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Florence

Gabrielle
Princy

Exposé d’IGE sur les coûts de transactions (cf question 4 TD 5)

En 1937 dans « Nature of the firm » Ronald Coase évoquait pour la première fois la
notion de coût de transaction. Pourtant ce concept qui désigne à la fois les coûts de recherche
et d’informations, de négociation et de décision et ceux de surveillance et d’exécution (c'est-à-
dire l’ensemble des coûts résultant d’un échange économique et d’une activité de production),
est intervenu dans la gestion des entreprises bien avant qu’il ne soit théorisé. Pour comprendre
la corrélation entre les coûts de transactions et l’organisation des entreprises, on cherchera à
voir comment des changements de coûts de transactions résultant d’innovation technologiques
peuvent-ils conduire à des changements radicaux de la structure des entreprises.
On procédera chronologiquement en regardant d’abord la définition de la structure des
entreprises entre 1870 et 1970 et les facteurs qui l’ont déterminé, puis celle des entreprises à
partir de la fin du XXème siècle en prenant soin de bien présenter les différents
bouleversements technologiques et conceptuels qui ont participé à ce changement radical de
la structure des entreprises.

A partir du XIXème siècle, l’avènement du libéralisme et de l’industrie fait de


l’entreprise un haut lieu de pouvoir, son rôle dans l’économie est décisif. De ce fait
l’opposition marxiste entre les détenteurs du capital et les travailleurs est à l’époque très
significative. On trouve des propriétaires « maître » opposés à des travailleurs « serviteurs ».
Les politiques paternalistes de regroupement des salariés que l’on veut totalement dévoués au
travail autour des manufactures qui ont été menées par l’Etat et les grands patrons dans la
France des années 20 en sont une bonne illustration. Il faut voir que l’unique but d’une
entreprise est de maximiser son profit (différence entre le chiffre d’affaire et le coût de
production), toute l’organisation de cette dernière est relative à ce but. Ce pouvoir très fort des
entreprises apparait aussi dans le rapport qu’entretenaient les entreprises avec les
consommateurs. En effet les consommateurs faisaient preuve d’une grande confiance envers
les marques, rendant la règle de la transparence caduque. La conséquence principale en était
que les entreprises disposaient d’une grande marge de manœuvre pour ce qui était de
déterminer les règles du jeu du marché.
Ainsi entre 1870 et 1970, comme l’exemple précédent sur la France des années 20
nous l’a laissé entrevoir, les entreprises ont opté pour une concentration verticale. C'est-à-dire
qu’elles concentrèrent en un même lieu les différents niveaux de la chaine de production (de
la création des composants jusqu’à la vente) de sorte à réduire les étapes intermédiaires. Ceci
n’est pas anodin, lorsque Rockefeller dans les années 20 décide de tout contrôler, de la
recherche du pétrole jusqu’à son raffinement puis à sa vente, il agit en regardant la rentabilité
de cette stratégie. A l’époque, le fort coût de transaction (transports, information), et la faible
mobilité des travailleurs du fait de leur faible niveau de qualification rend la collaboration
avec une unité productive externe plus coûteuse. De plus cette concentration était un moyen
de garantir non seulement l’approvisionnement, mais aussi les débouchées.
Dans cette même idée d’opposition entre interne et externe, était établie une
correspondance unique et normalisée entre technologie et industrie. A chaque produit
correspondait un type de technologie et un type d’application, rendant la concurrence interne
à un seul secteur dont on ne pouvait sortir. Encore une fois la volonté de réduction des coûts
de transaction est étroitement liée à ce procédé, en effet qui dit baisse des coûts de transaction
dit (nous l’avons vu) diminution des stades intermédiaires et donc concentration, et qui dit
forte concentration dit forte homogénéisation et faible multiplicité.

Dans les années 70, la succession de bouleversements scientifiques et conceptuels


depuis le début du siècle aboutissent à une transformation radicale des structures de
l’entreprise. Et nous allons voir que le rapport entre ces bouleversements et leur effet sur les
coûts de transaction explique en grande partie ces transformations. Encore une fois il faut
avoir en tête que l’objectif des entreprises reste de maximiser leur profit.
La révolution des transports (on pense à la DATAR mise en place par De Gaulle en France),
l’évolution du cadre législatif notamment avec les différentes lois européennes, ont eu un effet
majeur pour ce qui est de la baisse des coûts de transaction, en particulier ceux liés aux
transports. D’une stratégie de concentration on est alors passé à une stratégie
d’externalisation, d’accroissement des échanges tant de biens que de services. Cette
internationalisation correspond également au passage d’un mode de production concentré et
total à un mode production divisé internationalement et spécialisé selon la théorie de Ricardo.
Ainsi pour l’agriculture, les Etats-Unis se sont par exemple spécialisés dans la production de
céréales, et l’Europe dans le traitement du bétail, et les grandes filiales se mirent à faire appel
à la sous-traitance.
Le développement des TIC (technologies d’informations et des communication) ont
également permis de rendre la communication plus aisée et donc d’ouvrir les entreprises à
l’extérieur sans augmenter les coûts de transaction liés à la communication.
Mais il faut voir que ces changements techniques n’auraient pu avoir un quelconque
impact s’ils n’avaient pas été accompagnés de profonds changements conceptuels. A partir
des trente glorieuses, s’est développée la microéconomie. Chose qui s’inscrit dans le passage
à une société plus tournée vers l’individu. Cette mouvance a rendu l’intervention de l’Etat
nécessaire, et a permis d’apporter aux individus et à l’économie des éléments de
développement que le système productif à lui seul n’était pas en mesure d’apporter. En effet
en investissant par exemple dans l’éducation ou dans la recherche et développement, l’Etat a
permis d’une part, de fournir de la main d’œuvre qualifiée, moins coûteuse car flexible, et en
mesure de produire des produits à haute valeur ajoutée, mais aussi de fournir le support
d’innovations nécessaires au progrès technique observé ci-dessus. Or c’est le progrès
technique qui est précisément à l’origine de techniques de production plus efficaces et donc
plus rentables.
De plus cette conception de la société (société d’individus), et ces innovation scientifiques
améliorant le niveau de productivité, ont conduit et ont permis une désacralisation de la
sphère travail, et une progression dans les décennies suivantes, des emplois de type (partiel,
mi-temps…). En baissant le nombre d’heures de travail, ce sont alors les coûts salariaux qui,
imposés.
Ainsi, les entreprises entre elles, mais aussi les entreprises et les consommateurs, sont rendus
ont diminué. On notera tout de même que depuis les années 80 cette perspective tend à se
traduire négativement pour les travailleurs car on voit apparaître des temps partiels ou autres
inter –dépendants en dépit de leurs intérêts parfois antagonistes.
On constate donc que les entreprises définissent leur structure relativement à une stratégie de
rentabilité. Elles considèrent leurs coûts de production et en particulier leurs coûts de
transaction courante pour définir leur organisation. Dès lors tout changement technologique
ayant un effet sur les coûts de transaction conduit nécessairement à une révision des structures
des entreprises. Ces coûts de transaction jouent de fait un rôle déterministe dans la stratégie
des entreprises.