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LIVRET SUR LE CLIMAT

2010

• Il est nécessaire d'agir rapidement à l'échelon


mondial pour endiguer la hausse de la
température.
• Chacun devra consentir des efforts ; à défaut,
aucun résultat satisfaisant ne pourra être
atteint.
• 10 critères pour un accord climatique
international équilibré.
• Comment la Belgique s'en sort-elle ?
Bruxelles, décembre 2009

Madame, Monsieur,

La conférence internationale sur le climat se déroule à Copenhague du 7 au 18


décembre 2009. Pour la 15e fois, les Nations Unies organisent cette assemblée dans le but de
réduire les émissions de gaz à effet de serre à l'échelon mondial. Il règne en effet un consensus
scientifique pour affirmer que notre planète se réchauffe et qu'une hausse de plus de 2°C de la
température par rapport à la période pré-industrielle engendrera des dégâts irréversibles.
La lutte contre les changements climatiques constitue un dossier de premier ordre pour
les entreprises belges. De nombreux rapports révèlent qu'en tardant à agir, on risque d'être
confronté à un coût économique astronomique. De plus, l'adoption de mesures peu judi-
cieuses entraînerait des dommages irréparables pour l'économie belge et – partant – euro-
péenne. Inversement, une politique judicieuse créera de nouveaux emplois, de nouveaux pro-
duits, de nouveaux processus et de nouveaux marchés.
Depuis la publication par la FEB du premier livret sur le climat en janvier 2008, l'Union
européenne a déjà mis en œuvre une série de mesures importantes. Le paquet "énergie et cli-
mat" a été approuvé par les chefs d'État et de gouvernement en décembre 2008 et depuis
lors, on s'est pleinement consacré à sa mise en application concrète. L'UE a endossé le leader-
ship de ce débat d'envergure planétaire. Dans un monde économique en perpétuel change-
ment, la question est de savoir comment appréhender ce problème global.
Ce livret vise à esquisser la voie à suivre et définir les critères auxquels doit satisfaire une
politique climatique internationale de qualité. Les données chiffrées sont tirées de sources
nationales et internationales reconnues, de manière à permettre la tenue d'un débat objectif.
Les fiches ont été rédigées avec l'aide des collaborateurs des départements européen,
économique et Communication de la FEB. Le projet a été coordonné par Michael Voordeckers,
conseiller auprès du département européen (mv@vbo-feb.be). Pour toute question technique,
ainsi que pour toute suggestion d'amélioration, nous vous invitons à prendre directement
contact avec lui.

Rudi Thomaes,
Administrateur délégué de la FEB
SOMMAIRE

Les changements climatiques sont une 22 Chaque membre de la société doit apporter sa
réalité pierre à l'édifice
6 Quelle est la cause des changements climatiques ? 23 L'efficacité énergétique comme élément-clé
7 On observe une hausse accélérée de la température du débat
8 L'augmentation substantielle et attendue des 24 Un mix énergétique optimal est incontournable
émissions de gaz à effet de serre représente une 25 Tous les pays gros émetteurs doivent contribuer à
réelle menace l’atteinte des objectifs
9 Les dommages économiques imputables aux 26 Un financement transparent est nécessaire
changements climatiques risquent de croître de 27 Une approche équilibrée des droits de propriété
manière exponentielle intellectuelle

Les négociations internationales Comment la Belgique s'en sort-elle ?


11 L'accord climatique international : le contexte 29 La Belgique obtient de meilleurs résultats que la
12 Qui atteindra les objectifs du Protocole de Kyoto ? plupart des autres États membres de l'UE
13 Sur quels points négociera-t-on à Copenhague ? 30 L'industrie belge donne l'exemple
14 Pourquoi un nouvel accord est-il nécessaire ?
31 Références
10 critères auxquels doit satisfaire un
bon accord climatique international
16 La nécessité d'un ‘level playing field’
17 Vers un prix mondial unique pour le carbone
LIVRET SUR LE CLIMAT FEB

18 L'innovation et les progrès technologiques sont


cruciaux
20 La flexibilité est nécessaire pour réduire
efficacement les gaz à effet de serre

4
Les changements
climatiques sont une
réalité

LIVRET SUR LE CLIMAT FEB


5
1. QUELLE EST LA CAUSE DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES ?
Les changements climatiques sont provoqués par
l'effet de serre. Déterminer comment cet effet se produit
est la première question logique qu'il y a lieu de se poser
pour comprendre cette problématique. Dans notre atmo-
sphère, les gaz à effet de serre absorbent les rayons infra-
rouges du soleil de la même manière que les vitres d'une
serre. Grâce à ce phénomène naturel, la planète bénéficie
d'une température moyenne de 14°C au lieu de –18°C.
L'effet de serre naturel est donc nécessaire pour que la pla-
nète soit viable. Mais depuis la révolution industrielle, il est
renforcé par un effet de serre provoqué par l'homme.
Depuis le début de l'ère industrielle (la moitié du 19e
siècle), l'effet de serre a considérablement augmenté.
L'usage croissant des combustibles fossiles (charbon, pétro-
le, gaz naturel), combiné au déboisement, a entraîné une
élévation des concentrations de gaz à effet de serre dans
l'atmosphère. La concentration actuelle de ces gaz n'a
jamais été atteinte au cours de 650.000 dernières années.
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Vue schématique de l'effet de serre


(Source : Commission européenne)
6
2. ON OBSERVE UNE HAUSSE ACCÉLÉRÉE DE LA TEMPÉRATURE
Les relevés effectués entre le milieu du 19e siècle et forte que celle des 50 années précédentes. La même ten-
l'époque actuelle montrent le lien existant entre dance est constatée lorsqu'on établit la comparaison sur
l'augmentation de la concentration des gaz à effet de serre des périodes encore plus longues. Actuellement, il est
et la hausse de la température moyenne sur la terre. Plus d'ores et déjà question d'une hausse de 0,7°C par rapport
inquiétant encore : les études attestent que la tendance à l’ère pré-industrielle.
s'accélère. L'élévation de ces 25 dernières années est plus

0,6 14,6
Évolution de la

Moyenne de température globale estimée (°C)


température
0,4 14,4
(Source : IPCC, Climate Change 2007:
Différence (°C) entre 1961-1990

The Physical Science Basis. Working


Group I Contribution to the Fourth 0,2 14,2
Assessment Report of the IPCC, 2007)

0,0 14,0

-0,2 13,8

-0,4 13,6

-0,6 13,4

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-0,8 13,2
1860 1880 1900 1920 1940 1960 1980 2000
Période Augmentation de la
Moyenne annuelle Années temp. °C par décennie
25 0.177± 0.052
Série lissée 50 0.128 ± 0.026
Intervalle de confiance 5 – 95% 100 0.074 ± 0.018
150 0.045 ± 0.012
7
3. L'AUGMENTATION SUBSTANTIELLE ET ATTENDUE DES ÉMISSIONS
DE GAZ À EFFET DE SERRE REPRÉSENTE UNE RÉELLE MENACE
Plus l'homme et la nature rejettent des gaz à effet de plus de 8°C dans le scénario le plus pessimiste), ce qui
serre (dioxyde de carbone, méthane, dioxyde d'azote, gaz entraînerait des effets irréversibles pour l'homme et la natu-
à effet de serre fluorés et vapeur d'eau), plus la terre se re. Si l'on veut limiter la hausse de la température à 2°C,
réchauffe rapidement sous l'incidence de leur concentra- la concentration ne peut dépasser la barre des 445 à
tion accrue dans l'atmosphère. Si l'on ne prend aucune 490 ppm.
mesure, la concentration de gaz à effet de serre menace À l'échelle mondiale, le dioxyde de carbone ou CO2
de doubler d'ici à la fin du siècle pour atteindre près de est responsable de plus de 60% de l’augmentation de
1.000 ppm1. l'effet de serre ; dans les pays industrialisés, il représente
Les recherches scientifiques montrent que dans ce même plus de 80%. La concentration du seul CO2 s'élève
cas, la température augmenterait de plus de 5°C (un peu déjà aujourd'hui à 385 ppm. En conséquence, s'abstenir
moins de 4°C selon la projection la plus optimiste, un peu d'agir n'est pas une option.

Concentration des gaz à effet de Rapport entre la concentration des gaz à


serre en l'absence de mesures effet de serre et la température globale en
complémentaires l'absence de mesures complémentaires
(Source : OCDE, (Source : OCDE,
1000 1000
Climate Change Climate Change
Mitigation, What Mitigation,
900 900
do we do? 2008) What do we
do? 2008)
800 800
ppm CO2 eq

ppm CO2 eq
LIVRET SUR LE CLIMAT FEB

700 700

600 600
1 PPM= ‘part per
million’. Indique
le nombre de 500 Projection moyenne
500
molécules par Projection la plus pessimiste
million de Projection la plus optimiste
molécules 400 400
d'air sec. 2000 2010 2020 2030 2040 2050 2060 2070 2080 2090 2100 0 1 2 3 4 5 6 7 8
8 Hausse de la température (°C)
4. LES DOMMAGES ÉCONOMIQUES IMPUTABLES AUX CHANGEMENTS
CLIMATIQUES RISQUENT DE CROÎTRE DE MANIÈRE EXPONENTIELLE
Depuis que Nicholas Stern a publié en 2006 son rap- revanche, si la température augmentait de 4°C, ce coût
port traitant de l'impact des changements climatiques sur grimperait à 6% du PIB.
l'économie mondiale, on a progressivement pris conscien- Bien que l'on s'attende à des coûts plus élevés dans
ce que le coût de l'inaction serait beaucoup plus élevé qu'un les pays en développement, l'Europe n'est pas à l'abri d'un
scénario impliquant l'adoption de mesures. Cette étude sou- préjudice économique imputable aux changements clima-
ligne en outre que pour éviter les dommages irréparables, tiques. En ce qui concerne l'Europe occidentale, il faut pen-
il s’agit de prendre rapidement des mesures drastiques. Le ser en première instance au coût de la hausse du niveau des
quatrième rapport du GIEC a indiqué que le pic des émis- mers. Les dépenses à consentir pour protéger la côte et les
sions de CO2 devrait être atteint au plus tard en 2015. voies d'eau intérieures contre les inondations peuvent dès
En fonction de la région, presque tous les pays seront lors grimper jusqu'à un niveau particulièrement élevé.2
touchés plus ou moins fortement par la haus-
0,0
se de la température. Le coût global, en
termes de pertes de production exprimées -1,0

sous forme de pourcentage du produit inté-


-2,0
rieur brut, s'élèverait à moins de 1,5% en cas
% de perte du PIB

de hausse de 2°C de la température. En


-3,0

Préjudice économique attendu -4,0

à la suite de la hausse de la

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température, selon la -5,0

CCNUCC
-6,0
(Source : OCDE, The economics of climate change
mitigation. 2009)
-7,0
0,0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 3,5 4,0
2 Etude AEE 2008 – Impacts of Europe’s Changing Climate, economic consequences of climate change. Augmentation de la température (°C) globale supérieure au niveau pré-industriel
9
Les négociations
internationales
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10
1. L'ACCORD CLIMATIQUE INTERNATIONAL : LE CONTEXTE
La Convention-Cadre des Nations Unies sur les tifs contraignants de réduction des gaz à effet de serre jus-
Changements Climatiques (CCNUCC), également appe- qu'en 2012. Parmi les grands États industrialisés, seuls les
lée Convention internationale sur le climat, a été signée États-Unis n'ont pas ratifié ce protocole.
à Rio de Janeiro en 1992 sous les auspices des Nations Les parties signataires de la Convention internatio-
Unies. Son but est de réduire les émissions de gaz à effet nale sur le climat ont été réparties en deux groupes de
de serre pour lutter contre les conséquences néfastes des pays : 41 pays visés à l'Annexe I (pays industrialisés,
changements climatiques. Le Protocole de Kyoto a été comme les États membres de l'UE, les États-Unis, le
conclu en 1997 dans le cadre de cette convention. Les Japon,…) et 144 pays non visés à l'Annexe I (pays en déve-
pays industrialisés se sont engagés à accepter des objec- loppement, y compris la Chine, l'Inde, le Brésil,…).
Le principal organe de décision au sein de la
Convention est la "Conférence des Parties (COP)". Celle-
ci se réunit chaque année pour évaluer les progrès réali-
sés. Lors de la 15e COP organisée à Copenhague, l'objectif
est de prendre une décision quant aux nouveaux objec-
tifs contraignants pour la période courant à partir de 2013.
En tout état de cause, il y a lieu d'éviter que ne s'installe
un vide juridique après 2012.

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11
2. QUI ATTEINDRA LES OBJECTIFS DU PROTOCOLE DE KYOTO ?

Dans la CCNUCC, il avait été convenu que les pays (on notera cependant une répartition individuelle des
industrialisés devaient, pour l'an 2000, réduire leurs émis- charges entre les pays de l'UE). Depuis lors, l'UE est la seule
sions au niveau de 1990. Ils y sont parvenus principalement à avoir concrétisé l'objectif de réduction assigné. Selon les
en raison, d'une part, de l'effondrement des industries en chiffres les plus récents de l’Agence européenne de
Europe centrale et de l'Est et, d'autre part, de l’environnement, l'UE réalisera une réduction totale de
l'assainissement des industries très polluantes de cette 13,1% d'ici à 2012. Le Japon, le Canada et l’Australie ont,
même région. pour le moment, augmenté leurs émissions de gaz à effet
Le Protocole de Kyoto leur a imposé de plus gros de serre alors même qu'une réduction leur avait été impo-
efforts encore. Pour 2012, l'UE dans son ensemble devait sée. Il en va de même des États-Unis, qui n’avaient toute-
réduire ses émissions de 8% par rapport au niveau de 1990 fois pas ratifié leur objectif de réduction.

100,00%

80,00%
Écart entre l'objectif
de Kyoto et la 60,00%

réduction effective 40,00%


entre 1990 et 2007
20,00%
(Source : CCNUCC, octobre 2009)
0,00%
LIVRET SUR LE CLIMAT FEB

-20,00%

-40,00%

-60,00%
UE (27) USA (pas de ratif.) Japon Canada Nouvelle-Zélande Russie Norvège Australie
Objectif de Kyoto -8,00% -7,00% -6,00% -6,00% 0,00% 0,00% 1,00% 8,00%
Evolution 1990-2007 -5,60% 15,80% 8,20% 46,70% 18,30% -40,30% -22,00% 82,00%

12
3. SUR QUELS POINTS NÉGOCIERA-T-ON À COPENHAGUE ?
Après deux années de discussions informelles, les climatiques. Ils se sont également accordés sur les ques-
192 pays de la convention internationale sur le climat ont tions principales devant être abordées. Il s'agit des cinq
convenu, en décembre 2007 à Bali, de rédiger une nouvelle volets suivants :
convention mondiale pour lutter contre les changements

1
Il a été convenu de négocier sur une vision commune relative au climat à long terme. Étant donné la liste des constats
scientifiques, des objectifs quantitatifs de long terme doivent être imposés aux parties prenantes. Le rapport du GIEC3
fixe ainsi une réduction globale des rejets de gaz à effet de serre de 50% à 85% pour 2050, voire de 80% à 95% pour
les pays industrialisés4. Ce sera le premier sujet de négociation à Copenhague.

2 3 4 5
Lors de la COP 15 à Un troisième sujet de négo- Le quatrième sujet est la La dernière thématique
Copenhague, un accord ciation porte sur le volet technologie. Les discussions repose sur le volet finance-
doit être trouvé quant à des "adaptation aux change- portent essentiellement sur ment. Dans ce domaine, la
objectifs concrets et ments climatiques". Il est le financement des techno- négociation porte sur le
contraignants de réduction question à la fois de logies et les modalités de développement et le bon
des émissions de gaz à effet mesures proactives (p.ex. la leur transfert vers les pays fonctionnement d'un mar-
de serre pour la période construction de digues) et en développement. ché international du carbo-
post-2012. À cet effet, la réactives (p.ex. la répara- ne, l'introduction ou non
Convention réfère au princi- tion des dégâts dus aux d'une taxe climatique inter-
pe de la responsabilité com- inondations). La discussion nationale, des incitants pour

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mune mais différenciée des porte sur la désignation des une utilisation efficace de
pays. responsabilités. Le calen- l'énergie, ou encore la créa-
drier de ces mesures sera tion d'un nouveau fonds
également discuté. mondial pour les change-
ments climatiques.

3 GIEC : Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat - http://www.ipcc.ch. — 4 Ces objectifs ont été fixés en fonction d'une élévation de la température de 2 à 2,4°C.
13
4. POURQUOI UN NOUVEL ACCORD EST-IL NÉCESSAIRE ?
L'opinion publique dans son ensemble espère la auront à peu près doublé par rapport à 1990. Dans les pays
conclusion d’un accord climatique international lors de la BRIC (Brésil – Russie – Inde – Chine), en 2030, les émissions
Conférence internationale de Copenhague sur le climat, en exprimées en chiffres absolus dépasseront même les rejets
décembre 2009. Pour l'Union européenne qui est la seule totaux de l'ensemble des pays de l'OCDE. En 2050, l'UE
à s'être déjà imposé des mesures de réduction ainsi qu'un ne sera plus responsable que de 8% des émissions mon-
cadre légal destiné aux entreprises pour la période post- diales. Ces dernières années, la carte économique mon-
2012, un tel accord international revêt une importance cru- diale a été remaniée en profondeur et cette tendance se
ciale. Mais son obtention est tout sauf évidente tant les perpétuera. Cela aura un impact sur l'évolution des rejets
positions divergent encore. de gaz à effet de serre. Un accord international stipulant
Pourtant, le défi est clair : si aucune mesure com- des engagements clairs pour chaque pays pour la pério-
plémentaire n'est prise, en 2050, les émissions mondiales de post-2012 est donc indispensable.

45%
40%
40%
35%
30% 27%
25% 23% 23%
Part des émissions 20%
14%
15%
de gaz à effet de 12% 12%
10%
12%
8% 8%
10%
serre 2000-2050 5%
4%
2%
5%
(Source : Commission européenne) 0%
LIVRET SUR LE CLIMAT FEB

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O

Emissions de gaz à effet de serre 2000 Emissions prévues de gaz à effet de serre 2050
14
10 critères auxquels doit
satisfaire un bon accord
climatique international

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15
1. LA NÉCESSITÉ D'UN ‘LEVEL PLAYING FIELD’
La première préoccupation des entreprises belges est la Il y a lieu d'éviter toute forme de fuite de carbone – c'est-
nécessité d'un level playing field, ce qui signifie que les à-dire toute délocalisation de la production vers des pays
charges de l'industrie européenne doivent être compa- non soumis à des objectifs en termes de CO2. Les
rables à celles de l'industrie dans le reste du monde. Il serait recherches montrent que si l'Union européenne est la seule
absurde de mettre en péril la compétitivité européenne par à prendre des mesures de réduction, les fuites de carbo-
rapport aux entreprises établies en dehors de l'UE qui ne augmenteront considérablement, jusqu'à plus de 10%.
seraient soumises à des règles climatiques moins strictes. L'adoption de mesures dans l'ensemble des pays indus-
Du reste, ce ne serait pas au profit du climat, bien au trialisés réduira pour une large part ces fuites de carbone.
contraire. Un engagement similaire des pays BRIC permettrait d’éviter
ce problème.

Importance du risque 14

de fuite de carbone
Taux de fuite de carbone, %

12
en cas de réduction de 10
50% des émissions 8
d'ici à 2050
6
(Source : OCDE, The economics of
Climate change Mitigation, 2009) 4

2
LIVRET SUR LE CLIMAT FEB

Tous les pays


industrialisés, le Brésil,
l’Inde et la Chine
prennent des mesures
L’UE est seule
à prendre
des mesures

Tous les pays


industrialisés prennent
des mesures

16
2. VERS UN PRIX MONDIAL UNIQUE POUR LE CARBONE
Dans le cas d'un accord international, un mécanisme termes de bien-être est ramenée à sa juste proportion.
de marché global fixant un prix unique pour le carbone Le calendrier de mise en place de ce principe fait
pour tous les secteurs semble être l'instrument le plus adé- l'objet de nombreuses discussions. Un "phasing in", par
quat. Cela permet aux entreprises, partout dans le monde, lequel il y aurait un marché unique pour les pays indus-
de développer leurs activités dans les mêmes conditions. trialisés, apparaît recommandé. Une étude montre dès à
De plus, ce marché peut encourager les meilleures per- présent que le prix du carbone serait en fin de compte
formances en termes de réductions des émissions. significativement plus faible pour les pays industrialisés si
Un prix unique à l'échelon mondial pour l'émission les systèmes de commerce des émissions étaient inter-
d'une tonne de carbone présente un double avantage. connectés.
D'une part, on fixe ainsi la barre 700
à un niveau égal pour tous les 2020, sans prix commun
2050, sans prix commun
pays, ce qui signifie que les 600
décisions d'investissements
Prix du carbone en $US/t éq. CO2

peuvent être prises sans devoir 500

tenir compte de prix distincts


pour le carbone. Deuxième- 400
En cas de prix
ment, grâce aux économies commun pour
le carbone
300
d'échelle, la contribution dont
doit s'acquitter la société en
200

LIVRET SUR LE CLIMAT FEB


Impact d'un prix 100

commun pour le
carbone 0
Russie Etats-Unis Pays d'Europe UE27+AELE Japon Australie et la Canada Pays
(Source : OCDE, The economics of de l'Est Nouvelle-Zélande faisant partie
Climate change Mitigation, 2009) (ne faisant pas partie de l'UE) de l'Annexe I
17
3. L'INNOVATION ET LES PROGRÈS TECHNOLOGIQUES
SONT CRUCIAUX
L'innovation et les progrès technologiques constituent ou encore de composants efficaces comme les pneus ou les
des solutions possibles au défi des changements clima- technologies hybrides qui réduisent considérablement les
tiques. Pour les entreprises, les investissements publics et rejets de CO2. De cette manière, l'industrie fait de moins
privés en R&D sont absolument indispensables. De la sorte, en moins partie des problèmes, et de plus en plus des solu-
les changements climatiques peuvent devenir un moteur du tions. Depuis l'adoption du Protocole de Kyoto, le nombre
verdissement tant des processus que des produits. On son- d'inventions visant à lutter contre les changements clima-
gera ainsi au développement de matériaux légers pour la tiques a augmenté beaucoup plus rapidement que celui des
fabrication de voitures, d'avions ou d'emballages permet- autres découvertes. L'UE doit dès lors intensifier ses inves-
tant d'abaisser drastiquement la consommation d'énergie, tissements en R&D en la matière.

350
Technologies liées au climat
Toutes technologies
Impact positif du Protocole de 300

Kyoto sur l'innovation Protocole de Kyoto


250
(Source : Cerna, Invention and Transfer of Climate Change
Mitigation Technologies on a Global Scale: A Study
Drawing on Patent Data, 2009) 200

150
LIVRET SUR LE CLIMAT FEB

100

50
100 = nombre d'inventions 1978
0
1978
1979
1980
1981
1982
1983
1984
1985
1986
1987
1988
1989
1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
18
Bien entendu, en marge des investissements en R&D, des changements climatiques pour le milieu du siècle. Le
de nombreuses autres mesures sont encore nécessaires graphique ci-joint montre que les coûts commenceront par
pour apporter des solutions complètes à la problématique être plus élevés. Mais une fois que ces "investissements
du climat. Mais les études montrent que le développement d'apprentissage" auront été consentis, les avantages finan-
de technologies de pointe peut réduire de moitié les coûts ciers seront beaucoup plus importants à partir de 2035.

0,0
Impact des technolo-
gies de pointe sur les -0,5
coûts économiques -1,0
Impact sur le PIB en %

des changements
-1,5
climatiques
(Source : OCDE : Climate Change -2,0
Mitigation, What do we do? 2008)
-2,5
Investissement d'apprentissage Avantage financier

LIVRET SUR LE CLIMAT FEB


-3,0

-3,5

-4,0
Scénario à 550ppm sans technologies de pointe
Scénario à 550ppm avec technologies de pointe
-4,5
2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050
19
4. LA FLEXIBILITÉ EST NÉCESSAIRE POUR RÉDUIRE EFFICACEMENT
LES GAZ À EFFET DE SERRE
Des mécanismes de flexibilité tels que la mise en des rejets de gaz à effet de serre. En échange, le pays
œuvre conjointe (JI : Joint Implementation) et le mécanis- donateur reçoit une partie des crédits de réduction des
me de développement propre (CDM : Clean Development émissions sur base de critères approuvés internationale-
Mechanism) permettent d'investir, respectivement dans les ment. Une étude montre l'impact positif de ces méca-
pays industrialisés et dans les pays en développement, nismes de flexibilité : il est possible de prendre des mesures
dans des projets qui concrétisent localement une réduction plus efficaces pour un prix moindre.

Impact des mécanismes


de flexibilité sur le prix
du carbone en 2020
(Source : OCDE, The economics 200,0
of climate change mitigation, Sans mécanismes de flexibilité
180,0
Prix du carbone en $US/ t éq.CO2

2009)
Avec mécanismes de flexibilité, limité à 20%
160,0
Avec mécanismes de flexibilité, limité à 50%
140,0
120,0
100,0
80,0
60,0
LIVRET SUR LE CLIMAT FEB

40,0
20,0
0,0
Pays ne faisant Russie Pays de UE27+AELE Etats-Unis Canada Australie et Japon
pas partie l'Europe de l'Est Nouvelle-Zélande
de l'Annexe 1 (ne faisant pas partie de l'UE)
20
Les mécanismes de flexibilité doivent en outre être d'un projet dure souvent plusieurs mois, voire plusieurs
simplifiés, améliorés et élargis afin que des technologies années, et les frais administratifs augmentent énormément.
propres puissent être utilisées partout pour réduire au maxi- Le long délai et le coût élevé de ces projets représentent
mum les émissions de gaz à effet de serre. La réalisation souvent un frein inutile.

Délai de mise en route et Préparation et contrôle du projet


Finalisation du projet • Audit préalable, évaluation des risques
coûts d'un projet CDM et documentation : $25.000
(Source : Banque mondiale, carbon finance project
cycle and role of key players, 2008)
3m
ois
s Audit préalable des actifs Carbone
an • Détermination du scénario
Vérification et 1
2
’à

certification périodiques de référence : $30.000


qu
Jus

• Vérification : $10.000-25.000 • Plan de suivi : $25.000


• Contrôle : $10.000-20.000

2 mo
is
Processus de validation
s

• Contrat, processus
3 an

et documentation : $25.000
1-

2m
ois

LIVRET SUR LE CLIMAT FEB


Elaboration et mise en œuvre 3 mois
• Vérification initiale et
démarrage : $25.000
Evaluation et négociation du projet
Coût total après négociations
• Consultation et évaluation du projet : $60.000
$265.000 pour les projets normaux
• Négociations et documentation juridique : $100.000
$150.000 pour les petits projets
21
5. CHAQUE MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ DOIT APPORTER SA
PIERRE À L'ÉDIFICE
Nombreux sont ceux chez qui l'expression "accord Il est absolument nécessaire qu'outre l'industrie, les
climatique" évoque spontanément des mesures visant à transports (y compris les transports aériens et maritimes),
réduire les émissions provenant de l'industrie. On oublie les ménages, l'agriculture et les pouvoirs publics contri-
souvent qu'à l'échelle mondiale, l'industrie n'est respon- buent eux aussi de manière substantielle à la réduction des
sable que de 23% des émissions de gaz à effet de serre. émissions. Tous les groupes de la société doivent prendre
Les autres secteurs comme le secteur énergétique, les leurs responsabilités. En Belgique, l'industrie est d'ailleurs
transports, les ménages, l'agriculture et le déboisement la seule à avoir réduit drastiquement ses rejets entre 1990
représentent ensemble 77% des rejets. et 2006.

Composition globale des rejets Évolution des rejets de gaz à effet de serre
de gaz à effet de serre en 2005 en Belgique entre 1990 et 2006, en %
(Source : World Resources Institute, 2009) (Source : Eurostat)

3%
14% Transport
25% +25,23%
Secteur énergie
Transport
Bâtiments +6,56%
Industrie
12%
LIVRET SUR LE CLIMAT FEB

Bâtiments
Déforestation
-3,92% Production d'électricité
14% Agriculture
9%
Déchets
-11,15% Industrie

23%
-15,00% -10,00% -5,00% 0,00% 5,00% 10,00% 15,00% 20,00% 25,00% 30,00%
22
6. L'EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE COMME ÉLÉMENT-CLÉ DU DÉBAT
Tant pour les entreprises que pour les particuliers, utilisant 22% d'énergie en moins, soit une baisse de 3,4 mil-
l'efficacité énergétique peut, dans notre pays comme à lions de tonnes de CO2. L'ensemble représenterait une
l'échelle mondiale, avoir un impact considérable sur la économie annuelle de 4,3 milliards d'euros sur la facture
réduction des émissions de gaz à effet de serre. Un accord énergétique d'ici à 2030.5
climatique international doit y accorder une attention par- À l'échelle mondiale, une étude révèle aussi que plus
ticulière. de 40% de la réduction planifiée des rejets de gaz à effet
À l'occasion de son Forum sur l'efficacité énergé- de serre est possible d'ici à 2050 en utilisant l'électricité et
tique, la FEB a fait réaliser une étude qui révèle l'énorme les combustibles fossiles de manière plus efficace. Dans son
potentiel que recèle notre pays en matière d'économies paquet "énergie et climat", l'Union européenne a d'ores
d'énergie. Dans le secteur de la construction, pas moins de et déjà stipulé qu'elle entendait améliorer de 20% son effi-
48% d'énergie pourraient être épargnés d'ici à 2030, ce qui cacité énergétique d'ici à 2020.
représenterait une diminution de 25 mil-
70
lions de tonnes de CO2. Dans le transport
Emissions scénario de base 62Gt
terrestre, le potentiel de réduction s'élève 60 CSC dans l’industrie et la transformation 9%

à 21%, soit 6 millions de tonnes de CO2, CSC dans la production d’électricité 10%
Nucléaire 6%
Emissions de CO2 (Gt CO2/an)

tandis que l'industrie pourrait produire en 50


Energies renouvelables 21%

40 Efficacité de la production d’électricité


et transfert du fioul 7%

Part de l'efficacité énergétique Transfert de l’utilisation finale du fioul 11%


30
dans la réduction des rejets de Efficacité de l’utilisation finale de l’électricité 12%

LIVRET SUR LE CLIMAT FEB


CO2 à l'échelle mondiale 20 Efficacité de l’utilisation finale du fioul 24%
(Source : OCDE/AIE ©, Energy technology
perspectives, 2008) Emissions BLUE Map 14 Gt
10

WEO2007 450 ppm case ETP2008 BLUE Map scenario


5 Voir le site www.feb.be pour consulter l'étude complète 0
de la FEB et de Mc Kinsey&Company. 2005 2050
23
7. UN MIX ÉNERGÉTIQUE OPTIMAL EST INCONTOURNABLE
En tout état de cause, un mix énergétique optimal, grand potentiel pour réduire les rejets de CO2 (en
composé d'énergies renouvelables et nucléaire, sera néces- l'occurrence 1,88 gigatonne de CO2) et qu'en outre, son
saire pour atteindre les objectifs climatiques tout en pré- prix de revient est limité (ce potentiel est réalisable à 100%
sentant un rapport coût/efficacité satisfaisant. pour moins de 20 $ par tonne de CO2).
Le dernier rapport du Groupe d'experts intergou- D'autres sources d'énergie devront également
vernemental sur l'évolution du climat des Nations Unies apporter leur pierre à l'édifice, mais recèlent un potentiel
comporte un aperçu tant du potentiel que du coût des dif- inférieur et induisent souvent un prix de revient plus élevé.
férentes sources d'énergie dans la lutte contre les chan- Compte tenu du caractère imprévisible de l'énergie éolien-
gements climatiques. Il ressort notamment de cette étude ne, solaire ou hydraulique, l'énergie nucléaire constitue
que c'est l'énergie nucléaire qui recèlera, en 2030, le plus donc un excellent complément.

Potentiel de réduc- 2
tion du CO2 d'ici à 1,8
1,6
2030 pour les éner-
Gt CO2-eq

1,4
gies renouvelables, 1,2
l'énergie nucléaire 1
0,8
et le stockage de 0,6
carbone 0,4
(Source : GIEC, Mitigation of Climate 0,2
Change, 2007) 0
LIVRET SUR LE CLIMAT FEB

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a

24
Ch
8. TOUS LES PAYS GROS ÉMETTEURS DOIVENT CONTRIBUER
À L’ATTEINTE DES OBJECTIFS
Depuis la signature, en 1991, de la Convention-Cadre Pour atteindre l'objectif de 2°C, tous les pays gros
des Nations Unies sur les Changements Climatiques, le émetteurs de CO2 doivent mettre en œuvre des objectifs
monde a fondamentalement changé. Les pays ne relevant clairs, mesurables et contrôlables. Ce n'est qu'en procédant
pas de l'Annexe 1 (pays en développement) ne forment de la sorte que les objectifs climatiques à long terme seront
plus un groupe homogène. La Chine, l'Inde et le Brésil sont crédibles.
devenus entre-temps de gros émetteurs de gaz à effet de
serre. La crise économique et financière a encore accélé-
ré ce processus et cette tendance ne s'infléchira certaine-
ment pas au cours des prochaines décennies.

Part des régions 80

du monde dans les


Emissions de gaz à effet de serre (en Gt éq.CO2)

70
rejets de gaz à effet
de serre 60
Reste du monde
(Source : OCDE, Climate Change
Mitigation, What do we do? 2008) 50

Brésil, Russie,
40
Inde et Chine

30

LIVRET SUR LE CLIMAT FEB


Reste de l'OCDE

20
Etats-Unis
10

0 Europe occidentale
2005 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050
25
9. UN FINANCEMENT TRANSPARENT EST NÉCESSAIRE
La discussion fait rage quant à l'importance du coût efforts. D'autre part, l'importance des contributions de cha-
des changements climatiques, mais en tout état de cause, cun doit être arrêtée de manière objective. Le financement
il est clair qu'il sera considérable. Diverses études révèlent disponible doit toujours être utilisé selon un rapport
qu'à l'échelle mondiale, ce coût pourrait varier entre 4 et coûts/qualité satisfaisant, c'est-à-dire que l'on doit réaliser
109 milliards de dollars par an. Quoi qu'il en soit, un éven- en première instance les projets les moins coûteux et qui
tuel accord international devra par conséquent consacrer entraînent le plus de réduction des émissions de gaz à effet
un de ses volets au financement de ces coûts. de serre.
D'une part, il est absolument nécessaire que tous les La coopération au développement traditionnelle doit
pays (à l'exception des moins développés) fournissent des également jouer un rôle dans la politique climatique.

Estimation des coûts ÉTUDE Coût de l'adaptation aux changements climatiques


des changements en milliards de dollars par an
climatiques dans les
pays en dévelop- Banque mondiale (2006) 9 - 41
pement Stern Review (2006) 4 – 37
LIVRET SUR LE CLIMAT FEB

(Source : Fankhauser – Centre for Climate


Change, Economics and Policy, The costs of
Adaptation, 2009 & Banque mondiale,
CCNUCC (2007) 28 – 67
2009)
PNUD RDH (2007) 86 – 109

Banque mondiale (2009) 75 – 100

26
10. UNE APPROCHE ÉQUILIBRÉE DES DROITS DE
PROPRIÉTÉ INDUSTRIELLE
Des accords équitables en matière de transfert de pulsory licensing") dans le nouvel accord climatique inter-
technologies couvrant tant la prévention que les consé- national. De nombreux pays industrialisés sont réticents face
quences des changements climatiques ne se conçoivent à cette demande.
que dans le cadre d'accords équilibrés sur la protection des Une étude montre un changement de tendance :
droits de propriété intellectuelle. depuis l'an 2000, le nombre de transferts des pays indus-
Il convient cependant de remarquer que ni la trialisés vers les pays en développement a augmenté signi-
CCNUCC ni le Protocole de Kyoto ne mentionnent les droits ficativement. La globalisation progressive et l'augmentation
de propriété intellectuelle lorsqu'il est question de transferts de l'activité R&D dans les pays BRIC renforceront indé-
de technologies. Néanmoins, certains pays comme la Chine niablement la tendance aux transferts globaux de tech-
ont officiellement demandé de prévoir un système de nologies.
"licences obligatoires" ("com-
7000
Nord - Nord
Nord - Sud
6000
Sud - Nord
Nombre d'inventions exportées

Sud - Sud
5000
Les tendances
internationales en 4000
matière de transfert
de technologies 3000
(Source : Cerna, Invention and Transfer of

LIVRET SUR LE CLIMAT FEB


Climate Change Mitigation Technologies 2000
on a Global Scale: A Study Drawing on
Patent Data, 2009)
1000

0
1978
1979
1980
1981
1982
1983
1984
1985
1986
1987
1988
1989
1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
Dans ce graphique, 'Nord' couvre les pays visés à l'Annexe I et 'Sud' les pays non visés à l'Annexe I
27
Comment la Belgique
s'en sort-elle ?
LIVRET SUR LE CLIMAT FEB

28
1. LA BELGIQUE OBTIENT DE MEILLEURS RÉSULTATS QUE LA
PLUPART DES AUTRES ÉTATS MEMBRES DE L'UE
La Belgique est parvenue à réduire considérablement indéniablement l'objectif fixé. Ce faisant, elle se position-
ses émissions de gaz à effet de serre (GES). En 2007, les ne dès lors en bon élève de la classe européenne.
émissions rejetées par notre pays étaient inférieures de près En revanche, d'autres pays doivent encore fournir des
de 10% à leur niveau de 1990. En vertu du Protocole de efforts considérables pour atteindre l'objectif assigné. Toute
Kyoto et de la répartition des charges au sein de l'Union mesure qui porterait préjudice aux pays réduisant rapide-
européenne, la Belgique doit réduire ses émissions de 7,5% ment leurs émissions – ceux qu'il est convenu d'appeler
pour 2012. Notre pays atteint donc déjà l'objectif de Kyoto. les "early movers" – est d'ores et déjà injustifiée et à
Si la tendance actuelle se poursuit, la Belgique réalisera proscrire.

Efforts consentis par 60,00%

l'UE et les États 50,00%

membres de l'UE 40,00%


pour réduire leurs 30,00%
émissions de gaz à 20,00%
effet de serre 10,00%
(Source : Progress towards achieving
0,00%
the Kyoto Objectives, Commission

LIVRET SUR LE CLIMAT FEB


européenne, 2009) -10,00%

-20,00%

-30,00%

-40,00%
PO GR ES IE SE FI FR NL IT BE EU-15 UK AT DK DE LU
Evolution 1990-2007 36,10% 23,20% 52,60% 24,50% -9,30% 10,30% -5,80% -2,60% 6,90% -9,90% -5,00% -17,40% 11,30% -3,90% -22,40% -1,90%
Objectif de Kyoto 27,00% 25,00% 15,00% 13,00% 4,00% 0,00% 0,00% -6,00% -6,50% -7,50% -8,00% -12,50% -13,00% -21,00% -21,00% -28,00%
29
2. L'INDUSTRIE BELGE DONNE L'EXEMPLE
Le moteur de cette tendance positive est l'industrie. l'industrie a été proactive et a fourni des efforts substan-
Alors que la valeur ajoutée depuis 1990 a augmenté de tiels pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre.
30%, les rejets de gaz à effet de serre ont chuté de 20%. La question est à présent de perpétuer cette ten-
De plus, sa consommation d'énergie primaire a diminué de dance positive, et ce, dans tous les segments de la
7% au cours de la même période. Cela prouve que société.

Évolution de la valeur 140%


Emissions de GES
ajoutée et des rejets Valeur ajoutée
130%
de GES dans l'industrie Consommation d'énergie

transformatrice en 120%
Belgique, entre
1990 et 2007
Indice (1990 = 100)

110%
(Source : Rapport Belgique
CCNUCC 2009) : 100%

90%
LIVRET SUR LE CLIMAT FEB

80%

70%

60%
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007
30
RÉFÉRENCES
• CERNA. Invention and Transfer of Climate Change • OESO. Climate Change Mitigation. What do we do?
Mitigation Technologies on a Global Scale: A study 2008.
Drawing on Patent Data, 2009.
• OESO. The economics of Climate Change Mitigation –
• EEA. Impacts of Europe’s Changing Climate – economic Cost, Benefits and policy instruments, 2008.
consequences of climate change, 2008.
• OESO. The economics of Climate Change Mitigation –
• European Commission. Progress towards achieving the Policies and options for global action beyond 2012,
Kyoto objectives, 2009. 2009.

• Fankhauser – Centre for Climate Change, Economics and • OESO. The economics of Climate Change Mitigation –
Policy. The costs of Adaptation, 2009. How to build the necessary global action in a cost-effecti-
ve manner, 2009.
• Federal Planning Bureau. Impact of the EU energy and
Climate Package on the Belgian energy system and eco- • Stern Review. The economics of Climate Change, 2006.
nomy, 2008.
• Stockholm Environment Institute. Adaptation Finance
• IEA. Energy technology perspectives, 2008. und a Copenhagen Agreed Outcome, 2009.

• IEA. Issues behind competitiveness and carbon leakage, • UNFCCC. Belgian inventory report (1990-2007), 2009.
2008.
• Worldbank. Carbon finance project cycle and role of key
• IPCC. Climate Change 2007: The Physical Science Basis. players, 2008.
Working Group I Contribution to the Fourth Assessment
Report of the Intergovernmental Panel on Climate • World Resource Institute. World Greenhouse Gas

LIVRET SUR LE CLIMAT FEB


Change, Cambridge University Press, 2007. Emissions in 2005, 2009.

• IPCC. Climate Change 2007: Mitigation of Climate


Change. Working Group III Contribution to the Fourth
Assessment Report of the Intergovernmental Panel on
Climate Change, Cambridge University Press, 2007.
31
MEMBRES EFFECTIFS DE LA FEB

Fédération belge Fédération belge Fédération belge du Fédération de l'industrie Confédération Fédération de
de l'industrie de l'automobile de la brique secteur financier du béton Construction l'industrie cimentière belge
et du cycle

Fédération belge
des entreprises électriques
et gazières

Fédération belge Fédération belge de Fédération pétrolière belge Fédération belge Fédération des gestionnaires de Fédération sociale des
des industries chimiques la distribution des entreprises électriques réseaux électricité et gaz en entreprises belges d'électricité
et des sciences de la vie et gazières Belgique et de gaz

Organisation des bureaux Fédération de Fédération belge des Fédération patronale des Fédération des partenaires Groupement de
d'ingénieurs-conseils, d'ingénierie l'industrie du verre industries graphiques ports belges de l'emploi la sidérurgie
et de consultance

Fédération des industries Creamoda Belgian Air Transport Fédération des Entreprises de Association des fabricants de Fédération des industries
extractives et transformatrices Association Gestion de l'Environnement pâtes, papiers et cartons transformatrices de papier
de roches non combustibles de Belgique et de carton

Union générale belge Fédération de l'industrie Fédération du secteur du textile, Fédération d'employeurs pour le Union professionnelle de
du nettoyage technologique du bois et de l'ameublement commerce international, le transport et les courtiers d'assurance
branches d'activité connexes

Union professionnelle
des producteurs belges Groupement des sablières
de fibres-ciment
Union professionnelle des Fédération de Union royale
entreprises d'assurances l'industrie alimentaire des armateurs belges

Fédération des Entreprises de Belgique ASBL


rue Ravenstein 4 – 1000 Bruxelles
T 02 515 08 11 – F 02 515 09 15
www.feb.be
FEB ASBL EDITEUR RESPONSABLE
Rue Ravenstein 4 Olivier Joris
B – 1000 Bruxelles Rue du Wolvenberg 17
T + 32 2 515 08 11 B – 1180 Bruxelles
F + 32 2 515 09 99
DÉPOT LÉGAL
info@vbo-feb.be
www.feb.be D/0140/2009/18

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