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Leçon onze

Troisième série de démonstratifs; la conjugaison (suite) : le subjonctif; manière de rendre
"avoir"; le présent habituel en hu-; le narratif (ou séquentiel)

I) Troisième série de démonstratifs
Il existe une troisième série de démonstratifs en swahili, qui se forme simplement à partir
des démonstratifs proches, en remplaçant la voyelle finale par -o (avec un ou deux
changements phonétiques ou orthographiques)

cl. 1 huyu > huyo cl. 2 hawa > hao
cl. 3 huu > huo cl. 4 hii > hiyo
cl. 5 hili > hilo cl. 6 haya > hayo
cl. 7 hiki > hicho cl. 8 hivi > hivyo
cl. 9 hii > hiyo cl. 10 hizi > hizo
cl. 11 huu > huo
cl. 15 huku > huko
cl. 16 hapa > hapo
cl. 17 huku > huko
cl. 18 humu > humo

Au point de vue du sens, ce démonstratif se rapproche parfois du démonstratif éloigné,
mais en général, il s'emploie surtout pour reprendre une entité (personne, objet, action, etc.)
qui vient d'etre mentionnée dans le discours.

Exemples :

nilimwona mgeni jana; mgeni huyo alimjua baba yangu : j'ai vu un étranger hier; cet
étranger connaissait mon père (on a huyo car on vient juste de mentionner l'étranger dans la
phrase précédente)
wamejenga nyumba nyingi mjini; nyumba hizo ni za wafanya kazi : on a construit
beaucoup de maisons en ville; ces maisons sont pour les ouvriers (mfanya kazi, pl. wafanya
kazi : ouvrier, travailleur, salarié; on dit aussi mfanyi kazi / wa-)

II) Le subjonctif : formes positives
Le subjonctif positif a la structure suivante : PS - Ø - Base -e
On remarquera d'une part que la marque TAM est zéro, et d'autre part que la finale se
change en -e (ceci ne vaut, bien entendu, que pour les verbes se terminant par -a à l'infinitif;
les autres voyelles restent inchangées)

Exemple avec le verbe -anguka "tomber" :
1sg. ni-anguk-e : que je tombe 1pl. tu-anguk-e : que nous tombions
2sg u-anguk-e : que tu tombes 2pl. mw-anguk-e : que vous tombiez
cl. 1 a-anguk-e : qu'il / elle tombe cl. 2 wa- anguk-e : qu'ils / elles tombent
cl. 3 (mti) u-anguk-e : qu'il tombe cl. 4 (miti) i-anguk-e : qu'ils tombent
cl. 5 (shoka) li-anguk-e : qu'elle tombe cl. 6 (mashoka) ya-anguk-e : qu'elles tombent
cl. 7 (kitabu) ki-anguk-e : qu'il tombe cl. 8 (vitabu) vi-anguk-e : qu'ils tombent
cl. 9 (chupa) i-anguk-e : qu'elle tombe cl. 10 (chupa) zi-anguk-e : qu'elles tombent
cl. 11 (uma) u-anguk-e : qu'elle tombe cl. 10 (nyuma) zi-anguk-e : qu'elles tombent

Exemple avec -rudi "revenir"
1sg. ni-rudi : que je revienne 1pl. tu-rudi : que nous revenions
2sg. u-rudi : que tu reviennes 2pl. m-rudi : que vous reveniez
cl. 1 a-rudi : qu'il / elle revienne cl. 2 wa-rudi : qu'ils / elles reviennent
etc.

A noter que les verbes monosyllabiques ne conservent pas le -ku- de l'infinitif, pas plus
que -enda "aller" et -isha "se terminer, finir"

Exemple avec -la "manger"
1sg. ni-l-e : que je mange 1pl. tu-l-e : que nous mangions
2sg. u-l-e : que tu manges 2pl. m-l-e : que vous mangiez
cl. 1 a-l-e : qu'il / elle mange cl. 2 wa-l-e : qu'ils / elles mangent
etc.

Exemple avec -enda
1sg ni-end-e : que j'aille 1pl. tu-end-e : que nous aillons
2sg. u-end-e : que tu ailles 2pl. mw-end-e : que vous aillez
cl. 1 a-end-e : qu'il / elle aille cl. 2 wa-end-e : qu'ils / elles aillent
etc.

II) Le subjonctif : formes négatives
Le subjonctif négatif est très particulier par rapport aux formes négatives que nous avons
déjà vues. En effet, celles-ci se caractérisaient par des préfixes négatifs de forme spécifique.
Curieusement [mais le fait est commun à pratiquement toutes les langues bantu], le subjonctif
négatif utilise les préfixes positifs !
Il présente donc la structure suivante : PS-si-Base-e (la finale des verbes en -i, -u, -e, reste
bien entendu inchangée). Comme on le voit, il s'agit d'une structure identique à celle du
subjonctif positif, sauf que la marque TAM est -si-, au lieu de zéro.

Exemple avec -anguka
1sg. ni-si-anguk-e : que je ne tombe pas 1pl. tu-si-anguk-e : que nous ne tombions pas
2sg. u-si-anguk-e : que tu ne tombes pas 2pl. m-si-anguk-e : que vous ne tombiez pas
cl. 1 a-si-anguk-e : qu'il ne tombe pas cl. 2 wa-si-anguk-e : qu'ils ne tombent pas
etc.

Exemple avec -rudi
1sg ni-si-rudi : que je ne revienne pas 1pl. tu-si-rudi : que nous ne revenions pas
2sg. u-si-rudi : que tu ne reviennes pas 2pl. m-si-rudi : que vous ne reveniez pas
cl. 1 : a-si-rudi : qu'il ne revienne pas cl. 2 : wa-si-rudi : qu'ils ne reviennent pas
etc.

Exemple avec -la
1sg. ni-si-l-e : que je ne mange pas 1pl. tu-si-l-e : que nous ne mangions pas
2sg. u-si-l-e : que tu ne manges pas 2pl. m-si-l-e : que vous ne mangiez pas
cl. 1 a-si-l-e : qu'elle ne mange pas cl. 2 wa-si-l-e : qu'elles ne mangent pas
etc.

IV) Le subjonctif : emploi
Deux points importants à noter avant l'étude des emplois généraux du subjonctif. Tout
d'abord, la 1pl. du subjonctif sert à rendre la première personne du pluriel de l'impératif
français :
ingia : entre !; ingieni : entrez !; tuingie : entrons !

N.B. avec le verbe -enda "aller", il est important de distinguer :
tuende : allons-y (toi et moi) tuendeni : allons-y (tous)
mais cette opposition ne se retrouve pas souvent avec d'autres verbes. Par exemple, à la
messe catholique, le prêtre s'adresse à l'ensemble des fidèles en disant : (na) tuombe
"prions!" et non pas * tuombeni ! [le na facultatif préposé à l'impératif 1pl. est une forme
archaïque d'emphase]

Ensuite, le subjonctif négatif sert aussi comme impératif négatif, qui n'exsite pas en tant
que forme indépendante en swahili standard :
fanya kazi : travaille ! usifanye kazi : ne travaille pas !
fanyeni kazi : travaillez ! msifanye kazi : ne travaillez pas !
tufanye kazi : travaillons ! tusifanye kazi : ne travaillons pas !

tusile nyama, tule samaki : ne mangeons pas de viande, mangeons du poisson !
msiende sokoni leo : n'allez pas au marché aujourd'hui !

Le subjonctif s'emploie seul, le plus souvent en interrogation, là où le français utiliserait
plutôt le présent de l'indicatif :
niingie ? : j'entre ?, je peux / dois entrer ?
watoto waondoke ? : les enfants doivent partir ? il faut que les enfants partent ?
tusimalize kazi kwanza? : on ne finit pas le travail d'abord ? on ne doit pas finir le travail
d'abord? ce ne serait pas mieux qu'on finisse le travail d'abord ?
nile nyama au samaki ? : je mange la viande ou le poisson ? je dois manger la viande ou
le poisson ?

Mais la plupart du temps, le subjonctif dépend d'un autre élément de la phrase; ce peut-être
un mot invariable (équivalent à une conjonction du français) qui sert à préciser le sens. On
peut utiliser par exemple :
lazima : il faut que sharti : idem
afadhali : il vaut mieux, il est préférable de bora : idem
(ne pas confondre afadhali avec tafadhali "s'il vous plaît")

lazima tumalize kazi : il faut que nous terminions le travail
sharti ufuate sheria : il faut que tu suives (= que tu obéisses à) la loi
afadhali nisiingie : il vaut mieux que je n'entre pas
bora watoto waondoke : il est préférable que les enfants s'en aillent

Dans d'autres cas, le subjonctif est précédé d'un autre verbe dont il dépend (comme en
français)
mwambie apike nyama : dis-lui de cuire (de) la viande [noter qu'en français on emploie
l'infinitif dans ce cas-là, encore que le subjonctif soit possible mais pas très naturel : "dis-lui
qu'il cuise la viande"; par contre, en swahili, l'infinitif est absolument imposible dans ce type
de phrase; on doit employer le subjonctif]
mwambie asipike nyama : dis-lui de ne pas cuire (de) la viande
waambieni waje kesho : dites-leur de venir demain
ninataka ulete vitabu : je veux que tu apportes des livres

mwite (ili) niseme naye : appelle-le pour que / afin que je parle avec lui !
kaa (ili) usome : assieds-toi pour lire !
simama (ili) asikuone : arrête-toi afin qu'il ne te voie pas !
simameni (ili) asiwaone : arrêtez-vous afin qu'il ne vous voie pas [Rappel : la marque
d'objet -wa- sert aussi à rendre la 2e Pl]
Dans cette dernière série de phrases, il est fréquent (mais pas obligatoire !) d'insérer la
conjonction ili "afin que, pour que".

V) Comment se rend le verbe "avoir" du français :
Nous ne verrons que le présent pour le moment. La forme est très simple elle est construite
ainsi : PS-na
Au positif :
1sg. ni-na 1pl. tu-na
2sg. u-na 2pl. m-na
cl. 1 a-na cl. 2 wa-na
cl. 3 u-na cl. 4 i-na
cl. 5 li-na cl. 6 ya-na
etc.

Au négatif :
1sg. si-na 1pl. hatu-na
2sg. hu-na 2pl. ham-na
cl. 1 ha-na cl. 2 hawa-na
cl. 3 hau-na cl. 4 hai-na
etc.

Exemples :
nina pesa : j'ai de l'argent huna pesa : tu n'as pas d'argent
hatuna kisu : nous n'avons pas de couteau
mti una mizizi : l'arbre a des racines
watu wengine hawana nyumba : certaines [litt. d'autres] personnes n'ont pas de maison

VI) le présent habituel en hu-
A côté du présent général que nous avons déjà vu (de forme PS-na- Base-a), on emploie
(facultativement, en swahili standard contemporain) un autre présent qui indique l'habitude ou
des actions très générales (alors que le présent en -na- se rapporte plutôt, à l'origine, à un
progressif comparable à l'anglais be ...-ing, "être en train de...). Le présent habituel a une
forme très différente de celles que nous avons eu l'habitude de voir, puisqu'il ne présente pas
de préfixe sujet...
Sa structure est donc simplement : hu-Base-a. Le ku- de l'infinitif ne se maintient pas (voir
note plus bas). Comme il n'y a pas de préfixe sujet, il est nécessaire de mettre au moins un
pronom personnel devant le verbe

Exemple avec le verbe -soma :
1sg. mimi husoma : je lis (habituellement) 1pl. sisi husoma : nous lisons
2sg. wewe husoma : tu lis 2pl. nyinyi husoma : vous lisez
cl. 1 yeye husoma : il / elle lit cl. 2 wao wasoma : ils / elles lisent
etc.

Exemple avec -nywa "boire"
1sg. mimi hunywa : je bois 1pl. sisi hunywa : nous buvons
2sg. wewe hunywa : tu bois 2pl. nyinyi hunywa : vous buvez
cl. 1 yeye hunywa : il boit cl. 2 wao hunywa : elles boivent
etc.

ng'ombe hula nyasi : les vaches mangent de l'herbe [c'est toujours vrai : c'est ce dont elle
se nourrissent normalement, contrairement à ng'ombe wanakula nyasi : les vaches sont en
train de manger de l'herbe, en ce moment]
watoto huenda shule kila siku : les enfants vont à l'école chaque jour
kila mwaka baba yangu hulima shamba la mpunga : chaque année mon père cultive un
champ de riz
Cette forme est très usitée dans les proverbes :
mpanda ovyo, hula ovyo : celui qui plante n'importe comment, mange n'importe comment
haba na haba hujaza kibaba : litt. un petit peu et un petit peu remplissent le récipient (à
peu près équivalent au proverbe français : les petits ruisseaux font les grandes rivières ou bien
: petit à petit, l'oiseau fait son nid; noter -jaza "remplir")
Note : le préfixe hu- est en fait étymologiquement une variante du ku- de l'infinitif, comme on s'en aperçoit
dans divers dialectes. Il est donc normal qu'il n'y ait pas d'accord sujet (l'infinitif ne s'accorde pas) ni de ku- avec
les verbes monosyllabiques puisque... il est déjà là (un peu camouflé).

Pour ce qui est du négatif de cette forme, on utilise simplement le présent négatif que nous
connaissons déjà :
ng'ombe hula nyasi, hawali nyama : les vaches mangent de l'herbe, elles ne mangent pas
de viande
watoto hawaendi shule kila siku : les enfants ne vont pas à l'école tous les jours

Remarque : dans la langue moderne, la forme en hu- tend à être moins employée et on dira
aussi bien :
watoto wanakwenda shule kila siku : les enfants vont à l'école tous les jours
mais il est néanmoins utile de la connaître et de savoir l'employer à bon escient

VII) Le narratif / séquentiel en -ka-
Nous avons vu qu'il existe en swahili un passé général (indiqué par le TAM -li-). Mais
cette forme ne s'emploie pas dans tous les cas où l'on emploierait le passé dans les langues
européennes. En particulier, chaque fois qu'une action s'enchaîne à une autre (ce qui est
souvent le cas dans les récits, les narrations...), le passé en -li- n'est employé que pour le
premier verbe, les suivants se mettent à la forme séquentielle ou naarative (parfois appelée
consécutif dans les grammaires).
La structure de cette forme est : PS-ka-Base-a. Les verbes monosyllabiques plus -enda et
-isha ne conservent pas le -ku- à cette forme.

Exemple avec -anguka "tomber"
1sg. ni-ka-anguk-a : et je suis tombé 1pl. tu-ka-anguk-a : et nous sommes tombés
2sg. u-ka-anguk-a : et tu es... 2 pl. m-ka-anguk-a : et vous êtes...
cl. 1 a-ka-anguk-a : et il est... cl. 2 wa-ka-anguk-a : et ils sont...
cl. 3 u-ka-anguk-a cl. 4 i-ka-anguk-a
cl. 5 li-ka-anguk-a cl. 6 ya-ka-anguk-a
cl. 7 ki-ka-anguk-a cl. 8 vi-ka-anguk-a
cl. 9 i-ka-anguk-a cl. 10 zi-ka-anguk-a
cl. 11 u-ka-anguk-a

Exemple avec -la :
1sg. ni-ka-l-a 1pl. tu-ka-l-a
2sg. u-ka-l-a 2pl. m-ka-l-a
cl. 1 a-ka-l-a cl. 2 wa-ka-l-a
etc.

ulimtukana akakupiga : tu l'as insulté et il t'a frappé
tuliondoka leo asubuhi, tukarudi jioni : nous sommes partis ce matin et nous sommes
revenus ce soir
mama alikwenda sokoni, akanunua ndizi, akarudi nyumbani, akapika, akala,
akashiba : maman est allée au marché, elle a acheté des bananes, elle est revenue à la maison,
elle a cuisiné, elle a mangé et elle a été rassasiée (-shiba : être rassasié)
Noter que l'emploi de na est superflu; si on l'emploie pour indiquer un changement de
sujet, comme dans la première phrase ci-dessus, il faut le faire suivre d'un nom ou d'un
pronom :
ulimtukana naye (< na yeye) akakupiga : tu l'as insulté et (lui) il t'a frappé

On prendra bien garde à distinguer ce contexte, où une action s'enchaîne avec une autre
dans un ordre temporel, d'une situation ou les actions sont accomplies en même temps par
des sujets identiques ou différents; dans ce dernier cas, le deuxième verbe en swahili se met à
l'infinitif:

sisi hulima shamba na kufuga ng'ombe : nous cultivons les champs et élevons du bétail
= tunalima shamba na kufuga ng'ombe
nitapika viazi na kukaanga mayai : je ferai cuire des pommes de terre et je ferai frire des
oeufs
watu waliingia na kutoka : des gens entraient et sortaient (c.àd. qu'au même moment, il y
avait des gens qui entraient et d'autres qui sortaient); à opposer à
watu waliingia wakatoka : des gens sont entrés (et puis) ils sont sortis (c. à d. les mêmes
personnes sont d'abord entrées, puis sorties par la suite)

Curieusement si un des verbes séquentiels doit être à la forme négative, c'est le subjonctif
négatif qu'on emploie, surtout s'il y a une idée de conséquence :
tulikwenda kumwona Shabani, tukamkuta : nous sommes allés voir Shabani et nous
l'avons trouvé
tulikwenda kumwona Shabani, tusimkute : nous sommes allés voir Shabani (mais) nous
ne l'avons pas trouvé - on peut dire aussi tulikwenda kumwona, lakini hatukumkuta, mais
le subjonctif négatif est souvent employé dans la langue écrite.

N.B. Une particularité du swahili : après le verbe -weza "pouvoir", on emploie la forme en
-ka- encore plus souvent que l'infinitif :
anaweza akaja kesho = anaweza kuja kesho : il peut venir demain

Note : vous remarquerez, en entendant parler des Zanzibarites - par exemple Aziza - et même en lisant des
textes écrits par des Zanzibarites, une forme en ka- apparemment sans sujet, comme dans l'exemple suivant :
utamkuta Juma kasimama mlangoni
Il ne s'agit pas du tout de la forme narrative en -ka-. C'est une forme dialectale, propre à Zanzibar et d'autres
parlers swahili du sud qui est en réalité l'exact équivalent de ame-; la phrase ci-dessus s'énoncerait donc, en
swahili standard "scolaire" :
utamkuta Juma amesimama mlangoni : tu trouveras Juma debout / arrêté à la porte
Cette tournure est si fréquente que par exemple dans l'ouvrage Nyota ya Rehema, étudié en deuxième année
et écrit par l'auteur zanzibarite Mohamed Suleiman Mohamed, on ne trouve qu'une ou deux fois ame- et des
dizaines de fois ka- (kaenda, kafanya, kalala, kaogopa, etc.), alors que nime-, ume-, wame- tume- etc. sont
très fréquents. Il convient de connaître cet usage qui est très courant aussi à Dar-es-Salaam, même s'il n'est pas
exactement standard.
Leçon 12
Le système des classes (suite). La classe 15 (infinif). Les classes locatives : 16, 17 et 18

La classe 15 :
Comme vous avez pu déjà le remarquer, les verbes swahili forment leur infinitif en préfixant
ku- à la base. En fait il s'agit d'un préfixe de classe, car il est possible de l'accorder avec les
éléments dépendants, comme le montrent les phrases suivantes :

ku-imba ku-le kwa watoto ku-na-ni-pendeza : cette façon de chanter (litt. "ce chanter") des
enfants me plaît
ku-kata miti ku-me-ni-chokesha : couper des arbres m'a fatigué [-choka : être fatigué,
-chokesha : fatiguer qq.]

Par ailleurs l'infinitif fonctionne comme complément d'un autre verbe, comme en français, et
il peut prendre des marques d'objet. Exemples :

ninataka ku-wa-ona : je veux les voir umekuja ku-tu-ambia : tu es venu nous dire...

L'infinitif négatif se forme en insérant -to- après le préfixe. Il est relativement peu employé à
l'oral, mais noter le proverbe suivant :

ku-sema (ni) ku-zuri, ku-to-sema (ni) ku-zuri : parler est bien, ne pas parler est bien [c'est à
dire, en réalité, "est mieux"; cf. le proverbe français "la parole est d'argent, mais le silence est
d'or" qui signifie la même chose]. Noter que la copule "ni" peut s'élider quand il n'y a pas
d'ambiguïté, surtout à l'oral

Bien entendu, en raison de son sens, la classe 15 n'a pas de pluriel.

Les classes locatives : 16, 17 et 18
Ces trois classes sont très importantes, mais présentent de grandes différences par rapport à
celle que nous avons vues jusqu'à présent. Tout d'abord, il n'y a qu' UN SEUL nominal qui
relève directement de la classe 16 et AUCUN pour les deux autres classes.
Le nominal en question est mahali "lieu, endroit" (on rencontre aussi, moins fréquemment
mahala, pahali et pahala avec le même sens; je vous recommande d'utiliser mahali).
Les accords se font tous avec le préfixe pa- et, en swahili standard, il n'y a aucune différence
entre le singulier et le pluriel. Exemple :

mahali pa-le pa-zuri pa-na-pendeza, ni-na-pa-penda sana : ce bel endroit-là est agréable
[litt. "il plaît"], je l'aime beaucoup. (pourrait aussi vouloir dire "ces beaux endroits-là, etc.")

On notera que puisqu'il n'y a qu'un seul nominal dans cette classe, il n'est pas nécessaire de
l'expliciter : ainsi ha-pa "celui-ci" (en parlant d'un endroit) et pa-le "celui-là" (en parlant d'un
endroit) servent automatiquement à rendre les adverbes français "ici" et "là(-bas)", qui
n'existent pas comme tels en swahili.

wanakaa hapa : ils habitent ici tumekwenda pale : nous sommes allés là-bas

On notera aussi des exemples tels que :

pa-moja : un seul (endroit), a aussi le sens français de "ensemble"
tumerudi pamoja : nous somme revenus ensemble
wanakaa pamoja : ils habitent ensemble (litt. "à un seul (endroit)"

pengine < pa-ingine : un autre (endroit), a aussi le sens français de "ailleurs"
amekwenda pengine : il est allé à un autre endroit, ailleurs

En fait la vraie utilité de ces classes locatives consiste à accueillir des noms originaires d'autre
classes et suffixés de -ni. Nous avons vu antérieurement que ce suffixe sert à indiquer "dans,
à, sur, près de" de façon assez peu différenciée. S'il ya des éléments de la phrase qui doivent
s'accorder avec ces noms, on utilisera comme accord les préfixes d'une des trois classes
locatives. Voici donc ces trois séries d'accords.

Nous avons déjà vu la classe 16, pour laquelle les accords sont pa- partout (p-devant thème à
initiale vocalique). Pour la classe 17, le préfixe est ku- (kw- devant voyelle). Exemples :

ku-le kw-ako (ni) ku-zuri, ku-na-ni-pendeza : là-bas chez toi c'est joli, ça me plaît

Pour la classe 18, le préfixe est m- (mw- devant voyelle) :

hu-mu (ni) m-refu, m-na hatari : ici dedans c'est profond, c'est dangereux (litt. ça a du
danger)

N.B. en général la marque d'objet n'est pas employée pour ces deux dernières classes, car on
risquerait de confondre avec -ku- "2e personne du sg." par exemple nina-ku-penda : "je
t'aime" et -m- "classe 1" par exemple nina-m-penda : "je l'aime (en parlant d'une personne)".
En revanche, pour la cl. 16, ce problème n'existe pas et on peut parfaitement dire : nina-pa-
penda "je l'aime (en parlant d'un endroit)".

Etre quelque part, y avoir, etc.
On a déjà vu l'emploi des trois "verboïdes -po, -ko, -mo. Saisissons cette occasion pour en
résumer la conjugaison au présent

1sg nipo / niko / nimo 1pl. tupo / tuko / tumo
2sg upo / uko / umo 2pl. mpo / mko / mmo
cl. 1 yupo / yuko / yumo cl. 2 wapo / wako / wamo
cl. 3 upo / uko / umo cl. 4 ipo / iko / imo
etc.

négatif
1sg sipo / siko / simo 1pl. hatupo / hatuko / hatumo
2sg. hupo / huko / humo 2pl. hampo / hamko / hampo
cl. 1 hayupo / hayuko / hayumo cl. 2 hawapo / hawako / hawamo
cl. 3 haupo / hauko / haumo cl. 4 haipo / haiko / haimo
etc.

Nous voyons à présent que chacune des formes de ce "verboïde" renvoie à une des trois
classes locatives :

cl. 16 : yu-po mtoni : il est à la rivière (emplacement précis, en principe)
cl. 17 : yu-ko mtoni : il est vers la rivière (emplacement vague, en principe)
cl. 18 : yu-mo mtoni : il est dans la rivière [en train de nager par exemple] pas sur la berge

La différence de sens entre les classes 16 et 17 n'est pas très marquée : en principe, la classe
16 désigne une localisation précise et la classe 17 une localisation vague (ce qu'on a essayé de
rendre dans les traductions ci-dessus), mais il est souvent difficile de justifier pourquoi on a
employé une classe plutôt que l'autre.
En revanche le sens de la classe 18 est très bien défini : il désigne toujours l'intérieur, par
opposition à l'extérieur.

On pourrait parfaitement ajouter un démonstratif :

cl. 16 : hayu-po mtoni pa-le : il n'est pas à cette rivière-là(-bas)
cl. 17 : hayu-ko mtoni ku-le : il n'est pas vers cette rivière-là(-bas)
cl. 18 : hayu-mo mtoni m-le : il n'est pas dans cette rivière-là (-bas)

ou un possessif (surtout en classe 17; les classes 16 et 18 sont possibles, mais peu usuelles) :

njooni (nyumbani) kwetu : venez chez-nous (à notre maison) - nyumbani est le plus
souvent sous-entendu
walirudi nchini kwao : ils sont rentrés dans leur pays
tuende (nyumbani) kwa Juma : allons chez Juma
(nyumbani) kwako ni kuzuri : chez toi, c'est beau

Mais, comme on l'a déjà signalé, il est impossible dans ce cas d'utiliser des adjectifs. On doit
dire :
yu-po / yu-ko / yu-mo katika mto mkubwa : il est dans / à / près de une grande rivière

Pour rendre le français "y en avoir" on utilise le verboïde -na que nous avons vu dans la leçon
précédente, préfixé d'un des trois préfixes locatifs pa-, ku-, m-

cl. 16 mtoni pa-le pa-na mamba wengi : dans cette rivière ou auprès de cette rivière il y a
de nombreux crocodiles
cl. 17 mtoni ku-le ku-na mamba wengi : aux environs de cette rivière, il y a de nombreux
crocodiles
cl. 18 mtoni m-le m-na mamba wengi : dans cette rivière [spécifiquement dedans] il y a de
nombreux crocodiles

Autres exemples :

pana watu hapa : il y a des gens ici
kuna mamba kule : il y a des crocodiles là-bas
mna panya humu nyumbani : il y a des rats dans cette maison [à l'intérieur]
hapana watu mjini : il n'y a pas de gens en ville
hakuna mamba mtoni : il n'y a pas de crocodiles à la rivière
hamna panya nyumbani : il n'y a pas de rats dans la maison

Remarquer les constructions suivantes à l'interrogatif, au positif et au négatif :
mjini pana watu ? - wapo - hapana : y a-t-il des gens en ville ? - oui, il y en a [litt. ils y
sont] - non, il n'y en a pas
mtoni kuna mamba ? - wako - hakuna : y a-t-il des crocodiles à la rivière ? oui, il y en a -
non il n'y en a pas
nyumbani mna panya ? - wamo - hamna : y a-t-il des rats dans la maison ? - oui, il y en a -
non, il n'y en a pas
soda iko leo? - ipo / iko - hapana / hakuna / hamna : y a-t-il du soda aujourd'hui ? - oui -
non
machungwa yako ? - yapo / yako - hapana / hakuna / hamna : y a-t-il des oranges ? oui -
non
sukari imo kabatini ? - imo - haimo : le sucre est-il dans le placard ? oui, il y est - non, il n'y
est pas
Noter dans ce dernier exemple que le sujet est défini : le sucre; on s'informe à propos d'un
certain sucre, celui que nous nous attendons à trouver dans le placard. C'est pourquoi on
emploie la forme en -mo [mais on pourrait aussi utiliser -po ou -ko] et non pas celle en -na.
Si l'on disait : mna sukari kabatini ? : y a-t-il du sucre dans le placard ?, cela signifierait que
l'on ne sait pas s'il y a du sucre du tout.

Noter aussi que hapana employé tout seul équivaut simplement au français "non". Cette
forme peu élégante est familière, mais fréquente à l'oral (à éviter à l'écrit)

Exemple
Je, alimaliza kazi jana ? - hapana ! : est-ce qu'il a terminé le travail hier ? - non ! [Je sert
fréquemment à introduire une question en swahili. Il ne se traduit pas en français]
Il faut en revanche totalement exclure l'usage de hapana comme négatif dans la conjugaison !
** mimi hapana jua entendu surtout au Kenya, [de la part de locuteurs non scolarisés ou
d'étrangers (Arabes, Indiens, Européens...) ne se souciant pas de parler correctement swahili],
comme équivalent de sijui : je ne sais pas; c'est aussi incorrect que la version française "moi y
en a pas savoir" !

Expressions locatives d'origine nominale
Il convient de noter un certain nombre d'expressions servant à rendre la localisation, mais ne
relevant cependant pas des classes locatives (cf. katika "dans, à, etc". que nous avons déjà
vu) :
juu (ya) :sur, au dessus de chini (ya) : sous, au dessous de
nyuma (ya) : derrière, à l'arrière de mbele (ya) : devant, au devant de
ndani (ya) : dans, à l'intérieur de nje (ya) : dehors à l'extérieur de

NB : chini et ndani sont étymologiquement des formes locatives, suffixées de -ni, mais ne se
comportent plus comme telles, puisqu'elles s'accordent, comme les autres, en classe 9.
Exemples :

kitabu kipo juu ya meza : le livre est sur la table
mbwa amelala chini ya meza : le chien est couché sous la table
kisu kimeanguka nyuma ya kabati : le couteau est tombé derrière le buffet (kabati : buffet
< anglais cupboard)
simama mbele yangu ! : arrête-toi (ou tiens-toi debout) devant moi !
tuingie ndani ya nyumba ! : entrons dans la maison !
jeshi lipo nje ya mji : l'armée est à l'extérieur de la ville

Il faut ajouter deux autres termes construits différemment :
karibu (na) : près de mbali (na) : loin de
ofisi yetu iko karibu na bandari : notre bureau est près du port
kisima kiko mbali na nyumba : le puits est loin de la maison

Biien entendu tous les termes cités ci-dessus peuvent aussi s'employer adverbialement, c'est à
dire sans complément :
tazama juu : regarde en haut, vers le haut kaeni chini : asseyez-vous par terre
anafuata nyuma : il suit par derrière yuko mbali : il est loin
etc.

Constructions lococentriques
Pour en terminer avec cet exposé déjà trop long des constructions locatives, on mentionnera
sans s'y attarder trop en première année, un type de construction propre au swahili appelée
"construction lococentrique". Dans ces constructions le préfixe sujet d'une des classes
locatives remplace le préfixe renvoyant au sujet logique. Ainsi on peut remplacer :
watu wameingia mjini : les gens sont entrés en ville
par
mjini pameingia watu ou bien mjini kumeingia watu ou encore mjini mmeingia watu
avec le sens de "en ville il est entré des gens"
On constate que dans ces constructions le locatif se place normalement en tête.

Autre exemple :
kule Somalia kumekufa watu wengi : en Somali il est mort beaucoup de gens / beaucoup de
gens sont morts (la forme kule Somalia, wamekufa watu wengi est aussi possible)
Il faut connaître ces constructions, un peu bizarres du point de vue des langues européennes,
car elles sont très employées en swahili.
Leçon 13
La conjugaison (suite) : le concomitant en -ki-; la forme en -mesha-; la conjugaison relative

1) Le concomitant :
Il s'agit d'une forme très utile en swahili, mais qui se trouve être une forme dépendante, c'est-
à-dire qu'elle ne s'emploie jamais qu'en compagnie d'un autre verbe (pour une exception
apparente, cf. plus loin l'examen des formes composées). Elle correspond en apparence à deux
notions assez différentes en français, mais qui prennent leur sens si l'on considère qu'elles se
comprennent toutes deux comme étant données en même temps que le verbe de la principale
(d'où le nom de "concomitant"). En fait la meilleure manière de les comprendre serait comme
équivalent d'un participe présent - même si le résultat n'est pas toujours correct en bon
français.
La structure de cette forme est : PS-ki-Base-a; les verbes monosyllabiques ne gardent pas
le -ku- (bien entendu les verbes se terminant par une autre voyelle que -a- à l'infinitif la
conservent).

Exemple avec -anguka (pour le sens voir plus loin) :

1sg ni-ki-anguk-a 1pl. tu-ki-anguk-a
2sg. u-ki-anguk-a 2pl. m-ki-anguk-a
cl. 1 a-ki-anguk-a cl. 2 wa-ki-anguk-a
cl. 3 u-ki-anguk-a cl. 4 i-ki-anguk-a
cl. 5 li-ki-anguk-a cl. 6 ya-ki-anguk-a
cl. 7 ki-ki-anguk-a cl. 8 vi-ki-anguk-a
cl. 9 i-ki-anguk-a cl. 10 zi-ki-anguk-a
cl. 11 u-ki-anguk-a

Exemple avec -la
1sg. ni-ki-l-a 1pl. tu-ki-l-a
2sg u-ki-l-a 2pl. m-ki-l-a
cl. 1 a-ki-l-a cl. 2 wa-ki-l-a,
etc.

A) Emploi comme complément du verbe de la principale :

tuliwaona watoto wakicheza : (litt. nous avons vu les enfants jouant) c.à d. nous avons vu
les enfants qui jouaient, en train de jouer, ou tout simplement : nous avons vu les enfants
jouer [N.B. noter qu'il est absolument impossible d'employer l'infinitif, dans ce cas, en
swahili, contrairement au français].
nilikuona ukirudi kutoka mjini : (litt. je t'ai vu revenant de la ville) c. à d. : je t'ai vu
quand tu revenais de la ville, en train de revenir de la ville
uliniona nikirudi kutoka mjini : tu m'as vu revenir de la ville
walimsikia mtoto akilia : (litt. ils ont entendu l'enfant pleurant) c. à dire : ils ont entendu
l'enfant pleurer, qui pleurait, etc.

Dans certains cas, on aura bien un participe présent en français, quand les deux verbes ont
le même sujet :

aliondoka akilia : il est parti en pleurant

Dans ce dernier cas, on introduit souvent la forme en -ki- par huku (= français : tout en) :

aliendesha gari huku akiangalia wasichana : il conduisait la voiture tout en regardant les
filles

B) Emploi comme potentiel :

Un emploi très fréquent se rencontre quand la forme en -ki- précède la deuxième
proposition. Dans ce cas la tentation est grande pour les étudiants de le traduire par le français
"si" et de considérer que "la forme en -ki- est équivalente au français 'si'". C'est une grosse
erreur. En effet le français "si" peut rendre plusieurs situations différentes qui ne concernent
pas toutes la forme en-ki- :
1) le potentiel : si tu viens demain, tu me verras au bureau
2) l'irréel (ou hypothétique) du présent : si tu venais demain, tu me verrais au bureau
3) l'irréel (ou hypothétique) du passé : si tu étais venu hier [mais ça n'a pas été le cas], tu
m'aurais vu au bureau

Les phrases 2 et 3 se rendront par le conditionnel du swahili que nous étudierons
ultérieurement. Mais ce qu'il est important de noter, c'est que la phrase 1 n'est pas différente
en swahili de "quand tu viendras demain, tu me trouveras au bureau", c'est à dire qu'il n'y a
pas vraiment d'aspect hypothétique :

ukija kesho, utanikuta ofisini : (litt. : toi venant demain) c. à d. : si tu viens demain /
quand tu viendras demain, tu me trouveras au bureau; autrement dit, si on pose comme donné
que tu viendras demain (que j'en sois sûr ou non, ce n'est pas le problème) tu me trouveras au
bureau. On peut forcer la phrase à signifier "si tu viens..." en la faisant précéder de kama, qui
signifie justement "si" et qu'on peut aussi employer au conditionnel, comme on le verra plus
tard :
kama ukija kesho, utanikuta ofisini : si tu viens demain, tu me trouveras au bureau.

Autres exemples :

mtu akinywa sana, analewa : si quelqu'un boit beaucoup / quand quelqu'un boit
beaucoup, il s'enivre (-lewa : s'enivrer, être saoûl)
paka akiondoka, panya hutawala : quand le chat s'en va / si le chat s'en va, les souris
règnent [en français : quand le chat n'est pas là, les souris dansent; noter la forme en hu-]
wakulima wakimaliza kuvuna mpunga, watarudi nyumbani : quand les agriculteurs
finiront de récolter le riz, ils rentreront à la maison (ici on n'utiliserait pas "si"; en effet, il est
certain qu'ils termineront la récolte tôt ou tard)

Noter l'emploi de kila + forme en -ki- pour signifier "chaque fois" :

kila nikimwona, tunagombana : chaque fois que je la vois, nous nous disputons
(-gombana : se disputer)
kila tukienda mjini, mvua inanyesha : chaque fois que nous allons en ville, il pleut
(-nyesha : pleuvoir, avec mvua "pluie" comme sujet)

Le négatif de la forme en -ki- est basé sur un relatif et sera examiné plus tard.


2) Le résultatif en -mesha-
On trouve en swahili contemporain (disons depuis le milieu du siècle dernier) une forme
aspectuelle qui dérive de l'incorporation de l'auxiliaire kw-isha "finir" avec le verbe suivant.
A partir d'une phrase : amekwisha kusoma kitabu : il a fini de lire le livre, on est passé à :

ameshasoma kitabu

cette forme abrégée ayant pris le sens de : il a déjà lu le livre. C'est en quelque sorte
l'équivalent positif exact de la forme négative hajasoma kitabu : il n'a pas encore lu le livre,
que nous avons étudiée au premier trimestre.
La formule est donc : PS-mesha-Base-a
La conjugaison ne pose pas de problème :

1sg ni-mesha-som-a : j'ai déjà lu 1pl. tu-mesha-som-a : nous avons déjà lu
2sg u-mesha-som-a : tu as déjà lu 2pl. m-mesha-som-a : vous avez déjà lu
cl. 1 a-mesha-som-a : il / elle a déjà lu cl. 2 wa-mesha-som-a : ils / elles ont déjà lu,
etc.

Les verbes monosyllabiques conservent le -ku- :

1sg. ni-mesha-ku-l-a : j'ai déjà mangé 1pl. tu-mesha-ku-l-a : nous avons déjà mangé
2sg. u-mesha-ku-l-a : tu as déjà mangé 2pl. m-mesha-ku-l-a : vous avez déjà mangé
cl. 1 a-mesha-ku-l-a : il a déjà mangé cl. 2 wa-mesha-ku-l-a : ils ont déjà mangé,
etc.

(Il y a une certaine hésitation avec le verbe kw-enda, pour lequel on entend - et on lit, à
l'occasion - aussi bien tumeshakwenda que tumeshaenda, pour "nous sommes déjà allés".
La forme avec -kw- est cependant standard)

3) La conjugaison relative
A) Nous abordons maintenant une partie importante et complexe de la conjugaison swahili,
les formes relatives. Alors qu'en français (et dans les autres langues européennes) les relatives
sont marquées par un "pronom relatif" qui ou que, sans que la forme du verbe elle-même ne
change, [l'enfant me regarde > l'enfant qui me regarde (relatif sujet); je regarde l'enfant >
l'enfant que je regarde (relatif objet)] il n'en va pas de même en swahili, ou en tous cas, pas
totalement.
Il n'existe pas en swahili une seule manière de former les relatives, et on doit étudier
chaque forme séparément. La formule générale est : PS-TAM-Relateur-Base-Voy., où le
relateur joue le rôle du "pronom relatif" du français - comme vous voyez, il se situe à
l'intérieur du verbe...
Bien entendu, comme vous pouvez vous en douter, le relateur change suivant la classe de
l'antécédent (sujet ou objet, il n'y a pas en swahili de différence entre les deux). Voici donc la
liste des relateurs pour toutes les classes :

cl.1 -ye- cl. 2 -o-
cl. 3 -o- cl. 4 -yo-
cl. 5 -lo- cl. 6 -yo-
cl. 7 -cho- cl. 8 -vyo-
cl. 9 -yo- cl. 10 -zo-
cl. 11 -o-
cl. 15 -ko-
cl. 16 -po-
cl. 17 -ko-
cl. 18 -mo-

A l'exception de la cl. 1 qui ressemble au pronom indépendant (yeye), les autres relateurs
correspondent à la deuxième syllabe du démonstratif de référence (en -o).

Voici maintenant comment fonctionnent les accords avec des antécédents de classes
différentes. Nous allons nous baser sur le passé, dont la forme relative a donc la structure
suivante :
PS-li-Rel.-Base-a
Les verbes monosyllabiques gardent le -ku- et, bien entendu, les verbes terminés à
l'infinitif par une voyelle autre que -a la conservent

Conjugaison avec -anguka :

1sg (mimi) ni-li-ye-anguk-a : moi qui suis tombé
2sg. (wewe) u-li-ye-anguk-a : toi qui es tombé
cl. 1 (yeye) a-li-ye-anguk-a : lui qui est tombé
1pl. (sisi) tu-li-o-anguk-a : nous qui sommes tombés
2pl. (nyinyi) m-li-o-anguk-a : vous qui êtes tombés
cl. 2 (wao) wa-li-o-anguk-a : eux qui sont tombés
cl. 3 mti u-li-o-anguk-a : l'arbre qui est tombé
cl. 4 miti i-li-yo-anguk-a : les arbres qui sont tombés
cl. 5 yai li-li-lo-anguka : l'oeuf qui est tombé
cl. 6 mayai ya-li-yo-anguk-a : les oeufs qui sont tombés
cl. 7 kiti ki-li-cho-anguk-a : la chaise qui est tombée
cl. 8 viti vi-li-vyo-anguk-a : les chaises qui sont tombées
cl. 9 meza i-li-yo-anguk-a : la table qui est tombée
cl. 10 meza zi-li-zo anguk-a : les tables qui sont tombées
cl. 11 uma u-li-o-anguk-a : la fourchette qui est tombée

Pour les autres classes-anguka ne peut être utilisé (à cause du sens) mais on peut utiliser
-pendeza "plaire)
cl. 15 kuimba ku-li-ko-pendez-a : une façon de chanter qui plaisait
cl. 16 mahali pa-li-po-pendez-a : un endroit qui plaisait
cl. 17 kule ku-li-ko-pendez-a : là-bas par où ça plaisait
cl. 18 mle m-li-mo-pendez-a : là dedans où ça plaisait

N. B. Nous étudierons les locatifs à part de façon approfondie.

Avec -la

1sg (mimi) ni-li-ye-ku-l-a : moi qui ai mangé
2sg. (wewe) u-li-ye-ku-l-a : toi qui as mangé
cl. 1 (yeye) a-li-ye-ku-l-a : lui / elle qui a mangé
1pl. (sisi) tu-li-o-ku-l-a : nous qui avons mangé
2pl. (nyinyi) m-li-o-ku-l-a : vous qui avez mangé
cl. 2 (wao) wa-li-o-ku-l-a : eux qui ont mangé,
etc.

Exemples de phrases :

mtu aliyeondoka ni rafiki yangu : la personne qui est partie est mon ami
watu walioondoka ni rafiki zangu : les gens qui sont partis sont mes amis
tume(u)ona mti ulioanguka : nous avons vu l'arbre qui est tombé
tume(i)ona miti iliyoanguka : nous avons vu les arbres qui sont tombés
silitaki yai lililooza : je ne veux pas l'oeuf (qui est) pourri (-oza : pourrir, être pourri)
siyataki mayai yaliyooza : je ne veux pas les oeufs (qui sont) pourris
kiti kilichovunjika hakifai : la / une chaise (qui est) cassée ne sert à rien (-faa : servir,
être utile, convenir)
viti vilivyovunjika havifai : les / des chaises (qui sont) cassées ne servent à rien
walikaa katika nyumba iliyobomoka : ils habitaient dans une maison (qui était) démolie
walikaa katika nyumba zilizobomoka : ils habitaient dans des maisons (qui étaient)
démolies

Comme on peut le constater le swahili qui manque d'adjectifs les remplace par des formes
relatives (pourri, cassé, démoli, etc.)


Cours swahili 14
La conjugaison relative (suite)

B) Tous les exemples que nous venons de voir correspondent à des relatifs sujets ("qui" en
français). Pour les relatifs objets ("que" en français) il faut faire attention non seulement à la
classe de l'antécédent, mais aussi à celle du sujet (qui est évidemment différent de l'antécédent
dans le cas d'un relatif objet). La série des relateurs est exaxtement la même que celle que
nous venons de voir, mais il faut les utiliser à bon escient !

j'ai vu l'enfant : nilimwona mtoto > l'enfant que j'ai vu : mtoto niliyemwona ! l'enfant qui
m'a vu : mtoto aliyeniona !
(ne pas oublier que quand l'objet d'un verbe est un être animé, on doit impérativement
placer la marque d'objet dans le verbe et c'est aussi vrai au relatif : nilimwona mtoto, mtoto
niliyemwona)

Autres exemples :
mtu niliyemwona jana : la personne que j'ai vue hier
watu niliowaona jana : les gens que j'ai vus hier
mti alio(u)kata jana : l'arbre qu'il a coupé hier
miti aliyo(i)kata jana : les arbres qu'il a coupés hier
yai ulilo(li)kaanga jana : l'oeuf que tu as frit hier
mayai uliyo(ya)kaanga jana : les oeufs que tu as frits hier
kiti tulicho(ki)vunja jana : la chaise que nous avons cassée hier
viti tulivyo(vi)vunja jana : les chaises que nous avons cassées hier
pombe mliyo(i)maliza jana : la bière que vous avez terminée hier
shida tulizo(zi)ona jana : les problèmes que nous avons subis (litt. "vus") hier
ukuta walio(u)jenga jana : le mur qu'ils ont construit hier
kuta walizo(zi)jenga jana : les murs qu'ils ont construits hier.

Avec les objets inanimés, l'insertion de la marque d'objet n'est pas obligatoire, c'est
pourquoi on l'a laissée entre parenthèses. Elle est cependant très usuelle et probablement à
recommander en bon swahili, puisque l'antécédent d'une relative est le plus souvent défini.

Tout ces exemples ont des sujets marqués seulement par le préfixe mais sans sujet nominal
explicité. Si le nom apparaît, le français a deux possibilités :
- l'arbre que papa a coupé
- l'arbre qu'a coupé papa
cette dernière forme étant un peu littéraire et peu employée à l'oral. En swahili, par contre,
c'est la seule possibilité; donc le sujet se place toujours DERRIERE le verbe relatif :
mti ali(o)ukata baba (la forme **mti baba aliokuta est TOTALEMENT IMPOSSIBLE)

Autres exemples :
yai alilo(li)kaanga mama : l'oeuf que maman a fait frire / qu'a fait frire maman
mayai aliyo(ya)kaanga mama : les oeufs que maman a fait frire / qu'a fait frire maman
kiti alicho(ki)vunja mtoto : la chaise qu'a cassée l'enfant / que l'enfant a cassée
viti walivyo(vi)vunja watoto : les chaises qu'ont cassées les enfants / que les enfants ont
cassées

Mais on remarquera tout de suite que se pose un problème. En effet, comme l'ordre du
sujet et de l'objet est imposé et que le relateur du swahili ne distingue pas entre "qui" et "que",
il va y avoir ambigüité dans :
mwanafunzi aliyemwona mwalimu
cette phrase peut en effet aussi bien signifier : "l'élève qui a vu le professeur", que :
"l'élève que le professeur a vu".

C) La forme en amba- :
Le swahili possède néanmoins une autre construction relative qui permet de lever
l'ambigüité. On utilise un morphème amba-, équivalent au "pronom relatif" du français,
auquel on suffixe la marque de classe renvoyant à l'antécédent.

cl. 1 amba-ye cl. 2 amba-o
cl. 3 amba-o cl. 4 amba-yo
cl. 5 amba-lo cl. 6 amba-yo
cl. 7 amba-cho cl. 8 amba-vyo
cl. 9 amba-yo cl. 10 amba-zo
cl. 11 amba-o
cl. 15 amba-ko
cl. 16 amba-po
cl. 17 amba-ko
cl. 18 amba-mo

Pour rendre les deux sens vus plus haut, on dira donc, respectivement

mwanafunzi ambaye alimwona mwalimu : l'élève qui a vu le professeur
mwanafunzi ambaye mwalimu alimwona : l'élève que le professeur a vu

Ici, l'ordre est libre et c'est lui qui différencie le sujet et l'objet.
L'emploi de amba- est obligatoire pour rendre le relatif d'un grand nombre de formes
verbales. Il est aussi facultatif avec les autres. Les étudiants feront bien, néanmoins,
d'apprendre à manier la forme avec relateur incorporé dans le verbe. L'emploi systématique de
amba- dans tous les contextes (évidemment plus facile pour un francophone) est très lourd et
inélégant et la forme incorporée se rencontre bien plus fréquemment à l'écrit.

Autres exemples de passé relatif avec amba-

mtu ambaye aliondoka = mtu aliyeondoka : la personne qui est partie
mti ambao ulianguka = mti ulioanguka : l'arbre qui est tombé
nyumba ambazo zilibomoka = nyumba zilizobomoka : des maisons effondrées
mayai ambayo aliyakaanga mama = mayai ambayo mama aliyakaanga = mayai
aliyoyakaanga mama : les oeufs frits par maman [Noter la liberté de placement du sujet avec
amba- quand l'antécédent est l'objet]
etc.

D) Les relatifs locatifs : ils correspondent au français "où", comme dans "l'endroit où je l'ai
vu" et se rendent par les classes 16, 17 et 18.
[N.B. surtout ne pas utiliser dans ce cas l'interrogatif wapi "où" qui ne sert qu'à exprimer
les questions! : ulikwenda wapi ? : où es-tu allé ?; wamemwona wapi ? : où l'ont-ils vu ? -
l'interrogatif se place toujours en fin de phrase en swahili, jamais au début comme en français
ou les autres langues européennes]

Exemples :
cl. 16 : mahali niliposoma panaitwa Nairobi : l'endroit où j'ai étudié s'appelle Nairobi
cl. 17 : kule tulikokwenda tuliona mengi : là où nous sommes allés, nous avons vu
beaucoup [sous-entendu : de choses]
cl. 18 mle tulimoingia hamna watu : là où nous sommes entrés, il n'y a personne
mle alimoingia mwalimu = mle ambamo mwalimu aliingia : là où est entré le
professeur, là où le professeur est entré
shimoni alimoingia panya = shimoni ambamo panya aliingia : dans le trou où le rat est
entré
mbwa alianza kufuata harufu ya panya na kutafuta alipopita / alikopita / alimopita :
le chien commença à suivre l'odeur du rat et à chercher où il était passé

Une particularité du swahili est que la classe 16 (mais pas les classes 17 ou 18) servent à
former les relatives temporelles (français "quand je l'ai rencontré, au moment où je l'ai
rencontré")

Exemples
niliposema naye hakunijibu : quand je lui ai adressé la parole, il ne m'a pas répondu
walipofika nyumbani, walimwona : quand ils sont arrivés à la maison, ils l'ont vu
(différent de nyumbani walipofika, walimwona : à la maison où ils sont arrivés, ils l'ont
vu)
tulipotaka kurudi tuliona tumechelewa : quand nous avons voulu rentrer, nous avons
constaté (litt. "vu") que nous étions en retard (-chelewa : être en retard) [Noter que le "que"
du français ne se traduit normalement pas, bien qu'il serait possible aussi de dire tuliona
kuwa ou kwamba tumechelewa]

Il est toujours possible (mais jamais obligatoire) de faire précéder les relatives temporelles
de wakati "le temps" [c. à d. le temps qui passe, pas le temps qu'il fait, qui se dit hali ya
hewa, litt. "état de l'air"]

(wakati) walipofika nyumbani... : quand ils sont arrivés à la maison...
(wakati) tulipotaka kurudi... : quand nous avons voulu rentrer...
etc.


E) Les relatives au présent.
Le mode de formation est exactement le même qu'au passé:
PS-na-Relateur-base-a

Exemples
mwalimu anaondoka : le professeur s'en va > mwalimu anayeondoka : le professeur qui
s'en va
mbwa anakula nyama : le chien mange la viande > mbwa anayekula nyama : le chien qui
mange la viande
nyama anayokula mbwa = nyama ambayo mbwa anakula : la viande que mange le chien
tunakwenda mjini : nous allons en ville > sisi tunaokwenda mjini : nous qui allons en ville
mjini tunakokwenda : à la ville où nous allons
wanaingia shimoni : ils entrent dans la fosse > shimoni wanamoingia : la fosse où / dans
laquelle ils entrent
mwalimu ambaye mwanafunzi anamwona : le professeur que voit l'élève ! mwalimu
ambaye anamwona mwanafunzi : le professeur qui voit l'élève

Proverbe : panapofuka moshi, hapakosi moto : là où s'élève de la fumée, ça ne manque pas
de feu (cf. "il n'y a pas de fumée sans feu"); (-fuka "s'élever" en parlant de fumée, -kosa
"manquer de qqch.)

F) Relatives au futur
Ici nous rencontrons une différence. Nous avons vu que la formule du futur simple est :
PS-ta-Base-a
En swahili standard, le relatif futur est légèrement différent, il compte une syllabe en plus :
PS-taka-Relateur-base-a

Note : ce fait s'explique par l'origine de la marque du futur qui est le verb -taka "vouloir" (cf. anglais "he will
come" litt. "il veut venir", mais maintenant "il viendra"). En swahili standard, la forme originelle est conservée
au relatif, mais s'est abrégée dans la forme simple. Dans certains dialectes swahili, on emploie simplement "-ta-"
au relatif aussi, sans la syllabe -ka- mais c'est une faute en swahili standard.

Conjugaison avec -anguka

1sg (mimi) ni-taka-ye-anguk-a : moi qui tomberai
2sg. (wewe) u-taka-ye-anguk-a : toi qui tomberas
cl. 1 (yeye) a-taka-ye-anguk-a : lui qui tombera
1p. (sisi) tu-taka-o-anguka : nous qui tomberons
2pl. (nyinyi) m-taka-o-anguk-a : vous qui tomberez
cl. 2 (wao) wa-taka-o-anguk-a : eux qui tomberont
cl. 3 mti u-taka-o-anguka : l'arbre qui tombera
cl. 4 miti i-taka-yo-anguk-a : les arbres qui tomberont
cl. 5 yai li-taka-lo-anguka : l'oeuf qui tombera
cl. 6 mayai ya-taka-yo-anguk-a : les oeufs qui tomberont,
etc.

avec -la
1sg. (mimi) ni-taka-ye-ku-l-a : moi qui mangerai
2sg. (wewe) u-taka-ye-ku-l-a : toi qui mangeras
cl. 1 (yeye) a-taka-ye-ku-l-a : elle qui mangera
1pl.. (sisi) tu-taka-o-ku-l-a : nous qui mangerons,
etc.

Exemples
mtu atakayeondoka ni rafiki yangu : la personne qui s'en ira est mon ami
mbwa atakayekula nyama : le chien qui mangera la viande
mayai atakayoyakaanga mama : les oeufs que maman fera frire
mjini tutakakokwenda : à la ville où nous irons
mle tutakapoingia, hamna watu : là où nous entrerons, il n'y a personne

Noter que si l'on emploie amba- la forme qui suit est le futur simple (en -ta-, pas en -taka-)
mayai ambayo mama atayakaanga : les oeufs que maman fera frire
mwanafunzi ambaye mwalimu atamwona : l'étudiant que le professeur verra

Relative temporelle
(wakati) tutakapofika nyumbani tutamkuta : quand nous arriverons à la maison, nous le
rencontrerons

Noter les différences :
(wakati) nitakapomwona nitamwambia : quand je le verrai, je lui dirai = au moment où je
le verrai, je lui dirai (je suis à peu près sûr de le voir)
nikimwona, nitamwambia : le voyant, je lui dirai = quand je le verrai je lui dirai = si je le
vois je lui dirai (c'est une éventualité)
kama nikimwona nitamwambia : si je le vois, au cas où je le vois, je lui dirai (je n'en suis
pas sûr, mais c'est possible)


Cours swahili 15
La conjugaison relative (suite)

G) Forme relative négative :
Curieusement, il n'existe en swahili standard qu'une forme relative à relateur incorporé, et
c'est le présent relatif négatif, dont la formule est :
PS-si-Relateur-Base-a
dont il est facile de constater qu'elle ne correspond pas au présent négatif non relatif (dont je
vous rappelle la formule : PSNég-Base-i)

Conjugaison avec -anguka
1sg. (mimi) ni-si-ye-anguk-a : moi qui ne tombe pas
2sg. (wewe) u-si-ye-anguk-a : toi qui ne tombe pas
cl. 1 (yeye) a-si-ye-anguk-a : lui qui ne tombe pas
1pl. (sisi) tu-si-o-anguk-a : nous qui ne tombons pas
2pl. (nyinyi) m-si-o-anguk-a : vous qui ne tombez pas
cl. 2 (wao) wa-si-o-anguk-a : eux qui ne tombent pas
cl. 3 mti u-si-o-anguk-a : l'arbre qui ne tombe pas
cl. 4 miti i-si-yo-anguk-a : les arbres qui ne tombent pas
cl. 5 yai li-si-lo-anguk-a : l'oeuf qui ne tombe pas
cl. 6 mayai ya-si-yo-anguk-a : les oeufs qui ne tombent pas
cl. 7 kiti ki-si-cho-anguk-a : la chaise qui ne tombe pas
cl. 8 viti vi-si-vyo-anguk-a : les chaises qui ne tombent pas,
etc.

Avec -la

1sg (mimi) ni-si-ye-ku-l-a : moi qui ne mange pas
2sg. (wewe) u-si-ye-ku-l-a : toi qui ne mange pas
cl. 1 (yeye) a-si-ye-ku-l-a : lui qui ne mange pas
1pl. (sisi) tu-si-o-ku-l-a : nous qui ne mangeons pas
2pl. (nyinyi) m-si-o-ku-l-a : vous qui ne mangez pas
cl. 2 (wao) wa-si-o-ku-l-a : eux qui ne mangent pas,
etc.

rafiki yangu haondoki : mon ami ne s'en va pas > mtu asiyeondoka ni rafiki yangu : la
personne qui ne s'en va pas est mon ami
mama ha(ya)kaangi mayai : maman ne fait pas frire les oeufs, ne fait pas frire d'oeufs > mtu
asiye(ya)kaanga mayai ni mama : la personne qui ne fait pas frire d'oeufs / les oeufs est
maman
mayai asiyoyakaanga mama : les oeufs que maman ne fait pas frire = mayai ambayo
mama hayakaangi
mwanafunzi hamwoni mwalimu : l'étudiant ne voit pas le professeur > mwanafunzi
ambaye hamwoni mwalimu : l'étudiant qui ne voit pas le professeur ! mwanafunzi ambaye
mwalimu hamwoni
Juma hajengi nyumba : Juma ne construit pas de maison(s) > nyumba asiyoijenga Juma :
la maison que ne construit pas Juma / nyumba asizozijenga Juma : les maisons que ne
construit pas Juma

Il faut noter que c'est cette forme négative, employée avec un relateur de cl. 16, qui sert à
rendre le négatif du concomitant en -ki-, vu précédemment :

(kama) ukitaka kuondoka, niambie : si tu veux partir, dis-le moi !
(kama) usipotaka kuondoka, niambie : si tu ne veux pas partir, dis-le moi !

Pour toutes les autres formes, négatives et positives, il n'existe pas de relateur incorporé et on
doit utiliser amba-

hawaku(li)lima shamba : ils n'ont pas cultivé le champ > shamba ambalo hawakulilima :
le champ qu'ils n'ont pas cultivé
hawaja(li)lima shamba : ils n'ont pas encore cultivé le champ > shamba ambalo
hawajalilima : le champ qu'ils n'ont pas cultivé
hawata(li)lima shamba : ils ne cultiveront pas le champ > shamba ambalo hawatalilima :
le champ qu'ils ne cultiveront pas
watoto huenda shule kila siku : les enfants vont à l'école tous les jours > shule ambako
watoto huenda kila siku : l'école où les enfants vont tous les jours (ou bien on emploiera
simplement le présent général : shule wanakokwenda watoto kila siku)

Pour le résultatif en -me-, soit on utilise le passé relatif simple, soit amba- + -me-
nimenunua ndizi sokoni : j'ai acheté des bananes au marché > ndizi nilizozinunua sokoni =
ndizi ambazo nimezinunua sokoni : les bananes que j'ai achetées au marché
sokoni nilipozinunua ndizi = sokoni ambapo nimezinunua ndizi : au marché où j'ai acheté
les bananes

Pour finir (provisoirement) avec les relatives, on notera une forme assez rare et archaïque,
mais néanmoins encore utilisée; elle a la particularité de suffixer le relateur : structure
PS-Base-a-Relateur


Conjugaison avec -anguka :

1sg (mimi) ni-anguk-a-ye : moi qui tombe
2sg. (wewe) u-anguk-a-ye : toi qui tombe
cl. 1 (yeye) a-anguk-a-ye : lui qui tombe
1pl. (sisi) tu-anguk-a-o : nous qui tombons
2pl. (nyinyi) mw-anguk-a-o : vous qui tombez
cl. 2 (wao) wa-anguk-a-o : eux qui tombent
cl. 3 mti u-anguk-a-o : l'arbre qui tombe
cl. 4 miti i-anguk-a-yo : les arbres qui tombent
cl. 5 yai li-anguk-a-lo : l'oeuf qui tombe
cl. 6 mayai ya-anguk-a-yo : les oeufs qui tombent
cl. 7 kiti ki-anguk-a-cho : la chaise qui tombe
cl. 8 viti vi-anguk-a-vyo : les chaises qui tombent
etc.

Noter que les verbes monosyllabiques (+ -enda et -isha) ne conservent pas le ku-)

1sg. (mimi) ni-l-a-ye : moi qui mange
2sg. (wewe) u-l-a-ye : toi qui mange
cl. 1 (yeye) a-l-a-ye : lui qui mange
1pl. (sisi) tu-l-a-o : nous qui mangeons
2pl. (nyinyi) m-l-a-o : vous qui mangez
cl. 2 (wao) wa-l-a-o : eux qui mangent,
etc.

Comme on le voit dans les traductions, cette forme est aussi une sorte de présent relatif, mais
elle se rencontre surtout dans les proverbes:

kafiri akufaaye si Mwislamu asiyekufaa : un infidèle qui t'es utile est préférable à un
Musulman qui ne te sert à rien (si,"n'est pas" dans ce genre de phrase doit se traduire par "vaut
mieux" "est préférable à")
kikulacho kimo nguoni mwako : ce qui te mange est à l'intérieur de ton vêtement (c. à d. ce
sont tes proches qui peuvent t'être le plus nuisible)
zimwi likujualo halikuli likakwisha : (ce proverbe en style très archaïque signifie : "le
monstre qui te connaît ne te dévore pas entièrement", mais n'essayez pas trop de l'analyser en
première année; le mot qui nous intéresse ici est : li-ku-ju-a-lo : celui (cl. 5) qui te connaît)

"Etre" en swahili
Nous avons déjà vu qu'il existe deux manières de rendre le verbe "être" du français en
swahili : ni pour être d'une certaine manière ou d'un certain type et -po / -ko / -mo (les
verboïdes locatifs) pour "être quelque part". Mais ceci ne concernait que le présent. Pour
former les autres temps on va se servir du verbe monosyllabique ku-wa, qui signifie lui aussi
"être" ou "devenir".

Etre d'une certaine manière :

Présent (déjà vu) :

mwanafunzi ni mzuri : l'élève est beau / gentil
miti ni mirefu : les arbres sont grands
Juma ni askari : Juma est soldat

Passé : on conjuguera le verbe -wa au passé (c'est un verbe monosyllabique, donc attention
aux temps où il garde le ku- et ceux où il ne le garde pas !)

mwanafunzi alikuwa mzuri : l'élève était beau / gentil
miti ilikuwa mirefu : les arbres étaient grands
Juma alikuwa askari : Juma était soldat

(Noter qu'il est possible de rajouter ni après le verbe -wa bien que ce ne soit pas le cas le plus
fréquent; on pourrait donc avoir : Juma alikuwa ni askari, etc.)

Passé négatif :

mwanafunzi hakuwa mzuri : l'élève n'était pas beau / gentil
miti haikuwa mirefu : les arbres n'étaient pas grands
Juma hakuwa askari : Juma n'était pas soldat

Futur :

mwanafunzi atakuwa mzuri : l'élève sera (ou : deviendra) beau / gentil
miti itakuwa mirefu : les arbres seront / deviendront grands
Juma atakuwa askari : Juma sera / deviendra soldat

Futur négatif :

mwanafunzi hatakuwa mzuri : l'élève ne sera / deviendra pas gentil / beau
miti haitakuwa mirefu : les arbres ne seront / deviendront pas grands
Juma hatakuwa askari : Juma ne sera / deviendra pas soldat

Subjonctif :
tuwe tayari ! : soyons prêts
wasiwe wabaya : qu'ils ne soient pas méchants !

Concomitant :
ukiwa tayari, njoo : si tu es prêt = quand tu seras prêt, viens !

Les formes relatives :

Au passé et au futur on conjugue simplement le verbe -wa à la forme relative.

Passé positif :
mwanafunzi aliyekuwa mzuri : l'élève qui était beau / gentil
miti iliyokuwa mirefu : les arbres qui étaient grands
rafiki yangu aliyekuwa askari : mon ami qui était soldat

Passé négatif :
mwanafunzi ambaye hakuwa mzuri : l'élève qui n'était pas gentil / beau
miti ambayo haikuwa mirefu : les arbres qui n'étaient pas grands
rafiki yangu ambaye hakuwa askari : mon ami qui n'était pas soldat

Futur positif :
mwanafunzi atakayekuwa mzuri : l'élève qui sera / deviendra beau / gentil
miti itakayokuwa mirefu : les arbres qui seront / deviendront grands
rafiki yangu atakayekuwa askari : mon ami qui sera / deviendra soldat

Futur négatif
mwanafunzi ambaye hatakuwa mzuri : l'élève qui ne sera / deviendra pas beau / gentil
miti ambayo haitakuwa mirefu : les arbres qui ne seront / deviendront pas grands
rafiki yangu ambaye hatakuwa askari : mon ami qui ne sera / deviendra pas soldat

En revanche, pour le présent relatif, les formes sont spéciales
Structure du relatif positif : PS-li-Relateur

Conjugaison :
1sg. (mimi) ni-li-ye mrefu : moi qui suis grand
2sg. (wewe) u-li-ye mrefu : toi qui es grand
cl. 1 (yeye) a-li-ye mrefu : lui qui est grand
1pl. (sisi) tu-li-o warefu : nous qui sommes grands
2pl. (nyinyi) m-li-o warefu : vous qui êtes grands
cl. 2 (wao) wa-li-o warefu : eux qui sont grands
cl. 3 mti u-li-o mrefu : l'arbre qui est grand
cl. 4 miti i-li-yo mirefu : les arbres qui sont grands
cl. 5 shoka li-li-lo refu : la hache qui est longue
cl. 6 mashoka ya-li-yo marefu : les haches qui sont longues
cl. 7 kitanda ki-li-cho kirefu : le lit qui est long
cl. 8 vitanda vi-li-vyo virefu : les lits qui sont longs
cl. 9 meza i-li-yo ndefu : la table qui est longue
cl. 10 meza zi-li-zo ndefu : les tables qui sont longues
cl. 11 ulimi u-li-o mrefu : la langue qui est longue
etc.

Ne pas confondre avec le passé : mimi niliye mrefu : moi qui suis grand ! mimi niliyekuwa
mrefu : moi qui étais grand

Structure du relatif négatif : PS-si-Relateur

Conjugaison :
1sg. (mimi) ni-si-ye mrefu : moi qui ne suis pas grand
2sg. (wewe) u-si-ye mrefu : toi qui n'es pas grand
cl. 1 (yeye) a-si-ye mrefu : lui qui n'est pas grand
1pl. (sisi) tu-si-o warefu : nous qui ne sommes pas grands
2pl. (nyinyi) m-si-o warefu : vous qui n'êtes pas grands
cl. 2 (wao) wa-si-o warefu : eux qui ne sont pas grands
cl. 3 mti u-si-o mrefu : l'arbre qui n'est pas grand
cl. 4 miti i-si-yo mirefu : les arbres qui ne sont pas grands,
etc.

Bien entendu, il est toujours possible d'utiliser amba-
mti ambao ni mrefu : l'arbre qui est grand
mti ambao si mrefu : l'arbre qui n'est pas grand
etc.


Cours swahili 16

Le verboïde locatif; "Avoir" en swahili

Etre quelque part : -po / -ko / -mo

Nous avons vu la conjugaison de ces formes au présent. Pour les autres temps, on utilise le
verbe- wa, suffixé de -po , -ko ou -mo

Passé positif :

1sg ni-li-ku-wa-po : j'étais (qq part) 1pl. tu-li-ku-w-a-po : nous étions
2sg. u-li-ku-w-a-po : tu étais 2pl. m-li-ku-w-a-po : vous étiez
cl. 1 a-li-ku-w-a-po : il / elle était cl. 2 wa-li-ku-w-a-po : ils étaient
cl. 3 u-li-ku-w-a-po cl. 4 i-li-ku-w-a-po
cl. 5 li-li-ku-w-a-po cl. 6 ya-li-ku-w-a-po
cl. 7 ki-li-ku-w-a-po cl. 8 vi-li-ku-w-a-po
cl. 9 i-li-ku-w-a-po cl. 10 zi-li-ku-wa-po
cl. 11 u-li-ku-w-a-po
cl. 15 ku-li-ku-w-a-po

On aurait exactement la même conjugaison avec les suffixes -ko ou -mo au lieu de -po.

Note : on entend souvent - et même on écrit - surtout en Tanzanie, la même forme avec un
suffixe -e au lieu de -a : nilikuwepo, tulikuwemo, ilikuweko, etc. Il n'y a pas de différence
de sens

Exemples :

nilikuwapo nyumbani : j'étais à la maison
tulikuwapo msituni : nous étions en forêt
alikuwako mtoni : elle était à la rivière
mlikuwapo kisiwani : vous étiez sur l'île
wadudu walikuwamo shimoni : les bestioles étaient dans le trou

Passé négatif

1sg. si-ku-w-a-po 1pl. ha-tu-ku-w-a-po
2sg. hu-ku-w-a-po 2pl. ha-m-ku-w-a-po
cl. 1 ha-ku-w-a-po cl. 2 ha-wa-ku-w-a-po
cl. 3 ha-u-ku-w-a-po cl. 4 ha-i-ku-w-a-po
cl. 5 ha-li-ku-w-a-po cl. 6 ha-ya-ku-w-a-po,
etc.

sikuwapo nyumbani : je n'étais pas à la maison`
hatukuwapo msituni : nous n'étions pas en forêt
hakuwako mtoni : elle n'était pas à la rivière
hamkuwapo kisiwani : vous n'étiez pas sur l'île
wadudu hawakuwamo shimoni : les bestioles n'étaient pas dans le trou


Futur positif

1sg ni-ta-ku-w-a-po 1pl. tu-ta-ku-w-a-po
2sg u-ta-ku-w-a-po 2pl. m-ta-ku-w-a-po
cl. 1 a-ta-ku-w-a-po cl. 2 wa-ta-ku-w-a-po,
etc.

nitakuwapo nyumbani : je serai à la maison
tutakuwapo msituni : nous serons en forêt
atakuwako mtoni : elle sera à la rivière
mtakuwapo kisiwani : vous serez sur l'île
wadudu watakuwamo shimoni : les bestioles seront dans le trou


Futur négatif

1sg si-ta-ku-w-a-po 1pl. ha-tu-ta-ku-w-a-po
2sg. hu-ta-ku-w-a-po 2pl. ha-m-ta-ku-w-a-po
cl. 1 ha-ta-ku-w-a-po cl. 2 ha-wa-ta-ku-w-a-po,
etc.

sitakuwapo nyumbani : je ne serai pas à la maison
hatutakuwapo msituni : nous ne serons pas en forêt
hatakuwako mtoni : elle ne sera pas à la rivière
hamtakuwapo kisiwani : vous ne serez pas sur l'île
wadudu hawatakuwamo shimoni : les bestioles ne seront pas dans le trou


Les relatives fonctionnent de même au passé et au futur

Structure du passé relatif positif : PS-li-Relateur-kuwa-po (-ko, -mo)

1sg (mimi) ni-li-ye-ku-w-a-po 1pl. (sisi) tu-li-o-ku-w-a-po
2sg. (wewe) u-li-ye-ku-w-a-po 2pl. (nyinyi) m-li-o-ku-w-a-po
cl. 1 (yeye) a-li-ye-ku-w-a-po cl. 2 (wao) wa-li-o-ku-w-a-po
cl. 3 mti u-li-o-ku-w-a-po cl. 4 miti i-li-yo-ku-w-a-po,
etc.

mimi niliyekuwapo nyumbani : moi qui étais à la maison
sisi tuliokuwapo msituni : nous qui étions en forêt
msichana aliyekuwako mtoni : la fille qui était à la rivière
nyinyi mliokuwapo kisiwani : vous qui étiez sur l'île
wadudu waliokuwamo shimoni : les bestioles qui étaient dans le trou


Le passé négatif relatif se forme bien entendu avec amba-

mimi ambaye sikuwapo nyumbani : moi qui n'étais pas à la maison
sisi ambao hatukuwapo msituni : nous qui n'étions pas en forêt
msichana ambaye hakuwako mtoni : la fille qui n'était pas à la rivière
nyinyi ambao hamkuwapo kisiwani : vous qui n'étiez pas sur l'île
wadudu ambao hawakuwamo shimoni : les bestioles qui n'étaient pas dans le trou

Structure du futur positif relatif : PS-taka-Relateur-ku-w-a-po (-ko, -mo)

1sg. (mimi) ni-taka-ye-ku-w-a-po 1pl. (sisi) tu-taka-o-ku-w-a-po
2sg. (wewe) u-taka-ye-ku-w-a-po 2pl. (nyinyi) m-taka-o-ku-w-a-po
cl. 1 (yeye) a-taka-ye-ku-w-a-po cl. 2 (wao) wa-taka-o-ku-w-a-po,
etc.

mimi nitakayekuwapo nyumbani : moi qui serai à la maison
sisi tutakaokuwapo msituni : nous qui serons en forêt
msichana atakayekuwako mtoni : la fille qui sera à la rivière
nyinyi mtakaokuwapo kisiwani : vous qui serez sur l'île
wadudu watakaokuwamo shimoni : les bestioles qui seront dans le trou

Le futur négatif relatif se forme bien entendu avec amba-

mimi ambaye sitakuwapo nyumbani : moi qui ne serai pas à la maison
sisi ambao hatutakuwapo msituni : nous qui ne serons pas en forêt
msichana ambaye hatakuwako mtoni : la fille qui ne sera pas à la rivière
nyinyi ambao hamtakuwapo kisiwani : vous qui ne serez pas sur l'île
wadudu ambao hawatakuwamo shimoni : les bestioles qui ne seront pas dans le trou


Pour le présent, on utilise la même forme relative que celle que nous avons vue pour rendre
"être d'une certaine manière" mais on suffixe -po /-ko / -mo

Structure du présent positif relatif : PS-li-Relateur-po (-ko, -mo)

1sg. (mimi) ni-li-ye-po 1pl. (sisi) tu-li-o-po
2sg. (wewe) u-li-ye-po 2pl. (nyinyi) m-li-o-po
cl. 1 (yeye) a-li-ye-po cl. 2 (wao) wa-li-o-po,
etc.


mimi niliyepo nyumbani : moi qui suis à la maison
sisi tuliopo msituni : nous qui sommes en forêt
msichana aliyeko mtoni : la fille qui est à la rivière
nyinyi mliopo kisiwani : vous qui êtes sur l'île
wadudu waliomo shimoni : les bestioles qui sont dans le trou


Structure du présent négatif relatif : PS-si-Relateur-po (-ko, -mo)

1sg. (mimi) ni-si-ye-po 1pl. (sisi) tu-si-ye-po
2sg. (wewe) u-si-ye-po 2pl. (nyinyi) m-si-o-po
cl. 1 (yeye) a-si-ye-po cl. 2 (wao) wa-si-o-po,
etc.

mimi nisiyepo nyumbani : moi qui ne suis pas à la maison
sisi tusiopo msituni : nous qui ne sommes pas en forêt
msichana asiyeko mtoni : la fille qui n'est pas à la rivière
nyinyi msiopo kisiwani : vous qui n'êtes pas sur l'île
wadudu wasiomo shimoni : les bestioles qui ne sont pas dans le trou

Comment rendre le verbe "avoir" en swahili ?
Un verbe "avoir" n'existe pas en swahili. Il se rend au présent par un élément -na, préfixé des
PS normaux, positif ou négatif.

Conjugaison positive
1sg. ni-na 1pl. tu-na
2sg. u-na 2pl. m-na
cl. 1 a-na cl. 2 wa-na
cl. 3 u-na cl. 4 i-na
cl. 5 li-na cl. 6 ya-na
cl. 7 ki-na cl. 8 vi-na
cl. 9 i-na cl. 10 zi-na
cl. 11 u-na
cl. 15 ku-na
cl. 16 pa-na
cl. 17 ku-na
cl. 18 m-na

Exemples :
nina kisu : j'ai un couteau
tuna watoto wawili : nous avons deux enfants
wana senti ngapi ? : combien ont-ils de sous ?
mti una miiba : l'arbre a des épines
kisu kile kina kipini kirefu : ce couteau a un long manche

Conjugaison négative
1sg. si-na 1pl. ha-tu-na
2sg. hu-na 2pl. ha-m-na
cl. 1 ha-na cl. 2 ha-wa-na,
etc.

sina kisu : je n'ai pas de couteau
mti hauna miiba : l'arbre n'a pas d'épines
kisu kile hakina kipini kirefu : ce couteau n'a pas un long manche

En avoir : quand l'objet possédé n'est pas explicitement mentionné, le français utilise "en"
(comme dans "as-tu de l'argent ?" -"j'en ai" (c. à d. "j'ai de l'argent"). Le swahili suffixe une
forme abrégée du démonstratif de référence en -o, accordé dans la classe correspondante.

je, una kitabu ? : tu as un livre ? - ndiyo, ninacho : oui, j'en ai un
je, una vitabu ? : tu as des livres ? - ndiyo, ninavyo : oui j'en ai
je, una mayai ? : tu as des oeufs ? - ndiyo, ninayo : oui, j'en ai
je, una pesa ? : tu as de l'argent ? -ndiyo, ninazo : oui, j'en ai

Il ne serait pas correct de répondre *nina sans le suffixe en -o. En revanche, assez
curieusement, et bien que la forme soit mentionnée dans les grammaires, une réponse
négative n'a pas de suffixe :

je, una kitabu ? - sina : tu as un livre? - je n'en ai pas (pas *sinacho)
je una mayai ? - sina : tu as des oeufs ? - je n'en ai pas (pas *sinayo)

"Avoir" au passé : on conjugue avec l'auxiliaire -wa, mais attention : dans ce cas, le na n'est
pas attaché au verbe

nilikuwa na kisu : j'avais un couteau
tulikuwa na watoto wawili : nous avions deux enfants
walikuwa na senti ngapi ? : combien avaient-ils de sous ?
mti ulikuwa na miiba : l'arbre avait des épines
kisu kile kilikuwa na kipini kirefu : ce couteau avait un long manche

Au négatif :

sikuwa na kisu : je n'avais pas de couteau
hatukuwa na watoto wawili : nous n'avions pas deux enfants
mti haukuwa na miiba : l'arbre n'avait pas d'épines
kisu kile hakikuwa na kipini kirefu : ce couteau n'avait pas un long manche

En avoir : on attache le suffixe en -o à na-

je, una kitabu ? : tu as un livre ? - nilikuwa nacho : j'en avais un
je, una vitabu ? : tu as des livres ? - nilikuwa navyo : j'en avais
je, una mayai ? : tu as des oeufs ? - nilikuwa nayo : j'en avais
je, una pesa ? : tu as de l'argent ? - nilikuwa nazo : j'en avais

Ici, le négatif se comporte de même :

ulikuwa na kitabu ? : tu avais un livre ? - sikuwa nacho : je n'en avais pas
ulikuwa na pesa ? : tu avais de l'argent ? - sikuwa nazo : je n'en avais pas

Note : remarquez bien la différence entre:

tulikuwa na watoto wawili : nous avions deux enfants
et
tulikuwa pamoja na watoto wawili : nous étions avec deux enfants, en compagnie de deux
enfants

Futur

nitakuwa na kisu : j'aurai un couteau
tutakuwa na watoto wawili : nous aurons deux enfants
mtakuwa na senti ngapi ? : vous aurez combien d'argent ?
mti utakuwa na miiba : l'arbre aura des épines
kisu kile kitakuwa na kipini kirefu : ce couteau aura un long manche

Au négatif :

sitakuwa na kisu : je n'aurai pas de couteau
hatutakuwa na watoto wawili : nous n'aurons pas deux enfants
mti hautakuwa na miiba : l'arbre n'aura pas d'épines
kisu kile hakitakuwa na kipini kirefu : ce couteau n'aura pas un long manche

En avoir :

je utakuwa na pesa ? : tu auras de l'argent - nitakuwa nazo : j'en aurai - sitakuwa nazo : je
n'en aurai pas
etc.


Cours swahili 17
"Avoir" en swahili (suite); les formes verbales composées



Les formes relatives pour rendre "avoir" :
On utilise les formes relatives utilisées pour rendre "être" en faisant suivre de na

Présent positif relatif sujet
mimi niliye na kitabu : moi qui ai un livre
sisi tulio na watoto wawili : nous qui avons deux enfants
mti ulio na miiba : l'arbre qui a des épines
kisu kilicho na kipini kirefu : le couteau qui a un long manche


Présent négatif relatif sujet :
mimi nisiye na kitabu : moi qui n'ai pas de livre
sisi tusio na watoto wawili : nous qui n'avons pas deux enfants
mti usio na miiba : l'arbre qui n'a pas d'épines
kisu kisicho na kipini kirefu : le couteau qui n'a pas un long manche


En avoir:
mimi niliye nacho : moi qui en ai (kitabu)
sisi tulio nao : nous qui en avons (watoto)

mimi nisiye nacho : moi qui n'en ai pas (kitabu)
sisi tusio nao : nous qui n'en avons pas (watoto)

Passé positif relatif sujet
mimi niliyekuwa na kitabu : moi qui avait un livre
sisi tuliokuwa na watoto wawili : nous qui avions deux enfants
mti uliokuwa na miiba : l'arbre qui avait des épines
kisu kilichokuwa na kipini kirefu : le couteau qui avait un long manche

Passé négatif relatif sujet
mimi ambaye sikuwa na kitabu : moi qui n'avais pas de livre
sisi ambao hatukuwa na watoto wawili : nous qui n'avions pas deux enfants
mti ambao haukuwa na miiba : l'arbre qui n'avait pas d'épines
kisu ambacho hakikuwa na kipini kirefu : le couteau qui n'avait pas un long manche

En avoir :
mimi niliyekuwa nacho : moi qui en avais (kitabu)
sisi tuliokuwa nao : nous qui en avions (watoto)

mimi ambaye sikuwa nacho : moi qui n'en avais pas (kitabu)
sisi ambao hatukuwa nao : nous qui n'en avions pas (watoto)

Futur positif relatif sujet :
mimi nitakayekuwa na kitabu : moi qui aurai un livre
sisi tutakaokuwa na watoto wawili : nous qui aurons deux enfants
mti utakaokuwa na miiba : un arbre qui aura des épines
kisu kitakachokuwa na kipini kirefu : un couteau qui aura un long manche


Futur négatif relatif sujet
mimi ambaye sitakuwa na kitabu : moi qui n'aurai pas de livre
sisi ambao hatutakuwa na watoto wawili : nous qui n'aurons pas deux enfants
mti ambao hautakuwa na miiba : l'arbre qui n'aura pas d'épines
kisu ambacho hakitakuwa na kipini kirefu : le couteau qui n'aura pas un long manche


En avoir :
mimi nitakayekuwa nacho : moi qui en aurai (kitabu)
sisi tutakaokuwa nao : nous qui en aurons (watoto)

mimi ambaye sitakuwa nacho : moi qui n'en aurai pas (kitabu)
sisi ambao hatutakuwa nao : nous qui n'en aurons pas (watoto)

Relatif objet : ici le relateur et le -o suffixé au na renvoient tous les deux à l'antécédent (c'est
comme si on disait en français : le livre que je l'ai, incorrect en français standard, mais la
seule forme possible en swahili!)

Présent positif relatif objet :

kitabu nilicho nacho : le livre que j'ai
watoto tulio nao : les enfants que nous avons
miiba uliyo nayo mti = miiba ambayo mti unayo : les épines que l'arbre a
kipini kilicho nacho kisu = kipini ambacho kisu kinacho : le manche que le couteau a
[Ne vous traumatisez pas trop sur ces formes. Elles sont rares avec des sujets inanimés
comme les deux derniers exemples, mais plus fréquentes avec des sujets renvoyant à des
humains]

Présent négatif relatif objet (rare):

kitabu nisicho nacho = kitabu ambacho sina : le livre que je n'ai pas
watoto tusio nao = watoto ambao hatuna : les enfants que nous n'avons pas

Passé positif relatif objet : ici - comme au futur- le relateur se place avant la base

kitabu nilichokuwa nacho : le livre que j'avais (litt. "le livre que j'étais avec lui")
watoto tuliokuwa nao : les enfants que nous avions
miiba uliyokuwa nayo mti = miiba ambayo mti ulikuwa nayo : les épines que l'abre avait
[rare]

Passé négatif relatif objet :

kitabu ambacho sikuwa nacho : le livre que je n'avais pas
watoto ambao hatukuwa nao : les enfants que nous n'avions pas
Ces formes sont évidemment rares en raison de leur sens

Futur positif relatif objet :

kitabu nitakachokuwa nacho : le livre que j'aurai
watoto tutakaokuwa nao : les enfants que nous aurons
miiba utakayokuwa nayo mti = miiba ambayo mti utakuwa nayo : les épines que l'arbre
aura [rare]

Futur négatif relatif objet :

kitabu ambacho sitakuwa nacho : le livre que je n'aurai pas
watoto ambao hatutakuwa nao : les enfants que nous n'aurons pas,
etc.



Les formes composées

Nous avons vu jusqu'à présent des formes verbales simples, c'est à dire ne consistant qu'en un
seul mot. Si l'on s'attache aux formes ayant une signification temporelle claire, nous avons eu
affaire à cinq formes :

PS-li-Base-a : passé ponctuel, décrivant un événement ou une situation dans le passé
PS-ta-Base-a : futur
PS-na-Base-a : présent, surtout progressif, mais de plus en plus présent général
PS-me-Base-a : résultatif, c'est à dire le résultat présent d'une action ayant eu lieu auparavant
hu-Base-a : présent habituel, ayant un peu tendance à s'effacer au profit du présent en -na-

Or ces cinq formes sont à elle seules insuffisantes pour exprimer des nuances de temps, par
exemple une action se déroulant pendant un certain temps dans le passé ou le futur (passé ou
futur non ponctuel) ou bien le résultat passé d'une action ayant eu lieu encore antérieurement
("elle avait fini d'écrire la lettre quand je suis venu la chercher"). Le swahili va rendre toutes
ces nuances au moyen de l'auxiliaire -wa, conjugué soit au passé, soit au futur, suivi par un
autre verbe exprimant le sens principal et conjugué avec un autre marqueur de TAM (jamais
-li- ou -ta- !).

A) auxiliaire conjugué avec -li- :

- passé non-ponctuel ou duratif (= imparfait du français) : PS-li-kuwa + Ps-ki-Base-a

baba alilima shamba lake mwaka jana : papa a cultivé (français littéraire : cultiva) son
champ l'année dernière (ponctuel)
baba alikuwa akilima shamba lake mwaka jana : papa cultivait son champ l'année dernière
(duratif : on insiste sur la durée de l'action)

juzi, Fatuma alipika chakula kizuri : avant-hier, Fatuma a préparé de la bonne nourriture
(ponctuel)
alipokaa kwetu, Fatuma alikuwa akipika chakula kizuri : quand elle habitait chez nous,
Fatuma préparait de la bonne nourriture (duratif)

watu walikuwa wakifanya kazi barabarani kila siku : les gens travaillaient sur la route
chaque jour (habituel dans le passé; ici on pourrait aussi dire : watu walikuwa hufanya
kazi... en employant la forme en hu- après l'auxiliaire, mais c'est plus rare et on insiste encore
plus sur la régularité)

-passé progressif (en anglais was -ing : était en train de) : PS-li-kuwa + PS-na-Base-a

Fatuma anapika : Fatuma est en train de cuisiner
nilipoingia, Fatuma alikuwa anapika : quand je suis entré, Fatuma était en train de cuisiner

Juma anaandika barua : Juma est en train d'écrire une lettre
nilipomwona Juma, alikuwa anaandika barua : quand j'ai vu Juma, il était en train d'écrire
une lettre

kwa nini mtoto analia ? : pourquoi est-ce que l'enfant est en train de pleurer ?
kwa nini mtoto alikuwa analia asubuhi ya leo ? : pourquoi est-ce que l'enfant était en train
de pleurer ce matin ?

- résultatif dans le passé (= plus que parfait du français) : PS-likuwa + Ps-me(sha)-Base-a

amelala : il est endormi, il dort
kwa nini hukumwita ? - sikuweza; alikuwa amelala : pourquoi tu ne l'as pas appelé ? - je
n'ai pas pu; il dormait

maadui wameshaingia mjini : les ennemis sont déjà entrés dans la ville
bahati mbaya maadui walikuwa wameshaingia mjini : malheureusement, les ennemis
étaient déjà entrés dans la ville

kwa nini Juma aliondoka mapema jana ? - alikuwa ame(sha)maliza kazi yake : Pourquoi
Juma est parti de bonne heure hier ? - il avait (déjà) fini son travail

B) Auxiliaire conjugué avec -ta- . On retrouve les mêms situations

- futur non-ponctuel ou duratif : PS-ta-kuwa + Ps-ki-Base-a

baba atalima shamba lake mwaka ujao : papa cultivera son champ l'année prochaine
(ponctuel)
baba atakuwa akilima shamba lake mwaka ujao : même traduction (car le français n'a pas
de forme au futur correspondant à l'imparfait pour le passé), mais on insiste sur la durée de
l'action

watu watakuwa wakifanya kazi barabarani kila siku : les gens travailleront sur la route
chaque jour (habituel dans le futur; ici on pourrait aussi dire : watu watakuwa hufanya
kazi... en employant la forme en hu- après l'auxiliaire, mais c'est plus rare et on insiste encore
plus sur la régularité)

-futur progressif (en anglais will be -ing : sera en train de) : PS-ta-kuwa + PS-na-Base-a

nitakapofika, Fatuma atakuwa anapika : quand j'arriverai, Fatuma sera en train de cuisiner

nitakapomwona Juma, atakuwa anaandika barua : quand je verrai Juma, il sera en train
d'écrire une lettre

(Evidemment, ces phrases sont plus rares que leurs équivalents au passé, car il est difficile
d'être très précis en parlant de situations ou d'événements futurs, qui ne sont donc pas encore
connus)

- résultatif dans le futur (= futur antérieur du français) : PS-takuwa + Ps-me(sha)-Base-a

hatutaweza kusema naye leo; atakuwa ameshalala : nous ne pourrons pas parler avec lui
aujourd'hui; il sera déjà endormi

bahati mbaya maadui watakuwa wameshaingia mjini : malheureusement, les ennemis
seront déjà entrés dans la ville

kwa nini Juma anataka kuondoka mapema kesho ? - kwa sababu atakuwa
ame(sha)maliza kazi yake saa tisa: Pourquoi Juma veut-il partir tôt demain ? - parce qu'il
aura (déjà) terminé son travail à 3 heures [N.B. en swahili on compte les heures à partir du
lever du soleil - toujours à environ 7h du matin sous l'équateur; donc 7h : saa moja, 8h : saa
mbili, 9h : saa tatu, etc. jusqu'à 18h : saa kumi na mbili, après quoi le soleil se couche et on
recommence à compter à 1 : saa moja = 19h = 7h du soir, etc.]


Formes négatives : pour les formes négatives, le principe est le même, mais faire très attention
- c'est normalement le verbe principal qui se met au négatif, l'auxiliaire restant positif :

Passé duratif et passé progressif prennent la même forme négative :
PS-likuwa + PSNeg.-Base-i

baba alikuwa halimi shamba lake mwaka jana : papa ne cultivait pas son champ l'année
dernière

alipokaa kwetu, Fatuma alikuwa hapiki chakula kizuri : quand elle habitait chez nous,
Fatuma ne préparait pas de la bonne nourriture

watu walikuwa hawafanyi kazi barabarani kila siku : les gens ne travaillaient pas sur la
route chaque jour

nilipoingia, Fatuma alikuwa hapiki : quand je suis entré, Fatuma n'était pas en train de
cuisiner

nilipomwona Juma, alikuwa haandiki barua : quand j'ai vu Juma, il n'était pas en train
d'écrire une lettre

Pour le résultatif négatif, il y a deux possibilités :
PS-likuwa + PSNeg-ku-Base-a : pour une action qui n'a pas été accomplie une bonne fois
pour toute
PS-likuwa + PSNeg-ja-Base-a : pour une action qui n'a pas encore été accomplie

nilipomwona Juma jana asubuhi, alikuwa hakulala hata kidogo : quand j'ai vu Juma hier
matin, il n'avait pas dormi du tout (litt. "même un peu")
nilipomwona Juma jana usiku, alikuwa hajalala : quand j'ai vu Juma hier soir, il n'était pas
encore endormi / couché

nilishangaa kuona kuwa (alikuwa) hakupika chakula : j'ai été surpris de voir qu'elle
n'avait pas préparé le repas (ici l'auxiliaire n'est pas indispensable)
nilishangaa kuona kuwa (alikuwa) hajapika chakula : j'ai été surpris de voir qu'elle n'avait
pas encore préparé le repas

Même situation au futur :
baba atakuwa halimi shamba lake mwaka ujao : papa ne cultivera pas son champ l'année
prochaine

tutakapofika kwake, atakuwa hajalala : quand nous arriverons chez lui, il ne sera pas
encore couché / endormi

tukijaaliwa, maadui watakuwa hawakuingia mjini : si Dieu nous est favorable [pour une
explication de cette forme, voir les leçons suivantes], les ennemis ne seront pas entrés en ville

[Note : il est néanmoins possible de mettre l'auxiliaire au négatif et de laisser le verbe principal au positif, mais
ces constructions sont particulières : elles servent à opposer une situation à une autre; par exemple : hakuwa
anaandika barua, bali... : il n'était pas en train d'écrire une lettre, mais au contraire... (il faisait toute autre
chose). Il est préférable de laisser ces constructions pour l'année prochaine.]

Deux précisions concernant la marque d'objet et le relateur
- la marque d'objet se met toujours sur le verbe principal, jamais l'auxiliaire

baba atakuwa analilima shamba lake : papa cultivera son champ
nilikuwa nimekisoma : je l'avais lu (kitabu)
chakula, alikuwa hajakipika : la nourriture, elle ne l'avait pas encore préparée

- le relateur, au contraire, se place toujours sur l'auxiliaire, jamais sur le verbe principal !

Fatuma alikula chakula alichokuwa amekipika : Fatuma a mangé la nourriture qu'elle avait
préparée (litt. .".. la nourriture qu'elle était elle l'a préparée" !)

wanafunzi walisoma kitabu alichokuwa amekileta mwalimu = wanafunzi walisoma
kitabu ambacho mwalimu alikuwa amekileta : les élèves ont lu le livre que le professeur
avait apporté.

alikuwa na mbwa aliyekuwa akienda naye kuwinda : il avait un chien avec lequel il allait
chasser


Cours swahili 18
Le conditionnel; Les extensions : le passif



Le conditionnel (hypothétique) :

On peut distinguer trois degrés d'hypothèses en français

- s'il vient aujourd'hui, je serai content de le voir (présent dans la condition, futur dans la
principale)
-s'il venait aujourd'hui, je serais content de le voir (imparfait dans la condition, conditionnel
présent dans la principale)
- s'il était venu aujourd'hui, j'aurais été content de le voir (plus que parfait dans la condition,
conditionnel passé dans la principal).

Pour le swahili, nous avons vu que le premier degré est rendu par la forme en -ki- et ne se
différencie pas vraiment de "quand...". Pour les deux autres degrés, il existe en principe deux
formes différentes, encore que l'une d'entre elle soit presque uniquement littéraire. On notera
aussi, que le swahili a la même forme pour la condition et la principale, contrairement au
français (mais penser au français populaire "si j'aurais su, j'y aurais pas dit"!)

1) hypothétique présent : la condition peut encore se réaliser, même si elle est douteuse :
Structure : PS-nge-Base-a (dans les deux membres de phrase)

conjugaison avec -anguka :

1sg. ni-nge-anguk-a : je tomberais 1pl. tu-nge-anguk-a : nous tomberions
2sg. u-nge-anguk-a : tu tomberais 2pl. m-nge-anguka : vous tomberiez
cl. 1 a-nge-anguk-a : il tomberait cl. 2 wa-nge-anguk-a : ils tomberaient,
etc.

Les monosyllabes gardent -ku- : ningekula, ungekula, etc.

Exemples
(kama) ungekuja, ungeniona : si tu venais, tu me verrais (noter que l'on peut faire précéder
la condition de kama "si", mais ce n'est pas indispensable)
(kama) ningejua, ningekuambia : si je savais, je te le dirais
(kama) tungemaliza kazi, tungepumzika : si nous finissions le travail, nous nous
reposerions

2) hypothétique passé : la condition ne peut plus se réaliser, l'occasion est passée
Structure : PS-ngali-Base-a

Exactement comme le précédent, mais remplacer -nge- par -ngali-

(kama) ungalikuja, ungaliniona : si tu étais venu, tu m'aurais vu (mais c'est trop tard
maintenant)
(kama) ningalijua, ningalikuambia : si j'avais su, je te l'autrais dit
(kama) tungalimaliza kazi, tungalipumzika : si nous avions terminé le travail, nous nous
serions reposés

Bien qu'assez utilisée à l'écrit, cette forme ne s'entend pour ainsi dire jamais à l'oral - au moins
en Tanzanie - où l'on emploie toujours la forme en -nge- pour les deux hypothétiques. Noter
qu'on entend assez souvent au Kenya une forme -ngeli- qui est à bannir en swahili standard.

Négatif:
Structure : PS-si-nge-Base-a

(N.B. l'hypothétique forme son négatif avec -si- précédé des PS positifs - comme le subjonctif
négatif ou la forme relative négative)

1sg. ni-si-nge-anguk-a : je ne tomberais pas
2sg. u-si-nge-anguk-a : tu ne tomberais pas
cl. 1 a-si-nge-anguk-a : il ne tomberait pas
1pl. tu-si-nge-anguk-a : nous ne tomberions pas
2pl. m-si-nge-anguk-a : vous ne tomberiez pas
cl. 2 : wa-si-nge-anguk-a : ils ne tomberaient pas,
etc.

hata ningejua , nisingekuambia : même si je savais, je ne te le dirais pas
wasingefanya kazi, wasingepata pesa : s'ils ne travaillaient pas, ils ne gagneraient pas
d'argent
mvua isingenyesha, tungekwenda kutembea : s'il ne pleuvait pas, nous irions nous
promener

On a la même forme avec -ngali-, mais elle est rare à l'oral aussi
wasingalifanya kazi, wasingalipata pesa : s'ils n'avaient pas travaillé, ils n'auraient pas
gangné d'argent
mvua isingalinyesha, tungalikwenda kutembea : s'il n'avait pas plu, nous serions allés nous
promener

Comparer avec : mvua isiponyesha, tutakwenda kutembea : s'il ne pleut pas, nous irons
nous promener

Les extensions verbales

Nous abordons ici un chapitre très important - et un des plus difficiles - de la grammaire
swahili. Les extensions sont des éléments qui s'insèrent entre le radical d'un verbe et la
voyelle finale et qui changent - parfois considérablement - le comportement du verbe dans la
phrase. Rendons-nous compte immédiatement de quoi il s'agit, en examinant un verbe dont le
sens se modifie avec les principales extensions :

Forme de base : ku-fung-a pas d'extension fermer, attacher
Forme applicative : ku-fung-i-a -i- fermer ou attacher pour qq.
Forme passive : ku-fung-w-a -w- être fermé, être attaché
Forme stative : ku-fung-ik-a -ik- se fermer, s'attacher
Forme causative : ku-fung-ish-a -ish- faire fermer, faire attacher
Forme réciproque : ku-fung-an-a -an- s'attacher l'un l'autre

On peut ajouter deux extensions un peu moins importantes :
Forme réversive : ku-fung-u-a -u- ouvrir, détacher
Forme stative-réversive : ku-fung-uk-a -uk- s'ouvrir, se détacher

L'étude détaillée des extensions est très complexe et sera reprise en deuxième année. On
présentera ici les principaux mécanismes.

Nous allons étudier ci-dessous les extensions les plus importantes en traitant d'abord de la
forme puis des constructions de chacune.

Le passif :
Nous avons vu ci-dessus que la forme de base de l'extension est -w-, mais il y a beaucoup de
variantes.

cas général : -w-

ku-andik-a : écrire ku-andik-w-a : être écrit
ku-dangany-a : tromper ku-dangany-w-a : être trompé
ku-fich-a : cacher ku-fich-w-a : être caché
ku-fuat-a : suivre ku-fuat-w-a : être suivi
ku-it-a : appeler ku-it-w-a : être appelé
ku-uliz-a : demander ku-uliz-w-a : être demandé

quand la base verbale se termine par -i- ou -e- : -w- également :

ku-saidi-a : aider ku-saidi-w-a : être aidé
ku-ti-a : mettre dans , introduire ku-ti-w-a : être mis, introduit
ku-poke-a : recevoir ku-pok-e-w-a : être reçu

quand la base verbale se termine par -u- ou -a- : -liw-

ku-chagu-a : choisir ku-chagu-liw-a : être choisi
ku-chuku-a : prendre ku-chuku-liw-a : être pris
ku-fua : laver (vêtements) ku-fu-liw-a : être lavé
ku-nunu-a : acheter ku-nunu-liw-a : être acheté
ku-pasu-a : fendre ku-pasu-liw-a : être fendu

ku-twa-a : prendra ku-twa-liw-a : être pris
ku-za-a : mettre au monde ku-za-liw-a : être mis au monde, naître

Noter cependant :
ku-u-a : tuer ku-u-aw-a ou ku-u-liw-a : être tué

quand la base verbale se termine par -o : -lew-
ku-oko-a : sauver ku-oko-lew-a : être sauvé
ku-ond-o-a : enlever, ôté ku-ondo-lew-a : être enlevé, être ôté

Pour les verbes ne se terminant pas pas -a- à l'infinitif :

quand la voyelle finale est -i ou -e : on ajoute -wa
ku-samehe : pardonner ku-samehe-wa : être pardonné
ku-fasiri : traduire ku-fasiri-wa : être traduit
ku-shtaki : accuser ku-shtaki-wa : être accusé

quand la voyelle finale est -u : on remplace par -iwa
ku-haribu : détruire ku-harib-iwa : être détruit
ku-hesabu : calculer ku-hesab-iwa : être calculé
ku-hukumu : juger ku-hukum-iwa : être jugé
ku-jaribu : essayer ku-jarib-iwa : être essayé

Noter les deux verbes suivants se terminant en -au : on ajoute -liwa
ku-sahau : oublier ku-sahau-liwa : être oublié
ku-dharau : mépriser ku-dharau-liwa : être méprisé

N. B. : à partir du moment où l'extension a été ajoutée (et cela vaut pour toutes les
extensions), ces verbes se terminent maintenant par -a , ce qui signifie qu'ils deviennent
réguliers et vont donc changer le -a en -i au présent négatif et -e au subjonctif]

Pour les verbes monosyllabiques :
ku-l-a : manger ku-l-iw-a : être mangé
ku-nyw-a : boire ku-nyw-ew-a : être bu
ku-p-a : donner ku-pew-a : être donné

Noter que les verbes monosyllabiques ne le sont plus au passif, puisque celui-ci ajoute une
syllabe : -la (une syllabe) -li.wa (deux syllabes). Ils ne conservent donc pas le -ku-.

Construction des phrases : le passif du swahili fonctionne fondamentalement comme celui du
français : c'est à dire que l'objet de la phrase active devient le sujet de la phrase passive;
l'agent du verbe (qui était sujet dans la phrase active) se retrouve complément d'agent
introduit par na :


mama alipika chakula hiki : maman a préparé cette nourriture - forme active
sujet objet
agent patient

chakula hiki kilipikwa na mama : cette nourriture a été préparée par maman
sujet complément d'agent
patient agent

watoto walivunja kikombe : les enfants ont cassé la tasse
kikombe kilivunjwa na watoto : la tasse a été cassée par les enfants

mbwa atakula nyama : le chien mangera la viande
nyama italiwa na mbwa : la viande sera mangée par le chien

Un emploi particulièrement fréquent du passif sert à rendre l'équivalent de la construction
impersonnelle "on" du français [attention pas le "on" qui signifie "nous" en français
contemporain, mais le "on" de "on a brûlé ma voiture", c. à d. quelqu'un d'inconnu]

yuko wapi yule mgonjwa aliyeletwa hapa ? : où est le malade qu'on a apporté ici ?
mawe yote yameondolewa : on a enlevé toutes les pierres
kitu hiki hakihitajiwi : cette chose n'est pas nécessaire = on n'a pas besoin de cette chose (de
-hitaji : avoir besoin)



Cours swahili 19
Les extensions (suite) : l'applicatif


L'applicatif :

quand la base du verbe se termine par une consonne et que la voyelle précédente est -a-, -i- ou
-u- : l'extension est -i-

ku-pik-a : cuire ku-pik-i-a : cuire pour
ku-vunj-a : casser ku-vunj-i-a : casser pour
ku-uz-a : vendre ku-uz-i-a : vendre à
ku-simam-a : s'arrêter, se lever ku-simam-i-a : s'arrêter, se lever pour, à

idem mais la voyelle précédente est -e- ou -o-, l'extension est -e-

ku-let-a : apporter ku-let-e-a : apporter à
kw-end-a : aller kw-end-e-a : aller pour, ou vers
ku-tok-a : sortir ku-tok-e-a : sortir pour, vers
ku-wek-a : poser ku-wek-e-a : poser pour

quand la base se termine par une des trois voyelles -a-, -i- ou -u- : -li- :

ku-chagu-a : choisir ku-chagu-li-a : choisir pour
ku-chuku-a : prendre ku-chuku-li-a : prendre pour
ku-fagi-a : balayer ku-fagi-li-a : balayer pour
ku-ingi-a : entrer ku-ingi-li-a : s'immiscer
ku-li-a : pleurer, crier ku-li-li-a : pleurer qq.
ku-ka-a : demeurer, être assis ku-ka-li-a : demeurer pour

quand la base se termine par -e- ou -o- : -le-
ku-ondo-a : ôter ku-ondo-le-a : ôter pour
ku-poke-a : recevoir ku-poke-le-a : recevoir pour
ku-to-a : extraire, fare sortir ku-to-le-a : faire sortir pour

Verbes à voyelle finale autre que -a

voyelle finale -i ou -e : on ajoute -a

ku-rudi : revenir ku-rudi-a : revenir vers
ku-shtaki : accuser ku-shtaki-a : accuser pour
ku-safiri : voyager ku-safiri-a : voyager pour, vers
ku-samehe : pardonner ku-samehe-a : pardonner pour

voyelle finale -u : on remplace par-ia

ku-jaribu : essayer ku-jarib-ia : essayer pour
ku-haribu : détruire ku-harib-ia : détruire pour

les deux verbes se terminant par -au : on ajoute -lia

ku-sahau : oublier ku-sahau-lia : oublier pour
ku-dharau : mépriser ku-dharau-lia : mépriser pour

Verbes monosyllabiques :

ku-l-a : manger ku-l-i-a : manger pour
ku-j-a : venir ku-j-i-a : venir vers
ku-f-a : mourir ku-f-i-a : mourir quelque part

Emplois : l'applicatif a plusieurs sens, parfois un peu éloignés de notre point de vue (on se
contentera de les survoler ici; une étude plus approfondie sera donnée en deuxième année)

1) faire quelque chose pour le compte de quelqu'un, au profit de quelqu'un, éventuellement à
son désavantage

mtoto analia : l'enfant pleure
mtoto anamlilia mama yake : l'enfant pleure pour sa mère, à cause de sa mère (elle est
sortie, par exemple)

watoto waliimba nyimbo : les enfants ont chanté des chansons
watoto walituimbia nyimbo : les enfants nous ont chanté des chansons

amelilima shamba : il a cultivé le champ
amenilimia shamba : il a cultivé le champ pour moi

Noter à propos de cet exemple que le bénéficiaire de l'action apparaît obligatoirement
(puisqu'il s'agit toujours d'un être animé) sous forme de marque d'objet; comme en swahili il
est impossible d'avoir deux marques d'objet en même temps, celle du patient de l'action ne
peut pas apparaître. En français on pourrait dire : il me l'a cultivé : ou me représente le
bénéficiaire et l' représente le patient, c'est à dire le champ. Mais en swahili, seul le
bénéficiaire peut et doit apparaître

wameharibu gari lako : ils ont abîmé ta voiture
wamekuharibia gari lako : ils t'ont abîmé ta voiture (ici, c'est à ton désavantage)

nunua kisu : achète un couteau
ninunulie kisu : achète-moi un couteau

unapika nini ? : que cuisines-tu ?
unampikia nani ? : pour qui cuisines-tu ?

mama alikasirika : maman s'est fâchée
mama alimkasirikia mtoto wake : maman s'est fâchée après son enfant

2) mouvement vers

Juma alitupa mawe : Juma a lancé des pierres
Juma alimtupia mbwa mawe : Juma a lancé des pierres vers le chien, en direction du chien,
au chien

askari aligeuka : le soldat s'est retourné
askari alitugeukia : le soldat s'est retourné vers nous

ndege aliruka upesi : l'oiseau s'est envolé rapidement
ndege alirukia upesi juu ya mti : l'oiseau s'est envolé rapidement vers le sommet de l''arbre

mtoto alikimbia : l'enfant a couru
mtoto alimkimbilia mama yake : l'enfant a couru vers sa mère
Noter que mtoto alimkimbia mama yake (sans applicatif) voudrait dire : l'enfant s'est enfui
(d'auprès) de chez sa mère

noter la paire :
watu walihama kule : les gens ont immigré / déménagé de là-bas
watu walihamia kule : les gens ont immigré / emménagé là-bas

3) instrument
Dans quelques cas, et le plus souvent avec l'infinitif, l'applicatif exprime l'instrument avec
lequel on fait une action :

ninataka kisu cha kukatia nyama : je veux un couteau à couper la viande / avec lequel
couper la viande
tunatengeneza matofali ya kujengea nyumba : nous préparons des briques avec lesquelles
construire la maison
nipe sabuni ya kufulia nguo : donne-moi du savon à laver le linge
chumba cha kulia : la salle à manger
mkono wa kulia : la main avec laquelle manger = la main droite

Un emploi très important de l'applicatif et impossible à traduire en français (l'anglais y arrive
mieux) combine applicatif et passif. Examiner les phrases suivantes :

actif : Hamisi alipika chakula : Hamisi a préparé la nourriture
passif : chakula kilipikwa na Hamisi : la nourriture a été préparée par Hamisi
applicatif : Hamisi alitupikia chakula : Hamisi nous a préparé de la nourriture
passif de l'applicatif : tulipikiwa chakula na Hamisi (en anglais we were cooked a meal by
Hamisi, mais en français on est obligé de dire à nouveau "Hamisi nous a préparé de la
nourriture", parce qu'on ne peut pas placer le bénéficiaire en position sujet d'un passif.)
Cette tournure est très usuelle en swahili.

Autres exemples :
Hamisi alinifungulia mlango : Hamisi m'a ouvert la porte
nilifunguliwa mlango na Hamisi : même sens
bien sûr on peut dire : mlango ulifunguliwa na Hamisi : la porte a été ouverte par Hamisi,
mais alors on ne sait pas au profit de qui l'action a été faite !

wageni watatu wamefika kwetu : trois étrangers sont arrivés chez nous
tumefikiwa na wageni watatu : ici on pourrait traduire : il nous est arrivé trois étrangers

alimwambia nani : il l'a dit à qui ?
aliambiwa na nani ? : qui est-ce qui lui a dit ?

alisoma barua yake : il a lu sa lettre
alisomewa barua yake : on lui a lu sa lettre

Le statif

quand la base du verbe se termine par une consonne et que la voyelle précédente est -a-, -i- ou
-u- : l'extension est -ik-

ku-vunj-a : casser ku-vunj-ik-a : se casser
ku-pit-a : passer ku-pit-ik-a : être passable
ku-fany-a : faire ku-fany-ik-a : se faire, être faisable

idem mais la voyelle précédente est -e- ou -o-, l'extension est -ek-

ku-soma : lire ku-som-ek-a : se lire
ku-sem-a : dire ku-sem-ek-a : se dire


quand la base se termine par une des trois voyelles -a-, -i- ou -u- : -lik- :

ku-chuku-a : prendre ku-chuku-lik-a : se prendre
ku-twa-a : prendre, porter ku-twa-lik-a : être prenable, se prendre

Verbes à voyelle finale autre que -a

voyelle finale -i ou -e : on ajoute -ka

ku-samehe : pardonner ku-samehe-ka : être pardonnable
ku-hitaji : avoir besoin ku-hitaji-ka : être nécessaire

voyelle finale -u : on remplace par-ika

ku-haribu : abîmer ku-harib-ik-a : s'abîmer

les deux verbes se terminant par -au : on ajoute -lika

ku-sahau : oublier ku-sahau-lika : s'oublier
ku-dharau : mépriser ku-dharau-lika : être méprisable

Verbes monosyllabiques
ku-l-a : manger ku-l-ik-a : être mangeable
ku-nyw-a : boire ku-nyw-ek-a : être buvable

Noter qu'un petit nombre de verbes usuels ont une extension en -ikan- (ou -ekan-, ou -likan-)
au lieu de simplement -ik-; le sens est exactement le même :

ku-pat-a : obtenir ku-pat-ikan-a : s'obtenir, être disponible
ku-wez-a : pouvoir ku-wez-ekan-a : être possible
ku-on-a : voir ku-on-ekan-a : être visible
ku-ju-a : savoir, connaître ku-ju-likan-a : se savoir, être connu


Fonctionnement du statif : il a un sens qui rappelle le passif, mais qui se rend souvent en
français par le réfléchi en "se"; ils'agit d'une action ou d'un état qui se produit sans
intervention d'un agent (en tous cas d'un agent exprimé)

Exemple
kikombe kimevunjwa na Hamisi : la tasse a été cassée par Hamisi
kikombe kimevunjika : la tasse est cassée (on ne dit pas qui est responsable, on décrit
seulement l'état)

kikombe kilivunjwa na Hamisi jana : la tasse a été cassée par Hamisi hier
kikombe kilivunjika jana : la tasse s'est cassée hier

Hamisi alizima taa : Hamisi a éteint la lampe
taa ilizimwa na Hamisi : la lampe a été éteinte par Hamisi
taa ilizimika jana... : la lampe s'est éteinte hier...
...(na sasa) taa imezimika : ...(et maintenant) la lampe est éteinte

Halima alikata uzi : Halima a coupé le fil
uzi ulikatwa na Halima : le fil a été coupé par Halima
uzi ulikatika... : le fil s'est coupé...
...(na sasa) uzi umekatika : ...(et maintenant)le fil est coupé

Halima anakata uzi : Halima coupe le fil
uzi unakatwa na Halima : le fil est en train d'être coupé par Halima
uzi unakatika : le fil est en train de se couper, mais un sens plus logique est : le fil se coupe,
c'est à dire qu'il est facile à couper, qu'il peut se couper - parce qu'on ne peut guère observer
un fil en train de se couper sauf avec une caméra filmant au ralenti...

kikombe kinavunjika : la tasse est cassable
kazi hii haifanyiki : ce travail est infaisable, ne peut pas se faire (inafanyika : il est faisable)
machungwa haya hayaliki : ces oranges sont immangeables

inawezekana : c'est possible ! haiwezekani : c'est impossible

je, njia inapitika ?- haipitiki : est-ce que ce chemin est praticable ? - non, il est impraticable

Juma yuko wapi ? - haonekani siku hizi : où est Juma ? - on ne le voit pas ces jours-ci (il
est invisible)

On peut former beaucoup d'adjectifs à partir des statifs conjugués à la forme relative. Par
exemple :

kikombe kilivyovunjika : des tasses cassées
kikombe kinavyovunjika : des tasses cassables

Faites bien attention que certains verbes se terminent par -ika mais ne sont néanmoins pas
statifs. Un bon exemple est ku-andik-a : écrire et la meilleure preuve qu'il n'est pas statif...
c'est qu'on peut lui former un statif ku-andik-ik-a "s'écrire"


Cours swahili 20
Les extensions (suite) : le causatif; le réciproque; le réversif. Comparatif et superlatif.
Augmentatif et diminutif


Le causatif :

quand la base du verbe se termine par une consonne et que la voyelle précédente est -a-, -i- ou
-u- : l'extension est -ish- (on rencontre aussi -iz- avec certains verbes)

ku-acha : laisser ku-ach-ish-a : faire laisser
ku-anz-a : commencer ku-anz-ish-a : faire commencer
ku-pit-a : passer ku-pit-ish-a : faire passer

idem mais la voyelle précédente est -e- ou -o-, l'extension est -esh- (ou -ez-)

ku-chek-a : rire ku-chek-esh-a : faire rire
ku-som-a : lire apprendre ku-som-esh-a : faire lire, enseigner
ku-pend-a : aimer ku-pend-ez-a : plaire ("faire aimer")

Verbes à voyelle finale autre que -a

voyelle finale -i ou -e : on ajoute -sha

ku-rudi : revenir ku-rudi-sha : faire revenir, ramener, rendre
ku-samehe : pardonner ku-samehe-sha : faire pardonner

voyelle finale -u : on remplace par-isha

ku-jibu : répondre ku-jib-isha : faire répondre

les deux verbes se terminant par -au : on ajoute -lisha

ku-sahau : oublier ku-sahau-lisha : faire oublier

Monosyllabes :
ku-l-a : manger ku-l-ish-a : nourrir
ku-nyw-a : boire ku-nyw-esh-a : faire boire, irriguer

Faites attention à ku-ny-a : faire caca, mais ku-ny-esha : pleuvoir, avec mvua comme sujet

Particularités de formation : un certain nombre de verbes forment le causatif en modifiant la
base :

1) de nombreux verbes dont la base se termine par -k- remplacent celle-ci par -sh- au
causatif :

ku-anguk-a : tomber ku-angush-a : faire tomber
ku-shuk-a : descendre ku-shush-a : faire descendre
ku-chemk-a : bouillir ku-chemsh-a : faire bouillir
ku-wak-a : brûler (feu) ku-wash-a : allumer

mais pas tous, par exemple ku-andik-a : écrire fait au causatif ku-andik-ish-a.

2) si la base verbale se termine par une voyelle, le causatif le plus fréquent consiste à insérer
-z-

ku-ja-a : être plein ku-ja-z-a : remplir
ku-ingi-a : entrer ku-ingi-z-a : faire entrer
ku-kimbi-a : courir ku-kimbi-z-a : faire courir, faire la chasse à

3) quelques verbes ont une forme irrégulière qu'il convient d'apprendre par coeur

ku-lal-a : se coucher, dormir ku-laz-a : allonger, faire coucher qq
ku-lewa : s'enivrer ku-levy-a : enivrer
ku-pit-a : passer ku-pish-a à côté de ku-pit-ish-a

Sens du causatif : faire faire quelque chose par quelqu'un d'autre ou faire en sorte que quelque
chose se produise

maji yanachemka : l'eau bout
chemsha maji ! : fait bouillir l'eau !

ameamka : il est réveillé
ameniamsha : il m'a réveillé

tumechelewa : nous sommes en retard
alituchelewesha : il nous a retardés

nilipotea : je me suis perdu
nilipoteza njia : j'ai perdu ma route

anapanga nyumba : il loue une maison, il est locataire
anapangisha nyumba : il donne une maison à louer, il est bailleur

Le français a souvent des verbes différents dans les deux cas :
ku-kopa : emprunter de l'argent / ku-kopesha : prêter de l'argent
ku-jaa : être plein / ku-jaza : remplir
ku-rudi : revenir / kurudisha : rendre
nirudishie kitabu changu (pesa zangu) : rends-moi mon livre (mon argent) ! - ici on a le
causatif plus l'applicatif
nimerudishiwa kitabu changu : on m'a rendu mon livre - ici on a le causatif, l'applicatif et le
passif ! ! kitabu kimerudishwa : le livre a été rendu, où l'on a seulement le causatif et le
passif.

Le réciproque :

tous les verbes à voyelle finale -a à l'infinitif insèrent -an- après la base verbale (pas de
variation)

ku-pig-a : battre ku-pig-an-a : se battre
ku-ju-a : connaître ku-ju-an-a : se connaître l'un l'autre
ku-sikiliz-a : écouter ku-sikiliz-an-a : s'écouter, s'entendre
ku-kut-a : rencontrer ku-kut-an-a : se rencontrer

Les verbes à voyelle finale i- et -e ajoutent -ana

ku-rudi : revenir ku-rudi-ana : se revenir l'un à l'autre
ku-samehe : pardonner ku-samehe-ana : se pardonner mutuellement

Les verbes à finale -u le remplacent par -iana
ku-hukumu : juger ku-hukum-iana : se juger mutuellement

les deux verbes à finale -au ajoutent -liana

ku-sahau : pardonner ku-sahau-liana : se pardonner mutuellement
ku-dharau : mépriser ku-dharau-liana : se mépriser mutuellement

Sens du réciproque : ici il convient de bien distinguer deux sens du pronom "se" en français:
soit les deux phrases suivantes :
a) les deux filles se regardent dans leurs miroirs
b) les deux filles se regardent avec dépit
Dans le cas a), il est clair que chaque fille se regarde elle-même dans son propre miroir (en
anglais they look at themselves) - c'est le réfléchi; mais dans le cas b), chaque fille regarde
l'autre (they look at each other) - c'est le réciproque.
Les deux situations sont aussi clairement définies en swahili qu'en anglais (contrairement au
français)

a) le réfléchi (soi-même) ne se rend pas par une extension, mais par une marque d'objet
invariable (-ji-) qui remplace les marques d'objet habituelles; exemples

msichana anamtazama mwalimu : la fille regarde le professeur
wasichana wanawatazama waalimu : les filles regardent les professeurs
mais
msichana anajitazama : la fille se regarde
wasichana wanajitazama : les filles se regardent (elles-mêmes)
de même on aurait :
1sg. ninajitazama : je me regarde 1pl. tunajitazama : nous nous regardons
2sg. unajitazama : tu te regardes 2pl. mnajitazama : vous vous regardez

b) en revanche, c'est bien le réciproque qui se marque en swahili par l'extension -an-;
exemples

Ali na Shabani wanajuana... : Ali et Shabani se connaissent...
...lakini walipigana juzi : ...mais ils se sont battus (entre eux) avant-hier (ou "il y a quelques
jours", juzi est un terme un peu vague)
watoto wa shule wanaambiana siri : les écoliers (écolières) se disent des secrets

nilimkuta njiani : je l'ai rencontré en chemin
tulikutana (naye) njiani : nous nous sommes rencontrés en chemin (noter le naye
littéralement "avec lui" qui apparaît redondant en français, mais s'emploie fréquemment en
swahili)

baada ya kuamkiana na wageni aliwakaribisha kwake : après s'être salué avec les
étrangers il les accueillit chez lui (noter ku-amkia : saluer qq, ce n'est pas l'applicatif de ku-
amka "se réveiller").

waliapiana kiapo cha urafiki : ils se sont faits l'un à l'autre un serment d'amitié

ku-unga : unir > ku-ungana : s'unir l'un à l'autre > ku-unganisha : réunir qq avec qqd'autre
(réciproque + causatif)

ku-patana : s'accorder > ku-patanisha : mettre d'accord

Le réversif : quelques mots sur le réversif, qui ne s'applique qu'à un assez petit nombre de
verbes

quand la base du verbe se termine par une consonne et que la voyelle précédente est -a-, -i-,
-e- ou -u- : l'extension est -u-

ku-fung-a : fermer ku-fung-u-a : ouvrir
ku-kunj-a : plier ku-kunj-u-a : déplier
ku-zib-a : boucher ku-zib-u-a : déboucher
ku-tat-a : embrouiller (matata : embrouilles!) ku-tat-u-a : démêler
ku-teg-a : tendre un piège ku-teg-u-a : remettre le piège en position

idem mais avec voyelle -o-, l'extension est aussi -o-

ku-log-a : ensorceler ku-log-o-a : désenvoûter
ku-shon-a : coudre ku-shon-o-a : défaire qqch de cousu

Les autres catégories ne sont pas représentées.

Comme on peut le voir d'après les traductions, le sens du réversif est approximativement le
contraire du verbe de base. Il ne présente pas de fonctionnement spécial par rapport aux autres
verbes. Il possède un statif spécial en -uk- et -ok- respectivement qui fonctionne comme les
autres statifs. Exemple

mlango umefunguka : la porte est ouverte ! mlango umefunguliwa na Hamisi : la porte a
été ouverte par Hamisi.


Le comparatif et le superlatif en swahili


Comparatif

la forme la plus usuelle est

Juma ni mrefu kuliko Hamisi : Juma est plus grand que Hamisi (litt. Juma est grand là où il
y a Hamisi - c'est la forme relative du verboïde -ko)

Mais on peut très bien dire aussi (avec l'intonation appropriée):

Juma na Hamisi, yule mrefu ni Juma : litt. Juma et Hamisi, le grand c'est Juma !

ou bien
Juma amemzidi Hamisi urefu : litt. Juma est plus que Hamisi en grandeur

Pour le superlatif on peut dire :

Juma ni mrefu kushinda wote : Juma est le plus grand de tous (ku-shinda "vaincre")

Juma ni mrefu mno : Juma est excessivement grand

Augmentatif et diminutif

Sans vouloir entrer dans les détails, qui seront vus en deuxième année, on peut signaler qu'en
faisant passer un mot dans la paire de classes 7/8 on lui donne un sens diminutif

m-toto : enfant ki-toto : petit enfant (souvent affectueux)
meza : table ki-meza : une toute petite table

De même, en faisant passer un mot en 5/6 on lui donne un sens augmentatif ou péjoratif
m-tu : personne ji-tu : géant, brute
wa-sichana : des filles ma-sichana : des filles horribles

A utiliser avec précaution, en raison des nombreuses nuances affectives