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VÉRONIQUE PROVENCHER

COMPORTEMENTS ALIMENTAIRES ET PROFIL


PSYCHOLOGIQUE CHEZ LA FEMME
Le nouveau paradigme en matière de gestion du poids peut-il
être une alternative de choix?

Thèse présentée
à la Faculté des études supérieures de l'Université Laval
dans le cadre du programme de doctorat en nutrition
pour l'obtention du grade de Philosophiae Doctor (Ph.D.)

Département des sciences des aliments et de nutrition


FACULTÉ DES SCIENCES DE L'AGRICULTURE ET DE L'ALIMENTATION
UNIVERSITÉ LAVAL
QUÉBEC

2007

© Véronique Provencher, 2007


Résumé
La prévalcncc croissante de l'obésité que nous connaissons actuellement est sans aucun
doute d'un intérêt majeur en termes de santé publique, d'autant plus que les approches
traditionnelles préconisées dans le traitement l'obésité produisent des résultats
éphémères chez une majorité de gens. Une surenchère quant à l'urgence de perdre du
poids peut alors être observée, particulièrement auprès des femmes, se réalisant parfois
au détriment de l'adoption de meilleures habitudes de vie. Afin de tendre vers un
équilibre qui soutient la santé dans sa globalité, il apparaît donc important de mieux
comprendre les enjeux comportementaux et psychologiques associés à la problématique
du poids chez la femme. Parallèlement, de nouvelles approches méritent d'être
explorées, d'où la pertinence de documenter les effets d'un nouveau paradigme en
matière de gestion du poids qui aborde la question sous l'angle de la santé et du bien-
être, et non de la perte de poids à tout prix. C'est dans cette optique que s'inscrivent les
travaux de la présente thèse qui ont tenté de répondre aux questionnements soulevés à
l'aide d'un devis de recherche tant descriptif que clinique, réalisé auprès de femmes
présentant un surplus de poids et une préoccupation à l'égard de leur poids. Dans un
premier temps, les analyses descriptives ont souligné la présence d'associations entre
les variables psychologiques et les comportements alimentaires, ces liens s'observant
indépendamment du poids. Ces résultats suggèrent donc qu'une approche visant une
saine gestion du poids devrait intégrer les composantes psychologiques aux
changements de comportements. Dans un deuxième temps, les résultats du volet
clinique ont démontré que la désinhibilion et la susceptibilité à la faim avaient diminué
signifïcativement chez les femmes ayant participé à une intervention s'inspirant du
nouveau paradigme en matière de gestion du poids. Sachant que la présence de ces
comportements alimentaires est associée à un plus grand risque de regain de poids à
long terme de même qu'à un profil psychologique altéré, les changements observés
suggèrent donc qu'une approche s'inspirant du nouveau paradigme pourrait être une
alternative de choix auprès de femmes présentant un surplus de poids cl une
préoccupation à l'égard de leur poids.
Il

Abstract
The increased prcvalcncc of obcsity currcntly obscrvcd is obviously a public hcallh
issue, particularly whcn considering that a vast majority of individuals do not achicve
permanent weight loss with actual recommended obcsity treatments. An overstated
emphasis on weight loss may also bc observed, mostly among womcn who arc often
preoccupicd with their wcight. Unfortunatcly, their ambitious attcmpts to losc wcight
may sometimes overshadow the bénéficiai effects of adopting a balaneed and healthy
lifestyle. In order to improve overall women's health, it therefore appears to bc of
rclevance to better understand behavioral and psychological factors that may be relatcd
to the management of body wcight. Furthcrmore, ncw approaches with regard to wcight
management hâve to bc cxplorcd, which stresses the need to assess the effects of a ncw
weight paradigm that is focusing on wcllncss and wholcness, rather than considering
wcight loss as the unique outeome. Using both descriptive and clinical designs, it is in
linc with these considérations that the work of the présent thesis lias bcen conducted
among ovcrwcight and obcsc womcn who wcrc charactcrizcd by a prcoccupation about
thcir wcight. First of ail, significant associations hâve been obscrvcd between
psychological variables and cating behaviors, indcpcndcntly of wcight status. These
descriptive rcsults suggested that cating behaviors and psychological factors should be
both integrated for healthy weight-management. Secondly, rcsults from the clinical trial
showed dccrcascs in disinhibilion and susceptibility to hunger in womcn who
participate to an intervention bascd on the ncw wcight paradigm philosophy. Sincc
thèse two cating behaviors may pose a risk for wcight regain, in addition to be relatcd to
an impaired psychological runctioning, signilleant dccrcascs observed may suggest that
the ncw wcight paradigm could be a relevant alternative for healthy wcighl-
management among ovcrwcight and obcsc womcn who arc charactcrizcd by a
préoccupation about their weight.
Avant-propos
La présente thèse comprend une introduction générale, une présentation de la
problématique des travaux, une description des projets de recherche sur lesquels repose
la démarche scientifique de même que cinq manuscrits et une conclusion générale qui
discute des résultats obtenus au sujet des comportements alimentaires, des facteurs
psychologiques et du nouveau paradigme en matière de gestion du poids chez la femme.
Plus précisément, le premier manuscrit de cette thèse s'intéresse aux associations
présentes entre le poids corporel, les comportements alimentaires et le bien-être
psychologique chez un groupe de femmes ménopausées. Les deuxième et troisième
manuscrits abordent également la question des facteurs psychologiques et
comportementaux pouvant jouer un rôle dans la gestion du poids chez la femme. Cette
fois-ci, les résultats proviennent d'analyses descriptives réalisées auprès de femmes non
ménopausées présentant un surplus de poids de même qu'une préoccupation importante
à l'égard de leur poids. Ces femmes ont par ailleurs été recrutées afin de participera
une étude d'intervention clinique cherchant à investiguer les effets à court et à long
terme d'une approche alternative en matière de gestion du poids, connue sous le nom de
nouveau paradigme. À cet égard, les quatrième et cinquième manuscrits de cette thèse
traitent des effets cliniques observés sur les comportements alimentaires, les sensations
reliées à l'appétit et le poids corporel chez les femmes à l'étude. À l'exception du
manuscrit présenté au septième chapitre, qui sera soumis sous peu à la revue Obesity,
l'ensemble des articles scientifiques présentés à l'état de manuscrits dans cette thèse ont
tous été publiés ou soumis pour publication au cours de la réalisation de mes études de
doctorat. Voici les références détaillées relatives à chacun des articles scientifiques qui
font partie de cette thèse, ces derniers étant présentés tels qu'ils ont été soumis aux
revues scientifiques.

Chapitre 3
Provencher V, Bégin C, Piché ME, Bergeron J, Corneau L, Weisnagcl SJ, Nadeau A,
Lcmicux S. Disinhibition, as assessed by the Three-Factor Eating Questionnaire, is
invcrscly related to psychological well-being in postmenopausal women. International
Journal of Obesity (Lond) 2007 Feb; 31(2):315-20. [Lpub 2006 Jun 6]
IV

Chapitre 4
Provencher V, Bégin C, Gagnon-Girouard MP, Gagnon HC, Tremblay A, Boivin S,
Lcmicux S. Defincd weight expcctations in ovcrweight women: anthropometrical,
psychological and cating behavioral corrclates. International Journal of Obcsity (Lond).
2007 Jun 5; [Epub ahead of print].

Chapitre 5
Provencher V, Bégin C, Gagnon-Girouard MP, Tremblay A, Boivin S, Lcmicux S.
Personality traits in ovcrweight and obesc women: associations with BMI and cating
behaviors. Eating Behaviors. (Article soumis)

Chapitre 6
Provencher V, Bcgin C, Tremblay A, Mongcau L, Boivin S, Lemieux S. Short-term
effects of a "Hcalth-At-Lvcry-Sizc" approach on cating behaviors and appetite ratings.
Obcsity 2007 Apr;15(4):957-66.

Chapitre 7
Provencher V, Bégin C, Tremblay A, Mongcau L, Corncau L, Dodin S, Boivin S,
Lcmicux S. "IIcalth-At-Bvcry-Sizc" intervention: long-tcrm effects on eating behaviors
and BMI. Obcsity. (Article qui sera soumis sous peu)

Cette thèse comprend également une annexe dans laquelle un article de vulgarisation
que j'ai rédigé à l'attention des diététistes/nutritionnistes vous est présenté (Annexe A).
Ce manuscrit s'intitule « Les comportements alimentaires : un enjeu important pour une
saine gestion du poids». À paraître dans la revue professionnelle de l'Ordre des
Diététistes du Québec « Nutrition science en évolution » au cours de l'année 2007, ce
manuscrit fera partie d'un dossier thématique traitant des comportements alimentaires.

Les travaux réalisés dans chacun des manuscrits présentés n'auraient pu être accomplis
sans la contribution de collaborateurs importants. D'ailleurs, pour chacun des
manuscrits dans lequel ils étaient impliqués, tous les co-autcurs ont participé au
processus de révision. Plus spécifiquement, dans le cadre du premier manuscrit, Drc
Simone Lemieux était l'investigateur principal du projet de recherche, avec la
V

participation des Drs Jean Bergeron, S John Wcisnagcl et André Nadcau à titre de co-
investigatcurs. Mmcs Marie-Eve Piché et Louise Corneau ont réalisé la cueillette des
données auprès des participantes de l'étude. L'expertise en psychologie du Dre
Catherine Bégin a également été mise à profit lors de l'analyse et de l'interprétation des
résultats. Pour ma part, j'ai participé à la recherche des outils d'évaluation qui ont été
utilisés dans le protocole de recherche pour les comportements alimentaires et le profil
psychologique et j'ai aussi pris part à la cueillette des données. Tout en étant
responsable de l'analyse statistique des données et de l'interprétation des résultats, j'ai
aussi réalisé la revue de littérature de même que la rédaction du manuscrit. Pour ce qui
est des manuscrits présentés aux chapitres 4 à 7, le projet de recherche ayant permis la
réalisation de ces travaux s'est déroulé sous la direction du Dre Simone Lemicux, en
tant qu'investigateur principal, avec la collaboration des Drs Catherine Bégin, Angelo
Tremblay et Sonia Boivin. Mmcs Marie-Pierre Gagnon-Girouard (chapitres 4 et 5),
Hélène C. Gagnon (chapitre 4) et Louise Corneau (chapitre 7) ont participe à
l'interprétation des résultats présentés dans les manuscrits. En tant que conceptrice du
programme Choisir de Maigrir?, intervention qui a été testée dans le cadre de l'élude,
Dre Lync Mongcau a participé aux manuscrits portant sur les effets cliniques de ce
programme (chapitres 6 et 7). De mon côté, j'ai participé à l'élaboration du protocole
de recherche et du matériel d'intervention, au recrutement des participantes et à la
cueillette des données auprès des femmes à l'étude et ce, avec la collaboration de Mme
Louise Corneau. J'ai aussi été en charge de la réalisation des interventions de groupe
lors des quatre phases de l'étude. Egalement, j'ai effectué les analyses statistiques et
l'interprétation des résultats de même que la revue de littérature et la rédaction des
quatre manuscrits. Pour la totalité des manuscrits de cette thèse, j'ai été responsable de
leur soumission et de leur révision, selon les évaluations transmises par les revues
scientifiques. L'ensemble de mes réalisations ont été effectué sous la supervision de ma
directrice de recherche, Dre Simone Lemicux, et de ma co-directrice, Dre Catherine
Bégin.

L'atteinte de cette dernière étape de mon cheminement académique n'aurait


évidemment pu être possible sans l'appui indéniable de nombreuses personnes. Je
profite donc de cette occasion pour remercier tous les gens qui m'ont aidé de près ou de
loin à mener ce projet à terme.
vi

En premier lieu, je tiens à souligner le soutien extraordinaire de ma directrice de


recherche, Dre Simone Lcmicux, professcure au Département des sciences des aliments
et de nutrition de la Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation à
l'Université Laval. Grâce à son enthousiasme et à sa curiosité scientifique, Dre
Lcmicux a su me transmettre la piqûre de la recherche et sincèrement, je ne crois pas
que j'aurais fait des études graduées si je ne l'avais pas rencontrée. En alliant la
collaboration, l'écoute et le plaisir, Dre Lcmicux a grandement contribué au
développement de ma carrière scientifique et ce, tant sur le plan professionnel que
personnel. Simone, je te remercie du fond du cœur pour tout.

Au cours de mes études de troisième cycle, j'ai également eu la chance d'avoir une co­
directrice des plus formidables, soit Dre Catherine Bégin, professcure à l'École de
Psychologie de l'Université Laval. L'excellente collaboration qui s'est créée entre nous
m'a permis d'approfondir mes connaissances en psychologie, ce qui a d'autant plus
accentue l'intérêt que j'avais déjà envers ce domaine. Merci Catherine pour ton soutien,
ton dynamisme et ton empathie envers mon travail et envers moi.

Les projets de recherche qui constituent cette thèse n'auraient pu se réaliser sans
l'énorme travail accompli par Mme Louise Corneau, professionnelle de recherche à
l'Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels à l'Université Laval. Son
énergie, son souci du détail et son implication sans borne ont permis à ces projets
d'atteindre leurs objectifs ambitieux. Merci beaucoup Louise pour ces belles années
passées en ta compagnie. D'autres professionnels ont également participé à la
réalisation des interventions cliniques menées dans le cadre du projet CHOIX. Tout
particulièrement, j'aimerais remercier Mme Natacha Godbout, psychologue, pour le bel
esprit d'équipe que nous avons su développer ensemble au cours de ces deux années.
J'en profite aussi pour souligner la participation de Mme Jo-Ann Gilbert, kinésiologue,
lors des rencontres Choisir de Maigrir? portant sur l'activité physique. Parallèlement,
je tiens à remercier tous les co-investigatcurs des projets de recherche auxquels j'ai
participé. Leurs commentaires et leurs conseils judicieux lors de la révision des
différents manuscrits ont été très enrichissants. De même, j'aimerais mentionner que la
collecte des données et la mise en œuvre des interventions ont pu être réalisées grâce au
soutien matériel offert par l'Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels. Je
voudrais aussi remercier le Fonds de Recherche en Santé du Québec (FRSQ) ainsi que
VII

l'Institut Danone pour le soutien financier qui m'a été offert au cours de mes études au
doctorat.

Finalement, je ne puis passer sous silence le soutien inconditionnel de mon conjoint,


Frédéric Roy. 11 a su être là quand j'avais besoin de lui et sa présence réconfortante
m'est devenue essentielle. Merci Frédéric d'être à mes côtés depuis maintenant plus de
dix ans. J'aimerais également remercier ma famille ainsi que mes ami(c)s, qui sont près
ou loin de moi, pour leurs appuis, leurs encouragements et surtout, pour avoir su
alimenter le sujet de mes recherches. De par nos discussions enrichissantes, j'ai pu
approfondir et mieux comprendre certains aspects de ce domaine de recherche si
captivant, tout en apprenant à mieux me connaître et à me faire confiance. Merci à
chacun de vous !
A ma famille
ix

Table des matières

Introduction 1

Chapitre 1. Problématique des travaux 5

1. La problématique du poids 5

1.1 Obésité : définition et prévalcncc 5


1.2 Les risques pour la santé associés à l'obésité 8
1.2.1 Risques associés à la morbidité 8
1.2.2 Risques associés à la mortalité 9
1.3 L'autre côté de la médaille : la préoccupation à l'égard du poids 11
2. Portrait des facteurs impliqués dans le développement de l'obésité 13

2.1 Facteurs biologiques 13


2.2 Facteurs environnementaux 14
2.3 Facteurs individuels 15
3. Comment faire face à la prévalence croissante d'obésité? 17

3.1 Définition d'un poids santé et objectifs de perte de poids à viser 17


3.2 Brève description des traitements de perte de poids et de leurs effets à court
terme 18
3.2.1 Les dictes hypocaloriqucs et l'activité physique 19
3.2.2 L'approche comportementale en tant que traitement de perle de poids 20
3.2.3 Les glucides et les lipides mis au banc des accusés 21
3.3 Succès des interventions dans le maintien du poids à long terme 22
3.3.1 Portrait de gens ayant réussi à perdre du poids : les résultats du National
Weight Control Registry 23
3.3.2 Importance des facteurs psychologiques dans la prévention du gain de
poids à plus long terme 24
4. Caractérisation des comportements alimentaires impliqués dans la
problématique du poids 29

4.1 Le contrôle de l'apport alimentaire : des facteurs physiologiques aux facteurs


psychosociaux 29
4.2 À l'origine des comportements alimentaires de nature psychosocialc : la
théorie de la restriction 31
4.2.1 Proposition du modèle de limites dans la régulation alimentaire 33
4.3 Application difficile de la théorie de la restriction chez, les gens obèses 34
4.4 Évolution de la théorie de la restriction vers la spécification d'un modèle
multifactoriel : émergence de nouveaux facteurs comportementaux 35
4.5 Restriction calorique réelle et perception d'être privé : leur implications
respectives dans la régulation de l'apport alimentaire et la gestion du poids 38
X

5. Le nouveau paradigme en matière de gestion du poids : une approche alternative


41

5.1 Les origines du nouveau paradigme 41


5.2 La philosophie et les composantes principales du nouveau paradigme 44
5.2.1 L'importance de se sentir bien dans sa peau 46
5.2.2 Le plaisir de bien manger et d'adopter un mode de vie actif. 47
5.2.3 Démarche de santé globale 48
5.3 Effets des interventions s'inspirant du nouveau paradigme 48
5.3.1 Comportements alimentaires 49
5.3.2 Profil psychologique 51
5.3.3 Gestion du poids et profil métabolique 51
5.4 La présence du soutien social explique-t-cllc les bénéfices observés ? 52
5.5 La philosophie du nouveau paradigme et la santé publique 53

Chapitre 2. Le projet CHOIX 54

1. Objectifs principaux et spécifiques 55

1.1 Volet descriptif du projet de recherche 55


1.2 Volet clinique du projet de recherche 56
2. Principales hypothèses de recherche 57

2.1 Volet descriptif du projet de recherche 57


2.2 Volet clinique du projet de recherche 58
3. Description du projet CHOIX 58

3.1 Sujets à l'étude 59


3.2 Devis expérimental 60
3.3 Description des groupes à l'étude 62
3.3.1 Intervention s'inspirant du nouveau paradigme (Groupe NP) 62
3.3.2 Intervention de type soutien social (Groupe SS) 64
3.3.3 Liste d'attente (Groupe témoin) 65
3.4 Mesures effectuées 65
3.4.1 Profil physiologique 66
3.4.2 Comportements alimentaires et sensations reliées à l'appétit 66
3.4.3 Profil psychologique 67

Chapitre 3 70

Disinhibition, as asscsscd by the Three-Factor Eating Questionnaire, is inversely rclalcd


to psychological well-being in postmcnopausal women 71

Abstract 72

Introduction 73
XI

Mcthods 74

Rcsults 77

Discussion 79

Acknowlcdgemcnts 80

Références 81

Chapitre 4 88

Defined weight cxpectations in ovcrwcight women: anthropomctrical, psychological


and eating bchavioral correlatcs 89

Abstract 90

Introduction 91

Mcthod 93

Rcsults 96

Discussion 98

Conclusion 101

Acknowlcdgemcnts 101

Références 102

Chapitre 5 112

Personality traits in ovcrwcight and obcsc women: associations with BMI and eating
behaviors 113

Abstract 114

Introduction 115

Mcthod 116

Rcsults 119

Discussion 121

Conclusion 124
XII

Acknowledgements 125

Références 126

Chapitrée 134

Short-tcrm cffccts of a "Health-At-Every-Size" approach on cating bchaviors and


appetite ratings 135

Abstract 136

Introduction 137

Methods 138

Rcsults 143

Discussion 145

Conclusion 148

Acknowledgements 149

Références 150

Chapitre 7 159

"I lcalfh-At-Evcry-Size" intervention: long-tcrm cffccts on cating bchaviors and 1Î1V1I.


160

Abstract 161

Introduction 162

Methods 164

Results 169

Discussion 172

Conclusion 176

Acknowledgements 176

Références 177
xiii

Conclusion 194

Bibliographie 202

Annexe A 218

Les comportements alimentaires : un enjeu important pour une saine gestion du poids
218

Résumé 219

Introduction 220

La restriction, la désinhibition et la susceptibilité à la faim : quelques définitions 220

Les comportements alimentaires du TFEQ et la régulation du poids corporel 221

Associations avec le poids corporel et l'apport alimentaire 221


Implications dans le processus de perte et de maintien du poids 222
L'importance de la santé psychologique 222
Vers une vision plus globale de la gestion du poids 223

Optimisation des interventions nutritionnclics en matière de gestion du poids 224

L'exemple de Choisir de Maigrir ? 224


Et pour la pratique clinique des diététistes/nutritionnistes ? 224
Conclusion 225

Références 228

Annexe B 230

Thèmes des rencontres du programme « Choisir de Maigrir ? » 230


XIV

Liste des tableaux

CHAPITRE 1
Tableau 1 : Classification de l'embonpoint et de l'obésité selon ITMC, le tour
de taille et les risques associés 6

Tableau 2 : Comparaison entre le paradigme traditionnel et le nouveau


paradigme en matière de gestion de poids 42

CHAPITRE 2
Tableau 1 : Définitions des variables psychologiques mesurées dans le cadre
du projet CHOIX 68

CHAPITRE 3
Table 1 : Physical characteristics, scores of TFEQ-factors and psychological
wcll-bcing score in the samplc of postmcnopausal women (n-101 ) 84

Table 2: Spcarman's corrélation coefficients for the associations of TFEQ-


factors and their subscalcs with psychological wcll-bcing score (N=T01) 85

Table 3: Multivariatc régression analysis showing independent contributions of


TFEQ-factors to thc varianec of psychological well-being score
(n=101) 86

CHAPITRE 4
Table 1 : Dclined wcight expectations in overweight and obèse women
(N=153) 106

Table 2: Pearson corrélation coefficients for thc association of defincd wcight


expectations with body wcight, BM1 and âge (N-153) 107

Table 3: Différences in age, body wcight, BMI and wcight loss needed to
achieve happy wcight between women with either lowcr or higher happy
BMI 108

Table 4: Différences in variables of thc psychological profile between women


with cilher lowcr or higher happy BMI 109

fable 5: Différences in cating behaviors between women with either lowcr or


higher happy BMI I 10
XV

CHAPITRE 5
Table 1 : Spearman Corrélation Coefficients for the Association bctwccn
Personality Traits and Eating Behaviors (N= 152) 129

Table 2: Pearson Corrélation Coefficients for the Association bctwccn Eating


behaviors, dysphoria and body esteem (N=152) 130

Table 3: Multivariatc régression analyses for the contributions of personality


traits (and body esteem) to the variance of cognitive dictary restraint
(n=152) 131

Table 4: Multivariatc régression analyses for the contributions of personality


traits (and dysphoria and body esteem) to the variance of disinhibition
(n=152) 132

Table 5: Multivariatc régression analyses for the contributions of personality


traits (and dysphoria and body esteem) to the variance of susceptibility to
hunger(n=152).. 133

CHAPITRE 6
Table 1 : Eating behaviors at baseline (T=0) and changes following the 4-
month intervention in HAES, SS and control groups 154

Table 2: Appctitc ratings at baseline (T-0) and changes following the 4-month
intervention in HAES, SS and control groups 155

Table 3: Associations bctwccn eating behaviors and appctitc sensations


(fasting and 1 h AUC) at baseline (N -139) 156

Table 4: Associations bctwccn changes in body wcight and changes in eating


behaviors in women from the HAES, SS and control groups 157

CHAPITRE 7

Table I : Cognitive dictary restraint and ils subscalcs at baseline (T=0), at post-
treatment (T 4-month) and at follow-up visits (T=T0-month and 16-month) in
HAES, SS and control groups 1X2

Table 2: Disinhibition and its subscalcs at baseline (T-0), at post-treatment


(T=4-month) and at follow-up visits (T 10-month and 16-month) in HAES, SS
and control groups 1X3

Table 3: Susceptibility to hunger and its subscalcs at baseline (T=0), at post-


treatment (T-4-month) and at follow-up visits (T=10-month and 16-month) in
HAES, SS and control groups 185
xvi

Table 4: Appetite ratings at baseline (T=0), at post-trcatmcnt (T=4-month) and


at follow-up visits (T=l 6-month) in HAES, SS and control groups 186

Table 5: Anthropométrie and metabolic profiles at baseline (T=0), at post-


treatment (T=4-month) and at follow-up visits (T=10-month and 16-month) in
HAES, SS and control groups 188

Table 6: Pearson's corrélation coefficients for the associations of long-tcrm


changes in cating behaviors and body weight (baseline vs. 16-month) in
women from the HAES, SS and control groups 190

TFEQ
XV11

Liste des figures

CHAPITRE 1
Figure 1 : Répartition en pourcentage de l'IMC chez les adultes provenant des
10 provinces canadiennes en 1978-1979 et en 2004 7

Figure 2 : Algorithme de traitement proposé pour la perte de poids 19

Figure 3 : Illustration des attentes sous-jacentes à la perte de poids 26

Figure 4 : Quantité de crème glacée consommée ad libitum, selon le niveau de


restriction et le nombre de collations consommées au préalable 32

Figure 5 : Illustration de la philosophie qui sous-tend le nouveau paradigme en


matière de gestion du poids 45

CHAPITRE 2
Figure 1 : Schéma du devis expérimental du projet CHOIX 62

CHAPITRE 3
Figure 1 : Différences in psychological wcll-being score according to the level
of habitua] susceptibility to disinhibition and wcight status (BMI médian of
27.4)(n=10l) 87

CHAPITRE 4
Figure I: Pearson corrélation between current BMI (kg/m ) and happy BMI
(kg/m2) in women below the médian value of BMI (A: <30.4kg/m2) and in
women above the médian value of BMI (B: >30.4kg/m2) 1••

CHAPITRE 6
Figure 1: Associations between change in Ih AUC for hunger and changes in
susceptibility to hunger (A), internai hunger (B) and external hunger (C) in
women from the HATiS group (N^-40) 158
CHAPITRE 7
Figure 1 : Between and within groups' pairwisc différences for situational
susceptibility to disinhibition at baseline (T=0), at post-trcatmcnt (T^4-month)
and at follow-up (T=10-month and 16-month) in HAES, SS and control
groups 191

Figure 2: Between and within groups' pairwisc différences for susceptibility to


hunger at baseline (T=0), at post-treatment (T=4-month) and at follow-up
(T=10-month and 16-month) in FIAES, SS and control groups 192

Figure 3: Between and within groups' pairwisc diffcrcnccs for BMI at baseline
(T=0), at post-trcatmcnt (T=4-month) and al follow-up (T= 10-month and 16-
month) in HAES, SS and control groups 193

ANNEXE A

Figure i : Exemple de l'entête d'un journal alimentaire qui permet d'analyser


les caractéristiques du comportement alimentaire 227
I

Introduction
« J'arrive à bien réussir dans mon travail, au sein de ma vie de famille. Alors, pourquoi
je n'arrive pas à réussir à perdre du poids ? C'est pourtant pas si complique ! »

« Je sais que je devrais laisser ma famille s'organiser un peu plus pour me laisser
suffisamment de temps pour prendre soin de moi et m'écouter, mais je ressens de la
culpabilité quand je décide de faire des choses pour moi. »

« C'est difficile de se mettre constamment des limites et de faire le deuil de certaines


habitudes de vie. Je n'ai pas le goût de toujours me priver. »

Les quelques lignes que vous venez de lire sont le reflet des propos que tiennent
certaines femmes lorsqu'on leur demande de nous parler de leur alimentation ou de leur
poids. 11 s'agit en fait des paroles de femmes rondes qui ressentent un urgent besoin
d'entreprendre une démarche pour mieux gérer leur poids. Quelles sont les raisons qui
motivent leur désir de perdre du poids? Plusieurs d'entre elles vous diront que c'est
pour prévenir l'apparition de problèmes de santé et les scientifiques œuvrant dans ce
domaine leur donnent effectivement raison. Ces derniers ne cessent de nous aviser de la
prévalence croissante de l'obésité et de l'urgence d'agir pour contrecarrer ce fléau qui
nuit à l'état de santé de nos populations ' . L'obésité est désormais un sujet d'actualité.
D'autant plus, les prévisions statistiques laissent entrevoir que l'obésité aura un impact
économique considérable sur notre système de soins de santé . Contrairement aux
hommes, les femmes se sentent grandement interpellées par cette pression envers
l'atteinte d'un poids santé. La majorité des Québécoises désireraient être plus minces
et être à la diète est souvent même considéré comme la norme ' . Chez la femme, le
moindre kilo jugé en trop peut devenir une préoccupation importante, pouvant
s'expliquer par différents facteurs culturels et psychosociaux ' Or, de par leur
morphologie, l'excès de poids observé chez les femmes ne porte pas toujours préjudice
à leur santé .

Comme le dit si bien le proverbe : « Aux grands maux les grands remèdes », plusieurs
traitements sont actuellement proposés pour aider les gens à atteindre leurs objectifs de
2

perte de poids. La majorité d'entre eux repose sur la réduction de l'apport en


kilocalorics en combinaison avec l'augmentation de la dépense en énergie, de manière à
rétablir le déséquilibre énergétique ayant mené au gain de poids l 0 '". Parallèlement, de
nombreux produits, services et moyens amaigrissants ont également fait leur apparition
et sont désormais offerts auprès des gens désireux de perdre le poids qu'ils ont en trop.
Cette industrie de l'amaigrissement est d'ailleurs en plein essor depuis les dernières
années, alors que la majeure partie des solutions qu'elle propose ne se conforme pas
nécessairement aux recommandations émises par les professionnels de la santé
Malgré tous les efforts investis dans la prévention et le traitement des problèmes reliés
au poids au fil des ans, la prévalcncc de l'obésité ne cesse de croître .

De nombreuses personnes aux prises avec un surplus de poids ont déjà tenté à plusieurs
reprises de prendre le contrôle de leur poids et de leur alimentation à l'aide des
approches traditionnelles qui leur sont proposées ' . Malheureusement, malgré une
perte de poids à court terme u ' 17 , le maintien du poids perdu sur une plus longue période
ne s'observe que chez une minorité de gens l8"20. Pourquoi la plupart des individus qui
initient une démarche de perte de poids éprouvent-ils tant de difficulté à poursuivre les
changements amorcés ? Contrairement aux traitements de perte de poids qui sont
offerts uniformément à l'ensemble des gens, les causes sous-jacentes à l'obésité sont
d'origine multifactoriclle ~ . Une grande hétérogénéité est également observée au sein
de la population obèse n. Quelques facteurs psychologiques ont aussi été suggérés afin
d'expliquer le regain de poids observé , tels que la présence d'attentes de perte de
24 26
poids trop ambitieuses ~ ou d'une motivation soutenue par des sentiments
d'obligation ou de contrôle ' ' . Une impression de privation pouvant être associée à
la restriction calorique de même que la présence d'une surconsommation alimentaire,
i.e. une consommation excessive de nourriture représentant un apport supérieur aux
besoins énergétiques, sont des facteurs cognitifs et comportementaux qui ont été
également associés au regain de poids ' . Alors qu'une meilleure compréhension
des facteurs psychologiques et comportementaux impliqués dans la problématique du
poids apparaît toujours nécessaire, ces observations suggèrent qu'une saine gestion du
poids va bien au-delà d'un simple objectif de contrôle du poids.

Afin de pallier aux problèmes rencontrés quant à la persistance des changements de


comportements souhaités de même qu'à la pression envers la minceur à tout prix qui
3

s'observe chez les femmes, un nouveau paradigme en matière de gestion du poids a été
récemment proposé " . Cette approche alternative qui fait contrepoids au paradigme
de gestion du poids traditionnel considère que chaque personne possède un potentiel de
santé à maintenir ou à développer peu importe son poids ou sa physionomie. En accord
avec une philosophie de santé globale qui n'est pas centrée sur la perte de poids, le
nouveau paradigme souligne l'importance d'acquérir de saines habitudes de vie qui sont
32 34
en harmonie avec l'individu ~ . Ainsi, ce paradigme repose essentiellement sur
l'acceptation de soi ainsi que sur l'abandon des restrictions et des interdits alimentaires,
de manière à favoriser l'écoute des signaux de faim et de satiété . Même si quelques
études se sont attardées à évaluer les effets du nouveau paradigme en matière de gestion
du poids sur certaines variables psychologiques et comportementales ',5~42, il apparaît
tout de même nécessaire de continuer à documenter les effets de cette approche par des
évidences solides, afin de positionner ce nouveau paradigme par rapport aux traitements
traditionnels qui ont été amplement étudiés au cours des dernières années.

C'est au cœur d'une telle problématique que s'inscrivent les travaux réalises dans le
cadre de la présente thèse de doctorat, au cours de laquelle nous nous sommes intéressés
à approfondir les connaissances actuelles quant à la problématique du poids chez la
femme. Tel qu'imagées par les propos des femmes cités d'entrée de jeu, les
préoccupations à l'égard du poids et de l'alimentation peuvent prendre une place
considérable dans la vie de certaines d'entre elles, se justifiant souvent par des objectifs
de santé. Au coeur de cette thèse, notre vision de la santé englobe les notions de bien-
être physique, mental et social et va ainsi au-delà du modèle bio-médical traditionnel,
où l'aspect curatif est au premier plan. De manière à mieux cerner les enjeux qui ont
trait aux profils psychologique, comportemental et physiologique, différentes questions
de recherche ont donc été abordées par le biais de deux cadres d'analyse, soit un volet
descriptif et un volet clinique.

Dans un premier temps, différentes variables psychologiques et comportementales


caractérisant les femmes qui présentent un excès de poids ont été étudiées. Pour
éclaircir le lien controversé entre le poids corporel et le bien-être psychologique, nous
nous sommes tout d'abord intéressés à l'implication possible des comportements
alimentaires et de l'histoire de diètes au sein de cette association. Selon un devis
transversal, ces analyses ont été réalisées chez un groupe de femmes ménopausées,
4

présentant une variété de formats corporels. Les résultats qui découlent de ces travaux
constituent l'essentiel du premier manuscrit présenté dans cette thèse (chapitre 3). Par
la suite, certains facteurs psychologiques et comportementaux pouvant jouer un rôle
dans la gestion du poids ont été investigués auprès de femmes non ménopausées
présentant un surplus de poids de môme qu'une préoccupation importante à l'égard de
leur poids. Plus spécifiquement, les associations entre les attentes reliées au poids et le
profil anthropométrique ont été évaluées chez ces femmes, toujours à l'aide d'analyses
transversales. Sur le plan psychologique et comportemental, nous avons ensuite tenté de
caractériser les femmes qui présentaient des attentes plus réalistes, indépendamment de
leur poids initial. Le deuxième manuscrit de cette thèse poursuit donc ces objectifs de
recherche (chapitre 4). Finalement, dans le cadre du troisième manuscrit présenté
(chapitre 5), nous tenions à parfaire notre compréhension des comportements
alimentaires pouvant jouer un rôle dans la gestion du poids en investiguant la présence
de certains traits de personnalité dans la détermination de ces comportements auprès des
femmes à l'étude.

Dans un deuxième temps, le volet clinique de la présente thèse avait pour objectif
d'investiguer les effets à court et à long terme d'une approche alternative en matière de
gestion du poids, soit le nouveau paradigme. Auprès de femmes caractérisées par un
surplus de poids et une préoccupation importante à l'égard de leur poids et de leur
alimentation, nous nous sommes attardés aux effets d'une telle approche sur les
comportements alimentaires, les sensations reliées à l'appétit de même que le profil
physiologique. Nous avons également pris en considération la contribution du soutien
social face aux changements observés. Les quatrième et cinquième manuscrits de cette
thèse présentent donc les résultats de ce volet clinique (chapitres 6 et 7).
5

Chapitre 1.

Problématique des travaux

1. La problématique du poids

/. / Obésité : définition et prévalence

L'obésité se définit comme étant un excès de poids, principalement causé par une
augmentation de la masse adipeuse de l'individu. L'indice de masse corporelle (IMC =
poids (kg) / taille (m2)) et le tour de taille sont deux mesures simples et pratiques
utilisées pour identifier les gens ayant de l'embonpoint ou de l'obésité . Sans évaluer
directement l'adiposité, ces indicateurs permettent au professionnel de la santé d'avoir
un aperçu de la masse totale d'un individu proportionnellement à sa grandeur de même
que de la distribution de son tissu adipeux. Tel qu'illustré au tableau 1, une
combinaison de l'IMC et du tour de taille procure une évaluation sommaire du niveau
de risque pour la santé.
6

Tableau 1 : Classification de l'embonpoint et de l'obésité selon l'IMC, le tour de


taille et les risques associés.

Risque pathologique associé*


Classes (selon poids normal et tour de taille)
1MC (kg/m2)
d'obésité Homme < 102 cm Homme > 102 cm
Femme < 88 cm Femme > 88 cm

Maigreur 18.5
Normal 18.5 - 24.9
Embonpoint 25.0-29.9 Augmenté Elevé
30.0 - 34.9 I Elevé Très Elevé
Obésité
35.0 39.9 II Très Elevé Très Élevé
Obésité extrême >40 III Très Très Elevé Très Très Elevé
* : Les valeurs seuil ont été définies selon celles proposées par le « National Instilute of Health » et
l'Organisation Mondiale de la Santé. Risque pathologique pour le diabète de type 2, l'hypertension et les
MCV. ; ** : Un tour de taille élevé peut aussi être un indicateur d'un risque augmenté chez les individus
avec un poids normal.
Tableau adapté des références suivantes: The Practical Guide; Identification, Evaluation and Treatment of
Overweight and Obesity in Adulls, 2000 "' et Douketis JD et al., 2005 4 \

Au sein des pays industrialisés, et même dans certains pays en émergence, le nombre de
gens présentant un surplus de poids ne cesse de croître depuis les dernières années .
Alors que le taux d'obésité à l'échelle canadienne se situait à 13.8% en 1978-1979, il se
chiffrerait aujourd'hui à 23,1% chez les adultes canadiens en 2004 ". La proportion de
Canadiens faisant de l'embonpoint a aussi grimpé ces dernières années, se situant à
36,1% en 2004. Ces statistiques montrent bien l'augmentation de la proportion de gens
ayant un surplus de poids au 111 des ans, puisqu'une majorité de Canadiens (59,2%)
aurait un IMC supérieur à 25 kg/m . Ainsi, l'IMC moyen des adultes canadiens
correspond maintenant à 27,0 kg/m' en 2004, comparativement à 25,1 kg/m" en 1978-
1979. Comme l'indique la figure 1, la répartition des individus sur le continuum de
l'IMC se serait donc déplacée vers la droite. Ce changement apparaît important d'un
point de vue de santé publique, car un tel déplacement de la courbe de distribution
suggère que l'ensemble de la population canadienne est touchée par l'augmentation de
l'IMC 44. Il est ainsi possible d'affirmer que nous grossissons collectivement .
7

Moyen Médiane
IMC IMC
2004 27.0 26.1
1978-1979 25.1 24,1

14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45*
Indice de masse corporelle

Figure 1 : Répartition en pourcentage de PIMC chez les adultes provenant des dix
provinces canadiennes, en 1978-1979 et en 2004.
Figure tirée de la référence suivante : Groupe de travail provincial sur la problématique du poids, 2005 4S
(selon les données de Tjepkema M et Shields M, 2004 2 ).

En contrastant la prcvalcncc d'obésité notée chez les Québécois avec la moyenne


canadienne obtenue en 2004, aucune différence significative n'est observée. Ainsi, le
nombre d'individus obèses au Québec (21.8%) n'est pas différent de la moyenne
canadienne (23.1%) . Il est intéressant de souligner que le pourcentage d'individus
présentant un excès de poids est supérieur chez les hommes que chez les femmes, soit
41% et 28%, respectivement. Par contre, aucune différence sexuelle n'est observée
quant à la prévalence de l'obésité . Lorsque le nombre estimé d'individus obèses au
Canada est comparé à celui observé chez nos voisins américains, on constate que le taux
d'obésité des Canadiens (23,1%) demeure inférieur à celui des Américains (29,7% en
1999-2002). Celte différence est d'autant plus marquée chez les femmes, où les
Canadiennes présentent un taux d'obésité beaucoup plus faible que les Américaines,
soit 23,2% par rapport à 32,6% ". Sans négliger le fait que la prcvalcncc de l'obésité
s'est accrue au cours des dernières années au Canada, il semble que notre situation soit
plus enviable que celle des Etats-Unis, particulièrement chez la femme.
s

1.2 Les risques pour la santé associés à l'obésité

1.2.1 Risques associés à la morbidité

Sans être considérée comme une maladie en soi, la présence d'obésité pourrait être vue
comme un facteur de risque associé à certains problèmes de santé physique, tels que les
maladies cardiovasculaircs (MCV), les dyslipidémies, l'hypertension, le diabète de type
2 et certains types de cancers ' . Néanmoins, même si l'excès de poids serait un
facteur d'importance dans la détermination du risque à la santé, il ne permettrait pas
d'expliquer à lui seul le développement de ces maladies chroniques. L'ensemble de la
population qui présente un IMC élevé est loin d'être homogène, particulièrement en ce
qui a trait à leurs habitudes de vie. Il est donc fort probable que des facteurs de risque
plus spécifiques, tels que le tabagisme, les habitudes alimentaires et la sédentarité,
soient impliqués de façon plus directe dans la détermination du risque à la santé 47,4X. À
cet égard, l'effet protecteur de la consommation de fruits et de légumes sur le risque de
49 50
MCV a été récemment rapporté ' . Puis, lorsque la capacité cardiorespiratoirc des
gens est prise en considération, ceux qui présentent une bonne condition physique ont
une risque de MCV inférieur aux gens ayant une pauvre condition physique et ce, peu
importe leur IMC ou leur pourcentage de tissu adipeux 5I'52. Plusieurs éludes ont aussi
démontré que la distribution du tissu adipeux est un facteur particulièrement important à
considérer dans la détermination du risque à la santé associe à l'obésité. Les individus
présentant une obésité viscérale plus importante, et donc un tour de taille plus grand,
auraient un risque plus élevé de développer une MCV ou un diabète de type 2 ' que
les gens ayant une accumulation de tissu adipeux au niveau sous-cutané. Un tour de
hanche plus élevé semble quant à lui être associé à un meilleur profil de santé ' . De
ce fait, en raison de leur morphologie respective, les hommes présentent un profil de
risque plus détérioré que celui des femmes du même âge et ce, même s'ils présentent un
IMC comparable Une grande hétérogénéité peut donc s'observer au sein de la
population de sorte que ce ne sont pas tous les gens obèses qui développeront un
problème de santé mettant en cause leur excès de poids. D'ailleurs, certains obèses sont
56,57
même en bonne santé métabolique . De telles observations suggèrent ainsi qu'au-
delà de la simple mesure de l'IMC, certaines habitudes de vie et un tour de taille élevé
représentent des facteurs de risques importants reliés au développement des maladies
chroniques.
9

Quant à la santé psychologique, la présence d'un excès de poids aurait des


conséquences négatives sur le sentiment de bien-être et la qualité de vie. Une telle
58
association s'accentuerait selon le degré d'obésité en plus d'être relative à la
perception qu'un individu a de son poids corporel . Quoique les conséquences de
l'obésité sur la santé mentale demeurent toujours controversées au plan
psychopathologiquc 22, l'insatisfaction face au poids et/ou l'apparence peut permettre de
différencier les gens obèses des non-obèses. Parallèlement, il a été suggéré que certains
facteurs pourraient prédisposer les gens obèses à présenter un profil psychologique
moins favorable22'60. Tout comme pour les habitudes de vie, les gens obèses possèdent
aussi des caractéristiques psychosociales qui leur sont propres. Parmi ces facteurs, le
fait d'être une femme ' , d'avoir vécu diverses formes de discrimination reliées au poids
1
' , de présenter une plus faible estime de soi ' et d'entretenir de moins bonnes
M
relations avec les autres pourraient distinguer les gens les plus susceptibles
d'éprouver des difficultés d'ordre psychosocial, indépendamment de leur poids
corporel. La perception de l'image corporelle serait aussi un médiateur impliqué dans
l'association possible entre l'IMC et la dépression ' . Chez les gens obèses, ceux qui
initient une demande d'aide pour perdre du poids présenteraient également une
symptomatologic psychologique plus sévère que les gens qui ne sont pas à la recherche
66
de soutien . Finalement, les personnes obèses qui présentent des comportements
alimentaires problématiques, comme l'hypcrphagic boulimique, démontreraient aussi
67 68
une plus grande détresse psychologique ' . Par conséquent, il apparaît faux de croire
que l'ensemble des gens ayant un excès de poids arborent un profil psychologique
défavorable. Il s'agirait plutôt d'une combinaison de facteurs de nature psychosociale,
de pair ou non avec la présence d'un surplus de poids, qui pourraient poser un risque
pour la santé mentale.

1.2.2 Risques associés à la mortalité

Puisque l'obésité peut être associée à différents problèmes de santé et que la prévalence
de l'obésité est en croissance constante, il y a lieu de questionner son impact sur la
mortalité. Alors qu'il apparaît plutôt clair que les gens ayant un IMC supérieur à 30
kg/m2 peuvent voir leur risque de mortalité augmenter ' , les études épidémiologiques
amènent des réponses plutôt différentes pour ce qui est du risque chez les gens
!()

présentant de l'embonpoint. Selon la Nurses' Health Study, les femmes non-fumeuses


ayant un IMC supérieur à 29.0 kg/m2 aurait un risque de mortalité deux fois plus élevé
que celui observé chez les femmes non-fumeuses ayant un IMC de moins de 21.9
kg/m2, le risque de mortalité augmentant à partir d'un IMC supérieur à 27.0 kg/m2 69
.
Récemment, les résultats d'une étude prospective réalisée à l'aide des données
américaines du National Health and Nutrition Examination Survey soutiennent
également la présence d'un risque accru de mortalité chez les gens obèses, ce qui n'a
par contre pas été observé chez les gens présentant de l'embonpoint. Ces derniers
démontraient plutôt un risque inférieur aux gens de poids normal, suggérant donc que la
70
présence d'embonpoint n'aurait pas d'effet significatif sur l'espérance de vie .
D'ailleurs, les gens ayant un IMC inférieur à 18.5 kg/m présentaient un risque de
mortalité plus élevé que les gens de poids normal. Ce risque était même supérieur à
celui observé chez les obèses de type I (IMC entre 30 et 34.9 kg/m2), particulièrement
chez les gens âgés de plus de 60 ans 7I). Alors que le moindre surplus de poids a très
mauvaise presse depuis longtemps, le risque à la santé associé à la maigreur est
fréquemment négligé par le milieu de la santé et les médias. Sauf lorsqu'on lui colle
l'étiquette de l'anorexie, la maigreur représente souvent le format corporel adopté
comme critère de beauté dans les magazines qui peuplent notre société . Par ailleurs,
les études citées précédemment démontrent que ce ne serait qu'en présence d'une
obésité franche que le risque de mortalité se ferait réellement ressentir.

Sans négliger l'importance de la prévalcncc de l'obésité en termes de santé publique, il


importe de raffiner notre vision commune des conséquences attribuables à la
problématique du poids. Au lieu de ne mettre le tort que sur le poids en soi,
l'acquisition de saines habitudes de vie devraient devenir l'enjeu principal à viser au
sein de la population et ce, peu importe si ces changements permettent l'atteinte d'un
poids jugé santé . L'amélioration du profil de santé ne se mesurerait alors pas
simplement en nombre de kilos perdus, mais serait plutôt en accord avec l'adoption de
saines habitudes de vie, facteurs importants à considérer dans la réduction du risque de
mortalité et de morbidité, tant au niveau physique que psychologique.
Il

1.3 L'autre côté de la médaille : la préoccupation à l'égard du poids

Selon l'Association pour la Santé Publique du Québec, la préoccupation à l'égard du


poids constitue aussi un aspect important à prendre en considération dans la
72
problématique du poids . Lorsqu'on parle de préoccupation ou d'insatisfaction à
l'égard du poids, les femmes se distinguent particulièrement des hommes, se percevant
souvent plus grosses qu'elles ne le sont en réalité ' " . En l'occurrence, près de la
moitié des Québécoises ayant un IMC normal aimerait perdre du poids, sans compter
qu'environ 90% des femmes qui affichent un excès de poids désireraient évidemment
être plus minces 4. Une étude australienne a d'ailleurs rapporté qu'un IMC moyen de
23.7 kg/m2 était synonyme d'excès de poids chez les femmes alors que les hommes ne
s'identifiaient à un surplus de poids que lorsqu'ils atteignaient un IMC moyen de 26.1
kg/m2 74
. Quoiqu'une des principales raisons mentionnées pour justifier la perte de
poids soit l'atteinte d'un meilleur état de santé, les femmes accordent tout de même plus
d'importance à l'amélioration de leur apparence . D'ailleurs, même si un ratio
taille/hanche élevé s'avère préjudiciable pour la santé , ce dernier était inversement
relié à la prévalence de tentatives de perte de poids chez les femmes . Cette
observation suggère donc que la circonférence des hanches pourrait être un déterminant
de l'insatisfaction à l'égard du poids chez la femme, ce dernier étant plus important que
la circonférence de la taille. En dépit du fait que les hommes retireraient plus de
bénéfices d'une perte de poids, particulièrement parce qu'ils présentent une obésité
abdominale plus importante , on constate qu'ils sont beaucoup moins concernés par
cette question que les femmes. Ces chiffres dénotent ainsi l'importance accordée par
les femmes au moindre kilo jugé en trop, une telle préoccupation à l'égard du poids
pouvant parfois être qualifiée d'excessive.

Différents facteurs culturels et psychosociaux pourraient expliquer la préoccupation à


l'égard du poids observée chez les femmes, tels que la valeur importante accordée à
l'attrait physique, l'association entre la minceur et la perception d'être en forme de
même que la pression à réussir tant au travail qu'au niveau de son apparence . Alors
que le poids moyen des gens ne cesse de croître, l'idéal physique recherché est quant à
lui toujours associe à la minceur, voir même à la maigreur . La pression à perdre du
poids que s'imposent plusieurs femmes est donc toujours aussi importante, sans égard
au poids, et être à la dicte peut être vu comme la norme ' . On peut alors imaginer à
12

quel point l'urgence de perdre du poids peut se faire ressentir chez les femmes qui
présentent réellement un excès de poids. Parallèlement, certaines études ont souligné la
présence de différents préjugés reliés au poids de même que l'existence de diverses
formes de discrimination, ces dernières pouvant s'observer dans trois milieux de vie
importants, soit le travail, l'éducation et les services de soins de santé 62'63. De par leurs
effets négatifs sur l'image positive et l'acceptation de soi 1(\ il est possible de croire que
les préjugés et la discrimination à l'égard du poids puissent ainsi contribuer à renforcer
le désir de perdre du poids chez les gens obèses, d'autant plus que la présence de
préjugés a également été observée au sein même des gens ayant un excès de poids 77.
13

2. Portrait des facteurs impliqués dans le développement de l'obésité

Personne n'oserait remettre en doute la loi de la conservation de la matière émise par


Lavoisicr il y a plus de deux siècles, soit que "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se
transforme." Par conséquent, la présence d'un excès de poids origine essentiellement
d'un déséquilibre énergétique où l'apport en énergie est supérieur à la dépense. Même
si le concept d'équilibre énergétique apparaît simple, les facteurs qui influencent cette
équation sont nombreux et plusieurs demeurent toujours méconnus. Jusqu'à présent,
l'ensemble de la littérature s'accorde pour dire que l'obésité est un problème de nature
multifactoriellc. Tel qu'illustré par Bray: «(...) le bagage génétique charge le fusil,
mais l'environnement appuie sur la gâchette »

2.1 Facteurs biologiques

De par notre passé ponctué de famines et de guerres, l'évolution de l'espèce humaine a


fait en sorte que pour assurer notre survie, nous sommes aujourd'hui bien outillés pour
faire face à un déficit en énergie. Notre système de régulation favorise ainsi largement
7X
la présence d'un surplus énergétique . Sur le plan génétique, l'être humain semble
donc être moins bien adapté à son environnement puisqu'il est plus susceptible à la
prise de poids. Jusqu'à maintenant, il y a plus de 600 gènes, marqueurs et régions
chromosomales qui ont été associés à l'obésité chez l'humain . Nos gènes pourraient
représenter de 25% à 70% de la variation reliée à l'adiposité . Ils affecteraient notre
capacité à bien réguler la prise alimentaire et la dépense énergétique afin de pallier à un
surplus d'énergie. Plusieurs mécanismes physiologiques ont été identifiés, ces derniers
contribuant tant aux processus homéostatiques qu'hédoniques reliés à la régulation de la
prise alimentaire. Par exemple, la sécrétion d'hormones par les cellules adipeuses,
comme la leptinc ou l'adiponectinc, de même que les concentrations d'insuline et de
nutriments retrouvées dans le sang permettraient une rétroaction de la part des réserves
énergétiques du corps afin d'exercer un contrôle sur l'apport alimentaire . Puis, les
signaux de faim et de satiété, qui initient le début et la fin de la prise alimentaire,
seraient sous la gouverne de peptides et de ncurotransmetteurs, comme la ghreline ou la
sérotoninc, ces derniers émergeant tant du système gastro-intestinal que du cortex

1
Traduction libre de "(...) the genetic background loads the gun, but the environment pulls the trigger."
14

cérébral . Ainsi, la régulation du poids corporel est loin de ne reposer que sur la seule
volonté individuelle, car les composantes physiques, métaboliques, hormonales et
8I
neurobiologiques constituent un aspect central . Lorsqu'on considère cependant que
le génotype d'un individu ne se modifie que sur une très longue période, la génétique
peut alors difficilement expliquer l'augmentation récente de la prévalcncc de l'obésité
dans son ensemble. C'est à ce moment que les facteurs environnementaux et
individuels entrent enjeu.

2.2 Facteurs environnementaux

Aujourd'hui, nous évoluons dans un environnement qualifié de toxique puisque


plusieurs facteurs qui y sont présents favorisent une balance énergétique positive,
82
pouvant ainsi amener un gain de poids . Plus concrètement, au moment où nos
activités quotidiennes requièrent de moins en moins d'énergie, nos loisirs sont de plus
so 8
en plus sédentaires ' \ Le portrait de notre assiette a également beaucoup changé au
cours des dernières décennies. Notre alimentation est souvent riche en lipides et plus
dense en énergie H4. Les portions que nous servent les restaurateurs sont beaucoup plus
généreuses qu'auparavant, ce qui favorise la surconsommation, sans compter notre
manque de temps chronique qui nous ramène souvent à leur table . Soulignons aussi
que les aliments sont dorénavant disponibles en tout temps cl que la nourriture dense en
X6
énergie est souvent moins dispendieuse . Tous ces facteurs sont d'autant plus
on K 1 XS •
préoccupants lorsqu'ils sont combinés ensemble ' . Dans une optique
internationale, d'autres facteurs sociétaux liés à notre environnement peuvent aussi être
impliqués dans la problématique du poids, tels que la globalisation des marchés,
x
l'industrialisation ainsi que les médias et le marketing . Par exemple, l'économie
mondiale présente dans le secteur agro-alimentaire permet une plus grande disponibilité
d'huiles végétales à moindre coût, ce qui peut ainsi favoriser une augmentation de la
consommation de malières grasses au sein des différentes populations qui en bénéficient
x7
. En somme, on constate que l'environnement dit toxique dans lequel nous vivons
aujourd'hui a joué un rôle prépondérant dans l'augmentation de la prévalcncc de
l'obésité observée au cours de dernières années.
15

2.3 Facteurs individuels

Alors que nous évoluons tous dans un environnement qualifié de toxique ou


82
d'obésogène , l'issue finale sur le gain poids n'est pas uniforme au plan individuel.
Puisque nous sommes loin d'être en tous points identiques, chaque individu possède ses
caractéristiques comportementales et psychologiques. Ces particularités qui lui sont
propres peuvent alors influencer son mode de vie et ses choix. En interaction avec les
facteurs biologiques et environnementaux, les caractéristiques individuelles d'une
personne auront un impact sur la régulation de son poids corporel et seront donc
impliquées dans le développement de l'obésité . Les expériences, les attitudes et les
croyances acquises au fil du temps amèneront chaque individu à réagir à sa façon à son
environnement en se construisant son propre « micro-environnement » . L'aspect
individuel n'est donc pas à négliger.

L'apport alimentaire est soumis à un contrôle régi par les interactions d'un système
7X
biopsychologique, sans compter l'influence de l'environnement extérieur . Ce
système de contrôle biopsychologique sera donc sous la gouverne de facteurs
déclencheurs et de facteurs inhibiteurs. Quoiqu'une partie puisse être difficile ou
impossible à percevoir (aspect biologique), les mécanismes de régulation de la prise
alimentaire sont également soutenus par un contrôle conscient (aspect psychologique).
Par ailleurs, de par leur bagage initial, certaines personnes peuvent être plus vulnérables
que d'autres à présenter une balance énergétique positive. Par exemple, une moins
bonne perception des signaux de satiété, par le biais d'une disposition biologique
comme un faible niveau de leptine plasmatique, pourrait ensuite se manifester à
l'intérieur d'un comportement alimentaire, tel que la consommation de portions plus
grosses . Cette balance entre les facteurs déclencheurs et inhibiteurs aura alors une
implication importante dans la régulation du poids corporel et donc, dans la présence
d'obésité.

Si on s'attarde plus spécifiquement aux facteurs cognitifs et comportementaux associés


à l'alimentation, la littérature démontre que certains comportements alimentaires, tels
que la désinhibition et la susceptibilité à la faim, seraient associés à la présence d'un
surplus de poids s s ' . De plus, ces comportements seraient reliés à un plus grand risque
de gain de poids à long terme ". Tel que suggéré par la théorie de l'évolution.
16

l'expression des comportements de disinhibition et de susceptibilité à la faim pourrait


avoir permis à l'être humain d'être en mesure de profiter au maximum des aliments
quand ils étaient disponibles et ce, peu importe le niveau de faim ou de satiété réel. Une
telle situation permettait ainsi de favoriser une balance énergétique positive dans un
monde où la nourriture n'était pas toujours disponible . De nos jours, dans un
environnement qui favorise déjà amplement le maintien d'un poids élevé, certaines
personnes font donc preuve de comportements alimentaires qui peuvent les inciter à
manger davantage. Ce thème sera traité plus en détails à la quatrième section de ce
chapitre.

Quant au profil psychologique, différentes études se sont penchées sur la question sans
jamais arriver à un consensus 22. Tandis que la fréquence de problèmes psychologiques
apparaissait plus élevée chez un groupe de femmes obèses ' , une récente étude de
population a rapporté qu'aucune psychopathologie associée à l'obésité n'était présente
92
. De même, peu d'études ont été en mesure d'identifier un profil de personnalité type
qui serait distinctif aux gens obèses . Différents modèles de personnalité, comme le
Big Five ou le Tempérament and Character Inven/ory, réfèrent à l'ensemble des
caractéristiques relativement permanentes qui différencient les personnes les unes des
autres. Les gens ayant un excès de poids pourraient ainsi présenter des variations au
sein de leurs traits de personnalité, sans souffrir de troubles de personnalité en soi. Par
exemple, les femmes ayant un poids plus élevé seraient caractérisées par la présence
d'une plus grande sensibilité (i.c. névrotisme élevé) et d'une préférence envers la
solitude ou la compagnie de seulement quelques amis (i.c. extraversion faible) 4. Pour
ce qui est des autres dimensions du profil psychologique, telles que l'estime de soi et
l'image corporelle, il apparaît difficile d'établir une relation causale avec la présence
d'un excès de poids .
17

3. Comment faire face à la prévalence croissante d'obésité?

3.1 Définition d'un poids santé et objectifs de perte de poids à viser

Par le passé, l'atteinte d'un poids idéal était favorisée auprès des gens présentant un
excès de poids. Ce poids idéal s'inspirait habituellement des tables de poids et de tailles
souhaitables, telles que publiées par la Metropolitan Life Insurance Company . Plus
spécifiquement, ces tables correspondent aux estimations réalisées par cette compagnie
à partir des données de sa clientèle afin de définir des catégories de poids qui sont
associées à un plus faible taux de mortalité. Même si ces tables de poids et de taille ne
sont pas représentatives de l'ensemble de la population, leur utilisation dans la
définition des objectifs de perte de poids a pu laisser sous-cntcndrc qu'un meilleur état
de santé passait par l'atteinte d'un poids idéal et donc, qu'il se rapprocherait de la
minceur. Or, les résultats d'études cliniques montrent clairement que l'atteinte de tels
objectifs s'avère très difficile pour la plupart des gens, tant d'un point de vue
physiologique que comportemental "' % . La littérature démontre également qu'une
perte de poids qui peut sembler modeste, soit environ 5% du poids initial, apporte tout
de même des effets bénéfiques sur le profil de santé, tel que la réduction de la tension
artérielle, du cholestérol sanguin et de l'incidence du diabète de type 2 " . À la
lumière de ces résultats, une perte de poids modérée, qui se situe entre 5 et 10% du
poids initial et qui s'échelonne sur une période de six mois, est maintenant
recommandée auprès des gens qui désirent perdre du poids . L'adoption de saines
habitudes de vie, indépendamment d'un changement de poids, a également été associée
lt)<M02
à une amélioration du profil de santé . Un poids santé ne correspondrait donc pas
nécessairement à l'atteinte de la minceur chez tous les individus, ce poids santé étant
propre à chaque individu et pouvant même se situer dans une zone d'IMC considérée à
prime abord comme étant à risque. A cet égard, Santé Canada souligne que le terme
« poids santé » n'a pas été retenu pour identifier la catégorie d'IMC associée à un plus
faible risque pour la santé chez les adultes (i.c. IMC entre 18.5 et 24.9 kg/m ) afin
justement d'éviter que cette catégorie de poids soit systématiquement perçue comme
l'assurance d'un parfait état de santé "'\ L'ensemble de ces constats suggère ainsi que
ce n'est pas exclusivement la perte de poids qui peut être responsable de l'amélioration
du profil de santé, mais également l'acquisition de meilleures habitudes de vie .
18

3.2 Brève description des traitements de perte de poids et de leurs effets à court
terme

Plusieurs traitements sont actuellement proposés pour aider les gens à atteindre leurs
objectifs de perte de poids. Ces stratégies peuvent prendre diverses formes, allant des
changements alimentaires à la chirurgie. Un algorithme de traitement a été récemment
proposé par Waddcn, Brownell et Fostcr (Figure 2), ce dernier s'inspirant de celui
10
proposé parle NIH/NHLBI tout en y ajoutant la notion d'intensité de traitement ".
Ainsi, la décision sera guidée par la condition du patient, se définissant par l'IMC, le
niveau de risque à la santé de même que les démarches de perte de poids effectuées par
le passé, les préférences et la santé psychologique. De tous les traitements proposés, la
diète hypocaloriquc et la pratique quotidienne d'activité physique sont les stratégies
préconisées dans le traitement de l'obésité pour la majorité des gens présentant un excès
de poids l().

Les statistiques sur la prévalencc de l'obésité nous indiquent que l'embonpoint et


l'obésité de classe I touche 51.3% de la population canadienne alors que 7.8% des gens
présentent un 1MC supérieur à 35 kg/m2. À cet égard, les traitements de perte de poids
plus agressifs, tels que la médication et la chirurgie, s'adressent principalement aux
individus présentant une obésité plus importante ' et qui ont malheureusement connu
plusieurs échecs dans leurs démarches de perte de poids antérieures. La médication et
la chirurgie sont donc des traitements habituellement proposés aux personnes qui en
sont à leur dernière tentative en vue d'améliorer leur profil de santé ' '. Hormis leurs
effets directs sur la perte de poids, ces méthodes plus agressives devraient toujours être
adoptées de pair avec une amélioration des habitudes de vie . Dans la présente
section, nous nous attarderons plus spécifiquement aux traitements traditionnels de perte
de poids qui visent la réduction de l'apport énergétique en combinaison avec
l'augmentation de la dépense en énergie.
19

Classification Étapes ttéçsà la jMpsion Apstcmcat de la décision

?f Étape
Ktapel1 "¥: Traitement suggère
Niveau 1 f A * Diète et exercice (par aot-méme) - - : Opfioq moins intensive
1MC < 27 kg/m* f\ .; * CouœdJing médical -» : Option phlS intensive

Étape 2
Niveau 2 • Pas de facteur de risque
IMC<fc27à29kg/m ri Pn^rainmc auto-assisté
Programme commercial
W • I ►rogmmme comportemental
• < )h&ïtiS fémorale
■ Femme, plus âgée

Niveau 3
1
IMC <Je 30 à 39 kg/m V -., . E
**P? 3 • Facteur(s)de risque présents
— X * Dicte hypoodonque • Obésité abdominale
(900àI200kcal}our) • Horome, plus jeune
$
MMtcation
Niveau 4
IMC à 40 kg/m2
h Étape 4
Chirurgie bariatrique
• Démarches antérieures
• Préfêrcnces
• Santé psychotonique

Figure 2 : Algorithme de traitement proposé pour la perte de poids.


Figure adaptée de la référence suivante : Wadden l'A et al., 2002 .

3.2.1 Les diètes hypocaloriques et l'activité physique

Depuis maintenant plusieurs décennies, les gens désirant perdre du poids sont
encouragés à réduire leur apport en énergie. Quoique les diètes hypocaloriques puissent
être présentées sous divers formats, elles se définissent généralement selon quatre
catégories : le jeûne, la diète très faible en énergie, la diète faible en énergie et la diète
réduite en énergie. Ces quatre types de diète se distinguent surtout par l'intensité de la
l04
restriction imposée . Mis à part le jeûne, l'approche la plus sévère est la diète très
faible en énergie qui fournit moins de 800 kilocalories (kcal) par jour. Pour être
administrée dans les règles de l'art, elle doit toutefois être accompagnée d'un suivi
médical de même que de la prise de suppléments alimentaires. La diète faible en
énergie fournil quant à elle entre 800 et 1200 kcal par jour. Même si elle est moins
stricte que la diète très faible en énergie, elle demeure tout de même sous le seuil du
métabolisme de base de la plupart des gens et la prise de suppléments alimentaires est
aussi recommandée. De façon générale, c'est la diète réduite en énergie qui s'avère la
plus souvent populaire. Tout en respectant les recommandations nutrilionnelles émises
20

quant aux apports en protéines, en glucides et en lipides, cette diète comprend une
restriction en énergie d'environ 500 à 1000 kcal par jour. Un tel déficit énergétique
correspond habituellement à un apport journalier de 1200 à 1500 kcal pour une femme.
Contrairement aux diètes faibles et très faibles en énergie, qui utilisent souvent des
substituts de repas, la diète réduite en énergie repose la plupart du temps sur la
consommation de repas équilibrés. Par ailleurs, l'encadrement offert peut s'effectuer à
différents niveaux. Certains professionnels privilégieront l'adoption d'un plan
alimentaire bien défini alors que d'autres laisseront plutôt le patient choisir ses aliments
en accord avec la restriction calorique recommandée. En somme, à la base de toutes les
diètes décrites précédemment, l'ingrédient-clé est sans aucun doute la restriction
calorique. Sachant qu'une livre de tissu adipeux contient 3500 kcal, une balance
énergétique négative de 500 à 1000 kcal par jour devrait correspondre à une perte de
l04
poids d'un demi à 1 kg par semaine . Ainsi, plus la diète comporte une restriction
calorique sévère, plus la perte de poids sera importante et rapide. À court terme, la
littérature démontre que, sur une période de 15 semaines, les diètes hypocaloriques
permettent d'atteindre une perte de poids correspondant à environ 11% du poids initial
1 h, I 7

Quant à l'augmentation de la dépense énergétique, la pratique d'activité physique prise


isolément ne permettrait qu'une perte de poids très modeste . En fait, si la
recommandation de marcher 30 minutes par jour ne représente qu'une dépense
d'énergie d'environ 150 kcal, les gens doivent s'astreindre à un régime d'activité
physique plutôt exigeant pour arriver à brûler plus de 500 kcal quotidiennement. Or, la
pratique d'activité physique modérée à intense devient un complément de choix à la
diète hypocalorique. Quoiqu'une telle combinaison n'augmente pas de beaucoup la
perte de poids à court terme, l'adoption d'un mode de vie actif favorise un meilleur
16 17
maintien du poids perdu sur une plus longue période ' tout en favorisant également
7
une réduction des risques pour la santé . Nous y reviendrons ultérieurement à la
section 3.3, lorsque nous traiterons du maintien du poids perdu à plus long terme.

3.2.2 L'approche comportementale en tant que traitement de perte de poids

Le traitement comportemental, ou cognitivo-comportemental, peut également


chapeauter les diètes hypocaloriques et l'activité physique. Cette approche vise
21

principalement à outiller l'individu pour qu'il développe des habiletés l'aidant à réussir
1<)(>
sa démarche de perte de poids . Pour y arriver, différents principes et techniques
permettant de changer des comportements spécifiques sont donc mis en œuvre ' ) 6 ' 0 7 .
Ce processus de changement s'opère entre autres par la détermination d'objectifs et
l'auto-observation, où les gens sont invités à prendre conscience de ce qu'il mange par
le biais d'un journal alimentaire. De cette façon, ils sont amenés à se positionner face à
leurs objectifs alimentaires et à mieux comprendre les facteurs qui les influencent. Si
l'activité physique fait aussi partie des objectifs, un journal d'activité physique peut être
utilisé pour favoriser également l'auto-observation. Dans le même ordre d'idées, le
changement de poids sera noté tout au long de la démarche. Le contrôle des stimuli, la
résolution de problèmes de même que la remise en question et la redéfinition des
pensées, des croyances et des représentations mentales présentes au sujet du poids et des
comportements à adopter, soit la restructuration cognilive, seront aussi des techniques
utilisées dans le cadre de cette approche. La perte de poids observée durant six mois de
traitement comportemental est du même ordre que celle observée avec les diètes
l06
hypocaloriques, soit environ 8% à 10% du poids initial . M êmc si l'approche
comportementale permet une compréhension plus exhaustive des facteurs impliqués
dans la gestion du poids, l'ingrédient-clé du traitement demeure tout de même la
réduction de l'apport en énergie et l'adoption d'un mode de vie actif. Ainsi, la
différence ne réside que dans le format que prend la démarche.

3.2.3 Les glucides et les lipides mis au banc des accuses

Sur le plan nutritionnel, un apport jugé trop élevé en lipides ou en glucides a été pointé
du doigt par certains comme étant responsable du gain de poids observé dans la
population. Ces macronutriments sont donc devenus les cibles majeures de certaines
diètes populaires. À cet égard, une étude récente a rapporté que peu importe le
programme de perte de poids commercial entrepris, soit Slim-Fast, Weight Watchers ou
Atkins, une réduction similaire de 5% à 7% du poids initial sur une période de six mois
était observée ")X. Dans un même ordre d'idées, une étude visant à comparer l'efficacité
de quatre diètes commerciales, soit Atkins, Ornish, Weight Watchers et The Zone, a
démontré que, tout en ne décelant pas de différences au niveau de la perte de poids entre
les quatre diètes à l'étude, l'adhérence à la dicte était le facteur principalement associé à
22

l'importance de la perte de poids . Ces résultats suggèrent donc que peu importe les
changements nutritionncls amorcés pour réduire l'apport en énergie, le facteur qui
importe le plus pour atteindre les objectifs de perte de poids serait de rester le plus
fidèle possible aux nouvelles habitudes alimentaires, permettant d'atteindre le déficit
énergétique proposé dans le cadre des différents programmes de perte de poids.

3.3 Succès des interventions dans le maintien du poids à long terme

À longue échéance, un ralentissement du rythme de perte de poids et l'atteinte d'un


plateau sont souvent notés après six mois de traitement. Tandis qu'il est suggéré
d'intensifier les changements alimentaires et d'augmenter le niveau d'activité physique
pour que la perte de poids se poursuive , les gens éprouvent alors de la difficulté à
demeurer dans les rangs. La forte proportion de gens qui abandonnent leur traitement
en cours de route en est d'ailleurs un signe ")X1(W. Même si l'efficacité des approches de
perte de poids traditionnelles est clairement démontrée à court terme, franchir l'étape du
maintien du poids à plus long terme s'avère un défi de taille. Quoiqu'il n'existe
toujours pas de définition précise quant au succès à long terme d'une démarche de perte
de poids, il a été suggéré qu'une perte de poids de plus de 5% du poids initial,
maintenue durant au moins un an, pourrait être considérée comme une réussite
Après avoir mis en commun les résultats de différentes études portant sur la perte de
poids et son maintien, Perri et Corsica ont rapporte qu'après une perte de poids oscillant
aux environs de 9% du poids initial à court terme, la perte de poids nette observée après
un suivi à long terme d'environ quatre ans ne représentait plus que de 2% du poids
initial . Selon d'autres études, seulement 20% à 30% des gens arriveraient à maintenir
une perte de poids d'au moins 10% du poids initial, plus d'un an après la fin du
traitement ' . Si on considère le taux d'abandon important observé lors des suivis
post-intervention, pouvant laisser sous-entendre un désintéressement de la personne à
participer à l'étude dû en partie par une reprise du poids perdu, il serait possible que ce
taux de réussite soit quelque peu surestimé dans la population en général .

L'obésité est considérée comme un problème de santé chronique qui nécessite une
surveillance s'échelonnant sur une longue période de temps. Ainsi, la présence d'un
suivi plus intensif a été identifiée comme un facteur pouvant favoriser le maintien du
23

poids ' " . Pour aider les gens à adhérer à leur diète, plusieurs types de suivis ont donc
été mis à l'épreuve, tels qu'un contact régulier avec un thérapeute, des incitatifs
20
monétaires ou des provisions d'aliments . Toutefois, il semble que le regain de poids
ne soit seulement que retardé puisqu'il s'observe toujours dès que le suivi plus intensif
prend fin " 2 . De toute évidence, la présence d'un regain graduel du poids perdu au fil
des années semble être l'aboutissement de nombreuses tentatives de perte de poids. Ce
phénomène est d'ailleurs très bien illustré par l'augmentation de la prévalence de
l'obésité qui se manifeste en dépit d'un nombre considérable de personnes affirmant
2A
essayer de perdre du poids . En vertu des résultats éphémères qui se dégagent des
approches traditionnelles préconisées dans le traitement de l'obésité, une meilleure
compréhension des facteurs impliqués dans le maintien du poids à plus long terme est
grandement souhaitable.

3.3.1 Portrait de gens ayant réussi à perdre du poids : les résultats du


National Weight Control Registry

Le National Weight Control Registry (NWCR) a été créé en 1994 afin de mieux
comprendre les facteurs caractérisant les gens qui maintiennent leur perte de poids sur
une longue période. Ce registre a ainsi étudie cette question auprès de plus de 4000
adultes ayant réussi à perdre au moins 13.6 kg (30 lbs) et à le maintenir durant plus d'un
an . Sommairement, les six stratégies gagnantes identifiées auprès de cette
population sont: 1) la pratique intense d'activité physique, à raison d'au moins une
heure par jour, 2) la consommation d'une diète faible en énergie et en lipides,
représentant environ 1400 kcal par jour dont 24% provenant des lipides, 3) la
consommation d'un petit déjeuner, 4) la surveillance régulière du poids, 5) l'adoption
d'un rythme prandial régulier et 6) la prise en charge rapide des variations de poids
IH
avant qu'elles ne se traduisent en gain de poids important . Par la description de ces
stratégies, on peut comprendre que les gens qui réussissent à maintenir le poids perdu
continuent tout simplement à se comporter conformément aux consignes leur ayant
permis de perdre du poids. Autrement dit, ils suivent toujours une diète qui leur fournit
un apport réduit en énergie, accompagnée de la pratique d'activité physique accrue. 11
apparaît alors clair que le maintien des comportements relatifs à la gestion du poids
24

acquis au fil de la démarche se doit d'être permanent afin d'être garant d'un succès à
long terme.

Or, une critique sévère a été publiée à l'endroit du NWCR, signalant que les gens
constituant ce registre représenteraient malgré tout l'exception " 4 . Il serait erroné de
croire que parce que les 4000 personnes étudiées dans le NCWR ont connu un succès
dans leur démarche de perte de poids, que les mêmes conclusions peuvent être
appliquées uniformément à l'ensemble de la population. En effet, les taux élevés de
regain de poids observés l8"20 dénotent clairement que le maintien des comportements
relatifs à la gestion du poids s'avère une tâche difficile pour un grand nombre
d'individus. De surcroît, les stratégies-clés identifiées au sein du NWCR ne sont pas un
secret pour personne, car ces pratiques de contrôle du poids sont adoptées par la
l3,115
majorité des gens désirant perdre du poids . Le problème réside plutôt dans la
compréhension des facteurs qui expliquent pourquoi une majorité des gens n'arrivent
pas à conserver les nouveaux comportements acquis. À cet égard, il est intéressant de
noter que 42% des gens interrogés dans le NWCR ont affirmé qu'il était plus facile pour
eux de maintenir leur poids perdu que de perdre du poids . Une telle observation
semble suggérer que les nouveaux comportements, représentés par les six stratégies
gagnantes identifiées précédemment, s'intègrent facilement et perdurent dans le
quotidien de ces gens. Pourquoi est-ce plus facile pour eux ? Apparemment, la
présence en amont de facteurs psychologiques, propres à chaque individu, pourraient
influencer la poursuite des pratiques de contrôle du poids énoncées .

3.3.2 Importance des facteurs psychologiques dans la prévention du gain de


poids à plus long terme

Même si une perte de poids modérée est l'objectif recommandé par les professionnels
de la santé, la perception d'une perte de poids réussie est d'un autre ordre chez les gens
ayant un surplus de poids. Ces derniers visent plutôt une perte de poids qui correspond
à environ 30%> de leur poids initial , attentes qui sont grandement soutenues par le
contexte socioculturel dans lequel nous évoluons " 7 . Comparativement au succès à
court terme obtenu à l'aide des approches de perte de poids traditionnelles qui
l6 l7 l06
permettent tout juste l'atteinte des recommandations de perte de poids ' - ) de tels
25

objectifs apparaissent donc irréalistes. 11 existe alors une dichotomie franche entre les
attentes des gens désirant perdre du poids et les attentes des professionnels qui les
guident dans leur démarche. La grande valeur accordée à ces attentes de perte de poids
ambitieuses " 8 et l'incapacité d'atteindre ce poids perçu comme étant une réussite
pourrait influencer le pronostic de la démarche de perte de poids. À cet égard, les taux
24 25
d'abandon plus importants observés chez les gens ayant des attentes plus élevées '
suggère qu'une insatisfaction à l'égard de la perte de poids puisse être impliquée dans
l'insuccès des démarches de gestion de poids. Parallèlement, un profil psychologique
moins favorable a été associé à des attentes de perte de poids irréalistes '' . Cette
question mérite toutefois d'être étudiée davantage, car d'autres groupes de recherche
affirment plutôt que des objectifs de perte de poids élevés influenceraient positivement
l20121
la motivation, puisqu'ils ont été associés à une perte de poids plus importante . [|
apparaît donc important d'aller plus loin dans l'investigation des facteurs
psychologiques et comportementaux associés aux attentes de perte de poids des gens.

Les attentes sous-jacenlcs à la perte de poids en soi pourraient aussi représenter des
facteurs à considérer dans la poursuite des comportements à adopter. Une meilleure
satisfaction de son apparence ou l'acquisition d'une plus grande confiance en soi sont
des exemples de croyances attribuées à la perte de poids . Pour certaines personnes,
les tentatives de perte de poids ne sont donc pas que de simples histoires de poids. Tel
qu'imagé par Parham à la figure 3 , l'embonpoint peut être perçu comme un mur de
brique qui doit être franchi afin d'être plus heureux ou en meilleure santé, ce qui
malheureusement évoque une perception erronée de ce qu'apporte réellement une
démarche de perte de poids. Dans les faits, après les premiers mois d'euphorie apportés
par la nouveauté de la démarche entreprise, l'expérience de perte de poids semble
devenir de moins en moins agréable au fil du temps. Une étude a récemment démontré
que les gens vivent une certaine forme d'habituation face aux réactions positives ou à la
gratification qu'apportent initialement la perte de poids Par exemple, les
commentaires encourageants des pairs se font de plus en plus rares ou les changements
dans la taille des vêtements ne sont plus toujours notés. Malgré l'amélioration
significative des paramètres de santé observée après la perte de seulement quelques
kilos, les efforts consentis afin de perdre ce poids ne sont donc plus soutenus par des
bénéfices psychologiques assez importants pour justifier le maintien des nouvelles
ll2122
habitudes de vie à plus long terme . D'autant plus que ces habitudes peuvent être
26

jugées comme étant monotones et démoralisantes . Les gens peuvent également avoir
l'impression que ces changements de comportements n'en valaient pas la peine ou
qu'ils n'avaient pas été entrepris avec suffisamment de discipline pour connaître les
effets espérés, alors que dans les faits, le processus de changement était probablement
sur la bonne voie " . Ces attentes irréalistes quant à la vitesse, la quantité, la facilité et
les conséquences relatives à la perte de poids peuvent alors engendrer plusieurs
tentatives pour perdre du poids, ce que Polivy et Herman résument par le syndrome du
faux espoir2 ,2
\ En plein essor depuis les dernières années, l'industrie de
l'amaigrissement contribue d'ailleurs à entretenir ces faux espoirs à l'égard de la perte
de poids, tout en ne se conformant pas nécessairement aux recommandations émises par
les professionnels de la santé ' 2 . En bout de ligne, les échecs encourus pour atteindre
des objectifs de perte de poids trop ambitieux peuvent miner la confiance et l'optimisme
des gens envers leur capacité à entreprendre et à réussir des changements de
comportements relatifs à une saine gestion du poids.

Figure 3 : Illustration des attentes sous-jacentes à la perte de poids.


Figure tirée de Parham ES, 1996 ".

" Traduction libre de « false hope syndrome »


27

La nature des motifs sur lesquels repose la démarche de perte de poids pourrait
également jouer un rôle primordial dans la poursuite des changements de
comportements et donc, dans le maintien du poids perdu. Au lieu d'être motivée par un
sentiment d'obligation ou un désir de contrôle, une démarche de gestion de poids issue
d'un sentiment de liberté et d'autonomie a de meilleures chances de réussite à plus long
terme " ' . Une internaiisation des changements à entreprendre, faisant ainsi appel à
une motivation dite intrinsèque, pourrait expliquer en partie pourquoi certaines
personnes arrivent à faire des changements dans leurs habitudes de vie qui perdurent au
quotidien. Malgré l'importance que revêt cette motivation intcrnalisée et autonome, elle
n'est malheureusement pas souvent observée au sein des programmes de gestion de
poids traditionnels. L'accent mis sur le respect minutieux du plan alimentaire fait entres
autres référence au contrôle, favorisant une motivation de nature externe. Il apparaît
donc important de travailler au développement et à la mise en œuvre de programmes de
l24
gestion du poids qui soutiennent l'individu dans l'appropriation de sa démarche .
L'atteinte d'un poids spécifique ne serait plus une finalité en soi, mais donnerait plutôt
de l'importance à l'acquisition de saines habitudes de vie, en harmonie avec l'individu.

Par ailleurs, il a été suggéré que certains traits de personnalité pourraient rendre plus
difficile l'adoption permanente de nouveaux comportements 23. Par exemple, un mode
de pensée dichotomique allant du tout au rien pourrait caractériser les gens qui
n'arrivent pas à maintenir leur perte de poids " 6 . De plus, la tendance à utiliser la
nourriture pour faire face à des événements difficiles ou pour éviter certains affects
négatifs pourrait aussi être influencée par des traits de personnalité spécifiques . Sous
l'angle de la relation avec la nourriture, il pourrait être proposé que ces traits de
personnalité, tout comme d'autres facteurs psychologiques énoncés précédemment,
pourraient être impliqués dans l'émergence de certains comportements alimentaires.
Jusqu'à présent, seulement quelques éludes se sont intéressées à cette question et ont
rapporté que la présence d'une plus grande sensibilité (i.e. névrotisme élevé) était
associée à la surconsommation alimentaire " "" . De tels résultats soulignent donc la
nécessité de réaliser de plus amples études pour permettre une meilleure compréhension
des liens entre la personnalité et les comportements alimentaires, d'autant plus que
d'autres variables du profil psychologique pourraient être impliquées dans les
associations observées '" " . Parallèlement, la présence de certains comportements
alimentaires a été associée au maintien ou au regain de poids à plus long terme. Par
28

exemple, un niveau élevé de contrôle sur l'apport alimentaire semble nécessaire au


23
maintien du poids perdu , quoiqu'une telle restriction puisse être accompagnée de
cycles de perte et de regain de poids plus fréquents . D'autre part, une augmentation
de la surconsommation en réponse à divers stimuli a été associée au regain de poids .
Ces observations suggèrent alors que différents comportements alimentaires joueraient
un rôle significatif dans la gestion du poids.
29

4. Caractérisation des comportements alimentaires impliqués dans la


problématique du poids

4.1 Le contrôle de l'apport alimentaire : des facteurs physiologiques aux facteurs


psychosociaux

Selon la définition du populaire dictionnaire Larousse, le terme « comportement » réfère


à l'ensemble des réactions d'un individu, à la manière dont il se conduit face à une
situation . Dans le domaine de la santé en général, le port du casque à vélo serait un
bon exemple de comportement qui réduit les risques de blessures. Lorsqu'on s'attarde
plus spécifiquement aux comportements reliés à l'alimentation, l'acte alimentaire
représente la situation à laquelle l'individu doit faire face. Ainsi, les comportements
alimentaires peuvent se définir globalement comme étant la manière dont un individu se
conduit face aux aliments qu'il consomme. Nous sommes donc face à un concept
relativement large où plusieurs facteurs peuvent être à l'origine d'un comportement.
Par exemple, un comportement peut faire suite à des facteurs physiologiques, tels que le
fait de manger en présence de faim. D'autres facteurs non-physiologiques influencent
également les comportements, qu'ils soient d'origine cognitive, émotionnelle ou
sociale. L'influence de ces facteurs pourrait se traduire par le fait de choisir des
aliments faibles en gras en sachant qu'ils sont meilleurs pour la santé (cognitif), de
manger du chocolat parce qu'on se sent seul (émotionnel) ou de manger plus que
d'habitude lors d'une fête (social). A la deuxième section de ce chapitre, nous avons
abordé brièvement le rôle du système biopsychologique et de l'environnement sur le
contrôle de l'apport alimentaire ' et donc, dans la détermination de différents
comportements alimentaires. Par ailleurs, certains de ces comportements alimentaires
peuvent représenter des facteurs de risque d'une balance énergétique positive, puisqu'ils
favorisent une surconsommation de nourriture . Ces comportements sont donc d'un
intérêt majeur au sein de la problématique du poids.

L'augmentation importante de prévalence d'obésité sous-entend l'idée que notre


système de régulation alimentaire interne est défectueux. Ln conformité avec cette
pensée, plusieurs personnes perçoivent que les facteurs physiologiques qui contrôlent
leur apport alimentaire ne leur permettent pas de répondre aux idéaux de poids
véhiculés dans notre société . Pour pallier à ce problème, nous nous attaquons
M)

souvent au contrôle alimentaire en tentant de contraindre les apports alimentaires selon


différents principes diététiques, d'où la popularité croissante de la pratique de dictes,
56
prenant même une image de normalité ' . À cet égard, la consommation d'une dicte
faible en énergie et en lipides a été identifiée comme un des comportements à adopter
pour favoriser une meilleure gestion du poids, tel que nous l'avons abordé dans la
section précédente ' 8 .

Lorsque les gens s'appliquent à réussir une dicte, en tentant de respecter du mieux
possible les obligations alimentaires mises de l'avant, le comportement alimentaire
devient alors sous la gouverne d'un contrôle d'origine cognitive, au détriment du
7
contrôle physiologique . Les sensations physiologiques de faim deviennent souvent
l'ennemi à traquer, d'où la perception qu'il faut s'empêcher de manger en présence de
faim en vue de respecter les normes préétablies dans le plan alimentaire. Un tel plan est
rarement en accord avec les signaux de faim et de satiété et une désynchronisation face
au contrôle physiologique est souvent observée . Selon cette description, il devient
difficile d'affirmer que les comportements alimentaires régis par des facteurs cognitifs
sont souhaitables puisqu'ils ne répondent plus vraiment aux signaux physiologiques de
faim et de satiété, mais plutôt à des signaux extérieurs qui sont définis selon les règles
établies par la dicte. Or, il est aussi vrai que nous vivons dans un environnement où la
nourriture dense en énergie est abondante, peu dispendieuse et très accessible , d'où
l'influence de facteurs sociaux sur l'apport alimentaire. De pair avec des
prédispositions biologiques et la présence de facteurs psychologiques, cet
environnement plutôt malsain pourraient augmenter la vulnérabilité à la
surconsommation , peu importe la présence réelle de sensations de faim. Un contrôle
cognitif pourrait donc être envisageable et même souhaitable dans un tel contexte
mais est-ce une solution adéquate pour tous ? Rappelons la difficulté, présente chez, une
majorité de gens en démarche de perte de poids, à maintenir des changements de
comportements permettant justement de contrôler de façon consciente leur apport
alimentaire " . De plus, la notion de contrôle cognitif fait aussi référence à une
motivation plutôt externe, alors que c'est vraisemblablement en mettant l'accent sur
l'autonomie de la personne que la réussite à long terme est favorisée ' ' . C'est clans
ce contexte que nous chercherons, dans la présente section, à caractériser certains
comportements alimentaires de nature psychosociale qui ont fait l'objet de nombreuses
31

études, soit la restriction, la désinhibition et la susceptibilité à la faim, ces derniers


pouvant être impliqués dans la problématique du poids.

4.2 A l'origine des comportements alimentaires de nature psychosociale : la


théorie de la restriction

Vers la fin des années 1970, Schachtcr a proposé que la régulation de l'apport
alimentaire chez les gens obèses se ferait en réponse à des signaux externes tandis que
chez les gens ne présentant pas de surplus de poids, cette régulation respecterait plutôt
l33
leurs signaux internes de faim et de satiété . Dans les mêmes années, Nisbctt a
suggéré quant à lui que la régulation externe de la prise alimentaire chez la personne
obèse dépendrait de son poids consigne biologique, ce dernier correspondant au
nombre de cellules adipeuses ' 4. Quelqu'un se trouvant alors en-dessous de son poids
consigne serait en état de carence énergétique et serait plus susceptible de réagir à des
signaux externes. Une telle hypothèse s'apparente d'ailleurs à la théorie du pondérostat
proposé récemment par Cabanac ' 5. Les hypothèses de Schachtcr et Nisbctt ont par la
]M
suite été reprises par Herman et Mack en 1975 \ Ces derniers soutiennent alors que la
réactivité aux stimuli externes décrite par Schachtcr et Nisbctt ne serait pas qu'une
caractéristique spécifique aux obèses, puisqu'ils ont été en mesure d'observer cette
réactivitc chez un groupe de jeunes femmes ne présentant pas de surpoids. C'est de
cette étude qu'est né le concept de la restriction ' 6" .

À l'aide de la Restraint Scale (RS), questionnaire comprenant 10 items, Herman et


Mack ont questionné un groupe déjeunes femmes sur leurs préoccupations à l'égard de
leur poids et de leur alimentation. Ils ont alors identifié deux groupes de femmes. Un
premier groupe présentait un niveau de restriction élevé, c'est-à-dire qu'elles limitent de
façon cognitive et volontaire leur prise alimentaire en ayant pour but de contrôler leur
poids. A l'opposé, les femmes du deuxième groupe présentaient un faible niveau de
restriction '. Pour valider concrètement ces observations, les chercheurs ont par la
suite demandé aux femmes de participer à un lest visant à évaluer leur consommation de
crème glacée à volonté. Herman et Mack ont alors effectivement observé que les
femmes restrictives consommaient une moins grande quantité de crème glacée que les

Traduction libre de « set-point ».


M

femmes non-restrictives, ce qui démontre bien que ces femmes limitaient leur apport
alimentaire. Cependant, lorsque les chercheurs ont demandé aux femmes à l'étude de
consommer une collation, composée d'un ou deux laits frappés, avant de manger à
volonté la crème glacée, des résultats différents ont été observés. Tel qu'illustré à la
figure 4, les femmes restrictives mangeaient cette fois-ci plus de crème glacée que lors
du premier test et, comparativement aux femmes non-restrictives, elles mangeaient
également plus de crème glacée . Ces résultats ont été par la suite corroborés au sein
du même groupe de recherche par d'autres études réalisées selon des conditions
expérimentales similaires m. En somme, contrairement aux femmes non-restrictives
qui compenseraient pour l'apport calorique supplémentaire apporté par les collations,
ces différentes études ont montré que les femmes restrictives augmenteraient plutôt leur
consommation de crème glacée, ce phénomène ayant été qualifié par les chercheurs de
régulation inverse . En présence d'une restriction, telle que mesurée par la RS, un
dérèglement dans la régulation de la prise alimentaire serait observé. Cette restriction
cognitive serait le refict d'un état de carence chronique (ou de tentatives répétées afin de
perdre du poids), prédisant ainsi une réactivité accrue aux stimuli externes .

CD
250
•CD Restriction élevée
O
(Bu

ro Restriction faible
D)
200
CD Cl)
E CD 150
'Ai
i_ 'CD
o E
CD
E
-a o 100
•CD m
•*-* c
c o !>()
M1
13 o

a
0 1
Nombre de lait frappé avant la
consommation de crème glacée

Figure 4 : Quantité de crème glacée consommée ad libitum, selon le niveau de


restriction et le nombre de collations consommées au préalable.
Figure adaptée de la référence suivante : Herman Cl* et Maek I), 1975 ' *.

Traduction libre de « counter-regulation ».


33

4.2.1 Proposition du modèle de limites dans la régulation alimentaire

Pour permettre une compréhension plus globale des mécanismes de régulation


alimentaire, Herman et Polivy ont par la suite proposé un modèle descriptif, nommé
modèle de limites5. Dans ce modèle, les chercheurs distinguent les déterminants
physiologiques et non-physiologiques de la prise alimentaire en deux zones distinctes :
une zone aversive et une zone d'indifférence biologique ' . Plus spécifiquement,
l'individu se situerait dans la zone aversive lorsque sa prise alimentaire est une réponse
à ses signaux de faim ou de satiété (i.e. facteurs physiologiques), ces signaux étant
associés à des sensations désagréables. Lorsque la consommation d'aliments serait
plutôt sous l'influence de facteurs psychologiques (i.e. facteurs non-physiologiques),
l'individu se situerait plutôt dans la zone d'indifférence biologique. Bien entendu, des
différences interindividuelles joueraient un rôle dans ce modèle de régulation
alimentaire et la présence de la restriction cognitive en est un bon exemple. Selon la
définition proposée par Herman et al. , le mangeur restreint tenterait de contrôler de
façon cognitive et volontaire sa prise alimentaire. Cet individu s'imposerait donc une
limite de diète, cette limite étant perçue par le mangeur restreint comme le seuil de kcal
à respecter lors de la consommation d'un repas afin de mieux contrôler son poids .
Cette limite de diète ne répondrait pas aux signaux de faim et de satiété, car le mangeur
restreint essaierait plutôt de respecter la limite cognitive imposée (i.e. facteur non-
physiologique). La limite de diète se situerait ainsi à l'intérieur de la zone
d'indifférence biologique. D'un autre côte, le respect de cette limite peut parfois être
compromis et le mangeur restreint percevra alors qu'il a surpasse sa limite de diète. Tel
que noté lors du phénomène de régulation inverse ', l'apport alimentaire du mangeur
restreint deviendrait sans limite, ce qui supporte la présence d'une surconsommation
alimentaire. Les facteurs favorisant alors cette prise alimentaire plus importante
pourraient être de nature cognitive (p. ex. : impression d'avoir surconsommé, réelle ou
illusoire), émotionnelle (p. ex. : affects négatifs) ou pharmacologiquc (p. ex. :
consommation d'alcool) ' .

5
Traduction libre de « boundary model ».
34

4.3 Application difficile de la théorie de la restriction chez les gens obèses

Alors que la théorie de la restriction tente à prime abord d'expliquer la réactivité aux
stimuli externes chez les individus obèses, la plupart des études sur la régulation inverse
effectuées par Herman et al. ont été réalisées chez des femmes qui ne présentaient pas
de surplus de poids. Ainsi, Rudcrman et al. se sont intéressés à valider la théorie de la
restriction et son effet de régulation inverse chez un groupe de femmes obèses, en
141142
comparaison avec des femmes non-obèses . Quoiqu'ils aient également démontré
que la restriction était un bon prédietcur de la consommation alimentaire, les travaux de
Rudcrman n'ont pas permis d'identifier la présence de régulation inverse chez les
femmes obèses, ce phénomène n'ayant été observé que chez les femmes non-obèses
ayant un niveau de restriction élevé .

En guise d'explication, Herman et al. ' ont proposé que, selon le modèle de limites
présenté précédemment, les limites de diète imposées pourraient être très variables
d'une personne à l'autre. Les personnes obèses se fixeraient peut-être des limites moins
sévères en termes de kcal que les gens ayant un poids plus faible, ce qui est d'ailleurs
cohérent avec leur poids corporel plus élevé et probablement leur apport alimentaire
plus grand. Selon la présence d'une telle variation interindividuellc, il serait probable
que la limite de diète chez les obèses n'ait pas été dépassée par la collation consommée
dans les études de Rudcrman et al. four observer le phénomène de régulation inverse
chez les gens obèses, il apparaîtrait donc nécessaire de comparer deux épisodes
alimentaires où la consommation d'une collation serait suffisante pour donner
l'impression de dépasser la limite imposée par la restriction présente, occasionnant ainsi
un bris de cette limite . Si la limite imposée par la restriction n'a pas été brisée, ceci
expliquerait pourquoi le phénomène de régulation inverse n'a pas été observé chez les
obèses .

D'autre part, Rudcrman suggère que la RS, utilisée pour catégoriser les gens comme
étant des mangeurs restreints ou non, pourrait présenter des problèmes psychométriques
l3X 42
chez les gens obèses ' . Cette échelle de 10 items se divise en deux sous-échelles :
la préoccupation face aux diètes et les fluctuations de poids estimées de façon absolue
(en livres ou en kilogrammes). Il a été rapporté que le score de restriction mesuré par
cette échelle pourrait être surestimé chez les gens obèses principalement parce que le
35

score de la sous-échelle reliée aux fluctuations de poids serait plus élevé , ce qui
pourrait probablement être évité si la fluctuation de poids était plutôt exprimée de façon
relative au poids actuel. Par ailleurs, lorsque comparé aux gens ne présentant pas de
surplus de poids, le score de restriction des gens obèses était plus élevé et plus
homogène, ce qui suggère que les deux groupes utiliseraient différemment l'échelle de
l42
restriction . Pour un même score de restriction, les gens obèses semblaient d'ailleurs
moins se restreindre que les gens sans surplus de poids. Puis, la consistance interne de
ce questionnaire diminuerait lorsque l'échantillon d'individus testés comprenait plus de
B8
gens obèses . Un score plus élevé de restriction ne serait donc pas nécessairement le
reflet réel d'une plus grande préoccupation face aux diètes chez les gens obèses, mais
plutôt le miroir de la présence d'embonpoint selon la sous-échelle de fluctuations de
poids. Il apparaît tout de même possible que la présence de plus grandes fluctuations de
poids soit directement reliée à une pratique de diète active .

D'autres auteurs ont également émis quelques réserves quant à la validité de la RS


l44 l46
utilisée pour caractériser les comportements restrictifs " i suggérant que cette échelle
comportait plus d'un facteur. À l'origine, la théorie de la restriction considère que la
désinhibition, illustrée par la régulation inverse ou la réactivité aux stimuli externes, est
un facteur intrinsèque à la restriction . Cependant, tel qu'énoncé précédemment,
l'analyse de la structure lactoricllc de la RS démontre la présence de deux facteurs
distincts : un premier relié à la restriction cognitive et un autre associé aux variations de
l4(
poids '. Le construit mesuré à l'aide de la RS regroupe donc deux dimensions qui sont
l4
intimement reliées selon Ilcrman et Polivy . Alors que tous sont d'accord avec
l'importance de la théorie de la restriction dans la régulation alimentaire, certains se
questionnent toutefois sur la pertinence d'associer systématique la présence de la
i ' ■ i -i • • i i • 144-147
désinhibition chez tous les mangeurs restreints

4.4 Évolution de la théorie de la restriction vers la spécification d'un modèle


multifactoriel : émergence de nouveaux facteurs comportementaux

Alîn de pallier aux faiblesses détectées avec la RS auprès des gens présentant un surplus
de poids, d'autres groupes de recherche ont tenté de préciser l'évaluation des
comportements alimentaires. En 1985, Stunkard et Mcssick se sont intéressés à cette
question en élaborant le Three-Factor Eating Questionnaire (TFRQ), à partir de leurs
36

observations cliniques de même que des théories de la restriction et de l'externalité


l48
(cette dernière réfère aux stimuli extérieurs influençant la prise alimentaire) . Ce
questionnaire permet de mesurer trois facteurs cognitifs et comportementaux reliés à
l'alimentation, soit la restriction (21 items), la desinhibition (16 items) et la
susceptibilité à la faim (14 items). Plus spécifiquement, la restriction se définit comme
étant un contrôle cognitif et volontaire de la prise alimentaire relié à une préoccupation
à l'égard du poids. La desinhibition représente plutôt une surconsommation d'aliments
en réponse à certains stimuli externes, comme le stress émotionnel, associée à une perte
de contrôle sur la prise alimentaire. Quant à la susceptibilité à la faim, il s'agit d'une
,48
consommation d'aliments en présence de sensations et de perceptions de la faim .

Au même moment, Van Stricn et ses collaborateurs se sont aussi intéressés au


développement d'un nouveau questionnaire pour mesurer les comportements
l49
alimentaires . Ils se sont inspirés de trois différentes théories pour construire leur
questionnaire, soit la théorie psychosomatique (qui réfère aux émotions associées à la
prise alimentaire), la théorie de l'externalité (qui est reliée aux stimuli extérieurs
influençant la prise alimentaire) et la théorie de la restriction (telle que discuté
précédemment). Ce questionnaire, nommé Dutch Eating Behavior Questionnaire
(DEBQ), permet donc de mesurer trois différentes façons de se comporter face à
l'alimentation, soit de manière restrictive (10 items), émotionnelle (13 items) et externe
(10 items) . Il est intéressant de noter que la définition des comportements
alimentaires du DEBQ se rapproche beaucoup des facteurs évalués par le TFEQ,
particulièrement en ce qui a trait au comportement de restriction ' . Alors que la
susceptibilité à la faim ne semble pas évaluée par le DEBQ, la desinhibition du TFEQ
s'apparente quant à elle aux sous-échelles émotionnelle et externe du DBBQ.

Les trois facteurs dérivés du TFEQ et du DEBQ montrent bien qu'une distinction peut
être établie entre la restriction et la desinhibition alors que la RS combine la restriction
et la disinhibition à l'intérieur d'un même facteur. Ainsi, la restriction mesurée par le
TFEQ et le DEBQ est un construit relativement homogène qui permettrait d'identifier
des gens réussissant mieux dans leurs tentatives de diètes. Ceux qui réussissent
difficilement seraient plutôt caractérisés par un score de restriction élevé provenant de la
l43J45
RS, cette restriction étant de nature hétérogène . Par ailleurs, le TFEQ et le DEBQ
documentent un type de restriction qui exclut toute référence aux fluctuations de poids
v/

et à la surconsommation, dimensions alors évaluées par les autres comportements


définis par ces questionnaires. L'évaluation de la restriction vise plutôt à identifier les
l47
stratégies cognitives et comportementales permettant de réduire l'apport alimentaire .
Les mangeurs restreints caractérisés par ces échelles ne présentent donc pas
nécessairement les mêmes réactions de régulation inverse que celles observées avec la
RS. Alors que cette dernière mesure une restriction qui réfère à un construit
comprenant un ensemble de facteurs, dont la présence de désinhibition, le TFEQ et le
DEBQ s'intéresse plutôt à une dimension plus spécifique de la restriction, soit le
contrôle de l'apport alimentaire en tant que tel. La restriction mesurée par le TFEQ et le
DBBQ permettrait donc d'identifier une plus grande proportion de gens actuellement à
la dicte tandis qu'avec la RS, les mangeurs restreints serait caractérisés par une plus
l47
grande fréquence de diètes et de surconsommation . Une étude comparative récente a
d'ailleurs rapporté que la restriction évaluée par le TFEQ était la mesure la plus valide
l51
pour identifier l'intention d'être à la diète de même que la restriction calorique .
Cette différence doit être prise en considération dans le choix des questionnaires afin de
s'assurer d'un usage approprié. Au cours de la dernière décennie, le TFEQ, aussi connu
sous le nom d'Eating Inventory, a été un des questionnaires d'évaluation les plus
utilisés dans la recherche sur les comportements alimentaires .

Toujours selon l'hypothèse que le comportement alimentaire des mangeurs restreints


serait hétérogène, Wcstenhocfcr s'est aussi intéressé à la définition des comportements
restrictifs . Même si la restriction évaluée à l'aide du TFEQ semble être un construit
homogène, différentes stratégies peuvent être utilisées pour restreindre l'apport
alimentaire. Dans une analyse de la structure factorielle du TFFQ, Allison et ses
collaborateurs avaient d'ailleurs rapporté que deux facteurs semblaient définir la
l4
restriction, soit celle reliée aux cognitions et celle reliée aux comportements \ Ainsi,
auprès d'un très large échantillon, Wcstcnhoefer a observé qu'il existait deux types de
restriction, la restriction rigide et la restriction llexiblc, chacune étant associée
différemment à la disinhibition. Un contrôle rigide plus grand était associé à une
désinhibition plus élevée alors qu'un contrôle fiexible était plutôt relié à de faibles
l44
scores de désinhibition . Plus spécifiquement, Weslenhoefcr définit le contrôle rigide
comme étant une approche dichotomique face à l'alimentation, aux comportements de
diètes et au poids. À l'opposé, le contrôle fiexible serait une approche beaucoup plus
graduelle où l'individu se laisse la latitude de faire quelques écarts en trouvant une
38

solution pour compenser. Westenhoefer souligne aussi l'importance de la dimension de


« tout-ou-rien » qui caractérise le comportement restrictif des gens présentant des
niveaux élevés de restriction rigide. Môme si ces gens se disent fréquemment à la dicte,
ils ne se considèrent pas conscients de ce qu'ils mangent. De plus, quoiqu'ils
prétendent compter les calories, ils ne se servent pas de petites portions et ne mangent
pas lentement. Ces exemples illustrent bien l'opposition qui est présente dans le
contrôle rigide. Si nous dressons un parallèle avec le modèle de limites décrit
précédemment, il serait possible que le mangeur ayant un comportement plus rigide soit
plus susceptible de briser la limite de diète qu'il s'impose. Ainsi, il deviendrait plus
vulnérable à la désinhibition, se manifestant entre autres par le phénomène de régulation
inverse. Par ailleurs, chez le mangeur qui se restreint de façon plus flexible, on peut
supposer que la limite de diète puisse se déplacer sur un continuum. Cette personne
pourrait donc être moins vulnérable à la désinhibition, car elle court un moins grand
risque de briser sa limite de diète.

4.5 Restriction calorique réelle et perception d'être privé : leur implications


respectives dans la régulation de l'apport alimentaire et la gestion du poids.

D'après l'argumentaire qui vient d'être exposé, ce qui apparaît problématique pour la
régulation de l'apport alimentaire et de la balance énergétique ne semble pas être la
restriction calorique en soi. Il s'agirait plutôt de la présence de désinhibition, ce
comportement pouvant se traduire par des échecs quant aux tentatives de restriction et
l44
qui a été associé à des stratégies restrictives rigides . Cette définition d'un modèle
multifactoriel souligne bien l'hétérogénéité présente au sein du concept de restriction. Il
est fort possible qu'un individu se perçoive comme étant restreint, mais qu'il ne soit pas
réellement à la diète. En revanche, un autre pourrait se considérer comme un mangeur
restreint tout en suivant effectivement une diète. La fréquence de diètes et de
surconsommation serait ainsi un facteur associé à une vulnérabilité face à la
disinhibition alors que le statut actuel de dicte refléterait plutôt les efforts mis en œuvre
pour réduire l'apport calorique dans le but de perdre du poids . À cet égard,
Timmerman et Gregg ont constaté que la perception de privation ou la préoccupation
par rapport aux aliments n'était pas associé significalivement à l'apport en énergie et en
lipides, mais plutôt à la restriction cognitive, telle qu'évaluée à l'aide de la RS. Pour
illustrer ce phénomène, Timmerman et Gregg ont alors suggéré le terme privation
39

l53
psychologique . La restriction cognitive ne serait donc pas toujours associée à une
5
restriction énergétique réelle, mais serait avant tout un concept psychologique . En
dépit de la restriction calorique en soi, ce sont des facteurs cognitifs, tels que la
perception de manger moins qu'à l'habitude ou moins que souhaité, qui seraient
responsables du sentiment de privation 30.

Le concept de privation psychologique a par la suite été intégré par Lowc et Levine au
sein d'un modèle homéostatique/hédoniste de la faim . Dans ce modèle, les auteurs
considèrent que la restriction cognitive se manifesterait en réponse à notre
environnement actuel qui stimule continuellement la dimension hédonique de notre
faim. Donc, la présence de surconsommation alimentaire serait présente en amont de la
restriction. Puisque cette capacité de restriction ne serait pas assez forte pour
contrecarrer l'hédonisme chronique de la faim, et non pas parce que l'organisme est en
déficit énergétique, la surconsommation referait donc surface. Selon Lowc et Levine, la
solution à envisager pour réduire la privation psychologique chez les gens en démarche
de perte de poids serait de réduire l'exposition aux aliments palatablcs qui stimulent leur
faim hédoniste Toutefois, un tel contrôle des stimuli alimentaires chez chaque
individu concerné est-il réaliste sur une base quotidienne et constante? En fait, il
faudrait s'attarder à mieux définir la façon dont la consommation d'aliments palatablcs
devrait être intégrée au sein d'habitudes alimentaires équilibrées et d'un environnement
contrôlé . Au-delà de la simple volonté individuelle, une telle recommandation
souligne donc toute l'importance qui se doit d'être accordée à la dimension collective de
nos choix alimentaires.

Quoique la restriction calorique soit la pierre angulaire de toutes démarches


nutritionnelles de perte de poids, la restriction cognitive teinte elle aussi très souvent les
traitements traditionnels proposés. Comment s'assurer que la restriction calorique
imposée n'apporte pas de privation psychologique ? Si on s'intéresse plus précisément
à la notion de privation, on constate qu'il s'agit de s'imposer quelque chose et donc, de
s'obliger à faire ou à subir quelque chose de pénible ' . On voit ainsi la connotation
très négative associée à la privation, cette perte de plaisir pouvant alors se refléter dans
l56 57
une relation difficile avec les aliments ' et dans l'émergence de comportements
alimentaires problématiques . Par ailleurs, une augmentation des sensations de faim et
du désir de manger de même que la présence de pensées obsessives quant aux aliments
40

et un niveau plus élevé de dépression ont été notés chez des gens ayant suivi une dicte
15
restrictive afin de perdre du poids " . Considérant également que les femmes ayant
connu de nombreux échecs dans leurs tentatives de perte de poids antérieures puissent
présenter une plus grande détresse psychologique et un niveau plus important de
dépression , on obtient un portrait peu reluisant sur le plan psychologique. Ces
observations suggèrent donc que la restriction calorique peut s'avérer difficile à
maintenir sur une longue période, probablement parce qu'elle est associée à une
perception de privation. Voilà pourquoi il apparaît important d'explorer de nouvelles
approches en matière de gestion du poids, qui mettront à l'avant scène la liberté de
choix, le plaisir et le respect des signaux de faim et satiété, au détriment de l'obligation
et de la coercition.
41

5. Le nouveau paradigme en matière de gestion du poids : une approche


alternative

5. / Les origines du nouveau paradigme

Alors que la prévalcnce de l'excès de poids connaît une croissance importante depuis
quelques années ''2, la vision du corps au sein de notre société a également connu de
grands bouleversements. Même si nous nous émerveillons toujours devant les œuvres
de Renoir, où de belles femmes toute en rondeur y sont mises en valeur, nous devons
admettre que de nos jours ce sont plutôt déjeunes femmes filiformes qui défilent sous la
griffe de designers de mode réputés. Le rapport au corps a donc évolue d'un modèle
plus traditionnel, qui voyait d'un bon œil la présence d'un certain surplus de poids (d'où
l'étymologic « cm-bon-point »), vers un modèle moral (où la gourmandise est un des
n
péchés capitaux) et un modèle médical (où un poids élevé est associé à la maladie) .
Aujourd'hui, cette peur de devenir gros, ou lipophobie telle que décrite par Fishler,
s'encre à nos croyances selon trois provenances : la médecine, l'univers de la mode et
de la beauté de même que les tendances culinaires et l'alimentation de tous les jours ' .

Face à ces pressions convergentes envers l'importance de la minceur, particulièrement


chez la femme, le mouvement féministe s'est donc avancé au front pour défendre les
femmes du pouvoir médical exercé sur la définition de ce que doit être leur corps. En
1978, la publication du livre de Susic Orbach, intitulé « Fat is a Feminist Issue»', a
permis l'émergence d'une nouvelle façon de voir la problématique du poids , vision
qui a été soutenue par la suite par d'aulres auteurs (p. ex. : Jane R. Hirschmann et Carol
H. Muntcr en 19X8 "'4 cl Linda Omichinski en 1993 ). Ce mouvement activiste
soutient que la pression exercée auprès des femmes pour être mince serait le rcllet d'une
volonté de les garder à l'écart en les amenant à se préoccuper de leur poids Ces
auteurs s'interrogent donc sur la valeur accordée au modèle traditionnel qui prévaut au
sujet du poids. Parallèlement, face au succès mitigé observé avec les diètes de perte de
poids préconisées, quelques chercheurs ont questionné l'importance accordée au poids
en lien avec la santé ' ' ' . Plusieurs de ces chercheurs sont issus du domaine de la
psychologie et ils ont parfois œuvré auprès des gens ayant des troubles alimentaires,
expliquant peut-être leur intérêt à voir la problématique du poids sous un angle

Le titre de ce livre peut se traduire ainsi : L'excès de poids est une affaire de femmes.
42

différent. Leur travail a ainsi permis de documenter scientifiquement et de faire évoluer


un nouveau paradigme qui remet en question le paradigme traditionnel relié au poids.
Mais justement, qu'entend-on par paradigme ?

D'après la définition du dictionnaire, un paradigme est un modèle de pensée théorique


qui permet de donner une orientation spécifique à la recherche et à la réflexion
129
scientifique . Ainsi, le nouveau paradigme en matière de gestion du poids confronte
le paradigme traditionnel en revoyant la façon de conceptualiser les différents aspects
de la problématique du poids. À cet égard, Parham décrit très bien cette nouvelle vision
du poids, tel que détaillée dans le tableau 2 32. Alors que le paradigme traditionnel fait
référence aux modèles moral et médical qui définissent l'excès de poids comme une
déviance et un problème que chaque individu doit corriger , le nouveau paradigme
réfère plutôt à un modèle où l'individu est responsable des solutions, sans être
imputable des causes.

Tableau 2 : Comparaison entre le paradigme traditionnel et le nouveau paradigme


en matière de gestion de poids.

Paradigme traditionnel Nouveau paradigme


Conception de l'excès L'excès de poids est mauvais. L'excès de poids n'est qu'une autre
de poids façon d'être.
Limite des Le poids peut être modifié de façon Plusieurs facteurs qui influencent
changements permanente par la plupart des gens. l'apport et la dépense d'énergie
inhibent aussi les efforts de perte de
poids.
Causes de l'excès de La gloutonnerie et la paresse causent Les habitudes de vie des obèses ne
poids et maintiennent l'obésité. sont pas si différentes des personnes
minces. Des transformations
extraordinaires sont nécessaires pour
perdre et maintenir le poids.
La reconnaissance des facteurs La reconnaissance des facteurs
génétiques atténue la responsabilité génétiques permet une meilleure
des personnes obèses. compréhension et acceptation de soi.

Suite du Tableau 2 à la page suivante


<n

(suite) Tableau 2 : Comparaison entre le paradigme traditionnel et le nouveau


paradigme en matière de gestion de poids.

Paradigme traditionnel Nouveau paradigme


Valeur de la minceur L'excès de poids est un danger. La santé peut être améliorée sans
égard au seul critère de la
minceur.
L'excès de poids est traumatisant. Le traumatisme causé par
l'obésité est principalement le
fruit de notre culture.
La perte de poids permet de vivre On peut vivre vraiment à
vraiment. n'importe quel poids.
L'excès de poids est peu attirant. Notre conception de la beauté est
le fruit d'un apprentissage. On
peut développer une conception
de la beauté incluant différents
formats.

Interventions Les personnes obèses doivent faire tous Les gens doivent considérer
appropriées les efforts pour maigrir. leurs valeurs et leurs priorités.
La décision de se préoccuper du
poids leur appartient à eux seuls.
Une intervention efficace donne lieu à Le succès d'une intervention est
une perte de poids substantielle. défini par les buts fixés au
départ. L'atteinte d'objectifs, tels
que l'amélioration de l'estime de
soi et du style de vie, est aussi
importante que la perte de poids.
Les professionnels de la santé doivent Les professionnels de la santé
avoir une attitude ferme auprès des doivent agir de façon concertée
obèses. avec leurs patients.
Une personne ne devrait pas L'estime de soi permet de
accepter ce qui n'est pas bon changer ce qui peut être changé
pour elle. L'insatisfaction est une et d'accepter ce qui ne peut être
motivation au changement. changé.
l'ableau tiré des références suivantes : Parham ES, 1996 " et ShaeferC et Mongeau I., 2000
44

5.2 La philosophie et les composantes principales du nouveau paradigme

Puisque le nouveau paradigme en matière de gestion de poids est né d'une remise en


question du paradigme traditionnel réalisée par plus d'un auteur et s'échelonnant sur
plusieurs années, il est difficile de le décrire à partir d'un seul ouvrage. Toutefois, les
travaux d'Ellen C. Parham, Franccs M. Bcrg et Jon I. Robison constituent des
références intéressantes permettant de dépeindre plus en profondeur la philosophie et les
3 ! 34
composantes de ce nouveau paradigme " . Tel qu'illustré à la figure 5 par deux
courbes distinctes, la philosophie générale du nouveau paradigme est soutenue par deux
grandes composantes, soit 1) l'acceptation de soi et 2) le changement de comportement
"!2. Soulignons que ces composantes peuvent être abordées à divers degrés dans le cadre
des interventions mises en œuvre, ce qui explique pourquoi leurs courbes respectives
occupent différents niveaux d'intensité sur le continuum présenté à la figure 5. Par
ailleurs, ces composantes reposent toutes deux sur une reconnaissance des réalités plus
difficiles qui font partie de la vie des gens, tel qu'illustré par le rectangle à la base de la
figure 5. Ces difficultés ont d'ailleurs été présentées aux sections 3 et 4 de ce chapitre ;
qu'on pense à l'environnement toxique dans lequel nous vivons ou à l'insuccès des
dictes hypocaloriqucs dans le maintien à long terme du poids chez nombre d'individus.
Si nous revenons aux grandes composantes du nouveau paradigme, notons que
l'acceptation de soi est une caractéristique déterminante du nouveau paradigme qui
permet de différencier le nouveau paradigme des autres approches reliées au poids. À la
figure 5, on remarque d'ailleurs que la courbe qui représente l'acceptation de soi est
présente tout au long du continuum, démontrant donc que l'acceptation de soi doit faire
partie intégrante de toute intervention qui s'inspire du nouveau paradigme . La
deuxième composante du nouveau paradigme met quant à elle l'emphase sur le
changement de comportements selon une approche sans diète , cette dernière pouvant
être perçue sous divers angles. Par exemple, certains regroupements, tels que The
National Association to Advance Fat Acceptante (NAAFA), vont prôner des
changements qui permettent d'améliorer la qualité de vie, en mettant totalement à
l'écart la notion de perle de poids. D'un autre côté, d'autres approches vont plutôt
considérer les changements de comportements dans l'optique d'une saine gestion du
poids qui met l'accent sur l'adoption d'habitudes de vie alliant la santé et le bien-être ' .
Afin d'illustrer ces différences à la figure 5, la courbe qui représente le changement de

7
Traduction libre de « non-dieting ».
45

comportement varie en intensité sur le continuum, la droite du continuum laissant plus


de place à la notion de perte de poids au sein de l'intervention. Peu importe la vision
adoptée quant au poids, le refus d'encourager les diètes restrictives restera toutefois au
cœur de l'approche sans diète, puisque la restriction représente l'outil de base sur lequel
repose le paradigme traditionnel. De même, c'est la poursuite d'objectifs de santé qui
domine dans le nouveau paradigme, au détriment de la perte de poids à tout prix. En
somme, les composantes propres à la philosophie du nouveau paradigme touchent à
trois domaines importants : la perception positive de soi, les habitudes de vie et la santé.

Figure 5 : Illustration de la philosophie qui sous-tend le nouveau paradigme en


matière de gestion du poids.
figure adaptée de la référence suivante : Parham KS. 1996 ".
46

5.2.1 L'importance de se sentir bien dans sa peau

Tel que mentionné précédemment, la philosophie du nouveau paradigme repose


principalement sur l'acceptation de soi, puisqu'elle peut constituer un des points de
départ menant au changement de comportements ' 4. L'acceptation de soi se définit
comme suit : se connaître sous tous ses angles, tant intérieurement qu'extérieurement, et
savoir profiter de ses forces et de ses atouts tout en considérant de façon objective ses
32
limites et ses faiblesses . Chez les gens préoccupés par leur poids qui tentent de se
restreindre, les échecs reliés à la gestion du poids influencent leur estime d'eux-mêmes
' . Tout comme la valeur d'un être humain ne doit pas se mesurer selon la couleur de
sa peau, elle doit aussi être détachée de son poids . Même si le nouveau paradigme
souligne l'importance de ne pas attendre d'être mince pour profiter de la vie, il faut
comprendre que l'acceptation est loin d'être considérée comme un refus du
changement. lîn prenant conscience de ses forces et de ses faiblesses, l'individu serait
plus enclin à développer la motivation nécessaire à l'amélioration de sa santé tout en
renforçant son estime de soi et son efficacité personnelle ' . D e ce fait, le nouveau
paradigme favoriserait l'amorce d'une démarche qui repose sur une motivation
autonome, où le travail accompli est entrepris par soi et pour soi. Une telle autonomie
de la personne suggère donc qu'une intervention de la sorte a de meilleures chances de
9 1 9"7 9X

réussite à long terme ' ' . L'empowerment, concept selon lequel on vise à rendre
l'individu responsable de sa propre démarche, fait partie intégrante du nouveau
paradigme tandis que l'approche traditionnelle semble souvent attribuer le succès de la
perte de poids à la diète ou aux conseils du professionnel de la santé ' .

Par ailleurs, l'acceptation de soi est un concept qui peut être difficile à intérioriser, tant
pour les gens aux prises avec un problème de poids que pour les professionnels de la
santé. D'une part, certaines études rapportent que l'insatisfaction à l'égard du poids
favorise une perte de poids plus importante ' , et d'autre part, la présence d'un
certain parti pris envers la minceur chez les professionnels de la santé spécialisés dans
le domaine de l'obésité a été rapporté . Il n'en faut donc pas plus pour redorer
l'importance de perdre du poids à (oui prix auprès de l'ensemble de la population.
D'ailleurs, le poids n'est-il pas le dernier préjuge socialement acceptable " ? Prenant
en considération l'ampleur des préjugés au sein de la problématique du poids, le
47

nouveau paradigme favorise plutôt le respect et l'acceptation de la personne en


appréciant la diversité des formats corporels de chacun.

5.2.2 Le plaisir de bien manger et d'adopter un mode de vie actif

Alors qu'il apparaît clair que les approches traditionnelles de perte de poids font face à
8
un bilan peu reluisant quant au maintien du poids à long terme " , les tenants du
nouveau paradigme soutiennent que la difficulté à maintenir la restriction calorique
32 33
imposée serait au cœur du problème ' . D'une part, la restriction pourrait
29
s'accompagner de cycles de perte et de regain de poids plus fréquents et d'autre part,
elle serait associée à une surconsommation alimentaire et à un gain de poids à long
l73175
terme . Également, le suivi d'une dicte hypocalorique implique le respect d'un
plan alimentaire qui est rarement en accord avec les signaux de faim et de satiété, ce qui
7X
produit une désynchronisation du contrôle physiologique de l'individu . À l'échelle
populationnelle, un discours d'opposition et d'obligation concernant ce qu'on devrait et
ce qu'on ne devrait pas manger teinte souvent l'éducation en nutrition. Par exemple, on
entend souvent parler des « bons » gras et des « mauvais » gras de même que des
aliments à éviter. Cette façon dichotomique de voir la nutrition peut aussi amener son
lot de contradictions et de mythes alimentaires, ce qui est loin de clarifier l'esprit des
gens quant à ce qui compose une saine alimentation. Au détriment d'un tel contrôle
externe de l'apport alimentaire, le nouveau paradigme mise quant à lui sur le contrôle
interne propre à l'individu où le choix des aliments permet d'allier la santé et le plaisir
"". Pour y arriver, les restrictions alimentaires sont mises de côté pour laisser libre
court à l'écoute des signaux corporels de faim et de satiété tout en favorisant une saine
relation avec les aliments " . La personne est également amenée à reconnaître la
présence de stimuli émotionnels et environnementaux qui ont une influence sur son
apport alimentaire ainsi qu'à trouver et à expérimenter des moyens alternatifs pour
répondre à ces besoins externes. Par ailleurs, cette nouvelle approche reconnaît
l'importance des saines habitudes de vie, où une alimentation de qualité et un mode de
vie actif occupent une place prépondérante dans la vie de tous les jours '" . Il est
d'ailleurs intéressant de noter que de remettre son corps en mouvement peut être un bon
moyen de reconnecter avec ses propres signaux internes cl de redécouvrir ce corps qui
peut avoir été laissé pour compte au 111 des tentatives de perte de poids antérieures
L'alimentation et l'activité physique ne sont donc pas utilisées comme moyens pour
48

contrôler le poids, mais plutôt comme facteurs contribuant à améliorer la santé et la


qualité de vie pour ainsi faire partie intégrante du mode de vie de la personne.

5.2.3 Démarche de santé globale

En mettant l'accent sur la santé et le bien-être dans sa globalité, les tenants du nouveau
paradigme considèrent que chaque personne a un potentiel de santé à maintenir ou à
développer peu importe sa morphologie 32'33. En fait, ils rejettent l'idée selon laquelle le
bien-être et la santé ne puisse s'atteindre que par la perte de poids 32, car les dimensions
sociale, psychologique, spirituelle et physique sont toutes à prendre en considération 34.
Pour souligner plus concrètement cet élément d'importance, l'appellation « Health-at-
every-size » (ou la santé pour tous les formats corporels) est aussi utilisée pour décrire
le nouveau paradigme en matière de gestion de poids . Le poids-santé ne se définit
plus strictement selon les catégories d'IMC, mais correspond plutôt au poids auquel la
personne est capable d'adopter et de maintenir des habitudes de vie saines et équilibrées
34
. Cette définition rejoint bien l'idée énoncée à la fin de la première section de cette
problématique, où l'acquisition de saines habitudes de vie représente l'enjeu principal
dans la réduction de la mortalité et de la morbidité et ce, peu importe si ces
changements permettent l'atteinte d'un poids jugé santé 7I . Sans cibler la perte de poids
en soi, le nouveau paradigme encourage donc l'acquisition de saines habitudes
alimentaires, d'un mode de vie actif et de sentiments positifs envers soi-même et les
32 33
autres ' . On dira alors qu'il s'agit d'une approche centrée sur la santé dans sa
globalité, et non seulement sur la perte de poids.

5.3 Effets des interventions s'inspirant du nouveau paradigme

fntie 1988 et 2005, 18 articles scientifiques qui traitent du nouveau paradigme en


matière de gestion du poids peuvent être dénombrées dans la littérature scientifique,
fes éludes pionnières dans le domaine, qui ont investigué les effets du nouveau
paradigme d'une manière non-expérimentale, ont permis d'observer que ce type
d'intervention apportait des bénéfices au niveau des comportements alimentaires et du
profil psychologique ' 6"180. Quant à leurs effets sur la gestion du poids, certaines
l7, l7K 1X0
éludes n'ont noté aucun changement de poids significatif - ' ? alors qu'une autre a
rapporté une perte de poids de 3.1 kg, deux ans après la fin de l'intervention . À
49

l'aide de devis de recherche expérimentaux, d'autres groupes se sont récemment


attardés à documenter les effets des interventions s'inspirant du nouveau paradigme en
matière de gestion du poids sur les comportements alimentaires, le profil psychologique
de même que le poids et le profil métabolique. La plupart de ces études avait un devis
comparatif, où l'approche nouveau paradigme était mise en parallèle avec une approche
traditionnelle de perte de poids. Toutefois, il est important de noter que quatre grands
courants relatifs au nouveau paradigme influencent le type d'intervention développé
dans le cadre de ces études. La majorité d'entre-cllcs présentent une approche qui
s'inspire des publications de Susie Orbach, Jane R. Hirshman et Carol II. Munter 35~40.
Dans ces études, la légalisation des aliments, l'écoute des signaux de faim et de satiété,
l'acceptation de soi et la santé sont au cœur de l'approche. D'autres chercheurs utilisent
plutôt une approche cognitivo-comportcmcntalc modifiée, où les changements de
comportement cl l'activité physique sont à la base du traitement, tout en y intégrant des
4I
concepts de l'approche sans dictes . Finalement, une dernière étude vise
simultanément la perte de poids et la philosophie de l'approche sans diète, en basant le
traitement sur la notion de choix . Ces différences notables quant aux approches mises
en œuvre dans ces études sont importantes à considérer dans la description des résultats
publiés jusqu'à présent.

5.3.1 Comportements alimentaires

Tel que discuté dans la section précédente, trois principaux questionnaires ont été
construits pour évaluer les comportements alimentaires. Le TFEQ, considéré comme le
plus populaire d'entre eux, a été utilisé par plusieurs études s'intéressant aux effets du
nouveau paradigme en matière de gestion du poids. Alors que les femmes qui suivaient
la diète traditionnelle ont connu une augmentation de leur score de restriction " ' , des
scores de restriction plus faibles ont été observés chez celles qui participaient à
l'approche du nouveau paradigme, tant à court terme ' qu'à plus long terme '' .
Plus spécifiquement, Bacon et collaborateurs rapportent qu'une restriction rigide plus
faible était présente chez les femmes du groupe nouveau paradigme, tandis qu'une
restriction flexible plus élevée s'observait chez les femmes à la diète . Les femmes
participant à l'approche cognitivo-comportcmcntalc modifiée ont quant à elle vu leur
niveau de restriction augmenté, tout comme celles du groupe recevant l'approche
50

cognitivo-comportementalc standard 41. Quant à la désinhibition et la susceptibilité à la


faim, une réduction de ces comportements alimentaires a été observée tant avec
l'approche du nouveau paradigme qu'avec la diète traditionnelle 35'40>4'. Si on s'attarde
maintenant aux résultats provenant des autres questionnaires relatifs aux comportements
alimentaires, les femmes ayant participé à l'approche du nouveau paradigme ont vu leur
7
score de restriction diminué, tant avec la RS qu'avec le DEBQ 38.

L'ensemble de ces résultats suggère que les interventions s'inspirant du nouveau


paradigme en matière de gestion du poids se distinguent principalement par leurs effets
sur la restriction, ce qui est en accord avec l'objectif de légalisation des aliments. Par
ailleurs, en ce qui a trait à la surconsommation alimentaire telle que mesurée par la
désinhibition ou de la susceptibilité à la faim, il semble que les interventions nouveau
paradigme et traditionnelles puissent réduire de façon semblable ces comportements.
Cependant, il importe de rappeler que le regain de poids observe chez la majorité des
gens ayant participé à un traitement de perte de poids traditionnel puisse s'expliquer en
23
partie par une augmentation des scores de disinhibition et de susceptibilité à la faim .
Ainsi, tant que le niveau de contrôle sur l'apport alimentaire demeurera élevé,
l'augmentation de la surconsommation en réponse à divers stimuli sera minimisée. Il
est donc possible de croire qu'à plus long terme, la disinhibition et la susceptibilité à la
faiin pourraient refaire surface si les gens (entant de suivre leur diète dans le contexte
d'une approche traditionnelle n'arrivent pas à maintenir une restriction élevée. D'un
autre côté, même si l'approche s'inspirant du nouveau paradigme vise une meilleure
écoute des signaux de faim et de satiété propres à chacun, ses impacts sur la perception
des sensations reliées à l'appétit n'ont toutefois pas été documentés jusqu'à présent. À
cet égard, il a été récemment démontré que les gens ayant de la difficulté à relier leurs
sensations de faim et de satiété à leur prise alimentaire étaient caractérisés par des
niveaux plus élevés de désinhibition et de susceptibilité à la faim . Il apparaît donc
important d'investiguer cette question auprès des gens ayant participé à une intervention
qui s'inspire du nouveau paradigme.
51

5.3.2 Profil psychologique

Puisque l'intérêt du nouveau paradigme se situe principalement dans l'atteinte du bien-


être et de la santé dans sa globalité, il est certain que ses impacts sur le profil
psychologique ont fait l'objet de plusieurs études. Jusqu'à présent, des effets
35 l>4 3
bénéfiques ont été observés sur le niveau de dépression ' ' ' , l'estime de soi
A
' et l'image corporelle 3; 3S-4041 Certaines de ces études démontrent également que
36,39 42
l'approche du nouveau paradigme aurait des effets positifs sur la dépression ' et
,6
l'estime de soi qui sont persistants à plus long terme. Par ailleurs, lorsque les
résultats observés au sein des groupes nouveau paradigme sont comparés à ceux
obtenus chez des femmes participant à une approche traditionnelle de perte de poids, il
semble que ces dernières améliorent de façon similaire leur profil psychologique 35'40"42.
Il est toutefois possible que les bénéfices encourus par l'approche traditionnelle relèvent
de la perte de poids en soi. Si un regain de poids survient, il se peut donc que les
améliorations observées ne se maintiennent pas à plus long terme. Au lieu de comparer
deux approches opposées, soit l'approche traditionnelle et l'approche s'inspirant du
nouveau paradigme, où des facteurs différents influencent l'issue sur le profil
psychologique, il serait alors intéressant de mettre en parallèle une intervention
s'inspirant du nouveau paradigme à une situation contrôle.

5.3.3 Gestion du poids et profil métabolique

Bien que les interventions adoptant la vision du nouveau paradigme ne semblent pas
amener une perte de poids significative ' , les résultats les plus intéressants
concernent surtout le maintien du poids à long terme. En fait, lorsque les effets sur le
poids sont comparés entre l'approche nouveau paradigme et l'approche traditionnelle, il
est évident que les participants ayant suivi une diète connaîtront une perte de poids plus
importante que ceux ayant plutôt pris part à l'intervention s'inspirant du nouveau
paradigme ' " ' , la perte de poids n'étant pas l'objectif central de l'approche nouveau
paradigme. Toutefois, la différence observée ne perdure pas toujours dans le temps
puisque, dans certains cas, les femmes de l'approche traditionnelle reprennent
,6,41
graduellement le poids perdu . D'autres études ont de surcroît rapporté que les
femmes du groupe nouveau paradigme perdaient du poids signilleativement en cours
52

d'étude '4 et qu'elles continuaient même à en perdre à plus long terme 42. Cependant,
il est vrai que contrairement à la philosophie du nouveau paradigme, l'étude de Sbrocco
et collaborateurs mettait tout de même de l'emphase sur la perte de poids 42.

En ce qui a trait au profil métabolique, très peu d'études se sont intéressées à cette
question. Jusqu'à maintenant, une amélioration significative du profil lipidique, tant
chez les femmes ayant participé à l'approche nouveau paradigme qu'à l'approche
traditionnelle, a été documentée à court terme dans seulement deux études 35'41. À plus
long terme, Bacon et collaborateurs ont noté un maintien des valeurs abaissées de
cholestérol total et de LDL-cholcstérol seulement chez les femmes du groupe nouveau
paradigme, quoiqu'il n'y avait pas de différences significatives entre les deux groupes
. Alors que l'amélioration du profil lipidique puisse s'expliquer en grande partie par
la perte de poids chez les femmes ayant suivi une diète traditionnelle, le même constat
ne peut être fait chez celles ayant participé à l'intervention s'inspirant du nouveau
paradigme . Pour mieux comprendre les facteurs qui sous-tendent les changements
positifs observés, il apparaît donc important d'évaluer plus en détails les effets du
nouveau paradigme sur les variables métaboliques. De cette façon, il sera également
possible de comparer convenablement les résultats obtenus avec ceux qui découlent des
approches traditionnelles qui ont été amplement documentées.

5.4 La présence du soutien social explique-t-elle les bénéfices observés ?

Le soutien social est un aspect important à considérer au sein des interventions visant le
changement des habitudes de vie, car ce soutien serait un vecteur d'effets significatifs
182 184
sur le profil de santé ~ . En effet, une intervention qui met à profit le soutien social
1XS
exploite des facteurs non spécifiques comme la relation et l'acceptation . 11 a
d'ailleurs été démontré qu'une intervention de gestion de poids réalisée en groupe
apportait une perte de poids supérieure à celle observée lors d'une intervention en
individuel, peu importe la préférence de départ des participants quant au format de
l'intervention \ Puisque l'intervention de groupe a souvent été privilégiée dans la
majorité des études s'intéressant au nouveau paradigme, il y a lieu de croire que le
soutien social puisse être un ingrédient actif de l'approche. Toutefois, aucune étude n'a
53

jusqu'à ce jour permis d'établir dans quelle mesure ce soutien contribuait aux effets
bénéfiques observés lors d'interventions s'inspirant du nouveau paradigme.

5.5 La philosophie du nouveau paradigme et la santé publique

Tel qu'énoncé par Berg, la philosophie du nouveau paradigme rejoint très bien les
objectifs poursuivis par Santé Canada au sein de son programme Vitalité, lancé en 1991
" . Ce programme vise à promouvoir un poids santé à l'aide d'une approche qui intègre
ensemble une saine alimentation, une vie active et une image positive de soi et de son
corps. Parallèlement, le programme Vitalité vise à rendre possible la mise en œuvre
individuelle de ces composantes par la promotion d'un environnement favorable. Tout
comme le nouveau paradigme, l'approche préconisée par Santé Canada a comme
objectif général de favoriser le bien-être dans sa globalité, soit sur les plans physique,
mental et social, via l'acquisition de comportements et d'attitudes qui favorisent la santé
1X7
. Un tel objectif peut ainsi permettre la prévention du gain de poids, sans mettre
l'accent sur la perte de poids en soi, ce qui représente une voie intéressante à envisager.
Quant à la santé publique, la prévention de l'obésité peut être bénéfique pour la santé et
le bien-être de la population, car le maintien du poids en tant que tel peut être considéré
comme une perte de poids à long terme. En effet, si un individu prenant environ 2 à 3
kg par année cesse de prendre du poids, il aurait en quelque sorte « perdu » 10 à 15 kg
au bout de cinq ans. Cependant, peu d'études ont porté un intérêt clinique à la
pertinence de prévenir le gain de poids chez les gens présentant déjà un excès de poids,
mais n'ayant pas encore développé de facteurs de risques concomitants. Au Québec, le
nouveau paradigme teinte également de façon importante la vision de la problématique
du poids, principalement grâce aux publications du Groupe de Travail Provincial sur la
Problématique du Poids, de l'Association Québécoise pour la Santé Publique et
d'ÉquiLibre - Groupe d'action sur le poids. De ce fait, le nouveau paradigme a inspiré
le modèle théorique d'intervention présente dans le chapitre sur l'obésité et le contrôle
du poids du Manuel de Nutrition Clinique destiné au diététistes/nutritionnistes membre
de l'Ordre Professionnel des Diététistcs du Québec Un tel engouement souligne
l'importance de documenter scientifiquement la pertinence des interventions s'inspirant
du nouveau paradigme en matière de gestion du poids.
54

Chapitre 2.

Le projet CHOIX

Le projet de recherche qui constitue l'objet de cette thèse doctorat découle évidemment
de la problématique exposée au cours des chapitres précédents, cette problématique
pouvant être résumée comme suit. Alors que l'amélioration du profil de santé va de
pair avec l'adoption de meilleures habitudes de vie, telles qu'un mode de vie actif et des
choix alimentaires sains, l'importance accordée à la perte de poids occupe toujours un
rôle central. Bien qu'un poids santé ne corresponde pas nécessairement à l'atteinte de la
minceur chez tous les individus, une préoccupation à l'égard du poids se fait tout de
même particulièrement ressentir chez les femmes, présentant encore trop souvent des
attentes de perte de poids trop ambitieuses. Parallèlement, le maintien du poids à plus
long terme s'avère une tâche difficile pour une majorité de gens qui s'efforcent de
suivre les approches traditionnelles préconisées dans le traitement l'obésité. Une telle
situation souligne donc l'importance de mieux comprendre les associations entre les
facteurs psychologiques et comportementaux impliqués dans la gestion du poids. Par
ailleurs, un nouveau paradigme en matière de gestion du poids a été récemment proposé
pour tenter de pallier aux problèmes rencontrés quant à la persistance des changements
de comportements souhaités de même qu'à la pression envers la minceur à tout prix.
Cette approche alternative apporte sans-contredit des changements majeurs à notre
paradigme traditionnel lié à la gestion du poids. Il apparaît alors nécessaire de
documenter par des évidences solides les effets de ce nouveau paradigme sur différents
paramètres de santé, de manière à comparer convenablement les résultats obtenus avec
ceux qui découlent des approches traditionnelles qui ont été quant à elles amplement
étudiées.

Pour tenter d'explorer les différents questionnements soulevés, le présent projet de


recherche comportera deux principaux volets. Dans un premier temps, à l'aide
d'analyses de nature descriptive, nous nous attarderons à parfaire notre compréhension
de certains facteurs psychologiques et comportementaux pouvant jouer un rôle
important dans la gestion du poids chez la femme. Puis, dans un deuxième temps, une
étude d'intervention clinique nous permettra d'évaluer les effets à court et à long terme
5:S

d'une approche de gestion du poids alternative, qui s'inspire du nouveau paradigme en


matière de gestion du poids. Au cours du présent chapitre, nous détaillerons donc les
différents tenants et aboutissants du projet de recherche réalisé, ce dernier portant le
nom de « projet CHOIX ».

Néanmoins, il importe de préciser que le manuscrit présenté au chapitre 3 de cette thèse


fait toutefois référence à un autre projet de recherche, qui s'intitule « projet MÉNO ». Il
s'agit en fait d'analyses descriptives réalisées au sein d'une cohorte de femmes post-
ménopausées, âgées de 46 à 68 ans. À prime abord, cette étude transversale visait à
documenter les facteurs de risque de maladies cardio-vasculaircs et de diabète de type 2
1X91 K)
chez la femme ménopauséc ' . p a r ailleurs, cette cohorte était également d'un grand
intérêt pour l'étude d'autres variables pouvant être reliées au poids corporel. En effet,
ces femmes n'étaient pas impliquées dans une étude clinique portant sur la perte de
poids et elles présentaient des IMC provenant des différentes catégories de poids
(variant de 19 kg/m2 à 60 kg/m2). C'est pourquoi deux questionnaires permettant
d'évaluer des variables complémentaires ont été inclus dans le devis de recherche. Plus
spécifiquement, le bien-être psychologique a été mesuré à l'aide du Questionnaire PER
1
alors que le TFEQ a été utilisé afin d'évaluer les comportements alimentaires de
l4X
restriction, de désinhibition et de susceptibilité à la faim . Les résultats qui découlent
des analyses effectuées auprès des participantes du projet MENO font donc partie des
objectifs et des hypothèses du volet descriptif présenté dans cette thèse.

1. Objectifs principaux et spécifiques

/. / Volet descriptif du projet de recherche

L'objectif principal du volet descriptif de ce projet est d'examiner la présence


d'associations entre les variables psychologiques, comportementales et physiologiques
chez la femme. Un premier objectif concerne une cohorte de femmes ménopausees
présentant ou non un excès de poids (projet MENO). Plus précisément, l'objectif
poursuivi est le suivant :
56

1. Vérifier la présence d'une association entre le poids corporel et le bien-être


psychologique, puis examiner si les comportements alimentaires (restriction
cognitive, désinhibition et susceptibilité à la faim) et/ou l'histoire de diètes
seraient associés au bien-être psychologique.

Les deux autres objectifs s'intéressent plutôt à un groupe de femmes non-menopausées


caractérisées par un surplus de poids et une préoccupation importante à l'égard de leur
poids (projet CHOIX). Plus spécifiquement, nous nous attarderons aux objectifs
suivants :

2. Examiner les associations entre les attentes relices au poids (poids de rêve,
heureux, acceptable et décevant) et le profil anthropométrique (poids, taille et
1MC), puis identifier les variables du profil psychologique (niveau de
dépression, qualité de vie, estime de soi et image corporelle) et les
comportements alimentaires (restriction cognitive, désinhibition et susceptibilité
à la faim) qui caractérisent les femmes ayant des attentes plus réalistes quant au
poids qui les rendrait heureuses.

3. Vérifier si la présence de certains traits de personnalité (névrotisme,


extraversion, ouverture à des expériences nouvelles, amabilité et tendance à être
consciencieux) permet de caractériser les femmes démontrant des
comportements alimentaires associés au poids (restriction flexible et rigide,
désinhibition et susceptibilité à la faim).

1.2 Volet clinique du projet de recherche

L'objectif principal du volet clinique de ce projet est d'évaluer différents paramètres de


santé qui permettront de juger de la pertinence d'une intervention qui s'inspire du
nouveau paradigme en matière de gestion du poids chez des femmes caractérisées par
un surplus de poids et une préoccupation importante à l'égard de leur poids et des
aliments. De façon plus spécifique, nous nous intéresserons aux effets d'une telle
approche sur les comportements alimentaires de même que sur le profil physiologique.
57

Il sera également question de la contribution du soutien social aux changements


observés. Les objectifs spécifiques poursuivis seront donc les suivants :

1. Mesurer l'effet à court, moyen et long terme d'une intervention s'inspirant du


nouveau paradigme sur les comportements alimentaires (restriction cognitive,
désinhibition et susceptibilité à la faim) et les sensations de faim, de satiété et le
désir de manger chez les femmes à l'étude en effectuant des mesures au début de
l'intervention (T=0 mois), à la fin de l'intervention (T=4 mois) ainsi que 6 mois
(T=10 mois) et 12 mois (T=16 mois) après la fin de l'intervention.

2. Mesurer l'effet à court, moyen et long terme d'une intervention s'inspirant du


nouveau paradigme sur le profil physiologique (IMC, profil lipidique et tension
artérielle) des femmes à l'étude (mesures effectuées aux mêmes moments que
pour l'objectif 1).

3. Déterminer dans quelle mesure l'élément de soutien social présent dans


l'approche du nouveau paradigme peut contribuer aux effets d'une telle
intervention (sur les variables décrites aux objectifs spécifiques 1, 2 et 3).

2. Principales hypothèses de recherche

2. / Volet descriptif du projet de recherche

Le premier objectif poursuivi nous amène à poser l'hypothèse selon laquelle les femmes
de cette cohorte ayant des scores élevés de restriction rigide, de désinhibition et de
susceptibilité à la faim seraient plus à risque de présenter un bien-être psychologique
altéré et ce, peu importe leur poids corporel.

Par la suite, selon le deuxième objectif de ce volet, nous suggérons que les femmes à
l'étude ayant des attentes reliées au poids plus réalistes présenteront un profil
psychologique et des comportements alimentaires plus sains.
SX

Finalement, le troisième objectif de ce volet nous porte à croire que les femmes
présentant des comportements de restriction rigide, de désinhibition et de susceptibilité
à la faim seront caractérisées par un niveau de névrotisme plus important alors que leur
tendance à être consciencieuse sera plus faible.

2.2 Volet clinique du projet de recherche

Premièrement, nous émettons l'hypothèse que les femmes ayant participé à l'approche
s'inspirant du nouveau paradigme (groupe NP) modifieront de façon significative leurs
comportements alimentaires au cours de l'intervention et ce, tant à court terme qu'à plus
long terme. Leurs comportements alimentaires seront alors plus favorables, soit moins
de restriction cognitive rigide, de désinhibition et de susceptibilité à la faim, que ceux
des femmes ayant participé au groupe de soutien social (groupe SS) ou n'ayant pris part
à aucune intervention (groupe témoin). Parallèlement, les sensations de faim, de satiété
et le désir de manger des femmes du groupe NP connaîtront également des changements
significatifs à court terme et à plus long terme, alors qu'aucun changement ne sera
observé dans les groupes S S et témoin.

Quant au deuxième objectif de ce volet, nous suggérons que les femmes de l'approche
NP ne perdront pas de poids de façon significative pendant l'intervention, soit à court
terme, tout comme les femmes des groupes SS et témoin. Par contre, nous émettons
l'hypothèse que les femmes du groupe NP auront un profil physiologique plus favorable
à la fin de l'étude, lorsque comparé aux groupes SS et témoin.

3. Description du projet CHOIX

Tel que décrit précédemment, le premier objectif du volet descriptif de cette thèse a été
réalisé auprès de femmes ménopausées ayant participé au projet MRNO. Toutefois,
pour ce qui est des autres objectifs poursuivis par les volets descriptifs et cliniques, ils
ont été effectués dans le cadre du projet CHOIX. La section qui suit s'attardera donc à
décrire en détails ce projet de recherche.
S')

3.1 Sujets à l'étude

Une partie du volet descriptif de cette thèse, de même que la totalité du volet clinique,
ont été réalisées à l'aide du projet CHOIX. Les sujets à l'étude dans ce projet sont des
femmes pré ménopausées (âgées entre 28 et 51 ans) qui ne prennent pas de contraceptifs
oraux. La décision d'étudier ce groupe de la population s'explique principalement par le
fait que la préoccupation à l'égard du poids et la pratique répétée de dictes est une
réalité touchant davantage les femmes que les hommes 6 ' 7 " 75 . Également, le fait d'être
une femme représenterait un facteur permettant de distinguer les gens les plus
susceptibles d'éprouver des difficultés d'ordre psychosocial, indépendamment de leur
poids corporel '. En raison des changements hormonaux, physiologiques et
émotionnels que pourraient engendrer la ménopause et la prise de contraceptifs oraux, il
apparaît donc souhaitable de s'intéresser aux femmes qui ne présentent pas ces
caractéristiques de manière à minimiser les effets possibles sur les résultats de
l'intervention à l'étude.

Ce projet de recherche vise les femmes qui présentent un IMC se situant entre 25 et 35
kg/m , correspondant aux catégories d'embonpoint et d'obésité de classe 1. Selon la plus
récente enquête réalisée au Canada , environ 44% des Canadiennes se trouve dans cette
zone d'IMC et, au Québec, le désir de perdre du poids est présent chez la majorité de
ces femmes . Par conséquent, prévenir un gain de poids subséquent chez ces femmes et
ainsi empêcher qu'elles ne se retrouvent avec un IMC correspondant à une classe
d'obésité plus importante (IMC>35 kg/m") est souhaitable et pourrait éviter à long
terme le développement de complications métaboliques fréquemment associées à
l'obésité.

Considérant que les femmes ayant connu de nombreux échecs dans leurs tentatives de
perte de poids antérieures puissent présenter une plus grande détresse psychologique, un
niveau plus important de dépression ' , de même que des comportements alimentaires
problématiques ' , le présent projet de recherche s'est donc intéressé principalement à
cette clientèle de femmes, d'autant plus que les tenants du nouveau paradigme
dénoncent les échecs répétés des diètes hypocaloriqucs dans le maintien du poids perdu
à long terme. Les gens qui initient une demande d'aide afin de mieux gérer leur poids
l9
présentent également une vulnérabilité plus importante au plan psychologique . Dans
(,()

le cadre du projet CHOIX, les femmes préoccupées par leur poids ont été identifiées à
l'aide des critères définis par Grodner , soit 1) se considérer comme préoccupée par
sa silhouette et par son poids, 2) se restreindre intentionnellement dans ses apports
alimentaires depuis au moins deux ans et 3) malgré la présence d'une restriction, ne pas
avoir réussi à perdre du poids ou avoir repris le poids perdu. Par ailleurs, toujours pour
s'assurer de la présence d'insuccès, en termes de poids, quant aux différentes tentatives
de perte de poids antérieures, le poids actuel des femmes à l'étude devait correspondre
au poids maximal atteint au cours de la vie adulte.

Les critères d'exclusion retenus pour le projet CHOIX sont les suivants:
■ Présence de troubles alimentaires (anorexie et boulimie), selon VEating Disorder
Examination - Questionnaire, 4 e version l94
ou de dépression majeure .
■ Problèmes de toxicomanie ou d'alcoolisme sévère.
■ Utilisation de médicaments pour traiter des problèmes de santé, tels que
l'hypertension, la dyslipidémie, le diabète (type 1 et 2) et la dépression.
■ Prise de contraceptifs oraux.
■ litre actuellement à la dicte pour des raisons médicales.
■ Présence d'un trouble du contrôle des impulsions (évaluée selon l'échelle de Multi-
Impulsivité ), car un tel état pourrait nuire au bon fonctionnement des groupes.
Cette échelle permet également de détecter les troubles de toxicomanie et
d'alcoolisme qui sont également des critères d'exclusion.
■ Avoir un poids actuellement instable (variation supérieur à 2,5 kg depuis les deux
derniers mois).
■ Grossesse actuelle ou planifiée pour la prochaine année.
■ Avoir déjà suivi le programme « Choisir de maigrir? »

3.2 Devis expérimental

Lors de la planification du projet CHOIX, l'objectif était de recruter un total de 150


femmes, réparties aléatoirement entre les trois groupes à l'étude (50 femmes par
groupe). Pour ce faire, quatre phases de recrutement ont été prévues dans le devis
expérimental du projet. Des recherches antérieures avec des interventions similaires
1K 176
' suggèrent un taux d'abandon à court terme (T-4 mois) de l'ordre de 10% pour les
61

groupes NP et SS et de 20% pour le groupe témoin. À plus long terme (T=16 mois), le
taux d'abandon pourrait être de 20% chez les groupes NP et SS et de 40% chez le
groupe témoin. Les analyses de puissance ont donc été effectuées en considérant ces
taux d'abandon. Par ailleurs, puisque l'approche s'inspirant du nouveau paradigme ne
visait pas nécessairement une perte de poids significative, mais plutôt l'atteinte d'un
meilleur état de santé en général, les analyses de puissance ont été réalisées afin de
détecter des différences statistiquement et cliniquement significatives quant à la qualité
de vie et au profil lipidique (i.e. le niveau LDL-cholcstérol). Il a donc été estimé qu'à la
fin de l'étude (T=I6 mois), un total de 40 femmes dans les groupes NP et SS et de 30
femmes dans le groupe témoin permettrait de détecter une différence de 0.5 unité dans
le score de qualité de vie entre le groupe NP et le groupe SS et de 1 unité entre le
groupe NP et le groupe témoin et ce, avec une puissance de 83% et un p=0.05 (moyenne
et écart-type des scores de qualité de vie chez des sujets normaux : 4.7 ± 4.0). Un tel
échantillon permettrait également de détecter une différence de 13 % dans les niveaux
de LDL-cholcstérol entre le groupe NP et le groupe SS et de 15 % entre le groupe NP et
le groupe témoin (écart-type de 21.8% et puissance de 76% ; p=0.05), ce qui constitue
des différences cliniquement significatives.

À posteriori, ce projet de recherche a été réalisé lors de quatre phases de recrutement,


d'évaluation et d'expérimentation, soit en septembre 2003, en janvier 2004, en
septembre 2004 et en janvier 2005. Initialement, 194 femmes ont été recrutées pour
participer au projet. De ce nombre, 154 femmes éligibles à prendre part à l'étude ont
complété les différentes mesures au laboratoire avant la période d'intervention (T=-0).
Par la suite, 144 femmes ont été randomisées aléatoirement entre les trois groupes à
l'étude : I) Groupe NP (N-48), 2) Groupe SS (N-48) et 3) Groupe témoin (N 48). Par
la suite, ces femmes ont été invitées à revenir au laboratoire pour une séance de test à
court terme (immédiatement après la période d'intervention ; rL-4 mois), à moyen terme
(six mois après la période d'intervention ; T-^10 mois) et à long terme (un an après la
période d'intervention ; T 16 mois), tel qu'illustré à la figure I. Il est important de
noter que les femmes ont été informées de leur assignation aux groupes qu'après avoir
complété les tests au laboratoire au T-0, pour ainsi éviter les biais potentiels. Puisque
les variations hormonales peuvent influencer plusieurs paramètres métaboliques,
62

ly7
nutritionncls et psychologiques ~' , les participantes ont été testées dans la phase
folliculaire de leur cycle menstruel.

10 mois 16 mois
Temps 0 4 mois 1er suivi post­ 2e suivi post­
Début de l'étude Fin de l'intervention intervention intervention

Intervention Groupe NP et SS (14 remontres)


* Pour le groupe témoin, les mesures sont prises aux mêmes
moments que pour les 2 autres groupes.
^

Séance de tests au laboratoire à 0,4,1(1 et 16 mois

Figure 1 : Schéma du devis expérimental du projet CHOIX

3.3 Description des groupes à l'étude

3.3.1 Intervention s'inspirant du nouveau paradigme (Croupe NP)

A lin de réaliser une intervention en accord avec les principes du nouveau paradigme en
matière de gestion de poids, le programme « Choisir de maigrir? » a été utilisé dans le
cadre de ce projet. Développé et soutenu par ÉquiLibre - Croupe d'action sur le poids,
ce programme a vu le jour il y a plus de 20 ans et a été dispensé depuis à plusieurs
femmes québécoises. Comme plusieurs autres programmes s'appuyanl sur les principes
du nouveau paradigme, « Choisir de maigrir? » est inspiré de la vision de Suzie Orbach
161
et de Hirschmann and Muntcr "'4. Il repose sur une approche d'intervention
éclectique puisant certains concepts d'apprentissage dans l'approche féministe ainsi que
dans les théories comportementale et psychodynamique, tout en laissant une place
importante à Vempowernwiit. « Choisir de maigrir ? » est une démarche de groupe qui
vise une saine gestion du poids par l'amélioration des habitudes de vie et par la remise
en question du choix de maigrir à tout prix, attente qui caractérise souvent les lemmes
initiant le programme. Le programme tente d'amener les participantes à mettre l'accent
sur la santé et sur une vie pleine et harmonieuse plutôt que sur le poids et l'apparence. Il
veut interrompre les cycles de perte et de regain de poids en remplaçant l'utilisation
répétitive de diètes amaigrissantes par l'adoption de saines habitudes de vie. Ainsi,
« Choisir de maigrir ? » favorise la prise en charge du problème par les personnes elles-
63

mêmes en leur donnant les connaissances et les moyens de se rcapproprier leur


démarche de changement, amenant les participantes à effectuer un exercice de prise de
décision éclairée, ainsi qu'à élaborer un plan d'action.

Des rencontres de groupe, constituées de 12 participantes, ont été animées par une
nutritionniste (membre de l'Ordre Professionnel des Dictétistes du Québec) et une
psychologue (membre de l'Ordre des Psychologues du Québec). Un total de 14
rencontres de groupe (13 rencontres de trois heures et une journée intensive de six
heures, pour un total de 45 heures) s'est déroulé sur une période de 16 semaines. Le
cheminement structuré proposé aux participantes est réalisé à partir d'activités variées,
telles que l'auto-observation, la lecture, les exercices pratiques, le partage entre
participantes et les discussions. Selon une vision globale de la santé, le programme
aborde le problème du poids et de l'image corporelle selon ses multiples dimensions :
biologique, psychologique et socioculturelle. Par exemple, les rencontres permettent de
remettre en question et de travailler sur les croyances et les attentes reliées au poids, à
l'image corporelle, aux besoins fondamentaux reliés à l'alimentation (physique,
psychologique et social) et à l'activité physique tout en favorisant la mise en pratique
des aspects discutés. Une partie importante des rencontres est aussi accordée à
l'importance de bien reconnaître les signaux corporels de faim et de satiété de même
que d'identifier les facteurs externes qui peuvent influencer la prise alimentaire et les
comportements. Ce travail est réalisé entre autres par le biais d'un journal alimentaire
et de discussions de groupe. L'identification de ses besoins et des moyens adaptés d'y
répondre, l'affirmation de soi et le soutien social sont également des thèmes discutés
lors des rencontres. Vous trouverez à l'annexe B les thèmes qui ont été abordés au
cours des rencontres.

l7<)
Récemment, le programme « Choisir de maigrir?» a lait l'objet d'une évaluation .
Selon un devis quasi-expérimental, dans lequel les femmes n'ont pas été randomisées,
les participantes de «Choisir de maigrir?» ont été comparées à des femmes d'un
groupe témoin qui ne recevait pas d'intervention. Les analyses préliminaires ont permis
d'observer des améliorations significatives à court et à long terme quant à la
préoccupation à l'égard du poids et de la nourriture, la perception de l'image corporelle,
l'estime de soi, l'efficacité personnelle, le niveau de dépression et la satisfaction dans la
M

vie ' 70 . Ces résultats suggèrent donc qu'une telle intervention pourrait également avoir
des effets bénéfiques sur d'autres paramètres de santé, ce qui soutient le choix de ce
programme au sein du présent projet de recherche.

3.3.2 Intervention de type soutien social (Groupe SS)

Tel que souligné précédemment, l'intervention de groupe a souvent été privilégiée dans
l'élaboration des approches s'inspirant du nouveau paradigme, tel qu'observé pour
« Choisir de maigrir ? ». Sachant que le soutien social est un aspect important à
considérer au sein des interventions visant le changement des habitudes de vie ' , il
apparaît donc pertinent de prendre en considération cet aspect dans le cadre de ce projet.
Ainsi, l'objectif principal visé par la création d'un groupe recevant une intervention de
type soutien social était de reproduire le soutien social structurel, soit la présence de
personnes significatives , tel qu'offert dans toute intervention de groupe. Dans le
cadre du projet CHOIX, l'intervention de type soutien social qui a été élaborée est une
approche de groupe ciblant les mêmes thèmes discutés dans le programme « Choisir de
maigrir ? » (Présentés à l'annexe B). Toutefois, ces thèmes sont abordés dans un format
très différent. Pour chacune des rencontres, des questions ont été préparées et ont par la
suite été posées aux participantes du groupe afin de susciter une réflexion et une
discussion de groupe. Ainsi, les intervenants ont un rôle non-directif et agissent plutôt
comme facilitateur auprès de l'échange entre les participantes. Ils ne donnent aucune
information spécifique, mais amènent plutôt les participantes à parler de leurs difficultés
et à envisager des solutions.

Comme pour le groupe NP, un total de 14 rencontres de groupe (d'une durée de deux
heures) s'est déroulé sur une période de 16 semaines. Les mêmes intervenantes
(nutritionniste et psychologue), qui avaient été formées dans le cadre de l'approche du
nouveau paradigme, étaient aussi en charge d'animer les rencontres pour les groupes
SS. De cette manière, il était possible de contrôler les effets pouvant être attribués à
l'intervenant. Or, pour s'assurer que les deux types d'intervention étaient vraiment
distinctes l'une de l'autre, toutes les rencontres ont été filmées et un échantillon a été
visionné par deux investigateurs de l'étude (S. Lemieux et C. Bégin). Dans le contexte
de ce projet, l'inclusion d'une intervention de type soutien social permet de comparer le
65

groupe NP, qui contient une composante de soutien social, et le groupe SS. Il sera ainsi
possible de déterminer l'effet de l'intervention s'inspirant du nouveau paradigme après
avoir contrôlé pour la composante du soutien social.

3.3.3 Liste d'attente (Croupe témoin)

Quoiqu'elles aient pris part aux quatre séances de tests prévus au laboratoire, les
participantes ayant été randomisées dans le groupe témoin n'auront reçu aucune forme
d'intervention au cours de l'étude. Ces femmes ont tout simplement été inscrites sur
une liste d'attente pour recevoir le programme « Choisir de maigrir? », sur une base
volontaire, lorsque leur participation au projet de recherche aura été complétée, soit
après la séance de test prévu un an après la fin de la période d'intervention. Cette
absence d'intervention permet ainsi d'avoir un groupe de femmes qui représente ce que
des femmes préoccupées par leur poids et désirant perdre du poids feraient pendant une
période d'un an et demi dans le contexte réel de leur vie. 11 importe donc de mentionner
que les femmes du groupe témoin n'étaient pas contraintes d'éviter de faire des diètes
ou de modifier leurs habitudes de vie. Par ailleurs, l'histoire de poids et de diètes a été
effectuée à toutes les visites afin de pouvoir documenter ces variables et les mettre en
relation avec les autres variables à l'étude. Dans le contexte de ce projet, l'inclusion
d'un groupe témoin permet de mesurer : 1) l'effet global de l'intervention s'inspirant
du nouveau paradigme (comparaison entre le groupe NP et le groupe témoin) et 2)
l'effet du soutien social en soi (comparaison entre le groupe SS et le groupe témoin).

3.4 Mesures effectuées

Tel que discuté précédemment, toutes les mesures réalisées dans le cadre du projet
CHOIX ont été effectuées aux mêmes moments pour les trois groupes à l'étude (i.e.
T=0, T=4 mois, T=10 mois et T=16 mois), sauf indications contraires. Afin de limiter
les déplacements des participantes au laboratoire, les mesures anthropométriques,
métaboliques ainsi que le test du déjeuner standardisé ont été réalisés au cours d'une
même visite. Quant aux questionnaires psychologiques et comportementaux, ils ont été
complétés à la maison avant la séance de tests au laboratoire.
66

3.4.1 Profil physiologique

■ Mesures anthropométriques
Le poids et la taille de même la circonférence de la taille et des hanches ont été mesurés
20()
selon des méthodes standardisées . Pour prendre ces mesures, les participantes
devaient être habillées légèrement et devaient retirer leurs souliers. Ces mesures ont
toujours été effectuées dans une pièce fermée afin de préserver l'intimité des
participantes.

■ Mesures métaboliques
La mesure de la tension artérielle a été réalisée par une infirmière de recherche, selon
des procédures standardisées. Des prélèvements sanguins ont également été effectués
afin de mesurer le profil lipidique à jeun (cholestérol total, LDL-cholcstérol, HDL-
eholcstérol et triglycérides) des participantes.

3.4.2 Comportements alimentaires et sensations reliées à l'appétit

Afin de documenter les comportements alimentaires, le TFEQ a été complété par les
l48
participantes . Tel que présenté à la section 4 du deuxième chapitre de cette thèse, ce
questionnaire permet de mesurer trois facteurs cognitifs et comportementaux relies à
l'alimentation, soit la restriction cognitive (21 questions), la désinhibition (16 questions)
et la susceptibilité à la faim (14 questions). Quant à la restriction cognitive, l'approche
de Westenhocfcr a également été utilisée afin de différencier le contrôle rigide du
l74
contrôle flexible . L'utilisation du TFLQ dans l'évaluation des comportements
alimentaires se justifie par la présence d'une bonne validité de cette échelle auprès d'un
échantillon de gens obèses, permettant de différencier l'intention d'être à la diète
(restriction) de la surconsommation (désinhibition) ' ' . Par ailleurs, l'ajout des
sous-facteurs proposes par Westenhocfcr permet de prendre également en considération
l46 2(
l'hétérogénéité s'observant pour la restriction cognitive - "-2025 | c contrôle rigide et
flexible pouvant être associés différemment avec la régulation de l'apport alimentaire,
la présence de comportements alimentaires problématiques et l'excès de poids ' '" '.
67

Puisque l'approche du nouveau paradigme vise essentiellement l'adoption de sains


comportements, la mesure des comportements alimentaires est une variable importante
à documenter pour en mesurer l'impact. En plus du TFEQ, nous nous sommes
également intéressés à documenter les comportements alimentaires dans une situation
standardisée, lors de la matinée de tests prévus au laboratoire au T=0, T=4 mois et T=16
mois. Selon un protocole qui a été réalisé précédemment dans d'autres études ' , les
femmes ont été invitées à consommer un déjeuner composé d'un verre de jus d'orange
(250g), deux rôties de pain blanc (80g), 12g de beurre, 16g de beurre d'arachides et 20g
de fromage (32% de matières grasses). Elles devaient donc être à jeun depuis au moins
12 heures. Conçu afin d'être représentatif d'un déjeuner habituel, ce déjeuner fournit un
total de 601 kcal, dont 12% de protéines, 47% de glucides et 41% de lipides. Quatre
sensations relatives à l'appétit (désir de manger, faim, satiété et propension à la
consommation de nourriture) ont été évaluées par les participantes à l'aide d'échelles
visuelles analogues (allant de 0 à 150mm). Ces échelles ont été administrées avant et
immédiatement après un déjeuner standardisé, de même que 10, 20, 30, 40, 50 et 60
minutes après avoir consomme le déjeuner. Les participantes devaient alors répondre
aux quatre questions suivantes : « Dans quelle mesure avez-vous envie de manger? »,
«Dans quelle mesure avez-vous l'impression d'avoir faim?», « À quel point vous
sentez-vous remplie? » et « À votre avis, quelle quantité de nourriture pourriez-vous
manger immédiatement? ».

Un questionnaire général sur l'histoire de poids et de diètes a également été complété


par les participantes. Plus spécifiquement, ce questionnaire permet de documenter les
variables suivantes : nombre et le type de diètes réalisées dans le passé, l'âge de la
participante lors de sa première diète, poids minimum et maximum atteint depuis l'âge
adulte de même que les attentes quant au poids (poids de rêve, poids heureux, poids
acceptable et poids décevant), telles qu'évaluées par Foster et al. .

3.4.3 Profil psychologique

Tel que résumé au tableau 1, différentes dimensions du profil psychologique ont été
mesurées à l'aide de questionnaires validés de manière à dresser un portrait détaillé des
variables psychologiques pouvant être associées à la problématique du poids. Le choix
des questionnaires a ainsi été réalisé en accord avec les outils qui ont été utilisés
68

précédemment dans la littérature pour ainsi permettre de comparer les résultats entre les
études. Pour mesurer le niveau de dépression, l'inventaire de dépression de Beck a été
195 209
utilisé . L'estime de soi a été mesurée par l'inventaire d'estime de soi de Battle .
Le Body Esteem Scale a permis de mesurer la perception de l'image corporelle 2I(). Par
la suite, pour permettre une compréhension plus large tant sur le plan descriptif que
clinique, de nouveaux questionnaires ont également été ajoutés. Par exemple, les traits
de personnalité ont été évalués à l'aide du NEO-Five Factor Inventory 2 ". La qualité de
vie associée au poids a été évaluée à l'aide d'une version française du
questionnaire Impact of Weight on Quality of Life . Notez que d'autres variables
psychologiques ont été évaluées dans le cadre du projet CHOIX, mais elles ne feront
pas l'objet de cette thèse.

Tableau 1 : Définitions des variables psychologiques mesurées dans le cadre du


projet CHOIX.

Dimensions du profil Variables mesurées Définitions


psychologique
Niveau de dépression Symptômes reliés à la Variations dans l'humeur, pouvant osciller de
dépression la tristesse à l'excitation.
Estime de soi Générale Perceptions quant à sa valeur globale.
Sociale Perceptions quant à ses relations avec ses
proches.
Personnelle Perceptions quant à sa valeur propre.
Image corporelle Apparence Sentiments généraux par rapport à l'apparence.
Poids Satisfaction par rapport au poids.
Attribution Evaluation des autres quant au poids et à
l'apparence.
Traits de personnalité Névrotisme Relié à la susceptibilité de vivre des émotions
négatives.
Extraversion Réfère à la quantité et à l'intensité des relations
interpersonnelles.
Ouverture à des Associée à la recherche et à l'appréciation
expériences nouvelles d'expériences nouvelles.
Amabilité Reliée à la confiance envers les autres et à
l'intérêt de les aider.
Tendance à être Tendance à aller vers des comportements qui
consciencieux ont des objectifs précis.
69

Qualité de vie associée Mobilité Problèmes concernant la mobilité et le


au poids fonctionnement physique quotidien
Estime de soi Préoccupations concernant l'estime de soi en
lien avec le poids
Vie sexuelle Limites sexuelles reliées au poids
Vie sociale S'adapter convenablement aux endroits
publiques et réactions négatives de la part des
autres
Travail Préoccupations par rapport à la performance au
travail en lien avec le poids
70

Chapitre 3.
La désinhibition, telle qu'évaluée par le Three-Factor Eating Questionnaire, est
associée négativement au bien-être psychologique chez les femmes ménopausées.

Véronique Provcnchcr, Catherine Bégin, Marie-Eve Piché, Jean Bcrgcron, Louise


Corneau, S. John Weisnagel, André Nadcau et Simone Lcmicux.

L'objectif général de cette étude transversale était de vérifier la présence d'une


association entre le poids et le bien-être psychologique de même que d'examiner si les
comportements alimentaires et l'histoire de diètes pouvaient être reliés au bien-être
psychologique. Auprès de 101 femmes ménopausées, des mesures anthropométriques
ont été réalisées (poids, taille et IMC (kg/m2)). Trois questionnaires ont également été
administrés afin d'évaluer le bien-être psychologique (Questionnaire PER), les
comportements alimentaires de restriction, désinhibition et susceptibilité à la faim
{Three-Factor Eating Questionnaire) ainsi que l'histoire de diètes. Suite aux analyses
effectuées, une tendance a été observée quant à l'association entre l'IMC et le bien-être
psychologique (r—0.17; p-0.08). La désinhibition, la susceptibilité à la faim et leurs
sous-échelles étaient négativement associées au bien-être psychologique (-0.28<r<-
0.48), alors qu'aucune différence n'a été notée selon l'histoire de diètes. Les femmes
qui présentaient des scores élevés de susceptibilité habituelle face à la désinhibition
(cette sous-échelle de la désinhibition étant la plus fortement associée au bien-être
psychologique) avaient un niveau de bien-être psychologique plus faible et ce, peu
importe leur IMC. En conclusion, ces résultats suggèrent que certains comportements
alimentaires pourraient caractériser les femmes ayant un risque accru de présenter un
bien-être psychologique altéré.
71

Disinhibition, as assessed by the Three-Factor Eating Questionnaire, is inverscly


relatcd to psychological well-being in postmenopausal women.

Véronique Provencher ', Catherine Bégin 2, Marie-Ève Piché ' 3, Jean Bergcron 3,
Louise Corncau ', S. John Weisnagcl 3 ' 4 , André Nadcau , Simone Lcmieux

'institutc of Nutraceuticals and Functional Food (INAF) and Department of Food


Sciences and Nutrition, Laval University, Québec, Canada.
2
School of Psychology, Laval University, Québec, Canada.
3
Lipid Research Center; and 4Diabctcs Research Unit, CHUL, CHUQ, Québec, Canada.

Address of correspondence:

Simone Lemieux, Ph.D.

Institutc of Nutraceuticals and Functional Foods

2440, Hochclaga Blvd., Laval University, Québec, Québec, Canada, G1K 7P4

Phone:(418)656-2131 ext.: 3637 Fax:(418)656-5877

E-mail: simone.lemieux@aln.ulaval.ca

Supportcd by Ihc Canadian Institutcs of Health Research (MOP-37957) and Heart and
Stroke Foundation of Canada.

Riinning head: Weight status, eating behaviors and psychological well-being.

Référence de l'article:

Provencher V, Bégin C, Piché ML, Bergcron J, Corncau L, Weisnagcl SJ, Nadcau A,


Lcmieux S. Disinhibition, as assessed by the Three-Factor Lating Questionnaire, is
inverscly relatcd to psychological well-being in postmenopausal women. International
Journal of Obesity (Lond) 2007 Feb; 31 (2):315-20. Epub 2006 Jun 6.
72

Abstract
Psychological correlatcs of obesity remain under controvcrsy. Sincc eating bchaviors
and dicting history hâve bccn previously rclatcd to obesity status, thèse dietary variables
may contributc to identify ovcrweight and obcse individuals who arc at higher risk of
having an impaired psychological wcll-bcing. The main purpose of this cross-scctional
study was to verify the hypothesis of a relationship between wcight status and
psychological well-being, and to examine whether cognitive dietary restraint,
disinhibition, susceptibility to hunger and dieting history could bc rclatcd to
psychological wcll-bcing. In a samplc of 101 postmcnopausal womcn, wc performed
anthropométrie measurements (weight, height and body mass index (BMI)), and
mcasurcd psychological wcll-bcing (PER Questionnaire). The Three-Factor Eating
Questionnaire (TFEQ) and a questionnaire about dicting history (dicters: had alrcady
bccn on a dict; non-dicters: had never been on a diet) werc also administrated. A trend
for a significant relationship was observed between BMI and psychological wcll-bcing
(r=-0.17; p=0.08). Significant négative rclationships were observed for disinhibition,
susceptibility to hunger and ail their subscales with psychological wcll-bcing (-0.28<r<-
0.48) while no significant différences in psychological well-being werc observed
between dieters and non-dieters. Finally, women displaying a higher score for habituai
susceptibility to disinhibition (which is the subscale of TFEQ that was the most closely
rclatcd to psychological wcll-bcing) had a lower level of psychological well-being,
regardless of their wcight status. In conclusion, thèse rcsults show that, as wcll as being
rclatcd to weight status, TFEQ-factors are also rclatcd to psychological wcll-bcing.
More spccifically, individuals who display higher lcvels of disinhibition may be at
higher risk of having an impaired psychological wcll-bcing.

Keys words: Obesity, Three-Factor Eating Questionnaire, psychological well-being


73

Introduction

Thc World Health Organisation (WHO) defines heaith as "a state of complète physical,
mental and social well-bcing and not merely the absence of discasc or infirmity" '. This
définition clcariy states the importance of psychological well-being in thc maintenance
of a good hcalth status. Today, onc of the most important hcalth problcm for which thc
prcvalcncc is consistcnlly increasing in industrialized countries is certainly obesity 2"4
and its négative physical heaith conscqucnccs havc been widcly reported 5'6.

Although psychological and social conscqucnccs of obesity havc bccn prcviously


addressed, the relationship between wcight status and psychological well-being remains
controvcrsial. While some studies hâve shown that obesity status could bc rclatcd to an
impaired quality of life or to a lowcr life satisfaction and fewer future life aspirations ,
fcw studies havc found significant différences between obesc and non-obesc subjects
regarding psychopathology. To better explain this disparity, some methodological
limitations bave bccn underlined (c.g.: small samplc size, no control group), and it has
bccn suggested that spécifie risk factors may prédispose overweight or obèse
individuals to develop an impaired psychological well-being ' .

Among thèse risk factors, eating behaviors and history of dieting may be of relevance.
More prcciscly, according to thc Thrcc-Factor Eating Questionnaire (TFFQ), il has been
reported that obesc subjects gcnerally display higher scores for disinhibition " and
suseeptibility to hunger ' •l5" 7 than non-obesc individuals. Although eating disorders
8
such as binge-cating hâve bccn rclatcd to a greater risk of psychopathology ' ,
relationships between eating behaviors and psychological functioning hâve not been
clcariy established ~" " . Some adverse effects of dieting havc been prcviously observed
on mental well-being " , but thesc rcsults hâve not bccn corroboraled by thc review
published by the National Task Force on the Prévention and Trcatment of Obesity in
2000 24.

Since thc relationship between obesity status and mental heaith is still under debatc, il
could be hypothesized that some characteristics of overweight and obesc individuals,
such as eating behaviors or dieting history, may be important corrclates of
psychological well-being. To our knowledge, most of the studies addressing
1A

psychological aspects of obesity hâve been conductcd among samples of adolescent or


young womcn and among clinical samples of women sceking a weight-loss
intervention. Very few studies hâve been conducted in samples of older individuals or
in subjects who are not involved in a weight-loss program. Therefore, further studies
are needed to understand better which factors may prédispose older individuals to
develop an impaired psychological wcll-bcing in rclationship to thcir wcight status.
The main purposc of this cross-sectional study conductcd in a sample of
postmenopausal womcn was to vcrify thc hypothesis of a relationship bctwccn wcight
status and psychological wcll-being, and to examine whcthcr cognitive dictary restraint,
disinhibition, susceptibility to hungcr and dieting history could also be relatcd to
psychological wcll-bcing.

Methods

Subjects

This study was conducted among a sample of 131 postmenopausal womcn (aged
bctwccn 46 and 68 years), rccruitcd through various média in thc Qucbcc City
mctropolitan arca. A subsamplc of 101 women complctcd both TFEQ and PER
Questionnaire and only data rclated to thcse women are prescntcd in this papcr. Each
woman was individually interviewed to evaluate if she met the study's criteria for âge,
postmenopausal status, hormone therapy (HT) and other médication. Whcn asked about
thcir menstrual cycle, womcn who reported that they did not have thcir menscs for at
least 1 year were considered as postmenopausal and werc included in the study. To
confirm the menopausal status, a mcasure of thc folliculc-stimulating hormone (FSH)
was performed (FSH value bctwccn 28 and 127 UI/L). Ail womcn included in this study
werc frec from metabolic disorders, were not using any type of HT, werc not under
treatment for coronary heart discasc, diabètes, dyslipidemia or endocrine disorders
(except stable thyroid discasc), werc not involved in a weight-loss intervention and had
a stable wcight for al least 3 months. Prior to thcir participation to thc study, each
woman signed an informed consent document, which was approved by thc Laval
Univcrsity Médical Center and Laval Univcrsity Research Ethics Committccs.
75

Assessment of psychological well-being

Psychological well-being was evaluated by the PER Questionnaire (version 2.0). This
questionnaire is in Frcnch language and lias bcen devcloped by Pépin, Rhéaume and
Lorangcr in 1999 2S and validated in the Canadian Frcnch population under study. This
166-itcm questionnaire mcasurcs psychological well-being by the mean score of six
subscales (exprcssed in percentile), wliich arc self acccptance (gcncral self cvaluation of
strengths and wcakncss; c.g.: "I would likc to look like someone elsc"), dynamism
(gênerai level of activity; e.g.: "I always hâve ideas to do new things"), anxicty (refers
to worries, fears and stress; e.g.: "I am oftert afraid to fail"), autonomy (freedom toward
choiecs, activitics and décisions; c.g.: "Evcn whcn 1 am alone, 1 do not fecl bored"),
interpersonal relationships (affective and social interactions with others; c.g.: "I likc to
have scrious discussions with my friends") and emotional stability (ability to control
2
reactions, émotions and moods; e.g.: "I am controlling quite wcll my émotions") \
Fligh psychological well-being would be described by high emotional stability,
dynamism, satisfying interpersonal relationships, autonomy and self acccptance as well
as less anxicty. Answers to each question arc assessed with a 3-lcvel Likcrt scale. The
PER Questionnaire lias an acceptable internai consistency (Cronbach a from 0.81 to
0.88), a good test-rctest rcliability (corrélation coefficients from 0.76 to 0.95) and a
good discriminant validity whcn comparing healthy subjects to individuals suffering
from psychological problems .

Assessment of TFEQ-factors

The TFEQ is a 51-item questionnaire devcloped by Stunkard and Mcssick in 1985 2(\
This instrument assesses three factors lhat refer to cognitions and behaviors associatcd
with eating. Thèse factors arc cognitive dictary restraint, disinhibition and susceptibility
to hunger. More preciscly, cognitive dictary restraint is a conscious control of food
intakc with concerns about shape and weight (21 items; score ranging from 0 to 21).
Disinhibition is an overconsumption of food in response to a varicty of stimuli, such as
emotional stress, associatcd with a loss of control on food intakc (16 items, score
ranging from 0 to 16). Finally, susceptibility to hunger refers to food intakc in response
to feelings and perceptions of hunger (14 items; score ranging from 0 to 14) '. This
questionnaire lias bcen validated and ail scalcs had good test-rctest rcliability " ' .
76

More spécifie subscales can also bc derived from thèse threc gênerai TFEQ-factors, as
suggested by Westenhoefer et al. " and Bond et al. . Cognitive dictary rcstraint has
bccn dividcd into rigid and flexible rcstraint (7 items for cach subscale; score ranging
from 0 to 7), as proposed by Westenhoefer and colleagues ". Rigid rcstraint is defined
as a dichotomous, all-or-nothing approach to eating, dicting and wcight while flexible
rcstraint is a more graduai approach to eating, dieting and weight in which, for cxamplc,
"fattening" foods arc caten in limitcd quantitics without feclings of guilt ".
Disinhibition has also bccn dividcd into three subscales (habituai, emotional and
29
situational susceptibility to disinhibition), as suggested by Bond and colleagues .
Habituai susceptibility to disinhibition describes behaviors that may oecur when
circumstanccs prédispose to récurrent disinhibition (5 items; score ranging from 0 to 5).
Emotional susceptibility to disinhibition defincs a kind of disinhibition which is
associated with négative affective states (3 items; score ranging from 0 to 3), while
situational susceptibility to disinhibition refers to a type of disinhibition that is initiated
by spécifie cnvironmental eues (5 items; score ranging from 0 to 5). Susceptibility to
hungcr has bcen dividcd into two spécifie subscales (internai and cxtcrnal locus for
hungcr) (6 items for cach subscale; score ranging from 0 to 6) as proposed by Bond and
co-workers . Internai hungcr refers to the type of hungcr which is interpreted and
regulated internally while cxtcrnal hungcr is rather triggered by cxtcrnal eues * .

Dicting history has bccn prcviously rclated to higher scores for cognitive dietary
rcstraint and disinhibition . In the context of the présent study, history of dicting was
evaluatcd by the following question: "Havc you ever bcen on a dict in order to lose
weight?". If women had already cxpcrienccd dicting, they were considered as "dieters"
while they were identified as "non-dicters" if they had never bccn on a dict to losc
weight.

Anthropométrie measurements

Ilcight, body weight and BMI were determined according to standardized procédures,
3i
as recommended at the Airlic Conférence . Height was measured to the nearest
millimeter with a stadiomclcr, and body weight was measured to the nearest 0.1 kg on a
77

calibratcd balance. Participants wcre wearing swimming suit and were askcd to rcmove
their shocs for thèse measurements.

Statistical analysis

Spcarman's corrélation analyses were performed to quantify thc univariate relationships


of BMI as well as TFEQ-factors and thcir subscales with psychological well-being. A
Student / test was performed to asscss différences in psychological wcll-bcing according
to history of dicting. To détermine if particular TFEQ-factors would be more tightly
associatcd to psychological well-being, a multivariatc régression analysis using thc
stcpwisc procédure was conductcd. Aftcrward, an analysis of variancc was performed
to asscss différences in psychological wcll-bcing, according to results obtained by thc
multivariatc régression analysis and weight status. In thc présence of a significant
group effect, Duncan's tests werc conductcd to détermine which of the groups werc
significantly différent. For variables not normally distributcd, a log transformation lias
been performed. Thc probability level for significance used for thc interprétation of ail
statistical analyses was set at an alpha level of p<0.05. Ail analyses wcre performed by
using SAS statistical software (SAS Institute, Cary, N.C., USA).

Results

Basclinc charactcristics of thc samplc arc presented in Table I. Thc BMI range of 19.0
kg/m to 59.7 kg/m for thc présent samplc shows that subjects from ail weight
catégories werc included in the study (BMI<25 kg/m2: N=27; 25 kg/m <BMI<30 kg/m2:
N=41; 30 kg/m2<BMI<35 kg/m2: N-22; BMI>35 kg/m2: N=l 1).

A Spcarman's corrélation analysis was conductcd in thc samplc to détermine thc


relationship between BMI and psychological wcll-bcing. A négative trend for a
significant relationship was observed between BMI and psychological well-being (r=-
0.17;p=0.08).

To quantify the univariate relationships of TFEQ-factors and thcir subscales with


psychological wcll-bcing, Spcarman's corrélation analyses werc performed as presented
in Table 2. Results showed that higher scores for disinhibition, susceptibility to hunger
vx

and their subscalcs wcrc associated with a lower level of psychological wcll-being
while no significant rclationships werc obscrvcd bctwecn cognitivc dietary restraint,
flexible restraint, rigid restraint and psychological wcll-being. Ail rcsults obscrvcd
remained significant after an adjustment for BMI. Studcnt / test analysis showcd thaï
the level of psychological well-being did not significantly differ according to thc history
of dieting, even if dieters had higher scores for rigid restraint, disinhibition and
susceptibility to hunger compared to non-dicters (p<0.05; data not shown). Thcrcfore,
further analyses mainly focuscd on TFEQ-factors rather than dieting history.

Analyses were conducted to détermine which particular TFEQ-factors would bc more


closcly rclatcd to psychological well-being. Sincc highly significant corrélations wcrc
obscrvcd bctwecn TFEQ-factors and their subscalcs (0.64<r<0.89; p<0.01), a
multivariatc model containing subscalcs of each TFEQ-factors was tested with a
stepwisc analysis, as presented in Table 3. Rcsults showcd that only habituai
susceptibility to disinhibition significantly cxplaincd 27.0% of thc variance in thc
modcl. Tins rcsult remained significant even when BMI was taken into considération in
the modcl.

Following thesc rcsults, women wcrc divided according to their score for habituai
susceptibility to disinhibition (médian: low score (<0.69) or high score (>0.69); log
transformed scores). Sincc BMJ was also positivcly rclatcd to habituai susceptibility to
disinhibition (r=0.51; p<0.0001), wcight status was taken into considération by
performing an analysis of variance which assessed différences in psychological well-
being, according to groups formed on thc basis of the mcdian score for habituai
susceptibility to disinhibition and BMI médian value (27.4 kg/m ), rcsulting in thc
formation of four différent groups (habituai susceptibility to disinhibition<0.69 and
BMR27.4 kg/m2 (N=31); habituai susceptibility to disinhibition<0.69 and BMI>27.4
kg/mP21' (N -13); habituai susceptibility lo disinhibition>0.69 and BMI<27.4 kg/m2
(N=19); Habituai susceptibility to disinhibition>0.69 and BMI>27.4 kg/m2 (N=38)). As
presented in Figure 1, rcsults indicatc that women having a higher score of habituai
susceptibility to disinhibition had a lowcr level of psychological well-being compared to
thosc having a lowcr score of habituai susceptibility to disinhibition, regardless of their
wcight status.
7<>

Discussion

Results showcd that disinhibition and susceptibility to hunger wcrc significantly rclatcd
to psychological wcll-bcing, indcpcndcntly of wcight status, whilc a négative trend for a
rclationship between wcight status and psychological well-being was observed. In this
regard, habituai susccptibility to disinhibition appcars to bc a TFEQ-factor that
contributcs to the level ofpsychological well-being. In fact, womcn scoring highcr on
this subscalc of disinhibition may présent a lowcr level of psychological well-being,
irrespectivcly of wcight status.

This study did not show a significant rclationship between BMI and psychological wcll-
bcing, although a tendency for an association was observed. As suggested by Fricdman
and Browncll in their extensive review of the psychological corrclatcs of obesity ,
several factors may expiait) the lack of rclationship or the trend observed between BMI
and psychological factors. For cxamplc, being a woman 32, having highcr level of body
34
dissatisfaction , having cxpcricnccd discrimination bascd on wcight such as leasing
l8J<J 35
and displaying a binge-eating disorder - m ay ail bc factors that enhanec the risk of
expressing psychological distress. Thèse différent risk factors underlinc the fact that the
obesc population is not homogencous. Each individual has his own pcrsonal
characterislics that differ from others, which suggests that particular subsamplcs of
obesc individuals may bc at greater risk of developing psychological disturbances.

Results from our study showcd that habituai susccptibility to disinhibition would bc the
TFEQ-factor most tightiy rclatcd lo psychological wcll-bcing. As dcscribcd by Bond et
al., habituai susccptibility to disinhibition is the corc component of disinhibition " ,
which may cxplain why this subscalc of disinhibition appcars to bc the most important.
Habituai susccptibility to disinhibition is defined as circumstanccs that could prédispose
to récurrent overconsumption of food logether with a loss of control on food intakc.
Even if a high score for this TFEQ-factor should not bc considered as pathological,
some similarities can bc observed with binge cating disorder, sinec previous studies
have shown a positive rclationship between disinhibition and severity of binge cating
37
or with the frequency of objective bulimic épisodes . Furthcrmorc, a greater risk of
psychopathology has been previously observed in binge caters lx ''' , whilc their distress
could bc mostly rclatcd to their pattern of erratic cating, rather than to their wcight gain
l9 x
. As previously noliccd by Tanofsky-Kraff and Yanovski and as shown by the
80

significant relationships observed between psychological well-being and TFEQ-factors


in the présent study, it could be suggested that non-normative eating patterns may also
influence psychological wcll-being and health in postmenopausal women of varying
weight.

Since the présent results are derived from a cross-sectional study, a causal relationship
cannot be cstablishcd. It could be argued that TFEQ-factors may be altered in responsc
to a low level of psychological well-being. In a study conducted in obesc fcmalc bingc
eaters, Chua et al. showed that a négative mood, as induced by an exposure to a sad
9
film, can promotc overcating . Thereforc, results from this study must be carcfully
interpreted, since an impaired psychological well-being may also be a triggcr for
disinhibition.

In conclusion, thèse results suggest that, as well as being related to weight status,
TFEQ-factors are also associatcd with psychological wcll-being, which stresses the
importance of distinguishing individuals who displayed non-normative eating patterns
from those who maintain a satisfying relationship with food. In order to have a global
impact on health status, eating behaviors could therefore be a target for wcight-
management interventions.

Acknowlcdgcments

This rescarch project was supported by the Canadian Institutcs of Health Research
(MOP-37957) and Hcart and Strokc Foundation of Canada. V.P. is récipient of a
studentship from the Fonds de la recherche en santé du Québec; S.L. is a rescarch
scholar from the Fonds de la recherche en santé du Québec. The authors express their
gratitude to the subjects for their excellent collaboration as well as to Réseau
Psychotech for having given us the opportunity to publish results from the PER
Questionnaire.
SI

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S/1

Table 1: Physical charactcristics, scores of TFEQ-factors and psychological well-


being score in the sample of postmenopausal women (n=101).

Means ± SD Minimum - Maximum


(Médian)

Age(yrs) 56.7 ± 4.4 46.4-67.8(56.1)


Weight (kg) 72.8 ± 16.1 47.9 - 154.1 (69.2)
BMI(kg/m 2 ) 28.6 + 6.1 19.0-59.7(27.4)
Cognitive dietary rcstraint 9.4 ± 4.4 0.0 - 20.0 (9.0)
Disinhibition 6.0 + 3.7 1.0-15.0(5.0)
Susccptibility to hunger 4.4 + 3.5 0.0-12.0 (4.0)
Psychological well-being 67.7 + 24.3 1.0 - 99.0 (74.0)
85

Table 2: Spearman's corrélation coefficients for the associations of TFEQ-factors


and their subscales with psychological well-being score (N=101).

Psychological well-being

Restraint 0.04
Flexible restraint 0.12
Rigid restraint -0.05
Disinhibition -0.41*** '
Habituai -0.48***
Emotional -0.28**
Situational -0.30**
Hunger -0.43***
Internai hunger -0.39***
Extcrnal hunger -0.40**
Significant corrélation : *p<0.05 **p<0.01 ***p<0.0001.
1 : AU corrélations remained significant after adjustment for BMI (log transformed
values).
86

Table 3: Multivariate régression analysis showing indcpendent contributions of


TFEQ-lactors to the variance of psychological well-being score (n=!01).

Partial R- Model R- F value p value


Square Square
Flexible restraint — — NS NS
Rigid restraint — — NS NS
Habituai 0.27 0.27 36.57 < 0.001 '
Emotional — — NS NS
Situational — — NS NS
Internai hungcr — — NS NS
External hungcr — — NS NS
/: Results remained significant even when BMI was entered in the model.
87

□ BMK27.4
100
en 90 a ■ BMI >= 27.4
c ;i
"<D
80
70 : :
b
-9
60
b
"eu
"rô 50
o
D) 40
O
30
O
20 !
>^
(/) 10 N 13 L N zi 9 „ | N=38 |
Q.
0
N=31
I |

LOW (<0.69) HIGH (>=0.69)


Score habituai susceptibility to disinhibition

Figure 1: Différences in psychological well-bcing score according to the level of


habituai susceptibility to disinhibition and weight status (BMI médian of 27.4)
(n=101).
Values adjusted for agc.
Analysis of variance: F - 5.35 and p=0.0006
Bars within each catégories with différent superscript letlers are significantlv différent
(p<0.05), as determined hy Duncan 's test.
Values are means ± SE
88

Chapitre 4.

Les attentes quant au poids sont-elles associées aux profils anthropométrique et


psychologique de même qu'aux comportements alimentaires chez les femmes
présentant un surplus de poids ?

Véronique Provenchcr, Catherine Bégin, Marie-Pierre Gagnon-Girouard, Hélène C.


Gagnon, Angelo Tremblay, Sonia Boivin et Simone Lcmicux.

L'objectif de cette étude transversale était de vérifier la présence d'associations entre les
attentes quant au poids et le profil anthropométrique ainsi que d'identifier les variables
psychologiques et les comportements alimentaires qui caractérisent les femmes ayant
des attentes plus réalistes. Chez 154 femmes pré-ménopausées ayant un surplus de
poids, quatre différentes attentes quant au poids ont été définies selon le Goals and
Relative Weight Questionnaire (poids de rêve, heureux, acceptable et décevant). La
dysphorie, l'estime de soi, la satisfaction envers l'image corporelle, la qualité de vie
reliée au poids, les comportements alimentaires et l'histoire de poids et de dictes ont
également été évalués. Les résultats démontrent que les femmes avaient des attentes
quant à leurs poids de rêve, heureux et acceptable qui se situaient au-delà des
recommandations actuelles en terme de perte de poids (i.e. 24.2 ± 6.6%, IX.6 + 5.8% et
15.2 ± 5.7%, respectivement). Le poids et 1TMC des femmes étaient positivement
associés à leurs attentes quant au poids (0.37 < r < 0.85; p<0.0001). Lorsque les femmes
ont été appareillées pour 1TMC, alors qu'elles présentaient des attentes pour le poids
heureux différentes, celles qui avaient des attentes plus réalistes étaient plus âgées
(p=0.03), avaient une meilleure satisfaction quant à leur poids (p-0.04) cl présentaient
une restriction flexible plus élevée (p-0.003) et une susceptibilité à la faim plus faible
(p=0.02) que les femmes ayant des attentes moins réalistes. Ces résultats suggèrent
donc que des attentes quant au poids plus réalistes sont associées à un profil
psychologique et à des comportements alimentaires plus sains.
89

Defined weight expcctations in overweight women: anthropomctrical,


psychological and cating behavioral corrclates.

Véronique Provenchcr', Catherine Bcgin2, Marie-Pierre Gagnon-Girouard2, Hélène C.


Gagnon , Angelo Tremblay3, Sonia Boivin4 and Simone Lemieux .

1
Institutc of Nutraeeuticals and Functional Foods, Department of Food Science and
Nutrition, Laval Univcrsity, Québec, Canada; 2 School of Psychology, Laval University,
3
Québec, Canada. Division of Kincsiology, Department of Préventive and Social
4
Mcdicinc; Laval Univcrsity, Québec, Canada. Eating Disorders Trcatment Program,
C11UL, CIIUQ, Laval Univcrsity, Québec, Canada.

Addrcss of correspondence:

Simone Lemieux, Ph.D.

Institutc of Nutraeeuticals and Functional Foods

2440, Hochelaga Blvd. Laval Univcrsity, Québec, Québec, Canada, Gl K 7P4

Phonc: (418) 656-2131 ext.: 3637 Fax: (418) 656-5877

E-mail: simone.lemieux@aln.ulaval.ca

Supported by the Canadian Institutcs of Health Research (MOP-64226) and Danone


Institutc.

Kunning head: Factors related to weight expcctations.


Keys words: Obcsity; Weight status; Psychological profile; Eating behaviors;
Trcatment goals.

Référence de l'article:
Provenchcr V, Bégin C, Gagnon-Girouard MP, Gagnon HC, Tremblay A, Boivin S,
Lemieux S. Defined weight expcctations in overweight women: anthropomctrical,
psychological and cating behavioral corrclates. International Journal of Obcsity (Lond).
2007 Jun 5; [Epub ahead ofprint].
90

Abstract

Objective: To examine associations between defined wcight expectations and


anthropométrie profile and to identify psychological and eating behavioral factors that
charactcrizc women having more realistic wcight expectations.
Mcthods: A non-random samplc of 154 overweight/obesc women completcd the
"Goals and Relative Weight Questionnaire" which assessed four wcight expectations: 1)
Dream weight (what ever wanted to wcight); 2) Happy wcight (would bc happy to
achieve); 3) Acceptable wcight (could accept even if not happy with it); and 4)
Disappointcd wcight (would not view as a succcssful achievement). Psychological
assessments evaluated dysphoria, sclf-cstccm, satisfaction with onc's body (i.e. body
esteem) and weight-related quality of life. The "Thrce-Factor Eating Questionnaire"
assessed eating behaviors: 1) cognitive dictary restraint (control of food intake), 2)
disinhibition (ovcrconsumplion of food with a loss of control), and 3) susceptibility to
hunger (food intake in response to feelings and perceptions of hunger).
Rcsults: Womcn's expectations for their dream (60.6 ± 6.0 kg), happy (65.2 + 6.4 kg)
and acceptable (67.9 rf 6.8 kg) wcights correspondcd to higher pcrccntages of wcight
loss (24.2 ± 6.6% or 19.8 + 7.1 kg, 18.6 ± 5.8% or 15.2 ± 6.0 kg and 15.2 I 5.7% or
12.6 + 5.8 kg, rcspcctivcly) than goals recommended for overweight individuals.
Defincd weight expectations were positively associatcd with current weight and BM1
(0.37 < r < 0.85; p<0.0001). Whcn women werc matchcd onc by one for their current
BMI, but showing différent happy BMI, women with a more realistic happy BMI werc
oldcr (p=0.03) and were charactcrizcd by a greater satisfaction towards body wcight
(p 0.04), a higher score for flexible restraint (p-0.003) and a lowcr score for
susceptibility to hunger (p 0.02) than women with a less realistic happy BMI.
Conclusion: Thèse findings suggest that having more realistic wcight expectations is
related to healthier psychological and eating behavioral characteristics.
91

Introduction

There is no doubt that thc prcvalcncc of obesity is increasing in industrializcd countrics


' , and efforts have been engaged to raise awareness among thc gcncral population
about the importance of having a hcalthy wcight. In a culture that emphasizes thinness
and weight control, préoccupation about wcight may bc rclatcd to dissatisfaction with
onc's body wcight and shape as wcll as an over-concern about rcaching an idcal wcight
. This is particularly observed in women compared to men who appear to bc much
more comfortable with thcir wcight 4. A study performcd in Canadian women having a
BMI within acceptable limits (acceptable BMI defined as being between 20 and 24
kg/m2 for thc purposc of that study), showed that thc proportion of thosc who désire to
lose weight was quitc elevated with 35% considering themsclvcs above thcir desired
weight .

A considérable discrepancy exists between rccommcndcd weight loss goals (5 to 10%


of initial wcight ) and paticnt's expectations (average of 30% of initial wcight 7) among
overweight and obesc individuals. Prcvious studies have shown that measured BMI was
positivcly rclatcd to higher wcight expectations as defined in absolute wcight or in BMI
unils 7" . Morcovcr, measured wcight lias been identified as a strong déterminant of
dream, happy, acceptable and disappointed wcights . Individuals having a higher
wcight status arc thus more likely to choosc higher wcights in kilograms to definc thcir
wcight expectations .

In addition to unmodifiablc factors such as âge and sex '' , other modifiable factors
have been suggestcd to explain thc déterminants of paticnt's expectations.
Psychological characteristics such as higher level of dysphoria , lowcr self-estccm
and poorer satisfaction with body image have been found to bc rclatcd to more
stringent weight expectations. As underlined by Poster et al. ' , data concerning
modifiable factors rclatcd to body weight expectations arc still scarce, and this issue is
central for the dcvclopmcnt of interventions that aimed at modifying paticnt's
expectations. Among thosc potential modifiable factors, wc may consider thc
contribution of cating behaviors in thc détermination of paticnt's expectations sinec
cating behaviors arc closcly rclatcd to psychological characteristics, such as wcll-bcing
l2
, and they are also significantly associatcd with wcight status . Givcn that both
92

psychological characteristics and wcight status are related to weight expectations, it


could thcrefore be suggcsted that eating behaviors may be involvcd as significant
déterminants of weight expectations.

Evcn if moderate weight losses of 5 to 10% of initial wcight arc recommended for
overweight and obèse individuals who are attempting to losc wcight ', controversy is
still observed in thc litcraturc regarding thc possible conséquences of having greater
weight loss expectations or in other words, expecting a higher percentagc of body
wcight loss. Somc authors rcportcd that subjects who expected a highest percentagc of
body wcight loss werc thosc who lost thc most significant body wcight without bcing
I7IX
psychologically distresscd , suggesting that less realistic wcight loss goals are not
hampering efforts to losc wcight, and may rather inercase motivation to losc wcight. On
thc opposite, other studies have shown that individuals who expressed more important
wcight loss expectations werc cxpcricncing a higher attrition rate during a wcight-loss
program, suggesting that not bcing ablc to rcach defincd wcight loss goals may create
20
dissatisfaction regarding wcight loss attempts ' ' . Tcixicra et al. rcportcd a
curvilinear relationship between wcight expectations and wcight changes. More
prcciscly, having either too high wcight-loss expectations or too low wcight-loss
expectations were rclated to a lower percentage of body wcight loss. On thc other hand,
previous pilot studies aiming at changing wcight-loss expectations were gencrally
effective in producing more realistic wcight-loss expectations at thc end of thc
intervention, without however enhancing wcight-loss maintenance ' '. Inconsistent
results rcportcd in thc litcraturc thcrefore stress thc rclcvancc to understand better
factors rclated to patient's weight expectations.

Considering thc meaningful impact of obesity, psychological distress and eating


behaviors on health status together with thc discrepancy observed between
recommended wcight-loss goals and patient's expectations, it appears of rclcvancc to
understand better thc associations between wcight status, wcight expectations,
psychological profile and eating behaviors. The primary objective of thc présent study
was to examine associations between defincd wcight expectations and anthropométrie
profile in a samplc of prcmcnopausal overweight and obèse women studied at basclinc
of a research intervention on wcight management. In addition, this study proposcd to
93

idcntify psychological and eating bchavioral factors that charactcrizc women having
more realistic BMI cxpcctations defincd in tcrms of happy BMI.

Method

Participants
This study was conduclcd among a non-random samplc of 154 prcmcnopausal women
(mcan âge of 42.4 + 5.6 yrs). In rcsponsc to advcrtiscment through différent média in
thc Québec City metropolitan area (c.g. newspapers and Internet), womcn voluntarily
acccptcd to participatc to thc rcscarch projcct. Ail womcn included in this study werc
overweight or obesc (body mass index (BMI) between 25 to 35 kg/m2), had a stable
wcight for at lcast 2 months (+ 2.5 kg), werc not currcntly dicting, werc not pregnant or
lactating and werc not presenting chronic discascs or taking médication that could
impact on measurements performed. Womcn werc also characterized by a
22
préoccupation with their wcight and eating . Prior to their participation to thc study,
eacli woman signed an informed consent document which was approved by thc Laval
University Rcscarch Ethics Committee.

Study design
Womcn who participatcd in thc présent study wcre reeruited during four equal phases of
testing and intervention (September 2003, January 2004, Scptembcr 2004 and January
2005). A total of 194 womcn wcre met for a screening interview and 154 of them
acccptcd to takc part to thc study and wcre tested at basclinc. This paper présents rcsults
obtained at basclinc and docs not report rcsults from thc intervention part of thc study.
Womcn wcre tested during thc follicular phase of their mcnstrual cycle to control for
thc potcntial impact of hormonal variation on nutritional and psychological variables.
Ilowever, some women werc cxccptionally tested at another moment of their cycle
mainly becausc they had an irrcgular cycle (N-4). Whcn thesc womcn wcre excluded
from Ihe présent analyses, similar rcsults wcre observed.

Measurements of dépendent variables


Defined weight expeetations. A Frcnch version of thc Goals and Relative Wcighls
Questionnaire (part II) was used to idcntify four différent catégories of wcight
<M

expectations: 1) Drcam weight ("A wcight you would choosc if you could wcight
whatcvcr you wanted"); 2) Happy weight ("This weight is not as idéal as thc First onc.
However, it is a wcight that you would bc happy to achieve"); 3) Acceptable wcight ("A
wcight that you would not bc particularly happy with, but onc you could acccpt sinec it
is less than your current weight"; and 4) Disappointed weight ("A weight that is less
than you arc at your current wcight, but onc that you would not view as succcssful in
any way. You would be disappointed if this were your final weight after thc program").
Ail women involvcd in thc study (except onc woman who did not answer this
questionnaire; N=153) identified their four weight expectations (in pounds or in
kilograms) and thèse absolutc wcight values werc used in thc analyses. In addition,
wcight expectations werc also transformed into BMI units to permit adéquate
comparison between women from différent statures. Expccted weight loss and
pcrccntagcs of wcight loss that would bc required to rcach thc four defined wcight
expectations werc also calculated according to initial body wcight for cach woman.

Anthropometrical profile. llcight, body wcight and body mass index (BMI) werc
determined according to standardized procédures, as recommended at thc Airlic
23
Conférence . Bricfly, height was measured to thc nearest millimeter with a
stadiometer, and body wcight was measured to thc nearest 0.1 kg on a calibratcd
balance. Participants werc askccl to dress lightly and to remove their shocs for thèse
measurcments.

Diet and weight history. Data regarding previous attempts to losc wcight and changes in
wcight status werc collcctcd through a gênerai questionnaire on diet and wcight history.
In thc présent study, two questions on diet history and two questions on wcight history
were of particular interest. Women had to indicatc at which age they first altcmpted to
lose wcight. They also had to indicatc thc number of limes they prcviously experieneed
dicling (from 0 to 5 Unies). Finally, they had to recall their highest and lowcst wcight
ever during adult life (cxcluding wcight reached during pregnancies for the highest
wcight).

Psychological variables. Différent validatcd questionnaires were administrated to assess


psychological variables. Dysphoria was evaluatcd by the Bcck Dépression Invcntory
24
during thc sercening interview . Weight-rclatcd quality of life was measured by thc
95

Impact of Weight on Quality of Life Questionnaire (IWQOL-Lite) , according to five


dimensions of quality of life (Physical Function, Self-Esteem, Sexual Life, Public
Distrcss, and Work). Sclf-cstcem (gênerai, social and pcrsonal) was assessed with the
2(
Culturc-Frcc Self-estcem Inventories \ Body esteem (appearance, weight and
attribution) werc .measured by the Body-Estccm Scale 7.

Eating behaviors. The Three-Factor Eating Questionnaire (TFEQ) is a 51-item validatcd


2l<
questionnaire " which assesses threc factors that refer to cognitions and bchaviors
associatcd with eating: cognitive dietary restraint (conscious control of food intakc with
concerns about shape and weight), disinhibition (overconsumption of food in response
to a variety of stimuli associatcd with a loss of control on food intake), susceptibility to
hunger (food intakc in response to feclings and perceptions of hunger). More spécifie
3I 32
subscales can also be derived from thèse three gênerai eating behaviors ' : rigid
restraint (dichotomous, all-or-nothing approach to eating, dicting and weight), flexible
restraint (graduai approach to eating, dicting and weight), habituai susceptibility to
disinhibition (bchaviors that may occur whcn circumstances prédispose to récurrent
disinhibition), emotional susceptibility to disinhibition (disinhibition associatcd with
négative affective states), situational susceptibility to disinhibition (disinhibition
initiatcd by spécifie environmental eues), internai hunger (hunger interpreted and
regulated internally) and cxternal hunger (triggered by external eues).

Statistical analysis
Pcarson's corrélation analyses were performed to quantify the univariatc relationships
between dellned weight expectations (in kg and in BMI units), anthropométrie profile
(current weight and BMI) and âge. Sincc Fostcr et al. havc prcviously shown that
happy weight was the body weight expectation that was the most closcly associatcd
with weight loss goal, further analyses were conducted with happy weight expectations.
To allow adéquate comparison between women from différent statures , further
analyses assessing différences in psychological variables and eating bchaviors were
performed with current BMI and happy weight expectation expressed in BMI units
(referred to as happy BMI). In the two groups of women formed on the basis of their
current BMI (BMI above or below the median value of 30.4kg/nT), coefficients of
corrélation observed for the rclationship between current BMI and happy BMI werc
computed and then compared using McdCalc statistical software, version 8.2.1.0.
96

Women were also matched one by one for their current BMI (± 0.95 kg/m2, which
rcfcrs to thc stable weight inclusion criteria (±2.5 kg) for the mcan hcight in our samplc
(1.62 ± 0.05 m)). Each pair was formcd so that a noticeable différence in their value of
happy BMI was observcd (number of pairs formed was N=57; 39 womcn were not
includcd in the analysis becausc it was not possible to match them for thèse
spécifications). More specifically, each pair showed a différence of at lcast 1.73 kg/m2
for their happy BMI, which corresponds to the standard déviation (SD) for the mean
happy BMI value. This matching procédure also rcsultcd in similar values for wcight
and hcight when thc two groups werc compared. For thc purposc of thcsc analyses,
women with a more realistic happy BMI werc determined as follows. For a given
current BMI, women who defined their happy BMI as being closer to their current BMI
werc considcred as having a more realistic happy BMI than women who defined their
happy BMI as being further from their current BMI (less realistic happy BMI).
Psychological variables and cating behaviors werc compared between thèse two groups
of womcn by performing a Studcnt unpaircd / test analysis. For variables not normally
distributed, a log-transformation was performed. The probability level for significance
used for thc interprétation of ail statistical analyses was set at an alpha level of p<0.05.
Ail analyses were performed by using SAS statistical software (SAS Institute, Cary,
N.C., USA).

Results

Women from this study had a mean body weight of 80.5 ± 9.6 kg (BMI: 30.5 + 3.0
kg/m ). Their perception of their drcam, happy, acceptable and disappointed wcights arc
presented in Table 1. An average woman would have to losc 18.6 + 5.8 % of lier initial
weight to reach her happy weight expectation. This value is higher than current
recommendations for wcight loss (5 to 10% of initial wcight). An average wcight loss of
7.8 i 5.5 % would have bcen considcred as a disappointed resuit in this samplc.

Table 2 shows corrélations between defined wcight expectations and anthropométrie


profile. Current wcight and current BMI werc both positivcly rclatcd to drcam, happy,
acceptable and disappointed wcights expressed in kg or in BMI units. Age was
positivcly associated with drcam weight, drcam BMI and happy BMI, and thcsc
97

relationships rcmaincd significant after adjustment for weight or BMI. As explained in


the Method's section, relationship between current BMI and happy BMI was furthcr
cxamincd. As illustratcd in Figure 1, the corrélation obscrvcd between current BMI and
happy BMI was stronger in womcn having a BMI below the médian value (<30.4kg/m2;
Figure 1A) than to thosc with a BMI above the médian (>30.4kg/m2; Figure 1B)
(r=0.63, p<0.0001 and r-0.27, p-0.02; respectively with a z statistic = 4.0232; p =
0.0001). Similar différences between groups formed on the basis of their current BMI
werc also obscrvcd for relationships between current BMI and dream BMI, acceptable
BMI and disappointed BMI (data not shown).

Furthcr analyses werc performed in womcn matchcd onc by onc for their current BMI,
but prcscnting a significantly différent happy BMI, as dcscribed in the Method's
section. As cxpcctcd, Table 3 shows no différence for weight and BMI between womcn
having cither a lowcr (less rcalistic) happy BMI or a higher (more rcalistic) happy BMI.
Moreover, the percentage of weight loss from initial body weight that would be requircd
to rcach happy weight (% of wcight-loss) was greater in womcn with a Icss rcalistic
happy BMl than in women with a more rcalistic happy BMI. Womcn with a Icss
rcalistic happy BMI werc also younger than women having a more rcalistic happy BMI.
Howcvcr, no significant différences werc obscrvcd with regard to diet and weight
history between thèse two groups. More spccifically, women with a Icss rcalistic happy
BMI were comparable to thosc with a more rcalistic happy BMI regarding the age at
which they first attempted to lose weight (23.7 + 8.2 yrs vs 23.2 + 7.7 yrs, respectively;
p-0.77) as wcll as the number of times they cxpericnccd dieting (3.2 ± 2.0 vs 3.4 ± 1.7,
respectively; p-0.59). Women from thèse two groups also reportcd similar highest and
lowest weight during adult life (82.7 i 8.4 kg and 56.3 t 6.9 kg for womcn with a Icss
rcalistic happy BMl vs 85.0 ± 9.7 kg and 58.8 ± 7.6 kg for women with a more rcalistic
happy BMl; p-0.17 and p 0.07, respectively).

As obscrvcd in Table 4, no significant différences were obscrvcd with regard to


psychological variables between womcn prcscnting cither a lowcr or a higher happy
BMI, except for the body image dimension. Women with a more rcalistic happy BMl
showed a greater satisfaction with their weight compared to thosc having a Icss rcalistic
happy BMl. Différences obscrvcd in ealing behaviors between womcn with Icss
rcalistic and more rcalistic happy BMI are presented in Table 5. Women with a more
98

rcalistic happy BMI wcrc charactcrizcd by a higher score for flexible restraint while
they displayed a lower level of susceptibility to hunger (particularly for thc cxtcrnal
hungcr subscalc). Since âge was significantly différent between womcn with a lower vs.
those with a higher happy BMI, adjustment for agc was also performed. Significant
différences wcrc still observed for satisfaction with their weight (p=0.03), flexible
restraint (p=0.003) and susceptibility to hungcr (p=0.03) while thc différence notcd for
externat hungcr was no longer significant (p=0.07).

Discussion

Thc main objectives of this study wcrc to examine associations between defined weight
expectations and anthropométrie profile as well as to identify psychological and cating
bchavioral factors that characterize womcn having a niore rcalistic définition of what
would be a happy BMI. As previously reported ' ' , womcn with higher weight and
BMI wcrc likely to choosc higher defined weight expectations. In thc présent study, 57
pairs of womcn having a similar current BMI, but showing significantly différent happy
BMI expectations wcrc formed. Womcn with a more rcalistic happy BMI wcrc older
and wcrc charactcrizcd by a greater satisfaction towards their body weight together with
a higher score for flexible restraint and a lower score for susceptibility to hunger. Thèse
findings suggcsl that, in addition to unmodifiablc factors such as agc and sex ' ,
modifiable factors such as body image and cating behaviors are also rclatcd to weight
expectations.

Defined values for dream, happy and acceptable wcights reported by womcn from this
study rcprcscnled higher wcight-loss goals than current recommendations (5 to 10% of
initial weight) '. The values corresponding to actual recommendations were rather
considered as disappointing rcsults l'or womcn in thc présent sample. This discrepancy
between womcn's définitions and health définitions of successful weight loss lias been
previously observed in other studics . Socio-cultural context and norms in which
womcn arc living, such as value of thinness, may contribute to cxplain thc important
déviation between current recommendations and defined expectations in tenus of
weight loss ' . In thc présent study, pcrccntagcs of weight loss needed to achieve each
defined weight were lower than those previously observed in other samplcs
99

Considering that defined wcight cxpeetations are positively related to BMl, as observée!
in thc présent and previous studics ' ' , this différence could bc cxplaincd by a
rclativcly lower BMl observed in our samplc (mcan BMl of 30.5 ± 3.0 kg/m2 in thc
présent study vs 36.3 ± 4.3 kg/m in the study of Fostcr et al. (1997)). As prcviously
demonstrated , age was also positively related to wcight cxpeetations, where older
women werc showing more realistic values for happy BMl. Howcver, after adjustmcnt
for thc confounding effect of age, similar rcsults were observed suggesting that
différences notcd for body wcight satisfaction, flexible restraint and susceptibility to
hunger between women with différent happy BMl expectation could not bc cxplaincd
solcly by différences in age. Finally, in accordancc with previous studies l(>, thc amount
of initial wcight to losc to rcach defined wcight cxpeetations (% of wcight loss) werc
also positively related to weight and BMl (data not shown), which could mcan that even
if heavier women choosc higher absolutc wcights, they would still have to losc higher
amount of wcight to rcach their cxpcctcd body weight.

It has been prcviously shown that more positive sclf-cstccm and body image as well as
lower wcight phobia and dysphoria werc associated with more realistic defined wcights,
when adjustcd for BMl 7'8'10. In linc with thesc rcsults, women with a more realistic
happy BMl werc characterized by a greater satisfaction towards their weight while no
other différences werc notcd for psychological variables. This is suggesting that body
image is a consistent psychological factor closcly related to womcn's définition of their
happy wcight. Although we know that, in gênerai, body image dissatisfaction is highly
prévalent among overweight and obesc individuals ' , thc présent rcsults showed thaï,
among our overweight and obesc samplc, therc is a spécifie group of women who,
indcpcndently of their BMl, are more dissatisfied with their weight and présent higher
cxpeetations towards weight loss. In accordancc with rcsults from Tcixcira et al. ,
thèse women would bc more likely to expérience unsucccssful wcight loss altcmpts. In
fact, Tcixcira et al. showed that a lower body cathexis (i.e. more négative feelings
towards one's body) and a less realistic happy weighl were both predictors of poorcr
success in wcight loss on a long-tcrm basis. It is thereforc of rclevancc to understand
better why for a given current BMl, some women arc more susceptible to bc less
satisfied by their wcight and to have less realistic wcight cxpeetations. One possible
cxplanation may bc that thesc women associatc ncgativcly weight and happiness " '. In
that sense, thc influence ofbody dissatisfaction on wcight loss attempt could bc related
100

to unrealistic expected changes in body image. If wc referred to Stice's model, wc may


suppose that those who are less satisfïcd with their body and présent less realistic
expectations arc at higher risk to adopt non-normative cating behaviors in order to lose
their excess weight 37 . In fact, the présent study has demonstratcd a significant négative
relationship between satisfaction towards weight and susceptibility to hunger (r=-0.20;
p=0.0002). Accordingly, prior studies havc shown that body dissatisfaction was related
to overcating 37'38.

Fcw studies hâve examined the relationships between eating behaviors and weight
expectations, except for the severity of binge-cating for which no association was
observed 8'9. In the présent study, higher score for flexible restraint together with lower
score for susceptibility to hunger werc observed in women having a more realistic
happy BMI. Successful weight maintenance, which implics that initial weight loss is
subscqucntly kept for at least scvcral months, has been prcviously related to higher
levcls of flexible restraint and lower scores for susceptibility to hunger 9"42. This would
suggcst that having more realistic weight expectations is associatcd with some cating
behaviors related to more successful weight loss maintenance. This is in Une with the
43
work of Wcstcnhocfcr who has previously suggested that long-term success in weight
maintenance would bc enhaneed by helping individuals to give up their less realistic
expectations about weight loss together with focusing on bchavioral changes under the
principle of flexible control. In addition, lindings from the présent study suggcst that
weight expectations and eating behaviors could bc related to cach other. In this regard,
our rcsults may also provide some explanations for the greater attrition rate observed
during weight-loss programs in individuals with higher expectations as wcll as for their
lower pcrccntagc of body weight loss achieved ' ' . In fact, for those overweight and
obèse women who havc less realistic weight expectations, it could be suggested that
lower level of flexible restraint as wcll as higher score of susceptibility to hunger may
act as barriers that counteract efforts to lose weight or maintain weight loss achieved. Jn
fact, being ablc to manage food intake with a more graduatcd and sustainablc approach
together with being less triggered by feelings of hunger may hclp to develop a better
relationship with food. Thus, women with more realistic weight expectations could bc
more successful in their attempts to maintain their weight loss, since they also display
more favorable cating patterns. Ilowcvcr, the cross-sectional nature of this study has to
be considered and at this point, it remains to be established whether cating behaviors are
toi

causally involvcd in relationships observed with weight cxpcctations. In addition, sincc


women involvcd in the présent study were not randomly sclccted, thcy may not be
représentative of ail overweight and obèse women. Accordingly, potential bias such as
a higher socio-economical status, which is often observed among research volunteers,
may have influeneed results obtained.

Conclusion

In a sample of premenopausal overweight and obesc women preoccupied with their


wcight, more realistic wcight cxpcctations werc rclatcd to less body wcight
dissatisfaction as wcll as to highcr level of flexible restraint and lower score for
susceptibility to hunger. According to previous literaturc, thèse charactcristics would bc
rclatcd to more succcssful wcight loss attempts ' '. Clinical pilot studics which mainly
aimed to promotc more modest wcight-loss cxpcctations have bcen prcviously
conducted "' 21 . Thcsc interventions were effective in producing more realistic
cxpcctations while thcy did not facilitatc a better wcight-loss maintenance at long-tcrm.
It might bc SLiggcstcd that to bc succcssful, interventions focusing on more modest
weight losscs should also include components aiming at improving body image and
cating behaviors. Othcr factors, such as flexible cating and hunger, also seem to bc of
rclcvancc in the understanding of womcn's définitions of wcight cxpcctations, as
préoccupation about food scems to be closcly rclatcd to préoccupation about weight,
and thcsc psychological and cating bchavioral corrclatcs of wcight cxpcctations appear
to bc relevant clinical targets in wcight management interventions.

Acknowledgemcnts

This research project was supportcd by the Canadian Inslitutcs of Health Research
(MOP-64226) and Danone Institute. V.P. is récipient of a studentship from the Fonds de
la recherche en santé du Québec. A.T. is partly fundcd by the Canada Research Chair in
Physical Activity, Nutrition, and Knergy Balance. We would like to underline the
excellent work of ail research professionals that were involvcd in this study ((ieneviève
Alain, Louise Corncau, Julie Doyon and Natacha Godboul) as wcll as the research
102

nurses (Danicllc Aubin and Claire Julien). The authors would like to express their
gratitude to the subjects for their participation in this study.

Références

1. Flegal KM, Carroll MD, Ogden CL, Johnson CL. Prevalence and trends in obesity
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106

Table 1
Defined weight expectations in overweight and obèse women (N=153).
Expcctcd Différence from
2
Wcight (kg) BMI (kg/m ) weight-loss current weight
(kg) (%)
Dream wcight 60.6 ± 6.0 23.0 ±1.7 19.8 ±7.1 24.2 ±6.6
Happy weight 65.2 ±6.4 24.7 ±1.7 15.2 ±6.0 18.6 ±5.8
Acceptable wcight 67.9 ± 6.8 25.7 ±1.9 12.6 ±5.8 15.2 ±5.7
Disappointcd 74.0 +H.5 28.0 ±2.8 6.4 ±5.0 7.8 ± 5.5
wcight

Mcans values ± SD
Dream wcight: "A weight you would choosc if you could wcight whatever you
wanted"; 1 lappy wcight: "This wcight is not as idcal as the first onc. Ilowever, it is a
wcight that you would bc happy to achieve"; Acceptable weight: "A weight that you
would not be particularly happy with, but onc you could acccpt sincc it is Icss than your
currcnt wcight"; and Disappointcd wcight: "A weight that is less than you are at your
currcnt wcight, but onc that you would not vicw as succcssiul in any way. You would
bc disappointcd if this were your final wcight after the program".
107

Table 2
Pearson corrélation coefficients for the association of dejined weight expectations with
hody weight, BMI and âge (N=153).
Weight (kg) BMI (kg/m2) Age (yrs)
Dream weight 0.67*** n 37*** 0.16*'
Happy weight 0.78*** 0.48*** 0.13
Acceptable weight 0.80*** 0.53*** 0.09
Disappointed weight 0.85*** 0.68*** 0.11
Dream BMI Q1Q*** Q 49*** 0.23**2
Happy BMI 0.59*** 0.67*** 0.19*2
Acceptable BMI 0.58*** Q y|*** 0.13
Disappointed BMI 0.63*** 0.80*** 0.14
Significant corrélation: *p<0.05; **p<0.01; ***p<0.0001
1 : Remained significant aller adjustment for weight.
2: Remained significant after adjustment for BMI.
Dream weight: "A weight you would choosc if you could weight whatever you
wanted"; I lappy weight: "This weight is not as idéal as the first onc. Howcvcr, it is a
weight that you would bc happy to achieve"; Acceptable weight: "A weight that you
would not bc particularly happy with, but onc you could accept since it is less than your
current weight"; and Disappointed weight: "A weight that is less than you are at your
current weight, but one that you would not vicw as successlul in any way. You would
bc disappointed if this were your final weight after the program".
108

Table 3
Différences in âge, body weight, BMI and weight loss needed to achieve happy weight
hetween women with either lower or higher happy BMI.
Lowcr happy BMI Higher happy BMI p value
(N=57) (N=57)
Age (yrs) 41.2 ± 5.8 43.5 i 5.2 0.03
Weight (kg) 80.2 ± 9.2 82.1 ±9.0 0.28
2
BMI (kg/m ) 30.6 ±3.0 30.8 ±2.9 0.71
Happy weight loss (%) 22.1 ±5.1 15.4 ±5.0 0.0001
Data arc mcans ± SD
Women from thc lowcr happy BMI group had a mcan happy BMI of 23.7 ± 1.4 kg/m2
whilc women from thc higher happy BMI group had a mcan happy BMI of 26.0 ± 1.5
kg/m 2 (p<0.0001).
109

Table 4
Différences in variables of the psychological profile between women with either lower
or higher happy BMI.

Lower happy BMI Higher happy BMI p value


(N=57) (N=57)

151)1 10.2 ± 7 . 0 9.2 + 7.4 0.48


Total IWQOL 7 2 . 5 + 13.5 7 6 . 3 + 12.2 0.12
General sclf-cstccm 11.9 + 3.2 11.8 + 3.5 0.88
Social sclf-cstccm 6.4 + 1.5 6.7 ± 1 . 1 0.27
Personal sclf-cstccm 4.6 ± 2.2 4.8 + 2.6 0.67
BES-Appcarancc 1.2 + 0.6 1.4 + 0.6 0.23
BES-Wcight 0.7 ± 0.5 0.9 + 0.6 0.04 '
BES-Attribution 1.8 + 0.6 1.8 + 0.5 0.65

Data arc mcans ± SD


1 : Différence observed between the two groups remaincd significant aftcr adjustment
for age (p=0.03).
BDI = Dysphoria (Bcck Dépression Invcntory); Total IWQOL - Weight-rclatcd qualily
of life (Impact of weight on quality of life - Lite); BES-Appcarancc, wcight and
attribution = Body esteem (Body esteem scalc).
110

Table 5
Différences in eating behaviors between women with either lower or higher happy BMl
(N=114).
Lower happy BMT Higher happy BMl p value
(N=57) (N=57)
Cognitivc rcstraint 8.5 ±4.3 9.4 ±3.6 0.25
Flexible restraint 2.4 ± 1.6 3.3 ± 1.4 0.003 '
Rigid rcstraint 2.7 ±1.9 2.8 ± 1.6 0.75
Disinhibition 9.8 ±3.0 9.2 ± 2.9 0.31
Habituai 2.3 ± 1.6 2.1 ± 1.4 0.43
Emotional 2.3 ±1.0 2.0 ± 1.2 0.19
Situational 3.5 ±1.3 3.3 ± 1.5 0.38
Hunger 6.3 ±3.8 4.7 ±3.0 0.02
Internai 2.4 ±2.2 1.7 ± 1.7 0.06
External 2.9± 1.8 2.2 ± 1.4 0.02
Data are means ± SD
1 : Différences observed between thc two groups remaincd significant aftcr adjustmcnt
for âge (p<0.05), cxccpt for external hungcr (p=0.07).
11

32
r=0.63
30 p<0.0001 A
28

26
♦♦♦ ♦ *_!*;
24
E 22
20 ♦

18 I !

24 25 26 27 28 29 30 31

32
r=0.27
Q. 30 p=0.02 B
OJ 28 ♦ ► ♦ ♦ ♦♦
♦♦ ♦
X 26 ♦ ♦♦♦ ♦ ♦♦♦

24
22
* *

% ♦ ♦ ♦♦♦ rr^r
20
18
30 31 32 33 34 35 36 37 38

Current BMI (kg/m2)

Figure I
Pcarson corrélation bctwccn current BMI (kg/m2) and happy BMI (kg/m2) in women
bclow the médian value of BMI (A: <30.4kg/m2) and in women above thc médian value
of BMI (B: >30.4kg/m2); z statistic - 4.0232; p - 0.0001.
Happy BMI refers to thc happy weight expectation (in BMI units), which is
corresponding to thc following définition: "This weight is not as idéal as the lirst one.
However, it is a weight thaï you would be happy to achieve".
112

Chapitre 5.
Associations entre les traits de personnalité, l'IMC et les comportements
alimentaires chez les femmes présentant un surplus de poids.

Véronique Provencher, Catherine Bégin, Marie-Pierre Gagnon-Girouard, Angclo


Tremblay, Sonia Boivin et Simone Lemieux.

L'objectif principal de cette étude était de vérifier si les traits de personnalité peuvent
être associés à l'IMC et aux comportements alimentaires chez 154 femmes présentant
un surplus de poids. Cinq dimensions de la personnalité ont été évaluées à l'aide du
NEO Five-Factor Inventory (névrotisme, extraversion, ouverture à des expériences
nouvelles, amabilité et propension à être consciencieux). Des mesures
anthropométriques ont également été effectuées (poids, taille et 1MC). Puis, les
comportements alimentaires (restriction, desinhibition et susceptibilité à la faim) ont été
évalués par le Three-Factor Eating Questionnaire. Les analyses de régression ont
montré que la propension à être consciencieux était le seul trait de personnalité
positivement associe à l'IMC. Un niveau élevé de névrotisme a été identifié comme un
prédietcur significatif des scores élevés de restriction, de désinhibition et de
susceptibilité à la faim. La propension à être consciencieux a aussi été reconnue comme
un déterminant de la restriction. Finalement, un niveau élevé d'amabilité serait le
prédicteur d'un score de susceptibilité à la faim plus faible. Ces résultats suggèrent
donc que certaines dimensions de la personnalité pourraient permettre une meilleure
compréhension du poids et des comportements alimentaires présents chez les femmes
ayant un surplus de poids.
113

Personality traits in overweight and obèse women: associations with BMI and
eating bchaviors.

Véronique Provencher', Catherine Bégin2, Marie-Pierre Gagnon-Girouard2, Angclo


Tremblay3, Sonia Boivin4 and Simone Lcmicux .

1
Institute of Nutraccuticals and Functional Foods, Department of Food Science and
Nutrition, Laval Univcrsity, Québec, Canada.
School of Psychology, Laval Univcrsity, Québec, Canada.

Division of Kincsiology, Department of Préventive and Social Medicinc, Laval


Univcrsity, Québec, Canada.
4
Eating Disordcrs Trcatmcnt Program, CHUL, CIIUQ, Québec, Canada.

Address of correspondance:

Simone Lcmicux, Ph.D.,

Institute of Nutraceuticals and Functional Foods

2440, Hochelaga Blvd., Laval Univcrsity, Québec, Québec, Canada, GIK 7P4

Phone: (418) 656-2131 ext.: 3637; Fax: (418) 656-5877

E-mail: simone.lemieux@aln.ulaval.ca

Riinning head: Pcrsonalily traits, BMl and cating bchaviors.

Référence de l'article:
Provencher V, Bégin C, Gagnon-Girouard MP, Tremblay A, Boivin S, Lcmicux S.
Personality traits in overweight and obèse women: associations with BMl and cating
bchaviors. Eating Bchaviors. (Article soumis)
114

Abstract

This study aimcd at assessing the extent to which personality traits are rclated to BMI
and cating bchaviors in overwcight and obesc womcn (N=154; mean body mass index
(BMI) of 30.5 ± 3.0 kg/m2). The NEO Fivc-Factor Invcntory was used to capture the
fivc dimensions of personality (neuroticism, extraversion, openness to expérience,
agrccablcncss and conscicntiousncss). Anthropométrie mcasurements (wcight, height
and BMI) werc performed and cating bchaviors (cognitivc dictary rcstraint,
disinhibition and susccptibility to hungcr) were measured by the Threc-Factor Eating
Questionnaire. Rcgrcssional analyses showed that only conscicntiousncss was
positively rclated to BMI. A highcr level of neuroticism was identified as a significant
prcdictor of highcr scores for cognitivc dictary restraint, disinhibition and susccptibility
to hunger. Conscicntiousncss was also found to bc a positive déterminant of cognitivc
dictary rcstraint. Finally, a highcr level of agrccablcncss predicted a lowcr score of
susccptibility to hungcr. Thcsc findings suggest that particular dimensions of
personality may contributc to a better understanding of weight and cating bchaviors in
overwcight and obèse womcn.

Keys words: Fivc-factor model; Obcsity; Cognitivc dictary rcstraint; Disinhibition;


Susccptibility to hungcr; Psychological functioning.
115

Introduction

A bctter undcrstanding of factors involved in weight management is a critical issue in


developed countries wherc the prcvalence of obesity is consistcntly increasing ''2. As
reviewed by Rlfhag and Rossncr 3, bchavioral factors have been related to an increased
risk of weight regain, such as the présence of disinhibitcd eating and elevated levcl of
hunger. Previous studics have also shown that disinhibition and susceptibility to hunger
werc significantly associatcd with a higher weight status "7, which suggest that spécifie
eating behaviors may contributc to weight gain through an inercase in food intake.

From a psychological vicwpoint, corrclates of obesity have not been consistcntly


reportcd 8. Whilc obesc women have been found to have an increased probability to
expérience psychological disturbanecs , a higher risk for psychopathology related to
l0
obesity per se lias not been found in a population-bascd study . In addition, fcw
studics have been able to identify a distinct personality style that refers spccifically to
obèse individuals ". Some variations in personality traits, rather than personality
disorders, may characterizc obese individuals when compared to lean persons, as
demonstrated by personality modcls such as the Big Fivc or the Tempérament and
Character Inventory. As an cxamplc, an elevated ncuroticism and a redueed
exlravcrsion have been related to a higher weight status among women . A higher
score of novelty secking lias also been linked to lowcr successful weight management
and could indicatc a stronger drive toward overcating in obese individuals Thèse
results might rcflcct the heterogeneity of the obese population and suggest that
particular personality dimensions could be related to spécifie bchavioral corrclates of
obesity, such as eating behaviors.

Accordingly, associations between personality traits and eating behaviors have been
prcviously reportcd. A higher level of ncuroticism and a lowcr levcl conscientiousness
l4
, as well as the présence of emotional instability , werc related to emotional and
external eating, as assessed by the Dutch Fating Behaviors Questionnaire. In parallcl,
similar results werc observed in eating behaviors assessed by the Three-Factor Hating
Questionnaire (TFEQ), with lack of asscrtivencss (subscalc of ncuroticism) explaining
17% of disinhibitcd eating, 13% of hunger score and 12% of flexible control "'.
7
Novelty secking also appears to bc ncgalively related to cognitive dictary restraint .
116

Meanwhilc, characteristics of psychological functioning, such as levcl of dysphoria and


body image perception, have becn prcviously relatcd to weight status and could be
signifïcant corrclatcs of cating behaviors ' . Moreovcr, associations have becn observed
20
between personality traits, particularly ncuroticism, and body image disturbance ,
which is consistent with the définition of neuroticism, i.c. the tendency to expérience
négative émotions. Following thèse observations, it appears to be of relevance to
consider spécifie psychological variables in examining associations between personality
traits, weight status and cating behaviors.

To our knowledge, no study lias put into rclationship cating behaviors, as assesscd by
the TFEQ, with the five-factor model of personality. The NEO Five-Factor Inventory
(NEO-FFI) is a rcliablc and powerful instrument designed to capture thc dimensions of
thc five-factor model, also callcd thc Big Five, on a continuum including hcalthy and
pathological aspects of personality 2I . Furthcrmorc, assessment of weight status and/or
psychological functioning has not been consistently includcd as covariatcs in prior
studies aiming to study personality corrclatcs of cating behaviors. In addition, as
prcviously warranted by Elfhag ' 6 , further studies arc needed in larger samples of
overweight and obesc women who are preoccupied by their weight. Sincc individuals
who seck hclp from profcssionals to better manage their weight appear more likely than
other obèse persons to be cmotionally distressed and dissatisfied with their body image
22
, psychological and behavioral issues in this population have to be studied to a greater
scope. Thc main objective of this study was thcrelbrc to assess thc extent to which
personality traits arc relatcd to body mass index (BMI) and cating behaviors in a sample
of overweight and obese women who are involvcd in a weight-management study.
Aftcrwards, to examine whether thc psychological functioning is involvcd in thc
association(s) between personality traits, BMI and cating behaviors, dysphoria and body
esteem werc includcd in further analysis.

Method

Participants
This study was conducted among a sample of 154 prcmenopausal women (mcan age of
42.4 ± 5.6 yrs), recruited through différent média in thc Québec City metropolitan area.
117

Ail women included in this study werc overweight or obese (mcan BMI of 30.5 ± 3.0
kg/m2), had a stable wcight for at least 2 months (± 2.5 kg), wcrc not currently dieting to
losc wcight, wcrc not taking oral contraceptives, were not pregnant or lactating, wcrc
not prescnting metabolic or important psychological disorders and werc not under
treatment for coronary heart disease, diabètes, dyslipidemia, dépression or endocrine
disorders (except stable thyroid disease). Women wcrc also characterized by a
préoccupation about their weight and cating , following criteria defined by Grodner :
I) to show over concern with shape and weight, 2) to exhibit restriction over food
choices for at least two years and 3) to bc unsucccssful in previous attempts to losc
wcight (for at least thc past two ycars). Prior to their participation to the study, cach
woman signed an informed consent document which was approved by thc Laval
University Research Ethics Committee.

Study design
Women who participatcd in thc présent study wcrc rccruited during four cqual phases of
testing and intervention (Scptcmbcr 2003, January 2004, Scptcmbcr 2004 and January
2005). A total of 194 women wcrc met for a sercening interview and 154 of them
acccptcd to takc part to the study and wcrc tested at baselinc. This paper présents rcsults
obtained at baselinc and docs not report results from thc intervention part of the study.
Women wcrc tested during thc follicular phase of their menstrual cycle to control for
potential impact of hormonal variation on behavioral and psychological variables.
Ilowever, some women werc exceptionally tested at another moment of their cycle
mainly because they had an irregular cycle (N=4). Whcn thesc women wcrc excluded
from the présent analyses, similar rcsults were observed.

Measurements of variables

Personality traits
The NRO-FFI was administrated to ail women involvcd in thc study (with the exception
of two women who did not complète thc questionnaire; N-152), using a five point
rating scalc 2I. This 60-item validated questionnaire aims to assess thc basic structure of
normal personality according to five major dimensions of personality: neuroticism
(tendency to expérience négative émotions), extraversion (quantity and intensily of
oncs' interpersonal interactions), openness to expérience (proactive secking and
118

appréciation of ncw expériences), agreeableness (tendency to hâve faith in other people


and to be eager to help them) and conscientiousncss (degree toward goal directed
behaviors) 2 '. In conceptualizing personality with the NEO-FFI, cach of thc five
domains represents a continuous dimension and thus, no cut-off point is used to separate
individuals according to diagnostic catégories. Personality traits are rather evaluated at
a broadest level and scores are interpreted in comparison to a standard référence group.
In the présent study, a T score of 50 is équivalent to the average score of a woman from
a non-clinical samplc of women '.

Anthropomctrical profile
Hcight, body wcight and body mass index (BMI) werc determincd according to
24
standardized procédures, as recommended at the Airlie Conférence . Bricfly, hcight
was mcasurcd to thc nearest millimetcr with a stadiometer, and body wcight was
mcasurcd to thc nearest 0.1 kg on a calibralcd balance. Participants were asked to dress
lighlly and to remove their shocs for thesc mcasurcments.

Eating behaviors
Thc TFEQ is a 51-item validated questionnaire which assesscs threc factors that
refer to cognitions and behaviors associatcd with caling: cognitive dietary restraint
(conscious control of food intakc with concerns about shape and wcight), disinhibition
(overconsumption of food in response to a varicty of stimuli associatcd with a loss of
control on food intake), susceptibility to hunger (food intakc in response to feclings and
perceptions of hunger).

Psychological variables
Two validated questionnaires werc administrated to assess thc charactcristics of
psychological functioning. Dysphoria was evaluated by thc Beck Dépression Invcntory
during the screening interview . Threc factors of body esteem (BIï), which are BE-
Appearance (gênerai feclings about appearance), BE-Weight (satisfaction with wcight)
and BE-Attribution (évaluations attributed to others about one's body or appearance)
were mcasurcd by thc Body-Estccm Scalc " .
119

Statistical analysis
Exploratory analyses wcrc firstly pcrformcd to quantify the univariatc rclationships of
pcrsonality traits with BM1 and eating bchaviors by using Spcarman's corrélation
analyses. Pearson's corrélation analyses were also conducted to assess the associations
between psychological variables, BMI and eating bchaviors. Since the correlational
analyses revealed the présence of co-lincarity between BE-Appcarancc and BE-Weight
(r=0.74; p<0.0001), and not between BE-Appcarancc and BE-Attribution (r=0.46;
p<0.000l), only BE-Appcarancc and BE-Attribution were kept for furthcr analyses. In
a ncxt step, multivariate régression analyses using the stcpwisc procédure wcrc
conducted to identify among the fïve personality traits (i.c. Ncuroticism, Extraversion,
Opcnness to expérience, Agrceablcncss and Conscicntiousncss) thosc potcntially
predictors of BMI or eating bchaviors (Modcl 1; with p-in and p-out set on 0.05). A
second set of rcgrcssional analyses (multiple régression - enter method) were performed
to identify if dysphoria, BE-Appcarancc and/or BE-Attribution wcrc potcntially
involvcd in rclationships observed between pcrsonality traits, BMI and eating
bchaviors. In this modcl, only the personality traits identified as significant predictors
in the first modcl wcrc includcd, togcthcr with the strongcr psychological correlatcs of
BMI or eating bchaviors (Modcl 2; with p-in and p-out set on 0.05). The probability
level for significance used for the interprétation of ail statistical analyses was set at an
alpha level of p<0.05. Ail analyses wcrc performed by using SAS statistical software
(SAS Institute, Cary, N.C., USA).

Rcsulrs

In the présent samplc of overweight and obèse women, Spcarman's corrélation analyses
did not show significant associations between personality traits and wcight status, with
the exception of a positive corrélation between conscicntiousncss and BMI (r-0.20;
p 0.01). With regard to psychological functioning, BE-Appcarancc and BE-Attribution
wcrc ncgativcly rclaled to BMI (r- -0.32; p<0.0001 and r -0.17; p-0.03, respectively)
while no association was observée! with dysphoria (r 0.10; p^0.22). The strongest
psychological correlatc of BMI, i.e. BE-Appearance, was subsequently kept for furthcr
analyses.
120

Following a stepwisc analysis testing which personality traits could be considered as


potcntial predictors of BMI, a higher score of conscientiousness was identified as a
significant déterminant of a higher BMI, explaining 3.0 % of the variance (Model 1: t =
2.17; p=0.03). In a second model, in which BE-Appcarancc was added to
conscientiousness in the régression analysis, both psychological variables were found to
significantly contributc to BMI, explaining 14.2 % of the variance (Model 2: t = 2.57;
p=0.0I for conscientiousness and t = -4.40; p<0.0001 for BE-Appcarancc).

To quantify the univariatc relationships of eating behaviors with personality traits,


Spearman's corrélation analyses werc performed as presented in Table 1. Sevcral
significant corrélations were observed, with higher score of ncuroticism being positivcly
related to disinhibition and susccptibility to hunger. Whilc a higher score of
conscientiousness was associatcd with an increascd level of cognitive dictary restreint,
it was negatively related to disinhibition and susccptibility of hunger. Négative
associations were also observed bctwccn extraversion and disinhibition as well as
bctwccn extraversion or agreeableness and susccptibility of hunger. Although a higher
BMI was correlated with higher score for disinhibition (r 0.21 ; p-O.01), ail rcsults
observed remained significant after adjustment for BMI.

As presented in Table 2, Pearson's corrélation analyses werc conducted to détermine


which charactcristics of psychological functioning could be related to eating behaviors.
Higher score of dysphoria together with lowcr scores of BE-Appearance and BE-
Attribution were related lo a higher level of disinhibition. Dysphoria was also
positivcly correlated to susccptibility to hunger whereas no association was noted with
cognitive dictary restraint. Whilc BE-Appearancc was negatively related to
susccptibility lo hunger, a lowcr score of BE-Attribution was rather correlated to a
higher cognitive dictary restraint.

To examine which particular personality traits would be more closely related to


cognitive dictary restraint, a first multivariatc model containing cach of the fivc
personality traits was lested with a stepwisc analysis (Model I). As shown in Table 3,
higher scores of conscientiousness and ncuroticism werc identified as significant
predictors of a higher level of cognitive dictary restraint, explaining 6.0 % of the
variance in Model 1. Possible influences of psychological functioning on the
121

rclationships obscrvcd between cognitive dietary restraint, conscientiousness and


ncuroticism wcrc tcstcd in a second régression model (Modcl 2). In this model, thc
strongest psychological correlate of cognitive dietary restraint, i.c. BE-Attribution, was
added to conscientiousness and ncuroticism. Table 3 shows that conscientiousness and
ncuroticism rcmain significant prcdictors of cognitive dietary restraint, and that thc
addition of BE-Attribution did not change the results firstly observed (8.2% of the
varianec cxplaincd in the Model 2).

Prédictive value of pcrsonality traits was also assessed for disinhibition (Modcl I). Thc
only significant déterminant of disinhibition was ncuroticism, with a higher score of
ncuroticism cxplaining 13.7% of the variance in this first rcgrcssional modcl (Table 4).
Since dysphoria and BE-Appearancc wcrc identifîcd as thc strongcr corrclatcs of
disinhibition, thèse psychological variables wcrc added to ncuroticism in a second
rcgrcssional modcl (Modcl 2). Table 4 showed that when dysphoria and BE-
Appearancc are entered in thc équation, ncuroticism was no longer a signillcant
déterminant of disinhibition, flic final modcl cxplaincd 20.8% of thc varianec.

Finally, pcrsonality traits wcrc also tcstcd as prcdictors of siisceptibiiity to hunger in a


multivariatc modcl with a stcpwisc analysis (Modcl 1) and results arc presented in Table
5. A higher score of ncuroticism and a lower score of agreeablcncss wcrc identifîcd as
significant prcdictors of a higher level of siisceptibiiity to hunger, cxplaining 11.8 % of
thc varianec. Similarly to disinhibition, strongcr corrclatcs of susceptibility to hunger,
i.c. dysphoria and BE-Appcarancc, wcrc added to ncuroticism and agreeablcncss in a
second rcgrcssional modcl (Modcl 2). As shown in fable 5, when BE-Appcarancc is
added in thc équation, ncuroticism and agreeablcncss did not rcmain significant
contribuions for susceptibility lo hunger. Thc final model cxplaincd 14.5% of thc
varianec.

Discussion

Thc main objective of the présent study was to assess whelher pcrsonality traits are
relatcd lo BMI and cating behaviors in a samplc of overweight and obesc women.
Whilc only conscientiousness was relatcd to BMI, results indicale that particular
122

dimensions of pcrsonality are reflected in eating behaviors. A highcr lcvcl of


neuroticism was identified as a significant prcdictor of highcr scores for cognitivc
dictary rcstraint, disinhibition and susceptibility to hunger. It has also becn shown that
conscientiousness was a positive déterminant of cognitivc dictary rcstraint and that
agrecablcncss ncgativcly prcdictcd susceptibility to hunger. In addition, rcsults from
the présent study underlinc thc influence of psychological factors in the associations
observed between pcrsonality traits and some, but not ail, eating behaviors measured.
When dysphoria and BE-Appcarancc were included in thc régression analyses (Model
2), contributions of pcrsonality traits were no longer significant for both disinhibition
and susceptibility to hunger. Mcanwhile, after thc inclusion of BR-Attribution (model
2), conscientiousness and neuroticism rcmain significant déterminants of cognitivc
dictary rcstraint.

Prcvious studics have identified pcrsonality lacets rclatcd to neuroticism or négative


l417 :,<)
affect as significant predictors of disinhibition and susceptibility to hunger - .
Findings from thc présent study go beyond thèse observations by demonstrating that thc
associations between pcrsonality traits, disinhibition and susceptibility to hunger could
bc more strongly mediatcd by other psychological variables. As shown in thc current
literaturc, women who arc charactcrizcd by a général tendency to expérience négative
affect may bc prone to exhibil difficultés related to their psychological Punctioning in
général and to présent eating disorders . It could thereforc bc suggested that
neuroticism may prédispose to parlicular psychological disturbances, such as dysphoria
and dissatisfaction towards onc's appearanec. Thèse psychological charactcristics could
cventually bc rclatcd to non-normative eating behaviors, and then being involved in the
susceptibility of becoming obèse. As long as various life events are perecived with a
greater emotionality, individuals who arc sensitive and at highcr risk to expérience
négative affect may respond to thèse situations by fecling depressed or dissatislled with
their appearanec, and then overeating. Furthcrmore, oui" current "loxic environment", in
which appetite and hunger are often triggered by palatablc, abundant and affordable
foods ' , may rcprcsenl a constant challenge for individuals who arc highly sensitive.
Thcy could consider eating as a bchavioral strategy used to cope with their mood and
emotional prédisposition . Thèse individuals may also face difficultés in managing
their eating behaviors if underlying psychological factors, such as dysphoria and poorcr
body esteem, are ignored or denied. To address cffcctivcly thc issue of eating
123

behavioral changes, variables of psychological functioning appear to be relevant


proximal clinical targets, compared to personality traits which are harder to modify.
Interventions that directly focus on dysphoria, body esteem as wcll as mood régulation
could be part of an interdisciplinary model of weight management ', such as what is
actually being donc in the treatment of eating disorders .

l4 A
In accordancc with previous studies ' , findings observed in the présent study suggest
a significant contribution of both conscicntiousncss and neuroticism to cognitive dictary
restraint. Thèse results may suggcst that in order to maintain a conscious control ovcr
food intakc, the présence of conscientiousness could be necessary, which is in
agreement with the définition of cognitive dictary restraint that obviously implics sclf-
control. On the other hand, to cxplain the positive association reported between
neuroticism and cognitive dictary restraint, it could be suggested that attempts to control
food intakc may be considered, such as with disinhibition, as a behavioral strategy used
to dcal with the présence of négative affect. To support this explanation, it is of interest
to underline that neuroticism lias been consistently observed in eating-disordered
women , a population also charactcrizcd by higher scores of cognitive dictary
40
restraint .

Whilc agrceablencss lias bcen previously identified as a less important personality trait
when compared to conscientiousness and neuroticism in the understanding of eating
l4
behaviors , the présent study showed that agrceablencss negatively predicted
susceptibility to hunger. A récent meta-analysis reported a négative association
between various psychological symptoms and agrceablencss , which suggests that
higher lcvcls of agrceablencss may be of benefit for mental health, and could therefore
bc rclatcd to hcalthicr behavioral factors. Neverthelcss, women from the présent sample
werc charactcrizcd, in average, by a very high score of agrceablencss in comparison to a
standard référence group of women " . This parlicularity limils the generalization of
results observed, but may underline that higher lcvcls of agrceablencss appear to bc an
important feature of overweight and obese women who are involvcd in a weight-
management study.

In the présent sample, a positive association was observed between conscientiousness


and BMI. This finding appears to bc in opposition with the lowcr score of self-
124

directcdncss previously observcd in a community obcsc population as well as with the


common bias toward obcse individuals that defines thcm as lacking of sclf-control or
willpower 22. In the current study, in which overweight and obcsc women acceptcd to
takc part to an intervention, thosc with a highcr BMI appear to bc characterizcd as bcing
purposcful, strong-willed and determined. Conscientiousncss was also positivcly
rclated to cognitive dietary restraint in this samplc. Considering that a highcr score of
cognitive dietary restraint rcflccts a conscious control of food intakc when someone is
concerned about his shape and wcight, it may indicatc thaï women with a highcr wcight
status are task-oriented and cognitivcly attempt to reduce their food intake. While some
cognitive control of food intake is required to lose weight 4I ' 42 , it could bc hypothesized
that the présence of a very high level of conscientiousncss when making efforts to
control cating could be counterproductive, since thèse women still have a highcr BMI.
In addition, the fact that ail women involvcd in this study werc prcoccupicd by their
weight and cating could have influeneed the positive association observcd between
conscientiousncss and BMI.

Conclusion

In sLimmary, rcsults from the présent study suggest that neuroticism, conscientiousncss,
agrccablencss, and psychological funclioning are relevant factors that contributc to a
better understanding of BMI and cating behaviors. From a clinical vicwpoint,
measurcment of pcrsonality traits could bc use fui to identify overweight and obcsc
women that may be at risk to display non-normative cating behaviors, which in turn
may impede their attempts to manage their body wcight. In addition, rcsulls from the
présent study suggest that cating behaviors and psychological factors should bc both
integrated in weight-management interventions '', thèse two components bcing
involvcd at différent stages of action. Improvcmcnts in non-normative cating behaviors,
such as reducing overcating épisodes or cating less often in the absence of hunger, could
bc considered as the first clinical target. Difficulties in achieving hcalthicr cating
behaviors may although be cxpcrienccd by some individuals, sinec the rccurrcncc of
overcating is frcquently observcd in a number of pcoplc . To assist thèse individuals in
their attempts to achieve hcalthy behaviors, variables rclated to psychological
funclioning could then bc identificd as relevant clinical targets. In an integrated wcight-
125

management approach, this part of the treatment could aim to support individuals in
their efforts toward health behaviors changes by achieving a better psychological wcll-
being. Finally, for individuals who still expérience failures in the achicvcmcnt of
healthier cating behaviors and improved psychological profile, the présence of
particular pcrsonality traits may be of concern. Thèse underlying factors of proximal
psychological variables could therefore represent the last target, which suggest an
extensive participation of psychologists in this integrated weight-management approach.
Nevertheless, due to the cross-sectional nature of the current study, longitudinal and
clinical studics will hâve to bc conducted to address the relcvancc of this proposed
integrated approach with regard to cating behavior changes and wcight management.

Acknowledgements

This rescarch project was supported by the Canadian Institutcs of Health Research
(MOP-64226) and Danone Institutc. V.P. is récipient of a studentship from the Fonds de
la recherche en santé du Québec; S.L. is a rescarch scholar from the Fonds de la
recherche en santé du Québec. A.T. is partly funded by the Canada Rescarch Chair in
Physical Activity, Nutrition, and Energy Balance. Wc would likc to underline the
excellent work of ail rescarch profcssionals that were involvcd in this study (Geneviève
Alain, Louise Corneau, Julie Doyon, Jo-Annc Gilbert and Natacha Godbout) as wcll as
the rescarch nurses (Danicllc Aubin and Claire Julien). The authors would likc to
express their gratitude to the subjeets for their participation in this study.
126

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129

Table 1 : Spearman corrélation coefficients for the association between personality


traits and eating behaviors (N=152).
N E O A C
Cognitive restraint 0.14 0.07 -0.12 -0.06 0.16*
Disinhibition 017*** -0.29** 0.02 -0.15 -0.21**
Hunger 0.29** -0.29** 0.03 -0.27** -0.25**
N: Neuroticism; E: Extraversion; O: Openness to expérience; A: Agreeahleness; C:
Conscientiousness.
AU corrélations remain significant when adjusted for BMI.
Signi/icant corrélation; *p<0.05; **p<0.01; ***p<0.000]
130

Table 2: Pearson corrélation coefficients for the association between eating


behaviors, dysphoria and body esteem (N=152).
Dysphoria m: -Appearance BE-Attribution
Cognitive restraint 0.10 -0.11 0.17*
Disinhibition 0 3g*** -0.35*** -0.23**
Hungcr 0.27** -0.28** -0.07
Significatif corrélation: *p<0.05; **p<0.01; ***p<0.0001
131

Table 3: Multivariate régression analyses for the contributions of personality traits


(and body esteem) to the variance of cognitive dietary restraint (n=152).
Standardized régression t value p value
coefficient (SE)
Model 1
Conscientiousness 0.23 (0.03) 2.77 0.006
Neuroticism 0.18(0.03) 2.19 0.03
Model 2
Conscientiousness 0.20 (0.03) 2.32 0.02
Neuroticism 0.20 (0.03) 2.42 0.02
BE-Attribution 0.16(0.64) 1.88 0.06
Model 1: Neuroticism, Extraversion, Openness to expérience, Agreeahleness and
Conscientiousness were introduced in this model; F - 4.72, p — 0.01 ; R-Square =
6.0%.
Model 2: Conscientiousness, Neuroticism and body esteem related to attribution were
introduced in this model; F = 4.38, p = 0.006; R-Square = 8.2%
132

Table 4: Multivariatc régression analyses for the contributions of pcrsonality traits


(and dysphoria and body esteem) to the varianec of disinhibition (n=152).
Standardizcd régression t value p value
coefficient (SE)
Model 1
Neuroticism 0.37 (0.02) 4.89 <0.00(
Model 2
Neuroticism 0.18(0.03) 1.87 0.06
Dysphoria 0.19(0.04) 2.01 0.05
BE- Appearance -0.19(0.43) -2.36 0.02
Model I: Neuroticism, Extraversion, Openness to expérience, Agreeableness and
Conscientiousness were introduced in this model; F - 23.90, p<0.0001; R-Square =
13.7%.
Model 2: Neuroticism, dysphoria and body esteem related to appearance were
introduced in this model; F - 12.86, p<0.0001; R-Square = 20.8%
133

Table 5: Multivariate régression analyses for the contributions of personality traits


(and dysphoria and body esteem) to the variance of susccptibility to hunger
(n=152).
Standardized régression t value /; value
coefficient (SE)
Model 1
Neuroticism 0.23 (0.03) 2.81 0.005
Agreeablencss -0.18(0.03) -2.20 0.03
Model 2
Neuroticism 0.15(0.03) 1.51 0.13
Agreeablencss -0.15(0.03) -1.76 0.08
Dysphoria 0.05 (0.05) 0.46 0.65
BE- Appcarancc -0.17(0.51) -1.94 0.05
Model 1: Neuroticism, Extraversion, Openness to expérience, Agreeableness and
Conscientiousness were introduced in this model; F == 10.01, p<0.0001 ; R-Square =
11.8%.
Model 2: Neuroticism, dysphoria and body esteem related to appearance were
introduced in this model; F = 6.20, p<0.0001; R-Square = 14.5%
134

Chapitre 6.

Effets à court terme d'une intervention s'inspirant du nouveau paradigme en


matière de gestion du poids sur les comportements alimentaires et les sensations
reliées à l'appétit.

Véronique Provcnchcr, Catherine Bégin, Angelo Tremblay, Lync Mongcau, Sonia


Boivin et Simone Lcmicux.

Cette étude visait à évaluer les effets d'une intervention s'inspirant du nouveau
paradigme en matière de gestion du poids sur les comportements alimentaires et les
sensations reliées à l'appétit chez 144 femmes présentant un surplus de poids. Les
femmes ont été réparties aléatoirement dans trois groupes : 1) intervention nouveau
paradigme (NP), 2) intervention soutien social (SS) et 3) témoin (sans intervention)
(N=48/groupc). Les interventions ont été conduites sur une période de 4 mois et les
données ont été recueillies avant et après cette période. Les comportements alimentaires
(restriction, desinhibition et susceptibilité à la faim) ont été évalués à l'aide du Three-
Factor Eating Questionnaire. Les sensations reliées à l'appétit (désir de manger, faim,
satiété et propension à la consommation de nourriture) ont été mesurées selon des
échelles visuelles analogues avant cl après un déjeuner standardisé. En comparaison
avec les groupes SS et témoin, une diminution plus importante de la susceptibilité à la
faim a été notée chez le groupe NP (p-0.05 et p=0.02, respectivement). Le désir de
manger après le repas a aussi connu une diminution plus importante chez le groupe NP
par rapport aux groupes SS et témoin (p-0.02 pour chacun). Une perte de poids a été
observée après 4 mois d'intervention chez le groupe NP (-1.6 + 2.5 kg; p<0.0001),
quoiqu'elle n'était pas différente des changements observés dans les groupes SS et
témoin (p-0.09). Une augmentation de la restriction llcxible était associée à une perte
de poids plus importante chez les groupes NP et SS (r—0.39; p<0.01 et r—0.37; p<0.05,
respectivement) alors que la perte de poids était négativement reliée à la susceptibilité
habituelle face à la desinhibition dans les groupes NP et témoin (r=0.31; p<0.05 et
r=0.44; p<0.05, respectivement). Ces résultats suggèrent qu'une intervention NP
pourrait avoir des effets significatifs sur les comportements alimentaires et les
sensations reliées à l'appétit chez des femmes présentant un surplus de poids.
135

Short-term effects of a "Health-At-Every-Size" approach on eating behaviors and


appetite ratings.

Véronique Provenchcr1, Catherine Bégin2, Angelo Tremblay1, Lyne Mongeau4, Sonia


Boivin5 and Simone Lcmicux1.

Institute of Nutraccuticals and Functional Foods, Department of Food Science and


Nutrition, Laval Univcrsity, Québec, Canada.; School of Psychology, Laval
3
Univcrsity, Québec, Canada.; Division of Kinesiology, Department of Préventive and
4
Social Medicine, Laval Univcrsity, Québec, Canada.; Institut national de santé
publique du Québec, Montréal, Québec, Canada. ; ' Eating Disordcrs Trcatmcnt
Prograin, CIIUL, CHUQ, Laval Univcrsity, Québec, Canada.

Address of correspondence:

Simone Lcmicux, Ph.D., Institute of Nutraccuticals and Functional Foods

2440, Hochelaga Blvd. Laval Univcrsity, Québec, Québec, Canada, G1K 7P4

Phone: (418) 656-2131 ext.: 3637

Fax:(418)656-5877

E-mail: simone.lemieux@aln.ulaval.ca

Supported by the Canadian Institutes of Health Research (MOP-64226) and Danone


Institute.

kunning head: HAES, eating behaviors and appetite ratings.

Référence de Particle:

Provenchcr V, Bégin C, Tremblay A, Mongeau L, Boivin S , Lcmicux S. Short-term


effects of a "1 lealth-At-Evcry-Size" approach on eating behaviors and appetite ratings.
Obesity 2007 Apr;15(4):957-66.
136

Abstract

Objective: To assess the effects of a "Health-At-Evcry-Size" intervention (HAES) on


eating behaviors and appetite ratings in 144 pre-mcnopausal overweight women.
Research Mcthods and Procédures: Women were randomly assigned to one of thc 3
groups (HAES group, social support (SS) group and control group; N=48 in each
group). Interventions were conducted over a 4-month period and mcasurcments wcrc
taken bcforc and aftcr this period. Eating behaviors (cognitive dictary restreint,
disinhibition and susceptibility to hungcr) wcrc evaluatcd by thc "Thrcc-Factor Eating
Questionnaire". Appetite ratings (dcsirc to cat, hunger, fullness and prospective food
consumption (PFC)) wcrc assessed by visual analogue scalcs bcforc and aftcr a
standardized breakfast.
Results: More important dccrcascs in susceptibility to hungcr and cxtcrnal hungcr were
observed in the HAES group whcn comparcd to the SS group (p=0.05, for susceptibility
to hungcr) and to the control group (p^-0.02 and p=0.005, for susceptibility to hungcr
and cxtcrnal hungcr, rcspectivcly). In addition, women from the HAES group had more
important dccrcascs in postprandial arca under the curve for dcsirc to cat (p=0.02) and
hungcr (p=0.04) whcn comparcd to thc control group, the change in thc dcsirc to cat
being also différent than thc onc observed in SS group (p=0.02). Women from the
HAES group cxpcricnccd significant weight loss at 4-month (-1.6 ± 2.5 kg; p<0.00()l),
which did not cliffer significantly from the SS and control groups (p=0.09). An inercase
in flexible restraint was significantly related to a greater weight loss in both HAES and
SS groups (r— 0.39; p<0.01 and r=-0.37; p<0.05, rcspectivcly). A dccrcasc in habituai
susceptibility to disinhibition was also associatcd with a greater weight loss in HAES
and control groups (r=0.31; p<0.05 and r=0.44; p<0.05, rcspectivcly).
Discussion: Thèse results suggest that a HAES intervention could hâve significant
effects on eating behaviors and appetite ratings in prc-mcnopausal overweight women,
whcn comparcd to a SS intervention or a control group.

Keys words: Wcight-managemcnt, new weight paradigm, Thrcc-Factor Eating


Questionnaire, visual analogue scalcs, appetite.
137

Introduction

Weight management is a critical issue in developed countrics whcrc the prevalence of


obcsity is constantly increasing '' . In an attcmpt to fight this obcsity épidémie, weight-
loss programs, focusing on lowcring energy intakc (caloric-restrictcd diet) and
increasing physical activity, hâve been developed . Even if hypocaloric diets
successfully reducc body weight in the short-term, only 20% to 30% of
overweight/obesc individuals are maintaining their weight loss after 1 to 3 ycars, and
this percentage is even lowcr after 3 to 5 years 4'5.

Différent factors have been identifïcd to explain better why it may be difficult for most
individuals to maintain weight loss. Behavioral factors such as disinhibited cating,
hungcr, binge cating and cating in rcsponsc to négative émotions and stress have been
relatcd to weight regain " . It lias also been suggestcd that restrictive diets could have
négative effects on cating behaviors such as an increasc in appetite ° and an inercase in
frequency of obsessive thoughts about food and cating ". Thèse observations underlinc
how much weight maintenance could bc difficult to carry out successfully, sinec the
main way to achieve weight loss (calorie-rcstricted diet) may also bc relatcd to factors
enhancing weight regain in the long term.

Considering that weight loss is obviously difficult to maintain on a long-tcrm basis \


l() 12
together with the possible harmful effects of restrictive dieting " , some researchers
have suggestcd a shift from the traditional obcsity treatment paradigm. Instcad of
considering weight loss as the main outeome, weight management is rather viewed from
a hcalth-ccntcrcd approach, in which it is argued that health is relatcd to behaviors
independently of body weight status . This new weight paradigm, referred to as
"Health-At-Uvcry-Sizc" (HAHS), is focusing on a healthy lifestyle by promoting overall
health benefits of behavioral changes relatcd to dietary habits and physical activity, and
is emphasizing on self-acceptance and wcll-bcing . Studies on the effects of a IIAliS
approach showed signilicant improvements in psychological variables (e.g. dépression,
body image and self-esteem) and a dccrcasc in disinhibition, susceptibility to hungcr
and/or binge cating behaviors, even if no significant weight loss was observed "' .
However, some inconsistent results with regard to the effects of HAES approach on
restrained cating patterns have been observed in previous studies " " .
138

Even if récognition of hunger and satiety signais is an important issue in HAES


approach, less is known about its observable effects on régulation of food intake. To
our knowlcdgc, no study lias yct rcportcd the impact of a HAES approach on appetite
sensations measured following a standardizcd meal. Also, an important charactcristic of
most HAES interventions is that they hâve been conducted in group setting l5" 7. Thus,
it is of relcvancc to take into account the effects of social support on changes observed
in HAES studics, since social support could be a factor rclated to changes in health-
rclated behaviors .

The main objective of this study was to assess the effects of a HAES approach on cating
behaviors and appetite sensations. More spccifically, after an intervention period of 4
inonths, changes in cating behaviors and appetite sensations werc compared between 3
groups: 1) HAES intervention group (HAES group); 2) social support intervention
group (SS group) and 3) control group. Prcvious studics on the effects of HAES
approaches showed significant deercases in disinhibition and susceptibility to hunger,
and thèse changes hâve been rclated to better weight management 9 . Thercforc, it could
be hypothesized that, in comparison with SS and control groups, a more important
decrease in disinhibition and susceptibility to hunger (and their rclated subscales) would
be observed in the HAES group. Relationships between cating behaviors and appetite
sensations as wcll as their associations with weight changes were also examincd in
ordcr to further address if body weight changes could bc associated to changes in cating
behaviors and appetite sensations.

Methods

Participants
This study was conducted among a sample of 144 premenopausal women (mcan âge of
42.3 + 5.6 y), recruited through différent média in the Québec City metropolitan arca.
Ail women included in this study were overweight or obèse (body mass index (BM1)
between 25 to 35 kg/m2), had a stable weight for at lcast 2 months ( t 2.5 kg), were not
currcntly dieting to lose weight, were not taking oral conlraccptivc, were not pregnant
or lactating, werc not presenting metabolic or important psychological disorders and
139

were not under treatment for coronary heart diseasc, diabètes, dyslipidcmia, dépression
or endocrine disorders (cxccpt stable thyroid disease). Womcn were also charactcrizcd
by a préoccupation about thcir wcight and eating, following criteria defincd by Grodner
21
: 1) to show over concern with shape and wcight, 2) to exhibit restriction over food
choices for at least two years and 3) to be unsucccssful in previous attempts to lose
weight (for at least thc past two years). Prior to their participation to the study, cach
woman signed an informed consent document which was approved by thc LavalPP
''"'University Research Ethics Committcc.

Study design
The présent study is a randomized controlled trial in which participants were recruited
during four cqual phases of testing and intervention (Septcmber 2003, January 2004,
Scptember 2004 and January 2005). Randomization was performed within each phase,
and womcn were then assigned to onc of thc 3 treatment conditions: HAES group
(N=48), SS group (N-48) and control group (N=48). Evcn if subjects were ail
randomized before bascline testing in order to optimize appointaient scheduling, they
lcarncd their group assignment only after they did their bascline measurements to avoid
polential bias. Womcn were tested during the follicular phase of thcir mcnstrual cycle to
control for potcntial impact of hormonal variation on nutritional and psychological
variables. I lowever, somc womcn were cxceptionally tested at another moment of their
cycle mainly because they had an irregular cycle (N=4). Whcn thèse womcn were
excluded from the présent analyses, similar results were observed. Ail measurements
were taken at bascline (T=0) and at thc end of the intervention period (T=4-month) in
thc 3 treatment conditions (IIAES group, SS group and control group). Follow-up
measurements will be completed at 6 montas (T-10-month) and 1 ycar (T-16-month)
post-intervention for ail women under study.

Description of treatment conditions


The IIAES intervention (N 48) was conducted into small groups of 12 womcn and 14
wcekly sessions were scheduled (13 3h-evening sessions and 1 intensive-day session of
6 hours). For each phase of intervention, thc samc registered dictician and clinical
psychologist were in charge of the group (they previously rcccivcd an intensive training
to provide the IIAES approach tested; sec http://www.equilibrc.ca/ for more détails).
This IIAES intervention, named Choisir de Maigrir? ("Whal about losing wcight?"), is
140

focusing on gênerai wcll-being as well as positive ways of having a hcalthy and


satisfying lifestyle. Supported by lectures, guided sclf-reflection and observations,
group discussions as wcll as practical exercises, this intervention aimed at enhancing
awarcness and knowledgc about biological, psychological and sociocultural aspects of
body wcight. Différent thèmes were presented during sessions such as realistic
objectives with regard to wcight loss (according to energy intakc and cnergy
expenditurc). A weekly food diary and group discussions were used to facilitatc the
récognition of internai eues of hunger and saticty (ratcd on a 3-point scalc) and the
identification of external influences on eating behaviors and cnergy intakc. Enjoymcnt
of physical activity and hcalthy nutrition and acceptation regarding thcir own and
others' body image were also discussed. Following the 14 sessions of intervention,
womcn should bc able to take thcir own and well-informcd décision about losing wcight
or not, which is translatcd by the establishment of an individualized action plan to bc
pursued on the long term.

Similarly to the I1AES group, the SS intervention (N=48) was conducted in small
groups of 12 womcn and 14 wcckly sessions were planncd (14 2h-evcning sessions). In
order to control for potcntial bias rclatcd to providers, the samc registered dietician and
clinical psychologist involvcd in the HAES group were also in charge of the SS group
for the 4 phases of intervention. Each HAES and SS session was videotaped and tapes
werc reviewed by 2 investigators of the study (S.L. and C.B.) to ensure that the
interventions were appropriate. The main objective of the SS intervention was to
reproduce a structural social support provided by the group itself, as it can bc observed
in a group setting. To achieve this purpose, each theme discussed in the HAES group
was repeated in the SS group, following the same chronology. Ilowever, the registered
dietician and the clinical psychologist werc not counsellors (as in the HAES group), but
were rather acting as facilitators in the group discussion (SS group). Thcreforc, no
spécifie information, exercise or counsclling was provided to participants. Womcn
joincd logcthcr to discuss and share about wcight and health issues as wcll as to offer
thcir support to each other.

The control group (N^4S) was a wailing list control condition in which womcn werc
instructed to follow thcir usual lifestyle habits. Thcreforc, during the 4-month
intervention period, thèse womcn did not rcccivc any form of contact from the rescarch
141

team. At the end of the 4-month intervention period, women from the control group
werc invitcd for post-intervention testing, as performed in women from HA ES and SS
groups.

Measurcments of dépendent variables

Eating behaviors
The TFEQ is a 51-item validated questionnaire "" which assesses three factors that
refer to cognitions and behaviors associated with cating: cognitive dictary restreint
(eonscious control of food intakc with concerns about shape and weight), disinhibition
(ovcrconsumption of food in rcsponsc to a variety of stimuli associated with a loss of
control on food intake), susceptibility to hunger (food intake in response to feclings and
perceptions of hunger). More spécifie subscales can also bc derived from thèse three
gênerai cating behaviors ' : rigid restraint (dichotomous, all-or-nothing approach to
cating, dicting and weight), llcxiblc restraint (graduai approach to eating, dicting and
weight), habituai susceptibility to disinhibition (behaviors that may occur when
circumstanccs prédispose to récurrent disinhibition), emotional susceptibility to
disinhibition (disinhibition associated with négative affective states), situational
susceptibility to disinhibition (disinhibition initiatcd by spécifie cnvironmcntal eues),
internai hunger (hunger interpreted and rcgulatcd internally) and external hunger
(triggered by external eues).

Appctitc sensations
Following a 12-hr overnight fast, cach woman was invitcd to eat a standardized
breakfast (601 kcal) and to rate lier appctitc sensations aecording to 4 visual analogue
scales (ranging from 0 to 150 mm): désire to eat, hunger, fullness and prospective food
consumption (PFC) (adapted from ~7). Appctitc sensations werc recorded beforc,
immediately after and al 10, 20, 30, 40, 50 and 60 minutes after the consumption of the
standardized breakfast. Questions werc askcd as follows: Ilow strong is your desire to
eat? (Vcry weak to very strong); Ilow hungry do you feel? (Not hungry at ail to as
hungry as I ever felt); Ilow lu 11 do you feel (Not full at ail to very full); How much food
do you think you could eat? (Nothing at ail to a large amount). Aecording to the
trapezoid method, as described by Doucct et al. , lh post-meal area under the curve
142

(lh AUC) in response to thc standardizcd breakfast was calculated for each appctitc
sensation.

Anthropométrie profile
Hcight, body wcight and body mass index (BMI) were determined according to
J
standardizcd procédures, as recoinmended at thc Airlic Conférence . Hcight was
measured to the ncarest millimeter with a stadiometer, and body weight was measured
to the ncarest 0.1 kg on a calibratcd balance. Participants werc askcd to dress lightly and
to remove thcir shocs for thèse measurcments.

Statistical anaiysis
Analyses werc performed with ail participants in thc study for which data werc
available at post-intervention testing (T=4-month; N=121). An anaiysis of variancc was
performed to assess différences bctwccn groups for ail variables measured at basclinc.
Thc MIXBD procédure for repeated measurcments was performed to détermine
différences among and between groups rcgarding short-tcrm changes in cating
behaviors, appctitc sensations (fasting and lh AUC) and body weight. Onc-tailcd tests
of significancc arc rcportcd for disinhibition, susceptibility to hungcr and thcir rclated
subscales because directional hypothèses werc established for thèse variables.
Howcvcr, since prior studies did not report consistent rcsults with regard lo cxpcctcd
changes in cognitive dietary restraint and body weight l5"2 , and sinec thc effects of a
IlARS intervention on appctitc sensations have not been yct rcportcd, it was decided to
use two-tailcd lests for thèse variables. Pearson's corrélation analyses werc also
conducted to quantify thc univariatc rclalionships between cating behaviors and appctitc
sensations (for basclinc values and short-tcrm changes) as well as their associations
with short-tcrm changes in body weight. For variables not normally distributed, a log-
transformation was performed. The probability level for significancc used for thc
interprétation of ail statistical analyses was set at an alpha level of p<0.05. Ail analyses
were performed by using SAS statistical software (SAS Institutc, Cary, N.C., USA).
143

Rcsults

For ail variables measurcd in thc présent study, no différences werc observed at baseline
between the threc groups. Womcn from the HAES, SS and control group had a mcan
BMI of 30.1 ± 3.0 kg/mP2p, 30.6 ± 3.1 kg/mP2l> and 30.7 ± 3.1 kg/mP2, respectively.
Women attended to 11 ± 3 sessions for the 1IAES group and 9 ± 5 sessions for thc SS
group (p=0.03). Attrition rates of 8.3%, 18.8% and 20.8% werc observed for the
HAES, SS and control groups, respectively.

Table 1 shows différences observed in cating behaviors between the 3 groups. A


significant increase in flexible restraint was observed in thc HAES group while
disinhibition and susceptibility to hunger (and ail thcir subscales) significantly
decreascd in this group. In the SS group, scores for disinhibition, situational
susceptibility to disinhibition and cxtcrnal hunger significantly decreascd. In thc
control group, a significant réduction in disinhibition as wcll as in habituai and
situational susceptibility to disinhibition was observed. Table 1 also shows that womcn
from thc HAES group had a significantly more important dccrcasc in susceptibility to
hunger whcn comparcd to thc SS and control groups. Thc dccrcasc observed for
cxtcrnal hunger was also more important in women from the HAES group than in
womcn from the control group.

Table 2 shows that womcn from thc IIAHS group had higher desire to cal and hunger in
fasting statc aller thc intervention while no significant changes in response to thc
intervention werc observed in thc SS and control group. Ilowcvcr, lh AUC for desire
to cat and hunger significantly decreascd at 4 months in the HAES group and this
dccrcasc was also significantly différent from slightly inercases observed in thc SS and
control groups for thèse appetite sensations.

Additional analyses werc performed in which baseline values of dépendent variables


studied werc added as covariates into stalistieal modcls. For cating behaviors, the
inclusion of baseline values in thc modcls did not hâve a significant effect on rcsults
obtaincd, i.c. between-group différences werc still observed for susceptibility to hunger
and external hunger. Whcn baseline values werc added in the statistical model for lh
AUC for desire to cat and hunger, différences observed between groups for changes in
144

lh AUC for désire to eat and hungcr wcre not significant anymorc. In addition, thc
impact of basclinc values on changes in lh AUC for désire to eat and hungcr was not
thc samc in the 3 groups, as reflcctcd by a significant basclinc lh AUC for desire to eat
by group interaction and also by a significant basclinc lh AUC for hungcr by group
interaction. To further address this issue, additional analyses werc performed by
stratifying thc samplc according to the médian of basclinc values (médian for AUC of
desire to eat = 612.5 mm x min. and médian for AUC of hungcr = 775.0 mm x min.).
With this second set of analyses, significant between-group différences in changes in lh
AUC for desire to eat and hungcr werc observed in thc subsample of women having lh
AUC at basclinc above the médian value while between-group différences werc not
significant in thc subsample of women with basclinc I h AUC values below thc médian.

Table 3 présents rclationships between eating behaviors and appetite sensations at


basclinc. Cognitive dietary restraint was positivcly associated with desire to eat in thc
fasting statc and with lh AUC for fullness while it was invcrscly associated with lh
AUC for PFC. Disinhibition was positivcly correlatcd with PFC in the fasting statc and
with AUC for desire to eat, fullness and PFC. Susceptibility to hungcr was positivcly
correlatcd with fasting and lh AUC values for desire to eat, hungcr and PFC. A
négative association was observed between susceptibility to hunger and lh AUC for
fullness.

Since significant short-term changes in susceptibility to hungcr and its subscalcs as well
as in lh AUC for desire to eat and hungcr wcre observed in the IIABS group,
corrélations werc performed between changes in thèse variables. As observed in Figure
1, susceptibility to hunger and internai hunger wcre positivcly related to lh AUC for
hungcr. Similar associations wcre observed with change in lh AUC1 l'or desire to cal
(data not shown).

A significant decrease in body wcight was observed in the HAES group (-1.6 i 2.5 kg;
p<0.0001 or 2.0% of thc initial wcight) while wcight loss observed in thc SS and control
groups was not significant (SS group: -0.8 + 2.2 kg; p=0.07 and control group: -0.4 I
3.0 kg; p 0.28). Ilowever, no significant group différences werc observed for changes
in body wcight (p=0.09). To further address whether wcight loss was rclatcd to changes
in eating behaviors and appetite sensations, correlational analyses werc conducted in thc
145

3 groups into study and results are presented in Table 4. A highcr increasc in flexible
restraint was significantly relatcd to a more important dccrcasc in body weight in both
HAES and SS groups while in the control group, weight loss was relatcd to a highcr
increasc in cognitive dictary restraint. A more important dccrcasc in habituai
susceptibility to disinhibition was also associated with a more important dccrcasc in
body weight in HAES and control groups. No relationships werc observed belween
changes in appetite sensations and changes in body weight.

Discussion

The aim of this study was to asscss the effects of a HAES approach on eating bchaviors
and appetite sensations, in comparison to SS and control groups. Although results
showed significant changes in eating bchaviors for the three groups studied, women
from the HAES group presented more important deercases in susceptibility to hunger
and cxtcrnal hunger compared to the control group and a more important dccrcasc in
susceptibility to hunger compared to the SS group. Changes in appetite ratings werc
also observed only in women from the HAES group, with a more important dccrcasc in
lh AUC for désire to cat in comparison with women from the SS group and control
groups. Thcsc results suggest that a HAES approach could hâve bénéficiai effecls on
particular eating bchaviors and appetite sensations, when compared to a social support
intervention or a control group.

l5 l8,l9
As prcviously observed in olher studies - ) susceptibility lo hunger significantly
decreased in women from the HAES group, with a dccrcasc in cxtcrnal hunger. Women
from the HAES group had also significantly lowcr post-mcal ratings for désire lo cat
and hunger than the control group and also lowcr post-mcal raling for désire to eat than
the SS group, even if their ratings for thèse appetite sensations have increased in the
lasting state. On the contrary, in a study conducted in weight-redueed subjects
following calorie-restricted diet, no changes werc notcd in their postprandial ratings for
désire to cat, hunger and PFC following a standardized breakfast in spite of increases
observed in fasting ratings for thcsc appetite sensations . In addition, effects of IIAES
approach appear to be more bénéficiai in women having highcr postprandial ratings for
désire to cat and hunger at basclinc. Data on observable effects of a HAES approach on
146

appetite sensations are new findings in this arca of rcscarch and it may be argued that
thèse womcn dcvclopcd a beltcr ability to be conscious of their physical signais of
hunger and satiety. Thèse improvements could be explaincd by the emphasis on a better
perception of hunger and satiety signais promoted in the HAES intervention compared
to the other groups. For cxamplc, the food diary which aimed al enhancing
consciousness about level of hunger and satiety at each mcal may be onc of the factors
involvcd to cxplain our findings. Thus, dcvcloping skills to differentiatc real feelings of
hunger from external stimuli may be an important aspect of HAES interventions, which
could bc translatcd in lowcr susceptibility to hunger and appetite sensations.

Following a HAES intervention, a significant dccrcasc in disinhibition lias bcen


l5 l8 l9
reportcd ' ' 5 as observed in the présent study. However, this bénéficiai effect does
not appear to bc distinctive of the HAES intervention, sinec a similar dccrcasc in
disinhibition also occurrcd in womcn involvcd in the SS and control gioups. A similar
dccrcasc in disinhibition lias also bcen shown in individuals who followed caloric-
|S|X (,:,()
restricted dicts in order to lose weight ' Thus, différent types of interventions
seem to bc effective in reducing disinhibition in the short-term suggesting that this
cating behavior may be sensitive to sevcral stratégies toward its change, as it lias bcen
prcviously observed for binge-cating disorder . Ncverthclcss, the maintenance of
thèse behavioural changes could bc questioned with regard to motives supporting
improvement and it could bc argued that Irue behavioral changes may only be
maintained on the long-lcrm in thosc who really internalized new lifestyle behaviors .
Long-term follow-up data will be of interest to assess if the HAES intervention will lcad
to a better maintenance of redueed disinhibition scores, sinec this approach is based on
more internai ways to cope with disinhibition.

As opposed to traditional weight-loss diets in which an inercase in cognitive dietary


restraint has been observed ' , studics regarding the effects of a HAES approach on
cating behaviors usually document a dccrcasc in restrained cating patterns '' '. In
the présent study, scores in cognitive dietary restraint did not significantly dccrcasc after
4 months in any of our study groups. It appears relevant to specify that varions
questionnaires bave bcen used to assess changes in restraint following a HAES
intervention, such as TFEQ, Restraint Scale and Dutch Eating Behavior Questionnaire.
Even if ail thèse measurements of restraint have bcen shown to share common variance
147

, it has becn previously suggested that each scale may represent différent aspects of
24
thc gênerai construct of restraint '" and questionnaires cannot bc substituted to each
other. Results from our study can only be comparcd to studies reported rcsults from thc
TFEQ in which a decrease in cognitive dietary restraint was reported by Bacon et al.
15 18
' and Sbrocco et al. 20 while cognitive dietary restraint slightly increased in thc study
of Rapoport et al.19.

A significant increase in flexible restraint was observed in women from the HAES
group, but this change did not differ from SS and control groups. This is somehow
différent from what has been observed in thc study of Bacon et al. in which a decrease
in rigid restraint has been noted . Thc assessment of flexible and rigid restraint has
been previously proposcd by Westcnhocfcr et al. 25 in order to refîne thc définition of
cognitive dietary restraint by representing its distinct aspects. In fact, opposite effects
of flexible and rigid restraint on anthropométrie parameters have becn observed in
previous studies, with rigid restraint being rclated to a higher BMI 25'3S. In addition, it
has becn proposed that flexible restraint would bc an cating behavior that should bc
cnhanccd with regard to long-term wcight management 7. Although increased llcxiblc
restraint was not a distinctive effect of thc HAES intervention, rcsults from thc présent
study could support thc idea that restraint is not an homogcnous concept and that
spécifie aspects of restraint, such as llcxiblc restraint, may have bénéficiai hcalth effects
39

2H40 4l
Whilc appetite ratings from VAS have becn previously rclated to energy intakc - i

associations between cating behaviors and appetite sensations have becn studied to a
lesscr extent. To our knowledge, only onc study addrcsscd this issue, in which cating
behaviors werc not significantly rclated to appetite ratings °, which is not in linc with
rcsults obtaincd in thc présent study. This could bc cxplaincd by différences in
charactcristics of study samples (e.g. sex, number of subjects, bascline scores for cating
behaviors, préoccupation about wcight and food, history of dicling). This raiscs thc
rclcvancc of assessing this issue in other populations. Significant associations werc
observed within thc HAES group belween deercases in susceptibility lo hunger and
redueed appetite ratings for désire to eat and hunger, suggesting that when an
intervention following a MARS approach is targeting cating behavior changes, effects
148

observed in thc perceptions of the bchavior could also be associated to observable


feelings rclated to this behavior.

Significant changes in eating behaviors as mcasured by the TFEQ were observed in thc
social support group, which is in accordance with thc literature underlying positive
outeomes of social support interventions in wcight management 42. Rcgardless of thèse
changes, appetite ratings remain stable before and after the social support intervention.
Thus, even if changes in eating behaviors occurrcd in a social support contcxt, thèse
improvements were not clearly translated into significant changes in appetite ratings, as
it was the case in the HAES group. Thèse rcsults suggest that social support may bc
effective in changing cognitions about food, without inducing active problcm solving
aiming at truly modifying eating patterns.

In comparison with previous studics in which wcight loss was not systcmatically
l5 ls 3;!
observed after a HAES intervention " ' ) the présent study showed a small but
significant deercase in body wcight in thc HAES group in thc short-term, although this
change in body weight did not significantly differ from the onc observed in SS and
control groups. An increasc in flexible rcstrainl and a deercase in habituai susceptibility
to disinhibition werc rclated to wcight loss in thc HAES group and similar relalionships
were also observed in SS and control groups. Thèse changes in eating behaviors have
been prcviously rclated to successful wcight loss and maintenance y-43>44 as wcll as to
2iA5A<
lower energy intakes \ which is in accordance with rclationships observed in the
présent study. Associations observed between changes in body wcight and flexible
restraint may also partly cxplain why women from thc HAES group, who increased
their level of flexible restraint, also lost a significant amount of body weight. llowcver,
since the présent rcsults are derived from correlational analyses, the direction of
causality eannot be established.

Conclusion

Rcsults from this study showed that a HAES approach could have bénéficiai cffecls on
particular eating behaviors and appetite sensations, when compared to a social support
intervention or a control group. More specifically, women from the HAES group
149

presented a more important decrease in susceptibility to hunger and in lh AUC for


désire to cat when they werc compared with women from thc SS and control groups.
Our results also suggest that a HAES approach may bc efficient in thc short-tcrm in
improving cating behaviors and appetite sensations that might favor better food choiecs
and régulation of energy balance. In thc long term, it will bc of interest to assess the
maintenance of thesc changes as well as further improvement in global hcalth status.

Acknowlcdgcmcnts

This rescarch project was supportcd by thc Canadian Tnstitutes of Hcalth Research
(MOP-64226) and Danone Institutc. V.P. is récipient of a studentship from the Fonds
de la recherche en santé du Québec; A.T. is partly funded by thc Canada Research
Chair in Physical Activity, Nutrition, and Energy Balance. Wc would likc to underlinc
thc excellent work of ail rescarch professionals that werc involvcd in this study
(Geneviève Alain, Louise Corncau, Julie Doyon and Natacha Godbout) as wcll as thc
rescarch nurses (Danielle Aubin and Claire Julien). Thc authors would likc to thank
ÉquiLibre - Groupe d'action sur le poids for thc opportunity to use Choisir de Maigrir?
in the study, and they also express their gratitude to thc subjeets for their collaboration.
150

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154

Table 1: Eating behaviors at baseline (T=0) and changes following the 4-month intervention in HAES, SS and control groups.

HAES group SS group Control group Diff. between


group
Baseline' Changes Baseline Changes Baseline Changes
(N=48) (N=44) (N=46) tf (N=39) (N=46) (N=38)

Cognitive restreint 9.5 ±3.6 0.8 ±3.4 8.8 ±4.2 -0.4 ±2.5 8.0 ±3.9 0.2 ±3.2 p=0.20

Flexible restraint 3.0 ± 1.4 0.6 ± 1.7** 2.7 ± 1.6 0.3 ±1.6 2.6 ±1.6 0.1 ±1.6 p=0.42

Rigid restraint 2.9 ± 1.6 0.1 ±1.3 2.6 ± 1.7 -0.2 ±1.0 2.5 ±1.7 0.0 ±1.3 p=0.59

Disinhibition 9.7 ± 3.1 -1.3 ±2.8** 8.8 ±2.7 -1.2 ±2.6** 9.3 ±3.0 -1.2 ± 1.9** p=0.47

Habituai 2.3 ± 1.4 -0.5 ±1.4** 1.9 ± 1.2 -0.2 ±1.3 2.0 ±1.5 -0.4 ±1.0* p=0.31

Emotional 2.3 ±1.1 -0.4 ±1.2** 1.9± 1.2 -0.2 ±1.2 2.2± 1.1 -0.2 ±0.8 p=0.24

Situational 3.3 ± 1.5 -0.5 ± 1.4** 3.1 ±1.4 -0.6 ±1.5** 3.3 ±1.4 -0.4±1.1* p=0.41

Hunger 5.5 ±3.9 -1.5 ±2.9** 5.6 ±3.3 -0.6 ± 2.4 a 5.6 ±3.2 -0.3 ± 2.5 a p=0.05

Internai 2.0 = 2.2 -0.5 ± 1.6** 2.3 ±2.0 -0.3 ±1.6 2.0± 1.8 -0.1 ±1.5 p=0.24

External 2.6 ±1.7 -0.9 ± 1.7*** 2.5 ±1.5 -0.4 ±1.3* 2.5 ±1.4 -0.1 ± 1.4a p=0.02
Means values ± SD; Significant within group change (T=4 vs T=0): *p<0.05; **p<0.01; ***p<0.0001; a: Significantly différent from changes
(T=4 vs T=0) observed in the HAES group; f: For each variable studied, no significant différences were observed between groups at baseline.
ff: Some participants did not complète the TFEQ at baseline (SS group: N=2; Control group: N=2).
155

Table 2: Appetite ratings at baseline (T=0) and changes following the 4-month intervention in HAES, SS and control groups.

HAES group SS group Control group Diff between


group
Baseline' Changes Baseline Changes Baseline Changes
(N=46) n (N=40) (N=43) (N=37) (N=45) (N=37)

Appetite ratings in
fasting state (mm)

Désire to eat 88.2 ±32.4 14.2 ±41.6* 89.8 = 33.0 10.1 ±40.0 87.2 ±39.0 12.6 ±49.5 p=0.92

Hunger 83.1 =37.4 17.7 =b 37.8** 91.7 ±37.0 5.7 ±49.3 84.2 ±36.8 12.2 ±35.6 p=0.46

Fullness 27.0 ± 23.5 -0.8 ±30.1 26.7 ±24.8 3.2 ±34.3 31.4 =± 31.8 -1.0 ±25.2 p=0.80

PFC 83.5 ±32.5 9.0 ±29.0 88.2 ±27.8 -1.1 ±41.8 82.6 ±31.3 5.3 ±29.5 p=0.44

lh AUC (mm x min)

AUC désire to eat 1383± 1376 -451±1321* 1042 ±1159 94 ± 1171 a 803 ±871 321±1079 a p=0.02

AUC hunger 1419= 1389 -526= 1338** 1164=1292 -64± 1202 894 ±939 157±828 a p=0.04

AUC fullness 6160 = 2038 114== 2157 6359 ±2205 111± 1495 6521 ±1918 16 ±1696 p=0.97

AUC PFC 1826= 1593 -538± 1453 1433= 1567 18± 1215 1394 ±1286 -26 ± 990 p=0.86
Means values ± SD; Significatif within group change (T=4 vs T=0): *p<0.05; **p<0.01; ***p<0.0001.; a: Significantly différent from changes
(T—4 vs T=0) observed in the HAES group.; f: For each variable studied, no significant différences were observed between groups at baseline.;
ff: Some participants did not complète the standardized breakfast test at baseline (HAES group: N=2; SS group; N=5; Control group: N=3)
156

Table 3: Associations betvveen eating behaviors and appetite sensations (fasting and lh AUC) at baseline (N=139)

Cognitive restraint Disinhibition Hunger

Appetite ratings in the fasting state (mm)

Désire toeat 0.17* 0.02 0.21**

Hunger 0.10 0.02 0.18*

Fullness 0.02 -0.05 0.05

PFC -0.05 0.17* 0.24**

1 h AUC (mm x min)

AUC désire to eat -0.10 0.26** 0.43***

AUC hunger -0.16 0.28** 0.48***

AUC fullness 0.17* -0.11 -0.24**

AUC PFC -0.20* 0.20* 0.35***


Significant corrélation: *p<0.05; **p<0.01; ***p<0.0001
157

Table 4: Associations between changes in body weight and changes in eating behaviors in women from the HAES, SS and control
groups.

A Body weight (kg)

HAES group (N=44) SS group (N=39) Control group (N=3 8)

A Cognitive restraint -0.261 -0.29 ' -0.39*

A Flexible restraint -0.39*> -0.37* -0.17

A Rigid restraint 0.01 -0.08 -0.18

A Disinhibition 0.23 0.21 0.11

A Habituai 0.31* 0.28T 0.44*

A Emotional 0.09 0.11 -0.12

A Situational 0.16 0.11 0.02

A Hunger 0.29T -0.30T 0.10

A Internai 0.17 0.28 -0.01

A Extcrnal 0.25 T 0.20 0.09


Significant corrélation: p<0.10 : *p<0.05: **p<0.01
158

3000
2000 r=0.54
1000 p=0.0004
0
-1000
-2000
-3000
-4000
-5000
5- -15 10

C Changes in susceptibility to hunger (unitless score)


S 3000

-fi 2000 r=0.53 • B


1000 p=0.00()4
U 0 • •

i

t
-1000 • •

fi -2000
:

-3000
-4000 (i

-5000 • •
-8 -6 - 4 - 2 0 2

fi Changes in internai hunuer (unitless score)


es
fi 3000

U 2000
1000
r=0.26 A
A C
p=0.10
0
-1000
A i A à
-2000
A A A "T i
-3000
-4000 A
-5000 A
-7 -6 -5 -4 - 3 - 2 - 1 0 1 2

Changes in cxternal hunger (unitless score)

Figure 1: Associations bctween change in lh AIJC for hunger and changes in


susceptibility to hunger (A), infernal hunger (B) and cxternal hunger (C) in women
from the HAES group (N=40).
159

Chapitre 7.

Effets à long terme d'une intervention s'inspirant du nouveau paradigme en


matière de gestion du poids sur les comportements alimentaires et l'IMC.

Véronique Provencher, Catherine Bégin, Angclo Tremblay, Lyne Mongeau, Louise


Corncau, Sylvie Dodin, Sonia Boivin et Simone Lcmicux.

Cette étude visait à évaluer les effets à long terme d'une intervention s'inspirant du
nouveau paradigme en matière de gestion du poids sur les comportements alimentaires,
les sensations reliées à l'appétit, le profil métabolique et l'IMC chez 144 femmes
présentant un surplus de poids. Les femmes ont été réparties aléatoirement dans trois
groupes : 1) intervention nouveau paradigme (NP), 2) intervention soutien social (SS) et
3) témoin (sans intervention) (N=48/groupc). Les interventions ont été conduites sur
une période de 4 mois et les données ont été recueillies au début de l'étude (T^-0 mois),
à la fin de l'intervention (T=4 mois) ainsi que 6 mois (T=10 mois) et 12 mois (T=16
mois) après la fin de l'intervention. Les comportements alimentaires ont été évalués à
l'aide du Three-Factor Eating Questionnaire. Les sensations reliées à l'appétit ont été
mesurées avant et après un déjeuner standardisé. L'IMC, le profil lipidique et la tension
artérielle ont également été mesurées. Les scores de susceptibilité situationnelle face à
la desinhibition de même que de susceptibilité à la faim ont diminué en cours d'éludé
dans le groupe NP (p<0.0001 et p=0.0002, respectivement) et dans le groupe SS
(p=0.001 et p—0.01, respectivement). Alors qu'aucune différence n'a été observée à 16
mois entre les comportements alimentaires des groupes NP et SS, leurs comportements
étaient plus favorables que ceux notés chez le groupe témoin. Quant à l'IMC, une
diminution significative en cours d'étude n'a été observé que chez le groupe NP
(p=0.001), ce changement à long terme étant plus favorable que celui observé chez les
groupes SS et témoin. Cette étude suggère que, en comparaison avec un groupe tcmoin,
une intervention qui s'inspire du nouveau paradigme en matière de gestion du poids
peut apporter des changements à long terme favorables quant aux comportements
alimentaires et à l'IMC.
160

"Health-At-Every-Size" intervention: long-term effects on eating behaviors and


BMI.

Véronique Provencher1, Catherine Bégin2, Angelo Tremblay3, Lyne Mongcau4, Louise


Coraeau , Sylvie Dodin5, Sonia Boivin6 and Simone Lemieux .

1
Institutc of Nutraceuticals and Functional Foods, Department of Food Science and
2
Nutrition, School of Psychology, and "* Division of Kincsiology, Department of
Préventive and Social Medicinc; Laval Univcrsity, Québec, Canada; 4 Institut national
de santé publique du Québec, Montréal, Québec, Canada; Département d'obstétrique et
gynécologie, Pavillon Saint-François-d'Assise, Laval Univcrsity, Québec, Canada;
Eating Disordcrs Treatment Program, CHUL, CF1UQ, Laval Univcrsity, Québec,
Canada.

Address ofeorrespondence:

Simone Lemieux, Ph.D.

Institutc of Nutraceuticals and Functional Foods

2440, Hochciaga Blvd. Laval Univcrsity, Québec, Québec, Canada, G1K 7P4

Phone: (418) 656-2131 ext.: 3637

Fax: (418)656-5X77

E-mail: sirnone.lemieux@aln.ulaval.ca

Supportcd by the Canadian Institutes of Health Research (MOP-64226) and Danone


Institutc.

Running head: Long-term effects of IIAES.

Référence de l'article:
Provencher V, Bégin C, Tremblay A, Mongcau L, Corncau L, Dodin S, Boivin S,
Lemieux S. "Health-At-Every-Size" intervention: long-term effects on eating behaviors
and BMI. Obesity. (Article qui sera soumis sous peu)
161

Abstract

Objective: To assess thc long-term effects of a "Hcalth-at-cvery-sizc" intervention


(IIAES) on eating bchaviors, appetite sensations, metabolic profile and wcight status in
a sample of 144 pre-menopausal overweight and obesc women.
Research Methods and Procédures: Women were randomly assigned to: 1) HAES
group (N=48), 2) social support (SS) group (N=48) or 3) control group (N=48).
Interventions wcrc conducted over a 4-month period and measurcments were obtaincd
at baseline, 4 months, 10 months and 16 months. Eating bchaviors (restraint,
disinhibition and susceptibility to hungcr) were evaluatcd by thc "Thrcc-Factor Eating
Questionnaire". Appetite ratings (désire to eat, hungcr, fullncss and prospective food
consumption) were assessed before and after a standardized breakfast. Anthropométrie
and metabolic variables (i.c. body mass index (BMI), blood lipids and blood pressure)
were also measured.
Rcsults: Scores for situational susceptibility to disinhibition and susceptibility to
hungcr significantly deercased ovcr time in both IIAES (p<0.0()01 and p=0.0002,
respectivcly) and SS groups (p=0.001 and p=0.0I, rcspectively). Whilc eating
behavioral scores observed at 16-month did not differ between IIAES and SS groups,
they wcrc more favorable than scores notcd in thc control group. No significant
changes wcrc observed in ratings of appetite sensations. Main effect of time observed
in metabolic variables did not differ between HAES, SS and control groups. Howcver,
only womcn from the IIAES group showcd a significant dccrcasc in BMI over time
(p-0.001). Whcn compared to the SS and control groups, a more favorable dccrcasc in
BMI was observed in thc IIAES group in thc long-tcrm.
Discussion: Results from thc présent study suggest that, when compared to a control
group, a IIAES approach could havc long-term bcncficial effects on eating bchaviors
related to disinhibition and hungcr as wcll as on body wcight management.

Keys words: Wcight management, Non-dieting, Thrcc-Factor Eating Questionnaire


162

Introduction

Obesity is obviously a public hcalth issue, since its increascd prcvalencc is rcaching
épidémie proportions ''2 along with négative health conséquences 3. To improve wcight
management among the population, current guidelines arc recommending weight-
control stratégies that are mainly focusing on lowcring cncrgy intake and increasing
physical activity , which arc in accordance with spécifie wcight-control stratégies
commonly used by individuals who arc attempting to losc wcight 5"7. Dcspitc an
elevated number of dicters ' , dicting being cven scen as a normative behavior in
women 9'10, the prcvalencc of obesity is still increasing.

While encrgy-rcstrictcd dicts and increascd physical activity have been proved to bc
effective on a short-term basis ' , a vast majority of individuals do not achieve lasting
wcight losses. Only 20% to 30% of overweight and obese individuals arc maintaining a
significant amount of weight lost after 1 to 3 ycars, and this pcrcentagc is cven lowcr
after 3 to 5 ycars ' . Difficulties relatcd to the persistenec of behavior changes over
lime appear to be a cause of concern with regard to weight management ' . The
developmcnt of sustainablc wcight-control stratégies thus remains a challcnging issue
for public hcalth organizations.

Somc investigators also raiscd doubts about recommending wcight-loss dicts to the
gênerai population " 7. Restrictive dicting has been relatcd to inercascs in appetile
sensations , to a higher frequency of obsessive thoughts about food and eating ' as
wcll as to a grcater risk of dépression " and overcating in response to négative émotions
17
and stress "'. In the context of a "dict menlality", behavioral and psychological
factors described above may partly cxplain why somc individuals are experiencing
difficulties in their attempts to maintain spécifie wcight-control stratégies over time. In
fact, behavioral and psychological factors relatcd to dicting arc also relatcd to a grcater
risk of wcight regain in the long terni .

With respect to the concerns about restrictive dicting, as wcll as to answer to the
obvious necd to develop effective and sustainablc weight management stratégies, a
paradigm shift from the traditional "weight-centered" approach to a more "hcalth-
centered" approach has been suggested '' . In this new wcight paradigm, also referred
163

to as "Hcalth-At-Every-Sizc" (HAES), it is argucd that health is rclatcd to bchaviors


indepcndcntly of body weight status . Without considcring weight loss as thc main
outcomc, thc HAES approach is focusing on a healthy lifcstylc by promoting ovcrall
health benefits of bchavioral changes rclatcd to dictary habits and physical activity, with
an emphasis on self-acceptancc and non-dicting '. Prcvious studies suggested that
IIAES interventions could improve eating bchaviors (e.g. lowcring disinhibition and
29 3()
susceptibility to hunger) ' , psychological functioning (e.g. deercasing dépression,
29 n
inercasing body image and sclf-estecm) ~ and metabolic profile (e.g. lowering total
29 30
cholestérol, LDL-cholesterol and blood pressure) ' , without nccessarily observing
significant cffccts on weight status. Regarding restraincd eating patterns, deercascs
hâve been usually notcd following a HAES intervention ' ' while inconsistent
findings have also been reportcd .

Although promising health outeomes have been observed with HAES interventions,
further investigation in randomized controllcd studies is still needed. First of ail,
comparisons with a control group should bc pcrformed to rcduce bias rclatcd to random
fluctuations or subjective benefits. Howcvcr, to our knowledge, only threc randomized
controllcd studies have compared thc cffccts of a HAES intervention with those
observed in a waiting-list control group, and thesc studies only reportcd short-term
results ' ' . Othcrwise, some studies in which data from long-tcrm follow-ups have
been reportcd had a small sample si/.e 34 or a high attrition rate " . H therefore appears
to bc of rclevancc to evaluate thc long-tcrm cffccts of a HAES intervention on health
outeomes, with thc inclusion of a control group together with considération about
missing data over time. Furthcrmore, interventions bascd on thc IIAFS approach arc
29 31
usually pcrformed in group setting ' . Intcrestingly, social support lias been
prcviously identified as an effective component that may enhanec changes in weight
management programs 5-36'38, Since thc rôle of social support has never been reportcd
in HAES studies, it could bc of interest to isolate thc confounding effect of social
support in order to better assess thc health benefits of HAES interventions. Finally,
although emphasis on a better perception of hunger and satiety signais is promotcd in
IIAFS interventions, long-tcrm cffccts on appetite sensations following a standardi/.ed
meal have never been reportcd.
164

Thc purposc of the présent study was to assess the long-term cffects of a HAES
intervention on eating behaviors, appctitc sensations, mctabolic profile and weight
status. More specifically, six months and one year after a 4-month intervention period,
changes in evaluated outeomes werc compared between threc groups: 1) HAES
intervention group (HAES group); 2) social support intervention group (SS group) and
3) control group. It was hypothesi/cd that changes in eating behaviors and appctitc
sensations observed in the long-term in the HAES group would bc of a greater
magnitude than thosc observcd in both SS and control groups. Sincc weight loss is not
considered as a main outeome in HAES interventions, it was hypothesized that no
différences in weight status would bc observcd at long-term between HAES, SS and
control groups, but that body weight changes observcd within the HAES group would
bc associatcd with improvements in eating behaviors.

Methods

Participants
Women involvcd in the présent study werc recruited from thc Québec City metropolitan
area through média advertisements. A samplc of 144 premcnopausal women (mcan âge
of 42.3 ± 5.6 y), charactcri/.cd by a préoccupation about their weight and eating
voluntarily accepted to participate to thc research project. Ail thèse women werc
overweight or obesc (body mass index (BMI) between 25 to 35 kg/m ), had a stable
weight for at lcast 2 months (+ 2.5 kg), werc not currcntly dicting, werc not pregnant or
lactating and werc not presenting chronic discases or taking médication that could
impact on measurements performed. Prior to their participation to thc study, cach
woman signed an informed consent document wliich was approved by thc Laval
University Research Ethics Committcc.

Study design
The présent study is a randomized controllcd trial in which participants werc recruited
during four cqual phases of testing and intervention (Scptcmbcr 2003, January 2004,
Septcmber 2004 and January 2005). Randomization was performed within cach phase,
and women werc then assigned to one of the threc treatment conditions: 1) HAES group
(N-48), 2) SS group (N-48) and 3) control group (N-48). Evcn if subjects werc ail
165

randomizcd bcforc baselinc tcsting in ordcr to optimize appointment scheduling, they


Icarned thcir group assignaient only after they did their baselinc measuremcnts to avoid
potential bias. In thc threc treatment conditions (HAES group, SS group and control
group), ail data were collcctcd at baselinc (T=0), at thc end of thc intervention period
(T=4-month) as well as at 6-month and 1-yr post-intervention (T=10-month and T=16-
month). Womcn were testcd during the follicular phase of thcir mcnstrual cycle to
control for potential impact of hormonal variation on testcd variables. However, some
womcn werc cxceptionally tested at anothcr moment of their cycle mainly because they
had an irregular cycle (at T=4-month: N=4; at T=10-month: N=10 and at T=l6-month:
N=l I). Whcn thesc women were compared to thosc testcd during thc follicular phase
of thcir mcnstrual cycle, no différences were observed with regard to long-term changes
in cating behaviors, appetite sensations, metabolic profile and wcight status (i.c. T=16-
month vs. baselinc).

Description of treatment conditions


Thc IIAES intervention (N=48) was conducted into small groups of 12 womcn and 14
wcekly sessions werc schcdulcd (13 3h-evening sessions and 1 intensive-day session of
6 hours). For cach phase of intervention, thc samc registered dietician and clinical
psychologist were in charge of thc group (they previously reccived an intensive training
lo provide the HAES approach lested; sec hllp://www.cquilibrc.ca/ for more détails).
This MARS intervention, named Choisir de Maigrir? ("What about losing weight?"), is
focusing on gênerai wcll-being as well as positive ways of having a heallhy and
satisfying lifestyle. Supported by lectures, guided sclf-rcllection and observations,
group discussions as well as praclical exercises, this intervention aimed at enhancing
awareness and knowledge about biological, psychological and sociocultural aspects of
body wcight. Différent thèmes werc prcscnled during sessions such as rcalistic
objectives with regard to wcight loss. A weekly food diary and group discussions werc
used to facilitate Ihc récognition of internai eues of hunger and satiely and thc
identification of cxtcrnal influences on cating behaviors and energy intakc. Enjoyment
of physical activity and hcalthy nutrition and acceptation regarding thcir own and
others' body image were also discussed. Following the 14 sessions of intervention,
women should be able to takc thcir own and wcll-informed décision about losing weighl
or not, which is translated by thc establishment of an individualized action plan to bc
pursued on the long term.
166

Similarly to the HAES group, the SS intervention (N=48) was conducted in small
groups of 12 womcn and 14 weekly sessions were planned (14 2h-evening sessions). In
ordcr to control for potential bias related to providers, the samc rcgistered dictician and
clinical psychologist involved in the HAES group wcrc also in charge of thc SS group
for thc 4 phases of intervention. Each HAES and SS session was videotaped and tapes
were reviewed by 2 investigators of thc study (S.L. and C.B.) to ensure that the
interventions wcrc appropriatc. Thc main objective of the SS intervention was to
reproducc a structural social support provided by the group itsclf, as it can bc observed
in a group setting. To achieve this purpose, each theme discusscd in thc HAES group
was repeated in the SS group, following the samc chronology. However, the rcgistered
dictician and the clinical psychologist wcrc not counscllors (as in the HAES group), but
wcrc rather acting as facilitators in thc group discussion (SS group). Therclbrc, no
spécifie information, exercise or counselling was provided to participants. Womcn
joined together to discuss and sharc about weight and hcalth issues as wcll as to offer
their support to each other.

Thc control group (N-48) was a waiting list control condition in which women wcrc
instructed to follow their usual lifestyle habits. Therefore, during thc 4-month
intervention period, thèse womcn did not rcccivc any form of contact from thc rescarch
team. At thc end of thc 4-month intervention period, women from thc control group
wcrc invitcd for post-intervention testing, as performed in womcn from HAES and SS
groups.

Measurements of dépendent variables


- Eating behaviors
The TFEQ is a 51-item validatcd questionnaire ' " which assesscs threc factors that
refer to cognitions and behaviors associatcd wilh eating: cognitive dietary restraint
(conscious control of Ibod intake wilh concerns about shape and weight), disinhibition
(ovcrconsumplion of Ibod in response to a variety of stimuli associated with a loss of
control on food intake), susceptibility to hunger (Ibod intake in response to feelings and
perceptions of hunger). More spécifie subscales can also bc derived from thèse threc
général eating behaviors 4!'44: rigid restraint (dichotomous, all-or-nothing approach to
eating, dieting and weight), flexible restraint (graduai approach to eating, dicting and
weight), habituai susceptibility to disinhibition (behaviors that may occur when
167

circumstanccs prédispose to récurrent disinhibition), cmotional susccptibility to


disinhibition (disinhibition associatcd with négative affective states), situational
susccptibility to disinhibition (disinhibition initiatcd by spécifie cnvironmental eues),
internai hunger (hunger interprcted and regulatcd intcrnally) and extcrnal hunger
(triggered by extcrnal eues).

- Appctitc sensations
Following a 12-hr overnight fast (at T=0, T^4-month and T=16-month), each woman
was invitcd to eat a standardizcd brcakfast (601kcal) and to rate lier appctitc sensations
according to 4 visual analogue scalcs (ranging from 0 to 150 mm): désire to eat, hunger,
4S
fullness and prospective food consumption (adapted from ). Appctite sensations werc
recorded before, immediatcly after and at 10, 20, 30, 40, 50 and 60 minutes after thc
consumption of thc standardizcd brcakfast. Questions werc askcd as follows: How
strong is your désire to eat? (Vcry weak to very strong); How hungry do you fccl? (Not
hungry at ail to as hungry as I ever fclt); How full do you fccl (Not full at ail to vcry
full); How much food do you think you could eat? (Nothing at ail to a large amount).
According to thc trapezoid method, as described by Doucct et al. ', lh post-mcal area
under thc curve ( I h AUC) in response to thc standardizcd brcakfast was calculalcd for
each appctitc sensation.

- Anthropométrie and metabolic profile


Height, body weight and body mass index (BMI) were determined according to
standardizcd procédures, as recommended at thc Airlie Conférence . On thc morning
of the four testing sessions (i.c. at T-0, T -4-month, T-10-month and T=l6-month),
height was measured to thc nearest millimeter with a stadiometer, and body weight was
measured to thc nearest 0.1 kg on a calibrated balance. Participants werc askcd to dress
lightly and to remove their shocs for thèse measurements. Fasting blood samples werc
also collccted from an antecubital vein into vacutaincrtubes containing HDTA to assess
plasma lipid-lipoprotein profile following standard laboratory analyses. Total plasma
cholestérol and triglycérides concentrations were determined enzymatically in plasma
and lipoprotein fractions with a Technicon RA-500 analyzer (Bayer, Tarrytown, NY) 4X.
High density lipoprotein (HDL-Cholesterol) levcls were obtained using an autoanalyser
49
whercas low density lipoprotein (LDL-Cholesterol) levcls were estimated with the
168

équation of Fricdewald . Whilc women wcrc in thc seatcd position, systolic and
diastolic blood pressures were mcasurcd in duplicate in thc right arm.

Statistical analysis
Intcntion-to-treat analyses wcrc performed in ail subjects who compictcd at Icast
baselinc évaluation (N=144), rcgardlcss of session attendanec in HAES and SS
participants. A Studcnt / test analysis was performed to assess différences for ail
variables mcasurcd at bascline between womcn who compictcd tcsting at both baselinc
and T= 16-month (i.e. completcrs; N=106) and womcn who did not compictcd tcsting at
T=16-month (i.c. non-complcters; N=38). Baselinc group means and mcans following
the 4-month intervention period for ail dépendent variables studied were assesscd by
entering into lincar mixed modcls according to a group (IIAIîS vs. SS vs. Control) by
time (baselinc vs. 4-month vs. 10-month vs. 16-month) split-plot design. As a viable
alternative to conventional tests of significanec thaï may bc prone to falscly reject null
hypothèses when data do not conform to thc assumptions of multisample sphericity, the
mixed mode! approach lias been rccommcndcd for repeated measurements designs with
51
groups of cqual size . This analysis procédure allow modclling of covariance
structure, missing data across levels of repeated measurement variable, between-
subjects and/or within-subjects heterogencity as well as multiple comparisons of
repeated measurement effeçts When significant group by time interactions were
observed, which mean that change observed over time differ according to thc group,
simple effeets between times and groups wcrc tested to further décompose thc main
interaction effect (with an alpha level set at p<0.02, in order to control for experiment-
wise by thc Dunn's procédure ). Pairwise différences among between and within
group means wcrc further tested and alpha error inflation was controlled with thc
Tuckcy-Kramcr adjustment . To assess thc magnitude of between group différences
observed at thc 16-month visit, cffcct-sizc estimâtes (ES; ) wcrc also calculatcd (d =
standardized différence, i.c. différence between mcans divided by their pooled standard
déviation) following thc rccommcndalions of Bird . S ince directional hypothèses
wcrc established for disinhibition, susceptibility to hunger and their rclaled subscalcs,
onc-tailed tests of significanec arc reported for pairwise comparisons involving thèse
variables. Two-tailed tests wcrc although used for cognitive dictary restraint, appelite
sensations, body weight and metabolic variables becausc prior studics did not report
2, 31>3,34
consistent results with regard to cxpcclcd changes in thèse outeomes " a nd
169

bccausc long-term effects of a HAES intervention on appctitc sensations havc not been
assessed prcviously. Finally, Pearson's corrélation analyses werc conducted to estimate
the univariatc linear relationships between long-term changes in eating behaviors and
body weight (i.c. baseline vs. 16-month). Correlational analyses werc only performed
in participants for whom data were availablc at 16-month visit (i.e. N=41 in HAES
group (85.4%); N=33 in SS group (68.8%) and N=32 in control group (66.7%)). Foi-
variables not normally distributcd, a log-transformation was performed. The probability
level for significanec used for the interprétation of statistical analyses was set at an
alpha level of p<0.05. Ail analyses werc performed by using SAS statistical software
version 8.2 (SAS Institutc, 2005).

Rcsults

As reported in a previous paper from our group ', women involved in the HAES group
attended more sessions than women from the SS group ( 1 1 + 3 sessions in 11AES group
vs. 9 ± 5 sessions in SS group; p=0.03). A tendency for a lowcr attrition rate at the 16-
month visit was also observed in women from the HAES group, with 14.6% of them
who did not complète the last testing session compared to 31.2%) and 33.3% in SS and
control groups, respcctivcly (p=-0.07). Baseline comparisons between completers and
non-completers at T= 16-month showed no significant différences with regards to age,
BM1, metabolic variables (i.c. total plasma cholestérol, triglycérides, LDL-Cholcsterol,
HDL-Cholesterol and blood pressure) and eating behaviors (i.c. cognitive dietary
restraint, disinhibition, susceptibility to hunger and their related subscales).
Furthermore, no significant différences were notieed at baseline between the HAES, SS
and control groups for eating behaviors, appctitc sensations, BMI and metabolic
variables (with the exception of HDL-Cholesterol; HAES group having higher levcls
than SS group (1.50 ± 0.33 mmol/L in HAES group vs. 1.34 + 0.26 mmol/L in SS
group; p--0.007)).

Changes in eating behaviors


Means and errors for scores in cognitive dietary restraint and its subscales at cach
testing session arc presented in Table 1. Whilc no significant group by time interactions
werc observed, a main effect of time was notcd for flexible restraint (with a tendency
170

for a main effect of group). Also, as shown in Table 1, a main effect of group was also
observed for cognitive dictary restraint.

Table 2 shows means and errors for scores in disinhibition and its subscales. For cach
of thèse behavioral variables, a main effect of time was notcd. In addition, a significant
group by time interaction was observed for situational susccptibility to disinhibition (a
tendency was noted for total disinhibition). More specifically, scores for situational
susceptibility to disinhibition decreased over time following the HAES intervention
(simple effect of time; p<0.0001) as well as in responsc to the SS intervention (simple
effect of time; p=0.001) while no such decrease was noted in the control group (Figure
1). As illustratcd in Figure 1, women from the HAES group showed a significantly
lower score of situational susccptibility to disinhibition at T=4-month (p=0.04), T=10-
month (p=0.0006) and T= 16-month (pO.0001) when compared to basclinc. In women
from the SS group, score of situational susccptibility to disinhibition were lower at T^-4-
month (p=0.03) and at T=10-month (p=0.008) in comparison to basclinc, but this
decrease did not rcmain significant at T= 16-month (p=0.32). At T=16-month, a
tendency for a significant différence between MARS, SS and control groups was
obscrvcd (simple effect of group; p=0.05), while pairwisc différences among between-
group means were not significant. Ncvcrthclcss, ES calculations for between-group
différences obscrvcd at 16-month visit for situational susceptibility to disinhibition
revcalcd more favorable effects in the HAES group vs. control group (moderate ES; d=-
0.54) as well as in the SS group vs. control group (small ES; d=-0.38).

As shown in Table 3, a main effect of time was notcd for scores of susccptibility to
hunger and its two subscales. Significant group by time interactions were also obscrvcd
for thèse behavioral variables. More specifically, women involved in both HAES and
SS groups showed a significant decrease in their scores of susccptibility to hunger over
time (simple effect of time; p=0.0002 and p-0.01, rcspcctivcly), whereas no such
decrease was obscrvcd in the control group (Figure 2). As shown in Figure 2, a lower
score of susccptibility to hunger was notcd in the HAES group at T=4-month (p 0.001)
and T- 16-month (p-0.01) in comparison to baseline. In the SS group, a lower score of
susccptibility to hunger was also observed at T=16-month (p-0.02) when compared to
basclinc. At 16-month visit, a tendency for a significant différence between HAES, SS
and control groups was obscrvcd (simple effect of group; p-0.03), although pairwisc
171

différences among between-group mcans did not rcveal significant différences.


However, whcn ES werc calculatcd for between group différences observed at 16-
month visit in susceptibility to hungcr, more favorable effects werc observed in the
HAES group vs. control group (moderatc ES; d=-0.54) as wcll as in the SS group vs.
control group (moderate ES; c/=-0.50).

Whcn subscalcs of susceptibility to hungcr were further cxamined, significant dccreascs


over time werc also noted. However, simple effect of time on internai hungcr was only
significant in the SS group (p=0.007) whercas simple effect of time on cxtcrnal hungcr
was only significant in the MAES group (p<0.000l). As notcd for susceptibility to
hungcr, ES calculations for bctwccn group différences observed at the 16-month visit in
both internai and extcrnal hunger showed more favorable effects in the MAES group vs.
control group (moderate ES; d=-0.50 and t/=-0.59, rcspectively) as wcll as in the SS
group vs. control group (moderate ES; d=-0.5\ and J—0.56, rcspectively).

Changes in appetitc sensations


As shown in Table 4, no main effects of group or time werc observed in lh AUC for
cach appetite sensation (with the exception of lh AUC for désire to cat wherc a
tendency for a main effect of time was noted). In addition, no significant group by time
interactions werc observed, although a tendency for a group by time interaction was
observed in lh AUC for fullness.

Changes in BIVII and metabolic variables


As shown in Table 5, main effects of time werc observed for BM1, triglycérides and
blood pressure. No significant changes werc observed for LDL-cholesterol in any of
the 3 groups. A tendency for a group by time interaction was also observed for BMI.
More specifically, significant changes werc notcd in women from the HAES and control
groups (simple effect of time; p=0.001 and p 0.01, respectivcly). As shown in figure
3, women from the HAES group expcricnccd a significant weight loss at T=4-month
(p=0.004), although this dccrcasc did not remain significant at T=10-month (p-0.35)
and T=16-month (p-0.50). Al T- I6-month, no significant différences were observed
between HAES, SS and control groups (simple effect of group; p^0.34). However, ES
calculations for between group différences observed at the 16-month visit in BMI
172

rcvcaled more favorable effects in the HAES group vs. SS group (small ES; d=-032) as
wcll as in the HAES group vs. control group (small ES; d=-0.25).

Associations between changes in eating behaviors and changes in BMI


Considcring the main cffect of time obscrved for BMI in HAES, SS and control groups,
correlational analyses wcrc conducted in the 3 groups into study to further address
whcthcr weight loss was related to changes in eating behaviors. As shown Table 6, a
higher incrcasc in flexible restraint was significantly related to a more important
decrease in BMI in both HAES and SS groups while in the control group, weight loss
was rather related to a higher incrcasc in rigid restraint. More important dccrcascs in
disinhibition and in habituai susceptibility to disinhibition were associated with more
important deercascs in BMI in the HAES group. A positive rclationship was also
observed between change in disinhibition and change in BMI in the SS group whercas a
positive association was noted between change in habituai susceptibility to disinhibition
and change in BMI in the control group. A higher decrease in susceptibility to hunger
was significantly related to a more important decrease in BMI in both HAES and SS
groups, but not in the control group. More spccifically, weight loss was associated to a
decrease in externai hunger in the HAES group while it was related to a decrease in
internai hunger in the SS group.

Discussion

The présent study aimed at examining the long-term effects of a HAES intervention on
eating behaviors, appetite sensations, metabolic variables and weight status, in
comparison to a SS intervention and a waiting-list control group. Although main effects
of time were observed in IIAES, SS and control groups, significanl group by lime
interactions wcrc noted for particular eating behaviors. More spccifically, our results
suggest thaï at 1-yr follow-up, scores for situational susceptibility to disinhibition as
wcll as for susceptibility to hunger and its two subscales were lower in the IIAES and
SS groups than in the control group, as determincd by small to moderate ES (from d--
0.38 to d--0.59). No signifïcant différences in eating behaviors were although observed
at l-yr follow-up between IIAES and SS groups. A more important decrease in BMI
was also observed in the long-term in women from the IIAES group when compared to
173

women from the SS and control groups (small ES of d=-032 and c/=-0.25, respectivcly).
Overall, thèse rcsults suggcst that, when compared to a control group, a HAES approach
could havc bénéficiai cffccts on eating bchaviors rclated to disinhibition and hungcr as
well as on body weight management. Howevcr, with thc exception of changes in BM1,
the présent study did not shown distinctive effects of the HAES approach on eating
behaviors in comparison to a social support intervention.

Decreascs in disinhibition and susccptibility to hunger 1-yr following thc end of a


HAES intervention havc been previously notcd in two randomized controlled studics
aiming at examining thc effcctivcncss of a HAES approach in comparison to a
30 33
traditional wcight-loss treatment ' . Howevcr, thèse studics did not show significant
group by time interactions, which suggcst that decreascs in disinhibition and
susccptibility to hungcr observed did not differ according to thc treatment conditions.
Evcn if decreascs in disinhibition and susccptibility to hungcr havc also been observed
in traditional wcight-loss studics 22'57, these improvements tended to return to basclinc
values on a longer term basis 22. In the présent study, whcn the HAES intervention was
compared to a waiting-list control group, more important effect on situational
susccptibility to disinhibition and susccptibility to hungcr werc notcd at 1-yr follow-up
in thc HAES group. Thèse lowcr scores observed at long-tcrm in thc HAES group
could bc explained by thc présence of a weckly food diary and group discussions that
arc implcmcntcd during the intervention to facilitate thc identification and thc ability to
cope with factors that are influencing thc lost of control over eating as well as thc
perceptions of hungcr. Sincc disinhibited eating and more hungcr havc been identified
as risk factors for weight regain "" , rcsults from thc présent study further suggcst that a
HAES intervention could produce modest benefits with regard to long-tcrm weight
management. Accordingly, decreascs in disinhibition and susccptibility to hungcr were
rclated to thc deercase in BMI observed in the IIAES group.

With regard to changes in appetite ratings, we previously reported more important


short-term decreascs in Ih AUC for desire to cat in women involved in thc IIAES
group, when compared to women from thc SS and control groups '. I lowcvcr,
according to follow-up measurements conducted in thc présent study, significant effects
on appetite ratings werc not maintained in thc long-term. To explain this lack of
sustainabic changes in women from thc HAES group, it could bc suggcsted that grcatcr
174

awarcncss of physiological hunger observed at the end of the intervention pcriod may
nccd furthcr cmphasis during a longer period of time (i.e. more than 14-week). Whilc
changes in the perceptions of eating less in response to cxtcrnal and cmotional eues, as
assessed by thc TFEQ, are observed following a HAES intervention and arc maintained
at long-tcrm, effects on observable ratings related to thesc behaviors may bc less casily
modified.

A better control over eating, which is usually translated by higher scores of cognitive
dietary restraint, has been prcviously related to successful weight lost following energy-
25
restricted diets . Sincc HAES approaches rather emphasized on self-acceptance and
2b
non-dieting , previous long-tcrm studies reported significant dccrcascs in cognitive
dietary restraint in women involvcd in a HAES intervention ' . I Iowcvcr, inconsistent
findings could bc highlightcd, with similar inercascs in cognitive dietary restraint
observed bctwccn HAES and dict groups in thc study of Rapoport et al. as wcll as
lack of significant group by time interaction noted in thc study of Sbrocco et al. 34. In
thc prescrit study, no significant group by time interactions were observed for cognitive
dietary restraint and its two subscalcs whilc an effect of time was noted for flexible
restraint. Intercstingly, a higher increasc in flexible restraint was significantly related to
a more important dccrcasc in BM1 in both HAES and SS groups whilc in thc control
group, weight loss was rather related to a higher increase in rigid restraint.
Furthcrmorc, when changes in psychological variables assessed in thc current study
were examined among women from thc HAES group, higher increascs inflexible
restraint werc related to greater improvements in thc satisfaction with onc's weight or
appearanec (r-0.33; p^0.04 and r-0.35; p-0.03, rcspectivcly). Ilowever, such
associations were not observed in women from the SS and control groups (data not
shown). Sincc flexible restraint has bcen prcviously related to a lower susceptibility to
overeating and to better weight management " , rcsults from the présent study suggest
(bat spécifie aspects of restraint, such as flexible restraint, may hâve bénéficiai hcalth
58
effects .

An interesling finding from thc présent study is thc similar effects observed following
thc HAES and thc SS intervention for ail variables tested, with the exception of changes
in BMI. Thcsc resulls arc in line with previous studies wherc social support has been
identilied as an effective component in ovcrall success of weight management programs
175

" " * . The rôle of social support thcreforc appears to be an important factor to consider
when attcmpting to cvaluatc the hcalth bencfits of HAES interventions (as wcll as othcr
wcight management programs). Ncverthelcss, even if significant changes wcre
observed in a social support context, some practical problems may occur in thc
implcmentation of SS groups. In thc présent study, a lower satisfaction has bcen
observed in thc SS group, as translatcd by a lower attendance (9 ± 5 sessions in SS
group vs. 11 ± 3 sessions in HAES group) and a highcr attrition rate at T=16-month
(31.2% in the SS group vs. 14.6% in the HAES group). In addition, mistaken ideas
about food and wcight that could bc supportcd by some participants may inercase thc
risk of devcloping bias knowledge on thesc issues. To cxplain bénéficiai effects
observed in thc SS group, it is also of rclcvancc to underlinc thc fact that cach thème
discussed in thc HAES group was repeated in thc SS group, following thc samc
chronology. Thus, cvcn if the registcred dictician and thc clinical psychologist wcre not
counscllors (as in the HAES group), but wcre rather acting as facilitators in the group
discussion (SS group), thc discussion was still oriented toward topics rclatcd to the
HAES intervention. Factors influencing cating patterns and food intakc as wcll as
différences between real feclings of hunger and food intakc triggered by cxtcrnal eues
arc examplcs of topics that wcre discussed in the SS group, which could hâve positivcly
infiucnccd changes observed in this group. Considcring the potcntial bencfits of a
social support intervention, it may be suggestcd that this cost-efficient intervention
could bc implcmcntcd at thc end of a HAES intervention, in order to favour sustainablc
changes in cating behaviors, appetitc ratings and wcight that arc observed on short-term
basis.

Whilc HAES interventions are bascd on a "health-ccntcrcd" approach, rather than


"weight-centered" approach , it could bc hypothesized that no différences in wcight
status would bc observed in thc long-term with this new wcight paradigm whilc health
parameters would bc improved. In this regard, previous studics found no significant
effect of HAES interventions on body wcight ' , even if deercascs in LDL-cholcstcrol
and systolic blood pressure wcre notcd . On the othcr hand, two othcr long-term
M)M
studics reported significant wcight losscs , with significant changes over lime
observed in metabolic variables . llowcver, thesc two studics emphasized more on
food intakc during the intervention by recommending lower calorie intakc (around 1800
kcal per day). In the présent study, cvcn if no calorie restriction was suggestcd in thc
176

HAES group, more favorable effects on BMI was observed in the HAES group, when
compared to thc SS and control groups, while no distinctive effect of the HAES
intervention were noted for metabolic variables. To explain the lack of improvement
observed with regard to metabolic profile, it is of rclevance to underline that ovcrweight
and obesc women involvcd in the présent study had at baseline a very healthy metabolic
profile within thc range of values recommended for preventing cardiovascular discascs
5y
. It would bc thereforc of interest to assess changes in a samplc of obesc women
presenting higher blood lipid and blood pressure lcvcls.

Conclusion

Rcsults from this study showed that women involved in a HAES intervention
expcricnccd sustainable improvements in cating behaviors rclatcd to disinhibition and
hunger, when compared to a control group. fn addition, thc rôle of social support
appears to bc an important factor to consider with regards to cating bchavioral changes,
sinec no distinctive effects werc observed between thc HAES and thc SS groups.
Howcver, more favorable effects on BMI werc observed in thc HAES group, whcn
compared to thc SS and control groups, which suggest that long-tcrm behavior changes
observed in women from the HAES might bc relalcd to a better régulation of energy
balance. We acknowlcdge that thc samc wcight management intervention is not
nccessarily appropriate for everyonc. Thereforc, it would bc of interest to further
détermine which group of thc population response better to a HAES approach.

Acknowlcdgements

This research project was supportcd by thc Canadian Inslitutcs of Health Research
(MOP-64226) and Danone Inslilulc. V.P. is récipient of a studentship from the Fonds
de lu recherche en santé du Québec; A.T. is partly funded by thc Canada Research
Chair in Physical Activily, Nutrition, and Energy Balance. Wc would like to underline
thc excellent work of ail research profcssionals that werc involved in this study
(Geneviève Alain, Julie Doyon, Jo-Anne Gilbert and Nalacha Godbout) as well as the
research nurses (Daniclle Aubin and Claire Julien). The authors would likc to thank
177

EquiLihre - Groupe d'action sur le poids for the opportunity to use Choisir de Maigrir?
in the study, and thcy also express their gratitude to the subjects for their collaboration.

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Table 1: Cognitive dietary restraint and its subscales at baseline (T=0), at post-treatment (T=4-month) and at foiiow-up visits (T=10-
month and 16-month) in HAES, SS and control groups.

Means ± Standard Errors MIXED procédure

Baseline Post-treatment Follow-up Follow-up Group effect Time effect Interaction


(T=10-month) (T= 16-month) Group x Time
(T=0) (T=4-month) F (2,137) F (3,331)
F (6,331)

Restraint

HAES 9.5 = 0.6 10.3 ± 0 . 6 9.6 ± 0 . 6 9.8 ±0.6 3.01 0.67 1.61
p=0.05 p=0.57 p=0.14
SS 8.8 ± 0 . 6 8.4 ± 0 . 6 9.0 ± 0 . 6 9.0 ±0.6

Control 8.0 ± 0 . 6 8.3 = 0.6 8.5 ± 0 . 7 7.1 ±0.7

Flexible restraint

HAES 3.0 ± 0 . 2 3.6 ± 0 . 3 3.3 ± 0 . 3 3.4 ±0.3 2.90 2.71 1.41


p=0.06 p=0.05 p=0.21
SS 2.7 ± 0 . 2 3.1 ± 0 . 3 3.2 ± 0 . 3 3.2 ±0.3

Control 2.6 ± 0 . 2 2.8 ± 0 . 3 2.8 ±0.3 2.2 ±0.3

Rigid restraint

HAES 2.9 = 0.2 3.0 ± 0 . 2 2.9 ±0.2 3.0 ±0.2 1.64 0.33 0.64
p=0.20 p=0.81 p=0.70
SS 2.6 ± 0 . 2 2.4 ± 0 . 2 2.5 ±0.3 2.5 ±0.3

Control 2.5 ± 0 . 2 2.5 ± 0 . 3 2.8 ±0.3 2.3 ±0.3


Table 2: Disinhibition and its subscales at baseline (T=0), at post-treatment (T=4-month) and at foliow-up visits (T=l(J-month and 16-
month) in HAES, SS and control groups.

Means ± Standard Errors MLXED procédure

Baseline Post-treatment Follow-up Follow-up Group effect Time effect Interaction


(T=0) (T=4-month) ( =10-month)
T
(T=16-month) ¥ (2A37) ¥ Q&I) Group x Time
F (6,331)

Disinhibition

HAES 9.7 = 0.5 8.4 ±0.5 8.1 ±0.5 7.8 ±0.5 0.79 18.05 1.80
p=0.46 p< 0.0001 p=0.10
SS 8.8 = 0.5 7.7 ±0.5 7.0 ±0.5 7.9 ±0.5

Control 9.3 = 0.5 8.1 ±0.5 8.3 ±0.5 8.7 ±0.5

Habituai

HAES 2.3 = 0.2 1.8 ±0.2 1.8±0.2 1.6 ±0.2 0.54 7.58 0.83
p=0.58 p< 0.0001 p=0.54
SS 1.9 = 0.2 1.7 ±0.2 1.5 ±0.2 1.5 ±0.2

Control 2.0 = 0.2 1.6 ±0.2 1.7 ±0.2 1.8 ± 0.2

Emotional

HAES 2.3 ±0.2 1.9 ±0.2 2.0 ±0.2 1.9 ±0.2 1.04 4.63 1.20
p=0.36 p=0.003 p=0.31
SS 1.9 = 0.2 1.8 ±0.2 1.4 ±0.2 1.9 ±0.2

Control 2.2 = 0.2 2.0 ±0.2 1.9 = 0.2 2.0 ±0.2


Suite du Tableau 2 à la page suivante
184

(suite) Table 2: Disinhibition and its subscales at baseline (T=0), at post-treatment (T=4-month) and at follow-up visits (T=10-month and
16-month) in HAES, SS and control groups.

Situational

HAES 3.4 ±0.2 2.8 ±0.2 2.6 ±0.2 2.5 ±0.2 1.29 12.22 2.33
p=0.28 p< 0.0001 p=0.03
SS 3.1 ±0.2 2.5 ±0.2 2.4 ±0.2 2.7 ±0.2

Control 3.3 ±0.2 2.9 ±0.2 3.0 ±0.2 3.3 ±0.2


185

Table 3: Susceptibilité- to hunger and its subscales at baseline (T=0), at post-treatmeut (T=4-month) and at foiio\v-up visits (T-10-month
and 16-month) in HAES, SS and control groups.

Means ± Standard Errors MFXED procédure

Baseline Post-treatment Follow-up Follow-up Group effect Time effect Interaction


(T=10-month) (T= 16-month) Group x Time
(T=0) (T=4-month) F (2,137) F (3,331)
F (6,331)

Hunger

HAES 5.5 ±0.5 4.0 ±0.5 4.4 ±0.5 4.1 ±0.5 0.96 7.10 3.02
p=0.39 p=0.0001 p=0.007
SS 5.6 ±0.5 5.0 ±0.5 4.8 ±0.5 4.3 ± 0.5

Control 5.6 ±0.5 5.2 ±0.5 4.7 ±0.5 5.9 ±0.5

Internai hunger

HAES 2.0 ±0.3 1.5 ±0.3 1.6 ±0.3 1.4 ±0.3 0.80 3.08 2.86
p=0.45 p=0.03 p=0.01
SS 2.3 ±0.3 2.0 ±0.3 2.1 ±0.3 1.4 ±0.3

Control 2.0 ±0.3 1.9 ±0.3 1.7 ±0.3 2.4 ±0.3

External hunger

HAES 2.6 ±0.2 1.7± 0.2 2.1 ±0.2 1.9 ±0.2 1.50 6.75 2.80
p=0.23 p=0.0002 p=0.01
SS 2.5 ±0.2 2.0 ±0.2 1.9 ±0.2 2.0 ±0.3

Control 2.5 ±0.2 2.5 ±0.2 2.1 ±0.3 2.8 ±0.3


Table 4: Appetite ratings at baseline (T=0), at post-treatment (T=4-month) and at follow-up visits (T=lô-month) in HAEs, S5> and
control groups.

Means ± Standard Errors MIXED procédure

Baseline Post-treatment Follow-up Group effect Time effect Interaction


(T=10-month)
(T=0) (T=4-month) Group x Time

AUC désire to eat'

HAES 1383 + 170 907 ±180 1310 ± 187 F(2,134)=0.24 F(2,134)=2.94 F(4,134)=1.61
p=0.79 p=0.06 p=0.18
SS 1022 ± 176 1113 = 187 1102± 197

Control 790 ±172 1075 ±186 1231 ±198

AUC hunger1

HAES 1419 ± 176 857 ±163 1299 ±203 F(2,134)=0.20 F(2,196)=1.31 F(4,196)=1.28
p=0.82 p=0.27 p=0.28
SS 1141 ± 183 1080 ±169 1174±211

Control 881 ±179 998 ±168 1189 ± 212

AUC fullness

HAES 6160^ 300 6287 ±314 6389 ±323 F(2,136)=0.44 F(2,202)=0.25 F(4,202)=2.21

6544 ± 325 p=0.64 p=0.78 p=0.07


SS 6411 ±310 6910 ±339

Control 6525 ±303 6603 ± 322 5905 ± 343


Suite du Tableau 4 à la page suivante
187

(suite) Table 4: Appetite ratings at baseline (T=0), at post-treatment (T=4-month) and at folîow-up visits (T=16-month) in HAEs, Ss and
control groups.

AUCPFC 1

HAES 1826 ±215 1256± 192 1613 + 236 F(2,135)=0.49 F(2,201)=0.29 F(4,201)=0.96
p=0.61 p=0.75 p=0.43
ss 1398 = 223 1383 ±199 1385 + 247

Control 1375 + 218 1367+198 1601+247


1: Analyses were performed with log-transformation values oflh-AUC, but raw values are reported in the table.
188

Table 5: Anthropométrie and metabolic profiles at baseline (T=0), at post-treatmcnt (T=4-month) and at follow-up visits (T=iÛ-month
and 16-month) in HAES, SS and control groups.

Means ± Standard Errors MIXED procédure

Baseline Post-treatment Follow-up Follow-up Group effect Time effect Interaction


(T=10-month) (T= 16-month) Group x Time
(T=0) (T=4-month)

MI (kg/m')

HAES 30.1 =0.4 29.5 ±0.4 29.5 = 0.4 29.5 ±0.5 F(2,138)=0.83 F(3,138)=6.27 F(6,138)=2.06

SS 30.6 ±0.4 30.3 = 0.4 30.2 ±0.5 30 3 ± 0 5 P=0.43 p=0.0005 p=0.06

Control 30.5 ±0.4 30.3 ±0.4 30.0 ±0.5 30.5 ±0.5

LDL-Cholesterol (mmol/L)

HAES 2.88 ±0.10 2.77 ±0.10 2.79 ±0.10 2.74 ±0.10 F(2,138)=1.91 F(3,335)=1.88 F(6,335)=0.97
p=0.13
p=0.15 p=0.45
SS 3.07 ±0.10 2.98 ±0.10 3.03 ±0.10 3.10 ± 0.11

Control 2.97 ±0.10 2.93 ±0.10 2.90 ±0.10 3.04 ±0.11

Triglycérides' (mmol/L)

HAES 1.1 ±0.1 1.2 ± 0.1 1.1 ±0.1 1.1 ±0.1 F(2,138)=0.51 F(3,335)=3.39 F(6,335)=0.67
p=0.60 p=0.02 p=0.67
SS 1.3 ±0.1 1.1 ±0.1 1.2 ± 0.1 1.2 ± 0.1

Control 1.4 ±0.1 1.2 ± 0.1 1.2 ±0.1 1.2 ± 0.1


Suite du Tableau 5 à la page suivante
189

(suite) Table 5: Anthropométrie and metabolic profiles at baseline (T=0), at post-treatment (T=4-month) and at foliow-up visits (T-10-
month and 16-month) in HAES, SS and control groups.

Diastolic blood
pressure (mmHg)

HAES 74.3 ± 1.0 72.7 ± 1.1 75.1 ± 1.1 76.2 ±1.1 F(2,138)=1.35 F(3,336)=6.31 F(6,336)=0.48
p=0.26 p=0.0004 p=0.82
SS 74.6+ 1.1 74.9 ±1.2 75.0 ±1.2 78.0 ±1.2

Control 73.2± 1.1 72.7 ± 1.2 73.6 ± 1.2 75.0 ±1.2

Svstolic blood
pressure (mmHg)

HAES 108.8= 1.5 108.3 ± 1.5 109.4 ± 1.5 112.1 = 1.5 F(2,138)=1.65 F(3,336)=10.70 F(6,336)=0.94
p=0.20 p<0.0001 p=0.47
SS 108.3 ±1.5 107.2 ±1.6 107.8 ±1.6 114.6 ± 1.7

Control 105.5 ±1.5 105.5 ±1.6 107.3 ±1.6 109.1 ±1.7


/ : Analyses were performedwith the log-transformation value ofTG, but raw value is reported in the table.
190

Table 6: Pearson's corrélation coefficients for the associations of long-term changes in eating behaviors and body weight (baseline vs. 16-
month) in women from the HAES, SS and control groups.

A Body weight (kg)

HAES group (N=40) SS group (N=33) Control group (N=32)

A Cognitive restraint -0.48** -0.36* -0.43*

A Flexible restraint -0.56*** -0.43** -0.12

A Rigid restraint -0.01 -0.10 -0.37*

A Disinhibition 0.35* 0.39* 0.11

A Habituai 0.56*** 0.18 0.44**

A Emotional 0.10 0.23 0.18

A Situational 0.22 0.31 -0.12

A Hunger 0.50*** 0.37* 0.10

A Internai 0.27 0.44** 0.04

A External 0.52*** 0.10 0.09


Significant corrélation: *p<0.05; **p<0.01; ***p<0.001
191

-€>—HAES
a -D—SS
•g
3.5 -±— Control
ë
43
.s 3
.a
^i

3
a
3 2.5

1
S
t/1 T=0 T=4 T=10 T=16
Time (months)

Figure 1: Betwecn and within groups' pairwise différences for situational


susccptibility to disinhibition at baselinc (T=0), at post-treatmcnt (T=4-month) and
at follow-up (T=10-month and 16-month) in HAES, SS and control groups.
Means values ± SE
Significant within-group changes (in comparison to baseline):
*p<0.05; **p<0.01; ***p<0.0001.
192

-O-HAES
CHSS
-±— Control

T=0 T=A T=10 T=16


Time (months)

Figure 2: Bctween and within groups' pairwise différences for susccptibility to


hungcr at basclinc (T=0), at post-treatment (T=4-month) and at follow-up (T=10-
month and 16-month) in HAES, SS and control groups.
Means values ± SE
Significant within-group changes (in comparison to baseline):
*p<0.05; **p<0.01; ***p<0.0001.
193

-O-HAES
31.5
-D-SS
31 -à-Cbntrol
E 30.5
Ë 30
BMI

29.5

29
28.5
T=0 T=4 T=10 T=16

Time (months)

Figure 3: Betwecn and within groups' pairwise différences for BMI at bascline
(T=0), at post-trcatment (T=4-month) and at follow-up (T=10-month and 16-
month) in HAES, SS and control groups.
Means values ± SE
Significant within-group changes (in comparison to haseline):
*p<0.05; **p<().()l; ***p<0.0001.
194

Conclusion

À la lecture de la problématique présentée dans cette thèse, différents questionnements


ont été soulevés quant à la saine gestion du poids. Reconnaissant l'importance des
problèmes reliés au poids dans notre société, il apparaît donc pertinent d'étudier
certaines dimensions qui s'y rattachent. À l'aide d'un volet descriptif et d'un volet
clinique, l'objectif général de la présente thèse était d'approfondir nos connaissances
relativement aux enjeux comportementaux et psychologiques en matière de gestion du
poids auprès de femmes caractérisées par un surplus de poids et une préoccupation
importante à l'égard de leur poids.

Pour commencer, la première série d'articles présentés aux chapitres 3 à 5 souligne


l'importance des associations entre les variables psychologiques et les comportements
alimentaires au sein de la problématique du poids chez la femme. Hn effet, les
différentes analyses descriptives réalisées ont démontré que :

■ Au-delà de la présence d'un excès de poids, les femmes qui présentent un niveau
élevé de désinhibition seraient plus à risque d'avoir un bien-être psychologique
altéré.
■ Peu importe le poids des femmes à l'étude, le fait d'avoir des attentes plus réalistes
quant au poids qui les rendrait heureuses serait associé à des caractéristiques
psychologiques ainsi qu'à des comportements alimentaires plus sains.
■ Des traits de personnalité, tels que le névrolisme, la tendance à être consciencieux et
l'amabilité, seraient des déterminants significatifs des comportements de restriction,
de désinhibition et de susceptibilité à la faim de même que de la présence d'un
surplus de poids.

De telles observations soutiennent ainsi l'importance de conjuguer ensemble les


questions relatives aux comportements alimentaires de même qu'au profil
psychologique. En accord avec les propos de Polivy et Ilerman, une association
bidirectionnelle serait présente entre l'alimentation et la santé psychologique " . Alors
qu'un bien-être psychologique altéré de même que la présence d'un névrotisme plus
important puissent être associés à la surconsommation alimentaire, le fait d'être plus
195

susceptible à cette désinhibition pourrait également jouer un rôle au plan psychologique.


Par exemple, la consommation d'aliments jugés réconfortants, tel que le chocolat ou la
crème glacée chez les femmes, pourraient être un moyen utilisé pour atténuer la
présence d'émotions négatives en procurant du plaisir ou en rappelant de bons souvenirs
2I4
. Toutefois, un tel comportement peut aussi être associé à de la culpabilité 2I5 et donc
s'avérer peu aidant à plus long terme, surtout chez une personne qui désire contrôler son
poids. C'est alors que l'association bidirectionnelle proposée prend toute son
importance, car une rétroaction peut être grandement favorisée.

Lorsqu'on parle de changements de comportements en lien avec la problématique du


poids, il apparaît important de mieux comprendre les liens qui unissent la saine
2U
alimentation avec la santé psychologique . À cet égard, il pourrait être suggéré que
de saines habitudes alimentaires ne pourraient être adoptées qu'en présence d'une bonne
santé psychologique. Chez les gens qui éprouvent des difficultés au plan
psychologique, le terrain pourrait être moins propice aux changements dans les
habitudes de vie. Parallèlement, des attentes de perte de poids plus réalistes, associées à
un contrôle alimentaire plus flexible et à une moins grande susceptibilité à la faim,
pourraient être le reflet d'un meilleur profil psychologique. En accord avec la définition
de la santé selon l'Organisation Mondiale de la Santé, soit que « La santé est un état de
complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une
absence de maladie ou d'infirmité» , l'adoption de saines habitudes de vie doit se
faire en harmonie avec la santé psychologique. Ces résultats font ainsi ressortir
l'importance de développer des interventions de gestion du poids qui mettent à profit les
expertises des nutritionnistes et des psychologues, de manière à favoriser une vie pleine
et harmonieuse. Il faut donc aller au-delà de la simple notion de perte de poids, les liens
unissant l'alimentation et la santé psychologique s'observant indépendamment du poids.
Dans ce cadre-ci, les outils psychologiques ne seront pas qu'utilisés pour renforcer les
règles de la diète, tel qu'observé avec les traitements de perte de poids de nature
cognitivo-comportementale, mais serviront plutôt à soutenir l'individu dans la
compréhension des facteurs impliqués dans son comportement alimentaire.

D'autre part, devant l'insuccès des traitements traditionnels de perte de poids à plus
long terme de même que face à l'importance des facteurs psychologiques et
comportementaux au sein de la problématique du poids, il nous apparaissait important
196

d'explorer de nouvelles stratégies en matière de gestion du poids. C'est pourquoi nous


nous sommes intéressés, dans un deuxième temps, à évaluer les effets à court et à long
tenue d'une approche de gestion du poids alternative, qui s'inspire du nouveau
paradigme en matière de gestion du poids. Ainsi, les résultats de cette étude clinique
font l'objet des articles présentés aux chapitres 6 et 7 de cette thèse. Ces travaux
rapportent principalement que :

■ Une diminution significative des comportements de desinhibition et de susceptibilité


à la faim a été observée à court terme chez les femmes ayant participé à l'approche
s'inspirant du nouveau paradigme (groupe NP), ces changements s'étant d'ailleurs
maintenus à plus long terme. À long tenue, les comportements alimentaires des
femmes du groupe NP se sont donc avérés plus favorables que ceux des femmes
n'ayant pris part à aucune intervention (groupe témoin).
■ Une diminution du désir de manger et de la sensation de faim a été notée à court
terme chez les femmes du groupe NP, se distinguant même des changements
observés dans les groupes SS et témoin. Toutefois, ce changement observé à court
terme dans le groupe NP n'a pas été maintenu à plus long terme.
■ Une réduction significative du poids corporel, correspondant à environ 2% du poids
initial, a été observée à court terme chez les femmes du groupe NP, cette perte de
poids s'étant maintenue après un an. Toutefois, le changement de poids observé
n'était pas significativement différent de celui noté dans les groupes SS et témoin.
Ce changement de poids ne s'est également pas traduit en une amélioration du profil
métabolique chez les femmes du groupe NP.
■ Un effet significatif du soutien social a été note, puisque des changements
significatifs au niveau des comportements alimentaires ont été observés à court et à
long terme chez les femmes ayant participé à l'approche de type soutien social
(groupe SS). Toutefois, les femmes de ce groupe n'ont connu aucun changement de
poids significatif à court et à long terme.

Les résultats qui se dégagent de cette étude clinique soutiennent l'hypothèse selon
laquelle une approche s'inspirant du nouveau paradigme en matière de gestion de poids
modifierait de façon favorable les comportements alimentaires des femmes à l'étude.
Même si une réduction des scores de restriction rigide n'a pas été observée à court et à
long terme chez les femmes du groupe NP, elles ont connu une diminution plus
197

importante de leurs comportements de désinhibition et de susceptibilité à la faim, en


comparaison avec les femmes du groupe témoin. Quant à la deuxième hypothèse de ce
volet clinique du projet, une légère diminution du poids corporel a été observée à court
ternie chez les femmes du groupe NP, cette perte de poids ayant été maintenue à plus
long terme. Cependant, ce changement de poids n'était significativement différent de
ceux notés chez les femmes des groupes SS et témoin. De même, aucun effet
significatif sur profil métabolique n'a été observé à court et à long terme à l'intérieur
des trois groupes à l'étude. Il est toutefois important de rappeler que les femmes à
l'étude présentaient une tension artérielle et des valeurs lipidiques correspondant déjà
aux objectifs de santé visés par les recommandations médicales actuelles, ce qui peut
expliquer pourquoi une amélioration d'un tel profil métabolique pouvait être
difficilement observable. Finalement, les effets d'une intervention s'inspirant du
nouveau paradigme sur les comportements alimentaires ne se sont toutefois pas
démarqués des changements observés à l'intérieur du groupe SS, suggérant que le
soutien social pourrait être un élément important à considérer lors de l'élaboration
d'interventions visant le changement de comportement chez les femmes.

Différents facteurs peuvent permettre d'expliquer les impacts observés suite à


l'approche s'inspirant du nouveau paradigme, dont l'accent mis sur le soutien de
l'individu dans l'appropriation de sa démarche. Tel qu'énoncé dans la problématique
de cette thèse, la présence d'un sentiment de liberté et d'autonomie augmente les
chances de réussir sa démarche à plus long terme ' ' . Le développement d'une
motivation autonome au sein du processus de changement de comportement pourrait
permettre à l'individu de se libérer de la perception de privation psychologique sous-
jacente aux restrictions alimentaires qu'imposent les diètes hypocaloriques. Alors
qu'une réduction de l'apport en énergie qui origine d'un choix libre et autonome sera
plus difficilement perçue comme une privation, la notion d'obligation mettra quant à
elle à profit une motivation extrinsèque. Il apparaît donc logique que la restriclion
imposée par les diètes traditionnelles puisse se traduire par une perception de privation
accrue et cire ainsi pénible à maintenir à plus long terme. Une approche qui s'inspire du
nouveau paradigme en matière de gestion du poids, telle que « Choisir de Maigrir ? »,
met à l'avant scène la liberté de choix et le plaisir, au détriment de la coercition. Cette
caractéristique du nouveau paradigme peut permettre une réduction de la privation
psychologique, pouvant ainsi expliquer en partie la diminution des comportements de
198

désinhibition et de susceptibilité à la faim. La restriction calorique pourrait alors


s'effectuer de manière plus flexible, par le biais d'un choix conscientisé et désiré de
même que par une sensibilité accrue envers ses signaux de faim et de satiété. D'un
autre côté, pour que les changements de comportements observés puissent être
maintenus à plus long terme, cette motivation autonome se doit d'être développée et
soutenue sur une longue période. Tel que mentionné précédemment, le terrain doit
également être propice aux changements dans les habitudes de vie, soulignant
l'importance d'avoir une bonne santé psychologique. Afin de favoriser le maintien du
processus de changement de comportement de même que la solidification des acquis, un
suivi à plus long terme pourrait être envisagé à la suite des 14 semaines du programme
«Choisir de Maigrir?». Chez les femmes qui manifestent des difficultés plus
marquées au plan psychologique, l'implication d'un psychologue pourrait être d'autant
plus importante dans l'individualisation de la démarche. Ainsi, les nutritionnistes qui
s'intéressent à la problématique du poids gagneraient certainement à laisser plus de
liberté et d'autonomie aux femmes qui les consultent tout en développant une
collaboration enrichissante avec les psychologues.

Parallèlement, des changements dans l'environnement doivent également être réalisés


de manière à faciliter le maintien des nouveaux comportements adoptés. Même si une
personne fait preuve d'une grande motivation autonome pour faire des changements
dans sa vie, il lui sera difficile de poursuivre dans la bonne voie si tout dans son
environnement va à ['encontre de ses nouveaux objectifs. Un tel constat souligne ainsi
l'importance de soutenir les individus dans leur démarche de changement par la mise en
place d'actions politiques et de changements organisationnels. À titre d'exemple, le
nouveau plan d'action ministériel adopté en octobre dernier par le gouvernement
québécois, intitulé « Investir pour l'avenir - Plan d'action gouvernemental de promotion
des saines habitudes de vie et de prévention des problèmes reliés au poids 2006-2012 »,
favorisera l'adoption de saines habitudes de vie dans une optique de prévention et ce,
217
tant chez les individus que dans la société . Avec la contribution d'organismes, tels
que l'Association pour la Santé Publique, la Coalition Québécoise sur la Problématique
du Poids et ÉquiLibre - Groupe d'action sur le poids, on ne peut maintenant que
souhaiter que ce plan d'action puisse passer de la théorie à la pratique. 11 est d'ailleurs
intéressant de noter que parmi les actions proposées par le gouvernement afin
d'améliorer les services auprès des personnes touchées par la problématique du poids,
199

on retrouve la mise en œuvre du programme « Choisir de maigrir? » dans le réseau des


centres de santé et de services sociaux du Québec

Alors que la perte de poids ne soit pas l'objectif visé par le nouveau paradigme, il peut
paraître étonnant de constater une légère diminution du poids à court terme chez les
femmes ayant participé au programme « Choisir de maigrir? », cette perte de poids
s'étant également maintenue à plus long terme. D'une part, ces résultats permettent
d'adoucir les craintes à l'endroit du nouveau paradigme quanta un possible gain de
poids dû à une libéralisation du contexte alimentaire. Les résultats observés dans le
cadre du projet CHOIX vont plutôt à l'encontrc de ces préoccupations, car l'approche
s'inspirant du nouveau paradigme semble favoriser une saine gestion du poids. D'autre
part, l'objectif de santé visé dans le nouveau paradigme, au détriment de la perte de
poids à tout prix, est un concept pouvant être difficile à intégrer pour les femmes. La
perte de poids est un résultat tangible, facilement quantifiable et grandement valorisé
dans notre société alors que l'amélioration de la qualité de vie et de la santé dans sa
globalité est une notion relativement abstraite et donc difficile à évaluer. Cette situation
pourrait expliquer pourquoi la perte de poids demeure un objectif de choix pour la
plupart des femmes. Auprès de femmes qui présentent déjà un excès de poids, il peut
être difficilement concevable pour elles que la simple prévention d'un gain de poids
éventuel puisse être un objectif aussi louable que la perte de poids.

Un résultat surprenant qui émerge des travaux présentés est sans aucun doute les effets
significatifs observés chez les femmes ayant participé à l'approche soutien social. Cet
élément semble donc être un ingrédient-clé à considérer dans le développement
d'interventions auprès des femmes. Toutefois, selon le format adopté dans ce projet de
recherche, un groupe ne reposant que sur le soutien social pourrait ne pas être viable à
plus long terme. Quoi qu'à la fin des rencontres la plupart des participantes étaient
satisfaites de leur expérience, elles nous ont tout de même fait part de leur
mécontentement face à l'inaction des professionnels de la santé en charge du groupe.
Llles auraient grandement apprécié que ces dernières soient plus actives au sein du
groupe et qu'elles puissent répondre à leurs nombreuses questions au sujet de
l'alimentation et du poids. Ce mécontentement s'est d'ailleurs manifestée par un taux
d'abandon en cours d'intervention plus élevé que celui observé dans le groupe recevant
l'approche nouveau paradigme (i.c. 18.8% dans le groupe SS comparativement à X.3%
200

dans le groupe NP), rejoignant môme le taux d'abandon de 20.8% noté pour le groupe
témoin. Il est important de rappeler que dans le cadre du projet CHOIX, la
nutritionniste et la psychologue qui agissaient à titre d'intervenantes dans le groupe,
avaient pour rôle de faciliter les échanges entre les participantes sans donner
d'informations spécifiques. Puisque les femmes du groupe SS savaient très bien que les
intervenantes étaient des professionnelles de la santé, on comprend qu'elles pouvaient
s'attendre à recevoir des conseils relatifs à l'alimentation et la psychologie. Afin de
pallier aux attentes des participantes qui n'ont pu être satisfaites dans le contexte de
l'étude, et favoriser une meilleure rétention dans le groupe, l'animation d'un groupe
reposant sur le soutien social pourrait être réalisée par des gens qui ont vécu une
problématique semblable et qui peuvent apporter de l'aide à leurs pairs, sans posséder
de formation professionnelle dans le domaine de la santé. Par ailleurs, la nutrition étant
une science qui a acquis une certaine popularité auprès du public, elle fait
malheureusement face à une propagation importante de mythes, particulièrement dans le
domaine de la gestion du poids. Une telle situation exige donc une bonne dose de
prudence envers la qualité du soutien offert afin d'éviter le renforcement de propos qui
peuvent s'avérés erronés. Pour pallier à cette difficulté, il pourrait être proposé qu'une
approche de type soutien social puisse être mise en place à la suite d'une démarche de
gestion du poids plus structurée. Par exemple, la participation à un groupe de soutien
pourrait maximiser l'effet positif du soutien social dans la poursuite des objectifs de
changement définis dans le cadre de « Choisir Maigrir ? ».

En dernier lieu, il importe de discuter de la pertinence de mesurer d'autres variables qui


auraient pu contribuer au protocole de recherche. La mesure de la restriction cognitive
à l'aide de la RS aurait tout d'abord été un ajout d'intérêt à ce projet. En plus de
permettre une évaluation d'une forme de restriction ayant été associée précédemment à
la privation psychologique , il aurait également été possible d'effectuer des
comparaisons entre les restrictions évaluées par le TFEQ et la RS afin de mieux
comprendre les facteurs qui distinguent ces deux types de restriction. Toujours dans
l'optique de mieux cerner la notion de privation psychologique, il aurait été intéressant
d'inclure au projet un questionnaire mesurant l'obsession quant à la nourriture ou au
poids. À cet égard, le Eating Obsessive and Compulsive Questionnaire aurait pu être un
outil intéressant pour évaluer la tendance à avoir des pensées obsessives envers la
nourriture, à adopter des comportements alimentaires compulsifs et à éprouver de la
201

culpabilité ou de l'anxiété face aux aliments 2 ' 8 . Bien que la désinhibition évaluée par
le TFEQ ait été associée à une prise alimentaire compulsive , l'ajout de ce deuxième
questionnaire aurait tout de même permis d'évaluer plus spécifiquement les effets d'une
approche s'inspirant du nouveau paradigme sur le côte obsessif associé à la nourriture.
Finalement, le nouveau paradigme mettant l'accent sur l'importance d'écouter ses
signaux de faim et de satiété, on peut ainsi déduire que la régulation intuitive de la prise
alimentaire est favorisée dans cette approche. À ce sujet, un nouveau questionnaire, soit
le Intuitive Eating Scale, permettrait justement d'évaluer 1) la permission de manger
sans s'imposer de conditions, 2) le fait de manger en réponse à des raisons physiques, et
non pas émotionnelles, et 3) la confiance envers ses signaux internes de faim et de
satiété dans la détermination de l'apport alimentaire . De pair avec l'évaluation des
sensations reliées à l'appétit lors du déjeuner standardisé, l'ajout du Intuitive Eating
Scale aurait permis d'investiguer des changements possibles auprès de composantes-
clés de la régulation intuitive de la prise alimentaire.

En somme, il serait tout à fait utopique de croire que les travaux de la présente thèse
aient permis de répondre à l'ensemble tics questions de recherche touchant les
comportements alimentaires, la santé psychologique de même que les effets nouveau
paradigme en matière de gestion du poids. En fouillant ces questions, nous avons plutôt
pris conscience de toute la complexité qui émerge de ce domaine de recherche. Ces
travaux ont ainsi mis en lumière d'autres hypothèses qui demeurent toujours sans
évidence, telles que l'identification des facteurs comportementaux et psychologiques
qui caractérisent les femmes les plus susceptibles de profiter d'une approche qui
s'inspire du nouveau paradigme. De plus, nous en savons toujours peu sur l'implication
des facteurs psychologiques dans la détermination des choix alimentaires. La
pertinence de mettre en place des interventions qui s'inspirent du nouveau paradigme
auprès des hommes mérite également d'être évaluée. En revanche, les liens importants
qui relient l'alimentation et la psychologie ne sauraient à présent être mis en doute.
C'est en tentant de rendre justice à ces liens, tout en favorisant le développement d'une
démarche autonome, que la philosophie du nouveau paradigme se distingue des
approches traditionnelles en matière de gestion du poids. Il apparaît alors possible de
présumer qu'une approche qui s'inspire du nouveau paradigme en matière de gestion du
poids puisse représenter une alternative de choix auprès de femmes qui tentent de
retrouver une certaine harmonie avec leur poids et leur alimentation.
202

Bibliographie

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épidémie. World Health Organization: Gcncva, 2000.

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Annexe A

Les comportements alimentaires : un enjeu important


pour une saine gestion du poids

Véronique Provcnchcr, Dt.p. M.Se. Candidate au doctorat


Institut des nutraccutiqucs et des aliments fonctionnels, Département des sciences des
aliments et de nutrition, Université Laval.

Nutrition - Science en évolution, Ordre Professionnel des diététistes du Québec

(Manuscrit sous presse)

Adresse de correspondance :

Véronique Provcnchcr, Institut des nutraccutiqucs et des aliments fonctionnels


Université Laval
2440, Boulevard Hochelaga, Québec (Québec) G1K 7P4
Téléphone: (418) 656-2131 poste: 11469

Fax:(418)656-5877

Courriel : véronique.provcnchcr@inaf.ulaval.ca
219

Résumé

L'obésité est une problématique multifactoriclle où l'implication des comportements


alimentaires dans le contexte d'une saine gestion du poids apparaît d'un intérêt majeur.
À cet égard, les comportements de désinhibition et de susceptibilité à la faim ont été
associés à la présence d'un surplus de poids ainsi qu'à un plus grand apport en énergie
et en lipides. Bien que la restriction cognitive puisse sembler à prime abord souhaitable
à la perte de poids et au maintien d'un poids plus faible, la perception qu'un contrôle
rigide doit être exercé sur l'alimentation serait plutôt associée à un poids plus élevé et à
des scores de désinhibition plus importants. La difficulté qu'éprouvent certaines
personnes à relier leurs sensations de faim et de satiété à leur prise alimentaire serait
également associée à des niveaux plus élevés de désinhibition et de susceptibilité à la
faim de même qu'à un poids plus élevé. La littérature soutient par ailleurs qu'une saine
gestion du poids serait favorisée par la mise en action d'interventions qui soutiennent
l'individu dans l'appropriation de sa démarche. Afin de tendre vers des changements de
comportements qui sont en harmonie avec la santé psychologique, il apparaît donc
important d'adopter une nouvelle vision de la problématique du poids qui met l'accent
sur la liberté de choix et le plaisir. Plus spécifiquement, les interventions qui s'inspirent
de cette vision plus globale faciliteront la reconnaissance des signaux de faim et satiété
et l'identification des facteurs psychosociaux qui influencent la prise alimentaire.

Mots-clés : Obésité, Interventions nutritionnclles, Comportements alimentaires,


Signaux de faim et de satiété, Santé psychologique.
220

Introduction

Tant dans les médias que dans la littérature scientifique, les problèmes reliés au poids
suscitent un vif intérêt. L'obésité représente une préoccupation de santé publique
importante, d'autant plus qu'une majorité de Canadiens affichent désormais un surplus
de poids '. Cette progression de l'obésité au sein de la population s'explique par la
difficulté à maintenir l'équilibre entre l'apport et la dépense énergétique, dans un
environnement « obésogène » qui favorise la surconsommation alimentaire et la
sédentarité 2. Même s'il paraît facile de renverser la tendance en mangeant simplement
moins et en bougeant plus, la mise en action d'une telle recommandation s'avère
beaucoup complexe. L'obésité est en fait une problématique multifactorielle où de
nombreux facteurs biologiques, psychologiques et sociaux influencent l'équilibre
énergétique. Cette complexité s'illustre notamment par le regain de poids observé chez
une majorité de gens qui tentent de perdre du poids . L'élaboration de solutions
efficaces et durables permettant de prévenir et de traiter l'obésité demeure ainsi un défi
de taille.

Au cœur de cette problématique multifactorielle, l'implication des comportements


alimentaires dans le contexte d'une saine gestion du poids apparaît d'un intérêt majeur.
Dans le présent article, nous nous intéresserons donc à caractériser certains
comportements alimentaires ayant été étudiés pour leurs associations avec le poids et
l'apport alimentaire. Nous identifierons également leur rôle possible dans le processus
de perte et de maintien du poids. Pour terminer, nous proposerons quelques pistes
permettant d'optimiser les interventions nutritionnelles en matière de gestion du poids
selon une vision plus globale de la problématique du poids.

La restriction, la desinhibition et la susceptibilité à la faim : quelques définitions

Sous l'influence de divers facteurs biologiques, psychologiques et sociaux, plusieurs


comportements alimentaires peuvent être impliqués dans la problématique du poids.
Dans le présent article, nous nous attarderons plus spécifiquement aux comportements
alimentaires qui ont été invesligués à l'aide du Three-Factor Eating Questionnaire
(TFHQ). Tel que décrit dans le Tableau 1, ces comportements alimentaires se
221

regroupent en trois catégories : la restriction cognitive, la désinhibition et la


susceptibilité à la faim. La restriction cognitive se manifeste lorsqu'une personne qui se
préoccupe de son poids sait qu'elle doit contrôler sa prise alimentaire et qu'elle tente de
le faire. La désinhibition représente plutôt une surconsommation d'aliments en réponse
à des influences extérieures et associée à une perte de contrôle sur la prise alimentaire
de même qu'à l'absence de sensations de faim. Quant à la susceptibilité à la faim, il
s'agit d'une consommation d'aliments en présence de déclencheurs qui stimulent la
faim ou l'impression d'avoir faim 4. Même si le TFEQ a été fréquemment utilisé en
recherche, notez toutefois que ce questionnaire n'est pas considéré comme un outil
d'évaluation clinique.

Les comportements alimentaires du TFEQ et la régulation du poids corporel

Associations avec le poids corporel et l'apport alimentaire

Dans le cadre de nos travaux de recherche, nous avons constaté que les scores de
désinhibition et de susceptibilité à la faim étaient plus élevés chez les hommes et les
femmes obèses que chez les non-obèses . La présence de ces comportements
alimentaires était également associée à un plus grand apport en énergie et en lipides,
particulièrement chez les femmes . Même s'il serait logique de croire qu'une plus
grande restriction cognitive serait systématiquement associée à un poids plus faible, une
telle affirmation est loin de faire l'unanimité dans la littérature. Quoiqu'un niveau élevé
de restriction cognitive ait été associé à de plus faibles apports en énergie et en lipides,
nous n'avons observé aucune différence entre les scores de restriction cognitive des
gens obèses et non-obèses . Chez les femmes qui présentaient des scores de restriction
cognitive élevés, un gain de poids plus important a même été noté à long terme .

Afin d'éclaircir le lien entre la restriction cognitive et le poids corporel, il a été proposé
que ce comportement puisse être divisé en deux sous-facteurs : le contrôle rigide et le
contrôle flexible 7. Une personne qui exerce un contrôle rigide sur son alimentation se
distinguerait par une approche de « tout-ou-rien », s'illustrant entres autres par une
surveillance stricte des portions consommées. À l'opposé, une personne plus flexible
face à son alimentation se laisserait la latitude de faire quelques écarts en trouvant une
solution pour compenser 7 . Lorsque nous avons mis ces deux sous-facteurs en parallèle
222

avec le poids, des associations contraires ont été observées. Un contrôle plus rigide
était relié à un poids plus élevé et à des scores de désinhibition plus importants . Une
personne démontrant plus de rigidité face à son alimentation pourrait ainsi être plus
susceptible de perdre le contrôle sur sa prise alimentaire.

Implications dans le processus de perte et de maintien du poids

En proposant aux gens d'entreprendre une dicte afin de perdre du poids, les stratégies
nutritionnelles préconisées dans le traitement de l'obésité misent sur la restriction
calorique . Lorsque le comportement alimentaire de la personne à la diète répond bien
aux règles établies par le plan proposé, une augmentation de la restriction cognitive et
une diminution de la desinhibition sont observées en cours de traitement . En raison
des multiples facteurs qui influencent l'équilibre énergétique, le maintien d'un niveau
élevé de restriction cognitive s'avère toutefois difficile au quotidien. Les
comportements de désinhibition et de susceptibilité à la faim peuvent ainsi refaire
surface, ce qui compromet le succès de la démarche de perte de poids à plus long terme
. La présence d'un regain graduel du poids perdu au fil des années semble d'ailleurs
être l'aboutissement de nombreuses tentatives de perte de poids . Même si une
restriction cognitive semble à prime abord souhaitable pour faire face à un
environnement non-favorable à une saine gestion du poids , on peut toutefois
questionner la justesse d'une telle solution pour l'ensemble de la population.

L'importance de la santé psychologique

Bien qu'un contrôle plus fiexible de la prise alimentaire serait associé à une meilleure
gestion du poids à plus long terme, une approche de perte de poids qui encourage un
contrôle rigide de l'alimentation favoriserait plutôt l'émergence de la désinhibition .
Selon ces observations, la perception d'un individu quant au contrôle qu'il doit exercer
sur son alimentation semble jouer un rôle clé dans la réussite d'une démarche de gestion
du poids. Une personne peut en effet se sentir privée si elle perçoit qu'elle mange
moins qu'à l'habitude ou en moins grande quantité qu'elle ne le souhaiterait, une telle
situation pouvant se produire même si aucune restriction calorique n'est réellement
présente ". De par une perception négative des changements relatifs à son alimentation,
cette personne expérimentera une privation psychologique. Une relation plus difficile
223

avec les aliments et la présence d'affects négatifs (p.ex. faible estime de soi,
insatisfaction quant au poids) peuvent d'ailleurs être observés chez des femmes à la
dicte qui apprécient moins le plaisir de manger ' 2 . Une augmentation des sensations de
faim et du désir de manger de même qu'un niveau plus élevé de dépression ont
également été notés chez des gens ayant suivi une diète restrictive afin de perdre du
l3 14
poids ' . D'autre part, nous avons constaté que des femmes présentant de faibles
niveaux de désinhibition affichaient un meilleur bien-être psychologique que celles
ayant des niveaux élevés de désinhibition et ce, peu importe leur poids ' 5 . Comment
peut-on donc s'assurer que les changements de comportements alimentaires favorisant
une saine gestion du poids puissent se réaliser de façon harmonieuse ?

Vers une vision plus globale de la gestion du poids

En plus d'être associée à certaines difficultés au plan psychologique, la restriction


utilisée comme stratégie de perte de poids ne s'effectue pas toujours être en accord avec
les signaux de faim et de satiété . Notons également que la difficulté à relier les
sensations de faim et de satiété à la prise alimentaire serait associée à des niveaux plus
élevés de désinhibition et de susceptibilité à la faim de même qu'à un poids plus élevé
x
. Par ailleurs, une stratégie de gestion de poids directive et rigide pourrait nuire aux
prises de conscience qui soutiennent un changement de comportement sain et durable .
La notion de restriction cognitive fait plutôt référence à des renforçateurs externes (p.ex.
sentiment d'obligation ou de culpabilité, plan alimentaire ou règles à suivre), alors que
c'est vraisemblablement en mettant l'accent sur l'autonomie de la personne et
l'internalisation des changements que la réussite à long terme est favorisée ' . Ces
observations suggèrent donc qu'une saine gestion du poids va bien au-delà d'un simple
objectif de contrôle alimentaire ou de perte de poids. Afin de tendre vers des
changements de comportements qui soutiennent la santé dans sa globalité, il apparaît
donc important d'adopter une nouvelle vision de la problématique du poids qui met à
l'avant scène la liberté de choix, l'expérimentation, le plaisir et le respect des signaux
2I 22
de faim et satiété ' . Cette nouvelle vision exigera alors une optimisation des
interventions réalisées par les diélélisles/nutritionnistes en matière de gestion du poids.
224

Optimisation des interventions nutritionncllcs en matière de gestion du poids

L'exemple de Choisir de Maigrir ?

Les programmes d'intervention qui s'inspirent d'une nouvelle vision de la


problématique du poids considèrent les changements de comportements et la gestion du
poids selon leurs dimensions biologique, psychologique et socioculturelle . Au
Québec, l'approche de groupe Choisir de maigrir?, développée et soutenue par
ÉquiLibre Groupe d'action sur le poids, en est un bon exemple (voir
www.equilibre.ca pour plus de détails) ' . Anime par une diététiste/nutritionniste et une
intervenante psychosociale, ce programme vise à soutenir l'autonomie de l'individu
dans sa démarche par l'adoption de saines habitudes de vie et la prise d'une décision
éclairée face à l'amaigrissement. Les restrictions alimentaires sont ainsi mises de côté
pour faciliter l'écoute des signaux de faim et de satiété et la reconnaissance des
influences externes sur la prise alimentaire . Afin de vérifier si un tel programme
apporte des changements significatifs sur les comportements alimentaires évalués par le
TFBQ, nous avons testé les effets de Choisir de maigrir ? auprès de femmes présentant
un surplus de poids. Un an après la fin des interventions, nous avons constaté que les
scores de desinhibition et de susceptibilité à la faim avaient diminué davantage chez les
participantes de Choisir de maigrir ? que les femmes faisant partie d'un groupe témoin.
Ces résultats suggèrent donc que ce programme permet l'atteinte de comportements
alimentaires favorisant une saine gestion du poids.

Et pour lu pratique clinique des diététistes/nutritionnistes ?

Au lieu de miser sur la restriction cognitive et la perte de poids à tout prix, il apparaît
plutôt souhaitable de soutenir l'individu dans une démarche orientée vers la
reconnaissance des signaux de faim et de satiété de même que l'identification des
facteurs psychosociaux qui influencent la prise alimentaire. Tout en misant sur
l'autonomie, l'expérimentation et le plaisir, certains outils cliniques favorisent de
meilleures prises de conscience. A titre d'exemple, le journal alimentaire peut être
utilisé comme un outil d'observation qui facilite l'analyse du comportement alimentaire
plutôt que comme un outil de contrôle. Tel qu'illustré à la Figure I, ce journal peut
questionner la personne sur un ensemble de facteurs qui influencent sa prise alimentaire,
225

comme les signaux de faim et de satiété de même que les sentiments vécus avant et
après le repas. Par ailleurs, il est aussi important de reconnaître nos limites
professionnelles lorsque nous travaillons auprès de gens qui manifestent des difficultés
plus marquées au plan psychologique. Une bonne santé psychologique étant plus
propice aux changements, l'implication d'un psychologue pourrait ainsi enrichir
grandement la démarche amorcée.

Conclusion

Tout en reconnaissant l'importance d'une alimentation de qualité et d'un mode de vie


actif, l'adoption de comportements alimentaires qui favorisent une relation harmonieuse
avec la nourriture et avec soi-même est un enjeu à considérer pour une saine gestion du
poids. Parallèlement, des changements collectifs devront être réalisés afin de rendre nos
environnements favorables au maintien des comportements alimentaires souhaités.
Môme si de plus amples études s'avèrent nécessaire pour parfaire notre compréhension
des problèmes reliés au poids, nous pouvons dès maintenant enrichir nos interventions
nutritionnclles en mettant à profit l'autonomie, l'expérimentation et le plaisir.
226

Tableau 1 : Description des comportements alimentaires évalués par le TFEQ.

Comportements
Définitions et exemples
alimentaires

Quand une personne sait qu'elle devrait contrôler son apport

alimentaire et qu'elle tente de le faire le plus souvent

Restriction cognitive* possible :

■ Se servir de petites portions ;

■ Calculer le nombre de portions consommées.

Surconsommation d'aliments en réponse à des influences

extérieures, associée à une perte de contrôle sur la prise

alimentaire et à une absence de sensations de faim :


Désinhibition
■ Manger trop lors d'une occasion sociale ;

■ Manger en réponse à des émotions (p.ex. anxiété ou

ennui).

Consommation d'aliments en présence de déclencheurs qui

stimulent la faim ou l'impression d'avoir faim :

Susceptibilité à la faim ■ Avoir souvent faim entre les repas,

■ Avoir assez faim pour manger à la vue d'une

gourmandise.

Les exemples de ce tableau ont été rédigés à partir des questions du TFEQ ;

* : Le premier exemple pour la restriction cognitive réfère au contrôle flexible alors

que le deuxième concerne le contrôle rigide.


227

Faim Heure, Aliments Vitesse, Satiété Influences sur Sentiments

(0-4)* lieu, avec consommés façon de (0-4)' la prise avant/après

qui manger** alimentaire

Figure 1 : Exemple de l'entête d'un journal alimentaire qui permet d'analyser les

caractéristiques du comportement alimentaire.

* Degré de faim : 0 = Pas faim du tout, J = Faim à peine perceptible, 2 = Faim

modérée, 3 = Faim intense, 4= Faim incontrôlable ;

** Vitesse : vite ou lentement; Façon de manger : attentivement en dégustant ou plutôt

distraitement ;

+ Degré de satiété : 0 - Pas rassasié du tout, 1 = Légèrement rassasié, 2 =

Parfaitement rassasié, 3 = Trop rempli, 4= Inconfortable.


228

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intervenantes et les intervenants. 2003.
230

Annexe B

Thèmes des rencontres du programme « Choisir de


Maigrir ? »

lre rencontre : Je commence ma démarche

2 e rencontre : J'évalue ma consommation alimentaire

3 e rencontre : J'analyse mes habitudes alimentaires

4 e rencontre : J'évalue mes besoins énergétiques

5e rencontre : Je mets mon corps en mouvement

6e rencontre : J'écoute mon corps (journée intensive)

7e rencontre : Je prends conscience de l'influence des autres

8e rencontre : J'explore mon image corporelle

9e rencontre : J'examine mes motivations à maigrir

10e rencontre : Je choisis l'orientation de ma démarche

1 Ie rencontre : Je nourris mon corps

12e rencontre : Je deviens critique face aux diètes

13e rencontre : Je précise mon plan d'action

14e rencontre : J'évalue ma démarche