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La (ré)invention d’Alexandrie

Un engagement citoyen pour l’avenir d’une ville

Youssef El Chazli 1

Alexandrie est prisonnière de sa mémoire. Alors que les travaux de sciences sociales sur l’Égypte abondent, la deuxième ville du pays et ses 5 millions d’habitants reste enfermée dans une lecture mythifiée, focalisée sur son passé antique et/ou sur la période cosmopolite de la fin du XIXe siècle et du début du XXe (1). Or, nombre d’Alexandrins – artistes, architectes, intellectuels, écrivains et activistes politiques – œuvrent pour sauvegarder la mémoire de la ville et tentent d’être les acteurs de son présent, voire de la projeter dans l’avenir. Ce phénomène s’apparente à une volonté de réinvention de la ville, comme on « invente » une nation et une identité, mêlant un héritage passé, une redécouverte de la vie quotidienne et un projet (révolutionnaire) pour le futur.

Alexandrie connaît un renouveau remarquable, et ce sur bien des registres. Outre sa position centrale dans l’industrie du pays, qui lui donne une importance économique fondamentale aux yeux des autorités au Caire (2), la ville s’est taillée durant la décennie 2000, et de manière plus décisive depuis la révolution du 25 janvier 2011, une place prééminente dans les débats politiques, culturels et artistiques. Alors qu’il y a moins de 15 ans, les espaces publics (tant au sens physique que symbolique) restaient limités et bien quadrillés, de nouveaux lieux ont essaimé en quelques années. Il est de nos jours impossible de traiter d’un quelconque phénomène social ou culturel en Égypte sans situer le propos par rapport aux bouleversements inédits que le pays a connus depuis 2011. En effet, ces dernières années ont été le théâtre d’une multitude d’événements disruptifs qui ont laissé leur trace. Comment alors rendre compte de ces bouleversements et penser des épisodes localisés de tentative d’émancipation qui ont précédé ? Sans entrer dans une lecture mécanique, où l’on chercherait à pister les causes de ce soulèvement (par exemple, les nouveaux espaces publics ont-ils rendu la révolte possible ou bien c’est cette dernière qui a produit de nouveaux espaces publics ?), il semble nécessaire d’essayer d’interpréter les mobilisations de masse inédites de 2011. Dans ce contexte, le cas alexandrin apparaît comme un site d’observation privilégié de dynamiques visibles ailleurs dans le pays ainsi que d’autres plus spécifiques à la « deuxième capitale ».

Le moment révolutionnaire et la redécouverte de la rue

Avant tout autre chose, il est primordial de décentrer le regard sur l’événement révolutionnaire égyptien. Pourrait-on réduire la Révolution française à Paris ? Les mobilisations ouvrières à Mahalla el-Koubra depuis 2006, le passé résistant des villes du canal de Suez ou encore les spécificités locales du jeu politique alexandrin sont autant de facettes et d’aspects de ce que l’on peut nommer la « révolution égyptienne ». D’ailleurs, nombreux sont ceux qui considèrent – rétrospectivement – que l’étincelle du soulèvement est venue de la mort de Khaled Saïd, Alexandrin de vingt-huit ans battu à mort par des sous-officiers de la police dans le quartier résidentiel de Cleopatra. Khaled Saïd, tué le 6 juin 2010, aurait été le Mohamed Bouazizi égyptien : celui par qui tout a commencé.

1 Visiting Phd Scholar au Département des études du Moyen-Orient, d’Asie du Sud et d’Afrique de l’université de Columbia de New York (États-Unis).

Tout au long de l’année 2010, alors que la fermeture de l’espace politique égyptien est visible (répression importante, élections frauduleuses, attaques sur la presse, etc.), des groupuscules contestataires s’organisent à Alexandrie pour dénoncer les exactions policières, soutenir les ouvriers grévistes, les habitants expulsés de leurs maisons ou encore appeler à la démocratisation du régime, notamment en critiquant le pouvoir de Hosni Moubarak (1981-2011). Cette tendance se renforcera avec le soulèvement des 18 jours (25 janvier-11 février 2011), durant lesquels la ville attirera l’attention du fait de sa place prépondérante lors des différentes phases de la situation révolutionnaire. Ainsi, c’est l’une des premières métropoles « libérées » des forces de police le vendredi 28 janvier, l’une des journées les plus violentes de la révolution. Les marches y sont gigantesques, couvrant l’avenue de la Corniche sur plusieurs kilomètres. Les Alexandrins et les Alexandrines (re)prennent au régime la rue la plus représentative de la cité : le bord de mer. Il est possible de commenter à l’infini le « sens » à donner au soulèvement d’une population que l’on jugeait jadis apathique et dépolitisée. Certains auteurs ont souligné l’aspect symbolique de cette prise de parole publique par des milliers de manifestants ; elle serait un moment d’apparition sur la scène publique d’individus à qui l’on avait depuis toujours nié, précisément, le droit à la parole publique. Le soulèvement aurait été, en ce sens, une demande de normalité (3), d’inclusion dans l’espace politique, une exigence d’écoute des in-ouïs (littéralement, celles et ceux que l’on entendait pas) (4). Cette irruption du peuple s’est faite aussi, et surtout, par une réappropriation de l’espace public. La manifestation de rue, l’occupation des places ont été autant d’actes, de gestes et de mises en scène voués à démontrer que l’espace physique de la ville « appartient » aux personnes. Le peuple est . « Nous ne partirons pas, qu’il parte lui », scandaient ainsi les dizaines de milliers de manifestants à l’intention du président Moubarak. Cela n’est pas anodin. S’il est un mot, parmi d’autres, qui est au principe de fonctionnement de tout régime politique autoritaire, c’est bien celui de « circulez ». S’arrêter dans l’espace public, qui plus est collectivement, est vu d’un mauvais œil ; celui du pouvoir. Le régime autoritaire conçoit la ville à partir de ses fonctions au service de l’économie générale des rapports de domination : production, consommation, habitation, et déplacement. À ces fonctions, des individus types sont préconisés : le travailleur, le consommateur, l’habitant et le passant. Pour les déviants et les déviantes, aucune place n’est prévue, ou du moins, une méfiance marquée et une malveillance prononcée. Or, la manifestation de rue, le graffiti, la fresque murale tout comme l’occupation des places et des bâtiments sont bien le signe d’un même acte : le passant s’arrête, il ne circule plus. Il crie sa présence, tambourine du pied, frappe les barrières métalliques avec des pierres et affirme sa présence. Par son acte même, il énonce sa légitimité à être ici. Il se bat, se blesse, meurt parfois, pour maintenir l’espace, le garder et empêcher l’ennemi de le reprendre (5). Le poids de cette expérience est central quand on interroge des participants aux mouvements révolutionnaires. « Pour la première fois, je me suis senti égyptien, je me suis senti chez moi », dit l’un (6). L’autre raconte comment la manifestation est l’occasion de découvrir des quartiers qu’il n’avait jamais approché. On découvre la ville, ou, pour la première fois, on redécouvre sa ville, on se sent lié à quelque chose qui nous dépasse, à quelque chose de plus grand que soi. Tant de discours répété à satiété dans les cours d’histoire et d’instruction civique prennent soudainement sens. Les passants, travailleurs, consommateurs et habitants deviennent soudainement des acteurs de l’Histoire. Les rues mille fois arpentées, alourdies par la banalité du quotidien, deviennent le théâtre de l’extra-ordinaire. Dans les mois qui suivent le soulèvement, cette nouvelle identité se renforce du fait d’événements politiques et d’initiatives militantes et culturelles. Ainsi, Alexandrie est la première ville où les locaux de la Sécurité d’État sont attaqués par les manifestants, entrainant un mouvement national dès le lendemain. C’est aussi une des villes où le « camp révolutionnaire » fait ses meilleurs scores aux élections législatives et surtout

présidentielles (en 2011 et 2012) (7). Les Alexandrins écrivent sur Facebook : « Si seulement Alexandrie était tout le pays… ». Sur Twitter, les militants cairotes demandent en rigolant s’ils peuvent demander un visa pour la « République libre d’Alexandrie ». Un véritable mouvement identitaire, dans le sens de la revendication d’une spécificité, et petit à petit, d’une volonté d’autonomie, commence à prendre forme. Mais tout cela ne doit pas être exagéré : la tendance est fortement citadine et difficilement représentative de tous les Alexandrins.

La multiplication des nouveaux espaces culturels

Il est devenu communément admis dans les recherches portant sur l’Égypte contemporaine que la décennie 2000-2010 a connu un certain nombre d’« ouvertures », dont les libéralisations économique (amorcées dans les années 1990) et politique étaient

représentatives. Ainsi, la décennie a été jalonnée de moments clés : réformes constitutionnelles (2005), scrutins électoraux (2000, 2005, 2010), multiplication des médias

« indépendants » et explosion des mobilisations protestataires. Dès 2004, apparaissent des

mouvements appelant à la démocratisation du régime (comme Kifaya) ou encore de larges protestations ouvrières. La décennie vient rompre avec l’accalmie des années 1990. Dans les milieux culturels, des transformations se font également sentir. De nouvelles institutions naissent et viennent remuer les eaux stagnantes de la production artistique. C’est le cas, par exemple, avec l’inauguration de la Bibliotheca Alexandrina en 2002, pharaonique projet sponsorisé par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la sciences et la culture (UNESCO). La bibliothèque est sans doute l’un de ces projets typiques des régimes autoritaires : un mélange de financements étrangers, de clientélisme,

de pantouflage et de cooptation. Cependant, derrière les scandales et les portefeuilles gérés de manière opaque, ou encore des liens présumés entre le directeur de l’institution et de la famille Moubarak, ce projet a eu des conséquences imprévues sur les espaces d’expression dans la ville côtière. Un dérapage et une ouverture non contrôlée. La Bibliotheca Alexandrina, étant l’un des rares lieux pouvant mettre à disposition des salles de haut niveau pour se produire sur scène, elle permet la création autour d’elle un marché de la musique underground par le biais de l’organisation de divers festivals, notamment en été. Pour pouvoir fonctionner, le lieu attire également un certain nombre d’intellectuels, écrivains, chercheurs et artistes, qui y trouvent un espace et des moyens pour organiser de nombreuses activités, rencontres, ateliers, colloques, etc. Tout

« dépolitisé » qu’il soit, cet espace voit circuler de nombreuses personnes et est aussi un

lieu d’entrée de nombreux jeunes dans les milieux culturels et artistiques. Par la suite, beaucoup sortiront de l’institution, volontairement ou non, et créeront des initiatives plus indépendantes. Ces tendances se renforcent tout au long des années 2000. La multiplication des associations et fondations culturelles, financées par des dons privés ou publics, permet tant la création de nouveaux espaces de circulation des artistes et intellectuels, que l’hybridation des genres en amenant des personnes de milieux sociaux et de traditions artistiques ou intellectuelles différentes (le rock et le métal avec la musique orientale, par exemple). Elle permet aussi la multiplication de l’offre culturelle, créant parallèlement, petit à petit, un public initié que l’on retrouvera sans grand étonnement dans les rangs révolutionnaires quelques années plus tard (8). C’est le cas de fondations, comme Eskenderella, qui propose une programmation culturelle à l’attention de quartiers défavorisées ou connaissant des conflits avec les autorités ; ou encore Gudran, qui sponsorise autant les musiciens que les artistes visuels, rénovant des espaces abandonnés du centre-ville pour en faire des lieux culturels alternatifs.

« Sauver Alexandrie » : la question de l’héritage

Un autre aspect fondamental des initiatives alexandrines porte sur la question de la défense de l’héritage et de la mémoire de la ville, notamment de son architecture. Cette question traverse les différents milieux culturels, politiques et artistiques et constituent l’un des noyaux de la nouvelle construction identitaire à laquelle tous ces milieux participent. C’est doute là un des points nodaux de la réinvention d’Alexandrie en mobilisant son passé glorifié et mythifié. Cette Alexandrie mythique est devenue un référentiel partagée des milieux culturels et artistiques alternatifs qui ont commencé à essaimer dans les années 2000 : une « belle époque » évoquée mélancoliquement dans l’entre soi comme dans les productions artistiques. Ce « modèle de convivialité » devient ainsi tant un outil discursif et une ressource pour critiquer l’ordre socio-politique des années 2000 qu’une manière de se définir par rapport à (et contre) l’État centralisé représenté par sa capitale, Le Caire. L’observation des productions culturelles et artistiques dans la deuxième moitié des années 2000, et encore plus après 2011, montre bien cet intérêt de produire un discours sur l’« Alexandrinité », ses spécificités – la mobilisation du thème de la mer, de la pêche, la revisite de la musique de Sayed Darwich (1892-1923) –, ses lieux de socialisation, ses mots typiques, une exacerbation de son accent, etc. Mais ce travail de constitution d’une identité positive et agonistique avec la capitale s’est aussi renforcé du fait des luttes politiques de 2010 à nos jours. La question de la défense du patrimoine et de l’héritage en Égypte est, en soi, tout sauf nouvelle. Un certain nombre de dispositions légales et d’institutions étatiques sont chargées de gérer ce dossier. Dans le cas alexandrin, il existe différentes institutions étatiques, paraétatiques ou de la société civile, voire même des organismes étrangers, investis dans la sauvegarde et la documentation des héritages multiples que la ville accueille, comme par exemple le Center for Documentation of Cultural and Natural Heritage de la Bibliotheca Alexandrina, le Heritage Preservation Project dans la même bibliothèque, le Centre d’études alexandrines (antenne du CNRS français), et bien d’autres. L’idée même de sauvegarde de l’héritage alexandrin a connu plusieurs inflexions au cours des décennies. En effet, de par la collaboration étroite des différentes institutions engagées dans ce processus avec le Conseil suprême des antiquités, la focalisation s’est surtout faite sur la sauvegarde et la restauration des vestiges historiques des différentes époques que la ville a connues (époque hellénistique, romaine, islamique, etc.). Ce n’est qu’assez tardivement qu’un intérêt plus marqué pour l’héritage architectural de la « période cosmopolite » d’Alexandrie a commencé à prendre forme, notamment du fait d’un regain d’intérêt pour cette période de la part d’artistes et d’écrivains. La participation au moment révolutionnaire a amené de nouveaux secteurs sociaux, notamment les moins défavorisés, dans l’arène revendicative. Ces nouveaux engagés y ont fait l’expérience concrète de la résistance, de la protestation et de la revendication. Politiser le travail, produire un engagement « civique » à partir de son expérience professionnelle, a été l’une de ces nouvelles modalités. Et parmi ces nouvelles catégories professionnelles mobilisées, les architectes et les urbanistes (professionnels ou universitaires) ont joué un rôle important dans la construction de la cause de la sauvegarde de l’héritage. Toutes ces initiatives sont construites autour du discours de la sauvegarde de l’héritage dans une acception architecturale. Certes, on pourra se prévaloir que, même si des démolitions ont toujours existé, c’est l’explosion de celles-ci depuis 2011 qui explique la naissance de toutes ces initiatives. Car il faut bien le noter, toutes les initiatives recensées sont nées en 2012, 2013 et 2014. Si la corrélation est donc irréfutable, l’explication l’est beaucoup moins. Une meilleure manière de traiter ce problème est de le ramener au contexte particulier de ces années post-2011, marquées par la transformation profonde du champ politique égyptien. En effet, après 2011, mais surtout dès 2012, on observe une diversification des types d’engagements. Après la phase d’effervescence, beaucoup des nouveaux secteurs politisés

ont cherché (sans que cela soit nécessairement une stratégie consciente) à reconvertir leur expérience révolutionnaire, leurs espoirs et leurs valeurs dans d’autres types de causes :

engagements féministes, révolution des canons artistiques, initiatives culturelles autonomes, etc. C’est dans ce contexte de constante redéfinition des situations à l’aune des nouvelles expériences acquises qu’il faut resituer ce phénomène. Ainsi, la mobilisation contre la tentative de démolition de la villa Cicurel (9) en mai 2012, qui sera l’événement de naissance de la page Facebook « Save Alex » (10), reprend l’idiome révolutionnaire (« Le peuple veut sa ville », pancarte portée lors d’un rassemblement, mise en photographie de couverture), et se conçoit comme une reprise en main par les citadins de l’avenir de leur cité, dans la droite ligne de tout le discours révolutionnaire du 25 janvier 2011. Si cette première mobilisation est plutôt restreinte aux milieux des architectes, urbanistes et intellectuels, on retrouvera en mars 2014, lors de la mobilisation contre la destruction de la villa Aghion, plusieurs figures du militantisme alexandrin en train de participer à l’action. De manière encore plus remarquable, lors d’une présentation par le fondateur de Save Alex de son initiative (11), il termine par une diapositive montrant une manifestation sur la corniche d’Alexandrie avec pour inscription « Thanks for 25/01/2011 », reliant directement son action à la révolution.

Après la révolution, la répression

En outre, l’essor visible de ces initiatives et leur revigoration depuis début 2014, relayées par ailleurs par des réseaux intellectuels comme le groupe « Alexandria Scholars », qui en fait un de ses préoccupations centrales, intervient à un moment où le contexte politique est de plus en plus refermé. En effet, depuis la destitution du président Mohamed Morsi le 3 juillet 2013, et la reprise en main des affaires par l’armée, le champ politique égyptien a connu une violente fermeture de l’espace public qui a poussé beaucoup vers les classiques voies du désengagement, de la radicalisation ou de la reconversion militante. Dans ce contexte, ce type de mobilisations apparaît comme un lieu parfait de reconversion. En mettant en œuvre toute une série d’activités « originales », et peu coûteuses politiquement (campagne de dessins du bâti du front de mer, participation à des conférences et à des marches urbaines, etc.), la mobilisation pour la cause de la ville réussit à attirer beaucoup des sortants d’autres activités militantes, mais aussi de tou-te-s celles et ceux pour qui la révolution a été un moment important, un point d’inflexion dans la trajectoire personnelle, une bifurcation, mais sans que cela ne se traduise par un engagement politique radical tel qu’il était présent dans l’Égypte de 2011. Les grands espoirs de la révolution de 2011 ont laissé la place à la déception et au désespoir chez bien des jeunes révolutionnaires. Les vagues de répression que l’Égypte connaît depuis 2012, et la reprise en main des institutions étatiques par les militaires, ont sonné le glas des rêves de transformation rapide et radicale de la société. Cependant, pour beaucoup, l’expérience de l’utopie concrète que furent les premiers mois de la révolution a généré des engagements divers, des repositionnements dans leurs trajectoires individuelles, des nouvelles manières de vivre et de penser que l’on peut aujourd’hui pister dans les milieux culturels et artistiques. On pourrait ainsi dire, pour parler du bouillonnement visible en Égypte, d’un « après Janvier », comme on a pu parler, en France, d’un « après Mai ».

NOTES (1) Robert Ilbert et Ilios Yannakakis (dir.), Alexandrie 1860-1960. Un modèle éphémère :

communautés et identité cosmopolite, Autrement, 1992. (2) Alexandrie détient le premier port d’Égypte et s’impose comme la plus industrielle des grandes villes égyptiennes. Éric Denis, « Alexandrie : seconde ville d’Égypte ou métropole méditerranéenne ? », in Revue géographique de l’Est, vol. 2-3, 1997, p. 163-188. (3) Laurent de Saint Périer, entretien avec Henry Laurens, « Le Printemps arabe est une révolution de la normalité », in Jeune Afrique, 22 mai 2013.

(4) Agnès Deboulet et Bénédicte Florin, « Mobilisations pré-révolutionnaires : quand les habitants des quartiers populaires du Caire (se) manifestent », in Égypte/Monde arabe n°11,

2014.

(5) Youssef El Chazli, « Sur les sentiers de la révolution. Comment des Égyptiens “dépolitisés” sont-ils devenus révolutionnaires ? », in Revue française de science politique, vol. 62, 2012, pp. 843-865. (6) Entretien avec l’auteur, décembre 2012. (7) Alors que les résultats du 1 er tour du scrutin présidentiel donnent, au niveau national, la première place au candidat des Frères musulmans (Mohamed Morsi) et la deuxième au candidat de l’ancien régime (Ahmed Chafîq), Alexandrie vote massivement pour le candidat nassérien opposant (Hamdîne Sabbahi) et derrière lui le candidat islamiste modéré (Abdel Moneim Aboul Foutouh). http://english.ahram.org.eg/News/42755.aspx (8) Youssef El Chazli, « Alexandrins en fusion. Itinéraire de musiciens égyptiens, des milieux alternatifs à la révolution », in Laurent Bonnefoy et Myriam Catusse (dir.),

Jeunesses arabes. Du Maroc au Yémen : loisirs, cultures et politiques, La Découverte, 2013, p. 355-

364.

(9) Les villas Cicurel et Aghion sont des modèles d’architecture Art déco : la première fut édifiée en 1930 et la seconde en 1926, toutes deux par des Français. (10) Créée aux lendemain de la révolution de 2011 par des étudiants en histoire de l’art, Save Alex est une association de protection du patrimoine d’Alexandrie fondée. (11) L’arrestation en novembre 2013 puis l’incarcération de Sherif Farag a sans aucun doute joué dans le rapprochement des différents milieux, puisque son cas pouvait désormais être cadré par la référence aux détenus politiques. S. Farag a finalement été relaxé après huit mois d’emprisonnement sans condamnation.