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"Je crois que l'avenir de l'humanité est dans le progrès de la

raison par la science." d’après Emile Zola.


En effet, si par science, on entend l’usage de la raison, de la rigueur
rationnelle, visant à mieux comprendre et connaître l’univers et ses
phénomènes, et si par technique on entend amélioration de l’outil, du
moyen sous toutes ses formes, afin de mieux tirer profit de la nature, alors
on peut se demander si le progrès de ces derniers entraîne un progrès de
la raison.
Le progrès de la science et de la technique permettent à l’homme de
mieux vivre. En un sens, il peut s’avérer libérateur et donner à l’homme
l’accès à ce qui est appelé raison, comme il peut être aliénant et
destructeur s’il n’est pas maîtrisé.
Peut-il exister un progrès de la technique et de la science
accompagné d’un progrès de la raison ?
Dans un premier temps nous allons voir en quoi le progrès de la
science et de la technique est-il un progrès de la raison, puis dans une
deuxième partie nous analyserons les raisons pour lesquels ces progrès
techniques et scientifiques n’ont rien de rationnel ou raisonnable.

La technique a depuis toujours été décisive dans le travail, et c’est


bien par elle que l’homme conquiert son humanité. La tentation est
grande de voir dans le développement de la technique un trait essentiel
de l’homme.
Bergson pense que l’évolution créatrice de l’invention mécanique est une
démarche essentielle.
Il ajoute que l’intelligence humaine se traduit par « la faculté de fabriquer
des objets artificiels » et ce au détriment direct d’une autre
compréhension de l’intelligence, celle qui la comprendrait comme une
faculté d’articuler des moyens avec des fins.
D’après l’évolution créatrice, il y a une transition entre l’homme qui
pense et l’homme qui fabrique.
En utilisant un lexique plus scientifique, on dira qu’on part de l’homo
sapiens pour arriver à l’homo Faber.
Si l’homme est un homo Faber, donc spécialisé dans la fabrication des
outils, c'est-à-dire être tourné vers l’efficacité avant tout autre souci.
Par contre si l’homme est un Homo sapiens, cela traduit qu’il a la capacité
de juger de la qualité morale d’une finalité.
En clair, c’est dans les progrès de la technique que se manifeste le
développement des progrès de la raison.
Il est vrai que les bénéfices que nous apportent les progrès de la
science et de la technique sont indiscutables, et en cela, on ne peut nier la
supériorité de notre civilisation à ce niveau là, ne serait- ce que pour la
médecine. En effet, depuis des siècles, de nombreux fléaux ont été
enrayés, comme la peste la variole. En outre, la connaissance de l’homme
en matière de biologie, ou en ce qui concerne son propre corps, la terre,
l’espace…a évolué de manières considérables : Le monde est beaucoup
plus à notre portée pour explorer, transformer la nature.
Cela témoigne d’une évolution du progrès de la raison, surtout depuis
qu’elle est libérée du carcan de la religion, mais aussi parce qu’une
découverte en entraîne une autre, que ce soit sur le plan technique ou
scientifique, comme un cercle vertueux. Galilée a inspiré Newton, qui a
inspiré Einstein …
D’autant plus, comme le préconisait Descartes, l’homme doit utiliser
l’homme doit utiliser les sciences et la technique pour se rendre maître et
possesseur de la nature.
C’est un devoir de toute conscience humaine douée de raison.
Comme notre civilisation a de l’avance, cela témoigne donc d’un bon
développement de la raison et d’un meilleur usage de celle-ci.
La supériorité des civilisations occidentales ne se fait que par leur
rationalité qui ont mené à tant de progrès techniques et scientifiques.

La technique manifeste la puissance de la raison triomphante nous


permettant de devenir comme maitres et possesseurs de la nature d’après
Descartes.
Cela permet de promouvoir une nouvelle conception de la science, de la
technique, ainsi que de tous les apports aptes à nous rendre maitres et
possesseurs de la nature.
Il inaugure le machinisme ainsi que la domination technicienne du monde
et par là, il marque une étape essentielle dans l’histoire de la philosophie.
Il cherche des connaissances qui soient fort utiles à la vie, d’autres part, la
science cartésienne ne contemple pas les choses de la nature, mais
constitue des objets de connaissances.
La science antique était désintéressée, la nature ne se contemple plus,
elle se domine.
Cette dernière ne chante plus les louanges de Dieu mais devient offerte à
l’homme pour qu’il s’en rende « maitre et possesseur »
La compréhension de la science se transforme mais celle de la technique
aussi dans le même mouvement. Si elle est pratique, alors elle s’applique
dans la technique.
En ce sens, la technique n’est plus un art, un savoir-faire mais bien une
science appliquée.
Selon Descartes, la véritable libération de l’homme ne viendra pas d’autre
chose que de la technique et la science.

Pour l’instant, notre civilisation est qualifiée de « grand aveuglement où


chacun est pour soi » d’après Molière.
Elle ne semble pas voir les dégâts infligés à autrui, à elle-même, ainsi
qu’au monde en entier par ce progrès rationnel implacable. Les maux
engendrés par de tels progrès sont parfois pires que les avantages ne sont
profitables. On retrouve parfois une certaine incompétence scientifico-
technique tel que le cas du SIDA. Son incompétence est même soulignée
dans son propre domaine et traduit une insuffisance scientifique ou
technique .
La raison dont sont dotés les civilisations occidentales ne sont pas
légitimes.

La raison en elle-même prend deux formes : le rationnel, exercice


strict de la logique, et le raisonnable, prise en compte des limites à ne pas
dépasser. Les deux sont propres à l’humain.
En effet dans le cas de ces guerres, le progrès technique et scientifique
n’a rien de la raison.
Lorsqu’on parle de progrès on pense avant tout à la progression
exceptionnelle et aux résultats remarquables atteints par la science et la
technique.
Sans être franchement rejetée, la notion d’un progrès unique tend de plus
en plus à désigner un processus qui s’impose à nous sans que nous
puissions le maîtriser (« On n’arrête pas le progrès »), et qui n’a rien
de foncièrement favorable (on parle des «inconvénients» ou des
« dangers » du progrès).

Ce n’est qu’après que les centrales nucléaires ont été construites que l’on
s’est interrogés, au début des années soixante-dix, sur les dangers causés
par les déchets de cette industrie et de la difficulté de les retraiter. De
manière générale, le progrès scientifique n’a pas cessé d’accroître le
pouvoir de destruction de l’humanité par elle-même. La nature semble
alors prise elle-même dans le processus irréversible de la technique. Cette
dernière est dangereuse si l’homme n’a pas en même temps le sens
moral, c’est-à-dire la capacité de discerner le bien du mal. De fait, elle ne
nous donne pas le sens des limites à ne pas dépasser. Partant, une
civilisation qui deviendrait purement technicienne et perdrait le sens des
valeurs humaines court à sa perte.
Même dans le domaine scientifique, il y a des éléments qui nous
mettent en garde des risques liés au progrès.
En fait, L’homme surexploite de plus en plus les richesses naturelles, il
manipule les gènes des différents êtres vivants et il pollue la Terre. Les
constat de ces graves difficultés a donné naissance à une nouvelle
science : l’écologie. Cette dernière propose, en particulier, d’analyser les
écosystèmes ou systèmes de renouvellement de la matière. Elle vise à
éviter des catastrophes naturelles et elle a un rôle de prévention. Ceci a
été plus amplement développé par Hans Jonas dans un de ses ouvrages
sur la nature appelé : Le Principe responsabilité. Dans ce cas, le principe
de responsabilité consiste à envisager les scénarios catastrophes afin de
les éviter.
De cette façon, on ne peut pas ne pas croire que le progrès de la science
et de la technique est un progrès de la raison car l’écologie et une
prévention des catastrophes naturelles permettent d’encadrer et de mieux
contrôler le progrès. En fait, en même temps que les sciences développent
de plus en plus leur capacité de destruction, on a la capacité d’en prendre
conscience et de mettre en place des systèmes à travers lesquels éviter
les dangers liés à un tel « excès de puissance ».
Pour que ce contrôle soit efficace, l’État et les citoyens ont aussi un
rôle à jouer.
En effet, certains États ont développé un système de santé. En France, la
sécurité sociale est considérée comme un investissement
humain : l’homme est le premier de tous les capitaux. De fait, la sécurité
sociale a contribué partiellement à réduire les inégalités, sans supprimer
pour autant les poches de pauvreté dans les pays développés, à préserver
la santé, à réduire les taux de mortalité infantile, à prolonger la vie
humaine et à améliorer le niveau et la qualité de vie. De plus, il paraît
évident que le résultat de certaines recherches au moins doit constituer
un bien commun à toute l’humanité et non pas faire l’objet d’une
appropriation particulière. C’est à l’évolution de la médecine et aux
médicaments que l’on doit dans les pays développés la disparition de
grandes épidémies, la régression ou la guérison de maladies infectieuses,
telles que variole, diphtérie, typhoïde, tuberculose, septicémies, syphilis,
qui faisaient des ravages au siècle dernier.

Tout semble résider dans la manière d'utiliser la science : des


précautions sont nécessaires, comme l'indiquait Gaston Bachelard. La
meilleure civilisation serait celle qui pourrait cumuler les avantages de la
science et de la technique occidentale, qui disposerait de tous les moyens
que l'on possède, qui saurait soigner, connaître, comprendre, découvrir,
éviter les catastrophes, tirer profit de la nature, mais qui d'un autre côté,
saurait aussi juger la science, refuser la technique s'il le faut, préserver les
espèces vivantes, et la vie saine et bonne…C’est bien cela le progrès de la
raison.
" Science sans conscience n'est que ruine de l'âme ". Utiliser la
science et la technique à bon escient est donc beaucoup plus qu'un droit,
mais c'est avant tout un devoir. Nous ne sommes pas prisonniers de notre
propre avance technologique, nous pouvons la contrôler, ou plutôt, nous le
devons. Les autres sociétés ne sont pas tributaires de nous par manque de
science et de techniques, elles peuvent s'affranchir et se débrouiller avec
leurs propres moyens, elles le doivent. Et si nous savons comment utiliser
la science pour parvenir à la vie bonne, et si nous savons que cela est en
notre pouvoir, alors il est un devoir pour chaque être humain de faire
tendre ses efforts, son savoir, sa science, sa technique, sa modération…
sa raison tout entière, vers cette conciliation entre la science et la
conscience, en faire la synthèse, qui apporterait la paix, la vérité, la réelle
liberté et la vie bonne.
Il faudrait alors combiner le progrès de la raison ainsi que le progrès de la
technique et de la science pour pouvoir arriver à quelque chose
d’acceptable. Lorsqu'une société saura concilier le progrès technique et
scientifique, le rationnel, avec le raisonnable, pourra-elle être estimée
comme supérieure ?