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Paul Peretié

Jean-Michael Nianzoutchi
Yan Golenko

Pb: En vous fondant sur l'exemple du commerce de détail, à la fin du texte de Joseph
A. Schumpeter, démontrez que la principale menace pour une entente de producteurs
est constituée de producteurs qui ne sont pas encore entrés sur le marché. Pensez-
vous que cela établit l'inutilité des législations anti-trust?

Joseph Alois Schumpeter (1883-1950) est un économiste autrichien qui a su


s'affranchir du cadre néo-classique, et nous dévoile dans son oeuvre majeur
Capitalisme, Socialisme et Démocratie(1942) sa plus brillante théorie économique:
celle de la Destruction Créatrice.

Dans cet extrait de texte, Schumpeter explicite, développe et analyse sa


théorie de la Destruction Créatrice. Après avoir analyser les comportements des
entreprises, unies en conglomérats ou non, et en déduit plusieurs éléments. Tout
d'abord, que ce sont les entreprises, au moyen de leur production et de leur séduction
des consommateurs, qui rendent le capitalisme mouvant, fluctuant et durable. SI le
capitalisme ne s'est pas effondré, c'est car il a su changer avec le cours de temps, se
développer différemment et répondre à la demande de millions de consommateurs: le
peuple. Or, selon Schumpeter, ce sont les entreprises qui ont permis la sauvegarde du
système capitalisme en entamant ces changements. Ainsi, lors de la révolution
industrielle du Xxe siècle, ce sont des entreprises, et notamment Massey-Fergusson,
qui ont su organiser le changement. Il poursuit en disant que ce changement est du
aux entreprises à travers un mécanisme simple: l'innovation. L'innovation est
l'application commerciale d'une invention: la machine a vapeur est une invention, et la
locomotive une innovation. Schumpeter dénombre cinq innovations: innovation de
produit, de processus de production, organisationnelle, de débouchés et de nouvelle
source de matière première. Et pour lui, ce sont ces innovations qui sont responsables
de la Destruction Créatrice. Ce qu'il appelle destruction créatrice, est le fait qu'une
nouvelle innovation entraîne la destruction d'une ancienne. Ainsi, l'application dans
toute la France de tout le réseau ferré au XVIIIe a entrainé la destruction des
calèches, diligences et autres transports hippique. Cette destruction créatrice est
donc le premier facteur de changement, de modernité et d'évolution de nos sociétés.
Bien évidemment, ce phénomène entraîne derrière lui toutes les charpentes de
l'entreprise: des emplois sont détruits, et de nouveaux créés (souvent pas assez et
donc crée du chômage conjoncturel).
C'est dans cette optique que Schumpeter entrevoit les conglomérats comme un
gain autant pour les consommateurs que pour les entrepreneurs (ou producteurs). En
effet, un conglomérat est une association de capital d'entreprise afin de supporter
les coups de productions et d'investissements plus facilement, en retour d'un partage
des bénéfices. Dans son exemple, les commerçants de détails s'allient afin d'avoir
tous les mêmes pris et donc de ne pas engendrer de concurrences entre eux. Ils
baissent donc leurs prix, ce qui est bénéfique pour les consommateurs et ne se volent
pas de part de marché, ce qui est bénéfique pour eux. Quand on rajoute dans
l'équation l'innovation, ce conglomérat devient beaucoup plus avantageux. En effet,
comme dis précédemment, un conglomérat permet la répartition du coup de
financement des innovations entre autre. Ces innovations vont permettre au
producteur de produire plus, plus vite ou de meilleur qualité sans pour autant souffrir
de perte. Par exemple, la fabrique d'un livre au XIIè siècle durait un mois, car les
pages, illustrations et enluminures étaient calligraphiées à la main, les livres étaient
donc extrêmement chers et précieux. L'anecdote voudrait qu'ils soient attachés avec
une chaine aux murs de la maison. Quand Gutenberg invente la première
« imprimante » en 1454, un live met moins d'une semaine à être produit en grande
quantité, et sa valeur baisse donc considérablement. Aujourd'hui, ils peuplent les
bibliothèques par milliers: la Bibliothèque Nationale de France en contient pas moins
de 14millions. Ainsi, à travers l'innovation, le conglomérat peut, grâce à son
association, débourser très peu et en retirer énormément de bénéfices : il pourra
alors baisser de manière conséquente ses prix et donc accroitre ses parts de marchés
et obtenir un monopole temporaire. Dans le même temps, cette baisse des prix va être
bénéfique aux consommateurs.
Dans cette optique, c'est la potentialité d'un nouvel arrivant qui pose
véritablement un problème pour les entreprises. En effet, les entreprises du
conglomérat, déjà présente sur le marché vont craindre de manière omniprésente, un
nouvel arrivant, qui pourrait venir prendre leur oligopole grâce justement à
l'innovation. Quand une entreprise quelconque X va entrer sur le marché, elle va
prendre bien évidemment des parts de marchés aux autres entreprises en accord.
Une faible part, mais suffisamment pour bouleverser leurs accords sur les prix. Plus il
y a aura de nouveaux venus, de concurrence, plus les entreprises perdront des parts
de marché et vont donc devoir augmenter leurs prix de manière globale puisqu'elles
ont des accords. Cette hausse des prix va créer des opportunités pour d'autres
entreprises rivales encore, ce qui va à nouveau déstabiliser le marché et donc créer
une nouvelle hausse globale des prix. Dans cette optique, l'exemple de Schumpter du
commerce de détail est éloquent. Les commerçants d'un même quartier vont, afin de
ne pas se forcer à la concurrence et donc la vente à perte, s'entendre sur les prix et
former une sorte de cartel, au même titre que les opérateurs de téléphonie française.
Ainsi, ils vont tous décidés d'avoir le même prix pour une gamme de bien X, Y et Z. or
quand un nouvel agent économique va rentrer en jeu et s'installer dans ce quartier ,
par exemple une grande surface, ces commerçants vont perdre des parts de marché
et donc devoir augmenter leurs prix afin de ne pas faire faillite . Les prix de la gamme
vont alors devenir 2X, 2Y et 2Z. Cette hausse des prix néfaste, va attirer d'autres
agents, qui en vendant moins cher, pourront prendre à leur tour des parts de marché.
Ce processus va donc entrainer une hausse des prix à Xn, Yn et Zn. Cette situation va
donc devenir extrêmement contraignante pour les consommateurs, qui verront leur
paniers de biens X, Y et Z diminuer.
Ainsi, cette démonstration de Schumpeter nous montre que les lois anti-trust,
très sévères notamment en France (régit par l'AMF) et aux USA (régit par la SEC)
sont dérisoires, voir inutiles: ces lois visent à restreindre l'union d'entreprises, et la
création de trop grand groupe pour évier les dérives monopolistiques. En effet, c'est
l'arrivée de nouveau concurrents qui sont responsables de la hausse exponentielle et
incontrôlée des prix. Les lois anti-trust sont alors inutiles car les conglomérats ont un
rétro-contrôle négatif sur eux: ils peuvent et doivent d'auto-réguler. En effet , les
trusts servent eux-mêmes de verrous: ils pourraient être tentés d'augmenter leur
prix, mais si ils le faisaient, ils laisseraient la porte ouverte à l'arrivée de nouveaux
concurrents qui briseraient alors leurs consensus. De plus, ces conglomérats vont
pouvoir innover de manière plus régulière et poussée qu'un entrepreneur seul car elles
auront plus de capital, ce qui sera encore une fois bénéfique aux consommateurs.

Ainsi, il apparaît que les conglomérats présentent en réalité de nombreux


avantages autant pour les consommateurs que les producteurs car les couts de
production et de vente sont toujours plus bas. Ce sont les acteurs indépendants qui
viennent fausser le calcul et briser l'entente sur les prix donc le bien être du circuit
économique. Si l'on s'en réfère à Schumpeter, les lois anti-trusts sont en fait inutiles
car ils s'auto-régulent seuls s'il souhaitent rester compétitifs.
Bien que les conglomérats semblent très avantageux, ils dérivent souvent vers
des marchés oligopolistique voir monopolistique (comme le marché Système
d'Exploitation) qui eux, ne laissent pas d'autre choix pour le consommateur que se
plier à la loi de l'offre.