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III.

Les conséquences de la mise en place de la RSE pour l’entreprise

Le but logique de toute entreprise (entreprise ne comprend pas les Associations Sans
But Lucratif) est bien évidemment de réaliser un profit, et si la responsabilité sociale des
entreprises (RSE) n’est pas morte dans l’œuf c’est qu’elle peut en effet apporter une plus-
value à l’entreprise.
On peut se demander dès lors comment une société ne cherchant pas uniquement à accroitre
son profit peut rivaliser sur un marché concurrentiel avec celles qui n’ont d’autre but que
celui-là.

Une grande partie de l’élément de réponse réside dans le concept de « partie


prenante » à la base de la RSE ; c'est-à-dire la prise en compte, non pas uniquement des
attentes des actionnaires – ceux qui bénéficient le plus de la rentabilité de l’entreprise - mais
aussi de l’environnement direct de celle-ci (Peeters, A., 2009). Une entreprise appliquant la
RSE ne « vivra donc plus sur son île », et c’est cette rupture de l’isolement qui lui permettra
d’être compétitive.
Tout d’abord, certains points sur lesquels peuvent être appliqués la RSE sont des
obligations légales, notamment l’intégration des personnes handicapées dans l’entreprise.
Dans la législation française, par exemple, une entreprise de plus de vingt travailleurs est
obligée d’employer 6% de son personnel en personnes handicapées (cf. loi n° 87-517 du 10
juillet 1987 en faveur de l’emploi des travailleurs handicapés http://ith.free.fr/ith1/ith-
1987.1.html). En cas de non respect, l’entreprise s’expose à des amendes. Une entreprise
appliquant un plan de diversité sociale ne rechignera pas à employer ces travailleurs à
capacités réduites et donc ne sera pas soumise à cette amende mais sera de plus subventionnée
(Naschberger, C., 2008).
De plus, une RSE correctement appliquée permet à l’entreprise de donner une image
positive d’elle-même aux divers acteurs participant à son activité économique. Le travailleur
se sentira plus impliqué dans son entreprise si celle-ci est responsable et sera par conséquent
moins enclin à la quitter (Lavorata, L., 2009). En outre un employé produira en général un
travail de meilleure qualité. Mais l’impact positif de la RSE ne se limite pas uniquement aux
travailleurs déjà présents dans l’entreprise. En effet à l’embauche, de nombreux jeunes
travailleurs sont sensibles à l’implication de la société dans un projet citoyen (Naschberger,
C., 2008). En retour, non seulement l’entreprise peut compter sur des employés plus motivés,
mais aussi elle peut mettre en avant ces points positifs pour attirer à elle de nombreux
« nouveaux talents ».
De surcroit, la médiatisation des pratiques d’une entreprise peut avoir un effet
particulier sur les consommateurs du bien produit. Il est prouvé que certains de ceux-ci
préfèreront une catégorie de produits dits « équitables », quitte à renoncer à des produits à
plus faible coûts (Peeters, A., 2009).

Bien évidemment cette liste n’est pas exhaustive, car l’application de la RSE peut
avoir de nombreuses conséquences, mais on retiendra que, dans les grandes lignes, ces
dernières sont pour la plupart positive pour l’entreprise, mais aussi pour la société dans son
ensemble et pour l’Etat qui bénéficie de ce soutien dans son rôle de protection sociale.

En conclusion, la RSE permet donc de faire converger les intérêts économiques avec
les objectifs des divers agents tels que les ONG, syndicats ou travailleurs, gravitant autour de
l’entreprise elle-même mais ayant des intérêts sociaux, sociétaux ou encore environnementaux
(Peeters, A., 2009). Il s’agit donc d’un compromis entre diverses attentes dont résulte un effet
positif pour l’entreprise.
Dans chacun de ces cas, le bénéfice retiré provient d’une démarche de l’entreprise, qui
n’est pas faite dans un simple but de générosité. La plupart du temps celle-ci sera médiatisée
pour obtenir un maximum de retombées positives (voir les différents exemples cités plus
haut).

Bibliographie :
— Naschberger C., La mise en œuvre d’une démarche « diversité en entreprise ». Le cas
de l’intégration des personnes en situation de handicap, Revue management et avenir
2008/4, N° 18, p. 42-56.
— Peeters A., La responsabilité sociale des entreprises, Courrier hebdomadaire du
CRISP 2004/3 N°1828, p. 1-47
— Lavorata L., Intégrer l’éthique dans l’entreprise : un moyen d’impliquer les
commerciaux et de les dissuader de la quitter, Décisions Marketing Jul-Sep 2009,
N°55 p. 53-86