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M
me
Fran•oise Longchamp (PLR) : Ð Je voulais abonder dans le sens de Mathieu
Blanc en proposant de renvoyer le postulat que nous avons cosignŽ ˆ MunicipalitŽ,
mais, Žtant donnŽ que de nombreux nouveaux conseillers communaux sont prŽsents
dans cette salle, il serait bon de rappeler tout ce qui a ŽtŽ fait, tous les postulats et les
interpellations qui ont ŽtŽ dŽposŽs ces derniers temps et, peut-•tre, de les mettre ˆ jour.
JÕappuie donc la demande de M. Stauber de renvoyer ces objets en commission.
La discussion est close.
Le prŽsident : Ð Je vous propose de voter dÕabord la proposition de renvoi ˆ une
commission pour lÕinitiative 52, soit le postulat Mathieu Blanc et ensuite le deuxi•me
objet, lÕinitiative 51, le postulat de M
me
Rebecca Ruiz.
Concernant lÕinitiative 52, est-ce quÕil y en a cinq personnes au moins dans la salle qui
souhaitent le renvoi en commission ? CÕest le cas.
A la demande de cinq conseillers, le postulat est transmis ˆ une commission.
_________________
Postulat de M
me
Rebecca Ruiz : Ç Trafic de rue ˆ Lausanne : entraver les zones de deal
durables dans les quartiers dÕhabitation È
DŽveloppement polycopiŽ
PrŽoccupation partagŽe par les habitants de certains quartiers, la problŽmatique de la
lutte contre le trafic de rue ˆ Lausanne sÕinvite aussi rŽguli•rement au sein des
discussions du Conseil communal de Lausanne. Hormis diffŽrentes interpellations et
interpellations urgentes, rŽcemment, deux initiatives en lien avec les effectifs policiers
et avec la politique globale de sŽcuritŽ de la Ville de Lausanne ont ŽtŽ renvoyŽes ˆ la
MunicipalitŽ pour rapport-prŽavis
4
. Complets et complŽmentaires, ces deux textes ne
sÕattachent cependant pas directement ˆ la question du trafic de stupŽfiants de rue ˆ
Lausanne.
Le prŽsent texte vise ˆ combler cette lacune en demandant plus spŽcifiquement ˆ
la MunicipalitŽ, dans ledit rapport-prŽavis ˆ venir, de faire des actions ayant pour
but dÕŽviter la fixation des zones de deal, lÕune des tactiques principales en
mati•re de lutte contre le trafic de rue.
Depuis le milieu des annŽes 1990, le travail quotidien de la Police municipale
lausannoise (PML) est dŽployŽ ˆ lutter contre le trafic de stupŽfiants en rue. Travail de
longue haleine en raison de la structure m•me du marchŽ des stupŽfiants ˆ Lausanne,
inŽpuisable de par lÕexistence et la prŽsence de consommateurs, la lutte contre le trafic
de drogue ne conna”t pas de solution miracle ici comme ailleurs, mais sÕinscrit, au
contraire, dans un syst•me complexe multifactoriel dont elle dŽpend : type de marchŽ
local, type dÕacteurs (consommateurs, dealers, trafiquants-consommateurs), type de
stupŽfiants, lieux dÕachats et de consommation, actions de rŽpression, prŽvention.
En 2006
5
, la Police municipale lausannoise tirait un bilan positif de lÕaction polici•re
menŽe par le groupe Celtus, en collaboration avec le travail du groupe Alpha (en
uniforme et visibles dans la rue) pour lutter rŽellement contre le trafic de stupŽfiants
visible. Pour renforcer ce groupe, deux inspecteurs de la Police judiciaire et quatre
agents de Police-secours ont rejoint le groupe Celtus en 2009. Devenu alors Celtus
plus, le groupe comptait douze policiers en civil ˆ la fin de lÕannŽe 2009. En 2010,
lÕopŽration Celtus plus a ŽtŽ reconduite et a dŽbouchŽ sur la dŽnonciation de

4
Postulats de M. Fabrice Ghelfi Pour une vision globale, prospective et sereine des effectifs de la police municipale
lausannoise et de M
me
Natacha Litzistorf Pour une politique de sŽcuritŽ urbaine.
5
CommuniquŽ de la PML du 8 dŽcembre 2006 : Ç OpŽration Celtus contre le trafic de stupŽfiants en rue : plus de 300
interpellations dont une centaine de trafiquants pris en flagrant dŽlit pour 2006. È
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171 trafiquants de rue et de 523 consommateurs
6
. En parall•le, la brigade des
stupŽfiants continue ˆ mener, en amont, avec patience et minutie, des investigations
visant ˆ dŽmanteler des rŽseaux de trafiquants actifs ˆ Lausanne, rŽguli•rement avec
succ•s
7
.
Reste que dans certaines rues et quartiers de centre-ville, le deal est installŽ depuis de
nombreux mois, voire des annŽes, au pied des immeubles de rŽsidants, entravant ainsi
de mani•re Žvidente la qualitŽ de vie et la sŽcuritŽ objective comme subjective des
habitants de certains quartiers lausannois. Depuis quelque temps, la dŽtresse ressentie
par les habitants du carrefour Maupas-Petit-Rocher-C•dres est perceptible pour
quiconque habite ou frŽquente le quartier. Pire encore, rŽcemment, la police avouait
dans une lettre adressŽe aux habitants les difficultŽs rŽelles quÕelle rencontre pour faire
face au trafic dans ce pŽrim•tre (impossibilitŽ pour les policiers en civil de travailler
24 h/24 h, probl•mes engendrŽs par le nouveau code de procŽdure pŽnale)
8
.
A partir de ces constats et dans ce contexte, le prŽsent postulat prie la MunicipalitŽ
dÕintŽgrer les demandes et pistes de rŽflexion suivantes dans son concept gŽnŽral de
lutte contre le trafic de rue ˆ Lausanne :
1. ProcŽder ˆ des contr™les antidrogue en nombre et rŽguli•rement dans les rues
et quartiers rŽsidentiels du centre-ville pour Žviter toute fixation du trafic en un
lieu prŽcis.
Il est nŽcessaire dÕentraver les zones de deal se situant au pied des immeubles par une
prŽsence importante dÕagents en uniforme procŽdant ˆ des contr™les pour permettre
aux habitants de jouir dÕune qualitŽ de vie digne, m•me au risque de voir le deal se
disperser Ð celui-ci ne se dŽplacera jamais compl•tement du centre-ville en raison de la
prŽsence des consommateurs et des lieux propices ˆ la consommation. Pour y parvenir,
la police pourrait (rŽ)activer le groupe Alpha et intervenir rŽguli•rement dans les rues
concernŽes pour marquer sa prŽsence de mani•re forte (aupr•s des habitants et des
dealers) ainsi que pour dŽstabiliser les trafiquants, comme elle lÕavait fait prŽcisŽment
dans la zone du Maupas en aožt 2010.
2. IntŽgrer la notion dÕŽvaluation aux actions polici•res de lutte contre le trafic de
rue, en procŽdant rŽguli•rement (tous les six mois environ) ˆ des Žvaluations in
situ (par exemple dans les rues et quartiers concernŽs) et en communiquant sur
cette question.
Depuis dŽcembre 2009, aucun bilan spŽcifique de Celtus plus nÕa ŽtŽ prŽsentŽ
publiquement, hormis quelques lignes dans le bilan 2010 de la PML. La
communication publique pourrait avoir un effet rassurant pour les habitants de la ville
concernŽs par le deal dans leur pŽrim•tre proche dÕhabitation et contribuerait
certainement ˆ Ç visibiliser È le travail de la police dans ce domaine, en Žvitant quÕun
fort sentiment dÕimpunitŽ se propage. Par exemple, la communication aupr•s des
habitants dans les quartiers concernŽs pourrait se faire ˆ travers les associations et
Maisons de quartiers existantes. Autre piste, les habitants pourraient •tre interrogŽs sur
lÕŽvolution observŽe, dans le cadre de lÕŽvaluation, en associant lˆ aussi les
associations et Maisons de quartiers.
3. Repenser, dans le cadre de la rŽorganisation du Corps de police en cours,
lÕorganisation de la brigade des stupŽfiants et le travail des groupes Alpha et
Celtus plus de mani•re ˆ avoir des effectifs stables dans ces diffŽrents groupes
ainsi quÕˆ garantir des conditions de travail de qualitŽ dans lÕaccomplissement
de t‰ches aussi difficiles.

6
Bilan 2010 de la Police municipale lausannoise.
7
CommuniquŽ de la PML des 8 juin 2011, 13 juillet 2010, 29 avril 2010.
8
24heures du 3 juin 2011.
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4. Intensifier, dans le cadre de la rŽforme polici•re vaudoise en cours, la
collaboration relative ˆ la lutte contre le trafic de rue avec la brigade des
stupŽfiants de la police cantonale, avec la gendarmerie (notamment lors de
contr™les antidrogue) ainsi quÕavec les diffŽrents acteurs de la justice
concernŽs par la rŽpression du trafic de stupŽfiants en rue.
5. Initier une plateforme dÕŽchanges et de collaboration autour de cette
thŽmatique avec les polices (municipales ou cantonales) de Berne, Zurich, B‰le
et Gen•ve ainsi quÕavec les polices intercommunales vaudoises.
Par ce biais, intervenir aupr•s des entitŽs et autoritŽs compŽtentes pour
dŽnoncer les effets nŽgatifs dans la lutte contre le trafic de rue de lÕentrŽe en
vigueur du nouveau code de procŽdure pŽnale.
6. Entamer une rŽflexion au niveau communal autour de la prŽvention et de la
rŽpression de la consommation de coca•ne en
Ð prŽsentant le projet de prŽvention en milieu festif, impliquant la Ville, le
Canton et plusieurs associations (Fondation vaudoise contre lÕalcoolisme,
ReÕlier, etc.), ŽvoquŽ dans la rŽponse ˆ lÕinterpellation Ç Petit trafic : et si
on sÕintŽressait aux consommateurs festifs È
9
;
Ð prŽsentant les rŽsultats de lÕŽvaluation du principe de distribution dÕune
brochure ou carte de prŽvention en relation avec les produits stupŽfiants,
que les collaborateurs du Corps de police pourraient mettre ˆ disposition
des consommateurs quÕils rencontrent, Žgalement ŽvoquŽe dans
lÕinterpellation mentionnŽe ci-dessus ;
Ð Žvaluant lÕopportunitŽ dÕintroduire un article sanctionnant la
consommation Ç festive È de coca•ne dans le r•glement de police en plus
de lÕarticle 19a de la loi sur les stupŽfiants (LStup), qui dŽfinit la
consommation comme pŽnalement rŽprŽhensible, dans un but doublement
dissuasif et dont la sanction serait Žgalement une amende.
7. Recenser, en collaboration avec les SIL, les rues et places propices au deal
dans lesquelles lÕŽclairage pourrait •tre amŽliorŽ, voire fortement augmentŽ,
dans un but dissuasif, et agir rapidement dans ce sens-lˆ, notamment dans la
zone ŽvoquŽe prŽcŽdemment.
Je remercie la MunicipalitŽ dÕintŽgrer les rŽponses au prŽsent postulat au futur rapport-
prŽavis (rŽponse aux postulats de M. Ghelfi et de M
me
Litzistorf prŽcitŽs) qui
prŽsentera, entre autres, la rŽorganisation du Corps de police lausannois.
Discussion
Le prŽsident : Ð Vu la volontŽ de traiter ces deux postulats ensemble, il serait logique
de le renvoyer ˆ une commission, mais je vous propose de voter. Est-ce quÕil y a cinq
conseillers qui demandent le renvoi en commission ? CÕest donc le cas.
A la demande de cinq conseillers, le postulat est transmis ˆ une commission.
_________________



9
RŽponse ˆ lÕinterpellation de M. Roland Philippoz Ç Petit trafic : et si on sÕintŽressait aux consommateurs festifs È, 24
fŽvrier 2010.

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