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A partir des textes de Schumpeter et de Drucker, discuter de la flexibilité et de l'adaptabilité du

mode de production capitaliste.

Le capitalisme peut être considéré comme un système économique et social dans lequel des
entrepreneurs possédants les moyens de productions procèdent librement à des échanges
économiques sur un marché où règne la concurrence et dans lequel le travail est rémunéré par un
salaire. On peut donc dire que le mode de production capitalisme correspond à tout ce qui entre
dans la sphère productive de ce système, donc tout ce qui concerne l'entreprise, car la production est
sa fonction.
D'autre part, on peut considérer la flexibilité comme étant toutes les modifications qu'effectue
l'entreprise dans sa manière de produire, afin de s'adapter à un changement (conjoncturel ou
structurel) de situation sur le marché.
On peut donc se demander: pourquoi et comment les entreprises sont amenées à être flexibles?

I/ Le Capitalisme, un mode de production « jamais stationnaire ». Pourquoi?

Pour Schumpeter, le capitalisme est sans cesse en évolution, les entreprises sont, en permanence,
poussées à améliorer et modifier leur manière de produire et de vendre pour atteindre leur seul
objectif : le profit le plus important possible (c'est leur leitmotiv').
→ Principe de la Destruction Créatrice de Schumpeter : il illustre un renouvellement
incessant et illimité des moyens et méthodes de production, le nouveau ce substituant à
l'ancien.
Pour atteindre cet objectif, les entreprises doivent vendre le plus possible. Elles sont donc en
permanence contraintes par la demande. Mais, comme nous l'avons dit précédemment, dans un
système capitaliste, les entreprises d'un même secteur (ou d'une même branche) sont en concurrence
sur le marché. Par conséquent, elles doivent s'adapter aux contraintes de la demande tout en étant
compétitives face à leurs concurrents. => Double contrainte (demande et offre)
Les entreprises vont alors développer des stratégies (et deux en particulier):
→ La compétitivité prix : vendre à des prix bas pour accroitre la demande.
→ La compétitivité hors prix : vendre plus cher mais avec une garantie de qualité sur le
produit.
La concurrence et le besoin d'être compétitif est une grande cause de l'évolution incessante des
entreprises que décrit Schumpeter. En effet, le but est de surpasser l'autre, or le concurrent est
motivé pas le même but, il va donc tout faire pour l'atteindre (par l'innovation, l'investissement,
etc.). Donc pour ne pas se faire surpasser, il est important pour l'entreprise d'évoluer en permanence
pour être autant, voire plus compétitive.

II/ Les outils de la flexibilité des entreprises

Il s'agit de comprendre comment les entreprises s'adaptent aux changements du marché (demande
plus exigeante, offre plus compétitive, etc.).
Avant les années 1970, les entreprises basaient leurs compétitivités sur les prix: la flexibilité des
prix (adaptation des prix à la demande) leur permettait donc à la fois de répondre à la demande et
d'être compétitives face aux autres entreprises, et donc de faire du profit.
Dans le cas d'une demande supérieure à l'offre, il suffit d'augmenter le prix afin que l'offre et la
demande s'égalise.
Mais lorsque l'offre est supérieure à la demande, il n'est pas simple de baisser les prix car ce dernier
est fixé en fonction du coût de production (coût du travail + coût du capital + coût des matières
premières), du coût du transport, du coût de commercialisation, etc. Il faut donc d'abord baisser ces
coûts afin de pouvoir baisser les prix. Pour cela, divers procédés sont utilisés par les entreprises:
→ Contrôler toute la chaîne de production d'un produit, de la recherche et la transformation de
la matière première à la vente et au service après vente en passant par le transport, la
commercialisation, etc. (=> baisse des coûts de production, de transports et de commercialisation)
→ Aujourd'hui, certaines entreprises se délocalisent là où la main d'œuvre est bon marché. (=>
baisse du coût du travail)
→ Elles peuvent aussi faire appelle à des entreprises de sous-traitance. (=> baisse du coût de
production)

Mais pour baisser les prix, les entreprises peuvent aussi augmenter leur production. Pour cela, elles
peuvent:
→ Accroitre leur capital productif en procédant à un investissement de capacité (achat de
capital).
→ Accroitre la productivité (l'efficacité) du capital en procédant à un investissement de
productivité (achat de capital plus productif)
→ Accroitre la productivité du travail en modifiant l'organisation du travail.
→ Développer l'innovation et le progrès technique. Cela peut permettre des gains de
productivités.

Mais le progrès technique peut avoir des effets pervers: il peut remplacer le travail des salariés qui
se retrouvent au chômage et peut par cela, faire baisser la demande.
Mais il peut aussi créer de nouveaux emplois qui n'existaient pas auparavant, c'est le principe de
destruction créatrice.

A partir des années 1970, est apparue, dans les pays occidentaux, la crise dite « du fordisme »: la
méthode de production fordiste fut remise en cause, la demande est devenue plus exigeante et plus
individualisée et les consommateurs donnèrent plus d'importance à la qualité du produit plutôt qu'a
son prix.(exemple: l'automobile)
Les entreprises ont donc dues trouver d'autres méthodes de production aussi efficaces et prenants en
compte la demande individualisée de chaque consommateur. C'est là qu'est apparue la flexibilité du
travail. Plusieurs types de flexibilités:
→ La flexibilité quantitative externe du travail : l'entreprise emploie des personnes en leur
faisant signer des CDD, contrats d'interim, contrats de vacations... pour mieux adapter le niveau de
travail à la demande.
→ La flexibilité quantitative interne du travail : il s'agit d'organiser les horaires et le temps
de travail des salariés dans le même but.
→ La flexibilité qualitative du travail : les salariés sont polyvalents et plus compétents dans
leur rôle de répondre à la demande.

Enfin, pour être le plus compétitif possible par rapport à leurs concurrents, les entreprises doivent
posséder et utiliser des dernières technologies développées dans leurs secteur ou dans un autre
(exemple: internet). Elles doivent donc s'adapter au progrès technique et ainsi l'inclure dans leur
mode de production ou de commercialisation.

En conclusion, nous pouvons dire que: de par le concurrence et les exigences de la demande, le
mode de production capitaliste (les entreprises) doit s'adapter et être flexible aux changements de
situation. D'autre part, on peut dire qu'il s'adapte aux situations changeantes aussi bien qu'il est la
cause de ces changements (puisque la concurrence est issue de ce mode de production).