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Editions Anonymes Rêve évolution N°4

Rêve évolution N°4

/Think about Revolution!/Think about evolution!/

Sommaire:

- L’utopie concrète sans peine / Changez de vie en sept leçons


- Comparaison entre la politique de croissance, le développement durable et la
politique de décroissance.
- Surface de terre nécessaire pour vivre selon différent régime (Carné, végétalien,
biointensif…)
- How to build communities
- Vivre localement, S.Latouche
- Les cerises sur le gâteau ou histoire chimique d'une tarte de supermarché
- Utopies plurielles / Principes fondamentaux / pour la contestation globale
- Petite histoire de jardinage
- Le petit prince et le ministre le plus important
- Idéosphère (ESRA)
- Comment devenir un bon dirigeant politique en 10 leçons
- Gestalt – Synchronicité (ESRA)
- De la violence passive
- L'aigle des basses-cours
- Recherche, des crédits pour quoi faire?
- Outil pratique pour tué l'amour codé.

Je suis diffusé à prix libre! …c'est quoi le prix libre? Demande, on t'explique… (ou voir n1)
Je suis un recueil de textes, de projets, d'appel, d'idées, d'infos, de contacts…. Sentez vous libre de me copier me recopier et diffuser mes textes
Ne me jeter pas donnez moi à quelqu'un d'autre posez moi quelque part ou au pire recyclez moi. Je suis imprimé sur papier recyclé!
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L’utopie concrète sans peine / Changez de vie en sept leçons

"Le but de ce manuel n’est pas de faire la révolution demain mais de vivre mieux aujourd’hui.Si vous pensez que vous vivez très bien à
l’heure actuelle, inutile d’aller plus loin. Il est recommandé de suivre scrupuleusement l’ordre des leçons. Ce manuel peut être utilisé
collectivement ou par une seule personne. Son efficacité est garantie dans tous les cas. Mais attention : il n’existe pas de remède
miracle pour être plus heureux. Il n’y a que VOUS qui puissiez (ré)inventer votre vie. Il est d’autre part conseillé d’acquérir,
d’emprunter ou de voler sans tarder L’An O1, le manuel d’utopie écrit et dessiné par Gébé : on y trouvera des exercices pratiques et
un ensemble de réflexions qui complètent utilement les sept leçons suivantes. Sylvain Marcelli.

LEÇON UNE D‘abord prendre ses distances. Se demander ce qu‘on est en train de faire et pourquoi.

● Exercice 1 Regardez le journal de 20 heures à la télévision qui raconte (par exemple) la rentrée politique de Jean-Pierre Raffarin.
Posez-vous, dans l‘ordre, les questions suivantes : - Qu‘est-ce qui me fait croire que ce monsieur Raffarin est important dans ma vie ?
- Qu‘est-ce qui me fait croire que sa rentrée politique va changer ma vie ? - Qui est monsieur Raffarin ? Que sais-je de lui ? Qu‘ai-je
envie de savoir à son propos ? - Pourquoi suis-je en train de regarder la télévision ? L‘exercice doit être reproduit autant de fois que
nécessaire. L‘objectif est de prendre conscience de l‘inutilité des informations présentées. Il est possible de remplacer le figurant par
un autre homme politique ou une star en vue et de s‘exercer sur d‘autres supports (une radio d‘information continue, un quotidien type
Le Monde ou les brèves du Canard Enchaîné).

● Exercice 2 Allez chercher quelqu‘un à la gare et appelez-le sur son téléphone portable pour le retrouver. Posez-vous, dans l‘ordre,
les questions suivantes : - Comment faisait-on jadis, lorsque le téléphone portable n‘existait pas ? - Plutôt que de regarder le téléphone
pour composer le numéro, pourquoi ne regarderais-je pas autour de moi ? - A quoi servent les téléphones portables ? L‘exercice doit
être reproduit autant de fois que nécessaire. Il est possible de remplacer le téléphone portable par un baladeur, une carte de crédit, du
bœuf aux hormones ou un de ces nouveaux billets en euro. Adaptez alors la situation à l‘usage présumé de l‘instrument utilisé.

LEÇON DEUX Une fois mis en doute l‘utilité prétendue des hommes publics et des médias d‘information, une fois mis à distance les
outils censés être absolument nécessaires à notre vie quotidienne, se gratter la tête, hausser un sourcil, puis l‘autre, tenter une moue
dubitative.

LEÇON TROIS La moue dubitative est un moyen comme un autre de se poser une question plus essentielle. Il est temps de vous
demander ce que vous faites à l‘endroit où vous êtes. N‘ayez pas peur de vous sentir, de devenir, étranger.

● Exercice 1 Cet exercice exige une certaine préparation. Si vous ne travaillez pas dans une entreprise, faites vous embaucher dans
une banque, une société d‘informatique ou un supermarché. Toutes les entreprises sont adaptées à cet exercice. Il suffit juste qu‘il y ait
des réunions régulières, un patron qui la dirige et des collègues. Si vous arrivez dans une entreprise où ces dispositions ne semblent
pas remplies, regardez de plus près. Il y a forcément des réunions, même si elles sont déguisées en week-end de détente ou en soirées
au restaurant. Vous avez au minimum un collègue, puisque vous avez forcément un patron. Si vous n‘avez ni patron ni collègue,
cherchez en vous : vous êtes sans doute votre propre patron. L‘exercice consiste à assister à une réunion avec ses collègues et son
patron. Peu importe le sujet. Grattez-vous la tête (discrètement), haussez les sourcils (discrètement), tentez une moue dubitative (se
référer à la leçon deux si nécessaire). Demandez vous ce que vous faites là et pourquoi le sujet de cette réunion vous semblait si
important en entrant. L‘exercice est réussi lorsque vous quittez la pièce en éclatant de rire. Peu importe le regard de vos collègues et
de votre patron. Si vous portez une cravate, vous pouvez la laisser sur la table de réunion, vous n‘en n‘aurez plus jamais besoin.

● Exercice 2 L‘exercice précédent peut être reproduit dans les situations suivantes : - Travaillez à la chaîne dans une usine, en tentant
de respecter les cadences affichées - Engagez une secrétaire pour décrocher le téléphone à votre place, comme le font tous les patrons,
mais contrôlez chacun de ses gestes - Commandez un livre ou un disque sur l‘internet, pour ne pas devoir aller dans une librairie ou
dans une bibliothèque Passez à la leçon quatre lorsque vous parvenez à inventer vous-même des situations et à en saisir l‘absurdité
intrinsèque. L‘exercice pouvant s‘avérer amusant, il est recommandé de ne pas dépasser sept situations pour ne pas perdre trop de
temps. Vous aurez bien d‘autres occasions de vous amuser, une fois que vous aurez changé de vie.

LEÇON QUATRE Cette leçon a les apparences d‘une révision générale. Nous attirons cependant l‘attention de notre lecteur : elle est
tout aussi indispensable que les autres leçons et nécessite autant d‘attention et d‘effort. Nous vous demandons de réfléchir à ce que
vous venez de comprendre et d‘essayer de dresser une liste aussi complète que possible des instruments que vous utilisiez
quotidiennement, pour l‘acquisition desquels vous vous êtes peut-être endettés, et qui ne vous paraissent plus aussi nécessaires
qu‘avant. Indiquez par quoi vous pourriez les remplacer, si besoin est.

● Exemple 1. Le téléphone portable peut être remplacé par un téléphone fixe. Le téléphone fixe peut être remplacé par une
conversation en direct. Etc.

● Exemple 2. Votre grosse voiture peut être remplacée par une voiture de ville. Votre voiture de ville peut être remplacée par un vélo
ou l‘usage des transports en commun. Etc. Soyez honnête avec vous-même. Placez en tête de liste ce dont vous pourriez vous passer
totalement (votre troisième télévision ou cette résidence secondaire qui vous oblige à partir toujours au même endroit) ; réfléchissez à
ce que vous pouvez vraiment remplacer ; n‘inscrivez pas ce qui vous semble réellement indispensable. Chacun aura une liste
différente ; la liste de chacun sera amenée à évoluer au fil du temps. Pour vivre plus, consommez moins. « Ne pas gaspiller sa vie à
acquérir ce dont on ne jouira pas » (Sénèque). Après quoi, lisez la presse de la semaine écoulée et demandez-vous ce qui gagnait
vraiment à être connu dans cette abondance d‘informations. Enfin, faites la liste des endroits que vous ne pouvez plus fréquenter sans
éclater de rire : bureaux, supermarchés, autoroutes etc.
LEÇON CINQ À ce stade de l‘apprentissage, un doute peut venir à l‘esprit de notre lecteur. Celui-ci se demande peut-être si l‘objet
de ces exercices est de supprimer tous les acquis du progrès technique et toutes les manifestations de la modernité. Autrement dit si le
pédagogue adhère à une idéologie passéiste. Le lecteur qui ne se sera pas posé cette question peut passer directement à la leçon six. Le
lecteur soucieux de ne pas verser dans une idéologie rétrograde est invité à se demander ce que signifient vraiment les mots « progrès
» et « modernité. » S‘il éclate immédiatement de rire, il peut passer directement à la leçon six. Sinon, l‘exercice suivant peut lui être
utile.

● Exercice Comparez la hache du Moyen-âge et la bombe H ; un tableau contemporain aux dessins des grottes de Lascaux ; Bernard-
Henri Lévy à Platon ; la Première Guerre mondiale à la bataille de Marignan (1515) etc. Demandez-vous si les termes « progrès » et «
modernité » sont adaptés à la bombe H et à Bernard-Henri Lévy ; si l‘art préhistorique est moins intéressant que l‘art contemporain ; si
la bataille de Marignan est le conflit le plus sauvage de l‘histoire de l‘humanité. Tentez d‘éliminer totalement les mots « progrès » et «
modernité » de votre conversation. Evitez pendant quelques jours d‘écouter les discours des hommes politiques (« nous faisons
avancer la société vers plus de progrès technologique, économique, militaire etc. ») et les publicités (« le produit le plus moderne »)
pour ne pas perturber votre réflexion.

LEÇON SIX Apprenez à vous sentir libre. N‘ayez pas peur de ne rien faire ou à réfléchir. N‘ayez pas peur d‘être seul à ne rien faire
ou de réfléchir.

● Exercice 1 Passez une journée à dormir, à faire l‘amour, à jouer, à réfléchir, à manger, etc. sans vous sentir pour autant coupable de
ne pas participer à l‘effort collectif de production. Exemple (dit « exemple du lit ») Projetez votre réveille-matin contre le mur pour
marquer le début de votre nouvelle vie. Caresser doucement l‘amour de sa vie (à défaut son oreiller ou soi-même) sans savoir s‘il est
l‘heure d‘écouter France Info, de prendre sa voiture pour aller travailler et répondre au téléphone, fixe ou portable, procure une
jouissance sans pareil. Rendormez-vous ensuite en souriant. Inventez vos propres exemples sur ce modèle : l‘essentiel est de faire
quelque chose d‘agréable ou de réellement utile en pensant à ce que vous auriez fait si vous aviez suivi le cours habituel de votre vie.

● Exercice 2 « Si l‘on pouvait se voir avec les yeux des autres, on disparaîtrait sur-le-champ » - Cioran. Choisissez une personne au
hasard dans la rue. Suivez la en essayant de comprendre où elle va et ce qu‘elle fait. Interrompez votre filature lorsque le fou rire
devient trop évident pour ne pas être entendu (ou vous fait mal au ventre à force d‘être retenu). Essayez de raconter à la personne que
vous avez suivie pourquoi vous avez l‘impression qu‘elle a gaspillé plusieurs heures de son temps de vie. Confrontez vos points de
vue. N. B. Si ce manuel devait connaître un important succès (ce que l‘éditeur et l‘auteur souhaitent de tout cœur), cet exercice risque
de devenir très rapidement difficile à réaliser, le stock de personnes vivant à rebours de la vie devant rapidement s‘amenuiser. Je vais
garder la veste, les nuits sont fraîches. L'An 01, Gébé.

LEÇON SEPT Demandez-vous maintenant ce que vous comptez faire de votre liberté nouvelle. Prenez votre temps. Inventez votre
utopie. Pas pour demain. Pour tout de suite. Vivez bien.

BIBLIOGRAPHIE Ces ouvrages sont destinés à vous aider dans votre recherche. Ils ne peuvent en aucun cas remplacer un travail
personnel. - L‘An O1, Gébé, L‘Association, 2000 (nouvelle édition). Indispensable pour faire le premier pas - qui est en fait un pas de
côté. - La Vie sur Terre, Réflexions sur le peu d‘avenir que contient le temps où nous sommes, Baudouin de Bodinat, Editions de
l‘Encyclopédie des nuisances, 1999. En deux tomes, une leçon de choses sur l‘insignifiance de l‘époque. - Eloge de la Fuite, Henri
Laborit, Folio, 1997 (1976). Que faire lorsqu‘on ne veut plus jouer le jeu ? La leçon de vie paradoxale d‘un homme qui croyait plus en
la fuite qu‘en la révolte. - Ecoute, petit homme !, Wilhelm Reich, Payot, 1973. « Tu n‘es ―libre‖ que dans un sens bien déterminé :
libre de toute préparation à la maîtrise de ta propre vie, libre de toute auto-critique ».

LIENS INTERNET - Ne soyez pas seulement une image dans un fichier : un texte d‘Ed Sanders publié par L‘Interdit, à lire sur le site. -
Le monde ne s‘en sortira pas par le « développement durable » : un site milite pour la « décroissance soutenable ». « Il est difficile
pour les Occidentaux d'envisager un autre mode de vie. Mais, nous ne devons pas oublier que le problème ne se pose pas dans ces
termes pour l'immense majorité des habitants du globe. 80 % des humains vivent sans automobile, sans réfrigérateur ou encore sans
téléphone. 94 % des humains n'ont jamais pris l'avion. » Une analyse de Bruno Clémentin et Vincent Cheynet à lire sur
http://www.decroissance.org ".
Source : www.interdits.net publié en septembre 2002

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"La règle d‘or de la conduite est la tolérance mutuelle, car nous ne penserons jamais tous de la même façon, nous ne verrons qu‘une
partie de la vérité et sous des angles différents."Gandhi.

"Je persiste à penser que si l'on continue à se calquer sur un modèle social entièrement conditionné par l'argent et le pouvoir, tenant
aussi peu compte des vraies valeurs de l‘amour, les générations futures pourraient bien se retrouver en butte aux pires difficultés.
Alors, malgré la difficulté que représente un changement intérieur, le jeu en vaut la chandelle. J‘en ai la ferme conviction : il faut
tenter l‘impossible. Que l‘on réussisse ou non est une autre question (..) Au moins aurons nous tenté de bâtir un monde meilleur, fondé
sur l‘amour authentique et non sur le profit personnel". Le Dalaï Lama.

"Si tu ne trouve pas d'ami sage, prêt à cheminer avec toi, résolu,constant, marche seul."
Bouddha

"Tas de cons, ça existe encore les oiseaux!"


Comparaison entre la politique de croissance, le développement durable et la politique de décroissance.
Tableau paru dans le journal "No Pasaran" d'octobre 2004

Politiques de croissance Politiques de développement durable Politiques de décroissance


Subventionner des pots catalytiques, recycler Favoriser les transports en commun. Et les
Consommer des voitures pour donner du
un peu les déchets de la production plans de partage des véhicules (covoiturage,
travail à l'industrie automobile
automobiles (15 tonnes par voiture) copropriété des voitures)
Construire des routes pour donner du travail Favoriser le ferroutage (pour pouvoir Favoriser la production et la consommation
aux entreprises de travaux publics continuer d'augmenter le trafic) locale. Taxer lourdement les transports
Les gens sont joyeux et s'en foutent d'avoir
Les gens ont une conscience écologique
Les gens ont le moral donc ils consomment des voitures ou quoi que ce soit pourvu qu'on
donc ils consomment vert
soit ensemble et qu'on rigole
Donner une prime aux chômeurs pour Faire travailler les RMIste à ramasser les Donner de la terre/un logement à tout le
relancer la consommation des ménages poubelles et les crottes de chien monde pour gagner plus d'autonomie
Fabriquer uniquement des objets utiles,
Fabriquer des objets fragiles et irréparables Fabriquer des gadgets "nature", faire du
solides et réparables pour qu'ils servent
pour qu'on revienne vite en acheter business avec du bio
longtemps
Etre malade pour donner du travail à
Etre malade pour donner du travail à Adopter une hygiène de vie en accord avec
l'industrie pharmaceutique, en plus
l'industrie pharmaceutique ses idées. Se débarrasser des trucs toxiques
consommer des médecines douces
Juger les marchands de canons dans des
Faire la guerre pour faire tourner l'industrie Faire la guerre pour faire tourner l'industrie
tribunaux de guerre, démanteler les usines
de l'armement de l'armement
nocives
Polluer pour donner du travail aux Eliminer la pollution à la source, fermer
Polluer et s'en foutre
dépollueurs l'usine s'il le faut

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Surface de terre nécessaire pour vivre selon différent régime (Carné, végétalien, biointensif…)

Voici un résumé des tableaux graphiques présentés par le conférencier. La surface indiquée est la surface de terre cultivée par année
et par personne, en fonction des régimes alimentaires. John Jeavons précise que, déjà, de nombreux pays du Tiers-monde ne peuvent
irriguer que 450 m2 par année et par personne.

Agriculture mécanisée, biologique ou chimique aux Etats-Unis.


Régime très carné : 9350 m2 par année et par personne.
Régime moyen : 4700 m2 par année et par personne.
Régime végétalien : 1100 m2 par année et par personne.

Agriculture des pays du Tiers-Monde.


Régime moyen en 1988 : 2420 m2 par année et par personne.
Régime moyen en projection de l‘an 2000 : 1760 m2 par année et par personne.
Régime moyen en projection de l‘an 2014 : 990 m2 par année et par personne.

Agriculture biointensive.
Avec des rendements moyens et un régime végétalien : 440 m2 par année et par personne.
Conférence de John Jeavons donnée durant le Rassemblement annuel du Seed Savers Exchange. USA. Eté 1998.
Ecology Action / 5798 Ridgewood Road / Willits, CA 95490. USA / Phone: (707) 459-0150 / e-mail: bountiful@sonic.net
Web site: http://www.growbiointensive.org

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Mais mon jeune ami, le capitalisme ne fonctionnera jamais, c'est une utopie, il faudrait que des milliards de gens
soient assez cons pour se laisser exploiter par une poignée de connards ; arrêtons de délirer s'il vous plait!
(Anonyme)
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How to build communities

TURN OFF YOUR TV - LEAVE YOUR HOUSE - KNOW YOUR NEIGHBORS - LOOK UP WHEN YOU ARE WALKING - GREET PEOPLE - SIT ON YOUR
STOOP - PLANT FLOWERS - USE YOUR LIBRARY - PLAY TOGETHER - BUY FROM LOCAL MERCHANTS - SHARE WHAT YOU HAVE - HELP A LOST
DOG - TAKE CHILDREN TO THE PARK - GARDEN TOGETHER - SUPPORT NEIGHBORHOOD SCHOOLS - FIX IT EVEN IF YOU DIDN'T BREAK IT -
HAVE POT LUCKS - HONOR ELDERS - PICK UP LITTER - READ STORIES ALOUD - DANCE IN THE STREET - TALK TO THE MAIL CARRIER - LISTEN
TO THE BIRDS - PUT UP A SWING - HELP CARRY SOMETHING HEAVY - BARTER FOR YOUR GOODS - START A TRADITION - ASK A QUESTION -
HIRE YOUNG PEOPLE FOR ODD JOBS - ORGANIZE A BLOCK PARTY - BAKE EXTRA AND SHARE - ASK FOR HELP WHEN YOU NEED IT - OPEN
YOUR SHADES - SING TOGETHER - SHARE YOUR SKILLS - TAKE BACK THE NIGHT - TURN UP THE MUSIC - TURN DOWN THE MUSIC - LISTEN
BEFORE YOU REACT TO ANGER - MEDIATE A CONFLICT - SEEK TO UNDERSTAND - LEARN FROM NEW AND UNCOMFORTABLE ANGLES -
KNOW THAT NO ONE IS SILENT THOUGH MANY ARE NOT HEARD WORK TO CHANGE THIS
Vivre localement, par Serge Latouche

Note de NOVOpress Suisse : Ces dernières années, les milieux identitaires ont commencé
à faire leur révolution culturelle et à s’attaquer à quelques-unes de leurs plus graves
lacunes. Confiné dans des catacombes, chroniquement nostalgique des grandes
occasions manquées, notre combat était trop souvent sectaire, sans réflexion sociale
clairement articulée. Une nouvelle génération d’activistes commence maintenant à faire
sa place au soleil, consciente du potentiel de l’action associative et de l’importance de
certaines questions socioéconomiques.
Nous ne pouvons plus nous permettre, contrairement aux alterimmondes, de rêver à un
autre monde possible sans savoir à quoi il pourrait ressembler concrètement. Il nous faut
réfléchir à la direction que devrait prendre notre civilisation après sa Renaissance, aux
moyens de réorganiser les relations entre l’individu et son groupe, entre ce groupe et son
environnement naturel. Nous avons eu le temps de comprendre que le monde vu comme
une marchandise n’était pas celui que nous voulons pour nos gosses ; nous avons aussi
pu constater l’ampleur des dégâts causés par l’alternative socialiste. Pour reprendre un
slogan éculé, il nous reste donc à développer une Troisième Voie, en rupture avec toutes
les mondialisations que nous vendent les frères siamois qui se pavanent à Davos,
Bamako ou Porto Allegre.
Une telle rupture ne peut obéir à aucune logique doctrinaire. Elle doit être pragmatique,
adaptée aux moyens dont nous disposons, et en accord avec les grands principes que
nous dictent nos instincts. Voilà pourquoi il est possible d’affirmer que tous les chemins
mènent à la Reconquête : comprenez par là qu’il n’existe pas qu’une recette pour
atteindre les buts que nous nous fixons, et que tout ce qui peut contribuer à redonner à
nos nations le goût et la force de revivre, peut et doit être mis à contribution. Si l’Europe
doit choisir entre survivre et disparaître, les guignolades partisanes et les luttes
d’influence n’ont plus lieu d’être.
Dans cet esprit, nous reproduisons ici un article fondamental, extrait de La
Décroissance, la revue de Casseurs de Pub. La dissidence enracinée n’y compte sans
doute pas que des amis. Disons-le franchement : nous n’en avons pas grand-chose à
foutre. Les idées développées dans cet article concordent en tout point avec l’idée que
nous nous faisons d’une société européenne digne de ce nom, et qui mérite qu’on y ait un
autre destin que celui de kamikaze ou de suicidé à petit feu. L’autonomie des régions ?
L’application locale de l’autogestion ? La possibilité de vivre au pays, en maintenant les
traditions vivantes et avec d’autres règles d’échanges que celles dictées par le Marché ?
Oui, mille fois oui !
Nous proposons donc aux novolecteurs un document synthétique, simple et direct, sur la
manière de reprendre au libéralisme le contrôle de nos vies, de recoloniser l’espace
social et de refaire un jardin du dépotoir toujours plus puant et désespérant qu’est devenu notre coin de continent.

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VIVRE LOCALEMENT, par Serge Latouche. La Décroissance, n°28, septembre 2005, page 7.

Sortir de la globalisation et relocaliser l’économie sont le moyen le plus important pour entrer en décroissance. Il ne s’agit pas de faire du «
développement local », mais de réorienter notre vie sur un territoire autonome, autogérer et réenchanté.
Il y a d‘abord ceux qui veulent « vivre et travaille au pays » et puis plus simplement tous ceux qui voudraient éviter de voir leur entreprise se
délocaliser dans le Sud-Est asiatique ou leur emploi supprimé pour cause de privatisation des services publics. En Europe, mais aussi aux Etats-Unis,
au Canada, en Australie, on assiste à une prolifération de néo-agriculteurs, néoruraux, néo-artisans. On y voit fleurir une myriade d‘associations à but
non exclusivement lucratif : entreprises coopératives en autogestion, communautés agricoles, Amap (associatoin pour le maintien d‘une agriculture
paysanne), Sel (système d‘échange local), crèches parentales, boutiques de gestion, banques éthiques ou mutuelles de crédit -risque, associations de
consommateurs, entreprises d‘insertion, etc.
Si le « local » émerge aujourd‘hui, il est malheureusement accolé le plus souvent au concept de « développement ». Il n‘est souvent qu‘un cache-sexe
d‘un processus de désertification et de dégradation d‘un territoire. Aujourd‘hui, nous sommes en face de territoires sans pouvoir à la merci de
pouvoirs sans territoire. Cela est particulièrement vrai quand l‘économie locale est dépendante de l‘implantation d‘un établissement rattaché à une
grande firme. Si les initiatives locales alternatives se lient au développement économique du marché mondial par le biais de subsides de l‘Etat ou de
Bruxelles, elles sont condamnées à disparaître tôt ou tard ou à se fondre dans le système dominant. Elles perdent alors littéralement leur âme et
finissent par être « instrumentalisées » par les pouvoirs publics, les entreprises, leurs permanents ou même leurs bénévoles.
Accolé à développement, le « local » est tout juste, en effet, comme le social et le durable, ce qui permet au développement de survivre à sa propre
mort. Le concept de « développement local » n‘échappe pas plus que celui de « développement durable » à la colonisation de l‘imaginaire par
l‘économique. Tout « développement » détruit et détruira le local en concentrant toujours plus les pouvoirs industriels et financiers.

Bon sens
Le local ne peut prendre tout son sens, celui d‘une véritable renaissance, que dans le cadre d‘un « après-développement » et dans la construction
d‘une société de décroissance. Les alternatives concrètes pour sortir de l‘impasse du développement se feront d‘abord localement. Il est nécessaire de
revitaliser les lieux de vie, au Nord comme au Sud, parce que, même dans une planète virtuelle, jusqu‘à preuve du contraire, on vit localement…
Mais surtout, cela est nécessaire pour sortir de l‘économie et pour lutter contre la mondialisation. L‘enjeu consiste à éviter le « glocal », c‘est-à-dire
la récupération technocratique du local dans la mondialisation. Cette stratégie sert d‘alibi à la poursuite de la désertification du tissu social, elle n‘est
qu‘un sparadrap collé sur une plaie béante, autrement dit, un discours d‘illusion et de diversion.
Relocaliser signifie bien sûr produire localement pour l‘essentiel des produits servant à la satisfaction des besoins de la population à partir
d‘entreprises locales financées par l‘épargne collectée localement. Face à la boulimie d‘un modèle urbain devenu dévoreur d‘espace, il importe de
travailler à une « renaissance des lieux » et à une reterritorialisation. Toute production pouvant se faire à l‘échelle locale pour les besoins locaux
devrait être réalisée localement. Un tel principe repose sur le bon sens et non sur la rationalité économique. Si les idées doivent ignorer les frontières,
les mouvements de marchandises et de capitaux doivent être réduits à l‘indispensable.
Spirale vertueuse
La relocalisation dans l‘optique d‘une renaissance, comprend certainement un mouvement « réenclavement ». Dans la mesure du possible, il est
même souhaitable d‘en revenir à l‘autoproduction. Rien qu‘en fabriquant son petit yogourt soi-même , on engendre une spirale vertueuse de
décroissance : sont supprimés les emballages plastique et cartons, les agents conservateurs, le transport (donc l‘économie de pétrole, de CO2 et de
déchets). L‘autoproduction fait également diminuer le PIB, les impôts (TVA, taxes sur les carburants), ce qui a toutes sortes d‘effets récessifs en
cascade sur les institutions comme sur la demande (moins de plastique, donc moins de pétrole, donc mois de taxes, effets positifs sur la santé, donc
moins de médicaments, de médecins, moins de transports routiers, donc moins d‘accidents, donc moins de médecine, etc.) La même analyse est
valable pour l‘abandon de l‘eau en bouteilles plastiques venues d‘ailleurs et le retour à l‘eau du robinet provenant d‘une nappe phréatique de
proximité assainie.
Cette spirale vertueuse de décroissance peut être renforcée par la réappropriation de la monnaie à travers l‘usage de monnaies locales, par exemple .
Pour éviter la disparition des activités de proximité et favoriser la renaissance des échanges non mercantiles, il faut impulser une réalisation plus
complète. C‘est l‘essentiel de la vie tout court qui doit être reterritorialisé.
Politique locale
La croyance que mon lieu de résidence est le centre du monde est essentielle pour donner du sens à mon quotidien. Pour cela, il faut avant tout
relocaliser le politique et, par exemple, inventer ou réinventer une démocratie de proximité. Selon Magnaghi, « la nouvelle organisation politique
pourrait être, par exemple, une confédération de groupes autonomes (aux niveaux régional, continental et mondial) oeuvrant à la mutation
démocratique de leurs communautés respectives. » Cette utopie démocratique locale rejoint les idées de la plupart des penseurs d‘une démocratie
écologique comme le libertaire Murray Brookchin. Pour ce dernier, « une société écologique » doit vivre sans Etat et être « constituée d‘une
municipalité de petites municipalités, chacune desquelles serait formée par une ‗commune de communes‘ plus petites. » Toutes ces entités seraient «
en parfaite harmonie avec leur écosystème. » Ainsi comprise, la politique ne serait plus une technique pour détenir le pouvoir et l‘exercer, mais
redeviendrait l‘autogestion de la société par ses membres. L‘agir local constitue même une voie de solution des impasses globales.
Utopie, dira-t-on. Certes. Pourtant, l‘utopie locale est plus réaliste que celle d‘une démocratie mondiale. Comme il est exclu de renverser
frontalement la domination du capital et des puissances économiques, il ne reste que la possibilité d‘entrer en dissidence. En fin de compte, la
stratégie de la renaissance locale dissidente ne consiste pas à construire et préserver une oasis dans le désert du marché mondial. Il s‘agit de
multiplier les expériences de reterritorialisation pour faire reculer le désert, ou le féconder.

Pour en savoir plus :

- Serge Latouche, « Pour une renaissance du local », L‘Ecologiste n° 15, avril 2004
- Yvonne et Michel Lefèvre, Les patrimoines du futur, les sociétés en prise avec la mondialisation, L‘Harmattan, 1995.
(Source : 29.01.06 http://alsace.novopress.info/ )

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"Les Cerises sur le gâteau !" ou Histoire chimique d'une tarte aux cerises de supermarché

La Farine : Les grains de blé ont été enrobés d'un fongicide avant semis. Pendant sa culture, le blé a reçu de deux à six traitements de pesticides
selon les années, un traitement aux hormones pour raccourcir les tiges afin d'éviter la verse et une dose importante d'engrais : 240kg d'azote, 100kg
de phosphore et 100kg de potassium à l'hectare. Dans le silo, après récolte, les grains sont fumigés au tétrachlorure de carbone et au bisulfite de
carbone puis arrosés au chlopyriphosméthyl. Pour la mouture, ma farine reçoit du chlorure de notrosytel. Puis de l'acide ascorbique, de la farine de
fève, du gluten et de l'amylase.

La Poudre Levante : Elle est traitée au silicate de calcium et l'amidon est blanchi au permanganate de potassium.

Les Corps Gras :Ils reçoivent un antioxydant comme l'hydroxytoluène de butyle et un émulsifiant type lécithine.

Les œufs proviennent d'un élevage industriel où les poules sont nourries aux granulés contenant des antioxydants (E300 à E311), des arômes, des
émulsifiants comme alginate de calcium, des conservateurs comme l'acide formique, des colorants comme la capsanthéine, des agents liants comme
le lignosulfateet enfin des appétants pour qu'elles puissent avaler tout ça comme l'acide cholique et une enzyme pour retirer le sucre du blanc.

Le lait : Il provient d'un élevage industriel où les vaches reçoivent une alimentation riche en produits chimiques : des antibiotiques comme le
flavophospholipol (E212) ou le monensin-sodium (E714), des antioxydants comme l'ascorbate de sodium (E301), l'alpha-tocophérol de synthèse
(E307), le buthyl-hydrox-toluène (E321) ou l'éthoxyquine (E324), des émulsifiants comme l'alginate de propylène-glycol (E405) ou le polyèthylène
glycol (E496), des conservateurs comme l'acide acétique, l'acide tartrique (E334), l'acide propionique (E280) et ses dérivés (E281 à 284), des
composés azotés chimiques comme l'urée E801), ou le diurédo-isobutane(E803), des agents liants comme le stéarate de soduim, des colorants comme
le E131 ou 142 et enfin des appétants pour que les vaches puissent manger tout cela comme le glutamate de sodium.

Les huiles : Elles ont été extraites par des solvants comme l'acétone puis raffinés par l'action de l'acide sulfurique, puis lavage à chaud, neutralisées à
la lessive de soude, décolorées au bioxyde de chlore ou au bicarbonate de potassium et désodorisées à 160°C avec du chlorure de zinc. Enfin, elles
ont été recolorées à la curcumine.

La crème :Une fois obtenue, elle reçoit des arômes et des stabilisants comme l'acide alganique (E400)

Histoire des cerises : Les cerisiers, ont reçu pendant la saison entre 10 et 40 traitements de pesticides selon les années. Les cerises sont décolorées à
l'anhydride sulfureux et recolorées de façon uniforme à l'acide carminique ou à l'érythrosine. Elles sont plongées dans la saumure contenant du
sulfate d'aluminium et à la sortie elles reçoivent un conservateur comme le sorbate de potassium (E202). Elles sont enfin enduites d'un sucre qui
provient de betteraves qui, comme le blé, ont reçu leur dose d'engrais et de pesticides. Le sucre extrait par décantation à la chaux et à l'anhydride
sulfureux puis décoloré au sulfoxylate de sodium, puis raffiné au norite et à l'alcool isopropylique. Il est enfin azuré au bleu anthraquinonique.

Bon Appétit ! Maintenant vous êtes informé, vous savez dans quoi vous marchez !

(Un article de l'ingénieur Agronome Claude Bourguignon trouvé sur www.opain.com)


Utopies plurielles
mardi 8 octobre 2002, par Jacques Fauvier

Dans quel monde voulons-nous vivre ? Quelle est cette société désirable dont nous parlons, résultat de la mise en oeuvre effective de ces
utopies concrètes ?

S‘il est un exercice risqué, c‘est bien celui-là : on sait que les descriptions de « sociétés idéales » font en général plutôt froid dans le dos ! Et les passages de
films montrant le bonheur sont le plus souvent d‘une consternante niaiserie.
Pourtant, que vaut une action dont l‘objectif n‘est pas clairement défini ? Il est troublant d‘observer que dans notre société, y compris dans les milieux
alternatifs, la description détaillée du type que l‘on désire, est quasiment toujours absente. Il est donc indispensable de se livrer à cette aventure prospective,
tout compte fait fascinante.
Mais il faut indiquer immédiatement que si nous sommes partisans d‘une utopie non totalitaire, ce n‘est pas pour imposer un modèle unique de société ! Les
idées qui suivent sont donc à prendre comme des indications, destinées essentiellement à susciter créativité et désir d‘innover. De surcroît les systèmes
proposés seront pluriels parce que la mutation sociétale sera graduelle, et que coexisteront des lieux et regroupements de multiples orientations. Il sera loisible
à chacun d‘interpréter cette diversité comme une progressivité ou comme différentes voies d‘expérimentation.
Habitat
Petites entités humaines (quelques dizaines ou centaines d‘habitats) dans un environnement naturel. Autre solution : cité écologique plus importante sur un
vaste espace.
Habitat relativement dispersé (espace naturel entre les constructions) avec une habitation par personne ou par groupe relationnel. Egalement solution mixte
avec structures individuelles et structures collectives reliées ou à proximité.
Formes variables avec une tendance vers les structures courbes ou circulaires, (de taille basse). Prédominance de la simplicité (et de la fonctionnalité).
Matériaux écologiques, c‘est-à-dire naturels et non polluants. Prédominance du bois, de la terre crue, paille, chanvre, chaux et solutions mixtes. Le cas
échéant et pour partie brique et pierre. Autre solution : matériaux de récupération (si possible écologiques).
Énergies solaire renouvelables permettant une autonomie énergétique totale : actif (capteurs solaires pour chauffage, eau chaude, électricité) et passif
(baies vitrées et vérandas orientées au sud, murs « trombe », air : éoliennes pour électricité etc. récupérateurs de chaleur…) bois : chauffage par poêles,
inserts, qui peuvent être extrêmement Autres sources d‘énergies : biomasse (chauffage), eau performants. etc.
Systèmes lagunage, avec des plantes adaptées pour retraitement de recyclage : Toilettes sèches à composter : (seule) solution des eaux usées. écologique
pour le retraitement des déchets humains et animaux, fournissant pour le compostage une énergie précieuse pour Récupération des eaux de pluie sur les toits
des l‘agriculture. Bâtiments.
Autre solution : réhabilitation progressive des villages ou villes existants, aménagées dans un sens de plus en plus écologique, en particulier pour les
systèmes d‘énergie, de transport et de recyclage.
Ces différentes suggestions peuvent trouver leur première réalisation au sein d'ecovillages ou une écocité.
Fonctionnement économique.
Au stade ultime : absence de propriété (hormis pour les effets personnels), tâches collectives et individuelles effectuées librement par chacun selon ses
goûts et orientations. Partage et responsabilisation. Polyvalence des individus grâce à la formation permanente et mutuelle, tant intellectuelle, que manuelle et
technique.
Solution intermédiaire : systèmes mixtes. Monnaie classique (notamment pour les échanges extérieurs, entre les ecovillages et les autres entités) et
monnaies alternatives, systèmes d‘échanges locaux, pour les relations internes ou locales (à quelle échelle ?), coexistence de systèmes comptables (monnaies
et échanges) et d‘une économie directe et informelle (partage spontané, mise en commun).
Utilisation des apports technologiques sous réserve qu‘ils soient non polluants (sur les plans chimiques, sonore, magnétique etc.). Eco technologies,
efficaces et adaptées, dans les différents secteurs de l‘activité humaine. Exemple : véhicules non polluants (diverses énergies possibles, notamment l‘eau...).
Agriculture et alimentation biologiques. Tendance vers la permaculture (agriculture respectueuse des cycles, équilibres et compatibilités des écosystèmes).
Tendance à réduire voire supprimer l‘exploitation animale (végétarisme ou végétalisme). Coopération voire communication avec les êtres des autres règnes
(animal, végétal), considérés non comme des choses, mais comme des êtres dotés d‘une sensibilité.
Production des biens nécessaires à la vie humaine par des moyens non polluants et non aliénants, de préférence locaux. Artisanat ou industrie écologie et
éthique, gérée collectivement (autogestion).
Disparition progressive de la dualité travail/loisir, chacun s‘accomplissant dans les activités qu‘il choisit, obtenant ainsi plaisir, estime de soi et expérience,
et apportant sa contribution au fonctionnement collectif.
Bien sûr, il reste à faire la description indicative d‘une région ou d‘un pays dans son fonctionnement économique, ses échanges, la production par éco
technologies, les transports, les sciences ; notamment, l‘organisation d‘une journée de travail avec la répartition des tâches…
Structures sociales et relationnelles.
Relations librement établies et vécues par les individus. Cohabitation de structures traditionnelles (couples hétéros ou homos, familles) et de relations
fluides, sans formalisation ni contractualisation (amour libre, familles choisies…).
Education non oppressive, fondée sur le dialogue et l‘écoute de l‘enfant, favorisant autonomie et créativité. Ecoles alternatives de diverses tendances.
Enfants en contact avec plusieurs femmes et hommes de différentes générations, cultures, opinions, et non avec les seuls parents, afin d‘éviter l‘effet
névrogène de la famille nucléaire. Absence d‘autorité supérieure toute-puissante (patriarcale ou matriarcale). Communication et respect du libre vouloir de
chacun.
Démocratie directe. Tendance à l‘unanimité à la fois pour les décisions prises au plan local et pour les décisions engageant plusieurs collectivités au plan
régional. Il est entendu que l'unanimité est un processus obéissant à des règles de fonctionnement précises, expérimenté depuis longtemps par certains
groupes. Délégation fondée sur la valeur personnelle et non (obligatoirement) l‘appartenance à un parti ou à un mouvement. Présidences et responsabilités
tournantes et non hégémoniques, ayant pour fonction essentielle l‘écoute et la conciliation.
Système intermédiaire mixte : respect du droit national ou supranational en vigueur, et mise en place de règles ou décisions locales. Cela permettant de
créer des « zones spécifiques », où seraient expérimentées différentes façons de vivre.
Structures collectives variées : échange et mise en commun de biens (outils, matériels ménager, bureautiques, livres, locaux…) et de services ou activités
(travaux agricoles, puériculture, construction, fêtes, développement personnel et éducation, arts…).
Accomplissement personnel, culturel et spirituel (des individus).
Fondement des données précédemment énoncées. Le fonctionnement social décrit donne les moyens à chacun de se réaliser dans les domaines et de la
manière qui lui conviennent. Inversement l‘accomplissement personnel rend le contexte collectif plus aisé, fluide et harmonieux.
Priorité mise à l‘accomplissement personnel de chaque membre de la collectivité. Ceci signifie déterminer et accomplir librement ses choix de vie,
découvrir ses valeurs et sa philosophie personnelles, développer à son rythme sa sagesse et sa conscience. (Différence avec la société actuelle où la priorité est
l‘accumulation de richesses, et les sociétés du passé où la priorité est la soumission à des systèmes de dogmes et à des prescriptions rituelles).
Les moyens mis en œuvre pour l‘accomplissement personnel de chacun, pourront recourir à l‘ensemble de la palette des méthodes connues (ou à créer)
d‘exploration intérieure et de connaissance de soi : techniques psychothérapeutiques et de développement personnel, enseignements pratiques spirituelles
d‘éveil et de libération, activités artistiques, sensorielles et philosophiques multiples, développement de l‘intuition et des facultés corporelles, et bien sûr,
la sensualité, les différentes parapsychologiques, formes de sexualités, les relations interpersonnelles…
Toutes ces disciplines et approches peuvent être d‘ores et déjà abordées au sein de la société actuelle. La différence réside dans le primat de
l‘accomplissement personnel au lieu du primat donné à l‘enrichissement et à la fonction sociale.
(http://www.passerelleco.info/utopiesconcretes)
Principes fondamentaux
jeudi 22 novembre 2001, par Yann Thibaud

Les Utopies concrètes peuvent être regroupées autour de cinq principes organisateurs qui expriment la logique sous-jacente et la cohérence de leur
dynamique.

1 – Principe d’autonomie : C‘est l‘idée selon laquelle toute personne a le droit de vivre selon ses aspirations propres, de déterminer librement ses choix et
expériences ; au fond c‘est le droit à la réalisation et à l‘accomplissement personnels. Il s‘oppose au syndrome de soumission à des autorités dominatrices et
aliénantes, qu'elles soient de nature politique, religieuse, économique ou autre.
Exemples : lycées autogérés, familles choisies, voyageurs libertaires, auto-construction, exploration intérieure, projet de vie
2 – Principe de respect : Il exprime le droit pour tout être de vivre sans avoir à subir d‘agression de quelque nature que ce soit (physique, chimique, sonore,
etc.). Il est intéressant de noter que ce principe s‘applique non seulement aux êtres humains, mais également aux animaux, végétaux, ainsi qu‘à la planète elle-
même, tous êtres dignes de respect. Il s‘oppose au syndrome de violence, prétendument légitimée par les institutions établies et les intégrismes, dans
l‘exercice de leur hégémonie et de leurs privilèges.
Exemples : lutte contre l‘exploitation et la torture animales, agriculture biologique, défense des droits des peuples minoritaires, médecines douces,
technologies non-polluantes (notamment en ce qui concerne les véhicules), investissements éthiques, (médiations non-violentes…).
3 – Principe de bienveillance : Il affirme pour tous le droit au bien-être, découlant de l‘idée que nous sommes sur Terre non pour souffrir mais pour être
heureux. Il s‘oppose au syndrome du renoncement et aux concepts de souffrance rédemptrice et de travail obligatoire, véhiculés à la fois par les idéologies
judéo-chrétienne et laïque. Exemples : revenu universel d‘existence (fin de la dualité travail/loisir), logement pour tous, alternatives à l‘incarcération,
méthodes éducatives sans contraintes ni compétition.
4 – Principe de communication : Il manifeste le droit à l‘expression pour tous, selon l‘idée que chacun mérite d‘être écouté, et que prendre en considération
toutes les opinions est la seule solution pour parvenir à un contrat social véritable. Il s‘oppose au syndrome d‘ostracisme selon lequel l‘autre (celui qui n‘est
pas de ma classe, mon clan, mon parti politique, ma religion ou ma famille…) est un ennemi, ainsi qu‘à l‘idée de représentation (de délégation) qui réserve
aux seules autorités (politiques, religieuses ou scientifiques) la possibilité de s‘exprimer et de décider.
Exemples : médiations non-violentes dans les banlieues, démocratie directe, conseils municipaux d‘enfants, démarches psychothérapeutiques (communication
intérieure), groupes de paroles, réseau des possibles…
5 – Principe de coopération : L'intérêt collectif suppose la mise en commun des moyens, des idées, des énergies et des talents de l'ensemble des membres de
la communauté concernée. Il implique la responsabilisation c'est-à-dire la reconnaissance de chacun comme un acteur responsable et utile du fonctionnement
social global. Il s‘oppose au syndrome d‘égocentrisme, résultant du dogme absurde du libéralisme économique selon lequel la recherche par chacun de son
intérêt égoïste, créerait une société d‘abondance pour tous. On connaît les désastreuses conséquences sociales et écologiques de ce primat systématique de
l‘avidité.
Exemples : systèmes d‘échanges locaux, commerce équitable, écovillages, permaculture, énergies renouvelables, systèmes de recyclages (coopération avec
l‘environnement). (http://www.passerelleco.info/utopiesconcretes)

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Pour la contestation globale
PAR E.J. DUITS
jeudi 22 novembre 2001,

Qui ose contester radicalement notre société, non seulement dans son fonctionnement et son économie, mais au niveau de ses croyances
essentielles, des buts qu’elle suggère, et du mode de vie auquel elle nous soumet ?

Or, si nous voulons changer de monde, il nous faut rompre avec les idéaux qui nous ont été inculqués dès l‘enfance, avec la façon de vivre et de consommer
que nous avons apprises, il faut modifier nos relations humaines, notre désir de pouvoir, notre attachement aux possessions, places et autres symboles de
puissance matérielle.
Voilà pourquoi nous vous invitons à remettre en cause d‘une part l‘économie, l‘argent, l‘entreprise, l‘école, l‘hôpital, les institutions visibles… mais aussi à
questionner d‘autres niveaux : par exemple l‘idéal du couple et de vie familiale close sur elle-même, la façon de manger, l‘habitat, le besoin de pouvoir et de
confort, l‘idéologie scientiste, les relations parents/enfants, les aliénations religieuses, politiques ou idéologiques, l‘image réductionniste que nous nous
formons de l‘être humain et de sa conscience.
Il s‘agit d‘ouvrir plusieurs chantiers de réflexion pour agir :
au niveau politique classique, trouver des réponses écologiques, alternatives, non-violentes, pour un développement durable, la démocratie directe, le retour
à une vie plus saine et plus simple, l‘autolimitation progressive de la consommation, la fin du travail, des rapports Nord-Sud sans exploitation…
au niveau de la vie intérieure, découvrir des voies pour se libérer des comportements destructeurs et conflictuels, des dépendances compulsives, et
apprendre l‘écoute mutuelle, la non possessivité, s‘ouvrir à une vision plus riche de la vie et explorer les possibilités de l‘esprit humain…
au niveau du mode de vie, réformer nos attitudes quotidiennes, notre façon de consommer, et remplacer les activités qui renforcent le système oppressif par
des modes de vie alternatifs…
Nous souhaitons recenser et diffuser les solutions proposées et mises en œuvre par différents acteurs de l‘utopie concrète.
Il nous faut éviter de limiter notre réflexion et notre action à un niveau partiel. Un changement strictement politique, économique ou psychologique ne suffit
pas à changer la vie ! C‘est en réunissant les différents points de vue, et les inventeurs tant au niveau des modes de vie que des façons de penser, que nous
avancerons…Il est temps que l‘utopie renaisse et renverse le sombre rêve d‘un monde consacré à la superficialité, à l‘entreprise, à la concurrence, au travail et
à la famille !
(http://www.passerelleco.info/utopiesconcretes)

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Petite histoire de jardinage

"Un vieil Arabe vit depuis plus de 40 ans à Chicago. Il aimerait bien planter des pommes de terre dans son jardin mais il est tout seul, vieux et trop
faible. Il envoie alors un E-mail a son fils qui étudie à Paris pour lui faire part de son problème. Cher Ahmed, je suis très triste car je ne peux pas
planter des pommes de terre dans mon jardin. Je suis sur que si tu étais ici avec moi tu aurais pu m'aider a retourner la terre. Je t'aime, ton Père."

Le lendemain, le vieil homme reçoit un E-mail: Cher Père, s'il te plait, ne touche surtout pas au jardin ! J'y ai cache la " chose ". Moi aussi je t'aime.
Ahmed " A 4 heures du matin arrivent chez le vieillard la US Army, les Marines, le FBI, la CIA et même une unité d'élite des Rangers. Ils fouillent
tout le jardin, millimètre par millimètre et repartent déçus car ils n'ont rien trouve.

Le lendemain, le vieil homme reçoit un nouveau E-mail de la part de son fils: " Cher Père, je suis certain que la terre de tout le jardin est desormais
retournée et que tu peux planter tes pommes de terre. Je ne pouvais pas faire mieux. Je t'aime, Ahmed "
Le Petit Prince et le Ministre Le Plus Important

— « Bonjour, dit le petit prince. »


— Bonjour, dit le ministre le plus important.
— Que fais-tu ? demanda le petit prince.
— Je construis un modèle social. Je brade les entreprises publiques ou les noie dans un conglomérat privé, je supprime les contrats à durée
indéterminée, j‘invente les contrats nouvelle embauche et première embauche et je réduis les impôts des riches pour qu‘ils emploient les pauvres
comme domestiques. Parce qu‘il y a beaucoup de chômage.
Et, sur l‘écran de l‘ordinateur du ministre, se dessina une courbe de croissance des dividendes.
— C‘est la courbe du chômage ? demanda le petit prince.
— Non. Enfin, oui, c‘est pareil. Le chômage et les profits, ça va ensemble.
— Pourquoi ? s‘obstina le petit prince qui ne renonçait jamais à une question. Les chômeurs perçoivent des dividendes ?
— Ah non, les dividendes sont pour les actionnaires qui peuvent acheter d‘autres actions qui leur servent à recevoir d‘autres dividendes, et ainsi de
suite. Ça s‘appelle l‘accumulation. Tu ne connais donc pas ça sur ta planète ? demanda le ministre, soudain l‘air intéressé.
— Sur l‘étoile où j‘habite, rien ne se vend, rien ne s‘achète. Chacun rend des services gratuitement.
Le ministre demanda un instant. Il téléphona et, peu après, un monsieur bien mis et une dame avec de la prestance les rejoign irent. S‘adressant à eux,
le ministre leur dit :
— Il existe une étoile non marchande. Pouvez-vous y apporter le progrès ?
— Oui, répondit le monsieur bien mis. Mais, auparavant, il faut écrire une directive libéralisant le commerce des services entre les planètes.
— Les habitants de mon étoile refuseront de renoncer à leurs services et de voir leur travail méprisé, objecta le petit prince.
— La vie, la santé, l‘amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? interrogea la dame, faussement ingénue.
Sentant les choses mal tourner, le ministre, patelin, dit au petit prince :
— Donnez-nous l‘adresse de votre étoile. Le capital ne fera qu‘une visite de reconnaissance, car lui seul a la liberté totale de circu ler.
— Sur mon étoile, l‘eau du puits est gratuite et elle coule sans l‘aide du capital, s‘entêta le petit prince.
Mais, dèjà, les autres étaient partis, emportant avec eux la position de l‘astre encore inviolé. Le petit prince, étonné que l‘on pût rêver d‘une étoile
pour autre chose que la lueur de son réverbère et la douceur de ses fleurs, reprit sa marche et rencontra le renard.
— Tous les hommes sont-ils comme le ministre important, le monsieur bien mis et la dame fière ? lui demanda le petit prince.
— Non, répondit le renard. Mais plus les marchands marchandisent, plus le lien social se distend et la solidarité se dissout dans l‘appât du gain. Un
modèle chasse l‘autre.
— Je ne comprends rien à votre histoire de modèles, rétorqua le petit prince, très en colère. Pour avoir autant de chômeurs et de précaires, souffrez-
vous de trop ou de pas assez de solidarité ?
— Modèle est un mot magique. Tu crois qu‘il désigne ce qui est bon pour tous, ce qui est un bien commun à préserver et même à étendre. En fait, il
désigne aussi n‘importe quelle organisation existante, même catastrophique pour les plus humbles.
— Votre modèle est encore plus compliqué que la fleur de mon étoile qui a des épines, murmura le petit prince.
— Tu n‘as pas vu le pire. Car il y a des experts du déclin qui expliquent que le modèle catastrophique est venu à cause d‘un trop bon modèle
antérieur et qu‘il y a du chômage parce que nous ne travaillons pas assez longtemps. Nous n‘avons plus de réverbères mais nous avons de puissants
projecteurs médiatiques aveuglants qui sont tournés vers les miettes laissées aux pauvres, laissant dans l‘ombre l‘opulence, le luxe et le gaspillage.
— Comment s‘appelle votre modèle ? demanda le petit prince, au comble de la perplexité.
— Capitalisme. Ça veut dire : modèle qui marchandise tout au nom de la mise en valeur.
— Valeur, c‘est comme modèle, vous m‘embrouillez avec vos mots à double sens. N‘y a-t-il donc personne pour s‘insurger contre cette
marchandisation des choses et des relations et contre cette perversion des mots ?
— Oh, si. Mais combattre le modèle capitaliste suppose de réunir plusieurs conditions : mettre fin à la propriété qui autorise tous les accaparements
dont celle des biens communs, placer ceux-ci hors marché, réconcilier progrès social et écologie et garantir que ces décisions soient prises
démocratiquement. On essaie d‘apprivoiser toutes ces choses ensemble pour en faire un réel anticapitalisme.
— « Qu‘est-ce que signifie apprivoiser ?
— Ça signifie créer des liens (.) On ne connaît que les choses que l‘on apprivoise, dit le renard. Les hommes n‘ont plus le temps de rien connaître. Ils
achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n‘existe point de marchands d‘amis, les hommes n‘ont plus d‘amis. »

samedi 1er avril 2006


Texte de JM Harribey, maître de conférences à l’université Bordeaux-IV, membre du conseil scientifique d’ATTAC.
Les passages entre guillemets sont de A. de Saint-Exupéry, Le Petit Prince.

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Idéosphère
Les idées sont comme des êtres vivants. Elles naissent, elles croissent, elles prolifèrent, elles sont confrontées à d'autres idées et elles finissent par mourir.
Et si les idées comme les animaux avaient leur propre évolution? Et si les idées se sélectionnaient entre elles pour éliminer les plus faibles et reproduire les
plus fortes comme dans la théorie d'évolution darwinienne?
Dans "Le Hasard et la Nécessité", en 1970, Jacques Monod émet l'hypothèse que les idées peuvent disposer d'une autonomie propre et, comme les êtres
organiques, souhaiter se reproduire et se multiplier. En 1976, dans "Le Gène égoïste", Richard Dawkins évoque le concept d'"Idéosphère". Cette idéosphère
serait au monde des idées ce que la biosphère est au monde des animaux.
Dawkins écrit ainsi: "Lorsque vous plantez une idée fertile dans mon esprit, vous parasitez littéralement mon cerveau, le transformant en véhicule pour la
propagation de cette idée". Et il cite à l'appui le concept de Dieu, une idée qui est née un beau jour et n'a plus cessé ensuite d'évoluer et de se propager, relayée
et amplifiée par la parole, l'écriture, puis la musique, puis l'art, les prêtres la reproduisant et l'interprétant de façon à l'adapter à l'espace et au temps dans
lesquels ils vivent.
Mais les idées, plus que les êtres vivants, mutent vite. Par exemple l'idée de communisme, issue de l'esprit de Karl Marx, s'est répandue dans un temps très
court dans l'espace jusqu'à toucher la moitié de la planète. Elle a évolué, a muté, puis s'est finalement réduite pour ne concerner que de moins en moins de
personnes à la manière d'une espèce animale en voie de disparition.
Mais simultanément, elle a contraint l'idée de "capitalisme à l'ancienne" à muter, elle aussi. Du combat des idées dans l'idéosphère surgit notre civilisation.
Actuellement les ordinateurs sont en passe de donner aux idées une accélération de mutation. Grâce à Internet, une idée peut se répandre plus vite dans
l'espace et le temps et être plus rapidement encore confrontée à ses rivales ou à ses prédatrices.
C'est excellent pour répandre les bonnes idées mais les mauvaises sont elles aussi propagées car la notion d'idée ne comporte pas de connotation"morale".
En biologie également d'ailleurs, l'évolution n'obéit pas à une morale. Voilà pourquoi il faut peut-être réfléchir à deux fois avant de répandre les idées qui
"traînent", car elles sont désormais plus puissantes que les hommes qui les inventent et que ceux qui les véhiculent.
Enfin, c'est juste une idée… (ESRA B.Werber)
Comment devenir un bon dirigeant politique en 10 leçons ? par P. Coutant
Comment devenir un bon dirigeant politique en dix leçons ?

La méthode Assimil-vite-la-politique nous permet de publier en exclusivité quelques extraits de sa méthode éprouvée pour devenir un dirigeant
politique puissant. Ceci donne des résultats efficaces pour un investissement raisonnable. Nous vous la conseillons donc.

1/ Etre un humain blanc "occidental" de sexe mâle est une condition favorable sous nos climats. L‘instruction et la culture peuvent être moyenne,
l‘habileté politique n‘est pas liée aux diplômes ni à la sagesse ou au fait d‘être cultivé. On peut commencer jeune, mais la moyenne la plus courante
est de 35 à 60 ans.

2/ Il est indispensable d‘avoir une structure organisationnelle stable où l‘importance numérique des troupes peut être une donnée importante. La
durée de l‘organisation est en soi un enjeu de taille.

3/ Il sait faire fonctionner et utiliser les mythes sur l‘origine ou l‘avenir, la puissance et la valorisation. Il remplace a isément le prêtre d‘antan comme
intercesseur face aux puissances spirituelles. La promesse est un horizon de sens primordial. C‘est un bon connaisseur de l‘âme humaine et tire profit
des passions tristes des humains qui préfèrent se soumettre en ayant un petit rôle plutôt que de prendre le risque de la liberté éphémère. Il sait que
l‘existentiel et l‘identitaire sont des points clés de l‘humanitude, alors il en joue à souhait.

4/ Il s‘entoure d‘un cercle amical où l‘affectif et la reconnaissance conforteront l‘engagement des personnes proches. L‘aspect "tribal" de l‘économie
familiale n‘a pas de secret pour lui, même s‘il affirme à dessein que la politique prime. Il s‘efface pour distribuer des valorisations symboliques aux
personnes dont il a besoin.

5/ Il profite des forces neuves des personnes qui débutent en politique en leur montrant l‘énorme besoin que l‘on a d‘elles. La justification doit bien
sûr avoir une haute valeur morale et viser au bien de l‘humanité pour compenser le sacrifice militant. Comme l‘usure humaine est parfois rapide, il
faut toujours de la chair fraîche. Les technocrates, eux, parlent maintenant de turn-over, mais le dirigeant politique sait qu‘il s‘agit de tout autre chose
: du merveilleux que procure l‘instance symbolique collective, car le monde politique est triste et froid s‘il est désenchanté.

6/ Il a toujours raison, si besoin il met "les principes" en avant, il ne reconnaît jamais qu‘il a tort. Au mieux c‘est une erreur d‘appréciation. En cas de
désaccord sur une initiative que il n‘a pas prise lui-même le dirigeant ne dit pas qu‘il est contre. Non il crée une ambiance défavorable ou critique en
sous-main et n‘encourage pas à y participer. A l‘inverse si il se sent en minorité il jouera de son "aura" personnelle en disant : "vous pensez ce que
vous voulez, personnellement je pense que ...". Cette tactique fonctionne à merveille. L‘instinct grégaire vient au secours de la soumission.

7/ Il fait des compromis quand c‘est inévitable, c‘est à dire quand il ne peut diriger seul, et s‘empresse de dénoncer la compromission chez les autres.
Mais il connaît la valeur du rapport de force avec ses pairs en politique, car la règle c‘est de se soumettre plutôt que de se démettre, comme chez les
grand singes. La "fin justifie les moyens" est une méthode éprouvée ; autre précepte de base bien connu : "les ennemis de mes ennemis sont mes
amis", il est ancien mais encore très efficace. En désespoir de cause il aura recours au sempiternel "diviser pour régner".

8/ Avec l‘âge vient le contrôle des instances, là il faut souvent verrouiller pour se maintenir en place et garder son pouvoir. On peut le faire de
multiples façons : la maîtrise des statuts, la dramatisation émotionnelle, le recours au danger externe pour rendre plus forte la cohésion interne,
l‘instrumentalisation des personnes proches donc dévouées, la mise en scène du pouvoir, etc... Evidemment le contrôle des finances et de
l‘information sera acquis discrètement. Comme de bien entendu on réclame la transparence pour les autres et on pratique l‘opacité pour soi. Le
meilleur moyen étant de se rendre indispensable et incontournable par sa présence active.

9 / L‘essentiel est de continuer, d‘occuper l‘espace, de marquer la situation, donc de faire parler de soi, on peut utiliser l‘humour et même aller
jusqu‘à se plaindre ou se faire plaindre pour son dévouement à la cause. Au besoin on se fait rassurant devant les inquiétudes des personnes que l‘on
instrumentalise. De ce point de vue le dirigeant politique est un bon cadre gestionnaire, il excelle dans les ressources humaines : la bonne personne à
la bonne place, la culture "maison", la valorisation de la réussite, l‘évacuation des difficultés sur une victime expiatoire ou un bouc émissaire, êtr e
celui qui "sait", la pratique de la convivialité bien comprise qui en fait un humain accessible malgré son pouvoir "supérieur".

10/ La haute idée de soi-même c‘est fondamental. Partager cela avec les autres ou leur donner un motif d‘exister, de se sentir libre et utile, de vibrer
pour un "idéal" donne la clé du pouvoir symbolique. Partager et transmettre l‘illusion sont de bonnes garanties pour que les autres se soumettent et
s‘en remettent à vous en politique. Face au vide du spectacle et de la marchandise proposer du sens c‘est un excellent moyen de réussir en politique.

Allez bonne chance les petits loups, ayez les dents longues, l‘époque est aux faux-semblants, n‘hésitez pas les humains sont méprisables et adorent la
soumission pourvu qu‘on les caresse ou qu‘il aient peur. Pour rire avant d‘en mourir !

Philippe Coutant, Nantes, en Juin 1996

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Gestalt - Synchronicité
Une expérience scientifique réalisée simultanément en 1901 dans plusieurs pays démontra que par rapport à une série de tests d'intelligence donnés,
les souris méritaient une note de 6 sur 20.
Reprise en 1965 dans les mêmes pays et avec exactement les mêmes tests, l'expérience accorda aux souris une moyenne de 8 sur 20.
Les zones géographiques n'avaient rien à voir avec ce phénomène. Les souris européennes n'étaient ni plus ni moins intelligentes que les souris
américaines, africaines, australiennes ou asiatiques. Sur tous les continents, toutes les souris de 1965 avaient obtenu une meilleure note que leurs
aïeules de 1901. Sur toute la Terre, elles avaient progressé. C'était comme s'il existait une "intelligence souris planétaire" qui se serait améliorée au fil
des ans. De même on a vu des singes apprendre "tout d'un coup" à éplucher des patates sur plusieurs îles du Pacifiques pourtant fort éloignées les
unes des autres. Chez les humains, on a constaté que certaines inventions avaient été mises au point simultanément en Chine, aux Indes et en Europe:
le feu, la poudre, le tissage, par exemple. De nos jours encore, des découvertes s'effectuent au même moment en plusieurs points du globe et dans des
périodes restreintes.
Tout laisse à penser que certaines idées flottent dans l'air, au delà de l'atmosphère, et que ceux dotés de la capacité de les saisir contribuent à
améliorer le niveau de savoir global de l'espèce.
(ESRA B.Werber)
De la violence passive
"Si nous prenons conscience de toute la violence passive que nous perpétuons les uns envers les autres, nous comprendrons pourquoi il y a tant de
violence physique qui empoisonne nos sociétés et le monde.‖ (Gandhi)

Etre traité comme si je n‘existais pas était peut être l‘acte de violence spirituel le plus profond que j‘ai vécu, un acte qui me touche encore très
profondément aujourd‘hui.

Mahatma Gandhi disait : " la violence passive alimente le feu de la violence physique, et si l‘on veut éteindre le feu de la violence physique,
logiquement nous devons élimiter l‘approvisionnement du carburant".

Selon Gandhi et son petit fils Arun, la violence passive est composée des choses que l‘on fait en manquant de respect à la vie d‘autres personnes et à
nous mêmes ; tels que insulter, provoquer, juger et critiquer. Ces actes simples et souvent irréfléchis que nous commettons sont actuellement une
forme de violence. Donc, qu‘est ce qui crée la violence passive ?

Plus profondément, beaucoup de personnes, y compris certains grands chefs de notre temps, ont constaté qu‘un manque d‘identité peut amener à la
violence passive. En d‘autres termes ; sans un fort sentiment de confiance en soi et de connaissance de soi même, nous finissons par nous sentir
incertains voir même nous développons un complexe d‘insécurité.

Comme le dit le philosophe Daisaku Ikeda, "Quand vous succombez à un complexe, vous êtes amenés à voir tout ce qui vous concerne dans une
perspective négative.
Quand vous échouez, vous avez tendance à accuser ces choses qui vous font sentir inférieur : "c‘est parce que je suis petit" et ainsi de suite."
le fait de manquer une connaissance solide de qui nous sommes vraiment nous fait sentir insécurisés, et cela nous entraine à nous comparer aux
autres, voir même à les critiquer et à les juger parce qu‘ils sont différents de nous. Gandhi faisait référence aux jugements et aux critiques quand il
affirmait que la violence passive mène à la violence active.

Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde

Comment combattre la violence, en particulier la violence passive ?

Tout d‘abord, il est important d‘arrêter de nous comparer aux autres, care ce n‘est jamais bon ni pour nous, ni pour les autres.
Ensuite, nous pouvons nous accueillir et nous accepter pour ce que nous sommes aujourd‘hui - pas pour la personne que nous voudrions être dans 5
ans, ou pour la personne que nous sommes contents de ne pas être.

Quand nous acceptons la personne que nous sommes, nous nous libérons du mécanisme aliénant de comparaison et nous nous permettons de grandir
et de nous développer depuis notre position actuelle. Ensuite, nous pouvons faire de notre mieux pour affronter chaque travail ou défi que nous
rencontrons.

En faisant de notre mieux, nous developpons une forme de confiance qui nous permet de nous sentir mieux pour ce que nous sommes en tant
qu‘individus et cela nous aide à mieux percevoir notre identité commune en tant qu‘êtres humains. Quant les personnes commencent à prendre
conscience de leur identité profonde, nous créons une révolution de conscience et nous commençons à voir nos similitudes plutôt que de nous
concentrer sur nos différences.

C‘est l‘idée exprimée par Martin Luther King Jr. quand il il disait : "J‘ai fais un rêve que mes 4 petits enfants vivrons un jour dans une nation où ils
ne seront pas jugés par la couleur de leur peau mais par la valeur de leur personalités."

Nous pouvons tous faire la différence en modifiant nos comportements, pas à pas. Un lauréat au prix nobel disait récemmment, "si vous voulez
changer les personnes alors vous devez changer vous mêmes. Lorsque vous réussissez à vous changer, alors vous avez une responsabilité pour
changer le monde."

Cela dépend de nous tous. Allons nous continuer à ne rien faire et laisser la violence continuer sur sa route sanglante, ou, comme Gandhi disait,
allons-nous "devenir le changement que nous souhaitons voir dans le monde ?".

Confiance et tolérance à travers le dialogue.

"Vous avez le pouvoir de donner forme à votre vie, au monde dans lequel vous vivez. Vous avez encore plus de pouvoir quand vous travaillez
ensemble avec vos parents, vos amis, vos professeurs afin de trouver des solutions aux problèmes. Le pouvoir est à l‘intérieur de chacun(e) d‘entre
vous pour aider à amener les changements que vous voulez. Cela dépend vraiment de chacun(e) d‘entre vous." disait le professeur Jerry Brown
d‘Oakland au sommet non violent de la jeunesse pour construire une culture de paix.
Traduit par Anik vov.com Trouvé sur local.attac.org

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L’aigle des basses-cours


Un homme trouva un oeuf d‘aigle et le plaça dans un poulailler. L‘aiglon vint au monde avec une couvée de poussins et poursuivit sa croissance avec
eux. Se prenant pour un poulet, l‘aigle ne cessa d‘imiter le comportement des gallinacés qui l‘entouraient. Il grattait la terre afin d‘y trouver des vers
et des insectes. Il gloussait et caquetait. Il battait des ailes ne s‘élevant qu‘à quelques centimètres du sol.
Les années passèrent et l‘aigle devint très vieux. Un jour il aperçut, volant dans le ciel sans nuages, un magnifique oiseau. Avec une grâce
majestueuse, ce dernier se laissait porter par les courants, agitant à peine ses puissantes ailes dorées.
Le vieil aigle le regardait, émerveillé : Quel est cet oiseau ? demanda-t-il. C‘est l‘aigle, le roi des oiseaux, lui répondit un de ses compagnons. Il
appartient au ciel. Nous, nous appartenons à la terre, nous sommes des poulets.
C‘est ainsi que l‘aigle, dans la certitude qu‘il avait d‘appartenir à la basse-cour, vécut et mourut en poulet.
Anthony de Mello
Recherche, des crédits, pour quoi faire ?
Par le Comité de libération des intellectuels non gouvernementaux

Le mouvement « sauvons la recherche » s‘est constitué en réaction au projet gouvernemental de restriction budgétaire. Cette mobilisation, à très
haute visibilité médiatique, véhicule un discours scientiste que nous devons réfuter d‘urgence.

L‘argumentation de la pétition « sauvons la recherche » soutient que la baisse des crédits alloués à la recherche pénalise la compétitivité de la France,
qui s‘expose de cette façon au risque d‘une « fuite des cerveaux » – anomalie anatomique pour le moins préoccupante. La coupe budgétaire serait
également défavorable au « rayonnement culturel de la France » ; enfin, la science ne doit en aucun cas être limitée à sa rentabilité économique car
elle est utile à la société. Sans recherche, nous apprend-on, pas de téléphonie mobile. Pas de cristaux liquides.
Dénonçons dès à présent le cynisme de cette conception utilitariste de la science, qui cherche à impliquer, sinon émouvoir, la masse des contribuables
non-spécialistes. La conception – du reste erronée – d‘une science neutre, motivée par la saine curiosité intellectuelle et la passion de la découverte, a
dorénavant cédé le pas à une argumentation qui, malgré son cynisme, a le mérite de révéler le vrai visage de la science moderne, liée par des liens
organiques à la société industrielle qu‘elle alimente en progrès (dans un premier temps militaires, mais néanmoins aisément gadgétifiables). Nous
dénonçons donc la recherche actuelle car ses objectifs, ses contenus, ses outils, la manière dont sont sélectionnés les chercheurs ne font que répondre
point par point aux besoins de la société industrielle.

Les applications industrielles de la recherche scientifique ont permis un développement considérable des forces productives ainsi que la
rationalisation de la société. Dans le même temps, les désastres écologiques et la décomposition sociale, qui en sont les con séquences inévitables,
génèrent une demande sociale de protection de l‘environnement, de gestion des risques, de thérapies pour maladies nouvelles et de psychotropes
destinés à soulager les souffrances de l‘humanité face à sa déshumanisation organisée. De la dextre, la recherche fournit bienveillamment les
palliatifs dérisoires au désastre qu‘elle orchestre de la senestre. Il est donc juste de dire, à l‘instar de ses défenseurs, que la recherche scientifique
n‘est pas seulement utile du strict point de vue de la croissance économique et qu‘elle n‘est pas réductible à un investissem ent rentable. Elle est la clé
de voûte et la justification centrale d‘une société qui ne peut plus se fonder que sur l‘illusion d‘une amélioration constante des conditions de vie. Tant
que l‘espérance de vie (médicalement assistée) augmente, qui donc oserait protester ?

C‘est pour cette raison que nous condamnons la recherche. Pour sa contribution au progrès et pour toutes les découvertes qui font désormais partie de
notre vie quotidienne : centrales nucléaires et téléphones portables, industrie agroalimentaire, pesticides, voitures, TGV, tapis roulants, silicone…
Les découvertes scientifiques sont essentielles tant à la création technique de produits, souvent nuisibles, dont l‘utilité sociale n‘a jamais été mise en
question (et encore moins décidée démocratiquement) qu‘à la satisfaction de nouveaux besoins que cette production fait naître. Le tout a lieu dans
une surenchère technologique où l‘humanité est à tous les coups perdante – parce qu‘elle est devenue l‘ennemi. Quand elle est dépourvue
d‘applications pratiques, la recherche sert, via une présence médiatique, à rehausser le blason des chercheurs.

Découverte spatiale et préhistoire représentent, au même titre que les maladies orphelines, les chevaux de Troie par lesquels la société industrielle
extorque littéralement l‘adhésion des individus à la nécessité de la recherche.

Il est plus qu‘urgent, aujourd‘hui, de démystifier la recherche. « L‘image du scientifique prenant un plaisir fou à son activité quotidienne en quête de
la vérité est stupide » (Roger Belbéoch). En pratique, l‘activité du chercheur est ultra-spécialisée ; elle consiste, dans une large part, à piller les
résultats de ses confrères (et de ses thésards, s‘il en dirige), à chercher des crédits, à produire du résultats et de la pub lication. Tout ceci relève
davantage de l‘absurdité bureaucratique que de la passion pour le bien-être de l‘humanité.

Dans ce contexte, le mouvement de défense actuel est coupable d‘opacifier les tenants et les aboutissants de la recherche, de son rôle dans une société
qu‘elle a contribué à rendre si moderne. La recherche scientifique a aujourd‘hui le cynisme de se présenter comme une espèce en voie d‘extinction
aux côtés de celles qu‘elle a activement contribué à faire disparaître.
Les êtres humains sont en réalité confrontés à un phénomène de dépossession très avancé en ce qui concerne connaissances empiriques et savoir-faire
pratiques, ainsi qu‘à une dégénérescence physique prononcée (obésité, maladies cardio-vasculaires, cancers) et à la mise en place d‘un
environnement pathogène durable (radioactivité, pollution de l‘eau, etc.)
Face à cette situation dont ils sont coupables car responsables, les scientifiques jouent aux Eichmann et profèrent des énormités.

En synthèse, nous affirmons :


– que la seule manière dont le progrès scientifique peut régler les problèmes existants est d‘en créer de nouveaux, dans une fuite en avant constante ;
– qu‘aucun problème social ne pourra être résolu techniquement, mais qu‘il requiert au contraire la libre discussion, entre êtres humains, de leurs
besoins et des moyens de les satisfaire collectivement ;
– que les chercheurs sont tout sauf neutres, que leurs actes ont des conséquences considérables sur l‘environnement social et n aturel et que nous
sommes en droit d‘en évaluer le bénéfice éventuel ;
– qu‘il n‘y a pas de différence fondamentale entre les financements public et privé ; seul compte l‘objectif du projet de recherche ;
– que la recherche fondamentale et la recherche appliquée ont une part égale de responsabilité, car elles remplissent des fonctions également utiles ;

Aux chercheurs et aux universitaires qui ne désirent produire ni application industrielle, ni contrôle social, ni justification idéologique à l‘ordre des
choses, ils nous faut demander s‘ils pensent en toute bonne foi partager les mêmes intérêts que les nucléaristes et autres généticiens et s‘ils pensent
bénéficier des conditions de travail nécessaires à la production d‘un savoir indépendant. Si cela n‘était pas le cas, nous les incitons à déserter le plus
vite l‘université ou le CNRS, en dehors desquels ils pourront espérer penser librement.

Nous appelons tous les chercheurs en sciences sociales, sciences dures et sciences humaines qui partagent ces points de vue à combattre les comités
« sauvons la recherche » et unir leurs forces dans un comité de promotion du sabotage et de répression du scientisme ayant pour charge de :
– dénoncer la responsabilité de la recherche scientifique dans la dévastation du monde ;
– dénoncer les sciences sociales, productrices d‘idéologie (économie), et de contrôle social (sociologie) ;
– saboter les laboratoires ;
– combattre le scientisme, le progressisme et l‘étatisme jusqu‘à leur discrédit total.
Le tout, dans l‘espoir de fonder une connaissance libre et émancipatrice, totalement impossible à l‘intérieur d‘une organisation sociale sans autre fin
que la surenchère technologique.

Sabotage ! Démantèlement de l‘appareil de production industriel ! Démasquons les chercheurs ! Vidons les laboratoires !
2004 www.piecesetmaindoeuvre.com
Outil pratique pout tuer l'amour codé.
(Nous avons le plaisir de vous offrir un outil pratique, gratuit et relativement simple,
pour le grand chantier intime et social de déconstruction de l Amour. Voici une lettre
que vous pouvez photocopier et tendre aux personnes avec lesquels vous désirez échanger
plus d'affection.)

E t m a i n t e n a n t , une proposition bêtement formelle parce que je suis empoté


POUR T U E R L ' A M O U R c o d é tous ensemble.
En s'aimant bien quand même.

ATTENDU :

- Que la manière dont on fait circuler l'affection, en particulier l'affection


physique, me parait vraiment trop contrainte par une série de codes nases, chiants
moyenâgeux et judéo-chrétiens qui génèrent souvent les pires situations chiantes et/ou
douloureuses.

- Que je suis justement empêtré dans cet héritage merdique et que je cherche
désespérément des moyens de m'en sortir, mais je vous préviens pour l'instant c'est
pas terrible.
- Que la révolution affective mondiale commence par la révolution affective
individuelle et interindividuelle.
- Que je vous trouve séduisant-e, tendre, calme, belle beau, rigolo-te, classe,
charmant-e, incroyable, bizarre, etc.

- Et que du coup j'ai envie de peut-être m'asseoir à coté de vous près du poêle, ou
peut-être de vous regarder dans les yeux, ou peut-être de vous faire des bisous, ou
peut-être qu'on rie et qu'on joue à grand-mère glacée, ou peut-être qu'on dorme
ensemble, ou peut-être qu'on fasse des choses qu'on n'oserait pas faire pour de
mauvaises raisons.

ALORS J'AI DÉCIDÉ d'en parler parce que trop souvent j'avais envie d'un peu ou de
beaucoup d'affection de la part d'untel ou d'unetelle et j'en parlais pas parce que:

- Je ne laie connaissais pas suffisamment alors j'osais pas.


- C'était pas assez fort ou ça répondait pas assez aux critères d'une vraie histoire
d'amour alors je pensais que c'était pas la peine.

- Ille avait déjà une histoire d'amour alors je me disais que ça allait foutre
la merde. -J'avais déjà une histoire d'amour alors je me disais que ça allait
foutre la merde.

ALORS ben voilà j'en parle.

MAIS ATTENTION

I - Cette lettre n'a rien à voir avec une déclaration d'amour, c'est donc une
proposition d'échanges affectifs qui peuvent être vraiment très différents en
fonctions des moments, des individu-e-s... ça peut être juste des envies de choses
finalement très anodines, ou si ça tombe vous êtes la star de mes fantasmes nocturnes
enfiévrés, on sait pas...

2 - Quoi qu'il arrive, il ne faut surtout pas être gêné-e-s, ça serait le pire des
échecs honteux de la démarche. (à la fois, si on est gêné-e-s, c'est pas grave, enfin
je veux dire il ne faudrait pas être gêné-e-s d'être géné-e-s, parce que là on s'en
sortira jamais.)

3 - ATTENTION!! ARG!! VIGILANCE!! L'affection c'est chouette mais l'Amour rôde, et


l'Amour, des fois, c'est un piège. Chouravons le bout de fromage et laissons la
tapette se reclaquer dans le vide.

Flûte à l'amour codé.


Autopublication-diffusion:

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absolu de la grande distribution des livres et des revues en France fait partie du groupe Matra-Lagardère fabricant de technologies
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prendre pour que le masculin ne l‘emporte plus sur le féminin.

Anonymat :

Parce que les oeuvres et les idées n‘appartiennent à personne, naissent et meurent apatrides et atemporelles. Parce que l‘abolition de la
propriété intellectuelle est une étape nécessaire de l‘abolition de la propriété en général. Parce que le besoin de reconnaissance
individuelle fonde la soumission au culte de la personnalité, de la réussite ou de l‘utilité sociale et que tout cela n‘a aucune valeur pour
les auteur-es.

Rêve évolution N°4

/Think about Revolution!!!/ Think about evolution!!!/

Ed.Anonymes

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