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La diversité des domaines « néo-naturels »

1/ Climatologie et perceptions climatiques

- Il y a peu, l’étude du climat se plaçait canoniquement après celle du relief et de l’hydrographie


 Elle énonçait des typologies qui ne prenaient pas en compte le « ressenti »
 Aujourd’hui, le facteur humain de la perception des différents « états climatiques » ne peut plus
être négligé

*Les perceptions subjectives du « temps qu’il fait »

- « Le temps qu’il fait » est sujet de conversation


 Météo France est ainsi de + en + attentive à la dimension psychologique, culture et sociétale de ses
prévisions
- L’été 2003 en France : une canicule exceptionnelle
 Prise de conscience de l’influence du climat sur les destins individuels : Elle a été ressentie comme
une catastrophe climatique
 On a connu un ensoleillement intense, une absence prolongée de précipitations, une intensité
éolienne nulle et des températures supérieures à la moyenne
 Dans les campagnes, une procédure d’indemnisation pour calamités agricoles a été mise en place ;
l’ONF a constaté une fragilisation de la forêt française (stress hydrique) ; on a aussi observé des
tassements de terrain
- Le traumatisme de la tempête, fin 1999 :
 Aujourd’hui, la tempête est le risque majeur le + redouté par les Français. L’origine de cette crainte
= Deux catastrophes survenues fin décembre 1999
 Des vents d’une rare violence associés à une dépression très creusée
Les conséquences matérielles et humaines considérables
 Très grande crainte car les Français étaient peu sensibilisés à ce type de catastrophe
- Le désarroi face aux inondations :
 Dans la mémoire populaire, les inondations suivent une fréquence accélérée depuis le siècle dernier
 Les inondations semblent aggravées par des facteurs purement anthropiques : les déboisements
massifs, le grignotage urbain qui conduit à de plus grandes surfaces imperméabilisées, l’aménagement
du lit

*Typologie des climats français

- Le climat tempéré de la France compte quatre variantes majeures avec des nuances selon les
localisations, les expositions et les périodes de l’année
- La genèse de l’architecture « climatique » française
 Le corpus scientifique sur les climats date du début du XXème et l’on imaginait qu’ils étaient en
relation étroite avec le territoire national
 La France relevait du domaine tempéré, elle possédait un climat du « juste milieu », propice au
développement des activités humaines
 Ce « déterminisme climatique » donnait à la France une vision harmonieuse de sa géographique où
tout était « unité » et « diversité »
 On doit ajouter aujourd’hui les « nuances régionales » et les « micro-climats »
- Classification des climats en France
 Les géographes ont cherché des climats typiques auxquels associés au nom d’une région
 Six grands domaines climatiques :
Domaine breton de type océanique
Domaine aquitain (déclinaison méridionale du précédent)
Domaine lorrain de type semi-continental
Domaine danubien (transition thermique et hydrométrique entre le climat provençal et lorrain)
Domaine provençal de type méditerranéen
Domaine montagnard (improprement qualifié d’azonal)
- Connaître et comprendre les climats français
 L’expression « climats tempérés » reste pertinente si on la comprend comme une intersection entre
« du plus chaud ou du plus froid » et « du plus pluvieux ou du plus aride » mais elle ne doit pas induire
pour autant régularité, constance et modération
 Les fondements de la « scène climatique française » ne sont plus qu’une manière parmi d’autres de
caractériser le milieu néo-naturel
 Au couple climats/milieux, on préfère substituer celui de climats/sociétés en l’insérant dans une
problématique sociétale, avec une préférence pour vie quotidienne

*Les gestions scientifiques et sociales du climat et de la forêt

- Dans leur environnement quotidien, les Français sont très sensibles aux changements des états perçus
de l’atmosphère
- Le réchauffement climatique en France :
 Un réchauffement (+ 0,1°C par décennie en moyenne) est enregistré depuis le début du XXème
C’est dans le Sud-ouest que le réchauffement est le plus sensible
 Les conséquences du réchauffement seront de deux ordres : naturelles et humaines.
 Le territoire français risque de s’inscrire dans une nouvelle répartition des aires biogéographiques
avec une modification dans écosystèmes.
- La forêt française et les évolutions climatiques :
 La France est un carrefour végétal très riche avec un taux de boisement variable
 En expansion depuis deux siècles, la forêt française représente le + important volume de bois sur
pied d’Europe occidentale (28% de la superficie du territoire)
 Depuis une trentaine d’années, elle est affecté par des phénomènes climatiques exceptionnels
(Grande sécheresse de 1976 ; canicule de 1998 ; tempêtes de 1999 ; canicule, sécheresse et incendie
records de 2003). Le réchauffement actuel pourrait modifier la physionomie des espaces boisés

2/ De l’eau en abondance

- En raison de son ouverture océanique, la France bénéficie de précipitations importantes

*Comment dire les fleuves ?

- On parle de – en – de réseau fluvial et de + en + de bassin versant.


- Fleuves et rivières comme armature du territoire national :
 On s’est contenté pendant des décennies d’étudier les quatre « grands » (Garonne, Loire, Rhône,
Seine)
 La Seine était le fleuve d’un seul bassin sédimentaire
La Loire associait une influence dominante du Massif central à une logique océanique du Val de
Loire
La Garonne relevait d’une origine pyrénéenne et des apports du Massif central
Le Rhône était vu comme montagnard
Le Rhin était peu pris en considération
- Imaginaire des fleuves français :
 Dès l’Antiquité, la disposition du réseau hydrographique et son intérêt économique fait de la Gaule
un espace idéalisé
Au XVIIème, les fleuves s’immiscent dans l’art et la culture
Entre le XVII et XIXème, le réseau hydrographique devient aussi maillage pour un Etat soucieux
d’unification territoriale
On cherche à relier les fleuves entre eux et avec les mers
- Hydrographie et société :
 Les fleuves ont été largement utilisés
Cette utilisation se faisait un peu à contrecœur car ils sont fréquemment perçus comme hostiles
voire indomptables. On s’en est affranchi dès que l’on a pu
 Aujourd’hui, ils ne font plus peur. Ils sont comme de « gigantesques organismes vivants »
 L’eau devient patrimoine

*Les grands fleuves et leurs bassins versants

- Configuration des bassins hydrographiques :


 L’hydrographie est abordée dans une quadruple problématique (précipitations, ruissellement,
infiltration, usage) avec six dimensions solidaires (modalités pluvieuses et neigeuses, superficie des
bassins, topographie et géologie, profil longitudinal, nappes phréatiques, histoire des hommes et de
l’eau)
 Les rivières sont étudiées de l’amont vers l’aval
Les fleuves sont aussi une interface entre les caractéristiques de leur bassin versant et l’exposition
aux risques pour les riverains
Les bassins versants relèvent de « personnalités hydrographiques » parfois complexes
- Profils hydrologiques et régimes fluviaux :
 Classiquement, l’hydrologie fluviale enregistre des variations saisonnières et des fluctuations des
débits liées aux écarts pluviométriques
 On identifie quatre régimes simples (glaciaire, nival de montagne, pluvial océanique et pluvial
méditerranéen) et trois régimes complexes (pluvionival à forte prépondérance pluviale, pluvionival
moins influencé par la pluie et nival de transition)
 Pour la Loire, la Garonne, la Seine, ce sont les grands affluents qui confirment, accentuent ou
orientent profils hydrologiques et régimes pluviaux. La Seine s’individualise vers l’aval par des
méandres jusqu’à l’embouchure, à cause d’une pente très faible.
- Géographie des eaux souterraines :
 Abondance des eaux souterraines illustre la bonne hydrologie du territoire
 Ainsi dans les massifs anciens peu perméables, l’eau s’écoule assez vite (nombreuses sources aux
débits faibles)

*Ressource et gestion de l’eau

- L’agriculture utilise 70% de l’eau. L’usage domestique 25%. L’industrie 5%. La pollution des eaux,
superficielles ou souterraines, est de + en + considérée comme un problème social majeur.
- Le bilan général de l’eau et la problématique de la pollution :
 L’impact des engrais et des pesticides demeure préoccupant
 Les pollutions industrielles représentent la moitié des polluants organiques et la quasi-totalité des
polluants toxiques.
 Depuis une décennie, les rejets industriels et urbains sont en diminution.
- Les outils de l’évaluation de la ressource et de la gestion de l’eau :
 A partir de 1964, des outils ont été mise en place une meilleure évaluation de la ressource en eau et
une plus grande efficacité de sa gestion
 Une vision globale des bassins versants convient aux géographes, leur permettant de proposer leur
propre expertise
- Plans pour les grands fleuves français et politiques de l’eau :
 Depuis un demi-siècle, la politique de l’eau fait l’objet d’une gestion décentralisée en coordination
avec l’Etat. Pendant longtemps seule la dimension domestique de l’approvisionnement en eau des
populations a prévalu. Mais l’aggravation de la pollution agricole et industrielle a largement modifié la
donne.
 La Loire acquiert le statut particulier de « dernier fleuve sauvage d’Europe »

3/ Des reliefs entre espace subi et espace approprié


- La géographie physique fût la cible préférée des attaques dirigées contre l’héritage vidalien. Pourtant
pour Claude et Georges Bertrand : « Pas de géographie sans nature et pas de nature sans géographie. »

*Les discours sur l’espace physique

- La perception commune des reliefs s’ordonne en bassins sédimentaires, massifs anciens et chaînes de
montagnes plus récentes.
 On a cherché à essayer de comprendre la genèse de la topographie
 Le territoire français est peu élevé dans son ensemble
- France hercynienne et France alpine :
 L’histoire du territoire français débute à l’ère primaire, au temps où Massif armoricain et Massif
central étaient des montagnes élevées.
A l’ère secondaire, c’est le Bassin parisien et le Bassin aquitain qui se sont mis en place.
A l’ère tertiaire, on a une surrection pyrénéo-alpine qui conduit à l’élévation du Jura et la
fragmentation concomitante des bordures orientale et méridionale du Massif central.
A l’ère quaternaire, c’est le volcanisme auvergnat qui est.
- Le paysage de cuesta : une construction scientifique :
 Rôle important du concept de la « cuesta », associée à la morphologie du bassin parisien. Ce
dispositif est une succession de talus, liée au décalage, d’est en ouest, des couches géologiques
jusqu’au centre du bassin.
- Le Massif central : une perception géologique dominante :
 Paul Vidal de La Blache avait pourtant prévenu que « le Massif central ne peut être considéré
comme un noyau autour duquel se serait formé le reste de la France ».
 Pourtant le Massif central n’a jamais fonctionné comme un territoire unique.

*Les différents reliefs français : une nouvelle lecture

- Les chaînes de montagnes au prisme de l’esthétique :


 L’évolution de la société a bouleversé la perception des paysages de la montagne.
Les réalités physiques et naturelles sont devenues des réalités sociales et culturelles.
 Les thèmes de la neige et de l’ensoleillement bousculent des thèmes plus classiques
- Volcanisme et géothermie :
 Le volcanisme a été pris en compte au titre de ses paysages grandioses. La géothermie a été
souvent ignorée. Les volcans du Massif central ont valeur de patrimoine naturel d’exception.
 Dans un contexte planétaire de pénurie d’énergie, la géothermie devient crédible aujourd’hui. Le
potentiel géothermique est réel (région parisienne et DOM).
- Sismicité et société :
 Le territoire est peu sismique. Les seuls existants sont liés au rapprochement de la plaque africaine
et de la plaque eurasienne. Les DOM sont les + exposés.
 L’Etat a fait établir une nouvelle cartographie des risques de sismicité. La vigilance est renforcée
pour les installations sensibles.

*Géographie du littoral français

- Le littoral ne fait + l’objet d’une étude de géographie physique pour lui-même.


Il est une interface variable au gré des marées, des remblaiements ou des reculs de la côte, des reliefs
de l’arrière-pays et des types d’aménagements.
- Typologie des côtes françaises :
 Le littoral était encore considéré récemment comme « lisière » géologique terrestre
 La diversité du littoral était le prolongement de celle du relief. Parfois, le rôle de la mer, des vents
et des courants marins était reconnu comme déterminant.
 Trois types de côtes : côtes rocheuses, côtes à falaises, côtes basses.
Cette typologie s’est souvent révélée réductrice.
- La dynamique des côtes :
 L’importance du retrait de la ligne rivage du fait de l’érosion ou de la submersion d’espaces côtiers,
avec l’élévation du niveau de mer est soulignée dans toutes les études
 Les actions anthropiques jouent un rôle de la dynamique du littoral
- Une nouvelle politique du littoral :
 Lutter par de coûteux travaux ou vivre avec l’érosion ?
= Problème de sociétés

- En 1903, Paul Vidal de La Blache rappelait que « l’histoire d’un peuple est inespérable de la contrée
qu’il habite. Les rapports entre le sol et l’homme sont empreints en France, d’un caractère original
d’ancienneté, de continuité. L’homme a été, chez nous, le disciple longtemps fidèle à son sol. »
- Quatre-vingts ans plus tard, Roger Brunet semblait lui répondre : « La nature est à tout le monde et
n’a rien de spécialement géographique. Les données du milieu naturel entrent peu ou prou dans la
plupart des démarches du géographe ; parfois peu, parfois prou ; parfois pas du tout. »

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