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ZONE SENSIBLE CAP NEGRO – CAP SERRAT

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SOMMAIRE

INTRODUCTION

4

L’AIR D’ETUDE

6

I-

POURQUOI UNE ZONE SENSIBLE ?

7

II-

LE CADRE DE LETUDE

9

LES OBJECTIFS DE L’ETUDE

10

I-

LES OBJECTIFS GENERAUX

11

II-

LE PROCESSUS DACTION

12

LES EXPERTISES THEMATIQUES

14

LE MILIEU NATUREL

17

I-

UNE TOPOGRAPHIE ACCIDENTEE ET SOUVENT DIFFICILE

18

II-

UNE GEOLOGIE DOMINEE PAR LES ROCHES CRESEUSES ETARGILEUSES

18

III-

UN CLIMAT MEDITERRANEEN A NUANCE HUMIDE

19

1. Les températures

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2. Les précipitations

21

3. Les vents

21

IV-

UN RESEAU HYDROGRAPHIQUE FAIT DE COURS DEAU MODESTES PAR LEURS TAILLE MAIS ACTIFS

22

V-

UNE RICHESSE EN PAYSAGES MORPHOLOGIQUE

23

1. La grande extension des falaises et des côtes rocheuses

23

2. Quelques plages sableuses épaisses

24

3. L’importance des dunes de sable

25

VI-

FORMES DE SENSIBILITE, CONTRAINTES A LAMENAGEMENT ET RECOMMANDATIONS

27

1. Des problèmes d’érosion hydrique

27

2. Des risques de mouvements de terrains

27

3. Des problèmes d’érosion marine

28

4. Un patrimoine à découvrir, à protéger et à valoriser

30

4.1- Du patrimoine géologique

30

4.2- Du patrimoine archéologique préhistorique

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4.3- Du patrimoine archéologique historique

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LE DIAGNOSTIC PAYSAGER

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I-

RECONNAISSANCE PAYSAGERES DE CAP NEGRO

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II-

DESCRIPTION PAYSAGERE FORESTIER

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III-

LA PROGRESSION DANS LA DECOUVERTE

37

IV-

CAP NEGRO

38

V-

LA COTE DE SIDI MECHREG

39

VI-

CAP SERRAT

40

LA BIODIVERSITE

 

42

I-

LA FLORE

43

1. Rappel des conditions du milieu

43

1.1-

Le climat

43

1.2-

Le substrat et les sols

44

2. La flore et la végétation

45

2.1-

La flore spontanée

45

2.2-

La flore introduite

50

2.3-

Les espèces rares

52

3. Les contraintes

52

3.1-

La distribution de la couverture végétale

52

3.2-

L’érosion

53

3.3-

Le tourisme estival

53

3.4-

Les aménagements hydrauliques

53

4. Les perspectives de développement

53

III-

LA FAUNE

55

1. Introduction

55

2. Les écosystèmes

55

3. Etat des lieux

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4. Conclusion et recommandations

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Annexe : Liste floristique

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LE MILIEU MARIN

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I-

L’ENVIRONNEMENT ET PHYSIQUE MARINE

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1. Salinités et températures

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2. Données météo-marines

68

3. Courants

68

4. Morphologie littorale

69

5. Natures des fonds et bathymétrie

69

II-

CARACTERISTIQUES BIOLOGIQUES

71

III-

CONCLUSION

72

L’ASPECT SOCIO-ECONOMIQUE

73

I-

CADRE GENERAL

74

II-

OCCUPATION HUMAINE ET PRESSIONS ANTHROPIQUES

74

III-

PROGRAMMES ET PROJETS ENGAGES

75

IV-

ELEMENTS DE DIAGNOSTIC

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ANNEXE : INVENTAIRE DES SITES ARCHEOLOGIQUES

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INTRODUCTION

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En matière d’aménagement du littoral et d’adoption des principes du développement durable, la Tunisie s’est engagée à travers une série de mesures institutionnelles et réglementaires à sauvegarder et à gérer les espaces littoraux.

L’intérêt à la sauvegarde du littoral se justifie en Tunisie par la richesse de son patrimoine écologique mais aussi par la présence d’une forte tendance à la littoralisation. Ce n’est pas un hasard que les villes les plus importantes de notre pays sont localisées sur le littoral. Les différentes dynamiques que connaît la Tunisie et cela aussi bien en terme d’utilisation de l’espace, d’exploitation de ressources naturelles et de développement économique ne facilitent aucunement aux autorités la maîtrise de la gestion territoriale et plus particulièrement littorale.

C’est dans ce contexte que les zones littorales sont considérées comme sensibles et c’est aussi dans le cadre d’une politique volontariste qu’a été créée l’agence de protection et d’aménagement du littoral. Parmi les outils juridiques dont dispose l’agence se trouvent l’élaboration des études de gestion des zones sensibles littorales précédemment définies dans le cadre des Schémas Directeurs d’aménagement des zones sensibles littorales. Il s’agit en fait d’établir un plan de gestion pragmatique et efficace pour plusieurs sites côtiers sensibles le plus souvent menacés.

C’est précisément dans ce cadre d’action que se justifie le projet de gestion de la zone sensible du littoral Nord, objet de cette étude confiée par l’APAL à COMETE Engineering.

Le présent document constitue le rapport relatif à la première phase de l’étude de gestion de la zone de Cap Negro – Cap Serrat à Bizerte. Il s’agit essentiellement d’établir un bilan diagnostic et de proposer des scénarios d’aménagement et de gestion du périmètre d’étude avec pour principale devise, le respect des ressources naturelles du site.

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L’AIRE D’ETUDE

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I POURQUOI UNE ZONE SENSIBLE

En ce qui concerne le littoral Nord, deux sites ont été identifiés comme étant des zones sensibles nécessitant la réalisation d’une étude de gestion. Il s’agit de Cap Negro –Cap Blanc et les Grottes à Bizerte.

Le périmètre d’étude proposé pour Cap Negro – Cap Serrat se prolonge sur 27 km de côte montagneuse. La superficie couverte est de l’ordre de 1200 ha. C’est une zone qui se distingue par son caractère naturel et sa forêt littorale, l’occupation urbaine est peu dense et généralement dispersée.

Le point fort de ce site de la cote Nord est représenté par ses forêts qui nécessitent d’être sauvegardées ou reconstituées dans certains cas. Ces forêts ont une vie végétale et animale riches. Elles constituent un maillon important dans l’écosystème de la région Nord de la Tunisie.

En ce qui concerne la côte, on observe une forte érosion marine matérialisée par l’extension des falaises et des côtes rocheuses. D’un autre côté, l’extension des champs dunaires est un autre aspect caractéristique de cette région ventée.

La morphologie du site et son aspect apparent naturel font que cette région du pays jouit des paysages panoramiques les plus pittoresques. Il s’agit d’une composition d’éléments naturels alliant mer, montagne et forêt ainsi que d’immenses dunes consolidées ou mouvantes.

L’aspect exceptionnel des sites de Cap Negro Cap Serrat en fait un terrain de prédilection pour les spéculateurs fonciers et les promoteurs touristique. Si ces sites sont actuellement préservés c’est seulement à cause du manque d’équipement en infrastructure de base et d’une accessibilité escarpée.

Les menaces qui guettent ces sites sensibles ne s’arrêtent pas aux éventuelles interventions de promoteurs mais proviennent en grande partie de la population éparse qui occupe actuellement la forêt ; Car il faut savoir que pour cette population,

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la forêt constitue leur seule ressource qui malheureusement n’est pas inépuisable. On à pu observer dans ce cadre une exploitation anarchique et non rationnelle qui se manifeste par un déboisement continu de certaines régions de la forêt. Cette évolution régressive conduit à la dégradation de la forêt et à l’installation de landes, de garrigues ou des zones défrichées plus ou moins importantes.

Les actions des populations installées dans cette forêt fragile sont accentuées par les actions d’élevage et de surpâturage qui semblent de plus en plus importantes. Cette action anthropique à première vue négligeable intervient directement sur l’équilibre de l’écosystème. Aussi est-il souhaitable que certains peuplements forestiers typiques, condamnés à disparaître par suite de leur faible intérêt économique, soient mis en réserve à titre de témoins de la végétation primitive.

Toutes ces raisons apparaissent comme suffisantes pour justifier à la fois la sensibilité du site de Cap Negro – Cap Serrat et l’engagement d’une étude de gestion pour cette zone qui se fixe pour objectif le maintien de l’équilibre environnemental du périmètre ainsi que sa valorisation à travers un plan d’action consigné par la présente étude.

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II LE CADRE D’ETUDE

Localisés sur la côte Nord, les sites de Cap Negro - Cap Serrat relèvent administrativement du Gouvernorat de Béja pour ce qui est de Cap Negro et du Gouvernorat de Bizerte pour ce qui est de Sidi Mechreg, Cap Serrat. Ils constituent le sites le moins dégradés de la région en raison des leurs inaccessibilité.

Sur le plan occupation urbaine, le groupement le plus important est situé à Sidi Mechreg et mérite une attention particulière car il connaîtra un développement important malgré sa modeste taille actuelle.

La côte Nord de la Tunisie est restée longtemps à l’écart des grands projets touristiques, mais on observe actuellement avec le développement des infrastructures de base et le développement du tourisme à Tabarka de nouvelles tendances qui s’expriment par la multiplication des résidences secondaires et l’émergence d’un tourisme local dynamique.

Il est évident qu’une fois les réseaux de voirie aménagés, les plages accessibles seront rapidement occupées. Il faudra donc anticiper sur cette tendance et prévoir dès à présent une planification écologique de cette côte fragile.

Les sites côtiers relativement désenclavés comme les Grottes, Sidi Mechreg et Cap Serrat, connaissent actuellement une forte pression foncière sans pour autant disposer d’un document de réglementation des sols.

Cette situation implique une occupation anarchique de terrains de grande valeur (foncière, écologique ou patrimoniale). Une action urgente s’impose donc afin de limiter les atteintes et d’intervenir dans le cadre d’un projet intégré de développement durable.

Dans le cadre de la préservation de l’écosystème, la gestion et la valorisation des ressources naturelles s’impose. Il s’agit aussi bien de la protection des espèces marines que de la préservation et valorisation des forêts littorales. On citera aussi dans ce contexte la mise en valeur des sites panoramiques côtiers. Il sera donc intéressant d’envisager la création de parcs naturels ou de réserves, qu’elles soient marines ou forestières.

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LES OBJECTIFS DE L’ETUDE

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Les sites de Cap Negro - Cap Serrat sont au centre d’intérêt de l’Agence de Protection et d’Aménagement du Littoral sur la côte Nord. Et cela à cause d’un environnement très spécifique et en partie vulnérable. Le soucis de l’APAL et de préserver ces sites d’une mauvaise gestion ou d’une exploitation arbitraire de ce milieu. L’objectif est donc d’éviter la destruction irréversible de cet écosystème déjà fragile.

C’est précisément pour parer à ce genre d’action qu’apparaît l’intérêt de mener à bien cette étude dont la finalité est entre autres d’évaluer les menaces pouvant peser sur la zone, d’en simuler les éventuels impacts et de proposer le cadre adéquat pour éviter au site toute forme de déperdition et/ou dégradation prévisible.

La finalité de l’étude de gestion est donc de deux ordres:

La définition des objectifs généraux œuvrant pour la sauvegarde des sites.

La formulation d’un processus d’action permettant de réaliser ces objectifs et précisant la démarche à suivre pour l’établissement d’un plan de gestion efficace et pragmatique.

1 Les objectifs généraux:

Les objectifs généraux de cette étude sont d’élaborer une stratégie cohérente de gestion de l’espace. Cette stratégie se développe en fonction de trois consécutives et chacune nécessaire à l’élaboration de l’autre.

La reconnaissance exhaustive du site d’intervention: ce premier objectif a fait l’objet des différents bilans diagnostics; quoique chacun traite d’un thème différent, ces bilans se complètent pour définir le plus précisément possible les caractéristiques de la zone. Il faut rappeler que ce travail est le premier maillon de la stratégie qui consiste en la maîtrise de l’espace car elle permet de cerner à la fois les atouts et les faiblesses du contexte géographique.

La protection: elle s’entend ici en terme de conservation des atouts et des potentiels jugés encore maintenus et d’action visant le rétablissement des valeurs environnementales en voie de dégradation pour favoriser l’équilibre durable de leur écosystème vulnérabilisé.

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L’aménagement: il consiste en l’action d’organisation de l’espace en vue de sa maîtrise; L’aménagement n’implique pas la création arbitraire de structures mais devrait permettre d’identifier les différentes utilisations des sites concernés en veillant au désenclavement de ce dernier tout en l’intégrant dans une dynamique économique conséquente à ses particularités.

2 Le processus d’action:

La définition des objectifs généraux pour la gestion de la zone sensible de Cap Negro Cap Serrat et la Groote, représente les résultats escomptés par la présente étude; Cela n’est pourtant pas suffisant pour permettre l’élaboration d’un plan de maîtrise opérationnel. Pour cela il est nécessaire d’établir une démarche qui définit point par point, et dans un ordre de suite logique, les étapes du processus d’action visé par le projet.

La conservation qui s’adresse aux potentiels encore maintenus mais menacés, en vue de leur pérennité.

La protection visant à la fois les ressources en bonne santé et celles fragilisées pour leur procurer le cadre propice à leur maintien; ce cadre devra être formulé en terme de propositions empêchant toute action à venir de dégrader les potentiels concernés.

La réhabilitation qui sera proposée quand cela reste possible en vue de restituer les caractéristiques originelles d’un patrimoine déjà dégradé. A travers une action d’entretien, la réhabilitation pourra être naturelle ou artificielle.

La valorisation, elle consiste en la création des paramètres adéquats qui affirmeront l’intérêt contenu dans certaines séquences ou certaines éléments relevés sur site. La valorisation sera essentiellement faite par les actions de maintien de l’intérêt existant et de son entretien.

La prévention contre les menaces: c’est une intervention devant être en amont de tout acte ou projet susceptible d’apporter des dégradations à la zone et à ses ressources naturelles. Cela consiste en l’évacuation des impacts prévisibles pour œuvrer contre leurs conséquences négatives.

L’aménagement: cette notion doit être conséquente aux aptitudes démontrées par la zone d’intervention. Il se définit comme une réglementation de la pratique du site en prenant en compte le respect de l’environnement, la protection de l’écosystème et l’implication de la zone dans une dynamique active.

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La vocation: c’est la nature d’occupation projetée et découlant d’une analyse exhaustive des potentialités du site. Les principes de vocation définiront les différentes manières de pratiquer la zone d’intervention en terme d’autorisation ou d’interdiction d’activités.

Le contrôle: c’est l’acte qui assure la pérennité de toutes les étapes ci dessus indiquées. Il veillera à l’application des options d’aménagement et au redressement des éventuels abus d’occupation ou d’emploi qui pourront être observés par la suite.

Le suivi: il assure d’une part la continuité opérationnelle et régulière des actions de contrôle et d’autre part le développement souhaité du site par l’établissement d’inventaires renseignant sur les évolutions des composantes existantes ou projetées.

La gestion: elle consigne la réglementation de l’application de toutes les actions contenues dans le processus d’action établi pour la zone sensible de Cap Negro Cap Serrat; Elle sera par ailleurs l’outil principal de la maîtrise du site d’étude et son évolution sans le temps et dans l’espace et cela pour garantir la durabilité de son maintien écologique.

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LES EXPERTISES THEMATIQUES

THEMATIQ

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Si l’objectif partiel de l’élaboration de la présente étude est de proposer des mesures de protection et des variantes d’aménagement cohérentes aux spécificités des lieux, il est surtout et essentiellement une reconnaissance exhaustive de la zone d’étude.

Cette reconnaissance, que nous appellerons le bilan diagnostic ou encore les expertises thématiques, se doit d’aborder une à une les composantes relatives au périmètre d’étude dans la mesure où les constatations développées dans les paragraphes précédents et soulignant la vulnérabilité du site restent une matière insuffisante à une bonne maîtrise du contexte terrestre et marin du périmètre d’intervention.

Dans cet objectif, plusieurs expertises ont été établies et représentent autant de niveaux d’analyse que de thèmes concernés par ces expertises.

La superposition de ces niveaux d’analyse donnera lieu à une synthèse en mesure de ressortir l’interaction des composantes diagnostiquées, les ressources existantes et les besoins de la zone en matière de gestion de l’espace et de préservation de ces ressources.

Le bilan diagnostic relatif à la zone d’étude concerne toutes les composantes intervenant sur le site, et insiste sur les principales caractéristiques du périmètre d’intervention ainsi que les plus essentielles des recommandations à retenir pour l’élaboration du plan de gestion.

Il s’agira donc de développer les facteurs agissant sur :

Le milieu naturel pour reconnaître les données relatives à la géologie, la topologie et la géomorphologie de la zone. Ce diagnostic concernera tout aussi bien les données climatiques et la nature du réseau hydrographique.

Le cadre paysager pour estimer qualitativement l’intérêt des différents paysages contenus par la zone d’étude et identifier les mesures à prendre pour leur préservation et leur mise en valeur.

La biodiversité qui insiste aussi bien sur le cadre végétal que sur la faune. Ce niveau de reconnaissance évaluera la consistance du patrimoine existant et des éventuelles menaces de dégradation. Ce volet sera accompagner de listes détaillées des différentes espèces répertoriées.

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Le milieu marin pour évaluer la qualité de l’écosystème, les ressources halieutiques, et dresser l’inventaire des patrimoines relatifs à la faune et à la flore aquatiques.

Le volet socio-économique qui s’intéressera à la dynamique observée sur le site ainsi que les impacts et les retombées découlant aussi bien de la situation actuelle que des éventuels projets programmés.

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LE MILIEU NATUREL

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I UNE TOPOGRAPHIE ACCIDENTEE ET SOUVENT DIFFICILE

Cette côte se caractérise par son tracé brisé avec plusieurs caps dont les plus importants (par leur place dans le paysage) sont Cap Negro et Cap Serrat. Ces caps bordent des baies et des criques de tailles très variables mais dont les plus étendues se trouvent généralement du côté de leur face orientale.

L'arrière-pays immédiat montre à son tour une topographie très vallonnée et surtout caractérisée par l'importance des pentes ; la ligne de crête principale dont l'altitude dépasse fréquemment 200 m et dépasse parfois 450 m n'étant généralement séparée du rivage que par de courtes distances: quelques hectomètres seulement dans le cas de Jbel El Hafai. Le résultat le plus direct est l'importance des pentes sur les versants côtiers. Ce caractère accidenté de la topographie est le plus net dans le secteur compris entre la face orientale de Cap Negro et Ragoubet Touijine d'une part et à Cap Serrat d'autre part où les pentes sont presque toujours supérieures à 10% et peuvent dépasser, en de nombreux points, 40%.

L'irrégularité de la topographie continentale se prolonge dans la mer. En effet, c'est dans cette partie du littoral tunisien qu'on trouve les eaux littorales les plus profondes. L'isobathe de 10 m par exemple, se trouve parfois à moins de 200 m du rivage. De plus, l'avant-côte est accidentée par plusieurs bancs rocheux.

II UNE GEOLOGIE DOMINEE PAR LES ROCHES GRESEUSES ET ARGILEUSES

La géologie des terrains qui encadrent la côte est dominée par les alternances de grès et d'argiles du flysch numidien.

La couverture quaternaire est dans l'ensemble relativement peu développée. Mais elle peut prendre une certaine importance dans les criques et les baies et le long des principaux cours d'eau. Ici, elle est matérialisée par des terrasses fluviales dont les plus étendues sont héritées du Quaternaire supérieur. La vallée de Oued Zitoun qui débouche immédiatement à l'Est de Cap Serrat en montre les formations les plus épaisses et les moins discontinues.

Sur les pentes la place est souvent donnée à une couverture d'éboulis et/ou de colluvions. Celles-ci se caractérisent généralement par leur texture sablo-limono- argileuse et leur teinte rougeâtre.

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Au bord de la mer, le pied des versants, est souvent couvert par des formations gréseuses, localement épaisses, qui correspondent en fait à des dépôts de plages et surtout à des dunes consolidées (éolianites) héritées du Quaternaire supérieur. Ces éolianites appartiennent à différentes générations séparées par des sols rouges et s'avancent parfois assez loin à l'intérieur des terres. Lorsqu'elles n'ont pas été ensevelies par des formations récentes, surtout les dunes meubles, elles influencent largement le paysage (par leur teinte beige claire ou rougeâtre) et la morphologie du trait de côte alors marquée par des falaises verticales et des côtes rocheuses basses évoluant par dissolution, les éolianites étant riches en calcaire.

III UN CLIMAT MEDITERRANEEN A NUANCE HUMIDE

Orientée SW-NE et bien ouverte sur la mer, cette côte est l'un des milieux les plus directement influencés par les masses d'air froides et souvent humides en provenance des secteurs nordiques. Elle figure aussi parmi les régions à températures fraîches, les mieux arrosés mais aussi et surtout les plus ventées du pays.

L'analyse que nous donnons de ce climat se base sur les données des stations de Tabarka et La Galite qui bordent le terrain de l'étude respectivement à l'Ouest et au Nord.

1 Les températures

La région est certes, directement exposée aux masses d'air des secteurs septentrionaux; mais elle bénéficie aussi du rôle modérateur de la mer. Si bien que, malgré sa position en latitude elle a, dans l'ensemble, un régime thermique modéré. La température moyenne annuelle est assez élevée et varie peu, puisque généralement comprise entre 17 et 19°C. De plus, les amplitudes moyennes diurnes sont plutôt faibles.

Janvier et février sont les mois les plus froids alors que juillet et août enregistrent les températures les plus élevées. Mais dans les deux cas la mer fait ressentir ses effets. En janvier et février, les températures moyennes se situent toujours au dessus de 10°C (11.51 à Tabarka). En juillet et août, elles se situent autour de 26°C.

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Cette influence de la mer se lit même à travers les maxima et les minima moyens comme le montrent les tableaux suivants.

Saisons

La Galite

Tabarka

Automne

23.9°C

24.3°C

Hiver

15.7°C

15.8°C

Printemps

19.2°C

20.6°C

Eté

28.7°C

29.4°C

Les maxima moyens diurnes

Saisons

La Galite

Tabarka

Automne

17.3°C

15.0°C

Hiver

9.7°C

7.9°C

Printemps

12.6°C

11.0°C

Eté

20.9°C

18.8°C

Les minima moyens quotidiens

Ce qui vient d'être dit ne doit pas pour autant autoriser à négliger les situations exceptionnelles que connaît de temps en temps la région au niveau de ses températures. Car malgré leur caractère rare, de telles situations peuvent être très ressenties par différents compartiments du milieu naturel et rester dans la mémoire des habitants de la région. Les gelées sont très rares mais les statistiques indiquent que le mercure a pu descendre sous 0°C même dans les îles qui devancent cette côte. Le 4 février 1952 par exemple, le thermomètre a chuté à -10.0°C à La Galite. De même de fortes chaleurs sont enregistrées lorsque souffle sur la région le Chehili (Sirroco). Ce vent, connu pour son caractère très chaud et très sec, peut s'avancer même jusqu'à l'archipel de la Galite où en août 1994 par exemple, la température moyenne des maxima s'est élevée à 46.6°C. Le temps devient alors lourd et étouffant, l'humidité relative étant toujours élevée à cause de la présence de la mer. Les brouillards sont observés pendant 90 à 100 jours en moyenne par an.

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2 Les précipitations

Les précipitations sont fondamentalement pluvieuses ; les autres formes comme la neige et la grêle constituent des phénomènes très rares, voire exceptionnels.

La latitude et la position géographique imposent à la région un rythme pluviométrique typiquement méditerranéen. D'autre part, cette côte appartient à l'une des régions les plus arrosées du pays. Le total pluviométrique moyen dépasse 900 mm dans la station de Tabarka. Mais les pluies se caractérisent par leur inégale répartition dans le temps et leur grande irrégularité. Le coefficient de variation dépasse toujours 19%.

Station

Coefficient de variation (%)

Tabarka

19,86

La Galite

25,28

Le régime saisonnier est simple avec un maximum unique en hiver qui détient toujours au moins 40% de la pluviométrie moyenne annuelle (42,9% à La Galite et 43,91% à Tabarka). Des chutes encore importantes peuvent être enregistrées au cours des deux premiers mois du printemps et surtout en automne. Mais à partir du mois de mai commence une longue saison sèche.

L'autre point important à retenir dans un travail axé sur le milieu naturel et sa sensibilité c'est le caractère torrentiel des pluies ; car ceci peut favoriser une exacerbation des phénomènes d'érosion hydrique. En effet, les précipitations sont très souvent concentrées dans le temps ; le nombre de jours de pluie est en moyenne de 72 seulement à La Galite. C'est qu'elles arrivent souvent sous la forme d'averses, parfois très violentes.

3 Les vents

Le vent est sans doute l'élément qui distingue le plus cette région d'une grande partie du littoral tunisien. Il est également important par le rôle qu'il joue sur le plan morphologique et la dynamique des paysages naturels. C'est en tout cas largement grâce à lui que la région doit ses champs dunaires parfois étendus. C'est aussi de lui que dépend en bonne partie l'état de la mer et les caractéristique de la houle et partant l'érosion marine.

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Les vents les plus fréquents soufflent des secteurs septentrionaux. Ceux qui viennent du Nord-Ouest prédominent toutefois à toutes les échelles de temps mais dominent surtout au cours de la saison hivernale. Une lecture des données relatives aux vitesses mensuelles moyennes laisse croire qu'il s'agit de vents faibles. En fait, ceci cache les situations les plus significatives ; c'est à dire celles au cours desquelles les vents soufflent en rafales dépassant 16m/s. Ces situations ne sont pas particulièrement nombreuses (généralement autour de 15% des observations) mais leurs empreintes sont bien marquées dans le paysage notamment à travers les dunes (étendues) et la végétation (couchée). Ils appartiennent surtout à la direction Nord- Ouest et peuvent souffler avec des vitesses exceptionnelles.

IV

UN RESEAU HYDROGRAPHIQUE FAIT DE COURS D'EAU MODESTES PAR LEUR TAILLE MAIS ACTIFS

La topographie (surtout par ses pentes déclives), la pluviométrie (surtout par son caractère souvent torrentiel) et la géologie (surtout par l'importance des affleurement argileux) ont favorisé la mise en place d'un réseau hydrographique assez dense.

Les cours d'eau disposent, malgré leur longueur modeste, de bassins-versants indéniables, compte tenu de la multiplicité de leurs affluents. Très souvent profondes, étroites et bordées par des versants accidentés, les vallées accentuent le caractère difficile du terrain. A part celle de Oued Zitoun qui débouche du côté de la face orientale de Cap Serrat, rares sont les vallées qui montrent un paysage suffisamment ouvert permettant une circulation facile.

De plus, à l'image des pluies qui en commandent les débits, les cours d'eau se caractérisent par des écoulements très irréguliers. Les débits peuvent atteindre, à l'occasion des événements pluviométriques exceptionnels, des valeurs remarquables et les cours d'eau exercent une érosion importante. Ceci pose des problèmes sur les versants mais assure au rivage une alimentation substantielle qui, on le verra, va favoriser les plages.

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V UNE RICHESSE EN PAYSAGES MORPHOLOGIQUES

Les données du milieu naturel, présentées plus haut, ont favorisé la mise en place d'une morphologie variée et des paysages naturels parfois remarquables.

1 La grande extension des falaises et des côtes rocheuses

Les falaises sont les formes les plus fréquentes et qui caractérisent le plus cette côte. Les plus continues et marquées dans le paysage existent dans le segment côtier compris entre la pointe de Cap Negro et Ragoubet Touijine et sur les faces de Cap Serrat. Leur commandement, très variable, atteint parfois plusieurs décamètres et leur pied montre, selon la dynamique des versants qui les dominent et la nature de la roche dans laquelle elles sont taillées, différents modelés.

Là où dominent les formations argileuses, l'estran est encombré d'éboulis grossiers et chaotiques favorisés par les phénomènes de glissement.

Là où dominent les formations gréseuses du flysch numidien l'estran est affecté par différentes excavations, voire de petites grottes, comme vers la pointe de Cap Serrat où elles sont sculptées à la faveur des diaclases qui affectent les grès du flysch numidien.

Là où dominent les formations carbonatées (calcaires éocènes et grès des éolianites quaternaires), l'évolution a été largement commandée par l'érosion biochimique ce qui a favorisé la naissance d'un modelé de mares et lapiès caractéristique et localement de différentes excavations dans le front de la falaise.

En fait, l'ensemble du versant côtier, de ces secteurs à falaises, montre des profils variés. Mais ces derniers restent toujours largement influencés par la structure (épaisseur, disposition et pendage) des bancs rocheux. C'est ainsi par exemple que:

Les bancs gréseux épais, durs et à orientation oblique ou perpendiculaire par rapport au rivage ont favorisé l'apparition de caps marqués dans le tracé de la côte avec des falaises massives ; c'est la cas au Cap Serrat.

Une succession de bancs argileux et gréseux d'épaisseurs assez comparables, à pendage fort et à orientation oblique ou perpendiculaire à

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la côte a favorisé une succession de caps rapprochés séparés par des criques étroites ; c'est le cas d'une grande partie de la côte comprise entre Cap Negro et Ragoubet Touijine.

Une succession de bancs argileux et gréseux d'épaisseurs assez comparables et à pendage important vers le continent a favorisé des versants côtiers marqués par un étagement de corniches faisant face à la mer. Ce paysage est d'autant plus marqué que les corniches, qui coïncident avec les bancs gréseux, se détachent du reste du versant par leur couleur claire à cause de la faiblesse de leur végétation.

claire à cause de la faiblesse de leur végétation. Cap Negro 2 Quelques plages sableuses épaisses

Cap Negro

2 Quelques plages sableuses épaisses

Cette côte, réputée pour son caractère accidenté et ses falaises et côtes rocheuses, accorde aussi une place indéniable aux plages. Celles-ci se développent surtout dans les secteurs abrités (notamment au fond des baies et des criques) et au débouché des cours d'eau. Elles ont souvent une granulométrie grossière ou

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correspondent à des grèves caractéristiques comme au pied de la face orientale de Cap Negro et dans la petite crique de l'embouchure de Oued Ech Chaga. Mais celles faites de sédiments sableux sont les plus étendues. On les trouve dans la petite baie de Sidi Mecherig et surtout à l'Est de Cap Serrat, de part et d'autre de l'embouchure de Oued Zitoun.

3 L'importance des dunes de sable

Les dunes de sables occupent une place privilégiée dans la morphologie des côtes de la façade septentrionale de la Tunisie d'une façon générale. Le segment Cap Negro-Cap Serrat et le site des grottes de Bizerte ne font pas l'exception. Ils renferment des champs dunaires qui, sans être parmi les plus étendus, sont très bien marqués dans le paysage. Le premier caractérise la côte de Sidi Mechrig. Le second, plus épais et plus marqué, se développe à l'Est de Cap Serrat.

L'apparition de ces champs dunaires a été favorisée d'abord par l'existence de plages assez bien nourries en sédiments (notamment la plage de Cap Serrat bénéficiant des apports de Oued Zitoun) et la fréquence des vents qui soufflent depuis le large. Le travail du vent a été accéléré par l'orientation de la côte souvent remarquablement exposée aux flux des secteurs septentrionaux surtout ceux du Nord-Ouest.

La migration du sable sur des distances importantes à l'intérieur des terres a été également facilitée par l'existence de couloirs topographiques orientés plus ou moins perpendiculairement au tracé de la côte et qui ont donc favorisé une canalisation importante des masses d'air en provenance du large. C'est le cas du couloir de Sidi Mechrig. Mais le vent a aussi réussi à pousser le sable sur les pentes jusqu'à des altitudes élevées. Le cas de Jbel Blida, presque totalement enseveli par les dunes, en donne l'illustration la plus remarquable. Les dunes, aujourd'hui en cours de fixation, atteignent la côte de 245m.

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ZONE SENSIBLE CAP NEGRO – CAP SERRAT Sidi Mechreg Cap Serrat COMETE Engineering 2 6 SEPTEMRE

Sidi Mechreg

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Cap Serrat

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VI FORMES DE SENSIBILITE, CONTRAINTES A L'AMENAGEMENT ET RECOMMANDATIONS

Les données relatives au cadre morphostructural, climatique et hydrologique ont favorisé une dynamique à l'origine de différentes formes de faiblesse du milieu physique et de certains risques naturels. Le patrimoine, dans sa dimension large (naturel et anthropique), intervient aussi dans la définition de la sensibilité de cette région et de ses contraintes à l'aménagement.

1 Des problèmes d'érosion hydrique

Les pentes, notamment celles faites de roches tendres et dépourvues d'un couvert végétal protecteur, sont un peu partout soumises à une érosion hydrique active.

Les modelés dus au ravinement, parfois de véritables paysages de bad-lands, sont communs à de grandes superficies. Les versants qui dominent la partie occidentale de la côte de Sidi Mechrig en donnent une illustration remarquable. Le phénomène est également très répandu sur les versants qui encadrent le cours moyen et amont de Oued Zitoun.

Cette érosion hydrique se déclenche et s'intensifie dès que l'on touche aux pentes, attestant de la remarquable faiblesse de ces dernières et de leur grande sensibilité. Les bords des pistes en sont particulièrement significatifs ; ils ont souvent évolué, parfois très rapidement, vers des ravins menaçants. Dans certains cas, le développement de ces ravins s'est fait aux dépens des pistes elles-mêmes. L'état dans lequel se trouve la piste qui mène au phare de Cap Serrat, en donne l'une des illustrations les plus démonstratives.

2 Des risques de mouvements de terrain

Les pentes (souvent déclives), la nature lithologique du terrain (notamment les alternances de roches argileuses et gréseuses), le cadre climatique (l'importance de l'humidité atmosphérique et la fréquence des pluies) et la présence de la mer au pied des pentes ont favorisé une dynamique parfois dominée par les mouvements de terrain.

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Les versants côtiers sont en plusieurs endroits modelés par des phénomènes de glissement comme en témoigne leur profil bosselé. Ils sont également largement couverts par des éboulis formant parfois une couverture épaisse renfermant des rochers impressionnants par leur taille. Les débris, provenant surtout des bancs gréseux du flysch numidien, ont souvent réussi à atteindre la mer. Le rivage correspond alors à une falaise au pied encombré d'éboulis. C'est le paysage qui domine dans le secteur compris entre la face occidentale de Cap Negro et Ragoubet Touijine.

3 Des problèmes d'érosion marine

Les conditions météo-marines sont très favorables à une érosion marine active. Mais celle-ci ne semble pas constituer partout une menace véritable.

D'une part, la côte est fréquemment escarpée et l'estran est souvent encombré par les éboulis produits par les mouvements de masse signalés plus haut. D'autre

part, dans les segments caractérisés par une topographie relativement basse, les vagues heurtent souvent des formations rocheuses résistantes ; c'est le cas notamment dans la partie comprise entre le port de Sidi Mechrig et la racine de Cap Serrat où domine le paysage d'une côte rocheuse taillée dans les grès (éolianites) du Quaternaire supérieur. Certes, ces formations sont affectées par une érosion biochimique, dont témoignent les différentes excavations qui accidentent l'estran

(encoches, mares,

à l'échelle d'une vie humaine ou même à l'échelle du siècle.

mais ceci reste un phénomène plutôt lent et ne peut être perçu

),

De leur côté, les plages sableuses sont généralement logées dans des criques ou se trouvent à l'abri de caps. Elles sont relativement épaisses et ne montrent pas de signes d'érosion évidents. Celle de Cap Serrat qui est la plus étendue bénéficie des apports de Oued Zitoun. Seule la plage formée dans la petite crique de la face ouest de Cap Negro nous paraît en difficulté. En hiver, par mer agitée, elle peut disparaître sous les vagues.

Retenons aussi que ces plages sont encore assez à l'abri des méfaits des aménagements dont souffrent les plages d'autres parties du littoral tunisien ; ce qui doit donner logiquement une bonne opportunité de protection. Mais ceci ne nous paraît pas exploité. En témoigne par exemple, la façon dont a été faite la délimitation du DPM. Dans la partie orientale de la plage de Cap Serrat par exemple, l'une des bornes marquant la limite de ce domaine est placée sur le sable du haut de plage!

Un secteur se distingue cependant du reste. Il s'agit de la côte située immédiatement à l'Ouest de la plage sableuse principale de Sidi Mechrig. Elle se caractérise par une petite falaise taillée dans des formations géologiques tendres

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soumise à un recul sensible. Cette érosion est d'ailleurs, en train de menacer des vestiges archéologiques (préhistoriques et historiques (cf. infra).

vestiges archéologiques (préhistoriques et historiques (cf. infra). Cap Serrat COMETE Engineering 2 9 SEPTEMRE 2001

Cap Serrat

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4 Un patrimoine à découvrir, à protéger et à valoriser

La région renferme, outre les nombreux paysages naturels et les vues panoramiques parfois d'une beauté exceptionnelle, un patrimoine géologique, archéologique préhistorique et archéologique historique indéniable et qui mérite protection et valorisation.

4.1- Du patrimoine géologique :

Des coupes géologiques à valeur de patrimoine:

La région renferme des coupes d'un grand intérêt pour la connaissance de l'histoire géologique récente des côtes tunisiennes.

Ces coupes, visibles surtout dans les falaises, ont vite retenu l'attention des géologues, géomorphologues et préhistoriens. Mais les études n'ont pas épuisé toutes les informations qu'offrent de nombreuses coupes. Si bien que, leur protection (au moins les plus riches d'entre elles en dépôts), ne pourra que rendre service à la science et au patrimoine du pays. D'autres travaux pourraient en tirer des conclusions qui en feraient peut être des références. La valeur patrimoine de ces coupes est d'autant plus grande que leurs dépôts renferment parfois des traces de l'Homme préhistorique (cf. infra).

Les dunes de sable

En plus des coupes géologiques, une attention doit être accordée aux dunes dans lesquelles il faut voir à la fois des réserves en sables, des milieux qui peuvent abriter différentes formes de vie et une pièce paysagère intéressante. D'une façon générale, ces dunes sont restées à l'abri d'une intervention humaine destructrice, la fixation par la végétation étant dans l'ensemble jugée comme plutôt enrichissante.

4.2- Du patrimoine archéologique préhistorique:

La côte Cap Negro-Cap Serrat renferme de nombreuses traces de présences humaines préhistoriques dont plusieurs sont menacées de disparition et certaines ont déjà disparus sous des aménagements récents.

Ces traces préhistoriques correspondent à des outils taillées dans différents matériaux rocheux (appelés aussi mobilier ou industries lithiques par les préhistoriens). Elles appartiennent à différentes civilisations ; mais les mieux représentées sont l'Atérien (civilisation épanouies en Tunisie il y a environ 25000 à 40000 ans) et l'béromaurusien (il y a environ 18000 ans).

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L'industrie lithique existe souvent dispersée sur de grandes surfaces. A Sidi Mechrig et à Cap Serrat par exemple, on la rencontre en de nombreux points sur les versants qui encadrent la côte ; mais les aménagements sont en train de la faire disparaître. Dans d'autres cas, elle est concentrée dans l'espace formant des jonchées parfois particulièrement denses ; ce sont alors de véritables sites préhistoriques. L'un de ces sites se trouve sur le rocher connu sous l'appellation de Errchada Essouda ou de la presqu'île 26 (immédiatement à l'Est de la plage de Cap Serrat) et qui a retenu l'attention des spécialistes depuis le début des années cinquante.

Il arrive enfin qu'elle soit associée à des coupes faites de dépôts quaternaires. La falaise de la partie occidentale du secteur de Sidi Mechrig par exemple, est taillée dans des dépôts quaternaire contenant une industrie lithique ibéromaurusienne abondante. Certains des dépôts des falaises du site des Grottes renferment des outils lithiques atériens et ibéromaurusiens.

Dans de pareilles situations les coupes ont une grande valeur; elles ont un intérêt à la fois pour le patrimoine géologique et préhistorique et méritent une attention particulière.

Les mesures de protection dépendront inévitablement de l'intérêt que représente ce patrimoine. Mais ceci ne peut être décidé qu'à la suite d'une bonne connaissance des différents vestiges et de leur vulnérabilité. Une étude à part mérite d'être consacrée à cette question. En l'absence de cette connaissance les aménagements pourraient, sans que l'on se rende compte, abîmer ou même entraîner la disparition d'un tel patrimoine. Aujourd'hui par exemple, personne ne peut dire ce que le port de Sidi Mechrig, en grande partie creusé dans les éolianites du Quaternaire supérieur, aurait fait disparaître.

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Plage de Sidi Mechreg

ZONE SENSIBLE CAP NEGRO – CAP SERRAT Plage de Sidi Mechreg 4.3- Du patrimoine archéologique historique

4.3- Du patrimoine archéologique historique :

La côte Cap Negro-Cap Serrat est moins riche en sites archéologiques historiques que bien d'autres segments côtiers en Tunisie. Ceci doit s'expliquer surtout par son caractère souvent accidentée et difficile ainsi que nous l'avons souligné dans les paragraphes précédents.

Deux secteurs renferment toutefois des vestiges d'installations anciennes indéniables. Le premier se trouve à Cap Negro même et l'autre appartient à la partie occidentale de la côte de Sidi Mechrig. Piéton

Le site de Cap Negro

Les ruines les plus faciles à identifier existent au contact de la crique située du côté de la face occidentale du Cap. En fait, d'autres vestiges existent au sommet et dans la partie la plus avancée dans la mer du cap. Elles sont moins bien conservées et leur examen est assez difficile à cause de la végétation.

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Le site de Sidi Mechrig

Les ruines sont relativement importantes et étendues. Elles appartiennent à deux ensembles.

Le premier ensemble, situé dans la partie ouest de ce secteur, se voit en bordure d'une petite falaise vive. Il constitue les restes d'une agglomération antique sur un tertre de 100 x 300 pas environ, aujourd'hui destiné aux cultures. En surface, on voit de nombreux moellons (galets équarris), des harpes monolithes, quelques arases de murs. Les tessons de céramique indiquent une occupation antique d'époque tardive (IV-Vème siècles après J.C.).

Le deuxième ensemble se trouve immédiatement à l'Est, au contact de la plage sableuse la plus étendue de ce secteur. Les vestiges archéologiques sont plus variés et mieux visibles : une construction fortifiée aux tours d'angle rondes (sans doute un ribat médiéval), des thermes comportant des salles bien visibles dont une décorée d'un pavement de mosaïque, sur le rivage même existe une petite carrière antique qui a servi à l'exploitation du grès des éolianites quaternaires.

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LE DIAGNOSTIC PAYSAGER

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I RECONNAISSANCE PAYSAGERE DE CAP NEGRO

Un accès ardu, une végétation abondante épousant à merveille un relief typique de la région des Mogods, un chemin creusé dans cet espace presque sauvage, tous ces paramètres font le charme d’une traversée qui peut être considérée comme aventurière.

Un parcours qui marque, qui choque, laissant le visiteur ébloui devant une telle beauté rare des paysages.

L’Homme se sent tout « petit » dans cet espace et ce paysage naturel, il est un simple « élément », un intervenant du deuxième ordre, c’est-a- dire on est traversé par une sensation d’être complètement englobé et annexé à la nature seule « maître à bord » ; Une impression très délicate vu que l’Homme par sa nature se livre à un éternel combat de survie face à la nature, pour sa conquête à fin de la soumettre et l’asservir, c’est ainsi que la population « diluée » à l’intérieur de ce « Cosmos » confirme cette pensée tant ressentie, en effet c’est la nature (la forêt) qui leur fournit leur gagne pain et donc c’est elle qui les entoure (l’Homme) par une générosité incomparable.

En parcourant la piste très sinueuse menant vers Cap Negro, on accompli deux étapes essentielles, à savoir, une étape ascendante et une autre descendante ; La première conduisant vers le sommet du relief et la deuxième menant vers la mer ; Le paysage dominant est essentiellement la verdure à savoir une couverture végétale très dense donnant une étendue de couleur verte agréable, c’est un avant goût introduisant à l’étendue de la mer qui va suivre.

La verdure dominante et couvrant pratiquement tout le relief, présente dans un premier temps une certaine monotonie, mais cette dernière est adoucie, par une progression de découverte amplifiée par le caractère sinueux du trajet, ainsi le visiteur se trouve pressé de connaître la scène suivante avec avidité, en deuxième temps et en commençant la descente menant vers le Cap proprement dit on relève la présence de quelques clairières de pâturage ( pelouse à Brachypodium distachyum) témoignage de l’intervention de l’Homme vu que la principale activité économique pratiquée par la population est l’élevage des bovins et l’exploitation de la forêt.

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II DESCRIPTION DU PAYSAGE FORESTIER

On ne peut pas commencer la description sans rappeler que la région est située au niveau de l’étage climatique le plus pluvieux de la Tunisie, et constitue une prolongation de la chaîne montagneuse de l’Atlas qui prend naissance au Maroc, et donc présente une altitude largement supérieure à la moyenne nationale, à partir de ces données on peut très bien imaginer le paysage naturel dominant, à savoir un relief imposant et une végétation abondante.

Les volumes (végétaux) constituent la principale composante plastique des masses présentes, en admettant que le relief néanmoins présent est couvert de ces volumes, de manière à ne faire qu’un ; La disposition de ces masses est tellement dense (une vue d’ensemble), qu’on assiste à une sorte de fusion formant un seul bloc vert et homogène.

Ainsi, on ne peut pas distinguer entre les différentes espèces végétales présentes en ayant une vision générale et globale, donc l’effet de masse classique en paysage laisse place à une sorte d’unité cohérente.

Toujours, et en analysant d’une manière plénière, la couleur, ne révèle pas une grande variation, la seule couleur dominante c’est le vert, très présent et laissant voir une diversité interne en offrant une palette variée donnée par les différentes couleur des végétaux (vert claire des pins pignon, foncé des chênes…etc.).

La progression de découverte, nous divulgue toujours une vision nouvelle, tout en restant dans cette unité solidaire et adhérente de volumes associés.

Pour avoir une idée nette et claire sur le paysage environnant, on dira que c’est un paysage exclusivement forestier, typique de toute zone humide et d’altitude élevée, et donc avec une dominante sensible qui est la verdure (elle même épousant le relief et ne faisant qu’une seule entité).

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III LA PROGRESSION DANS LA DECOUVERTE

Comme précédemment mentionné le séquençage des scènes est une caractéristique de l’espace traversé, les deux principaux mouvements de notre parcours, qui sont la monté et la descente du relief nous font découvrir des scènes nouvelles, mais qui s’inscrivent dans le même registre, à savoir dans une même catégorie de références, qui est celle de la dominance de l’espace naturel.

Une fois le sommet du relief atteint, la deuxième composante du paysage apparaît, ainsi la mer fait son entrée et attire désormais l’essentiel des regards. L’intervention de la mer, renouvelle donc le désir de continuer le trajet, nous rappelant que le Cap tant attendu est tout prêt.

La descente vers la mer se fait encore à travers une piste sinueuse, offrant les mêmes scènes, mais avec une différence de taille, qui est une étendue de mer, dans un espace ouvert, du moment qu’on surplomb l’ensemble du site objet de notre étude. La mer, comme c’est le cas de toute la côte du Nord-Ouest est agressive, entrant en conflit avec les falaises rocheuses provoquant des scènes dynamiques suite aux mouvements des vagues.

La descente se fait à travers un paysage de maquis avec une strate arbustive de Myrte commun, de Lentisque, d’Arbousier….et d’une strate herbacée de Thym et de pelouses à Brachypodium distachyum. En descendant vers le Cap, et vu le cadre géologique formé de formations gréseuses et gréso- marneuses de l’Oligocène, on relève la présence des fameuses falaises surplombant la mer, la pente et la hauteur de ces dernières diminuent jusqu’à ce qu’on arrive à l’emplacement du Cap.

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IV CAP NEGRO

En arrivant au niveau du Cap Negro, la première pensée qui nous intrigue, c’est comment l’Homme à défié la nature en s’implantant juste sur ce Cap très difficile d’accès où on relève la présences de quelques résidences secondaires clairsemées dans cet espace hostile.

Le Cap proprement dit, baigne dans la mer à l’image d’un navire accosté à son port puisque à ce moment de la saison, on note une progression de la mer au dépend de la terre, ainsi la plage est presque absente limité à une partie d’une plage de galets formant une zone intermédiaire entre la mer et les reliefs tout proches.

Il est très intéressant de rappeler encore l’existence tout autour d’une végétation de maquis, témoignage de la difficulté des conditions climatiques (surtout l’embrun) et édaphiques (un mouvement d’érosion très marqué) ; la relation de confrontation roche/mer est donc encore présente surtout avec les vagues menées par un vent dominant de direction Nord-Ouest, ainsi les hostilités saisonnières impérissables se poursuivent sans relâche, tel tout antagonisme naturel, et pourtant la nature les englobe en faisant de cette concurrence une complémentarité pour le tissage d’un tableau homogène et équilibré. Ainsi, en plus de la couleur verte toujours présente, on a l’étendue de bleu de la mer et ces deux principales dominantes sont séparées par une bande de marron couleur de la terre intermédiaire.

Peut être le seul point noir du site, c’est l’énorme tas de déchets plastiques dégagé par la mer donnant une allure d’une décharge, montrant l’intervention dévastatrice de l’Homme sur la Nature.

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V LA COTE DE SIDI MECHREG

A partir de Sidi Mechreg, on retrouve un paysage côtier classique à savoir, la présence d’une plage de sable séparant la terre proprement dite de la mer.

L’emplacement de Sidi Mechreg se trouve à mi-chemin entre Cap Negro et Cap Serrat, le paysage environnant est marqué par l’absence des falaises, faisant de manière à ce que la terre est soumise directement à l’action de la houle, ainsi le rivage apporte à la mer une teinte de couleur terne résultante de la désintégration de la terre dans la mer.

Le chemin menant vers le site de Sidi Mechreg traverse un boisement de pins et d’acacia plantés par le service des forêts pour limiter la progression des sables, une action très remarquée au niveau des côtes du nord Tunisien, le parcours se fait donc par une route qui dessert la plage, d’ailleurs très fréquentée pendant la saison estivale.

On traverse donc un paysage exclusivement forestier, avec des volumes d’arbres formant une seule unité de couleur verte, et avec un sol ensablé le vent.

La présence humaine est aussi à noté avec l’implantation d’un petit village juste tout prés de la mer avec un petit port récemment aménagé, nous indiquant la principale activité économique qu’est la pêche, donc un passage d’une exploitation des ressources forestières vers l’exploitation de la mer.

L’installation de l’Homme n’est pas récente, ceci est confirmée par les vestiges d’un ancien port romain, montrant bien que l’activité portuaire date depuis des millénaires, et que la relation Homme/Nature remonte dans l’histoire de ce site.

De point de vu paysager, Sidi Michreg, présente un intéressant exemple de composition, englobant plusieurs paramètres puisqu’il compte les quatre grands domaines qui organisent un paysage à savoir : les boisements, les établissements humaines, les cultures et l’eau.

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VI CAP SERRAT

C’est à partir de la route qui joint Mateur à Tabarka qu’on prend une autre route nous conduisons vers Cap Serrat ; Une dénomination peut être étrange

puisqu’elle s’inscrit dans un cadre linguistique différent de l’usuel comme c’est le

, fameuses plaines de Mateur, un paysage exclusivement agricole, ayant une teinte coloniale, puisque on voit toujours les vestiges des fermes coloniales avec des Palmiers isolés, des alignements de peupliers…, dépassant la ville de Séjnen, on prend le chemin menant à Cap Serrat, donc direction la côte.

cas de Cap Negro, Cap Zebib

; Cette traversé se fait tout d’abord à travers les

Un accès facile et agréable, offrant toujours le même paysage agricole, on note ainsi la presque absence de reliefs imposants, et c’est d’ailleurs normale puisque on quitte un peu la région des moggods, direction les côtes de l’extrême nord Tunisien, où le relief est moins important de point de vue altitude.

Le parcours a une allure ascendante, puisque on arrive à un point culminant surplombant un paysage ouvert sur « l’infini », une vision globale de l’espace environnant, avec la mer, les plaines et aussi des reliefs du côté Ouest.

Une fois la descente commence, direction la mer, la forêt jusqu’à présent discrète, se dévoile ; Située donc à l’aval du relief (on note bien que c’est le fruit d’un reboisement pour essayer de limiter la progression des sables, donc de limiter la désertification de ces côtes Nord de la Tunisie, surtout qu’on remarque très bien l’étendu de l’action des sables sur le milieu environnant).

Tout autour sur les reliefs qui entourent le Cap, on remarque des tombolos qui sont des cordons de galets et de sable qui relie un ancien îlot au continent. Le boisement mentionné précédemment, est surtout formé de pin pignon et d’acacia (espèces fixatrice du sol), offre une vue intéressante du point de vu plastique, une composition de vert dense et compact formant une bande de séparation avec la mer et juste entre les deux on note une plage de sable ocre, un tableau unissant végétal et minéral d’une façon très équilibrée.

Cap Serrat, est considéré parmi les rares sites d’implantation de l’Homme préhistorique en Tunisie, c’est au niveau de la presque île 26 qu’on à trouvé des restes d’outils utilisés par nos ancêtres pour leur survie quotidiennes ; Et donc montrons la relation unissant l’Homme à cette côte et ce depuis très longtemps.

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Géologiquement parlant la presque île, ainsi que les formations rocheuses environnantes sont formé à partir de sable consolidé, offrant parfois des cavités qui sont soit le résultat d’une décarbonification, soit d’une désintégration des végétaux.

Une fois au niveau du Cap proprement dit, un tableau au vrai sens du terme, un paysage reflétant exactement se qu’on attendait de voir et même plus, on demeure époustouflé devant une telle composition, un mélange extraordinaire de couleurs et d’éléments naturels qui fusionnent pour former des scènes tantôt d’harmonies et tantôt de contrastes mais pas moins agréables.

Une succession de mouvements et de stabilité générée par les composantes dynamiques et statiques ; En effet, la présence de la mer juste en face (un champs d’horizontalité vaste), le relief (Est-Ouest, donc verticalité) et des masses végétales au Sud forment une sorte d’alliance et de collusion permettant de concevoir un tout ou bien une sorte de corps unis et homogène.

On note aussi la présence de l’Homme, mais cette dernière n’est pas choquante, au contraire, elle est intégré parfaitement dans ce paysage calme et rationnel ; Sa présence est encore liée à sa survie (l’activité essentielle pratiquée par l’Homme, est la pêche, on note ainsi un petit port naturel au niveau de l’île 26, ainsi qu’un marabout qui est peut être le protecteur des pécheurs).

Le site renferme aussi une forme de réserve naturelle avec des oiseaux migrateurs qui font de cette côte un refuge d’hiver.

Ainsi, la composition de Cap Serrat renferme un mélange intéressant de paramètres, de valeurs et de masses faisant de lui un espace paysager naturel, complet et surtout cohérent.

Le relief se dressant du côté Ouest de notre site, et encore clairsemé de végétaux (Chamaerops, Olivier sauvage…) qui poussent en défiant les conditions difficiles du milieu (couche arable fine, embrun…), montre encore un exemple de cohabitation et de symbiose d’un espace resté sous sa forme d’origine de complémentarité et de « tolérance ».

Cap Serrat, constitue ainsi un cadre naturel et un espace « vierge » qui mérite bien la protection à fin de conserver les paysages qu’il renferme et de faire bénéficier les générations futures de l’atmosphère qui y règne.

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LA BIODIVERSITE

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I LA FLORE

Le littoral tunisien peut être subdivisé en cinq grandes zones :

la côte nord de Tabarka à Cap Farina au sud de Bizerte

le golfe de Tunis de Cap Farina au Cap Bon

le golfe d’Hammamet du Cap Bon à Mahdia

le golfe de Gabès de Mahdia à Djerba

la côte Sud de Djerba à la frontière tuniso-libyenne.

Deux zones sensibles ont été identifiées au niveau du littoral nord dont la première va de Cap Négro à Cap Serrat et la seconde est les grottes de Bizerte.

La flore, la végétation, et les possibilités de protection et de développement du secteur de Cap Negro – Cap Serrat seront ci-dessous examinées.

1 Rappel des conditions du milieu :

Ce sont surtout le climat, le substrat et les sols qui retiendront l’attention.

1.1 Le climat

Les données climatiques de la station météorologique littorale de référence relative à la zone d’étude est celle de Tabarka. Elle va nous permettre d’approcher les aspects du climat.

1.1.1 La pluviométrie et les températures

Le tableau ci-après donne pour la station considérée, la valeur de la pluviométrie annuelle, celle des températures moyennes minimale et maximale du mois le plus froid et du mois le plus chaud de l’année, le régime pluviométrique saisonnier, et l’ambiance bioclimatique.

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Station

Pmm

m°C

M°C

Rég. Saison.

Amb. biocl.

Tabarka

1113,8

7,2

31

HAPE

Humide

Ces données placent Tabarka et donc le secteur littoral Cap Négro - Cap Serrat dans l’ambiance bioclimatique humide à hiver chaud.

1.1.2 Les vents

Les vents ont une grande importance dans le transport des particules de sable et la formation des cordons dunaires. Ils sont particulièrement fréquents et violents sur la côte septentrionale. Leur vitesse peut atteindre à Bizerte plus de 70 km/h.

Les vents les plus fréquents de décembre à avril sont ceux de l’Ouest (W), de juillet à novembre ceux du Nord-Ouest (NW).

De mai à juin les vents dominants sont du secteur NE alors que les plus forts et a fois desséchants (Chhili) viennent du SE.

1.2 Le substrat et les sols

La côte nord de la Tunisie est caractérisée par une alternance de zones sableuses et de zones escarpées.

Les sables proviennent de l’action de l’érosion marine et l’érosion pluviale conjuguées à celle du vent avec formation d’un cordon dunaire qui peut être mobile, en cours de fixation, ou déjà fixé par une végétation herbacée ou ligneuse, ou introduite.

Bruts au départ, les sols, très peu humifères, évoluent après fixation des dunes vers des sols bruns plus riches en matière organique, du moins en surface.

Au niveau des dépressions interdunaires évoluent des sols hydromorphes à gley et à nappe permanente peu profonde.

Le substrat rocheux est constitué par des grés numidiens consolidés, avec parfois de gros blocs de pierres, présentant le plus souvent un faciès de falaises plus ou moins abruptes.

Sur les grès évoluent des sols bruns à humus de type moder, alors que sur les argiles à colluvions se développent des sols bruns lessivés.

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2 La flore et la végétation

De Tabarka à Bizerte, de la plage à la terre ferme en passant par les édifices dunaires, se sont organisées des ceintures de végétation plus ou moins parallèles au rivage, dont la flore spontanée appartient à plusieurs classes phytosociologiques, et à laquelle d’autres espèces ont été introduites.

2.1 La flore spontanée

A la classe des Cakiletea maritimae appartiennent les espèces dominantes suivantes :

Cakile maritima subsp. maritima

Salsola kali

Euphorbia peplis

Xanthium spinosum

Matthiola tricuspidata

Ces espèces se rencontrent sur les hauts des plages où les sables sont grossiers et où se déposent les laisses de la mer. Elles sont liées au sel, au sable, et aux nitrates.

La classe des Ammophyletea arundinaceae et les syntaxa qui lui sont subordonnés sont représentés par :

Lotus creticus

Hypochoeris radicata

Silene nicaensis

Pseudorlaya pumila

Espèces affectionnant les sables fins et directement en exposition aux embruns marins.

Sur les dunes embryonnaires et sur les hauts de plages se rencontrent :

Sporobolus pungens

Silene succulenta subsp. succulenta

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Sur les dunes semi-mobiles ou sur celles déjà fixées mais en voie de détérioration se retrouvent :

Lygos monosperma

Ononis variegata

Crucianella maritima

Centaurea spherocephala

Maresia malcolmioides

Linaria pennifolia

A ces espèces s’ajoutent les autres caractéristiques de la classe:

Ammophyla arenaria subsp. arundinacea

Pancratium maritimum

Medicago marina

Euphorbia paralias

Daucus carota subsp. maritima

Polygonum maritimum

Euphorbia paralias

Othantus maritimus

Sagina maritima

La classe des Tuberarietta guttatae, a ici pour représentants, les taxa suivants :

Tuberaria guttata

Ornithopus compressus

Ornithopus pinnatus

Cerastium pentandrum

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Logfia gallica

Lupinus angustifolius

Aera cupaniana

Hypochoeris glabra

Rumex bucephaloforus

Trifolium arvense

Trifolium cherleri

Trifolium isthmocarpum

Trifolium nigrescens

Tolpis barbata

Vulpia bromoides

Galium divaricatum

Plantago serraria

Plantago ballardii

Toutefois ces espèces sont sous-représentées sur les dunes par rapport à celles des classes sus-mentionnées.

Les

rochers

Limonietea

maritimes

Et en particulier :

Crithmum maritimum

Anthemis maritimus

Asteriscus maritimus

Lotus cytisoides

Inula crithmoides

abritent

les

espèces

de

la

classe

des

Crithmo-

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Sonchus asper subsp. Glaucescens

Senecio leucanthemifius subsp.crassifolius

Limonium spathulatum

Limonium virgatum

Limonium gougetianum

Plantago macrorrhiza

Ces espèces vivent dans les conditions écologiques difficiles des rochers et escarpements, et subissent la concurrence d’autres espèces.

Sur les falaises abruptes se rencontrent :

Anthyllis barba-jovis

Artemisia arborescens

Elichrysum stoechas

Associées aux halo-hygro-nitrophiles comme :

Samolus valerandi

Halocnemum srobilaceum

Hordeum marinum

Mentha pulegium

Echyum sabulicola

Andryala integrifolia

et aux psammohiles dont particulièrement :

Lagurus ovatus

Lotus creticus

Au niveau des dunes se rencontrent aussi les transgressives de certaines autres classes comme celles des Phragmitetea, représentée par Phragmites australis,

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espèce très bien consommée par les animaux, la classe des Stellarietea mediea ayant pour représentants :

Cynodon dactylon

Avena sterilis

Lolium rigidum

Ecium plantagineum

Hordeum leporinum

Plantago lagopus

ou celle des Isoeto-Nanojuncetea dont les représentants colonisent les endroits à hydromorphie temporaire tels que :

Isoetes velata

Isoetes hystrix

Centaurium maritimum

Briza minor

Juncus bufonius

Sur les falaises gréseuses de l’Oligocène et sur les grés calcaires du Quaternaire se notent des espèces reflétant la sécheresse du milieu et la perturbation anthropique qui s’y exerce. Il y a entre autres :

Bromus rubens

Launaea residifolia

Brachypodium distachyon

Vulpia geniculata

Sherardia arvensis

Anagallis arvensis

Muscari parviflorum

Lobularia maritima

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Les dunes fixées sont couvertes par les espèces de la classe des Quercetea ilicis et des unités qui lui sont rattachées. On y trouve notamment :

Juniperus oxycedrus subsp. macrocarpa

Juniperus phoenicea

Quercus coccifera

Quercus suber

Ephedra fragilis

Clematis cirrhosa

Pistacia lentiscus

Phillyrea latifolia

Lorsque la couverture végétale est faible ou que le sol vient à se dénuder ce sont les caractéristques des Rosmarinetea qui s’installent. On rencontrent :

Fumana thymifolia

Ebenus pinnata

Galium mollugo subsp. corrudaefolium

Teucrium pollium

Avena bromoides

Elichrysum stoechas

Un inventaire exhaustif de la diversité floristique identifié à ce jour dans la région (à Sidi Méchrèg, aux grottes, à Béchateur, à Cap Blanc, Cap Négro et Cap Serrat) est fourni en Annexe à la fin de ce chapitre.

2.2 La flore introduite

Dés le début du vingtième siècle les forestiers ont entrepris des travaux de reboisement dans le cadre de la fixation des dunes littorales. A cet effet les essences suivantes ont été utilisées :

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Acacia cyclopis

Acacia cyanophylla

Pinus pinaster

Pinus pinea

Pinus halepensis

Eucalyptus sp.

Même si les Acacia ne supportent pas toujours les effets des embruns qui brûlent leurs feuilles, les résultats obtenus particulièrement par le pin pignon et le pin d’Alep et divers eucalyptus sont remarquables.

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2.3 Les espèces rares

Deux espèces, rare et très rare, sont à signaler et à protéger . Ce sont :

Anthyllis barba-jovis que l’on trouve à Cap Négro. C’est une espèce économiquement très importante compte tenu de sa haute valeur fourragère et de sa trés bonne palatabilité par les animaux. Elle se trouve également au-dessus des aiguilles de Tabarka et au Cap Bon dans les environs de Korbous, ainsi qu’à Zembra. Elle est actuellement l’objet de travaux de recherche en vue de sa multiplication et son exploitation dans le cadre de l’amélioration des parcours forestiers.

Nympha alba qui se trouve dans les eaux du petit lac d’eau douce à Djebel Chitana déjà cloturé, et qui constitue son unique station en Tunisie.

Ainsi les diversités bioclimatique, géomorphologique, édaphique, phytosociologique, floristique, et les travaux entrepris par le corps des forestiers témoignent de l’importance de la biodiversité du littoral nord de la Tunisie, de ses potentialités et des possibilités de sa conservation et de son développement.

3 Les contraintes

Bien que la côte septentrionale de la Tunisie ait une densité de population nettement plus faible que celle de la côte orientale, il n’en demeure pas moins vrai qu’elle est soumise à des contraintes dont la plus remarquable est la pression anthropique qui se traduit par la destruction de la couverture végétale, l’érosion, le tourisme estival et certaines actions d’aménagement hydrauliques.

3.1 La destruction de la couverture végétale

Aussi bien en Kroumirie qu’aux Mogods, régions naturelles qui englobent les deux zones concernées par l’étude, les formations forestières naturelles arrivent le plus souvent jusqu’au niveau de la plage. Mais leur état n’est malheureusement pas toujours satisfaisant. Le chêne liège a pratiquement disparu des Mogods, cédant la place à un maquis en perpétuelle dégradation

Cette dégradation est essentiellement dûe au surpâturage qui sévît dans ces régions et aux coupes abusives pour la fabrication du charbon.

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3.2 L’érosion

Elle est la conséquence directe du déboisement et du surpâturage. Elle affecte l’ensemble des sols forestiers.

3.3 Le tourisme estival

Durant tout l’été, les baigneurs venant de Bizerte, de Tunis, de Béja, de Sejnène, de Mateur, et de tout l’ensemble de l’arrière-pays des Mogods fréquentent les plages des Grottes, de Ras Engela, et de Sidi Méchrèg.

Outre les déchets solides laissés sur place, le piétinement remet en mouvement les dunes déjà stabilisées, tout en détruisant plus ou moins gravement leur couverture végétale.

3.4 Les aménagements hydrauliques

La retenue d’eau réalisée en amont de l’Oued Damous a asséché ses berges en aval causant la disparition de la végétation qui les couvrait et les protégeait contre les risque de sapement particulièrement au niveau des dunes.

La construction d’un autre barrage prévue sur l’Oued Ezziatine, du coté de Cap Serrat, risquera de provoquer les mêmes effets.

4 Perspectives de développement

Avant de parler des principales activités auxquelles s’adonne la population, agriculture, élevage, et travaux forestiers, il convient de donner un aperçu sur la situation foncière dans les Mogods qui se présente comme suit :

Forêts domaniales immatriculées

35586 ha.

Terrains privés et collectifs(à vocation forestière

35491 ha.

Forêts créées(par décret de fixation des dunes)

6947 ha.

Contrats de reboisement

938 ha.

Reboisement des terres à vocation forestière

3039 ha.

Terrains domaniaux

7358 ha.

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Il est aisé de constater qu’il y a autant de forêts domaniales que de maquis privé.

Cette dernière catégorie de terrains sert de parcours aux troupeaux ou des ayant – droit. Plus la superficie possédée est grande, plus le troupeau est important. On dénombre toutefois quelques propriétaires de bétail sans terre qui utilisent avec les autres membres de la collectivité les parcours collectifs.

Il s’agit le plus souvent d’un élevage extensif où le gardiennage et l’entretien du cheptel sont assurés par les enfants ou par les femmes.

Les terrains de culture où se pratiquent la céréaliculture et quelquefois l’arboriculture, les fourrages et accessoirement le tabac, sont exploitées individuellement.

La coupe anarchique des petits ligneux souvent de petit diamètre pour la fabrication du charbon de bois constitue après l’élevage une activité importante et lucrative.

Les travaux forestiers réalisés dans le cadre des programmes annuels par l’administration forestière sont ceux qui absorbent le maximum de main d’œuvre. Rappelons à cet effet que les travaux de reboisement des dunes ont commencé dans la zone de Béchater en 1949 sur une superficie de 2400 ha. Dont on tirera 8000 m3 en l’an 2000 et que la stratégie nationale de reboisement1990-2000 prévoit la plantation de 10.000 ha. Sur les terrains du domaine forestier de l’état et 20.000 ha. Sur les terrains privés dont 2100 ha. sont déjà réalisés sur les dunes. La fixation des dunes se fait dans un premier stade avec de l’Acacia à la densité de 1100 plants/ha.

La nouvelle tendance du développement forestier repose sur la participation des populations. Chez ces dernières s’inquiétant de la dégradation des ressources naturelles et notamment pastorales commencent à avoir des attitudes favorables à l’égard du milieu naturel.

parcours,

essentiellement par création de prairies à base de légumineuses, en excluant totalement les arbustes fourragers, craignant une main mise de l’état sur leurs terres.

Leur

préférence

est

surtout

orientée

vers

l’amélioration

des

Avec le concours des Associations Forestières d’Intérêts Collectifs (AFIC) les forestiers comptent entreprendre des projets de développement participatif agroforestiers intégrés, en organisant et en sensibilisant la population, tout en consentant des compensations.

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II LA FAUNE

1 Introduction

La situation de la Tunisie à un carrefour entre la zone saharienne, la zone tempérée, le bassin oriental et le bassin occidental de la méditerranée, la grande variété du milieu physique, ses contrastes géographiques et climatiques, expliquent en grande partie la diversité et la richesse de sa faune. De nombreux groupes de cette faune sont cependant partout en régression.

Cette régression ou parfois la disparition d'espèces est, le plus souvent, la conséquence de la dégradation des biotopes soumis souvent à une forte anthropisation et aux diverses actions destructrices de l'homme (capture, massacre, pollution et dégradation des biotopes).

2 Les écosystèmes

Les écosystèmes de Cap Négro et de Cap Serrat appartiennent au domaine de la Suberaie végétation à chêne liège. Ils se présentent sous forme de forêts, de matorral de hauteur variée et d'erme herbeux.

L'étage thermo-méditerranéen regroupe les Subéraies de basse altitude où le lentisque est abondant. La modération relative des pluies est combinée avec des conditions thermiques plus chaudes. Les groupements et les faciès à chêne kermes et à myrte individualisent les nuances maritimes de la Subéraie.

La Subéraie, son matorral et ses ermes servent de pâturage pour les troupeaux des paysans.

La Subéraie et son matorral constituent ainsi un type d'habitat vulnérable et en recul.

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3 Etat des lieux

Compte tenu de l’inexistence d’une documentation concernant la diversité faunique dans la zone d’étude, on se trouve dans l’impossibilité de constituer un inventaire des espèces existantes, ni de réaliser une analyse pour dégager les caractéristiques et les potentialités ou richesses fauniques du site. En dehors des espèces d’élevages ovins et caprins observées, rien ne peux être avancé à ce sujet. Cependant, se référant à la situation globale de la région de Bizerte, où une dégradation de l’écosystème faunistique et floristique en général est reconnu, on peut déduire que cette situation affecte également la composante faunique de la zone de Cap Negro – Cap Serrat. Par conséquent, toute recommandations de protection de l’écosystème dans sa globalité ne peut que s’appliquer à la zone d’étude.

Toutefois, il reste impératif d’initier une étude d'identification, de recensement et de caractérisation des espèces faunique peuplant la zone de Cap Negro – Cap Serrat comme préalable à toute intervention.

4 Conclusion et recommandations

L'anthropisation et l'action destructrice de l'homme constituent les menaces les plus importantes que rencontrent les habitats de la faune terrestre.

La sauvegarde des taxons rares, des endémiques et la lutte contre leur raréfaction est indispensable. Ces espèces nécessitent l'application de la loi qui les protège et la conservation de leurs biotopes.

Cependant, la rareté d'une espèce ou la faible densité d'une population ne signifie pas toujours qu'elles soient en danger. Certains taxons sont naturellement rares ou peu reproductifs. Il faut par conséquent :

Bien connaître et étudier la faune avant de proposer un plan d'action et d'intervenir pour la protéger.

Préserver les écosystèmes fragiles et limiter l'impact de l'homme sur le milieu naturel.

Inciter le citoyen à protéger davantage l'environnement et lutter contre la pollution, les incendies, la dégradation du milieu.

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Des études d'impact sur les populations animales notamment les Reptiles et les oiseaux sont indispensables avant la réalisation de tout projet industriel ou touristique, notamment dans les zones côtières fragiles et à équilibre précaire.

Mieux contrôler l’état de pollution des effluents déversés dans la nature.

Limiter le pâturage et le prélèvement du bois de chauffage dans les écosystèmes naturels.

Mieux contrôler les incendies de forêts et de maquis.

La Pollution par les engrais chimiques, les pesticides et les herbicides qui détruisent aussi bien la faune que la flore peut être mieux contrôlée par une meilleure gestion des systèmes agricoles et un appel plus grand aux luttes intégrées.

L’Aménagement du territoire est responsable de la diminution de la diversité spécifique, elle peut être aussi à l’origine de la prolifération de certaines espèces plus tolérantes aux modifications environnementales mais plus nuisibles.

Éviter les reboisements mono-spécifiques et encourager la diversité des cultures. L’hétérogénéité du milieu augmente la variabilité des niches écologiques et de ce fait contribue au maintien de la biodiversité des animaux.

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ANNEXE

Liste floristique

Espèces

Sidi

Grottes

Béchater

Cap

Cap

Cap

Méchrèg

Blanc

Négro

Serrat

Salsola kali

+

+

+

     

Cakile maritima subsp. maritima

+

+

+

     

Euphorbia peplis

+

 

+

     

Pancratium maritimum

+

+

+

+

   

Polygonum maritimum

+

+

+

+

   

Othantus maritimus

+

         

Spergularia media

+

         

Sonchus tenerrimus

 

+

       

Sonchus asper var glaucescens

     

+

   

Trifolium cherleri

+

 

+

+

+

 

Xanthium spinosum

 

+

       

Beta vulgaris

 

+

 

+

+

 

Cutandia maritima

+

+

+

+

+

+

Mentha suaveolens

     

+

   

Sporobolus pengens

+

+

       

Euphorbia paralias

+

 

+

 

+

 

Cyperus capitatus

 

+

       

Eryngium maritimum

+

 

+

     

Ammophylla arenaria ssparundi.

+

 

+

+

   

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Espèces

Sidi

Grottes

Béchater

Cap

Cap

Cap

Méchrèg

Blanc

Négro

Serrat

Medicago marina

+

 

+

+

   

Crucianella maritima

+

 

+

+

 

+

Cynoglossum creticum

+

 

+

     

Plantago crassifolia

+

 

+

+

   

Spergularia marina

   

+

     

Lotus parflorus

+

 

+

+

   

Valancia muralis

+

 

+

     

Halimium halimifolium

     

+

   

Cyperus capitatus

+

 

+

     

Juncus subulatus

     

+

   

Pseudoralia pumila

+

 

+ +

   

+ +

Schoenus nigricans

     

+

   

Limoniastrum monopetalum

     

+

   

Stachys maritimus

+

 

+

     

Hordeum marinum ssp marinum

+

 

+

+

 

+

Avena sterilis

+

 

+

     

Ephedra fragilis

         

+

Lagurus ovatus

+

 

+ +

+

 

+ +

Muscari parviflorum

+

         

Calystegia soldanella

+

 

+

     

Centaurium maritimum

+

         

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ZONE SENSIBLE CAP NEGRO – CAP SERRAT

Espèces

Sidi

Grottes

Béchater

Cap

Cap

Cap

Méchrèg

Blanc

Négro

Serrat

Matthiola tricuspidata

   

+

+

   

Catapodium hernipoa

+

 

+

+

+

 

Asteriscus maritimus

+

 

+

+

+

+

Allium roseum

+

     

+

 

Lotus cytisoides

+

 

+

+

+

 

Calicotum villosa

+

 

+

     

Polycarpon polycarpoides

   

+

     

Quercus coccifera

+

         

Phikkyrea latifolia

+

         

Inula crthmoides

+

 

+

+

+

 

Parapholis incurva

   

+

 

+

 

Andryala integrifolia

+

 

+

     

Lolium regidum

+

 

+

+

   

Elychrysum stoechas

+

 

+

+

+

+

Malcomia nana

+

         

Crithmum maritimum

+

     

+

+

Hypochoeris glabra

+

         

Echinops spinosus

+

         

Juniperus macrocarpa

+

         

Hypochoeris radicata

+

         

Glaucium flavum

+

   

+

   

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ZONE SENSIBLE CAP NEGRO – CAP SERRAT

Espèces

Sidi

Grottes

Béchater

Cap

Cap

Cap

Méchrèg

Blanc

Négro

Serrat

Trifolium tomentosum

+

         

Plantago coronopus

   

+

+

+

 

Halocnemum strobilaceum

+

   

+

+

 

Juncus acutus

+

         

Joncus maritimus

+

 

+

+

+

 

Tuberaria guttata

+

 

+

+

   

Gastridium ventricosum

+

         

Andryala nigricans

   

+

 

+

 

Crypsis echoenoides

+

   

+

   

Blakstonia perfoliata

+

         

Polycarpon tetraphyllum