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LA VIE A-T-ELLE UN SENS ? QUE FAISONS-NOUS SUR TERRE ?

Cher lecteur,

En remontant à la plus ancienne civilisation connue, celle de Sumer, soit plus de


3000 ans avant JC, il apparaît que la religion a fait très tôt son apparition chez
l’homme, pour tenter d’expliquer et de justifier tout ce qui paraissait
incompréhensible : l’obscurité de la nuit ; le bruit du tonnerre ; les maladies ; le
pourquoi des bonnes et des mauvaises récoltes… Les religieux se sont
rapidement imposés comme les interprètes de la nature auprès du péquin
ordinaire, puis l’appétit venant en mangeant ils se sont aussi imposés comme les
connaisseurs du sens de la vie sur terre et de ce qui advient après la mort. Leur
pouvoir au fil des siècles s’est affermi (ils ont parfois commandé aux rois mêmes,
en plus d’être leurs plus fidèles serviteurs), et seule la connaissance scientifique
y a mis certaines limites en apportant la preuve du fonctionnement « naturel » de
phénomènes qui paraissaient surnaturels. Le religieux est toujours resté très près
du pouvoir, prompt à justifier ses actes les plus sombres au nom de la raison
d’Etat et a contrario incitant le peuple à endurer avec patience les pires
exactions, sur la promesse d’un bonheur toujours futur et le plus souvent
commodément situé dans l’au-delà. Evidemment, il y a eu aussi, et de tout temps
des religieux sincères qui ont véritablement voué leur vie à la méditation, à la
recherche de la vérité sur le divin et sur le sens de l’existence de l’homme. Ils
sont en général arrivés à la conclusion que faire le bien ouvre plus de
perspectives (attrayantes) dans l’au delà que faire le mal. Bien sûr les notions de
bien et de mal ne sont pas immuables ; elles sont relatives à l’espace et au
temps, mais ce qui importe c’est ce que dicte à l’homme sa conscience dans un
contexte donné. La race de religieux bien intentionnés évoquée ci-avant ne
constitue certes pas la majorité de la corporation, mais elle existe, et c’est elle
qui apporte son crédit à la religion en lui donnant la base morale qui légitime
le dogme.

A partir de ce préambule tu dois avoir compris cher lecteur que pour le moins, je
me méfie de la religion. Quelle qu’elle soit.

Tout petit déjà, j’avais constaté que ceux qui dans mon entourage manifestaient
le plus ouvertement leur dévotion étaient ceux-là mêmes qui se comportaient
avec le plus d’hypocrisie dans la vie courante et faisaient preuve du moins de
miséricorde envers les autres. Avec l’âge, mon a priori n’a fait que se renforcer à

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la découverte des nombreux crimes commis au nom de la religion depuis l’aube


des temps, tous continents confondus : inquisition, guerres religieuses, sacrifices
humains... Sans compter le nombre d’allégations professées comme vérités
absolues par les religieux, et prouvées fausses par la science. Comme par
exemple le dogme du créationnisme qui continue en dépit du bon sens, à
s’opposer à la théorie de l’évolutionnisme pourtant désormais scientifiquement
établie. Pour la bible et le coran, la terre est vieille de moins de 6000 ans. Or la
science a démontré que la terre est âgée de 4,5 milliards d’années ; que les
plantes et les animaux existent depuis environ 1 milliard d’années ; et que
l’homme est sur terre dans sa forme « moderne » depuis … 40.000 ans, après
avoir évolué de l’état néandertalien il y a 200.000 ans pour s’adapter à son
environnement, comme l’ont fait la plupart des créatures et des plantes.
L’histoire nous enseigne aussi que Galilée a failli être condamné au bûcher pour
avoir affirmé que la terre tournait autour du soleil et qu’elle n’était donc pas le
centre de l’univers… Et puis, y a-t-il encore quelqu’un pour croire avec un
prophète célèbre, que les étoiles seraient incrustées dans le plus bas des « sept
ciels » qui s’empileraient au-dessus de nos têtes alors que le soleil et la lune
seraient des lampes éclairantes placées au plus haut, dans le septième ciel ? La
science nous informe que le soleil se situe à 150 millions de km de la terre, alors
que la plus proche étoile, Proxima du Centaure est à deux années lumières. Une
année lumière, c’est 10.000 milliards de km. C’est la distance parcourue par la
lumière en une année, à la vitesse (que l’on ne peut excéder) de 300.000
km /seconde…

Je le répète, je me méfie de la religion parce que fondée essentiellement sur le


dogme et pourtant alerte à imposer ce qu’elle ne peut prouver, tout en estimant
normal aujourd’hui comme hier, de maltraiter autrui pour ses croyances ; tout
particulièrement quand elle manque d’arguments rationnels pour les étayer. Je
me méfie de la religion mais cela ne met pas en cause ma foi en Dieu. Ce n’est
pas du tout la même chose. Il ne faut pas confondre religion (instrument de
pouvoir) et foi ou spiritualité (croyance dans le divin). Tout au contraire, je
crois profondément en Dieu mais je me méfie des intermédiaires, qu’ils soient
hommes (prêtres, marabout, rabbins...), rites (chrétiens, bouddhistes,
musulmans…) ou institutions (temples, églises, mosquées…). Le même instinct
qui m’a fait repousser la religion m’a au contraire conduit à croire en Dieu, sans
pouvoir démontrer son existence et sans avoir besoin en ce qui me concerne, de
le faire. En cela je ne diffère pas du religieux classique que je critique ici. Notre
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différence réside en ce que je ne cherche pas à imposer à quiconque ma vision


de Dieu et que je n’ai jamais envisagé que quiconque puisse être querellé,
molesté voire tué, parce que sa conception de Dieu diffèrerait de la mienne. Je
l’expose seulement au lecteur. Libre à lui de la rejeter, l’aménager ou se
l’approprier.

Ce sont des considérations sur l’âme qui m’ont conduit à mon acception de Dieu,
un Dieu immatériel créateur de lois physiques et spirituelles qui ont à leur tour
généré la matière puis la vie. Celle-ci a évolué chez certaines espèces comme
l’homme sur terre, pour leur conférer la notion de conscience, devenant ainsi un
support propice à l’âme. L’âme active présuppose en effet la conscience du bien
et du mal. Je suis arrivé à me faire une idée de ce que sont l’âme et la vie dans
l’au-delà, après m’être interrogé comme tout le monde, sur le sens de la vie sur
terre. Les réponses toutes faites qui m’étaient proposées ne me donnaient pas
satisfaction. Par exemple pour le chrétien, l’homme a commencé son existence
au paradis dans une vie d’insouciance où les notions de douleur et de mal étaient
inconnues. Mais pour son malheur, il a bravé un interdit de Dieu (péché originel),
ce qui l’a fait tomber en disgrâce et a conduit à son exil sur terre, le condamnant
à gagner sa vie « à la sueur de son front ». Le but de l’homme sur terre serait
donc de regagner le paradis perdu à travers la prière, la repentance et les actes
vertueux. Pour les catholiques, l’homme peut retrouver le paradis par ses actes
car Jésus, fils de Dieu s’est « sacrifié » pour rattraper le péché originel évoqué ci-
avant. Pour les protestants, l’homme est encouragé à poser des actes vertueux
et à attendre la volonté de Dieu. Rien ne garantit que ses actes le conduisent au
paradis car son destin est tracé par Dieu depuis sa naissance et tout ce qu’il peut
faire n’y changera rien… Pourquoi un Dieu miséricordieux a-t-il pu s’offusquer
aussi irrémédiablement de ce que sa créature (clairement provoquée et trompée
par un ange déchu) lui a désobéi pour la première fois, cela reste déjà assez
inexplicable pour moi. Mais qu’il étende sa colère à toute la descendance de sa
créature pour une faute ponctuelle commise dans des conditions aussi
discutables, cela dépasse l’entendement et contredit les notions mêmes de
justice et de miséricorde. Ainsi pour le chrétien, Dieu pourtant proclamé
miséricordieux, serait en même temps rancunier ! Quelle contradiction ! Qu’en
est-il du musulman ? Lui croit avoir été créé dans l’unique but de servir Allah sur
terre. Son bonheur, son comportement sur terre… tout cela est subordonné à sa

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dévotion à Allah et se juge à l’aune de sa soumission à Allah et à son prophète1. Il


croit que la plus grande des vertus c’est de craindre Allah (et son prophète) et
donc de l’évoquer en permanence et à l’occasion de chacun de ses actes même
les plus infimes, de peur de lui déplaire. Cette réponse non plus ne me satisfait
pas car elle prête à Dieu le narcissisme et autres faiblesses de l’homme… en
pire. Quand on considère la taille insignifiante de l’homme dans l’immensité de
l’univers, quel service pourrait-il rendre à Dieu qui Lui soit indispensable ?
Pourquoi son opinion ou son comportement quels qu’ils soient, auraient-ils la
possibilité d’affecter un Dieu omnipotent et omniscient ? L’homme est infiniment
infime dans sa dimension physique au regard de l’univers ; bien plus infiniment
infime que le microbe rapporté à la taille du globe terrestre. L’homme ne devient
intéressant que dans sa dimension immatérielle, celle de l’âme, du fait de la
capacité pour celle-ci de rejoindre le divin. Ce qui compte, c’est l’âme. L’être
physique n’est que l’instrument de perfection de l’âme. L’homme vient sur
terre dans sa forme physique pour permettre à l’âme de subir l’évolution
nécessaire à sa symbiose avec Dieu. Pourquoi l’épreuve du passage par
l’enveloppe physique a-t-elle été rendue nécessaire ? Je ne saurais le dire, mais
c’est une épreuve difficile car la vie sur terre exige la satisfaction de besoins
divers dont certains sont plus aisés à remplir lorsqu’on s’exonère des
considérations éthiques. Or ces considérations sont la base des « lois
spirituelles » de l’univers, ces lois spirituelles qui sont à l’âme ce que les lois
physiques sont à la matière : immuables. L’homme vient sur terre pour
s’élever moralement afin de permettre à l’âme qui est « son corps » spirituel,
de se purifier par les bonnes actions accomplies par l’intermédiaire du corps
physique. Pourquoi ? Parce que seule l’âme, du fait qu’elle est
immatérielle, a vocation à l’éternité. Quand elle atteint un certain degré
d’évolution et de pureté, l’âme entre mécaniquement en symbiose avec Dieu
après avoir abandonné avec la mort son enveloppe éphémère et périssable. Cela
explique les morts que nous jugeons « prématurées » ou « injustes » : la
présence de ces âmes dans ces enveloppes-là n’était plus nécessaire. Soit parce
qu’elles s’étaient suffisamment apurées pour rejoindre le divin, soit parce que le
temps était venu de leur attribuer d’autres enveloppes physiques dans un

1
Le musulman prétend qu’il ne faut associer personne à Dieu, pourtant il associe en
permanence le prophète à Dieu jusqu’au butin dont 20% reviennent à Dieu et au
prophète ! Le catholique aussi décrète l’unicité de Dieu, ce qui ne l’empêche pas d’en
faire une trinité ! Comment dans ce contexte ne pas élever en vertu suprême le fait pour
les croyants de croire « aveuglément » et en péché mortel l’exercice de l’esprit critique ?
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contexte amélioré ou au contraire rendu plus difficile. L’âme ne peut en effet


progresser et se purifier que par les bonnes actions accomplies ici-bas ; elle se
salit et régresse par nos mauvaises actions. Chaque bonne action est dans l’ordre
des choses ; elle est conforme aux «forces d’amour et d’empathie» qui sont les
premières lois naturelles de l’univers dans le domaine spirituel. Chaque mauvaise
action au contraire contrevient à l’ordre des choses ; elle doit donc être expiée
(c'est-à-dire faire l’objet de regrets sincères), punie (par une douleur/épreuve
physique ou morale) et réparée, c'est-à-dire corrigée par des actes de bonté.
Tout ceci se passe ici-bas dans le corps physique. L’âme qui n’a pas
suffisamment évolué pour atteindre le niveau de pureté nécessaire lorsque
survient la mort du corps physique, retourne dans le monde physique sur terre
ou ailleurs, sous une forme ou sous une autre pour expier, recevoir sa punition et
se voir offrir une possibilité de rédemption en vue de réparer le mal qu’elle a fait.
L’âme qui au rythme de ses retours sur terre (ou ailleurs) n’a fait que régresser à
chaque passage finit par se retrouver dans des vies de plus en plus primaires
jusqu’au type de vie où la notion de conscience n’existe pas. Ses possibilités de
rédemption sont alors réduites à la portion congrue car la conscience est
indispensable à l’accession aux lois spirituelles de l’univers. Finit-elle par se
désintégrer et disparaître à jamais? Reste-t-elle en sommeil jusqu’à ce qu’un
évènement insolite lui fasse intégrer un être doté de conscience ? Ce sont-là des
questions légitimes à se poser! Mais ce qui est réellement important c’est le fait
que l’âme se voie offrir des possibilités de rédemption qu’elle est libre de saisir
ou non. Ces possibilités de rédemption se présentent sous diverses formes et
expliquent les malheurs incompréhensibles qui nous frappent : guerres,
épidémies, désastres naturels... Ces épreuves sont subies par le corps physique,
mais elles sont en réalité adressées à l’âme. Par exemple le bébé innocent qui
décède est une âme dont la présence éphémère dans ce bébé témoigne que son
but n’était pas sa propre évolution, mais de permettre à d’autres âmes d’expier,
de recevoir une punition et de s’améliorer. Ce peut être les âmes des parents du
bébé. La disparition prématurée du nourrisson est peut-être l’épreuve d’expiation
et de punition donnée à ses parents suite à des actes qu’ils ont posés dans cette
vie ou dans une vie antérieure. Ce peut-être en même temps la possibilité de
rédemption donnée à d’autres personnes, voisins, membres d’organisations
caritatives… pour apporter secours et soulagement à des êtres en souffrance...
Ces retours de l’âme sous une enveloppe physique, qui lui donnent (ainsi qu’à
d’autres âmes) la possibilité de progresser et de s’assainir, s’effectueront jusqu’à

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ce que l’âme atteigne le degré de pureté suffisant pour couper tout lien avec la
matière et rejoindre définitivement le divin, aussi automatiquement qu’un fruit
mûr se détache de sa branche sans avoir besoin de l’intervention de quiconque.

C’est en cela que Dieu est miséricordieux ; Il ne condamne personne à


perpétuité, mais donne à tous une possibilité de rédemption que chacun a le
loisir de saisir ou de retarder. Cette interprétation du sens de la vie ici-bas et
dans l’au-delà me permet d’accepter mon sort quel qu’il soit, tout en restant
motivé à l’améliorer en permanence en veillant à respecter des principes
moraux de base : ne pas nuire à mon prochain en évitant de lui faire ce
que je n’aimerais pas qu’il me fasse. Cette acception dynamique de la vie
diffère des fatalismes protestant et musulman. Ce sont les lois physiques et
spirituelles de Dieu qui sont immuables ; pas le destin de l’homme qui se
construit pour une grande part, par les actes posés par lui-même. Dieu donne à
l’homme la faculté de façonner son destin en le mettant ici-bas, dans des
situations de progression-apurement de son âme, où il doit décider entre le bien
et le mal. Cette interprétation du sens de la vie me permet aussi de ne jamais
me poser en juge des autres, ni en tout cas de me prétendre investi du devoir de
corriger mon prochain ou d’agir pour compte de Dieu. L’homme n’agit que pour
compte de lui-même, jamais pour compte de Dieu qui n’a nul besoin de serviteur,
d’associé, ou d’intermédiaire de quelque nature que ce soit pour quoi que ce soit.
Dieu agit strictement par le biais de ses lois. Sans le moindre parti-pris ni
favoritisme, car Dieu est rigoureusement juste et donne aux âmes, exactement
les mêmes possibilités d’évolution. Les religions sont dans le vrai quand elles
affirment que le salut de l’homme résulte uniquement de ses actes. Elles
contredisent cependant cette affirmation quand elles en déduisent que l’homme
a besoin d’intermédiation pour atteindre le paradis. D’où viendraient en effet le
besoin et l’utilité de l’intercession de tiers entre l’homme et un Dieu omniscient,
omnipotent et miséricordieux ? Qu’est ce qu’un tiers pourrait donner comme
information à un Dieu omniscient que celui-ci ne possède déjà ? Quel besoin a un
Dieu miséricordieux que quelqu’un (de plus miséricordieux que Lui ? Quel
sacrilège !) Lui demande de pardonner à ses propres créatures dont Il connaît
mieux que quiconque le cœur, les hésitations et les faiblesses ? Quelles
circonstances atténuantes pourraient être évoquées par un intercesseur, qui
auraient pu échapper à la vigilance de Dieu omniscient ?...

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Une autre question importante est de savoir ce que fait l’âme dans l’au-delà,
avant son retour sur terre. Combien de temps y reste-t-elle ? Est-elle « interrogée
par une sorte de tribunal » ? Entre-t-elle en contact avec d’autres âmes ?

Je crois que l’âme n’a aucun besoin logique d’être « interrogée» à son arrivée
dans l’au-delà. Surtout par un Dieu omnipotent et omniscient. Quelle information
pourrait recueillir « ce tribunal », que Dieu ne détienne déjà ? A moins de croire
que Dieu est un sadique que l’humiliation de ses créatures amuse ! Essayez un
instant de vous imaginer en juge unique et ultime ! Si vous lisez même dans le
cœur du prévenu de sorte que ses motivations les plus secrètes ne peuvent vous
échapper ; si vous savez tout et avez même assisté en témoin oculaire et auditif
à la perpétration des faits incriminés ; que vous faut-il de plus pour prendre votre
décision ? Quelle plaidoirie pourrait influencer une décision basée sur
votre connaissance totale et intime de la situation ? Un Dieu omniscient
n’a aucun besoin de séance de tribunal pour décider du sort de l’âme. Cela n’a
pas de sens. N’est-il pas plus sensé de considérer que l’âme démarre son séjour
dans l’au-delà par la prise de conscience pleine et entière de ses actes sur terre,
et tout particulièrement de ses fautes, celles-là mêmes qui vont justifier son
retour prochain pour un autre séjour terrestre ? Le corps physique du fait de ses
besoins propres, obscurcit la capacité de perception de l’âme pendant le séjour
sur terre. C’est pourquoi lorsqu’elle se débarrasse du corps physique par la mort,
l’âme se réapproprie sa clairvoyance et voit enfin avec une clarté éblouissante
les actes qu’elle a accomplis sur terre et leurs conséquences bonnes ou
mauvaises sur les autres. Sa perception du bien et du mal devient totale parce
qu’elle n’est plus tempérée ni obscurcie par le corps physique. L’horreur du mal
se montre dans toute son ampleur. A contrario l’indicible sensation de plénitude
engendrée par la pratique du bien s’exprime dans toute sa splendeur. Les lois
spirituelles d’amour et d’empathie lui apparaissent enfin clairement. La véritable
expiation commence alors : l’âme vit par elle-même et de manière exponentielle,
les affres qu’elle a fait connaître aux autres par ses actes négatifs ; par cette
simple prise de conscience, elle souffre pleinement ce qu’elle a fait souffrir
aux autres ; de même et a contrario, elle jouit pleinement du bonheur
qu’elle a procuré aux autres par ses actes d’amour et de compassion. Elle est
mise en contact avec les âmes avec lesquelles elle a interagi sur terre (parents,
amis, partenaires, adversaires…), dans le cadre du ressenti de la souffrance
qu’elle leur a causée ou pour expérimenter la plénitude du bonheur qu’elle leur a
procurés. Cette sensation de plénitude n’est que le prélude à celle qui sera
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désormais son lot lorsqu’elle aura définitivement rejoint le divin dans une
symbiose éternelle. A cette occasion, l’âme mesure enfin les conséquences de sa
régression prochaine du fait de ses actes négatifs, et du délai à passer à nouveau
sous une enveloppe physique peut-être moins favorable que la précédente, pour
recevoir sa juste punition et saisir les opportunités de rédemption qui s’offriront à
elle. S’agissant du temps à passer avant le retour sur terre, c’est celui nécessaire
à cette prise de connaissance intime des actes de la vie précédente. Mais en
réalité, le temps n’a pas de sens dans l’au-delà car dans cet univers, l’âme
n’évolue pas dans le monde à trois dimensions (plus le temps comme quatrième
dimension) que nous connaissons. Le nombre de dimensions y est probablement
infini et le temps n’y a qu’une signification toute relative. C’est pourquoi les âmes
s’y retrouvent sans prise en considération du temps ni du lieu où elles sont, dans
leurs différents états d’évolution jusqu’à la symbiose avec le divin. Ce qui
importe ce n’est donc pas le temps passé dans l’au-delà, mais celui à passer à
nouveau sur terre et dans quelle conditions. C’est pourquoi la pratique du bien
ne peut être une option parmi d’autres. C’est une nécessité vitale. La loi morale
qui doit guider l’action, c’est l’amour du prochain dans la limite des moyens
matériels, intellectuels et spirituels de chacun. Cela signifie qu’il n’est pas
nécessaire de se mettre délibérément en état de manque ou de souffrance pour
aider son prochain dans le besoin. Chacun n’est appelé à le faire que dans la
limite de ses moyens. Les religions classiques l’expriment comme ceci : Dieu ne
donne à chacun que le juste fardeau qu’il peut porter. En réalité, Dieu donne à
chacun le fardeau dont il a besoin pour faire progresser son âme. Il lui
donne aussi les moyens qui vont avec : la capacité d’aimer et de raisonner ; à
chacun d’en faire bon usage. Dieu est rigoureusement juste et exprime
cette justice par les lois naturelles autosuffisantes qui gèrent les univers
physique et spirituel sans aucun besoin de son intervention « miraculeuse ».

Autant l’univers physique tout entier est régi (on ne sait pourquoi) par les quatre
forces qui le gouvernent depuis le « big bang »2 : la force électronucléaire forte,
la force électronucléaire faible, la force électromagnétique et la force de gravité,
auxquelles nul ne peut se dérober, même pas les planètes et les galaxies, autant
l’univers spirituel est dirigé par les forces d’amour et d’empathie (et d’autres
forces encore que nous ignorons) auxquelles nul ne peut se soustraire.

2
Sans que cela soit encore démontré, la science accepte l’idée que la matière soit née
d’une « explosion » appelée big bang, il y a 15 milliards d’années, laquelle a donné les
étoiles, les planètes et le « vide » autour.
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L’énergumène qui se jetterait sans parachute du 10ème étage d’un immeuble en


croyant ne pas être soumis à la force de gravité, commettrait une erreur fatale.
La force de gravité existe et agit sans émotion. Le bébé innocent tombé du 10 ème
étage s’écrase aussi parfaitement que l’adulte. Au plan spirituel, l’homme qui,
doté d’une grande capacité de bien du fait de sa puissance, de sa richesse ou de
son intelligence, l’utiliserait pour nuire à son prochain en croyant ne pas être
soumis à la force d’amour et d’empathie, commettrait lui aussi, une erreur fatale.
L’effet de la force spirituelle n’est pas aussi spectaculaire que celui de la chute
du 10ème étage, mais il est aussi déterminant en termes d’impact sur l’état de
l’âme. Cela rejoint la mise en garde des religieux aux gouvernants, quand ils
prédisent que les puissants sur terre auront contrairement au vulgum pecus, les
plus grandes difficultés à entrer au paradis. Un très grand pouvoir en effet a
tendance à produire un égo surdéveloppé, lequel à son tour engendre
d’immenses tentations et besoins (notamment de domination) qui ringardisent la
pratique du bien, ouvrant la voie à d’innombrables occasions de transgression
des lois spirituelles.

Cher lecteur, tant que tu retiendras de ta religion l’essentiel, à savoir : ne pas


faire à autrui ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse, ou plus simplement :
faire le bien plutôt que le mal en conformité avec ce que te dicte ta conscience,
alors ta pratique religieuse restera saine indépendamment de ta religion. Ta
pratique religieuse te protégera des déconvenues et quelle que soit la vie dans
l’au-delà, tu l’aborderas sans handicap majeur quand ton tour viendra. Si au
contraire ta religion t’enseigne que d’autres êtres humains sont des sous-
hommes ou si elle t’incite à nuire à autrui ou à le haïr au prétexte « d’obéir »
ainsi à la « parole de Dieu », alors attention ! Tu es sur une mauvaise pente.
Heureusement, Dieu t’a pourvu de deux instruments essentiels : la capacité de
réfléchir et la capacité d’aimer. Sers- t’en. Tout particulièrement lorsqu’on
t’encourage à les délaisser pour croire aveuglément ce qu’on te prescrit.
Pourquoi Dieu aurait-il besoin ou envie que quiconque agisse à sa place, que ce
soit pour récompenser ou pour punir ses créatures quand elles le louent ou
quand elles le remettent en question ? Serait-il faible ou impotent ? En vérité,
seul un mécréant peut s’imaginer que le fait de réfléchir et de demander des
preuves puisse de quelque façon que ce soit déplaire à Dieu. Dieu omnipotent
aurait peur de la sagacité de l’homme au point de lui interdire d’utiliser
l’intelligence que lui-même lui a donnée ! Allons ! Quelle absurdité ! Quel
manque de foi ! Quelle négation de la puissance divine ! C’est tout le contraire.
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Dieu a donné l’intelligence à l’homme pour qu’il l’utilise, notamment pour


démêler le vrai du faux. C’est pourquoi tu dois exercer en permanence ton esprit
critique sur tout ce qui t’est proposé ! Exprime tes doutes jusqu’à ce que tu
reçoives la réponse qui te satisfasse pleinement aux plans intellectuel et moral.
Rien de moins. Ainsi tu éviteras endoctrinement et manipulations dont de soi-
disant intermédiaires entre Dieu et les hommes se servent à des fins
personnelles. Assure-toi régulièrement que ta pratique religieuse est
axée sur le bien envers ton prochain et envers les vivants en général.
C’est la seule pratique religieuse qui vaille. Tu connais sans doute la légende
d’Abraham à qui Dieu aurait demandé de sacrifier son fils unique pour preuve de
sa foi. Réfléchis juste un instant. Pourquoi Dieu qui est à la fois tout-puissant et
amour demanderait à sa créature de tuer sa propre progéniture innocente, sans
cause ? Dieu serait-il vicieux ou adepte de plaisanteries douteuses ? Pareille
requête est-elle vraisemblable, qui ne se situe nulle part sur l’échelle du bien ?
Ne mettons-nous pas des enfants au monde justement pour qu’ils nous
survivent ? Quel homme doué de toutes ses facultés accepterait sans raison de
tuer son fils bienaimé parce qu’on le lui a ordonné ? Que penser d’un homme qui
choisirait son bien-être personnel au détriment de la vie de son propre fils ? La
fin miraculeuse, le remplacement de l’enfant par un bélier, n’est-elle pas une
imposture de plus pour se tirer d’une situation impossible à justifier au plan
moral ? Car en effet, quelle morale retirer de cette histoire sinon que Dieu est
arbitraire mais qu’il faut quand même et avec ferveur se soumettre à sa volonté
et par extension se soumettre à la volonté de ceux, les religieux, qui prétendent
le représenter sur terre ? N’est-ce pas là en réalité la finalité de cette fable :
obtenir la soumission totale des croyants aux chefs religieux ? Comme il est en
effet impossible de justifier ladite soumission aux religieux par des arguments
rationnels, on fait un tour de passe- passe sous couvert de soumission à Dieu. La
ficelle est un peu grosse. Elle ne passe que quand volontairement on refuse
d’exercer son esprit critique. D’où la persistance des religieux à faire passer la
croyance aveugle et stupide pour la vertu suprême et l’esprit critique pour un
péché mortel.

Les religieux ont une bien curieuse conception de la miséricorde divine. N’en
viennent-ils pas à se plaindre de ce que certains de leurs disciples « oublient »
Dieu quand ils sont heureux et ne le redécouvrent que quand ils sont à la peine ?
Ne pourrait-on leur rétorquer, et alors ! Pourquoi pas ? Pourquoi devrait-il en être
autrement ? Pourquoi ce Dieu qui dans leur conception a créé l’homme à son
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image, ne serait-il pas heureux de ce bonheur en bon père de famille et exigerait


(en guise de compensation ?) que sa créature lui rende hommage en
permanence ? Dieu serait-il nécessiteux ou jaloux ? Dieu souffrirait-il, en potentat
abusif, de ne pas être loué à tout instant ? Connaîtrait-il la sensation
d’abandon ?... Même les despotes les plus exigeants ici-bas, accordent quelques
espaces de liberté à leurs sujets et à leurs proches collaborateurs ! N’est-ce pas
plutôt là une projection insensée sur Dieu du narcissisme et de la jalousie
combien humains des intermédiaires en religion ? Drôle de conception d’un Dieu
omnipotent et miséricordieux !

Je ne prie Dieu (avec mes propres mots, pas avec une litanie apprise par cœur)
que lorsque je souffre ou lorsque je sens que je vais faiblir dans mes
principes moraux. En effet quand on souffre on cherche à se raccrocher à tout
ce qui peut atténuer cette souffrance et spontanément on en arrive à appeler au
secours la puissance suprême, Dieu. A d’autres occasions, la tentation peut être
forte de satisfaire les besoins du corps physique (tricher pour obtenir des
avantages indus) en procédant à des « arrangements » avec l’exigence morale. Il
est tellement plus facile de mentir et de tricher (quand on pense ne pas pouvoir
être pris) que de s’astreindre à la rigueur! C’est alors que je demande à Dieu de
me donner la force de résister à la tentation. Mais, il ne faut pas s’y tromper,
C’est ma faiblesse humaine qui me pousse à solliciter Dieu quand je suis
à la peine et à le remercier quand les choses vont bien. Cela me fait du
bien, même si je sais que Dieu n’a rien à y faire car ses lois s’appliquent
mécaniquement et suffisent à régler le cours de la vie ici-bas sans autre
intervention de sa part. Le Dieu auquel je crois n’attend pas de moi sur terre des
marques d’adoration sous forme de prières codifiées, parce qu’il n’en a pas
besoin ; il n’attend pas de moi la pratique de rites, parce qu’il n’en a pas besoin ;
il n’attend pas de moi la fréquentation d’un temple quelconque, parce qu’il n’en a
pas besoin. Il n’attend de moi que ce qui m’est nécessaire à l’évolution de mon
âme ici-bas : que j’effectue mon parcours en progressant suffisamment
dans ma pratique du bien, pour le rejoindre définitivement avec une
âme apurée. Si les prières et les rites peuvent m’aider dans ce parcours, tant
mieux, mais il ne s’agit là que de moyens que je m’accorde pour accompagner
mes actes envers les vivants car seuls ces actes comptent, seuls ils sont la
finalité ici-bas car seuls ils déterminent l’état de propreté de mon âme. Je n’ai par
conséquent aucune appréhension de la mort physique car c’est elle qui donnera
à mon âme la possibilité de rejoindre automatiquement le divin si elle a atteint le
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niveau de pureté satisfaisant. Si ce n’est pas le cas, alors ce sera le retour


physique ici ou ailleurs pour recommencer dans des conditions rendues peut-être
un peu plus difficiles (c’est le prix à payer pour ses fautes) mais peut-être aussi
formidablement améliorées si mes bonnes actions ont excédé les mauvaises. Je
dis « ailleurs » parce qu’étant donné l’immensité de l’univers3, la probabilité
qu’existe la vie et une conscience sous des formes à la fois plus évoluées et plus
retardées que sur terre est nettement plus grande que celle de l’existence de la
vie sur la minuscule terre seule. L’homme n’a pas vocation à être le vecteur
exclusif de l’âme ni sur la terre ni ailleurs dans l’univers. Et compte tenu du
décalage pernicieux qu’il a lui-même institué entre sa grande maîtrise
des lois physiques et sa faible connaissance des lois spirituelles,
l’amenant à la destruction systématique de son environnement et des
autres espèces de vie sur terre, il n’est pas certain qu’il demeure
longtemps encore, le vecteur désigné de l’âme sur notre planète.

Je considère l’acte de faire le bien comme l’acte le plus naturel qui soit ; tout
aussi naturel que la pièce qui tombe quand on la lance en l’air ; il n’y a donc pas
de mérite particulier à faire le bien car on ne fait que laisser faire la nature à
travers les « forces d’amour et d’empathie ». Tout comme il n’y a aucun mérite
pour la pièce de tomber quand on l’a lancée en l’air : elle subit l’effet de la force
de gravité. Même avec l’avion, l’homme s’est donné seulement les moyens de
contourner la force de gravité ; pas de l’annihiler. Quand les moteurs de l’avion
tombent en panne en plein vol, la force de gravité reprend ses droits. Lorsqu’on
déroge aux lois de la nature, on en subit les conséquences. Les actes positifs
nettoient systématiquement l’âme et rejaillissent dans une certaine mesure sur
la qualité de la vie des intéressés ici-bas ; c’est clairement le cas pour les grands
hommes de cœur que sont Gandhi, mère Theresa ou Martin Luther King. A
contrario, les actes négatifs salissent l’âme avec la même automaticité, avec des
répercussions sur les impétrants ici- bas, plus ou moins visibles selon le cas.
C’est la raison pour laquelle il faut interpréter chaque épreuve que nous inflige la
vie, comme la conséquence du non respect des lois spirituelles : il s’agit de
punitions et d’occasions d’expiation, mais aussi d’opportunités de rédemption
par des actes de bonté envers autrui. Pour rectifier le tir nous disposons de deux
outils : notre capacité de raisonner et notre capacité d’aimer.

3
Le nombre d’étoiles dans notre seule galaxie est estimé à plus de 100 milliards ! Le
soleil est l’étoile qui exerce son attraction sur la terre. Des milliers de planètes gravitent
autour de chaque étoile…
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Cher lecteur, comme tu le vois, je ne suis ni un insouciant ni un mécréant ; c’est


tout le contraire. Je prends très au sérieux l’au-delà et j’ai pleine conscience du
degré d’intégrité morale à observer pour y accéder dans les meilleures
conditions; les religions ne s’astreignent pas à pareille rigueur morale. Je ne puis
donc accepter les solutions simplistes qu’elles proposent, dictées davantage par
le souci du confort et de la puissance de leurs dignitaires que par le salut des
âmes des croyants. En semant la peur dans le cœur des gens (flammes de
l’enfer , jugement dernier5…) on suscite de la clientèle pour les temples, les
4

églises et les mosquées ainsi que la soumission à leurs représentants… La


religion est une des voies habituelles d’appropriation de pouvoir à côté de celle
des armes. Tu as sans doute entendu parler de « l’alliance du sabre et du
goupillon », formule imagée pour stigmatiser la complicité de l’église et du roi
dans les conquêtes coloniales de l’occident chrétien. De fait, l’alliance entre le
religieux et l’Etat a toujours existé. On en trouve les traces depuis l’antiquité,
qu’elle soit sumérienne, égyptienne, grecque, inca, chinoise… ou autre. C’est
pourquoi si l’entrée du paradis est réputée étroite aux rois, il ne faut pas douter
qu’elle paraîtra plus étroite encore aux religieux car ils sont autrement plus
puissants que les rois sur l’esprit des gens.

Je n’ai pas eu besoin de la religion pour reconnaître le bien du mal et pour me


fixer le bien comme objectif absolu. Intuitivement, tout individu dans un contexte
donné, sait si ce qu’il fait est bien ou mal, parce qu’il le ressent. Ce qu’on ressent
intimement en toute conscience, c’est cela la vrai mesure du bien et du mal,
celle qui affecte l’état de l’âme ; pas l’apparence qu’on projette aux autres, car si
on peut se cacher des autres, on ne peut se cacher de sa propre conscience ! On
peut néanmoins avoir besoin d’aide pour résister à la tentation du mal. C’est
compréhensible. C’est d’ailleurs ce qui légitime l’existence des religions : elles
peuvent aider leurs disciples à faire le bien et à résister à la tentation du mal. En
vérité, il est des religieux, en nombre trop rare malheureusement, qui vouent
effectivement leur existence à aider les autres à vivre dans le culte du « bien » et
se révèlent comme de précieux sanctuaires pour les disciples en souffrance.
Retiens cependant cher lecteur, que Dieu t’a pourvu toi aussi, d’une conscience
4
Si l’homme lui-même privilégie la rédemption par rapport à la punition dans sa
législation, pourquoi un Dieu miséricordieux instituerait-il des punitions perpétuelles et
d’une cruauté inouïe ?
5
Le jugement dernier n’a pas de sens. Qui mieux qu’un Dieu omniscient sait tout de ses
créatures ? Quelle information inconnue de lui, lui serait fournie à l’occasion d’un
« jugement » ?
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du bien et du mal ainsi que d’une capacité de raisonnement et d’amour qui


doivent rester tes instruments de mesure préférés. Ils te suffisent pour gérer ta
vie ici-bas. Tu as le droit de chercher de l’aide quand tu doutes de la voie à
suivre, mais si l’on te propose un comportement ou une action qui va à l’encontre
de ta conception intime du bien, alors il s’agit d’un mauvais conseil que tu dois
sans réserve, passer au crible de ton esprit critique.

J’ai foi en un Dieu qui a édicté des lois physiques et spirituelles


immuables qui fonctionnent toutes seules et n’ont aucun besoin de son
intervention, fût-elle miraculeuse. Certaines lois sont ressenties de manière
intuitive comme la force de gravité et comme les forces d’amour et d’empathie ;
d’autres ont été découvertes à mesure que l’homme a progressé dans la
connaissance scientifique : force magnétique et forces nucléaires ; dans le
domaine spirituel, nous en sommes encore aux balbutiements en termes de
progrès. Les lois que nous ressentons intuitivement restent à maîtriser. De
nouvelles lois restent à découvrir qui sont peut-être liées au degré d’évolution
des âmes individuelles et collectives des hommes. Elles permettront sans doute
un jour de mieux comprendre les phénomènes encore inexpliqués que nous
considérons comme miraculeux : les coïncidences improbables appelées
hasards ; les châtiments inattendus de méchants qu’on croyait intouchables...
Oui, des progrès restent à accomplir dans le domaine spirituel pour comprendre
le mode de fonctionnement des forces morales déjà identifiées et pour découvrir
celles que nous ne connaissons pas encore. La méditation, la prière et les rites
sont tellement répandus que l’on ne peut exclure que ce triptyque participe aussi
des lois spirituelles, même si on ne sait pas encore comment. Ce triptyque reste
en tout cas utile, ne serait-ce que pour la paix intérieure qu’il procure à l’homme.
Je le soupçonne dans l’état actuel de notre connaissance des lois spirituelles,
d’avoir pour objet de faciliter à l’homme l’acceptation des forces morales et de
l’exigence d’éthique qui en découle. Le triptyque méditation, prière et rites a
sans doute d’autres vertus que de nous rendre plus résistants ou plus sereins
devant l’adversité, mais en aucun cas il ne peut agir à notre place 6, ni agir
miraculeusement à la manière d’un deus ex machina. Le fait de méditer, de
prier, d’accomplir des rites nous offre en revanche un refuge contre nos

6
Si c’était le cas, les prêtres n’auraient pas eu besoin de s’allier aux rois (détenteurs de
la force) pour exercer le pouvoir depuis la nuit des temps. Ils l’exerceraient tout seuls à
coup d’incantations.
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peurs, nourrit nos espoirs, et soulage nos souffrances7. C’est déjà beaucoup
mais, il faut le répéter, cela ne peut en aucun cas se substituer à l’action ni
en tenir lieu. C’est par l’action que l’on modifie le sort de l’âme tout comme
c’est par l’action que l’on modifie le cours de sa propre vie sur terre. La
méditation, les prières et les rites peuvent préparer à l’action qui seule compte.
C’est pourquoi si églises, temples et mosquées sont utiles, c’est principalement à
l’homme pour permettre à ceux qui en ont besoin de mieux se préparer à
l’action ; aux religieux aussi parce que c’est leur moyen privilégié d’existence et
de puissance ; pas à Dieu qui n’en a nul besoin mais au nom de qui ils sont
érigés. N’est-il pas curieux de constater que les religieux s’accordent à
reconnaître que l’homme ne sera jugé qu’à ses actes, et que dans le même
temps ils prêtent à la prière et aux rites (donc à leur nécessaire intermédiation
d’officiants) une capacité autonome d’action susceptible de se surajouter à ces
actes ? Ami lecteur, retiens que c’est exclusivement par ses actes propres
qu’ici-bas l’homme répond aux lois physiques et aux lois spirituelles
édictées par Dieu pour régir l’univers. Ces lois s’appliquent …
inexorablement.

Dieu n’intervient pas et n’a pas à intervenir en dehors de ses lois. Celles-ci sont
autosuffisantes et préservent l’exigence de justice stricte qui caractérise le divin.

Novembre 2009

S. T.

7
Prière et méditations font peut-être partie des lois spirituelles dont le fonctionnement
précis n’a pas encore été découvert. Au plan spirituel l’homme en est encore aux
balbutiements alors qu’au plan technique il est pleinement dans le 21ème siècle. Sans
progrès significatif au plan spirituel pour canaliser le progrès technique, la survie de
l’homme sur cette planète est désormais très sérieusement hypothéquée.
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