SŽance N

o
4 du 27 septembre 2011 Ð 2
e
partie
362
Le Conseil communal de Lausanne
Ð vu lÕinterpellation de M
me
Esther Saugeon : Ç Engagement dÕun cuisinier
supplŽmentaire au Centre de formation de La Rama ? È ;
Ð vu la rŽponse municipale ;
Ð considŽrant que cet objet a ŽtŽ portŽ ˆ lÕordre du jour,
prend acte
de la rŽponse de la MunicipalitŽ ˆ ladite interpellation.
_________________
Interpellation de M
me
Fran•oise Longchamp et consorts : Ç Une antichambre au local
dÕinjection ? È
DŽveloppement polycopiŽ
Un journal de la place a consacrŽ hier un article nous Žclairant, sans fausse pudeur, sur les
pratiques lausannoises en mati•re de toxicomanie et plus particuli•rement sur la
recrudescence de consommation dÕhŽro•ne, notamment chez des jeunes de moins de
24 ans.
Alors que ces derni•res annŽes, la consommation dÕhŽro•ne avait fortement diminuŽ
remplacŽe par une forte consommation de coca•ne, le marchŽ de lÕhŽro•ne revient en force.
Ce qui indique une tr•s forte prŽsence de ce stupŽfiant sur le marchŽ ˆ Lausanne. Or qui dit
marchŽ dit acheteurs mais surtout vendeurs.
On sait que la brigade des stupŽfiants accomplit un travail consŽquent avec des rŽsultants
tout aussi concluants. Mais alors, pourquoi une telle recrudescence de consommation ?
DÕautre part, le reportage en question met le doigt sur un probl•me tout autant inquiŽtant.
On y dŽcouvre que les autoritŽs lausannoises ont discr•tement dŽveloppŽ une antichambre
dÕun local dÕinjection.
On y apprend que les toxicomanes peuvent se procurer jusquÕˆ cent seringues ˆ la fois au
Distribus. De m•me, on leur y fournit dŽsinfectant, deux ou trous sachets dÕascorbine pour
diluer lÕhŽro, une cuill•re, pour mieux faire le mŽlange, des cotons, des pommades, pour ne
citer que ce que lÕarticle mentionne.
Or, en rŽponse ˆ un postulat dŽposŽ par M. le conseiller Philippe Leuba, alors dŽputŽ,
rŽponse faite en automne dernier, le Conseil dÕEtat rappelle quÕil est opposŽ ˆ
lÕinstallation non contr™lŽe dÕautomates ˆ seringues et que, sur le plan juridique, il
appartient aux communes de dŽcider de la pose de ces appareils. Le Conseil dÕEtat Žmet
des recommandations ˆ lÕintention des communes rŽgissant la pose et le recours aux dits
automates. Il recommande aux communes qui dŽcident de poser des automates ˆ seringues
de choisir seulement un mod•le dÕÇ Žchangeur È, cÕest-ˆ-dire qui dŽlivre une seringue
propre en Žchange dÕune seringue usagŽe.
Or, les responsables du Distribus, que lÕon pourrait assimiler, contact en moins, ˆ un
distributeur de seringues, ne respectent pas cette recommandation dÕÇ Žchangeur È
puisquÕils se permettent de distirubuer jusquÕˆ 100 seringues dÕun coup ˆ la m•me
personne.
La photo du Distribus laisse entrevoir des bancs... Quelle diffŽrence avec le local
dÕinjection s•chement refusŽ par une forte proportion du corps Žlectoral lausannois ?
DŽcidŽment, les pouvoirs faisant fi de la volontŽ populaire se rencontrent aussi chez nous !
DÕautre part, restituant lÕambiance gŽnŽrale des entretiens quÕelle a eus avec les
responsables lausannois de ce dossier, la journaliste montre ˆ quel point la banalisation de
SŽance N
o
4 du 27 septembre 2011 Ð 2
e
partie
363
la drogue, y compris de lÕhŽro•ne, est devenue une seconde nature chez eux. Quelques
citations rŽvŽlatrices : Ç non, toxicomane ne veut pas dire marginal È, Ç lÕambiance est
joviale, souvent on rit È, Ç É tÕes sžr que tu as tout ce quÕil te faut ? È, etc. Chic ambiance
entre copains. DÕautant plus que lÕhŽro•ne est ˆ 20 francs la dose, un vrai cadeau dont il
faut profiter !
Comment ne pas voir dans ce laxisme la raison du choix de notre Commune par les dealers
pour relancer le marchŽ de lÕhŽro•ne ?
La lecture de lÕarticle dont il est fait rŽfŽrence ici nous montre que le dispositif ˆ bas seuil
dont sÕest ŽquipŽ la Ville nÕest pas adŽquat et ne remplit pas sa mission de prŽvention
contre la toxicomanie, aupr•s des jeunes notamment, puisque des moins de 15 ans viennent
sÕapprovisionner au Distribus.
Compte tenu de ce qui prŽc•de, je dŽsire interpeller la MunicipalitŽ et lui poser les
questions suivantes :
Ð La MunicipalitŽ rose-rouge-verte a-t-elle trouvŽ un moyen de dŽtourner le vote
populaire en permettant aux responsables du Distribus de transformer celui-ci en
antichambre dÕun local dÕinjection, rejoignant ainsi les voeux du directeur de Passage
exprimŽs dans un interview, dÕutiliser de mani•re dŽtournŽe les subventions qui lui sont
accordŽes ?
Ð Dans le cas contraire, quelles mesures la MunicipalitŽ entend-elle prendre pour
remŽdier ˆ cet Žtat de fait ?
Ð La MunicipalitŽ va-t-elle donner des consignes aux responsables du Distribus pour que
ceux-ci respectent le principe Ç une seringue usagŽe contre une seringue propre È ?
Ð Concernant la recrudescence du marchŽ de lÕhŽro•ne ˆ Lausanne, quelles mesures la
MunicipalitŽ entend-elle prendre pour lÕenrayer ? Va-t-elle augmenter lÕeffectif de la
brigade des stupŽfiants ?
Ð Quand la MunicipalitŽ va-t-elle remplacer les automates ˆ seringues actuels ou enlevŽs
par des automates types Žchangeurs ?
Ð Concernant les mineurs qui se rendent au Distribus, comment ces cas sont-ils traitŽs ?
Les parents sont-ils immŽdiatement informŽs ?
RŽponse de la MunicipalitŽ
PrŽambule
La MunicipalitŽ tient en prŽambule ˆ rappeler la situation sanitaire souvent catastrophique
qui prŽvaut chez de tr•s nombreux consommateurs de substances illŽgales injectables. En
lÕabsence dÕun local officiel dÕinjection permettant de rŽduire les risques pour les
consommateurs, il existe ˆ Lausanne plusieurs Ç locaux dÕinjection È aux conditions
dÕhygi•ne dŽplorables, par exemple les toilettes publiques du centre-ville.
Le Distribus vise ˆ amŽliorer tant soit peu cette situation et en particulier ˆ Žviter la
diffusion des virus du sida et de lÕhŽpatite C par lÕutilisation collective de seringues
contaminŽes. Le Distribus est lÕune des modalitŽs de lÕapplication ˆ Lausanne du
Programme cantonal prŽvention des maladies transmissibles, Žchange de matŽriel stŽrile
pour les personnes toxicodŽpendantes. Ce programme de santŽ publique est dŽployŽ depuis
novembre 2007. AujourdÕhui, ce sont environ 100 000 seringues qui sont remises chaque
annŽe aux personnes dŽpendantes de stupŽfiants.
Ceci dit, la MunicipalitŽ rŽpond comme suit aux questions de lÕinterpellatrice :
1. La MunicipalitŽ rose-rouge-verte a-t-elle trouvŽ un moyen de dŽtourner le vote
populaire en permettant aux responsables du Distribus de transformer celui-ci en
antichambre dÕun local dÕinjection, rejoignant ainsi les vÏux du directeur de Passage,
SŽance N
o
4 du 27 septembre 2011 Ð 2
e
partie
364
exprimŽs dans un interview, dÕutiliser de mani•re dŽtournŽe les subventions qui lui sont
accordŽes ?
La MunicipalitŽ rejoint M
me
lÕinterpellatrice sur un point : le Distribus est bien une
antichambre, celle des multiples locaux dÕinjection sauvages du centre-ville. Elle dŽplore
profondŽment cette rŽalitŽ, mais le respect du vote populaire refusant lÕouverture dÕun
espace de consommation de stupŽfiants ˆ Lausanne interdit dÕy remŽdier.
La MunicipalitŽ sÕŽtonne des accusations de M
me
lÕinterpellatrice. VŽrification faite, aucun
ŽlŽment ne permet de dire quÕil y aurait dŽtournement de subvention par les responsables
du Distribus. Elle regrette les soup•ons portŽs ainsi sur un programme qui respecte les
directives cantonales.
La convention conclue entre la Ville de Lausanne et la Fondation ABS concernant le
Distribus stipule que ce dernier assure lÕaccueil et la permanence dÕŽchange de matŽriel
stŽrile six soirs par semaine (du lundi au samedi) de 17 h ˆ 21 h, avec messages de
prŽvention, information et orientation dans le rŽseau, selon les directives du programme
cantonal prŽcitŽ. Elle est aujourdÕhui respectŽe. On notera que ce dispositif nÕa jamais ŽtŽ
remis en cause, y compris par les reprŽsentants de Lausanne Ensemble lors des rŽcents
travaux de la commission du conseil communal qui a discutŽ le rapport-prŽavis 2009/3 bis
Ç Politique communale en mati•re de drogue È.
Le directeur de Passage a bel et bien dŽclarŽ dans un entretien retranscrit dans un travail de
recherche quÕil aurait mieux valu en 2007 ouvrir un local dÕinjection sans en informer qui
que ce soit et que personne nÕy aurait rien vu. Ces propos malheureux nÕengagent que lui et
nÕont en aucun cas re•u lÕaval de la MunicipalitŽ. Le chef du Service social a obtenu des
assurances formelles du prŽsident du conseil de la fondation ABS, responsable de
Passage : il nÕest pas question quÕABS ne tienne pas compte des dŽcisions de la Ville et du
peuple lausannois sur ce point.
2. Dans le cas contraire, quelles mesures la MunicipalitŽ entend-elle prendre pour
remŽdier ˆ cet Žtat de fait ?
Voir rŽponse sous question 1.
3. La MunicipalitŽ va-t-elle donner des consignes aux responsables du Distribus pour que
ceux-ci respectent le principe Ç une seringue usagŽe contre une seringue propre È ?
Le Distribus, par sa convention signŽe avec la Direction de la sŽcuritŽ sociale et de
lÕenvironnement, sÕengage ˆ respecter les directives cantonales. Ces derni•res prŽcisent
que lÕŽchange peut se faire jusquÕˆ un maximum de 100 seringues ˆ la fois selon le
principe du n=n. En cas de non-retour de matŽriel, ou de besoin supŽrieur au nombre
retournŽ, le nombre de seringues vendues est de 2 au maximum.
A la connaissance de la MunicipalitŽ et apr•s une nouvelle confirmation du prŽsident de la
Fondation ABS, les directives cantonales sont respectŽes par le Distribus. De plus, ces
directives sont affichŽes en Žvidence au Distribus ainsi quÕau Passage, dans le local prŽvu
pour lÕŽchange de matŽriel stŽrile.
Depuis sa mise en place en novembre 2007, le Distribus a atteint un taux de retour du
matŽriel usagŽ de 87,6 % en 2010 contre 82,5 % en 2007 et 65 % en 2005 (durant la
pŽriode du projet pilote qui a durŽ neuf mois). Au Passage, ce taux de retour est dÕenviron
100 % chaque annŽe. Le taux de retour au niveau cantonal est de 90 % en moyenne.
La pratique dÕŽchange et de vente du matŽriel stŽrile de la Fondation ABS est vŽrifiŽe
chaque mois par la responsable du programme cantonal, par le biais des statistiques, qui
sont ˆ disposition des personnes qui en feraient la demande.
De plus, et dans le cadre de la certification QuaTheDA de la Fondation ABS, les experts de
ProCert (organisme de certification) ont ŽtŽ vŽrifier leur pratique de terrain. Cette pratique
a Žgalement ŽtŽ vŽrifiŽe par la coordinatrice opŽrationnelle du programme.
SŽance N
o
4 du 27 septembre 2011 Ð 2
e
partie
365
4. Concernant la recrudescence du marchŽ de lÕhŽro•ne ˆ Lausanne, quelles mesures la
MunicipalitŽ entend-elle prendre en compte pour lÕenrayer ? Va-t-elle augmenter
lÕeffectif de la brigade des stupŽfiants ?
Le Corps de police et en particulier la brigade des stupŽfiants nÕobserve pas une
recrudescence de trafic dÕhŽro•ne en Ville de Lausanne. Cependant, les signes de trafic, d•s
leur apparition, sont traitŽs et des mesures dÕenqu•te sont immŽdiatement prises afin de
rŽduire le risque de fixation et dÕamplification du phŽnom•ne. Dans la majoritŽ des cas, les
personnes interpellŽes en possession dÕhŽro•ne reviennent de Gen•ve o• la situation est
beaucoup plus difficile sur ce plan. Les personnes concernŽes sont des toxicomanes ou des
trafiquants cherchant ˆ sÕimplanter ˆ Lausanne. Dans ce dernier cas, les policiers
interviennent d•s que possible.
Il est important de relever ici que la qualitŽ de la marchandise sur le marchŽ est tr•s
mauvaise, ce qui explique le cožt moyen tr•s accessible de la dose. Cependant, les prix
pratiquŽs actuellement ne sont pas exceptionnellement bas.
La MunicipalitŽ rappelle que les effectifs du Corps de police affectŽs en prioritŽ au
probl•me des produits stupŽfiants se composent de diffŽrents partenaires et de pr•s de 36
personnes. Douze enqu•teurs et cadres sont rattachŽs ˆ la brigade des stupŽfiants. Ceux-ci
m•nent les opŽrations et recherches sur les trafiquants et les rŽseaux. Seize collaborateurs
Ïuvrent en rue principalement en relation avec le trafic en rue. Vingt-cinq collaborateurs
travaillent en civil et sont rattachŽs ˆ la police judiciaire. De plus, au sein des quatre
sections de police secours, deux collaborateurs par section sont engagŽs prioritairement
pour rŽduire les risques de fixation par une prŽsence visible.
Au vu des effectifs prŽsentŽs, la MunicipalitŽ nÕenvisage pas, en lÕŽtat, une augmentation
de personnel affectŽ ˆ la brigade des stupŽfiants estimant que les efforts faits rŽcemment
pour lÕaugmentation des postes de travail affectŽs au trafic de rue sont dŽjˆ consŽquents.
5. Quand la MunicipalitŽ va-t-elle remplacer les automates ˆ seringues actuels ou enlevŽs
par des automates type Žchangeurs ?
La MunicipalitŽ ach•tera de nouveaux automates d•s que les recommandations annoncŽes
par le Conseil dÕEtat auront ŽtŽ diffusŽes. Le choix du mod•le dÕautomate dŽpendra en
effet de ces recommandations.
6. Concernant les mineurs qui se rendent au Distribus, comment ces cas sont-ils traitŽs ?
Les parents sont-ils immŽdiatement informŽs ?
La MunicipalitŽ sÕinqui•te, comme M
me
lÕinterpellatrice de lÕŽmergence de consommateurs
mineurs de produits illŽgaux injectables. La Direction de la sŽcuritŽ sociale et de
lÕenvironnement a sollicitŽ une prise de position du DŽpartement de la santŽ et de lÕaction
sociale concernant la remise de matŽriel stŽrile aux personnes mineures. Il appartiendra
sans doute au mŽdecin cantonal de prŽciser les r•gles en la mati•re. La convention conclue
avec le Distribus prŽcise que les jeunes et les nouveaux consommateurs font lÕobjet dÕune
vigilance particuli•re de la part des intervenants. Ils sont orientŽs systŽmatiquement vers le
projet Ç DŽpart È, lorsque les circonstances le permettent.
Il sera nŽcessaire, si la prŽsence rŽguli•re de consommateurs mineurs se confirme sur le
terrain, de sÕadresser ˆ cette problŽmatique de mani•re adŽquate et concertŽe. La
MunicipalitŽ informera le Conseil communal des actions quÕelle entreprendra en ce sens.
Discussion
M
me
Fran•oise Longchamp (PLR) : Ð Je remercie la MunicipalitŽ de mÕavoir fait
parvenir sa rŽponse. Elle appelle cependant ˆ des questions ou commentaires. En rŽponse ˆ
ma premi•re question, la MunicipalitŽ sÕŽtonne des accusations que jÕaurais formulŽes ˆ
lÕencontre des responsables de Distribus de dŽtourner des subventions accordŽes ˆ Passage.
Je tiens ˆ prŽciser que ce ne sont pas des accusations que jÕai formulŽes, mais bien une
question motivŽe par les propos tenus par le directeur de Passage lors dÕun interview
SŽance N
o
4 du 27 septembre 2011 Ð 2
e
partie
366
retranscrit dans un travail de dipl™me dŽposŽ ˆ la Biblioth•que cantonale universitaire. A la
question qui lui Žtait posŽe : Ç Selon vous, quand est-ce que le sujet dÕun espace de
consommation dans la capitale vaudoise refera-t-il surface ? È, le directeur de Passage a
rŽpondu : Ç Alors, en tout cas, ce nÕest pas une idŽe abandonnŽe par la Fondation Accueil ˆ
Bas Seuil (ABS), cela est sžr. Je pense quÕil aurait ŽtŽ plus simple, ˆ lÕŽpoque,
dÕaugmenter sensiblement la subvention de lÕassociation pour quÕon crŽe ici un espace de
consommation sans en faire un tapage mŽdiatique et populaire. Dans le fond, ˆ moins que
les gens commencent ˆ grailler et ˆ aller voir ˆ quoi correspond lÕaugmentation de la
subvention, personne ne lÕaurait su. È Et dÕajouter plus loin : Ç On a invitŽ ˆ plusieurs
reprises les conseillers ˆ venir visiter le Passage ; tr•s peu de politiciens viennent voir le
travail quÕon fait. Donc, si on avait ouvert un espace de consommation ici, personne ne
lÕaurait vraiment su. È
De tels propos sont inadmissibles et jettent le discrŽdit sur lÕensemble des collaborateurs de
lÕinstitution, ce quÕavait dÕailleurs reconnu lÕancien directeur de la SŽcuritŽ sociale en
commission, ainsi que dans sa rŽponse ˆ ma premi•re question. Ils jettent Žgalement un
discrŽdit sur le travail des commissaires de la Commission des finances et de la
Commission de gestion, mettant ainsi en cause leur travail dÕŽlus.
Si jÕai posŽ cette question, cÕest que le reportage sur le Distribus fait par un quotidien de la
place a rouvert mes craintes, ainsi que celles dÕun grand nombre de Lausannois, que celui-
ci ne sorte de son cadre lŽgal. Mes craintes sont toujours aussi prŽsentes quand je lis dans
LÕinfo de la fondation ABS envoyŽ aux autoritŽs cantonales et communales lausannoises :
Ç Elargir la rŽduction des risques est une nŽcessitŽ et les possibilitŽs sont nombreuses È Ð
suivent une sŽrie de possibilitŽs Ð, je cite toujours : Ç Žlargir lÕoffre ˆ de nouvelles
prestations, local de consommation, bistrot social, etc. È Or, je croyais que tant le
conseiller dÕEtat Maillard que le municipal Junod, alors dŽputŽ et prŽsident du groupe
socialiste au Grand Conseil, avaient affirmŽ quÕil nÕŽtait plus question dÕun local de
consommation.
A la troisi•me question concernant le principe dÕune seringue usagŽe contre une seringue
propre, la MunicipalitŽ rŽpond que le Distribus respecte les directives cantonales, qui
prŽcisent que lÕŽchange peut se faire jusquÕˆ un maximum de 100 seringues ˆ la fois selon
le principe n=n. Cette rŽponse am•ne une autre question. Ces 100 seringues ˆ la fois, est-ce
par jour ? Par personne ? Comment les responsables du Distribus proc•dent-ils pour
contr™ler quÕil nÕy a pas trafic de seringues ?
A la quatri•me question concernant la recrudescence du marchŽ dÕhŽro•ne ˆ Lausanne, la
MunicipalitŽ rŽpondait que le Corps de police et en particulier la brigade des stupŽfiants
nÕobservait pas une recrudescence de trafic dÕhŽro•ne ˆ Lausanne et que les prix pratiquŽs
alors nÕŽtaient pas particuli•rement bas. Or, le 23 mars, date de la rŽponse municipale ˆ
mon interpellation, on pouvait lire dans un hebdomadaire lausannois Ç HŽro•ne : la menace
plane sur Lausanne È. Le porte-parole de la Police cantonale vaudoise disait quÕil y avait
dŽsormais une concurrence entre dealers de coca•ne et dealers dÕhŽro•ne, que le prix de
lÕhŽro•ne Žtait devenu abordable pour tout un chacun. M. Nicolas Pythoud, directeur de
Passage, disait que cette drogue engendrait une dŽpendance rapide et des risques
dÕoverdose lors de la premi•re prise dŽjˆ, que le probl•me avec lÕhŽro•ne Žtait que les
consommateurs passaient en moins de six mois de la fumette ˆ lÕinjection, et que les jeunes
Žtaient de plus en plus touchŽs par ces problŽmatiques de toxicomanie. Et dÕajouter :
Ç Nous nous sentons dŽmunis face ˆ ceux qui consomme de lÕhŽro•ne et des drogues
dures. È M. le municipal de la SŽcuritŽ publique et sports reconnaissait, dans le m•me
article, cet inquiŽtant retour de lÕhŽro•ne, et dit plus loin : Ç La baisse des prix incite les
jeunes ˆ franchir le pas. È Dans cet article, on pouvait Žgalement lire : Ç Au sein de la
police lausannoise, le constat du retour de lÕhŽro•ne est Žgalement ˆ lÕordre du jour. È Une
question me vient donc ˆ lÕesprit : comment la rŽponse ˆ cette quatri•me question a-t-elle
ŽtŽ ŽlaborŽe et par qui ? Elle est en contradiction avec la rŽalitŽ du terrain, confirmŽe par
des professionnels.
SŽance N
o
4 du 27 septembre 2011 Ð 2
e
partie
367
A la cinqui•me question, la MunicipalitŽ rŽpond quÕelle ach•tera de nouveaux automates ˆ
seringues d•s que les recommandations annoncŽes par le Conseil dÕEtat auront ŽtŽ
diffusŽes. Or celles-ci on ŽtŽ faites dans la rŽponse du Conseil dÕEtat au postulat Leuba, le
2 dŽcembre 2010. Il nous en avait dÕailleurs ŽtŽ fait lecture le jour m•me, sous embargo de
quelques heures, lors dÕune sŽance de commission traitant le prŽavis 2009/3bis. On peut
donc sÕŽtonner de la rŽponse municipale ˆ ma question.
Quant ˆ la rŽponse ˆ ma sixi•me question, concernant les mineurs qui se rendent au
Distribus, je reste sur ma faim quand la MunicipalitŽ rŽpond quÕils sont systŽmatiquement
orientŽs vers le Projet DŽpart, lorsque les circonstances le permettent. Et si les
circonstances ne le permettent pas, que se passe-t-il ? Depuis le 23 mars Ð date de la
rŽponse municipale Ð, la prŽsence rŽguli•re de consommateurs mineurs sÕest-elle
confirmŽe sur le terrain ? Si oui, quelles actions la MunicipalitŽ entend-elle prendre ou a-t-
elle entreprises pour protŽger les mineurs ?
Dans le postulat que nous avons dŽposŽ en octobre 2007, nous avons demandŽ que
lÕespace de vie que nous proposions comprenne entre autres un espace Ç jeune-accueil È.
Nous resterons donc attentifs ˆ cette problŽmatique inquiŽtante de la consommation de
produits stupŽfiants par des personnes de plus en plus jeunes. Dans le courant du mois de
mai, jÕai appris dÕune intervenante en toxicomanie quÕelle aurait vu de ses yeux que la
consommation de stupŽfiants, notamment lÕinjection, se ferait ˆ lÕintŽrieur m•me du
Distribus. La responsable prŽsente alors lui aurait dit : Ç je rends service È. La MunicipalitŽ
est-elle au courant de ces pratiques ?
La discussion est ouverte.
M. Jean-Luc Laurent (UDC) : Ð Dans sa rŽponse du 23 mars 2011 ˆ M
me
lÕinterpellatrice,
la MunicipalitŽ admet que le Distribus est bien une antichambre, celle des multiples locaux
dÕinjection sauvages du centre-ville, et elle dit dŽplorer cette rŽalitŽ. ConsidŽrer les WC
publics comme des locaux dÕinjection pourrait pr•ter ˆ rire si la situation nÕŽtait pas si
grave. Alors, je pose la question : de qui se moque-t-on ? Je rappelle que lors de la votation
du 8 juillet 2007, les Lausannoises et les Lausannois ont largement refusŽ le projet de local
dÕinjection et de bistrot social, ˆ pr•s de 55 %. Que se passe-t-il aujourdÕhui ? Avec la
bŽnŽdiction de la MunicipalitŽ, le Distribus est exploitŽ comme un local dÕinjection ˆ
roulettes. Ce dŽtournement dŽlibŽrŽ de la volontŽ populaire nÕest pas acceptable.
Le groupe UDC rappelle que les activitŽs annoncŽes du Distribus sont lÕŽchange de
matŽriel stŽrile, lÕinformation sur lÕhygi•ne dÕinjection et de consommation, ainsi que sur
les IST, les soins de premiers secours, la distribution de prŽservatifs et lÕorientation des
toxicomanes dans le rŽseau sociosanitaire. Nulle part il nÕest fait mention que le Distribus
devrait •tre un lieu permettant lÕinjection de produits stupŽfiants en toute impunitŽ, une
zone de non-droit. Quand on apprend que 100 000 seringues sont distribuŽes par annŽe,
cela laisse songeur. Le groupe UDC demande que les activitŽs du Distribus soient
recentrŽes sur ses missions premi•res et non plus sur une sc•ne ouverte ambulante de la
drogue.
M
me
Solange Peters (Soc.) : Ð Je reviens sur quelques points, vu que beaucoup de
rŽponses ont ŽtŽ fournies par la MunicipalitŽ de fa•on assez exhaustive, pour essayer de
redonner un peu de rationalitŽ ˆ ce sujet. Il est vrai que le Distribus, comme son nom
lÕindique, a pour mission de distribuer. Mon coll•gue, lors de la derni•re intervention,
demande de recentrer le Distribus sur sa mission premi•re ; sa mission premi•re est, en
effet, de procŽder ˆ lÕŽchange de seringues pour Žviter que la contamination des maladies
infectieuses transmissibles par voie sanguine, notamment le sida et lÕhŽpatite, continue sa
poursuite Žvolutive ˆ travers notre ville. Il ne sÕagit donc pas dÕun trafic de seringues Ð
dÕailleurs la seringue se vend assez mal sur le marchŽ. SÕil faut Žchanger 100 nouvelles
seringues contre 100 anciennes, cÕest que les 100 anciennes ont ŽtŽ utilisŽes et que, si on
ne les Žchangeait pas, elles seraient utilisŽes deux, trois ou quatre fois, rendant ainsi le
risque de transmission de maladies infectieuses tr•s ŽlevŽ. Donc, il me semble que
SŽance N
o
4 du 27 septembre 2011 Ð 2
e
partie
368
dÕaccuser le Distribus dÕabuser de ses pouvoirs en distribuant de seringues tient de
lÕabsurditŽ.
On a accusŽ le Distribus Ð et jÕen suis parfaitement choquŽe Ð dÕ•tre un endroit o• on
sÕinjecte de la drogue. Je dŽclare mes intŽr•ts : je fais partie du conseil de fondation de la
Fondation ABS. Il sÕagit dÕune attaque frontale, sans fondement, contre des professionnels
tr•s insŽrŽs et investis dans lÕaccueil et lÕaccompagnement de ces gens, qui les
connaissent ; je laisse les personnes qui ont osŽ formuler ces accusations ˆ la limite de la
gravitŽ et de lÕindŽcence ce soir, devant les Lausannois, discuter avec les intervenants. Je
ne saurai accepter de laisser croire que ces gens, qui ont ŽtŽ formŽs pour rŽpondre ˆ la loi
et ˆ des r•gles, ont permis des injections au sein m•me du Distribus ; cela nÕa jamais eu
lieu, et cela nÕaura pas lieu.
Pour finir, en ce qui concerne le local dÕinjection, les Lausannois lÕont refusŽ, nous nÕen
parlerons pas. ABS ou les structures dÕaccueil se fondent sur une littŽrature de plus en plus
riche, qui dit quÕil y a plusieurs alternatives pour aider ˆ la survie et qui sont un pilier ˆ la
survie plus efficace ; ces alternatives sont reconnues partout dans le monde, mais,
malheureusement, pas ˆ Lausanne. SÕils le disent, cÕest parce que lÕon parle de la thŽorie
dÕabord et puis, ensuite, de lÕapplication ; et la seule quÕon a ˆ Lausanne, cÕest le Distribus.
Donc, ici, on fait beaucoup de bruit autour de rumeurs assez choquantes. Je demande ˆ
M
me
lÕinterpellatrice quÕelles sont les buts premiers de cette interpellation ; en gros, o•
veut-on en venir ?
M
me
Fran•oise Longchamp (PLR) : Ð Je rappelle ˆ M
me
Peters que jÕai volontairement
mis ma derni•re intervention au conditionnel, parce quÕil est vrai que je ne lÕai pas constatŽ
moi-m•me ; cÕest une intervenante en toxicomanie qui lÕa vu dans le Distribus et qui a re•u
cette rŽponse assez Žtonnante de la part de la personne qui Žtait en charge ce jour-lˆ : Ç je
le fais pour rendre service È. CÕest assez choquant et cÕest pour cela que je demande ˆ la
MunicipalitŽ Ð je ne lÕai pas demandŽ ˆ M
me
Peters, mais ˆ la MunicipalitŽ Ð si elle est au
courant de telles pratiques.
O• voulais-je en venir avec cette interpellation ? Eh bien, jÕai ŽtŽ choquŽe il y a six mois !
JÕai dŽposŽ cette interpellation en dŽbut dÕannŽe parce que jÕai ŽtŽ assez choquŽe par
diffŽrents ŽlŽments, par les propos du directeur de Passage, comme je lÕai relevŽ ; ils sont
maintenant ˆ la Biblioth•que cantonale universitaire, donc on ne peut pas mÕaccuser de
sortir des propos qui nÕexistent pas. Je les ai ici, madame Peters, si vous voulez les lire.
DÕautre part, bien des Lausannois ont ŽtŽ extr•mement choquŽes, notamment par lÕarticle
avec photos qui a paru dans la presse concernant un reportage sur le Distribus. CÕest pour
cela que jÕai dŽposŽ mon interpellation, pour avoir des explications de la part de la
MunicipalitŽ, qui est le garant de ce Distribus.
Quant aux seringues, oui, bien sžr, jÕai posŽ une question. Je voulais savoir si cÕŽtaient
100 seringues par jour par personne ; cÕest quand m•me un nombre assez impressionnant.
JÕattends la rŽponse de la MunicipalitŽ.
M
me
Solange Peters (Soc.) : Ð Il est tr•s important de savoir que les gens qui travaillent
dans la Fondation ABS sont tenus au courant de fa•on hebdomadaire du nombre de
consommateurs rencontrŽs au Distribus, de la variabilitŽ des personnes, de leur ‰ge et des
problŽmatiques rencontrŽes dans lÕactivitŽ ˆ cet endroit. Il ne sÕagit donc pas dÕune
structure qui va ˆ vau-lÕeau et de fa•on sauvage ˆ sa perte, mais bien dÕune structure
extr•mement contr™lŽe et professionnelle au quotidien. Ma question ˆ M
me
Longchamp
Žtait pour savoir si elle souhaitait rouvrir le dŽbat que nous avons eu il y a maintenant dix ˆ
quinze ans, et donc fermer le Distribus et mettre fin ˆ la distribution de seringues pour des
raisons sanito-hygiŽniques. CÕŽtait cela ma question.
M. Oscar Tosato, municipal, Enfance, jeunesse et cohŽsion sociale : Ð Pendant cette
lŽgislature, on aura beaucoup dÕoccasions de parler de toxicomanie et de lutte contre les
dŽpendances. Ce soir, saisissant lÕoccasion de la rŽponse ˆ cette interpellation, je tiens ˆ
SŽance N
o
4 du 27 septembre 2011 Ð 2
e
partie
369
vous indiquer quelle sera ma devise et quelle sera la devise de la MunicipalitŽ : pas de
promesses, mais des solutions !
Madame Longchamp, je vous reconnais une compŽtence dans le domaine de la lutte contre
les dŽpendances et dans lÕaccompagnement de personnes concernŽes par les dŽpendances.
Je ne sais pas, par contre, si vous attendez sŽrieusement une rŽponse de ma part ˆ votre
question, parce que, la rŽponse, vous la connaissez dŽjˆ. Je vais tenter quelques rŽponses et
si vraiment vous pensez que je nÕai pas rŽpondu ˆ vos questions sŽrieusement et
honn•tement, vous me le redemanderez et je rŽpondrai encore une fois.
SÕagissant des propos tenus par le directeur dÕune fondation dans un travail de dipl™me
dÕun Žtudiant qui a fait une recherche sur un phŽnom•ne. Vouloir et imaginer que lÕon
puisse interdire ˆ un des grands spŽcialistes du domaine de la toxicomanie de donner son
avis et imaginer quÕil nÕa pas le droit de le faire est, pour moi, inadmissible. Le droit
dÕexpression existe aussi dans ce domaine ; et le droit dÕexpression, madame Longchamp,
quelquefois nÕest peut-•tre pas celui quÕon voudrait entendre, en termes politiques. Et peut-
•tre m•me que M. Pythoud Ð que je ne connais pas encore Ð a fait simplement un travail
dÕhistorien sur les deux derni•res annŽes. Il a tenu un certain nombre de propos ; on peut
•tre content ou non, mais cÕest cela qui va faire avancer le dŽbat et cÕest bien lˆ o• lÕon
voit quÕil y a des positions diffŽrentes quant ˆ la prise en charge de cette problŽmatique
importante. De lˆ ˆ affirmer, comme vous lÕavez fait, que cela jette le discrŽdit sur les
autoritŽs communales, quÕelles soient lŽgislatives ou municipales, cÕest une voie sur
laquelle je ne veux pas mÕengager, car je ne veux pas me laisser y emmener par vous. Il
nÕy a pas de discrŽdit.
Concernant le trafic de seringues, puisque vous lÕappelez ainsi, madame Longchamp.
Dimanche apr•s le culte, auquel nous Žtions ensemble, vous mÕavez gentiment annoncŽ
que le Passage avait sorti une lettre dÕinformation ˆ lÕintention des conseill•res et des
conseillers communaux. Je vous en remercie, cela mÕa permis de demander si je pouvais
aussi la recevoir. Je lÕai lue pour ce soir. Effectivement, on y apprend que le Passage et le
Distribus, en plus du secteur de lÕŽchange et de la remise de matŽriel stŽrile, ont distribuŽ
11 000 seringues entre janvier et juin. Il nÕy a pas le dŽtail pour savoir si cÕŽtait par jour,
combien de personnes, si cÕŽtaient des gar•ons ou des filles, mais, effectivement, il y a les
moins de 25 ans et les moins de 20 ans. M
me
Peters a ŽtŽ claire par rapport au type de
consommation : il y en a peut-•tre un qui utilise dix seringues par jour ; sur dix jours, cela
en fait cent. Il y en a peut-•tre qui utilisent plus, il y en a qui se loupent avec la premi•re
seringue et il leur en faut deux pour un m•me shoot. CÕest malheureux ; cÕest la seule
chose que je puisse vous dire, cÕest malheureux ! Mais, effectivement, jusquÕen juin,
11 000 seringues ont tŽtŽ distribuŽes ; cÕest beaucoup.
Mais, il nÕy a pas de trafic de seringues. Je suis contre ce type dÕarguments dans ce
Conseil. Ce que vous vous appelez trafic de seringues, cÕest simplement lÕŽchange et la
mise ˆ disposition de matŽriel stŽrile pour emp•cher la propagation du sida et de lÕhŽpatite.
CÕest cela quÕon essaye dÕŽviter.
Maintenant, si vous faites lÕexŽg•se des textes de la MunicipalitŽ, vous lÕavez relevŽ ˆ
juste titre, cÕest mon coll•gue qui a rŽpondu ˆ la question n¡ 4 ; il nÕy a pas de
contradiction. On nous cherche des poux !
En ce qui concerne la question n¡ 5, jÕai questionnŽ les autoritŽs compŽtentes ; le Conseil
dÕEtat nÕa pas encore annoncŽ les recommandations, ce qui fait que nous en sommes
toujours au m•me point quÕen mars 2011. Je crois savoir que les automates prŽvus sont du
type Žchange de seringue contre seringue et non du type cinq francs contre seringue.
(RŽactions dans la salle.) CÕest quand m•me prŽfŽrable de laisser la possibilitŽ dÕavoir une
seringue pour cinq francs. De toute fa•on, on trouvera toujours quelquÕun qui pense que
celui ˆ cinq francs est aussi bien, ce qui am•nera une question au Conseil communal ou
une interpellation urgente, et on rŽpondra que, malheureusement, les scientifiques ne sont
pas tous du m•me avis, mais que tous ont le souci de la santŽ des patients ; chacun y va de
SŽance N
o
4 du 27 septembre 2011 Ð 2
e
partie
370
son avis. Pour le moment, aucune dŽcision nÕa ŽtŽ prise ; je me suis renseignŽ aupr•s des
autoritŽs compŽtentes au Conseil dÕEtat.
Quant ˆ la question n¡ 6, je me fŽlicite de vous avoir entendue et jÕesp•re avoir entendu
juste : vous •tes favorable ˆ la mise ˆ disposition dÕun lieu dÕaccueil social pour un certain
nombre de personnes concernŽes par les dŽpendances ˆ Lausanne, et vous •tes m•me
dÕaccord que, dans ce lieu dÕaccueil social, il y ait un espace pour les mineurs ; cÕest une
prŽoccupation commune que nous avons toujours eue. JÕen appelle ˆ vous, madame
Longchamp, pour que nous puissions travailler ensemble sur ce dossier, car, ˆ part une
confrontation politicienne, on aspire ˆ la m•me chose : la suppression de la consommation
de produits amenant ˆ des dŽpendances et mettre en place un syst•me sanitaire ˆ Lausanne
valable pour les plus riches comme les plus pauvres, pour tout le monde.
Monsieur Laurent, vous avez posŽ une question par rapport ˆ une information dans la
rŽponse de la MunicipalitŽ. On ne se moque de personne, on vous dit cržment ce qui se
passe. SÕil nÕy a pas de local dÕinjection, les gens vont dans les toilettes. Ç Mais, de qui se
moque-t-on ? È Absolument de personne. On le dit cržment, cÕest comme cela. Est-ce
quÕon veut trouver une solution au fait quÕil y a des personnes qui utilisent les toilettes
publiques pour faire un shoot ? A Zurich, il nÕy a plus personne qui le fait dans les toilettes
publiques. Il nÕy a plus de sc•ne ouverte ˆ Zurich ; il y a simplement cinq lieux dÕinjection.
CÕest ˆ nous de savoir ce que nous voulons. Les citoyens lausannois nÕont pas voulu cela.
Je vous parle simplement de la rŽalitŽ, je ne fais pas lÕapologie dÕun syst•me ou dÕun autre.
Vous nous posez une question claire ; je vous y rŽponds clairement. Si on ne vous avait pas
dit oui, vous auriez dit que je nÕy Žtais pas allŽ, que vous mÕy am•neriez pour me montrer.
Voilˆ, on ne lÕa pas fait.
Je remercie M
me
Peters. Ses interventions sont toujours pertinantes ; des fois elles nous
emp•chent peut-•tre, en tant que le municipal, de donner la rŽponse en primeur. Mais
M
me
Longchamp lÕa rappelŽe ˆ lÕordre, donc jÕai rŽpŽtŽ un certain nombre de choses
quÕelle avait dites, mais cÕest parce que M
me
Longchamp a insistŽ, elle voulait que ce soit
moi qui le dise. JÕesp•re que ces rŽponses vous auront satisfait. Je vous propose dÕaccepter
la rŽponse ˆ cette interpellation, mais, madame Longchamp, si vous avez encore une
question et si vraiment vous pensez que je nÕy ai pas rŽpondu, dites-le-moi et jÕy rŽpondrai.
M
me
Fran•oise Longchamp (PLR) : Ð JÕai plusieurs remarques par rapport ˆ ce que
M. Tosato vient de dire. Tout dÕabord, je nÕai pas dit quÕil y avait un trafic de seringues
(remarques dans la salle). JÕai demandŽ, et cÕest dans mon texte, comment les
responsables du Distribus proc•dent pour contr™ler quÕil nÕy a pas de trafic de seringues.
JÕai posŽ la question de savoir, sur ces 100 seringues, combien cela reprŽsente par jour et
par personne. Et je nÕai pas eu la rŽponse.
Vous parlez de confrontation politicienne ; je ne suis pas du tout dÕaccord avec vous ; cÕest
un sujet suffisamment important pour que lÕon puisse en parler ici sans se faire rabrouer.
Vous dites, monsieur le municipal, que, ˆ la question 4, il nÕy a pas de contradiction. Je
nÕai pas la m•me lecture que vous par rapport ˆ la rŽponse de la MunicipalitŽ et aux faits
relatŽs par la Police cantonale, et m•me par le municipal responsable de la police. Vous
dites quÕil y a quatre ou cinq locaux dÕinjection ˆ Zurich, mais quÕil nÕy a pas de sc•ne
ouverte ; je ne sais pas depuis combien de temps vous nÕ•tes pas allŽ ˆ Zurich. Vous dites
aussi que le Conseil dÕEtat nÕa pas encore pris de position ; je suis tr•s surprise par ces
propos, puisque, comme je lÕai dit, et mes coll•gues de la commission qui a traitŽ du
dernier prŽavis sur la toxicomanie Žtaient prŽsents, votre ancien coll•gue nous a donnŽ
lÕinformation au mois dÕaožt 2011 ; il y a le rapport Žcrit du Conseil dÕEtat. Je le cite :
Ç M. le conseiller dÕEtat Maillard dŽclare que plus aucun automate ˆ seringues nÕest
prŽsent ˆ Lausanne et quÕil nÕy en a actuellement plus en service dans le Canton. Si une
commune veut en mettre, elle doit le faire dans le cadre prŽvu sous la forme dÕun syst•me
dÕŽchange avec les conditions-cadres ŽvoquŽes È. CÕest un document officiel qui Žmane du
Grand Conseil.
SŽance N
o
4 du 27 septembre 2011 Ð 2
e
partie
371
Madame Peters, je nÕai pas du tout envie que lÕon arr•te la distribution de seringues ; je
veux quÕon la contr™le. Et cÕest pour cela que je dŽpose deux rŽsolutions.
Premi•re rŽsolution
Le Conseil communal souhaite que la MunicipalitŽ veille ˆ ce que les responsables du
Distribus appliquent strictement le principe de lÕŽchange de seringues.
Deuxi•me rŽsolution
Le Conseil communal souhaite que la MunicipalitŽ veille ˆ ce que la direction de Passage
respecte le vote populaire des Lausannois, qui ont refusŽ notamment lÕouverture dÕun local
dÕinjection, et veille Žgalement ˆ ce que le Distribus ne devienne par un tel lieu de
consommation.
M
me
Solange Peters (Soc.) : Ð Je donnerai rapidement mon avis sur ces deux rŽsolutions ;
bien sžr, nous nÕavons pas eu lÕoccasion dÕen discuter au sein de notre groupe. Mais avant,
je reviens sur la notion de sc•ne ouverte de la drogue. Je ne sais pas depuis combien de
temps M. le municipal nÕest pas allŽ ˆ Zurich ; jÕy vais deux jours par semaine et,
effectivement, en termes dÕemploi de toilettes publiques, la ville de Zurich est plus
frŽquentable que nos toilettes ˆ la Riponne, de tr•s loin ; il nÕy a en effet plus de sc•ne de
la drogue ˆ Zurich. Quand on se balade dans le centre, on voit que cÕest une ville
extr•mement propre et frŽquentable.
Pendant la campagne, on nÕa eu de cesse de rŽpŽter que si les gens trouvaient que de
rencontrer un droguŽ au fond du parking de la Riponne, dans les toilettes, en train de
sÕinjecter de la drogue, dans des conditions misŽrables, dans une hygi•ne dŽplorable et
dans des situations qui nous font mal au cÏur, la seule mani•re dÕen venir ˆ bout Žtait bien
dÕoffrir un lieu digne pour une approche sanitaire respectable de cette pratique
malencontreuse et triste pour nous tous. Donc, en ce qui concerne la sc•ne de la drogue,
nous avons eu lÕoccasion de proposer des alternatives reconnues qui nÕont pas ŽtŽ
acceptŽes ; nous lÕavons respectŽ.
Concernant la deuxi•me rŽsolution, dont la premi•re partie concerne le respect de la
dŽcision populaire, une rŽsolution doit •tre votŽe si elle a un impact ou quÕelle fait
rŽsonner quelque chose qui a besoin dÕun Žcho. Pour lÕinstant, ˆ Lausanne, on a respectŽ le
rŽsultat de cette votation, comme tellement dÕautres. Donc, la premi•re partie de la
rŽsolution nÕa pas lieu dÕ•tre. En ce qui concerne la deuxi•me partie, je nÕaccepte pas
dÕentrer en mati•re sur une calomnie de bas degrŽ.
Quant ˆ la premi•re rŽsolution, une fois de plus, le Distribus propose un Žchange de
seringues ; les gens respectent ces r•gles et je ne comprends pas la notion de trafic de
seringues. La seringue ne se vend pas, elle sÕutilise pour consommer de la drogue. CÕest ˆ
la limite de la calomnie ; les professionnels respectent les r•gles, comme dÕailleurs tous les
professionnels de la santŽ. Pour moi, voter ces deux rŽsolutions cÕest non seulement user
dÕun outil dŽmocratique qui nÕa pas lieu dÕ•tre ici, puisque les choses sont respectŽes et,
dÕautre part, elles fr™lent tant lÕune que lÕautre, mais surtout la deuxi•me, une accusation
qui nÕa pas lieu dÕ•tre. On aimerait avoir un climat de dŽbat ouvert et positif autour de ce
sujet, surtout par rapport ˆ la dignitŽ des gens qui sont tombŽs dans la dŽpendance.
M
me
Anna ZŸrcher (Soc.) : Ð Je me permets de rŽagir. Je dŽclare mes intŽr•ts : je suis
assistante sociale ; dans le cadre de ma formation, il y a une annŽe et demie, presque deux
ans, jÕai fait trois semaines de stage ˆ ABS. JÕai passŽ du temps avec ceux que jÕappelle
mes coll•gues, des travailleurs sociaux. JÕai donc fait avec eux le Distribus ; jÕai vu de
quelle mani•re, et pour tous les actes quÕils effectuent dans le cadre de leur mandat, tout
est bien notŽ ; ils ont m•me des statistiques : ils doivent tout noter, notamment toutes les
personnes qui frŽquentent le Distribus. On pose toujours les m•mes questions, notamment
par rapport ˆ lÕ‰ge. Je suis donc sinc•rement choquŽe ; je ne pense pas une seule seconde
quÕon puisse parler de trafic de seringues ; dŽjˆ, je ne comprends pas cette notion, je ne
comprends pas de quelle mani•re elle se pratique ; je vois tr•s mal ces travailleurs sociaux
SŽance N
o
4 du 27 septembre 2011 Ð 2
e
partie
372
se pr•ter ˆ un acte gravissime. Il nÕy a pas que des personnes issues de formation mŽdicale
qui travaillent lˆ-bas ; il y a des infirmiers, des infirmi•res, mais le reste du personnel, ce
sont des travailleurs sociaux comme moi. Je les verrai mal aider quelquÕun, par exemple, ˆ
sÕinjecter. Je trouve que cÕest gravissime juste de le dire ; dŽsolŽe, mais jÕavais vraiment
besoin de mÕexprimer lˆ-dessus.
M. Oscar Tosato, municipal, Enfance, jeunesse et cohŽsion sociale : Ð JÕai promis que
je rŽpondrai aux questions prŽcises ; je vais le faire de mani•re fort honn•te, madame
Longchamp, parce que, pendant cette lŽgislature, jÕai envie de travailler avec vous, avec la
droite de ce Conseil, avec le PLR, comme je vous lÕai dit, pour ne pas faire des promesses,
mais trouver des solutions. Donc je ne veux pas mÕamuser ˆ envenimer le dŽbat.
Concernant Zurich, la semaine passŽe jÕai rencontrŽ mon homologue zurichois ˆ Berne ;
nous avons ŽchangŽ sur cette question pour voir comment il avait trouvŽ une solution. Il
sÕagit de M. Waser Ð vous pouvez lui tŽlŽphoner. CÕest un peu toujours la m•me chose : on
a vu comment rŽsoudre 95 % des cas, mais il restera toujours un exemple o• le syst•me
mis en place nÕa pas marchŽ. Il est clair que si lÕon vient lÕexposer au Conseil communal,
on fera profil bas et on dira : Ç vous voyez, il y a quelquÕun qui a passŽ ˆ c™tŽ des mailles
du filet, de lÕexcellente prŽvention faite par une ville de gauche, de droite È Ð on fait tous la
m•me chose. Mais, madame, Zurich a quand m•me trouvŽ une bonne solution.
Quand vous dŽposez une interpellation et que vous posez des questions, jÕai la prŽtention
dÕessayer de rŽpondre aux questions que vous avez posŽes. Vous ne mÕavez pas demandŽ
si le Conseil dÕEtat avait fait un prŽavis ; vous Žtiez beaucoup plus fine que cela, votre
question Žtait tr•s fine ; vous savez quÕune rŽponse ˆ un prŽavis ne sert ˆ rien si, apr•s ce
prŽavis, il nÕy a pas des recommandations Žmises. CÕest bien cela que jÕai demandŽ
aujourdÕhui m•me aux autoritŽs cantonales : est-ce que ces recommandations sont faites ?
Car nous suivons les recommandations. CÕest comme si vous votez une rŽsolution : vous
voulez savoir si elle a ŽtŽ mise en place. Vous savez que ce nÕest pas comme cela. Donc,
jÕai rŽpondu ˆ votre question, qui Žtait prŽcise Ð est-ce que les recommandations ont ŽtŽ
Žmises ? Alors non, les recommandations ne sont toujours pas Žmises, il nÕy a toujours
rien, on attend. La Ville de Lausanne a lÕargent ˆ disposition pour remplacer cela quand les
recommandations seront Žmises. JÕai rŽpondu ˆ votre question.
Concernant le nombre, vous pouvez prendre la lettre que le Passage a Žcrite ; il y a le
nombre de passages mais il nÕy a pas le nombre de seringues par personne. Quand on dit
quÕil y a 323 passages de mineurs, cela peut concerner trois personnes qui sont passŽes
cent fois, parce quÕils seraient allŽs trois fois dans une journŽe au Distribus. Vous qui avez
travaillŽ dans des endroits o• il y avait beaucoup de passage, vous savez bien quÕil peut
sÕagir dÕune personne qui vient plusieurs fois. Maintenant, je ne veux pas faire la division,
je ne la connais pas ; il faut que je la demande. JÕai essayŽ de voir si, dans la derni•re lettre
avec tous les tableaux, on arrivait ˆ faire cette division, mais cela aurait ŽtŽ alŽatoire ; si je
divise un nombre de passages par un nombre de seringues, puis jÕessaye dÕimaginer le
nombre de personnes que cela reprŽsente pour voir si cÕest bien cent par personne et par
jour, je nÕy arrive pas.
Par contre, je ne comprends pas le dŽp™t de ces rŽsolutions. Elles sont tapŽes ˆ la machine,
donc vous les avez faites avant que je vous donne les rŽponses. Cela peut arriver, mais
madame Longchamp, je pense quÕelles ne sont pas adŽquates. Je souligne que Ð et cÕest
dans le dŽbut de la rŽponse ˆ la question n¡ 3 Ð le Distribus a signŽ une convention avec la
Direction de la sŽcuritŽ sociale et de lÕenvironnement et sÕengage ˆ respecter les directives
cantonales ; nous lÕavons Žcrit. Alors, avant que M. Hubler, en invoquant M
me
de Meuron,
ne dise que cela ne sert ˆ rien de faire une rŽsolution qui enfonce des portes ouvertes parce
que cÕest dŽjˆ Žcrit dans la rŽponse de la MunicipalitŽ, cÕest dŽjˆ fait, le Distribus sÕengage
ˆ respecter les directives cantonales. Donc, vos rŽsolutions ne servent ˆ rien ; mais, je
comprends, elles avaient ŽtŽ Žcrites avant que je nÕaie donnŽ mes explications.
SŽance N
o
4 du 27 septembre 2011 Ð 2
e
partie
373
M
me
Fran•oise Longchamp (PLR) : Ð CÕest jouer sur les mots, monsieur le municipal,
parce que votre rŽponse ne mÕa pas convenu. De plus, comme je lÕai dit tout ˆ lÕheure, des
toxicomanes mÕont dit quÕils recevaient plus de seringues quÕils nÕen apportaient au
Distribus. Donc, cÕest une rŽalitŽ, et cÕest pour cela que jÕaimerais que la directive
cantonale soit respectŽe au Distribus ; voilˆ pourquoi jÕai dŽposŽ cette premi•re rŽsolution.
Quant ˆ la deuxi•me rŽsolution, ce nÕest pas du tout de la calomnie, madame ZŸrcher, je
me rapporte simplement aux propos du directeur de Passage ; je dŽpose cette rŽsolution
comme garde-fou.
M
me
Anna ZŸrcher (Soc.) : Ð Je demande un appel nominal pour ce vote.
Cette demande est appuyŽe par plus de 5 membres.
La discussion est close.
Le scrutin est ouvert, puis clos.
A lÕappel nominal, la premi•re rŽsolution Fran•oise Longchamp est refusŽe par 44
voix contre 22 et 3 abstentions.
Ont votŽ oui : M
mes
et MM. Ansermet Eddy, Bettschart-Narbel Florence, Blanc Christiane,
Blanc Mathieu, BŸrgin Daniel, Cachin Jean-Fran•ois, Calame Maurice, Chollet Jean-Luc,
Gaudard Guy, Graf Albert, Hmida-Chatelain Caroline, Henchoz Jean-Daniel, Hildbrand
Pierre-Antoine, Laurent Jean-Luc, Longchamp Fran•oise, Moscheni Fabrice, Oberson
Pierre, Pernet Jacques, Perrin Charles-Denis, Saugeon Esther, Stauber Philipp, Wild Diane.
Ont votŽ non : M
mes
et MM. Adam Yves, Allaz Christelle, Alvarez Henry Caroline, Beaud
ValŽry, Bendahan Samuel, Bonnard Claude, Buclin Hadrien, Chautems Jean-Marie,
Chenaux Mesnier Muriel, Clivaz Philippe, Crausaz Mottier Magali, Decollogny Anne-
Fran•oise, Faller Olivier, Gaillard Beno”t, Gazzola Gianfranco, Gebhardt AndrŽ, Ghelfi
Fabrice, Graber Nicole, Guex SŽbastien, Guidetti Laurent, Hubler Alain, Knecht Evelyne,
Knecht Mirelle, Lapique Ga‘lle, Litzistorf Spina Natacha, Marti Manuela, Mivelaz
Philippe, MŸller Elisabeth, Nsengimana Nkiko, Paccaud Isabelle, Payot David, Peters
Solange, Philippoz Roland, Rapaz Roland, Rebeaud Laurent, Resplendino Janine, Ruiz
Vazquez Francisco, Ruiz Rebecca, Sansonnens Julien, Thambipillai Namasivayam,
Trezzini Giampiero, Tschopp Jean, Wermelinger Elisabeth, ZŸrcher Anna.
Se sont abstenus: M
me
et MM. Bergmann Sylvianne, BiŽler Beno”t, Ostermann Roland.
Le scrutin est ouvert, puis clos.
A lÕappel nominal, la deuxi•me rŽsolution Fran•ois Longchamp est refusŽe par 46
voix contre 20 et 5 abstentions.
Ont votŽ oui : M
mes
et MM. Ansermet Eddy, Blanc Christiane, Blanc Mathieu, BŸrgin
Daniel, Cachin Jean-Fran•ois, Calame Maurice, Gaudard Guy, Graf Albert, Hmida-
Chatelain Caroline, Henchoz Jean-Daniel, Hildbrand Pierre-Antoine, Laurent Jean-Luc,
Longchamp Fran•oise, Moscheni Fabrice, Oberson Pierre, Pernet Jacques, Perrin Charles-
Denis, Saugeon Esther, Stauber Philipp, Wild Diane.
Ont votŽ non : M
mes
et MM. Adam Yves, Allaz Christelle, Alvarez Henry Caroline, Beaud
ValŽry, Bendahan Samuel, Bergmann Sylvianne, BiŽler Beno”t, Bonnard Claude, Buclin
Hadrien, Chautems Jean-Marie, Chenaux Mesnier Muriel, Clivaz Philippe, Crausaz
Mottier Magali, Decollogny Anne-Fran•oise, Faller Olivier, Gaillard Beno”t, Gazzola
Gianfranco, Gebhardt AndrŽ, Ghelfi Fabrice, Graber Nicole, Guex SŽbastien, Guidetti
Laurent, Hubler Alain, Knecht Evelyne, Knecht Mirelle, Lapique Ga‘lle, Litzistorf Spina
Natacha, Marti Manuella, Mivelaz Philippe, MŸller Elisabeth, Nsengimana Nkiko,
Paccaud Isabelle, Payot David, Peters Solange, Philippoz Roland, Rapaz Roland, Rebeaud
Laurent, Resplendino Janine, Ruiz Vazquez Francisco, Ruiz Rebecca, Sansonnens Julien,
Thambipillai Namasivayam, Trezzini Giampiero, Tschopp Jean, Wermelinger Elisabeth,
ZŸrcher Anna.
SŽance N
o
4 du 27 septembre 2011 Ð 2
e
partie
374
Se sont abstenus : M
mes
et MM. Bettschart-Narbel Florence, Chollet Jean-Luc, de Meuron
ThŽr•se, Jacquat Philippe, Ostermann Roland.
Le Conseil communal de Lausanne
Ð vu lÕinterpellation de M
me
Fran•oise Longchamp et consorts : Ç Une antichambre au
local dÕinjection ? È ;
Ð vu la rŽponse municipale ;
Ð considŽrant que cet objet a ŽtŽ portŽ ˆ lÕordre du jour,
prend acte
de la rŽponse de la MunicipalitŽ ˆ ladite interpellation.
_________________
Interpellation de M. Claude-Alain Voiblet : Ç Le temps de passer de la dette politique ˆ la
dette rŽelle de la Ville selon les directives de la Cour des comptes est venu ! È
DŽveloppement polycopiŽ
Situation :
Le montant de la garantie rŽsiduelle de la Ville de Lausanne en faveur de la CPCL nÕest
pas suffisante dans ses comptes, les engagements hors bilan de la Ville Žtaient par exemple
sous-ŽvaluŽs par nos autoritŽs de plus de 730 millions de francs ˆ fin 2008 (1414 millions
contre 674 millions dans les comptes, montant qui a passŽ ˆ 705 millions ˆ fin 2009 malgrŽ
lÕassainissement de 350 millions).
Il faut se souvenir dans ce contexte que la CPCL mentionne dans sa communication au
Conseil communal datŽe du 19 novembre 2010 (mais re•ue dŽbut 2011 par les intŽressŽs):
Ç Sans grande surprise (É) de nouvelles mesures dÕassainissement sont nŽcessaires pour
permettre ˆ la CPCL dÕatteindreÉ È lÕobjectif de couverture fixŽ dans les statuts. Ce taux
est de 60 % depuis le 1
er
juillet 2000.
AujourdÕhui, les comptes de la Ville de Lausanne doivent prŽsenter la situation rŽelle de
ses engagements ˆ lÕŽgard de la CPCL, tant au passif de son bilan que dans la rubrique
Ç Engagements hors bilan È.
DŽveloppement :
Il faut noter que pour obtenir lÕautorisation de fonctionner selon le principe de la
capitalisation partielle, une institution de prŽvoyance de droit public doit bŽnŽficier de la
garantie du paiement de ses prestations par la corporation de droit public ˆ laquelle elle est
liŽe, soit pour la CPCL la Ville de Lausanne.
Dans son rapport du 26 avril 2010, la Cour des comptes fait savoir quÕˆ la fin de lÕannŽe
2008, les comptes de la Ville prŽsentent une garantie des rentes et avoirs vieillesse LPP en
faveur de la CPCL dÕun montant de 674 millions, alors que la cour estime que la garantie
rŽsiduelle de la Ville devait •tre de 1 413 483 620 francs ˆ cette date.



Sign up to vote on this title
UsefulNot useful