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Octobre

2009

Priorités
stratégiques d’investissement
et emprunt national

***
Proposer

LES 9 PROPOSITIONS
DU MEDEF

***
L e projet d’un grand emprunt national est une réelle opportunité pour réfléchir à nos
priorités d’investissement, aux atouts comme aux faiblesses de l’économie française.
Dès l’annonce du Président de la République, j’ai souhaité que le MEDEF s’organise, sous
la conduite de Pierre Nanterme, pour élaborer une contribution constructive des entreprises
à ce débat, avec notamment toute la rigueur nécessaire exigée par l’évolution du déficit et
de la dette des administrations publiques. Pendant trois mois, les adhérents du MEDEF
ont ainsi travaillé ensemble à la définition de principes, de règles et de méthodes qui
permettraient de donner à un tel effort d’investissement les meilleures chances de succès.
Nous devons aujourd’hui concilier une double nécessité, préparer l’avenir et assainir la
situation préoccupante des finances publiques. C’est dans ce cadre que s’inscrit ce
rapport et que le MEDEF entend poursuivre sa participation au débat public indispensable
sur les priorités stratégiques de l’économie française.

Laurence Parisot

L e rapport du MEDEF sur le grand emprunt s’articule autour de neuf grands principes
qui nous semblent essentiels à prendre en compte. Emprunter pour l’avenir est un
exercice à risque compte tenu de la dégradation importante de nos finances publiques.
Nous ne pouvons pas nous permettre d’engager un effort d’endettement supplémentaire
qui pèserait sur les générations futures sans nous assurer de son rendement pour la
collectivité nationale. C’est donc une méthodologie d’aide à la décision et à la conduite
de ces projets que nous avons souhaité proposer, pour garantir autant que possible
la qualité de leur sélection, de leur mise en œuvre et de la gouvernance associée. De
nombreux adhérents du MEDEF ont apporté une contribution approfondie et étayée sur
les priorités qui se dégagent dans leur secteur d’activité, et qui figurent en seconde partie
de ce rapport. Avec le souci permanent du bon emploi des fonds publics, nous avons ainsi
voulu aller des principes qui devraient guider un grand emprunt jusqu’aux réalisations qu’il
pourrait permettre.

Pierre Nanterme

P r i o r i t é s s t r a t é g i q u e s d ’i n v e s t i s s e m e n t e t e m p r u n t n a t i o n a l : l e s 9 p r o p o s i t i o n s d u M E D E F - 3
Le 26 août dernier, le Président de la République installait la Commission chargée de réfléchir, sous l’égide
d’Alain Juppé et de Michel Rocard, aux priorités stratégiques pour l’avenir et aux projets susceptibles
d’être financés par un grand emprunt national, aux travaux desquels l’ensemble des acteurs économiques
étaient invités à contribuer.

L’initiative du Président de la République a ouvert une opportunité d’échanges sur des sujets fondamentaux
pour l’avenir du pays :

y Quelles dépenses d’avenir réaliser en priorité pour assurer la prospérité à long terme de la France ?
y Quelle discipline d’exécution mettre en œuvre afin d’optimiser l’efficacité des investissements
décidés ?

y Quelle dynamique de financement privilégier dans des domaines où l’Etat peut intervenir comme
catalyseur ?

C’est sous cet angle que le MEDEF a organisé ses travaux. En tout état de cause, la première urgence
est de définir le cadre qui permettra d’assurer l’efficacité de l’emploi des ressources mises au service
des priorités stratégiques d’avenir. En l’absence d’un tel cadre, un nouvel emprunt, s’ajoutant à ceux
déjà nécessaires au financement de nos déficits publics, aurait principalement pour effet d’accroître
ces derniers.

Une réponse à une compétitivité dégradée ?


La compétitivité de la France n’a cessé de se dégrader au cours des dernières années : la part des
produits français dans le commerce mondial diminue depuis dix ans, non seulement par rapport à
nos concurrents hors Union européenne, mais aussi par rapport aux exportations des pays de la zone
euro, cela en dépit d’une baisse continue du prix des exportations françaises par rapport aux prix des
exportations de la zone euro. De 1998 à 2008, la part des exportations françaises dans le total des
exportations de la zone euro est passée de 17,0 % à 13,4 %. Les investissements en capital productif
dans l’industrie, facteur clé de la compétitivité, déclinent au même rythme que les marges des entreprises
industrielles. Les budgets d’investissement, qui témoignent de l’existence de projets de modernisation et
de développement, sont régulièrement revus à la baisse depuis 8 ans. Or, la compétition des grands pays
émergents se porte de plus en plus sur des produits et services à forte valeur ajoutée, pour lesquels les
investissements en R & D et en capacités de production performantes sont des éléments déterminants
de la compétitivité.

Un grand emprunt national peut être le moyen d’allouer des ressources nouvelles à une stratégie offensive
pour une industrie et des services compétitifs, permettant de retrouver une croissance plus forte et plus
durable, pour autant qu’il s’inscrive dans une démarche ambitieuse, rigoureuse et vertueuse.

Une mobilisation sur un triple objectif 


Depuis le mois de juillet dernier, le MEDEF a mobilisé ses adhérents pour une contribution à la réflexion
sur l’emprunt national.

L’objectif était triple :

y fournir un cadre d’analyse à ses adhérents pour répondre aux questions suscitées par l’initiative du
Président de la République ;
y définir avec eux les principales orientations sur la base desquelles il conviendrait de proposer les
programmes et projets prioritaires ;
y poser les principes devant fonder la démarche d’exécution de ces programmes.

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Le travail effectué avec les fédérations professionnelles et les MEDEF territoriaux a permis de définir
une grille d’analyse pour faire émerger les projets d’avenir. Ces projets ou programmes, produits d’un
travail important et rigoureux, à la fois pertinents, précis et étayés, sont rassemblés dans une deuxième
partie de ce document. Leur nombre, ainsi que, plus généralement, celui des projets d’investissement
proposés par divers acteurs depuis l’annonce du Président de la République, illustrent à la fois le retard
pris en matière d’investissements à long terme par l’économie française et l’existence d’une liste fournie
de projets susceptibles d’être mis en œuvre.

Beaucoup des contributions mettent l’accent sur le caractère stratégique d’un renforcement de nos PME
et ETI. De leur développement dépend notre capacité à innover, exporter, créer des emplois. L’apport de
fonds propres et plus généralement de financements longs sera à cet égard déterminant, tout comme
notre capacité à les ancrer dans un réseau de liens partenariaux  avec les grandes entreprises, les
universités, les centres de recherche, les collectivités territoriales.

Un Etat catalyseur 
Il faudra à la fois « penser grand » et faire des choix, le saupoudrage devant être proscrit. Cela implique
de définir des objectifs clairs et partagés, répondant aux grands défis sociétaux du futur et dont l’atteinte
améliorera significativement le potentiel de croissance de l’économie française. La mise en cohérence, tant
sur le fond qu’en termes de calendrier, de l’ensemble des initiatives prises depuis 18 mois par les pouvoirs
publics : Grenelle de l’environnement, Assises du numérique, Stratégie nationale de recherche et
d’innovation, Etats généraux des DOM, Etats généraux de l’industrie… sera un préalable indispensable.
Il faudra ensuite élaborer une stratégie et l’appliquer de façon rigoureuse et durable.

Le succès de cette démarche sera conditionné par l’efficacité de sa mise en œuvre. S’inspirer des
meilleures pratiques développées à travers le monde sera nécessaire et devrait logiquement amener
l’Etat à ne jamais faire seul mais à mettre en place des mécanismes originaux de coopération entre
acteurs publics et privés.

Une obligation incontournable  : la maîtrise des dépenses


publiques 
Envisager aujourd’hui un grand emprunt national semble a priori peu compatible avec l’état des finances
publiques : un déficit public de plus de 140 milliards d’euros pour 2010 et une dette publique représentant
plus de 80 % du PIB l’an prochain, cela alors que le niveau de prélèvements obligatoires en 2008 était de
42,8 % du PIB, bien supérieur à celui de la moyenne européenne. Compte tenu de cette situation
préoccupante, le financement des dépenses d’avenir suppose un effort significatif et soutenu de maîtrise
des déficits publics. Le montant ainsi que les critères d’affectation du grand emprunt doivent être définis
avec exigence et en cohérence avec la réalité financière des comptes publics.

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LES 9 PROPOSITIONS
DU MEDEF
proposition 1. S ystématiser les coopérations public/
privé

proposition 2. A
 ssurer un retour sur investissement à
un horizon de 10/15 ans

proposition 3. F avoriser un nombre restreint


de programmes transversaux
multisectoriels

proposition 4. C
 réer une gouvernance originale
s’appuyant sur des structures dédiées
aux programmes

proposition 5. A
 ccélérer le développement des PME/
ETI en renforçant leur financement en
fonds propres

proposition 6. F ocaliser les investissements sur les


filières d’avenir : éco-technologies,
biotechnologies /santé et info/
nanotechnologies

proposition 7. I nvestir dans les infrastructures


productives : numériques, électriques,
logistique/transport multimodal

proposition 8. D
 évelopper les Pôles de recherche
et d’enseignement supérieur liés aux
filières d’avenir

proposition 9. C
 onditionner le montant de l’emprunt à
la réduction de la dépense publique

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1. Systématiser les coopérations public/privé
Une mobilisation générale des acteurs économiques, garante du succès
de la démarche, ne sera possible que si l’on privilégie les partenariats
public/privé à tous les niveaux

„„ Les chantiers de demain devront être identifiés et mis en œuvre en étroite concertation entre
les différentes parties prenantes et tout particulièrement avec les entreprises.

„„ Les investissements devront faire l’objet d’un co-financement public/privé pour :

yy assurer aux fonds publics un effet de levier maximisant leur rapport coût/efficacité : chaque
investissement public sera accompagné d’un investissement privé, dont le montant variera
en fonction des programmes, qui démultipliera l’impact de l’investissement public ;

y garantir la pertinence des investissements retenus en termes de rentabilité.

„„ Le financement public devra être justifié par l’incapacité du secteur privé à assumer seul les
investissements liés aux projets envisagés :

y soit parce que l’horizon de rentabilité de l’investissement est trop éloigné ;

y soit parce que le risque et/ou le montant sont trop élevés.

„„ Les programmes et projets retenus s’appuieront en priorité sur les coopérations réelles
existant entre recherche publique et recherche privée, en particulier dans le cadre des pôles
de compétitivité.

„„ Le choix des formations dans les filières d’avenir devra être le fruit d’une identification et d’une
mise en œuvre commune entre la puissance publique et les entreprises.

La puissance publique impulse, coordonne et co-finance et le secteur privé


prend le relais dans le cadre du fonctionnement du marché concurrentiel

Les programmes d’investissements prioritaires devront être


entrepris dans le cadre de coopérations public/privé, et
répondre aux exigences suivantes :

- U ne réponse à des besoins sociétaux cruciaux pour


l’avenir du pays

- Un effet d’entraînement significatif de l’économie

- Un retour sur investissement identifié en termes de création


de valeur, d’emplois et de conquête des marchés mondiaux

- Une association des grandes entreprises, des PME et des


ETI au sein d’écosystèmes de croissance

- U ne capitalisation sur les pôles d’excellence pour


conquérir les marchés mondiaux

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2. S’assurer d’un retour sur investissement à 10 / 15 ans
Les programmes et projets devront être sources de retombées économiques en termes de création
de valeur, d’emplois et de conquête des marchés mondiaux.

Assurer un retour sur investissement à un horizon prévisible est fondamental 


pour :

„„ créer de la valeur et donc de la croissance, ce qui est l’objectif final recherché ;

„„ éviter le gaspillage de fonds publics ;

„„ assurer le remboursement de l’emprunt : si la rentabilité de l’investissement ne le permet pas,


le résultat final serait nécessairement une augmentation des prélèvements obligatoires, avec
finalement un effet négatif sur la croissance.

Cette rentabilité devrait être appréciée sur 10 / 15 ans :

„„ Un retour sur investissement sur une période plus courte, cinq ans par exemple, est
généralement assuré par le secteur privé ;

„„ L’apprécier sur une période trop longue, au-delà de 20 ans, poserait un problème réel pour
l’évaluation du retour sur investissement et pour l’équilibre des finances publiques.

Le choix des programmes et projets devrait être fondé sur la grille


d’analyse suivante :

grille d’analyse des programmes


y Justification de la nécessité d’un investissement public
y Montant de l’investissement nécessaire
y Temps de retour de l’investissement attendu
y Identification des différents secteurs concernés
y Existence et identification de capacités nationales :
- En R & D
- En production
y Situation par rapport à la concurrence internationale
y Evaluation des marchés potentiels en France et à l’exportation
y Externalités attendues :
- Investissements privés induits
- Création d’emplois
- Réduction des dépenses publiques…
y Définition d’un calendrier opérationnel
y Partenariats envisagés

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L’utilisation d’une telle grille doit enclencher un cercle vertueux 
Les investissements réalisés améliorent la compétitivité des entreprises, tant sur le marché intérieur qu’à
l’exportation, ce qui stimule la croissance et donc l’emploi. Ce cercle vertueux, c’est celui que propose
le MEDEF depuis quelques années déjà avec la mise en œuvre d’une politique de « l’Offre France »
accordant la priorité à :

„„ la restauration des marges des entreprises par une baisse des prélèvements obligatoires, en
particulier de ceux qui pèsent sur les facteurs de production ;

„„ un soutien de l’investissement, en particulier en recherche, développement et innovation ;

„„ une plus grande fluidité du fonctionnement du marché du travail.

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3. Favoriser un nombre restreint de programmes
transversaux multisectoriels
L’exercice du grand emprunt devra être l’occasion de mobiliser les acteurs économiques autour de
trois ou quatre grands programmes fédérateurs.

„„Les programmes retenus doivent être transversaux : 

y pour plus d’efficacité, car il s’agit de toucher le plus de secteurs et de projets possibles,
toujours dans l’objectif de maximiser l’effet de levier que peuvent jouer les fonds publics ;

yp
 our achever la transition vers une économie moderne  : l’économie du 21ème siècle
repose non plus sur le développement d’un ou de plusieurs secteurs moteurs, mais sur les
interactions entre des infrastructures productives modernes, des technologies clés telles que
les technologies numériques, les biotechnologies, les nanotechnologies… et des méthodes
visant à ce que, grâce à ces infrastructures, les technologies clés innervent l’ensemble des
secteurs de l’économie, créant ainsi les produits et services de demain ;

y à titre d’exemple  : la technologie du numérique associée à des réseaux de communication


à très haut débit rendra possible la télémédecine, avec notamment l’hospitalisation à
domicile et le télédiagnostic, le « cloud computing » ou l’e-éducation ; intégrée aux réseaux
électriques, elle permettra d’améliorer considérablement l’efficacité énergétique grâce
au «  smart grid  », ou encore sera la condition nécessaire au développement de la route
intelligente et de la nouvelle génération de véhicules propres.

„„Ils doivent être d’un nombre limité

yp
 arce que l’effet d’échelle est déterminant  : il faut atteindre le plus rapidement possible
la taille critique nécessaire à un effet d’entraînement sur l’économie suffisant pour générer une
croissance durable. Le mot d’ordre doit être «  penser grand  et proscrire le saupoudrage  ».
L’objectif devrait être, pour chaque programme ou projet retenu, de placer la France parmi
les leaders au niveau mondial.

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4. Créer une gouvernance originale du grand emprunt
s’appuyant sur des structures dédiées aux programmes
Les ressources du grand emprunt devront être logées dans des structures de gouvernance dédiées
qui garantiront la cohérence, la transparence, et l’efficacité de la mise en œuvre des priorités
stratégiques.

„„ Ces structures devront être dotées des fonds nécessaires au financement de


chacun des programmes retenus  : il s’agit de garantir que les ressources financières
levées pour financer ces investissements prioritaires leur seront bien affectées en totalité.

„„ Elles devront être placées à un niveau interministériel afin de pouvoir organiser la


gestion de la transversalité et de l’interdisciplinarité, prendre les décisions structurantes et
s’assurer de leur mise en œuvre.

„„ Elles devront avoir une gouvernance fondée sur une association public-privé pour la conduite
des programmes : l’organisation et le fonctionnement de « l’Economic Development Board » de Singapour
constituent un exemple intéressant d’association d’acteurs publics et privés au service du futur d’un pays.

Ces structures pourraient être des agences existantes dès lors que leur gouvernance
fonctionnera sur la base d’une coopération effective public/privé. Des agences nouvelles
pourraient être créées si nécessaire, mais pour autant que leur suppression soit expressément
prévue à l’achèvement des programmes.

„„ Les attributions de ces agences seront les suivantes :

y Sélection des projets sur la base de la grille d’analyse ;

y Identification et surveillance de la mise en œuvre des mesures  d’accompagnement nécessaires


(réglementation, normes…) ;

y Vérification systématique de l’euro-compatibilité de toutes les décisions envisagées avant


leur mise en œuvre ;

y Coordination des acteurs économiques et des tutelles ;

y Suivi global de la réalisation des projets retenus ;

y Evaluation des résultats et des retours sur investissements ;

y Fixation des principales étapes devant permettre de s’assurer que la réalisation du projet suit
la bonne trajectoire ;

y Réaffectation, le cas échéant, des sommes disponibles à d’autres programmes.

Une illustration de méthode d’évaluation des besoins de financement des filières retenues comme
priorités figure en fin de note.

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5. Accélérer le développement des PME / ETI en renforçant
notamment leur financement en fonds propres
Le besoin de fonds propres des PME et des ETI est un problème structurel. Une des causes en
est la dégradation continue de leur marge depuis près de 10 ans, qui, liée à une poursuite de
leurs investissements sur la période, a eu pour conséquence de diviser pratiquement par deux
leur taux d’autofinancement. Le problème est encore plus crucial aujourd’hui, les PME ayant dû
utiliser une partie de leurs capitaux propres pour amortir les effets d’une réduction brutale de leur
carnet de commandes. Sans fonds propres, les PME et ETI ne peuvent investir, innover, exporter
et contribuer ainsi à la croissance de l’économie. Les pouvoirs publics ont pris de nombreuses
mesures d’aides au financement à court terme pour leur permettre de surmonter la crise. Il devient
urgent de remédier au problème structurel et de mettre en place des solutions complémentaires et
innovantes pour assurer le développement de nos entreprises, de la start-up à l’ETI.

De nouveaux dispositifs doivent être envisagés tout au long de la chaîne des financements, allant
du renforcement des fonds propres à l’accès aux commandes :

„„ Fonds propres pour investir dans la R & D et plus largement dans l’immatériel ;

„„ Quasi fonds propres pour un financement permettant de ne pas remettre en cause le contrôle
des dirigeants de PME sur leur entreprise ou de ne pas la sous-évaluer compte tenu du
contexte économique actuel ;

„„ Financement par l’émission d’actions ou d’obligations sur le marché pour plus de flexibilité
dans l’utilisation du crédit bancaire ;

„„ Garanties pour l’obtention de premières commandes par les entreprises nouvellement créées
dont les clients potentiels pourraient craindre qu’elles ne soient en mesure d’assurer la
prestation attendue.

On peut évaluer à environ 1 milliard d’euros par an sur au moins 5 ans
l’apport en financements longs nécessaires aux PME / ETI

PROPOSITIONS :

„„ Renforcer sur la durée les moyens des différents fonds d’investissements publics
existants (France Investissements, FSI, FUI, CDC Entreprises…) pour des financements
associant le plus possible des fonds privés et rationaliser leur articulation et leur rôle respectif ;

„„ Mettre en place des prêts participatifs dans des conditions permettant le financement
des besoins croissants en fonds de roulement que suscitera la reprise : ils devront être d’une
durée suffisamment longue (7 ans), avec amortissement décalé dans le temps ;

„„ Garantir des émissions d’obligations ou de titres hybrides de PME ou de


groupements d’emprunt afin de faciliter l’accès des PME aux marchés financiers ;

„„ Créer un fonds de garantie destiné à couvrir les premières commandes pour les
PME de moins de deux ans. 

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6. Focaliser les investissements sur les filières d’avenir
„„ Le grand emprunt doit constituer une réelle opportunité pour la France de définir
et mettre en œuvre une ambitieuse stratégie industrielle, au sens large du terme,
s’appuyant sur la stratégie nationale de recherche et d’innovation (SNRI).

Le travail important effectué dans ce cadre conduit à privilégier trois axes de développement
prioritaires :

y les biotechnologies, la santé, le bien être, l’alimentation ;

y les éco-technologies et la croissance verte ;

y les infos et nano technologies ;

„„ Le développement de ces filières1 d’avenir est étroitement lié à celui de nos


infrastructures productives et de notre capital immatériel  (capital humain avec
l’éducation et la formation, recherche et innovation), le potentiel de croissance étant maximisé
à l’intersection de ces trois sphères.

Les filières d’avenir

Eco-tech
Biotech
Info-tech

Les infrastructures numériques Education - Formation Le capital immatériel


Recherche & Innovation
productives électriques
transport/logistique

„„ Un critère important de sélection des investissements  : il faudra retenir comme cibles


les domaines dans lesquels existent au niveau national à la fois une offre scientifique, une
capacité industrielle au moins en devenir et un large marché potentiel au niveau mondial.

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1
Une filière recouvre un ensemble de secteurs d’une chaîne de valeur allant de l’amont vers l’aval.
7. Investir dans les infrastructures productives :
numériques, électriques, logistique / transport
multimodal
Le grand emprunt doit également permettre de développer les infrastructures nécessaires à
l’amélioration de la productivité et de la compétitivité des entreprises françaises ainsi que de contribuer
à l’attractivité du territoire pour les entreprises étrangères. Les projets listés précédemment ne
pourront être mis en œuvre efficacement en l’absence d’un aménagement optimal des ressources
sur l’ensemble du territoire.

„„Accélérer le déploiement du très haut débit : numérique et électrique

La plupart des projets envisagés au titre du grand emprunt national nécessitent une infrastructure
très haut débit largement déployée (télémédecine, smart grid, transport intelligent, télévision HD
et sur mobile…). Le déploiement rapide du très haut débit suppose de résoudre des difficultés
opérationnelles concrètes en favorisant la collaboration de l’ensemble des acteurs du numérique.
L’Etat doit jouer son rôle de coordinateur et dynamiser ce déploiement.

„„Dynamiser l’économie en dotant le pays d’infrastructures de transport et


de logistique ambitieuses et cohérentes

y Relier entre elles les grandes métropoles françaises en privilégiant l’interconnexion des
infrastructures existantes  et en développant les lignes à grande vitesse.

y Assurer la continuité et la fluidité du transport de marchandises et de voyageurs en


renforçant les interfaces logistiques  portuaires, ferroviaires et fluviales. Les grands ports et
aéroports, reliés à l’ensemble des réseaux de transport doivent ainsi constituer une véritable
plate-forme logistique à l’échelle nationale, afin que la France atteigne sa part de marché
« naturelle » (compte tenu de sa situation géographique et de la taille de notre économie) des
flux mondiaux de marchandises et de personnes.

Les collectivités publiques doivent pouvoir déployer les infrastructures nécessaires à la desserte
voyageurs et marchandises des grandes villes ainsi qu’au développement de l’appareil de production.

„„Renforcer les pôles de compétitivité liés aux filières d’avenir

Les pôles doivent être les acteurs territoriaux de la stratégie industrielle. C’est à eux de faciliter
le passage de la recherche à l’innovation, et de l’innovation à la production industrielle. Les
programmes transversaux jugés prioritaires devront s’appuyer sur les pôles existants. Une telle
vocation réclame à la fois des compétences professionnelles pointues et des moyens budgétaires
et opérationnels conséquents.

Cela nécessite de :


y renforcer la capacité d’animation des pôles,
y développer la veille technologique,
y professionnaliser la gestion de la propriété intellectuelle,
y renforcer les liens avec les PME d’une part et les universités d’autre part,
y faciliter la valorisation des projets par un renforcement du capital risque et un soutien à leur
déploiement industriel.

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QUELQUES ILLUSTRATIONS DE PROJETS ELIGIBLES TIREES DES
CONTRIBUTIONS DES ADHERENTS DU MEDEF
1. Les biotechnologies , la santé, le bien-être, l’alimentation
„„E-santé 
y Anticiper le vieillissement de la population et répondre notamment aux enjeux de la dépendance
grâce en particulier au développement des outils de télésanté et de télémédecine
„„Sécurité alimentaire :
y Nouveaux systèmes de production alimentaire, notamment protecteurs de la santé des
consommateurs
„„Biotechnologies : élaborer et mettre en œuvre une stratégie globale en bio-production, visant
à faire de la France un des acteurs majeurs d’ici 5 ans dans ce secteur en pleine croissance
et porteur de nombreuses innovations thérapeutiques (médicaments, vaccins, thérapies
géniques et cellulaires).

2. Les éco-technologies et la croissance verte


Energies renouvelables
„„
y Soutenir les efforts vers une plus grande intégration des énergies renouvelables dans le mix
énergétique, au travers notamment du développement des filières du solaire et de l’éolien ;
y Développer les filières du bois-énergie, des agro-carburants, de la géothermie et de la
biomasse, tant pour des applications énergétiques que pour le remplacement de matières
non renouvelables.
„„Captage et stockage de l’énergie et du carbone 
y Soutenir les projets de recherche de solutions innovantes de stockage d’électricité et
développer la recherche sur le captage et le stockage géologique du CO2.
„„Efficacité énergétique
y Bâtiments  intelligents  : maquette numérique et mesures des consommations énergétiques
d’un bâtiment ;
y Développement des « smart grids » et des « smart cities ».
„„Véhicules «décarbonés»
y Recherches - conception - véhicules de démonstration pour tous types (hybrides, hybrides
rechargeables, électriques et autres formes de véhicules basse consommation) et toutes
catégories de véhicules ; adaptation des usines et filière batterie - mise en place des zones
de recharges ...

3. Les info et nanotechnologies


y Route intelligente  : pour plus de sécurité et une meilleure gestion des transports  : voitures
intelligentes (voitures sans conducteurs, autoroutes équipées de capteurs... ) ;
y «  Cloud computing  »  : important enjeu de  sécurité économique sur les réseaux à très haut
débit largement déployés et les centres de données modernes, économes en énergie et
respectueux de l’environnement ;
y La sécurité des infrastructures critiques : réseaux et systèmes d’information.

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8. Développer les pôles de recherche et d’enseignement
supérieur (PRES) liés aux filières d’avenir
Le renforcement des partenariats public/privé dans la conduite des
projets éligibles se justifie particulièrement par la nécessité d’assurer
un chaînage continu et efficace entre la formation, la recherche et
l’innovation.

Les entreprises ont besoin de relais très performants pour accéder aux meilleures compétences et
bénéficier d’un transfert efficace des résultats de la recherche, particulièrement dans la conduite
des projets éligibles au grand emprunt.

Il est nécessaire de soutenir des campus mieux centrés sur l’innovation et capables ainsi de faire de
l’enseignement supérieur et de la recherche un levier de croissance économique.

Les PRES ont vocation au niveau régional à jouer ce rôle important d’interface avec les pôles de
compétitivité, les universités et les réseaux thématiques de recherche avancée :

„„ Les pôles de recherche et d’enseignement supérieur doivent être accompagnés dans leur
effort de coordination de l’offre de formation universitaire, notamment au niveau des écoles
doctorales.

„„ C’est également au sein des PRES que peut se structurer la valorisation de la recherche et le
renforcement de la professionnalisation de la gestion de la propriété intellectuelle.

„„ C’est enfin dans cette dimension que doit être organisé le soutien aux incubateurs et au
développement des entreprises innovantes.

Le fléchage des financements devra être conditionné à des objectifs de performance en termes :

„„ d’attractivité et de rayonnement international (présence de chercheurs et de professeurs


européens, américains ou encore asiatiques de renom) ;

„„ de publications et de brevets (part significative de brevets européens dans les recherches à


forte intensité technologique) ;

„„ de coopérations établies avec les entreprises (contrats de recherche entre les laboratoires
universitaires et les entreprises, participation aux projets des pôles de compétitivité des filières
d’avenir).

Il faudra également :

„„ Investir dans les filières de formation correspondant aux programmes prioritaires retenus ;

„„ Développer l’e-éducation, notamment en renforçant la formation aux TIC comme


la formation par les TIC en se fixant des objectifs ambitieux que ce soit dans le domaine du
primaire, du secondaire, du supérieur ou de la formation professionnelle.

P r i o r i t é s s t r a t é g i q u e s d ’i n v e s t i s s e m e n t e t e m p r u n t n a t i o n a l : l e s 9 p r o p o s i t i o n s d u M E D E F - 2 3
9. Conditionner le montant de l’emprunt à la réduction de la
dépense publique
L’état des finances publiques françaises impose une extrême rigueur dans la mise en œuvre du grand
emprunt. Il s’agira de rendre cet emprunt vertueux en renforçant la maîtrise des dépenses publiques
et de faire en sorte qu’au terme de l’emprunt, notre pays soit « plus riche et plus compétitif ».

Pour inscrire ce principe au cœur de la démarche du grand emprunt il faudrait établir un lien strict
entre l’emprunt et la maîtrise des dépenses publiques en conditionnant le montant de
l’emprunt à la réduction des dépenses publiques. C’était le sens de la préconisation 11
du rapport de la commission présidée par Michel Pebereau en 2005 « Faire de la réduction des
dépenses inefficaces la priorité du Gouvernement et du Parlement (…) : en cas d’annonce d’une
nouvelle dépense, préciser la ou les dépenses qui sont supprimées en contrepartie pour le même
montant ».

En 2008, la commission Attali avait recommandé de réduire les dépenses publiques de 1 % du PIB
par an, soit environ 20 milliards d’euros, pendant 5 ans (« décision fondamentale 20 » du rapport
de la commission Attali).

Ce chiffre doit être rapproché de l’effort à accomplir en matière d’investissements d’avenir dans
notre pays pour relever notre potentiel de croissance, qui est du même ordre de grandeur. Un tel
niveau d’investissement serait impossible avec le niveau actuel de notre déficit public.

Imposer un critère de rentabilité pour les investissements qui seront réalisés grâce au grand emprunt
ne permet pas pour autant de s’exonérer de cette obligation  : en cas de persistance du déficit, le
surplus de croissance résultant de la valeur créée par l’investissement serait absorbé par ce déficit,
rendant en tout état de cause nécessaire une augmentation des impôts pour rembourser l’emprunt.

P r i o r i t é s s t r a t é g i q u e s d ’i n v e s t i s s e m e n t e t e m p r u n t n a t i o n a l : l e s 9 p r o p o s i t i o n s d u M E D E F - 2 5
ILLUSTRATION DE LA METHODOLOGIE
PROPOSÉE PAR APPLICATION À LA FILIÈRE
PHOTOVOLTAIQUE
I - METHODE D’EVALUATION DES BESOINS DE
FINANCEMENT DES FILIERES RETENUES COMME
PRIORITES DANS LE CADRE DU GRAND EMPRUNT

1. Définition de la filière (périmètre d’activités pouvant être développées en France)


„„Graphique : chaîne de valeur
„„Identification des segments pouvant être développés par l’industrie française - motivations

2. Caractéristiques actuelles du marché et perspectives à l’horizon 2020


(résumé du consensus de marché)
„„Conclusions d’une étude de marché bénéficiant d’un consensus

3. Analyse SWOT (forces et faiblesses, opportunités et menaces) de


l’industrie française dans le secteur

4. Scénario de développement et estimation des besoins d’investissement


„„Présentation d’un scénario central de développement de la filière française à moyen terme
„„Estimation des besoins d’investissement :
y Investissements dans la recherche et développement
y Investissements dans des capacités de production
y Investissements industriels dans les activités connexes
y Investissements additionnels dans les externalités (transports, réseaux,…)
y Investissements dans la formation

5. Modalités souhaitables d’intervention des pouvoirs publics en faveur de la filière


„„Interventions financières directes :
y R&D avec définition d’enveloppes annuelles de financement
y Financement de capacités de production nouvelles au travers de véhicules d’investissements
dédiés (FSI, fonds sectoriels, fonds d’investissements privés abondés par la CDC...)
y Adaptation/rationalisation des régimes de subvention et d’aides au développement aux
besoins spécifiques de la filière
„„Interventions fiscales :
y Bonifications fiscales à étudier
„„Interventions réglementaires et normalisation :
y Formation : aide à la formation aux métiers de la filière

P r i o r i t é s s t r a t é g i q u e s d ’i n v e s t i s s e m e n t e t e m p r u n t n a t i o n a l : l e s 9 p r o p o s i t i o n s d u M E D E F - 2 7
6. Calcul et suivi du retour sur investissement
„„Définition des indicateurs adaptés au secteur :

y Nombre de dépôts de propriété intellectuelle

y Montant annuel des investissements industriels, chiffre d’affaires et marge opérationnelle,


nombre net de créations d’entreprises

y Part du chiffre d’affaires réalisé à l’exportation

y Nombre de créations nettes d’emplois dans la filière (France et étranger)

y Nombre de défaillances d’entreprises


„„Mise en place d’une instance de pilotage de la politique industrielle solaire avec publication
annuelle d’un tableau de bord

P r i o r i t é s s t r a t é g i q u e s d ’i n v e s t i s s e m e n t e t e m p r u n t n a t i o n a l : l e s 9 p r o p o s i t i o n s d u M E D E F - 2 8
II - METHODE D’EVALUATION DES BESOINS DE
FINANCEMENT DES FILIERES RETENUES COMME
PRIORITES DANS LE CADRE DU GRAND EMPRUNT
EXEMPLE DU SOLAIRE PHOTOVOLTAÏQUE

1. Définition de la filière (périmètre d’activités pouvant être développées en


France)

Le périmètre d’activités pouvant être développées en France devrait concerner principalement :

„„En amont :
y la transformation du silicium de qualité solaire (la production du silicium n’étant pas rentable
en Europe) : lingots, wafers, cellules et modules ;
y la fabrication des différents composants des modules en couches minces (plusieurs
technologies aujourd’hui disponibles : tellure de cadmium, cuivre-indium-gallium-sélénium,
silicium amorphe...) ;
y ainsi que les activités concourant à ces processus de production (production de verre, de
gaz industriels, de creusets, de machines de sciage, de sérigraphie...).
„„En aval, la totalité de la chaîne de valeur.

P r i o r i t é s s t r a t é g i q u e s d ’i n v e s t i s s e m e n t e t e m p r u n t n a t i o n a l : l e s 9 p r o p o s i t i o n s d u M E D E F - 2 9
2. Caractéristiques actuelles du marché et perspectives à l’horizon 2020
(résumé du consensus de marché)

Amont
„„
y Un marché encore modeste à l’échelle mondiale (ventes de modules 2009 estimées à 5
GW, soit 12 milliards €), en croissance rapide (+ 15 à 20 % par an), dominé sur le plan
industriel par quelques pays (Allemagne, Japon, Chine, Etats-Unis).
y Des performances technologiques (rendement de conversion) en progression rapide (15%
en 2008 pour le silicium polycristallin).
y Un marché très compétitif, marqué récemment par une forte baisse des prix (environ 40%
depuis un an) et par la recherche par de nombreux acteurs d’une intégration verticale accrue
(contrôle de la chaîne de la fabrication du produit jusqu’à la vente de kWh).
y Perspectives à moyen terme de forte croissance   : 6 à 10 GW en 2010, 12 à 22 en 2013
(EPIA) avec objectif (5 à 10 ans) d’atteindre puis de généraliser la parité entre le prix de
l’électricité d’origine photovoltaïque et le prix de l’électricité réseau.

Aval
„„
y Développement sur la base de marchés nationaux en fonction des mécanismes d’incitation
locaux (pays leaders en 2009 : Allemagne, Etats-Unis, Espagne, Italie, Japon).
y Différenciation croissante des métiers d’investisseur, de développeur de projets, d’intégrateur
de systèmes, de prestataire de services...
y Forte dispersion (échelle de 1 à 3) des prix des installations entre le résidentiel individuel, les
bâtiments collectifs, industriels et tertiaires et les centrales au sol.
y Perspectives de segmentation croissante entre ces segments de marché avec des types
de produits et de technologies variant également suivant les localisations et les conditions
climatiques et de concurrence accrue sur tous les segments avec l’entrée de nouveaux acteurs.

3. Analyse des forces et faiblesses de l’industrie française dans le secteur

Forces
„„
y Existence d’instituts de recherche publics nombreux (Liten - INES, CNRS, IRDEP, LPCIM,
centres universitaires...), réputés et complémentaires ainsi que de programmes de
recherche  ; partenariats avec des énergéticiens (EDF, Total...) et des groupes industriels
(Saint-Gobain...) ayant des programmes de recherche propres dans la filière
y Existence d’une douzaine d’entreprises spécialisées dans la production de composants
photovoltaïques et de plusieurs projets d’unités de fabrication de wafers, cellules, modules...
portés par des actionnaires français et étrangers, y compris de grands acteurs du marché
mondial (First Solar)
y Développement de la fabrication de composants entrant dans la chaîne de valeur du
photovoltaïque par des entreprises de plusieurs secteurs : gaz industriels, verre, composants
électriques, connectique, acier, machines de sérigraphie, de sciage
y Structuration en cours des professions de l’aval (intégration de systèmes, développement de
projets, installation, maintenance...)
y Dispositif d’incitation désormais très favorable (tarif d’achat élevé pour l’intégré bâti et
l’intégré bâti simplifié par rapport à d’autres pays européens, aides fiscales à l’investissement
en faveur des particuliers, subventions d’investissement dans certains départements)

P r i o r i t é s s t r a t é g i q u e s d ’i n v e s t i s s e m e n t e t e m p r u n t n a t i o n a l : l e s 9 p r o p o s i t i o n s d u M E D E F - 3 0
Faiblesses
„„
y Marché intérieur encore très modeste en 2009 (200 MWc estimés) par rapport à l’Allemagne,
l’Espagne et l’Italie
y Insuffisante corrélation entre les programmes de recherche publics et les besoins des
industriels
y Acteurs français de l’amont spécialisés sur une partie de la chaîne de valeur (lingots, wafers,
cellules, modules) ou partiellement intégrés  ; situation analogue pour les acteurs de l’aval
nombreux et souvent peu intégrés
y Financement difficile des nouveaux projets industriels
y Exposition des producteurs français à la concurrence de produits d’origine asiatique,
notamment chinois, vendus à des prix très bas parfois inférieurs aux coûts de revient de
l’industrie européenne du photovoltaïque

4. Scénario de développement et estimation des besoins d’investissement


Scénario central proposé pour le développement de la filière française
„„
y Détenir une part du marché mondial des modules comprise entre 10 et 20 % à l’horizon 2013
(2 000 à 4 000 MWc contre 200 en 2009) et maintenir cette part de marché à l’horizon
2020, avec une part à l’exportation d’au moins 50 %
y Asseoir la croissance sur un mix équilibré entre filière silicium et filière couches minces
y S’assurer, dans le cadre de cette stratégie, d’un développement coordonné des secteurs
industriels connexes (gaz industriels, verre, composants électriques, connectique, acier,
machines de sérigraphie, de sciage) et des sociétés de services intervenant en aval
y Parvenir à l’horizon 2020 à une part de la consommation électrique d’origine photovoltaïque
dans la consommation totale d’au moins 4 %

Estimation des besoins d’investissement


„„
y Investissements dans des capacités de production d’équipements photovoltaïques
y Investissements industriels dans les activités connexes
y Investissements additionnels dans les réseaux électriques nationaux et locaux

P r i o r i t é s s t r a t é g i q u e s d ’i n v e s t i s s e m e n t e t e m p r u n t n a t i o n a l : l e s 9 p r o p o s i t i o n s d u M E D E F - 3 1
5. Modalités souhaitables d’intervention des pouvoirs publics en faveur de
la filière
Interventions financières directes
„„
y Investissements dans la R&D solaire
y Soutien direct à l’investissement dans des capacités de production nouvelles au travers de
véhicules d’investissements dédiés (FSI, fonds sectoriels, fonds d’investissements privés
abondés par la CDC...…)
y Adaptation/rationalisation des régimes de subventions et d’aides au développement aux
besoins spécifiques de la filière

Interventions fiscales
„„

Interventions réglementaires et normalisation (élaboration


„„ d’une
normalisation environnementale - contenu CO2 des installations)
y Formation : aide à la formation aux métiers de la filière

6. Calcul et suivi du retour sur investissement

„„Définition des indicateurs adaptés au secteur 

„„Nombre de dépôts de propriété intellectuelle

„„Montant annuel des investissements industriels, chiffres d’affaires et marge opérationnelle,


(amont) ; nombre de création nettes d’entreprises, chiffre d’affaires et marges opérationnelles
(aval)
„„Part du chiffre d’affaires réalisé à l’exportation (amont)
„„Nombre de créations nettes d’emplois dans la filière (France et étranger)
„„Nombre de défaillances d’entreprises

„„Mise en place d’une instance de pilotage de la politique industrielle solaire avec


publication annuelle d’un tableau de bord

***

P r i o r i t é s s t r a t é g i q u e s d ’i n v e s t i s s e m e n t e t e m p r u n t n a t i o n a l : l e s 9 p r o p o s i t i o n s d u M E D E F - 3 2
S
O
M
M
A
CONTRIBUTIONS ADRESSEES AU MEDEF
I
R
E
„„ ALLIANCE TICS

„„ ASSOCIATION NATIONALE DES INDUSTRIES ALIMENTAIRES (ANIA)

„„ FEDERATION DES SERVICES ENERGIE ENVIRONNEMENT (FEDENE)

„„ FEDERATION DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE (FFP)

„„ FEDERATION DES INDUSTRIES ELECTRIQUES, ELECTRONIQUES ET DE


COMMUNICATION (FIEEC)

„„ FEDERATION NATIONALE DES TRAVAUX PUBLICS (FNTP)

„„ GROUPE DES FEDERATIONS INDUSTRIELLES (GFI)

„„ GROUPEMENT DES PROFESSIONS DE SERVICES (GPS)

„„ LES ENTREPRISES DU MEDICAMENT (LEEM)

„„ MEDEF ILE-DE-FRANCE

„„ MEDEF RHONE ALPES

„„ SYNTEC INFORMATIQUE

„„ SYNTEC INGENIERIE

„„ UNION DES INDUSTRIES CHIMIQUES (UIC)

***

„„ EUTELSAT

„„ GDF SUEZ

***
A
L
L
I
A
N
C
E

T
I
C
S

Alliance Tics
PROPOSITIONS
D’ALLIANCE TICS
POUR LE
GRAND EMPRUNT NATIONAL

Octobre 2009
RÉSUMÉ DES PROPOSITIONS
Alliance TICS considère que la France ne recueillera pleinement les bénéfices du numérique qu’à
condition de mettre en place une politique volontariste en faveur du développement des usages,
applications, services, outils et infrastructures numériques.

1. Développer les usages du numérique pour répondre aux objectifs du


Grand Emprunt National
Objectif : préparer nos enfants aux défis futurs
Proposition 1 :
- équiper toutes les écoles primaires rurales françaises sur le même principe que pour le
plan EnR1, c'est-à-dire sous la forme d’un projet global réunissant tous les composants
d’une solution et tous les acteurs concernés.
- adapter et étendre le dispositif EnR aux collèges et aux lycées.
- en parallèle, développer les applications pédagogiques du numérique et renforcer la
formation initiale et continue des enseignants aux nouvelles technologies.

Objectif : investir dans la recherche et le développement


Proposition 2 : investir dans les outils numériques nécessaires à la R&D. Notamment,
l’implantation de centres de calcul modernes sur notre territoire accroîtrait l’attractivité de la
France.

Objectif : développer l’appropriation du numérique par les PME/TPE


Proposition 3 : Développer l’appropriation des usages numériques par les petites entreprises
françaises et améliorer leur niveau d’équipement en dotant le programme « Passeport pour
l’Economie Numérique » de moyens financiers renforcés.

Objectif : investir dans la formation professionnelle


Proposition 4 : Mettre en place un dispositif « Passeport pour l’emploi » qui s’appuierait sur les
relais de proximité existants et serait mis en ligne, en accès libre, sous mode d’autoformation.

Objectif : développer les plates-formes collaboratives


Proposition 5 : doter le programme TIC-PME de moyens financiers supplémentaires pour favoriser
le déploiement de l’activité économique sur le territoire, en déployant massivement des plates-
formes collaboratives.

Objectif : développer les « technologies vertes »


Proposition 6 : favoriser l’émergence de standards d’interopérabilité entre réseaux électriques
intelligents et réseaux de communication électronique.

Objectif : investir dans la médecine de demain


Proposition 7 : Développer les outils et les infrastructures numériques de santé.

1
EnR : Plan de développement du Numérique dans les écoles rurales.

Propositions d’Alliance TICS pour le Grand Emprunt National - 2


2. Un pré-requis : stimuler le déploiement d’infrastructures très haut
débit sur l’ensemble du territoire
Les infrastructures numériques très haut débit constituent un socle essentiel pour les usages et
services de demain. L’évolution des besoins du numérique rend nécessaire de préparer, dès
aujourd’hui, le déploiement des réseaux de nouvelle génération, à « très haut débit », sur
l’ensemble du territoire.

Il est aujourd’hui reconnu que le rôle des Etats, des autorités locales et des régulateurs est central
dans la création de dynamiques favorables au déploiement des réseaux et la promotion des usages
du très haut débit. Des premières mesures ont déjà été prises : dispositions de la loi LME, décisions
de l’ARCEP et projet d’investissement de 750 millions d’euros de la Caisse des Dépôts. L’intérêt du
citoyen rend nécessaire d’aller encore plus loin.

Les propositions d’Alliance TICS visent à lever les goulets d’étranglement pour accélérer le
déploiement de réseaux très haut débit sur l’ensemble du territoire et optimiser les investissements
à engager.

Objectif : dynamiser le déploiement de « dorsales » très haut débit, jusqu’au plus près des
habitations
Proposition 8 : Dans les zones les moins denses de notre pays, l’aide publique est indispensable et
doit être engagée dès aujourd’hui. Pour maximiser son efficacité, elle doit s’atteler, en premier
lieu, à lever les principaux freins du déploiement du très haut débit. L’un des principaux goulets
d’étranglements techniques et économiques se situe au niveau des « réseaux de collecte ».

La desserte en très haut débit de notre pays se fera grâce au déploiement conjoint de solutions
d'accès filaires (ex : fibre optique) et radio (ex : LTE, Wimax, satellite).

Objectif : accélérer l’arrivée de la fibre optique jusqu’à l’abonné


Proposition 9 : apporter une aide financière à la constitution des réseaux d’accès très haut débit
par fibre optique pour à la fois accélérer le déploiement des réseaux et compléter l’initiative
privée, notamment dans les zones n’offrant pas un retour sur investissement rapide ou revêtant
un caractère stratégique pour le développement local. Nous recommandons que cette aide se
concrétise sous la forme de PPP, ciblant les infrastructures passives, mutualisables et ouvertes à
tous les opérateurs. Il est primordial d’éviter les duplications inefficaces des infrastructures
« passives » essentielles (fourreaux, colonnes montantes d’immeubles, etc.) afin de favoriser
l’installation d’équipements « actifs » par les opérateurs.

Objectif : déployer, en parallèle, des technologies radio permettant une desserte à très haut débit
des zones les moins denses
Proposition 10 : inciter les opérateurs à déployer leurs réseaux radio à très haut débit dans les
zones peu denses, grâce à des outils permettant d’améliorer l’équation économique des
investissements à engager (par exemple, en octroyant des prêts bonifiés, en mutualisant des
équipements passifs comme les pylônes, etc.). Par ailleurs, la mise à disposition rapide des
fréquences résultant du dividende numérique, suivant le calendrier fixé par la loi, est
indispensable pour un déploiement satisfaisant des réseaux mobiles à très haut débit sur
l’ensemble du territoire.

Propositions d’Alliance TICS pour le Grand Emprunt National - 3


PROPOSITIONS D’ALLIANCE TICS
POUR LE GRAND EMPRUNT NATIONAL

1. Développer les usages du numérique pour répondre aux objectifs du


Grand Emprunt National
a. Dynamiser l’économie de la connaissance

Le développement de l’économie de la connaissance, accessible à tous, nécessite des infrastructures,


services et outils numériques. Les enjeux sont multiples, notamment pour :
- L’éducation : les générations futures doivent pleinement pouvoir tirer partie des possibilités
offertes par l’économie de la connaissance, dans un monde globalisé
- La recherche et l’innovation : de nombreux programmes de recherche nécessitent des outils
de calcul performants.

i. Investir dans l’éducation pour préparer nos enfants aux défis futurs

Le plan EnR (Plan de développement du Numérique dans les écoles rurales) financé par le Plan de
relance, va permettre d’équiper 5000 écoles rurales2 en classes mobiles. L’une des bonnes pratiques
de ce plan est d’avoir commencé par les communes rurales, puis d’avoir élaboré l’appel à projets de
façon très structurante en réunissant tous les composants d’un usage pédagogique (matériels,
contenus, formation et services) et tous les acteurs concernés (mairies, enseignants, prestataires de
service).

Par ailleurs, le ministre de l’Education Nationale, Luc Chatel, a évoqué la prochaine présentation d'un
grand plan de développement du numérique dans les collèges et les lycées. Alliance TICS est prête à
accompagner les pouvoirs publics dans la définition d’un programme réunissant les acteurs
territoriaux, les acteurs de l’éducation nationale et les acteurs du numérique.

Proposition 1 :
- équiper toutes les écoles primaires rurales françaises sur le même principe que pour le plan EnR,
c'est-à-dire sous la forme d’un projet global réunissant tous les composants d’une solution et tous
les acteurs concernés.
- adapter et étendre le dispositif EnR aux collèges et aux lycées pour se donner les moyens de
mettre en œuvre un grand plan de développement numérique pour l’éducation.
- en parallèle, développer les applications pédagogiques du numérique (ex : télé-enseignement,
contenus numériques, tableaux numériques interactifs, classes mobiles, etc.) et renforcer la
formation initiale et continue des enseignants aux nouvelles technologies.

ii. Investir dans les outils nécessaires à la recherche et le développement

La France dispose de plusieurs arguments en faveur de l’implantation de centres de calcul sur son
territoire3 :
- Un environnement industriel favorable
- Des compétences nombreuses et une recherche académique de haut niveau
- Enfin, une énergie électrique à faible empreinte carbone

2
Sur les 35 000 communes françaises de moins de 2 000 habitants.
3
Voir également : http://www.minefe.gouv.fr/discours-presse/discours-
communiques_finances.php?type=communique&id=3339&rub=1

Propositions d’Alliance TICS pour le Grand Emprunt National - 4


Les centres de calcul constituent non seulement un pivot essentiel du déploiement des usages
sociétaux du numérique (ex : plates-formes de collaboration, e-santé, contenus pédagogiques, etc.)
mais également un facteur structurant pour les programmes de recherche et de développement (par
exemple, la modélisation et la simulation, dans de nombreux secteurs, nécessitent des besoins en
calculs massifs).

Proposition 2 : investir dans les outils numériques nécessaires à la R&D. Notamment,


l’implantation de centres de calcul modernes sur notre territoire accroîtrait l’attractivité de la
France.

b. Développer la compétitivité des PME/TPE

Le numérique est un moteur essentiel de la compétitivité des entreprises, grâce aux gains de
productivité qu’il apporte, l’ouverture à l’international et les relais de croissance et d’innovation qu’il
rend possible.

i. Investir dans l’appropriation du numérique par les petites entreprises

Comparativement à plusieurs de nos voisins européens, les PME/TPE françaises sont encore
insuffisamment équipées en outils et solutions numériques. Si 95% des petites entreprises françaises
sont aujourd’hui équipées et connectées à internet, il reste encore d’importants progrès à faire (ex :
taux de dématérialisation encore insuffisant, peu de recours au commerce électronique, peu
d’échanges électroniques au sein d’une filière, commutateurs téléphoniques d’entreprise obsolètes,
etc.).

Cette situation peut s’expliquer, en grande partie, par le fait que les petites entreprises françaises
méconnaissent les apports du numérique pour le développement de leur activité et savent rarement
tirer pleinement parti de ces nouveaux outils.

Le gouvernement a mis en place, en 2006, le programme « Passeport pour l’économie numérique »


dont l’objectif est d’accompagner les petites entreprises françaises dans leur appropriation des
usages du numérique. La couverture territoriale des points d’accueil de ce programme en fait un
dispositif de sensibilisation remarquable, qui ne nécessiterait que peu d’investissements additionnels
pour répondre efficacement aux besoins de toutes les PME/TPE.

Proposition 3 : Développer l’appropriation des usages numériques par les petites entreprises
françaises et améliorer leur niveau d’équipement, en dotant le programme « Passeport pour
l’Economie Numérique » de moyens financiers renforcés.

ii. Investir dans la formation professionnelle

L’usage du numérique est devenu aujourd’hui indispensable pour la quasi-totalité des professions. Il
semble donc crucial de former les professionnels aux outils, applications, usages et services
numériques, tout au long de leur carrière. Nos concitoyens au chômage devraient également
bénéficier de formations au numérique adaptées à leurs projets.

La mise en place du programme « passeport pour l’économie numérique » a montré qu’il est possible
de déployer rapidement, sur tout le territoire, des modules de formation adaptés, au travers des
relais territoriaux de proximité (ex : espaces publics numériques, cyberbases, écoles, télécentres ou
points d’accueil du passeport pour l’économie numérique).

Proposition 4 : Mettre en place un dispositif « Passeport pour l’emploi » qui s’appuierait sur les
relais de proximité existants et serait mis en ligne, en accès libre, sous mode d’autoformation.

Propositions d’Alliance TICS pour le Grand Emprunt National - 5


iii. Investir dans les plates-formes collaboratives

Le programme TIC-PME a pour objectif d'améliorer la compétitivité des entreprises en favorisant


l’interopérabilité numérique au sein des filières. Il a également contribué à mieux faire collaborer les
entreprises entre elles et renforcer la traçabilité des produits4.

Ce programme pourrait être étendu afin de favoriser le redéploiement de l’activité économique sur
les territoires et développer le télétravail. Cela pourrait se faire sous la forme de plates-formes
collaboratives, au service des entreprises locales, en liaison avec les filières, les pôles de
compétitivité locaux et les centres de services aux entreprises.

Proposition 5 : doter le programme TIC-PME de moyens financiers supplémentaires pour favoriser


le déploiement de l’activité économique sur le territoire, en déployant des plates-formes
collaboratives.

c. Investir dans les filières de demain

i. Investir dans les « technologies vertes »

La France « peut s’attendre à un impact global négatif du changement climatique, les coûts pouvant
atteindre plusieurs centaines de millions d’euros par an pour plusieurs secteurs en cas d’adaptation
insuffisante », comme le souligne un rapport évaluant le coût des impacts du changement climatique
en France, rendu public en septembre dernier5.

Le numérique peut contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, en permettant
notamment une meilleure gestion de la production et de la consommation énergétique.

Quelques exemples6 :

- Dans le domaine de l’énergie : la mise en œuvre des projets de « smart grid » et de réseaux
de capteurs nécessite la mise en œuvre de nouveaux outils numériques par les grands
producteurs d’énergie. Il conviendrait de favoriser l’émergence de standards (européens et si
possible mondiaux) pour assurer l’interopérabilité entre réseaux électriques intelligents et
réseaux de communication électronique.

- Dans le domaine du bâtiment : il serait possible de développer un système d’information en


temps réel, invitant chaque foyer à réduire, à certains moments de la journée, sa
consommation d’énergie. Développé à grande échelle, un tel service permettrait d’éviter les
pics de production d’électricité, qui sont particulièrement coûteux et ont un fort impact
environnemental.

- Dans le domaine des transports : les technologies embarquées permettent d’ores et déjà
l’optimisation des trajets. Les villes du futur utiliseront des technologies numériques pour
désengorger les centres villes (ex : grâce à des systèmes de signalisation intelligents, des
logiciels d’optimisation des déplacements, etc.), tout en améliorant la sécurité de tous (ex :
par la diffusion d’alertes en cas d’accident). Le numérique rend également possible le travail
à distance, ce qui réduit les déplacements et ainsi les émissions de gaz à effet de serre.

Par ailleurs, nous pensons que l’utilisateur a également un rôle important à jouer dans la lutte contre
le changement climatique. C’est pourquoi, Alliance TICS a publié un guide de l’utilisateur éco-

4
Comme le souligne le rapport DETIC : http://www.cgiet.org/documents/RapportDETIC.pdf
5
http://www.ecologie.gouv.fr/IMG/pdf/Resume_pour_decideurs.pdf
6
Ces exemples sont détaillés par divers rapports publics, notamment le récent rapport DETIC.

Propositions d’Alliance TICS pour le Grand Emprunt National - 6


responsable pour participer à l’éducation des utilisateurs d’outils et services numériques. Il convient,
à notre sens, de poursuivre cette sensibilisation en permettant, par exemple, aux utilisateurs de
mesurer les paramètres de leur consommation électrique. Le programme « passeport pour
l’économie numérique » pourrait également contribuer au développement de l’usage éco-
responsable du numérique par les entreprises.

Proposition 6 : favoriser l’émergence de standards d’interopérabilité entre réseaux électriques


intelligents et réseaux de communication électronique.

ii. Investir dans la médecine de demain

Le secteur de la Santé est un domaine qui utilise déjà les outils et services numériques (ex : mise en
place du dossier patient numérique) et en recueille les bénéfices (amélioration de son organisation,
de sa productivité, etc.). A l’avenir, le rôle du numérique sera déterminant car il permettra de
repenser radicalement l’organisation du secteur médico-social pour maintenir le droit d’accès aux
soins pour tous, avec des coûts maîtrisés.

Aujourd’hui, le recours à l’hospitalisation reste encore trop systématique, se traduisant notamment


par la surcharge des urgences et parfois, une mobilisation de ressources aux coûts élevés. De
nouveaux modes d’organisation (ex : télémédecine, maintien à domicile des personnes âgées,
dépendantes, handicapés et des malades chroniques) permettront de développer des alternatives au
recours systématique à l’hospitalisation, pour une meilleure répartition de la charge entre l’hôpital et
la médecine de ville, tout en assurant la continuité du parcours de soins.

Les infrastructures supportant ces échanges d’informations médicales dématérialisées devront


présenter toutes les garanties de sécurité, à la fois pour la continuité de service et pour le respect de
la confidentialité. Elles devront s’accompagner d’une véritable normalisation de l’interopérabilité7 et
être déployées sur l’ensemble du territoire.

Si la plupart de ces enjeux sont aujourd’hui inscrits dans la nouvelle loi HPST (Hôpital Patient Santé
Territoire), avec pour objectif d’améliorer la coordination des acteurs de santé autour du parcours du
patient et de définir une nouvelle forme de prise en charge médico-sociale jusqu’au domicile,
Alliance TICS recommande qu’une partie des fonds du grand emprunt soient investis dans le
développement d’outils et d’infrastructures numériques de santé afin d’accélérer la mise en œuvre
de ce nouveau modèle.

Proposition 7 : investir dans le développement d’outils et d’infrastructures numériques de santé.

iii. Mobiliser l’Etat et les collectivités locales

L’Etat et les collectivités locales peuvent jouer un rôle essentiel pour le développement des usages
numériques dans notre pays. Il s’agit de favoriser les projets territoriaux mutualisés, les
convergences et les collaborations entre secteurs publics, associatifs et privés.

Les possibilités de « fertilisations croisées » et les nécessaires convergences entre programmes et


initiatives au service des grands enjeux de l’Etat sont multiples. Alliance TICS entend être force de
proposition sur ce sujet.

7
Cf initiative Continua

Propositions d’Alliance TICS pour le Grand Emprunt National - 7


2. Un pré-requis : stimuler le déploiement d’infrastructures très haut
débit sur l’ensemble du territoire
a. Les infrastructures très haut débit constituent un socle essentiel pour le
développement des usages et services numériques du futur

Alliance TICS considère que la France ne bénéficiera pleinement des effets bénéfiques du numérique
qu’à condition de mettre en place une politique volontariste, visant à accélérer les programmes
d’investissement dans les infrastructures numériques de nouvelle génération qui rendent possible
l’émergence des services et applications numériques du futur.

Autrement dit, le déploiement d’infrastructures performantes est un pré-requis pour le


développement de l’ensemble de l’économie numérique dans notre pays.

En effet, les usages du numérique se développent rapidement. En voici quelques illustrations :


• Le trafic d’internet, tous réseaux confondus, progresse d’au moins 50 % par an et ce, quelle
que soit la zone géographique considérée
• Le trafic d’internet mobile a été multiplié par 6 en un an, dans notre pays
• Des applications très consommatrices en transmissions de données (imagerie, simulation, …)
se développent rapidement et nécessitent des flux de données symétriques.

A ce rythme, les infrastructures « haut débit » existantes arriveront rapidement aux limites de leur
capacité et ne sont pas capables de répondre aux besoins de symétrie de trafic. Afin d’éviter leur
saturation, il est donc nécessaire de prévoir, au plus vite, la généralisation d’infrastructures « très
haut débit », permettant de délivrer à l’utilisateur final un débit symétrique de plusieurs dizaines de
Mbit/s. En parallèle, il est important également de donner, à tous les Français, un accès « haut
débit » performant, c'est-à-dire à un débit minimal de 10 Mbit/s, sans lequel il n’est plus possible
aujourd’hui de tirer pleinement parti des services et applications numériques.

b. Un enjeu majeur pour l’aménagement du territoire

Le numérique est devenu, pour nos concitoyens, aussi important que l’eau ou l’électricité. Il est la
condition du maintien et du développement du tissu social et de l’activité dans les zones rurales.
C’est pourquoi, le déploiement d’infrastructures très haut débit est un enjeu majeur pour
l’aménagement du territoire et la lutte contre la désertification des campagnes.

Face à ces défis, il est fondamental de mener une réflexion approfondie pour définir la meilleure
approche technique, réglementaire et financière.

Nos industries disposent d’une parfaite connaissance des problématiques techniques et, grâce à leur
implantation au niveau international, sont en mesure de proposer des solutions tirant parti des
expériences les plus réussies à l’étranger et adaptées aux spécificités de notre pays.

Ainsi, nous constatons que des pays comme le Japon, la Corée, les pays scandinaves, la Grande-
Bretagne, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Grèce, l’Australie ou encore les Etats-Unis mènent tous,
aujourd’hui, des actions publiques fortes en faveur du développement d’infrastructures très haut
débit. Ces actions présentent des points communs riches d’enseignement. Notamment, elles :
- résultent d’une reconnaissance forte du caractère stratégique des technologies et usages
numériques pour le développement économique, sociétal et environnemental
- reposent sur le rôle central des Etats, des autorités locales et des régulateurs pour créer des
dynamiques favorables au déploiement des infrastructures et des usages numériques
- mettent en jeu des ressources à la mesure des investissements à réaliser. Le déploiement des
réseaux très haut débit est, en effet, sans précédent dans l’histoire des télécoms. Il nécessite

Propositions d’Alliance TICS pour le Grand Emprunt National - 8


des investissements de 10 à 20 fois supérieurs à ceux consentis dans les réseaux haut débit,
dans un calendrier particulièrement ambitieux.
- misent sur l’investissement public souvent au travers de partenariats publics-privés pour
lever les goulets d’étranglements techniques, économiques et opérationnels et constituer un
véritable levier pour l’investissement privé.

c. Recommandations d’Alliance TICS

Alliance TICS préconise que notre pays adopte une approche ambitieuse pour accélérer le
déploiement de réseaux très haut débit sur l’ensemble du territoire. Les principaux axes de cette
politique doivent être, à notre sens, les suivants :

i. Dynamiser le déploiement de « dorsales » très haut débit, jusqu’au plus près des
habitations

Alliance TICS considère que, dans les zones denses du pays, le déploiement du très haut débit doit
être avant tout stimulé par la mise en place de règles claires et simples.

Dans les zones les moins denses de notre pays, nous estimons que l’aide publique est
indispensable. Les pouvoirs publics doivent apporter des aides et des incitations financières afin de
stimuler l’investissement. L’Emprunt National est une chance formidable pour y contribuer.

Ces efforts doivent, à notre sens, être engagés dès aujourd’hui, sans attendre que les déploiements
dans les zones très denses soient achevés. En effet, si nous n’y prenons pas garde, la fracture
numérique du « très haut débit » pourrait être sans commune mesure avec celle que nous
connaissons aujourd’hui. Un grand nombre de nos concitoyens pourraient être excédés par la
différence, qui sera nécessairement plus importante qu’aujourd’hui, entre les services numériques
auxquels ils pourront accéder et ceux offerts dans les zones denses.

Alliance TICS estime que l’action des pouvoirs publics doit être la plus efficace possible. Elle doit
s’atteler, en premier lieu, à lever les principaux freins du déploiement du très haut débit. L’un des
principaux goulets d’étranglement technique et économique se situe au niveau des « réseaux de
collecte ».

Ces réseaux sont déployés, typiquement, au niveau d’un département et, hors des zones denses,
relient les centres des villages. Il s’agit de réseaux intermédiaires entre les réseaux d’accès et les
réseaux nationaux. En modernisant ces réseaux, il est possible d’apporter le très haut débit plus
profondément dans les réseaux, au plus près des habitations et des entreprises, ce qui rend le
déploiement des réseaux d’accès très haut débit fixes et mobiles économiquement viable.
Concrètement, une telle modernisation passerait par la réutilisation d’infrastructures existantes (par
exemple, les fourreaux et points hauts des réseaux télécoms, certaines infrastructures des réseaux
électriques, etc.) pour y passer de la fibre optique. Outre qu’elle permet d’accélérer le déploiement
des réseaux d’accès très haut débit, une telle approche présente de nombreux avantages. Elle
permet notamment de compléter rapidement la couverture du territoire avec du « vrai haut débit »,
c'est-à-dire au moins 10 Mbit/s, rendant possible l’accès, pour tous les Français, à des services de
type « triple play ».

Proposition 8 : Dans les zones les moins denses de notre pays, l’aide publique est indispensable.
Ces efforts doivent être engagés dès aujourd’hui, sans attendre que les déploiements dans les
zones très denses soient achevés. Afin de la rendre la plus efficace possible, l’action des pouvoirs
publics doit s’atteler, en premier lieu, à lever les principaux freins du déploiement du très haut
débit. L’un des principaux goulets d’étranglements techniques et économiques se situe au niveau
des « réseaux de collecte ».

Propositions d’Alliance TICS pour le Grand Emprunt National - 9


ii. Stimuler le déploiement des réseaux d’accès très haut débit et compléter l’initiative
privée

Les réseaux d’accès très haut débit permettent de fournir la connexion aux utilisateurs finaux.
Concrètement, il s’agit des derniers mètres ou kilomètres de raccordement jusqu’à l’abonné. Ce
raccordement peut être réalisé en mettant en œuvre des technologies complémentaires :
technologies filaires (ex : fibre optique) et technologies radio (ex : LTE, Wimax ou satellite).

Ainsi, la desserte en très haut débit de notre pays se fera grâce à un déploiement conjoint de
solutions d'accès filaires (ex : fibre optique) et radio (ex : LTE, Wimax, satellite).

Stimuler le déploiement des réseaux d’accès très haut débit filaires :

Pour ce qui est des technologies filaires (ex : fibre optique à l’abonné, c’est à dire « FTTH »), il est
primordial d’éviter les duplications inefficaces des infrastructures « passives » essentielles
(fourreaux, colonnes montantes d’immeubles, etc.) afin de favoriser l’installation d’équipements
« actifs » par les opérateurs. Une telle approche permet de :
- D’une part, obtenir les meilleurs effets de levier afin de concentrer les investissements privés
sur les infrastructures « actives », c'est-à-dire celles qui sont les plus utiles pour fournir des
services performants, innovants et exploités en concurrence
- D’autre part, grâce aux économies ainsi réalisées, maximiser la desserte du territoire, dans
un objectif d’aménagement du territoire et de réduction de la fracture numérique

Proposition 9 : apporter une aide financière à la constitution des réseaux d’accès très haut débit
par fibre optique, en utilisant notamment une partie des ressources de l’Emprunt National, pour à
la fois accélérer le déploiement des réseaux et compléter l’initiative privée, notamment dans les
zones n’offrant pas un retour sur investissement rapide ou revêtant un caractère stratégique pour
le développement local. Nous recommandons que cette aide se concrétise sous la forme de PPP,
ciblant les infrastructures passives, mutualisables et ouvertes à tous les opérateurs.

Stimuler le déploiement des réseaux d’accès très haut débit radio :

Les technologies radio peuvent être déployées plus rapidement que la fibre optique dans les
zones peu denses de notre territoire et donc offrir, à l'horizon de quelques années, un accès très
haut débit radio, en attendant un accès complémentaire en fibre optique, à l'horizon de 10-20 ans
selon les zones.

Les nouvelles technologies radio, qui commencent à être déployées dans le monde, offriront des
débits moyens par utilisateur de 10 à 40 Mbit/s8 et permettront donc de proposer un grand nombre
de services que nos concitoyens sont en droit d'attendre.

Proposition 10 : inciter les opérateurs à déployer leurs réseaux radio à très haut débit dans les
zones peu denses, grâce à des outils permettant d’améliorer l’équation économique des
investissements à engager (en particulier, en octroyant des prêts bonifiés, en mutualisant des
équipements passifs comme les pylônes, etc.). Par ailleurs, la mise à disposition rapide des
fréquences résultant du dividende numérique, suivant le calendrier fixé par la loi, est indispensable
pour un déploiement satisfaisant des réseaux mobiles à très haut débit sur l’ensemble du
territoire.

8
Suivant les configurations d'ingénierie, et potentiellement bien au-delà à terme.

Propositions d’Alliance TICS pour le Grand Emprunt National - 10


A
N
I
A

Association Nationale
des Industries Alimentaires
(ania)
Grand emprunt
La Cité de l’Alimentation
Pour une alimentation durable
Sortir plus fort de la crise en investissant dans les secteurs d’avenir et en créant plus de richesse et plus d’emplois…
L’objectif du grand emprunt est ambitieux et, au vu de l’endettement déjà colossal de la France, il n’est pas
question de financer des dépenses courantes. Seules les filières porteuses de croissance doivent être ciblées par ce
grand emprunt !
L’agroalimentaire doit bien sûr en faire partie.
 Parce que notre secteur est le premier pilier de l’industrie française et que son chiffre d’affaires a augmenté
en 2008 de 5,5 % quand celui de l’industrie chutait de 1,4 %,
 Parce que nous sommes le deuxième employeur industriel de l’Hexagone avec 412 500 salariés et que nos
entreprises sont réparties sur tout le territoire,
 Parce que nous devons investir fortement en recherche et développement pour développer l’alimentation
durable de demain, et aider les plus de 10 000 PME françaises à prendre la bonne orientation stratégique
pour résister sur le marché national et international et continuer à créer des emplois !

Une filière d’avenir avec de réelles perspectives de marché…


L’alimentation représente de réelles perspectives de marché au niveau mondial, domaine dans lequel la
France a de forts atouts à valoriser.
Ces perspectives de marché pour l’alimentation sont liées :
 à la croissance démographique mondiale (demande alimentaire en hausse de 50 % entre 2000 et
2030 ; population mondiale passant de 6,5 milliards à 9 milliards en 2050) ;
 à l’évolution des habitudes de consommation des grandes puissances démographiques telles que la
Chine et l’Inde qui vont se rapprocher de celles du monde occidental (consommation accrue de
produits issus des industries agro-alimentaires). Ceci va se traduire par une croissance très rapide des
industries agro-alimentaires dans ces pays.
 à une mutation des habitudes de consommation déjà en marche, en particulier dans les pays
occidentaux, donnant une place croissante aux préoccupations santé du consommateur et aux
problématiques de respect des contraintes environnementales. Ces dynamiques font naitre de
nouveaux segments de marché à plus forte valeur ajoutée.

Les qualités du modèle alimentaire français et la force du tissu agro-alimentaire national (premier secteur
industriel avec un chiffre d’affaires de 163 milliards d’euros et 412 500 salariés1) sont un atout majeur pour
capter la croissance de ces marchés, que ce soit en exportant des produits alimentaires ou en s’implantant
dans les marchés à forte croissance en y important le savoir-faire industriel français.

… mais des entreprises trop petites pour faire face à ces défis
Parmi les 50 premières entreprises agroalimentaires mondiales, seules 3 sont françaises (Danone, Lactalis
et Pernod Ricard). En France, les 20 plus grosses concentrent 45 % du chiffre d’affaires total du secteur et

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près de 97 % des entreprises sont des PME. Résultat ? L’agroalimentaire investit moins de 1 % de son
chiffre d’affaires en R&D contre 3% en moyenne pour l’industrie.
Aujourd’hui, si l’agroalimentaire français conserve sa place de numéro 1 en Europe, il perd des parts de
marché au niveau mondial depuis plusieurs années alors que l’Allemagne ou encore la nouvelle Zélande,
qui sont à des stades de développement similaires, en gagnent.

Face à cet éparpillement, il est urgent de mieux structurer la filière en créant des réseaux de recherche
multisectoriels et multidisciplinaires, en créant de la valeur ajoutée par la valorisation des résultats de
recherche par les PME et les instituts techniques agro-industriels, en consolidant le lien positif avec le
citoyen/consommateur… Tout cela dans l’optique de conserver les emplois et la richesse créés par le
secteur.

La mobilisation de l’emprunt national au profit de l’industrie agro-alimentaire trouverait tout son sens
dans le soutien d’un projet plus global et structurant :
celui d’une Cité de l’Alimentation.

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Les grandes missions de la Cité de l’Alimentation :

 fédérer les acteurs (acteurs de la recherche publique et privée, de l’industrie, de l’enseignement) dans
une logique de cluster d’excellence, favorisant l’innovation à travers l’émergence et la coordination de
projets de recherche et développement, le lien recherche-industrie et l’implantation de pilotes
industriels ;
 regrouper les initiatives existantes (fondation alimentation et santé, plateforme technologique « Food
for Life France », observatoire de la qualité des aliments, observatoire économique des IAA…) ;
 être la vitrine du modèle alimentaire français au niveau national et international.

Cette Cité de l’Alimentation pourrait également s’appuyer sur deux autres pôles complémentaires : les
sites du Plateau de Saclay et de Maisons-Alfort, qui regroupent déjà de nombreux acteurs essentiels.

Le budget : 100 millions d’euros d’infrastructure (pour comparaison la subvention de l’Etat accordée à la
Cité des Sciences et de l’Industrie est de l’ordre de 92 millions d’euros). Attention ce budget ne tient pas
compte des pilotes industriels.

Les partenaires : la réussite de cette cité tiendra dans sa capacité à réunir tous les acteurs de la chaîne,
ainsi que des partenaires publics.
 les partenaires privés : le monde agricole (FNSEA), la distribution (FCD/enseignes), les entreprises de
l’alimentaire (ANIA, entreprises) et les instituts techniques de l’Actia…
 les partenaires publics : AgroParisTech, Inra, Maison Alfort…

Le retour sur investissement : il se calcule à différents niveaux :


 Un retour sur investissement pour le citoyen, un des objectifs de la cité de l’alimentation étant la
communication auprès du grand public, mais aussi la pérennisation de la qualité des produits
alimentaires français, tant sur un plan nutritionnel que sur le plan de la sécurité sanitaire.
 Un retour sur investissement provenant du développement des entreprises agroalimentaires : en
communiquant de façon positive sur l’alimentation à la française, en permettant aux PME de recevoir
des résultats de recherche qui leur permettront demain de prendre les bonnes orientations
stratégiques, la Cité de l’Alimentation permettra de capitaliser sur une offre alimentaire à la française
riche et donc le développement de ses entreprises nationales.
 Un pôle d’excellence sur la recherche alimentaire : l’objectif est bien de développer la recherche
agroalimentaire en motivant la création de réseaux.
 Un retour sur investissement par l’activité même de la Cité de l’Alimentation provenant des colloques,
des expositions…

Liste des annexes :


Annexe 1 : les 3 grands pôles de la Cité de l’Alimentation
Annexe 2 : les grands enjeux de la Cité de l’Alimentation
Annexe 3 : l’agroalimentaire, premier secteur industriel français
Annexe 4 : les forces et les faiblesses du secteur
Annexe 5 : les grands défis de l’agroalimentaire en termes de recherche et d’innovation

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ANNEXE 1 : Les 3 grands pôles de la Cité de l’Alimentation

 PÔLE DE LA CONNAISSANCE
Rapprochement entre le pôle formation/universités multidisciplinaires, les instituts techniques Actia
et les entreprises permettrait de faire émerger des projets de recherche structurant pour le secteur.
Parallèlement à la recherche amont, l’installation d’outils expérimentaux au sein de cette Cité
permettrait de passer de la recherche fondamentale à la recherche appliquée sur des grandes
thématiques d’avenir en lien avec le développement durable en créant un véritable POLE
D’EXCELLENCE. Les équipements et travaux de ce pôle seraient complémentaires à ceux des autres
unités de recherche et centres techniques en région ; ses résultats seraient appropriés par les
instituts techniques, enrichiraient la recherche technologique et déclinés auprès des entreprises
dans les filières concernées par ceux-ci.

 PÔLE PERFORMANCE (compétitivité des entreprises)


Une Cité de l’Alimentation, porteuse et garante d’une ambitieuse politique de recherche en
alimentation jouant un rôle de coordinateur national des programmes et d’accélérateur de
croissance… En orchestrant l’appropriation des résultats de recherche qui seraient portés par la Cité
auprès des PME et des instituts techniques, mais également des écoles et universités.

 PÔLE EDUCATION
Une Cité de l’Alimentation, nouveau lien entre le monde agroalimentaire et le
citoyen/consommateur… En créant au sein de la Cité un espace public avec des expositions
ciblées, mais aussi des débats sur des thématiques qui préoccupent le consommateur (nutrition,
obésité, développement durable…).

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ANNEXE 2 : Les grands enjeux de la Cité de l’Alimentation

• Devenir le carrefour de l’alimentation en rassemblant toutes les initiatives existantes pour plus de
cohérence : cette Cité aura vocation à reprendre toutes les initiatives existantes qu’elles soient du
ressort de la recherche ou du ressort de l’observation économique et sociétale :
 La Fondation alimentation et santé, présidée par Xavier Leverve (Inra).
 La plateforme technologique « Food for Life France », présidée par Patrice Robichon (Pernod
Ricard), véritable lieu de concertation État-professions-recherche qui devrait devenir le
conseil scientifique et technique de la Cité.
 L’Observatoire de la qualité des aliments (Oqali), mis en oeuvre par l’Agence française de
sécurité sanitaire des aliments (Afssa), et par l’Institut national de la recherche agronomique
(INRA) qui vise à exercer un suivi global de l’offre alimentaire en mesurant l’évolution de la
qualité nutritionnelle (composition nutritionnelle, taille des portions, informations
nutritionnelles) des produits alimentaires transformés. Afin de s’assurer que les progrès
bénéficient à l’ensemble des consommateurs, les indicateurs recueillis sur la qualité
nutritionnelle des aliments seront analysés selon des paramètres socio-économiques (prix
moyens, parts de marché et niveaux de consommation). L’animation de cet Observatoire est
menée par un comité de pilotage opérationnel présidé par M. Bernard Chevassus-au-Louis,
Inspecteur Général de l’Agriculture, et rassemblant les ministères (DGAL, DGS, DGCCRF),
l’Afssa et l’INRA. Il s’appuie sur un comité d’orientation, comprenant des représentants des
trois ministères, de l’INRA, de l’Afssa, des industriels, des distributeurs et des
consommateurs.
 L’Observatoire économique des IAA, co-géré par France Agrimer et la DGPAAT.
 … Et le CNA ??? et la coordination des pôles de compétitivité IAA ???

• Développer les compétences de recherche et d’innovation. Le rapprochement avec le projet de


Saclay, dont une partie sera orientée sciences du vivant, permettrait en effet de s’appuyer sur une
expertise scientifique publique tant au niveau des centres de recherche (Inra) qu’au niveau des
instituts techniques de l’Actia, des écoles et universités (AgroParisTech et autres écoles de
Paristech).

Les projets de recherche qui sont envisagés pour le secteur :

 Alimentation/santé
Fournir au consommateur des produits sains, sûrs, bons contribuant à son bien-être et favorisant
sa bonne santé
La santé et le bien-être sont des attentes fortes du consommateur.
- S’assurer que l’alimentation est adaptée aux attentes des consommateurs en termes de
goût, de nutrition, de santé, de plaisir, d’accessibilité et d’image.
- Développer des stratégies nouvelles et efficaces pour contribuer à préserver la santé et
améliorer le bien-être des consommateurs tout au long de la vie. Il s’agit de prévenir les risques

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des maladies liées au régime alimentaire. L’accent sera mis sur les sujets de recherche
émergents: contribution du régime alimentaire au niveau du cerveau, des fonctions immunitaires
et intestinales et de la fonction métabolique.

Un exemple : la France n’avait, jusque là, pas développé suffisamment les cohortes qui permettent
un suivi efficace et pertinent des comportements des consommateurs mais également de faire
progresser la recherche sur les relations Nutrition-Santé. La mise en place de cohorte, très coûteuse,
est essentielle pour faire avancer la recherche.

Plusieurs partenaires institutionnels, dont l’Inra et l'unité de recherche en épidémiologie


nutritionnel (UREN) qui coordonne le projet, ont lancé Nutrinet-santé, une étude sur une cohorte
de 500 000 nutrinautes.
L’objectif général de cette étude est de mieux évaluer les relations entre la nutrition et la santé et de
comprendre les déterminants des comportements alimentaires.

Il s’agit d’étudier, sur un large groupe de personnes vivant en France :


- Les comportements alimentaires et leurs déterminants en fonction de l’âge, du sexe, des
conditions socio-économiques, du lieu de résidence, etc.
- Les relations entre les apports alimentaires, l’activité physique, l’état nutritionnel et la santé.
Tous les grands problèmes de santé seront étudiés, entre autre l’obésité, l’hypertension artérielle, le
diabète, les dyslipidémies, les maladies cardiovasculaires, les cancers, etc.
Le but de cette étude est d’identifier des facteurs de risque ou de protection liés à la nutrition pour
ces maladies, étape indispensable pour établir des recommandations nutritionnelles permettant de
prévenir le risque de maladies et d’améliorer la qualité de la santé de la population actuelle et des
générations futures.
Il serait intéressant de développer cette cohorte en lui donnant des moyens importants
notamment pour qu’elle puisse fonctionner pas uniquement par internet.

 Développement durable
Atteindre un système durable de production des aliments
Le secteur de l’alimentation est l’un des trois principaux secteurs d’activité ayant un impact sur
l’environnement, au niveau européen. Introduire la notion de durabilité au sein de la chaîne
alimentaire dans une approche bénéfices-risques est donc indispensable, et permettra à l’industrie
agroalimentaire française, mais aussi à l’agriculture, d’être plus compétitives. Le secteur doit
pouvoir bénéficier d’un état des lieux des connaissances sur les points critiques de l’alimentation
concernant son impact sur la santé, l’économie, l’environnement et le changement climatique, ainsi
que sur le volet social. Les évolutions sociologiques ont toujours des impacts lourds sur nos modèles
de production.
- Quels nouveaux concepts commerciaux pour limiter les impacts environnementaux ?
- Localisation de la production : quid de l’évolution de nos modèles pour tenir compte des
nouvelles contraintes environnementales ?

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- Création de valeur ajoutée par l’éco-conception d’équipements et d’emballages. Des
infrastructures pilotes permettront de valider de nouveaux procédés.
- Comment réduire les pertes sur toute la chaîne ?
- Comment optimiser l’utilisation des ressources naturelles fossiles et renouvelables ?
- Quelle usine de demain (usine sobre e énergie, eau, emballages, matières premières…) ?
- Comment développer et intégrer des technologies adaptées permettant une meilleure
efficacité énergétique ?
- Comment tisser des liens durables avec les consommateurs, les clients, les fournisseurs, les
salariés… ?
- Comment adapter les entreprises aux évolutions de leur environnement et de leurs
interlocuteurs (évolutions sociologiques, comportements, attentes par exemple…) ?
- Comment réduire les maladies professionnelles et accroître l’attractivité de ses métiers ?

Un exemple : l’Inra et le CIRAD lancent une réflexion prospective sur l’alimentation durable.
Les termes de l’équation mondiale de la suffisance alimentaire son connus : la planète devra demain
assurer l’alimentation de plus de 9 milliards d’individus en 2050, satisfaire en outre des demandes
non alimentaires accrues compte tenu de la raréfaction croissante des énergies fossiles, tout cela
dans le cadre d’un développement respectueux de l’environnement et des homes.
Dans cette optique, la prospective Agrimonde, menée conjointement par le CIRAD et l’INRA a indiqué
des voies pour parvenir à couvrir les besoins alimentaires au niveau mondial :
- Une agriculture productive, respectueuse de l’environnement et valorisant les services éco-
systémiques (écologiquement intensive) ;
- Une modification des modes alimentaires ;
- Une intensification des échanges de produits agro-alimentaires
L’objectif du programme de recherche est d’identifier les points critiques de non durabilité des
systèmes comme les trajets des consommateurs pour leur approvisionnement, les pertes entre la
distribution et les consommateurs… Ce projet aboutira à l’identification des voies de recherche
futures pour une alimentation durable.

• Rendre accessibles aux entreprises et tout particulièrement aux PME les savoirs scientifiques en
favorisant la poursuite d’une recherche technologique forte, clé de la compétitivité industrielle et
de l’innovation, au niveau des instituts techniques et des écoles d’ingénieurs, ainsi qu’en organisant
la dissémination des résultats de recherche, notamment via les structures d’appui existantes
coordonnées par l’Actia (centres techniques, centres-interface). Ce transfert d’information utile et
utilisable est capital pour le secteur agroalimentaire qui compte plus de 90 % de PME. Or, pour
survivre demain, ces petites entreprises doivent anticiper les changements sociétaux, les exigences
environnementales, l’évolution des marchés… C’est aujourd’hui qu’elles doivent prendre le virage
du développement durable au risque de ne plus exister demain.

• Renforcer la communication et l’aura du secteur tant au niveau national qu’à l’international.


L’agroalimentaire souffre d’une image très négative, souvent due à une méconnaissance du secteur
par le citoyen. Pour autant, notre art culinaire pourrait demain être inscrit au patrimoine culturel
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de l’Unesco… Par ailleurs, l’industrie alimentaire française c’est 18.7 % du chiffre d’affaires de
l’industrie agroalimentaire européenne et 9% de l’effectif européen. Nous avons une place de choix
à défendre et un patrimoine à conserver !
 Devenir la vitrine de « l’alimentation à la française » par le biais d’une exposition
permanente sur les forces de notre régime alimentaire et sur les produits alimentaires qui
ont fait l’image de la France, ainsi que sur les technologies traditionnelles ou innovantes afin
de favoriser l’appropriation de celles-ci.
 Proposer des expositions temporaires ouvertes au grand public sur des préoccupations
actuelles : par exemple, la nutrition, qu’est-ce c’est ? Avec un objectif pédagogique.
 Créer un atelier de cuisine pilote pour transmettre les savoir-culinaire, les pratiques
alimentaires et apprendre à « manger bon et équilibré ». Cet atelier pourrait notamment
valider les méthodes et outils pour une dissémination dans les établissements scolaires.
 Mettre en place des colloques scientifiques.
 Devenir l’instance de décision quant à la prévention et l’information auprès du grand
public en mettant en place un comité de suivi rassemblant des experts (messages sanitaires,
programmes courts…).

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ANNEXE 3 : L’agroalimentaire, premier secteur industriel français

Le premier secteur industriel français…


 Avec un chiffre d’affaires proche des 163 milliards d’euros, l’industrie agroalimentaire représente 17 % du chiffre
d’affaire total et 12 % de la valeur ajoutée de l’industrie nationale.
 Les 10 568 entreprises agroalimentaires sont réparties sur l’ensemble du territoire, avec plus de 90 % de PME ;
les 20 plus grosses entreprises représentant 45 % du chiffre d’affaires total du secteur.
 Les entreprises agroalimentaires françaises ont en moyenne une marge nette de 2,7 % ; pour les PME, elle n’est
que de l’ordre de 0.6 %.
 Ce secteur contribue à l’aménagement du territoire avec des usines situées partout en France.
 L’industrie alimentaire emploie 412 500 salariés et transforme 70% de la production agricole nationale.
 L’industrie française est l’une des industries alimentaires les plus sûres du monde qui met en valeur un savoir-
faire reconnu internationalement. C’est un secteur qui contribue de façon positive à la balance commerciale
française (en 2008 : 6,6 milliards d’euros de solde positif).

Chaque français est au contact quotidiennement avec les produits alimentaires fabriqués par les entreprises de
l’agroalimentaire. Cette proximité avec les consommateurs explique le lien entre IAA et enjeux sociétaux.

… qui tient une place de choix au niveau européen…


 L'agroalimentaire européen, ce sont quelques 280 000 entreprises, dont plus de 90 % sont des PME, et 4 millions
de salariés, soit 12% de l’emploi industriel européen. C'est aussi la première industrie en Europe, avec un chiffre
d’affaires de 870 milliards d’euros en 2008 loin devant l’industrie automobile qui représentait en 2005 un chiffre
d’affaires de 780 Mds€.
 La France occupe la première place dans le tissu agroalimentaire européen.
 L’industrie alimentaire française c’est 18.7 % du chiffre d’affaires de l’industrie agroalimentaire européenne, 9%
de l’effectif total européen.

… mais une fragilité à prévenir


Malgré ces bonnes performances, le secteur apparait comme de plus en plus fragile. Cette tendance doit être
anticipée sur le long terme. La position de la France sur les marchés internationaux doit être préservée.

Talonnées par les États-Unis et concurrencées par la Chine, le Brésil et l’Inde sur la dimension prix, les entreprises
alimentaires françaises ont de nombreux défis à relever. Certains facteurs freinent la capacité des industries
alimentaires à se développer et à être compétitives. Or, la compétitivité nécessite, entre autres, d’aller toujours plus
loin dans la recherche de la productivité et de la qualité au sens large.

ANIA - 21, rue Leblanc 75015 PARIS - Tél : 01 53 83 86 00 - Fax : 01 53 83 92 37


ANNEXE 4 : forces et faiblesses du secteur

ANALYSE SWOT
Forces Faiblesses
- 1er secteur industriel avec un CA de 163 milliards -
Un secteur trop éclaté : plus de 10 000 entreprises dont
d’euros et 412 500 salariés, créateur d’emplois. plus de 90 % de PME.
- Faible délocalisation avec 80 % des produits alimentaires - Une trop forte dépendance aux distributeurs, très
consommés qui sont produits en France. concentrés : un grand groupe alimentaire représentera
- Participe de façon très positive à la balance commerciale au maximum 1 à 2 % du chiffre d’affaires d’un
nationale (6.6 milliards d’euros en 2008). distributeur, alors qu’à l’inverse, un seul distributeur
- Une industrie de qualité et très sûre. peut représenter facilement 20 % du chiffre d’affaires
- Des valeurs alimentaires et un savoir-faire français de l’entreprise !
reconnu à l’international. - Les entreprises agroalimentaires sont fragilisées par
- Une excellente image en dehors de nos frontières, la leur petite taille et par leurs manques de fonds
France étant considérée comme une « référence propres.
culinaire » mondiale. - Un retour sur investissement trop faible pour attirer
- Une stabilité de nos volumes sur le long terme qui se certains investisseurs (entre 5 et 6 %).
maintient en temps de crise économique - De nombreuses transmissions d’entreprises à venir, pas
- Des marques fortes aux côtés de produits traditionnels. toujours très bien anticipées et donc préparées.
- Proximité avec le monde agricole et les consommateurs. - Un manque d’attractivité professionnelle du secteur.
Le secteur alimentaire transforme 70 % de la production - Dans certains secteurs, une productivité à améliorer
agricole française. pour conserver une compétitivité suffisante tant en
France qu’à l’export.
- Des marges nettes faibles qui freinent les
Le secteur alimentaire investissements, notamment en R&I (investissements
une valeur refuge en période de crise R&D : 1 % du chiffre d’affaires annuel, contre une
moyenne de 3% pour l’industrie)
Opportunités Menaces
- L’alimentation, une nécessité. Les produits - Une volatilité des prix des matières premières difficile à
agroalimentaires son indispensables. anticiper.
- Une tendance des distributeurs à réorganiser leur offre
- L’agroalimentaire : un tissu économique stable en tant de en tirant les prix vers le bas, qui risque d’entraîner le
crise. secteur vers une perte de la valeur ajoutée si le
- Des besoins d’innovation à relever (produits, services, consommateur n’a plus confiance dans les marques et
process, commerce) pour être demain plus compétitifs. si la distribution réoriente ses assortiments.
- Des segments de marché porteurs encore à développer en - Une année 2009 tendue du point de vue des
France, notamment sur l’axe nutrition-santé, dans des négociations commerciales (impact de la LME) avec des
concepts d’innovation-tradition. prix qui vont être tirés vers le bas.
- L’incidence du développement durable (économie, société, - Une image des entreprises agroalimentaires détériorée
environnement) dans l’évolution des industries agro- par l’opinion publique.
alimentaires en France, en Europe et à l’international. - Une crise financière qui s’annonce longue avec une
- -Des marchés en création ou en croissance dans les pays réduction des crédits de banque et donc une difficulté
émergents (Brésil, Chine, Inde…). de plus en plus importante pour trouver des
- Un rôle à jouer dans la crise mondiale : demande croissante financements privés.
de produits agroalimentaires. - La concurrence de la Chine, le Brésil et l’Inde sur la
dimension prix sur les marchés européens et
internationaux.

ANIA - 21, rue Leblanc 75015 PARIS - Tél : 01 53 83 86 00 - Fax : 01 53 83 92 37


ANNEXE 5 : les grands défis de l’agroalimentaire en termes de recherche et d’innovation
(extrait de l’agenda stratégique Food For Life France)

Défi 1: étude du comportement des consommateurs

Grâce à la compréhension du comportement des consommateurs, renforcer leur implication dans la promotion et
la mise en oeuvre de régimes alimentaires favorables à la santé par:
- la compréhension des processus de choix des consommateurs
- la mise au point de stratégies pour modifier les comportements alimentaires
- la promotion de la communication entre industriels, pouvoirs publics et consommateurs
- la mesure de l'impact de la communication sur les comportements des consommateurs

Défi 2: alimentation et santé

Comprendre les liens entre le régime alimentaire et la santé par la compréhension


 du rôle du cerveau sur le comportement alimentaire
 de l'influence du régime alimentaire sur les fonctions intestinales et immunitaires
 de l'influence du régime alimentaire sur l'obésité et les fonctions métaboliques

Défi 3: développer des produits alimentaires répondant aux attentes du consommateur (qualité, praticité,
disponibilité, accessibilité)

 produire des aliments surs, de qualité, répondant aux exigences nutritionnelles et issus de modes de production
respectueux de l'environnement
 répondre aux attentes du consommateur en respectant la qualité des aliments
 envisager l'aliment dans sa globalité (et non sous la forme de nutriments associés)
 développer une approche d'ingénierie de la qualité des aliments (de la matière première à l'emballage)

Défi 4: assurer la sécurité des aliments pour conforter la confiance des consommateurs

Le développement de l'expertise en sécurité sanitaire doit porter sur:


 la connaissance des dangers alimentaires
 la connaissance des modes de fabrication
 le développement de l'approche bénéfice-risque
 l'évaluation des nouvelles technologies et des nouveaux dangers potentiellement liés

Défi 5: atteindre un système durable de production des aliments

La production alimentaire européenne doit être durable. La réalisation de ce défi passe par:
 la compréhension de la durabilité des chaines alimentaires (empreinte, bilan carbone)
 l'évaluation du compromis bénéfice-risque
 l'étude des moyens et des politiques d'incitation à des changements de comportement des acteurs

ANIA - 21, rue Leblanc 75015 PARIS - Tél : 01 53 83 86 00 - Fax : 01 53 83 92 37


F
E
D
E
N
E

Federation des Services


Energie Environnement
(Fedene)
de

FEDENE est le nouveau nom de

 09.10.2009

GRAND EMPRUNT
Proposition de programme

Le futur emprunt national est destiné à financer des investissements d’avenir propres à permettre de
soutenir des dynamiques économiques, sociétales et écologiques de long terme qui ne pourraient
autrement voir le jour ou se développer.

L’énergie représente plus que jamais un enjeu et un potentiel de développement durable majeurs ;
au sein de cette problématique, la chaleur occupe une place prépondérante.

FEDENE propose dans ce cadre trois priorités stratégiques, qui répondent pleinement :
- aux objectifs ambitieux issus des travaux du Grenelle de l’Environnement
en termes de développement des énergies renouvelables et de récupération, et d’amélioration de
l’efficacité énergétique ;
- aux impératifs auxquels les actions prioritaires du Grand Emprunt doivent obéir
notamment en termes de transversalité, de croissance durable, de pertinence pour la collectivité et
de respect de l’équilibre des finances publiques.

Les trois programmes proposés par FEDENE et développés dans les fiches suivantes concernent :

 Les investissements sur les réseaux de chaleur


Favoriser le développement des réseaux de chaleur, vecteurs incontournables de l’utilisation des
énergies renouvelables et de récupération (EnR&R)
Les rédacteurs du Grenelle de l’environnement ont reconnu dans les réseaux de chaleur, qui
comptent déjà 29% d’EnR&R dans leur bouquet énergétique, un fort potentiel d’utilisation de ces
énergies. Pour répondre aux objectifs du Grenelle (+3,2 Mtep d’ici 2020, 50% d’EnR&R et
doublement des raccordements), des investissements que ni les opérateurs ni les collectivités ne
peuvent supporter seuls vont devoir être réalisés.

 Les investissements sur la filière bois-énergie (500 à 600 Millions d’€ à horizon 2012)
Promouvoir un grand programme d’équipement de la filière forestière pour répondre au défi de la
mobilisation du bois énergie.
Les volumes de bois énergie à mobiliser pour respecter les objectifs du Grenelle sont
considérables (7,5 Mtep d’ici 2020). Il est indispensable d’atteindre des produits jusqu’ici
inaccessibles et donc d’équiper les professionnels forestiers. Cet investissement permettra aux
chaufferies biomasse d’être compétitives avec les énergies fossiles ; il représente en outre un
potentiel de l’ordre de 20.000 emplois supplémentaires d’ici 2020.

 La création d’un fonds de rénovation énergétique des bâtiments de l’Etat


Faciliter la rénovation énergétique des bâtiments de l’État par la création
d’un fonds dédié
La loi Grenelle 1 a mis en évidence la nécessité pour l’État d’être exemplaire en matière
énergétique. Elle a assorti cette nécessité d’objectifs ambitieux à 2020, qui nécessiteront la mise
en place d’outils forts, tel que le Contrat de Performance Énergétique, et la mobilisation de
financements importants. La constitution d’un fonds permettra de faciliter la mise en place de ces
outils, qui garantissent la performance énergétique.

28, rue de la Pépinière - 75008 PARIS - Tél : 01.44.70.63.90 - Fax : 01.44.70.63.99 - Internet : fedene.fr
de

INVESTISSEMENTS SUR LES RÉSEAUX DE CHALEUR

Favoriser le développement des réseaux de chaleur, vecteurs incontournables


d’utilisation des énergies renouvelables et de récupération (EnR&R)

Les rédacteurs du Grenelle de l’environnement ont reconnu dans les réseaux de chaleur, qui
comptent déjà 29% d’EnR&R dans leur bouquet énergétique, un fort potentiel d’utilisation de ces
énergies. Pour répondre aux objectifs du Grenelle (+3,2 Mtep d’ici 2020, 50% d’EnR&R et
doublement des raccordements), des investissements que ni les opérateurs ni les collectivités ne
peuvent supporter seuls vont devoir être réalisés.

Les objectifs fixés aux réseaux de chaleur dans le cadre des travaux du Grenelle de
l’environnement prévoient d’atteindre, au moins, d’ici à 2020 :
- Une part d’EnR&R de 50% (contre 29% aujourd’hui)
- Un doublement des raccordements aux réseaux de chaleur

Ces objectifs ont été rappelés par le Ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et
de la mer, lors de sa présentation de la programmation pluriannuelle d’investissements de production
de chaleur, au Conseil des Ministres en juin 2009.

Ils supposent de :
- Construire environ 8000 MW de capacité de production de chaleur renouvelable et/ou de
récupération
- Porter à 6 000 km au moins la longueur des canalisations de réseaux de chaleur.

De tels investissements, dont une partie importante devra être réalisé selon des processus de
long terme, ne pourront être financés par les collectivités locales ou les entreprises sans un
soutien et/ou une garantie de nature publique, indépendamment des dispositifs prévus par le
Fonds Chaleur Renouvelable.

Ils présentent l’avantage :


- De promouvoir une filière d’avenir destinée à développer l’utilisation d’énergies vertueuses,
comme c’est déjà le cas dans plusieurs pays européens.
- D’intégrer de nombreux acteurs du tissu économique local et national (entreprises de
différents secteurs et de toutes tailles, collectivités, …).
- De permettre le développement de l’emploi local, par la création d’infrastructures et
d’organisations pérennes et non délocalisables.

Afin de donner corps aux objectifs du Grenelle, l’investissement global estimé serait de l’ordre de 8 à
10 milliards d’€uros.

2
de

INVESTISSEMENTS SUR LA FILIÈRE BIOMASSE ÉNERGIE

Promouvoir un grand programme d’équipement de la filière forestière pour répondre


au défi de la mobilisation du bois énergie

Les volumes de bois énergie à mobiliser pour respecter les objectifs du Grenelle sont considérables
(7,5 Mtep d’ici 2020). Il est indispensable d’atteindre des produits jusqu’ici inaccessibles et donc
d’équiper les professionnels forestiers. Cet investissement permettra aux chaufferies biomasse d’être
compétitives avec les énergies fossiles ; il représente en outre un potentiel de l’ordre de 20.000
emplois supplémentaires d’ici 2020.

A ce jour, les entreprises de l’amont forestier (entreprises de travaux, exploitants...) sont équipées
pour mobiliser prioritairement le bois d’œuvre et le bois d’industrie. La filière bois-énergie a construit
ses prémices sur les produits connexes de l’industrie de transformation du bois ou le bois de
recyclage ; la collecte d’autres produits n’étant pas rentable.

Les volumes qui vont devoir être mobilisés, pour respecter les objectifs ambitieux du Grenelle
de l’Environnement, nécessitent de passer à un approvisionnement direct en forêt à partir de
petits bois et rémanents forestiers.

Ces produits constituent en effet la seule ressource disponible en quantités suffisantes pour une
production professionnelle de bois énergie à destination des utilisateurs (réseaux de chaleur ou
vapeur industrielle), et dont l’utilisation n’entraînera pas de conflits d’usage avec l’industrie de
transformation du bois (bois d’œuvre ou bois d’industrie).

Il faut donc permettre aux professionnels forestiers d’investir dans de nouvelles machines
d’exploitation forestière (tels que des tracteurs forestiers combinant la fonction d’abattage et celle
de transport des rémanents forestiers (porteurs combinés). De tels investissements seront source :
- De gains de productivité nécessaires pour rentabiliser l’exploitation des nombreuses parcelles
forestières en déshérence et donc de maîtrise des prix.
- De simplification des approvisionnements, par un broyage sur place et des livraisons directes
(hors amortissement lourd et rupture de charge d’une plateforme de stockage).
- De compétitivité des chaufferies biomasse collectives et industrielles avec les énergies
fossiles.
- De développement de l’emploi local estimé à 20 000 postes supplémentaires d’ici 2020,
uniquement sur l’approvisionnement des installations énergétiques.

Afin de mobiliser d’ici 2012 la ressource supplémentaire annuelle de 2Mtep de biomasse (soit
13 millions de tonnes) prévue dans les objectifs du Grenelle, l’investissement en matériel s’élèverait
un coût total de 500 à 600 millions d’€uros.

A noter : l’arrêté du 15 mai 2007 relatif aux subventions de l’État accordées en matière d’investissement à l’exploitation forestière prévoit
des aides à l’équipement financées dans le cadre du FEADER. Un réajustement significatif de l’enveloppe budgétaire disponible
complètera utilement les mesures prises dans le cadre du Grand Emprunt ; celle-ci n’ayant pas été dimensionnée pour faire face à un
programme d’équipement aussi massif et rapide.

3
de

FONDS DE RÉNOVATION ÉNERGÉTIQUE DES BÂTIMENTS DE L’ÉTAT

Faciliter la rénovation énergétique des bâtiments de l’État par la création


d’un fonds dédié

La loi Grenelle 1 a mis en évidence la nécessité pour l’État d’être exemplaire en matière énergétique.
Elle a assorti cette nécessité d’objectifs ambitieux à 2020, qui nécessiteront la mise en place d’outils
forts, tel que le Contrat de Performance Énergétique, et la mobilisation de financements importants.
La constitution d’un fonds permettra de faciliter la mise en place de ces outils, qui garantissent la
performance énergétique.

La loi Grenelle I a mis en évidence la nécessité devant laquelle se trouve l’État d’être exemplaire
en matière énergétique s’il veut montrer la voie à suivre. En particulier (art 5), les bâtiments de l’État
et de ses établissements publics seront soumis à un audit d’ici à 2010 ; leur rénovation sera engagée
d’ici à 2012 avec pour objectif de réduire d’au moins 40% leurs consommations d’énergie et d’au
moins 50% les émissions de gaz à effet de serre dans un délai de 8 ans, soit pour 2020. Ce
programme très ambitieux nécessitera la mobilisation de financements importants. Pour autant, au-
delà de l’aspect exemplaire vis-à-vis des particuliers et des industriels, cette opération constitue un
gisement très important d’économies financières pour l’État.

Les contrats de performance énergétique (CPE) devraient constituer le socle des contrats qui
seront passés avec des opérateurs pour réaliser ces opérations. Ils permettent de sécuriser les
maîtres d’ouvrages en leur apportant une garantie de résultat dans la durée en termes
d’efficacité énergétique. Ces contrats pourront prendre la forme de Contrats de Partenariats ; ils
pourront également être passés sous forme de marchés publics globaux pour les nombreux contrats
de montants relativement peu élevés.

Pour aider à dynamiser ces marchés et faciliter leur mise en place, nous proposons la création d’un
« Fonds de rénovation énergétique des bâtiments de l’Etat » (FOREBATE). Ce fonds apporterait
aux maîtres d’ouvrages publics les sommes nécessaires sous la forme d’un prêt remboursable. Ce
prêt serait remboursé par annuités au fonds qui retrouverait à terme son capital ; ce qui
faciliterait le remboursement du grand emprunt. Plusieurs options sont envisageables :
- Le fonds peut faire un apport d’argent avec ou sans intérêt,
- Les annuités de remboursement pourraient être limitées aux économies financières résultant des
économies d’énergie garanties. Ce système permettrait aux maîtres d’ouvrages de ne supporter
aucun surcoût pendant la période de remboursement. En revanche, le fonds ne retrouverait pas à
terme la totalité de son capital, mais tous les éléments auront été réunis pour faciliter et donc
accélérer les décisions.
- Le bénéfice de ce fonds pourrait être étendu aux collectivités territoriales, soit par un
élargissement du champ, soit par la création d’un deuxième fonds qui leur serait dédié.
L’objet de cette proposition est de créer les conditions permettant aux nombreuses opérations
d’amélioration de l’efficacité énergétique de petite et moyenne importance dans les bâtiments de se
réaliser dans les meilleurs délais, à la fois pour servir d’entrainement au secteur privé et pour générer
des économies de dépenses de fonctionnement à l’Etat et aux Collectivités Territoriales.

Les estimations de dépenses pour réaliser les travaux nécessaires au volet énergétique ont été
estimées à 24 milliards d’Euros, soit environ 2,4 milliards par an jusqu’en 2020. Sachant que le fonds
se reconstituera grâce aux annuités de remboursement, une dotation initiale de 3 à 4 milliards
d’Euros paraît réaliste.

4
C’est  ainsi,  en  renforçant  sans  tarder  les  infrastructures  de  production,  de  transport  et  de 
consommation  d’énergie  indispensables  à  moyen  terme  pour  assurer  le  développement 
durable  de  son  économie,  que  la  France  saura  assoir  les  bases  d’une  croissance  forte  à 
moyen terme. C’est ainsi, en renforçant son effort de recherche, d’innovation et d’éducation 
dans  ces  mêmes  domaines,  que  la  France  saura  renouveler  à  long  et  très  long  terme  les 
avantages concurrentiels qu’elle a su bâtir en faisant des choix technologiques stratégiques 
et en accompagnant des champions industriels capables de les porter à travers l’Europe et le 
monde. 
 
¶¶¶
 
F

Federation de la
Formation professionnelle
(FFP)
F
I
E
E
C

Federation des Industries


Electriques, Electroniques et
de Communication
(fieec)
 

Emprunt 2010 :  

Imaginons la France de demain ! 

La contribution des filières stratégiques  
pour la croissance et l’emploi 
 
 
 
 

www.emprunt‐national‐2010.fr 

 
 

La question de l’emprunt doit être posée dans le bon sens. Les débats sur le montant et les modalités 
de  financement  sont  importants  mais  doivent  venir  dans  un  second  temps.  L’interrogation  sur 
l’emprunt  doit  d’abord  être  celle  du  positionnement  de  notre  pays :  croit‐on  encore  que  la  France 
peut  être  un  grand  pays  industriel,  innovant,  conquérant  sur  les  marchés  internationaux,  avec  des 
emplois  à  haute  valeur  ajoutée  sur  notre  sol ?  Croit‐on  encore  que  notre  industrie  est  capable  de 
conquérir, de se développer et d’offrir des perspectives à nos concitoyens ? 

Pour les industriels du secteur de l’électricité, de l’électronique et de la communication, la réponse 
est  évidemment  oui.  Car  nous  le  prouvons  tous  les  jours :  nous  avons  dans  notre  secteur  des 
champions  industriels  français  et  européens,  entreprises  grandes,  petites  et  moyennes,  qui  se 
battent à l’international au quotidien et réussissent (50% des 80 milliards d’euros de chiffre d’affaires 
du secteur est exporté !). Mais ça ne suffit pas et trop souvent nos entreprises ont l’impression de se 
battre seules, loin de leurs bases, fragilisées par un marché intérieur atone. 

L’emprunt  doit  avant  tout  répondre  à  cette  problématique :  comment  recréer  des  marchés 
nationaux, basés sur les grands enjeux sociétaux que sont le développement durable, le numérique, 
la  santé  ou  la  sécurité,  autour  de  projets  concrets  définis  en  commun.  Car  si  notre  secteur  est  au 
cœur des réponses à apporter à ces enjeux, nous savons que nous ne les construirons pas seuls.  Il 
nous  faut  réapprendre  à  travailler  en  commun,  main  dans  la  main,  au  travers  d’un  partenariat 
stratégique :  grandes,  moyennes  et  petites  entreprises  de  l’industrie  comme  des  services, 
gouvernement,  administrations,  collectivités  locales,  universités,  recherche  et  enseignement,  pôles 
de compétitivités et… citoyens !  

L’emprunt est donc avant  tout une opportunité formidable pour se projeter  dans l’avenir  de façon 


conquérante  et  visionnaire,  cesser  de  vivre  sur  nos  acquis  afin  de  demeurer  parmi  les  grandes 
nations industrialisées. Ne pas grever le budget de l’Etat par une gestion court terme et des mesures 
tacticiennes, mais définir de façon concertée une vision constructive pour notre pays dans le cadre 
d’une stratégie industrielle partagée, voilà notre défi ! 

C’est  notre  responsabilité  et  notre  avenir  collectif  qui  est  en  question,  le  futur  de  nos  enfants,  la 
richesse de notre pays, les emplois et la croissance durable de demain. Ce sont ces convictions qui 
guident nos réflexions. Nous sommes prêts et les propositions qui suivent sont le fruit de plusieurs 
années de travail collectif.  

La croissance se construit ensemble ! 

Pierre Gattaz – Président  

Joël Karecki – Vice‐Président 

Jean‐Pierre Chardon – Vice‐Président  

Jean Vaylet – Vice‐Président 

 
 

Un partenariat Stratégique à recréer  
 

La  démarche  vertueuse  d’un  débat  public  autour  de  l’emprunt  doit  être  saluée.  Cela  oblige 
collectivement  à  se  reposer  la  question  de  ce  que  chaque  secteur  peut  apporter  à  notre  pays,  et 
surtout, à nos concitoyens. Cet exercice salutaire permet de montrer que notre secteur, au cœur des 
nouvelles  technologies  de  l’Energie  (NTE)  et  du  numérique  (NTIC),  a  des  ambitions,  des  projets 
concrets,  est  prêt  à  s’investir  et  à  relever  les  défis  dans  un  nouveau  partenariat  avec  les  acteurs 
publics, les chercheurs, les enseignants et les citoyens… 

 
 

Un emprunt pour la croissance et l’emploi  
 

Un emprunt : pourquoi faire ?  

• La  croissance :  préparer  l’avenir  sur  les  marchés  porteurs !  Développer  des  projets 
structurants répondant à des besoins sociétaux.  
• L’emploi : Rester un grand pays industrialisé ! Se donner les moyens de notre ambition pour 
accompagner  la  mutation  de  notre  pays,  de  son  industrie  et  de  ses  services,  vers  une 
innovation compétitive forte.  

Un emprunt : quels besoins ? 

• Rendre la France éco‐responsable grâce aux nouvelles technologies de l’énergie   
• Faire de la France un pays numérique et créatif  
• Redonner confiance à nos concitoyens   
 
Ö Des  projets  autour  d’infrastructures  essentielles  d’avenir  pour  notre  pays qui  nous 
permettent de bâtir de nouveaux services, solutions et modèles économiques. 

 
Un emprunt : pour financer quoi ?  
 
• Un  financement  de  « projets /  programmes »  plutôt  que  de  réformes  structurelles.  Une 
orientation  basée  sur  l’écoute  du  terrain  (venant  des  entreprises,  des  citoyens)  et  une 
approche « besoins » plutôt que « secteurs » : faire travailler ensemble, autour de marchés 

 
 

cohérents, de manière complémentaires aux logiques sectorielles déjà à l’œuvre. Se servir du 
modèle des « pôles de compétitivité » pour passer à des « pôles de marchés ». 
• Un  « effet  de  levier »  à  rechercher  pour  chaque  programme :  l’emprunt  doit  être  un  des 
modes  de  financement  permettant  de  focaliser  et  rassembler  des  investissements 
complémentaires (privés et publics). 
• Une coordination multi‐acteurs par l’instauration d’une véritable « stratégie industrielle » 
nationale.  Créer  une  structure  d’animation  globale  et  mettre  en  place  des  « Forums » 
ouverts, rassemblant l’ensemble des acteurs publics / privés, animés par l’Etat. 
• Une  gestion  « globale »  de  chaque  programme :  mesurer  son  impact  direct  ET  développer  
un  accompagnement  « stratégique »  pour  accompagner  l’écosystème  installé  en  France 
correspondant. 

 
 
Il convient donc d’avoir une approche stratégique et non pas tacticienne. 
L’ambition  de  l’emprunt  doit  être  de  relancer  notre  industrie,  donc  notre 
économie,  pour  générer  des  emplois  sur  notre  territoire  et  désendetter 
notre pays ! 
 
La  création  d’une  structure  commune  de  pilotage  stratégique 
publique/privée  rattachée  au  plus  haut  niveau  de  l’Etat  serait  un  signal 
fort. 

 
 

Un pilotage commun à tous les niveaux  
 

Le pilotage commun doit être effectif à tous les niveaux des processus de suivi et de mise en œuvre, 
notamment  opérationnels.  Cette  démarche  suppose  de  travailler  spécifiquement  sur  le  mode  de 
gouvernance  de  chaque  projet :  créer  de  nouvelles  agences  ou  réformer  celles  qui  existent, 
permettre  la  présence  massive  et  motivée  du  secteur  privé,  capitaliser  sur  leurs  structures 
représentatives pour porter un message d’intérêt commun à l’ensemble de la profession, mettre en 
place  des  critères  d’évaluation  partagés,  des  processus  de  suivi,  des  analyses  de  succès  et  d’échec 
pour corriger la démarche ou l’accélérer… autant d’évolutions nécessaires pour porter un véritable 
élan collectif au service de l’efficacité. 

 
 

Quels critères de choix des projets ?  
Les programmes choisis dans le cadre du grand emprunt devraient : 

• Parler  aux  français  et  les  motiver :  une  réponse  à  des  besoins  sociétaux  cruciaux  et  une 
capacité à préparer durablement notre avenir ; 
• Bénéficier  au  plus  grand  nombre :  un  effet  d’entraînement  fort  sur  l’ensemble  de 
l’économie ; 
• Avoir un effet direct pour la France : une capitalisation sur nos pôles d’excellence français et 
européens, afin de conquérir de nouveaux marchés sur la scène internationale ; 
• Rassembler : une association de grands groupes, PME et ETI françaises et européennes au 
sein d’écosystèmes de croissance ; 
• Ne  pas  alourdir  la  dette  de  manière  inconsidérée :  un  Retour  sur  Investissement  direct  et 
précis pour notre société, en termes de création de richesses et d’emplois. 
 
Il  convient  donc  d’identifier  la  contribution  directe  et  indirecte  que  chaque  projet  est  en 
mesure d’apporter pour répondre aux urgences de notre pays. 
 

 
 

Capitaliser sur 3 besoins sociétaux  
 

 
 
Une gestion intelligente et efficace de l’énergie dans les bâtiments  
Toutes  les  technologies  existent  pour  que  nos  bâtiments  soient  plus  efficaces  dans  leur 
consommation d’énergie, plus économes et… plus confortables au final. Il faut juste les généraliser 
grâce à actions spécifiques : des aides ciblées, la formation des acteurs, le sensibilisation du public… 
Intérêt : un Retour sur Investissement direct avec des économies d’énergie à la clé ! 
 
Une infrastructure électrique renouvelée et intelligente  
L’électricité va être au cœur des bouleversements à venir : que ce soit dans la conception du réseau 
(multiplicité  de  petites  sources  de  productions  décentralisées),  ou  dans  le  développement  de 
nouveaux matériels venant se brancher (voitures électriques notamment). Cela entraîne la nécessité 
de réinvestir fortement dans notre réseau, d’abord pour le sécuriser, ensuite pour le faire évoluer et 
le  rendre  plus  « intelligent » !  Le  retour  sur  investissement  sera  plus  indirect  (économies  sur  les 
incidents notamment), mais bénéficiera à l’ensemble de la société, ses citoyens et ses entreprises…  

 
 

 
 

 
 
Un réseau Très Haut Débit pour tous  
L’augmentation des débits est constante dans les télécommunications, que ce soit pour le fixe ou le 
mobile.  Il faut que la France  continue  à capitaliser  sur son avance numérique dans le  Haut Débit  à 
l’aube de la prochaine révolution : celle du Très Haut Débit fixe et mobile. Le déploiement de la fibre 
optique, technologie clé pour cela, demandera plusieurs années et des investissements conséquents. 
Pour autant, d’ici 2015, il est possible de faire arriver la Fibre dans chaque quartier et chaque village, 
permettant à tous d’avoir un accès à 10 mbits/s. C’est une nécessité nationale urgente et impérative 
qui conditionne désormais l’aménagement du territoire et le  développement de nouveaux services 
innovants  (exemples  de  la  télésanté).  Que  les  acteurs  soient  accompagnés  dans  le  cadre  de 
l’emprunt est donc indispensable ! 
 
Se soigner à distance et vieillir chez soi  
Au‐delà  des  infrastructures,  il  faut  travailler  au  développement  de  nouveaux  services.  La  santé  et 
l’autonomie  en  font  partie.  Nos  sociétés  sont  confrontées  à  des  enjeux  majeurs  en  termes  de 
vieillissement  de  la  population,  de  l’envie  de  demeurer  chez  soi  le  plus  longtemps  possible,  et  de 
l’évolution de nos dépenses de soin. L’enjeu aujourd’hui est donc de sauvegarder la qualité de notre 
système de santé, d’apporter de nouveaux services aux patients et d’en maîtriser le coût pour éviter 
toute dérive. Le numérique peut aider à cela : grâce aux outils de télésanté et télémédecine testés 
depuis  plusieurs  mois  en  France  ou  dans  le  monde,  on  sait  désormais  soigner  à  distance,  ou 
accompagner une personne âgée pour plus d’autonomie. Il faut généraliser ces outils avec l’aide du 
monde médical ! Le retour sur investissement sera à la fois social et financier. 
 

 
 

 
 
Bâtir une infrastructure de confiance partagée ! 
L’évolution des technologies, et l’éparpillement des responsabilités au sein des ministères a conduit 
au développement d’infrastructures de confiance qui ne sont pas optimisées. En cas de crise, chaque 
ministère,  voire  chaque  service,  a  son  propre  système  d’information,  avec  ses  faiblesses  et  ses 
lacunes. Il semble aujourd’hui opportun de repenser l’ensemble de ces systèmes et de bâtir sur les 
technologies  les  plus  en  pointe  une  véritable  infrastructure  de  confiance  partagée  entre  les 
administrations et les entreprises travaillant pour elles. Une telle infrastructure, outre sa plus grande 
solidité  et  efficacité,  permettrait  de  plus  de  réaliser  des  économies  substantielles  grâce  à  la 
rationalisation de ce qui existe aujourd’hui. 
 
Rendre la route intelligente et les véhicules propres ! 
Si  les  véhicules  sont  de  plus  en  plus  sophistiqués  grâce  notamment  à  l’électronique  qu’ils 
embarquent, tous les problèmes ne sont pas résolus pour autant. Il convient ainsi de ne pas oublier 
un  aspect  structurant :  l’infrastructure  routière.  Travailler  à  rendre  cette  infrastructure 
communicante et intelligente par sa capacité à mesurer et avertir en cas de problème, permettrait 
d’améliorer  encore  la  sécurité,  mais  également  d’inventer  de  nouveaux  services :  trafic  en  temps 
réel,  avertissement  automatique  des  véhicules  en  cas  de  problèmes  sur  la  route,  etc.  Le  coût  de 
l’insécurité routière est estimé à 25 milliards d’euros chaque année, le retour sur investissement est 
donc  rapide.  Dans  le  même  temps,  la  généralisation  probable  dans  les  années  qui  viennent  du 
véhicule électrique oblige à repenser les infrastructures de rechargement.  Là encore, une véritable 
stratégie doit se mettre en œuvre au plus tôt. 

 
 

Renforcer les conditions du succès  
Un emprunt : quel accompagnement des projets ? 
 
Au‐delà des projets, il conviendra évidemment de s’assurer que l’ensemble des conditions pour leur 
réalisation soient bien en place. A savoir : 
• Renforcer le potentiel d’innovation des secteurs. Ainsi, le projet GIANT à Grenoble qui vise 
la  création  d’un  campus  mondial  de  recherche  autour  de  pôles  de  recherche  transverses 
(information, énergie, santé) doit être accéléré. 
• Renforcer les pôles de compétitivité pertinents sur ces projets. 
• Investir dans les écoles et universités liées aux projets et filières retenues. 
• Conforter l’excellence de la filière de normalisation française, notamment dans le domaine 
électrique,  électronique  et  de  communication,  par  le  biais  de  l’Union  technique  de 
l’Electricité (UTE). 
• Développer  de  nouveaux  programmes  de  formation  continue  et  initiale  en  lien  avec  les 
nouveaux métiers qui seront créés par ces projets. 
 
 

 
 

 
Un emprunt avec effet de levier  

 
 
Sans  financer  complètement  ces  projets,  les  sommes  collectées  par  l’emprunt  devront  également 
permettre de compléter et focaliser les investissements existant par ailleurs. 

 
 

 
Un emprunt : Quel montant pour les projets présentés ? 
Premier projet financier à approfondir. 
 
Programmes  Recours à l’emprunt  Autres  Modes  de  Durée  Retour  sur 
financements  financement  programmes  investissement 
Infrastructure  2 mds € :  Opérateurs  de  Financement  R&D,  5  ans  (1er  Remboursement 
électrique  1.5  mds  €  pour  le  l’énergie,  démonstrateurs,  programme)  sur  5  ans  pour  les 
déploiement,   industriels,  prêts  bonifiés  pour  prêts bonifiés 
0.5  mds  €  pour  collectivités  déploiement 
l’accompagnement  locales, etc. 
Efficacité  2 mds € :  Industriels,  Prêts  bonifiés  pour  5 ans  Remboursement 
énergétique  1.5  mds  €  pour  le  Collectivités  collectivités locales  sur  5  ans  pour  les 
déploiement,   locales, Etat…  prêts bonifiés 
0.5  mds  €  pour 
l’accompagnement 
Très  haut  5 mds € :   Collectivités  Prêts  bonifiés  en  20 ans  Remboursement 
Débit  4.5  mds  €  pour  le  locales,  Etat,  fonction  de  critères  sur  5  ans  pour  les 
déploiement,   opérateurs,…   techniques  prêts  bonifiés.  Coût 
0.5  mds  €  pour  total  phase  1 :  8 
l’accompagnement  milliards d’euros. 
Télésanté  6.06 mds € :  Industriels,  Etat,  Prêts  bonifiés  en  5  ans  (1ere  Remboursement 
5  mds  €  pour  le  collectivités  fonction  de  critères  phase)  sur  5  ans  pour  les 
déploiement,   locales,…  techniques  prêts bonifiés 
1.06  mds  €  pour 
l’accompagnement 
Infrastructure  4 mds €  Industriels,  A déterminer.  10 ans   Retour  indirect  par 
de Confiance  Etat…  création  de 
services, valeurs. 
Retours  directs  en 
dépenses  de 
fonctionnement 
Route  300 millions €  Industriels,  R&D,  financement  2  ans  (1ere  Retour  indirect  par 
intelligente  collectivités  démonstrateur  phase)  diminution 
locales, Etat…  accidents 
 

 
 

Un emprunt pour rassembler  
 
 
Un emprunt : quelle formule ? 
 
• Un appel public à l’épargne pour mobiliser l’ensemble du pays autour d’une vision partagée. 
• Un abondement possible par les secteurs économiques intéressés et les entreprises. 
• Des  modalités  financières  et  fiscales  favorables  aux  emprunteurs  et  complémentaires  de  la 
rentabilité affichée. 
• Un recours aux nouvelles technologies pour solliciter l’appel à l’épargne. 
 
Un emprunt : quelle modalité de gestion ? 
 
• Un modèle partenarial Public‐Privé pour une gestion commune exemplaire. 
• Des  modes  d’utilisation  des  fonds  différenciés  selon  les  besoins  de  chaque  projet  ce  qui 
peut appeler une forme de spécialisation entre les fonctions de prêteur et d’investisseur. Par 
exemple, en utilisant les fonds pour consentir des prêts ou sous forme de fonds propres. 
• Une  gestion  s’appuyant  sur  des  méthodes  financières  et  affichant  un  taux  de  rendement 
modéré mais certain. Il s’agira moins « de faire une bonne affaire », que de « participer au 
développement du pays ». 
• Des investissements de nature variée et complémentaires – par exemple : 
‐ Abondement  de  prêts  à  taux  réduits  vis‐à‐vis  d’acteurs  agissant  pour  installer  des 
infrastructures  d’avenir.  Exemple :  vis‐à‐vis  des  opérateurs  pour  aider  au  déploiement 
de  la  Fibre  optique,  vis‐à‐vis  des  collectivités  locales  pour  une  rénovation  rapide  d’un 
éclairage urbain respectueux, efficacité énergétique « active » des bâtiments, etc. 
‐ Prêts  à des entreprises / structures pour les accompagner dans leurs développements. 
Exemple : gestion de brevets pour une PME, soutien aux pôles de compétitivité sur des 
programmes  spécifiques,  accompagnement  des  efforts  de  formation  de  secteurs 
économiques concernés… 
‐ …. 

 
 

Les  industries  Electriques,  Electroniques  et  de  Communication  en 


France  
 

La profession compte en 2007, 1910 entreprises de plus de 10 salariés (86% de PME et de TPE) et un 
effectif de 380 000 personnes. Elle a enregistré une hausse de 5% de son chiffre d’affaires entre 2006 
et  2007  (82  M€  en  2007  contre  78  M€  en  2006).  Dans  la  même  période,  les  exportations  ont 
augmenté de plus de 6%  

Avec plus de 86% de PME et un nombre non négligeable d’Entreprises de Tailles Intermédiaires (233 
en  2007)  les  industries  EEC  représentent  un  secteur  intense  en  petites  structures  innovantes  et 
exportatrices.  De  leur  aptitude  à  grandir,  dans  un  écosystème  favorable,  dépendra  la  future 
croissance de ce secteur et de ses secteurs clients. 

Les exportations de cette industrie représentent toujours de l’ordre de 50% du chiffre d’affaires. 

 
 

Annexes techniques  
 
Focus et détails sur les programmes clés d’avenir pour 
notre pays 

 
 

Emprunt national 2010 
Imaginons la France de demain ! 
Une ambition nationale :  

Une France sereine et confiante 

Programme 1 : Une gestion intelligente et efficace de l’énergie dans les bâtiments 
 
Descriptif du programme : 
Le secteur du bâtiment représente 46% de l’énergie consommée en France et 100 millions de tonnes 
de CO2 émis chaque année. Ce secteur peut constituer un gisement de réduction d’émission de CO2 
très  important  et  le  Grenelle  de  l’environnement  a  identifié  ce  sujet,  notamment  la  rénovation, 
comme un point crucial. 
Il  faut  capitaliser  sur  ces  premières  mesures  pour  aller  au‐delà  et  passer  à  une  logique  d’efficacité 
énergétique active globale. Cela implique de : 
• Mesurer les consommations énergétiques pour informer et sensibiliser ; 
• Installer  les  équipements  à  haut  rendement  énergétique qui  apportent  un  confort  similaire 
ou supérieur avec des consommations nettement inférieures ; 
• Ajuster automatiquement l’apport d’énergie aux paramètres extérieurs et au comportement 
des utilisateurs pour un confort et des consommations optimisés. 
Le  programme  proposé  vise  à  accélérer  le  déploiement  de  ces  solutions  technologiques  pour 
capitaliser sur un savoir‐faire français en la matière. 

Mode d’utilisation possible de l’emprunt :  
Financement  de  développement  de  technologies  spécifiques  (R&D),  impulsion  nécessaire  en 
regroupant des crédits affectés et complément par l’utilisation de prêts bonifiés. 

Pourquoi la nécessité de recourir à l’emprunt ? 
Pour fédérer et orienter les actions des acteurs, notamment des administrations. L’emprunt servira 
de  catalyseur  à  des  initiatives  aujourd’hui  éparses,  et  permettra  d’unifier  les  conditions  de 
déploiement.  
 
Précisions sur les bénéfices sociaux attendus : 
Comme indiqué ci‐dessus, une telle démarche répond à plusieurs besoins : 
1. La  lutte  contre  le  réchauffement  climatique  (réduction  du  gaz  à  effet  de  serre)  en 
permettant  une  diminution  de  la  consommation  énergétique  des  bâtiments  de 
manière très importante. 
2. Un  meilleur  confort  global  des  occupants  des  immeubles  grâce  à  des  systèmes 
intelligents qui répondent mieux aux besoins des utilisateurs. 
 
Précision sur les effets économiques attendus (court terme) : 
Secteurs directement concernés par le programme : 

 
 

Les  secteurs  directement  concernés  par  ces  programmes  sont  multiples :  les  secteurs 
électriques,  électroniques,  éclairage,  et  ceux  du  bâtiment  en  premier  lieu,  mais 
également les installateurs, et tout l’éco‐système autour du bâtiment. 

Pôles d’excellence français concernés (régions, pôles de compétitivité,…) : 
• Pôle  de  compétitivité /  clusters :  cluster  lumière  à  Lyon,  Tennerdis,  Capenergies, 
S2E2, Minalogic, Systématic… 
• Universités / Ecoles : les écoles / universités du domaine électronique et électrique, 
secteur du bâtiment et des installateurs.  
• Régions : les bassins d’emplois sont répartis sur l’ensemble du territoire, tant dans les 
outils de production que pour les services d’installation, formation, etc. 
 
Effets d’entraînement attendus sur l’emploi en France : 
• Effets  sur  les  filières  directement  concernées :  création  de  nouveaux  emplois 
spécifiques  liés  à  ce  déploiement  avec  une  capacité  d’exporter  un  savoir‐faire  (la 
situation  est  la  même  dans  les  autres  pays).  La  formation  de  la  filière  autour  de 
l’efficacité  énergétique  active  est  clé.  Au‐delà,  le  basculement  technologique  dans 
certaines filières (éclairage en particulier) permet d’imaginer la création de nouveaux 
emplois en France et une stratégie forte de relocalisation de certaines filières. 
• Effets  sur  les  filières  « supports » :  création  de  nouvelles  compétences, 
développement  de  nouveaux  marchés,  maintien  d’une  partie  des  emplois  déjà 
existants. 
• Effets induits directs sur les autres industries : indirect, par les économies générées. 
 
Quelle stratégie industrielle à mettre en œuvre ? 
En synthèse : 
Le projet présenté vise à renforcer les capacités d’exportation et de création de richesse de la 
filière  électrique  dans  un  premier  temps.  Ce  programme  permet  néanmoins  de  développer 
une  stratégie  industrielle  ayant  des  effets  d’entraînement  majeurs.  Ainsi,  par  exemple,  le 
secteur  de  l’éclairage  va  subir  des  modifications  structurelles  profondes,  notamment  en 
matière technologiques. Sous l’effet des contraintes environnementales, et de l’évolution des 
attentes  des  consommateurs,  les  lampes  et  luminaires  évoluent  et  se  rapprochent  de 
l’électronique.  Le  développement  des  LED  en  est  un  exemple  frappant,  et  a  entraîner  des 
pays (Taïwan en particulier) à repositionner une partie de son industrie électronique autour 
de ce produit. L’excellence du réseau de R&D français et européen en électronique, ainsi que 
le savoir‐faire internationalement reconnu en terme de conception / design lumineux permet 
d’envisager que la France reprenne des parts de marchés dans la compétition internationale 
grâce à un programme permettant de développer le marché. 
 
Capacités d’export / de création de richesse : 
• Bâtir  sur  le  savoir‐faire  technologique  français  pour  renforcer  la  capacité 
d’exportation de la filière. 
• Bâtir une offre cohérente et attractive pour attirer les entreprises de production des 
filières concernées (éclairage notamment). 

 
 

• Développer  la  R&D  électronique  dans  son  évolution  vers  les  sous‐systèmes 
indispensables  à  l’efficacité  énergétique :  composants  électroniques  semi‐
conducteurs, capteurs et mesure, éclairage électronique, logiciels, etc. 
• Accompagner  le  renforcement  de  la  filière  de  normalisation  électrique  et 
électronique (UTE/ CENELEC / CEI). 
• Soutenir les filières / programmes impactés par des actions spécifiques : 
o Projet GIANT de Grenoble… 
 
Quel engagement des acteurs directement concernés si ce programme est mis en place ?  
• Les  acteurs  les  plus  concernés  ont  déjà  commencé  à  s’impliquer  dans  des 
programmes de formation continue et initiale. Au‐delà, certains secteurs sont prêts à 
accompagner  un  tel  programme  par  un  renforcement  des  filières  de  collecte  et 
recyclage (secteur de l’éclairage notamment). 
 
Quels secteurs sur lesquels capitaliser ? 
• Electrique et électronique (composants, sous‐systèmes et systèmes complexes…) 
• Logiciels 
• … 
 
Quels objectifs chiffrés : 
Quels investissements ? Quels acteurs ? Quelle durée ? 
Investissement global délicat  
Quel Retour sur Investissement ? Durée ? 
A  chiffrer  en  fonction  des  travaux  à  réaliser.  Dans  le  domaine  de  l’éclairage,  on  peut 
constater une diminution de la facture énergétique de 45 % jusqu’à 70 % lors d’un passage 
d’une  technologie  ancienne  à  une  nouvelle  technologie.  Ainsi,  l’accélération  du  rythme 
annuel  actuel  de  renouvellement  des  luminaires  dans  le  secteur  tertiaire,  de  1  million  de 
luminaires/ an à 3,5 millions de luminaires conduirait  à une économie globale de 14 milliards 
de  kWh  en  8  ans.  De  plus,  cela  pourrait  entraîner  une  baisse  de 50 %  du  coût  de  la 
maintenance des installations d’éclairage 
 
Quels modes d’utilisation de l’emprunt : 
Quel montant demandé ? 
Investissement global chiffré à 2 milliards d’€  sur 5 ans :  
• 1.5  milliards  d’€  de  systèmes  d’aides  (prêts  bonifiés  notamment)  pour  les  acteurs 
privés et publics par exemple : 
o Des crédits publics à taux préférentiels pour les collectivités locales acceptant 
de lancer des programmes d’efficacité énergétique. 
o Des crédits à taux préférentiels pour les acteurs privés acceptant de rentrer 
dans une logique de rénovation de leurs bâtiments tertiaires. 
Les  premiers  remboursements  de  crédit  au  bout  de  3  ans  devraient  permettre  de 
maintenir cette aide pendant plusieurs années. 
• 500 millions d’euros d’aides directes pour le financement des activités de R&D, l’aide 
à la formation de la filière, et le développement d’actions spécifiques. 
 

 
 

Quels acteurs financiers portant le programme ? 
• Agence  en  charge  du  programme  en  lien  avec  des  structures  de  financements 
existantes pour lesquels des lignes de crédit spécifiques auront été affectées. 
Quelles garanties ? Quelle ambition ?  
Suivi  annuel  des  financements  accordés  et  de  la  croissance  des  secteurs  directement 
concernés.  
Objectifs affichés : +10% de croissance du secteur dans les 3 ans en termes de valeur, 5000 
emplois créés dans la filière à 5 ans. 
 
Quelles conditions du succès ? 
Normalisation : 
Bâtir  sur  l’excellence  de  l’Union  Technique  de  l’Electricité  (UTE)  pour  renforcer  notre 
présence dans les instances de normalisation. 
Education / Formation : 
Filières de formation à renforcer. Programmes de formation continue à développer.  
Contrefaçon : 
Renforcer la lutte contre la contrefaçon dans les filières électriques, notamment autour des 
questions de respect des standards et de dangerosité des produits. 
Mode de gouvernance du programme : 
Groupe de travail Public / Privé qui réunisse les acteurs de la filière, de la R&D, les écoles, les 
acteurs de la normalisation dans le cadre d’un groupe spécifique par exemple d’une agence. 
Développer en parallèle à la mise en oeuvre du programme de financement des groupes de 
travail  spécifiques  sur  les  principaux  sujets  de  blocage  identifiés.  Pouvoir  orienter  le 
développement de ce programme en fonction de constats partagés. 
 

 
 

Emprunt national 2010 
Imaginons la France de demain ! 
Une ambition nationale :  

Une France Eco‐Responsable grâce aux nouvelles technologies de l’énergie 

Programme 2 : Une infrastructure électrique renouvelée et intelligente 
 
Descriptif du programme : 
Rendre  les  réseaux  et  systèmes  de  production,  de  transmission  et  de  distribution  de  l’électricité 
intelligents et les plus efficaces possibles. L’électricité est au cœur des enjeux environnementaux et 
de  développement  de  nos  sociétés :  de  la  voiture  électrique  à  la  croissance  du  numérique, 
l’électricité  est  l’énergie  indispensable  pour  le  futur.  Dans  le  même  temps,  la  production  se 
décentralise  et  fluctue  dans  le  temps,  notamment  sous  l’influence  du  développement  de  sources 
d’énergie  renouvelable.  Une  gestion  intelligente,  pertinente  et  efficace,  notamment  dans  sa 
distribution et sa consommation, est donc un enjeu majeur pour nos sociétés.  

Mode d’utilisation possible de l’emprunt :  
Financement  de  la  recherche,  de  la  normalisation  et  de  démonstrateurs  grandeurs  nature.  Ce  que 
l’on  appelle  le  Smart  Grid  n’est  pas  une  technologie  spécifique  mais  plutôt  un  ensemble  de 
technologies permettant de mieux gérer les flux grâce à des dispositifs informatiques et de nouvelles 
solutions  technologiques  (capteurs,  compteurs…).  Le  développement  des  différentes  filières  lui  est 
étroitement  lié :  véhicules  décarbonés,  production  d’énergie  renouvelable,  déploiement  d’outils  de 
« domotique » de nouvelle génération,… Le smart grid est le « chapeau » qui doit permettre à toutes 
ses filières de s’articuler entre elles de manière optimale. 

Pourquoi la nécessité de recourir à l’emprunt ? 
Pour  fédérer  et  orienter  les  actions  des  acteurs.  L’emprunt  servira  de  catalyseur  à  des  initiatives 
éparses,  et  permettra  d’unifier  les  conditions  de  déploiement.  Le  déploiement  d’infrastructures 
globales  intelligentes  fera  appel  à  des  acteurs  de  nature  variés  (électriciens,  télécoms,  SSII  et 
logiciels, etc.) qu’il faut arriver à consolider.  
En  parallèle,  l’emprunt  devra  servir  à  développer  les  filières  liées  (véhicules  électriques,  énergie 
renouvelable,  etc.)  et  il  conviendra  de  s’assurer  de  la  cohérence  globale  de  l’ensemble  des  filières. 
L’emprunt  ne  sera  évidemment  qu’une  partie  de  la  solution :  des  éléments  techniques  communs 
devant encore être mis en œuvre, donc discutés au sein de groupes de travail. 
 
Précisions sur les bénéfices sociaux attendus : 
Comme  indiqué  ci‐dessus,  une  infrastructure  renouvelée  et  intelligente  est  clé  pour  bâtir  de 
nouveaux services et solutions qui répondent aux impératifs de développement durable : 
1. La  réduction  des  gaz  à  effet  de  serre  est  un  objectif  majeur  du  Grenelle  et  doit 
trouver  sa  traduction  aussi  dans  le  secteur  de  l’électricité  par  la  réduction  de  la 
pointe carbonée (partie de la production d’électricité réalisée grâce à des centrales 

 
 

émettant  du  CO2),  et  une  concentration  des  investissements  dans  l’efficacité  des 
infrastructures existantes, 
2. Le  développement  des  véhicules  décarbonées,  notamment  électriques,  est  une 
tendance  lourde  qu’il  faut  intégrer  de  manière  souple  dans  la  gestion  de  la 
consommation électrique globale. 
3. Une  meilleure  efficacité  de  la  consommation  électrique  des  foyers  sera  obtenue, 
grâce au déploiement de compteurs intelligents et des outils de mesure intelligents 
et connectés. 
4. Enfin,  ces  technologies  permettront  une  meilleure  intégration  des  instruments  de 
production  d’énergie  renouvelable,  quelles  que  soient  les  technologies  utilisées 
(photovoltaïque, éolien, etc.), surtout dans le résidentiel diffus. 
 
Précision sur les effets économiques attendus (court terme) : 
Secteurs directement concernés par le programme : 
Les secteurs directement concernés par ces programmes sont en premier lieu le secteur 
électrique dans sa globalité (énergéticiens, industriels, installateurs, maintenance, etc.), 
celui  de  l’électronique  (capteurs,  composants  semi‐conducteurs,  sous‐système…),  mais 
également les secteurs des télécommunications et des SSII et du logiciel. Ce sujet est à la 
confluence  de  plusieurs  technologies  et  nécessite  que  plusieurs  acteurs  travaillent  de 
concert. 

D’un point de vue plus global, l’ensemble de l’économie est concernée : la disponibilité 
d’un secteur électrique performant, sécurisé et adaptatif est clé pour toutes les activités 
économiques et sociales d’un pays. 

Au‐delà,  de  nouveaux  métiers  sont  à  créer,  notamment  dans  les  services,  par  exemple 
des conseillers énergétiques en charge du pilotage des immeubles par exemple. 

Quelques faits à garder en tête : 
o La première étape est évidemment de moderniser le réseau électrique actuel 
en réorientant un certain nombre d’investissements. Les « pertes en ligne » 
sont ainsi non négligeables : sur le réseau français, RTE comptabilise en 2008 
une perte en ligne d’environ 11.2 TWh, soit 2% de la production, soit encore 
la production de 2 réacteurs nucléaires. 
o Les  coûts  financiers  des  faiblesses  du  réseau  actuel  sont  non  négligeables : 
les  coûts  directs  de  la  tempête  1999  ont  été  pour  EDF de  2.5  milliards 
d’euros  (source  EDF  –  Les  Echos),  l’estimation  de  la  tempête  de  janvier 
2008 a été de 1.2 milliards d’euros (source FFSA). 
o Le  secteur  électrique  européen,  et  notamment  français,  a  su  bâtir  un 
« leadership »  technologique  et  mondial  dans  le  domaine  électrique  et  a 
réussi à le maintenir jusqu’à présent. Sa force, notamment dans le domaine 
de  la  normalisation  (bureau  de  normalisation  français  UTE,  européen, 
CENELEC et international CEI) est clé pour le futur et doit être renforcée. 
o Les  entreprises  du  secteur  électrique  emploient  en  direct  près  de  100 000 
personnes  sur  le  territoire  national  et  exportent  plus  de  60%  de  leur 
production. 

 
 

 
Pôles d’excellence français concernés (régions, pôles de compétitivité,…) : 
• Pôle  de  compétitivité /  clusters :  de  manière  directe :  Minalogic,  Tennerdis,  S2E2, 
Solutions Communicantes Sécurisées, Systématic. 
• Universités  /  Ecoles :  les  écoles  /  universités  du  domaine  électrique,  notamment 
Supelec,  laboratoire  d’électrotechnique  de  Grenoble  (LEG),  Laboratoire 
d’électrotechnique de puissance de Lille… 
• Projet  fédérateur :  le  projet  GIANT,  porté  par  le  CEA  à  Grenoble,  est  clé  dans  ce 
dispositif  et  doit  être  encouragé,  ainsi  que  les  actions  pilotes  autour  de  Tours  et 
Toulouse. 
• Régions : les bassins d’emplois sont répartis sur l’ensemble du territoire, tant dans les 
outils de production que pour les services d’installation, formation, etc. 
 
Effets d’entraînement attendus sur l’emploi en France : 
• Effets  sur  les  filières  directement  concernées :  maintien  des  emplois  déjà  existant, 
augmentation en qualifications (nouveaux profils de métiers), création de nouveaux 
emplois  spécifiques  liés  à  ce  déploiement  avec  une  capacité  d’exporter  un  savoir‐
faire (problème qui se pose dans les autres pays). 
• Effets  sur  les  filières  « supports »  (électronique,  logiciels,  télécom) :  création  de 
nouvelles  compétences,  développement  de  nouveaux  marchés,  maintien  d’une 
partie des emplois déjà existants. 
• Effets induits directs sur les autres industries : très importants. Ainsi qu’indiqué plus 
haut, toute société moderne repose désormais sur l’électricité que ce soit en termes 
économiques,  de  conforts  ou  de  bien‐être  pour  les  citoyens.  La  disponibilité  de 
systèmes électriques performants et économes est donc clé pour la future croissance 
économique. 
 
Quelle stratégie industrielle à mettre en œuvre ? 
En synthèse : 
Les objectifs sont de deux ordres : 
• Consolider la filière industrielle des équipements électriques autour des marchés de 
demain et  participer  plus  largement  à  la  relance  par  la  génération  de  nouvelles 
activités porteuses d’emploi et de valeur ajoutée, économique et environnemental. 
• Assurer  la  capacité  d’influence  et  d’exportation  du  savoir‐faire  industriel  français  à 
l’aune de rendez‐vous internationaux, 
L’Etat  devra  assurer  une  somme  d’actions  publiques  cumulatives,  en  concertation  avec 
l’industrie : 
• L’équilibre  des  nouvelles  régulations  économiques  en  accompagnant  l’arrivée  de 
nouveaux entrants dans la gestion énergétique au sens large ; 
• L’ouverture réelle du marché de  l’énergie (par exemple, en accroissant la flexibilité 
des tarifs) ; 
• L’incitation  fiscale  et/ou  économique  à  l’installation  d’équipement  productif 
d’économies d’énergies (par exemple, la domotique résidentielle) ; 

 
 

•  La  constitution  d’une  filière  de  formation  initiale  et  continue  sur  l’ensemble  des 
métiers  de  proximité  générés  (par  exemple,  l’émergence  des  services  de  conseil 
énergétique indépendants) ; 
• L’émergence  de  nouveaux  modèles  économiques  et  conséquemment  de  nouveaux 
outils  de  financement  autour  de  la  Finance  Carbone  et  des  certificats  d’économies 
d’énergies. 
 
Capacités d’export / de création de richesse : 
• Bâtir sur notre savoir‐faire autour notre industrie électrique et l’accompagner : 
o Nécessité  de  renforcer  les  moyens  de  formation  de  l’ensemble  de  la  filière, 
suivre les groupes de normalisation. 
• Aider à réindustrialiser la France en matière d’implantation d’unités de production : 
o Mettre en place en parallèle un programme visant à favoriser l’implantation 
d’entreprises industrielles dans la filière. 
• Soutenir les filières / programmes impactés par des actions spécifiques : 
o Projets de Grenoble, Tours, Toulouse… 
o Electroniques… 
o Logiciels et services internet… 
 
Quels engagements des acteurs directement concernés si ce programme est mis en place ?  
• L’ensemble  des  acteurs  sont  déjà  mobilisés  pour  accompagner  ce  déploiement  et 
notamment la filière électrique regroupée au sein du Club Energie Durable (CLED) qui 
réunit notamment la FIEEC, l’UFE, le SERCE, la FG3E et le GIMELEC. 
 
Quels secteurs sur lesquels capitaliser ? 
• Electrique 
• Electronique  
• Logiciels 
• Télécommunications 
• Services divers. 
 
Quels objectifs chiffrés : 
Quels investissements ? Quels acteurs ? Quelle durée ? 
Investissement  global  difficile  à  chiffrer  et  fluctuant  selon  ce  qui  est  pris  en  compte.  Il 
convient  que  l’emprunt  puisse  financer  une  partie  de  l’investissement  et  agréger  d’autres 
investissements  complémentaires  des  acteurs  publics  et  privés.  L’effet  de  levier  ainsi  créé 
devrait permettre de rassembler les investissements nécessaires dans la durée (20 à 30 ans). 
Le  recours  à  l’emprunt  pour  2  milliards  d’euros  sur  5  ans  devrait  permettre  de  donner 
l’impulsion initiale notamment en : 
• aidant  à  la  réalisation  de  « démonstrateurs »  dans  une  région  afin  de  tester 
opérationnellement les conditions de déploiement d’un tel réseau. 
• Accompagnant la recherche et développement sur ces sujets (pôles de compétitivité, 
etc.).  
Quel Retour sur Investissement ? Durée ? 

 
 

• Pas  de  Retour  sur  investissement  direct.  Retour  sur  investissement  essentiellement 
indirect sur le long terme. 
 
Quels modes d’utilisation de l’emprunt : 
Quel montant demandé ? 
2 milliards d’euros en 5 ans décomposés comme suit : 
• 1.5  milliards  pour les  acteurs  participant  à  la  réalisation  d’une  expérimentation 
régionale. 
• 500  millions    d’euros  comme  complément  de  financement  sur  les  conditions  de 
déploiement / recherche / formation.  
Quels acteurs financiers portant le programme ? 
• Agence  en  charge  du  programme  en  lien  avec  des  structures  de  financements 
existantes pour lesquels des lignes de crédit spécifiques auront été affectées. 
Quelles garanties ? Quelle ambition ?  
Suivi  annuel  des  financements  accordés  et  de  la  croissance  des  secteurs  directement 
concernés.  
Objectifs affichés : fixer les technologies dans les 5 ans qui viennent. Commencer à déployer 
de manière opérationnelle un réseau national à cette date. 
 
Quelles conditions du succès ? 
Normalisation : 
Bâtir  sur  l’excellence  de  l’Union  Technique  de  l’Electricité  (UTE)  et  sa  filière  internationale 
(IEC)  pour  s’assurer  d’une  démarche  de  normalisation  cohérente  (en  synergie  avec  l’ISO  / 
AFNOR). 
Education / Formation : 
Filières de formation à renforcer voire à créer.  
Mode de gouvernance du programme : 
Groupe de travail Public / Privé qui réunisse les acteurs de la filière, de la R&D, les écoles, les 
acteurs de la normalisation dans le cadre d’un groupe spécifique par exemple d’une agence. 
Développer en parallèle à la mise en œuvre du programme de financement des groupes de 
travail  spécifiques  sur  les  principaux  sujets  de  blocage  identifiés.  Pouvoir  orienter  le 
développement de ce programme en fonction de constats partagés. 

 
 

Emprunt national 2010 
Imaginons la France de demain ! 
Une ambition nationale :  

Une France Numérique et Créative 

Programme 3 : Le Très Haut débit pour tous 
 
 
Descriptif du programme : 
Fédérer les énergies autour d’un grand plan national permettant le déploiement rapide du Très Haut 
débit,  notamment  dans  les  zones  « peu  denses »  et  « moyennement  denses ».  L’action  commune 
doit permettre de combattre une « fracture numérique » qui menace de se créer tout en respectant 
le rôle de chacun et leurs attributions. 
Il conviendra d’avancer par étape et de viser des objectifs rationnels : apporter la fibre optique dans 
chaque village et chaque quartier en France d’ici 2015, ce qui permettra de généraliser le haut débit 
pour tous les citoyens, puis utiliser les meilleures technologies disponibles pour finaliser un accès à 
très haut débit dans les 10 ans qui suivront. 
 
Mode d’utilisation possible de l’emprunt :  
Prêts  bonifiés  long  terme  pour  les  acteurs  (publics  et  privés)  s’engageant  dans  des  programmes 
respectant  certaines  spécifications  techniques.  Prêts  ne  couvrant  qu’une  partie  de  l’investissement 
nécessaire afin d’agréger d’autres financeurs. Remboursement en quelques années par l’acteur ayant 
reçu le prêt et qui viendrait alimenter un fonds spécifique dédié destiné à durer le temps du projet 
de déploiement. La couverture du territoire en très haut débit demandera en effet des années. 
 
Pourquoi la nécessité de recourir à l’emprunt ? 
Pour  fédérer  et  orienter  les  actions  des  acteurs.  L’emprunt  servira  de  catalyseur  à  des  initiatives 
éparses, et permettra d’unifier les conditions de déploiement. Il ne s’agira pas de se substituer aux 
acteurs privés ou publics, mais bien de fédérer au sein d’une instance de pilotage opérationnelle les 
efforts, notamment pour  les zones « peu denses »  et « moyennement denses ». L’emprunt ne sera 
évidemment  qu’une  partie  de  la  solution :  des  éléments  techniques  communs  devant  encore  être 
mis en œuvre, donc discutés au sein de groupes de travail. 
 
Précisions sur les bénéfices sociaux attendus : 
Le déploiement d’un réseau d’abord haut débit, puis très haut débit permet de créer de nouveaux 
services clés porteurs d’avenir et de répondre à des enjeux sociétaux : 
1. Répondre  à  la  nécessité  d’aménagement  des  territoires  que  ce  soit  pour  les 
entreprises  ou  les  citoyens.  De  plus  en  plus,  les  services  offerts  aux  citoyens 
nécessitent  des  outils  de  communication  modernes  et  performants :  administration 
électronique,  formation  à  distance,  divertissements  (jeux  vidéo,  etc.)…  Pour  les 

 
 

entreprises, l’absence d’accès à ces outils impacte directement leur compétitivité et 
leur capacité à se développer. 
2. Développer les outils de télésanté et de télémédecine qui sont une des solutions aux 
« déserts  médicaux »  qui  se  créent  en  France  (voir  programme  spécifique).  L’accès 
égal aux soins est une nécessité impérieuse et les nouveaux outils de santé à distance 
permettent  de  mettre  en  place  des  solutions  économiquement  raisonnables  pour 
maintenir une offre de soin dans les territoires enclavés. Encore faut‐il qu’un réseau 
satisfaisant permette son accès ! 
3. Favoriser  le  déploiement  d’outils  de  « développement  durable » :  outils  de 
visioconférences,  maîtrise  de  la  consommation  électrique,  développement  de 
« green  cities »,  « smart  grid »,  routes  intelligentes  et  communicantes,  etc.  Une 
étude du  FTTH Council  Europe et d’Ecobilan (2007) montre ainsi que «  pour  les 15 
premières  années  d’un  réseau  FTTH  (fibre  optique),  les  bénéfices  en  termes 
d’émissions  de  gaz  à  effet  de  serre  sont  de  330  kg  éq.  CO2  par  utilisateur  soit 
l’équivalent de 2 000 kilomètres parcourus en voiture. Pour les 15 années suivantes, 
les économies sont de 780 kg éq. CO2 soit l’équivalent de 4 600 kilomètres parcourus 
en voiture. Ceci est dû au fait que le réseau est amorti et qu’une faible part seulement 
du réseau doit être renouvelée. » 
 
Précision sur les effets économiques attendus (court terme) : 
Secteurs directement concernés par le programme : 
La  filière  économique  impactée  par  le  simple  déploiement  d’un  réseau  comprend  les 
opérateurs  télécoms,  les  constructeurs  de  réseau,  les  fabricants  de  fibre  optique,  la 
filière électronique au sens large, les entreprises d’ingénierie, les entreprises du BTP, les 
installateurs électriques.  

Quelques faits à garder en tête : 

o La  fibre  optique  est  originellement  une  invention  française,  même  si  les 
brevets ont finalement été déposés aux Etats‐Unis. Malgré tout, notre pays 
garde une avance claire dans ce domaine puisque la moitié de la production 
européenne  de  fibre  optique  est  faite  en  France.  Le  secteur  des  câbles 
emploie  ainsi  10 000  personnes  en  direct  et  a  environ  150  implantations 
géographiques sur le territoire national. 
o Installateurs :  on  considère  généralement  qu’un  emploi  de  production  dans 
le monde des réseaux (fabricants de câbles) génère 10 emplois divers (BTP, 
installateurs, contrôle, etc.). 
o La France a su garder un pôle d’excellence en matière de recherche télécom, 
même si beaucoup de ses implantations industrielles ont été délocalisées ses 
dernières  années.  Un  grand  programme  de  déploiement  de  fibre  optique 
serait  l’occasion  de  recréer  une  filière  d’excellence  en  la  matière.  A  défaut, 
on peut craindre une perte de compétence rapide à terme. 
 
Pôles d’excellence français concernés (régions, pôles de compétitivité,…) : 
• Pôle  de  compétitivité /  clusters :  de  manière  directe :  Minalogic,  Solutions 
Communicantes  Sécurisées,  Systématic,  Cap  Digital,  Images  et  Réseaux,  Imaginove, 

 
 

Transactions  Electroniques  Sécurisées,  et  tous  les  pôles  de  compétitivité  comme 
utilisateurs du réseau ainsi déployé. 
• Universités / Ecoles : les écoles et universités pourraient bâtir sur cette infrastructure 
pour  développer  leurs  actions  de  formation  en  réseau.  Au‐delà,  ce  programme 
viendrait  renforcer  les  écoles  et  formations  universitaires  spécialisées    en 
télécommunications (Sup Télécom, etc.).  
• Régions :  les  bassins  d’emplois  sont  répartis  sur  l’ensemble  du  territoire.  Le 
déploiement  des  réseaux  concerne  évidemment  l’ensemble  du  territoire  et  ferait 
travailler les entreprises localement, notamment pour l’ingénierie et le BTP. 
 
Effets d’entraînement attendus sur l’emploi en France : 
• Effet  direct  sur  la  filière.  Maintien  des  emplois  déjà  existant,  augmentation  en 
qualifications  (nouveaux  profils  de  métiers),  création  de  nouveaux  emplois 
spécifiques  liés  à  ce  déploiement  avec  une  capacité  d’exporter  un  savoir‐faire 
(problème posé de manière internationale). 
• Le  déploiement  d’un  réseau  de  fibre  optique  « dans  chaque  village  ou  chaque 
quartier »  permettra  en  outre  d’accélérer  le  développement  des  technologies 
complémentaires  à  la  fibre  optique  notamment  pour  le  dernier  kilomètre  (réseaux 
d’accès radio à très haut débit notamment) et donner à notre pays une avance en la 
matière. 
• Effets induits directs sur les autres industries : énorme. Effets difficiles à chiffrer, mais 
le  secteur  des  services  (banques,  assurance,  commerce,  divertissements,…)  et 
certains  secteurs  structurants  (logiciels)  pourraient  bénéficier  rapidement  de  ce 
déploiement en termes de croissances. 
 
Quelle stratégie industrielle à mettre en œuvre ? 
En synthèse : 
L’ensemble des technologies existe, et la France garde aujourd’hui une recherche en pointe 
dans les télécommunications, ainsi qu’une véritable capacité industrielle, notamment dans la 
fibre  optique.  Il  convient  désormais  de  bâtir  sur  ce  programme  pour  donner  un  bol  d’air  à 
notre industrie et accompagner la croissance ainsi qu’une ré‐industrialisation de notre pays 
en  matière  télécom.  En  parallèle,  il  conviendra  de  mettre  en  œuvre    des  politiques 
industrielles ciblées autour de domaines spécifiques (voir télésanté) pour capitaliser sur cette 
infrastructure. 
 
Capacités d’export / de création de richesse : 
• Bâtir sur notre savoir‐faire autour de la fibre optique : 
o Nécessité  de  renforcer  les  moyens  de  formation  de  l’ensemble  de  la  filière, 
suivre les groupes de normalisation. 
• Aider à réindustrialiser la France en matière d’implantation d’usines télécom. 
o Mettre en place en parallèle un programme visant à favoriser l’implantation 
d’entreprises industrielles dans la filière. 
• Soutenir les filières impactées sur des programmes spécifiques : 
o Electroniques… 
o Logiciels et services internet… 

 
 

 
Quel engagement des acteurs directement concernés si ce programme est mis en place ?  
• L’ensemble des acteurs sont déjà mobilisés pour accompagner ce déploiement. Ainsi, 
la FFIE, le SERCE, la FFT et la FIEEC ont créé un groupe commun visant à développer 
trois actions structurantes : 
o Une  définition  d’une  information  commune  autour  du  déploiement  de  la 
fibre  optique  afin  que  l’ensemble  des  partenaires  développent  un  discours 
cohérent et commun dans leurs campagnes de communication. 
o Une mise en œuvre de formations structurées pour développer de nouvelles 
compétences  au  sein  des  opérateurs  ou  des  installateurs.  Une  mobilisation 
des outils de formation professionnelle est en cours. 
o Un  travail  commun  avec  l’ARCEP  autour  de  la  normalisation  afin  que  les 
normes  existantes  (notamment  pour  le  logement  multimédia)  soient  bien 
reprises et intégrées dans les déploiements. 
 
Quels secteurs sur lesquels capitaliser ? 
• Télécommunications (opérateurs) 
• Electronique et électrique (fabricants) 
• Logiciels 
• Services divers (installateurs, etc.) 
 
Quels objectifs chiffrés : 
Quels investissements ? Quels acteurs ? Quelle durée ? 
Investissement global chiffré entre 25 et 40 milliards d’euros sur 20 ans. Le coût total de la 
phase 1 permettant un accès 10 Mbit/s à tous dès 2015 est évalué à 8 milliards d’euros (6.8 
milliards  hors  génie  civil)1.  Cela  suppose  d’utiliser  au  maximum  les  infrastructures  de  génie 
civil  aériennes  et  souterraines  existantes  pour  minimiser  le  coût  et  apporter  un  service 
palpable  et  visible  aux  consommateurs.  Il  convient  donc  que  l’emprunt  puisse  financer 
prioritairement  une  partie  de  cet  investissement  et  agréger  d’autres  investissements 
complémentaires des acteurs publics et privés.  
• Collectivités locales : améliorer les réseaux de collecte et bâtir dans chaque tranchée 
des  « fourreaux »  destinés  aux  opérateurs  télécoms  afin  de  simplifier  leurs 
déploiements. Des règles d’ingénierie communes avec les opérateurs pourraient être 
définies et un recours à des prêts bonifiés dans le cadre de l’emprunt pourrait être 
conditionné aux respects de ces règles. 
• Opérateurs :  compléments  de  financements  aux  opérateurs  acceptant  de  déployer 
dans  des  zones  peu  ou  moyennement  denses.  Les  aides  pourraient  être 
conditionnées  au  respect  par  les  opérateurs  d’une  neutralité  dans  l’accès  à  ces 
réseaux. 
Quel Retour sur Investissement ? Durée ? 
• Le  retour  sur  investissement  direct  se  fera  par  le  remboursement  des  acteurs  qui 
auront bénéficié d’aides spécifiques tirés de l’emprunt. 
 
                                                            
1
 Source :  syndicat professionnel des fabricants de fils et câbles électriques et de communication (Sycabel) 

 
 

Quels modes d’utilisation de l’emprunt : 
Quel montant demandé ? 
5 Milliards d’euros affectés sur 5 ans décomposés comme suit : 
• 4,5 milliards pour ROI direct : 
o Des crédits publics à taux préférentiels pour les collectivités locales acceptant 
de lancer des programmes cohérents avec les infrastructures définies. 
o Des crédits à taux préférentiels pour les acteurs privés acceptant de rentrer 
dans  une  logique  d’accélération  de  déploiement  dans  des  zones  peu  ou 
moyennement denses. 
Les  premiers  remboursements  de  crédits  au  bout  de  5  ans  devraient  permettre  de 
maintenir cette aide pendant plusieurs années. 
• 500 millions  d’euros pour ROI indirect. Financement des activités de R&D autour des 
télécoms  et  de  l’électronique  notamment,  l’aide  à  la  formation  de  la  filière,  le 
soutien  à  la  normalisation,…  (voir  conditions  de  succès).  Financement  prévu  sur  5 
ans.  
Quels acteurs financiers portant le programme ? 
• Pour  les  acteurs  publics :  Caisse  des  Dépôts  en  complément  des  collectivités 
publiques. 
• Pour les acteurs privés : banques participantes et OSEO. 
Quelles garanties ? Quelle ambition ?  
Suivi  annuel  des  financements  accordés  et  de  la  croissance  des  secteurs  directement 
concernés.  
Objectifs affichés : +10% de croissance du secteur dans les 5 ans en termes de valeur, +10% 
d’emplois créés dans la filière à 5 ans (+ 10 000 emplois). 
 
Quelles conditions du succès ? 
Normalisation : 
Bâtir sur l’excellence de l’Union Technique de l’Electricité (UTE) et la participation française à 
l’ETSI pour renforcer notre présence dans les instances de normalisation. 
Education / Formation : 
Filières  de  formation  à  renforcer.  Programmes  de  formation  continue  à  développer, 
notamment  en  e‐learning.  Mobilisation  possible  des  fondations  en  place  pour  aider  à  la 
formation de la Filière. 
Mode de gouvernance du programme : 
Groupe de travail Public / Privé qui réunisse les acteurs de la filière, de la R&D, les écoles, les 
acteurs de la normalisation dans le cadre d’un groupe spécifique par exemple d’une agence. 
Développer en parallèle à la mise en oeuvre du programme de financement des groupes de 
travail  spécifiques  sur  les  principaux  sujets  de  blocage  identifiés.  Pouvoir  orienter  le 
développement de ce programme en fonction de constats partagés. 

 
 

 
Illustrations / commentaires : 
100 000 emplois 
directs et indirects

Stimulation
Infrastructures 
de nouvelle 
génération

temps

conditionne
100 000 emplois 
directs et indirects

Services et  Stimulation
applications 
du futur

temps
 
Figure 1 : Articulation entre le déploiement d’infrastructures de nouvelle génération et le développement des 
services et applications du futur2 
  

                                                            
2
 Nombre d’emplois directs et indirects créés : évaluations Alliance TICS 

 
 

Emprunt national 2010 
Imaginons la France de demain ! 
Une ambition nationale :  

Une France Numérique et Créative 

Programme 4 : Faire de la France le leader mondial de la télésanté 

 
 
Descriptif du programme : 
Impulser  des  projets  ciblés  de  déploiement  progressifs  d’outils  et  de  services  de  télésanté  / 
télémédecine en se basant sur l’organisation de soins et  les services nécessaires. Bâtir une véritable 
offre technologique et industrielle à vocation mondiale autour de ces outils. 
 
Mode d’utilisation possible de l’emprunt :  
Prêts  bonifiés  long  termes  pour  les  acteurs  (publics  et  privés)  s’engageant  dans  des  programmes 
respectant certaines spécifications techniques, cofinancement de programmes, ou tout autre moyen 
de  financement  ciblé.  L’emprunt  doit  servir  de  levier  à  des  investissements  complémentaires  et 
financer des projets qui auraient un retour sur investissement clair. 
 
Pourquoi la nécessité de recourir à l’emprunt ? 
Pour  accélérer  la  diffusion  rapide  de  solutions  existantes  ou  en  développement,  pour  créer  un 
marché  national  capable  de  se  traduire  dans  des  logiques  d’exportation,  pour  accompagner  les 
acteurs  dans  leur  R&D  sur  de  nouvelles  solutions,  pour  favoriser  le  travail  en  commun  autour  de 
nouvelles solutions, services et organisations.  
Effets positifs attendus de cette accélération : donner une avance technologique et de savoir‐faire à 
la filière française, abaisser les coûts de déploiement, capitaliser sur des compétences existantes en 
France (médicales et industrielles),  bâtir des offres innovantes de services à un coût maîtrisé. 
 
Précisions sur les bénéfices sociaux attendus : 
Le développement d’un véritable programme de la télésanté / télémédecine permettrait  
1. De  favoriser  la  cohérence  et  l’équité  territoriale  en  luttant  contre  les  « déserts 
médicaux » qui tendent à se développer en dehors des villes. Les outils de télésanté / 
télémédecine  permettront  en  effet  de  développer  des  centres  de  « santé  à 
distance »  (télé‐diagnostic,  téléconsultation,  etc.)  basés  sur  de  nouveaux  outils  de 
communication. 
2. D’accompagner  le  vieillissement  de  la  population  en  permettant  de  vieillir  « chez 
soi »  (autonomie)  le  plus  longtemps  possible.  Les  outils  de  télésanté  dans  leur 
acceptation large (basés sur la domotique) permettent en effet aux personnes âgées 
de  demeurer  chez  elles  le  plus  longtemps  possible  dans  des  conditions  de  vie 
agréables  à  un  coût  supportable  pour  la  collectivité.  En  2050,  les  prévisions 

 
 

démographiques  en  France  et  en  Europe  montrent  que  les  plus  de  50  ans 
représenteront près de 50% de la population. 
3. De  développer  de  nouveaux  services  de  santé  qui  apportent  plus  de  soins  et  de 
conforts à nos citoyens tout en gardant la maîtrise des coûts. Les nouveaux systèmes 
de  sondes  ou  de  capteurs  permettent  en  effet  une  alerte  du  patient  préventive  en 
cas de problèmes. 
 
Précisions sur les effets économiques attendus (court terme) : 
L’ensemble  des  secteurs  intéressés  par  le  développement  de  la  télésanté  et  la 
télémédecine est très large. Au‐delà du secteur de la santé en temps que tel et le secteur 
des services (notamment à la personne), plusieurs secteurs industriels sont directement 
concernés : 

o Secteur  électronique  (composants).  Il  convient  de  bâtir  sur  les  points  forts  de  la 
France en termes de systèmes et de nouvelles technologies : capteurs, composants 
actifs et passifs, sous‐systèmes… 
Exemple  de  leaders  mondiaux /  labos  français  ou  européens  :  ST  Microelectronics, 
CEA‐LETI… 
o Secteur  du  « confort  domestique » :  ensemble  des  secteurs  regroupés  sous  le 
vocable de « domotique ». 
Exemple de leaders mondiaux / labos français ou européens : Legrand… 
o Secteur des technologies médicales. Ce secteur représente 40 000 emplois directs en 
France. En son sein, le secteur de l’électronique médicale réalise un chiffre d’affaires 
de 1.5 milliards d’euros (soit 25% du total européen – 8 milliards d’euros). 
Exemple de leaders mondiaux / labos français ou européens : Philips, Siemens… 
o Secteur  des télécommunications. Ce secteur représente 150 000  emplois en France 
et  a  une  capacité  d’entraînement  très  forte  sur  le  reste  de  l’économie.  Le 
développement  des  systèmes  de  télémédecine  et  de  télésanté  permettrait 
d’accélérer le déploiement des nouveaux réseaux de communication Très Haut Débit 
(fibre optique, THD mobile). 
Exemple de leaders mondiaux / labos français ou européens : Orange, SFR… 
o Secteur  de  la  sécurité.  Ce  secteur,  de  part  sa  capacité  à  gérer  des  systèmes 
complexes  et  à  les  sécuriser  de  manière  forte,  sera  un  atout  important  dans  le 
développement de la télésanté. En effet, la sécurité forte des données médicales est 
une condition fondamentale de l’acceptation du système par les acteurs. 
Exemple de leaders mondiaux / labos français ou européens : Thales, EADS… 
 
Pôles d’excellence français concernés (régions, pôles de compétitivité,…) : 
• Pôle  de  compétitivité /  clusters concernés  :  Medicen,  Minalogic,  SCS,  Systematic, 
Alasace  Biovalley,  Cap  Digital,  Images  et  Réseaux,  Lyonbiopôle,  Cancer  Bio  Santé, 
Microtechniques, Transactions Electroniques Sécurisées, Elopsys, Optics Valley… 
• Universités  /  grandes  écoles :  des  pôles  d’excellence  comme  le  projet  GIANT  porté 
par  le  CEA  à  Grenoble  s’intègrent  dans  cette  stratégie  du  développement  de  la 
télésanté. 

 
 

• Régions :  les  bassins  d’emplois  sont  répartis  sur  l’ensemble  du  territoire  pour  le 
domaine de la santé (principales villes notamment), et également pour les industries 
concernées. 
 
Effets d’entraînement attendus sur l’emploi en France : 
• Effet  direct  sur  la  filière.  Maintien  des  emplois  déjà  existants,  augmentation  des 
qualifications  de  la  filière  (nouvelles  compétences),  développement  de  nouveaux 
services grâce aux téléactivités. 
• Effets induits sur les autres industries non citées : mécanique, plasturgie, services liés 
à la mise en place des systèmes (installateurs),… 
 
Quelle stratégie industrielle à mettre en œuvre ? 
En synthèse : 
Il  convient  de  structurer  la  démarche  globale,  en  associant  les  parties‐prenantes  des 
différentes sphères du public et du privé par une stratégie et un pilotage commun dans une 
structure  placée  auprès  du  premier  ministre.  Le  temps  des  expérimentations  est  révolu :  il 
faut  désormais  généraliser  le  recours  à  la  télémédecine  en  lançant  un  vrai  programme 
d’équipement ambitieux pour soulager des pathologies spécifiques dans un premier temps. 
L’objectif poursuivi sur ce sujet devra être double :  
1. améliorer la qualité des soins et convaincre le monde de la santé du bien‐fondé de ces 
outils, le former et lui permettre de les maîtriser 
2. bâtir une offre industrielle sur le territoire national qui soit exportable et intégrée dans 
des démarches européennes. 
Capacités d’export / de création de richesse : 
• Très forte capacité d’exportation associée à ce projet : demande mondiale (situation 
similaire dans l’ensemble des pays du monde). 
• Une offre de soin basée sur ces outils devrait être créée plus spécifiquement destinés 
aux pays en voie de développement qui présentent également un fort potentiel, mais 
des situations technico‐économiques et des problématiques différentes. 
• Fort  effet  d’entraînement  sur  la  création  de  services  associés.  Intégration  de  la 
démarche aux réflexions européennes indispensable. 
 
Quel engagement des acteurs directement concernés si ce programme est mis en place ?  
• Les  acteurs  professionnels  se  sont  déjà  impliqués  fortement  au  travers  d’actions 
concrètes, notamment aux travers de la FIEEC : 
o Lancement d’une étude conjointe avec l’ASIP Santé et un comité de pilotage 
large  pour  bâtir  un  consensus  autour  de  « bonnes  pratiques »  de 
déploiements réussis d’outils de télésanté. 
o Mise en place d’un pilotage « professionnel » de la stratégie de normalisation 
dans les instances internationales et dans les consortiums spécifiques afin de 
peser dans la définition des normes pertinentes.  
 
Quels secteurs sur lesquels capitaliser ? 
• Secteur de la santé 
• Electronique – électrique 

 
 

• Logiciels 
• Télécommunications 
• Services : installation, nouveaux services numériques,… 
 
Quels objectifs chiffrés : 
Quels investissements ? Quels acteurs ? Quelle durée ? 
• Se  servir  de  l’emprunt  comme  un  levier  d’investissement  complémentaire  aux 
investissements  des  plans  nationaux  déjà  définis.  Il  conviendrait  que  l’emprunt 
puisse  venir  en  complément  de  ces  plans  pour  orienter  les  dépenses  selon  une 
stratégie définie en commun. Il ne s’agit pas de remplacer les acteurs (agences, etc.) 
ou les initiatives déjà en place mais d’assurer une cohérence à l’ensemble, une inter‐
ministérialité des initiatives, et une généralisation rapide des bonnes pratiques.  
• Financement privés. Développer une réflexion de la prise en charge de certains outils 
dans  des  logiques  d’assurance  privée  ou  autres  systèmes.  Le  recours  aux  sommes 
levées  par  l’emprunt  devrait  être  exceptionnel  pour  assurer  une  accélération  de  la 
mise en œuvre de ces systèmes. L’emprunt peut servir de catalyseur pour favoriser la 
concertation préalable avec les parties prenantes: service de santé, corps médical et 
organisme  financeurs  publics  et  privés  collectivités  locales,  assurance,  mutuelles, 
CNAM… 
Quel Retour sur Investissement ? Durée ? 
• Les nouvelles organisations des soins qui seraient mises en place devraient permettre 
de maîtriser les dépenses de santé et de faire des économies sur certains postes (par 
exemple  réduction  de  la  facture  hospitalière  grâce  au  maintien  à  domicile  des 
patients,  etc.).  Le  retour  sur  investissement  devra  cependant  se  mesurer 
globalement  au  niveau  des  collectivités  locales  et  du  système  de  soin.  Le 
remboursement devrait être le fait des collectivités locales qui bénéficieraient le plus 
directement des nouveaux outils mis en place. 
 
Quels modes d’utilisation de l’emprunt : 
Quel montant demandé ? 
1.21 Milliards d’euros par an sur 5 ans (6.06 milliards sur 5 ans), affectés comme suit : 
• 1  milliard  /  an  pour  compléter  des  investissements  locaux  /  nationaux  afin 
d’accélérer  des  déploiements  de  solutions  de  télésanté  /  télémédecine  de  manière 
opérationnelle et en respectant des conditions définies en commun. 
Les  premiers  remboursements  de  crédits  au  bout  de  5  ans  devraient  permettre  de 
maintenir cette aide pendant plusieurs années. 
• Financement de conditions génériques : 
o R&D (pôles de compétitivité, cluster) : 100 millions d’euros supplémentaires 
sur 5 ans. 
o Formation  de  la  filière  des  personnels  de  santé :  100  millions  d’euros 
supplémentaires sur 5 ans. 
o Lancement d’appels à projets innovants : 10 millions d’euros par an sur 5 ans. 
Quels acteurs financiers portant le programme ? 
• Une structure dédiée  
Quelles garanties ? Quelle ambition ?  

 
 

Suivi  annuel  des  financements  accordés  et  de  la  croissance  des  secteurs  directement 
concernés.  
Objectifs affichés : +10% de croissance du secteur dans les 3 ans en termes de valeur, +10% 
d’emplois créés dans la filière à 5 ans (industrie + services). 
 
Quelles conditions du succès ? 
Normalisation : 
Bâtir  sur  l’excellence  de  l’Union  Technique  de  l’Electricité  (UTE)  pour  renforcer  notre 
présence  dans  les  instances  de  normalisation  et  mieux  coordonner  la  présence  des  acteurs 
français au sein des consortiums internationaux. Intégrer les normes internationales le plus 
possible en amont. 
Education / Formation : 
Filières  de  formation  à  renforcer  des  personnels  de  santé  /  des  personnels  liés  au  service. 
Programmes de formation continue à développer, notamment en e‐learning.  
Mode de gouvernance du programme : 
Groupe de travail Public / Privé qui réunisse les acteurs de la filière, de la R&D, les écoles, les 
acteurs de la normalisation dans le cadre d’un groupe de pilotage interministériel spécifique. 
Développer en parallèle à la mise en œuvre du programme de financement des groupes de 
travail  focalisés  sur  les  principaux  sujets  de  blocage  identifiés.  Pouvoir  orienter  le 
développement de ce programme en fonction de constats partagés. 
 
Illustrations / commentaires : 
 

  Source OCDE : Dépenses de santé par pays en pourcentage du PIB     

 
 

 
 

Emprunt national 2010 
Imaginons la France de demain ! 
Une ambition nationale :  

Une France mobile, dynamique et confiante 

Programme 5 : Une infrastructure de confiance partagée 
 
Descriptif du programme : 
Bâtir  une  infrastructure  de  communication  fixe,  mobile  et  d’informatique  répartie,  dernière 
génération, dédiée aux administrations régaliennes (Défense, Intérieur, Santé…). Cette infrastructure 
dédiée permettrait d’unifier des dispositifs aujourd’hui hétérogènes et cloisonnés. Elle permettrait à 
ces administrations une meilleure efficacité dans leurs activités, notamment en cas de crise, et une 
plus  grande  réactivité  tout  en  garantissant  l’indépendance  stratégique  de  la  France.  Une  telle 
infrastructure  aurait  de  plus  un  impact  positif  sur  le  déploiement  des  infrastructures  destinées  au 
grand public listées dans ce document.  

Mode d’utilisation possible de l’emprunt :  
Financement  de  développement  de  technologies  spécifiques  (R&D),  impulsion  nécessaire  en 
regroupant  des  crédits  affectés  et  en  finançant  par  les  sommes  collectés  par  l’emprunt  les 
compléments nécessaires pour bâtir cette infrastructure inter‐administration. 

Pourquoi la nécessité de recourir à l’emprunt ? 
Pour fédérer et orienter les actions des acteurs, notamment des administrations. L’emprunt servira 
de  catalyseur  à  des  initiatives  aujourd’hui  éparses,  et  permettra  d’unifier  les  conditions  de 
déploiement.  Le  déploiement  de  cette  infrastructure  fera  appel  à  des  acteurs  de  nature  variés  de 
toutes tailles. 
 
Précisions sur les bénéfices sociaux attendus : 
Comme  indiqué  ci‐dessus,  une  telle  infrastructure  de  Confiance  Partagée,  permettra  des  gains 
sociétaux clairs : 
1. Une meilleure efficacité des systèmes de sécurité au sens large (police, gendarmerie, 
santé, défense, etc.) qui permettra de développer des actions mieux ciblées et plus 
pertinentes  pour  les  citoyens,  que  ce  soit  en  prévention  ou  en  traitement  de 
situations d’urgence. 
2. De  nouvelles  applications,  en  particulier  pour  les  services  d’urgence,  grâce  à  des 
outils  modernes  de  communication  qui  leur  permettront  une  meilleure  efficacité  à 
moindre coût. 
3. Une réduction des gaz à effet de serre par l’optimisation des ressources consacrées, 
notamment dans le cas d’une infrastructure informatique répartie. 
4. Un effet d’entraînement sur les réseaux développés pour les autres programmes de 
ce  document  grâce  à  des  développements  spécifiques  qui  pourraient  être  ensuite 
généralisés.  De  même,  le  déploiement  d’un  réseau  de  fibre  optique  spécifique 
pourrait venir renforcer les efforts du déploiement du très Haut Débit. 

 
 

 
Précision sur les effets économiques attendus (court terme) : 
Secteurs directement concernés par le programme : 
Les secteurs directement concernés par ces programmes sont en premier lieu le secteur 
électronique,  les  industries  des  télécommunications  et  de  défense.  Au‐delà,  le 
déploiement de l’infrastructure amène également à avoir un effet d’entraînement sur les 
industries  des  Travaux  Publics,  des  services  (installateurs,  etc.),  de  l’énergie  (pour  les 
centres de données), etc.  

D’un point de vue plus global, l’ensemble de l’économie est concernée : le renforcement 
de la confiance dans nos infrastructures, et la meilleure efficacité de nos services publics 
concernent l’ensemble de notre économie et de nos citoyens. 

Pôles d’excellence français concernés (régions, pôles de compétitivité,…) : 
• Pôle  de  compétitivité /  clusters :  de  manière  directe :  Minalogic,  Elopsys,  TES, 
Solutions Communicantes Sécurisées, Systématic, Microtechniques…. 
• Universités  /  Ecoles :  les  écoles  /  universités  du  domaine  télécommunication  et 
électronique : Sup Télécom, Ecole Centrale d’Electronique, etc. 
• Régions : les bassins d’emplois sont répartis sur l’ensemble du territoire, tant dans les 
outils de production que pour les services d’installation, formation, etc. 
 
Effets d’entraînement attendus sur l’emploi en France : 
• Effets  sur  les  filières  directement  concernées :  création  de  nouveaux  emplois 
spécifiques  liés  à  ce  déploiement  avec  une  capacité  d’exporter  un  savoir‐faire  (la 
situation est la même dans les autres pays). Ce projet permettrait de reprendre une 
avance dans la recherche de technologies clés.  
• Effets  sur  les  filières  « supports » :  création  de  nouvelles  compétences, 
développement  de  nouveaux  marchés,  maintien  d’une  partie  des  emplois  déjà 
existants. 
• Effets induits directs sur les autres industries : très importants. Ainsi qu’indiqué plus 
haut, la confiance est au cœur de l’activité économique, notamment dans un monde 
dématérialisé. 
 
Quelle stratégie industrielle à mettre en œuvre ? 
En synthèse : 
• Le  projet  présenté  mobilisera  les  entreprises  leaders  dans  le  secteur  de  la  sécurité, 
notamment  électronique  et  un  réseau  important  de  PME  et  d’ETI.  Il  permettra  de 
générer  une  dynamique  de  coopération  européenne  dans  un  domaine  stratégique 
majeur  et  d’accompagner  des  offres  globales  à  l’exportation.  Géré  en  complément 
avec  le  programme  de  déploiement  du  très  Haut  Débit,  il  assurera  à  la  France  de 
maintenir  son  avance  technologique  et  son  indépendance  dans  le  domaine  des 
communications sécurisées. 
 
Capacités d’export / de création de richesse : 

 
 

• Bâtir  sur  notre  savoir‐faire  autour  de  notre  industrie  électronique  de  défense  et 
télécommunication : 
o Renforcement de la filière de normalisation ; 
o Stratégie  de  recherche  et  développement  avec  valorisation  par  dépôts  de 
brevets. 
• Aider à réindustrialiser la France en matière d’implantation d’unités de production : 
o Mettre en place en parallèle un programme visant à favoriser l’implantation 
d’entreprises industrielles dans la filière. 
• Soutenir les filières / programmes impactés par des actions spécifiques : 
o Projet GIANT de Grenoble… 
o Electrique et Electronique : composants et sous‐systèmes,… 
o Télécommunications… 
o Logiciels et services internet… 
 
Quel engagement des acteurs directement concernés si ce programme est mis en place ?  
• Les  fédérations  de  la  défense  (GIFAS),  de  l’électronique  et  de  l’électrique  (FIEEC) 
portent  ce  projet  et  sont  prêtes  à  mobiliser  leurs  réseaux  de  PME  et  ETI  s’il  est 
confirmé. 
 
Quels secteurs sur lesquels capitaliser ? 
• Défense 
• Electrique et électronique 
• Logiciels 
• Télécommunications 
 
Quels objectifs chiffrés : 
Quels investissements ? Quels acteurs ? Quelle durée ? 
Investissement global chiffré à 6 milliards d’€  sur 10 ans : 1.5 milliards d’€ pour un système 
de  communication  mobile,  3.5  milliards  d’€  pour  le  déploiement  d’un  réseau  fixe  et  1 
milliards  d’€  pour  bâtir  une  infrastructure  informatique  sécurisée.  Sur  ces  investissements, 
une partie pourrait être financée par l’emprunt sur les 5 premières années (4 milliards) et par 
une réaffectation de crédits sur les dernières années. 
Quel Retour sur Investissement ? Durée ? 
• Retours directs : optimisation des dépenses de fonctionnement des systèmes actuels. 
• Retours  indirects :  meilleure  efficacité  des  systèmes  actuels,  créations  et 
développement de nouveaux services. 
 
Quels modes d’utilisation de l’emprunt : 
Quel montant demandé ? 
4  milliards  d’euros  en  5  ans  affectés  sur  les  trois  types  de  projets  (système  de 
communication  mobile,  réseau  fixe,  infrastructure  informatique)  en  fonction  des  besoins 
identifiés et des services à développer. 
Quels acteurs financiers portant le programme ? 
• Agence  en  charge  du  programme  en  lien  avec  des  structures  de  financements 
existantes pour lesquels des lignes de crédit spécifiques auront été affectées. 

 
 

Quelles garanties ? Quelle ambition ?  
Suivi  annuel  des  financements  accordés  et  de  la  croissance  des  secteurs  directement 
concernés.  
Objectifs affichés : avoir des premières briques industrielles dans les 2 ans pour déploiement 
rapide. 
 
Quelles conditions du succès ? 
Normalisation : 
Renforcer notre système de normalisation sur les aspects liés à la sécurité. 
Education / Formation : 
Filières de formation à renforcer voire à créer.  
Mode de gouvernance du programme : 
Groupe de travail Public / Privé qui réunisse les acteurs de la filière, de la R&D, les écoles, les 
acteurs de la normalisation dans le cadre d’un groupe spécifique par exemple d’une agence. 
Développer en parallèle à la mise en œuvre du programme de financement des groupes de 
travail  spécifiques  sur  les  principaux  sujets  de  blocage  identifiés.  Pouvoir  orienter  le 
développement de ce programme en fonction de constats partagés. 
 

 
 

Emprunt national 2010 
Imaginons la France de demain ! 
Une ambition nationale :  

Une France mobile, dynamique et confiante 

Programme 6 : rendre la route intelligente et les voitures propres… 
 
Descriptif du programme : 
Lancer  une  réflexion  de  grande  ampleur  et  des  expérimentations  grandeur  nature  autour  de  deux 
axes complémentaires : 
• Le  développement  d’une  infrastructure  routière  « intelligente »  capable  de 
communiquer avec les véhicules afin de les rendre plus sûr et plus performants ; 
• Le  déploiement  d’une  infrastructure  électrique  permettant  des  rechargements 
rapides  des  véhicules  électriques  en  accélérant  sur  les  annonces  du  gouvernement 
dans le cadre du Plan Véhicule Electrique.  
 
Mode d’utilisation possible de l’emprunt :  
Financement  de  développement  de  technologies  spécifiques  (R&D),  impulsion  nécessaire  en 
regroupant  des  crédits  affectés  et  en  soit  des  démonstrateurs  grandeur  nature  (cas  de  la  route 
intelligente),  soit  un  déploiement  rapide  d’infrastructures  par  exemple,  en  recourant  à  des  prêts 
bonifiés pour les acteurs déployant. 

Pourquoi la nécessité de recourir à l’emprunt ? 
Pour fédérer et orienter les actions des acteurs, notamment des administrations. L’emprunt servira 
d’accélérateur sur des initiatives déjà engagées ou en gestation. 
 
Précisions sur les principaux bénéfices sociaux attendus : 
1. Une meilleure efficacité de la sécurité sur la route. 
2. Une  meilleure  gestion  du  trafic  routier  et  de  nouveaux  services  à  développer 
simplement  (information  conducteurs,  véhicules,  etc.).  Le  fait  de  diminuer  les 
embouteillages  permet  de  réduire  de  manière  importante  la  pollution 
atmosphérique. 
3. Une  réduction  des  gaz  à  effet  de  serre  par  le  déploiement  rapide  d’infrastructures 
permettant  la  commercialisation  de  véhicules  électriques  et  la  réduction  de  la 
pollution résultant des embouteillages (voir ci‐dessus). 
4. Couplage  avec  la  promotion  des  énergies  renouvelables  au  sein  des  immeubles 
d’habitation, collectif et individuel, en vue de développer les sources décentralisées 
de production d’énergie : création de valeur ajoutée et d’emploi autour de la gestion 
intelligente des usages énergétiques dans l’habitat. 
5. Signal  tangible  pour  les  consommateurs  en  vue  d’un  changement  durable  des 
comportements  autour  de  l’automobile  et  à  terme  des  rapports  avec  les 

 
 

déplacements en site urbain : confort de vie en Ville et sécurité énergétique accrue 
pour les ménages les plus défavorisés.  
 
Précision sur les effets économiques attendus (court terme) : 
Secteurs directement concernés par le programme : 
De  très  nombreux  secteurs  sont  concernés  par  des  programmes :  Travaux  Publics, 
électrique, électronique, énergie, automobiles, etc. 

D’un point de vue plus global, l’ensemble de l’activité économique bénéficierait d’un tel 
programme en termes d’efficacité des transports, de plus de sécurité et d’une moindre 
pollution. 

Pôles d’excellence français concernés (régions, pôles de compétitivité,…) : 
• Pôle de compétitivité / clusters : Minalogic, Tennerdis, véhicule du futur, SE2E,… 
• Universités / Ecoles : les écoles / universités dans les domaines industriels cités. 
• Régions : les bassins d’emplois sont répartis sur l’ensemble du territoire, tant dans les 
outils de production que pour les services d’installation, formation, etc. 
 
Effets d’entraînement attendus sur l’emploi en France : 
• Effets  sur  les  filières  directement  concernées :  création  de  nouveaux  emplois 
spécifiques  liés  à  ce  déploiement  avec  une  capacité  d’exporter  un  savoir‐faire  (le 
besoin  est  identique  dans  tous  les  pays).  Ce  projet  permettrait  de  reprendre  une 
avance dans la recherche de technologies clés.  
• Effets  sur  les  filières  « supports » :  création  de  nouvelles  compétences, 
développement  de  nouveaux  marchés,  maintien  d’une  partie  des  emplois  déjà 
existants. 
 
Quelle stratégie industrielle à mettre en œuvre ? 
En synthèse : 
Le  projet  permet  de  mobiliser  très  largement  autour  d’enjeux  désormais  globalement 
acceptés et de travailler sur une interaction entre les infrastructures passives (la route) et les 
véhicules en mouvement. La richesse potentielle de cette interaction permet d’imaginer de 
nouveaux  services  et  de  nouvelles  créations  de  valeur,  que  ce  soit  dans  le  domaine  du 
déplacement  personnel,  collectif  ou  le  transport  de  marchandises.  Enfin,  le  lien  avec  les 
infrastructures électriques de rechargement permet d’optimiser les investissements dans ces 
systèmes.  Le  déploiement  rapide  des  infrastructures  de  recharge  doit  se  combiner  avec 
l’émergence  de  solutions  de  production  décentralisée  d’énergies  renouvelables  à  un  prix 
compétitif  pour  l’habitat  individuel  et  collectif :  il  s’agit  de  croiser  des  filières  industrielles 
autour  d’un  objectif  commun  d’accompagner  un  changement  sociétal  majeur  pour  l’avenir 
de la planète. 

Capacités d’export / de création de richesse : 
• Très important du fait de l’importance des enjeux et des filières concernées. 
 
Quel engagement des acteurs directement concernés si ce programme est mis en place ?  

 
 

• En ce qui concerne le déploiement d’une infrastructure de rechargement, les acteurs 
français  les  plus  concernés  se  sont  déjà  largement  mobilisés  sur  ce  sujet  grâce  aux 
initiatives du gouvernement. 
• Pour  la  réflexion  sur  les  routes  intelligentes,  une  mobilisation  reste  à  opérer, 
notamment par le biais de réalisation de démonstrateurs. 
 
Quels secteurs sur lesquels capitaliser ? 
• Electrique – Electronique ; 
• BTP, infrastructures routières, sociétés concessionnaires d’autoroutes,… 
• Automobile, sociétés d’assurances. 
 
Quels objectifs chiffrés : 
Quels investissements ? Quels acteurs ? Quelle durée ? 
• des  fonds  expérimentaux  pour  la  mise  à  disposition  en  avance  de  phase 
d’infrastructures de recharge dans des zones territoriales ciblées : tester en grandeur 
réelle  les  interactions  nouvelles  pour  les  différentes  types  d’usage  et  mesurer  les 
impacts quantitatifs et qualitatifs sur la qualité de vie des citoyens, 
• des  fonds  de  recherche  pour  les  technologies  restant  à  valider  ou  à  explorer : 
recharge  par  induction,  recharge  rapide,  recharge  sur  la  voie  publique,  capteurs, 
nouveaux matériaux … 
• des  incitations  fiscales  fortes  pour  assurer  une  diffusion  large  des  infrastructures 
dans les immeubles collectifs. 
 
Quel Retour sur Investissement ? Durée ? 
• Retours directs : optimisation des dépenses de fonctionnement des systèmes actuels. 
• Retours  indirects :  meilleure  efficacité  des  systèmes  actuels,  diminution  du  nombre 
de morts sur la route (coût annuel : 25 milliards d’euros pour la collectivité). 
 
Quels modes d’utilisation de l’emprunt : 
Quel montant demandé ? 
300  millions  d’euros  sur  2  ans,  en  complément  des  sommes  déjà  annoncées  pour  le  plan 
véhicule électrique. 
Quels acteurs financiers portant le programme ? 
• Agence  en  charge  du  programme  en  lien  avec  des  structures  de  financements 
existantes pour lesquels des lignes de crédit spécifiques auront été affectées. 
Quelles garanties ? Quelle ambition ?  
Suivi  annuel  des  financements  accordés  et  de  la  croissance  des  secteurs  directement 
concernés.  
Objectifs affichés : passer à une phase de déploiement accéléré au bout des 2 ans. 
 
Quelles conditions du succès ? 
Normalisation : 
Renforcer notre système de normalisation notamment dans le secteur électrique. 
Education / Formation : 
Filières de formation à renforcer voire à créer.  

 
 

Mode de gouvernance du programme : 
Groupe de travail Public / Privé qui réunisse les acteurs de la filière, de la R&D, les écoles, les 
acteurs de la normalisation dans le cadre d’un groupe spécifique par exemple d’une agence. 
Développer en parallèle à la mise en œuvre du programme de financement des groupes de 
travail  spécifiques  sur  les  principaux  sujets  de  blocage  identifiés.  Pouvoir  orienter  le 
développement de ce programme en fonction de constats partagés. 
 

 
F
N
T
P

Federation Nationale des


Travaux Publics
(fntp)
G

Groupe des Federations


Industrielles
(gfi)
Le 17 septembre 2009

EMPRUNT, INDUSTRIES ET PRIORITÉS NATIONALES

Le Président de la République a décidé de lancer début 2010 un grand emprunt dont les
ressources seront affectées à des priorités nationales. Ces priorités seront établies en novembre
2009 sur proposition d’une commission animée par MM. A. Juppé et M. Rocard.

Le Groupe des Fédérations Industrielles (GFI) considère que les ressources de


l’emprunt doivent être mises au service d’une stratégie offensive permettant :

- de retrouver rapidement une croissance plus forte et plus durable,


- de placer l’industrie française sur une trajectoire de compétitivité, de progrès et de
création de valeur et d’emplois,
- de se donner les moyens de jouer un rôle majeur dans la dynamique industrielle
européenne.

Avec ces objectifs, le GFI propose que l’industrie et les services qui lui sont liés
deviennent une des ambitions pour notre pays et figurent en bonne place parmi les priorités
nationales pour l’emprunt.
En effet, améliorer la compétitivité industrielle, accélérer les redéploiements et
encourager la recherche, l’innovation et l’exportation des secteurs structurants pour la croissance,
c’est créer un effet d’entrainement fort sur l’ensemble de l’économie du pays.

A ce titre, 5 programmes essentiels pour l’avenir industriel, peuvent faire l’objet d’une
affectation d’une partie des produits de l’emprunt :

1. Faciliter et accélérer les transferts de R et D et d’innovation dans l’industrie et


vers les marchés du futur
2. Stimuler la croissance verte
3. Dynamiser la numérisation de la société française
4. Créer des infrastructures avancées dans deux domaines : le transport et la
gestion d’énergies et de matières premières et le transport multimodal
5. Renforcer les fonds propres et les moyens de financement des PME et des ETI
par un fonds de garantie de l’État

Professions membres du MEDEF

Comité des Constructeurs Français d'Automobiles (CCFA) Fédération de la Plasturgie


Confédération Française de l’Industrie des Papiers, Cartons et Celluloses (COPACEL) Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales (GIFAS)
Fédération des Entreprises de la Beauté (FEBEA) Syndicat Français de l’Industrie Cimentière (SFIC)
Fédération Française de l'Acier (FFA) Union des Industries Chimiques (UIC)
Fédération des Industries Électriques, Électroniques et de Communication (FIEEC) Union des Industries et Métiers de la Métallurgie (UIMM)
Fédération des Industries des Équipements pour Véhicules (FIEV) Union des Industries Textiles (UIT)
Fédération des Industries Mécaniques (FIM) Union Nationale des Industries Françaises de l'Ameublement (UNIFA)

__________________________________________________________________________________
92038 Paris La Défense Cedex - Tél. : 01.47.17.60.06 - Fax : 01.47.17.60.80 – gfi@mail.fimeca.com
Site Internet : www.industrie-gfifrance.com
L’emprunt contribuant à moderniser notre économie et à la rendre plus compétitive, une
grille d’analyse doit être établie avec cinq critères pour évaluer les projets proposés :

• une réponse à des besoins sociétaux cruciaux et une capacité à préparer


durablement notre avenir ;

• un effet d’entraînement fort sur l’ensemble de l’économie ;

• un retour sur investissement identifié pour le pays, en termes de progrès et de


création de valeur, d’emplois et d’exportations ;

• des associations de grandes entreprises, PME et ETI françaises et


européennes au sein d’écosystèmes de croissance ;

• une capitalisation sur nos pôles d’excellence français et européens pour


conquérir de nouveaux marchés sur la scène internationale.

Au total, les propositions du GFI représentent des programmes totalisant


23,4 milliards d’euros. La Commission Permanente de Concertation pour l’Industrie (CPCI) ouverte
aux activités essentielles pour l’industrie ainsi qu’à tous les ministères concernés, pourrait être
chargée d’instruire les propositions détaillées correspondantes et de décider des plans d’action
nécessaires.

° °

2
I. Faciliter et accélérer les transferts de R et D et d’innovation dans l’industrie et
vers les marchés du futur

1. R et D et innovation : la France en retard

En se fondant sur les données harmonisées de l’OCDE, on constate que la France est en retard
par rapport à l’objectif décidé pour 2010 à l’échelon de l’UE : 3 % du PIB en R et D.

Ainsi, notre pays se situe à 2,1 % du PIB contre 3,4 % au Japon, 2,6 % aux USA, 2,5 % en
Allemagne. S’agissant de l’effort des entreprises, il se situe à 1,3 % en France contre 2,6 % au
Japon, 1,84 % aux USA et 1,77 % en Allemagne.

Or, l’industrie réalise 86 % de l’effort des entreprises en R et D, soit plus de 4 fois son poids dans
le PIB.

S’agissant de l’innovation, l’indice synthétique européen d’innovation établi par l’UE situe notre
ème
pays au 10 rang sur 27 en Europe avec des constats très préoccupants où pour un indice 100
mesurant la moyenne européenne, la France se retrouve à :

• 74 s’agissant de l’aide publique aux entreprises pour innover


• 84 pour l’intensité de ventes de produits nouveaux sur le marché
• 91 pour l’intensité de dépenses des entreprises en TIC
• 95 pour la population active dans l’industrie de haute et moyenne technologique.

Ainsi, qu’il s’agisse de l’intensité de l’effort en R et D ou en innovation, notre pays a accumulé un


retard considérable au cours des 10 dernières années.

2. Redresser la barre, préparer l’avenir : 1 milliard d’euros supplémentaire par an sur


5 ans dédiés à la R et D / Innovation

2.1 Des orientations et des décisions porteuses

Au cours des trois dernières années, des orientations et des décisions porteuses ont été prises :

¾ Création des pôles de compétitivité ; soutien au financement de leurs projets,


¾ Mise en place d’un crédit d’impôt recherche rénové
¾ Création de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR)
¾ Fusion de l’ANVAR et de l’AII dans OSEO
¾ Reengineering de la recherche publique (CNRS, INSERM,....)
¾ Autonomie des universités,

Ces orientations et décisions créent progressivement un environnement très favorable pour


développer l’intensité de l’effort de R et D et d’innovation des entreprises.

Mais au-delà, et pour rattraper progressivement le terrain perdu sur les grands concurrents de
l’industrie française, le GFI propose que trois leviers essentiels soient actionnés :

¾ Mettre en cohérence la future Stratégie Nationale de Recherche et d’Innovation (SNRI) avec


les défis et les marchés du futur identifiés par le GFI,

¾ Stimuler la R et D de plusieurs pans de l’industrie française pour qu’émergent des activités à


haute intensité technologique,

¾ Concentrer des moyens de R et D et de financements publics sur les pôles de compétitivité


et les Centres Techniques Industriels (CTI). Les pôles sont devenus un acteur important de
la recherche, mais si l’objectif est d’orienter davantage de financement vers eux, il est
nécessaire de disposer de règles de gouvernance claires.

3
2.2 Il est rassurant de constater une grande homogénéité entre les axes prioritaires de la SNRI
et les quatre défis que le GFI a identifiés comme déclencheurs pour les marchés du futur.

Approche GFI Approche SNRI

Quatre défis déclencheurs des marchés du futur Proposition d’axes prioritaires

Défi n° 1 : démographie et consommation Axe prioritaire n° 1 : santé, bien-être, alimentation,


biotechnologies
Défi n° 2 : développement durable
Axe prioritaire n° 2 : urgence environnementale et
Défi n° 3 : mobilité et connectivité écotechnologies

Défi n° 4 : technologies de rupture Axe prioritaire n° 3 : information, communication


et nanotechnologies

Cette cohérence de priorités doit se traduire par une mise en cohérence efficace des
ressources privées et publiques mises à leur service.

De ce point de vue, le GFI considère comme essentiel :

¾ de mutualiser et d’évaluer la R et D publique ainsi que le transfert et la diffusion


accélérés de ses résultats vers les entreprises appartenant à 2 grands secteurs
économiques centraux : l’industrie et les services aux entreprises ;

¾ de concentrer des objectifs et des moyens publics de R et D et d’innovation sur des


marchés du futur identifiés comme tels par le GFI et les pouvoirs publics. A ce titre, la
R et D publique doit non seulement jouer un rôle multiplicateur mais aussi créer un réel
effet structurant car cibler les moyens publics sur les marchés du futur stimulera
l’émergence d’activités industrielles à plus haute intensité technologique ;

¾ d’encourager le développement de partenariats publics/privés pour la recherche et la


technologie (R et T) ;

¾ d’accompagner la R et T portant sur de nouveaux modes de propulsion, ce sujet


concernant plusieurs secteurs industriels (automobile, aéronautique, construction
navale, pétrole) ;

¾ d’installer en France des projets pilotes de capture et de stockage du CO2 par des
entreprises industrielles pour expérimenter en taille réelle sur des sites déterminés et
évaluer leur valorisation dans le cycle de production (cimenterie, sidérurgie,.....) ;

¾ de créer un pôle national d'innovation et de formation sur la construction traditionnelle.

L’effort budgétaire et financier additionnel doit être alloué à ces priorités, être rendu lisible et
visible pour nos concitoyens, et être évalué périodiquement avec les meilleurs critères
disponibles issus d’un benchmark international.

4
II. STIMULER LA CROISSANCE VERTE

1. Lutte contre le changement climatique, tarissement d’énergies fossiles aujourd’hui


incontournables, économies d’énergie, création de nouvelles énergies renouvelables,......
Les Grenelle de l’environnement, le paquet Énergie-Climat européen, le renouvellement du
Protocole de Kyoto, et surtout les nouvelles attentes et demandes des citoyens du monde,
créent indiscutablement de nouvelles potentialités et opportunités.

Pour plus de 80 % d’entre elles, les solutions viendront de l’industrie et de sa capacité


couplée avec la puissance et l’intelligence de la R et D publique/privée, à proposer en
produits/services ce qui est attendu à un horizon 2015-2020.

2. Le GFI propose que 4 milliards d’euros soient affectés à des projets de moyen/long terme
qui requièrent simultanément de la R et D publique et privée, de l’innovation de rupture, de la
création de filières de production et d’écosystèmes de croissance qui soient, pour l’essentiel,
localisés en France et appelés à y rester.

Le GFI a identifié cinq domaines clés pour l’avenir :

¾ Les véhicules décarbonés (voitures et camions), en incluant les nouvelles chaînes


d’offre et les nouvelles infrastructures nécessaires,

¾ La rénovation de l’habitat, notamment en termes de gestion énergétique active des


bâtiments et de recyclage des produits de construction et de déconstruction,

¾ Les écotechnologies et les écoproduits destinés aux process industriels et à l’habitat de


nouvelle génération,

¾ Les énergies renouvelables (solaire, éolien, biomasse notamment), incluant les


ème ème
biocarburants de 2 et 3 génération,

¾ Le carbone des molécules rendu renouvelable à partir du végétal,

3. Un grand programme centré sur la mise en place d’une économie circulaire pourrait être
lancé.

En effet et au-delà de la simple identification et classification des secteurs porteurs en lien


avec la politique macro économique menée par l’État et des actions déjà en cours menées
par les ministères et les collectivités concernant la recherche et le développement, il faut
prendre en compte de façon systémique les « technologies vertes » ce qui implique de
dépasser les contenus exprimés sous forme de produits spécialisés, de procédés particuliers
ou alternatifs. Il faut actionner un levier d’entraînement du tissu économique, déclencher des
initiatives et susciter les appuis territoriaux.

En second lieu, il faut consolider les compétences collectives sous-jacentes des « emplois
verts » au travers de trois actions stratégiques :

- identifier les compétences collectives des chaînes de valeur « vertes »


- mesurer l’effort de formation à faire pour se rapprocher des cibles de compétences
- organiser le déploiement du système d’éducation correspondant ;

Enfin, il y a la raréfaction d’un certain nombre de ressources et d’éléments présents dans la


nature autres que le carbone fossile à prendre en compte : métaux précieux, lithium,
uranium…

Cette raréfaction doit être intégrée comme un enjeu stratégique déterminant pour développer
une économie durable fondée aussi mais pas exclusivement sur l’utilisation des énergies et
des matières premières renouvelables. Cet enjeu stratégique doit être considéré comme un
élément déterminant de souveraineté économique.

5
Il y a donc une nécessité absolue à repenser l’organisation de la chaîne de valeur de la
matière et en particulier à travailler sur le recyclage pour en faire un véritable outil industriel
au travers de technologies et de logistiques innovantes.

Cette transition, nécessaire au développement d’une économie verte sur le long terme, ne
correspond pas aux dynamiques naturelles des marchés à savoir concentration industrielle
pour générer des économies d’échelle et concentration des efforts financiers sur des
produits nouveaux à forte valeur ajoutée et de plus en plus complexes.

Ce modèle nouveau, écologiquement souhaitable mais improbable sous les seuls effets de
marché, nécessite une structuration forte des acteurs industriels et une implication
économique du consommateur, qui pourront être appuyées par le biais d’interventions de
l’État et des Collectivités Territoriales.

Un premier volet du programme « économie circulaire » serait centré sur


l’approvisionnement de notre pays en matières premières stratégiques. 2 milliards d’euros
y seraient consacrés avec trois priorités : la R et D, les technologies innovantes ou de
rupture, la création des réseaux de l’économie circulaire.

III. DYNAMISER LA NUMÉRISATION DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE

L’objectif central est de renforcer la compétitivité des acteurs privés et publics et d’améliorer
l’attractivité du territoire. Pour atteindre cet objectif, il faut mettre en place un environnement
numérique compétitif et lancer trois programmes essentiels dans des domaines où notre pays a
la capacité de devenir un leader mondial.

1. Développer vite les réseaux de communication électronique avancée (très haut débit)

Le pays a besoin de réseaux à haut débit, présents sur tout le territoire et rendus
accessibles aux trois populations-cibles : les foyers, les entreprises, les administrations
publiques. Ces réseaux constituent le socle indispensable pour le développement d’activités
futures (télé activités, télésanté,...) pour la création numérique et pour la connectivité voulue
par les citoyens, qu’elle soit mobile ou fixe.

Enfin, le déploiement accéléré de ces réseaux à haut débit, avec l’utilisation de tout l’éventail
des technologies, y compris satellitaires, renforcera l’activité de secteurs clés pour
l’économie : outre l’électronique, le bâtiment, les travaux publics, les télécoms, les
installateurs, les administrations nationales et territoriales.

Il convient de réunir tous les acteurs concernés autour de ce projet et d’utiliser


2 milliards d’euros du produit de l’emprunt pour créer un fonds national d’amorçage que
viendront compléter les acteurs privés et les collectivités territoriales.

2. Lancer un programme national d’e-santé

Ce programme ambitieux répond à un double enjeu :


• Anticiper les défis de la démographie et du vieillissement de la population
• Optimiser, sur tout le territoire, les systèmes de soins tant en termes de qualité que de
coûts.

Il s’agit d’impulser et de structurer une démarche et une approche globales :


• associant toutes les parties prenantes privées et publiques
• généralisant le recours à la télémédecine
• développant la télésanté

Deux objectifs majeurs :


¾ 10 % de patients suivis sur leur lieu de vie d’ici à 2012
¾ Rendre accessible, d’ici à 2020, à toute personne fragilisée, le choix de demeurer chez
elle.
4 milliards d’euros seraient affectés à ce programme d’ici à 2012/2013.

6
3. Favoriser des projets pilotes d’application territoriale : ville/département/région

Trois projets pilotes pourraient être décidés, couvrant trois domaines de progrès différents :

¾ La réalisation d’un éco-quartier de grande taille (métropole à choisir) avec les meilleures
technologies disponibles en matière de conception, d’urbanisme, de construction et de
transport,

¾ L’infrastructure routière « intelligente » d’un département visant deux objectifs : la


régulation optimum du trafic routier et la réduction ambitieuse du nombre de décès et de
blessures sur la route,

¾ Le lancement d’un programme pilote d’e-éducation / formation dans une région en


concentrant les actions sur trois cibles :

• les enseignants pour qu’ils s’approprient les nouvelles technologies


• les milieux défavorisés où il faut combattre l’illettrisme et l’analphabétisme
• les groupes de population où développer la formation tout au long de la vie avec des
outils pointus de formation à distance.

200 millions d’euros au total pourraient être dédiés à ces trois programmes pilotes qui
mettraient en œuvre le savoir faire de plusieurs industries, de services associés et des
professions du transport et de la construction.

IV. CRÉER DES INFRASTRUCTURES AVANCÉES POUR LE TRANSPORT ET LA GESTION DE


L’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE ET DE MATIÈRES PREMIÈRES ET POUR LE TRANSPORT
MULTIMODAL

3 milliards d’euros du produit de l’emprunt pourraient être consacrés au financement de projets


d’infrastructures avancées qui conjuguent sécurité d’approvisionnement énergétique (énergies
fossiles et électricité), économies d’énergie, besoins croissants d’interconnexions et
développement de moyens de transports plus sûrs, plus rapides, en phase avec l’impératif du
Grenelle de l’Environnement en la matière.

Le GFI propose que ces ressources soient affectées à trois grands projets :

1. Transport et gestion d’énergie électrique

Les aléas climatiques graves qui affectent notre pays mettent en évidence la fragilité relative
du réseau de transport de l’électricité, tandis que sa production à 90 % d’origine nucléaire et
hydraulique, participe à la lutte contre le changement climatique.

Le GFI propose un projet national ambitieux :

¾ Améliorer la qualité et l’efficacité énergétique et matérielle et sécuriser sur 5/7 ans le


réseau de distribution en électricité,

¾ La mise en place d’une convergence rationnelle des réseaux électriques et des réseaux
de communication pour créer une gestion active de l’énergie électrique (smart grid)

2. Transport de matières premières

Le transport routier ou ferroviaire de certaines matières premières indispensables à


l’industrie chimique pourrait être supplanté progressivement par un réseau de pipelines
dédiés.

7
3. Développement de la multimodalité dans le transport terrestre, fluvial et maritime

Le Grenelle de l’environnement a fixé des objectifs ambitieux en matière de transports :

¾ Création d’une autoroute ferroviaire sur l’axe atlantique


¾ Création des autoroutes de la mer
¾ Réalisation d’un canal à grand gabarit Seine Nord Europe
¾ Optimisation de l’usage du réseau routier existant

Le GFI constate que les industriels ont besoin de moyens de transports efficaces. Le mode
routier, qui en représente une très grande partie, pourrait voir son rendement énergétique
encore amélioré en adaptant davantage les infrastructures (ajout de voies dans des zones
congestionnées) et en les utilisant mieux grâce au développement des transports intelligents
(ITS) qui assurent une mobilité plus fluide et plus sûre. Le GFI propose que l’état accorde
son soutien à travers le Programme de recherche et d’innovation sur les transports terrestres
(Predit), les pôles de compétitivité automobiles ….

A ces quatre projets s’ajoutent deux projets structurants pour de nouveaux modes de
transport : le fret à grande vitesse (Eurocarex) et le concept de l’Opérateur Ferroviaire de
Proximité (OFP) qui séduit chargeurs, transporteurs et collectivités territoriales.

Or, singulièrement affaiblis par la crise économique, les opérateurs de transport concernés
par ces 5 projets ne disposent pas des ressources financières suffisantes pour mettre à
l’étude, faire construire, puis exploiter les matériels de transport innovants adaptés à ces
projets : barges, wagons, locomotives, navires et TGV dédiés au fret.

C’est pourquoi le GFI propose que 200 millions d’euros soient consacrés à la création
d’une compagnie spécialisée dans les missions suivantes : définition des matériels
innovants, fabrication des équipements nécessaires, mise à disposition aux exploitants. Ce
type de compagnie existe déjà en Allemagne (Railpool) et au Royaume-Uni.

L’État apporterait 200 millions d’euros de fonds propres, s’engagerait à garantir les
financements demandés aux réseaux bancaires, la BEI pourrait également investir de même
que la CDC, ainsi que des partenaires industriels.

Avec un tel véhicule financier, le GFI est convaincu que les nouveaux moyens de transport
voulus par le Grenelle de l’Environnement seront accélérés dans leur mise en place et que
l’activité industrielle qui leur est liée se développera rapidement.

V. DÉDIER UN FONDS DE GARANTIE DE L’ÉTAT POUR LE FINANCEMENT EN QUASI-FONDS


PROPRES DES PME/ETI

Les PME et les ETI n’ont pas anticipé un retournement de l’activité aussi brutal, profond et de
longue durée que celui qui s’est installé depuis septembre 2008.

Pour beaucoup de ces entreprises, les fonds propres sont absorbés progressivement par des
charges de restructuration et de redéploiements d’activité, par le financement du chômage partiel
et de la formation....En outre, les résultats d’exploitation sont négatifs depuis le dernier trimestre
2008.

Selon leurs activités, ces entreprises se trouveront dans les mois qui viennent dans une situation
financière très difficile :

¾ Soit l’activité rebondit, alors les besoins en fonds de roulement augmenteront,


¾ Soit la récession perdure et les fonds propres en forte réduction ne seront pas suffisants.

Le GFI propose que 3 milliards d’euros du produit de l’emprunt soient utilisés par l’État pour
créer un Fonds de Garantie. Des prêts longs, assimilables à des quasi-fonds propres que sont
les prêts participatifs seraient accordés par les banques aux entreprises et garantis par ce
Fonds.

Ainsi l’État et le système bancaire joueraient pleinement leur rôle d’accompagnement


d’entreprises en phase très sensible de retournement comme de sortie de crise.

*****
8
G

Groupement
des Professions de Services
(GPS)
CONTRIBUTIONS DU GROUPEMENT DES
PROFESSIONS DE SERVICES (GPS)

Les trois principales priorités que nous souhaiterions voir retenues au


titre du futur grand emprunt national pour son secteur d’activité :
¾ En liaison avec le Grenelle de l’environnement, la promotion
des technologies innovantes et de leurs applications (bâtiment,
transports) : rappelons simplement que l’Espagne, principale
destination touristique concurrente de la France, a débloqué en juillet
dernier 500 millions d'euros en vue d’améliorer les économies d’énergie
et l’accessibilité des entreprises du secteur ;
¾ La réalisation, l’achèvement et la modernisation des
infrastructures et des moyens de transports collectifs ou
individuels : la desserte de nos aéroports internationaux et de nos
grandes villes, qui fondent en grande partie l’attractivité du pays, doit
en particulier être assurée par des liaisons rapides ferroviaires et
routières.
¾ Accélérer le recours aux différents partenariats entre acteurs
publics et entreprises :
Au début de l’ère industrielle, la France a innové en créant les
premiers grands services publics (chemins de fer, électricité, eau, etc.)
en partenariat avec des entreprises concessionnaires. De nombreux
États et villes du monde entier ont adopté depuis ce partenariat
public-privé pour concevoir et construire les équipements ou gérer les
services publics. Les opérateurs privés apportent professionnalisme,
capacité gestionnaire, capitaux.
Paradoxalement, la France, très en avance en 1990, semble hésiter à
s’engager plus avant. Le mouvement peut et doit au contraire
s’accélérer. Le cadre législatif et réglementaire, aujourd’hui complet,
définit très précisément trois types de modes contractuels (gestion
déléguée, contrat de partenariat, marché public) avec des procédures
transparentes d’attribution et de contrôle.
La maîtrise de la dépense publique, d’une part, et de l’endettement de
l’État, d’autre part, constituent un enjeu majeur du débat relatif au
« Grand Emprunt National ».
Recourir à l’entreprise n’est pas privatiser le service public. Il s’agit au
contraire de donner à la puissance publique les moyens de jouer
pleinement, efficacement et dans toute sa noblesse son rôle d’autorité
organisatrice, au bénéfice de tous.

¸
L
E
E
M

Les Entreprises
du Medicament
(leem)
22 octobre 2009

Grand emprunt national

Proposition d’investissement dans les sciences du vivant


du groupe de travail LEEM /Pôles de compétitivité Santé

Le grand emprunt national doit constituer une opportunité pour la France pour développer les
politiques industrielles et de R&D du futur , renforcer la compétitivité des entreprises et
l'attractivité de la France. Il doit permettre d’investir dans les filières d’avenir créatrices de
valeur déjà identifiées, parmi lesquelles figurent prioritairement la Santé et les
biotechnologies.

Le Leem et les pôles de compétitivité santé souhaitent faire des propositions


d’investissement dans les sciences du vivant. Ils ont mandaté un groupe de travail commun
réunissant les différentes compétences et expertises et chargé d'élaborer des propositions
répondant au cahier des charges du grand emprunt (coopération public/privé, retour sur
investissement, programmes transversaux multisectoriels, structure porteuse du projet, non
redondance avec des mesures déjà engagées).

Les conclusions et propositions du groupe de travail LEEM/ Pôles de compétitivité Santé


sont les suivantes :

1. Les médicaments du futur seront fondés sur la maitrise de nouvelles connaissances tant
fondamentales que technologiques, nécessitant :
• une plus grande connaissance des pathologies (épidémiologie, banques
d'échantillons biologiques),
• des données issues de patients, plus approfondies (médecine translationnelle,
médecine personnalisée),
• l'apport de nouvelles technologies : les médicaments seront majoritairement issus
d'origine biologique , de procédés biotechnologiques (synthèse protéique ,cultures
cellulaires, transgénèse, thérapies cellulaires...) ou issus de nanotechnologies
appliquées à la médecine.

2. Ces évolutions sont une opportunité majeure pour renforcer la compétitivité des
entreprises françaises du secteur des sciences du vivant, et l'attractivité de la France à
condition :
• d’investir massivement dans les technologies de bio-production des médicaments du
futur,
• de partager et gérer des données multiples et donc s'appuyer sur l'essor des
technologies de l'information et du numérique en santé (la e-santé),
• de disposer des compétences nécessaires et adéquates, pour ces domaines de
disciplines et technologies émergents, en instaurant de nouvelles filières de formation
initiale et continue.

1/4
6 Projets ont été choisis pour favoriser l'attractivité de la France
,une meilleure efficience de l’innovation et des systèmes de santé

.
Attractivité et
Meilleure efficience de
l'innovation

2 Bio-banques 3 Médecine
–biologiques translationnelle
–génétiques Patients

–imagerie Plates-formes

Partage et
1 Epidémiologie
4 Bioproduction Innovations pour
Gestion des
cohortes les Patients et
données 5 E-santé
Systèmes de santé
Patients Partage et Gestion
de données numérisées
Systèmes de –Bionumérique
santé –Réseaux territoriaux
–Télémédecine

6 Formations
Initiales et continues

Meilleure efficience
des systèmes de santé

1. Développer l’épidémiologie en France

L’observation des populations et l’étude des déterminants de l'état de santé (facteurs de


risque, maladies, environnement, comportements, …) ouvrent des voies de recherche
extrêmement contributives pour la compréhension des maladies et la mise au point de
traitement. Le développement de ces études contribue à une plus grande attractivité de la
France en termes de recherche notamment pour les industries des sciences du vivant et à
l’amélioration de la santé de la population. Elles apportent un éclairage indispensable aux
prises de décisions politiques dans le domaine de la santé et contribuent à l’optimisation de
la prise en charge rationnelle des malades tout en répondant aux demandes prévisionnelles
pour faire face au risque sanitaire.

2. Biobanque : Centre de Ressources de Modèles Expérimentaux

L’objectif majeur de ce projet est de répondre aux besoins de modèles expérimentaux de


maladies Seul l’accès au matériel humain provenant de patients permet d’aborder la
complexité des maladies et donc de valider de nouvelles cibles thérapeutiques pertinentes et
de disposer de modèles pertinents et prédictifs.
Ce projet nécessite d’associer les expertises des cliniciens, chercheurs académiques et
industriels pour créer des Centres nationaux de Ressources de Modèles Expérimentaux de
différentes pathologie fédérés dans le cadre des pôles santé. L’ambition de ce nouveau
programme est d’organiser et de faire fonctionner l’ensemble de ce réseau de plateformes
nationales performantes autour d’une structure, juridiquement autonome, capable d’être
mobilisée aussi bien comme partenaire dans les programmes de recherche nationaux ou
européens, que pour répondre à une demande spécifique d’un industriel pour le
développement d’une nouvelle thérapie et ce, quelque soit la pathologie d’intérêt.

2/4
3. Développer une filière de la médecine translationnelle pour faire de la France un
des leaders notamment de la médecine personnalisée

Accroître les bénéfices patients de nouveaux traitements, tout en réduisant le coût pour la
société, est un enjeu majeur tant pour la recherche biomédicale que pour l’État. Alors que de
nombreuses molécules ne sont efficaces que sur 30% à 40% de la population, l’approche
translationnelle permet notamment d’identifier et de cibler les « patients répondants » afin de
développer et de produire plus rapidement une molécule spécifiquement adaptée à ces
patients.
La médecine translationnelle va du patient sujet de recherche au patient objet de soins, et
permet de découvrir des médicaments, vaccins ou outils diagnostiques nouveaux à partir
des échanges synergiques entre une recherche clinique cognitive, explicative et
épidémiologique et une recherche non clinique de pointe qui l’accompagne. Cette approche,
autour de laquelle s’organise la recherche biomédicale de demain, requiert des
infrastructures de recherche spécifiques, indispensables à la compétitivité et l’attractivité de
la France dans la domaine.

4. La bioproduction du futur

La France est quasiment absente de ce secteur industriel de très haute technologie. Par un
effort appuyé de recherche et d'innovation, dans les technologies de rupture dans ce
domaine la France peut reconquérir ce secteur en forte croissance. Les enjeux sont
multiples et colossaux : produire des vaccins plus rapidement (dits recombinants) ; produire
par transgénèse, à bas coûts, des bio-médicaments (anticorps monoclonaux notamment),
c'est tout l'enjeu des bio-similaires; produire à échelle industrielle les thérapies cellulaires
(pour reconstruire par exemple des organes malades) .

En cohérence avec les orientations du CSIS (Conseil Stratégique pour les Industries de
Santé) et de la SNRI (Stratégie Nationale de Recherche et d'Innovation, faire de la France
un des acteurs majeurs en bio-production. L’enjeu est la connaissance par nos laboratoires
publics des mécanismes biologiques nécessaires aux technologies de bio-production de
demain ; leur maîtrise, dans un contexte industriel, par un tissu d’entreprises implanté en
France ; la réalisation d’installations de bio-production sur le territoire national (pour lots
pilotes, cliniques et commerciaux), pour satisfaire les besoins nationaux voir pour
l’exportation.

5. Une meilleure performance des systèmes de santé avec le développement de


l'« e-santé»

Permettre une meilleure coordination des acteurs de santé, les personnes et les
professionnels, et une meilleure administration de la santé entre le domicile, la ville, les
établissements (hôpitaux, cliniques, maisons de retraite, etc.) à l’échelle des territoires
locaux, régionaux et national, voir européen.
Accompagner le basculement des systèmes de soins vers un système de santé basé sur la
prévention.

3/4
6. La formation initiale et continue : un levier pour soutenir et développer les
entreprises agissant dans le domaine de la santé

Le secteur des industries de santé connaît actuellement de profondes évolutions


structurelles très rapides et un changement de modèle économique, dus à plusieurs facteurs
d’ordre économique, scientifique, technologique et sociétal, dans un environnement
fortement concurrentiel.
Le secteur du médicament connait depuis 2007, une stagnation de l’emploi qui risque de
s’aggraver dans les années à venir dans les entreprises du secteur et chez leurs sous-
traitants. Il existe paradoxalement des difficultés de recrutement en production ,dans certains
métiers en recherche et développement ou pour les diplômes de pharmacien ou de médecin
existent.
Des défis fondamentaux doivent être relevés : la recherche de l’excellence dans les
formations et les compétences dans les nouvelles technologies, la professionnalisation des
enseignements, l’amélioration de l’entrée des jeunes sur le marché du travail, l’accès facilité
à des compétences expérimentées pour les PME, la reconversion de certaines
populations…

Ces 6 grands projets ont vocation de faire de la France un des


leaders mondiaux dans le domaine stratégique de la santé

Didier Hoch
Président du groupe de travail « Grand emprunt national »

Composition du groupe de travail :


Didier HOCH (SANOFI PASTEUR MSD), Jean-Marie LANGLOIS (Leem), Philippe ARCHINARD (LYON
BIOPOLE), Pierre-Yves ARNOUX (Leem), Gilles AVENARD (BIOALLIANCE PHARMA), Marie-Noëlle BANZET
(Laboratoires SERVIER), Guillaume BOLOGNA (Laboratoire LFB ), Claude BOUGE (Leem), Emmanuel CANET
(MEDICEN), Nicolas CARBONI (ALSACE BIOVALLEY / POLE BIOVALLEY), Jean DEREGNAUCOURT
(MEDICEN), Philippe LAMOUREUX (Leem), Catherine LASSALE (Leem), Yves LAURENT (LYON BIOPOLE),
Anne LEHERISSEL (SANOFI AVENTIS France), Pascal NEUVILLE (ALSACE BIOVALLEY / POLE BIOVALLEY),
Jean-Pierre SAINTOUIL (CANCER BIO SANTE TOULOUSE), Annick SCHWEBIG (Laboratoire ACTELION
PHARMACEUTICALS France), Philippe TCHENG (SANOFI AVENTIS France).Remi Urbain (Laboratoire LFB)

4/4
22 octobre 2009

« Développer l’épidémiologie en France »

Enjeux :
L’observation des populations et l’étude des déterminants de l'état de santé (facteurs de
risque, maladies, environnement, comportements, …) ouvrent des voies de recherche
extrêmement contributives pour la compréhension des maladies et la mise au point de
traitement. Le développement de ces études contribue à une plus grande attractivité de la
France en termes de recherche notamment pour les industries des sciences du vivant et à
l’amélioration de la santé de la population. Elles apportent un éclairage indispensable aux
prises de décisions politiques dans le domaine de la santé et contribuent à l’optimisation de
la prise en charge rationnelle des malades tout en répondant aux demandes prévisionnelles
pour faire face au risque sanitaire.

Bénéfices attendus :
Améliorer les connaissances scientifiques et le développement du progrès médical et
thérapeutique, grâce à l’observation des populations et à l’étude des déterminants de l'état
de santé (facteurs de risque environnementaux, comportementaux…),
Apporter un éclairage indispensable aux prises de décisions politiques dans le domaine de la
santé pour optimiser la prise en charge rationnelle des malades et répondre aux demandes
prévisionnelles face au risque sanitaire (techniques de modélisation)

Secteurs concernés :
Secteur des industries de santé (médicament, vaccin, dispositifs médicaux, diagnostic,
biotechnologies…), secteur de l’alimentation, médecine du travail, Etat, Universités, Pôles de
compétitivité, secteur informatique …

Comment :
En structurant une démarche globale, associant les parties prenantes de différentes
structures publiques et privées, pour optimiser le recueil et l’accès aux données de santé ;
en valorisant le patrimoine d’informations existant et, dans les domaines où ce recueil
d’informations est insuffisant (maladie d'Alzheimer, pathologies en forte croissance telles que
le diabète ou l'obésité), en développant des bases de données transversales et
longitudinales propres à générer les données de santé indispensables au développement de
la connaissance et au progrès.

Il faut développer une formation de haut niveau et encourager la recherche en épidémiologie


(collaboration Universités et l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique), construire des
outils pour répondre aux enjeux de santé publique, bâtir des systèmes d’observation « de
longue durée » (10 à 20 ans et plus), créer une base de données populationnelle et
médicale qui rassemble des données de prise en charge des malades en médecine générale
afin de répondre aux recherches pharmaco-épidémiologiques.

La création de centres d'excellences en épidémiologie, en partenariat public / privé,


permettra l'hébergement de projets à long terme, généralistes ou spécialistes, lisibles
internationalement.

1/16
Impacts :
Court terme : favoriser l’utilisation optimale des données publiées et une meilleure
exploitation des données de santé par un accès sécurisé plus large et plus aisé (mise à
disposition des données de l’assurance maladie, accès plus large à l’Institut des Données de
Santé).
Moyen terme : constitution de bases de données utilisables par les industriels du
médicament, des dispositifs médicaux (essais cliniques, études post-AMM), par les Pouvoirs
Publics pour asseoir la politique de santé publique.

Investissements et modalités de financement :


- systèmes d'observation de longue durée :
o si l'on se réfère à l'exemple de cohortes type Framingham (suivi du risque
cardiovasculaire sur trois générations d'habitants d'une ville nord-américaine), on
peut estimer un coût par personne suivie et par an de 4000 à 5000 Euros (ref :
"L'épidémiologie humaine – rapport sur la Science et la Technologie 2006 –
Académie des Sciences)
o le retour sur investissement de ce type de cohorte est majeur en termes de
publications internationales et de développements thérapeutiques (Framingham a
permis de modifier de façon significative la prise en charge des maladies
cardiovasculaires par le développement de thérapies préventives agissant les
facteurs de risque)

- base de données populationnelle et médicale en médecine générale :


o si l'on se réfère à la base de données du Royaume Uni, General practice
Research database, (environ 3 millions de patients suivis par 2500 médecins), le
coût peut être estimé à 400 000 Euros par an environ avec un auto-financement
assuré par la vente de l'accès aux données (ref : "Faisabilité d'un système
d'information public sur la médecine de ville" – rapport IRDES 2006)
o le retour sur investissement de ce type de base de données est là aussi majeur
en termes de reconnaissance internationale et de développement
pharmaceutique car il permet d'optimiser la prise en charge sanitaire des
populations

Acteurs :
Ministères, Universités, INSERM, INVS, IDS, Caisses d’assurance maladie, industriels cités,
pôles de compétitivité, les entreprises des secteurs cités, Etat …..

Retour sur investissement :


Au plan qualitatif : amélioration de la qualité des données et bonne adéquation entre les
données utilisées dans les études nationales et la population concernée (moindre
extrapolation de données internationales aux cas français).
Au plan économique : reconnaissance internationale permettant l’exportation de données
(achat par des industriels ou des centres d’études étrangers par exemple).

Rédacteur principal : Anne Lehérissel, Sanofi Aventis France

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22 octobre 2009

Projet de biobanque :
Centre de Ressources de Modèles Expérimentaux de Cancers

Enjeux :
L’objectif majeur de ce projet est de répondre aux besoins de modèles expérimentaux de
maladies exprimés par les industriels de la santé. Durant la dernière décennie, les besoins
de la recherche en matière d’accès à des échantillons humains ont considérablement
augmenté. Seul l’accès au matériel humain provenant de patients permet d’aborder la
complexité des maladies et donc de découvrir et de valider de nouvelles cibles
thérapeutiques pertinentes. Partant de ces cibles, ce matériel biologique unique entre aussi
dans la sélection et la validation précliniques des nombreuses molécules thérapeutiques car
cela permet de disposer de modèles ex vivo et in vivo pertinents et prédictifs.
Ce projet nécessite d’associer les expertises des cliniciens, chercheurs académiques et
industriels pour développer, caractériser et rendre accessibles de tels modèles. Il est
maintenant envisageable de structurer, autour du socle des partenaires initiaux, les forces
vives nationales de la recherche académique, clinique et industrielle pour créer des Centres
nationaux de Ressources de Modèles Expérimentaux de différentes pathologie fédérés dans
le cadre des pôles santé. L’ambition de ce nouveau programme est d’organiser et de faire
fonctionner l’ensemble de ce réseau de plateformes nationales performantes autour d’une
structure, juridiquement autonome, capable d’être mobilisée aussi bien comme partenaire
dans les programmes de recherche nationaux ou européens, que pour répondre à une
demande spécifique d’un industriel pour le développement d’une nouvelle thérapie et ce,
quelque soit la pathologie d’intérêt.

Bénéfices attendus :
L’ambition du programme CReMEC (Centre de Ressources de Modèles Expérimentaux de
Cancers) est d’organiser et de faire fonctionner l’ensemble du réseau de plateformes
nationales performantes autour d’une structure, juridiquement autonome, capable :
- d’être mobilisé aussi bien comme partenaire dans les programmes de recherche
nationaux ou européens, que pour répondre à une demande spécifique d’un
industriel pour le développement d’une nouvelle thérapie et ce, quelque soit la
pathologie cancéreuse d’intérêt ;
- de rendre visible les modèles existant en France ;
- d’aider les laboratoires à compléter la caractérisation de leurs modèles ;
- d’aider les laboratoires à collecter des tissus tumoraux frais pour le développement
de nouveaux modèles ;
- de faciliter les échanges d’informations et de modèles entres laboratoires ;
- de valoriser les modèles développés ;
- de travailler en lien

Secteurs concernés :
Secteur de la santé (centres de recherche, universités, industriels).

Comment :
Partant des nouvelles cibles thérapeutiques pertinentes identifiées, le matériel humain
biologique unique entre aussi dans la sélection et la validation précliniques des nombreuses
molécules thérapeutiques en développement.

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Le programme CReMEC labélisé dès 2005 par le pôle de compétitivité Medicen a démontré
qu’il était possible d’associer les expertises des cliniciens, chercheurs académiques et
industriels pour développer, caractériser et rendre accessibles de tels modèles.
Il est maintenant nécessaire de structurer, autour du socle des partenaires initiaux, les forces
vives nationales de la recherche académique, clinique et industrielle. Le CReMEC peut
servir de guichet unique.

Impacts :
- Retombées économiques : création d’emplois, génération de PI, découverte de
nouveaux produits en oncologie
- Retombées sociales : avancées thérapeutiques permettant la guérison de cancers
- Retombées scientifiques : nouvelles approches dans la R&D.

Investissements et modalités de financement :


L’investissement total nécessaire sur trois ans à la constitution du centre de recherche est
estimé entre 9,5 et 12,5 millions d’euros (centre de ressources, développement de
100 modèles par an et entretien de la collection). Il faut prévoir un budget additionnel de
fonctionnement d’environ 12 M€ pour recenser, développer, caractériser et entretenir les
modèles

Acteurs :
L’organisation du programme autour d’un chef de file Oncodesign (Contract Research
Organisation basée à Dijon) s’appuie sur la réflexion engagée depuis 3 ans qui a permis
d’identifier 3 facteurs essentiels :
- les modèles existants dans les laboratoires sont peu ou pas accessibles aux
industriels (faible valorisation) ;
- la collection de tumeurs et la création de nouveaux modèles est d’autant plus efficace
qu’un binôme chirurgien-chercheur est impliqué et que ces modèles correspondent à
leur thématique de recherche ;
- une coordination logistique continuelle et rigoureuse, garant de la traçabilité, de
l’accès aux ressources biologiques et de la qualité des modèles.

L’organisation pourrait être la suivante :


- une plateforme CReMEC responsable de toutes les questions logistiques (convention
avec les laboratoires non partenaires, qualification et transferts des modèles, gestion
de la base de données, maintien des collections de modèles) et de la coordination
des partenaires en charge de la caractérisation. La structure juridique support de la
plateforme du CReMEC pourrait prendre la forme du Groupement d’Intérêt
Economique (GIE).
- des plateformes partenaires, décentralisées, capables de générer les nouveaux
modèles et d’identifier localement les binômes chirurgien-chercheurs.
- une société exploitante en charge de la valorisation et d’identifier les nouvelles
demandes en provenance de l’industrie.

Les partenaires du programme CReMEC s’engageront dans le cadre du GIE.

Le lien entre les centres hospitaliers et de recherche (Institut Curie, Institut Gustave Roussy
et AP-HP) et l’industrie pharmaceutique (Sanofi-Aventis, Servier et IPSEN) constituent le
noyau initial pour ce partenariat. D’autres centres académiques d’excellence (CHU de
Strasbourg, Centre anticancéreux de Lyon et Nantes) envisagent de constituer une des
plateformes du réseau. Enfin, outre Oncodesign, d’autres sociétés de biotechnologie
propriétaires de technologies complémentaires d’intérêt pourraient contribuer à la
génération et la caractérisation des modèles. Les contacts et le soutien d’ores et déjà établis
avec les cancéropôles et les pôles de compétitivité pourront permettre si besoin de
rapidement identifier des partenaires complémentaires.

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Retour sur investissement :
Au plan qualitatif : amélioration de la qualité de vie des patients, des soins et découverte de
nouveaux champs pour la R&D.
Au plan économique : renforcement de l’attractivité de la France en oncologie (augmentation
des essais cliniques) pour la R&D et le traitement des patients nationaux et étrangers.

Rédacteur principal : Jean Derégnaucourt, Medicen

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22 octobre 2009

Développer une filière de la médecine translationnelle


pour faire de la France notamment un des leaders de la médecine
personnalisée

Enjeux :
Accroître les bénéfices patients de nouveaux traitements, tout en réduisant le coût pour la
société, est un enjeu majeur tant pour la recherche biomédicale que pour l’État. Alors que de
nombreuses molécules ne sont efficaces que sur 30% à 40% de la population, l’approche
translationnelle permet notamment d’identifier et de cibler les « patients répondants » afin de
développer et de produire plus rapidement une molécule spécifiquement adaptée à ces
patients.
La médecine translationnelle va du patient sujet de recherche au patient objet de soins, et
permet de découvrir des médicaments, vaccins ou outils diagnostiques nouveaux à partir
des échanges synergiques entre une recherche clinique cognitive, explicative et
épidémiologique et une recherche non clinique de pointe qui l’accompagne. Cette approche,
autour de laquelle s’organise la recherche biomédicale de demain, requiert des
infrastructures de recherche spécifiques, indispensables à la compétitivité et l’attractivité de
la France dans la domaine.

Bénéfices attendus :
La médecine translationnelle, entre l’identification des cibles thérapeutiques et la preuve du
concept clinique, est capitale pour la mise en œuvre et la personnalisation de nouveaux
procédés de prévention, de diagnostic et de traitement dont le système de santé a besoin.
Cette approche qui renouvelle celle suivie traditionnellement, a été recommandée par la
stratégie nationale de recherche et d’innovation. Par ailleurs, la feuille de route nationale des
Très Grandes Infrastructures de Recherche (TGIR) a mis en évidence un déficit des
infrastructures de recherche translationnelle. Si des investissements massifs en recherche
translationnelle ont été consentis en particulier aux USA et au Royaume Uni, la France
(leader européen dans le domaine de la pharmacie) accuse dans ce domaine un retard
préjudiciable pour la productivité de sa recherche clinique et son attractivité.
La médecine translationnelle constitue d’ailleurs une thématique prioritaire dans les contrats
2009-2011 des Pôles de Compétitivité Medicen et Alsace Biovalley.

Secteurs concernés :
L’ensemble des acteurs du système de santé : patients, chercheurs, professionnels de
santé, hôpitaux, instituts de recherche, universités, industries de la Santé (pharmaceutique,
biodiagnostic, biotech, etc.).

Comment :
Pilotée par des consortiums régionaux associant l’Alliance Nationale pour les Sciences de la
Vie et de la Santé, les acteurs hospitalo-universitaires, des partenaires privés, la construction
de centres de médecine translationnelle constituera l’ossature du nouveau système de
recherche dans le domaine biologie-santé.

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Des centres de médecine translationnelle seront créés sur appel d’offres compétitif autour de
grands leaders internationaux, et intégreront des capacités d’imagerie et des centres de
ressources biologiques dans un environnement permettant aux chercheurs, publics comme
privés, d’aller de la molécule au patient. Ces centres couvriront progressivement les
domaines de la recherche où le besoin médical reste important : cancer, maladie rares,
neurosciences, maladies cardiovasculaires, maladies infectieuses, immunologie,
métabolisme et nutrition, technologies pour la santé
L’étape translationnelle correspond à un éventail de savoir-faire et nécessite une
infrastructure professionnalisée fournissant un ensemble de services aux communautés de
chercheurs.
La construction de centres de médecine translationnelle suppose la mise sur pied d’une
filière translationnelle notamment pour assurer la visibilité et l’attractivité de la France dans le
secteur, et pour porter « l’offre France » issue des différents centres vers les acteurs
industriels.
Elle suppose aussi la mise sur pied, pour les projets portés par l’acteur public, d’une instance
de suivi collégiale en mesure de décider, à chaque étape, s’il y a lieu ou non de poursuivre le
développement. Cette instance décidera selon trois axes relatifs à :
- l’évaluation scientifique et les priorités de santé,
- le suivi réglementaire du produit,
- l’évaluation du marché potentiel, la propriété intellectuelle, le potentiel de valorisation.

Enfin la participation française à l’infrastructure Européenne EATRIS (European Advanced


Translational Research InfrastructureS), au travers d’un centre de rmédecine translationnelle
dans le domaine des neurosciences, va permettre la mobilité et la formation des chercheurs,
chefs de projets et ingénieurs nécessaires pour animer de ces centres.

Impacts :
Retombées économiques : impact majeur sur la valorisation, le transfert, et le
développement des industries de biotechnologie, du dispositif médical, et du médicament.
Impact à terme sur les dépenses de Santé et l’emploi industriel.
Retombées sociales : impact majeur sur la santé et les bénéfices patients par le
développement de nouveaux procédés de prévention, de diagnostic et de traitement.
Retombées scientifiques : impact majeur sur la production scientifique et la prise de brevets
dans le domaine des applications en santé, et sur les projets partenariaux.

Investissement estimé :
Le coût moyen de construction est de 70M€ par centre, en tenant compte de la possibilité de
s’appuyer sur des éléments préexistants, et en mutualisant les éléments génériques de la
filière (criblage, toxicologie, pharmacocinétique, production de lots cliniques).

Coût d’opération d’environ 8M€/an par centre, soit 56M€ par an pour l’ensemble des centres,
couverts par les revenus financiers des contrats de recherche et de service avec des
partenaires privés et ceux d’une éventuelle dotation en capital;
Construction des centres sur une période de 4 ans, puis phase d’opération, premier appel à
projets en 2010, puis lancement des centres de recherche translationnelle entre 2010 et
2014.

Acteurs :
Partie intégrante et indispensable des futurs Instituts Hospitalo-Universitaires et capitalisant
sur les initiatives en cours (à Strasbourg, avec l’Université, le CHU, l’IGBMC , GE Healthcare
et Roche ; Dijon, avec l’Université et Oncodesign ou encore Paris, Marseille ou Toulouse),
ces infrastructures seront localisées au cœur de campus hospitalo-universitaires. Ces
centres seront idéalement situés au sein de pôles de compétitivité afin d’attirer les
partenariats industriels (le lien avec les pôles du secteur – Medicen, Lyon Biopôle, Alsace
Biovalley, EuroBiomed, Nutrition Santé Longévité, Cancer Bio Santé, Atlantic Biothérapies et
Prod’Innov – sera un élément capital de l’évaluation des projets).

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Les partenaires publics nationaux seront les ITMO (Institut thématique multi-organismes) de
l’Alliance Nationale pour les Sciences de la Vie et de la Santé, et l’objectif est d’attirer, par
l’excellence des prestations fournies, des projets internationaux émanant de laboratoires
publics et d’industries (pharmacie, biotechnologie, diagnostic, vaccins, imagerie, technologie
pour la santé).
Le Conseil Stratégique des Industries de Santé (CSIS) exprime son intérêt pour la
structuration de la médecine translationnelle, car la recherche industrielle connaît
actuellement un changement de paradigme : l’accès à l’innovation thérapeutique se réalisera
de plus en plus au travers de partenariats avec des laboratoires et des centres de médecine
translationnelle publics.

Retour sur investissement :


Conçu en partenariat avec l’industrie, ces centres s’autofinanceront à terme (5 à 7 ans) au
travers de leur activité de prestations à l’industrie.
Le principal retour sur investissement reste cependant liés au développement de nouvelles
solutions thérapeutiques et diagnostiques, permettant à la fois d’accroître les bénéfices
patients et de réduire les coûts de Santé.

Rédacteur principal : Nicolas Carboni, Alsace Biovalley / Pole Biovalley

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22 octobre 2009

« La bioproduction du futur »

Enjeux :
La France est déjà quasiment absente de ce secteur industriel de très haute technologie qui
alimente pourtant le segment le plus innovant de l'industrie pharmaceutique : celui
des biomédicaments, qui croit de 15 % par an en moyenne depuis 2000 dans le monde. Ce
sont, dès aujourd'hui, parmi les médicaments les plus efficaces contre le cancer, dans
certaines maladies rares, etc. Par un effort appuyé de recherche et d'innovation, en
partenariats public-privé, et des investissement productifs, notamment dans les technologies
de rupture dans ce domaine (la capacité mondiale doit quadrupler), la France peut
reconquérir ce secteur. Les enjeux sont multiples et colossaux : produire des vaccins plus
rapidement (dits recombinants) ; produire par transgénèse, à bas coûts, les médicaments
parmi les plus chers actuellement (anticorps monoclonaux contre le cancer notamment),
c'est tout l'enjeu des bio-similaires; produire à échelle industrielle les thérapies cellulaires
(pour reconstruire par exemple des organes malades) qui restent aujourd'hui confinés dans
les laboratoires...

En cohérence avec les orientations du CSIS (Conseil Stratégique pour les Industries de
Santé) et de la SNRI (Stratégie Nationale de Recherche et d'Innovation), élaborer et mettre
en œuvre une stratégie globale en bio-production, visant à faire de la France un des acteurs
majeurs d’ici 5 ans dans ce secteur en pleine croissance. L’enjeu est la connaissance par
nos laboratoires publics des mécanismes biologiques nécessaires aux technologies de
bioproduction de demain ; leur maîtrise, dans un contexte industriel, par un tissu
d’entreprises implanté en France ; la réalisation d’installations de bioproduction sur le
territoire national (pour lots pilotes, cliniques et commerciaux), pour satisfaire les besoins
nationaux voir pour l’exportation.

Bénéfices attendus :
Rattraper le retard (industriel et scientifique) de la France, mainte fois documenté, dans les
différents secteurs de la Bioproduction, dans une approche complète, de la recherche à la
production, en passant par la formation. Faire émerger des acteurs nationaux dans ce
secteur ; attirer les grands du secteur en France.

Secteurs concernés :
Tous les domaines de la bio-production sont concernés, en raison des besoins en forte
croissance qu’ils couvrent et des synergies technologiques qui les lient. Ainsi, sont
concernés les laboratoires, filières de formation et entreprises travaillant sur les technologies
et installations de bioproduction :
1. matures : vaccins et produits biologiques dont les Médicaments dérivés du plasma ;
2. en pleine croissance : vaccins recombinants, anticorps monoclonaux et autres protéines
recombinantes par culture de cellules;
3. de rupture : transgénèse végétale et animale ;
4. en émergence : passage au stade industriel des thérapies géniques et surtout cellulaires
(approches innovantes de médecine régénérative ).
5. de support : caractérisation analytique des biothérapies, sécurisation biologique,
formulation...

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Comment :
Il faut agir sur la recherche publique, partenariale, privée « pure », la formation et
l’investissement industriel, dans chacun des domaines de la bio-production, sans créer de
nouvel organisme, et en utilisant au mieux les organismes et dispositifs existants.
Elaborer une déclinaison de la SNRI, portée par les ministères de la Recherche et de
l’industrie, sous forme d’un Plan National Innovation et Industries de bio-production, qui
prévoirait des objectifs et actions concrets (avec indicateurs de suivi) dans les domaines
énumérés plus haut, sorte de cadre global dans lequel s’inscrirait chacune des grandes
séries d’actions suivantes :

1. Volet Formation : Sélectionner et développer en France les meilleures filières de


formation supérieures et techniques, aux domaines de la bio-production, en synergie
avec les entreprises implantées en France : financer les investissements
nécessaires ; attirer les meilleurs formateurs… tel le partenariat entre l’Université de
Strasbourg et North Carolina State University (USA) pour le développement, en
partenariat avec les industriels, création d’un centre de formation (« usine école »)
aux métiers de la bioproduction et de la production en environnement aseptique
(focus sur formation de type technicien spécialisé bac +3).

2. Volet Recherche : Financer trois grands programmes d’innovation, coordonnés pour


chacun entre les trois organismes : ANR, Oséo, Pôles de Compétitivité pour couvrir
de façon harmonieuse recherche publique, partenariale et privée :
programme 1 : perfectionnement des technologies matures ou en pleine croissance
de bio-production : vaccins recombinants, lignées cellulaires très productrices,
technologies industrielles de cytoculture, de purification, relatives au génie génétique,
transfection, etc.
Programme 2 : explorer/maîtriser les technologies de ruptures de la bio-production :
la transgénèse pour la production de médicaments, par les plantes, par les
animaux…
Programme 3 : les biothérapies à l’ère industrielle : thérapie génique ; thérapie
cellulaire ; procédés d’industrialisation…

3. Volet Investissement : Aider à l’émergence d’installations de bio-production à


l’échelle clinique et commerciale, en s’appuyant notamment sur l’investissement
stratégique lancé par Sanofi à Vitry sur Seine, les capacités de Mabgène à Alès pour
les lots cliniques ainsi que celles de Génopole à Evry et de Sanofi-Aventis à
Toulouse

Plusieurs moyens sont envisageables :


1) la participation de la Caisse des Dépôts et Consignation (CDC) ou du fonds pour les
Biotechs au capital d’entreprises de bio-production implantées en France, ou au
financement de projets immobiliers de Bioproduction afin d’offrir aux PME à potentiel de
développement des conditions matérielles identiques à celles des grands groupes
(« pépinières biotechs GMP ») ; des actions privilégiées pour les investissements directs
étrangers dans ce domaine ;
2) des prêts à très faible taux, voire taux zéro, accordés par Oséo pour le financement
des lots de phases cliniques de PME et des investissements de bioproduction ;
3) modifier le Crédit Impôt Recherche (CIR) pour permettre d’y inclure des dépenses
d’investissement de bio-production (y compris lots de validation et de qualification), au
moins quand elles relèvent des lots de laboratoire, pilotes et cliniques ;
4) mettre en place de nouveaux dispositifs d’incitation fiscale, avec la création de “zones
franches” autour des sites de bio-production.
5) financer l’organisation d’un forum internet permanent confrontant la demande en
France (de lots de laboratoires, cliniques et commerciaux) et l’offre de bio-production sur
le territoire ;
6) définir avec l’AFSSaPS un traitement prioritaire, sur le plan réglementaire, des
installations de bio-production en mettant en place des procédures d’inspection
accélérées, avec des objectifs de délai contraignants. Au besoin, doter l’agence de
moyens supplémentaires limités, dédiés et compétents, grâce au grand emprunt.
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Impacts :
Le Plan National Innovation et Industries de bio-production donnera de la visibilité à
tous les acteurs, à long terme, et constituera ainsi un facteur d’attractivité fort tant sur le plan
de la recherche que sur le plan des investissements. La cohérence avec la structuration de
filières de formation nationales de haut niveau est un élément clé du projet.
Le développement et le renforcement d’une filière industrielle de haut niveau en France dans
la bio-production : créations d’emplois de haut niveau, et d’installations de productions sur le
territoire.

Investissement total estimé et modalités de financement :


Une période d’investissement et de soutien tout particulier de la recherche et de
l’investissement est proposée pour permettre au secteur de démarrer par un « effet boost ».
Sur cette période étalée sur 5 ans, trois volets peuvent être proposés :
1) Volet formation : 30 M€ ;
2) Volet recherche : pour les trois programmes : 150 à 200 M€, par
abondement des crédits Oséo, ANR et pôles de compétitivité ;
3) Volet investissement : 150 M€, entre les différents mécanismes
évoqués plus haut.
Soit un total, sur 5 ans, de 330 à 380 Millions d’euros, dont une partie pourrait le cas échéant
provenir d’une réallocation de moyens existants, dans les différents dispositifs utilisés.

Acteurs :
PME de biotechnologies, CRO (Contract Research Organisation), laboratoires publics de
recherche dont l’Alliance des Sciences du Vivant, entreprises du médicament, recherche
universitaire et en centre hospitaliers, établissements de formation initiale et continue,
sociétés d’ingénierie du domaine médical, organismes de financement notamment de la
recherche (Oséo, CDC, Fonds Biotech, pôles de compétitivité) …

Retour sur investissement :


Au plan qualitatif, pour la France : gain d’image par le rattrapage de son retard ; gain
d’attractivité dans ce secteur d’avenir difficilement délocalisable (en raison de sa haute
technicité), à forte croissance, créateur d’emplois de recherche et productifs ; gain
d’indépendance sanitaire (cf. la réponse aux pandémies par les vaccins) …
Au plan économique : les emplois créés et la richesse induite sont difficiles à chiffrer à ce
stade. La France ne peut se permettre d’être absente du segment le plus croissant du
marché du médicament. NB : le marché français des anticorps monoclonaux thérapeutiques
dépasse désormais 10 Milliards d’euros par an, et que notamment la part de marché des
entreprises française y est nulle.

Rédacteur principal : Guillaume Bologna, Laboratoires LFB

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22 octobre 2009

Une meilleure performance des systèmes de santé


avec le développement de l'« e-santé»

Enjeux :
Permettre une meilleure coordination des acteurs de santé, les personnes et les
professionnels, et une meilleure administration de la santé entre le domicile, la ville, les
établissements (hôpitaux, cliniques, maisons de retraite, etc.) à l’échelle des territoires
locaux, régionaux et national, voir européen.
Accompagner le basculement des systèmes de soins vers un système de santé basé sur la
prévention.

Bénéfices attendus :
L'intérêt de l'e-santé est :
.Augmenter la qualité des soins et de vie des personnes concernées et du personnel
soignant
.Assurer un meilleur coût bénéfice des systèmes de soins avec les différents acteurs
.Anticiper les défis du vieillissement et de la désertification grâce par exemple au suivi à
domicile
.Retarder l'entrée en milieu institutionnel ou accélérer le retour à domicile et le suivi en ville
de la personne
.Créer un nouvel écosystème générateur d'emploi de services à la personne
.Etre un des principaux leviers du développement des mesures de prévention qui vont de
pair avec la constitution et l’exploitation de grandes bases de données.

Secteurs concernés :
Secteur de la santé jusqu’à la santé au travail et la santé environnementale, des services à
la personne, des technologies de l’information et de la communication (TIC) et des
assurances.

Comment :
Permettre la continuité du parcours de santé associant les soins, les mesures de prévention
et le conseil grâce au déploiement de la technologie numérique.
Deux axes principaux caractérisent les possibles développements de l'e-santé.
1. Coordonner ou diffuser des actions professionnelles dans un territoire donné, grâce à
la mise au point d’outils comme le dossier médical partagé dans les réseaux de
santé, des protocoles cliniques interprofessionnels innovants ou la télésanté et la
télémédecine qui permettent de pratiquer à la fois en présence et à distance des
activités appropriées au système de santé.
2. Favoriser le suivi à domicile et préserver des liens sociaux chez des personnes
isolées, fragiles, vulnérables ou à mobilité réduite. La médiation technique cherche
alors à privilégier la télé relation. Grâce aux nouvelles technologies de l'information et
de la communication, capteurs et système d'information permettent une surveillance
médicale des patients et de leur environnement à leur domicile et en ville avec des
données, qui sont traitées et analysées localement par un système d'informations,
relayées par un centre de télésurveillance, et redistribuées aux personnes
ressources. Il peut s'agir de la famille et des proches, des médecins ou des autres
professionnels concourant à la santé (infirmiers, assistantes sociales, psychologues,
diététiciens, etc.).

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Impacts :
A court terme : sur les professionnels de santé et les technologies d’information et de
communication
A moyen terme : sur les services à la personne, les services de soins et de prévention, les
services des assurances et des produits de santé

Investissements et modalités de financement :


L'investissement serait de l'ordre de 1 milliard d'euros L’amorçage d’un projet significatif en
e-santé à l’échelle locorégionale exige de l’ordre du million d’euros en moyenne sur les deux
premières années, le nombre de spécialités médicales étant de l’ordre de 40 et le nombre de
régions de 25,.
Pôles de compétitivité (Medicen, CapDigital, Systematic, AdvanCity, etc.), FIVAT, acteurs du
Public et du Privé

Acteurs :
Les professionnels de santé seront en première ligne avec les personnes et leurs familles

Les entreprises des technologies de l’information et de la communication (TIC) en tant que


supports de transformation des organisations de santé et de la pratique médicale, mais
aussi les industriels des produits de santé et les entreprises aménageant les territoires.

Les services à la personne, de soins et de prévention, des assurances et des produits de


santé, ou s'impliquant dans les ressources susceptibles de maintenir et renforcer les
sociabilités des personnes et leurs familles qui connaissent des événements majeurs
concernant la naissance, l’éducation, le travail, etc., ou rencontrent des limitations de
mobilités (personnes âgées, personnes handicapées) tout au long de la vie.

Les administrations de la santé, de l’éducation, du travail, de l’écologie et du développement


durable, de l’économie, etc.

Retour sur investissement :


Au plan qualitatif : amélioration de la qualité de vie, des soins et de la prévention,
Au plan économique : amélioration du coût bénéfice des soins grâce à une meilleure
coordination et une réduction des coûts liés à l'hospitalisation et à l'institutionnalisation,
développement d’une économie de la connaissance médicale performante, meilleure gestion
du « capital santé », exportation de systèmes de santé
Création d'emplois dans les services (à la personne, de prévention, etc.) et les TIC :
50 000 emplois d'ici 2012 selon les syndicats/groupements professionnels.

Rédacteur principal : Didier Hoch, Sanofi Pasteur MSD

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22 octobre 2009

La formation initiale et continue :


un levier pour soutenir et développer les entreprises
agissant dans le domaine de la santé

Enjeux :
Le secteur des industries de santé connaît actuellement de profondes évolutions
structurelles très rapides et un changement de modèle économique, dus à plusieurs facteurs
d’ordre économique, scientifique, technologique et sociétal, dans un environnement
fortement concurrentiel.

Ces mutations exigent des compétences nouvelles et s’accélèrent à un moment où


l’insertion professionnelle des jeunes est de plus en plus difficile et où le taux de chômage
augmente.

Même si pour la première fois en 2007, le secteur du médicament a connu une stagnation de
l’emploi qui risque de s’aggraver dans les années à venir dans les entreprises du secteur et
chez leurs sous-traitants, il n’en demeure pas moins que des difficultés de recrutement en
production mais aussi pour certains métiers en recherche et développement ou pour les
diplômes de pharmacien ou de médecin existent.
Des défis fondamentaux doivent être relevés : la recherche de l’excellence dans les
formations et les compétences dans les nouveaux axes scientifiques, la professionnalisation
des enseignements, l’amélioration de l’entrée des jeunes sur le marché du travail, l’accès
facilité à des compétences expérimentées pour les PME, la reconversion de certaines
populations…

Bénéfices attendus :
Une adéquation entre les besoins de compétences nouvelles des entreprises ou des centres
de recherche à moyen et long terme et les formations dispensées par les établissements
d’enseignement supérieur dans les sciences du vivant.

Secteurs concernés :
Secteur des industries de santé (médicament, vaccin, dispositifs médicaux, diagnostic,
biotechnologies…), secteur de l’alimentation, secteur de la cosmétologie….

Comment :
En cohérence avec les orientations du Conseil Stratégique pour les Industries de Santé
(CSIS), les mesures proposées visent à :
- anticiper en permanence les évolutions des compétences et à adapter en
conséquence les formations pour former les meilleurs,
- sélectionner les meilleures filières de formation en biosanté en France,
- professionnaliser les cursus de formation,
- favoriser le développement de réseaux entre les universités et les grandes écoles
pour faire intervenir les meilleurs enseignants-chercheurs dans chaque établissement
et à aider à la mobilité et aux reconversions.

L’ensemble de ces orientations devant être mises en œuvre en synergie entre les industriels,
les universités et les écoles.

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Quatre mesures principales sont proposées :
- Sélectionner et développer 2 à 4 pôles d'excellence de formation en biosanté spécialisés,
dans un environnement géographique "santé, recherche et industriel" fort, afin de
décloisonner les formations, de favoriser les cursus multidisciplinaires, de professionnaliser
les enseignements et de mutualiser les équipements et les infrastructures (notamment
biotech) et de créer des liens avec les pôles de compétitivité (notamment MEDICEN et Lyon
Biopôle). Cela suppose d’associer aux grands pôles de formation en biosanté les structures
de plus petite taille sous forme de réseau. Lien avec l’axe bioproduction pour les plateaux de
formation en bioproduction.
- Créer un "Centre de ressources ou institut virtuel des métiers des industries de la santé",
constituant une référence nationale dans le domaine des industries des sciences du vivant.
Ce site permettra d’améliorer la lisibilité des formations et la visibilité sur les besoins des
industriels, par la mise en réseau de l'ensemble des données disponibles ou à recueillir :
cartographie des formations et parcours conduisant aux industries de santé, présentation
des métiers industriels de la santé et leurs évolutions, critères d'excellence des formations,
offres de stages, expériences exemplaires d’établissements d'enseignement et
d’entreprises...

- Soutenir de façon privilégiée la création et le développement de structures de partage de


personnel du type « groupements d’employeurs » dans les bassins d’emploi « biotech »,
permettant aux PME de biotech de partager du personnel expérimenté et les coûts salariaux,
et d’acquérir au plus tôt les compétences critiques nécessaires à leur développement.
S’appuyer sur le modèle des 2 expérimentations conduites par l’industrie et les structures
publiques régionales en 2008/2009 en Rhône-Alpes et Ile-de-France.

Impacts :
Les mesures proposées permettront à court terme de favoriser et développer l’insertion des
jeunes dans les industries de la santé et de développer l’excellence des compétences en bio
santé en France
Elles permettront également de soutenir et développer l’emploi dans les PME notamment de
biotechs.

Investissements :
1/ Pôles d'excellence de formation en biosanté
Investissement de 90M€ pour le coût de construction de 3 plateformes de formation.
Le coût moyen de construction est de 30M€ par plateforme (infrastructures, équipements
technologiques et compétences), en tenant compte de la possibilité de s’appuyer sur des
équipements et des compétences préexistants.
Construction et/ou investissement dans les plateformes sur une période de 3 ans.
La maintenance et l’actualisation des équipements dans le temps représentent 10 à 15 %
des investissements initiaux. Ils pourront se faire sur des financements existants, notamment
au travers d’un ciblage du versement de la taxe d’apprentissage.

2/ Centre de ressources ou institut virtuel des métiers des industries de la santé


Co-financement FSI et industrie. Coûts estimé pour la recherche et/ou la mise en forme des
informations, la construction du centre : 1 million d’euros

3/ Création et développement de structures de partage de personnel du type « groupements


d’employeurs » pour favoriser le développement des PME de biotech
1,5 Millions d’euros pour la création de 3 structures dans les régions biotech non pourvues
(Alsace, Pays de Loire, PACA notamment).
Coûts de prospection d’entreprises, d’étude de structure adéquate, création et soutien à
l’activité la première année d’existence : 400 à 500 000 euros par structure de mutualisation.

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Acteurs :
Universités biosanté et grandes écoles, Instituts Hospitalo-Universitaires, Pôles de
compétitivité, Partenaires publics nationaux, Collectivités territoriales, Ministère de
l’Enseignement Supérieur …
Entreprises, sur les différents secteurs des industries de santé visés : entreprises du
médicament humain et vétérinaire, PME de biotechnologie santé, sous-traitants R&D et
production, matériel médical, diagnostic…

Retour sur investissement :


Au plan qualitatif : amélioration de la qualité des formations et de leur adaptation aux
besoins.
Au plan économique : renforcement de la compétitivité des entreprises.

Rédacteur principal : Pascal Le Guyader, Leem

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ILE‐DE-FRANCE   C
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CONTRIBUTION MEDEF ILE DE FRANCE 
 
A la suite des annonces relatives au « Grands Paris » faites par Nicolas Sarkozy 
le  29  avril  dernier,  une  mission  d’évaluation  du  financement  des 
investissements en matière de transports a été mise en place sous l’autorité de 
Gilles Carrez, député du Val de Marne et rapporteur du Budget. 
Cette  mission  a  conclu  à  la  nécessité  de  trouver  6  à  10  milliards  d’euros  d’ici 
2025 pour financer les investissements transports prévus. 
Vous  trouverez  ci‐joint  le  détail  de  ce  chiffrage  qui  ne  concerne  que  la  partie 
investissement du projet transport en commun du « Grand Paris » soit la partie 
finançable par l’emprunt. 
 

Les besoins à horizon 2025 – Investissements 
Les besoins en MD € sont les suivants : 

Nature  Coûts  Financement  Besoins de 


acquis  financement 

Urgences    3.3    0.5    2.8  


- dont SD RER    1.3    0.5    0.8 
- dont accessibilité    2.0 

Accélération des projets CPER    6.2    3.4    2.8 

Grands projets  11.5 à 15.3      11.5 à 15.3 


- dont Eole    1.6      1.6 
- dont ligne 14    3.5      3.5 
- dont Arc Express  6.2 à 24.7    3.8    17.1 à 20.9 

TOTAL  20.9 à 24.7    3.8  17.1 à 20.09 

 
 
 
Les recettes à horizon 2025 
Couverture des besoins en investissements 

Financement des besoins complémentaires : 
- Financements budgétaires  5.8 MD€ 
o Correspond à la poursuite de l’effort actuel sur la période 2014‐2025
- Gisements financiers  5 à 6 MD€ 
o Gisement du FARIF (‐ 330 M€/an)  5 MD€ 
o Contribution aménagement  < 1 MD€ 
Soit un total environ  11 MD€ 
Le reste à financer pour l’investissement s’élève donc 
A 6à 10 MD€ d’ici 2025 

L’emprunt national pourrait également couvrir des améliorations en matière de 
transports  routiers  afin  d’achever  le  bouclage  autoroutier  et  le  maillage  de  la 
périphérie de Paris, à savoir : 
¾ Bouclage de l’A86 : 1 milliard d’euros 
¾ Achèvement de la francilienne A104 à l’est (niveau de Joinville) et à l’ouest 
(A 13 – Cergy A 13 – A 10) : 3 milliards d’euros 
¾ Liaison rapide Meaux‐Melun (77) : 1 milliard d’euros 
Soit un coût pour ces infrastructures routières d’environ 5 milliards d’euros 
 

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RHONE ALPES  S
CONTRIBUTION MEDEF RHONE ALPES
 
Le nœud lyonnais 
 
I. LE NŒUD LYONNAIS EST UN SOUCI POUR LES ENTREPRISES. 
ƒ Malgré le dynamisme du Préfet pour « booster » les procédures d’instruction (le choix 
du tracé du CFAL a avancé très vite), on a le sentiment d’impasse, car le financement 
des collectivités n’est pas à la dimension des dossiers ferroviaires (CFAL Nord et Sud, 
accès français au Lyon Turin, Branche Sud LGV Rhin Rhône, Contournement de Bourg 
en  Bresse,  volet  territorial  du  contrat  de  projet  2007  –  2013  pour  la  ligne  Grenay  – 
Saint fons et le Sillon Alpin)… 
ƒ Comment va‐t‐on faire avancer ces projets alors qu’aucun financement de ces dossiers 
ne  connaît  la  moindre  ébauche  à  l’exception  de  la  section  internationale  du  Lyon  – 
Turin ? 
ƒ Le nœud ferroviaire lyonnais est donc une problématique nationale et européenne qui 
implique des dispositifs financiers adaptés. (engagement financier beaucoup plus fort 
de l’État que dans les autres projets français, nécessité de sensibiliser l’Europe. 
Π Il  faut  que  le  nœud  ferroviaire  lyonnais  soit  inscrit  dans  le  RTE‐T  que  l’Europe 
arrêtera en 2010. 
ƒ Autre souci, la Région a un engagement énorme sur les TER tant pour l’exploitation que 
pour  l’achat  de  rames.  Ceci  vient  limiter  ses  capacités  futures  pour  financer  de 
l’infrastructure  ferroviaire.  Par  ailleurs,  la  Région  a  une  attitude  très  prudente 
concernant le trafic marchandises, avec l’argument que ce n’est pas de sa compétence. 
Sa participation financière au CFAL n’est pas à ce jour garantie. 
ƒ Il  y  a  aussi  un  conflit  d’usage  entre  les  trafics  voyageurs  et  les  marchandises,  au 
détriment des marchandises. 
Il manque des sillons fret, notamment le jour, pour répondre aux besoins des entreprises et 
permettre un service compétitif du mode ferroviaire. 
Si la part modale de la route (environ 80%) est peu susceptible de baisser, il est en revanche 
évident que le trafic longue distance qui s’opère par camion devrait être sur le train. Il faut 
donc un réseau ferroviaire dédié permettant de massifier le trafic sur quelques grands axes. 

II. LE NŒUD FERROVIAIRE EST SATURE ET CETTE SITUATION VA EMPIRER : 
ƒ car la circulation TER va fortement augmenter, 
ƒ car à partir de 2012, des trains directs fret fonctionneront entre Barcelone et Lyon, et le 
trafic du port de Fos vers son arrière pays devrait également augmenter. 
ƒ car les premiers TGV de la branche Est de la LGV Rhin Rhône vont arriver à Lyon en 2011. 
 
III. LES BESOINS DES ENTREPRISES : 
ƒ le CFAL au plus tôt et dans sa totalité (Nord + Sud), 
Il faut que la procédure Sud rattrape la procédure Nord, car si le Nord est ouvert avant le 
Sud, il va aggraver la saturation de la ligne actuelle Grenay – Vénissieux Saint Fons  qui 
nécessite une extension de capacité indépendamment de la réalisation de la branche Sud 
du CFAL, 
ƒ La modernisation du réseau ferroviaire au centre de Lyon : 
o Tranchée de la Guillotière, 
o Accès ferroviaire du Port Édouard Herriot. 
ƒ Accès  français  au  Lyon  –  Turin,  c'est‐à‐dire  modernisation  de  la  ligne  classique  vers 
Grenoble et la Maurienne. 
ƒ un chantier de transport combiné dans l’Est lyonnais (Grenay). 
ƒ L’affirmation de Saint‐Exupéry comme pôle intermodal d’avenir. 
 

*** 
Infrastructures 
 
DES FAITS MARQUANTS : 
ƒ L’A89 « se construit » mais quid du raccordement 
ƒ La portion A432 Les Echets la Boisse prévue depuis 20 ans se construit 
ƒ Le Medef Rhône‐Alpes a été consulté sur le CFAL en juin 2009 
Mais l’ensemble des projets routiers piétine parce que l’Etat ne veut pas faire avancer, 
faute de financement d’une part et de Grenelle d’autre part : 
ƒ CFAL : stand by  
ƒ A45 : stand by malgré DUP positive. Appels d’offre ne sont pas lancés 
ƒ A89 : quid du raccordement  
ƒ A48 : stand by. L’Etat remet en cause clairement en lien avec remise en question du 
contournement de Grenoble et de l’A51  
ƒ A51 : stand by  
ƒ Lyon Turin : malgré 3 ans de retard, les travaux de l’autoroute roulante seront terminés 
dans 1 an. Appel d’offres en cours pour trouver entreprise nouvelle pour travaux du 
tunnel 
ƒ LGV Rhin Rhône : l’Etat lance sa consultation sur le tracé de la branche Sud. Risque que 
les acteurs économiques soient en opposition totale avec tous les autres trajets. 
 
PROPOSITIONS DE MESSAGE A PASSER :  
ƒ Encourager l’Etat à continuer son métier d’anticipation :  
L’Etat doit continuer à défendre les infrastructures qui demandent en moyenne 20 ans et 
qu’il ne peut pas, au nom du CO2 stopper  des projets type A51… car d’ici là, les voitures 
consommeront moins d’énergie fossile. 
ƒ La mobilité étant facteur de richesse économique et sociale, avons‐nous le luxe de nous 
priver d’équipements créateur de richesses ?  

*** 
CFAL, A45, A89, A48… ‐ l’intermodalité est déterminante 
 
Dans  une  logique  de  compétition  internationale,  l’entreprise  a  besoin  d’une  prestation  de 
qualité. L’intermodalité est une réponse : 
1. Penser complémentarité des modes de transport en ciblant des créneaux de pertinence. 
A chaque mode d’être le plus pertinent : le fret ferroviaire vaut par exemple sur les très 
grandes distances. 
2. Porter  les  efforts  là  où  il  y  a  le  moins  de  qualité  de  service  en  revalorisant  le  fret 
ferroviaire, plutôt que de pénaliser ce qui va bien. 
a. Booster  la  volonté  de  fret  rapide  Lyon‐Carex en  reliant  (objectif  2012  2015)  en 
messagerie rapide les grands aéroports (Lyon, Paris, Cologne, Liège) qui sont sur des 
liaisons ferroviaires grande vitesse, ce qui permettra de faire évoluer un fret avionné 
ou camionné en ferroviaire  
b. Poursuivre les efforts sur les transports routier et l’autoroutier certes, mais le taux 
d’émission  a  diminué  de  façon  drastique  ces  dernière  années  et  on  peut  avoir 
confiance  en  les  progrès  des  constructeurs  en  matière  de  technologies  hybride, 
dépollution… 
3. Avoir des plates‐formes logistiques le plus proche des clients. C’est bon tant au niveau 
économique  qu’écologique.  Il  est  urgent  par  exemple  que  soit  trouvée  une  solution  à 
saturation  de  la  plate‐forme  de  transport  combinée  de  Vénisseux.  Le  projet  de  Grenay 
dans l’Est lyonnais est particulièrement pertinent en raison notamment de sa proximité 
de l’Aéroport de Saint Exupéry. 
4. Converger vers une gouvernance d’intérêt général bien compris. Si le décideur réel est 
dans la plupart des cas l’Etat, les grands élus peuvent appuyer la démarche. Si la région 
Rhône‐Alpes soutien l’A89, l’A45 et le contournement de Lyon, cela a plus de poids que 
les  élus  locaux  et  les  forces  économiques  réunies.  « On  ne  demande  pas  à  la  région 
Rhône‐Alpes de payer l’autoroute mais de dire qu’il faut la faire » 
5. Même s’il est clair que la priorité est au mode alternatif, il faut finir, notamment: 
ƒ Ambérieu‐Coiranne  
ƒ Grenoble Sisteron  
ƒ A45  
ƒ A48 
ƒ A89  
ƒ Contournement  Ouest  Lyonnais  et  Contournement  Ferroviaire  de  l’Agglomération 
Lyonnaise qui sont des maillons indispensables pour le Lyon Turin 
 
PROPOSITION DE MESSAGE A PASSER :  
Les acteurs économiques de Rhône‐Alpes seront particulièrement vigilants à la révision du 
Schéma  National  des  Infrastructures  de  Transport  prévue  pour  fin  2009  qui  évalue 
l’ensemble  des  infrastructures,  notamment  Lyon  Saint  Etienne,  et  qui  risque  d’être  au 
détriment de l’autoroutier, au profit du ferroviaire.  
 
 
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Syntec Informatique
Septembre 2009

Relever le défi du Numérique


Pour un emploi stratégique du « Grand Emprunt National »

Les Technologies de l’Information et des Communications (TIC) et l’économie numérique constituent


l’un des moteurs de la croissance et du développement des sociétés modernes. Leur impact est
essentiel non seulement en termes de compétitivité industrielle et de partage de ressources, mais
aussi dans les domaines de la cohésion sociale, de la santé, de l’éducation et de la culture, des
transports et de la sécurité.
Relever le défi du Numérique doit être un enjeu majeur pour notre société.
Le Rapport de la Commission Européenne sur la compétitivité numérique le confirme : le Numérique
permettra à l’Europe de se remettre durablement de la crise et l’Union Européenne doit se doter d’une
politique ambitieuse en matière de TIC. Le 22 juin 2009, le Président de la République a annoncé le
lancement d’un « Grand Emprunt National » qui démarrera en janvier 2010 et permettra de financer des
« investissements d'avenir » pour la France.
Dans ce contexte, Syntec informatique souhaite sensibiliser la Commission du Grand Emprunt National, sur
la nécessité d’inclure le Numérique parmi les secteurs prioritaires.
La profession s’est attachée ces dernières années à mettre en évidence le retard accumulé par la France en
matière de Numérique et les opportunités offertes par la filière. A l’heure où l’Etat français cherche à identifier
les secteurs d’avenir pour la France, Syntec informatique souhaite rappeler le caractère stratégique du
secteur Numérique.
Le séminaire « Numérique : investir aujourd’hui pour la croissance de demain », qui s’est tenu le 10
septembre à Paris à l’initiative de Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d’Etat à la prospective et au
développement de l’économie numérique a placé le Numérique au cœur des débats sur les investissements à
conduire dans le cadre du Grand Emprunt. Les pistes de réflexion retenues concordent avec les
recommandations de la Chambre professionnelle, mais les réflexions autour de la santé, de l’éducation et du
développement durable doivent être approfondies.
Les débats ont fait émerger plusieurs priorités, rappelées en conclusion par Nathalie Kosciusko-Morizet :
- L’investissement en matière de Très Haut Débit, dont le déploiement sur l’ensemble du territoire
français représente un enjeu à la fois économique et social,
- La sous-capitalisation des entreprises du logiciel,
- Le développement de l’usage du Numérique dans les PME,
- La mutualisation d’infrastructures informatiques pour les start-ups,
- L’investissement dans la numérisation des contenus patrimoniaux audiovisuels et leur
accessibilité via une « porte d’entrée » numérique.

Quatre autres priorités devront être étudiées, car elles sont structurantes pour le développement d’une
« société numérique », pour une croissance juste, sobre et équitable :
- L’ « internet pour tous »,
- Le développement de la « e-santé », qui apportera notamment des réponses aux problématiques
posées par le vieillissement de la population,
- La réflexion autour de la maîtrise de la consommation d’énergie et de l’inter-modalité des
transports,
- L’éducation par les TIC et aux TIC, avec la création d’un pôle universitaire d’excellence formant aux
technologies des l’information et de la communication, en liaison avec les pôles de compétitivité.
Les 10 propositions de Syntec informatique auront un impact déterminant sur la compétitivité
française, en permettant de relever de grands défis sociétaux de demain.

1
Sommaire
e
I. Le Numérique : levier de croissance et de développement du XXI siècle aux enjeux
souvent sous-estimés ............................................................................................................................... 3
1. Le Numérique : un secteur stratégique, une composante majeure de la France de demain ........ 3
2. Un levier de croissance et d’emploi qui reste insuffisamment utilisé en France ........................... 3
3. Capitaliser sur une base existante : les atouts de la France en matière de Numérique ................ 4

II. Propositions de projets structurants et de rupture pour la France ..................................... 5


1. Le Numérique pour tous les citoyens français .................................................................................. 5
Un pré-requis : accélérer le déploiement du Très Haut Débit ................................................................. 5
PROPOSITION : accompagner l’émergence des « natifs du Numérique » ............................................ 5

2. Accompagner le développement et la consolidation du secteur Logiciels & Services ................. 6


PROPOSITION : mettre en place des fonds d’investissement à destination des PME innovantes du
secteur des Logiciels et & Services ......................................................................................................... 6

3. Numériser le tissu économique français en commençant par les TPE et les PME ........................ 7
PROPOSITION : équiper les PME françaises grâce au chèque « e-Business » et renforcer le
programme « TIC PME 2010 » ........................................................................................................................ 7
PROPOSITION : créer des « Plateformes Numériques » à destination des TPE .................................. 7

4- Numérique & Développement social & durable : proposition de trois grands projets sociétaux 8

4.1 « Dépendance » : moderniser le système de santé français .................................................................. 8


PROPOSITION : préparer la voie de la Télémédecine ........................................................................... 8

4.2 « Economie de la connaissance » : favoriser l’émergence d’un Pôle du Numérique en France ............ 9
PROPOSITION : créer une grande Ecole du Numérique Française faire aboutir l’Opération d'Intérêt
National (OIN) de Saclay ......................................................................................................................... 9
PROPOSITION : faire de la France un grand territoire du Numérique ................................................... 9

4.3 « Green IT » : bâtir les réseaux de distribution et de transport du futur ................................................ 10


PROPOSITION : « Réseaux électriques intelligents », optimiser la consommation d’énergie des
collectivités locales et des ménages ..................................................................................................... 10
PROPOSITION : « Réseaux de transports intelligents » ...................................................................... 10
PROPOSITION : télétravail et réduction de l’usage des transports, développer l’intermodalité des
transports dans le Grand Paris .............................................................................................................. 11

2
I. Le Numérique : levier de croissance et de développement du XXIe
siècle aux enjeux souvent sous-estimés

1. Le Numérique : un secteur stratégique, une composante majeure de la France de demain

 Un secteur qui pèse dans l’Economie française


L’Economie Numérique au sens large, incluant la filière TIC et le commerce en ligne, représente désormais
en France plus de 100 milliards d’euros, soit 7% du PIB français, et emploie plus d’1 million de collaborateurs.
Le secteur connaît une croissance dynamique et pérenne avec près de 5% de croissance moyenne annuelle
constatée sur les 10 dernières années.
Avec 42 milliards d’euros, 370 000 collaborateurs et 6% à 7% de croissance moyenne annuelle constatée sur
les 10 dernières années, le secteur « Logiciels & Services » constitue le secteur le plus dynamique de la
filière TIC.
 Un effet de levier important sur l’ensemble de l’économie française, des bénéfices
économiques et sociaux multiples
Outre son importance économique et son dynamisme, le numérique irrigue tous les secteurs de l’économie,
qu’il s’agisse de l’industrie traditionnelle ou des services. Il constitue un secteur de rupture pour la France,
e
dans lequel il devient urgent d’investir afin de relever les défis du XXI siècle :
o Soutenir la croissance économique et l’emploi : le Numérique permettra tout d’abord à la France
de renouer avec la croissance, de se spécialiser vers des activités à très forte valeur ajoutée et de
gagner en productivité,
o Apporter des solutions aux enjeux de société de demain : le Numérique est également
indispensable à la réalisation des objectifs de développement de la France dans des domaines aussi
variés que le réchauffement climatique, le développement durable, la santé, l’éducation, l’amélioration
du service public, le vieillissement de la population, la dilution du lien social, la compétition accrue de
pays émergents,
o Consolider l’indépendance et la souveraineté de la France : en investissant aujourd’hui dans les
technologies de demain, la France se donne les moyens de consolider son avance dans nombre de
secteurs et de partir à la conquête de nouveaux leaderships, sur un plan local, national et
international.

2. Un levier de croissance et d’emploi qui reste insuffisamment utilisé en France

Le Numérique est stratégique pour l’économie française et essentiel afin d’atteindre les objectifs de
développement social que se fixe notre pays. Les enjeux semblent clairs, pourtant la France sous-utilise
cette industrie-clé.
De nombreux rapports consacrés aux apports macro et microéconomiques des Technologies de l’Information
et de la Communication ont mis en lumière que le différentiel de croissance du PIB entre l’économie française
et celle des Etats-Unis, de l’ordre de 1,5 point, s’expliquait pour moitié par une utilisation moins performante
des TIC. Pourtant, les indicateurs mettent en évidence que la France accumule un retard important en
matière d’usages numériques.
La profession a, à de nombreuses reprises, interpelé les pouvoirs publics sur le fait que la France n’occupe
qu’une place moyenne en matière de Numérique dans l’arène mondiale. Parmi les faiblesses évoquées on
compte :
o Une prise en compte insuffisante de l’impact et de la contribution des TIC, tant au niveau des acteurs
publics que privés,
o Un sous-investissement chronique des entreprises et des administrations en TIC,

3
o Un financement insuffisant du secteur, pourtant demandeur de capitaux, résultant notamment du
nombre trop faible de business angels et de politiques publiques peu lisibles,
o Un accès aux grands comptes privés et publics difficile pour les PME innovantes du secteur alors que
d’autres pays ont su mettre en place des mesures de soutien, comme le « Small Business Act »
américain,
o Un marché domestique trop étroit pour l’émergence de leaders mondiaux et un marché européen très
fragmenté,
o La montée en puissance de nouveaux acteurs (l’Inde et la Corée aujourd’hui, la Chine demain) qui
ont su développer de véritables politiques industrielles en matière de Numérique,
o Des liens distendus entre la recherche publique et la recherche privée,
o La désaffection des jeunes pour les études et carrières de la filière,
o Une industrie française du logiciel innovante mais fragmentée, comportant peu d'entreprises
d'envergure européenne.

3. Capitaliser sur une base existante : les atouts de la France en matière de Numérique

La France dispose de véritables atouts. Il devient urgent de faire fructifier afin que le pays retrouve son
leadership naturel tant technologique qu’économique.
En effet, la France possède à son actif :
o La qualité et la réputation de ses ingénieurs, grandes écoles et centres de recherche,
o L’existence de pôles de compétitivité mondiaux dans des domaines technologiques stratégiques,
o Un tissu de PME innovantes très dense, fortement créateur d’emplois,
o Un très bon positionnement sur des niches technologiques, des ruptures technologiques (logiciel
embarqué, Saas…),
o L’existence de leaders mondiaux dans des domaines tels que les services informatiques, les
télécommunications, les cartes à puces,
o La qualité de vie en France attractive pour les cadres et les chefs d’entreprises étrangers,
o Le développement continu des usages internet grand public.

Dans de nombreux domaines, « les jeux ne sont pas faits » et la France dispose des atouts pour s’imposer
sur les marchés mondiaux.

L’ « excellence française » est bien souvent née d’une décision politique décisive et de la mise en
œuvre d’un programme public d’orientation.

L’Emprunt National constitue l’opportunité pour la France de se repositionner parmi les pays leaders
du Numérique.

4
II. Propositions de projets structurants et de rupture pour la France
Syntec informatique a identifié trois domaines d’intervention structurants prioritaires qui pourraient avoir
un impact déterminant sur la compétitivité française et permettre de relever les grands défis sociétaux de
demain.

1. Le Numérique pour tous les citoyens français

L’accroissement rapide des services et des échanges électroniques dans les sphères économiques,
publiques et privées, rendent inacceptables les disparités qui existent en termes d’accès à internet des
citoyens et des entreprises, que ce soit pour des raisons géographiques, financières ou culturelles.
L’ambition du « Numérique pour Tous » ne peut être atteinte sans une politique ambitieuse en matière
d’infrastructures et doit être complétée par une politique structurée en matière d’usages numériques.

 Un pré-requis : accélérer le déploiement du Très Haut Débit


Dans le secteur des télécommunications, la France est un leader des connexions Haut Débit ADSL (bande
passante supérieurs à 1 Mbit/s), avec plus de 18 millions d’accès Haut Débit et un taux de pénétration de plus
de 68% des ménages. Cependant, la France est en retard dans les infrastructures de Très Haut Débit (bande
passante supérieure à 10 Mbit/s) par rapport à l’Asie.

Dans la perspective du Numérique pour tous et de l'objectif porté à 8 millions de foyers connectés en 2012, le
déploiement du Très Haut Débit constitue un enjeu de compétitivité pour la France.

Les enjeux sont de taille : généralisation de nouveaux usages touchant des domaines très consommateurs de
capacité réseau tels que l'imagerie médicale, l’évolution de la taille des contenus numériques (croissant en
moyenne de 8% par an), l’évolution des exigences des utilisateurs en termes d'accès et de disponibilité. La
fibre optique pour le fixe et les nouvelles normes (3G+, HSDPA,…) pour les mobiles permettront de répondre
à l’évolution de la demande.

Les investissements requis pour déployer et opérer les réseaux à Très Haut Débit sont considérables : ils
trouveront leur légitimité dans la démultiplication de l’offre en matière d’usages et leur utilisation par la quasi-
totalité des citoyens. Il doit être appuyé par le Gouvernement et par les pouvoirs publics et déployé dans le
respect des intérêts publics et privés.

Seule une véritable ambition française en matière d’infrastructures Très Haut Débit permettra de déployer de
nouveaux services entre les entreprises, les citoyens et l’Etat, qui contribueront à la modernisation de la
France, tant du point de vue des infrastructures que des usages numériques. Le déploiement de ces
infrastructures ne doit donc pas être dissocié d’une politique de développement des usages.

 PROPOSITION : accompagner l’émergence des « natifs du Numérique »


Selon la Commissaire Viviane Reading, l’Union Européenne doit « saisir la chance qui se présentera
lorsqu’une nouvelle génération d’Européens mènera le jeu sur le marché européen. Pour que le potentiel
économique de ces 'natifs du numérique' s'exprime pleinement, nous devons faire en sorte que l'accès aux
contenus numériques soit à la fois aisé et équitable ».

C’est dans cette perspective que la France doit se donner pour ambition d’accompagner le développement
des usages dès le plus jeune âge dans l’ensemble de la société française.

Le projet structurant accompagnant cette ambition consisterait à équiper l’ensemble des enseignants,
établissements et élèves français en ressources numériques et contenus pédagogiques dématérialisés.

o Le Collège Numérique
Tout collège serait éligible sur la base d’un premier arrivé, premier servi et une priorité pourrait être accordée
aux établissements équipés d'un ENT ou ayant un déploiement prévu par un marché déjà publié.

5
Le cahier des charges du « Collège Numérique » pourrait se composer de différents éléments :
o Pour l'équipe enseignante : un ordinateur portable équipée d'une suite bureautique installée,
o Un chèque « Accompagnement, formation, évaluation pédagogique » à destination des élèves. L'offre
retenue par le Collège devra associer enseignement « présentiel », dans l'établissement, et formation
à distance,
o Un dispositif de formation à destination des Inspections (par discipline) et des chefs d'établissements,
o L'organisme de formation-évaluation devra également fournir aux chefs d'établissement un dispositif
comprenant des indicateurs simples permettant de mesurer le taux usage des dispositifs en classe,
o Un chèque « Orientation et découverte professionnelle du numérique » à destination des élèves,
o Un chèque « Manuel numérique et ressources pédagogiques » permettant d'équiper les élèves d'une
version numérique de leur manuel scolaire,
o Des équipements pour les écoles : classes mobiles, vidéoprojecteurs, tableaux blancs interactifs
fixes.

o Le Lycée Numérique
o Equipement de l'ensemble des lycéens arrivant en Seconde d'un PC permettant la prise de note sur
écran tactile, équipés d’une suite bureautique et de la totalité de leurs manuels sous forme
numérique.

2. Accompagner le développement et la consolidation du secteur Logiciels & Services

Le secteur du numérique nécessite d’importants capitaux, en raison des risques encourus, de la forte
croissance du secteur et de son fort besoin d’investissement en R&D et innovation.
Les PME du secteur numérique doivent plus particulièrement relever trois défis : accélérer leur croissance,
réussir leur internationalisation et accroître leur effort en matière de développement et d’innovation.

La France doit se donner comme ambition de favoriser l’émergence et le développement des champions
français du Numérique de demain.

Il est indispensable d’aider les PME du secteur à rentrer dans une logique d’industrialisation et de
capitalisation et pour cela de développer leurs sources de financement, de développer le nombre de business
angels en France (dix fois moins nombreux qu'en Grande-Bretagne par exemple) et de rendre la prise de
risque fiscalement plus attractive. La proposition présentée ci-dessous permettrait d’adresser les deux
premiers points.

 PROPOSITION : mettre en place des fonds d’investissement à destination des PME innovantes
du secteur Logiciels & Services sur le modèle du programme israélien « Yozma »
La France pourrait s’inspirer du programme israélien d’amorçage public/privé du capital risque « Yozma »
(« innovation » en hébreu) qui a eu un impact très positif sur le développement du capital-risque en Israël.

Ce dispositif, lancé en 1993 par le gouvernement, incite à la création de fonds de capital-risque qui ne
peuvent s’investir que dans des start-up de secteurs identifiés comme stratégiques par la politique industrielle
nationale.

Cet amorçage public, avec une mise de fonds initiale d'environ 200 M$, combiné à d'autres dispositifs
d'incitation tournés vers l'appui au développement des start-ups, s'est révélé très efficace puisque 12 ans plus
tard, l'industrie du capital-risque a explosé. Les 8,5 Md $ investis par ces fonds à la fin de 2004 ont permis la
création d'environ 2.500 start-ups.

En quelques années, Israël est devenu le pays où la part de l'investissement en capital risque rapporté au PIB
est la plus importante.

6
Yozma a été couronné de succès, devenant un modèle imité par tous les pays envisageant de développer
leur vivier de fonds de placement à haut risque.

3. Numériser le tissu économique français en commençant par les TPE et les PME

Les TPE et PME françaises forment le cœur de notre tissu industriel et sont un gisement d'innovation et
d'emploi. Elles souffrent toutefois autant sinon plus que les grandes entreprises des conditions économiques
dégradées. Le passage à l'Economie Numérique et l'appropriation des nouvelles technologies apparaît
comme une condition sine qua non de leur développement et de leur plus grande compétitivité, tant ils
favorisent le travail en réseau et l'ouverture vers de nouveaux marchés.

 PROPOSITION : équiper les PME françaises grâce au chèque « e-Business » et renforcer le


programme « TIC PME 2010 »

De nombreuses études pointent le retard pris par la PME françaises en matière d’usages numériques et
plus particulièrement d’usages à forte valeur ajoutée. Les indicateurs Eurostat montrent que la France
accumule un retard particulièrement important dans les domaines du commerce en ligne, du CRM et des
portails internet :
o La part du chiffre d’affaires réalisée grâce à la vente via l’internet est encore modeste en France
(3,9%) et est inférieure à la moyenne européenne (4,2 %),
o En matière de CRM également, on trouve un retard : 14% des entreprises françaises sont équipées
de logiciels de CRM, contre 18% pour la moyenne européenne et 30% pour l’Autriche, 26% pour
l’Allemagne, les deux pays les plus avancés.
Ceux-ci constituent pourtant des usages numériques à très forte valeur ajoutée, tournés vers la conquête de
nouveaux marchés et permettant d’aller au-delà d’une
simple relation client/fournisseur.

Le retard de la France dans ce domaine pourrait en Développer l’offre en ligne et


expliquer bien d’autres et notamment la difficulté l’informatisation des relations clients des
structurelle des PME françaises à grossir, le manque
d’entreprises de taille intermédiaire dans le tissu PME avec le Chèque e-Business
économique français, le difficile accès des PME françaises
à de nouveaux marchés, notamment internationaux.

Il devient urgent de concrétiser les propositions du plan Economie Numérique 2012 et de se donner des
objectifs chiffrés en termes d’équipement et de développement des usages numériques à forte valeur ajoutée
au sein des PME françaises.

Les fonds levés dans le cadre du Grand Emprunt National pourraient être employés à la mise en œuvre d’un
vaste programme d’équipement des PME françaises permettant le développement de leur offre en ligne et
l’informatisation de leur « relation client ». Le Gouvernement pourrait se donner pour ambition d’améliorer de
5 points le nombre de PME équipées dans ces domaines, en créant un fonds de dotation émettant
des chèques « e-Business » à destination des PME (10 à 250 employés), renforçant ainsi le programme
« TIC PME 2010 ».

Le périmètre couvrirait notamment les logiciels de gestion intégrés, les portails internet, les outils de
vente en ligne, les outils CRM, les prestations de déploiement et formation sur ces outils et la gestion des
échanges de flux électroniques (cf. périmètre du programme « TIC PME 2010 »).

 PROPOSITION : créer des « Plateformes Numériques » à destination des TPE


Les fonds du Grand Emprunt pourraient également être employés à la création de « postes de travail
numériques » et de « centres de bonnes pratiques » à destination des auto-entrepreneurs et des micro-
entreprises.

7
Ces Plateforme Numériques auraient pour objet de faciliter la gestion de l’entreprise et de favoriser la
diffusion des pratiques et usages numériques. Elles mettraient à disposition des outils de gestion et outils
spécifiques, coûteux à l’achat et difficiles à rentabiliser les premières années de vie d’une entreprise, et
donneraient accès à des infrastructures et autres équipements.

Ces Plateformes Numériques s’inséreraient au cœur des territoires et du paysage urbain français, au sein de
structures telles que les CCI ou les CJD (Centres des Jeunes Dirigeants) et pourraient s’inspirer ou se greffer
sur les dispositifs existants ou déjà déployés dans certaines Régions pilotes.

Ce projet structurant se place dans la prolongation du statut d’Auto-entrepreneur instauré par la Loi de
Modernisation de l’Economie du 4 août 2008 et permettrait de concrétiser ce qui avait été prévu dans le plan
Economie Numérique 2012, c’est-à-dire mobiliser les réseaux d’appui aux entreprises pour « indiquer aux
PME les bonnes pratiques et les initier aux usages en matière de TIC ».

4- Numérique & Développement social & durable : proposition de trois grands projets
sociétaux

En matière de développement social et durable, Syntec informatique a enfin identifié trois grands projets
structurants qui permettront de relever de grands défis sociétaux de demain : la « dépendance »,
l’ « économie de la connaissance » et le « développement durable ».

4.1 « Dépendance » : moderniser le système de santé français

 PROPOSITION : préparer la voie de la Télémédecine

S’il existe un certain nombre d'initiatives sur la numérisation d'informations médicales ou le « traitement à
distance » telles que les expériences d'intervention chirurgicale en ligne multi-pays, ou le partage
d'interprétation en radiologie, le système de santé français ne s'est pas encore doté d'outils de
dématérialisation d'information standards et sécurisés au niveau national.
Le déploiement de nouvelles applications liées à la Télémédecine (ensemble des actes médicaux pratiqués à
distance) permettra pourtant d’apporter des réponses nouvelles aux problématiques de l’accès aux soins
des populations éloignées, de la prise en charge des personnes âgées ou dépendantes, du suivi des
pathologies chroniques… Il permettra de favoriser un meilleur contrôle des ressources de l’Etat,
d’améliorer le service public et la qualité des soins par les praticiens.
Ce n’est toutefois que sur la base de deux grands enjeux structurants que la Télémédecine pourra
véritablement se généraliser :
 le Dossier Médical Personnel (DMP),
 le poste de travail du professionnel de santé.
Ces grands projets socles permettront de préparer le système hospitalier français pour l'avenir et ouvriront la
voie aux soins et à la surveillance hors milieu hospitalier.
La profession estime que les ressources allouées dans le cadre du programme « Hôpital 2012 » devraient
être sensiblement augmentées et appelle à une accélération de la mise en chantier des projets sur les
années 2009 et 2010. Le déploiement de ces ressources devrait répondre à un certain nombre d’exigences :

 Un budget progressif doit être établi et accompagné d'un planning de déploiement incluant un volet
« accompagnement du changement »,
 Il convient d’orienter les budgets vers de grands projets structurants afin d’éviter le risque de dilution
des moyens,

8
 Dans le cas du DMP, l'obligation de succès nécessite de mobiliser l'ensemble des acteurs
(professionnels, CNAM, pouvoirs publics, industriels, etc.) afin de s'assurer de la convergence de
conception et d'objectifs,
 Ce sujet doit être suffisamment attractif en termes de marché avec une vraie perspective de
croissance afin que les industriels soient véritablement moteurs. Le contexte des conditions de
marché devrait permettre un dialogue compétitif fructueux,
 Il convient d’établir un cadre d'interopérabilité pour le poste de travail du professionnel de santé. Il doit
permettre de faciliter la connectivité à l'ensemble des applications du secteur (incluant des
informations venant de laboratoires ou d'autres bases de données médicales).

4.2 « Economie de la connaissance » : Favoriser l’émergence d’un Pôle du Numérique en France

 PROPOSITION : créer une Grande Ecole du Numérique française et faire aboutir l’Opération
d'Intérêt National (OIN) de Saclay

La France dispose de compétences technologiques de pointe : l’excellence des formations françaises en la


matière est mondialement reconnue. Pourtant, alors que les TIC sont au cœur des enjeux économiques
mondiaux des années à venir, il n’existe en France aucun pôle universitaire d’excellence dans ce domaine.
Les professionnels du secteur soutiennent les approches
dites « clusters » qui visent à polariser, mutualiser les Un pôle universitaire Numérique au
savoirs, compétences et moyens, selon un ancrage territorial
fort. Cette approche apparaît d’autant plus importante dans
rayonnement international au sein d’une
une économie de la connaissance qui appelle toujours plus « Silicon Valley » française
de synergies entre la formation, la recherche et l’innovation,
ainsi qu’à une plus grande pluridisciplinarité.
Il apparaît également essentiel d’appliquer le potentiel scientifique et technologique aux thématiques
sociétales que sont, entre autres, les sciences du vivant, la santé, l’énergie.
A ce titre, l’Opération d’Intérêt National (OIN) de Saclay offre une opportunité unique pour accélérer le
développement des synergies et des compétences TIC françaises : un cluster d’envergure internationale
fédérant le monde de la recherche, les acteurs économiques et les pouvoirs publics constitue le terreau idéal
pour la création d’un pôle universitaire du Numérique bénéficiant d’un rayonnement international.

 PROPOSITION : faire de la France un grand territoire du Numérique

Les pôles de compétitivité se sont 71 « clusters » rien qu’en France et près de 2 000 en Europe. Ils
constituent un levier fort pour une politique industrielle et un enjeu important car à leur origine, se trouvent les
questions du maintien de la puissance industrielle de la France et de l’Europe, de l’emploi et de la
compétitivité (qui passent forcément par l’innovation et la R&D).
Le plus fameux exemple de « cluster » reste bien la Silicon Valley, véritable pôle de compétitivité à l’échelle
mondiale.
Il y a un an tout juste, un certain nombre de leaders d’opinion européens, politiques et chefs d’entreprise,
proposaient de renforcer les synergies entre les pôles de compétitivité français existants afin de
renforcer leur rayonnement et suggéraient le principe d’une charte en 5 points pour quelques pôles
d’excellence :
o S'appuyer sur des points forts existants. Les pôles ne peuvent être créés que dans des lieux déjà
forts d'un passé de connaissance, de compétences et de croissance,
o Concentrer les ressources et choisir uniquement quelques régions et secteurs des plus prometteurs
pour les soutenir, et offrir un environnement capable d'attirer les cerveaux les plus brillants,
accueillant pour les familles, pluridisciplinaire, bien rémunéré,
o Encourager les meilleurs à venir travailler dans les pôles d'excellence européens, promouvoir une
concurrence ouverte entre les universités, sociétés et régions pour le financement,

9
o Faire reposer les financements et la politique réglementaire, non sur le conflit des intérêts politiques,
mais sur une analyse empirique de ce qui marche et une concurrence ouverte,
o Encourager la prise de risques, le travail interdisciplinaire, l'audace dans l'innovation et
l'expérimentation.
En support de cette charte, leur mise en œuvre pourrait se traduire par la création de zones d'innovation
spéciales en Europe. L'Union Européenne pourrait désigner quelques pôles existants pour bénéficier de ce
nouveau statut. Ils auraient ainsi des budgets plus importants pour investir dans des écoles, des
infrastructures et des équipements culturels, attirer ainsi les têtes les plus pleines au monde et stimuler la
recherche universitaire et la création de sociétés dérivées.

4.3 « Green IT » : Bâtir les réseaux de distribution et de transport du futur

Les Technologies de l'Information et de la Communication joueront un rôle significatif pour limiter la


consommation énergétique d'origine fossile et les émissions de gaz à effet de serre en France dans
les années qui viennent.
Le rapport Smart 2020 publié par The Climate Group, Bio Intelligence Services, estime que les gains qui
pourraient être apportés par les TIC d'ici 2020 dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre sont
supérieurs - 3 à 5 fois - aux émissions générées par le secteur lui-même. Les voies du Green IT sont
multiples.

 PROPOSITION : « Réseaux électriques intelligents », optimiser la consommation d’énergie des


collectivités territoriales et des ménages

L'objet d’un « réseau électrique intelligent » ou « smart grid » est simple : il consiste à agréger l’ensemble des
réseaux électriques d’un territoire donné dans une vaste toile ramifiée. Aux extrémités de cette toile se situent
des « compteurs électriques intelligents » assurant de multiples fonctions : ils pilotent les appareils électriques
des utilisateurs finaux en détaillant consommation et coût, font varier les consommations d’énergie en
fonction des tarifs des heures creuses, peuvent être lus à distance et en temps réel. Ils calculent également
les émissions de CO2.
Ces nouvelles applications basées sur des technologies « Machine to Machine » permettront de gérer et de
réduire la consommation énergétique des bâtiments récents et neufs. Elles favoriseront la production
distribuée chez les particuliers et les entreprises et permettront d’optimiser l’allocation des ressources
énergétiques et d’en limiter la déperdition.
Les experts constatent une baisse de consommation énergétique allant jusqu’à 10% dans les foyers
utilisant ces compteurs électriques intelligents et des économies d’énergie allant jusqu’à 45% en matière
d’éclairage public. La mise en place d'un réseau électrique intelligent permettra de gérer plus finement
l'équilibre entre production et demande et devrait permettre de réduire les émissions de CO2 de 3 à 6%.
Deux programmes de déploiement pourraient être mis en œuvre dans le cadre du Grand Emprunt National :
o Un programme d’équipement des villes et zones urbaines françaises en « éclairages publics
intelligents »,
o Un programme d’équipement des entreprises et foyers français en compteurs électriques intelligents.
A titre d’exemple, le Royaume-Uni vient de se doter d'un plan très ambitieux d'installation de compteurs
intelligents dans chaque foyer du Royaume-Uni d'ici à 2020, représentant 8 Md £ d'investissements.

 PROPOSITION : « Réseaux de transports intelligents », développer l’inter-modalité du


transport dans le Grand Paris

Le développement de systèmes informatiques embarqués communicants dans les véhicules et les


infrastructures routières offre de nouvelles perspectives dans la manière de penser les transports urbains,
tout en réduisant la dépense énergétique des transports.

10
Ils ouvrent la voie aux réseaux de transports des villes de demain : les « Smart Cities », qui combinent
différents modes de transports urbains et apportent une fluidité nouvelle.
Amélioration de l’information des voyageurs, diminution des délais de parcours, diminution des arrêts requis
pour les paiements ou les contrôles, gestion dynamique des feux de circulation, systèmes de guidage et de
navigation, interventions rapide en cas d’incidents, diminution des embouteillages grâce à l’exploitation de
données en temps réel,…
Les nombreuses applications des systèmes informatiques permettront une meilleure irrigation du tissu
urbain, une amélioration du service rendu au voyageur et favoriseront les moyens de transport les
moins polluants.
Ces réseaux de transport intelligents permettront également d’atteindre les objectifs que la France s’est fixée
en matière de report modal lors du Grenelle de l’environnement.
Un fonds d’équipement en systèmes informatiques embarqués communicants dans le Grand Paris pourrait
être mis en place dans le cadre du Grand Emprunt National. Le programme porterait une importance
particulière à l’intégration des différents systèmes existants.
Le Québec a récemment mis en place un programme d’équipement ambitieux en matière de systèmes de
transport intelligents.

 PROPOSITION : Télétravail et réduction de l’usage des transports

Le développement du télétravail en France et la création de centres de travail à distance répartis sur le


territoire, proches des nœuds d'accès aux modes de transport respectueux de l'environnement permettraient
également d’avoir un impact bénéfique sur l’empreinte carbone de la France.
Ces centres réuniraient des employés, cadres, chefs d'entreprises dans des centres proche de leur lieu
d'habitation avec des « collègues » de différentes entreprises/origines, et situés à proximité de services variés
(magasins, garderie d'enfants, etc).
Les technologies liées à la téléprésence (image individuelle 1/1) permettraient d’entretenir une relation
personnelle et privilégiée avec l'entreprise, les fournisseurs ou les clients. Le concept fonctionnerait sur la
base d'un déploiement multinodal. Ces télécentres seraient des lieux ouverts au public mais dont le modèle
économique trouverait son propre équilibre.
L’expérimentation pourrait se concentrer sur quelques villes/zones urbaines initialement.

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Syntec Ingenierie
Paris, le 2 septembre 2009

PREMIERES REFLEXIONS SUR L’UTILISATION


DU GRAND EMPRUNT NATIONAL (GEN)

Syntec Ingénierie considère que l’utilisation du GEN doit être l’occasion d’une véritable réflexion
sur les grandes priorités d’investissement sur le plan national. C’est d’ailleurs à une démarche de
ce type que nous appelions dans notre livre blanc « Pour des investissements stratégiques
créateurs des emplois de demain » écrit avec le concours de Christian Saint-Etienne et publié au
printemps 2008.

Il est donc essentiel d’être véritablement sélectif dans le choix des projets à financer par le GEN.
Pour notre part, nous proposons que l’effort porte principalement, sinon exclusivement, sur les
investissements porteurs de développement durable et de croissance verte. A ce titre, deux
thèmes nous semblent d’une importance primordiale :

1. Le développement des infrastructures de transport collectif, permettant à la fois de lutter


contre les émissions de gaz à effet de serre et d’améliorer la mobilité, facteur essentiel
d’attractivité pour le territoire français.

Dans ce domaine, les grandes priorités d’investissement sont connues, et souvent décidées
depuis longtemps, mais en attente de finalisation des financements et de lancement effectif. Il
s’agit notamment :
o des 4 projets de Lignes à Grande Vitesse (LGV) que sont Tours-Bordeaux, la ligne
Bretagne-Pays de Loire, la prolongation de la LGV Est vers Strasbourg et le
contournement Nîmes-Montpellier. Le GEN pourrait être l’occasion de sécuriser et de
simplifier le financement en réduisant la part des collectivités locales
o du projet de canal Seine Nord
o du projet du « Grand Paris », essentiel pour décongestionner la région capitale et
renforcer sa compétitivité par rapport à ses concurrentes européennes

2. L’amélioration de la performance énergétique et environnementale des bâtiments.

Il s’agit d’une des orientations essentielles du Grenelle de l’Environnement, mais les questions
de financement n’ont pas été véritablement réglées et vont se poser avec acuité, surtout
compte tenu de la situation actuelle du marché immobilier.

Le GEN pourrait donc être mobilisé pour :


o faciliter le financement des opérations de rénovation énergétique lourde qui doivent être
entreprises sur le parc existant
o accélérer la mise en place de l’énorme programme de formation de tous les acteurs de la
filière bâtiment que la mise en œuvre du Grenelle rend nécessaire
o aider au développement d’une offre française compétitive dans le domaine des éco-
activités (production d’équipements pour les énergies renouvelables, pour les nouveaux
matériaux de construction, développement de l’ingénierie environnementale…)

¶¶¶
U

Union
des Industries Chimiques
(uic)
INDUSTRIE CHIMIQUE ET GRAND EMPRUNT

L’Union des Industries Chimiques propose que l’emprunt national soit mis en partie au service
d’une stratégie économique à moyen terme qui permette de moderniser le tissu industriel de la
chimie et le rende plus compétitif, de stimuler la croissance verte et développer une économie
circulaire, de créer des infrastructures avancées pour le transport des matières premières et des
produits finis.
En effet, l’industrie chimique en France est le secteur clé de la compétitivité nationale : en 2008
avec une contribution au PIB de 18 milliards d’Euros et 182 000 emplois, elle constitue le second
secteur industriel exportateur avec 13% des exportations nationales et son solde commercial,
positif, de 6,8 milliards d’Euros la place au premier rang. Le secteur chimique est également un
secteur relativement intensif en recherche et développement puisque ses investissements
représentent 1,3 milliard d’Euros/an, soit 5,4% du montant total en R&D au niveau national
même si les critères de la stratégie de Lisbonne sont loin d’être atteints. Cette industrie contribue
donc à renforcer la société de la connaissance. Ses produits et services irriguent le tissu industriel
français et participent à la compétitivité de l’ensemble des industries aval telles pharmacie,
aéronautique, biens d’équipement, agroalimentaire, automobile, construction. Les activités
chimiques peuvent, à ce titre, être considérées comme un élément de maintien et de
dynamisation des activités industrielles sur le territoire national. Des PME et ETI dynamiques
assurent en grande partie le champ de développement de cette filière multi composants, acteurs
de croissance qu’il serait souhaitable de renforcer.
De manière prospective, il apparaît que pour assurer un développement durable, la matière ne
peut plus être seulement considérée de manière indirecte, comme support inépuisable de
fonctionnalités répondant aux besoins humains ou d’économies d’énergie. Elle devra également, à
terme, être appréhendée pour elle-même, dans le sens d’une responsabilisation de nos sociétés.
Eau, ressources organiques, minéraux et métaux ne pourront pas éternellement être exploités
dans le cadre d’un circuit ouvert reposant sur les capacités de notre environnement à les fournir
ou en accepter les rejets. La problématique du changement de nos modes de consommation se
pose. La rareté des ressources impliquera le passage à une économie circulaire dans laquelle le
raisonnement en termes de cycle de vie des produits se substituera à la référence quasi-exclusive
de réserve de matières premières. Il est par ailleurs important de conserver au maximum la valeur
d’usage des produits à recycler.
Recyclage et utilisation des matières premières renouvelables constituent les piliers
essentiels de l’économie circulaire de la matière.
La Chimie, à la fois science et industrie de la transformation de la matière, doit s’approprier cette
démarche qui lui offre un nouvel élan.

1
Cette vision constitue le support d’une stratégie industrielle qui s’appuie sur les axes suivants :
¾ accroître et rendre plus efficient l’effort d’innovation, principal moteur de son
développement,
¾ intégrer la chimie dans les filières d’avenir pour contribuer à la durabilité,
¾ gérer les ressources et actionner tous les leviers pour se préparer à la raréfaction à venir,
¾ améliorer la durabilité intrinsèque du secteur grâce à l’amélioration de ses procédés de
production.
A ce titre la chimie du Végétal apporte tout particulièrement la possibilité d’une modification
profonde de l’image du secteur et constitue un moteur de l’évolution vers la durabilité.
Comment enclencher la dynamique ?
¾ En investissant dans les projets à fort impact. Investissements privés mais aussi
investissement direct public (dans la R&D et la création de pilotes industriels) ;
¾ En utilisant toutes les ressources de la réglementation en particulier pour stimuler le
recyclage ;
¾ En associant la cohérence de la vision et en animant les filières au niveau local ;
¾ En révélant les « emplois verts » issus des technologies et des chaînes de valeur vertes ciblées
et en consolidant les compétences collectives sous jacentes de ces « emplois verts ».
Dans le contexte d’un grand emprunt, la mise en place d’une filière recyclage forte et intégrée
apparaît donc bien comme un investissement créateur d’emplois et de valeur ajoutée qui devrait
s’appuyer sur un effort important de R&D et de formation combinant l’action du public et du
privé.
De même il convient au travers de cette démarche d’appuyer la politique de soutien consacrée à la
chimie verte avec un accent tout particulier mis sur la chimie du végétal.
Nous avons choisi de proposer trois projets d’investissements :
1. Intensifier le recyclage des matières plastiques tout usage confondu. Ce projet générerait à
l’horizon de 2015, en direct pour la chimie et la plasturgie, environ 7 000 emplois, 700 M€
de valeur ajoutée pour un investissement de 2 Mdrs €. Globalement en intégrant les
emplois associés dans la filière ceci représenterait 37 000 personnes et 2,8 Mdrs € de
valeur ajoutée.
2. Soutenir l’investissement de démonstrateurs pré-industriels en chimie verte et stimuler
l’accès aux matières premières de deuxième génération pour la chimie du végétal pour un
montant de 500 M€.
3. Accélérer les investissements d’efficacité énergétique et de réduction des émissions de gaz
à effet de serre pour un montant de 230 M€.

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PROJET D’INVESTISSEMENT 1

ACTIONNER LES LEVIERS POUR PASSER A UNE ECONOMIE CIRCULAIRE


Il est nécessaire de considérer les changements structurels majeurs qu’implique le passage de
matières premières, issues de gisements pétrolifères et miniers, à des sources diffuses de produits
complexes, à savoir déchets et bio-ressources. Ceci revient, en particulier, à évoluer d’un mode de
production centralisé vers un mode de production décentralisé.
Cette transition, nécessaire au moins sur le long terme, ne correspond pas aux dynamiques
naturelles des marchés, à savoir concentration industrielle pour générer des économies d’échelle
et concentration des efforts financiers sur des produits nouveaux à forte valeur ajoutée et de plus
en plus complexes. Il apparaît au contraire nécessaire de favoriser un maillage du territoire et
des productions intégrant la nécessité du recyclage dès leur conception. Ce modèle nouveau,
écologiquement souhaitable mais improbable sous les seuls effets de marché, nécessite une
structuration forte des acteurs industriels et une implication économique du consommateur. Il
convient de rappeler que les activités de transformation de la matière représentent actuellement
une part relativement faible de la valeur totale associée. En conséquence les coûts économiques
de tels changements sont faibles comparés à leurs potentialités en termes d’emploi, de
pérennisation d’activités sur le territoire et surtout de durabilité.
La dispersion actuelle des activités chimiques sur le territoire national pourrait alors constituer un
avantage pour cette mutation si elle est accompagnée de la création de centres de services
partagés territoriaux (par exemple dans les domaines de la comptabilité, des ressources humaines,
des achats ou du commerce international) pour les PME/ETI, à côté des pôles de compétitivité
qui doivent être renforcés.
Pour favoriser le passage à une économie circulaire, il faut donc agir sur plusieurs leviers :
¾ l’organisation d’une filière de recyclage forte en intégrant profondément les producteurs
surtout au niveau local. Cela sera d’autant plus facile que les acteurs existent déjà et sont
porteurs de projets mais manquent de débouchés et de partenariats avec des industriels ou
des distributeurs.
¾ repenser la logistique pour une matière diffuse (systèmes logistiques locaux associés à des
pipelines d’éthanol ou de méthanol pour certaines productions ?). Gérer l’antagonisme avec
les émissions de GES liées au transport et à la valorisation.
¾ l’automatisation des activités (tri, recyclage) et l’intégration d’innovations (générer une
courbe d’expérience) de manière à pouvoir sortir progressivement d’une logique d’emplois
aidés à des activités générant une forte valeur par emploi et pouvant de fait être étendues de
façon continue à toute la gestion de fin de vie des produits. L’intégration d’innovations n’est
possible que si l’enjeu est considéré dans l’ensemble de la chaîne de valeur des produits. C’est
là que réside la rupture. Ici, c’est la demande effective qui va piloter l’innovation.
¾ l’intégration du consommateur (et de la grande distribution) dans le processus, par le biais
d’incitations mais aussi en lui simplifiant la tâche (codes couleurs visibles sur les produits).

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¾ la revalorisation de l’activité (industrialiser collecte et tri) au niveau des employés comme des
consommateurs pour sortir de la vision de déchets (objectif assez ambitieux et de plus long
terme). Plutôt qu’un coût, les déchets devraient représenter une valeur. Intégrer dans la
société de telles pratiques renforcera une prise de conscience générale.
¾ l’intégration du recyclage dans les programmes de recherche (vision applicative). Ce thème
n’est pas traité en tant que tel dans les programmes de l’Agence Nationale de la Recherche.
Enfin l’économie circulaire ne s’appréhende pas de la même manière selon le type de produit
considéré (produits « non durables », produits « périssables », produits « d’investissement »,
produits durables) et selon le type d’usage (dispersif, non dispersif). Il s’agira de développer des
solutions adaptées à chaque catégorie de produit et de mutualiser les ressources qui peuvent l’être.

ESTIMATION DES ENJEUX ECONOMIQUES POUR INTENSIFIER LE RECYCLAGE DES MATIERES


PLASTIQUES

En 2007, 7 Mt de plastique ont été utilisées dans une diversité d’applications. Seuls 1 Mt ont été
intégrées aux filières de recyclage, parmi lesquelles 60% sont exportés pour être recyclées à
l’étranger. Les leviers du développement sont constitués par l’intensification du recyclage dans les
gisements matures (chutes industrielles, emballages) et la mise en place de filières de collecte
performantes pour les gisements « émergents » (bâtiment, équipements électriques et
électroniques), intensifs en travail.
L’utilisation de ces leviers, pour atteindre un taux de recyclage de 60%, pourrait mobiliser
37 000 nouveaux emplois et créer 2,8 Mds € de valeur ajoutée. 2 Mds € d’investissements serait
nécessaires. L’étape de recyclage générerait directement 7 000 emplois et 700 M€ de valeur
ajoutée supplémentaires.

MODELISATION DES ENJEUX DU RECYCLAGE DES MATIERES PLASTIQUES

Recyclage total des plastiques tous usages 4,3 Mt/an (64%)


confondus 1
Emb VHU2 BTP DEEE autre
3

1,8 Mt 0,7 0,9 0,3 0,6


Investissements de capacité de recyclage (total) ≈ 2 Mdrs €
pour la chimie et la plasturgie
VA de recyclage supplémentaire créée ≈ 700 M €
Emplois supplémentaires pour le recyclage (chimie ≈ 7 000
et plasturgie)
VA supplémentaire totale (filière collecte, tri, 2,8 Mds €
DEEE, bâtiment)
Emplois supplémentaires sur l’ensemble de la ≈ 37 000
filière recyclage
¸

1
Emb : emballage
2
VHU : véhicule hors d’usage
3
DEEE : déchets d’équipements électriques et électroniques

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PROJET D’INVESTISSEMENT 2

POURSUIVRE DE LA POLITIQUE DE SOUTIEN A L’INNOVATION CONSACREE A LA CHIMIE


VERTE ET A LA CHIMIE DU VEGETAL

Les recommandations du récent rapport du groupe de haut niveau (HLG) de la Commission


européenne sur la compétitivité de l’industrie chimique souligne l’effort financier pour soutenir
des innovations durables. Les pôles de compétitivité en chimie (AXELERA et IAR
notamment) sont une vraie réussite, mais la question de leur pérennité est posée alors que ce sont
pour l’instant avant tout des réseaux. Certains d’entre eux méritent désormais de déboucher, au
moins pour les pôles à vocation mondiale, sur la réalisation de plateformes communes
équipées de « démonstrateurs », ou pilotes préindustriels. En effet dans de nombreux
domaines les technologies innovantes sont déjà disponibles mais nécessitent d’être combinées
dans des projets spécifiques de développement industriel.
Ces plateformes de démonstration sont ainsi nécessaires pour la mise en œuvre des matières
premières renouvelables (bio-raffinerie) mais d’autres projets peuvent être cités : cycle intégré de
l’eau (intégration de la gestion des eaux industriels et communales) ou boucle fermée dans la
re-circulation de l’eau entre les produits chimiques et biochimiques ; la maison économe en
énergie ou l’usine du futur (F3 Factory) La construction de l’ensemble de ces pilotes nécessite un
montant de 200 M€ environ.
Stimuler l’accès aux matières premières renouvelables : la chimie est prête à s’engager
résolument dans l’usage des bio-ressources non-alimentaires comme matières premières de
substitution (partielle) aux ressources carbonées actuelles (essentiellement le naphta). La part de
telles bio-ressources (amidon, biomasse, huiles diverses..) est de l’ordre de 7% du total des
matières premières utilisées par la chimie. Ce chiffre pourrait être doublé d’ici 2020.
Mais cette mutation suppose de lourds programmes de R&D et un accès garanti à long terme à
des quantités suffisantes de bio-ressources à prix compétitif.
Un programme de filière pourrait ainsi être lancé qui conduirait à :
¾ lancer un programme ANR de R&D sur les matières premières renouvelables de
2ème génération (sans concurrence avec les usages alimentaires) pour la chimie ;
¾ lancer un appel à projets ADEME sur la valorisation chimique des matières premières
renouvelables ;
¾ étudier un régime fiscal incitatif à l’utilisation d’intermédiaires chimiques issus de matières
premières renouvelables dans la fabrication des matériaux (isolants…) et produits de
revêtement ou de structure (peintures, résines, adhésifs, mastics)
Un tel programme nécessite un soutien financier estimé à 300 M€.
L’ensemble de cette politique de soutien à l’innovation nécessite donc un investissement estimé à
500 M€.
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PROJET D’INVESTISSEMENT 3

ACCELERER LES INVESTISSEMENTS D’EFFICACITE ENERGETIQUE ET DE REDUCTION DE


GAZ A EFFET DE SERRE

Ce sujet est d’une importance capitale dans la lutte contre le changement climatique et deux types
de mesures pourraient être conduits :
¾ campagne de mesures par thermographie Infra rouge pour détecter les fuites thermiques et
réaliser un programme de calorifugeage des installations et d’isolation des bâtiments. Mise en
place de technologies adaptées à des installations de taille moyenne comme la compression
mécanique de la vapeur. Un montant de 200 M€ est à investir pour 200 sites industriels ;
¾ anticipation des investissements de réduction des Gaz à effet de serre dans le cadre de la
directive ETS pour un montant de 30 M€ dans une première étape. Une étude conduite par le
cabinet AT Kearney a montré qu’un montant de 250 M€ sera nécessaire pour atteindre
l’objectif de réduction de CO2 de 20 % à l’horizon 2020 dans les différents secteurs de la
chimie. Cette première enveloppe - à engager immédiatement - permettra d’anticiper
l’échéance de 2012.

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Eutelsat
Septembre 2009

MEGASAT
LE SATELLITE AU SERVICE DE LA RÉDUCTION
DE LA FRACTURE NUMÉRIQUE DU TRÈS HAUT DÉBIT

L’actualité gouvernementale, parlementaire et médiatique de l’année 2009 le montre : le


déploiement du très haut débit en France sera un des enjeux importants de la décennie à venir, au
service de la compétitivité et de la croissance de notre pays. Il fait partie des projets dont la
Commission présidée par Juppé et Rocard pourrait proposer le financement par le futur Grand
Emprunt.
Cependant, pour des raisons évidentes, et malgré les montants significatifs de fonds publics
dont on parle pour contribuer à son déploiement en zone extra urbaine, la fibre optique, encore moins
que l’ADSL, ne pourra être déployée de manière économique sur l’ensemble du territoire. Même à
horizon 2020 ou 2025, ce sont au minimum 15 à 20 % de la population qui risquent de ne pas avoir
accès aux bénéfices du très haut débit, faute de réseau pour les desservir.
Des solutions terrestres complémentaires par voie radio existent, ou existeront, pour
contribuer à réduire cette fracture : le WIMAX, la 3G LTE, etc. Mais par leur nature même de
technologies terrestres, leur déploiement connaîtra également des limites territoriales. Nous estimons
que 10 % de la population resterait encore inaccessible, sauf à déployer aussi une solution satellitaire,
la seule à s’affranchir, par nature, de toute contrainte de distance ou de densité de population.
Le satellite est déjà la solution retenue pour assurer le complément de couverture de la
Télévision Numérique Terrestre (seuls 95 % de la population seront desservis par des émetteurs
terrestres) ou de l’ADSL (plusieurs milliers de foyers en France reçoivent déjà l’Internet à haut débit
par satellite, grâce notamment à la solution Tooway que propose Eutelsat).
L’avantage du satellite est qu’une fois qu’il est en orbite, son service est immédiatement
disponible partout sur le territoire, pour tous, avec un coût d’équipement par foyer fixe et indépendant
du lieu, de la configuration topographique et du nombre d’habitants de la zone concernée, au contraire
des réseaux terrestres qui ne se déploient qu’avec le temps et à des coûts croissants vers les zones
les moins densément peuplées du territoire.
Eutelsat travaille d’ores et déjà sur un projet de satellite à très haut débit, MEGASAT, qui
pourrait être opérationnel à horizon de 2013/2014, dont toute la puissance serait concentrée sur la
France, afin d’offrir à typiquement 500 000 foyers un service à 50 Mbps, éventuellement extensible à
100 Mbps moyennant une réduction proportionnelle du nombre de foyers desservis. MEGASAT, à
l’évidence, devrait s’insérer dans tout plan de déploiement du très haut débit en France, afin
d’apporter une solution au risque de fracture numérique qui en résultera.
Cependant, les satellites commerciaux actuels, même de toute dernière génération (comme
Ka-Sat qu’Eutelsat mettra en orbite fin 2010 pour l’Internet à haut débit), ne peuvent aller, dans des
conditions économiques concurrentielles, qu’à 10 Mbps par abonné, pour un prix grand public de
l’ordre de 30 € par mois. MEGASAT demande donc, à conditions économiques équivalentes, un
décuplement du débit disponible par abonné. Ceci ne pourra être fait dans des conditions de marché.
Mais compte tenu de son rôle (fournir une sorte de service universel du très haut débit) et du projet
dans lequel il s’insère (le déploiement du très haut débit en France), MEGASAT devrait pouvoir être
éligible lui aussi aux financements publics.
Eutelsat, en partenariat avec les principaux acteurs du spatial (Thalès et EADS) et le CNES,
compte donc proposer ce projet à la commission sur le Grand Emprunt.
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D
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S
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Gdf Suez
Emprunt national
Contribution de GDF SUEZ

 
Le 22 juin 2009, le Président de la République annonçait au Parlement réuni en Congrès le 
lancement  prochain  d’un  grand  emprunt  destiné  à  financer  les  priorités 
nationales justifiant un  effort  exceptionnel  d’investissement  afin  de  préparer  l’avenir  de  la 
France.  Pour  arrêter  ces  priorités,  le  Président  a  souhaité  organiser  une  large  consultation 
des parties prenantes et en a confié le soin à une commission présidée par MM.ROCARD et 
JUPPE. C’est dans ce cadre que GDF SUEZ, leader sur les marchés mondiaux de l’énergie et 
de l’environnement, souhaite exprimer ses recommandations. 
Il  est  peu  de  domaines  industriels  aussi  prometteurs  pour  l’avenir  et  où  la  France  dispose 
d’avantages concurrentiels sur la scène mondiale aussi forts que les domaines de l’énergie et 
de l’environnement. Ces avantages bénéficient à tous les secteurs économiques et sociaux 
de  notre  pays  et  sont  en  même  temps  une  source  d’exportation  sur  les  marchés 
internationaux très précieuse. Renforcer et renouveler ces avantages est essentiel pour tirer 
le  meilleur  parti  des  formidables  atouts  que  notre  pays  a  su  bâtir  et  profiter  ainsi  d’une 
évolution de l’économie mondiale vers un développement plus durable.  
Ceci  passe par  des  investissements  importants  à  court  terme mais  rentables  à  long  terme, 
d’une  part  dans  l’économie  de  la  connaissance,  d’autre  part  dans  les  infrastructures 
énergétiques,  deux  domaines  dans  lesquels  la  justification  de  l’intervention  publique  n’est 
plus à démontrer. 
 
ECONOMIE DE LA CONNAISSANCE : RECHERCHE, INNOVATION ET FORMATION  
Dans  l’énergie  comme  dans  l’environnement,  l’avantage  concurrentiel  est  d’abord  un 
avantage  technologique,  qui  ne  peut  perdurer  que  grâce  à  la  recherche  et  à  l’innovation, 
publique  et  privée.  Que  ce  soit  en  renforçant  le  budget  des  établissements  publics  ou  en 
accroissant le soutien à la recherche privée (financement en capital risque ou subventions à 
des  projets),  l’Etat  doit s’assurer  que  la  France disposera  demain  des  technologies  les  plus 
compétitives pour accompagner l’économie mondiale dans une croissance vraiment durable, 
conciliant satisfaction des besoins présents et préservation des ressources à long terme.  
GDF  SUEZ  recommande  que  ce  soutien  contribue  au  développement  de  nouvelles 
technologies pour la préservation des ressources naturelles (dessalement et réutilisation de 
l’eau,  éco‐conception  et  recyclage  des  déchets)  et  des  ressources  énergétiques  les  plus 
émettrices  de  CO2  que  sont  le  charbon  et  le  pétrole  (production  d’énergie  nucléaire  et 
renouvelable, économies d’énergie dans le bâtiment et les transports, etc.).  
Plus précisément GDF SUEZ recommande que l’Etat : 
ƒ apporte  son  soutien  au  financement  d’un  réacteur  nucléaire  de  quatrième  génération 
dans  le  but  de  mettre  en  service  un  prototype  industriel  à  l’horizon  2020 ;  cette 
technologie  est  nécessaire  pour  démultiplier  l’usage  des  ressources  naturelles  en 
uranium ; 
ƒ porte l’effort de R&D dans le domaine des renouvelables à un niveau comparable à celui 
consenti  pour  le  nucléaire,  en  se  concentrant  sur  les  technologies  présentant  le  plus 
grand potentiel énergétique et le plus grand potentiel de progrès techniques : le solaire 
et la biomasse ; 
ƒ accroisse son soutien au développement de procédés de capture, transport et stockage 
de  CO2,  technologies  qui  restent  encore  excessivement  chères  mais  qui  présentent  un 
très  grand  potentiel  économique  pour  accompagner  l’usage  du  charbon  et  du  gaz  à 
travers le monde ; 
ƒ accroisse son soutien au développement de technologies économes en énergie dans les 
transports  (véhicules  électriques  ou  hybrides  rechargeables)  et  dans  le  bâtiment 
(bâtiment  à  énergie  positive,  stockage  de  l’énergie)  dans  le  but  de  les  amener  à  la 
rentabilité économique. 
En  parallèle,  il  serait  nécessaire  d’adapter  notre  système  éducatif  pour  permettre  un 
développement  des  compétences  humaines,  dans  les  filières  générales,  technologiques  et 
professionnelles,  adaptées  aux  besoins  de  ces  secteurs  et  adaptables,  par  la  formation 
continue, à leurs mutations. 
INFRASTRUCTURE POUR LA PRODUCTION, LE TRANSPORT ET LA CONSOMMATION D’ENERGIE 
Les  infrastructures  d’intérêt  public  sont  un  déterminant  bien  connu  de  la  prospérité  d’une 
économie  et  il  convient  d’encourager  leur  développement  dans  tous  les  secteurs  où  leur 
rentabilité du point de vue général est établie. Moyennant des conditions d’intervention de 
l’Etat  adaptées  à  chaque  secteur  en  fonction  des  modes  de  régulation  et  d’organisation 
industrielle déjà en place, il nous parait souhaitable de soutenir les infrastructures dans les 
domaines suivants : 
ƒ les  réseaux  de  transport  d’électricité  et  de  gaz,  pour  renforcer  la  sécurité 
d’approvisionnement  et  développer  dans  le  même  temps  les  échanges  commerciaux 
avec nos voisins au bénéfice de notre économie ; 
ƒ la  production  d’énergie  non  carbonée  en  particulier  un  soutien  accru  aux  réseaux  de 
chaleur renouvelable et à la production d’électricité à partir de biomasse et d’éolien off‐
shore ainsi que l’annonce de l’engagement en 2010 de la procédure de construction d’un 
troisième EPR ; 
ƒ le  développement  de  l’électricité  pour  les  transports  de  marchandises  (développement 
d’un fret ferroviaire compétitif avec la route) et de personnes, en collectif urbain (trains, 
tramways) ou en individuel (véhicule électrique ou hybride rechargeable) ; 
ƒ le  soutien  à  une  rénovation  plus  systématique  du  parc  de  bâtiments  anciens  ‐  à 
commencer par celle du grand Paris – en anticipation de l’échéance fixée après 2012 par 
le Grenelle de l’environnement. 
 
 

 
C’est  ainsi,  en  renforçant  sans  tarder  les  infrastructures  de  production,  de  transport  et  de 
consommation  d’énergie  indispensables  à  moyen  terme  pour  assurer  le  développement 
durable  de  son  économie,  que  la  France  saura  assoir  les  bases  d’une  croissance  forte  à 
moyen terme. C’est ainsi, en renforçant son effort de recherche, d’innovation et d’éducation 
dans  ces  mêmes  domaines,  que  la  France  saura  renouveler  à  long  et  très  long  terme  les 
avantages concurrentiels qu’elle a su bâtir en faisant des choix technologiques stratégiques 
et en accompagnant des champions industriels capables de les porter à travers l’Europe et le 
monde. 
 
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