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Tribune de Genève | Mardi 2 septembre 2014

2 Opinions Tribune de Genève | Mardi 2 septembre 2014
2 Opinions Tribune de Genève | Mardi 2 septembre 2014 Hurler, cogner, est­ce la solution? La

Hurler, cogner, est­ce la solution?

Mardi 2 septembre 2014 Hurler, cogner, est­ce la solution? La chronique Claude Monnier En cette rentrée
Mardi 2 septembre 2014 Hurler, cogner, est­ce la solution? La chronique Claude Monnier En cette rentrée

La chronique

Claude Monnier

En cette rentrée 2014, nous donnons l’impression de tous perdre les pédales. Que nous soyons Etats, ministres, parlementaires ou simples citoyens, nous nous débattons, nous menaçons, nous hurlons, nous rêvons de cogner… Voyez les Etats-Unis, l’Europe et la Russie se balançant à la figure sanctions et menaces extrêmes à propos de l’Ukraine déchirée. Voyez les politiciens français de tous bords réclamant à pleins poumons la fin du régime hollandiste qu’ils accusent de condamner la France à mort. Voyez les Etats-Unis et l’Europe menaçant de rayer de la carte jusqu’au dernier les djihadistes fous et sanguinaires d’Irak et de Syrie… On pourrait aisément continuer de la sorte sur 100 pages. Bref, nous ne nous supportons plus les uns les autres, que ce soit dans nos pays respectifs ou sur la scène internationale. Mais, question: suffit-il vraiment de frapper autrui avec une violence guerrière pour que revienne la paix sur cette terre? Certains en sont convaincus, qui proclament qu’aujourd’hui encore plus qu’hier il faut savoir être forts, fermes, durs, courageux, et qu’alors tout finira nécessairement par s’arranger. Dégommons Hollande, disent-ils, et la France s’envolera aussitôt vers les sommets de la prospérité. Battons-nous avec la Russie, et il fera de nouveau bon

vivre en ce bas monde. Exterminons les djihadistes et le Proche-Orient redeviendra une aire de paix et d’amour. Franchement, peut-on croire à ce genre de promesses? Pour ma part, j’ai de la peine à imaginer qu’un Montebourg président brutal ferait mieux que Hollande pour régler l’affaissement économique actuel de la France. Que nous entre-sanctionner et nous entre-humilier avec les Russes

«Mieux vaut encore nous risquer à des compromis durement négociés»

pourra sauver le monde. Qu’effacer les djihadistes de la carte ramènera un ordre démocratique paisible en Irak, en Syrie, à Gaza, en Egypte, en Turquie, en Iran ou au Pakistan et garantira l’Occident contre toute espèce de menace islamique. Je crois bien plutôt, comme Didier Burkhalter, président de la Confédération, que les crises en cours n’ont de chance de trouver d’issues qu’à travers des «dialogues à tous les niveaux», ou plus exactement des explications politiques rudes et viriles. Il est vrai que si ces explications devaient, comme il est possible, tourner mal, nous devrions alors craindre de tous finir dans le mur – comme nous le prédisait en 2006 déjà, avec humour noir et aplomb, le naturaliste et philosophe Yves Paccalet, dans son livre pamphlet: L’humanité disparaîtra, bon débarras!

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U Suisse métissée De plus en plus

visible, l’image d’une Suisse colorée fait son chemin dans la publicité. De nombreuses entreprises s’y sont mises.

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mobilité 3) Les Jeunes UDC dénoncent les profs gauchistes. Le coup de gueule du Genevois Privilège

Le coup de gueule

du Genevois

Privilège d’un autre âge

territoire de la Ville de Genève et des grandes communes suburbaines (soit ceux qui peuvent facilement utiliser les transports publics plutôt que leur véhicule privé): l’Etat-employeur encouragerait ainsi la mobilité douce de ses employés et suivrait une véritable stratégie en faveur de la protection de l’environnement. En deux mots: un Etat responsable. Michel Gorin

Ainsi donc, les membres de la police genevoise se voient payer leurs primes d’assurance maladie. Ce faisant, quel est le but visé par l’Etat-employeur, quelle stratégie suit-il? Qu’est-ce qui justifie un tel traitement de faveur auquel aucun autre fonctionnaire de l’Etat de Genève n’a droit? Rien, strictement et absolument rien. Dès lors, je propose que ce privilège d’un autre âge soit supprimé et que la somme ainsi économisée, sans aucun doute plusieurs millions, soit intelligem- ment utilisée pour offrir un abonnement annuel TPG «Tout Genève» à l’ensemble des fonctionnaires domiciliés sur le

Vous êtes un citoyen attentif et/ou indigné? La rédaction d’un billet d’humeur de 1000 signes vous intéresse? Envoyez-le à: coupde- gueule@tdg.ch

Face-à-face

Envoyez-le à: coupde- gueule@tdg.ch Face-à-face Deux regards sur le cirque, un art toujours à l’honneur

Deux regards sur le cirque, un art toujours à l’honneur à Genève La tournée annuelle du programme Knie, dont Alain Choisy relève la qualité, nous offre l’occasion de parler

du dynamisme de cette forme de spectacle fort appréciée à Genève, où elle est enseignée. L’occasion aussi d’entendre Luc Fournier, que la participation des animaux indigne.

Le cirque, Genève en raffole

des animaux indigne. Le cirque, Genève en raffole L’invité Alain Choisy Président de l’association Une

L’invité

Alain Choisy Président de l’association Une fois un cirque

Choisy Président de l’association Une fois un cirque Le propos de ce texte n’est pas de

Le propos de ce texte n’est pas de répon- dre à la question du bien-fondé de la par- ticipation des animaux dans les specta- cles de cirque mais de rappeler qu’avec ou sans animaux, le cirque constitue une discipline artistique essentielle de par l’importance de sa tradition historique et la richesse de sa diversité contemporaine. Art séculaire des troubadours et bate- leurs du Moyen Age, devenu «moderne» avec les spectacles équestres et acrobati- ques de Philip Astley (1742-1814), le cirque traditionnel, art populaire par excel- lence, a marqué les souvenirs d’enfance de chacun, mais aussi le cinéma de Fellini ou la peinture de Chagall ou Picasso. Un genre porté avec excellence par le Cirque Knie, garant d’une tradition forte qu’il réinvente au présent. Le cirque, c’est bien sûr aussi tout le mouvement du «nouveau cirque», né

dans les années 70 en France avec Ar- chaos, le Cirque Plume, le Cirque Baro- que, le théâtre équestre Zingaro et, de l’autre côté de l’Atlantique, sous une forme différente, avec le Cirque du Soleil. A la suite de ces précurseurs d’un genre nouveau, marqués notamment par l’absence d’animaux et la volonté de met- tre en avant le sens plutôt que la perfor- mance, se développe une multitude de cirques dont la richesse n’a d’égale que la diversité. Le cirque devient «contempo- rain» ou «de création». Il développe une

«Le cirque, c’est bien sûr aussi tout le mouvement du «nouveau cirque»

créativité inouïe et explore tous les ter- rains, de la rue à la salle de théâtre, hybri- dant les disciplines. Au-delà de cet aperçu historique, il faut aussi constater que le cirque, c’est une réalité à Genève. La dizaine d’écoles de cirque qui initient jeunes et moins jeunes, montent des spectacles ou offrent

des formations avancées en témoigne. Une vitalité que je vous encourage à dé- couvrir via le Festival suisse des écoles de cirque, en octobre à Confignon (www.unefoisuncirque.ch/festival). S’il n’existe pas encore d’école profes- sionnelle digne de ce nom en Suisse, con- trairement à Paris, Bruxelles, Châlons, Montréal ou encore Londres, une Fédéra- tion suisse des écoles de cirque (www.fsec.ch) existe depuis 2007, mène de magnifiques projets pédagogiques et se mobilise pour faire reconnaître la place du cirque contemporain dans le paysage culturel fédéral. Car il faut bien le reconnaître, si le cirque contemporain bénéficie d’une vi- talité et d’une créativité sans pareilles, il peine à trouver sa place dans notre beau pays. Les théâtres Forum Meyrin ou Châ- teau-Rouge, pour la région genevoise, programment des compagnies internatio- nales, mais la scène «cirque» s’arrête plus ou moins là. Ainsi, si certains aimeraient qu’on ar- rête d’enfermer les animaux, d’autres aimeraient qu’on cesse de regarder le cirque comme une bête de foire et qu’on reconnaisse la place qu’il mérite.

Une tradition qui a ses opposants

la place qu’il mérite. Une tradition qui a ses opposants L’invité Luc Fournier Vice-président Ligue suisse

L’invité

Luc Fournier Vice-président Ligue suisse contre la vivisection

Fournier Vice-président Ligue suisse contre la vivisection «Pas d’applaudissements pour les ani- maux de cirque –

«Pas d’applaudissements pour les ani- maux de cirque – Kein Applaus für Tier- quälerei!»: depuis le début de l’été, la LSCV a déjà organisé plusieurs dizaines de manifestations pacifistes durant les représentations des cirques Knie, Nock et Cirque Royal en Suisse alémanique. Ob- jectif: informer le public. Peut-on se divertir de la souffrance des animaux? Comment les animaux sauva- ges vivant dans des zoos ou des cirques supportent-ils leur quotidien? Une enquête publiée en mai passé par le journal allemand Die Welt a dévoilé les méthodes mises en œuvre dans plusieurs zoos pour présenter au public des ani- maux «heureux» d’être là: la plupart sont sous anxiolytiques, antibiotiques et autres psychotropes. Vous aimez les sin- ges? Vous allez adorer les chimpanzés sous Valium. Les dauphins ne sont pas

mieux lotis. Le directeur du zoo de Duis- bourg a finalement reconnu devant le Parlement de Düsseldorf que ses ani- maux étaient également sous antidépres- seurs. Huit dauphins sont morts entre 2008 et 2011 dans le seul delphinarium suisse. L’autopsie des deux derniers cada- vres a mis en évidence une surdose de médicaments. La nouvelle législation in- terdit depuis 2012 l’importation des céta- cés en Suisse. Quant aux cirques, la situation pour- rait-elle être différente? Les éléphants,

«Les animaux coincés sur un parking n’ont qu’à prendre leur mal en patience»

chameaux et autres animaux sauvages qui paradent régulièrement peuvent-ils être détenus de façon satisfaisante? Cinq pays européens, comme la Belgique et l’Autriche, ont déjà répondu non en inter- disant leur utilisation. En Suisse, les cir- ques bénéficient de dérogations spéciales

pour leurs zoos itinérants. Ils ne doivent respecter les dispositions légales «que si cela est possible». Les animaux coincés sur un parking n’ont qu’à prendre leur mal en patience. L’explication étant que ces animaux «font de l’exercice» durant leur numéro sous chapiteau. Sauf que la plupart d’entre eux n’ont aucun numéro. Ils ne sont en cage que pour attirer un public prêt à payer une entrée pour visi- ter la ménagerie. La question va au-delà de la mal- traitance animale. Elle interpelle aussi sur la valeur de nos actes. Notre intérêt parti- culier doit-il primer les souffrances qu’il peut engendrer? Pouvons-nous infliger à un être vivant une chose qu’il nous serait insupportable de subir? Les animaux ne sont nécessai- res ni dans notre assiette ni pour nous divertir. De nombreux cirques se passent tota- lement d’animaux et leurs numéros nous émerveillent par leur qualité. Inutile de voir des éléphants tourner en rond comme des automates. D’ailleurs, qu’in- flige-t-on en coulisse à un animal sauvage pour qu’il soit aussi docile en public? Un traitement «humain»?

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