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Le journal indépendant de l’Université d’Ottawa

Édition du 30 novembre – Volume LXXVII No 13

ARTS ET CULTURE

Les Québécois
à l’U d’O

Du Collège de Bytown
Photo Mathieu Langlois

Orchestre de l’U d’O


à l’Université canadienne Prestation réussie
SPORTS

Photo Mathieu Langlois

Athlétisme
Saison prometteuse
le 30 novembre 2009

Ariane Marcotte
Isabelle Larose
actualites@larotonde.ca

LE QUÉBEC À L'U D'O


Actualités
Des liens très forts entre l’U d’O et la francophonie québécoise
Cet automne, près de 2000 Québécois ont choisi de quitter leur province natale et de s’inscrire à l’Université d’Ottawa pour y poursuivre leurs études.
Bien présents sur le campus depuis 1848, les Québécois ont grandement contribué à façonner l’image de l’université bilingue de la capitale nationale,
notamment en participant à la pérennité du français et à la vie socioculturelle.
Isabelle Larose fondation de la faculté de Droit ci-
vil, bien que le système judiciaire
groupes, qui a été plus prononcée
que celle des Québécois au cours des
Pourcentage de Québécois dans les
« On peut certainement affirmer que
le développement de l’Université ne
ontarien soit basé sur la common
law. En plus de collaborer avec le
dernières années. Les Québécois
sont maintenant submergés dans nouvelles inscriptions
serait pas le même s’il n’y avait pas Barreau et la législature du Qué- une masse d’étudiants qui s’élève
eu tous ces gens de l’Outaouais qui bec dans le cadre de la création du cette année à plus 38 000. Selon
ont traversé de ce côté-ci de la rivière
lors de la fondation de l’Université.
programme d’études, l’Université
d’Ottawa reçoit 50 000 $ du gou-
Mercier, environ 6200 étudiants
québécois fréquentent actuellement 1997 18,8
Et ça continue encore aujourd’hui », vernement du Québec, un montant l’Université d’Ottawa, soit une re-
affirme Michel Prévost, archiviste considérable pour l’époque. La sec- présentation d’à peine 15 %.
en chef de l’Université. tion Common Law de la faculté de Cette tendance peut s’expliquer 19
La présence des Québécois à l’Uni- Droit ne sera ajoutée qu’en 1957. de multiples façons. D’abord, les
versité d’Ottawa repose historique- frais de scolarité ontariens plus
ment sur des raisons religieuses. En Gardiens du français de deux fois et demie supérieurs
fondant l’Université (le Collège de à ceux du Québec constituent un 17,9
Bytown, à l’époque), monseigneur Lorsqu’on lui demande si la pré- obstacle important pour nombre de
Joseph-Eugène Guigues voulait des- sence québécoise a assuré la sau- Québécois qui voudraient poursui-
servir toute la population du diocèse vegarde du français à l’Université, vre leurs études universitaires dans 18,5
d’Ottawa, une circonscription qui l’archiviste en chef ne veut pas se la capitale nationale. En outre, le
s’étendait alors des deux côtés de la risquer et rappelle que les Franco- développement du réseau des uni-
rivière des Outaouais. « C’était dans
sa philosophie de regrouper les an-
ontariens ont également joué un
grand rôle dans le débat. Pourtant,
versités du Québec a privé l’Univer-
sité d’Ottawa d’une bonne partie
16,7
glophones et les francophones de dans un discours prononcé en octo- de sa clientèle potentielle. « Notre
son diocèse afin que les deux groupes bre 1964 par le recteur Roger Guin- bassin naturel pour l’Université,
apprennent la langue et la culture de don, l’importance des Québécois à c’était l’Outaouais. En 1981, l’Uni- 15,1
l’autre. Il y a donc toujours eu beau- l’Université d’Ottawa est sans équi- versité du Québec en Outaouais
coup de liens entre les deux côtés de voque : « Nous reconnaissons avec a été fondée, alors plusieurs étu-
la rivière », explique Prévost.
Le Québec a notamment joué
gratitude que, privée de cette sym-
pathie de la population québécoise,
diants qui normalement seraient
venus ici sont plutôt restés à Gati- 2003 13,1
un rôle important auprès de l’Uni- notre institution n’aurait jamais neau pour étudier. Il y avait aussi
versité en 1866, alors que la charte réussi à maintenir le fait français des liens traditionnels et histori-
universitaire qui énonçait le bilin- chez elle et à rester bilingue. Par les ques entre l’Abitibi et l’Université 15,1
guisme de l’institution devait être forces des circonstances, elle aurait d’Ottawa puisque les pères oblats
approuvée par le parlement du été incapable de sortir de son uni- étaient très présents à ces deux en-
Canada-Uni avant de recevoir le
consentement de Londres. « Si on a
linguisme des années 1874-1900. » droits. Il y avait une tradition où
les communautés oblates de l’Abi-
14,7
reçu notre charte universitaire, c’est Baisse de la représentation tibi incitaient les jeunes à venir à
grâce à l’appui des députés du Ca- québécoise l’Université, mais en 1983, on crée
nada-Est [Québec], puisque la ma- l’Université du Québec en Abitibi- 14,4
jorité des députés du Canada-Ouest En 1963-1964, le nombre de Qué- Témiscamingue, ce qui réduit le
[Ontario] étaient opposés à la char- bécois s’élève à 1345 sur un total de nombre d’étudiants originaires de
te universitaire. À l’époque, c’était 3809 étudiants à temps plein. Plus cette région », explique Prévost. 15,4
perçu comme une université fran- d’un étudiant sur trois vient alors Les effets de la création de ces deux
cophone en Ontario et ce n’était pas de la Belle Province. Les Québécois nouvelles universités québécoises
très populaire », soutient Prévost. francophones sont même plus nom- se font rapidement sentir : en 1989,
Bien qu’ils aient toujours été pré- breux que les Franco-ontariens, une à peine 17 % des 23 696 étudiants 15,7
sents sur le campus, les Québécois tendance qui s’est récemment inver- de l’Université d’Ottawa viennent
se sont fait légèrement plus discrets sée. Avant 1975, les francophones du Québec.
entre les années 1874 et 1901, période étaient majoritaires à l’Université « L’Université a fait de grandes 16
où l’Université est devenue officiel- d’Ottawa. Depuis, on observe un campagnes de publicité au courant 2009
lement unilingue anglaise. Plusieurs déclin progressif du pourcentage des dernières années pour recruter POURCENTAGE (%)
Québécois désireux d’apprendre total de francophones fréquentant les Québécois et ainsi augmenter
l’anglais ont tout de même continué l’Université et, par le fait même, du le pourcentage de francophones »,
de fréquenter l’Université, où le fran-
çais demeurait présent dans quelques
pourcentage de Québécois. Toute-
fois, ces populations ne sont pas
mentionne Prévost. Au-delà des
abribus et des autobus de la So- 33,4%
cours, notamment ceux de religion.
La plus ancienne association étudian-
te francophone du campus, la Société
nécessairement en déclin lorsqu’on
regarde les nombres absolus. Plus
souvent qu’autrement en croissan-
ciété des transports de l’Outaouais,
ce sont maintenant les stations de
métro montréalaises qui sont ta-
17,1%
des débats français, a même vu le jour
durant cette période.
ce, c’est leur représentation totale
par rapport aux autres groupes pré-
pissées aux couleurs de l’Univer-
sité canadienne. « Une campagne
16,3%
Une touche québécoise
sents à l’Université qui s’amenuise.
Pierre Mercier, vice-recteur associé
au cœur même de Montréal, ça ne
s’était jamais vu. On veut lancer le
% de francophones inscrits à l’U d’O
à la recherche institutionnelle et à message que les Québécois sont les % de Franco-ontariens inscrits à l’U d’O
La présence québécoise se fait la planification, explique ce phéno- bienvenus à l’Université d’Ottawa »,
clairement sentir en 1953, avec la mène par la croissance des autres explique l’archiviste. % de Québécois inscrits à l’U d’O

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le 30 novembre 2009 Actualités

Les raisons
LE QUÉBEC À L'U D'O LE QUÉBEC À L'U D'O

Les indépendantistes d'Ottawa


Tristan Dénommée, président de la cellule locale du Bloc Québécois, et Jean-

de l'exil
François Landry, président du Forum jeunesse du Bloc Québécois, entretiennent
Philippe Teisceira-Lessard de la création de la première cellule locale de ce
parti en dehors de leur province, de sa pertinence et de l’attention médiatique
qu’ils ont reçue dans les dernières semaines. Ces étudiants qui traversent la rivière et réclament
la capitale nationale et les bloquis-
tes sont représentés à Ottawa, au
Parlement. Si on était à Calgary, je le double de la facture.
ne pense pas que ça en vaudrait la
peine. Par contre, ici, il y a énormé- Philippe Teisceira-Lessard frais de scolarité ont augmenté ces
ment d’étudiants québécois et plu- dernières années et, pourtant, on
sieurs souverainistes. Les étudiants québécois sont en- n’a jamais eu autant de demandes.
Jean-François Landry : Gilles viron 6200 à fréquenter l’Univer- C’est un paradoxe. Je pense que
Duceppe n’a jamais hésité, lorsqu’il sité d’Ottawa cette année. Pourtant, les frais de scolarité au Québec ne
en a le temps, à aller au Canada étudier dans la capitale fédérale en- sont pas assez élevés et que, tôt
pour exprimer aux Canadiens ce traîne un exil obligé pour plusieurs ou tard, ils devront augmenter »,
que serait le Québec indépendant d’entre eux et des frais de scolarité commente-t-il, avant d’ajouter
et pourquoi on veut la souveraineté beaucoup plus élevés pour tous. que des études en droit sont une
du Québec. Il n’est pas question de forme d’investissement. Thibault
se cloisonner dans des opinions où Des frais de scolarités ne croit pas non plus que sa faculté
on n’a pas la chance de parler de nos doublés, voire triplés ne recrute que la partie des Québé-
convictions souverainistes en dehors cois qui a les moyens de se payer
de la province. Pour moi, c’est cer- Les universités québécoises une éducation ontarienne. Selon
tain que si je pars en échange à Har- sont celles qui imposent à leurs lui, plusieurs de ses étudiants tra-
vard, à la Sorbonne ou à la London étudiants les droits de scolarité les vaillent très fort pour se payer leur
School of Economics, je vais parler plus bas de tout le Canada. Avec éducation, sans provenir de fa-
de la souveraineté du Québec. en moyenne 2272 $ à s’acquitter milles particulièrement aisées.
annuellement, les étudiants de la Karine El Hanbli, une étudiante
LR : Dans certains médias de belle province bénéficient des re- en droit civil et développement in-
Sun Media Corporation, vous tombées du gel des frais long de ternational originaire de Repenti-
avez été cité vous définissant plus de 10 ans, soit de 1994 à 2006. gny, en banlieue de Montréal, croit
comme un étudiant étranger. Certains, comme ceux de l’Univer- que chaque étudiant québécois à
Est-ce un constat d’échec pour sité McGill, paient un peu plus l’U d’O a ses propres raisons d’y
le système postsecondaire du que ce montant, d’autres, comme être et de passer par-dessus l’obs-
Québec? ceux de l’Université du Québec à tacle des frais. « Pour ma part,
JFL : Non, pas du tout. Je connais Montréal (UQÀM), paient un peu c’est le seul endroit où je pouvais
bien la journaliste qui a écrit cet ar- moins. Malgré ces légers écarts suivre mon programme actuel »,
ticle. Je lui ai dit, à la blague, que qu’explique la différence de frais confie-t-elle. L’étudiante ne croit
c’était comme si j’étais un étudiant accessoires, aucun de ces étu- toutefois pas que le bilinguisme y
étranger qui étudie à l’international. diants n’a à sortir de ses poches le ait beaucoup à voir.
Je suis venu à Ottawa parce que la 5951 $ qu’il en coûtait en moyenne
carte des programmes offerts ici me à leurs collègues étudiant en Onta- Vraiment nécessaires,
plaisait, et il faudrait demander à rio. Pourquoi s’exilent-ils alors du les Québécois?
chacun, parce que c’est du cas par paradis nord-américain de l’édu-
cas. Mais ce n’est en aucun cas une cation abordable? Dès que l’on aborde le sujet de la
Photo Mathieu Langlois
critique du système d’éducation du « Ce n’est pas seulement les enjeux pertinence de la présence des Qué-
La création, par Tristan Dénommée, d’un club bloquiste à l’U d’O a fait coulé financiers qui jouent », répond Alain bécois, la réponse des membres de
Québec. J’ai bien l’intention d’être
beaucoup d’encre. officiellement décrit comme étu- Malette, responsable du recrutement l’administration scolaire est quasi
La Rotonde : D’où vient l’idée trois membres qu’il nous reste à en- diant étranger avant la fin de mes pour l’Université. Pour lui, la situa- unanime : l’Université canadienne
de fonder un club du Bloc Qué- registrer. études. tion de l’Université dans la capitale doit accueillir des Québécois pour
bécois à l’Université d’Ottawa? fédérale joue pour beaucoup dans le bien remplir son rôle et représen-
Tristan Dénommée : Quand LR : Y a-t-il eu une opposition LR : Est-ce que l’attention mé- choix des étudiants québécois, tout ter la population du pays. « Ces
j’étais au cégep, je faisais partie du de la FÉUO au moment de l’en- diatique qu’a attirée la créa- comme son caractère bilingue. Et étudiants et étudiantes contribuent
comité étudiant souverainiste du registrement officiel du club? tion de votre club bloquiste les frais de scolarité? « Les bourses à la richesse de notre diversité en
Collège Édouard-Montpetit. En fi- TD : Non, aucunement. J’ai donné vous surprend? jouent un grand rôle en permettant terme de population étudiante »,
nissant le cégep, en m’inscrivant les formulaires officiels et puis ça a TD : Je crois que c’était un peu aux étudiants de moins ressentir l’ef- note par exemple Lucie Keech, di-
ici, je me suis dit que j’allais pren- été accepté. Il n’y a eu aucunes ré- exagéré. Nous ne sommes pas plus fet des frais. Elles sont parmi, sinon rectrice du marketing pour l’Uni-
dre la relève, que j’allais créer une ticences de la part de la Fédération importants qu’un autre club et per- les plus généreuses au pays, selon le versité. D’ailleurs, l’institution ne
structure semblable. Ça m’a pris ou de la coordonnatrice des clubs. À sonellement, la raison pour laquelle magazine Maclean’s. » Cependant, lésine pas sur les moyens pour at-
trois ans à créer le club parce que partir de là, on a accès à un budget j’ai créé ce club, c’est surtout pour Malette affirme ignorer dans quelle tirer la clientèle.
j’avais un problème de contacts. J’ai potentiel de 1000 $ annuellement. montrer aux gens qui on est réelle- proportion les étudiants québécois En effet, Louis Malette nous in-
découvert, cet été, que plusieurs des Pour le moment, je n’ai pas l’in- ment. À mon arrivée ici, j’étais per- perdent leur bourse automatique forme que deux agents de recrute-
membres de l’exécutif national (de tention de toucher à l’argent, car je çu comme un destructeur de pays. après seulement un an, la proportion ment se concentrent exclusivement
l’aile jeunesse du Bloc Québécois) crois qu’on peut faire plusieurs acti- Mon but, c’est simplement de mon- globale à l’Université étant de 84 % sur le Québec, rencontrant les étu-
venaient à l’U d’O. vités sans dépenser l’argent des étu- trer qui nous sommes vraiment. des étudiants. diants potentiels dans les cégeps de
diants. La cause souverainiste est JFL : Personnellement, je ne trouve L’un des importants pôles d’at- la province. Une importante campa-
LR : D’après-vous, combien assez mitigée sur le campus, donc je pas la couverture exagérée; c’était traction pour les étudiants en pro- gne de marketing est aussi en cours,
de souverainistes fréquentent crois que ça peut être bien perçu de clair que ça allait faire du bruit. venance du Québec est la faculté de principalement dans la région de
l’Université d’Ottawa et com- la part des étudiants. Quand des leaders souverainistes Droit civil, qui enseigne le système Montréal. Lucie Keech refuse tou-
bien de membres votre club vont parler d’indépendance hors du juridique qui prévaut au Québec. tefois de dévoiler les montants pré-
compte-t-il? LR : Est-ce vraiment pertinent Québec, c’est clair que ça fait des va- Là-bas, étudiants, professeurs et cis alloués à celle-ci. Rappelons,
TD : Il doit bien y en avoir 200 ou d’avoir un club du Bloc Québé- gues. L’initiative que Tristan a eue gestionnaires sont presque tous par exemple, que l’Université avait
300 sur tout le campus. Cependant, cois en dehors du Québec? de créer un comité ici, à l’Université québécois. Pierre Thibault, doyen recouvert l’ensemble de la station
au niveau des souverainistes actifs, TD : Oui et non. Je crois que c’est canadienne, pour discuter de l’enjeu adjoint de cette faculté d’environ Berri-UQAM de publicités « Ça part
des militants, ça se compte plutôt pertinent d’en avoir un ici, à l’Uni- de la souveraineté, était très bonne, 800 étudiants, explique que selon d’ici » en 2007-2008, ce qui aurait
par dizaines. Le club compte 25 versité d’Ottawa, à cause de la alors tant mieux si c’est couvert par lui, les frais de scolarité du Québec coûté plus de 60 000 $, selon la
membres officiels pour l’instant et proximité du Québec. Ottawa, c’est les médias. sont simplement trop bas. « Les Centrale des syndicats du Québec.

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Actualités le 30 novembre 2009

JOURNÉE DE LA LUTTE CONTRE LE SIDA FCÉÉ

Les étudiants de La FCÉÉ resserre l’étau sur ses membres,


l’Université se mobilisent
le 1er décembre
Dubois élue trésorière nationale
Les délégations de partout au Canada adoptent des règles de désaffiliation plus serrées et
Le 1er décembre 2009 marque la 21e édition de la Journée rejettent en bloc les réformes proposées par les associations québécoises.
mondiale de la lutte contre le SIDA. Le Centre de la fierté de
l’Université d’Ottawa prend en charge la programmation
des événements liés à la journée internationale.
Ariane Marcotte ment, car les hommes homosexuels
font partie du groupe le plus à ris-
Historiquement, cette journée fut que de contracter le VIH. En fait, à
établie le 1er décembre 1988 par lui seul, ce groupe représente près
l’Organisation mondiale de la santé de la moitié des cas diagnostiqués.
à la suite de la reconnaissance médi- De plus, il y a beaucoup de stigma-
cale du virus de l’immunodéficience tisation autour du VIH comme une
humaine (VIH) en 1981. Vingt-huit “maladie homosexuelle,” même en
ans plus tard, l’OMS estime le nom- 2009. C’est important d’en parler
bre de décès liés au syndrome d’im- dans une mesure préventive pour
munodéficience acquise (SIDA) à 25 les membres de notre communau-
millions. À ce jour, 33,2 millions de té, mais aussi pour éradiquer les
personnes ont reçu un diagnostic de mythes et les attitudes négatives
séropositivité au VIH. envers les victimes de cette épidé-
mie. La communauté allosexuelle a
Activités sur le campus toujours été impliquée dans la lutte
Photo d’archives
contre le SIDA », poursuit la coor-
Aucune activité officielle n’est donnatrice du Centre. Roxanne Dubois, vice-présidente aux finances de la FÉUO, vient d’être élue trésorière nationale de la FCÉÉ.
prévue par l’administration de Parmi les activités au programme,
Philippe Teisceira-Lessard Faucher, délégué de la Fédération l’alarme incendie de l’hôtel où avait
l’Université. Par contre, le Centre une discussion aura lieu à l’heure du
étudiante de l’Université d’Ottawa lieu le congrès juste avant le vote sur
de la fierté, organisation des les- souper au bar 1848 de l’Université
L’assemblée générale annuelle de (FÉUO), qui s’est exprimé contre cette motion.
biennes, gays, bisexuels et trans- sous le thème « La crise du SIDA 20
la Fédération canadienne des étu- cette motion dès le début de la ren-
sexuels (LGBT) du campus affilié ans plus tard; où en sommes-nous
diantes et étudiants (FCÉÉ) s’est contre. « C’est la première étape Réformes battues
à la Fédération étudiante de l’Uni- et que nous reste-t-il à faire? » Dès
terminée dans la nuit de samedi à vers la destruction de la FCÉÉ. Je dans une atmosphère tendue
versité d’Ottawa (FÉUO), a pris 19 h, toujours au bar 1848, certai-
dimanche après quatre jours de vi- suis personnellement très fâché de
l’initiative de souligner la Journée nes boissons seront offertes à 2 $ et
ves tensions entre les partisans et ça. » Plusieurs motions avaient été
le 1er décembre. les fêtards sont invités à se vêtir de
les détracteurs de très controversées Roxanne Dubois, actuelle vi- présentées à l’assemblée générale
« Ce n’est pas la première fois rouge, couleur du ruban de la lutte
propositions de réforme. En outre, ce-présidente aux finances de la par l’Association des étudiantes et
qu’on organise des activités pour contre le SIDA. Plusieurs kiosques
une motion qui resserre sévèrement FÉUO et nouvellement élue tréso- étudiants de deuxième et troisième
la Journée mondiale du SIDA. Ha- informatifs seront installés au Cen-
les conditions nécessaires pour te- rière nationale de l’organisation cycles de l’Université McGill, cer-
bituellement, on co-organise ou tre universitaire à l’occasion pour
nir un référendum de désaffiliation pancanadienne, s’est, pour sa part, taines visant notamment à ouvrir
participe à des événements avec sensibiliser la population étudiante
a été adoptée de justesse par les dé- prononcée en faveur de cette pro- ces réunions à la presse et aux étu-
d’autres organismes en ville. Les sur les réalités entourant le VIH.
légués, soulevant l’ire de plusieurs position, qui, selon elle, « permet- diants, à publier sur le site Internet
années passées, les événements L’ensemble des festivités sont or-
étudiants sur le campus ottavien. tra à la FCÉÉ de faire ce qu’elle est l’ensemble des poursuites entrepri-
ont été plus solennels. On cherche ganisées et/ou appuyées par l’aile
vraiment là pour faire et de pouvoir ses par la FCÉÉ contre des associa-
maintenant à avoir une ambiance Promotion santé de la clinique mé-
Vague de désaffiliations : se concentrer à travailler dans les tions membres, ou encore pour des-
plus amusante, interactive, et de dicale de l’Université, les organismes
la riposte intérêts des étudiants ». Pour Du- tituer des gestionnaires de la FCÉÉ.
garder malgré tout la composante Dignitas Youth, Medical Students
bois, l’opposition à cette motion se Si certaines d’entre elles avaient été
éducative; on va voir ce que ça don- International Health Interest Group,
Il faut rappeler le climat dans le- retrouve plutôt dans des voix indi- effacées de l’ordre du jour par l’exé-
ne, c’est un premier essai! Malheu- Youth Challenge International, Keep
quel cette réunion avait débuté. Avec viduelles puisque la décision des dé- cutif national (afin de ne diffamer
reusement, les événements plus so- a Child Alive et le Centre de la fierté.
11 pétitions en règle demandant des légations en réunion plénière était personne, selon une lettre de Ka-
bres n’attirent pas autant de gens; « Nous attendons beaucoup de
référendums de désaffiliation et un claire. « Je crois fermement que les therine Giroux-Bougard, présidente
il est donc plus difficile de passer le gens, puisque c’est aussi la der-
ensemble de plusieurs dizaines de étudiants, ça ne les dérange pas, des de la FCÉÉ), la presque totalité des
message dans la population », ex- nière soirée “mardis à 2 $” au bar
motions soumises par des associa- changements aux procédures. Je autres ont été rejetées par l’assem-
plique Krystel Boissé, coordonna- 1848. Plusieurs affiches créées par
tions québécoises, la FCÉÉ était à crois qu’ils ne s’intéressent pas à ce blée, les principales associations en
trice du Centre de la fierté. le groupe Promotion santé ont été
un tournant de son existence. genre de choses », affirme-t-elle. faveur de ces propositions étant sor-
« C’est important que le Centre installées sur le campus pour l’oc-
La motion de la Graduate Stu- Michèle Lamarche, sa collègue ties de la salle à la suite de l’adop-
de la fierté participe à cet événe- casion », conclut Boissé.
dents’ Association de l’Université du comité exécutif de la FÉUO, ne tion de la motion de resserrement
Carleton visait à limiter ce genre de semble pas partager cet avis, elle qui des exigences de désaffiliation.
mouvement dans l’avenir. En plus a clairement exprimé, sur un réseau Tous les rapports des délégués
d’exiger la signature de 20 % des social bien connu, que « l’absten- font état d’une atmosphère tendue
membres d’une association pour tion de la FÉUO [n’était] pas suffi- pendant ces quatre jours de débat,
toute pétition de désaffiliation à la sante ». conséquence du clivage net entre les
FCÉÉ, elle limitait aussi le nom- Si la délégation de la FÉUO s’est deux camps opposés. « Les gens ne

embauche!
bre de ces référendums à deux par abstenue sur ce vote, ce n’a pas le considéraient plus les motions pour
session à travers tout le Canada et cas de celle de l’Association des étu- ce qu’elles valaient, mais plutôt pour
instaurait une période-tampon de diant diplômés (GSAÉD), qui s’est les gens dont elles provenaient »,
cinq ans (au lieu de deux ans, com- plutôt prononcée pour ce resserre- affirme Gélinas-Faucher. Pour sa
me c’est le cas actuellement) durant ment des règles. Gaétan-Philippe part, Seamus Wolfe, président de

Ça vous intéresse? Ça devrait! laquelle une association nouvelle-


ment affiliée ne pourra remettre en
Beaulière, délégué de la GSAÉD,
explique en entrevue que même si
la FÉUO, croit aussi que le climat
n’était pas propice à la prise de dé-
question son statut de membre. cette motion n’était pas parfaite et cisions éclairées : « Malheureuse-

Plus d’information à la page 8 « La FCÉÉ vient de se tirer dans


le pied et de créer un déficit démo-
que des amendements auraient été
nécessaires, en leur absence, il fal-
ment, cette assemblée générale s’est
terminée par des débats procédu-
cratique important vis-à-vis de ses lait tout de même agir. Fait cocasse : raux, plutôt que sur des questions
membres », croit Bruno Gélinas- un délégué non identifié a activé d’intérêt pour les étudiants. »

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le 30 novembre 2009 Actualités
PARENTS ÉTUDIANTS

Dur dur d’être un parent étudiant


Être étudiant et parent à la fois relève véritablement rement au site web de l’Université
d’Ottawa, où l’information est rare
couples étudiants qui ont choisi
de concilier les études et leur rôle
beaucoup plus sociale au Québec
qu’en Ontario. »
du tour de force. Et sur leur banc d’école, les parents et difficile à trouver, celui de l’Uni-
versité de Montréal consacre une
de parent. Par l’entremise de cet
organisme, les parents ont accès à
Contacté par La Rotonde, le ser-
vice 211, un service de référence
ne doivent pas compter sur l’Université d’Ottawa page complète aux différentes res-
sources offertes aux parents. Une
une multitude de services comme
de l’aide à domicile, des listes de
centralisé qui dirige les personnes
vers les ressources offertes dans la
pour les aider à concilier examens, biberons, études halte-garderie de même qu’un
centre de la petite enfance où les
gardiennage, des café-rencontres,
des cuisines collectives et des ate-
collectivité, confirme qu’aucun or-
ganisme n’est exclusivement dédié
et changements de couche. enfants des étudiants sont priori-
taires se trouvent à proximité du
liers parents-enfants. Interrogé
sur l’absence de telles ressources
aux parents étudiants à Ottawa. Il
existe toutefois plusieurs services
Isabelle Larose À l’instar de plusieurs autres garde- campus. L’Université de Montréal à l’Université, Marc Duval men- destinés aux jeunes parents et aux
ries de la ville, plusieurs places de collabore aussi avec une associa- tionne qu’une grande différence mères adolescentes qui pourraient
« Le système scolaire n’est pas du la garderie Bernadette sont totale- tion qui s’adresse exclusivement idéologique existe entre l’Ontario également répondre aux besoins des
tout adapté pour les parents étu- ment subventionnées par un pro- aux étudiantes enceintes et aux et le Québec : « Il y a une mentalité étudiants avec des enfants.
diants », assure Edline Fort, une gramme de la Ville d’Ottawa et du
mère célibataire de 22 ans et étu- gouvernement ontarien. Sans cette
diante à temps plein en soins infir-
miers à l’Université d’Ottawa. Ac-
aide, il en coûterait 1370 $ par mois
pour la garde d’un bébé âgé entre « Mes notes ont baissé radicalement.
tuellement en quatrième année de zéro et 18 mois.
son programme, Edline doit com-
poser avec des stages qui ne concor-
Seule ressource du campus di-
rectement dédiée aux parents
Je pense que si ce n’avait pas été ma
dernière année, j’aurais lâché. »
dent pas du tout avec les heures étudiants, la garderie Bernadette
d’ouverture de la garderie. Dépen- est très prisée; une liste d’attente
damment de l’horaire, les stages où s’alignent 500 noms empê-
peuvent commencer à 7 h pour des
quarts de jour et se terminer à 22
che d’ailleurs plusieurs parents
de bénéficier du service. De ce - Edline Fort
h 30 pour des quarts de soir. Ain- nombre, près de 250 parents ont
si, Edline n’a d’autre choix que de un lien direct avec l’Université et
compter sur ses proches pour pren- détiennent ainsi un statut priori-
dre soin de son poupon durant son taire. Bien que chanceuse d’avoir
absence. « Ma sœur vient m’aider réussi à obtenir une place pour sa
le matin quand je commence à 7 fille, Edline Fort a quand même
heures. Elle lui donne le biberon dû manquer les deux premières
et va la porter à la garderie. C’est semaines de cours de la session,
plus compliqué quand je suis sur car aucune place n’avait encore été
l’horaire du soir. Il y a peu de gens libérée pour elle.
qui peuvent garder ma fille durant
la soirée », explique l’étudiante Absence de ressources
mère. Malgré cette aide, Edline
mentionne que la conciliation en- Outre la garderie, l’Université
tre les études et la famille n’est pas d’Ottawa n’a aucun service spécifi-
de tout repos : « C’est vraiment très que pour les parents étudiants. « En
difficile. Quand je veux étudier, je ce qui concerne le Service d’appui
dois attendre qu’elle dorme. C’est au succès scolaire (SASS), les pa-
beaucoup de nuits blanches. » Cet- rents étudiants bénéficient de nos
te surcharge de responsabilités a services au même titre que tous les
grandement affecté la vie étudiante autres étudiants; nous n’avons pas
de la jeune mère. « Mes notes ont de services spécifiques à leur atten-
baissé radicalement. Je pense que tion pour l’instant. C’est un projet
si ce n’avait pas été ma dernière auquel nous réfléchissons », men-
année, j’aurais lâché », laisse-t-elle tionne Laurence Cotereau, agente
tomber. de communication du SASS. Rien
de concret n’a toutefois encore été
Une garderie sur le campus effectué en ce sens.
Au Service de vie communau-
Une autre raison a poussé Edline taire, Marc Duval, directeur, laisse
à poursuivre ses études : la garderie entendre qu’offrir des ressources
Bernadette, située sur le campus, pour les jeunes parents n’entre pas
dans l’édifice Brooks. « Ça m’a vrai- nécessairement dans leur mission,
ment beaucoup aidée. Si je n’avais qui consiste à animer la vie sociale,
pas eu de place à la garderie, je culturelle et communautaire sur
n’aurais pas continué mes études le campus. En poste depuis trois
universitaires », confie Edline Fort. ans, Marc Duval n’a jamais eu de
Avec une capacité de 49 places, la demande particulière de la part
garderie accueille en priorité les en- des parents étudiants : « Évidem-
fants des étudiants de l’Université, ment, si quelqu’un nous approche,
tout comme ceux des professeurs on va voir ce qu’on peut faire pour
et des membres du personnel de l’aider. »
soutien. Selon Johée Deslauriers,
directrice de la garderie Berna- Au-delà de la garderie…
dette, les deux tiers des places sont
actuellement occupées par des en- Il est difficile de connaître le
fants d’étudiants : « J’ai de jeunes nombre exact d’étudiants qui ont
mamans seules, j’ai aussi des jeunes des enfants à leur charge à l’Univer-
couples où les deux parents vont à sité d’Ottawa. À titre d’indication,
l’école et des adultes plus âgés qui on peut lire sur le site Internet de
font un retour aux études. Je leur l’Université de Montréal, que 15 %
dis souvent que je leur lève mon de la population étudiante de l’éta- Photo Mathieu Langlois
chapeau, c’est loin d’être évident. » blissement a des enfants. Contrai- Faute de ressources, les parents étudiants doivent faire des pieds et des mains pour concilier famille et études.

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Actualités le 30 novembre 2009

SEMAINES VERTES

David Suzuki clôture en beauté « Pour la première fois


les Semaines vertes de la FÉUO de notre histoire, nous
en sommes arrivés
Près de 600 personnes s’étaient déplacées le lundi 23 novembre dernier à un point de non-
au théâtre du Centre Bronson d’Ottawa pour assister à la conférence du retour. Nous devons
SUZUKI célèbre environnementaliste David Suzuki. nous arrêter un instant
Ariane Marcotte maine a imaginé le concept de futur.

L’événement organisé par la Fé-


Aucune autre espèce ne comprend
que nos actions présentes auront
et nous demander
dération étudiante de l’Université
d’Ottawa (FÉUO), qui a eu lieu
des répercussions demain et, mal-
gré tout, on préfère l’ignorer. Les quel est notre impact
plusieurs jours après la dernière premiers avertissements de chan-
activité au calendrier des Semai-
nes vertes, a néanmoins connu du
gements climatiques ont été lancés
par les scientifiques il y a 20 ans et
collectif. »
succès. L’assistance était majoritai-
rement composée d’étudiants uni-
pourtant, les médias leur tournent le
dos! Bien sûr, je comprends que ce - David Suzuki
versitaires et de particuliers de la dont on parle ici n’est pas vraiment
communauté. important quand on le compare aux
La soirée a commencé vers 20 h problèmes de Paris Hilton, O. J.
avec un collègue environnementa- Simpson et tous les autres… » a-t-il
liste de Suzuki, qui a fait une courte expliqué sur un ton où le sarcasme
biographie de l’invité d’honneur, pouvait s’entendre à des kilomètres
exprimant son amour incondition- à la ronde.
nel pour les actions et les projets de
celui-ci. La superstar canadienne L’après-Kyoto
de l’environnement a eu droit à une
ovation chaleureuse au moment de Bien entendu, impossible de ne
monter sur scène devant la foule in- pas s’attendre à une petite montée
conditionnelle. de lait de la part de l’environnemen-
Suzuki s’est d’abord adressé à son taliste juste avant l’ouverture, en dé-
auditoire dans un français correct cembre, du sommet de Copenhague
pour s’excuser de l’unilinguisme sur les changements climatiques.
de sa présentation : « Je suis de la « Le premier ministre Harper
Colombie-Britannique, je n’ai pas a déclaré en 2006 qu’on n’allait
vraiment l’occasion de pratiquer rien faire par rapport à Kyoto, que
mon français, j’espère que vous allez c’était mauvais pour l’économie
apprécier la soirée tout de même! » canadienne. Il n’a rien compris,
a t-il lancé en guise d’ouverture avec c’est tout à fait le contraire! Il a
le sourire. tourné le dos à tous les engage-
ments pris par Jean Chrétien. Dire
L’impact collectif que Kyoto nuisait à notre écono-
mie était un mensonge énorme, il
Avec humour, il a repris son dis- ne faut pas un doctorat pour faire
cours en anglais : « Tous les chan- le lien entre les changements cli-
gements climatiques auxquels nous matiques que nous commençons à
assistons ont toujours eu lieu, de- vivre et un effondrement de l’éco-
puis des milliards d’années, mais nomie si nous restons inactifs!
c’est la première fois depuis l’his- L’économie du Canada sera même
toire de l’humanité qu’une espèce l’une des premières à en souffrir,
modifie aussi radicalement la face car c’est l’agriculture, la pêche et
du monde, géologiquement, chimi- les forêts qui seront les premiers
quement et climatiquement par- secteurs à tomber… Le capitalisme
lant. Je suis né en 1936, à l’époque et la politique ne sont pas des for-
on était deux milliards d’humains ces de la nature! Monsieur Harper,
sur la planète; notre population a si ce que vous faites n’est pas un
triplé depuis. Étant le mammifère crime contre l’humanité, je ne sais
le plus présent, notre empreinte pas ce que c’est! » a déclaré David
écologique est évidemment énor- Suzuki sous les applaudissements
me… Imaginez un instant toutes de l’audience.
les technologies et les ressources La conférence a duré environ
utilisées pour emmener mes fesses une heure, une heure bien rem-
ici ce soir de Vancouver à Ottawa! plie et plutôt animée qui a été vi-
Pour la première fois de notre his- siblement bien reçue par ceux et
toire, nous en sommes arrivés à un celles qui s’étaient déplacés pour
point de non-retour. Nous devons l’entendre. Les réactions étaient
nous arrêter un instant et nous unanimes lors d’une seconde ova-
demander quel est notre impact tion à la toute fin de la soirée. Une
collectif. » période de questions a suivi et plus
Suzuki a beaucoup insisté sur la d’une dizaine d’intervenants ont
conscience humanitaire, sur la res- pu poser leurs questions à l’invité.
ponsabilité et le devoir de notre es- Une séance de signature de livres
pèce envers notre écosystème. « Le s’est ensuite tenue dans le vesti- Photo Mathieu Langlois
futur n’existe pas : la conscience hu- bule de l’édifice. C’est avec dynamisme que David Suzuki a livré un discours convaincant.

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le 30 novembre 2009 Actualités
Point d’ordre GRIPPE A
Catherine Dib
Mission accomplie pour
Le marketing… ça part d’ici l’Université d’Ottawa
Depuis déjà plus de deux mois, les étudiants en
La piètre performance de l’Université d’Ottawa dans le cadre du classement des grandes
parlaient et l’attendaient; la semaine de vaccination
universités canadiennes publié dans le Globe and Mail de septembre dernier en a fait
contre le virus A(H1N1) sur le campus s’est enfin tenue
réagir plus d’un. Qu’à cela ne tienne, à coup de bombardements visuels et auditifs, on
vous convaincra assurément de venir rejoindre les rangs ottaviens!
du 23 au 27 novembre dernier.
Ariane Marcotte Encore le bilinguisme
En vous baladant sur le campus, du Québec à Montréal, preuve de ne » qui est ressortie gagnante en
ou même jusqu’aux confins des cir- la concurrence grimpante entre les reflétant nos points forts men- Environ 5000 doses étaient dispo- Malgré les efforts de l’Université
cuits de métro montréalais, on peut universités. tionnés plus haut. nibles pour la clinique de vaccina- pour obtenir un service bilingue en
être en proie aux maraudages des Sur ces panneaux, notre slogan, Les éléments principaux d’archi- tion de l’Université, ce qui est bien tout temps, il semble que certains
universités, notamment de la nô- « ça part d’ici », prend un double tecture de notre fameux pavillon peu si l’on considère que plus de étudiants aient relevé quelques la-
tre. L’affiche, familière par sa cou- sens dans ces stations, ce qui irrite Tabaret furent désignés comme 30 000 étudiants fréquentent le cunes concernant l’aspect linguisti-
leur grenat, arborant fièrement le les universités montréalaises. Dans notre nouvel emblème, permettant campus. C’est donc sans surprise que de la campagne.
sigle de l’Université d’Ottawa, vous cette arène de ce combat de coq, au public de distinguer facilement que les 5000 vaccins ont trouvé « La vaccination ne se fait pas dans
invite allègrement à notre humble le potentiel étudiant s’avère être le l’Université d’Ottawa des autres. preneur dans un laps de temps re- les deux langues, bien que la Santé pu-
université. poulet à plumer idéal. Agrémentez cela d’un slogan accro- cord. blique d’Ottawa soit soumise au règle-
cheur et le tour est joué, la course Selon Vincent Lamontagne, ment sur le bilinguisme. L’infirmier
À vos marques, prêts, affichez! L’Université canadienne? est lancée! agent des relations avec les mé- n’a pu me fournir les informations
dias pour le Bureau des commu- relatives aux effets secondaires et aux
Cette année, grâce au montant Comment cette image a-t-elle Plus de visibilité, oui, mais nications de l’Université, 93 % mesures de sécurité qu’en anglais,
plus important alloué au marketing, évolué, ces dernières années? pas aux frais des étudiants des doses disponibles avaient été bien que je me sois d’abord adressée
on peut noter une hausse flagrante En automne 2002, l’Université réservées via le service d’inscrip- à lui en français », affirme Houda
de la visibilité de l’Université grâce d’Ottawa a redéfini ce qu’elle re- Notre établissement, plutôt que tion en ligne sur le site Internet Souissi, étudiante en droit civil.
à ses affiches éparpillées à travers présentait aux yeux de la popu- de se lancer dans des campagnes de l’Université en date du mardi Le Bureau des communications
le Canada, ses messages à la radio lation en sondant la masse. Ver- ponctuées d’affiches onéreuses, 24 novembre, soit dès la deuxième affirme de son côté n’avoir reçu
ou encore sa nouvelle vidéo promo- dict : nous sommes reconnus pour ne devrait-il pas miser sur les étu- journée de la campagne. aucune plainte à ce sujet. « La tota-
tionnelle. Il y a des emplacements « notre bilinguisme, notre carac- diants en accordant la priorité à Neuf cent soixante-quinze lité des infirmières ainsi que des bé-
clés, en ce qui concerne ces publici- tère national, notre emplacement leurs besoins et à leur instruction? personnes ont été vaccinées par névoles de la clinique sont bilingues.
tés, ciblant des endroits où circulent au cœur de la capitale nationale et En effet, satisfait de ses années l’équipe d’infirmiers et de béné- Lors de leur arrivée, les étudiants et
surtout des étudiants de premier la diversité de nos programmes », dans notre institution, le diplômé, voles la première journée, laquelle membres du personnel qui se font
cycle, augmentant ainsi le nom- peut-on lire sur le site Internet. marque de commerce de l’Univer- s’est déroulée dans le calme, tou- vacciner se font demander dans
bre d’inscriptions aux cycles supé- Dans ce même sondage, toutefois, sité, ira de lui-même répandre la jours selon le Bureau des commu- quelle langue ils désirent être servis.
rieurs. On peut même se retrouver il a été souligné qu’une image noir bonne parole à travers le monde! nications de l’Université. Aucun Ce choix est bien sûr respecté par les
face à ces affiches évocatrices dans sur blanc n’est pas encore ancrée Après tout, ne dit-on pas du bou- délai d’attente n’a été rapporté par membres de l’équipe de la clinique »,
les stations de métro de l’Univer- dans l’esprit des gens, d’où la pro- che-à-oreille qu’il est le meilleur les usagers au cours de la première précise Lamontagne à la veille de clô-
sité de Montréal et de l’Université messe de « l’Université canadien- agent de publicité? journée de vaccination. turer le centre de vaccination.

Photo Jessica Rose


Les 5000 doses réservées aux étudiants de l’U d’O ont rapidement trouvé preneur.

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Actualités le 30 novembre 2009

AVIS À NOS CLIENTS

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échéant. Il est aussi responsable du recrutement et de l’encadrement des Expertise en gestion d'équipe et en journalisme requise ainsi
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Arts et Culture
le 30 novembre 2009

Julie-Anne Lapointe
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CNA

Du théâtre pour adolescents, écrit par des adolescents du spectacle. Les Zurbains, c’est que Gosselin, qui était d’une grande est prédominante, ce qui illustre leur
avant tout un atelier d’écriture d’art fraîcheur, ont rapidement charmé importance dans la vie des jeunes.
dramatique qui donne le droit de la salle comble. À maintes reprises, Chaque conte a une morale, une
parole aux jeunes adolescents. Le des sourires complices se dessi- leçon de vie qui incite à la réflexion. Il
projet débute chaque année par un naient sur le visage des parents et est d’ailleurs surprenant de constater
concours lancé dans les écoles se- des adolescents présents. l’intérêt précoce de ces adolescents
condaires du Québec et de l’Onta- Deux des quatre jeunes auteurs du pour des sujets tels que le racisme,
rio. Les contes sont ensuite soumis spectacle étaient d’ailleurs présents l’homosexualité, la fascination pour
au comité de sélection, formé de lors de la représentation. Deux élè- la drogue et le désir d’être populaire,
professionnels du théâtre. Les jeu- ves de la région, Andréanne Plouffe et ce en dépit de leur jeune âge.
nes auteurs sélectionnés sont par la du Collège St-Joseph ainsi que Fe- Pour chaque conte, un seul comé-
suite invités à participer à un stage lipe Richards de l’école secondaire dien habite la scène, ce qui n’empê-
d’écriture s’échelonnant sur une se- Étienne-Brûlé, ont été applaudis et che pas la mise en scène d’être très
maine. À la fin de ce séjour, quatre invités sur scène aux côtés des co- dynamique. Malgré le fait que certai-
contes sont choisis pour la nouvelle médiens pendant l’ovation. nes histoires ont une fin prévisible,
édition des Zurbains. les textes sont bien écrits et captent
Pas de place pour la censure, tout L’adolescence en cinq contes l’attention de l’auditoire jusqu’à la
Photo Christian Fleury est permis. Les sujets loufoques, le toute fin. Bref, il s’agit d’une soirée
L’adolescence s’exprime à travers Les Zurbains. rire, les mots crus… Les jeunes ont Le spectacle Les Zurbains aborde divertissante qui réveille l’éternel
Charel Traversy nier. Le spectacle Les Zurbains 2009 ainsi l’opportunité de s’exprimer. En avec humour les grands thèmes adolescent en nous.
regroupe cinq contes contemporains fait, ce projet ne met pas l’accent sur de l’adolescence. Tout y passe : les Pour les intéressés, la troupe

P
our la toute première fois en 12 écrits par de jeunes auteurs et l’auteu- le côté pédagogique de l’écriture, mais peurs, les angoisses, les inquiétudes Les Zurbains sera de passage à
ans d’existence, le projet Les re professionnelle Isabelle Hubert. plutôt sur l’aspect créatif de cet art. et les nombreux questionnements au Montréal, au Théâtre Denise-Pel-
Zurbains a brûlé les planches sujet de l’existence. De plus, la thé- letier, du 5 au 14 mai 2010. Pour
du Théâtre français du Centre natio- Les bienfaits de l’écriture Un public charmé matique des relations – celle d’un en connaître davantage sur la pro-
nal des Arts. Cette première édition frère et d’une sœur, d’un parent et grammation 2009-2010 du Théâtre
dans la région de la capitale nationale Depuis les débuts de ce projet, le L’excellent jeu des cinq comé- d’un adolescent, l’amitié ou encore français, se référer au site internet
a été présentée le 28 novembre der- Théâtre Le Clou signe la production diens et la mise en scène de Moni- une première relation amoureuse – du CNA (www.nac-cna.ca).

ORCHESTRE DE L’UNIVERSITÉ D’OTTAWA

Des étudiants aux talents musicaux


Lisa Pitre lévisés de Bugs Bunny, Woody Woo- années. En 1992, Currie est devenu
dpecker et bien d’autres. directeur musical de l’Orchestre
L’Orchestre de l’Université d’Ot- La deuxième pièce était la Sym- symphonique d’Ottawa. Il enseigne
tawa a fait son apparition au Cen- phonie no. 6 en fa majeur, opus 68 à l’École de musique depuis 1976,
tre Saint-Brigid pour les arts et les («Pastorale») de Ludwig van Beetho- où il dirige en outre l’Orchestre de
lettres le vendredi 27 novembre. ven. Alors que la plupart des sym- l’Université d’Ottawa, ce qui en fait
Ce spectacle mettait en vedette les phonies classiques de cette époque un chef d’orchestre de grande im-
œuvres de Rossini et de Beethoven, consistaient en quatre mouvements, portance ici à l’Université. Ses mou-
mais, surtout, les talents musicaux celle-ci en avait cinq. En effet, c’est vements sont effectués avec préci-
des étudiants de l’École de musique
de l’Université d’Ottawa. Sous la
direction du chef d’orchestre David
Currie, le spectacle a connu un véri-
Au quatrième mouvement, l’intensité de la pièce
table succès.
Katie Stevens, premier violon de
est à son point culminant.
l’ensemble, était la médiatrice entre
le chef et les musiciens. Elle préparait la seule pièce où Beethoven a voulu sion, ce qui indique aux musiciens
l’Orchestre à jouer tout en accordant décrire les différents mouvements et ce qu’ils pourraient faire afin d’amé-
chaque section avec le hautbois. Par leur titre. Au quatrième mouvement, liorer la qualité de la pièce.
la suite, le chef d’orchestre a fait son l’intensité de la pièce est à son point
entrée et a été accueilli par une vague culminant. Le titre de « Tonnerre- Une soirée qui termine bien
d’applaudissements de la foule. Orage » fait référence aux trombo- la session
nes et aux timbales, qui rendent ce
Les œuvres tonnerre menaçant pour créer une Le travail des étudiants a été bien
atmosphère de crainte et d’agita- réussi. Ils ont pu interpréter les
La soirée a débuté avec l’ouverture tion. C’est une œuvre bien aimée deux œuvres tout en tenant compte
du Barbier de Séville de Gioacchino et connue dans laquelle Beethoven de deux aspects pertinents à toute
Rossini. Ce dernier est un composi- démontre sa grande passion et son pièce de musique : le tempo et le
teur italien connu pour ses opéras. amour de la musique. rythme. Les solistes ont su se dé-
Cette composition est l’une de ses marquer du reste de l’orchestre. Ces
plus célèbres, basée sur la première David Currie musiciens pratiquent pendant de
d’une série de trois pièces de Beau- longues heures et les pièces choisies
marchais, la deuxième étant Le ma- Ce chef d’orchestre a débuté sa étaient de grande difficulté. Leurs
riage de Figaro. Plusieurs en recon- carrière comme contrebassiste. Il prochains spectacles feront sûre-
Photo Mathieu Langlois naîtraient sûrement les airs, souvent a joué dans l’Orchestre du Centre ment une sortie agréable pour les
Du Rossini et du Beethoven au menu au Centre Saint-Brigid. présents dans les dessins animés té- national des Arts pendant plusieurs gens qui s’intéressent à la musique.

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Arts et Culture le 30 novembre 2009

CAMPUS THÉÂTRE
Dans l’arène, avec un iPod pour se défendre L’illusion comique :
le théâtre au cœur
du théâtre
Marie Suzor-Morin que Clindor est en fait acteur dans
une troupe de théâtre! C’est par
Certains dramaturges réussissent une simple mise en abyme – soit du
à marquer le théâtre de leur em- théâtre dans du théâtre – exécutée
preinte à un point tel que 400 ans avec une grande finesse que Cor-
plus tard, la représentation de leurs neille a su faire basculer la vérité
œuvres fait toujours salle comble. tangible dans l’illusion. Ces péripé-
C’est le cas de Pierre Corneille, dont ties, qui ne semblent être que pur
la sixième représentation de la pièce divertissement, deviennent alors
L’illusion comique, au théâtre de la une apologie du théâtre.
Nouvelle Scène, s’est encore dérou- Pour créer cet effet de voyage
lée devant une salle pleine à craquer. dans le temps, la scène a été divisée
Cette pièce mise en scène par Domi- en deux par un rideau translucide.
nique Lafon, professeure titulaire et Lorsque Pridamant vient s’entrete-
directrice du département de Fran- nir avec le magicien Alcandre dans
çais de l’Université d’Ottawa, a été sa grotte, les deux personnages se
présentée du 18 au 28 novembre. retrouvent à l’avant du rideau, dans
La pièce débute avec Pridamant un éclairage plutôt obscur où règne
qui, peiné de ne pas avoir vu son fils une atmosphère lugubre. Pour faire
depuis plus de dix ans, fait part de place au théâtre de Clindor, le rideau
ses inquiétudes à son ami Dorante, s’ouvre, une fumée vient voiler le pré-
qui le mène chez un magicien. À ce sent pour transporter les spectateurs
moment, Pridamant, ainsi que le dans un voyage auquel assiste éga-
public, devient spectateur de dix an- lement Pridamant, confortablement
nées tumultueuses de la vie de son installé dans une chaise à l’avant de
fils Clindor. En assistant à ce dérou- la scène. Derrière le rideau, quelques
lement de la vie de son fils, Prida- hauts panneaux occupent la scène.
mant et le public apprennent qu’il La simplicité du décor, la musique
est devenu serviteur du capitaine de clavecin redondante ainsi que
Photo Jessica Rose Matamore, personnage tremblant les froufrous bleus, roses, jaunes et
La foule déchaînée encourage son équipe favorite. sous une fausse arrogance, ainsi rouges des robes d’Isabelle et de Lise
que l’amant d’Isabelle. Il ne réus- sont excusés quand on apprend la
Alex Sabourin don à la collecte de fonds « Movem- dans l’arène. La relation avec la fou-
sit à s’enfuir avec la belle et jeune mise en abyme. Tout cela contribue
ber », chaque équipe participant à la le, c’est le pivot de la soirée, car c’est
Isabelle qu’après s’être débarrassé avec ironie à l’extravagance de la
Un ring, huit équipes, quatre rounds compétition portait la moustache et elle qu’il faut séduire.
du capitaine Matamore et d’Adas- « vie » de Clindor.
et une panoplie de iPods et de iPho- avait un nom lié à cette thématique.
tre, tous deux également amoureux C’est donc à mi-chemin entre la
nes, tous au service d’une bonne L’idée derrière « Movember » est Un combat féroce
d’elle. Bien que cette histoire se dé- comédie et la tragédie que les inter-
cause : voilà les éléments de la ba- tout d’abord de remettre la mousta-
roule dans un registre comique, une prètes ont récité leurs vers. La pièce
taille iPod pour l’initiative « Mo- che au goût du jour, mais aussi de Lors de la demi-finale entre les
fin tragique attend Clindor et son étant d’une durée de deux heures
vember » de l’Association étudiante mettre ce look au service de la re- Canadian Tires et Uno, Dos, Mos,
amante Rosine, qui sont assassinés sans entracte, les huit comédiens
de la faculté des Arts, qui a eu lieu cherche sur le cancer de la prostate. la foule a hué le résultat favorable
sous les yeux d’Isabelle. ont néanmoins livré une perfor-
jeudi dernier au bar étudiant 1848. Pendant que certains se déchaî- en faveur de cette dernière et a ré-
Mais où est-elle, « l’illusion co- mance hautement dynamique et ont
Pour les néophytes, on s’explique naient violemment devant l’arène, clamé un second match entre les
mique »? Cette fin tragique sème su capter l’attention du public en le
rapidement. Deux équipes s’affron- d’autres observaient le tout de loin, deux équipes. Malgré les appels du
la confusion chez le spectateur… faisant à la fois rire et réfléchir.
tent dans une arène avec les chansons un sourire narquois aux lèvres. Les public, les Canadian Tire ont dû se
jusqu’au moment où on apprend
de leur iPod comme armes et le pu- styles vestimentaires étaient appro- résigner à leur sort. « On s’est fait
blic comme juge. Toute équipe doit priés pour la soirée : jeunes filles voler! » s’est exclamé l’un des mem-
se présenter avec son propre iPod aux leggings pourpres, lunettes sty- bres de l’équipe en se dirigeant vers
et, bien sûr, une liste de lecture soi- le Kanye West, t-shirts barbouillés la sortie. Telle est la nature de la
gneusement préselectionnée. Chaque à la main, etc. Les déguisements et bataille iPod : le gagnant savoure
équipe a une minu- la victoire et le per-
te 30 secondes pour dant s’efface dans
déclencher un as- La soirée fut un succès : les enrobages musicaux aux l’obscurité.
saut ou répondre à Lors du duel
l’offensive musicale ingrédients rock, électro et hip-hop s’amalgamaient final, lequel a
de l’autre équipe. Il été chaudement
y a cinq chansons judicieusement par moments. contesté, Uno, Dos,
par équipe, donc Mos s’est inclinée
dix chansons par round. À la fin de l’énergie des participants valaient le face à Mo’ money, Mo’ staches, qui
chaque round, une équipe est élimi- détour. Les filles de Uno, Dos, Mos ont tout simplement enchaîné les
née par le public, et ainsi de suite, brandissaient leurs maracas vigou- hits saveur « gomme balloune » les
jusqu’aux demi-finales et à la finale. reusement tandis que les gars des uns après les autres. Miley Cyrus,
On essaie d’écraser l’adversaire en Canadian Tires avaient découpé des Nelly (le rappeur) et les Vengaboys
gagnant l’admiration de la foule, qui, trous pour leur tête sur d’immenses étaient tous au rendez-vous.
elle, crie après chaque round pour billets d’argent Canadian Tire. Par Tout comme le chaud succès du
que l’équipe de son choix enregistre moments, ces derniers lançaient combat de l’an passé, la compétition
la plus haute marque possible sur des billets d’argent Canadian Tire était des plus féroces et toutes les
le sonomètre. Surtout, il ne faut pas dans la foule pour se gagner des équipes ont quand même su plaire
oublier d’ajouter à cette équation la partisans. au public, qui pouvait se délecter de
boisson, les déguisements farfelus et La soirée fut un succès : les en- la qualité indéniable des répliques
une ambiance absolument survoltée, robages musicaux aux ingrédients musicales. Les participants connais-
pour ne pas dire démentielle. rock, électro et hip-hop s’amalga- saient manifestement les fins fonds
maient judicieusement par mo- lugubres de leur iPod. Toutefois, le
Une soirée endiablée ments. Contrairement à certains grand gagnant de cette soirée reste
spectacles, la participation du pu- celui qui participe au délire du spec-
Photo Mathieu Girard
Puisque le coût d’entrée servait de blic est intrinsèque à ce qui se passe tacle : le spectateur. Clindor et son amante.

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le 30 novembre 2009 Arts et Culture

Soirée instrumentale avec Torngat


MUSIQUE

Julie-Anne Lapointe différent à la prestation. Assis aux


nombreuses tables rondes, les-
Le groupe Torngat, formé de trois quelles donnaient une atmosphère
musiciens originaires de la région, semblable à celui que l’on retrouve
est monté sur la scène de la cha- dans un cabaret, plusieurs ho-
leureuse Quatrième Salle du Centre chaient la tête et tapaient du pied
national des Arts, le vendredi 27 no- au rythme de la musique. Certains
vembre dernier. Le spectacle s’ins- se sont d’ailleurs levés pour danser
crivait dans le cadre de la deuxième subtilement au fond de la salle. Les
soirée des Vendredis de la chanson regards étaient fixés sur la scène,
pour l’année 2009-2010. attentifs à tous les mouvements du
Contrairement au thème de ce groupe.
genre de soirée, qui vise à faire dé- Car en plus de jouer une musique
couvrir la chanson francophone, agréable à l’oreille, le trio de musi-
Torngat a interprété sur scène un ciens offrait une excellente presta-
style musical bien à lui, aux pièces tion visuelle. Le spectateur pouvait
dépourvues de texte. Les specta- s’amuser à les regarder jouer cha-
teurs ont pu profiter d’un éventail cun de plusieurs instruments à la
de pièces instrumentales s’éloi- fois. Même s’ils étaient les trois as-
gnant du style classique et se rap- sis en interprétant les pièces, le tout
portant davantage à ce qu’on quali- s’éloignait d’un contenu visuel fade
fie de « pop de chambre ». et statique. L’énergie et la présence
D’une durée de deux heures, le sur scène de Torngat illustraient
spectacle comportait deux parties. la passion du groupe et la bonne
La première moitié de la soirée était chimie entre ses membres. Pour
consacrée à un mélange des pièces agrémenter le tout, le jeu de lumiè-
des albums La Rouge et You Could re ajoutait une certaine intensité au
Be. Après l’entracte, les spectateurs spectacle en variant en fonction de
ont eu droit à l’interprétation de La Photo Pascale Boislard la vitesse et de l’intensité des pas-
Torngat: des musiciens multi-instrumentistes et multi-styles.
petite Nicole, le dernier album de sages instrumentaux.
Torngat lancé en mars dernier. gat est la capacité qu’ont les trois compositeur Yann Tiersen, connu le cor français qui ressortait sou- Une longue pièce d’une dizaine
membres, Pietro Amato, Mathieu pour sa trame sonore du film Le vent de celles-ci, accompagné des de minutes devait conclure la pres-
Un trio de Charbonneau et Julien Poissant, de fabuleux destin d’Amélie Poulain. divers airs joués au clavier imitant tation de Torngat. Le public, toute-
« multi-instrumentistes » jouer de plusieurs instruments et Se sont ensuite ajoutés le rythme une panoplie d’instruments. La fois, en voulait davantage. Au son
ainsi d’avoir le privilège de se dire des percussions et les airs mé- musique du trio réussissait alors à des multiples applaudissements, les
En fermant les yeux et se lais- « multi-instrumentistes ». Pour lodieux du cor français. Les airs faire naître bien des émotions chez membres du groupe sont remontés
sant guider au son de la musique, des pièces jouées principalement joués étaient souvent un mélange le spectateur et à le plonger dans sur scène, le temps d’une dernière
on n’aurait pas cru que seuls trois avec le clavier, les percussions et de progressif, de jazz, d’alternatif un univers envoûtant. interprétation. Plusieurs specta-
musiciens se trouvaient sur scène. le cor français, le résultat était plus et même de musique expérimen- teurs sont demeurés dans la salle
La variété de sons et mélodies était qu’impressionnant. tale. Les pièces rythmées, guidées Une ambiance dynamique même après la fin du spectacle, en
remarquable pour un simple trio. Les premières notes jouées au par la puissance des percussions, savourant encore les dernières no-
En fait, la particularité de Torn- clavier rappelaient les mélodies du étaient nombreuses. C’est pourtant Le public n’est pas demeuré in- tes d’une prestation réussie.

CNA

Danser pour combattre les préjugés été présenté devant une salle de cu-
rieux venus découvrir la danse sous
un angle différent. La présentation
par son contenu cru et ses sujets ta-
bous. To Be Straight with You vaut
la peine d’être vu puisque c’est un
Nedggy Mauricin Du théâtre dansé était impeccable et bien exécutée. a été bien appréciée du public et spectacle qui parvient à soulever des
L’exactitude et la précision des mou- en a surpris plusieurs, notamment questions, faire rire et divertir.
Le Centre national des Arts d’Ot- Les thèmes de ce spectacle sont vements nous aidaient à mieux saisir
tawa a présenté en première cana- controversés, mais valent la pei- les significations des monologues
dienne un spectacle de danse inti- ne d’être discutés. Il est question des artistes. Il y a avait également
tulé To Be Straight with You de la d’orientation sexuelle, de religion une originalité dans les mouve-
célèbre troupe de danse DV8 Physi- et de la vision de certains pays par ments, car on pouvait entendre de la
cal Theatre. Le spectacle était pré- rapport à ces sujets. Les huit artis- musique dancehall qui est un type de
senté au CNA les 26 et 27 novembre tes et danseurs de ce spectacle ont musique originaire du pays de Bob
derniers. bien interprété leur rôle. Ils démon- Marley, la Jamaïque. La musique et
DV8 Physical Theatre est une traient avec émotion et passion leur la danse ont apporté au public une
troupe de danse originaire de Lon- intérêt à faire comprendre au public compréhension approfondie de ces
dres. To Be Straight with You, leur les réalités de l’homosexualité. sujets tabous. De plus, la scène et
nouveau spectacle, a été produit et La danse et la musique étaient le décor étaient minimes, mais bien
mis en scène par un des pionniers des éléments importants du specta- utilisés grâce aux effets techniques
du DV8 Physical Theatre : Lloyd cle. Les danseurs ont, à un certain où l’on pouvait voir, par exemple,
Newson. La troupe s’est arrêtée moment, joué le rôle de jeunes de les paroles de la chanson “Boom Bye
dans quelques villes en Europe la communauté jamaïcaine afin d’il- Bye,” du chanteur de dancehall Buju
et aux États-Unis avant d’arriver lustrer la vision de ceux-ci et d’ex- Banton, défiler sur un écran.
dans la région de la Capitale pour pliquer ce qu’ils vivaient. To Be Straight with You est un
présenter au public un spectacle de Les accents des personnages don- spectacle de danse qui soulève énor-
danse haut en couleur. Ce specta- naient une touche réaliste, car on mément de questions et qui a sû-
cle est basé sur 85 entrevues avec pouvait imaginer ce que les indivi- rement choqué et offensé quelques
des personnes homosexuelles du dus concernés vivaient chaque jour. personnes. Cependant, cette pièce
Royaume-Uni. Certains sont reli- Il y avait d’ailleurs des moments as- est un moyen utilisé par l’auteur
gieux, tandis que d’autres ont dé- sez émouvants. Les histoires étaient afin de faire comprendre au public
laissé leur religion par peur de se touchantes et nous rappelaient que le côté sombre de ce que peuvent
faire ridiculiser ou menacer. En la discrimination à l’égard des ho- vivre les personnes homosexuelles.
outre, cette œuvre démontre quel- mosexuels est encore omniprésente Tout ceci mène à un respect des opi-
quefois des individus opposés à aujourd’hui. nions et des convictions.
l’homosexualité en raison de leurs La danse contemporaine et mo- Ce mélange de danse, de théâtre, Photo Matt Netthelm
convictions religieuses. derne, avec une touche de ballet, de musique et d’effets spéciaux a To Be Straight withYou: un mélange de danse et de théâtre sur le thème de l’homosexualité.

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Arts et Culture le 30 novembre 2009

Le coin du glouton
Calendrier culturel du 23 nov. au 6 déc.
ARTS VISUELS
Eric Ricou
Ludwig Ciupka présente : Fleshlight

Un exemple à suivre
Quand? Du 4 au 30 décembre
Où? Galerie La Petite Mort, 306, rue Cumberland, Ottawa
Vernissage : Le 4 décembre à 19 h

Joel Conroy
Quand? Jusqu’au 20 décembre
Où? Galerie Wurm, 319, rue Lisgar, Ottawa

DANSE
Royal Winnipeg Ballet présente Casse-Noisette
Quand? Du 2 au 6 décembre
Où? Centre national des Arts, 53, rue Elgin, Ottawa
Heures des représentations : http://www.nac-cna.ca/fr/dance/

MUSIQUE
Dawn Tyler Watson et Paul Deslauriers
Quand? Le 4 décembre à 20 h
Le magazine enRoute d’Air Canada (l’équivalent ap- sauce faite à partir du jus d’un rôti de canard et, parce Où? Cabaret La Basoche, 120, rue Principale, Gatineau (secteur Aylmer)
proximatif du guide Michelin du Canada) a récemment que ce n’était pas déjà assez riche, du confit de canard
inclus le restaurant Murray Street (110, rue Murray) mariposa effiloché. S’éloignant de l’authenticité, leur THÉÂTRE
dans sa liste des dix meilleurs nouveaux restos du Ca- version de la poutine demeure néanmoins un riche et Fragments de mensonges inutiles
nada, excuse que j’ai utilisée pour retourner à l’une des succulent hommage. Quand? Les 4 et 5 décembre à 20 h
destinations gourmandes éminentes de la ville. Sou- Au dîner, un cassoulet (16 $) est offert, poursuivant Où? Maison de la culture de Gatineau, 855, boulevard de la Gappe, Gatineau
vent comparé à l’institution montréalaise Au Pied de cette même tendance de mets classiques légèrement
cochon à cause de l’aspect champêtre et parfois carni- dénaturés. Servi dans une petite casserole de fonte, ce Limbes de William Butler Yeats, adaptation de Christian Lapointe
vore de sa cuisine, Murray Street s’en démarque, selon traditionnel mélange de haricots secs et de viandes se
Quand? Du 2 au 5 décembre à 20 h
moi, et crée une expérience unique. Soyez avertis, ce voit complémenté, encore une fois, de confit de canard,
Où? Centre national des Arts, 53, rue Elgin, Ottawa
sera une critique positive. mais aussi de saucisse maison. Les haricots se montrent
Franchissant la porte de cette maison de briques bien caramélisés dans leur sauce au bord du plat, mais
brunes typiquement ottavienne, on entre dans une deviennent un peu secs au centre. On pallie assez faci- Chitrangada, l’amour sans armure
salle à manger qui convient parfaitement au restau- lement cette affaire en incluant un morceau de canard, Quand? Le 5 décembre à 19 h 30
rant. Sobrement élégant, on ne s’y sent pas du tout salé, croustillant, juteux, ou de saucisse, fumée et forte- Où? Salle Jean-Despréz, 25, rue Laurier, Gatineau (secteur Hull)
intimidé. Il y a beaucoup de bois, de cuir, de lignes ment assaisonnée. Une façon très efficace, et aussi plu-
modernes, mais avec un subtil charme rustique. Cette tôt délectable, de s’acquitter de ses deux à trois portions SUR LE CAMPUS
dualité entre moderne et ancien est un thème qui se de viande et légumineuses quotidiennes. Cinéclub francophone : Tinamer
perpétue dans la cuisine aussi. Un French dip typique est un sandwich sur baguette Quand? Le 1er décembre à 19 h
Incontournables ici sont les menus de charcuteries fourré de rosbif et servi avec son jus, pour tremper
Où? Centre universitaire, Auditorium des anciens
et de fromages. La liste varie d’une semaine à l’autre, bien sûr. À sa place, Murray Street propose un elk dip
se composant surtout de produits locaux, inusités, (13 $), utilisant du rôti de wapiti. Entre deux tranches
délicieux. De l’autruche fumée, un cheddar âgé de de pain de la boulangerie Art-is-in, la viande est, oui,
Pièce de théâtre Les amis présentée par le département de Théâtre
sept ans, des rillettes d’agneau frites… ce sont tous de un peu sèche, si on ne baigne pas sa bouchée dans le Quand? Du 1er au 5 décembre à 20 h
véritables plaisirs du terroir, démontrant le talent des jus au goût intense et ravissant. Des rondelles d’oignon Où? Salle académique, 133, rue Séraphin-Marion
artisans gastronomiques du Québec et de l’Ontario. rouge accompagnent le tout, croustillantes, assaison-
Avec un verre de vin ou une bière, on peut facilement nées et irrésistibles, bien que certains les trouvent trop Cabaret francophile : David Jalbert
s’en faire un repas. huileuses. Terminez votre repas avec une assiette de Quand? Le 3 décembre à 21 h
Le menu du souper se divise en petites et grandes petits gâteaux (6 $) qui alternent hebdomadairement, Où? Bar 1848
assiettes, équivalentes en grandeur à des entrées et toujours originaux et séduisants.
des plats principaux. Ce menu change presque com- Après de nombreux repas qui figurent parmi les DIVERS
plètement au dîner, et se limite aux grandes assiettes. meilleurs que j’ai eu la chance de vivre, je ne peux Des mariages dépareillés, par le conteur Jacques Falquet
Un plat qui souligne bien la tendance de la cuisine à qu’encourager avec ferveur la fréquentation de cet éta- Quand? Le 1er décembre à 19 h 30
réinterpréter le familier est la poutine (10 $). Subs- blissement. Dirigé par une équipe innovatrice, unique et Où? Bibliothèque de la Maison du Citoyen, salle Mont-Bleu, 25, rue
tituant des Spätzle (pâtes allemandes à base d’œufs) évidemment passionnée de nourriture, le restaurant se Laurier, Gatineau (secteur Hull)
aux frites, avec du fromage de chèvre en grain, de la garantit du succès… et ma présence. Véronique Strasbourg

In abstracto
Julie-Anne Lapointe, Chef de pupitre Arts et culture

Le décompte est (déjà) commencé


Julie-Anne Lapointe Elle ne se fait pas prier, et accélère le pas afin ne en direction de l’affiche rouge, celle qui penser (moi qui suis pourtant grande fan de
de me dépasser. La dizaine de sacs qu’elle avait attiré mon regard. Tout s’explique : en la procrastination) aux albums des Fêtes que
Vingt-cinq novembre. Je me promène tient fermement dans ses poings serrés os- grosses lettres blanches, on y indique « Sol- je pourrais me procurer cette année. Franco-
tranquillement au Centre Rideau en mâ- cillent à gauche et à droite, suivant le rythme des du temps des Fêtes ». phones ou anglophones? Classiques ou popu-
chouillant ma gomme et en respirant l’air de sa course. Bon… ce n’était peut-être pas sa Temps des Fêtes? Un 25 novembre? J’ai laires? Instrumentaux ou… Et re-vlan! Une
sec du centre commercial. Je ne suis pas journée, me dis-je. envie d’éclater de rire. Je réalise au même fille m’écrase le pied en essayant de se faufiler
pressée d’arriver chez moi : une pile de tra- Une grosse affiche rouge, à ma gauche, moment que la musique provenant du ma- plus rapidement que moi au haut de l’escalier
vaux m’attend impatiemment sur le coin attire mon attention. Je m’arrête pour pren- gasin en face de moi est celle de « Mon beau roulant. Bon, assez c’est assez! Il y a une rai-
de ma table de travail. Alors je prends mon dre le temps d’en lire l’inscription. Et vlan! sapin ». Un peu plus loin, on a installé tout son pour laquelle la saison de préparation au
temps. Je marche. Je pense aux livres que Un monsieur au veston brun et à la cravate un décor pour accueillir le père Noël, qui temps des Fêtes ne doit pas commencer aussi
je lirai quand la session sera terminée, aux assortie m’accroche au passage et continue viendra se faire photographier avec les en- tôt que ça. On est le 25 novembre, et c’est déjà
films que j’aimerais voir au cinéma… son chemin sans même s’excuser. Comme le fants. Un homme assis sur un banc sifflote la folie furieuse dans les magasins.
Mes pensées sont interrompues par un son monde est pressé aujourd’hui! En observant en épluchant sa clémentine. Je parie que J’attendrai avant d’aller acheter mes al-
désagréable. Un long soupir bruyant, symbo- les gens autour de moi, je m’aperçois que je c’est l’air de « Vive le vent »! bums, mes films et tous les autres « gugus-
le de l’exaspération de la dame derrière moi. suis la seule à ne pas être en mouvement. Décidément, les gens se préparent de plus ses » des Fêtes. Pour l’instant, j’ai une fin de
M’apercevant soudainement du fait que je Les clients se promènent à toute allure dans en plus tôt à ce temps de l’année dont raffo- session qui m’attend et une pile de travaux à
marche en deçà la limite de vitesse implicite- le centre commercial, les sourcils froncés, lent les commerçants. En réfléchissant au ri- compléter avant de venir me faire bousculer
ment permise dans un lieu public, je me colle transportant une quantité anormalement dicule de cette situation, je laisse mes pensées par des clients stressés à l’idée de compléter
au mur pour laisser passer la dame pressée. élevée de sacs avec eux. Enfin, je me tour- vagabonder. Je me mets inconsciemment à leurs achats de cadeaux à temps.

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Sports
le 30 novembre 2009

Maxime Goulet
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VOLLEY-BALL FÉMININ

Les Marauders s’envolent avec la victoire


Maxime Goulet nes ont même résulté en points. pes. Néanmoins, il manque peut-
Toutefois, dès le début du qua- être un peu d’huile dans l’engre-

A
près un long congé de matchs trième set, la chance a tourné. Rapi- nage : « ous nous sommes battues
à domicile en raison de l’an- dement, McMaster a pris les devants nous-même », commentait Claudia
nulation de ceux contre Lake- 10-3. Puis, 14-4, plus tard, 22-8, et Séguin, joueuse du match, après la
head (cause : neuf joueuses avaient rien ne semblait plus aller pour le douloureuse défaite qu’elle explique
la grippe A), les volleyeuses étaient clan de Lionel Woods, instructeur ainsi : « On a perdu notre focus, [...]
de retour sur le parquet beige et du Double G. Finalement, c’est au on ne peut pas se permettre de faire
grenat du gymnase Montpetit. Pour compte de 25-10 que les Gee-Gees plusieurs fois les mêmes erreurs. »
l’occasion, les Marauders de Mc- ont perdu ce quatrième set. L’his- À regarder les statistiques in-
Master leur rendaient visite. Après toire s’est répétée au cinquième set, dividuelles, on est très loin de la
avoir perdu le premier set (25-19), que les Marauders ont remporté par belle époque Lamey-Simons. Après
le Double G a remporté les deux la marque de 15 à 5. la partie, Krueger Shwanke était la
suivants (25-19 et 25-20) avant de L’entraîneur ottavien ne semblait seule joueuse à occuper une place
s’effondrer et de voir leur adversaire pas très heureux après la défaite : dans le top 20 individuel. La joueu-
s’envoler avec la victoire. « On n’a pas été en mesure de faire se spectaculaire originaire du Brésil
Dès les premiers instants, le les ajustements nécessaires; [les occupe le 11e rang en ce qui a trait
match s’annonçait serré. En effet, Marauders] en ont fait et pas nous. aux coups gagnant (kill) par match
McMaster, première de sa division, » Si on se fie aux deuxième et troi- grâce à une moyenne de 2,79 et le
a rapidement comblé l’écart de trois sième sets, ce n’est pas le manque 20e rang pour ce qui est du nombre
points qui la séparait de ses adver- de talent qui serait la cause de l’ef- de points moyen par match avec une
saires ottaviennes. Pendant le pre- fondrement du Gris et Grenat, mais moyenne de 3,0. Toujours au chapi-
mier set, on sentait McMaster plus plutôt une faiblesse au niveau de tre individuel, Melissa Morelli occu-
forte. À part quelques brillantes at- l’exécution. Avec une fiche de 2 et pe tout de même le quatrième rang
taques de Karina Krueger Schwan- 5, Woods aurait peut-être eu avan- pour le nombre d’as avec 14 depuis
ke, Ottawa a été dominée dans la tage à faire jouer certains vétérans. le début de la saison.
majeure partie du set. Maintenant, les deux prochains Les deux derniers matchs contre
Le Gris et Grenat s’est toutefois matchs contre Lakehead seront Lakehead, jeudi et vendredi pro-
ressaisi au set suivant et semblait d’une importance capitale pour ne chains, sont primordiaux. Premiè-
avoir pris le contrôle du match. pas se voir exclure du peloton qui rement, les Thunderwolves sont
Krueger Schwanke a multiplié les aspire au séries éliminatoires. l’une des deux équipes derrière le
frappes gagnantes pendant que sa Il est à souhaiter que le moral de Double G au classement. Deuxiè-
collègue Claudia Séguin s’occupait l’équipe ne soit pas atteint, tous les mement, en perdant contre elles, la
de relever les attaques des Marau- éléments étant présents pour que les deuxième moitié de la saison serait
ders. Au troisième set, aucun chan- Gee-Gees soient considérées comme beaucoup plus laborieuse pour le Photo Jessica Rose
gement; certaines frasques ottavien- une menace par les meilleures équi- Gris et Grenat. Les volleyeuses d’Ottawa n’ont pas su s’imposer face aux Marauders.

HOCKEY FÉMININ

Le plaisir des partisans prolongé marque en fin de troisième, mais attendre 17 minutes avant de voir bruyante était venue encourager les
le Gris et Grenat ne s’est pas laissé un autre but. Concordia, qui ne Ottaviennes, ce qui les a peut-être
faire et a finalement inscrit le but voulait pas laisser passer sa chan- motivées à fournir les derniers ef-
de la victoire en prolongation. C’est ce d’obtenir sa deuxième victoire forts nécessaires en prolongation.
la joueuse de cinquième année Cas- de la saison, a réussi à marquer, En effet, des anciennes de l’Uni-
sandra Sparks qui a permis aux le lancer décoché par Émilie Luck versité, Danika Smith et Melissa
siennes de se retirer au vestiaire ayant tout juste trouvé son chemin DiPetta, entraînent aujourd’hui
avec une victoire de 4 à 3 contre le derrière la ligne rouge. Les parti- des équipes de jeunes joueuses qui
clan montréalais. sans présents ont donc dû atten- étaient présentes pour encourager
Le Gris et Grenat a commencé en dre la prolongation pour connaî- le Double G.
force en inscrivant deux buts sans tre le vainqueur. C’est finalement La pause du temps des Fêtes
réplique. Christine Allen, capitaine Cassandra Sparks qui a inscrit le permettra aux athlètes de se res-
d’Ottawa, a inscrit le premier filet filet gagnant pour Ottawa, permet- sourcer et de se préparer à une
des siennes en supériorité numéri- tant ainsi à son équipe de signer deuxième moitié de saison ardue.
que après six minutes 37 secondes en sa deuxième victoire de la saison Ironiquement, malgré sa victoire
première période. Amber Foster, sa contre leur rivales montréalaises. de samedi contre Concordia, Ot-
compatriote, a ensuite compté après tawa est dernière au classement
moins de cinq minutes en deuxième Finir sur une note positive général, résultat du point récolté
Photo Jessica Rose
Victoire en prolongation pour la troupe de Filiatrault. période. Les Stingers n’allaient pas grâce à la défaite en prolongation
se laisser vaincre facilement et ont Miguel Filiatrault, instructeur des Stingers et du fait qu’Ottawa a
Maxime Goulet l’Université Concordia, sa compa- répliqué à deux reprises pour éga- en chef du Gris et Grenat depuis un match d’avance. Cela dit, même
gne de fond de classement. Pour liser le score avec des buts Keely cette année, a confié que c’était si les universités de Montréal et
L’équipe de hockey féminine leur dernière partie avant la pause Covo et Erin Lally. L’attaquante « la meilleure façon de terminer McGill semblent hors d’atteinte,
connaît un début de saison plutôt de Noël, la troupe de Miguel Filia- ottavienne Taryn Brown a toutefois la première moitié de la saison », le Gris et Grenat a le talent néces-
laborieux. Avant-dernière du clas- trault a pris le contrôle du match redonné l’avance à son équipe avant avant d’ajouter que « les filles ont saire pour s’attaquer à l’Université
sement avant la rencontre, les Gee- dès la première période. Leurs la fin de l’engagement. bien transporté la rondelle et ont Carleton. Il s’agit là d’une histoire à
Gees affrontaient samedi dernier adversaires ont réussi à niveler la Dans le dernier vingt, il a fallu bien attaqué le filet ». Une foule suivre après Noël.

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Sports le 30 novembre 2009

RENCONTRE AVEC UN GEE-GEE

La passion comme motivation


Catherine Cimon partie de l’effectif ottavien ne soit
pas aussi assidu qu’il le devrait aux
Athlète originaire de Kapuska- pratiques et cela se répercute négati-
sing, dans le nord-est de l’Onta- vement lors des rencontres, comme
rio, Patrick (Pat de son surnom) on a pu le remarquer depuis le début
Millette sait ce que le mot sacri- de la saison : « À 10 ou 12 gars par
fice veut dire. En effet, le jeune pratique, on aimerait bien s’amélio-
homme qui en est à sa deuxième rer, mais c’est très difficile. »
sélection au sein de l’équipe de Toutefois, Patrick se garde une
hockey des Gee-Gees a quitté sa réserve face au faible taux de pré-
ville natale au cours de sa 12e an- sence de ses coéquipiers aux entraî-
née afin de pouvoir poursuivre sa nements, le phénomène étant dû,
carrière de hockeyeur au sein de selon lui, aux horaires très contrai-
la Ligue de hockey junior du Ca- gnants pour les hockeyeurs. Effec-
nada. Malheureusement pour lui, tivement, leurs pratiques ont lieu
une blessure l’a obligé à reconsi- pendant la semaine et, souvent, en
dérer ses plans de carrière, ce qui même temps que les cours. Selon
l’a amené, l’an passé, à joindre la lui, l’Université d’Ottawa ne cesse de
formation ottavienne. leur répéter que leur préoccupation
numéro un, c’est de réussir leurs
La tête sur les épaules études, mais elle ne fait rien pour
les aider. Il ajoute de plus qu’ils sont
Questionné quant à ses impres- en pourparlers pour faire changer
sions par rapport à la cuisante dé- les choses.
faite du Double G face aux Redmen
de l’Université McGill (par la mar- Continuer à croire
que finale de 15-4) mardi dernier
au Centre sportif, Patrick ne s’est Il est facile de comprendre que
pas voilé la face et est allé droit au la motivation dans la troupe de Photo Jessica Rose
but : « Une défaite comme celle-là, Dave Leger est à son plus bas et Selon Pat Millette, tout n’est pas perdu pour la saison de hockey.
c’est inacceptable. » Ainsi, selon que les jeunes hommes ont de la
ses dires, les Gee-Gees ne sont pas difficulté à trouver des sources trouvé sa motivation l’été dernier pas avoir de regrets. » vra choisir entre le sport qu’il affec-
en très bonne forme. de motivation pour continuer à se alors qu’il remettait en question son tionne et le marché du travail. « J’y
En effet, s’il admet que leurs in- battre sur la glace. retour avec l'équipe Ottawa après À l’heure des choix pense beaucoup présentement. »
succès répétés sont en partie dus au Millette croit néanmoins que une saison 2008-2009 difficile et S’il aimerait éventuellement
fait que l’équipe est présentement l’équipe est capable de se relever et un temps de glace insuffisant par L’an prochain, Millette entamera poursuivre sa carrière en Europe,
en train de se reconstruire, avec de panser ses blessures pour parve- rapport à ses attentes. Pour lui, c’est probablement sa dernière saison Patrick n’a pour l’instant rien déci-
l’arrivée de plus de 14 nouvelles nir aux séries en fin de saison; un clair : le hockey, c’est sa passion, et avec les Gee-Gees puisqu’il termi- dé, une telle décision ne se prenant
recrues cette année sur les bancs but qu’il pense raisonnable et possi- il veut y jouer autant de temps que nera son baccalauréat ès Sciences pas à la légère et méritant d’être ré-
d’entraînements, le véritable pro- ble à atteindre. Il croit en ses capa- possible. « J’ai trop entendu de sociales. Le hockeyeur de 22 ans fléchie. Pour le moment, lui et ses
blème, selon lui, vient du manque cité de faire face à l’adversité et de gens qui regrettaient de ne pas avoir avoue qu’il a quelques doutes face à coéquipiers auront besoin de tout le
de mobilisation des joueurs. faire un retour convaincant. continué à jouer et c’est ce qui m’a son avenir, qui est pour l’instant in- soutien que leurs fans peuvent leur
De fait, il semble qu’une certaine Pour sa part, le hockeyeur a fait revenir cette année; je ne veux certain. Ce qui est sûr, c’est qu’il de- donner pour les matchs à venir.

HOCKEY MASCULIN

Le cauchemar se poursuit
buts et trois passes, et Alexandre avaient déjà pris les devants 4 à 0.
Picard-Hooper, avec un but et cinq Les Gee-Gees ont été secoués par ce
mentions d’aide. À eux deux, ils ont quatrième but en première période
totalisé 13 points. McGill a du même et se sont ressaisis afin de ne pas su-
Sinisa Sindik, Vincent Duquette rien n’a fonctionné du côté des Gee- ley Whitlock, c’est le jeune Jordan coup remporté sa neuvième victoire bir le même sort qu’à leur dernière
et Maxime Goulet Gees : « C’est une défaite très humi- Martin qui voyait de l’action pour de la saison, tandis que les Gee-Gees partie. Matthieu Methot, capitaine
liante pour nous tous », admettait la première fois au niveau univer- subissaient leur neuvième défaite. du Gris et Grenat, a pris les choses
Pour terminer leur périple de trois Dave Leger après ce match. sitaire. Cela a semblé porter chance « J’aimerais faire une pause et main et en inscrivant un but avant
matchs en cinq soirs, les hommes Un des seuls points positifs du aux joueurs locaux, car Smyth, avec oublier ce qui vient de se passer. la fin de la première.
de Dave Leger (4-9-1) recevaient côté du Gris et Grenat s’est dé- son deuxième but du match, venait Oui, les pénalités nous ont en- La troupe de Leger a ensuite ba-
la visite des puissants Redmen de roulé en première période quand de redonner une mince lueur d’es- core fait mal, mais je crois que les taillé fort pour finalement égaliser 5
il a ouvert la marque grâce à Sean poir à ses coéquipiers. Cependant, arbitres n’ont pas connu un fort à 5 grâce à des buts de Corey Thi-
match », déplorait l’entraîneur-chef baudeau, Taurean White et Mat-
« J’aimerais faire une pause Smyth. Cependant, 30 secondes
plus tard, les Gee-Gees ont écopé
encore une fois, les Gee-Gees ont
donné la possibilité à McGill d’im- à la suite de cette défaite. « Pour ce tieu Germain, ainsi que le premier
qui est de Jordan Martin, il a, dans des deux filets de Simren Sandhu.
et oublier ce qui vient de d’une punition et McGill en a profité
pour égaliser le pointage. Dès lors,
poser le rythme en prenant sept pu-
nitions en deuxième période, pour les circonstances, tout de même Cependant, les Gaels n’avaient pas
connu une bonne performance », l’intention d’échapper une partie
se passer. Oui, les pénalités Ottawa n’a plus jamais été dans le
coup. L’attaquant Francis Verreault-
un total de 15 dans tout le match.
Les hommes en rouge ont fini l’en- a-t-il tout de même souligné. si facilement et ont répliqué par
trois buts à la remontée ottavienne.
nous ont encore fait mal, Paul, de McGill, a même réussi une
chose inusitée au hockey : un tour
gagement avec une avance de 9-3.
C’est le capitaine Matthieu Methot Après l’humiliation, la défaite Sandhu a inscrit le dernier filet des
Ottaviens à deux minutes 58 secon-
mais je crois que les du chapeau naturel (trois buts en
une seule période). En effet, tout
qui a été l’auteur du troisième but
du Gris et Grenat. Vendredi dernier, les hommes de des de la troisième période.
Dave Leger, entraîneur du Gris et
arbitres n’ont pas connu un au long de la rencontre, ce dernier
et son coéquipier Alexandre Picard-
Au troisième vingt, l’histoire s’est
poursuivie, puisque McGill a conti- Grenat, rendaient visite à l’Univer- Encore deux avant la pause
sité Queen’s. Il s’agissait d’une belle
fort match. » Hooper ont fait mal aux Gee-Gees.
La première période s’est soldée au
nué sa domination aux dépens des
pauvres Gee-Gees, qui avaient hâte occasion de faire oublier la piètre Les dernières joutes du Gris et
- Dave Leger compte de 4-1 en faveur de McGill.
Les Redmen ont repris là où ils
de terminer ce calvaire. Malheu-
reusement pour eux, les Redmen
performance de mardi dernier et de
mettre un terme à leur séquence de
Grenat avant le congé des Fêtes
auront lieu contre des équipes en
s’étaient arrêtés en fin de première n’avaient pas l’intention de stopper trois revers. Au grand désarroi des fond de classement. Dans un pre-
McGill (9-1), classés cinquièmes au période, marquant deux buts rapi- la machine. En effet, McGill a ajouté fans ottaviens, le Double G a finale- mier temps, ils affronteront Concor-
pays. Le Double G devra essayer des au début de la deuxième pour six buts en troisième période, tandis ment perdu par le compte de 8 à 6. dia, la seule équipe de leur division
d’oublier ce désastre subi devant ses porter le pointage à 6-1. Puis, Dave que Bryan Nadeau a inscrit le seul Le résultat aurait pu être tout à avoir cumulé plus de défaites
partisans. En effet, McGill a infligé Leger a tenté de secouer sa troupe filet pour les siens. Un massacre autre si ce n’eût été des 18 premiè- qu’eux, et l’Université Queen’s, qui
aux Ottaviens une pénible défaite de en effectuant un changement de dont les principaux acteurs ont été res minutes. En effet, après 18 mi- présente elle aussi une fiche infé-
15-4. Pendant ce match, absolument gardien. En remplacement de Ri- Francis Verreault-Paul, avec quatre nutes 24 secondes de jeu, les Gaels rieure à 500.

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le 30 novembre 2009 Sports

Victoires sur fond gris


ATHLÉTISME

Catherine Cimon Ensuite, au 60 mètres sprint, le saut de 6,61 mètres, ce qui le clas- la plus « encouragée » de la com- de prédilection, celle dans laquel-
Gris et Grenat a dû faire face à un se d’office pour les championnats pétition. le ils vont dorénavant concentrer
Vendredi après-midi se tenait la adversaire bien connu puisque la fi- du SUO. Son collègue Olivier Gau- Au 60 mètres haies, Haley War- leurs efforts.
première compétition d’athlétis- nale, à l’exception d’un seul coureur thier-Kwan a lui aussi atteint les ren de Queen’s a devancé de jus- Bruno-Charles Busseau fait
me de la saison pour les Gee-Gees, des Redmen de McGill, était entiè- standards SIC avec un saut de 6,12 tesse Johanna Dobransky et Tay- partie de ceux-là : il a offert une
qui accueillaient les universités rement composée de Gee-Gees. Le mètres. Au poids, c’est Patrick Ar- lor Whitley du Double G dans une belle performance tout au long de
Queen’s et McGill. L’événement, premier à passer le fil d’arrivée a bour qui a obtenu son billet pour course serrée. Au 60 mètres sprint, la journée, tout comme Marie-Ève
qui prenait place au Dôme Louis- été l’étonnant Masso Sissoko qui, les SUO avec un lancer de 13,36 les Gee-Gees ont toutefois dû se Gauthier, sa coéquipière. Ancien-
Riel, représentait l’occasion, pour avec un chrono de référence de mètres. contenter d’une participation en fi- ne joueuse de soccer pour Ottawa,
les athlètes des trois institutions 6,97 secondes, dépasse de plus de nale grâce à Marina Yacob et Sarah l’athlète s’est recyclée cette an-
présentes, d’inscrire leur premier 10 centièmes de seconde ses plus Un moteur moins bien rodé Ducasse. née : « L’ambiance est très agréa-
temps de référence au tableau et proches rivaux de la compétition : ble en athlétisme, les athlètes se
de prendre le pouls de leurs adver- Oluwasegun Makinde et son coé- Chez les femmes, l’après-midi a été Faire ses preuves respectent beaucoup. » Gauthier
saires. quipier Tony Risling. plus tranquille que chez leurs homo- a accédé à la finale du 60 mètres
Christopher Greenaway, qui a logues masculins, sans pour autant La compétition de vendredi sprint à sa première compétition
Message reçu bien fait au 60 mètres sprint en se dérouler sans coups d’éclats. était une occasion en or pour les d’athlétisme à vie. Elle se disait
terminant quatrième, a plutôt im- De fait, Tiffany Locke a réussi nouvelles recrues du Gris et Gre- heureuse de ses résultats et sem-
Le Double G s’amène confiant blait contente de son expérience :
cette saison après une année cou- « Tu ne veux pas battre l’autre, tu
ronnée de succès. L’entraîneur « Tu ne veux pas battre l’autre, tu veux te battre toi-même. [...] En fait, veux te battre toi-même. [...] En
Andy McInnis, qui a mené plus de fait, tout le monde veut le meilleur
cinq équipes aux Jeux olympiques,
affirme quant à lui que son équipe
tout le monde veut le meilleur de tout le monde! » de tout le monde! » commentait-
elle après sa performance.
est à surveiller, que ses effectifs
sont en forme et pleins de poten-
- Marie-Ève Gauthier Finalement, l’équipe d’athlé-
tisme compte cette année dans ses
tiel. rangs une ex-gymnaste olympique,
Si l’on se fie aux résultats de ven- pressionné dans la fosse à sable un doublé au 1 500 mètres avec un nat de montrer leur savoir-faire Mélanie Banville, qui, devenue un
dredi, on a bien envie de le croire. à son épreuve fétiche : le saut en temps de 4:46,26, ce qui la quali- sur la pelouse et sur la piste. Ain- peu trop « vieille » pour sa disci-
En effet, les Gee-Gees ont brillé longueur. En effet, le jeune hom- fie pour les standards SIC. Cette si, plusieurs « nouveaux » en ont pline, s’est trouvé une nouvelle vo-
dans la plupart des épreuves, tant me a enregistré un meilleur de course a aussi probablement été profité pour trouver leur épreuve cation au saut à la perche.
sur la piste qu’aux champs. Un
nombre impressionnant d’athlè-
tes ottaviens, 22 exactement, ont
même réussi à se classer pour les
championnats du Sport universi-
taire de l’Ontario (SUO) en réa-
lisant leurs standards des Sports
interuniversitaires canadiens (SIC)
comme premier temps de référence
de la saison, tout un exploit.
Fait étonnant, l’ambiance par-
tisane qui accompagne généra-
lement les compétitions d’athlé-
tisme ne semblait pas être de la
partie au Dôme Louis-Riel. En
effet, chacun faisait sa course, son
saut ou son lancer sans donner
guère plus que de maigres encou-
ragements à ses coéquipiers. Bref,
les compétiteurs ne semblaient
pas stressés outre mesure, ce qui
a peut-être été un facteur positif
pour plusieurs dans l’atteinte de
leurs standards SIC.

La machine est en marche

Néanmoins, même si les athlè-


tes étaient plutôt décontractés tout
au long de l’après-midi, cela ne les
a pas empêché, tel que mention-
né plus haut, de faire un étalage
convaincant de leur talent.
Premièrement, du côté des hom-
mes, le Gee-Gee Tyler Fawcett s’est
démarqué au 60 mètres haies avec
un temps de 8,41 secondes, ce qui
lui permet d’accéder au champion-
nat du SUO. Juste avant sa course,
l’athlète mentionnait : « Je reviens
d’une blessure. C’est ma première
compétition depuis et je me sens
détendu. Il ne reste qu’à espérer
que le meilleur arrive. » Rappe-
lons que Fawcett est une des têtes
d’affiche de l’équipe, cette année,
après qu’il a remporté une médaille
d’argent aux championnats du SUO Photos Mathieu Langlois
l’an dernier. Les performances réalisées lors de la première compétition à domicile démontrent que les effectifs de McInnis sont bel et bien en forme et pleins de potentiel.

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Sports le 30 novembre 2009

Prolongation
Maxime Goulet, Chef de pupitre Sports
Bouffe La Rotonde ouvre sa
Le Gris et Grenat Constitution
gratuite!!! et a besoin de toi!
dans le rouge
Maxime Goulet qu’André Agassi est l’un des plus La Rotonde tient sa rencontre Réunion de bénévoles
bihebdomadaire de bénévoles,
grands guerriers qui m’ait été donné
La semaine dernière, la section de contempler.
extraordinaire, mardi le 8
mardi le 1er décembre à midi!
des sports de La Rotonde a dressé Phelps a gagné huit médailles
un portrait historique du pro- d’or en huit épreuves aux derniers
gramme de hockey masculin de Jeux olympiques. Il a le mérite décembre, à midi!
l’Université d’Ottawa. Plusieurs
ont d’ailleurs fait une constata-
d’être le meilleur, il a été à la hau-
teur de son talent. André Agassi, Venez choisir une devise, Viens rencontrer l’équipe et
tion : bien que plusieurs joueurs joueur de tennis, a quant à lui été
et entraîneurs de marque aient été
membres de l’une des plus vieilles
dans le top cinq de 1988 à 1992 et
exclu du top 30 en 1993 et 1994. Il
organiser votre party de Noël, apporter ton grain de sel à la
équipes de hockey au Canada, le
Gris et Grenat n’a jamais gagné de
a ensuite été numéro un au classe-
ment en 1995 et 1996, puis 141e en
acquérir votre statut de journaliste Constitution de La Rotonde.
championnat national.
Autre constatation : le lende-
1997, et encore numéro un en 1999.
Il a finalement terminé sa carrière et vous envoler en Alberta!!!
main de la parution de notre édi- dans une lente descente. Agassi Nota bene: Tous les membres sont les bienvenus, mais
tion hebdomadaire, les Gee-Gees est un vrai guerrier. Plusieurs fois
seuls ceux ayant acquis le statut de journaliste peuvent
ont subi une défaite cuisante au
compte de 15 à 4 contre les très
il est tombé et, chaque fois, il s’est
relevé.
C’est votre Rotonde! voter. Pour plus d'information, veuillez contacter
puissants Redmen de McGill. N’oubliez pas, mardi le 1er décembre à midi! info@larotonde.ca.
Vous croyez que je vais vous parler Après la tempête, la pause
de manque de talent? De manque
d’effort? Vous vous trompez. Certaines équipes des Gee-Gees

À ceux qui pensent


que la chute, c’est la fin
connaissent une période difficile,
les programmes de hockey masculin
et féminin notamment. L’échec col-
Table ronde AJOA
lectif peut provoquer deux choses : L’Association des Jeunes Ouest Africain a le plaisir de vous convier à une Table
Dans le sport comme dans la vie, diviser ou unir. Vous me demandez
il est facile d’avancer quand tout va mon avis? Il faut tourner la page. Ronde avec S.E.M. Louis Bony, ambassadeur de la République de Côte d’Ivoire.
bien. Au hockey, cela se transpose Oublier? Non. Il faut tourner la Lors de cette rencontre chaleureuse, deux anciennes étudiantes de l’université
ainsi : certains jours, vous faites page et se servir du dernier chapitre
une passe à l’aveuglette, mais la pour se battre encore plus fort dans d’Ottawa recevront un prix d’excellence pour leur implication dans la vie commu-
chance n’est pas là, l’adversaire le prochain. nautaire estudiantine.
reprend le contrôle de la rondelle; La pause des Fêtes arrive pour
d’autres jours, vous perdez la ron- le Gris et Grenat et il reste plus de
delle, un coéquipier la récupère, la moitié de la saison à jouer. Rien Samedi 5 décembre 2009, dès 15h, à la salle 205 du Centre Universitaire
trébuche et, déconcentré par la n’est encore joué pour l’équipe. Pour plus d'information veuillez contacter Armel à vice-president@wayajoa.com
scène, le gardien adverse laisse Pendant le congé, Dave Leger et
passer le disque, qui trouve lui- Miguel Filiatrault devront trou-
même son chemin entre les deux ver les solutions pour se relever.
poteaux rouges. Confucius a dit : « La plus grande
Le sport est ainsi fait : cruel et gloire n’est guère celle de ne point
sans pitié. À mon avis, c’est comme tomber, mais de savoir se relever
ça qu’on différencie les grands ath- chaque fois que nous tombons. »
lètes des grands guerriers. Michael Je ne demanderai pas de cadeau
Phelps est l’un des plus grands ath- au père Noël cette année, je vais
lètes (nageurs) que ma génération lui demander qu’il aide le Double
ait pu admirer jusque-là, tandis G à se relever.

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le 30 novembre 2009 Sports
CLASSEMENTS
Sport interuniversitaire cana-

1 Carleton Basket-ball féminin – SUO Est Basket-ball féminin – SUO Ouest


Classement au 24 novembre

2 UBC Équipe PJ V D +/- PTS Équipe PJ V D +/- PTS


3 McMaster Carleton 9 6 3 100 12 Windsor 8 8 0 94 16
Basket-ball masculin

4 Dalhousie Ryerson 10 6 4 35 12 Western 8 7 1 39 14


5 Calgary Laurentienne 9 5 4 -7 10 Brock 8 6 2 109 12
6 Toronto Ottawa 9 5 4 -14 10 Lakehead 7 4 3 69 8
dien TOP 10

7 St. FX Queen’s 9 5 4 58 10 McMaster 7 4 3 -47 8


8 Cape Breton Toronto 8 4 4 14 8 Laurier 8 3 5 2 6
9 Windsor York 9 1 8 -142 2 Waterloo 8 2 6 -80 4
10 Simon Fraser CMR 9 0 9 -225 0 Guelph 8 1 7 -121 2

1 Simon Fraser Basket-ball masculin – SUO Est Basket-ball masculin – SUO Ouest
Sport interuniversitaire cana-

Classement au 24 novembre

2 Windsor Équipe PJ V D +/- PTS Équipe PJ V D +/- PTS


3 Regina Carleton 8 7 1 135 14 Lakehead 8 7 1 43 14
4 Saskatchewan Ottawa 8 6 2 94 12 Windsor 8 6 2 93 12
Basket-ball féminin

5 Laval Toronto 8 5 3 33 10 McMaster 8 5 3 45 10


6 Cape Breton Queen’s 8 3 5 -39 6 Waterloo 8 5 3 31 10
dien TOP 10

7 Victoria Ryerson 8 3 5 -34 6 Western 8 5 3 5 10


8 UBC Laurentienne 8 2 6 -110 4 Brock 8 3 5 -3 6
9 Alberta York 8 1 7 -108 2 Guelph 8 3 5 -30 6
10 Memorial CMR 8 0 8 -314 0 Laurier 8 3 5 -26 6

Volley-ball féminin – SUO Est Volley-ball féminin – SUO Ouest

Les trois étoiles de La Rotonde Équipe


Toronto
PJ
9
V
5
D
4
PTS
10
Équipe
McMaster
PJ
9
V
8
D
1
PTS
16
CHRISTINE SPARKS York 6 4 2 8 Waterloo 9 7 2 14
» HOCKEY FÉMININ Queen’s 8 4 4 8 Western 9 7 2 14

1
Ryerson 8 3 5 6 Guelph 8 5 3 10
La hockeyeuse a permis à son équipe de remporter sa
deuxième victoire de la saison en marquant le but décisif Ottawa 7 2 5 4 Brock 10 5 5 10
en prolongation. L’importance de son but n’a d’égal que Lakehead 6 1 5 2 Laurier 8 3 5 6
l’importance de la victoire de son équipe. La sportive s’est
jointe à un groupe d’une dizaine de joueuses au troisième CMR 5 0 5 0 Windsor 8 1 7 2
rang de la Fédération québécoise du sport étudiant pour les
buts gagnants.
Hockey féminin - Conférence québécoise
ÉMILIE MORASSE Équipe PJ V D DP BP BC +/- PTS
» BASKET-BALL FÉMININ Montréal 9 7 1 1 27 21 6 15
McGill 7 7 0 0 32 7 25 14
La basketteuse ottavienne a été la meilleure pointeuse de
son équipe lors de la victoire de vendredi contre McMaster Carleton 7 3 4 0 14 16 -2 6

2
et dans la défaite de samedi contre Lakehead. L’athlète de Concordia 7 1 4 2 15 25 -10 4
troisième année a marqué 12 points vendredi et 17 le len- Ottawa 8 1 6 1 14 33 -19 3
demain, terminant le match avec une moyenne de 100 %
à la ligne de lancers francs. Au terme de la fin de semaine,
elle occupe le troisième rang du Sport interuniversitaire ca- Hockey masculin SUO Est – Division Est
nadien pour le nombre de tirs du centre-ville avec 24 et le
deuxième rang pour le pourcentage de tirs de trois points Équipe PJ V D DP BP BC +/- PTS
avec une moyenne de 48 %. UQTR 13 11 2 0 61 32 29 22
McGill 9 8 1 0 49 21 28 16
L’ÉQUIPE D’ATHLÉTISME
Carleton 13 6 5 2 44 42 5 14
» ATHLÉTISME
Nipissing 14 6 7 1 46 51 -5 13

3
Dans l’ensemble, l’équipe s’est très bien comportée lors de Ryerson 14 6 7 1 44 57 -13 13
ses premières compétitions à domicile. Beaucoup d’athlètes
ont réussi à établir les standards du Sport universitaire de Toronto 14 5 7 2 36 44 -8 12
l’Ontario, ce qui les libère d’une certaine pression dès le dé- Queen’s 12 5 6 1 43 60 -17 11
but de la saison. Plusieurs recrues se sont jointes à l’équipe CMR 13 4 6 3 31 54 -23 11
cette année et, pour la majorité, il s’agit d’un bilan très po-
sitif pour une première expérience dans une compétition Ottawa 13 4 8 1 36 45 -9 9
officielle. Concordia 13 2 11 0 34 61 -27 4

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est branchée!
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le 23 novembre 2009

Divertissements

Devinettes
Sudoku Qui suis-je ?
Remplissez les cases vides Je suis plus puissant que Dieu. Je suis plus méchant
pour compléter le casse-tête. que le diable. Le pauvre en possède. Le riche en man-
Chaque chiffre de 1 à 9 doit que. Et si vous me mangez, vous mourrez
être présent dans chaque
rangée horizontale et verticale, Je suis dans l’étang et au fond du jardin. Je commence
ainsi que dans chaque section la nuit et finis le matin. J’apparais deux fois dans l’année.
de neuf cases.
J’ai un chapeau et pas de tête, un pied et pas de souliers
La Rotonde n’est aucunement
responsable de tout problème J’ai 3 têtes, 3 jambes, 1 bras et 6 doigts.
de manque d’attention de ses
lecteurs en classe en raison
Je suis Sophie, mais je ne suis pas Sophie.
de ce Sudoku.

Comment s’appelle le journal publié chaque semaine


au Sahara ?

Quelle est la différence entre un homme et un chat ?


tous deux ont très peur de l’aspirateur.
Rien; La lettre N; Un champignon; Un menteur; Son chien; L’hebdromadaire; Aucune,

Ont participé à cette édition: À vos stylos... exprimez-vous!


Simon Banville Eric Ricou Que ce soit sur des enjeux de la communauté universitaire, sur la vie
Catherine Cimon Alex Sabourin étudiante ou sur un article publié sur nos pages, vous avez une voix à
Catherine Dib La Rotonde. Ne perdez pas cette occasion et faites parvenir vos opinions
Sinisa Sindik
à redaction@larotonde.ca.
Vincent Duquette Véronique Strasbourg
Vous avez des convictions et vous ne savez pas comment les partager?
Nedggy Mauricin Charel Traversy La Rotonde publie vos lettres d'opinion!
Marie Suzor-Morin De toute l’équipe (En plus petit comme la voix qui parle très rapidement)

Lisa Pitre de La Rotonde, merci!


Nous n’avons malheureusement pas assez de place pour des romans... Veuillez s’il vous plait,
formuler votre opinion dans un texte qui ne dépasse pas 500 mots. Et surtout! Faites attention à
la diffamation, sinon nous allons devoir vous informer que votre texte ne sera pas publié.

18 • www.larotonde.ca redaction@larotonde.ca
le 30 novembre 2009

Éditorial
le 30 novembre 2009 • Vol. LXXVII No. 13

109, rue Osgoode


Ottawa (Ontario)
K1N 6S1
613 421 4686

Dédramatiser l’éro s i RÉDACTION

on Rédactrices en chef Intérimaires

N
Joanie Demers
Ariane Marcotte

qu
ombreux sont celles et ceux qui sont déconcer- redaction@larotonde.ca
tés devant les dernières statistiques publiées au
sujet de la population d’origine québécoise fré- Secrétaire de rédaction

éb é
Joanie Demers
quentant l’Université d’Ottawa. On y apprend revision@larotonde.ca
entre autres qu’en 2009, un mince 15 % de Qué-
bécois y sont inscrits alors qu’à une époque pas si Adjointe à la secrétaire
de rédaction

co
lointaine, avant 1975, l’Université en accueillait
Axelle Perry
un nombre largement plus élevé.
Avant de crier au loup, à l’assimilation et de jouer les martyrs, Actualités

is
regardons calmement les raisons qui pourraient avoir influencé ce Ariane Marcotte
(Chef de pupitre)
recul des Québécois depuis les 35 dernières années. Tel que men- Isabelle Larose
tionné dans l’un des articles de cette édition, depuis les années (Adjointe)

e
1980, le Québec a connu une véritable explosion au chapitre des actualites@larotonde.ca
institutions universitaires avec l’instauration du réseau des univer-
Arts et Culture
sités du Québec. Ainsi, alors que les universités, au Québec, étaient Julie-Anne Lapointe
autrefois l’apanage des grandes villes, les régions plus éloignées des culture@larotonde.ca
grands centres que sont Québec et Montréal ont vu leurs propres
institutions voir le jour. Les citoyens de villes de grandeur plus mo- Sports
Maxime Goulet
deste comme Rimouski, Lévis, Chicoutimi, Gatineau et Rouyn-No- sports@larotonde.ca
randa, par exemple, ont vu de nouveaux établissements scolaires
ouvrir leurs portes. Du coup, des milliers de Québécois n’ont plus Section Opinions
redaction@larotonde.ca
eu à parcourir de longues distances pour s’éduquer.
Et que dire des collèges d’enseignement général et professionnel, Web
mieux connus sous le nom de cégeps? Ils sont apparus dans le paysage Philippe Teisceira-Lessard
québécois en 1967. De nos jours, 60 % des étudiants s’y inscrivent en web@larotonde.ca
sortant du secondaire. Il y a près d’une trentaine de ces établissements Direction artistique
dans la province et leur apparition implique qu’une majorité des étu- Production
diants qui les fréquentent s’orientent vers une formation technique qui Mathieu Langlois
directart@larotonde.ca
ne nécessite pas un passage par l’université. Le fossé qui s’est creusé production@larotonde.ca
entre les frais de scolarité ontariens et québécois depuis les dix derniè-
res années n’a certainement pas contribué à la popularité de l’Univer- Photographie
sité d’Ottawa. Jessica Rose
Heureusement pour l’Université, le système scolaire québécois Montage de la couverture
s’est doté d’une forme d’évaluation controversée qui pousse beaucoup Mathieu Langlois
d’étudiants à traverser la frontière : la fameuse « cote R ». La cote
de rendement au collégial, comme on l’appelle aussi, est une méthode ÉDITIONS ET VENTES
statistique visant à mesurer la performance individuelle d’un étudiant Directrice générale
de niveau collégial en fonction de celle du groupe auquel il appartient. Céline Basto
La cote R qu’obtient l’étudiant dépend donc de la force de son groupe. direction@larotonde.ca
Autrement dit, un étudiant fort dans un groupe faible aura une cote R Publicité
plus élevée qu’un étudiant fort dans un groupe fort. Un étudiant dont Edgar Donelle
la cote R n’est pas assez élevée pour être accepté dans un programme Accès Média
universitaire contingenté au Québec peut alors être tenté de s’inscrire info@accesmedia.com
514 524 1182
dans un établissement ontarien, où seule sa moyenne générale sera 1 800 391 1182 (sans frais)
prise en compte. Tentez l’expérience d’un sondage maison, vous verrez
La Rotonde est le journal étudiant de
que beaucoup de Québécois sont ici d’abord et avant tout parce qu’ils
l’Université d’Ottawa, publié chaque
avaient de meilleures chances d’entrer dans le programme de leur lundi par Les Éditions de La Rotonde,
choix ici qu’au Québec. Le bilinguisme de l’Université est assurément et distribué à 4000 copies dans la région
un atout, mais ne semble pas constituer l’élément vedette qui attire les d’Ottawa-Gatineau. Il est financé en partie
Québécois dans la capitale nationale. par les membres de la FÉUO et ceux de
Une chose est certaine cependant : si l’Université souhaite se tar- l’Association des étudiants diplômés. La
guer encore longtemps de son statut d’« Université canadienne », Rotonde est membre du Carrefour inter-
elle devra cesser de prendre les Québécois pour acquis et y aller national des presses universitaires franco-
de l’avant dans les services et les programmes qu’elle offre. La clé phones (CIPUF) et de la Presse universi-
réside peut-être dans la création de programmes uniques et spécia- taire canadienne (PUC).
lisés? Une certaine lassitude se fait sentir vis-à-vis du fait français.
L’administration devrait songer à prendre son bilinguisme au sé- La Rotonde n’est pas responsable de
rieux. Il est temps de cesser de considérer la minorité québécoise et l’emploi à des fins diffamatoires de ses ar-
francophone comme un caprice politique et de la traiter comme des ticles ou éléments graphiques, en totalité
étudiants à part entière. ou en partie.

redaction@larotonde.ca www.larotonde.ca • 19
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