ces biomarqueurs.

Nom de l’analyte

Les troponines cardiaques.

Structure et propriétés

La troponine (Tn) est un complexe protéique constitutif des myofibrilles. Le filament fin du myocyte, régulateur de la contraction myocardique, est composé principalement de l’actine, de la tropomyosine et du complexe des Tn. Le complexe des Tn se compose des trois protéines : les TnI, -C et -T (Fig. 1). Il est exprimé de manière ubiquitaire et retrouvé en grande quantité dans l’atrium et le ven- tricule cardiaque [3]. Ce complexe régule la contraction musculaire. Les trois sous-unités ont des rôles différents. La TnC a une masse moléculaire de 18 kDa. Elle fixe le calcium grâce à quatre sites de fixation, ce qui induit un changement de conformation de la TnI sous une forme éti-

rée. Elle module ainsi l’action de la TnI avec laquelle elle se complexe. Il existe qu’une seule isoforme TnC et il n’y

a pas de différence entre les formes exprimées dans le muscle squelettique et le myocarde. Son dosage n’a donc pas d’intérêt dans le diagnostic des pathologies cardiaques. La TnT a une masse moléculaire de 37 kDa. Elle est consti- tuée de 298 acides aminés. Elle est liée à la tropomyosine alors que la TnI, régulatrice, est fixée au repos à l’actine et inhibe la fixation de l’actine et de la myosine. La TnTc est codée par le chromosome 1 q 32 [4]. Trois isoformes diffé- rentes codées par trois gènes différents ont été identifiées dans le muscle cardiaque, le muscle squelettique à contrac- tion rapide et le muscle squelettique à contraction lente.

Il existe, d’une part, une homologie (56,6 % avec une dif-

férence de 125 acides aminés) entre la TnT cardiaque et

la TnT squelettique exprimée dans le muscle squelettique

adulte à contraction rapide et, d’autre part, une homologie de 58,3 % entre la TnT cardiaque et la TnT du muscle sque- lettique adulte à contraction lente due à une différence de 120 acides aminés [4]. La TnI fait partie du complexe régulateur qui règle l’interaction du complexe actine-myosine avec le complexe

ATPasique du muscle strié. La TnI a une masse moléculaire de 23 à 24 kDa. Elle est formée de 209 acides aminés. C’est une protéine myofibrillaire non globulaire mais linéaire avec cinq hélices adoptant une structure allongée [5]. Elle existe sous trois isoformes : des isoformes du muscle squelettique lent et rapide et l’isoforme cardiaque qui possède à son extrémité N-terminale une séquence spécifique de 31 acides aminés non retrouvée dans les formes squelettiques. La TnIc est codée par le chromosome 19 q 13,3 [4]. L’homologie des séquences entre la TnIc et la TnI du muscle squelettique à contraction lente est de 40 %. En conséquence, les anticorps sélectionnés pour le dosage de la TnIc doivent ne pas « croiser » avec la TnI squelettique. Au sein du myocyte, il existe une interaction calcium dépen- dante des trois TnI, -T et -C. L’interaction TnI-TnC est diminuée si la concentration en calcium est abaissée par des chélateurs (Ka = 1,7·10 9 /M en présence de calcium et Ka = 1,0·10 6 /M en l’absence de calcium) [6]. La partie C- terminale de la TnI interagit avec la TnC [5] et la partie moyenne de la TnI interagit avec la TnT [7]. La TnIc contient deux sérines potentiellement phosphorylées par la protéine kinase A, menant théoriquement à quatre formes diffé- rentes : ces modifications changent les interactions avec les autres protéines et avec les anticorps anti-Tn.

Répartition des troponines

La TnT, comme TnI, est présente en faible concentration dans le cytosol (8 % du contenu total en Tn), au contraire de la myoglobine et de la CK-MB qui sont à 90 % d’origine cytosolique [4,8,9]. Ces données ne sont pas définitives, et peuvent varier avec le tissu cardiaque et son origine (oreillette ou ventricule). La majorité de la TnT est trou- vée dans l’appareil contractile (approximativement 10 mg/g de tissu) et est libéré par protéolyse. Il a été suggéré que la TnT était libérée dès la phase ischémique : cependant, le concept actuel suppose que la libération de TnTc est liée à la mort cellulaire et est irréversible. Plusieurs méca- nismes de libération des Tn cardiaques ont été décrits :

apoptose, renouvellement myocytaire, formation de micro- vésicules cytoplasmiques, augmentation de la perméabilité membranaire [10].

Troponines cardiaques

207

Tableau 1

Caractéristiques analytiques (en ng/L) des dosages de la troponine I.

 

Fournisseur

Analyseur

Génération

Limite de détection (ng/L)

99 e Percentile (ng/L)

10 % CV (ng/L)

Abbott

AxSYM ADV Architect i-STAT Triage Cardio 3 Access Accu TnI Vidas TnI-Ultra Patfath VitrosECi

(2)

20

40

160

Abbott

9

28

32

Abbott

20

80

100

Alere

(3)

10

20

Beckmann

(2)

10

40

60

Bio-Merieux

(2)

10

10

110

Mitsubishi

8

29

14

Ortho

(2)

12

34

34

Radiometer

AQT90

9

23

39

Reponse

RAMP Elecsys Centaur TnI-Ultra Dimension RxL Immulite 2500 STA Stratus CS Vista AIA 21

 

30

< 10

210

Roche

160

160

300

Siemens

(2)

6

4

3

Siemens

(2)

40

70

140

Siemens

100

200

420

Siemens

(2)

30

70

60

Siemens

(2)

15

45

40

Tosoh

(2)

60

< 60

90

Données fournisseur et IFCC d’après [12].

Concentrations physiologiques normales

La concentration sanguine en TnI et T chez le sujet sain est très faible. Les techniques les plus sensibles analytique- ment permettent de détecter des concentrations de l’ordre du nanogramme par litre [11]. La valeur usuelle des Tn est le 99 e percentile d’une population de référence, qui per- met d’un point de vue statistique de considérer que 99 % des patients présentant des concentrations de Tn au-dessous de ce seuil sont indemnes d’atteinte cardiaque. Les pre- mières générations de Tn ne permettaient pas d’apprécier de manière précise les faibles valeurs de ces marqueurs. D’autre part, leur précision analytique était faible, supé- rieure au seuil de quantification c’est-à-dire au CV10 %. Le développement de nouveau dosage a eu pour but de se conformer à l’objectif analytique d’avoir une précision analytique de 10 % au seuil du 99 e percentile. Les données analytiques des dosages actuels sont présentées dans les Tableaux 1 et 2 [12].

Demi-vie

La demi-vie de la TnT est de 120 minute [13]. Les profils d’élimination observés avec les Tn lors d’une nécrose car- diaque dépendent de taille de la nécrose. La demi-vie de la

TnI (1,48 ± 0,77 jour) n’est pas influencée par l’insuffisance rénale [13]. Des concentrations sanguines en Tn peuvent être retrouvées jusqu’ à 21 jours après une nécrose car- diaque [4].

Formes circulantes de la troponine

Une faible proportion de Tn existe sous forme libre dans le cytosol. Ce pool serait le premier à être libéré dans la cir- culation après un infarctus du myocarde alors que la partie liée aux myofibrilles est retrouvée dans le sang pendant cinq à neuf jours pour la TnIc, jusqu’à 14 jours pour la TnTc. Cela permet un diagnostic précoce ou rétrospectif d’un infarctus ou de la nécrose cardiaque. Plusieurs mécanismes de libération des Tn cardiaques ont été décrits [10], correspondant soit à une nécrose cellulaire ou une apoptose avec formation de microvésicules cytoplas- miques. Il a été suggéré que la Tn puisse être retrouvée dans la circulation suite à une ischémie, mais le consensus actuel est de considérer la libération de Tn sanguine comme liée à une altération importante ou une mort cellulaire. La structure moléculaire des Tn circulantes est mal connue. Au moins trois formes peuvent être retrouvées dans la circulation sanguine après nécrose cardiaque : une forme libre et des formes complexées binaire (C-I) ou (I-T) (masse

Tableau 2

Caractéristiques analytiques (en ng/L) des dosages de la troponine T.

 

Fournisseur

Analyseur

(Génération)

Limite de détection (ng/L

99 e Percentile (ng/L)

10 % CV (ng/L)

Radiometer

AQT90

8

17

26

Roche

Cobas H232

50

Roche

Elecsys

4 e

10

< 10

30

Roche

Cardiac Reader

30

Roche

Elecsys

Hypersensible

5

14

13

Données fournisseur et IFCC d’après [12].

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G. Lefèvre

moléculaire théoriques 42 kDa ou 61 kDa) ou ternaire (C-I-T) (masse moléculaire théorique : 79 kDa) [14]. Il avait été pri- mitivement suggéré que la TnIc existait dans la circulation sous forme libre présentant une demi-vie de l’ordre de une heure [6,14]. L’activation des protéases lysosomiales présentes dans les tissus cardiaques nécrosés, modifient les Tn. Les formes dégradées de la TnIc sont composées principalement de deux fragments majoritaires (18 et 14 kDa) accompagnés de nombreux produit de dégradation [15]. Ses deux extré- mités N et C sont sensibles à la protéolyse. La partie N-terminale (séquence dite « cardiospécifique ») serait par- tiellement dégradée, avec un site de coupure probable en position 27. La liaison de la TnI à la TnC masque les sites d’action des protéases situés la partie intermédiaire de la TnIc (aa 30-110). D’autres transformations post- traductionnelles, comme la biphosphorylation et l’oxydation au niveau des groupements-SH de la TnIc ont été décrites [15,16]. Ces transformations post-traductionnelles modi- fient l’interaction de la TnIc avec d’autres composants myocardiques comme la TnC et les interactions avec les anticorps utilisés dans un dosage [17]. Très tôt après une nécrose cardiaque, la Tn libre est retrouvée dans le sang, puis sa concentration diminue. Au pic, il y a dans le sang circulant cinq à 12 fois plus de formes complexées de la TnI que TnI libre [14]. Les formes retrouvées dans la circulation ne sont pas les mêmes selon le moment de la nécrose et elles se transforment soit au niveau du myocyte, soit dans la circulation. Wu et al. retrouvent les complexes binaire et ternaire [17], mais pas de TnI libre lors de l’étude de sérums recueillis au pic de l’infarctus. Les formes circulantes de Tn varient selon les patients et montrent la présence de fragments dégradés de TnI faible masse moléculaire [18]. Bates et al. trouvent une évolution qualitative des formes circulantes selon le délai post douleur avec une présence constante de TnT et des formes variables de TnI [19].

Immunodosages

Les TnT et -I sont dosées par des techniques sandwich uti- lisant un ou deux anticorps de capture et un anticorps dit de révélation. Ces dosages ne sont pas standardisés [20]. La plus grande partie de la séquence en acides aminés de la TnIc est antigénique, les extrémités N et C-terminales possédant les régions les plus antigéniques [5]. Les comparaisons des dosages ont montré des différences importantes pour le dosage de la TnIc [20,21]. Les fac- teurs qui affectent les performances de ces dosages peuvent être rattachés à l’expression des motifs épitopiques, aux différences de calibration, à l’influence de la nature des échantillons et des effets matrices, la reconnaissance des épitopes, enfin des faux positifs et négatifs.

Expression épitopique

Les anticorps sélectionnés dans les dosages de la TnT (M7 biotynylé, reconnaissant les acides aminés 125-131 et M11.7 reconnaissant les résidus 136-147 localisés dans la partie centrale de la TnTc) correspondent aux séquences cardiospécifiques (Fig. 2). Dans le dosage de la TnT hyper- sensible (TnThs), l’anticorps M11.7 a été « humanisé » par

un remplacement de la région constante C1 murine par la région humaine correspondante produisant un anticorps « chimérique ». Ainsi, une élévation de TnTc chez un patient présentant une insuffisance rénale chronique correspond réellement à atteinte myocardique [22]. Au cours du développement, l’expression plus précoce de la TnI squelettique par rapport à la TnI cardiaque, rend difficile le dosage de la TnIc dans les pathologies cardiaque néo et périnatales [4]. La sélection d’anticorps utilisés dans la technique « sandwich » permet la reconnaissance de la partie cardiospécifique de la molécule absente des isoformes sque- lettiques de TnIc [2,4]. Les dosages de TnIc commercialisés utilisent des anti- corps monoclonaux ou polyclonaux différents reconnaissant les diverses formes circulantes de fac¸on hétérogène [23]. Selon une suggestion de Apple, l’association de deux anticorps de capture et de deux anticorps de détection per- mettrait d’élaborer une technique de référence [12]. À peu près deux tiers des dosages de TnIc actuels (2012) utilisent des anticorps qui reconnaissent la partie centrale (acides aminés 30 à 110). Le format du dosage doit également per- mettre une détection des plus faibles concentrations avec une précision importante.

Calibration des dosages

Les calibrateurs utilisés dans les différentes trousses de réactifs varient d’un fabricant à l’autre. Le dosage TnThs utilise de la TnTc recombinante produite par Escheri- chia coli, différent du calibrant utilisé dans le dosage de la TnTc. Des sérums de patients testés à l’aide de réactif utili- sant des standards ou calibrateurs de TnIc libre native ou recombinante peuvent présenter des concentrations varia- bles en TnIc allant jusqu’à un facteur 5 [21]. En effets les anticorps reconnaissent les différentes formes (libres, complexes binaires, ternaires) mais pas les mêmes épitopes et avec des affinités différentes. La partie la plus stable de la TnI, protéine myofibrillaire chargée positivement en solution, présente des zones phosphorylation (aa 22 et aa 23), des zones de rupture (aa 27) et des zones où se fixe l’héparine (chargée négativement). Ces contraintes ont sug- géré que la partie la plus stable de la TnIc était la fraction médiane de 30 à 110. Cette zone de la TnIc, protégée par la TnC, est donc la cible préférentielle vers laquelle devraient être dirigés les anticorps utilisés dans les trousses de réac- tifs.

Standardisation

Une des causes de l’hétérogénéité des résultats des Tn est l’absence d’un matériau de référence satisfaisant. Les comi- tés standardisation de l’American Association for Clinical Chemistry (AACC) et de l’ International Federation of Clini- cal Chemistry(IFCC) ont évalués l’utilisation d’un matériau de référence composé de complexes binaires et ternaires (I-T-C). [24]. Le groupe IFCC de standardisation de la TnI a entrepris la mise au point d’un dosage de référence de la TnI et l’élaboration d’un matériau de référence commutable aux calibrants des différents fournisseurs. Plus récemment,

Troponines cardiaques

209

-?-:

localisation des épitopes non précisément connue monoclonal polyclonal souris chèvre acides aminés modifiables (oxydo-réduction, phosphorylation) acides aminés basiques

M:

P:

s:

c:

KKK

acides aminés basiques M: P: s: c: KKK en vert Ac de capture en jaune Ac

en vert Ac de capture

en jaune Ac de révélation

zone de fixation de l’héparine

H2N- MADGSSDAAR 10 EPRPAPAPIR 20 RRSSNYRAYA 30 TEPHAKKKSK 40 ISASRKLQLK 50 T//E 60 L//G 70 EKGRALSTRC 80 QPLELAGLGF 90 AELQDLCRQL 100

24---------- Axym --- Ms --------40

24---------- Archi --- Ms --------40

24---------- AIA3 è ---- Ms -------40 24 ou 27-- Access ---- Ms -------40

31BioRad-Ms -34

24 ou 27- Centaur us - Pc -----40

27 --SCS-- Ms ---32

24 ou 27—ECi 2G ------ Ms ------40

40- Axym - Ms--- 49 40- Archi - Ms---- 49 41-AIA2 nd Ms- 49 41
40- Axym - Ms--- 49
40- Archi - Ms---- 49
41-AIA2 nd Ms- 49
41 -AIA3 è - Ms- 49
41-Access - Ms- 49
41-Biorad Ms- 47
41-Pathfast--Ms- 49
41 Centaur us - Ms-49
41 ----- SCS - Ms-------56
41------Ms--ECi 2G -- 49
87-- Axym -Ms---92 87-- Archi -Ms--91 87-AIA 2 nd -Ms--91 87-AIA3 è -Ms---91
87-- Axym -Ms---92
87-- Archi -Ms--91
87-AIA 2 nd -Ms--91
87-AIA3 è -Ms---91

71 -Pathfast-----------------------Ms---------------------------- ------

87--Ultra-Ms-----91

87—ECi 2g -------91

27---- Vidas -------------------------------------------- Ms ?----------------------------------------------------------------------------------------------

27---- Liaison---- Pc-----39 41--AQT90 -Ms--49 24--- Immulite 2500 --- Ms -----40
27---- Liaison---- Pc-----39
41--AQT90 -Ms--49
24--- Immulite 2500 --- Ms -----40

80 --- Liaison------------- Pc ---------------------

80 --- Immulite 2500 --- Ms --------------------

80 --- Immulite 2500 --- Ms -------------------- HARVDKVDEE 1 1 0 RYDIEAKVTK 1 2 0 ///T
80 --- Immulite 2500 --- Ms -------------------- HARVDKVDEE 1 1 0 RYDIEAKVTK 1 2 0 ///T

HARVDKVDEE 110 RYDIEAKVTK 120 ///T 143 ///////HLKQVKKED 180 TEKENREVGD 190 WRKNIDALSG 200 MEGRKKKFES 210-COOH

- Vidas --- Ms --?-- 110

- Liaison - Ms --?-- 110

-------- Pathfast-------Ms----- --116

- Immulite 2500-----110

Figure 2

137-- AQT90--Ms ---148

190-AQT90 Ms 196

163- ------ ------- Pathfast ----------Ms------------------------------------------ 210

Séquence de la troponine I cardiaque, et localisations épitopiques des principaux dosages. Selon les données du fournisseur [12].

la variation inter analyseur reste très variable chaque ana- lyseur et en fonction de chaque concentration testée (de 3 à 45 % pour une concentration basse), de 6 à 9 % pour une concentration élevée. Sur la base des données de variation biologique déterminées pour un dosage ultrasensible de la TnI l’imprécision limite souhaitable et optimale est de 4,9 % à 2,4 %, le biais limite de 7,2 à 14 % et l’erreur totale de 12 à 24 % [20].

Modalités de prélèvement et effet matrice

Des différences de résultats ont été mises en évidence selon l’anticoagulant utilisé pour le prélèvement [23]. Wu et al. ont montré que l’EDTA qui chélate le Ca 2+ pro- voque la rupture des complexes de Tn, entraînant ainsi une augmentation de la TnIc libre. La plupart des dosages sont réalisés sur sérum ou plasma recueilli sur héparine ou EDTA, voire sur sang total [23]. L’utilisation du plasma hépariné est préférée pour une plus grande rapidité d’exécution et parce que la présence de particules de fibrine peut entraîner des faux positif

[25]. Cependant, l’héparine peut modifier l’interaction de la Tn avec les anticorps utilisés pour son dosage et les résultats entre le plasma et le sérum peuvent ne pas être identiques [26]. La molécule de TnIc est char- gée positivement (pK = 9,87) et peut se lier à l’héparine, polyanion chargé négativement. Ce phénomène pourrait réduire l’immunoréactivité en provoquant des changements de conformation des molécules de Tn ou en recouvrant directement les épitopes reconnus [24]. Une centrifugation insuffisante peut conduire à des résul- tats faussement positifs [27]. L’hémolyse a un effet variable sur les dosages de TnI et -T, la TnT interférent négativement avec l’hémolyse [28,29].

Stabilité

La molécule de TnIc est stable à température ambiante, +4 C et congelée. Le redosage d’échantillons conservés pen- dant une longue période (cinq ans à—70 C) ne montre pas de dégradation significative ; aucune variation n’est obser- vée après cinq cycles de congélation-décongélation [4]. La

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G. Lefèvre

TnTc est très stable à température ambiante et à +4 C et lors des cycles de congélation/décongélation.

Reconnaissance des épitopes et encombrement stérique

Influence de la TnC Pour certains tests, la présence de TnC modifie l’immunogénicité apparente de la TnIc. Cet effet est calcium dépendant et est révélé par addition d’EDTA au tampon de réaction. Cependant, certains fournisseurs permettent l’utilisation de l’EDTA ou de l’héparine pour un même dosage.

Effets redox et de la phosphorylation Certains sites antigéniques peuvent être oxydés au niveau des groupements SH des cystéines se traduisant par des changements de conformation in vitro [30]. Ce phénomène affecte les performances de certains immunodosages [17].

Faux positifs et faux négatifs analytiques Fitzmaurice et al. ont rapporté un cas de faux positif pour une trousse de dosage attribué à la présence d’Ac hétéro- philes [31]. Un cas de macro-Tn a été récemment décrit avec la TnI Abbott Architect [32]. Un cas de faux négatif a été rapporté chez un patient opéré pour un pontage coronarien, chez lequel au contraire d’autres marqueurs cardiaques, comme la TnT et la CK-MB, la TnIc n’augmentait pas. Une IgG anti-TnIc a été mise en évidence chez ce patient [33]. Les autoanticorps ont été retrouvés à la fois chez les sujets sains et les patients ayant ou non des atteintes car- diaques [34]. Les sites impliqués sont localisés pour la TnIc dans la zone des acides aminés 30 à 110, plutôt du côté C- terminal. Les patients avec auto anticorps anti TnIc ont une fréquence accrue de complication cardiaque, un phénomène non retrouvé avec les patients ayant des auto anticorps anti TnTc. Les conséquences de ces autoanticorps sur le dosage de la TnI et -T sont mal connues [35].

Contrôle de qualité Objectifs analytiques. En France, une étude réalisée par l’ASQUALAB sur 75 laboratoires d’hôpitaux publiques et pri- vées a montré pour trois niveaux de contrôle que 91 % des laboratoires obtenaient des résultats satisfaisants (limite d’acceptabilité ± 20 % de la valeur moyenne de la même technique). Cependant, il importe de noter à la fois une grande hétérogénéité des valeurs absolues des contrôles et avec une dispersion des valeurs variant entre 3 et 13 % selon les analyseurs. Cette dispersion des résultats souligne la reconnaissance variable des Tn utilisées dans les différents dosages et indirectement l’intérêt de la standardisation future. Plus récemment, il apparaît que le CV inter essai est très variable (de 4 à 40 %). Les prérequis à la standardi- sation du dosage de la Tn sont basés sur les concepts de métrologie décrit dans la norme 150 17511 qui oblige à concevoir une « chaîne » de métrologie allant de la définition d’un étalon (le mesurande) à la préparation d’un matériau de référence primaire (RP). Le RP est ensuite utilisé pour définir les valeurs la d’étalon secondaire dans une matrice

équivalente à celle des échantillons biologiques. Une straté- gie parallèle est réalisée pour comparer les valeurs à celles des calibrants de différents fournisseurs et de fournir des calibrants pour les dosages quantitatifs en routine. Cette chaîne doit assurer la trac¸abilité des valeurs données en clinique à un étalon international dans le système SI [20].

Conclusion

Le dosage des Tn s’est imposé au cours de la décennie écoulée comme l’immunodosage de référence en patholo- gie cardiaque. Il a remplacé avantageusement les activités enzymatiques traditionnelles type CK, en raison de sa très grande spécificité d’organe et de la possibilité de mise en évidence de ces marqueurs à très faible concentration. De plus, les études rétrospectives ont montré, contrai- rement aux activités enzymatiques, que le dosage de la Tn présentait un intérêt prévisionnel à court et moyen terme dans les pathologies coronaires obstructives de type angor instable [1,2]. Cependant, ces dosages nécessitent encore d’être amé- liorés, notamment au point de vue analytiques de fac¸on à pouvoir, d’une part, standardiser les tests et diminuer ainsi les variabilités observées actuellement entre les différentes méthodes et, d’autre part, abaisser leur limite de détec- tion afin de faciliter leur usage dans les pathologies ou une « micronécrose » est susceptible de se produire.

Déclaration d’intérêts

L’auteur déclare ne pas avoir de conflits d’intérêts en rela- tion avec cet article.

Références

[1] Thygesen K, Alpert JS, White HD, Joint ESC/ACCF/AHA/WHF Task Force for the Redefinition of Myocardial Infarction. Universal definition of myocardial infarction. Circulation

2007;116:2634—53.

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