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4G – Impacts et opportunités pour les opérateurs français Livre blanc Octobre 2012
4G – Impacts et opportunités pour les opérateurs français Livre blanc Octobre 2012
4G – Impacts et opportunités pour les opérateurs français Livre blanc Octobre 2012

4G – Impacts et opportunités pour les opérateurs français

Livre blanc

Octobre 2012

Table des matières

1 Introduction

3

2 Un usage croissant de ressources 3G limitées

3

3 En 2010, le LTE est adopté comme la norme 4G

4

4 Le LTE et les promesses du « Très haut débit » mobile

4

5 Historique de l’attribution des fréquences 4G

6

6 Quels coûts de déploiement pour les opérateurs ?

7

7 L’impact économique de la 4G pour les opérateurs

8

8 L’attribution des fréquences LTE devra être rapidement renouvelée

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fréquences LTE devra être rapidement renouvelée 9 4G – Impacts et opportunités pour les opérateurs

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Introduction

La téléphonie mobile de 4 e génération (4G) est annoncée comme le prochain saut technologique majeur de l’industrie des télécommunications. Les fréquences 4G viennent d’être attribuées aux 4 opérateurs mobiles français. En 2013, les premières offres 4G devraient donc faire leur apparition sur le marché français. Elles sont très attendues par les gros consommateurs de données mobiles, enthousiastes à la perspective de débits théoriques supérieurs à 100 MBits/s mais cette technologie sera-t-elle à la hauteur des attentes placées en elle ?

De plus, confrontés à l’arrivée en 2012 des offres low-costs, les opérateurs misent sur la qualité de leurs réseaux existants et futurs pour éviter une chute brutale des revenus par client. La 4G est donc perçue comme une opportunité mais pose la question de la stratégie la plus efficace pour valoriser ces nouveaux investissements.

Afin de donner une première réponse à ces questions, ce document retrace la genèse de la 4G en France puis propose une analyse de l’impact technologique de cette évolution et des perspectives de monétisation par les opérateurs.

2 Un usage croissant de ressources 3G limitées

Lorsque fin 2004, SFR et Orange lancent leur offre commerciale 3G, les opérateurs pensent profiter de ce saut technologique pour développer rapidement la consommation de données en mobilité et les services mobiles à valeur ajoutée. L’UMTS autorise désormais un débit théorique d’environ 2 MBits/s, alors que les variantes optimisées de la norme GSM, comme l’EDGE offrait jusque-là des débits inférieurs à 0,4 MBits/s.

Les premières années, néanmoins, le succès reste mitigé. Alors que le déploiement du réseau 3G dans la bande des 2 100 MHz est coûteux, le potentiel du nouveau réseau reste largement sous-exploité si bien que les opérateurs limitent leurs investissements et choisissent de renégocier leurs engagements de couverture initiaux avec l’ARCEP.

En 2007, grâce au lancement d’une nouvelle génération de smartphones, initié par Apple avec l’iPhone puis l’iPhone 3G en 2008, la data mobile tient enfin ses promesses. Les abonnés mobiles sont désormais prêts à payer pour la data, ce qui donne la possibilité aux opérateurs de récolter les fruits de leurs investissements. En revanche, les contenus multimédia sont désormais principalement vendus par l’intermédiaire des fournisseurs de terminaux et leurs revenus échappent aux opérateurs.

Depuis 2008, l’utilisation de la 3G ne cesse de s’accélérer – les smartphones sont les terminaux les plus vendus depuis février 2011 – si bien que se pose la question de la saturation du réseau en particulier dans les zones denses. Progressivement, la technologie 3G et les bandes de fréquence actuelles ne seront plus suffisantes pour offrir un débit partagé adapté aux nouveaux services mobiles. Avant d’être une opportunité, la 4G est donc une adaptation nécessaire à la demande croissante des utilisateurs de services mobiles.

la demande croissante des utilisateurs de services mobiles. 4G – Impacts et opportunités pour les opérateurs

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En 2010, le LTE est adopté comme la norme 4G

Au milieu des années 2000, 2 normes sont pressenties pour être la future norme 4G : Le WiMAX et le LTE 1 . Ces deux normes sont technologiquement similaires (OFDM, MIMO ; débits ; efficacité spectrale). Commercialement en revanche, le WiMAX est défendu par Intel et l’industrie du fixe tandis que Qualcomm et l’industrie mobile promulgue le LTE. Rapidement les principaux opérateurs mondiaux tels qu’Orange, China Mobile, Verizon, AT&T et Domoco choisissent de s’engager dans le LTE alors que seuls de petits opérateurs s’impliquent dans le développement du WiMAX.

Le revers d’Intel est évident en 2010 avec la fermeture du WiMAX Program Office à Taiwan et la dépréciation des 950 M$ investis dans Clearwire (fournisseur d’accès sans fil à Internet). Consécutivement, Intel se positionne sur le LTE (figure 2) et abandonne un WiMAX très fragilisé.

le LTE (f igure 2) et abandonne un WiMAX très fragilisé. Figure 1 : Evolution du

Figure 1 : Evolution du positionnement stratégique d’Intel face au dilemme WiMAX / LTE

Les équipementiers comme NSN, Alcatel-Lucent ou Cisco - suivent le mouvement et se recentrent sur le LTE si bien que le WiMAX semble aujourd’hui sans avenir.

4 Le LTE et les promesses du « Très haut débit » Mobile

Comme souvent lors de l’arrivée d’une nouvelle technologie, la presse se focalise sur quelques paramètres clés qui se veulent disruptifs - par exemple, la technologie permettrait des débits supérieurs à 150 MBits/s (tout comme le WiMAX en son temps permettait “70 MBits/s à 50 km”). Qu’en est-il ? Nous allons voir que l’écart entre les performances maximum que la technologie peut offrir et les performances moyennes auxquelles l’usager pourra accéder s’accroît en LTE par rapport à la 3G (tout comme il s’accroissait entre 3G et EDGE/GPRS). En fait, le débit que l’on peut espérer atteindre dépend de nombreux paramètres :

Tout d’abord, quelle que soit la technologie utilisée, le débit ne peut pas être supérieur à la capacité radio définie par Shannon C = W * log 2 (1+S/N) où W est la bande passante (i.e. la taille du canal) et S/N le rapport signal sur bruit (la formule se complique un peu lors de l’utilisation de technologies MIMO, mais le principe reste le même : il existe une limite finie au débit, dépendante des conditions radio). Les sauts “disruptifs” dans les débits atteignables lors des changements de génération 2G->3G->4G ont principalement deux origines : la largeur des canaux et une meilleure efficacité spectrale.

1 Le LTE et le WiMAX ne sont pas 4G au sens de l'ITU. Le LTE-R8 a été finalisé en 2008. Le LTE-R10 (LTE-Advanced, effectivement conforme "4G") a été finalisé en 2010.

conforme "4G") a été finalisé en 2010. 4G – Impacts et opportunités pour les opérateurs

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Des canaux plus larges

Le premier facteur d’amélioration du débit provient de l’augmentation du terme “W” de l’équation de Shannon qui est obtenue grâce à des canaux plus larges (2x200 KHz en EDGE, 2x5 MHz en 3G ou 2x10 MHz en 3G “dual-carrier”, entre 2x5 MHz et 2x20 MHz en LTE, et

plus de 2x40 MHz en LTE-Advanced). Ceci permet d’aboutir à un meilleur multiplexage statistique pour les transmissions par paquet lorsque tout le monde n’utilise pas la ressource simultanément. Le débit ressenti par chacun est donc plus rapide puisqu’il n’est plus contingenté par un canal à bande étroite, et ce système est vertueux lorsque le canal n’est pas saturé puisque cela permet à l’usager de libérer d’autant plus vite la ressource radio, laissant le champ libre à d’autres usagers. Ce bénéfice disparait évidemment lorsque le réseau devient saturé, puisque l’ensemble de la capacité radio reste divisée par le nombre d’usagers. De nombreuses technologies de communications modernes (802.11 a/g/n, ADSL-

recourent à l’OFDM afin de mieux gérer le passage à de plus larges

DMT, 802.16e, LTE canalisations.

)

Il est donc abusif de parler du “débit LTE” sans plus de précision sur les paramètres employés. Concrètement, sur la bande 2.6 GHz (bande 3GPP #7), Bouygues Telecom et SFR peuvent offrir un débit pic de 110 MBits/s sur leur canal de 2x15 MHz, tandis qu’Orange et Free Mobile peuvent offrir jusqu’à 150 MBits/s sur leur canal de 2x20 MHz.

Une adaptation plus fine de l’efficacité spectrale

Le deuxième facteur d’amélioration exploite le terme “log 2 (1+S/N)”. Comparé aux normes antérieures, le LTE permet une adaptation plus fine de l’efficacité spectrale lorsque les conditions radio sont favorables, notamment en utilisant des modulations plus rapides mais plus sensibles au bruit. Le débit atteignable en LTE peut donc être plus élevé mais est beaucoup plus variable et dépendant de la qualité du lien radio que le débit 2G/3G. En bordure de cellule, l’efficacité spectrale du LTE n’est guère différente de celle de la 3G (même si le débit peut l’être, puisqu’on se projette sur des canalisations 2x20 MHz). Le plus gros progrès sur l’efficacité spectrale de ces dernières années concerne l’introduction de techniques MIMO, qui permettent sous certaines conditions de multiplier le débit proportionnellement au nombre d’antennes. L’OFDM utilisée par le LTE permet également de simplifier l’implémentation de techniques MIMO. Concrètement, le débit peut varier d’un facteur 10 entre les efficacités spectrales minimum et maximum supportées en LTE.

Un débit plus dépendant des autres utilisateurs

Les débits pratiques vont également varier en fonction du nombre d’usagers produisant du trafic simultanément et des politiques de qualité de service et d’ordonnancement. La ressource temps-fréquence d’une même station de base est en effet divisée en “temps de parole” (appelés “resource blocks” ou RB). Un même temps de parole véhicule évidemment plus de données lorsque l’usager est à haute efficacité spectrale. Le système doit donc arbitrer entre “justice” et “efficacité”, puisque les usagers à faible efficacité spectrale utilisent la ressource radio moins efficacement. Pour prendre un exemple simplifié :

imaginons un secteur LTE offrant 100 MBits/s de capacité maximum, et deux usagers, l’un proche du centre (usager A, 100 MBits/s) et l’autre loin du centre (usager B, 10 MBits/s).

la station de base peut donner un temps de parole égal à chacun des utilisateurs de sorte que les 2 utilisateurs obtiennent respectivement 50 MBits/s et 5 MBits/s. La station de base écoulerait donc 55 MBits/s sur son lien de backhaul.

la station de base peut chercher à maximiser la “rentabilité” de la ressource radio et ne laisser que quelques “miettes” à l’usager moins bien loti, par exemple 90 MBits/s pour l’usager A et 1 MBits/s pour l’usager B. La station de base écoulerait donc 91 MBits/s au total.

B. La station de base écoulerait donc 91 MBits/s au total. 4G – Impacts et opportunités

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la station de base peut viser l’équité stricte des débits, i.e. environ 9 MBits/s pour chacun des deux usagers. La station de base écoulerait dans ce cas environ 18 MBits/s au total.

Ces principes de partage de la bande passante ne sont pas propres au LTE ; ils s’appliquent quelle que soit la technologie radio, présente ou future, dans la mesure où le media est partagé entre les usagers. Seulement, plus le débit théorique est grand et plus l’impact des utilisateurs loin du centre sur le débit expérimenté par les autres utilisateurs est conséquent.

C’est pour cela qu’il est exagéré de laisser penser que l’utilisateur expérimentera un débit multiplié par 10, alors même que la quantité de ressource spectrale ne l’a pas été, et que cela n’a de chances d’être valide que sous certaines conditions notamment de multiplexage statistique (i.e. sous la condition que tous les usagers n’utilisent pas la ressource en même temps). Pour cette raison, la 4G ne permettra le développement d’usages associés au Très Haut Débit (comme la TV ou la VOD Ultra HD) que de façon très limitée. En zone urbaine, en particulier, les débits expérimentés au lancement de la 4G risquent d’être rapidement réduits au fur et mesure de la montée des usages de sorte que l’expérience utilisateur ne diffèrera pas spectaculairement de celle de la 3G aujourd’hui.

5 Historique de l’attribution des fréquences 4G

Le 15 juin 2011, l’ARCEP invite les sociétés intéressées par l’attribution des bandes de fréquences LTE 2,6 GHz et 800 MHz à déposer un dossier de candidature. Dans le cadre de cet AO, le régulateur valorise la bande de 800 MHz, dite « en or » à un prix de réserve élevé (de 400 à 800 M€) associé à des obligations supplémentaires : en plus d’une exigence de couverture métropolitaine de 98 % pour 2023 contre 75 % pour le 2,6 GHz, des objectifs sont fixés concernant la couverture des communes rurales "prioritaires" (40 % en 2015 ; 90 % en 2021). Les bandes 2,6 GHz et 800 Mhz sont attribuées respectivement par l’ARCEP le 11 Octobre 2011 et le 22 décembre 2011(figure 2).

le 11 Octobre 2011 et le 22 décembre 2011(figure 2). Figure 2 : Résultat de l’attribution

Figure 2 : Résultat de l’attribution des fréquences 4G

Les fréquences sont réparties d’une façon relativement symétrique entre les 3 opérateurs historiques Bouygues Telecom, SFR et Orange. Free, à qui aucune fréquence en or n’a été attribuée, reçoit, comme prévu par l’appel d’offres, un droit d’itinérance sur la bande 800 MHz de SFR.

Ce résultat du process d’attribution est loin d’être une surprise. SFR, Bouygues et Orange ont logiquement proposé des offres plus attractives que Free pour les fréquences en or. Ils

plus attractives que Free pour les fréquences en or. Ils 4G – Impacts et opportunités pour

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pourront en effet mutualiser les pylônes des antennes de 900 MHz existantes et respecter les fortes exigences de couverture rurale de l’ARCEP à un coût mesuré. Free, qui est encore en phase de déploiement de son réseau 3G, se satisfait probablement d’objectifs de couverture plus réduits et d’une bande de fréquence de 2,6 Mhz qui nécessite un maillage d’antennes comparable à celui de la bande 3G de 2,1 GHz à laquelle il a accès en zone dense.

Au global, les enchères rapportent à l’Etat 3,5 Mds€ (SFR 1215 M€ ; Orange 1178 M€ ; Bouygues 911 M€ ; Free 271 M€), soit plus d’une fois et demi ce qui avait été initialement fixé comme prix de réserve. Au terme de ce processus, les 3 opérateurs historiques bénéficient d’une bande passante comparable (Figure 3). Free Mobile ne comble pas le retard du à l’absence de bande 2G.

ne comble pas le retard du à l’absence de bande 2G. Figure 3 : Répartition du

Figure 3 : Répartition du spectre mobile en France après les enchères 4G

6 Quels coûts de déploiement pour les opérateurs ?

Le coût du déploiement de la 4G pour les opérateurs ne peut pas être calculé sans réaliser un audit de chacune de leurs infrastructures actuelles. Comme expliqué précédemment, les 4 opérateurs possèdent ou vont posséder un réseau 2G ou 3G d’une granularité suffisante pour atteindre les objectifs fixés par le régulateur pour la 4G. Notamment, les sites 2G à 900 MHz des 3 opérateurs historiques pourront, en théorie, être utilisés pour ajouter des antennes 800 MHz. Le coût pour les opérateurs va donc être surtout dépendant de la capacité d’accueil des infrastructures existantes :

Quels sont les équipements utilisés sur chaque site ?

Faut-il renégocier les baux avec les propriétaires des terrains dans le cadre de la 4G (des toits d’immeubles notamment) ?

Le pylône est-il capable de subir une charge supplémentaire ?

Les infrastructures de backhaul (notamment les faisceaux hertziens) sont-elles suffisamment dimensionnées pour la 4G ?

Dans le but de comparer une estimation de coûts aux revenus potentiels, quelques calculs simples nous conduisent à évaluer le coût initial de la 4G autour de 2 milliards d’euros pour

coût initia l de la 4G autour de 2 milliards d’euros pour 4G – Impacts et

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Orange, SFR et Bouygues Telecom et un coût inférieur à 1 milliard d’euros pour Free Mobile qui devra payer des frais d’itinérance en plus pour proposer une couverture complète du territoire.

7 L’impact économique de la 4G pour les opérateurs

Le 10 janvier 2012, Xavier Niel, PDG d’Iliad, lance une bombe dans le secteur des télécom. Sa nouvelle offre mobile, low-cost et illimitée, modifie considérablement les modèles économiques des opérateurs, la monétisation de leurs services et la valorisation de leurs offres.

Les conséquences financières pour les 3 opérateurs historiques sont considérables. Au-delà du nombre de clients qui décident de migrer vers l’offre Free Mobile, c’est surtout la baisse des tarifs qui entraînera une baisse probable du revenu moyen par client (ARPU) de 10% en 2012 qui devrait continuer en 2013. La figure 4 montre l’évolution des parcs client au 1 er trimestre 2012.

des parcs client au 1 e r trimestre 2012. Figure 4 : Evolution de l’activité des

Figure 4 : Evolution de l’activité des opérateurs téléphoniques au premier trimestre 2012

Sur un marché où la norme devient « tout illimité à prix unique », la monétisation d’offres plus coûteuses passera inévitablement par la différenciation des opérateurs par le haut. Naturellement, 3 scénarios de tarification se dégagent :

Scénario 1 : une mise à jour transparente du réseau mobile pour l’utilisateur

Le 1 er scénario envisageable part du principe que la 4G n’est pas tant un saut technologique monétisable qu’une mise à niveau infrastructurelle nécessaire pour pallier l’engorgement des réseaux. L’investissement 4G peut être considéré comme du ongoing puisque même sans changement technologique, le parc d’antennes est renouvelé au minimum tous les 10 ans. Ce scénario peut en outre être imposé à l’ensemble des opérateurs par l’un d’entre eux qui déciderait de rester sur une ligne de forte agressivité tarifaire. Néanmoins, il serait surprenant de la part des opérateurs de ne pas saisir l’opportunité de la 4G pour redresser un ARPU qui vient de connaître une chute importante.

un ARPU qui vient de connaître une chute importante. 4G – Impacts et opportunités pour les

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Scénario 2 : une forte tarification de la 4G

A l’inverse du premier scénario, nous prenons ici l’hypothèse d’un forfait 4G à très haute

valeur ajoutée avec un prix deux fois supérieur à l’ARPU tout opérateur soit environ

50€/mois. Un abonnement 4G n’offrirait pas de services supplémentaires si ce n’est l’accès

à un débit et à une qualité de service supérieurs. La base de clients potentiels est donc

limitée. Nous l’avons estimé à 5 % de la base clients totale. Sur un parc de 66 M d’utilisateurs 2 , cela correspond à 3,3 M d’utilisateurs 4G. Avec ces hypothèses, le scénario 2

permettrait aux opérateurs de dégager une marge annuelle de 1 Md€ environ (à comparer avec les 5 Md€ initiaux). Ce scénario n’est donc que modérément attractif financièrement sur le long terme. Cette solution présente néanmoins l’avantage de ne pas charger trop vite le réseau pendant sa phase de déploiement tout en générant des revenus additionnels rapidement. En revanche, le service 4G est appelé à relativement court terme à se démocratiser à l’ensemble des clients.

Scénario 3 : une augmentation généralisée mais restreinte des tarifs d’abonnement mobile

Le scénario 3 s’inspire du marché Internet où l’apparition du FTTH a fait naître de nouvelles offres à peine quelques euros plus chères que l’ADSL. Grâce à leur prix modéré, de telles offres pourraient avoir de forts taux de pénétration. L’augmentation tarifaire pourrait être également imposée par les opérateurs.

Ainsi, si tout le parc 3G actuel se convertissait à la 4G (25 M d’utilisateurs) avec une offre à seulement +5 €, le revenu 4G additionnel serait de 1,5 Mds€/an.

Ce scénario est nettement le plus avantageux pour les opérateurs d’abord parce que sa rentabilité est supérieure au premier scénario et parce qu’il permet de répartir les clients sur toutes les nouvelles bandes de fréquence et donc d’éviter la saturation du réseau.

8 L’attribution des fréquences LTE devra être rapidement renouvelée

Nous avons montré que, plus que l’apparition de « nouveaux » usages, les fréquences LTE vont permettre de développer les usages existants à forts besoins de bande passante. C’est d’ailleurs la première fois dans l’histoire des télécom mobiles que le déploiement d’une nouvelle technologie relève plus de la nécessité d’assurer le bon fonctionnement du réseau que de l’opportunité de créer de nouveaux usages monétisables.

En revanche, ce ne sera sans doute pas la dernière fois. L’augmentation des besoins de débit est une lame de fond qui ne s’arrêtera pas avec la 4G. Avec des Smartphones sans cesse plus évolués, des contenus numériques de plus en plus riches, et des utilisateurs plus nombreux, le problème de saturation du réseau devrait se reposer rapidement.

Ces questions se poseront bien avant le passage à la 5G et leurs réponses résideront, au moins partiellement, dans l’ouverture de nouvelles bandes de fréquences. De nouvelles bandes suffisamment larges permettraient en outre d’évoluer vers la norme LTE Advanced (les bandes 4G de 15 à 20 MHz actuellement à disposition des opérateurs sont trop étroites pour cette évolution).

Plusieurs opportunités d’attribution de nouvelles bandes de fréquence se présentent. On anticipe notamment un nouveau dividende numérique de fréquences utilisées actuellement

2 ARCEP, 2012

ue de fréquences utilisées actuellement 2 ARCEP, 2012 4G – Impacts et opportunités pour les opérateurs

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par la télévision (qui pourrait être 684-790 MHz). La requalification des actuelles fréquences 3.5 GHz aujourd’hui utilisées en WiMAX présente également un potentiel important dans la mesure où les bandes 3.4-3.6 et 3.6-3.8 GHz sont aujourd’hui peu encombrées et représentent donc un gisement de spectre considérable (2x200 MHz), présentent des propriétés de propagations analogues au 2.6 GHz, et sont reconnues comme bandes IMT depuis la Conférence mondiale des radiocommunications 2007 et les travaux de l’ECC qui ont suivi.

2007 et les travaux de l’ECC qui ont suivi. 4G – Impacts et opportunités pour les

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Une expertise internationale dans les télécoms et les médias Polyconseil est un cabinet de cons

Une expertise internationale dans les télécoms et les médias

Polyconseil est un cabinet de conseil en stratégie spécialisé dans les télécoms & médias et la conduite de projet à forte composante technologique. Il accompagne depuis plus de 20 ans, en France comme à l'international, les principaux acteurs de ces industries sur l'ensemble de leurs problématiques stratégiques, marketing, opérationnelles et technologiques.

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