Vous êtes sur la page 1sur 13

Hors de contrôle

Sur les libertés et l’évolution du crime dans les quartiers chauds de la République Fédérale d’Allemagne.

Par Manfred Paulus, commissaire divisionnaire à la retraite, Juin 2013.

Point de vue extérieur

Les routes sont abruptes et cahoteuses. Elles mènent à des montagnes, loin au-dessus de Tirana. Panneaux indicateurs, pancartes, ou balisages ont disparu depuis longtemps, et une bonne connaissance des lieux est nécessaire pour trouver une destination spécifique, ou pour retourner vers la capitale. Soudain, dans une vallée, on aperçoit un endroit dissimulé, avec deux vieilles maisons, clôturées par du fil barbelé et gardées par des agents de sécurité armés, où une douzaine ou plus de jeunes femmes Albanaises sont hébergées, victimes du trafic d’êtres humains et d’esclavage sexuel. Elles ont été placées là par le le Ministre de l’Intérieur, suivant une mesure de protection des victimes. Cette mesure répond aux exigences de l’UE pour que l’Albanie devienne membre de la Communauté Européenne. Ici dans les montagnes, les jeunes femmes apprennent un métier coiffeuse ou couturière. Ce sont des activités bien rémunérées en Albanie. Ensuite, elles apprennent à ne plus être effrayées, à ne plus fuir et craindre pour leur jeune vie…

Leurs « propriétaires » et exploiteurs, membres de gangs criminels, trafiquants et proxénètes les recherchent. Ils veulent les ramener d’où elles viennent et d’où elles ont fui : l’Allemagne ou l’Autriche. Ils veulent continuer à exploiter les jeunes femmes comme des esclaves sexuelles, et probablement aussi se venger. Ils veulent faire un exemple, et montrer que leur fuite ne sera pas tolérée. Si nécessaire, ils sont prêts à se débarrasser des femmes qui pourraient être des témoins gênants. Pour empêcher ça, elles ont été amenées ici pour leur sécurité si on peut vraiment parler de sécurité.

Saleté, crasse, pauvreté, impuissance et peur, menaces, violence, drogue, clients des prostituées, pratiques perverses… Elina, 19 ans, est une des femmes cachées dans les montagnes d’Albanie. Tout en faisant nerveusement courir ses doigts le long de ses longs cheveux noirs, elle raconte le terrible voyage qui l’a amenée d’Albanie en Allemagne, en passant par le Kosovo, jusqu’aux sex-centers des villes allemandes. Elle ressemble soudain à une vieille femme épuisée. Son joli visage devient pâle et son expression est grave. Un voile de tristesse et de résignation s’abat sur elle, des larmes apparaissent dans ses yeux sombres. Elle lève soudain le regard. Pendant un moment, elle arbore un air exigeant, fier, combatif.

« Comment une telle chose peut-elle exister dans votre pays ? Comment une telle chose peut- elle être autorisée en Allemagne ? »

Les questions sont aussi douloureuses que des coups de poignard, elles nous rendent honteux. Nous pouvons seulement répondre : « Nous sommes tristes aussi qu’une telle chose existe en Allemagne… » Mais ce n’est pas une réponse….

A travers des conversations avec des membres de la police, la police criminelle, ou avec les

représentants d’organisations non-gouvernementales (ONG) dans les pays de l’ex-Union Soviétique et de l’Europe du Sud-Est, les pays de recrutement et de transit des femmes et enfants « marchandises », il ressort que dans ces pays, on connaît le sort réservé aux victimes de la traite d’êtres humains dans les bars, les bordels ou les maisons closes des quartiers chauds d’Allemagne. La situation a été bien documentée grâce aux témoignages de réfugiées, souvent complètement désespérées et bouleversées, voire sévèrement traumatisées, qui se sont échappées de l’enfer du marché sexuel allemand. En Albanie comme en Bulgarie, en

Roumanie, en Biélorussie, en République de Moldavie ou encore en Ukraine…

Et dans tous ces pays, on sait que rien n’arrive aux responsables : ils peuvent agir librement, sans risque, ils ne sont presque pas poursuivis en justice, et il n’y a presque jamais de jugement approprié contre eux. Les personnes observent ça avec incompréhension, indignation et souvent mépris.

Il semble incroyable que la terrible réputation qu’a l’Allemagne, concernant l’exploitation

sexuelle des femmes et des enfants, ne soit nullement restreinte aux pays de l’est et du sud-est

de l’Europe où les victimes sont recrutées. La tolérance souvent accordée en Allemagne, qui tolère, voire même promeut des pratiques sexuelles dégradantes dans les milieux concernés, et

le combat peu réussi contre le crime dans les quartiers chauds allemands ont aussi causé par

le passé l’irritation ou l’émerveillement des nos voisins les français.

Là-bas, en comparaison avec l’Allemagne, des stratégies quasi-opposées, et une politique fortement restrictive ont été poursuivies depuis longtemps pour lutter contre le marché sexuel français, très criminalisé. Alors que dans le code pénal allemand, le proxénétisme entraîne une sanction similaire à celle du délit de fuite en cas d’accident, et n’est même pas poursuivie en

justice dans la plupart des cas, depuis l’entrée en vigueur de la Loi sur la Prostitution de 2002,

la France a des critères très clairs, (disponibles au paragraphe 225 de leur Code Pénal), qui

sanctionnent le proxénétisme par les peines les plus lourdes au monde. C’est pourquoi les proxénètes, au grand agacement de la France, agissent depuis d’idylliques villes du Haut-Rhin allemand : par exemple, ils conduisent leurs victimes de Kehl à Strasbourg en France, par le Pont de l’Europe, et les prostituent dans la rue. En 2003, quand il était Ministre de l’Intérieur, Sarkozy voulait également abolir la prostitution de rue, dernier vestige du « pays de l’amour gratuit » - mais il n’y a pas réussi. Sa tentative a échoué, comme toutes les tentatives pour abolir la prostitution ont échoué durant des siècles, et toute l’histoire de l’humanité.

Néanmoins, la France continue résolument d’essayer de confiner l’industrie du sexe à un minimum contrôlé, et de combattre efficacement le crime des quartiers chauds, et le crime organisé sous toutes ses formes.

Aux Etats-Unis, également, on suit de près les événements d’Allemagne. On l’appelle même parfois « la terre du mal », quand il s’agit de discuter des libertés que notre pays accorde aux trafiquants, proxénètes, et au crime organisé, alors que les esclaves sexuel(le)s et les victimes de crimes encore pires, sont souvent livré(e)s à eux-mêmes / elles-mêmes.

Aux Etats-Unis, la prostitution est à quelques exceptions près interdite. La philosophie de cette interdiction peut être trouvée dans la directive présidentielle sur la sécurité nationale. Ici la prostitution est vue comme fondamentalement mauvaise. Selon une étude américaine publiée dans la revue scientifique « Journal for Trauma Practice » (Revue sur la pratique du traumatisme) :

- la majorité des personnes prostituées ne font pas cette activité de manière volontaire ;

- 89% d’entre elles sont plus ou moins désespérées et veulent en sortir ;

- des enfants sont encore exploités, malgré toutes les mesures prises ;

- Entre 60 et 75% des personnes prostituées ont été violées à une ou plusieurs reprises

- 70-95% des femmes prostituées subissent des agressions ;

- 68% des personnes prostituées souffrent de troubles post-traumatiques, à des niveaux comparables à ceux des vétérans de guerre et des victimes de tortures.

La légalisation de la prostitution implique inévitablement une expansion du marché du sexe, et avec elle une hausse des taux de criminalité. Néanmoins, même les Etats-Unis ne sont pas débarrassés de la prostitution (elle est même légale dans onze comtés de l’état du Nevada), ou du trafic d’êtres humain et de proxénétisme. Des gangs criminels et des syndicats d’Amérique Latine et d’Europe de l’Est traînent également des femmes jusqu’à ce « pays d’opportunités », où ils les prostituent. Cependant, la prostitution illégale aux Etats-Unis est combattue avec tous les moyens disponibles parfois très inhabituels et peu conventionnels. Ainsi, par exemple, dans les rues ou sur internet, des pièges sont mis en place. Des policières attirantes habillées en civiles offrent leurs services comme prostituées. Quand un client potentiel accepte et paye le prix convenu, il est immédiatement arrêté.

Dans ces circonstances, il n’est pas étonnant que les conditions très tolérantes de l’Allemagne rencontrent une totale incompréhension aux Etats-Unis.

La tolérance allemande et ses pratiques pour gérer les milieux chauds sont l’objet de critiques non seulement en Europe de l’Est et du Sud-Est, où sont recrutés des femmes et des enfants marchandises, mais aussi en France et aux Etats-Unis.

Une jeune journaliste thaïlandaise du « Bangkok Post » (le plus important journal de langue anglaise en Thaïlande) a aussi enquêté sur les Allemands et l’exploitation sexuelle d’innocentes femmes et enfants dans les bordels allemands ainsi que dans le Golfe de Siam.

Non sans raison, le maire de la ville de Cheb, à la frontière tchèque, s’est plaint à plusieurs reprises par le passé de la mauvaise réputation mondiale de sa ville. Il n’oublie jamais de

souligner que cela est moins dû à ses compatriotes qu’aux Allemands (clients de personnes prostituées et touristes sexuels pédophiles)

Cela, et d’autres points de vue extérieurs sur la situation et sur la façon dont l’Allemagne gère la prostitution et les quartiers chauds se rejoignent, et sont confirmés par le fait que des gangs proxénètes du monde entier se sentent les bienvenus en Allemagne, et par le fait que ces personnes et les dangereux groupes criminels organisés, se sentent encouragés à investir de plus en plus dans le milieu du crime allemand. Du fait du laisser-faire et de la tolérance envers les délinquants, le milieu actuel de la prostitution et les quartiers chauds d’Allemagne sont depuis longtemps contrôlés et dominés par des groupes souvent liés au crime organisé, tels que :

- Les clans Albanais (la mafia Albanaise)

- La mafia Russe (de nombreux groupes et organisations plus ou moins importants)

- Les syndicats balkaniques

- Les gangs ukrainiens

- La mafia libanaise

- Les groupes criminels turcs

- Les groupes criminels lituaniens

- Les gangs proxénètes bulgares

- Les proxénètes (hommes ou femmes) nigériens

- Les gangs de motards (Hells Angels)

et d’autres organisations criminelles similaires.

Depuis de nombreuses années, les départements de la police allemande responsables de la lutte contre le « crime relié au monde de la nuit » mettent le gouvernement en garde contre le développement du milieu criminel allemand, contre les quartiers chauds et contre la progression du crime organisé, qui prend une place de plus en plus importante dans le milieu clandestin.

Roberto Scarpinato, à la tête d’une équipe de procureurs qui combat la mafia italienne depuis des décennies à Palerme (il a collaboré avec le légendaire Juge Falcone, assassiné par la mafia en 1992, et a renversé le président italien Andreotti en fournissant des preuves de ses liens avec la mafia), est considéré comme l’un des plus remarquables chasseurs et experts de la mafia dans le monde. Lui aussi, depuis des années, met en garde, avec insistance mais sans succès, l’Allemagne contre l’infiltration du crime organisé dans le milieu du crime allemand et, au-delà, dans la société entière.

« Les Allemands prétendent encore que la mafia est un problème de Turcs, d’Italiens, de

Japonais ou de Chinois

remplacés et que les autres avaient pris le dessus ceux qui font incontestablement partie du crime organisé ou de la mafia (entre lesquels il y a, au mieux, des différences

structurelles)

N’ont-ils réellement pas réalisés que les proxénètes allemands étaient

? »

De tels points de vue externes et de telles estimations sur le développement et les événements dans le milieu du crime en Allemagne renvoient une image très négative, véritablement désastreuse en termes d’évaluation de la manière dont la police, les politiques, et la justice gèrent la situation et les défis.

Ces jugements critiques sont-ils justifiés, et un changement de notre façon de gérer la prostitution et le milieu criminel (auquel elle est indubitablement reliée) est-il nécessaire ?

Un aperçu de la législation allemande en la matière

Des lacunes législatives, des erreurs de jugement et de mauvaises décisions sont-elles la cause de ces problèmes ?

Dans tous les cas, des amendements en rapport avec le milieu de la prostitution ont été proposés à plusieurs reprises. Mais c’était sans une connaissance suffisante, ou sans prendre en compte les conditions et les caractéristiques de ce milieu souterrain, et de ses lois (non écrites) ce qui a eu comme résultat des effets peu efficaces, voire contre-productifs.

Par exemple :

Le 1er janvier 2001, sur une initiative de Hambourg et à une époque où le problème du SIDA était très présent, la Loi pour combattre les maladies sexuellement transmissibles (GeschIKrG) a été abrogée, abolissant ainsi les contrôles médicaux réguliers préalablement prescrits pour les personnes prostituées. En conséquence – en plus de l’aspect sanitaire – le contact social régulier entre les femmes prostituées et les médecins ou départements de santé a été stoppé, tout comme les contrôles de police. Tout cela est dû à la GeschIKrG.

Jusqu’à ce jour, personne ne veut reconnaître que les contacts entre les personnes prostituées et les membres des institutions publiques sont indispensables, en raison des aspects préventifs qui ne doivent pas être sous-estimés : ils sont essentiels à la reconnaissance de la victimisation et des crimes des contre-sociétés. Toute restriction de tels contacts encourage le crime et peut avoir des conséquences fatales pour les (potentielles) victimes de cet environnement.

Le délit de traite à des fins d’exploitation sexuelle a toujours exigé des preuves hautement concluantes, ce qui a toujours été considéré comme irréalisable, et a donc été modifié à maintes reprises. Exploitation, situations délicates, impuissance en relation avec les séjours à l’étranger – et d’autres éléments constitutifs d’un délit sont souvent difficiles à prouver ; de plus, ils peuvent pour la plupart être facilement réfutés par les avocats du milieu. Dans les rares cas où des preuves peuvent être fournies, les exigences de la procédure criminelle présentent souvent d’insurmontables obstacles : les coupables peuvent facilement empêcher la présence et le témoignage des victimes à la cour (témoignage personnel), qui sont requis pour un jugement – et c’est effectivement ce que les exploiteurs des victimes de trafic d’êtres humains et d’esclavage sexuel font généralement. C’est même parfois le gouvernement qui empêche les témoignages personnels, en expulsant les victimes avant l’audience.

Les problèmes sont les mêmes quand on en vient au délit de proxénétisme, qui, en raison de la Loi sur la Prostitution de 2002, est très peu appliqué. Avec cette loi, qui n’a clairement pas atteint ses objectifs d’amélioration de la situation des personnes prostituées, des changements cruciaux et très négatifs ont eu lieu, et ils ont affecté les poursuites judiciaires en les rendant non seulement plus difficiles, mais même impossibles dans beaucoup de cas. Cette loi entrée en vigueur en 2002 avait pour but d’aider les prostituées, mais elle a seulement servi aux proxénètes.

Ceci est peut être lié au fait que le ministre fédéral de la Justice de l’époque est suspecté d’avoir pris conseil auprès d’un propriétaire de maison close de Stuttgart, mais de s’être abstenu de rechercher l’avis ou l’opinion, par exemple, de l’expérimenté et indubitablement compétent service de prostitution de la police de Stuttgart (selon l’inspecteur en chef Hohmann, depuis longtemps à la tête du service d’investigation sur la prostitution de Stuttgart, dans une interview avec EMMA – Numéro du printemps 2011). Quoi qu’il en soit, la loi ne parvient pas à prendre en compte les dures réalités, et échoue complètement à atteindre ses objectifs.

Par exemple, son entière logique est fondée sur la supposition que les milieux qui dirigent et contrôlent la prostitution, ne diffèrent pas, ou bien très peu, du reste de la société, et que leurs propriétés et spécificités peuvent ne pas être prises en compte. Terrible erreur ! Dans les sous- cultures et contre-sociétés des milieux de la prostitution, ça n’a jamais été au législateur ou à la Loi sur la Prostitution de déterminer par exemple qui aura une assurance médicale et sociale et qui n’en aura pas, mais uniquement aux proxénètes. C’était le cas avant, ça l’est toujours et le sera encore dans un avenir proche. Dans les autres domaines, le déséquilibre de pouvoir entre les propriétaires de maisons closes ou les proxénètes et les personnes prostituées empêche toute liberté de choix. Les quartiers chauds allemands sont et ceci a également été incompris ou ignoré des sous-cultures avec leurs propres valeurs, leurs propres lois, leurs propres juges, et si nécessaire leurs propres exécuteurs.

Toutes les personnes de ce milieu coupables et victimes, locataires et propriétaires, sans- abris, drogués, prostituées, trafiquants, proxénètes et rois des quartiers chauds se sentent toutes soumises à ces lois et seulement à celles-là. C’est ce que les victimes de trafic d’êtres humains apprennent en premier, ce qui leur est inculqué avant même d’entrer sur le territoire allemand et dans les bordels allemands. Les lois générales, cependant, ne sont d’aucune utilité dans ce milieu : elles ne doivent pas l’être. Elles sont ignorées, au mieux prises en note avec mépris, piétinées ou ridiculisées sauf si elles sont, tout comme la loi sur la prostitution, utiles pour le milieu et les personnes qui y vivent.

Cette loi sur la prostitution, encore hors des réalités, assimile la prostitution à tout autre trafic (pour de nombreuses raisons, ça n’a jamais été et ne sera jamais un trafic comme les autres).

De plus, elle donne explicitement aux proxénètes un droit de contrôle quoique restreint sur les personnes prostituées. C’est peut-être à cause du propriétaire du bordel de Stuttgart qui a conseillé le ministre fédéral de la Justice de l’époque. Mais pour toutes les personnes concernées, savoir qui a pour tâche de restreindre ce droit reste un mystère. Et comment le

législateur a pu en arriver à l’idée complètement absurde d’accorder aux proxénètes un droit explicite de contrôle sur les personnes prostituées est un plus grand mystère encore. Depuis de nombreux siècles, les proxénètes ont su comment donner leurs instructions par des moyens assez dramatiques, relevant du droit pénal (menaces et violence).

Cependant, depuis l’entrée en vigueur des premières lois pénales en 1532, le « Carolina », il n’y avait jamais eu d’approbation explicite de cette dynamique par le législateur allemand – jusqu’à la Loi sur la Prostitution du 1er janvier 2002. Dans tous les autres pays civilisés, ce droit (restreint) de contrôle, qui est expressément accordé par le législateur allemand, serait sanctionné comme du proxénétisme, et donc comme un délit, voire un crime !

Les conséquences de cette loi étrange, très favorable aux délinquants, étaient inévitables : les tribunaux (par exemple, le tribunal d’instance d’Augsbourg) ont soudainement refusé ne serait- ce que d’accepter les plaintes pour proxénétisme avéré, en se référant à ce droit de contrôle. Les exploiteurs ont pu imposer, par exemple les prix, les heures de travail, les pratiques sexuelles. La nudité permanente est devenue obligatoire pour les personnes prostituées, et celles-ci ou les victimes du milieu n’étaient pas autorisées à téléphoner. Si, fin 2001, des politiciens fédéraux de Berlin ont trinqué avec le propriétaire d’une maison close pour célébrer la nouvelle Loi sur la Prostitution et la « fin des anciens standards moraux », les conséquences de cette « législation progressiste » ont très vite été déplorées par beaucoup.

En 2004 – lors d’une audience, également à Berlin – il fut établi par les ONG, officiers de police et juristes, que l’Allemagne, en grande partie à cause de la Loi sur la Prostitution, était le pays le moins performant de toute l’Union Européenne en matière de lutte contre le trafic d’êtres humains (la traite des femmes et l’esclavagisme sexuel). A ce jour, il est probable que la situation, loin de s’améliorer, s’est dramatiquement détériorée.

Début 2007, notamment en raison de la contestation croissante de certains et des preuves multiples de l’évolution néfaste de la situation, le gouvernement fédéral a annoncé une réforme de la Loi sur la Prostitution. Mais pour l’instant, rien n’a encore été changé.

En novembre 2010, lors d’une Conférence du Ministère de l’Intérieur, les commissaires de police de tous les Etats fédéraux allemands (Länder) ont mis en avant les excès qui résulteraient d’une « désinhibition légalement sanctionnée », et en avril 2011, le ministre fédéral de la Famille a annoncé un projet de loi. Cette loi n’a cependant pas encore été rédigée.

Les rapports annuels des forces de police des Etats fédéraux à l’Office Fédéral de Police Criminelle (BKA) ne font jamais état de plus de quatre, cinq ou six cents enquêtes sur le trafic d’êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle (dont seulement quelques-unes aboutissent à une condamnation contre le contrevenant).

Cela seul est plus qu’une simple indication sur le fait que ce type de crime ne peut pas (ou ne peut plus) être combattu avec succès en Allemagne, où il y a potentiellement un gigantesque monde souterrain. Sur environ 400 000 femmes qui se prostituent en Allemagne (ou qui sont

forcées à le faire), au moins 50%, et dans certaines villes ou quartiers chauds jusqu’à 90% d’entres elles (et la tendance augmente encore), sont étrangères – principalement des femmes (et des enfants) d’Europe de l’Est et du Sud-Est. Il y a donc plusieurs centaines de milliers de femmes étrangères qui se prostituent actuellement en République Fédérale d’Allemagne ou qui sont victimes du trafic d’êtres humains et d’esclavage sexuel. Et les structures de recrutement maintenant solidifiées et perfectionnées, ainsi que le trafic et l’exploitation suggèrent que ces femmes (et enfants) sont loin d’être des cas isolés. Cette conclusion est confirmée par des renseignements criminels plus que cohérents, selon lesquels 95-99% des femmes travaillant en Allemagne dans le milieu clandestin sont sous le contrôle d’autres personnes. De même, regardez qui agit et comment les décisions sont prises dans le milieu clandestin allemand, et vous arriverez immédiatement à la conclusion qu’il n’y a pas de place pour le libre-arbitre. Pour résumer : le trafic d’êtres humains et l’esclavage sexuel en Allemagne recouvrent probablement un monde souterrain immense mais encore difficilement imaginable.

Facilités de déplacement pour les coupables et les victimes

Depuis que la Bulgarie et la Roumanie ont rejoint la Communauté Européenne en 2007, les femmes (et les enfants) sont victimes d’une traite croissante, depuis et par ces deux pays jusqu’en Allemagne, où ils sont amenés par la route des Balkans. C’est ainsi que de nombreuses Hongroises (Roms) sont retrouvées dans les quartiers chauds d’Autriche, de Suisse et d’Allemagne. Et des proxénètes Bulgares, Hongrois et Roumains également. Mais ce ne sont pas seulement les facilités de déplacement liées à l’entrée dans l’UE de la Bulgarie et la Roumanie qui ont immédiatement été utilisées pour le recrutement et le trafic des victimes. Cela montre à quelle vitesse et avec quelle habileté les délinquants et les groupes criminels qui agissent internationalement répondent aux changements des politiques frontalières, et avec quelle dextérité ils utilisent les failles existantes.

Déjà en 2002 (année d’entrée en vigueur de la loi sur la prostitution), l’ambassadeur d’Allemagne en République de Moldavie avait à plusieurs reprises signalé à l’Office des Affaires Etrangères de Berlin que ce n’était plus le personnel de l’ambassade, mais uniquement les groupes organisés criminels, qui décidaient qui pouvait recevoir un visa d’entrée de Moldavie en Allemagne. A l’époque, il y avait de longues queues chaque matin devant le bâtiment de l’ambassade d’Allemagne à Chișinău, la capitale de la Moldavie. Trois ou quatre milles personnes, en majorité des jeunes hommes et des jeunes femmes, se tenaient là patiemment chaque jour, afin d’obtenir un visa d’entrée pour l’Allemagne. Mais ce n’est pas tout. Chaque matin, plusieurs puissantes limousines de luxe, des Daimler-Benz aux vitres teintées, étaient aussi garées devant l’ambassade, à l’ouverture des bureaux. Et ainsi avait lieu – jour après jour le mouvement continu des personnes qui sortaient de la queue pour aller vers ces véhicules, puis revenaient des véhicules pour se place en tête de la queue, où les personnes disciplinées attendaient hors de l’ambassade.

Seuls les hommes dans ces voitures décidaient qui pouvait entrer dans l’ambassade, et qui ne pouvait pas. Seuls ces inspecteurs liés au crime organisé décidaient qui pouvait obtenir un visa et entrer en Allemagne. On peut raisonnablement supposer que à part pour les quelques

personnes qui pouvaient se l’offrir – c’était essentiellement ceux qui les aidaient, et leurs (potentielles) victimes, surtout des femmes. Cela semble presque incroyable : l’appel à l’aide de l’ambassadeur est resté sans réponse.

C’est seulement beaucoup plus tard que des tentatives ont été faites (sans résultat notable) pour régler le problème, et le ministre des Affaires Etrangères Fischer a même été appelé « proxénète » au Parlement. Cependant, il n’a jamais été condamné comme tel.

En ce moment, les syndicats criminels des Balkans et les clans albanais suivent avec beaucoup d’intérêt les pourparlers à propos d’une possible adhésion de l’Albanie à l’UE. Le contexte : les clans albanais la mafia albanaise ont récemment donné un nouveau souffle au Kanun, les traditionnelles et non-écrites « lois des montagnes ». Non sans raison, car selon ces lois, les femmes et les enfants n’ont presque pas de droits, et sont la propriété des hommes. C’est important car ces clans criminels se sont spécialisés (entre autres) dans la traite de femmes et d’enfants ; et ils ne contrôlent plus seulement la prostitution dans les Balkans, mais aussi dans une grande partie de l’Italie et dans plusieurs villes et régions d’Allemagne.

En outre, l’Albanie (et ses pays voisins où vivent des Albanais) a la plus jeune population d’Europe. Et avec les nombreux enfants et jeunes femmes du pays (qui n’ont évidemment aucun recours juridique, et sont la propriété des hommes) et ceux recrutés dans d’autres pays, une exploitation et un trafic plus importants sont bien sûr à prévoir. Principalement en Allemagne, qui est virtuellement prédestinée pour de telles activités, qui est déjà occupée par ces clans presque partout, et où la base pour leurs activités existe déjà.

Alors qu’en Allemagne les politiques semblent assumer qu’un petit pays sous-développé ne peut présenter aucun danger, la mafia albanaise (après des expériences très douloureuses, et particulièrement effrayantes) est aujourd’hui considérée par les experts italiens et par le FBI américain comme l’organisation criminelle la plus dangereuse au monde.

Avec pour but de rapprocher l’Albanie de l’UE, les Albanais, depuis le 15 octobre 2010, se voient également accorder la liberté de voyager en Allemagne sans visa, du moment que les voyageurs possèdent un passeport biométrique. Cela peut poser un problème financier pour le citoyen albanais lambda, mais pas pour les criminels et les personnes liées au crime organisé (et leurs victimes), qui ont largement exploité cette faille.

Et les clans agissant d’Albanie ne sont pas les seuls à utiliser ces facilités d’entrée, les criminels kosovars d’origine albanaise en font autant. En réalité, ils devraient avoir besoin d’un visa pour aller en Allemagne, mais ils utilisent le service de ferry quotidien qui part de Durres en Albanie pour Bari en Italie, pour entrer dans l’UE et en Allemagne. Ils n’ont donc pas vraiment besoin de visa.

Ces quelques exemples (il y en a beaucoup d’autres) montrent qu’en Allemagne, destination favorite des coupables et des victimes, il n’y a aucune barrière efficace pour empêcher le trafic et l’exploitation des femmes et enfants « marchandises » de l’Est et du Sud-Est de l’Europe :

pas besoin de visas, aucune restriction d’entrée, pas de contrôle des frontières. C’est pourquoi le trafic de femmes et d’enfants de pays pauvres vers des pays riches, de l’Est vers l’Ouest, ou des Balkans vers l’Allemagne ne diminue pas, mais continue d’augmenter.

Sur le travail de la police dans les quartiers chauds, et sur les membres du milieu clandestin devant les tribunaux

Les méthodes policières conventionnelles et traditionnelles ont toujours été des outils peu ou pas efficaces quand il faut lutter contre le crime des quartiers chauds. Quelle est l’utilité d’un interrogatoire si la personne reste silencieuse (ou ment) ? Quel est l’intérêt d’une écoute téléphonique si les policiers n’ont pas de droit de parole à l’audience ? Quel est l’intérêt de perquisitionner un endroit dédié à la prostitution s’il vient d’être consciencieusement nettoyé ? Quel est l’intérêt d’une descente quand les proxénètes, à l’arrivée des forces de police, se tiennent derrière le comptoir avec un grand sourire, avec les passeports des membres du personnel déjà soigneusement préparés, prêts pour l’inspection ? Les milieux clandestins sont en permanence à la recherche d’un accès à des domaines intéressants et utiles, tels que la politique, l’économie, le sport, les médias, la justice, et bien sûr la police. Et leurs efforts sont rarement vains – comme des révélations délicates l’ont prouvé à maintes reprises. Après tout, ils présentent de puissants attraits : sexe, argent, malhonnêteté

Etant donné l’ouverture des frontières à l’Est et les facilités de déplacement qui existent maintenant ; étant donné le professionnalisme des coupables et des groupes criminels dans les domaines du recrutement, du trafic et de l‘exploitation de leurs (potentielles) victimes ; étant donné les évolutions des rapports de pouvoir dans le milieu (les proxénètes allemands ont été privés de leur autonomie et intégrés aux nouvelles structures, supplantés ; les groupes étrangers, souvent associés au crime organisé, ont maintenant pris le dessus) ; étant donné les particularités souvent incomprises du milieu criminel allemand, il y a surtout des enquêtes hautement complexes, sur le long terme, sans garantie de succès, mais qui peuvent parfois mener à des investigations fructueuses dans les domaines des quartiers chauds et du crime organisé. Mais celles-ci sont rendues de plus en plus difficiles pour la police, pour les raisons suivantes : l’affligeant manque de personnel, le manque de ressources, la recherche de résultats rapides, une confiance aveugle dans les statistiques, les défaites en justice, et d’autres facteurs

Cependant, la police contribue également à cela, quand elle cède trop rapidement aux demandes de résultats rapides (et pourtant souvent douteux) ; quand elle adore les statistiques, ou en fait même le seul critère de référence de ses actions ; quand, pour ces raisons et à ces fins, elle n’accorde pas au milieu criminel l’importance qui lui est due.

L’abolition de la GeschIKrG (loi pour combattre les infections sexuellement transmissibles), la suppression du délit de promotion de la prostitution (un élément qui nécessitait en effet une réforme, mais dont on ne peut évidemment pas se passer) ainsi que la loi sur la prostitution elle-même ont significativement limité ou rendu impossible les contrôles de police indispensables pour combattre le crime efficacement. Le cadre légal actuel, avec tous les

changements favorables aux délinquants et aux criminels (facilités de voyage, manque de conscience sociale, comportement intelligent des délinquants, un système juridique impuissant…) fait craindre que la police délaisse de plus en plus ce travail ingrat pour se tourner vers des tâches plus gratifiantes. La saisie d’un ou deux kilos de drogue, ce qui est possible avec relativement peu d’efforts, peut être considérée et célébrée comme un « succès » dans le contexte de la lutte contre le crime organisé alors que des tonnes en sont transportées dans le pays chaque jour, notamment dans les quartiers chauds, où elle est utilisée comme une « arme à usages multiples » et vendue aux intéressés.

Et si, occasionnellement, la lutte de la police contre le crime est efficace, elle est souvent invalidée par la justice. Ce n’est pas imputable au pouvoir judiciaire, aux tribunaux ou aux juges, c’est plutôt un résultat de la procédure criminelle prévue, inadéquate et en grande partie obsolète, qui prévoit des sanctions peu réalisables, et pas du tout adaptées aux stratégies et aux complots actuels.

Aucun autre groupe social n’a réussi à contourner la loi avec l’habileté, l’efficacité, et le succès de ces organisations criminelles et de leurs dirigeants. La règle de droit est rarement aussi ignorée et moquée que dans les salles d’audience allemandes lors des procès pour traite et proxénétisme, remplies et dominées par des personnes associées au crime organisé. Ces personnes (et leurs avocats) organisent consciencieusement provocations, dérangements, intimidations, oppositions, et déclarations surprenantes… Ils tentent d’intimider et d’inquiéter. Ils n’adhèrent pas aux règles de la société, mais appliquent celles de leur contre-société. Dans la plupart des cas, seuls les juges expérimentés, familiers de ces machinations et des méthodes du crime organisé dans le trafic sexuel, ne se laissent pas impressionner.

Les proxénètes empêchent leurs victimes d’être présentes au tribunal, ce qui est requis pour un jugement (ce qui leur permet de s’envoler vers un endroit inconnu). Si jamais les victimes se présentent quand même, les proxénètes les empêchent de témoigner, par des méthodes qui passent généralement inaperçues, mais qui sont très efficaces (votre petit frère sera mort demain si vous…). Ils connaissent aussi les contraintes des tribunaux et des juges, et en tirent avantage autant qu’ils le peuvent – des contraintes d’économie procédurale. Les membres de la pègre et leurs avocats obtiennent des délais et des ajournements de procès, déposent des requêtes pour juger les témoignages irrecevables (ce qui a mené au terme « Absurdistan », qui désigne un pays dans lequel l’absurdité est la norme, particulièrement au niveau de ses autorités publiques et de son gouvernement), et forcent les tribunaux à faire des compromis – au bénéfice des délinquants, et à la consternation ou à l’effroi des victimes.

De tels accords, et les jugements insignifiants qui en résultent, causent également la frustration et la démotivation des enquêteurs et des autorités publiques.

De tels aboutissements de ces procédures judiciaires prouvent que les efforts requis ne sont pas proportionnels aux résultats obtenus. Les conséquences inévitables de ce constat pourraient être un ajustement des efforts de la police aux résultats espérés. Les enquêtes longues et complexes pourraient devenir moins fréquentes, ou plus du tout entreprises, ce qui

mènerait à son tour à une baisse des statistiques. Statistiques qui pourraient être interprétées comme un déclin du crime organisé, ce qui satisferait (presque) tout le monde : les politiciens, la police, le pouvoir judiciaire, les chefs du crime organisé, la pègre, les trafiquants et les proxénètes… Mais pas les (potentielles) victimes. Ni la règle de droit.

Conclusions sur les relations publiques

« Je me suis demandé pendant longtemps si je devais commenter ce sujet publiquement, » a déclaré le secrétaire d’Etat auprès du Ministère responsable de la régulation de la prostitution et des problèmes qui lui sont liés, avant un débat télévisé sur le sujet de la prostitution forcée, en précisant que la Ministre avait refusé de le faire.

Outre la fausse honte et le manque de sens du devoir, on peut aussi déduire de ces remarques que ce pays lui-même ou, plus précisément, les autorités compétentes ne sont pas suffisamment conscientes du problème. Les services de radiodiffusion privés et publics n’invitent certainement pas que des ministres pour lesquels des secrétaires d’Etat sont envoyés en remplaçants. Et ceux-ci ne sont pas les seuls auxquels une connaissance adéquate du problème fait défaut. Après un match de boxe rapidement gagné par K-O, un journaliste de télévision ne s’est pas adressé aux célébrités assises à côté de lui Franz Beckenbauer, Günter Jauch et d’autres – pour remplir le temps d’antenne. Au lieu de ça, il a mis le micro sous le nez d’un proxénète qui était aussi assis au premier rang, dans la section réservée aux VIP. Encore un peu pâle après avoir purgé une peine de prison pour trafic d’êtres humains, il a ensuite balbutié quelques mots de peu d’intérêt sur la tournure du combat : à part les quelques rixes sauvages du milieu criminel, il ne connaissait rien à la boxe.

La question de savoir s’il y avait eu des transactions financières, et de quel montant, pour cette obscure apparition, ou si d’autres douces tentations lui avaient été promises, n’a bien sûr pas été rendue publique.

D’autres propriétaires de maisons closes et proxénètes dans ce pays sont apparus à plusieurs reprises dans des émissions ; ils étaient courtisés devant la caméra, traités comme des hommes d’affaires (des maisons closes cotées en Bourse !) ou présentés à l’audience ébahie comme des personnalités hautes en couleur de la société moderne, admirés comme des collectionneurs de Ferrari outrageusement onéreuses, ou encore comme des princes ayant acheté leur noblesse.

D’autres encore se sont soudainement transformés en commerçants et entrepreneurs sérieux. Ils agissent en tant qu’investisseurs majeurs dans le secteur des établissements de loisirs, de bien-être, des spas… Ils construisent des maisons closes de luxe, camouflées en établissements de loisirs, opportunément placées près des aéroports, des centres économiques et politiques, ou à côté de l’Académie de Police (rien n’est fait au hasard dans ces milieux, tout est stratégique). D’autres encore ont soi-disant quitté les affaires et sont soudain devenus les managers de stars du sport, ou se sont même reconvertis en parlementaires

Tout ça peut évidemment être dit plus simplement, en exprimant cette suspicion, ou certitude :

ils (et avec eux, de possibles groupes criminels) infiltrent la société et s’y implantent. Ils sont habiles, intelligents, victorieux

Il faut espérer que leurs victimes n’ont pas vu lesdites émissions sur les chaînes de télévision allemandes.

Il faut aussi espérer qu’elles n’entendent pas le bruit des bouchons de champagnes qui sautent après tant de propositions de lois, facilités de voyage, poursuites ratées, jugements insignifiants et acquittements, et qu’elles ne savent pas que pour leurs exploiteurs, le champagne coule à flots dans ce pays. Elina, la jolie jeune femme cachée au fin fond des montagnes albanaises, exploitée et sévèrement traumatisée dans le milieu clandestin allemand, demeure épargnée. Au moins pour le moment, car la télévision n’est pas disponible là-bas.

http://infos.fondationscelles.org/dossier-du-mois/prostitution-en-allemagne-hors-de-controle-n29

Traduction française DT

Source originale :

http://www.kriminalpolizei.de/nc/ausgaben/2013/juni/detailansicht-juni/artikel/ausser-kontrolle.html