Vous êtes sur la page 1sur 2

Conseil Municipal de Saint­Michel en Grève,

Conseil Municipal de Tréduder
 à l'attention de     

M. Le Préfet des Côtes d'Armor
La mission interministérielle sur les « algues vertes »

Le 12 Octobre 2009

M. Le Préfet,

L'ensemble   de   notre   territoire   (et   même   bien   au   delà)   est   concerné   par   la 
problématique des marées vertes qui affecte l'image et l'économie de toute une région et qui 
représente, c'est désormais enfin reconnu par tous, un risque sanitaire. C'est bien évidemment 
la situation de la Lieue de Grève qui nous préoccupe en premier lieu dans ce courrier. La mise 
en œuvre des actions sur ce thème repose aujourd'hui, et reposera demain sur les comités de 
Bassins Versants.

Vous savez, Mr Le Préfet, que les élus de nos communes sont en profond désaccord 
avec le programme actuellement défendu par le comité des Bassins Versants de la Lieue de 
Grève. Nous avons proposé, l'an dernier déjà, un autre projet pour celui­ci. Nous vous le 
joignons en annexe à ce courrier. Vous êtes pleinement conscient des évènements qui se sont 
déroulés sur la plage de St Michel cet été et de leurs conséquences. Vous n'êtes, enfin, pas 
sans savoir non plus que le monde agricole traverse une nouvelle crise extrêmement grave et 
que beaucoup d'agriculteurs sont essorés financièrement et moralement par un système, aussi 
dévastateur   au niveau   économique   qu'environnemental.  Nous   disposons   aujourd'hui,  d'une 
fenêtre exceptionnelle, et peut­être unique, pour aller beaucoup plus loin que les habituelles 
mises aux normes. Nous prônons une conversion à l'agriculture biologique et herbagère en 
nous appuyant sur un outil central, les aides à l’hectare. C’est en prenant le chemin de ce 
modèle agricole, moderne, responsable, viable économiquement que les agriculteurs seront à 
nouveau   reconnus   et   respectés   comme   premiers   acteurs   de   l'environnement.   Il   nous   faut 
passer un nouveau contrat avec la profession agricole, l’occasion nous en est donnée. Cette 
démarche est d’ailleurs en cohérence avec l’engagement de l’Etat en faveur de l’agriculture 
biologique   (6 % en 2012 à 20 % en 2020) conformément   à la loi de programmation  du 
3/8/2009 relative à la mise en œuvre du Grenelle de l’Environnement.

La baie de Saint­Michel­en­Grève est exceptionnellement fragile. En effet, des taux de 
nitrates dans nos rivières dont beaucoup se satisferaient ailleurs (entre 25 et 40 mg), génèrent 
des marées d'algues vertes d'une ampleur exceptionnelle. Notre baie, si fragile, représente un 
joyau   touristique   très   apprécié,   le   long   d'une   route   départementale   à   grande   circulation, 
notamment  l'été. Seul  un projet  exceptionnel,  bien plus  ambitieux  que le  non­programme 
actuel de notre comité de bassin versant, peut sauver notre baie et nos communes de ce fléau. 

Nos   propositions   sont   pragmatiques,   inspirées   de   ce   qui   s'est   fait   partout   où   des 
progrès ont été remarqués, comme à Munich ou à Vittel :

1
• un véritable revenu aux agriculteurs via une aide dégressive à l'hectare entre 130 
et 600 € pour ceux qui évoluent vers le bio ou l'herbager (plus les dégrèvements de 
taxes foncières). A Munich, elle a été fixée à 282 € par hectare. En 10 ans, 83 % des 
agriculteurs ont convergé vers le système biologique, les nitrates sont passés de 50 à 
moins de 10 mg en 15 ans, les pollutions phytosanitaires ont pour ainsi dire disparu et 
de nouveaux agriculteurs ont également pu s'installer. 
• une   politique   foncière  (en   s'appuyant   sur   l'établissement   public   foncier   régional) 
visant à installer des agriculteurs bios et herbagers 
• le   développement   de   la  commande   publique  locale  (critère   fondamental   dans   les 
appels   d'offre), des  circuits  courts   et des  soutiens  logistiques  et techniques  aux 
agriculteurs   (séchage,   laiterie,   abattoir,   agronomie   biologique,   …)   pour   sortir   les 
agriculteurs   de   la   dépendance   vis­à­vis   des   multinationales   qui   leur   servent   de 
coopératives aujourd'hui
• une démocratisation du comité de bassins versants en y invitant les associations de 
protection de l'environnement et de consommateurs et les citoyens.
• la création d'un label identifiant les produits issus du territoire.
• le  dépassement de la réglementation insuffisante  du plan d'Etat nitrates, par une 
règlementation locale bien plus exigeante en termes de date d'épandage, de distance 
par rapport aux cours d'eau, etc.

Considérant que nos communes sont les premières victimes de cette catastrophe, nous 
estimons  qu'il n'est pas  acceptable  que nos  propositions  soient  rejetées  sans  discussion et 
caricaturées par ceux qui prétendent connaître la vérité pour nous. Nous réitérons donc nos 
propositions   à   l'attention   de   la   mission   interministérielle   qui   doit   se   rendre   dans   notre 
département la semaine prochaine, dans l'espoir qu'elles  fassent enfin l'objet de l'attention 
qu’elles méritent.
 

Cordialement,

Jean-Claude Paris René Ropartz


Maire de Tréduder Maire de Saint-Michel en Grève
et leurs conseils municipaux unanimes