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jour, cÕest un vote formel pour prendre acte de ce qui aurait ŽtŽ dit, plut™t que dÕen prendre
acte en lisant le Bulletin du Conseil communal. Alors, cela dŽpend jusquÕo• le Conseil
communal veut accumuler les retards ; ici, en lÕoccurrence, la communication suffit
largement.
La discussion est close.
M. Francisco Ruiz Vazquez (Soc.), rapporteur rempla•ant : Ð Apr•s avoir
passablement dŽlibŽrŽ, la commission a pris la dŽcision suivante : ˆ lÕunanimitŽ des 8
membres prŽsents, la commission se prononce pour le renvoi de la pŽtition ˆ la
MunicipalitŽ pour Žtude et communication.
La pŽtition est renvoyŽe ˆ la MunicipalitŽ, comme proposŽ par la commission, en
opposition ˆ lÕamendement Jean-Michel Dolivo, ˆ une tr•s large majoritŽ avec
quelques avis contraires et abstentions.
Le Conseil communal de Lausanne
Ð vu la pŽtition de M
me
Dominique Nolens Ð collectif Ç Mon Tramway de la Pontaise È et
consorts (2041 signatures) : Ç En faveur de la sauvegarde de lÕimmeuble rue de la
Pontaise 6A-6B (1900) È ;
Ð vu le rapport de la Commission permanente des pŽtitions ;
Ð considŽrant que cet objet a ŽtŽ portŽ ˆ lÕordre du jour,
dŽcide :
de renvoyer cette pŽtition ˆ la MunicipalitŽ pour Žtude et communication, en vertu de
lÕarticle 73 litt. b) du R•glement du Conseil communal.
_________________
Postulat de M
me
Rebecca Ruiz : Ç Pour lÕimplantation dÕun centre de dŽgrisement
avec surveillance mŽdicale ˆ Lausanne È
Rapport
Membres de la commission : M
mes
et MM. Albert Graf (UDC), rapporteur, Beno”t BiŽler
(Les Verts), Isabelle Mayor (Les Verts), Gilles Meystre (LE), StŽphane Michel (Soc.),
Philippe Mivelaz (Soc.), Bertrand Picard (LE), Janine Resplendino AGT), Rebecca Ruiz
(Soc.), Isabelle Truan (LE).
MunicipalitŽ : M. Marc Vuilleumier, municipal, SŽcuritŽ publique et sports
Rapport polycopiŽ de M. Albert Graf (UDC), rapporteur :
Rapporteur : Albert Graf.
Membres : Mmes et MM. Rebecca Ruiz, Isabelle Truan, Isabelle Mayor, Janine
Resplendino, Beno”t Bieler, StŽphane Michel, Philippe Mivelaz, Gilles Meystre, Bertrand
Picard.
Administration : M. Marc Vuilleumier, directeur de la SŽcuritŽ publique et sports ;
Mme Morella Frutiger, observatoire de la sŽcuritŽ, que nous remercions chaleureusement a
rŽdigŽ les notes de sŽance.
ExcusŽs : M
me
et MM. Jean-Christophe Bourquin, directeur de la SŽcuritŽ sociale et
environnement, Christina Monterrubio, responsable du dispositif addiction, Pierre-Alain
Raemy, commandant de la PML.
M
me
Ruiz rŽsume son postulat en disant quÕapr•s avoir entendu le responsable du projet
dans le cadre dÕune sŽance professionnelle, elle a pensŽ quÕil serait intŽressant de rŽflŽchir
ˆ un projet vaudois et lausannois, ancrŽ dans la rŽalitŽ lausannoise. Elle estime que le
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paiement de la prestation nÕest peut-•tre pas pertinent comme il est fait ˆ Zurich. Elle
prŽcise avoir consultŽ deux personnes avant de dŽposer son postulat, ˆ savoir le directeur
de lÕISPA, Michel Graf, qui Žmet un doute sur la pertinence prŽventive dÕun paiement
aussi important et le chef des Urgences du CHUV, le professeur Yersin, qui souhaite
examiner de pr•s lÕidŽe, notamment en se rendant un week-end ˆ Zurich pour voir
comment cela se passe. Elle prŽcise que le cožt zurichois du projet pour une annŽe est de
lÕordre de 900 000 francs pour environ 100 000 noctambules en moyenne durant les week-
ends. Le prix de la prise en charge sÕŽchelonne de 600 francs pour trois heures ˆ 950 francs
pour une durŽe plus longue.
En ramenant aux proportions de la vie nocturne lausannoise, le cožt peut •tre estimŽ ˆ
250 000, voire 300 000 francs par annŽe. Le Canton pourrait •tre fortement impliquŽ, ainsi
il nÕest pas possible dÕ•tre prŽcis en mati•re de cožts communaux.
Le municipal estime que lÕidŽe mŽrite dÕ•tre creusŽe. Le projet ne pourrait se faire quÕen
Žtroite collaboration entre le Canton et la Commune. La santŽ publique est de compŽtence
cantonale alors que la sŽcuritŽ publique est de compŽtence communale. Il explique que lors
dÕune journŽe de confŽrence ˆ Zurich en septembre 2010, il a rencontrŽ le chef de projet
zurichois. A Zurich, le principal bŽnŽficiaire de cette infrastructure semble •tre les
urgences de lÕh™pital.
Le bilan de frŽquentation est dÕun peu moins de 400 personnes en sept mois, soit en
moyenne 13 par week-end. Une majoritŽ dÕhommes et dÕhabitants de la ville ou du Canton
y sont accueillis. La moyenne dÕ‰ge des utilisateurs est plus proche de 25 ans que de 16
ans, ce qui a ŽtŽ une surprise pour le chef de projet. Le taux de remplissage semble tourner
autour de 50 %. Le taux de rŽcidive, selon les informations re•ues en septembre, semble
tr•s bas, mais la police zurichois ne dispose pas de chiffres prŽcis.
En ce qui concerne la question de lÕapport dissuasif du paiement de la prise en charge, elle
reste largement discutŽe. LÕidŽe dÕun centre de dŽgrisement pose la question de savoir
jusquÕo• doit aller le service public. Personne nÕest obligŽ de se saouler, il faut donc que la
plus-value du projet soit aussi prŽventive que dissuasive.
Plusieurs commissaires jugent que le postulat poursuit plusieurs objectifs. En ce qui
concerne le dŽsengorgement du CHUV, le Canton doit sÕen occuper, pas la Commune.
Ailleurs, selon un article de presse tous les mŽdecins du CHUV nÕappuient pas un tel
projet.
En lisant en dŽtail, lÕestimation des cožts est plus proche dÕun demi-million par annŽe que
de 250 000 francs. Il ne leur para”t pas possible que les utilisateurs puissent financer
lÕensemble du cožt de lÕinfrastructure.
Une commissaire souhaite distinguer les buveurs des victimes. Ceux qui troublent la
tranquillitŽ publique par des exc•s de boissons doivent •tre orientŽs vers lÕH™tel de police.
Pour ceux qui doivent aller ˆ lÕh™pital, elle estime que les assurances-maladie ne devraient
pas prendre en charge de tels cas pour responsabiliser les gens.
Une autre commissaire estime que le maillage de la cha”ne entre police et h™pital doit •tre
ŽtudiŽ. Entre lÕH™tel de police et lÕh™pital, il manque sžrement quelque chose. LÕentretien
de sortie est un ŽlŽment important. Pour les adultes, lÕutilitŽ est peut-•tre moins grande,
mais pour les adolescents, il y aurait un avantage ˆ les rendre attentifs aux risques d•s les
dŽbuts de consommation massive. Elle estime que le projet mŽrite dÕ•tre creusŽ. La
question de la facturation doit •tre posŽe, car des amis pourraient choisir de ne pas
demander de lÕaide ˆ la police ou aux services sanitaires pour ne pas occasionner des frais
ˆ une connaissance dangereusement ivre. Reste que la vente de boissons fortement
alcoolisŽes ˆ des jeunes de moins de 18 ans est le cÏur du probl•me : si la loi est plut™t
bien appliquŽe dans les restaurants, certains lieux de vente dÕalcool ne la respectent pas. Se
procurer de lÕalcool est facile, car plus de 200 magasins vendent de lÕalcool ˆ lÕemporter ˆ
Lausanne !
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La postulante estime quÕun projet de partenariat entre la police et lÕh™pital serait
intŽressant car les probl•mes se posent concr•tement en ville. Il y a des soucis causŽs par
des alcoolisations massives qui reprŽsentent un cožt social (vandalisme, mauvaises
habitudes pouvant pŽjorer lÕavenir, absentŽisme, probl•mes avec lÕentourage et le
voisinage, etc.).
Le municipal prŽcise quÕen cas de tapage nocturne, la personne est dŽnoncŽe. Si une
personne ne peut plus rentrer chez elle par elle-m•me, soit elle est ramenŽe chez elle par la
police, soit elle est amenŽe aux urgences. Les policiers se trouvent dans la situation
difficile o• sÕils prennent en charge la personne, ils en ont la responsabilitŽ, mais comme
ils ne sont pas mŽdecins, il nÕest pas facile de dŽfinir si une personne est en danger ou non.
A lÕH™tel de police, il nÕy a pas de soutien mŽdical permanent, la police prŽf•re donc que
ce soit le corps mŽdical qui prenne en charge ce type de cas.
NŽanmoins M. le municipal estime que la police a intŽr•t ˆ ce que le projet soit ŽtudiŽ.
LÕavantage pour le CHUV serait surtout dÕŽviter les difficultŽs de comportements des
personnes ivres. LÕavantage pour la police serait une plus claire rŽpartition des
compŽtences et des missions. La police ne souhaite cependant pas quÕun tel centre soit
localisŽ dans ses locaux : elle estime quÕun endroit plus neutre serait plus judicieux. Elle
est tout ˆ fait ouverte ˆ collaborer plus largement avec le monde mŽdical. En conclusion, il
rappelle quÕun tel centre offrirait aussi la possibilitŽ de faire des entretiens de sortie et de
parler aux parents ou de sensibiliser les utilisateurs. Il y a un intŽr•t ˆ Žtudier cette question
mais il faudrait que la responsabilitŽ soit plut™t prise par le Canton. Il estime quÕune Žtude
commune serait tr•s instructive.
Un commissaire estime que si un centre de dŽgrisement devait voir le jour, des mesures
complŽmentaires devront •tre mises en place, notamment en faisant plus de prŽvention.
Au vote de la commission, le postulat est pris en considŽration par 7 voix contre 3.
Discussion
M. Albert Graf (UDC), rapporteur : Ð Je nÕai rien ˆ ajouter ˆ mon rapport.
La discussion est ouverte.
M
me
Rebecca Ruiz (Soc.) : Ð Ces derni•res annŽes, notre Conseil a souvent eu lÕoccasion
de se pencher sur la question de la consommation dÕalcool des jeunes en raison de
lÕactualitŽ mŽdiatique qui entoure frŽquemment cette question, mais encore plus en raison
de lÕŽvolution du phŽnom•ne, qui prend une tournure de plus en plus inquiŽtante. Les
chiffres avancŽs dans des Žtudes rŽcentes mÕont motivŽe ˆ me pencher sur la question,
notamment en ce qui concerne les hospitalisations de jeunes suite ˆ une consommation
excessive dÕalcool, de m•me que lÕexistence dÕune corrŽlation Žvidente entre une telle
consommation et des actes de violence. Je retiens notamment une Žtude rŽalisŽe entre 2003
et 2006 au Service des urgences du CHUV, qui montre que 24,7 % des blessŽs avaient bu
de lÕalcool dans les six heures prŽcŽdant la survenue de leur traumatisme. Parmi eux, 33 %
buvaient au moins une fois par mois dÕimportantes quantitŽs dÕalcool en une seule
occasion et 13 % Žtaient des buveurs ˆ risque ; la rŽcente publication fin aožt des
statistiques de lÕassurance accidents le montre Žgalement. Les incidents dans les lieux
publics touchent principalement les jeunes jusquÕˆ 24 ans. Lˆ aussi, la consommation
excessive dÕalcool joue un r™le important dans la survenue dÕaccidents et dÕactes de
violence.
Partant de ce constat peu rŽjouissant, et apr•s avoir rencontrŽ le responsable du projet
zurichois de centre de dŽgrisement, il mÕa semblŽ intŽressant de rŽflŽchir ˆ un projet qui
sÕinscrirait dans la rŽalitŽ des activitŽs nocturnes lausannoises et qui serait en phase avec
les pratiques de la police municipale. Dans une approche de santŽ publique et de
prŽvention des incivilitŽs, lÕidŽe serait de complŽter la cha”ne de soins existante ˆ
Lausanne, en mettant sur pied une structure qui accueillerait pour quelques heures les
individus fortement alcoolisŽs qui se mettraient eux-m•mes ou autrui en danger en raison
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de leur Žtat. Cette structure intermŽdiaire comblerait un manque dans la prise en charge
actuelle, qui se fait soit par la police dans les cellules ˆ lÕH™tel de police, soit par le Service
des urgences au CHUV.
Avec cette structure, on pourrait aller plus loin que le simple enfermement dans une cellule
de police en misant sur le dialogue et la prŽvention ˆ travers un entretien individualisŽ
effectuŽ une fois les esprits retrouvŽs, voire une semaine apr•s, par un spŽcialiste en
alcoologie. Des contacts avec les parents des jeunes pourraient Žgalement •tre envisagŽs.
Une telle structure permettrait certainement de dŽcharger une partie des urgences, puisque
tous les cas dÕalcoolisation massive ne nŽcessitent pas une prise en charge mŽdicale avec
un plateau technique de pointe. CÕest Žvidemment ce dernier point du projet qui intŽresse
tout particuli•rement les urgences du CHUV. Ce projet pourrait ressembler ˆ ce que je
viens de vous dŽcrire ; je vous propose de lÕŽtudier ˆ travers ce postulat.
Quelques mots encore sur le financement, qui a ŽtŽ passablement ŽvoquŽ dans le cadre de
la commission. Comme jÕai eu lÕoccasion de lÕexprimer en commission au mois de mars, je
ne suis pas persuadŽe de la pertinence de la facturation des prestations mŽdicales aux
usagers, comme cela est pratiquŽ ˆ Zurich. DÕun point de vue dissuasif, les affaires ne sont
pas avŽrŽes par la gestion scientifique et il semblerait par ailleurs que cette pratique ne soit
pas lŽgale. BasŽ sur des calculs concernant les cožts de la structure zurichoise, le cožt
dÕune telle structure ˆ Lausanne pourrait •tre estimŽ ˆ 250 000 francs, voire 300 000 francs
par annŽe. Pour moi, il est cependant tr•s clair que ce projet nÕa de sens que sÕil se fait en
partenariat Žtroit entre la Police de Lausanne et le Service cantonal de la santŽ publique ;
d•s lors, ces cožts seraient rŽpartis entre les deux niveaux, la Commune nÕayant pas ˆ
payer des frais de prise en charge mŽdicale, cela va de soi. Il sÕagit donc, au final, de
donner le mandat ˆ la MunicipalitŽ dÕapprocher les autoritŽs cantonales et dÕentamer une
rŽflexion conjointe autour de la nŽcessitŽ dÕun tel projet, de sa mise en Ïuvre ainsi que de
son financement. Je vous remercie donc de soutenir cette proposition et de renvoyer le
postulat ˆ la MunicipalitŽ.
M
me
Diane Wild (PLR) : Ð Notre coll•gue Bertrand Picard, qui faisait partie de la
commission et qui est absent ce soir, mÕa demandŽ de vous communiquer son intervention.
Je vous la lis :
Ç Voici un nouvel exemple de proposition ne pouvant aboutir quÕˆ la crŽation dÕune
Žni•me usine ˆ gaz ingŽrable. En effet, de nombreuses questions se posent ˆ lÕŽtude de ce
postulat et restent ˆ ce jour sans rŽponses satisfaisantes, notamment : qui coordonne ces
actions ? La police ou les mŽdecins ? Qui paie ? Le Canton ou Lausanne ? La collectivitŽ
ou le fauteur de troubles ? Si jÕai bien compris la postulante, contrairement ˆ Zurich,
quÕelle donne en exemple, ce ne serait pas lÕinterpellŽ qui paierait lÕessentiel de la note
mais bien, ˆ nouveau, la Ville. En cas de malaise plus ou moins sŽv•re, quÕen serait-il de la
responsabilitŽ des policiers dans ce syst•me ? Bref, en dŽpit dÕune idŽe qui mŽritait
rŽflexion, trop de flous gr•vent ce projet. Au nom du PLR je vous prie donc de ne pas
donner suite ˆ ce postulat. È
M. Beno”t BiŽler (Les Verts) : Ð Le groupe des Verts dans sa majoritŽ soutiendra la prise
en considŽration de ce postulat. Les discussions au sein de la commission ont ŽtŽ tr•s
instructives et lÕidŽe appara”t comme mŽritant dÕ•tre creusŽe. DÕabord, la police, par son
reprŽsentant, a clairement montrŽ son intŽr•t pour une telle Žtude ; ensuite, il est aussi
apparu quÕil pouvait manquer un maillon entre les services de police et les urgences
mŽdicales pour le suivi des personnes en Žtat dÕŽbriŽtŽ. Enfin, un tel syst•me fonctionne ˆ
satisfaction dans la plus grande ville de Suisse ; nous ne pouvons pas prŽjuger que cela ne
fonctionnera pas ˆ Lausanne. Pour autant, il ne sÕagit aucunement de supplŽer les instances
cantonales. De plus, le groupe des Verts insiste pour ne pas crŽer une nouvelle dŽpense,
surtout pour des t‰ches qui incombent au Canton. Nous entendons donc ce postulat comme
une demande dÕŽtude dÕun besoin pour mettre en place une collaboration avec le Canton.
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M. Jean-Luc Chollet (UDC) : Ð Je ne peux quÕapprouver tout ce qui a ŽtŽ dit jusquÕˆ
prŽsent, tant par M
me
Ruiz que par M. BiŽler. JÕajouterai quand m•me, monsieur BiŽler, et
je le mettrai sous forme dÕun petit bŽmol, que de vouloir refiler la patate chaude au Canton
en disant que, finalement, cÕest lui qui doit prendre en main, piloter et, surtout, payer ceci,
nÕest pas la bonne fa•on dÕaborder la collaboration avec le Canton, Žtant entendu que tout
ce qui revient ˆ la police est de compŽtence communale et tout ce qui est du ressort de la
santŽ publique est de compŽtence cantonale. Il est clair que si on peut aborder et classifier
autant que faire se peut les phŽnom•nes Žthyliques, qui empoisonnent la vie en fin de
semaine Ð puisquÕils sont tout de m•me ˆ lÕorigine de plus 80 % des voies de fait, des
agressions, du petit brigandage, etc. Ð, il faut distinguer entre plusieurs types dÕŽthylisme.
Le premier, que je viens de dŽcrire, et qui est une atteinte ˆ lÕordre et au bien publics, doit
•tre traitŽ par la police et la phase ultime, qui se rapproche du coma Žthylique, rel•ve
effectivement des urgences du CHUV. Mais, entre-deux Ð et tout le monde lÕa bien dit ; je
crois que nous le ressentons comme cela Ð, il y a une sorte de zone grise dans laquelle la
personne ne mŽrite manifestement pas de passer une nuit en cellule et dÕ•tre poursuivie
judiciairement ensuite ; elle ne mŽrite pas davantage de passer le reste de la nuit aux
urgences du CHUV. Concernant cette zone grise, o• il faut simplement attendre sous
surveillance mŽdicale que la personne revienne ˆ de meilleurs sentiments et Ç pose sa
cuite È, si vous me permettez, il manque une structure. Nous nous accordons ˆ dire que
cette structure devrait •tre localisŽe, de par sa nature, dans les locaux de la Polyclinique
mŽdicale universitaire (PMU) et non dans ceux de la police.
Concernant le financement, il mÕa toujours semblŽ que la partie la plus sensible de
lÕanatomie humaine est, Žtait et demeurera encore pour un certain temps, le porte-monnaie.
Alors, sans aller jusquÕˆ faire payer lÕentier du prix de revient comme ˆ Zurich, il me
semble quÕune participation financi•re serait aussi un complŽment thŽrapeutique ; ceci doit
Žgalement •tre ŽtudiŽ. Pour toutes ces raisons, cette idŽe mŽrite dÕ•tre ŽtudiŽe ; je dis bien
ŽtudiŽe, car quid de ceux qui, Žtant mineurs, dŽpendent de la responsabilitŽ des parents ?
Ce seraient donc les parents qui seraient punis par une participation financi•re.
Enfin, il y a un certain nombre de questions o• il faut prendre langue avec le Canton, non
pas pour lui demander de payer directement, car nous sommes dÕaccord dÕamener les
clients, mais quid de ceux qui ne sont pas de notre commune, mais qui nŽanmoins sont sur
notre commune pour boire plus que de raison ? Bref, la question mŽrite dÕ•tre posŽe. Je
crois que tout ce qui peut contribuer ˆ amŽliorer autant que faire se peut une situation que
chacun sÕaccorde ˆ reconna”tre intolŽrable doit •tre pris en considŽration ; cÕest la raison
pour laquelle, en mon nom personnel, faute dÕen avoir discutŽ avec mon groupe, je vous
recommande de transmettre le postulat ˆ la MunicipalitŽ.
M. Philipp Stauber (UDC) : Ð Pour une fois, je ne suis pas dÕaccord avec mon coll•gue,
M. Chollet. La question ici est de savoir sÕil y a effectivement un maillon de la cha”ne qui
manque. AujourdÕhui, en tout cas du point de vue mŽdical, cela ne semble pas •tre le cas ;
nous nÕavons pas de vŽritable lacune. Le tri qui a lieu aujourdÕhui correspond grosso modo
ˆ ceci : il y a les cas graves, qui ont besoin dÕune analyse ou dÕune surveillance mŽdicale et
les cas lŽgers, qui nÕen ont pas besoin. LÕidŽe dÕun groupe intermŽdiaire est, bien sžr,
juste ; mais il y a une limite au groupe intermŽdiaire. Maintenant, nous en sommes ˆ trois ;
si vous rajoutez encore, ˆ lÕanalyse il y en aura un quatri•me et un cinqui•me, et il nÕy a
pas de fin ˆ cela.
En rŽalitŽ, aujourdÕhui, quand la police interpelle quelquÕun, soit il est en mesure de
repartir, soit, si la personne est violente, elle doit •tre retenue dans un cadre policier ; sÕil y
a un risque mŽdical, il y a de toute fa•on besoin de lÕintervention dÕun mŽdecin et,
aujourdÕhui, la structure appropriŽe pour cela est le CHUV. Je note Žgalement que les prix
et les tarifs avancŽs sont tels quÕil mÕappara”t que le CHUV est meilleur marchŽ Ð la PMU
y compris. SÕil faut effectivement une capacitŽ supplŽmentaire au CHUV, alors il faut y
rajouter un certain nombre de cabines et/ou de chambres ; cÕest vraiment tout ce quÕil y a ˆ
faire.
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On est ici en face dÕun projet inutile, qui nÕapportera rien du point de vue mŽdical. Si,
effectivement, il a une fonction Žducative, on peut alors faire un rapport et interpeller ces
personnes pour, par exemple, un cours ou une information. Il ne faut certainement pas une
structure supplŽmentaire pseudomŽdicale, ou mŽdicale lŽg•re, ou quelque chose de ce
type. En conclusion, le groupe UDC votera contre ce projet, avec naturellement deux ou
trois exceptions, vous lÕaurez remarquŽ.
M. Marc Vuilleumier, municipal, SŽcuritŽ publique et sports : Ð La corrŽlation quÕil y
a entre la consommation dÕalcool excessive et les incivilitŽs, la violence et les bagarres
nÕest plus ˆ dŽmontrer. La police est parmi les premiers ˆ le constater et ˆ le dŽplorer.
Certains contacts ont dŽjˆ eu lieu depuis un certain temps avec le CHUV pour parler de ce
probl•me. Et sÕil y avait relativement peu dÕintŽr•t jusquÕˆ ce jour Ð nous semble-t-il en
tout cas Ð pour le CHUV dÕentrer en mati•re sur une telle rŽalisation, un rŽcent tŽlŽphone
entre le Service des urgences et le Corps de police montre quÕil sÕagit lˆ dÕun vrai
probl•me. On nous dit quÕil y a environ quinze alcoolisations massives hospitalisŽes au
CHUV de Lausanne le week-end qui posent un probl•me en termes de surveillance
mŽdicale. Mais est-il vraiment besoin Ð et la question a ŽtŽ posŽe tout ˆ lÕheure Ð pour ces
personnes, dans ces Žtats, dÕun plateau technique aussi important que le CHUV ? CÕest une
vraie question.
Toujours est-il quÕil y a un nouvel intŽr•t et une nouvelle dynamique ˆ discuter de ce
projet, tout en disant que, pour la Ville, il sÕagit essentiellement dÕun probl•me sanitaire,
de santŽ publique, qui est de compŽtence cantonale. A ce stade, la Ville ne peut quÕ•tre une
force de proposition et dÕappoint par rapport ˆ un tel dispositif. Dans ces conditions, en
insistant bien sur le fait quÕil sÕagit dÕun probl•me de santŽ publique, la Ville souhaiterait
effectivement pouvoir Žtudier cela avec les partenaires, notamment le CHUV, en disant
bien qui est celui qui doit effectivement apporter les solutions ˆ ce probl•me.
M. Philipp Stauber (UDC) : Ð JÕaimerais apporter un petit supplŽment ˆ mes explications
par rapport au CHUV. La tr•s grande majoritŽ des cas qui arrivent aux urgences du CHUV
ne sont ni des cas urgents ni des cas o• la vie est en danger. Seulement une minoritŽ des
cas qui arrivent aux urgences ont besoin dÕun plateau technique ŽlaborŽ. Donc, si nous
enlevons un petit groupe qui arrive aujourdÕhui au CHUV, la tr•s grande majoritŽ des
personnes, qui en principe nÕont pas besoin de ce plateau technique, car il ne sÕagit pas de
cas urgents, iront quand m•me aux urgences du CHUV ; cela ne changera presque rien
pour cette opŽration, qui est nŽcessaire, mais qui est malheureusement occupŽe en grande
partie par des gens qui nÕen auraient pas besoin. Donc, il y aurait une rŽduction seulement
de quelques pour-cent de cas de ces personnes qui, a priori, nÕont rien ˆ faire lˆ et qui
seraient mieux dans un centre de dŽgrisement ; pour ces quelques cas uniquement, il ne me
semble pas nŽcessaire de crŽer une nouvelle structure.
M
me
Fran•oise Longchamp (PLR) : Ð Monsieur le municipal, jÕai parlŽ de ce projet ˆ
plusieurs mŽdecins ; ceux-ci mÕont dŽconseillŽ de le soutenir, car il y a un danger, comme
lÕa relevŽ je ne sais qui tout ˆ lÕheure Ð M. Picard dans lÕintervention que M
me
Wild nous a
lue Ð, que ces personnes fassent un malaise et les policiers ne soient pas ˆ m•me de leur
porter secours.
M
me
Anne-Fran•oise Decollogny (Soc.) : Ð Je rappelle que le CHUV a peut-•tre un
plateau technique important, mais cÕest aussi lÕh™pital de zone et lÕh™pital de la Ville de
Lausanne. Il a dŽveloppŽ ces derni•res annŽes des compŽtences pointues dans le domaine
de lÕalcoologie en collaboration avec la PMU. Le domaine de lÕalcoologie suppose une
collaboration et une coordination entre diffŽrentes structures, en lÕoccurrence entre la
police municipale, les spŽcialistes Ð aussi bien mŽdicaux quÕassistants sociaux que lÕon
trouve au CHUV Ð et les urgences. JÕinsiste sur lÕimportance, au-delˆ de la cellule de
dŽgrisement, de tout lÕaspect de prise de conscience, de contacts, dÕaccompagnement et de
discussion dans le postulat de M
me
Ruiz ; cÕest le plus important pour faire de la
prŽvention. Quand on sÕalcoolise ˆ 15 ans et quÕon se retrouve au CHUV dans un coma
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Žthylique, il faut quÕun certain nombre de personnes puissent en parler pour rendre le jeune
attentif aux dangers de la dŽpendance ˆ lÕalcool. Plus on boit de lÕalcool jeune, plus on
aura de risque de dŽvelopper une dŽpendance particuli•rement difficile ˆ combattre. Ce
postulat doit •tre soutenu pour son aspect de dialogue, de prŽvention et
dÕaccompagnement, dont la jeunesse a absolument besoin actuellement.
M
me
Rebecca Ruiz (Soc.) : Ð Je rŽpondrai bri•vement ˆ M. Stauber et ˆ M
me
Longchamp.
Monsieur Stauber, dŽtrompez-vous ; durant les nuits de week-end, le CHUV conna”t un
afflux important de personnes alcoolisŽes, qui ne nŽcessiteraient pas un plateau technique
de pointe, dÕo• lÕintŽr•t de ce postulat, contrairement ˆ ce que vous dites. Il est Žvident
que, sur le total des personnes admises aux urgences du CHUV Ð si elles sont aux
urgences, cÕest quÕil y a bien un probl•me urgent, contrairement ˆ ce que vous avez dit
avant Ð, il est vrai que, les soirs de week-end, il y a des cas problŽmatiques dÕalcoolisation
massive qui surchargent ces plateaux techniques.
Madame Longchamp, par rapport aux Žchos que vous avez eus de mŽdecins que vous
connaissez, je peux vous rassurer ; jÕai consultŽ le P
r
Deppen, chef du Service dÕalcoologie
du CHUV et le P
r
Yersin, chef du Service des urgences. Tous deux se sont montrŽs
intŽressŽs par ce projet, qui viserait prŽcisŽment ˆ mettre sur pied une structure
intermŽdiaire entre la cellule et le Service des urgences, mais qui serait Ð et jÕesp•re que je
vais vous rassurer Ð une structure mŽdicalisŽe, qui devrait donc Žviter que les malaises que
vous craigniez.
M
me
Solange Peters (Soc.) : Ð Ce projet est un projet dÕŽvaluation de lÕopportunitŽ et de la
faisabilitŽ, notamment de la rŽpartition du financement que cela engendrerait, il est
important de le souligner. Il vise une certaine rŽgulation de lÕordre et de la sŽcuritŽ dans
notre ville, mais aussi de la santŽ en gŽnŽral pour des personnes qui pourraient sÕalcooliser
dans la ville. Ce projet est donc ˆ cheval entre la compŽtence cantonale et la compŽtence
communale. Il sÕagit donc aujourdÕhui de discuter et dÕŽtudier cette problŽmatique et non
de dire que telle personne a dit que cÕŽtait bien ou non. Justement, il me semble
quÕaujourdÕhui nous nÕen sommes quÕaux donnŽes prŽliminaires qui rŽgissent cette
problŽmatique et ne pouvons donc conclure aussit™t ˆ sa non-utilitŽ ou ˆ sa non-faisabilitŽ.
Il en va de m•me pour tous les spŽcialistes dans le domaine de lÕalcoologie, qui tendent ˆ
penser que cela pourrait •tre intŽressant, mais demandent que cela soit ŽtudiŽ, de m•me
que les urgentistes, qui sont tr•s intŽressŽs par la solution zurichoise, et qui demandent
Žgalement que cela soit ŽtudiŽ.
Il sÕagit aujourdÕhui dÕavoir une approche rationnelle et non sentimentale sur ce sujet et de
se rappeler que, dans un service dÕurgences comme celui du CHUV, il est absolument
exclu de prendre en charge quelquÕun dÕalcoolisŽ sous un aspect psychosocial, ou avec un
suivi ˆ moyen terme, un soutien social. Les urgences g•rent uniquement, en tant quÕh™pital
universitaire de premier recours, le danger vital. CÕest donc un projet intŽressant parce que,
dans cette perspective, on peut apporter peut-•tre plus. Je ne sais pas si, en comparaison
avec une ville comme Zurich, ceci est valide pour Lausanne ; il semble que ce soit le cas.
CÕest justement pour cette raison quÕon demande une Žtude. SÕil sÕagit aujourdÕhui dÕ•tre
un peu rationnel, cÕest la meilleure mani•re de le faire.
La discussion est close.
M. Albert Graf (UDC), rapporteur : Ð La commission demande la prise en considŽration
de ce postulat et son envoi ˆ la MunicipalitŽ par 7 voix contre 3.
Le scrutin est ouvert, puis clos.
Le postulat est pris en considŽration par 50 voix contre 22 et 3 abstentions.



SŽance N
o
4 du 27 septembre 2011 Ð 1
re
partie
323
Le Conseil communal de Lausanne
Ð vu le postulat de M
me
Rebecca Ruiz : Ç Pour lÕimplantation dÕun centre de dŽgrisement
avec surveillance mŽdicale ˆ Lausanne È ;
Ð vu le rapport de la commission nommŽe pour examiner cette affaire ;
Ð considŽrant que cet objet a ŽtŽ portŽ ˆ lÕordre du jour,
dŽcide :
de prendre ce postulat en considŽration et de le renvoyer ˆ la MunicipalitŽ pour Žtude et
rapport.
_________________
La sŽance est levŽe ˆ 20 h 10.
_________________
RŽdaction et mise en page : Patricia Pacheco Delacoste

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