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TEXTES SUR LA CONCURRENCE

1) La main invisible, 1776 : Recherches sur la nature et les causes de la richesse des
nations - A. SMITH L’argumentation d’Adam Smith préfigure-t-elle l’analyse moderne
des gains de l’échange ? Peut-on considérer qu’elle va plus loin ?

- L’Etat ne peut pas être un planificateur omniscient, il dispose de moins d’information


que les individus, et ne peut donc pas garantir l’efficience de l’économie. S’il essaye
tout de même, c’est qu’il est arrogant ou naif (dangers du dictateur bienveillant). NB :
Il ne peut pas assurer des améliorations Pareto, c’est-à-dire une amélioration pour
certains agents sans nuire à d’autres agents. Le marché économise de l’information
par rapport à l’accès informationnel limité du planificateur (Hayek).

- Selon Smith la « main invisible » du marché rend possible une allocation efficace des
ressources, puisque la recherche d’échanges mutuellement avantageux entre les
agents économiques conduit à une maximisation du « revenu de la société » (l’égoisme
des agents a des effets positifs). Ce texte reflète une vision très moderne sur l’intérêt
général et l’allocation des ressources (ainsi que sur le rôle important des prix).

2) Le processus de destruction créatrice, 1942 : Capitalisme, socialisme et démocratie


- SCHUMPETER En vous fondant sur l’exemple du commerce de détail, à la fin du
texte de Joseph Schumpeter, démontrez que la principale menace pour une entente de producteurs
est constituée de producteurs qui ne sont pas encore entrés sur le marché. Pensez-vous que cela
établit l’inutilité des législations anti-trusts ?

- Selon Schumpeter la concurrence nécessite une vision plus large que celle d’une
concurrence parfaite. En effet, en plus des prix, elle inclut les notions de qualité,
d’importance du produit, et des innovations techniques ou organisationnelles. En
outre, la concurrence est dynamique et non statique, avec l’entrée de nouvelles
firmes engendrant une « destruction créatrice » qui pousse à innover. Il faut donc
tenir compte d’évolutions structurelles, plutôt que de s’efforcer de comprendre
l’économie à partir de structures données.

- Ex : Si les coûts d’entrée sur le marché sont suffisamment bas (Baumol), le pouvoir de
marché des monopoles et cartels sera limité, comme entre les petits commerces
alimentaires et les grandes surfaces, ou entre les producteurs de micro-ordinateurs
entrant en concurrence avec IBM.

3) L’entreprise survivra-t-elle ? 2001 : Une prospective du proche avenir (The


Economist) - DRUCKER Utilisez les textes de Peter Drucker et Schumpeter
pour discuter la flexibilité de l’adaptibilité du mode capitaliste de production.

- Selon Schumpeter l’aspect dynamique du capitalisme signifie qu’aucune position s’est


durablement acquise, tandis que Drucker essaye de prévoir l’évolution du capitalisme
dans les prochaines décennies. Selon Drucker l’organisation « militaire »
(hiérarchique et réglementée) des entreprises disparaitra (les entreprises de plus en
plus spécialisées devenant des associations de ‘partners’), et les travailleurs
deviendront des « professionals » ayant des compétences techniques spécifiques
(travaillant sous contrats et comme en sous-traitance).
- Drucker souligne également l’idée que le capital matériel (machines, etc.) est moins
important que le capital humain, qui devient le facteur de production le plus essentiel
de nos jours. (idée également soulignée dans la ‘maladie des coûts’ de Baumol).

4) Utilisez le texte de Drucker pour discuter comment des changements de coûts de transactions,
résultant d’innovations technologiques, conduisent à des changements radicaux des structures des
entreprises.

- Selon Drucker les coûts de transaction n’ont jamais été élevés. La baisse des coûts
de transaction proviendrait d’une diminution dans les coûts de transport (de biens,
personnes et informations) au cours de ces dernières années. En revanche les
changements technologiques agissent dans deux directions puisque d’un autre côté les
coûts de coordination des entreprises bureaucratiques seraient devenus de plus en
plus élevés (dû aux durées de plus en plus brèves de certains produits, et aux
composantes et techniques différentes nécessités de fabrication).

- Contre-exemple de l’entreprise Ford des années 1920, qui produisait tous les éléments
de fabrication. Le choc pétrolier de 1973 augmenta le coût de ce genre de structure
moins flexible.

5) Les politiques de la concurrence, 2006 : Rapport pour Conseil d’Analyse Economique


– ENCAOUA & GUESNERIE En utilisant le texte de David Encaoua et Roger Guesnerie, analysez
sur qui repose la charge de la preuve dans la mise en œuvre de la politique de la concurrence.

- Les 4 piliers de la politique de la concurrence européenne sont : 1) les ententes, 2) les


abus de positions dominantes, 3) les concentrations, et 4) les aides publiques. La loi
communautaire peut interdire en soi l’absence de la concurrence, ou n’agir que
lorsqu’il est démontrable qu’une absence de concurrence nuit à l’efficacité de
l’économie.

- La charge de cette preuve peut alors reposer soit sur l’entreprise, soit sur les autorités.
La législation européenne a de plus en plus tendance à imposer la charge de cette
preuve aux entreprises (à elles donc de démontrer que leurs actions – ex : une
opération de concentration – ne nuisent pas à l’économie).

- Les preuves sont soit matérielles (documents) lorsqu’il y a eu une entente explicite,
soit implicites (observation des comportements des agents économiques – ex :
parallélisme des décisions et des prix). Tandis que la Commission Européenne poursuit
assez souvent de telles preuves implicites, la Cour de Justice reste plus prudente à ce
niveau.

6) Relations entre la grande distribution et ses fournisseurs, 2003 : Revue Française


d’Eco – ALLAIN & CHAMBOLLE En utilisant le texte de Marie-Laure ALAIN et Claire CHAMBOLLE,
discutez l’effet de la loi Raffarin sur la concurrence dans le secteur de la distribution.

- La loi Raffarin limite l’installation de nouveaux commerces d’une superficie supérieure


à 300m2, et a ainsi freiné l’installation des ‘hard discounts’ et l’agrandissement des
petits commerces.

- Par conséquent les grandes surfaces déjà installées avant cette loi se sont trouvés
dans une position dominante, qu’elles ont renforcée en poursuivant des stratégies de
croissance externe.
7) Entente sur le marché de la téléphonie mobile, 2005 : Conseil National de la
Concurrence. Expliquez comment les échanges d’information entre les
opérateurs mobiles français permettaient à ceux-ci de mettre en œuvre une politique de prix
élevés.

- L’arrêt du conseil de la concurrence souligne l’importance d’un encadrement du


marché par les autorités veillant au maintien de la concurrence (Conseil de la
concurrence et Bruxelles). Par exemple les opérateurs de mobiles ont été sanctionnés
pour un accord de partage du marché qui les conduisait à fonctionner comme un cartel
(collusion explicite).

- Cependant les opérateurs de mobiles ont également été sanctionnés pour de simples
échanges d’information, ce qui fausse la concurrence en les induisant à se montrer
moins agressifs les uns envers les autres, tandis qu’un échange d’information peut
réduire les risque et les intérêts de déviation des entreprises (collusion implicite et
stabilisation du cartel).