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Harry Potter est le nom d'une série littéraire de sept romans fantastiques écrite

par J. K. Rowling et traduite en français par Jean-François Ménard[1]. Ils narrent


les aventures d'un apprenti sorcier nommé Harry Potter et de ses amis Ron Weasley
et Hermione Granger à l'école de sorcellerie Poudlard. L'intrigue principale
concerne la confrontation entre Harry et le mage noir Lord Voldemort, qui a tué
les parents de Harry et tente de prendre le pouvoir sur le monde sorcier.

Six films à succès, ainsi que des jeux vidéo et de nombreux autres produits
dérivés ont été adaptés à ce jour de la série de romans.

Depuis la sortie du premier tome de la série en 1997, Harry Potter à l'école des
sorciers, les livres ont gagné une grande popularité, représenté un véritable
succès commercial et ont été acclamés par la critique[2]. En juin 2008, les livres
de la série ont été vendus à plus de 420 millions d'exemplaires, et traduits dans
67 langues[3].
Liste des romans
Harry Potter à l'école des sorciers (1997) (ISBN 2070541274)
Titre original : Harry Potter and the Philosopher's Stone
Harry Potter et la Chambre des secrets (1998) (ISBN 2070541290)
Titre original : Harry Potter and the Chamber of Secrets
Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban (1999) (ISBN 2070541304)
Titre original : Harry Potter and the Prisoner of Azkaban
Harry Potter et la Coupe de feu (2000) (ISBN 2070543587)
Titre original : Harry Potter and the Goblet of Fire
Harry Potter et l'Ordre du phénix (2003) (ISBN 2070556859)
Titre original : Harry Potter and the Order of the Phoenix
Harry Potter et le Prince de sang-mêlé (2005) (ISBN 2070572676)
Titre original : Harry Potter and the Half-Blood Prince
Harry Potter et les Reliques de la Mort (2007) (ISBN 0747591059)
Titre original : Harry Potter and the Deathly Hallows
Présentation de la saga
C'est une saga fantastique de sept tomes située à l'époque contemporaine,
racontant la jeunesse d'un magicien élevé par des moldus (personnes sans pouvoirs
magiques) qui découvre progressivement son identité, son héritage tragique et la
responsabilité qui lui revient.

Intrigue
Harry Potter est un orphelin recueilli par son oncle et sa tante, les Dursley, qui
le traitent très durement. Ils habitent au 4, Privet Drive, à Little Whinging,
dans le Surrey, en Angleterre. Pendant l'été 1991, peu avant son onzième
anniversaire, Harry reçoit une lettre l'invitant à se présenter lors de la rentrée
des classes à l'école de sorcellerie de Poudlard. Malgré les manœuvres de son
oncle et de sa tante pour l'empêcher de s'y rendre, Rubeus Hagrid, un « demi-géant
» envoyé par Albus Dumbledore, le directeur de Poudlard, va faire découvrir à
Harry le monde des sorciers et l'emmener à la gare de King's Cross à Londres, où
il prendra le Poudlard Express qui le conduira jusqu'à sa nouvelle école.

Harry découvre ainsi non seulement l'existence des sorciers, qui vivent parmi les
« Moldus » (les personnes ne possédant aucun pouvoir magique) tout en se
dissimulant d'eux, mais aussi l'immense célébrité dont il jouit : il est en effet
considéré comme « le Survivant » depuis que, dix ans plus tôt, ses parents, les
sorciers Lily Evans et James Potter, ont été tués par Lord Voldemort, un puissant
mage noir qui s'en est ensuite pris à Harry, ce dernier ayant survécu, tandis que
Voldemort disparaissait mystérieusement.

Une fois à Poudlard, Harry va apprendre à maîtriser et à utiliser les pouvoirs


magiques qu'il possède, et va se faire deux amis inséparables : Ron Weasley et
Hermione Granger, qui l'accompagneront dans toutes ses péripéties.
Le récit se poursuit au fil de sept tomes, chacun d'eux se déroulant sur une année
scolaire, tout au long de l'adolescence riche en aventures de Harry. Durant ces
sept ans, le jeune sorcier va notamment assister au retour parmi les vivants et à
la seconde ascension vers le pouvoir de Lord Voldemort.

L'univers magique
Article détaillé : Univers de Harry Potter.
En imaginant le monde fictif dans lequel évolue le personnage de Harry Potter, J.
K. Rowling crée un univers et une société spécifiques regroupant des hommes et des
femmes capables de magie, une faculté en général héréditaire mais qui peut aussi
apparaître chez des enfants de Moldus. Les sorciers lancent des sorts, la plupart
du temps grâce à des baguettes magiques (certains peuvent cependant lancer des
maléfices sans cet accessoire), et préparent des potions ou volent sur des balais
créés à cet effet.

L'auteur ancre son univers dans la société britannique des années 1990. Les
sorciers vivent en effet parmi les Moldus, mais ont l'obligation de par le « Code
international du Secret magique », pour que les deux mondes puissent coexister
pacifiquement, de cacher la pratique de la magie aux Moldus.

Les sorciers ont leurs propres organisations gouvernementales (le Ministère de la


Magie pour la Grande-Bretagne), leurs lois, leur monnaie, leurs moyens de
communication et de transport particuliers, leurs établissements spécifiques
(l'hôpital Sainte-Mangouste ou l'école de sorcellerie de Poudlard notamment) et
leurs références culturelles (comme le Quidditch, un sport de sorciers qui se joue
sur des balais volants).

L'exercice de la magie peut prendre des formes multiples. Lancer un sortilège


nécessite le plus souvent, mais pas systématiquement, l'usage d'une baguette
magique et la prononciation d'une formule magique ; les sorts sont nombreux et
peuvent avoir des effets variés.

Le monde magique compte aussi différentes créatures magiques, des plantes magiques
aux propriétés diverses, utilisées dans la fabrication de potions.

Chronologie
Article détaillé : Chronologie de l'univers de Harry Potter.
Le récit s'étend sur sept volumes, chaque tome racontant une année d'études de
Harry Potter à Poudlard. Même si J. K. Rowling n'indique jamais explicitement en
quelle année se déroule son récit, elle a laissé suffisamment d'indices pour que
l'on puisse affirmer que le premier tome se déroule en 1991-1992, jusqu'au
septième en 1997-1998.

De plus, la saga comporte de nombreuses références à des événements passés, datés


avec plus ou moins de précision, issus du passé des personnages, voire issus de
l'histoire du monde magique : toutes ces informations donnent du relief à
l'univers créé par Rowling, un univers à la fois ancré dans le monde réel et avec
son histoire propre.

Structure et genre
Les romans Harry Potter appartiennent au genre de la fantasy littéraire, mais
correspondent également à de nombreux aspects du roman d'apprentissage[4][5]. Ils
peuvent être assimilés à un genre littéraire britannique décrivant la vie en
internat, et dont les titres les plus emblématiques sont les romans d'Enid Blyton
(Malory School, la série St. Clare's et The Naughtiest Girl) et ceux de Charles
Hamilton sur le personnage de Billy Bunter[6]. L'action des livres se déroule à
Poudlard, un internat britannique fictif chargé d'instruire les sorciers en
magie[6]. En ce sens, ils sont dans la lignée directe de Tom Brown's School Days,
de Thomas Hughes, et les autres romans des époques victorienne et édouardienne sur
la vie à l'école publique britannique[7].

L'histoire est écrite selon un point de vue narratif interne à la troisième


personne, à quelques exceptions (le premier chapitre de Harry Potter à l'école des
sorciers et Harry Potter et les Reliques de la mort, et les deux premiers
chapitres de Harry Potter et le Prince de sang-mêlé).

Dans la partie centrale de chaque livre, la confrontation de Harry à divers


problèmes le pousse à violer les règles de l'école. Les sanctions appliquées
lorsqu'il se fait attraper sont comparables à celles décrites dans le genre du
roman d'internat[6]. Le récit atteint son climax lors du dernier trimestre de
l'année scolaire, durant la période des examens de fin d'année ou immédiatement
après. Les événements dépassent alors largement le cadre scolaire et Harry se
trouve confronté à Voldemort ou ses acolytes, avec un enjeu vital souligné par la
mort d'un ou plusieurs personnages à la fin de chacun des quatre derniers
tomes[8]. Harry tire de ces événements d'importantes leçons grâce à un dialogue
avec le directeur de l'école et mentor Albus Dumbledore.

Dans le roman final, Harry Potter et les Reliques de la mort, Harry et ses amis
passent la majeure partie de leur temps hors de Poudlard, et n'y retournent que
pour affronter Voldemort lors du dénouement de l'intrigue[9]. Conformément au
format du roman d'initiation, Harry grandit prématurément dans le dernier tome, en
perdant la chance de suivre sa dernière année d'études et se trouvant dans la
nécessité d'adopter un comportement adulte dont les décisions influencent tous les
autres personnages – y compris les adultes[10].

Thèmes
D'après J. K. Rowling, le thème majeur de la série est la mort : « Mes livres
parlent beaucoup de la mort. Ils débutent avec la mort des parents de Harry. Il y
a la quête obsessionnelle de l'immortalité menée par Voldemort, qui reflète le
souhait de toutes les personnes douées de pouvoirs magiques. Je comprends tout à
fait pourquoi Voldemort veut conquérir la mort ; nous en sommes tous effrayés
»[11].

Les universitaires et journalistes abordent dans leurs interprétations du texte le


thème de la normalité, de l'oppression, de la survie, et de la différence[12].
Rowling a affirmé que les livres plaident pour la tolérance, dénoncent la
bigoterie et transmettent un message sur « la remise en question de l'autorité »
et la méfiance envers les informations transmises par la presse ou la classe
dirigeante[13].

Les préoccupations politiques vont plus loin, la volonté de Voldemort de supprimer


les « Sang-de-bourbe » (sorciers nés de parents moldus, c'est-à-dire de non-
sorciers) de la société magique évoquant la persécution et le massacre de
différents groupes sous l'Allemagne nazie (que ce soit pour leurs origines ou
leurs appartenances politiques). Isabelle Smadja, dans Le Monde diplomatique, a
aussi vu dans les initiales de l'aïeul de Voldemort (Salazard Serpentard, dans la
version originale Salazar Slytherin) une référence aux S.S., corps d'élite de
Hitler[14]. Rowling a confirmé que la date de la défaite de Gellert Grindelwald,
le précurseur de Voldemort, en 1945, n'était pas une coïncidence[15]. Dans un
autre entretien, Rowling a expliqué que le message central de la série était celui
imparti par Albus Dumbledore dans le quatrième livre: il faut savoir choisir de
faire ce qui est juste plutôt que ce qui est facile, car « c'est ainsi que la
tyrannie s'installe : les gens font le dos rond, cèdent à la facilité, et se
retrouvent dans les ennuis jusqu'au cou »[16].
Origine et publication
En 1990, J. K. Rowling empruntait un train bondé se rendant à Londres depuis
Manchester quand l'idée de Harry Potter lui est soudainement «tombée sur la tête».
Rowling en fait le récit sur son site Internet en disant[17] :

« J'écrivais presque sans interruption depuis l'âge de six ans, mais jamais une
idée n'avait engendré chez moi une telle excitation. À mon immense frustration, je
n'avais pas sur moi de stylo en état de marche, et j'étais trop timide pour en
emprunter un à quelqu'un. Je pense aujourd'hui que ce fut une bonne chose, car je
suis restée assise à réfléchir pendant quatre heures (le train a eu du retard), ce
qui a permis à tous les détails de s'accumuler pour donner vie dans mon esprit à
ce petit garçon maigre à lunettes et aux cheveux noirs qui ignorait qu'il était
magicien. »

Rowling a terminé d'écrire Harry Potter à l'école des sorciers en 1995 et envoyé
le manuscrit à plusieurs agents littéraires[18]. Le deuxième agent contacté,
Christopher Little, s'est proposé de la représenter et a transmis le manuscrit à
Bloomsbury. Après que huit autres éditeurs ont refusé le récit, Bloomsbury a
offert à Rowling une avance de 2500 livres sterling pour sa publication[19].
Rowling a indiqué aux éditeurs qu'elle n'avait pas ciblé de tranche d'âge
particulière, mais ceux-ci ont choisi de viser les enfants de neuf à onze ans[20].
Il a été demandé à Rowling d'adopter un nom de plume plus neutre pour optimiser
ses chances d'attirer les lecteurs de sexe masculin, qui seraient plus réticents à
découvrir l'œuvre d'un écrivain féminin. Elle choisit le nom de J. K. Rowling
(Joanne Kathleen Rowling), reprenant l'initiale du prénom de sa grand-mère en
guise de «middle name»[21].

Réception
Succès commercial
Véritable phénomène éditorial des années 2000, les romans de la série Harry
Potter, ont tous été des best-seller. Les ventes globales sont estimées à plus de
400 millions d'exemplaires, dans 140 pays. La série a fait l'objet de traductions
dans près de 70 langues. « Le succès de la saga, dont la légende veut qu'il soit
né d'un bouche à oreille positif, repose en réalité au moins depuis le quatrième
volume sur une stratégie marketing encore inédite, qui ne laisse aucune place à
l'improvisation » souligne l'universitaire Cécile Boulaire[22]. Alors qu'en 1999,
le premier volume, « passé presque inaperçu », reçoit en France le prix Sorcières,
décerné par les libraires spécialisés jeunesse[22], en 2007, le tirage initial du
dernier volume de la série s'élève aux États-Unis à 12 millions d'exemplaire, un
record[23]. Le lancement de chaque volume fait l'objet d'intenses campagnes de
communication et en général 60 % des ventes, « très fortement événementielles »,
ont lieu dans les premiers jours[22].

Le studio américain Warner Bros, a dès la parution du troisième volume, commencé à


adapter les romans au grand écran. Ces films ont également connu un très grand
succès.

Le succès commercial de la série a fait de son auteur, J. K. Rowling, le premier


écrivain milliardaire de l'histoire de l'édition[24].

Impact culturel
Le succès sans précédent de la saga a montré qu'enfants et adolescents n'étaient
pas réfractaires à la lecture. Certains ne considèrent pas cela comme de la
littérature dans son sens premier, mais des pavés de plusieurs centaines de pages
sont dévorés, le plus souvent en quelques heures, parfois même en version
originale.[25]

Ainsi en France, le phénomène s'accompagne d'un autre : la parution et la lecture


d'œuvres en version originale. En effet, certains étaient étonnés de voir le 21
juillet 2007 (mois standard de la sortie des tomes en langue anglaise) les étals
des libraires regorger du dernier tome d'Harry Potter en anglais. Ainsi la Fnac
parisienne des Halles propose les tomes anglais aux lecteurs impatients et ne
désirant pas attendre jusqu'aux mois d'octobre-novembre, dans des bacs spéciaux
disposés dans l'allée centrale : comme un véritable coup de marketing, et les
ventes sont exceptionnelles pour un livre en langue originale. Ce phénomène rend
bien compte de l'évolution notoire en matière de lecture d'œuvres en version
originale en France : il est de plus en plus courant de lire des œuvres bilingues
ou en version totalement originale, ce qui était encore exceptionnel il y a une
dizaine d'années[26]. Pour la première fois avec L'Ordre du Phénix, un livre
anglais a figuré parmi les meilleures ventes de livres.[27]

La Pottermania s'étend également au monde du réel. Ainsi, le quotidien israëlien


Maariv rapporte que la tombe d'un soldat anglais homonyme, le Caporal Harry
Potter, mort en 1939 à Hébron lorsque la Palestine était encore sous mandat
britannique, et enterré à Ramle près de Tel-Aviv, fait l'objet de « pèlerinages »
de la part de touristes, bien qu'il n'ait aucun lien avec la série de livres et de
films[28]. Ceci est interprété comme un besoin de créer un objet d'illusion, ce
processus étant aussi à la base de l'érotomanie, où il est toutefois beaucoup plus
prégnant[29].

Critiques
Lock-out
Plus récemment, une controverse s'est répandue à propos du lock-out entourant le
tome 7 d'Harry Potter et interdisant aux libraires la vente prématurée d'ouvrages
avant la date de sortie mondiale. En effet, une librairie canadienne aurait par
erreur vendu une quinzaine d'exemplaires à des fans, qui se sont vu interdire la
lecture d'un livre pourtant légalement acheté. Le droit d'auteur permet en effet
de considérer que l'auteur a toute puissance sur un support, même acheté. Une
campagne s'opposant à cette vision du droit d'auteur a été initiée[30], notamment
par Richard Stallman, le fondateur de la Free Software Foundation et le père du
logiciel libre.

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