TRAVAIL DE VACANCES

Après la période électorale douloureuse des municipales
puis des européennes, l'actualité politique ne faiblit pas. Des
sujets aussi divers que la fusion des régions, les grèves à la
SNCF, l'interpellation musclée dans l'affaire de la ferme des
Mille Vaches, en Picardie, ou les affaires à l'UMP sont restés à
la Une malgré l'omniprésence du Mondial de foot dans les
médias.
Dans ce contexte, grande est la tentation de la réponse
instantanée et du zapping. Prendre un peu de recul est pour-
tant indispensable. Souvent, derrière ces sujets d'actualité, se
cachent des inquiétudes ou des problèmes bien plus vastes.
Profitons de la période estivale pour mener cette réflexion de
fond.
La fusion des régions, par exemple, n'est pas seulement
une question de découpage géographique. Les décisions qui
vont être prises devront tenir compte, au-delà du contexte
économique, de l'histoire de nos territoires, des habitudes de
leurs habitants, des tissus culturels, sportifs et associatifs…
Ces décisions, pour être acceptées, devront s'appuyer sur une
concertation large et réelle. Elles devront aussi intégrer la
question des compétences et de l'autonomie fiscale des Ré-
gions et celles de la solidarité et de la péréquation interrégio-
nale.
Il faut, disions-nous, prendre le temps de la réflexion.
Pour cela, nous ne pouvons que vous encourager à participer
aux Journées d'été de notre mouvement. Elles se tiendront
du 21 au 23 août à Bordeaux. Ces journées regroupent bien
sûr des militants écologistes, mais aussi des personnes d'ori-
gines très diverses, venues témoigner de leurs expériences et
échanger sur les sujets les plus variés.
Il ne nous reste plus qu'à vous souhaiter de bonnes va-
cances. Et pour notre région, rendez-vous aux Journées d'au-
tomne, les 4 et 5 octobre prochains. Des journées qui, cette
année, seront communes à la Bourgogne et à la Franche Com-
té.
JUILLET–AOÛT 2014 / n°198/ 1,70 €
Corinne Tissier
et Bernard Lachambre
Co secrétaires EELV
LE CHANGEMENT, C'EST QUAND ?
Sommaire
2
P 1 : Edito
P 2 : Au joli mois de mai
P 3 : Lendemain de dérouillée électorale
P 4 : Fascisme ordinaire
P 5 : Les aventures d’Optymo
P 6 : Message de la base nationale de données
P 7 : Contournement de Gray
P 8 : Réforme territoriale
P 9 : Un audit citoyen de la dette
P 11 : Les inégalités selon Thomas Piketty
P 13 : Les enjeux actuels de l’économie
P 15 : Lecture : l’Archipel de la vie
P 16 : Lectures : Islam et islamisme
P 18 : Sciences et écologie
P 20 : Conseil fédéral des 14 et 15 juin : tensions
P 22 : Les écolos ont rendez-vous à Bordeaux
P 24 : Un mois, émois, et moi
P 25 : Journées d’automne
P 26 : Bulletin d’adhésion
utomne
À quelques détails près (Ah ! la Force tranquille,
le Panthéon...!), voici une chanson qui aurait pu être
écrite aujourd'hui. Pourtant, c'est en 1982 que François
Béranger l'a chantée...
Pour les p'tits jeunes (et les autres) qui ne le con-
naîtraient pas, ledit Béranger (à ne pas confondre avec
le célèbre et prolifique chansonnier du 19e siècle) a été
pendant une trentaine d'années, pour les gens de ma
génération, LA référence en matière de chanson con-
testataire et libertaire. On écoutait en boucle Tranche
de vie, Rachel, Natacha, L'alternative, Magouille Blues,
Mamadou m'a dit, et tant d'autres qu'on connaissait
sur le bout des doigts... Un cancer nous l'a embarqué, il
y a un peu plus de dix ans, et c'est peu dire que sa
gouaille manque terriblement à une chanson française
désespérément sage...
Si vous voulez le découvrir ou le retrouver, une
bonne anthologie en trois CD et un DVD est parue en
2004 sous le titre Le vrai changement, c'est quand ?
Au fait, c'est vrai, ça : le changement, on va l'at-
tendre encore longtemps ?...

Gérard Roy

Au joli mois de mai, en plein état de grâce,
J'en ai connu plus d'un qui s'est dit, prophétique :
Qu'est-ce qu'ils vont devenir, nos chanteurs enragés,
Les grandes gueules à message, les chanteurs engagés.
Maître François-la-rose, sur son trône perché,
Leur enlève leur fromage !

Maintenant je vais ranger au musée des souvenirs
Les mots pour protester, les phrases pour dénoncer,
Les cris pour réveiller, les colères pour survivre.
Les temps bénis sont là : terminées les rêveries,
Envolée l'utopie, c'est maintenant qu'on vit.

Place au vrai changement !
Place au vrai changement !

Et puis, comme les saisons, les promesses passent.
Les nouveaux locataires se sont mis en ménage
Dans les vieilles pantoufles des occupants d'avant.
Les vrais propriétaires sabotent l'économie,
Font la gueule par devant et se marrent par derrière.

Les lendemains qui chantent : assez de ces foutaises !
C'est maintenant qu'on vit, pas hier ni demain.
Pour vraiment tout changer, faut changer dans nos têtes,
Et ceux qu'on a élus devraient montrer la voie.
Où sont les belles idées et la Force tranquille ?

Le vrai changement, c'est quand ?
Le vrai changement, c'est quand ?
Au joli mois de mai
Président-à-la-rose, attention au pouvoir !
Ne joue pas au roi de France, redescends dans la rue.
Fais nous des Panthéons tous les jours si tu veux.
Fais nous vibrer encore. Trouve des mots nouveaux.
Gouverne avec les gens. Redonne-leur la parole.

Dirigeants distingués, servez-vous du pouvoir
Pour ouvrir les portes à l'imagination.
Ce bateau est trop vieux, sa coque est pleine de trous.
Abandonnez l'épave, faut en construire un neuf.
Tout est entre vos mains pour changer maintenant.
Place au vrai changement !
Place au vrai changement !


François Béranger
3
Lettre ouverte
LENDEMAIN (1) DE DÉROUILLÉE ÉLECTORALE
Tout d’abord, je voudrais exprimer mes sincères
regrets à Sandrine Bélier, qui ne méritait vraiment pas
d’être ainsi mise sur le banc de touche.
La première émotion passée, de très nombreuses
questions se posent concernant les leçons à tirer du scru-
tin européen. Je n’ai nullement la prétention de mêler ma
voix à celle des analystes politiques : je voudrais simple-
ment vous faire part d’une question qui me taraude.
Que les électeurs aient exprimé leur rejet de la
politique menée est incontestable et incontesté. Je me
souviens qu’il n’y a pas si longtemps, les votes de rejet se
répartissaient de façon sensiblement équivalente entre
l’extrême droite et la gauche radicale. Progressivement,
un déséquilibre s’est fait au bénéfice du FN. Mais cette
fois-ci, les scores des deux extrêmes n’ont plus rien de
comparable. De toute évidence, le FN a capté l’électorat
populaire : pourquoi ?
Les réponses sont évidemment multiples et
complexes et je laisse aux professionnels le soin d’en dé-
mêler l’écheveau. D’un point de vue pragmatique, ce qui
m’intéresse directement, c’est ce sur quoi nous pouvons
(et devons) agir rapidement sous peine du pire en 2017 :
la communication.
Je m’explique. D’une manière générale, le discours
de la gauche s’adresse aux « bac + n ». C’est particulière-
ment vrai pour nous autres écolos, mais c’est vrai pour
l’ensemble de la gauche qui peine à se faire entendre des
« bac - n ». C’est là que le FN triomphe. Un discours sim-
pliste (un peu élaboré pour ratisser jusque dans les
classes instruites), axé sur une seule idée qui, à force
d’être accommodée à toutes les sauces, finit par devenir
une évidence pour un nombre important de nos conci-
toyens, à savoir : « Ça ne va pas fort, alors resserrons nos
liens nationaux ». Vous avez dit populisme ? Bien sûr. Et
ça marche, car c’est facile à comprendre, à retenir, et joue
sur des ressorts instinctifs de repli sur soi devant
l’adversité.
Que faire ? Constater et nous lamenter, ou ap-
prendre à parler nous aussi en des termes que le peuple
peut entendre ? J’entends déjà une rumeur d’indigna-
tion dans mon dos. « Pouah ! On ne va pas s’abaisser à
faire dans le populisme ! » « On a des valeurs !»... Mais
discours intellectuellement construit et vulgarisation
des idées pour Monsieur-tout-le-monde sont-ils donc
incompatibles ? J’ai connu un temps où la gauche avait
son tribun populaire : Georges Marchais était souvent
réducteur et simpliste, mais il était compris par ceux à
qui parle aujourd’hui Marine Le Pen. Mélanchon s’es-
saie bien à l’exercice, mais avec les résultats que l’on
connaît, faute peut-être de constance ou de clarté dans
la thématique.
Si la gauche veut sortir la tête de l’eau, il faut
qu’elle clarifie ses valeurs, sache fixer un cap, parle vrai,
et qu’elle arrive à se faire comprendre par les popula-
tions socialement et culturellement défavorisées. Il me
semble nécessaire de délivrer un message clair et acces-
sible, qu’elle dira sur tous les tons, avec et sans déve-
loppement, dans la langue propre à chacune de ses
composantes, mais avec une insistante et constante
obstination, quelque chose du genre : « Ne comptez pas
sur la croissance - qui, au mieux, restera molle - pour
assurer à tous un revenu décent. Notre richesse, c’est
l’humain et les ressources naturelles qu’il faut préser-
ver. Partageons autrement les richesses produites pour
vivre ensemble en harmonie. »
À travers ce courrier, j’espère susciter des réac-
tions et contribuer ainsi au débat.
François Vetter, Coopérateur EÉLV.
(1) Cette lettre était à l'origine prévue pour le nu-
méro de juin de La Feuille Verte [Note du CL].
Mortifiée par le lynchage d'un jeune Rom à Pierre-
fitte-sur-Seine, le 13 juin, j'ai pensé à trois façons d'abor-
der cette sinistre actualité.
Par le cinéma
La Zona, propriété pri-
vée raconte une chasse à
l'homme au sein d'une « gated
community » de Mexico, une
cité résidentielle aisée, entou-
rée de murs et protégée par un
service de sécurité privé.

Ceux qui vivent là sont riches et ont l'éducation des
gens bien / des gens de biens ; mais les penchants violents
et l'aigreur que chaque homme a au fond de lui vont resur-
gir à l'occasion de l'intrusion d'une autre classe sociale dans
cet « organisme ». Certains habitants se découvrent lâches,
d'autres voient se dessiner une réalité nouvelle, celle du
quotidien de l'autre côté du mur, donnant corps à la for-
mule de Bertolt Brecht : « Un fasciste n’est souvent qu’un
bourgeois effrayé. ».
Ce film de 2007, du réalisateur mexicain Rodrigo
Pla, permet de saisir les écarts de richesses en Amérique
latine. Il nous entraîne dans une spirale infernale, de la
peur à la haine, jusqu'aux pulsions violentes qui mènent à
se faire justice soi-même. Il a reçu en 2007 le Lion du futur
(meilleur premier film) au Festival de Venise, ainsi que le
Prix de la Critique internationale au Festival de Toronto.
En DVD (14,00 € sur fnac.com) ou en médiathèque.
Par la littérature
Matin brun, de Franck Pavloff
(2002) expose en quelques
pages (12 !) l'installation du
fascisme ordinaire. Quand les
petites lâchetés du quotidien
nous font détourner les yeux, la
réalité brutale nous rattrape... Il
est si court et si bien mené que
je ne peux en dire plus.
Cheyne éditions, 2,00 €. Je vous conseille d'en ache-
ter plusieurs d'un coup (si possible dans un vraie librairie...)
pour en donner autour de vous, enfants compris.
Par la musique
Plus divertissante, mais tout aussi percutante, une
chanson d'une artiste franc-comtoise, Maggy Bolle,
« chanteuse réaliste et décapante » : Les Romanos.






Il n'existe qu'une vidéo sur le web, dont voici
quelques extraits retranscrits :
« Bonne nouvelle pour les Arabes, les clochards, les
re-noi, les sans-papiers, les pédés, les anarchistes, les
Polonais, les étudiants, les chômeurs, les artistes (…) Fini
le temps du monopole des emmerdes de l'Hexagone (…),
dormez sur vos deux oreilles, vous avez des remplaçants.
Ils sont célèbres, on ne parle plus que d'eux (...)
(refrain)
Ah les ro-ro-ro, les ro-ro-ro, les Romanos,
les vols et les viols, tous les contrôles c'est pour leur
gueule.
Ah les ro-ro-ro, les ro-ro-ro, les Romanos,
tu peux en profiter, c'est eux qui seront accusés.
Ah les ro-ro-ro, les ro-ro-ro, les Romanos,
mais dépêche-toi, on sait pas combien ça durera. »

Sur son site, ses albums, et surtout ses concerts :
www.maggybolle.fr
Sur YouTube, ne ratez pas :
- Au nom du cœur, sur le don d'organe : « Moi qui
suis morte et toi qui souffres ...»
- Génération plastoc, sur le préservatif, avec un clip
tourné par et avec les lycéens de Morteau.
À Besançon, vous trouverez son CD chez Forum et
chez Merlin Tattoo (rue d’Arène). À Belfort, au Roger’s
Café. Pour ceux qui ne sont ni à Belfort, ni à Besac, vous
pouvez envoyer un mail à criducorbeau@gmail.com

Anna Maillard
4
Un jeune Rom lynché
FASCISME ORDINAIRE
5

Ça bouge à Belfort
Après trois ans de fonction-
nement d'Optymo (1), le réseau de
bus du Territoire-de-Belfort (2),
l’exécutif du SMTC (Syndicat Mixte
des Transports en Commun, dont
je suis vice-président) a décidé de
l’améliorer encore. Il a donc plan-
ché sur le projet « Optymo Phase
II », qui comportait des améliora-
tions d’infrastructures, mais sur-
tout de services.
Au bout de deux ans de procédures administra-
tives (étude du projet, études d’impact…) et un an et de-
mi de travaux, notre nouveau réseau Optymo II a été mis
en service fin 2013.
Il est basé sur une offre triple : bus + vélos + voi-
tures en libre service.
Les bus
Les infrastructures ont été améliorées (plus de
priorités aux feux, linéaire de site propre augmenté), mais
surtout le service a été amplifié : deux nouvelles lignes
créées (fréquence 10 minutes), qui desservent directe-
ment le secteur Nord de Belfort sans passer par la vieille
ville, deux lignes passant à la fréquence 5 minutes. Le
tout pour 37 millions d'euros (l'équivalent de 3 km de
tram).





Les vélos
Mis en service en avril 2013 à Belfort et à l’au-
tomne sur certaines communes périphériques (Bavilliers,
Offemont, Essert), 200 vélos en libre service ont été mis à
disposition des habitants. Le succès a été rapidement au
rendez-vous (voir plus loin).


Les voitures en libre service
(ALS)
À partir de janvier 2014, 140
voitures ont été déployées progressi-
vement à Belfort et dans sa périphé-
rie. Le but n’est évidemment pas de
concurrencer le bus, mais d’offrir une
alternative « longue distance » à des
endroits ou des périodes où le bus
est peu ou pas présent (campagne, nuit…). Si les utilisa-
teurs se passent de leur deuxième ou première voiture
grâce au système, ils deviendront aussi usagers du bus
pour les courtes distances.







Le fonctionnement et les coûts
La simplicité reste le maître mot puisque les 3 offres
(bus, vélo, voiture) sont accessibles directement avec le
Pass Optymo (notre carte sans contact) et le post-
paiement (paiement en fin de mois). Les coûts sont de
0,80 euro par voyage pour le bus (inchangé), 2 centimes la
minute pour le vélo, de 1 à 2,50 euros l'heure et 0,20 à
0,35 euro par km pour les voitures suivant les modèles
(cinq modèles proposés).
Les résultats
- Bus : augmentation de 15 à 20 % de la fréquenta-
tion sur les lignes nouvelles ou à fréquence augmentée.
- Vélos : jusqu’à 800 utilisateurs par jour à certaines
périodes.
- Voitures : Le système démarre et monte régulière-
ment en puissance ; sur 6 mois, 500 clients utilisateurs,
28 000 heures de location, 280 000 km réalisés.
Une déception et un couac
La déception : malgré mes efforts répétés, les dix
nouveaux bus commandés ont une motorisation diesel
(certes norme Euro 6, mais…), aucun constructeur ne pro-
LES AVENTURES D’OPTYMO (SUITE)
6
Message de la base nationale de données
posant plus de motorisation GPL. J’avais proposé des bus
hybrides, mais ils sont apparus comme trop chers avec un
amortissement insuffisant.
Le couac : à la rentrée scolaire, notre système
suburbain et scolaire n’a pas bien fonctionné. Basé sur
l’intercomplémentarité entre lignes suburbaines, trans-
ports à la demande et scolaires, il a souffert de capacités
insuffisantes à certains endroits et de temps de parcours
trop longs à d’autres. Ça a provoqué un beau bordel et
pas mal de réclamations, mais les dysfonctionnements
ont été rapidement corrigés et, en un mois, le réseau
fonctionnait de nouveau correctement.
Une crainte
Après les dernières élections municipales, la nou-
velle majorité à la Communauté d’Agglomération belfor-
taine (CAB) et au SMTC ne risque-t-elle pas de dégrader le
réseau, dans le but de favoriser à nouveau la voiture ?
Nous sommes deux de l’ancienne équipe à avoir été réé-
lus dans le nouvel exécutif (au titre du Conseil général et
des Communautés de Communes), et il nous appartien-
dra de montrer que le développement des transports en
commun, c’est l’avenir, pour nous, nos enfants et notre
environnement.
De toute façon, mieux vaut convaincre que con-
traindre…

Jean Siron
Vice-président du SMTC du
Territoire-de-Belfort

(1) Voir La Feuille Verte n° 179
(novembre 2012), pp.10-11.
(2) Mis en service fin 2007.
Vous avez été nombreux à vous inquiéter de rece-
voir le message suivant :
« Objet : mise à jour de vos données personnelles
Cher-e [prénom]
Cher-e adhérent-e ou coopérateur-trice, bonjour,

Vous recevez ce message car vous apparaissez,
dans nos fichiers, en tant qu'adhérent-e ou coopérateur-
trice d'Europe Écologie Les Verts en 2013 et/ou 2014.
Pour améliorer la qualité de nos échanges, et
dans le cadre d’un projet de développement des outils
numériques, nous avons besoin que vous vérifiiez vos
informations personnelles. Dans la mesure du pos-
sible, nous avons fait des mises à jour régulières, mais si
les informations que nous détenons sur vous ont changé,
vous pouvez procéder aux rectifications nécessaires.
Pour confirmer et/ou modifier vos données, vous
trouverez toutes les informations ci-dessous, il vous suffit
de cliquer ici et vous laisser guider. [lien de confirma-
tion] » ...
Ce message émane bien du national. Il
s’agit en effet dans un premier temps de procéder à
la vérification des coordonnées de tous les adhérent-
e-s et coopérateurs/trices d’EELV de France et de
Navarre. Dans un deuxième temps, un envoi postal
sera effectué vers les personnes n’ayant pas répondu
à cette première vague.
Puis il y aura une migration de toutes ces don-
nées vers un autre hébergeur.
Alors n’hésitez pas à répondre car il ne s’agit
pas d’une attaque informatique. Nous avons besoin
de recueillir le maximum de données fiables.
D’avance merci pour votre coopération.

Suzy Antoine

7
Le 24 avril, les trois membres de la commission
d’enquête publique ont adressé au préfet de la Haute-
Saône un avis unanimement défavorable au projet de
grand contournement routier de l’agglomération de
Gray. La DREAL (1) et France Nature Environnement
avaient soulevé des objections importantes au projet du
Conseil Général. Mais, position rare, les commissaires
enquêteurs sont allés plus loin : ils ont mené une analyse
poussée du dossier pour contester l’opportunité même
du projet. Un courage à souligner.
Une vieille lubie des 30 glorieuses
Depuis 50 ans, certains Graylois en rêvaient. Ils
voyaient franchir le grand Pont de Pierre sur la Saône par
des voitures de Britanniques se rendant en Suisse ou en
Italie par la route nationale Chaumont-Besançon. D’où
l’envie de créer une déviation pour la « route des
Anglais». Pendant ce temps, les élus gaullistes et les ur-
banistes créaient une « zone industrielle et portuaire »
sur la rive droite de la Saône et une ZUP HLM sur la rive
gauche, à l’autre bout d’une ville de 10 000 habitants,
imaginant ainsi une métropole de 20 000 âmes.
Comme le second pont de Gray existant sur la
Saône débouchait inutilement en cul-de-sac sur la cour
de la gare SNCF désaffectée, il ne restait plus qu’à inven-
ter une déviation utilisée aussi par les Graylois pour fran-
chir quotidiennement la Saône ; et pour traverser la
large rivière, à imaginer un superbe viaduc sur l’hypothé-
tique futur grand canal Saône-Moselle. Mais tout cela ne
fut jamais financé.







Il y a 20 ans, élus locaux et départementaux réac-
tivaient le projet d’une déviation devant les quelques
bouchons constatés sur le Pont de Pierre, vers 17 heures,
à la sortie des usines.







Mais la situation a évolué. Depuis 30 ans, la po-
pulation de l’agglomération stagne autour de
10 000 habitants. Les « Anglais » ont déserté Gray pour
emprunter les autoroutes et la route nationale a été
déclassée. Les quartiers d’’habitation et d’activités se
sont mieux répartis sur chaque rive de la Saône. Une
voie nouvelle a été créée entre la gare et la zone indus-
trielle, permettant que le deuxième pont absorbe une
partie du trafic urbain.
Un grand projet inutile
Parmi les six routes départementales qui conver-
gent vers Gray depuis la rive droite de la Saône (Dijon,
Langres, Combeaufontaine), ou la rive gauche (Dole,
Besançon, Vesoul), aucune ne supporte un trafic de
transit important traversant la Saône. Pour justifier son
projet, le Conseil général a donc dû imaginer une grande
rocade récupérant toutes ces routes. Mais il semblait
difficile de justifier une grande boucle avec deux viaducs
sur le fleuve. Alors les arbitrages ont tranché pour trois
quarts de cercle seulement, avec un seul franchissement
de la plaine inondable en amont de l’agglomération.
Pendant la campagne municipale, les candidates
et candidats ont soutenu ce projet… à payer par le dé-
partement. Pourtant la tête de liste PS avait affirmé à
EÉLV que cela ne figurerait pas dans son programme…
avant de déclarer le contraire dans le journal.
L’enquête d’utilité publique a eu lieu pendant la
période électorale. Les commissaires enquêteurs ont
analysé que ce grand projet, annoncé à 86 millions d’eu-
ros (avant dépassement), ne concernerait pas un trafic
justifiant une telle infrastructure. Par exemple, le viaduc
sur la Saône porterait moins de véhicules que la plus
empruntée des six routes d’accès à l’agglomération.

Contournement de Gray
ROUTE OU DÉROUTE ?
8
Une proposition des écologistes
Il reste à espérer que le Préfet suivra l’avis una-
nime et motivé de la commission d’enquête sur ce grand
projet inutile et qu’il renverra le dossier aux archives du
Conseil général.
EÉLV suggère que les élus, les principaux em-
ployeurs et les salariés de l’agglomération réfléchissent à
un aménagement du temps : si les usines de la rive droite
fermaient leurs portes avec un léger décalage entre 16 h
45 et 17 h 15, les bouchons ne seraient plus qu’un mau-
vais souvenir.
Et quelques investissements beaucoup plus mo-
destes amélioreraient la vie de tout le monde, tout en
redynamisant une agglomération gravement touchée par
le chômage, les inégalités sociales et la précarité.


Alain ROPION,
pour le Groupe Local
Vesoul-Gray


(1) Direction régionale de l'Environnement, de
l'Aménagement et du Logement.
Réforme territoriale
SUPPLIQUE À NOTRE SOUVERAIN
DE HOLLANDIE
Grand merci, ô notre Roy bien-aimé, François II :
vous avez décidé d’octroyer de nouvelles permissions à
nos provinces et communautés de paroisses.
Espérons que vos sujets sauront y choisir des
édiles et des échevins honnêtes et respectueux, capables
d’utiliser ces nouveaux droits :
* pour gérer au mieux nos sesterces ;
* encourager les artisans et paysans ;
* protéger nos rivières et les animaux de nos fo-
rêts ;
* organiser les relations entre nos bourgades et
hameaux ;
* soutenir nos œuvres de bienfaisance ;
* entretenir nos chemins et nos écoles ;
* développer des festivités…
* le tout en évitant les Très Grandes Voiries.
Ainsi, les meilleurs pourraient même être dotés
d’un habit vert.
Toutefois, permettez-nous de dénoncer certains
de vos sujets, qui regrettent que leur comté ou leur prin-
cipauté ne soit pas rattachée à la province de leur choix.
D’autres osent même critiquer la carte des octrois, éta-
blie nuitamment, en votre palais, par votre grand cham-
bellan et deux de vos vassaux.
Pour le plein succès de votre bienveillante déci-
sion, nous vous prions, notre somptueux monarque, de
bien vouloir :
* doter nos provinces et communautés des ga-
belles nécessaires à leur épanouissement ;
* veiller à une répartition juste et équilibrée des
écus et gratifications que vous leur accorderez ;
* offrir à vos sujets reconnaissants le droit de choi-
sir les hommes, et peut être les femmes, qui les repré-
senteront ;
* convaincre les barons et petits marquis de nos
cantons de s’effacer devant nos prochains échevins et
édiles.
Enfin, permettez à un humble manant de vous
suggérer de limiter les pouvoirs de vos surintendants
dans chaque baillage. Qu’ils s’assurent :
* du plein respect de votre auguste politique
royale ;
* de la justice et de l’égalité de chacun ;
* de la collecte de la dîme ;
* de la protection de la sécurité de tous face au
brigandage, etc.,
mais en laissant à nos échevins et édiles la respon-
sabilité de leurs honorables décisions. Ne serait-ce pas le
plus sûr moyen de réaliser les économies qui vous sont si
chères ?
Ainsi tous vos sujets pourraient glorifier éternelle-
ment votre œuvre réformatrice.


Alain Ropion
Simple clerc de Vesoul
dans le baillage d’Amont
9
UN AUDIT CITOYEN DE LA DETTE
Coaliser les énergies à gauche et en Europe
La dette et les déficits font peser une lourde hypo-
thèque sur l’avenir de notre pays, sur l’ensemble des pays
membres de l’Union européenne affectés et plus généra-
lement sur l’avenir du projet européen.
Mais la question centrale est bien de savoir qui va
payer la dette. Aussi, le travail d’audit citoyen de la dette
constitue une contribution précieuse pour permettre de
coaliser les énergies autour d’un message commun à la
gauche (enfin !) plutôt que de voir celle-ci se déchirer sur
la question : « Faut-il ou non rembourser la dette ? »
Certes, le débat est plus nuancé ; il porte plutôt
sur le rythme de réduction des
déficits ; mais les postures prô-
nant un infléchissement du rem-
boursement révèlent parfois une
méconnaissance partielle, par
certains, de la gravité de la situa-
tion.
À plusieurs reprises, et
constamment depuis deux
ans, j’ai eu l’occasion d’écrire, de
dire et de redire que l’effort principal devait être réalisé
par les créanciers ayant profité et abusé de la dette et
par ceux qui en étaient à l’origine, c’est-à-dire les évadés
fiscaux, qui sont responsables des principales pertes fis-
cales.
Ce qui n’exonère pas totalement l’ensemble des
citoyens de leur responsabilité pour la part des 40 %
correspondant au déséquilibre entre recettes et dé-
penses de notre système de financement public. Par
exemple les dépenses de santé redondantes, voire inu-
tiles, avec un budget qui a progressé de 1,5 point du PIB
(de 6,8 à 8,3 %) depuis 1981. Ou encore la dépense pour
le financement des retraites, qui représente aujourd'hui
13,7 % du PIB, contre 9,7 % il y a trente ans, alors que le
niveau élevé des retraites des plus aisés s'ajoute au
capital foncier et immobilier qu'ils ont acquis pendant
leur période de vie active (2). Ce qui représente au to-
tal, pour ces deux régimes, 5,5 points de PIB supplé-
mentaires, soit 110 milliards par an en euros constants
(progression mesurée hors inflation).
Pour en revenir au cœur du sujet, il faut
faire aboutir, à l’échelle européenne, un processus
d’extinction de l’évasion fiscale, en résonance avec la
demande de l’Union européenne d'une « trajectoire »
de baisse des déficits publics. Car
rien n’oblige à réduire ces déficits ex-
clusivement en baissant la dépense
publique. C’est l’urgence et l’absence
de convergence sur une alternative
qui expliquent les orientations uni-
voques adoptées jusqu’ici.
Et pendant ce temps, notre
pays, lesté par cette dette, fait néan-
moins le choix de soutenir les entre-
prises, dont beaucoup, en grande
difficulté, ont vu leurs marges de
manœuvre se réduire fortement et ont perdu, pour ne
pas s'être modernisées, des parts de marché à l'inter-
national, comme en atteste le déséquilibre croissant de
notre balance commerciale. C'est la politique de l'offre,
qui vise à favoriser l'émergence de produits, de ser-
vices, de « process », d'organisations plus attractifs, par
le développement de la recherche, de l'innovation et de
l'investissement. Il reste au législateur à s'assurer que
ces nouvelles marges n'iront pas accroître dividendes et
haut salaires, et aux écologistes à se battre pour la prise
Le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique, qui rassemble de nombreuses associations militantes, a dévoilé
le 27 mai dernier une étude-diagnostic importante et précise de la dette française (1).
Celle-ci se veut une contribution au nécessaire débat public sur des questions cruciales : D’où vient la dette ? A-t-elle été
contractée dans l’intérêt général, ou bien au bénéfice de minorités déjà privilégiées ? Qui détient ses titres ? Peut-on alléger
son fardeau autrement qu’en appauvrissant la population ? Les réponses apportées à ces questions détermineront notre ave-
nir.
L'étude établit que la dette publique aurait été limitée à 43 % du PIB en 2012, au lieu des 90 % constatés, si la France ne
s’était pas lancée dans « une course folle aux baisses d’impôt et avait refusé de se soumettre à des taux d’intérêt exorbi-
tants ». Sa principale conclusion : 59 % de la dette publique proviennent des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêt excessifs.
L’occasion pour Éric Alauzet de réagir aux récents débats européens sur le poids de la dette publique.
10
en compte, dans ce mouvement, de la transition écolo-
gique.
Encore faut-il, pour parler trivialement, trouver un
acheteur face au vendeur : d'où le débat sur les investisse-
ments publics, le pouvoir d'achat et le risque d'austérité, et
l'importance de ne pas faire excessivement porter le poids
de la dette sur les services publics et sur les classes
moyennes et les plus modestes. Il est donc impératif de
trouver un équilibre entre politique de l'offre et politique
de la demande, alors que bon nombre de nos concitoyens
ne sont pas en mesure de dépenser davantage ; pire en-
core, certains ne parviennent plus à subvenir à leurs be-
soins essentiels et souffrent de la faiblesse ou de la stagna-
tion de leurs revenus, cependant que le marché du travail
ne permet pas à la majorité des personnes concernées de
retrouver un emploi.
À l’heure du choix des personnalités qui forme-
ront le collège des Commissaires européens, le gouverne-
ment français doit rester ferme et faire de l’extinction de
l’évasion fiscale le cœur de sa politique européenne (3). De
cet enjeu dépend l’avenir du projet européen.

Il faut faire naître une alternative plausible à la
baisse de la dépense publique pour réduire la dette des
États, mais celle-ci ne pourra exister sans une alliance
des gauches en France et en Europe.

Éric Alauzet
Député de la 2e
circonscription du Doubs


(1) Résumé et rapport : http://www.audit-
citoyen.org/?p=6291
(2) Thomas Piketty en fait notamment la dé-
monstration et assure que l’accumulation du capital s’est
opérée principalement sur la pierre.
(3) À signaler que la loi contre la fraude et la
grande délinquance financière produit ses effets, avec
« le retour à la raison et à la maison » de 23 000 mé-
nages pour un produit fiscal de l’ordre de 2 à 3 milliards
d’euros, ce qui permettra de faire moins peser sur les
ménages modestes les réductions de dépense publique
pour rembourser la dette ; c’est l’exemple à suivre pour
les multinationales.


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11
On assiste en ce moment aux États-Unis à une
« pikettymania ». En effet, le livre de l'économiste français
Thomas Piketty, sorti en anglais au mois d'avril de cette
année, Le capital au XXIe siècle (1) a déjà été vendu à
400 000 exemplaires dans les pays anglophones. Des éco-
nomistes américains de renom comme Paul Krugman et
Joseph Stiglitz, « nobels » d'économie, ne tarissent pas
d'éloges sur ce monument de recherche en histoire écono-
mique. Le numéro de juin d'Alternatives Économiques y
consacre 10 pages (2). Qu'y a-t-il de nouveau sur la planète
de la répartition des richesses ?
Explosion des inégalités dans les pays indus-
trialisés
Piketty démontre que les inégalités de revenus et
de patrimoine sont en train d'exploser dans les grands pays
industrialisés. Par exemple, aux États-Unis, la part de reve-
nus accaparée par les 1 % les plus riches passe de 8 % en
1982 à près de 20 % en 2012. Toujours aux États-Unis, les
0,1 % les plus riches s'attribuent aujourd'hui 8 % des reve-
nus. Voilà l'effet spectaculaire des politiques ultralibérales
de Reagan. En Europe, les inégalités sont un peu moins
criantes mais aussi en forte augmentation.
C'est la différence entre le taux de croissance faible
(1 à 1,5 %) et le taux de rendement du capital (4 à 5 % en
moyenne) qui alimente les inégalités. Quand le taux de
rendement du capital, du fait de la concurrence fiscale
croissante entre les pays (liée à la mondialisation), est dura-
blement supérieur à la croissance, cela aboutit mécanique-
ment à des inégalités croissantes de patrimoine.
Même les experts de l'OCDE estiment que ce sont
les politiques fiscales qui sont responsables de cette situa-
tion : abaissement des tranches les plus hautes d'imposi-
tion et diminution de la taxation des profits des entreprises
et du capital. De fait, durant les vingt dernières années, les
10 % les plus riches ont accaparé entre deux tiers et trois
quarts du fruit de la croissance. C'est un cinglant dé-
menti de la théorie du « ruissellement » qui prétend
que, quand les riches s'enrichissent, tout le monde en
profite.
Capital privé : le retour en force
Jusqu'à la Première Guerre mondiale, la valeur
des patrimoines privés (immobiliers, financiers ou pro-
fessionnels) atteignait 6 à 7 années de revenu national.
Dans les années 50, cette valeur était tombée à 2 an-
nées de revenu national. Mais depuis, le capital revient
en force pour retrouver des valeurs proches de la fin du
XIXe siècle : 5 à 6 années.
L'explication est simple : en un an, la croissance et
les salaires progressent très peu alors que ce que rap-
porte le capital - profits, dividendes, loyers, intérêts, etc.
- progresse beaucoup plus vite. La vérité est donc bien
loin des pleurnicheries des responsables du Medef, qui
ont dû bien se marrer en entendant Moscovici plaider le
« ras-le-bol fiscal »…
On notera le contraste : pendant que les patri-
moines privés s'envolent, la dette publique s'aggrave
non du fait de l'accroissement inconsidéré des dé-
penses, comme les économistes libéraux voudraient
nous le faire croire, mais par les baisses d'impôts des
plus riches, qui leur permettent d'accumuler toujours
plus de richesses. Et globalement, déduction faite de la
dette, nos sociétés n'ont jamais été aussi riches, mais
l'essentiel des richesses est confisquée par une petite
fraction très privilégiée de la population, qui arrive à
faire prévaloir ses intérêts, avec un succès certain, au-
près des politiques et des médias.

Débat économique
LES INEGALITÉS SELON THOMAS PIKETTY
12
Pour une refonte du système fiscal
La déduction de ce qui vient d'être dit est
simple : les riches ne paient pas assez d'impôts et la
fiscalité n'arrive pas à contribuer suffisamment à la
redistribution des revenus. La nécessité d'une grande
réforme fiscale, qui figurait dans le programme du can-
didat Hollande, garde donc toute sa pertinence. La fis-
calité ne s'oppose pas au développement économique :
Thomas Piketty fait remarquer que « parmi les 28 États
membres de l'Union européenne, ceux qui ont le plus
haut niveau de prélèvements obligatoires sont les pays
les plus développés ».
L'originalité de Piketty est de proposer un impôt
progressif sur le patrimoine net, c'est-à-dire déduction
faite des emprunts. Cet impôt s'appliquerait à tous les
actifs, donc aussi aux actifs financiers et professionnels.
Le barème serait de 0 % jusqu'à 1 million d'euros de
patrimoine net, 1 % entre 1 et 5 millions et 2 % au-
dessus de 5 millions. Un tel impôt appliqué à l'échelle
de l'Union européenne rapporterait des recettes équi-
valant à 2 % de PIB : elles permettraient de faire face
aux défis de notre époque, comme le réchauffement
climatique et la transition énergétique.
Depuis un quart de siècle, on assiste à une recon-
centration des patrimoines au sommet de la hiérarchie
sociale. À l'inverse, les revenus des classes populaires et
des classes moyennes stagnent, provoquant un senti-
ment d'injustice, de frustration et de déclassement. Mais
ces inégalités, qui sont inacceptables du point de vue
moral, ont d'autres effets négatifs, comme celui d'être à
l'origine des crises : ce sont les revenus des riches qui
alimentent les bulles spéculatives. Enfin, n'oublions pas
non plus que ce sont les plus riches qui ont la plus lourde
empreinte écologique (3) et qui font la promotion d'un
modèle de consommation ostentatoire totalement insou-
tenable pour la planète.


Gérard Mamet.



(1) Thomas Piketty, Le capital au XXIe siècle, Seuil,
septembre 2013. 25 €.
(2) Inégalités : l'onde de choc Piketty, Alternatives
Economiques, numéro 336, Juin 2014, pp. 59 – 68.
(3) L'empreinte écologique est un indicateur de la
pression exercée par les hommes sur l'environnement et
les ressources naturelles.
Europe Ecologie Les Verts de Franche-Comté
(14, rue de la République, 25000 Besançon)
Directeur de publication : Gérard Roy
Comité de lecture : Michel Boutanquoi, Gérard Mamet,
Gérard Roy, Suzy Antoine
CPPAP: 0518 P 11003
Maquette : Corinne Salvi Mise en page : Suzy Antoine
13
Pour apporter des
billes à notre réflexion écono-
mique, voici mon retour sur
la conférence-débat du Pro-
fesseur Henry Sterdyniak,
économiste atterré (1), au
Bar des Sciences, à Montbé-
liard, en avril.
L'économie en trois grandes périodes ré-
centes
Des années 90 à 2007, les échanges écono-
miques suivent un courant néolibéral. Des pays
comme la Chine et l'Allemagne prennent une posture
mercantiliste, c'est-à-dire qu'ils se développent par l'ex-
portation et accumulent les excédents sans les redistri-
buer, ce qu'ils auraient pu faire notamment par le salaire
(les Allemands finissent par y venir). Mais si des pays ac-
cumulent des richesses, il faut bien que d'autres accumu-
lent des dettes...
Dans le même temps, le modèle anglo-américain
fait que l'on distribue également peu de salaire mais que
l'on encourage massivement le crédit aux classes
moyennes. Les prix de l'immobilier montent, les gens se
croient riches, mais ce n'est qu'illusion car, lorsque éclate
la bulle, on s’aperçoit que le patrimoine immobilier ne
vaut pas ce qu'on croyait.
Les années suivantes (2008 à 2010) laissent
apparaître l'affolement des dirigeants, des écono-
mistes « conventionnels » et surtout des spécula-
teurs. Or, « les spéculateurs sont des gens simples » :
tous achètent dans le même sens et d'un seul coup, s'af-
folent et revendent tous dans le même sens. Ces gens
ont besoin qu'on les rassure, ce à quoi s'emploient nos
États en nationalisant les pertes, alors que les profits
étaient privés ! Ce que les Islandais ont refusé de faire,
laissant aller à la faillite les banques sur leur territoire
national.
Depuis 2010, les libéraux reviennent à l'offensive
avec le refrain « Y a trop d'impôts ! » : on oublie que c'est
le modèle spéculatif qui est en cause. En Europe, les pays
du nord continuent d'accumuler les excédents
(Allemagne), tandis que les pays du sud, qui ont misé sur
la spéculation immobilière, plongent dans le marasme
(Cf. l'Espagne et ses complexes immobiliers vides, ses
aéroports neufs à l'abandon). Les marchés spéculent sur
les dettes et les grandes entreprises préfèrent verser des
dividendes plutôt que d'investir (2).
Car il faut toujours avoir en tête que, malgré la
« crise », d'énormes masses d'argent circulent et cher-
chent à se placer. Les marchés sont friands des dettes
des États, au point de leur prêter à taux 0 %, voire à taux
négatif ! Aux Allemands, les Chinois ont parfois prêté de
l'argent ET versé les intérêts.
Et maintenant, comment agir ?
1) Quelques propositions des Économistes
atterrés à l'échelle de l'Union européenne :
- faire une Europe sociale et écologique (transition
écologique notamment) ;
- harmoniser les salaires ;
- investir les excédents dans les pays du sud ;
- garder les retraites par répartition et ne pas aller
vers la capitalisation car cela alimente le marché et la
spéculation ;
- harmoniser les règles fiscales, de façon à avoir un
impôt progressif, et surtout éviter l'optimisation fiscale,
voire la fraude (Starbuck ne paie pas d'impôt en France
car il achète ses cafés en Suisse ; le café est si cher que la
filiale française est déficitaire par rapport à Starbuck
mère et ne paie donc pas d'impôt ! ) ;
- séparer les banques de dépôt de celles de spécu-
lation.






2) Quid de l'€uro ?
Il manque les mécanismes pour que cette mon-
naie fonctionne. Nous avons mis en place des règles
« stupides » imposées par l'Allemagne, celle par exemple
que la BCE n'assure pas les dettes publiques.
La sortie de l'euro n'est pas une solution : ce serait
une usine à gaz, notamment parce que dettes et capi-
taux sont mêlés (par exemple, la dette portugaise déte-
nue par l'Allemagne devrait-elle être chiffrée en marks
ou en escudos ?).
Économistes atterrés
LES ENJEUX ACTUELS DE L'ÉCONOMIE
3) On lègue la dette à nos enfants.
Henry Sterdyniak nous invite à relativiser.
Mieux vaut naître en France qu'au Nigeria : ici, l'enfant
naît avec des soins gratuits, écoles, infrastructures,
hôpitaux, etc. Mais il convient d'avoir en tête que,
« quand il y a dette, il y a créance. En réalité, on lègue
aux enfants des salariés la dette qu'ils devront aux en-
fants des rentiers. »
4) Qui possède la dette ?
On dit que la dette française est détendue à
50 % à l’étranger. En réalité, notre dette se trouve :
- dans certains pays du Proche-Orient, du
Moyen-Orient et d'Afrique, par proximité et parce que
notre diplomatie sillonne ces pays pour leur « vendre »
notre dette ; de fait, leurs excédents ne vont pas vers
leur propre population, mais servent au maintien de
notre niveau de vie ;
- dans les fonds de pension anglais et améri-
cains (retraite par capitalisation) ;
- dans l'épargne des Français au
Luxembourg (!);
- dans l'Assurance vie des Français (cocktails de
placements) (3).








5) Et les Élections européennes, là-
dedans ? (4)
Nous sommes prisonniers de la culture du con-
sensus entre PPE (Parti populaire européen) et PSE
(Parti socialiste européen), lesquels ne remettent pas
en cause la politique d'austérité. Les peuples ne sont
pas dupes, et se tournent par dégoût vers les popu-
lismes.
6) Quid de la décroissance ?
« Voilà la seule question sérieuse ! » s'exclame
Henry Sterdyniak. Car avec la crise écologique, on
épuise la planète, et principalement aux dépens des
pays émergents. Il faut lutter contre les gaspillages et
convaincre tous les pays, au moins européens, de con-
verger vers ces principes.
On pourra poursuivre avec deux ouvrages col-
lectifs : Le Manifeste des économistes atterrés et Chan-
ger l'Europe. Site internet : www.atterres.org/
Anna Maillard
(1) M. Sterdyniak enseigne à Sciences-Po Paris, il
est directeur du Département Économie de la mondiali-
sation à l’Observatoire français des Conjonctures écono-
miques (OFCE) et signataire du Manifeste des Écono-
mistes atterrés.
(2) Cf. les mauvais choix stratégiques de PSA il y
quelques années.
(3) Je m'occupe avec mon compagnon de faire
connaître l'épargne équitable (notamment chez
Oïkocrédit), laquelle, 100 % traçable, permet de savoir à
quoi sert l'argent placé. Je vous présenterai le principe
dans un prochain numéro.
(4) La conférence a eu lieu avant…


ATTENTION : ÉCONOMISTES MÉDIA-
TIQUES !
La crise nous apprend que de nombreux travaux
d'économistes sont biaisés. En effet, beaucoup d'entre
eux travaillent pour les banques, ce à quoi s'ajoute que
ces mêmes banques possèdent les médias, ou y ont des
parts (le Crédit mutuel possède toute la Presse Quoti-
dienne Régionale - PQR - de Nancy à Avignon...).
Résultat : ces économistes ont les oreilles des
dirigeants et sont toutes les semaines dans les médias !
Patrick Artus, Christian de Boissieu, Daniel Cohen, Elie
Cohen, Jean-Hervé Lorenzi, Olivier Pastré, Alain Minc et
Jacques Attali cumulent des cursus académiques et des
participations dans des banques, des Conseils d’admi-
nistrations de grands groupes, commissions, think
tanks, etc.
Personnellement, j'aime écouter l'émission
« L'Économie en questions », le samedi, sur France Cul-
ture. Lors d'une émission sur les ressources naturelles,
j'ai été édifiée d'entendre les commentaires d'Oliver
Pastré, prônant de poursuivre les sondages pour le pé-
trole à tout prix. Un animateur de cette émission a alors
précisé que ce Pastré est membre du conseil de surveil-
lance de… Total ! Ébranlée, je me demande toujours
depuis «d'où parle » l'expert.
Cela dit, ce serait une indigne facilité que de re-
courir à la théorie du complot (des économistes, des
pouvoirs...). Nous avons la société que nous méritons.
Elle se constitue par touches, ajouts, retraits, et il est
difficile de la bouleverser car, à coup de compromis-
sions, de recherche du confort, nous évitons de re-
mettre en cause nos acquis, même pour les sauver.
D'où ce que j'approuve chez les Verts : préférer les pe-
tits matins au grand soir...
14

L'été dernier, j’ai eu la
chance de rencontrer Jacques
Blondel, Directeur de Re-
cherche émérite au CNRS, spé-
cialiste d’écologie évolutive. Il a
été président, de 2000 à 2004,
de la commission scientifique de
l’Institut Français de la Biodiver-
sité (devenu en 2008 Fondation
pour la Recherche sur la Biodi-
versité). Il a écrit récemment un
excellent ouvrage sur la biodi-
versité. (Un conseil cependant :
il s’agit d’un « pavé » et, si on n’est pas un spécialiste, il
faut se prendre le temps de le lire, de le poser pour digé-
rer la masse d’informations.) Le synopsis que vous allez
découvrir est le sien.
Jacques Blondel a été très intéressé par la propo-
sition de publier dans notre Feuille Verte un article fai-
sant la promotion de son livre car, dit-il, « comme vous
pouvez vous en douter, la sensibilité politique d’Europe
Écologie Les Verts est la mienne ». Bienvenue chez les
écolos, Monsieur Blondel !
Ce livre est un regard du biologiste sur la
diversité biologique, dénommée aujourd’hui biodiver-
sité, son origine, son histoire, sa trajectoire, ses fonc-
tions, mais aussi celui de quiconque est préoccupé par
son érosion, sa conservation et les relations qu’il s’agit de
construire entre elle et les sociétés humaines pour le
bien-être de ces dernières.
L’ouvrage est structuré en trois parties. Il
commence par dérouler l’histoire d’une diversité
biologique qui s’enracine dans la profondeur des temps
géologiques et dont l’évolution garantit le perpétuel de-
venir. Il analyse ensuite les processus écologiques par
lesquels la diversité biologique actuelle se maintient dans
les écosystèmes et, par les fonctions qu’elle y assure,
fournit les services écosystémiques (1) qui sont à la base
de la vie et du bien-être des sociétés humaines en leur
offrant les biens de consommation dont elles se nourris-
sent, s’habillent, se logent, se chauffent, se soignent, se
cultivent et se ressourcent. Il s’interroge enfin, par une
réflexion épistémologique (2) et philosophique, sur la
légitimité d’un anthropocentrisme (3) conquérant, dont
la pression sur les écosystèmes ne fait que s’accentuer.
En altérant profondément la diversité biologique ac-
tuelle, l’homme en modifie nécessairement les trajec-
toires, donc le sens de l’évolution, portant ainsi grave-
ment atteinte à ce qui fonde le bien-être des sociétés
humaines. Mais il porte aussi atteinte à la dignité de tout
être vivant, ce que dénoncent plusieurs courants rele-
vant de l’éthique de l’environnement, qui confèrent au
vivant non humain une valeur intrinsèque qui le rend
digne de considération morale.
L’analyse de l’histoire de la biodiversité et de
son statut actuel permet de mesurer l’ampleur des alté-
rations que les humains lui font subir par dégradation
des habitats, surexploitation des ressources vivantes,
appropriation excessive de la productivité organique. Les
déterminismes (4) de ces pressions sur l’environnement
sont nombreux, complexes et en interaction les uns avec
les autres. On les rassemble sous l’expression de
« changement global », qui se décline en plusieurs com-
posantes, liées à la domination des humains sur une
planète devenue à ce point anthropisée et modifiée que
le terme d'« anthropocène » a été proposé pour dési-
gner cette nouvelle ère géologique. Isolément ou en
synergie, ces composantes du changement global se
combinent pour exercer sur la diversité biologique et sur
les fonctions et services écologiques d’approvisionne-
ment et de régulation des pressions inédites dans l’his-
toire de la vie. Ces pressions sont telles que les capacités
d’autorégénération de la planète sont dépassées car la
production organique de la biosphère ne compense plus
ce qui lui est prélevé par les sociétés humaines.




Mais l’espoir n’est pas perdu et l’horizon n’est
pas bouché si, conscient des responsabilités qui lui in-
combent et réalisant que la crise actuelle de l’environne-
ment touche les fondements mêmes de la civilisation -
car elle est aussi d’ordre social, moral et politique -,
l’homme se décide avec courage et lucidité à construire
un nouveau « vivre-ensemble » avec la nature. Car les
moyens ne manquent pas qui permettraient de concilier
le développement des sociétés humaines avec le respect
15
Lecture
L’ARCHIPEL DE LA VIE
16
du vivant non humain, en substituant une société de fonc-
tionnalité à une société d’appropriation : sauver la planète
implique de la penser comme un espace de solidarité
entre toutes les composantes de la vie, qu’elle soit hu-
maine ou non humaine.
L’Archipel de la Vie. Essai sur la diversité biologique
et une éthique de sa pratique - Jacques Blondel, Éd.
Buchet-Chastel, 20,30 €


Suzy Antoine

(1) Qui concerne un
système écologique complet
et donc les relations existant
entre les êtres vivants et leur
milieu dans un endroit don-
né (Wikipédia).
(2) Qui prend la con-
naissance scientifique pour
objet (Larousse).
(3) Attitude qui place
l’homme au centre de
l’univers et qui considère que toute chose se rapporte à lui
(Larousse).
(4) Enchaînement de cause à effet entre deux ou plu-
sieurs phénomènes (Larousse).
Lectures
ISLAM ET ISLAMISME
Que les choses soient claires : il n'est pas question
de plonger tête baissée dans l'alarmisme, voire la para-
noïa, dans lesquels certains (politiques, médias...) vou-
draient à tout prix nous entraîner. Il n'en est pas moins
vrai que nul esprit un tant soit peu raisonnable ne peut se
réjouir, ni même seulement se dire indifférent, devant
l'actuel prurit de l'intégrisme islamiste qui, ces derniers
temps, s'est manifesté sous trois formes particulièrement
détestables : les départs sinon massifs, du moins non né-
gligeables, de jeunes écervelés pour le djihad en Syrie ;
l'assassinat de sang-froid de touristes juifs au musée
bruxellois de la Shoah ; la progression fulgurante des fana-
tiques surarmés et désormais richissimes de l'EIIL (État
islamique en Irak et au Levant). Sans parler - événements
devenus trop courants pour qu'on s'y intéresse encore,
n'est-ce pas ? - des massacres, au Nigéria, au Kenya ou
ailleurs, de croyants sans doute un peu trop tièdes dont
on consolide ainsi définitivement la foi…
Mon intention n'est pas, dans les lignes qui suivent,
de tirer une sonnette d'alarme qui, de toute façon, vu
l'audience de notre Feuille Verte, serait forcément d'une
efficacité limitée. Pas même de broder sur le thème « Ça
fout les jetons » (1) alors que je serais bien incapable de
proposer à ce redoutable problème la moindre amorce de
solution un tant soit peu crédible. Je voudrais simplement
saisir cette occasion - une occasion dont je me serais vo-
lontiers passé - pour vous conseiller la lecture de trois
livres en rapport avec l'islamisme (2) et avec les défis que
celui-ci lance aujourd'hui à la fois à l'intelligence, à la dé-
mocratie et à la liberté.
Dans le premier, Le Sexe d'Allah (3), Martine
Gozlan cherche à comprendre comment toute une partie
du monde musulman est passé « des mille et une nuits de
l'Islam » aux « mille et une morts de l'islamisme » (4). On
pourra certes trouver quelque peu angélique la descrip-
tion d'un islam des origines où le sexe aurait été à la fois
triomphant et « poétisé », et bien insuffisante l'explication
de l'intégrisme islamiste, quasi exclusivement, par la frus-
tration et l'obsession sexuelles devenues la règle dans les
sociétés musulmanes, d'Alger à Téhéran et de Gaza à cer-
taines de nos banlieues. Il n'en demeure pas moins que la
comparaison est subtile et stimulante entre ce que nous
disent de l'Islam les textes des poètes et des philosophes
arabes du passé, ou encore les miniatures persanes, et la
haine du sexe - en particulier du sexe féminin -, alliée à la
fascination pour la mort, professées aujourd'hui par tout
ce que la planète compte d'allumés wahhabites, de cinglés
salafistes ou d'azimutés talibans. À lire donc, ne serait-ce
que pour découvrir aussi bien des textes d'une sensualité
époustouflante que des monuments d'imbécillité satis-
faite.
La même Martine Gozlan a publié cette an-
née un livre intitulé Les Rebelles d'Allah, dont le
sous-titre dit à peu près tout : Ils ont défié l'ordre isla-
miste. Quelque 170 pages pour dresser les portraits de
sept personnalités très différentes les unes des autres,
mais que réunissent la même haine du fanatisme, la
même revendication du droit à étudier, à écrire, à créer,
à aimer, à ne pas croire en Dieu, et le même courage
pour affronter, quasiment seules contre tous, l'ordre
obscurantiste qui, du Maghreb au Proche-Orient (et
même plus loin, comme on l'a vu encore récemment au
Brunei), cherche à interdire toute pensée libre au nom
des traditions et de la charia. On lira avec émotion et
consternation à la fois les véritables épopées vécues
aussi bien par un pianiste turc que par un poète saou-
dien, par une Femen tunisienne que par un blogueur
palestinien, par une avocate iranienne que par un uni-
versitaire de Tunis ou par la désormais célèbre Malala,
l'écolière pakistanaise que les talibans ont voulu tuer
pour châtier sa soif d'apprendre. Un livre à conseiller à
tous ceux qui débusquent l'islamophobie et le racisme
dans toute critique des dérives de l'islam, confondant
par là islam et islamisme, musulmans et fanatiques (5).






Quant à Boualem Sansal, c'est un romancier
algérien qui jouit aujourd'hui d'une indéniable notorié-
té en France, où l'on a réservé un excellent accueil à son
Serment des Barbares, à Harraga, au Village de l'Alle-
mand (parus en Folio), etc. Mais c'est son dernier essai
qui retiendra ici notre attention : Gouverner au nom
d'Allah – Islamisation et soif de pouvoir dans le monde
arabe (6) - encore un sous-titre qui en dit long. Bien plus
qu'une investigation journalistique ou qu'un rapport
d'expert, ce livre se veut « la réflexion d'un témoin, d'un
homme dont le pays […] a été très tôt confronté à l'isla-
misme, un phénomène inconnu de lui jusque-là ». Il traite
de la montée de l'intégrisme musulman en Algérie et
dans le monde arabe en général, décrit le mélange
d'inconscience et de relative sympathie avec lesquels ces
bigots en apparence si insignifiants ont d'abord été ac-
cueillis, pointe du doigt les responsabilités multiples qui
ont permis, par légèreté ou par cynisme, au fanatisme
de se répandre comme une lèpre : « les États prosélytes,
les élites opportunistes, les intellectuels silencieux, les






universités, les médias, la “rue arabe“ » (7), mais aussi les
réponses inappropriées que lui opposent les pouvoirs occi-
dentaux et les politiques, totalement inefficaces, d'intégra-
tion des immigrés dans les pays d'accueil. Très pédago-
gique, le livre propose aussi une classification bien utile
des divers courants, mouvements et écoles qui se parta-
gent et se disputent un islam à l'histoire mouvementée,
parcourue de schismes, de combats et de persécutions.

Gérard Roy


(1) Et pourtant si : d'une certaine façon, moi, ça me
fout les jetons.
(2) Est-il nécessaire de préciser que me répugnent
autant TOUS les intégrismes, de quelque obédience qu'ils
soient, même si, à l'heure actuelle, c'est celui-ci qui s'avère
le plus agressif ?
(3) Martine Gozlan, Le Sexe d'Allah – Des mille et
une nuits aux mille et une morts, Grasset, 2004, réédité en
Livre de Poche Biblio essais.
(4) Grand reporter et rédactrice en chef à l'hebdo-
madaire Marianne, Martine Gozlan est, tout comme
Caroline Fourest, traînée dans la boue
comme « islamophobe », « sioniste », « juive », etc., sur
quantité de sites internet qui manient avec dextérité
l'injure, l'amalgame et la désinformation.
(5) Martine Gozlan, Les Rebelles d'Allah, préface de
J.-F. Kahn, L'Archipel, 2014.
(6) Boualem Sansal, Gouverner au nom d'Allah, NRF
-Gallimard, 2013.
(7) Si l'on veut bien m'autoriser le rappel d'une ex-
périence personnelle : j'ai vécu, entre 1974 et 1977, dans
l'Algérie « socialiste » de Houari Boumédiène, vers laquelle
dardaient les regards aussi naïfs qu'énamourés de toute
une certaine gauche tiers-mondiste en mal de Mecque
(sans mauvais jeu de mots). C'est pourtant dans cette Algé-
rie « révolutionnaire » qu'on construisait d'abord les mos-
quées dans les nouveaux villages dits « de la Révolution
socialiste » et qu'affluaient du Moyen-Orient des ensei-
gnants aussi nuls dans la matière qu'ils étaient censés ap-
prendre que redoutablement formés à l'art d'inculquer à la
jeunesse les beaux principes d'un Coran made in Riyad...
Inutile de vous dire que, plus tard, les tragiques événe-
ments des « années de braise » ne m'ont guère surpris...
17
1. La nouvelle donne du stockage d'énergies
Avec le développement des énergies intermit-
tentes (solaire, éolien), les besoins de stockage augmen-
tent. Les deux formes de stockage les plus répandues de
l'électricité, batteries classiques et STEP (1), ne suffisent
plus. Il faut donc étendre la panoplie des formes de
stockage : nouvelles batteries sodium-soufre, supercon-
densateurs, volants d'inertie, stockage sous forme d'air
comprimé et surtout hydrogène fabriqué par électro-
lyse. La forme « hydrogène » a l'avantage de pouvoir
être massivement stockée et facilement transportée via
les réseaux de gaz existants ou à réaliser. On peut aussi
stocker l'énergie sous forme de chaleur, ce qui permet
d'utiliser en période froide l'énergie produite en été (La
Recherche n° 488, juin 2014, pp. 42-43).






Commentaire : Le stockage est un enjeu impor-
tant de la transition énergétique pour éviter d'avoir
recours aux énergies carbonées aux périodes de pointe.
On parle de la nécessité de 100 milliards d'euros
d'investissement en 10 ans au niveau mondial. D'après
les prévisions actuelles, la France ne se situerait qu'au
dixième rang mondial en 2022, avec 10,7 gigawatts ins-
tallés, ce qui n'est pas à la hauteur des enjeux.
2. La querelle du lait cru
Les risques et les bénéfices des fromages au lait
cru ont été rarement débattus de bonne foi. On a sou-
vent parlé du risque de listériose pour imposer la pas-
teurisation du lait. En réalité, les industriels laitiers pré-
fèrent utiliser du lait pasteurisé, qu'ils ensemencent
avec quelques souches de micro-organismes. Ils arrivent
ainsi à fabriquer des fromages « standard », mais peu
goûteux. Les artisans travaillent avec de plus petits vo-
lumes de lait, en général cru. Ce lait cru va bénéficier d'une
plus grande diversité de micro-organismes provenant de
sources variées, allant de l'air de l'étable au fourrage et
aux ustensiles de manipulation. Il en résulte des fromages
au goût plus prononcé. (Pour la Science n° 439, mai 2014,
p. 91)










Commentaire : La question sanitaire a souvent été
évoquée, en particulier par les États-Unis, pour refuser les
importations de fromages au lait cru. Des études ont été
réalisées à Caen et à Besançon. En fait, la listériose liée à la
consommation de fromage est très rare et il arrive que des
fromages au lait pasteurisé soient contaminés aussi. Il est
maintenant établi que les fromages au lait cru sont plus
sains : ils contiennent moins de sucres fermentescibles et
ont une acidité plus grande, qui prévient l'installation de
bactéries pathogènes. Vive la fabrication artisanale de fro-
mages au lait cru !
3. L'éthique animale entre science et droit
Par un amendement à la loi de modernisation et de
simplification du droit, le 15 avril 2014, le statut de l'ani-
mal est passé de « bien meuble » à celui d' « être vivant
doué de sensibilité ». En fait, c'est surtout une mesure
symbolique, qui ne change pas grand chose au niveau pra-
tique : pas de changement sur les élevages concentration-
naires, la chasse à courre et la torture des taureaux dans
les corridas. Les défenseurs des animaux proposent que
soient définis, avec l'aide des scientifiques, les différents
degrés de sensibilité des animaux pour adapter les législa-
tions.
18
Science et écologie
STOCKAGE D'ÉNERGIE, FROMAGES AU
LAIT CRU, ÉTHIQUE ANIMALE ET
BIODIVERSITÉ DES POMMIERS
La science pour éclairer les choix de l'écologie politique.
La réflexion politique pour développer la critique de la science.
19
On sait que l'ensemble des vertébrés et quelques inverté-
brés comme les pieuvres sont aptes à éprouver douleur
ou angoisse. (Pour la Science n° 440, juin 2014, pp. 12-13)






Commentaire : La législation français reste très
largement incohérente. Les actes de cruauté et les mau-
vais traitements sur les animaux domestiques sont punis.
Mais de nombreuses dérogations existent : corrida,
chasse de loisir, sans parler des mauvais traitements dans
les élevages industriels. Autre exemple d'incohérence :
les faisans. Tant qu'ils restent dans les élevages, les fai-
sans sont protégés par la loi contre tout acte de maltrai-
tance par les humains. Une fois relâchés dans la nature
pour les besoins de la chasse, ils sont considérés comme
« sauvages » et peuvent être blessés ou mutilés à sou-
hait.
4. Les pérégrinations du pommier domes-
tique
11 000 variétés de pommiers sont cultivées dans
le monde et en France, 376 sont autorisées à la culture,
mais 65 % de la production française ne correspondent
qu'à trois variétés : Golden, Gala et Granny. Les formes
domestiques du pommier seraient issues d'une espèce
sauvage du Kazakhstan, en Asie centrale. Cette espèce
asiatique présente une forte diversité en matière de
forme et de goût. Mais le pommier cultivé se serait en-
suite hybridé avec le pommier sauvage européen au
cours de sa dispersion jusqu'à l'Atlantique, d'abord le
long de la route de la soie (2). (Pour la Science n° 439, mai
2014, p. 36-41).






Commentaire : Le pommier sauvage européen
est menacé à la fois par la fragmentation de son habitat
forestier et par son hybridation avec le pommier domes-
tique. Or les variétés sauvages, qui ont une grande varia-
bilité génétique, détiennent certains caractères spéci-
fiques absents des variétés domestiques, comme la
résistance à des maladies. Ce qui pourrait permettre
d'améliorer les variétés domestiques.
D'autre part, certaines associations de pommo-
logie tentent de préserver le maximum de variétés
anciennes de pommes.

Gérard Mamet


(1) STEP : Station de Transfert d'Énergie par
Pompage. La technique consiste à pomper de l'eau
d'un bassin inférieur vers un bassin supérieur pendant
les heures creuses. En cas de besoin, on récupère
l'énergie ainsi stockée par turbinage. En 2011, les STEP
représentaient 99 % des 140 gigawatts de capacité de
stockage dans le monde.






(2) Le pommier sauvage européen (Malus
sylvestris) est distinct du pommier domestique (Malus
domestica), lui-même distinct du pommier sauvage du
Kasakhstan (Malus sieversii). Le fruit du pommier sau-
vage européen est appelé « buchin » en Franche-
Comté.
20
Franchement, le cœur n’y est pas : faire le compte
rendu de ce Conseil fédéral est pénible, parce que ce
Conseil fut pénible. Les invectives, les noms d’oiseaux
(pardon aux amis de la LPO), les sifflets ont ponctué ce
week-end, dans la grande tradition chaotique des Verts
puis d’EÉLV.
Ces comportements ont pris une telle dimension
que Thierry Brochot (le président du CF) est venu à la
tribune lire la déclaration suivante : « Le Bureau du Con-
seil fédéral et le Bureau exécutif constatent et regrettent
certains actes isolés de conseillers fédéraux, lesquels ont
perturbé les travaux du Conseil fédéral. Les valeurs de
l'écologie comprennent l'écoute, le respect des opinions
et la non-violence et ne sont pas compatibles avec ces
attitudes. Ils rappellent qu'il est inacceptable qu'un inter-
venant soit sifflé au seul énoncé de son nom, avant même
sa prise de parole. D'autre part, le Bureau du Conseil fé-
déral et le Bureau exécutif condamnent l'action d'intimi-
dation que la Secrétaire nationale a subie alors qu'elle
répondait en direct à une interview télévisée. Ils désap-
prouvent fortement ce type de pratique et demandent à
chacune et chacun de respecter les règles collectives ga-
rantissant la tenue d'un débat politique ouvert et cons-
tructif. »
Fatiguant de constater qu’une partie des
conseillers (et conseillères, celles-ci n'étant pas en
reste) se comportent comme des gosses mal élevés et
ne supportent pas l’expression de points de vue diffé-
rents des leurs.
Il est vrai que nous avions à statuer sur l’exclu-
sion d’Alain Lipietz et de ses colistiers (et colistières)
pour cause d’alliance électorale avec l’UMP à Villejuif
et que cela a sans doute exacerbé les passions. (Il est
d'ailleurs intéressant de noter que cette alliance inha-
bituelle a été défendue par Gilles Lemaire et ses amis,
qui se situent habituellement à la gauche du mouve-
ment !).Constater la lente dérive d’une figure histo-
rique de l’écologie politique est triste et son exclusion
ne réjouit personne, mais les choix ont des consé-
quences et les instances de notre parti servent à ga-
rantir le respect de nos engagements de congrès ; con-
grès qui, depuis des années, confirment notre ancrage
à gauche. Ce n’est pas parce que l’ensemble du pay-
sage politique bascule vers la droite que nous devons
suivre ce mouvement.
Le samedi matin, la convention sur la ré-
forme territoriale, organisée à la hâte, fut plutôt
réussie. Des points forts ont émergé des débats, qui
permettront à nos parlementaires, s’ils le souhaitent,
de préparer leurs amendements pour :
- qu'un volet réforme démocratique soit intégré
à la loi et que ce volet comprenne des avancées inté-
grant démocratie participative et démocratie repré-
sentative, ainsi qu’une séparation nette des pouvoirs
entre délibératif et exécutif ;
- acter la proportionnelle et le scrutin universel
direct avec une prime majoritaire faible pour les scru-
tins territoriaux (communes, intercommunalités, mé-
tropoles et régions…) ;
Conseil fédéral des 14 et 15 juin
TENSIONS
« Le poison du présidentialisme va nous tuer. »
Emma Cosse, Secrétaire nationale

21
- que l'égalité des territoires soit retenue comme
objectif de la réforme et que la loi précise la péréqua-
tion interrégionale et la maitrise des recettes fiscales ;
- définir les principes de l’égalité des territoires à
l’échelle infrarégionale ;
- faire reposer en partie l’autonomie fiscale sur
une décentralisation des recettes fiscales de l’État et
sur le développement d’une fiscalité écologique ;
- que la clause de compétence générale des ré-
gions soit garantie et que des statuts différenciés puis-
sent être mis en place selon les territoires ;
- que la carte des fusions de régions proposées
par le gouvernement soit amendée pour mieux corres-
pondre aux territoires vécus et que ce redécoupage ne
se cantonne pas aux limites actuelles des régions.
Lors de son discours de politique générale,
Emma Cosse a décrit les travers des mécanismes de
péréquation actuels, qui aboutissent parfois à ce que
« les pauvres des régions riches paient pour les riches
des régions pauvres », et affirmé que l’évolution de la
loi sur la transition énergétique aura un impact direct
sur nos relations avec nos partenaires politiques. (Bon,
je ne suis pas sûr que le PS en tremble, mais ça va tout
de même mieux en le disant...) Enfin, elle a fustigé le
dénigrement de l’impôt qui est devenu la norme alors
qu’en démocratie, « l’impôt est une arme au service de
l’égalité ».
Une représentante des intermittents du spec-
tacle est également venue à notre rencontre et a pu
entendre, par la bouche de notre Secrétaire nationale
et à travers la salve d’applaudissement qui a suivi son
intervention, le soutien d’EÉLV à ce combat.
Je devrais également me réjouir de l’appel du CF
aux parlementaires à voter contre le collectif budgé-
taire si le financement de la transition énergétique n’est
pas assuré ; mais l'expérience nous a appris que nos
parlementaires ne cherchent pas forcément leur inspi-
ration dans les résolutions du CF de leur parti...
Enfin, il y eut le dynamisme de Karima Delli,
jamais découragée, et les remerciements de Sandrine
Bélier à tous ceux qui l’ont soutenue pendant la difficile
campagne des Européennes (une pensée à ce propos
pour Patricia Gueguen, son attachée, dont la compé-
tence et la capacité de travail auront grandement contri-
bué à l’efficacité de Sandrine au Parlement européen). La
standing ovation du CF aura peut-être atténué un peu
l’amertume de la défaite ; en tout cas, nous sommes sûrs
de retrouver Sandrine et Patricia lors de prochains com-
bats.








Naturellement, l’ensemble des textes adoptés est
à lire dans le compte rendu officiel. J’espère quand
même que les tensions internes vont s’apaiser et que
nous retrouverons collectivement le sens de l’intérêt
général et le sentiment d’urgence face aux défis environ-
nementaux, sociaux et économiques que nous, écolo-
gistes, sommes censés mesurer mieux que d’autres. (1)

Philippe Chatelain




(1) Et la citation d’Emmanuelle Cosse en exergue,
quel rapport avec ce compte-rendu? En fait, aucun,
mais… je trouve que qu’elle « sonne bien »...
Un peu de Charlie Hebdo?
22
Les 21, 22 et 23 août...
LES ÉCOLOS ONT RENDEZ-VOUS À BORDEAUX
Marine Tondelier, membre du Bureau exécutif
d'EÉLV, déléguée aux Journées d’été, vous invite à un mo-
ment convivial, accessible, formateur et festif. Les Journées
d’été 2014 se dérouleront à Bordeaux les 21, 22 et 23 août
prochains, sur le site de l’Université Bordeaux Montaigne.
« 40 ans après la candidature à la présidentielle de René
Dumont, 30 ans après la création des Verts, ces journées
d’été « anniversaire » seront l’occasion de célébrer nos
combats et notre histoire, de rassembler le plus largement
possible la famille écologiste, mais aussi de préparer la
suite pour écrire ensemble nos succès à venir. »
Le programme - en cours de finalisation - vous
permettra, selon vos besoins, de vous former, de débattre
et d’échanger, d’approfondir certains aspects programma-
tiques, de militer ou encore de (re)découvrir l’histoire de
l’écologie.
Les militants aquitains seront heureux de vous pro-
poser leurs spécialités culinaires, une architecture et des
paysages uniques, mais également des débats d’actualité
sur le réchauffement climatique, les échanges Nord-Sud,
les emplois de la transition économique ou encore les dé-
rives de l’agriculture productiviste.
Et le tout sera clôturé par une « Fête des 40
ans » dont les générations futures se souviendront !
Hébergement
Cette année, pas de chambres CROUS : il y aura
mieux et moins cher ! Appartements étudiants, chambres,
dortoirs de 6 personnes, et même un camping créé ex nihi-
lo sur un terrain tout à côté du site des Journées d’été.
Cette année, votre hébergement vous coûtera jusqu’à trois
fois moins cher que l’année dernière.
Quelques exemples : à 100 m du site des JDE, un
terrain de camping, à 7,50 € la nuit ; un hôtel (entre 48 et
78 € la nuit) à 1,3 km de là ; en colocation dans des rési-
dences étudiantes type F5, F6, à 25 € par personne et par
nuit ; des chambrées de lycée à partager entre 6 personnes
pour les nostalgiques des dortoirs, à 15 € la nuit ; ou
au contraire pour plus d’intimité, des petits apparte-
ments, à 27,70 € la nuit. Bien entendu, plus vous vous
y prendrez tôt, plus vous aurez de chances d’obtenir ce
que vous souhaitez. Alors n’attendez pas le dernier
moment !
Les forfaits solidaires
Des possibilités d'hébergement à bas prix sont
proposées.
Lors du dernier CPR, il avait été convenu de lan-
cer un appel à la colocation d'appartements, proposée
comme un des types d'hébergement possible.
Deux formules :
- 3 personnes pour 3 nuits soit 250 € (84 eu-
ros chacun)
- 4 personnes pour 4 nuits soit 400 € (100 eu-
ros chacun)
Pour vous inscrire, rien de plus simple, vous
envoyez vos coordonnées (nom, prénom, adresse, tél.,
mail, date de naissance) à eelv.fcomte@gmail.com,
avec en copie s.antoine.eelvfc@gmail.com Ob-
jet :"colocations JDE 2014", en précisant votre choix.
Ne tardez pas, les places partent vite !
Buvette et restauration
Cette année encore, vous retrouverez le cocktail
« fond de cuve », qui finira tout ce qui reste encore
dans le camion frigo (d’où l’intérêt de boire avec mo-
dération le reste de la semaine…) et de nombreux pe-
tits restaurateurs qui, cette année, vous surprendront
par des spécialités encore inconnues des écologistes,
comme la guimauve au chocolat.
Jusqu’à une quinzaine de restaurateurs vous
attendent pour vous faire découvrir des plats variés,
bio ou locavores, du sandwich à la daube bordelaise,
ou bien encore vous faire déguster une bouse au cho-
colat (si, si…).

Attention : vous devez acheter des tickets pour les
dépenser à la buvette ou chez les restaurateurs. Ils sont
prévendus en ligne ou à l’accueil pour des montants de
10 ou 20 €. Une écocup (caution: 1 €) est indispensable
pour consommer à la buvette. Buvette et village restau-
ration sont ouverts de 8 h 30 à 0 h 00.
Exemples de prix : café 1 €, bière 2 €, sandwichs
de 3 à 5 €, plats chauds jusqu’à 10 €.
Transports
Tapez http://www.covoiturage.fr/ (BlaBlacar), un
site fonctionnel et sympa. Il met en relation les usagers
de façon sécurisée pour que vous puissiez faire un bout
de route avec d’autres écolos, ou avec des nouvelles
têtes qui viendront peut-être faire un tour aux Journées
d’été !
N’oubliez pas le train. Plus vous vous y prendrez
tôt, plus vous avez de chances de trouver des offres inté-
ressantes. Il existe ensuite tout un réseau de transports
en commun pour vous conduire sur le site, notamment
le tram.
Mobilité et handicap
Cette année, tout sera de plain-pied. Salles d’ate-
liers, amphithéâtres et salle plénière : tout est acces-
sible, sans ascenseur ; aucune activité à l’étage. Le site
est relativement compact puisque seuls 150 mètres
séparent la salle plénière de l'extrémité du village.






Hébergement. Si les hôtels à proximité disposent
tous d’une chambre accessible, vous pourrez également
être accueillis dans le dortoir du lycée hôtelier, qui dis-
pose de deux chambres PMR.
Au quotidien. Le site de Bordeaux est très acces-
sible aux personnes ayant des difficultés de déplace-
ment. Non seulement il est quasiment plat et très ramas-
sé, mais il y a des cheminements et des rampes partout,
de nombreuses portes automatiques avec bouton, et la
signalétique est bien faite. Par ailleurs, pour les défi-
cients visuels, les cheminements sont équipés de
plaques podotactiles aux carrefours et certains bâti-
ments ont des plaques podotactiles et des rampes adap-
tées au niveau des escaliers.
Toilettes. Des toilettes PMR sont présentes dans le
bâtiment C. Une toilette sèche sera installée en com-
plément dans la partie village.
Transports. L’accès au campus depuis Bordeaux
se fait soit en bus, soit en tram. Pour les bus, la ligne
10 est accessible et dépose tout près du site. Quant au
tram, il est totalement accessible et l’arrêt est situé
juste devant l’entrée du campus. Si vous en éprouvez
le besoin, un bénévole pourra faire le « taxi » jusqu’à
votre hébergement le matin et le soir, sous réserve
que vous ayez spécifié cette demande dans le formu-
laire d’inscription.
Plénières. Les plénières sont toutes traduites en
langue des signes française et sont retransmises
grâces à la boucle magnétique dans une zone dédiée.
Des bénévoles seront spécialement destinés à l’accueil
des personnes à mobilité réduite, des personnes âgées
et de toute personne ayant besoin d’une assistance
pour se déplacer sur le site.
Si vous avez la moindre question, vous pouvez écrire à
handicap-jde@eelv.fr. Pour faciliter votre bon accueil,
un formulaire “Personne en situation de handicap et
ayant des difficultés de déplacement“ sera mis en
place sous peu.
Le programme
L’imposant programme des Journées d’été a été
travaillé au fur et à mesure avec tous ceux qui le sou-
haitaient : les propositions n’ont pas manqué.
Il se compose de six grandes plénières et d’une
centaine d’ateliers et débats, mais également d’exposi-
tions, de concerts, de balades militantes et d’événe-
ments inattendus.
Il n’est pas encore en ligne à l’heure où ces pages
sont rédigées, mais il y sera lorsque vous recevrez
cette Feuille Verte. Vous pourrez le découvrir dans les
pages du menu déroulant sous « Programme » (http://
jde.eelv.fr/le-programme/). Mais on peut déjà vous
promettre trois journées bien occupées !
Les inscriptions en ligne sont ouvertes (http://
jde.eelv.fr/sinscrire/). À vous de jouer maintenant !


Suzy Antoine
23
24
Rosbifs. J'apprends par la presse que lors des
dîners officiels à l'Élysée, on place les verres devant
l'assiette, alors qu'à Windsor, les Anglais les posent à
droite. Comment voulez-vous qu'on s'entende avec ces
gens-là ?
Hombre ! Le sous-commandant Marcos an-
nonce son retrait de la direction zapatiste. Et le sous-
commandant Copé de la pétaudière UMPiste.








Bisou. L'actrice iranienne vedette d'Une sépara-
tion présente ses excuses pour avoir fait la bise au prési-
dent du Festival de Cannes. Si elle croit que ça va lui
éviter la lapidation, cette conne !
Malchance. À peine élue, la Morano se fait vo-
ler sa mallette d'eurodéputée. Déjà qu'elle s'était fait
faucher sa cervelle à la naissance...
Chimie. Assad continue à utiliser contre sa po-
pulation des barils contenant du chlore, une arme inter-
dite. Embarrassés, les occidentaux veulent pourtant
éviter d'intervenir. C'est vrai que balancer de l'eau de
Javel sur des quartiers qui manquent sans doute un peu
d'hygiène, y a pas de quoi en faire un fromage.
Route. Le secrétaire d'État aux Transports pro-
pose d'autoriser la circulation sur les bandes d'arrêt
d'urgence. Et de permettre plus tard aux avions d'utili-
ser les départementales.
Jobards. Affaire Bygmalion : un sympathisant
UMP confie au Monde que « cette gabegie raie d'un
trait l'impression d'honnêteté qu'avaient Copé et
Sarkozy à [s]es yeux ». On se doutait bien qu'il fallait
être gland pour cotiser à l'UMP, mais là, ce n'est plus de
la naïveté, c'est de la cécité volontaire !
Sable. Le Qatar accusé d'avoir versé des pots-de-
vin pour pouvoir organiser le Mondial de foot. Je vous
dis pas ce que ce sera quand il s'occupera des cham-
pionnats du monde de ski de fond !












Rabibochage. Dominique de Villepin appelle au
retour de Sarkozy ! Finalement, l'autre aurait peut-être
bien fait de le pendre à un croc de boucher.
Déchu (1). L'inénarrable Copé déclare qu'il veut
« désormais faire de la politique autrement ». Il veut
adhérer aux Verts ?
Déchu (2). Copé lors de son dernier meeting en
tant que président de l'UMP : « J'ai fait le choix d'être
silencieux, c'est difficile pour moi. » Mais tellement bon
pour nous, Jean-François !
Bisbilles. « Sur la transition énergétique, les éco-
logistes ne sont pas d'accord entre eux », titre Le Monde
du 20 juin. Ce serait peut-être plus simple de dire
quand ils le sont.
Beaufs. Il paraît que le jet-ski (ou moto marine)
se démocratise. Je ne vais pas tarder à détester la dé-
mocratie.
Romagnan. Elle n’a voté ni la confiance à Valls,
ni son plan de 50 milliards d’économies, ni la réforme
des retraites ou l’accord sur l’emploi du gouvernement
Ayrault ; elle pense que « l'argent public est gaspillé ».
Ô Barbara, quelle connerie d'être au PS !
Élysée. En 2012, il avait « la finance » pour
« principal adversaire » ; aujourd'hui, Hollande prend
comme conseillère économique quelqu'un qui dé-
barque tout droit de la City londonienne. Y a que les
imbéciles qui ne changent pas d'avis.
UN MOIS, ÉMOIS, ET MOI
Dessin publié avec
l’aimable autorisation
de Charlie Hebdo
Dessins publiés avec l’ai-
mable autorisation de
Charlie Hebdo
Dessin publié avec
l’aimable autorisa-
tion de
Charlie Hebdo
25
Journées d’automne pour la Bourgogne et la Franche-Comté
Calcul. Soumise à un redressement fiscal, sa
femme, la comédienne Rachida Khalil, n'avait déclaré
aucun revenu. Explication d'Henri Proglio, PDG d'EDF :
« C'est une artiste, et sa comptabilité est un peu artis-
tique, elle aussi. » Au championnat du monde de foutage
de gueule, on sait qui sera premier !
Enfoirés ! Selon deux rapports de l'ONU, les
Danois sont le peuple le plus heureux du monde. Et ils
ont voté à 26,6 % pour l'extrême droite aux Européennes.
On attend la subtile analyse des spécialistes autoprocla-
més qui nous expliquent que si on vote pour les fachos,
c'est parce qu'on est malheureux.
Djihad. Devant la décomposition de l'Irak sous les
coups de boutoir islamistes, l'Iran dénonce « le terrorisme
idéologique » et « le radicalisme religieux et sectaire ».
C'est l'hôpital ayatollesque qui se fout de la charité entur-
bannée.










Béziers. Pour justifier la passivité de l'opposition
municipale, le leader socialiste local explique : « Si on
réagit à chaque arrêté de Ménard, on contribue à alimen-
ter le brasier. » Tandis que si on somnole tranquillement,
je vous dis pas comme ça fait reculer le FN !
Bêtes. En Helvétie, loups (il y en a 25 à 30) et
lynx (environ 160) pourraient désormais être plus facile-
ment abattus (1). Y en a que ça rassure de voir qu'on
est aussi con en Suisse qu'en France ?
Calcul. Alors que certains États européens intè-
grent désormais à leur PIB la drogue et la prostitution,
peut-on suggérer aux États-Unis, si ce n'est déjà le cas,
d'intégrer au leur les exécutions de condamnés, qui
viennent de reprendre allègrement ?
Accompagnement. « La gauche peut mourir »,
prévient Manuel Valls, qui a déjà entamé la procédure
d'euthanasie.








Yo man ! Les nouveaux rappeurs ne se battent
plus contre le FN et ne s'intéressent plus à la politique.
Le rap, c'était déjà chiant quand ils avaient quelque
chose à dire, mais alors maintenant... !
Rose (Eau de -). « Les chemins de Cécile Duflot
et de Jean-Vincent Placé se séparent. » (Le Monde des
15-16 juin.) C'est à la fois triste et beau comme du
Barbara Cartland...

Gérard Roy
(1) Ne comptez pas sur moi pour dire
« prélevés » !
Après les Journées d’été, voici déjà les Journées d’automne, autre temps fort d’EELV, mais cette fois-ci sur le plan régio-
nal. En effet, chaque année, les écolos francs-comtois se retrouvent pendant 2 jours, le temps d’un week-end, pour débattre
des sujets brûlants de l’actualité, tout en profitant de ce moment pour y mêler convivialité et temps festif.
Retenez d’ores et déjà le week-end des 4 et 5 octobre 2014 dans votre agenda. Nous avons choisi la MFR (Maison
Familiale et Rurale) d’Amange, à côté de Dole. En effet, nous voulions être proches de la Bourgogne, afin d’inviter nos amis
Bourguignons à participer à nos travaux concernant la fusion des régions.
Un groupe de travail va se réunir pour élaborer le programme et à la rentrée, vous recevrez une plaquette concernant
tous les détails de ces deux journées ainsi que les modalités d’inscription.
Nous espérons vous y retrouver nombreux. EELV-Franche-Comté
Dessins publiés avec l’aimable autorisation de
Charlie Hebdo
Dessin publié
avec l’aimable
autorisation de
Charlie Hebdo
14, rue de la République 25000 Besançon / 03 81 81 06 66 / http://franchecomte.eelv.fr/

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