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APPEL MONDIAL

Au nom de la ju
sti
ce
,il
fau
traye rle n o md el’Organisation d esMo d jahe d
ine
sduPe
upl
ed’
I
ran
(OMPI) de la liste des organisations terroristes.

Cette qualification est contraire aux principes du Droit international et viole les droits
fonda me n taux telsq u’
ilsson treco nnussu r lep l
an u ni
ve rse l.

Depuis p l
u sd ’un quart du siècle, le peuple iranien est cruellement réprimé par la théocratie en place qui s ’est
également attribuée la part la plus importante de la responsabilité dans la propagation du terrorisme au niveau
mondial. Les 52 résolutions votées par les instances compétentes de l ’ON Ua insi qued e sd izaine sd ’
au tres
résolutions ou prises de position adoptées, entre autres, par le Parlement Européen pour condamner les
violations commises sous le régime des mollahs, illustrent clairement la situation tragique dont le peuple iranien
continue à s ou ffri
r,sa
n sav oir lamo indre p ossibilit
é d’exp ressi
o np acifique de ses revendications légitimes telles
que la liberté, la démocratie, la paix et la justice sociale. Ainsi, les cris de ce peuple pour la liberté se heurtent
constamment à des pendaisons par gruaux installés sur les carrefours ou des tables de torture établies dans des
geôles iraniens.

Parallèlement, les autorités iraniennes s ’


e ff
o r
cent de se doter d el’
arme n uclé
air
e etde s’
ingére
r da ns l
es af
fa i
res
irakiennes afin de consolider leur position. Les propos tenus en octobre dernier par Mahmood AHMADINEJAD,
président du régime de Téhéran, d éclarantq u’« il faut rayer Israël de la carte mondiale », illustrent
partiellement les objectifs de la politique étrangère des mollahs.

C’estd ans ces cond i


tions,q ue l’
op posit
iond émocratiqu e i
ra ni
en ne don tl’O MP I,c
omb atdepu i
s d e nomb reuses
anné es pou rl’
instau r
ationd ela l
ib er
té e
t l
e respectd es valeurs universelles en mat
ièredesd roits de l’
H o mme .
Les textes des dizaines de résolutions mentionnées plus haut, confirment incontestablement la légitimité de ce
combat.

Ilfau ta uss ira ppelerqu el


’OMP Iconstit
ue l
aprinci
p al
e forma t
iond uC onseilNational delaR ési
sta
nce d’I
ra n
(CNRI) qui représente le Parlement de la résistance en exil. Celui-ci réunit 540 personnalités membres de la
société civile iranienne. LeCN R I œuvre po url

instaurati
ond ’
unE tat démo c rat
ique etla
ïqu e.L esmemb resd e
cettec o ali
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o nf on ttousl’
objet d ’
unef atw ademo rtémi sep arl ef o ndateu rdel aR épub liqueisl
amiq uee t
confirmée p ar leG uided ur
égime en pl
ace.U ncert
ainn omb r e d’
e ntre eux ont déj
à étéassassinés àl
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rangerp ar
des brigades de terreur envoyés de Téhéran.

Cependant, da
nsleca
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un ep o litiqued ec omp laisancead opté
ev is-à-v
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Européenne,s’
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éed eva nt l’exigen ced esmo ll
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ant ài nscri
rel enomdel
’OMP
Isu
rlali
st
eanti
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te
rrori
sted el

UEéta
bli
eà la suite de la tragédie du 11 septembre 2001.

Il faut souligner que la décision prise, le 2 mai 2002, d


’insérer l'OMPI dans les listes anti-terroristes de l'UE pose
des questions juridiques sérieuses tant du point de vue technique que du point de vue du respect des droits
fondamentaux garantis dans l'Union comme dans ses Etats membres. 1

En effet, Le processus d'inscription de l'OMPI sur les listes en question constitue une construction juridique
extrêmement complexe et motivée principalement par le souci d'éviter toute transparence et d'empêcher un
contrôle juridictionnel démocratique et efficace des instances communautaires.2

Ce tt
ed éc i
s ione st d’auta nt p l
u si n
fon dé
equede nombreux juristes renommés dont Lord Slynn of Hardley,
professeur du droit international et ancien juge à la Cour de Justice des Communautés Européennes, insistent
sur les critère sd ud r
oit i
n te rnati
o nale na
ppel
antà reconn aî
trel’
O MP Ico mme u
nmo u veme ntde r
ésistanc e.E n
même temps, selon le professeur Eric David, la nature du conflit qui opp os
el’
OMP I àl athéocra
tiei ranien ne
oblige q u’il soit soumi s au xn orme sdud roi
ti
nt
ern ationalhu man itaireet no
npasau x cr
itèr
es descon ven tions
relatives à la lutte contre le terrorisme.

1
- Avis juridique détaillé émis conjointement par MM. Bruno Nascimbene, profes seu rd ed roitco m m unautaire àl’U ni
v ersi
té de M il
an et
H e nriL aba yle,p r
o f
esse urd ed r
oitcom m un autai
re àl’
U n i
versit
é de P au .
2
- Voir aussi la résolution n° P5_TA(2002)0055 du Parlement européen intitulée « Mesures pour combattre le terrorisme », parag. 2 & 4,
JO des CE n° C284E/314 du 21 nov. 2002 : Le PE regrette que « les mesures que le Conseil a adoptées le 27 décembre 2001 par
“ p r
o cédure écrite” co nsti
tue ntune co nst
r ucti
on j
uri
diq uement c om p l
e xe,qu i sem ble vi
ser à con tour
n er le con trôle d é
m o cratique du
Parlement européen », et que « l e Co nsei
l ne l’
ait pa
s co nsul
tésu r l
a l
iste des or ganisa ti
on ste rr
o ri
s t
e s
et qu ’aucu n ed isposit
ion n ’ait été
prise quant à une consultation du Parlement sur les mises à jour régulières de cette liste, ce qui risque de p e rpétu e
r et d’a gg rav er
l’a bsence r el
a ti
v e de contrôle démo crati
qu e dans ced om aine». Cette situation ainsi que « l e choix d’une b ase ju ri
d ique qui relè ve d u
tro i
sièm e pilierp our la définit
ionde la li
ste deso rga
nisa t
ions t
erro ristes,…r evi entà e xclure toute consultation et tout contrôle effectif à
la fois par les parlements nationaux et par le Parlement européen, et à éluder la juridiction de la CJ ».

1
Néanmoins, cette mesure semble avoir été justifiée par la suite donnée à une résolution des Nations Unies
concernant la lutte contre le terrorisme et obligeant les Etats membres à faire application des décisions du
Comité des sanctions des Nations Unies. Cet argument doit être écarté c ard’
unepart
, la résol
u t
ione nq uestion
ne me ntionne p as l
’O MP Ie td ’
autre pa r
t, « les méthodes utilisées par l
eCons
ei
l[del’U nione uropéen ne ]p our
transpo serlesm es
u re sp rov isoi
resé m a nan t duC ons e
ild es écurit
éd e
sN at
i
onsu n iesn es ’
a ppli
q uen t pas
nécessairement à des mesures indépendantes d el
’Union euro p éenn equido
iv
entégal
em en tser
v i
r deb as epo ur
fonder une politique et des actions à plus long terme ».3

Par ailleurs, la validité de la liste fixée par la position commune (PESC) est douteuse. Cette position commune
définit dans son article premier les personnes visées par la liste et les actes criminels concernés. L'examen de la
situation légale et du statut juridique de l'OMPI au regard du droit international général et du droit international
humanitaire ne paraît correspondre ni à la définition qui est donnée des personnes et entités impliquées dans
des actes de terrorisme ni à la détermination des actes susceptibles de tomber sous le coup des "actes de
terrorisme" déterminés par cette position commune.

L'interprétation de la dite position commune doit également être effectuée au regard du droit de l'Union et
notamment du texte de base qui est constitué par la décision-cadre 2002/475 sur le terrorisme. Cette décision-
cadre fixe le droit commun en matière de lutte contre le terrorisme. Cette dernière exclut de son champ
d'application " les activités des forces armées en période de conflit armé, au sens donné à ces termes en droit
international humanitaire, qui sont régies par ce droit " et son adoption a été accompagnée par une déclaration
jointe au PV du Conseil indiquant qu'elle ne s'appliquait pas au " comportement de ceux qui ont agi dans le but
de préserver ou de rétablir ces valeurs démocratiques, comme cela a été notamment le cas dans certains États
membres durant la deuxiè m eg uerre m ondi
a l
e ,pourrait êtrea ujou rd’
hui con si
d ér
écom m e ressorti
ssant à des
actes " terroristes ".4

Or, au regard du droit international mais aussi de la volonté exprimée clairement par l ’
U niondans son
incri
mi nationd ut er
r orisme ,l’activité militaire de l'OMPI dans son combat contre le régime extrêmement
répressif de Téhéran q ui est par t
icu l
iè r
eme n t loi
nd ’u nEta td e droit, ne peut en aucun cas entrer valablement
dans le champ d'application de la législation anti-terroriste et donc dans la liste de l'UE. Il faut en outre rappeler
au passage que depuis juin 2001 (11 mois avant cette inscription sur la liste en question) l ’O MP I a o
fficiell
eme nt
cessé toute activité militaire en Iran et continue à respecter cette décision.

Cette inscription n'est visiblement que l'application mécanique d'une décision purement politique sans tenir
compte des conséquences matérielles graves qu'elle peut entraîner tant du point de vue policier et judiciaire
qu'au regard du droit des réfugiés.

Cette erreur est accompagnée d'un détournement d ep roc


édu red el a" liste "car,s’
a gi
ss ant d el ’OMP I, c
ette
dernière est utilisée comme un moyen de pression diplomatique o ud’« échange » au service des considérations
politiques et commerciales et non comme un instrument de lutte contre le terrorisme. Cette réalité a également
été une nouvelle fois confirmée deux ans et demie après l

ins
criptiond e l’O MP Isurles l
istes enq u estio
n ;l
’UE
ayant proposé au régime de Téhéran de suspendre ses activités nu c
léaires enr evanch e,l
’U n i
onc o ntinuera « à
considérer les Modjahedines du Peuple comme une organisation terroriste » !5

Il faut aussi souligner que l'Union européenne garantit la protection des droits fondamentaux dans le cadre de
son action. Elle doit également respecter le droit international des droits de l'Homme et le droit humanitaire
dont l'analyse confirme l'applicabilité de ses règles à l'OMPI et à son action. L''inscription de l'OMPI sur les listes
antiterroristes de l'UE doit donc se plier à cette obligation.

La reconnaissance par les forces de coalition, du statut des personnes protégées par la Convention n° VI de
Genève, pour les me mb res del’
O MP Iin stal
lés da ns l
a vi
lled’A s
hrafenI r ak ,s’
in scri
t dans lecad r
ed ece
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e mê me
logique. E ne f
fet
, à l
’i
ssud ’une xame nd e l
a situation des personnes concernées qui a duré 16 mois et qui visait
tout es les acti
vit
é sde l
’OMP I ant
érieu res àce tteq uali
fi
ca t
ionp arl’U E, la coalition a du confirmer l

abs
en ce d e
justification pour engager une poursuite contre tout membre de cette organisation.

Or, cette inscription pose également problème au regard des droits fondamentaux et notamment de la
Convention européenne des droits de l'Homme.

3
- idem, parag. G.
4
- Voir également le parag. T de la « R
ecom m and ati
o n du PE surle r
ô l
e del’U nion dans la lutte contre le terrorisme (2001/2016(INI)) »,
adoptée le 5 septembre 2001 par le PE, doc. n° A5-0273/2001 : « C onsid érant q ue l
es actes ter ror
istes au sei
n del’Union Européen ne
doivent être considérés comme des actes criminels qui visent à modifier, dans des Etats de droit, des structures politiques, économiques,
soc i
ales et envir
o nnem entales,en m en
açan tconcr èt
e me ntd ’uti
liserla v iol
enc e o u enrec ou ran tà cette d ern i
è re
,s e di
stinguant par là
d’a ct
es de résis
tan ceda nsd espa ys ti
er
sco ntr
e des structures étatiques qui ont elles-mêmes recours à des méthodes terroristes ».
5
- Agence France Presse, dépêche datée du 21 octobre 2004, 17:30H.

2
Les conditions de l'inscription de l'OMPI sur la « liste » paraissent contrevenir aux standards en la matière, tant
du point de vue de la question des droits de la défense que de celui du droit au procès équitable et du droit au
juge, sans parler des griefs au fond sous l'angle de la présomption d'innocence ou du principe de légalité. L'un
des problèmes majeurs provient de ce que l'essentiel de l'édifice repose sur une position commune PESC qui est,
en vertu du principe d'attribution des compétences à l'Union, soustraite au contrôle de la juridiction
communautaire faute de titre pour agir.

En effet, les requérants ne disposent "d'aucun recours juridictionnel effectif". Il y a donc là un déni de justice qui
constitue une atteinte à la protection juridictionnelle garantie aux justiciables dans l'Union européenne tant par
le droit international des droits de l'Homme que par la CEDH ou le droit de l'Union. La chose est claire pour la
liste de l'Union, qui commande la réponse policière et judiciaire.

Par conséquent, nous, les signataires de cette appel mondial,

Compte tenu :

- des rappels effectués ci-dessus ;


- des appels déjà signés par des milliers de juristes, de parlementaires ou des personnalités politiques,
sociales, culturelles ou religieuses à travers le monde ;
- des d écla rati
on sd es o utiena u xi d éauxd é mocrat
iq ue
sdel’
OMP Is i
gn éesp arplusieurs millions de
citoyens des différents pays ;

Considérant que « dans la lutte c


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’appu id up ub l
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s àl
adéf
ens
eet au respect de la vie
privée » ;6

Demandons au Conseil des ministres et aux autorités compétentes de l ’


U Ed er a yerl ’O MPI des listes
européennes des organisations terroristes. Le droit international et européen ainsi que la justice le commande.

Cette mesure est d ’autant p l


usfon déee t lé
g i
timeq u elas itua t
iont ra giq
ueenIrann écessiteunc h a ngeme nt
démocratique dans ce pays. Le changement souhaité ne peut se réalisé ni par une intervention militait ni par la
poursuite de la politique de complaisance. La solution crédible consiste à a
ppuye
rlavo i
x des mill
ion s d ’
iranien s
etd ’
ira
n i
e nne s qui se t
rou ventsous l
a répressione t qui sontre présentés p a
rlaRé
si
stance i
ra ni
enne et l
’O MP I
.

6
- Voir la résolution n° P5_TA(2002)0055 du Parlement européen intitulée « Mesures pour combattre le terrorisme », parag. C, JO des
CE n° C284E/314 du 21 nov. 2002.