2.

3 Le document mis en scène
Certaines photos célèbres de l’histoire ont été mises en scène, posées ! L’intention est d’accentuer le sens du message, par rapport à celui d’une
photo prise sur le vif.
oe !"#$%&'(L. Le
drapeau issé sur le )*o ima , +,-.
Le 23 février +,-., oe !osenthal photographie cin/ marines américains et un soldat infirmier, dressant le drapeau des $tats 0nis sur le mont
#uribachi, après la bataille contre les 1aponais. Cette photo est une seconde prise 2 aucun des trois hommes n3a planté le premier drapeau pendant
les combats. Le photographe re4oit le pri5 6ulit7er de la photographie la m8me année. Cette image devient un outil de propagande américaine et
fait le tour du monde.
$d*ard 9)$%'"L:. &he portable ;ar <emorial +,=>, techni/ue mi5te, 2>,,= ? 2-3,> cm
Le sculpteur pop 9ienhol7 la détourne pour faire une @uvre pacifiste dénon4ant la guerre au Aietnam.


$vgueni 9'(LB$C. Le drapeau rouge, +,-.
Le photographe $vgueni 9'(LB$C avait en t8te cette photo de oe !osenthal,
alors /u’il se rendait à Derlin, pour faire un reportage sur la fin de la guerre.
)l a choisi un lieu sEmboli/ue à Derlin, le !eichsta,g et fait fabri/uer les drapeau5. &rois soldats soviéti/ues ont posé pour lui.

$t pourtant, ces photographies fabri/uées ont parfois une postérité plus forte
/ue celles prises sur le vif ! La photo de oe !osenthal a inspiré d’autres artistes 2

Clint $ast*ood, <émoires de nos pères, 2FF=. 6hoto e5traite du film
Clint $ast*ood la met en scène dans un film /ui rend hommage à l3héroGsme des si5 soldats /ui participèrent à la bataille d3)*o ima. )l propose une
réfle5ion sur la propagande et l3héroGsme. )l reconstitue la bataille, mais aussi la campagne de collecte de fonds de trois des soldats pour renflouer
les caisses vides de l3Htat pour continuer l3effort de guerre. Les soldats sont coincés entre leurs douloureu5 souvenirs de cette bataille, leur rIle
médiati/ue et la réalité de cette photoJ


Koan Lontcuberta.
6ortait original d’un groupe de communistes soviéti/ues en +,=M et le m8me document, tel /u’il fut publié dans le livre
Aers les étoiles de Doris !omanenNo, +,M.

– Lontcuberta2 #poutniN, +,,M
)van )stochniNov et la
chienne 9loNa dans leur histori/ue voEage e5traKvéhiculaire

oan Lontcuberta veut démontrer /u’une image photographi/ue n’est pas forcément O vraie P. )l crée des documents vraisemblables, il suscite le
doute che7 le spectateur et l’incite ainsi à 8tre vigilant.
Bans sa série O #poutniN P, il raconte /ue le colonel )van )stochniNov fut le pilote d’un engin spatial russe en +,=>. )l est parti, accompagné de la
chienne 9loNa, pour e5périmenter les effets biologi/ues de la microgravité. <ais il a disparu au cours d’une mission e5traKvéhiculaire. #eule la
chienne a été retrouvée. Le 9remlin, pour ne pas reconnaQtre cet échec, a alors effacé toute preuve de l’e5istence du colonel, n’hésitant pas à
déporter sa famille en #ibérie et à effacer le visage du colonel sur les photographies. http2RR***.orbit.7Nm.deRS/TnodeR+2+

Cette histoire estKelle vraie S
%on 2 ces photographies sont des fictions !
<ais elles ont des allures de documentaires, parce /ue 2
U elles font référence à des faits histori/ues 2
K6endant la deu5ième guerre mondiale, de nombreuses photographies histori/ues ont été retouchées pour effacer certains personnages.
KLa chienne LaGNa est le premier 8tre vivant à avoir voEagé dans l’espace, lancée par l’0!## à bord du #poutniN 2 en +,.M
U elles sont accompagnées d’un te5te à la fa4on d’un reportage de maga7ine


3. Le document VreWcréé

3.+ L’@uvreKmessage
Den1amin Aautier dit Den V+,3.KW, est un artiste fran4ais d3origine suisse. )l est membre du groupe Llu5us. %é dans les années +,=F, ce courant
touche les arts visuels, la musi/ue, la littérature. 6ar un humour dévastateur et provocant, il veut e5ploser les limites de la prati/ue artisti/ue, abolir
les frontières entre les arts et la vie. )l est aussi proche du Lettrisme, mouvement de +,-. /ui s3attache à la poéti/ue des sons, des onomatopées, à
la musi/ue des lettres. C’est un Oart /ui accepte la matière des lettres réduites et devenues simplement ellesKm8mes P. Bans
ces deu5 courants, le message est un ob1et artisti/ue. L3écriture Den, un peu ronde et enfantine, est devenue sa mar/ue de fabri/ue à partir des
années =F. Le mot, la pensée, le slogan et l3écriture sont à la base de son @uvre. )l interpelle le public par ses réfle5ions sur l’art 2 /uelle est la
place de l’art et de l’artiste dans la société S

http2RR***.benKvautier.com et http2RRlesmotsdeben.sNErocN.com

Claude CL"#9X. #ans titre V#upermarchéW, +,,=K,,. 6apier peint

#ans titre V%(#B(YW, 2FF3 S 6apier peint
K#ans titre V3+=>>+W Z 6ièce uni/ue. (crEli/ue sur toile. 2+F cm de diamètre.

#ans titre Z Beu5 @uvres e5posées
à la [alerie Laurent [odin, 2F+F
Claude ClosNE V+,=3KW est un plasticien fran4ais. )l réalise plusieurs @uvres sur des supports électroni/ues, notamment des sites )nternet. )l travaille
autour du langage 2 images, te5tes, chiffres, et sons prélevés dans notre environnement. )l part souvent d3une observation des médias, et s’empare
des codes de la publicité, de supports tels /ue l3affiche, le maga7ineJ &out document, isolé de son conte5te, peut devenir @uvre d’art. Bes
prospectus de supermarchés ou des ticNets de caisse sont détournés en papiers peints J en vente dans les magasins de décoration ! 0n
graphi/ue censé indi/uer des statisti/ues devient un tableau de forme classi/ue, le tondo, sans légende pour en comprendre la signification. Bes
sEllabes sont découpées dans des 1ournau5 et assemblées
http2RR***.sittes.netRmenu
http2RR***.laurentgodin.comRartists\detail.phpSid\artisteT3

3.2 Be la mémoire collective à la mémoire individuelle
( la fin du 2Fe siècle et au début du 2+e siècle, on observe moins de mouvements artisti/ues. Les artistes, souvent indépendants de tout
mouvement, sont O plasticiens P 2 ils utilisent diverses techni/ues Vpeinture, photographie, vidéo, installationsJW. Les collectifs d’artistes e5istent,
mais plus pour s’entraider, avoir plus de visibilité dans les médias, /ue pour défendre une idée commune, comme pouvaient le faire les surréalistes,
en écrivant un <anifeste commun. L’historien d’art a moins de recul sur l’art très contemporain, c’est pour/uoi il est peutK8tre plus difficile d’opérer
des rapprochements.
Bes fa4ons très variées de créer apparaissent 2 chacun invente ses propres règles. $t le rapport à soi est de plus en plus important, tant dans l’art
/ue la littérature. L’artiste est le su1et de son @uvre et les documents /u’il intègre, souvent autobiographi/ues.



Christian D"L&(%#9). Aitrine de référence, +,M+. DoQte en bois peinte sous ple5iglas, Dois, ple5iglas, photos, cheveu5,
tissus, papier, terre, fil de fer. .,,= 5 +2F 5 +2,- cm

- <onument "dessa, +,,+. &echni/ue mi5te
Les oeuvres de Christian DoltansNi interrogent la mémoire, /ue ce soit celle de son histoire individuelle ou celle de l3histoire collective. #es @uvres
ont à la fois une valeur autobiographi/ues et une portée universelle. %é à la fin de la 2de guerre mondiale, sa famille 1uive est mar/uée par
l’'olocauste. O 0ne grande partie de mon activité est liée à l’idée de biographie, mais une biographie totalement fausse et
donnée comme fausse avec toutes sortes de fausses preuves.P
)l réalise des vitrines o] il e5pose des ob1ets personnels comme des reli/ues ou des éléments issus de fouilles archéologi/ues témoignant de
civilisations perdues. )l parodie ainsi le <usée de l3'omme 2 on E voit, dans des vitrines un peu poussiéreuses, des ob1ets à l3origine sans vocation
esthéti/ue, mais plus documentaire /u’artisti/ue, au5/uels le musée a retiré leur valeur d3usage.
)l crée des mémorials et des reli/uaires /ui évo/uent la #hoa, en utilisant des photos floues d’enfants, encadrées sur des boQtes de biscuits
rouillées et disposées au milieu d’ampoules alimentées de vieu5 fils électri/ues /ui s3entrem8lent. "n pense au5 enfants 1uifs morts dans les
camps. 6ourtant il ne s’agit /ue de photos anciennes sans relation avec ce passé. Le matériel semble dater de la guerre, alors /ue l’on trouve
encore les ampoules dans le commerce. $stKce un témoignage réel ou fictif S Ce document n’est pas réel, mais tout est vraisemblable.

- <(!DL$0 . Les AideKmémoires de2 &hérèse et Léon ou le carnaval de Aenise, 6eines perdues, La valise d’"rphée
O 6our e5traire la douleur du temps /ui s’écoule de moiKm8meJ ces ob1ets précieu5, utiles, futiles parfois, fanés, palis, usés et abandonnés par
des mains mortes, sEmboles de la vie m8me o] le présent devient inéluctablement passé, de la vie ondoEante dont ne restent /ue des souvenirs. P
Le travail de <arbleu n’est pas /ue nostalgie du passé 2 les titres décalés proposent un regard humoristi/ue sur ces ob1ets et documents d’un autre
temps. Les boQtes sont accompagnées d’une bande sonore.


http2RR***.marbleu.frRfr

- Lran4oise 6$&!"A)&C'. !adioK6etrovitch, 2FFFK2FF2. $5traits
Lran4oise 6etrovitch V+,=-KW réalise une série, à partir des informations entendues à la radio. $lle commence le 1our de son anniversaire, le 2M mai
2FFF et s’arr8te deu5 ans plus tard. O Le matin à M heures, 13écoute Lrance )nter, c3est rituel.
O Don1our ! P Ce salut matinal agit comme un signal. e procède tou1ours de la m8me manière 2
( la première information entendue, sans la choisir, 13E réponds immédiatement par un dessin Z
ce n3est ni une illustration ni un dessin de presse. Bans la m8me 1ournée, 1e réalise un deu5ième dessin
/ui évo/ue un moment de ma vie /uotidienne. Le rapprochement définitif des deu5
dessins rend compte d3un 1our
o] l3intime
cItoie ainsi le collectif. P
http2RR***.francoisepetrovitch.comRhome.html
3.3 L’autofiction
L’autofiction est un genre contradictoire, /ui associe l’autobiographie ou autoportrait, ancré dans le réel, et la fiction. L’autoportrait est largement
illustré dans l’histoire de l’art, et complètement renouvelé à la fin du 2Fe siècle. Les artistes brouillent les pistes entre leur vie, l’actualité, la fiction,
n’hésitant pas à créer de fau5 documents, pour donner l’illusion du vrai.

- (nnette
<$##([$!. <a Collection d3$5pressions et d3(ttitudes Biverses, +,M-
La chambre secrète de la collectionneuse. $5position O Les messagers P, Centre 6ompidou, 2FFM
à <es A@u5, +,>F
(u début des années +,MF, (nnette <essager réunit ses O Collections P 2 .= albums de photos et phrases e5traites de la presse, annotées et
modifiées dans des 1ournau5 intimes. $lle m8le la vie d’inconnus à la sienne. (nnonces matrimoniales V Le <ariage de <lle (nnette <essagerW,
coupures de presse VLes 'ommes /ue 13aimeR13aime pasW, photos V<es 1alousies...W, images de maga7ines VLes tortures AolontairesW, dictons V<a
collection de proverbesW, signatures V6etite prati/ue magi/ue /uotidienneWJ $lle parle d’elle, mais nous incite à réfléchir au5 significations
dissimulées de nos propres e5istences. $lle dénonce aussi les clichés concernant la condition des femmes
6lus tard, elle crée des installations m8lant photographies, te5tesJ $n +,>>, O <es v@u5 P assemble, au bout de ficelles, des photos de fragments
d’anatomie humaine. (bsurde dislocation des corps, dans une société o] l’image prime souvent sur l’harmonie sociale et individuelle.

- #ophie C(LL$. Bouleur e5/uise, +,>-K2FF3 $5traits
- 6rene7 soin de vous, 2FFM. $5trait
#ophie Calle est une artiste plasticienne, écrivain, photographe et réalisatrice. $lle interroge la vie des autres, pour mieu5 comprendre la sienne.
$lle transforme sa vie en une sorte de reportage très sub1ectif, en associant te5tes et images. 6our Bouleur e5/uise, elle raconte, sa rupture à des
amis ou des inconnus, en échange du récit de leur plus grande douleur. Cette en/u8te est intercalée avec des photos et te5tes retra4ant les 1ours
/ui ont précédé la rupture.$n 2FFM, elle re4oit un mail de rupture et elle décide d’en faire le matériel principal de sa prochaine @uvre 2 6rene7 soin
de vous. O ’ai demandé à cent sept femmes, choisies pour leur métier, leur talent, d3interpréter la lettre sous un angle
professionnel. L3analEser, la commenter, la 1ouer, la danser, la chanter. La dissé/uer, l3épuiser. Comprendre pour moi.
6arler à ma place. 0ne fa4on de prendre le temps de rompre. ( mon rEthme. 6rendre soin de moi. P
http2RR***.centrepompidou.frReducationRressourcesRensKcalleRensKcalle.html
Beu5 photographes américaines et leurs reportages autobiographi/uesJ
- CindE #'$!<(%. 0ntitled Lilm #till ^3. +,MM, CourtesE <etro 6ictures, %e* XorN
CindE #herman V+,.-KW réalise des séries photographi/ues, pour criti/uer la place et le rIle /ue la société donne à la femme américaine dans les
années =FKMF et sa représentation dans la société contemporaine. Béguisée, ma/uillée, elle sert de modèle. $lle est influencée par de nombreu5
tEpes d3images 2 picturale, cinématographi/ue, publicité, maga7inesJ

%an [oldin considère /ue la photographie permet de garder les traces de vie, faisant naQtre une deu5ième mémoire. #es images photographi/ues
sont à la fois documentaires et autobiographi/ues. $lle tend à faire disparaQtre la distance entre l’art et le réel.

C"%CL0#)"%

Yuand on étudie une @uvre d’art, on se demande tou1ours à /uelle source visuelle l’artiste a puisé. L’histoire de l’art permet de faire des
rapprochements, des comparaisons, d’e5pli/uer une @uvre par rapport à son conte5te artisti/ue, histori/ue, sociologi/ueJ

Yuels documents sont utilisés par les artistes S
6hoto de presse
Livre, 1ournal
$mission de radio, musi/ue
AidéoJ

(vec /uelles techni/ues sontKils intégrés à l’@uvre S
Collage
!eproduction
)nspiration
CréationJ

Yuelle est la position des artistes par rapport au document S
Collection R Choi5
!espect R Bétournement Vpastiche, falsificationJW

Yuelle est leur intention S
!emettre en /uestion l’art traditionnel
!emettre en /uestion la société de consommation
)nciter à prendre du recul par rapport à la fiabilité de l3image, du document
Laire réfléchir au5 problèmes d’actualité 2 guerre, condition de la femmeJ
(ncrer son @uvre dans le temps, la mémoire collectiveJ

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