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Le soleil se couche déjà sur la forêt, et pourtant, je ne ressens aucune
fatigue. Du haut de l’arbre où je suis assis, je sens le vent qui agite les
feuilles et les branches. Un vent froid d’automne, précédant l’hiver qui
nous attend et qui en tuera sûrement plus d’un.

Je suis un guerrier, l’un des plus agiles du camp.
Mon nom est Naktam.

J’ai terminé ma formation aux armes il n’y a que huit lunes pleines et
pourtant, j’ai le sentiment que les autres me respectent déjà. J’ai
l’intention de devenir une légende, le meilleur des meilleurs. C’est mon
seul but, mon seul objectif, et rien ni personne ne pourra m’en détourner !
Ces derniers temps, les Symthians s’affaiblissent. Le gibier commence
à se faire rare autour du village, et nous avons été atteints de plusieurs
épidémies. La peur de la mort qui nous guette et le désespoir tord les vi-
sages de tous les Symthians – ou presque –, devenus tristes et sombres.
La chef a envoyé ses meilleurs guerriers dans différents camps de
chasse, autant pour ramener de la nourriture et remplumer les plus frêles,
que pour nous éviter d’attraper un de ces vilains maux qui nous mena-
cent. Nous protéger est de son devoir si elle ne veut pas voir les
Symthians s’éteindre…

Ainsi j’ai été choisi pour me rendre dans le camp de chasse le plus
important de toute la forêt. Ici, le gibier est si abondant que le camp en-
tier pourrait y vivre sans envoyer qui que ce soit dans un camp de chasse.
« Alors, pourquoi n’y allons-nous pas ? » me direz-vous. Cette zone de la
forêt regorge de dangers. On n’y envoie que les guerriers les plus expé-

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rimentés – comme moi. Tout d’abord, ce camp est très proche de la Ri-
vière Azcudia – et, par conséquent, des Merydians qui grouillent sur
l’autre rive. Ensuite, car le terrain ne s’y prête pas : marécageux, hu-
mide… Comment tout ce gibier peut survivre en si grand nombre ici ?
Personne n’a jamais voulu me répondre. Je pense que personne n’en sais
rien. Mais je suppose que, comme c’est le lieu de la forêt qui comporte le
moins de prédateurs, les petits animaux s’y sentent en sécurité et peuvent
proliférer tranquillement.
Et puis nous, après, on a plus qu’à les cueillir… Les animaux sont
vraiment des cervelles moisies, parfois !

Et oui… le soleil se couche déjà. Et… Nom d’un porc-épic, le soleil
se couche déjà !
Je descends à toute vitesse de mon arbre et j’atterris agilement et si-
lencieusement dans les feuilles mortes humides qui tapissent la terre.
Je m’élance entre les arbres. Le vent gifle mon visage et je peine à
garder les yeux ouverts.
Je m’arrête, une centaine de pas plus loin, à bout de souffle – aussi
étonnant que cela soit. Le vent me vient de face et m’empêche de respirer
correctement. Je me retourne afin de le recevoir dans mon dos et recule
de quelques pas en tentant de reprendre ma respiration. Je ne serai jamais
à temps au camp à cette allure-là ! J’accélère un peu, toujours dos au
vent, et toujours à reculons. Je cherche une solution qui me permettrait de
gagner du temps.
Soudain, mon pied dérape et glisse. Très peu de temps me suffit pour
prendre conscience du lieu où je me trouve…
Au bord d'un gouffre !
Ma superbe rapidité ne suffit pas à me raccrocher à quelque chose de
matériel – et je gagne en prime une bonne coupure au bras !
Je dégringole sans pouvoir réfléchir ni faire quoi que ce soit. Mon
cœur bat très vite. Dans un réflexe, je me tourne afin de retomber le
mieux possible. Le sol se rapproche. Je me vois déjà étalé en bas, mes
camarades me ramassant à la cuillère.
Et puis, j'aperçois ce bleu. Ce joli bleu profond qui illumine les parois
de pierre d'une étrange lumière. Je me lance la tête en avant, en espérant
que je réussirai à me maitriser pour passer à travers.

Je plonge.

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L'eau emplit mes yeux et mon visage. Je suis passé. Ça y est.

Mais l'eau commence aussitôt à me tirer vers les profondeurs. Sous ses
airs de bienfaitrice, je sais bien que se cache une grande meurtrière… Je
revois rapidement toutes les personnes que j'ai connues et qui ont suc-
combé à cause de sa force. Je revois les visages de ceux qui ont été re-
trouvés, leurs yeux fixes ressemblant à ceux des poissons, leurs visages
gonflés.
Mais elle ne me tuera pas. Pas moi. Je ne suis pas comme les autres :
je ne peux pas mourir maintenant. Je suis destiné à un avenir exception-
nel, ce n'est pas possible autrement. Je deviendrai le plus fort de tous les
temps, le plus grand guerrier. Je décimerai tous ces Merydians une bonne
fois pour toute et on sera tranquilles !

Et puis, de toute façon, l'eau est mon alliée.

Le sens du courant s'inverse et me ramène doucement vers la surface.
Je m'élève alors, poussé par une force merveilleuse et je me retrouve de-
bout sur l'étendue bleue, mes deux pieds bien calés entre les fines goutte-
lettes. Habitué à cette sensation, je commence à courir vers la rive.
Je suis l'un des seuls du camp qui réussit à dompter son pouvoir à ce
niveau – ma sœur et quelques autres grands guerriers, comme Aranwë,
parvienne également à maitriser le leur. Chaque pouvoir est différent.
Certains Symthians ne le découvrent jamais.

Heureusement, je trouve rapidement un passage qui permet de sortir
de cette combe. Je prends quelques repères afin de pouvoir y revenir si
besoin. L’envie me gagne de ne parler d’elle à personne. Pour l’instant, je
ne vois de toute façon aucune utilité à les informer de ma découverte.

J’aperçois enfin le grand arbre qui nous sert de repère. J'entre dans le
camp frigorifié et à bout de souffle, prêt à me précipiter près du feu dont
les flammes dansent dignement.
– C’est à cette heure que tu rentres ? Et du gibier, pendant ce temps,
t’en as attrapé au moins ? me demande méchamment Ohtar.
Ohtar est l’un des guerriers que j’accompagne. Il se croit le chef et il
nous dicte toujours les ordres à suivre. Même Aranwë l’écoute, alors

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qu’il est le plus vieux de nous trois – il a presque vingt-neuf hivers ! Il
faut dire qu’Ohtar se comporte en brute épaisse lorsqu’il n’y a pas la
vraie chef. Je réponds donc avec un respect feint :
– J'ai pêché au moins douze poissons ce matin. Je pense que c'est
assez !
Il me lorgne avec agressivité. Je marmonne en faisant demi-tour :
– Et bien, il faut croire que non…
Je viens de faire trois pas lorsqu'Aranwë s'exclame, avec un air gêné :
– Reste ! Ça ira pour aujourd'hui.
Ohtar le regarde à son tour, menaçant. Aranwë se remet alors à son
travail : tanner quelques peaux de petits rongeurs que l'on coudra ensuite
afin de faire des couvertures.
– Alors, qu'est-ce que tu attends ? s'exclame Ohtar à mon intention.
Vas donc chasser !
Je me redirige vers la forêt, toujours grelottant depuis ma petite bai-
gnade. Le vent glacé dans le dos, je m'élance dans l'herbe fraiche et hu-
mide. J'ai un don pour la pêche, je serai bien plus rapide à pêcher qu'à
chasser. Même si nous avons déjà profusion de poissons – grâce à moi, je
dois bien l’avouer ! – Ohtar en veut encore. Je vais donc lui en redonner.
Je prends la direction de l’étang – qu'Aranwë m'a montré – et qui re-
gorge de poissons. Plus vite j’y serai, plus vite j'aurai des proies, et plus
vite je rentrerai me réchauffer.

L'étang est vraiment moins beau que la source que j'ai trouvé tout à
l'heure. Je m'entends moins bien avec ce genre d'eau : sale, poisseuse…
le lien se fait mal. Mais j'arrive tout de même à la maitriser – enfin, la
plupart du temps.
J'observe les petits êtres qui se faufilent entre les algues puantes de
l'étang crasseux – je ne comprends vraiment pas comment ils peuvent
vivre ici. J'en repère un assez gros, qui fera l'affaire. Je pose délicatement
mon pied sur la surface verdâtre dans l'attente d'un retour. Plusieurs gout-
telettes venues des profondeurs sombres de l'étang me soutiennent alors
le pied.
C'est bon, le lien est établi, je peux y aller.
Je marche précautionneusement en guettant les moindres gestes de ma
proie. L'avantage de mon pouvoir, c'est que je ne fais ni de bruit, ni
d'onde susceptible d’avertir le poisson de ma présence. En clair, il ne se
sent pas le moins du monde attaqué.

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Quelques pas. J'enfonce ma lance de pêche dans l'eau avec une puis-
sance fulgurante. Mais le poisson s'écarte juste à temps pour échapper à
ma lame.
Je recommence mon attaque.
Raté.
Le poisson a compris le danger, et il s'enfuit à toute vitesse. Il ne me
sèmera pas si facilement ! Je cours derrière lui, en essayant de ne pas le
perdre de vue. Il continue à se sauver, et se faufile dans le sens du cou-
rant – ce qui le rend bien plus rapide. Je révise quelques temps mes
points de repère ainsi que tout ce que j'ai appris.
Si je me souviens bien, l'étang alimente l'Azcudia par un tout petit
ruisseau. Donc le courant, aussi petit qu'il soit, se dirige vers cette sortie.
Je m'élance sur l'eau, mes pas s'enfonçant parfois un peu de trop dans
l'eau et risquant de me faire chuter. Mais je réussis tout de même à garder
un rythme assez élevé pour suivre le poisson. Je quitte quelques temps
l'étang et reviens sur la terre ferme afin de passer l'étroit ruisseau – je
n'aime pas non plus les eaux trop agitées, elles ont bien trop de sautes
d'humeur !

Je poursuis toujours le poisson. Il ne peut pas m'échapper. Ce dois être
horrible de ne pas savoir où se trouve la menace, mais d'être sûr qu'il y en
a une – en l’occurrence : moi. Bientôt, il se dira qu'il m'a distancé et il
ralentira l'allure, je pourrai alors l'attraper sans mal.
Mais pour l'instant, il continue de frétiller dans l'eau devenu plus
claire. Je jette un coup d'œil rapide aux alentours : les rives sont bien plus
espacées qu’à l'étang. Malgré la brume, j'aperçois des formes étranges sur
l'autre berge, ressemblant à des gigantesques masses rectangulaires.
Mon poisson ralentit enfin et, me détournant du paysage, j'envoie une
nouvelle fois ma lance de pêche dans l'eau douce. Je la ressors aussitôt,
ma proie empalée sur la lame. Je le claque contre mon genou afin
d’abréger ses souffrances. Vu son énorme taille, je ne pense pas qu'il y
est besoin d'attraper d'autres proies.
Soudain, une sensation étrange me renverse. Je relève le regard et ob-
serve l’obscurité au loin. Doucement, les formes se précisent et mon re-
gard devient plus perçant. Je réalise alors que, de l'autre côté de la rivière,
une jeune fille me fixe avec des yeux aussi perdus que ceux du poisson
mort que je tiens entre mes doigts.

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Le poisson mort.
Je le rattrape avant qu’il ne finisse sa petite glissade et l’enfourne dans
le petit sac que je porte en bandoulière.
Je comprends brusquement l’incroyable.
Une Merydian…

Un frisson me parcourt l’échine. Je rebrousse chemin, ne sachant que
faire à part prier l'arbre sacré qu'elle m'ait déjà oublié.

Peu probable.

Je vais me faire massacrer au camp. Les générations ne se souvien-
dront de moi que d’un pauvre type qui a eu la malheureuse idée de chas-
ser devant la Rivière. Ils m’empêcheront de réaliser mon glorieux destin
et personne ne m’honorera pour mes immenses exploits ! Ma réputation
sera réduite à néant… Je suis certain qu’Ohtar ne rechignera pas pour
m’abattre.
Je ne veux pas crever comme ça – et surtout pas faire plaisir à ce ma-
lade. Non. Je ne dirai rien de ce que j’ai vu et tout se passera pour le
mieux.

Je parcours rapidement la distance qui me sépare du camp en ne ces-
sant de me répéter en moi-même : « Je n’ai rien vu. Aucune Merydian.
Personne ne m’a aperçu. Cette chasse a été parfaitement ordinaire. ».
Peut-être que je finirai par le croire.


J’entre tranquillement dans le camp, l’air de rien. Mais mon cœur con-
tinue de battre la chamade. Je ne sais pas où est Ohtar – et tant mieux. Je
pose ma proie sur la peau d’ours qui est étalée au milieu du campement.
Etonnamment, je n’ai plus du tout froid. Cette petite course poursuite m’a
bien réchauffée. Je reprends ma prise après avoir rapidement réfléchit.
Autant vaut appliquer la Flurhaa tout de suite.
La fleur se trouve normalement à l’intérieur de la tente principale,
dans un petit panier de branchages. Normalement. Quand personne ne le
déplace. Je ressors de la tente de fortune et cherche Aranwë dans tout le
camp. Introuvable. Décidément, tout le monde s’est lié pour m’embêter
aujourd’hui ! Je repose mon poisson sur la peau et je m’installe sur

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l’herbe humide. Mon esprit se m’est alors à divaguer dans mes pensées
habituelles…

– NAKTAM ! ÇA NE TE DERANGE PAS DE DORMIR PENDANT QUE LES
AUTRES TRAVAILLENT ?
La voix d’Ohtar a retentit si fort que j’ai sursauté. Je balbutie alors,
mal réveillé :
– Je… Non ! Je ne dormais pas !
Je me lève, difficilement. Ma tête tourne un peu. Bêtement, je ne
m’attends pas à réentendre sa voix monstrueuse.
– Evidement… Tu patientais peut-être en attendant que le poisson
pourrisse ?
Son ton haineux me fait revenir à moi. Un peu trop vite…
– Vous étiez passé où ? Et où est-ce que vous avez encore caché les
Flurhaas ?
Il m’agrippe par le col et m’envoie méchamment :
– Tu ne me parles pas comme ça, gamin !
J’ai envie de lui répliquer aussi désagréablement qu’à présent j’ai dix-
sept hivers, l’âge d’être un guerrier, et que, par conséquent, il s’adresse
d’égal à égal, mais son haleine pestilentielle m’en dissuade. Peut-être que
mes pieds se balançant dans le vide font aussi leur effet.
Et puis, d’un coup, je sens le sol. Trop brutalement.
Je m’écroule.
Aranwë me tend alors le panier de Flurhaas. Je l’interroge :
– Pourquoi les avez-vous prises ?
– Ne demande pas les choses qu’il ne faut pas, me répond-t-il.
Je suis prêt à lui demander pourquoi il est si mystérieux mais il repart
déjà.
Je me redresse tant bien que mal, les jambes croisées. J’attrape la
première Flurhaa qui me vient et je commence à la frotter contre le pois-
son. Les Flurhaas ont un puissant pouvoir de conservation. Le poisson
tient près d’une lune pleine à l’air libre grâce à elles.

La journée se termine comme toutes les autres journées. Nous man-
geons la viande qui ne tiendra pas jusqu'au jour de notre départ et qu’on
ne pourra ramener au village mais le minuscule morceau que je reçois ne

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me remplit pas tellement l’estomac. Mon repos est hanté de rêves
étranges dont je ne me souviens jamais.
J’espère en mon fort intérieur que les jours suivants seront meilleurs.

Malheureusement, lendemain n’est pas meilleur. Ohtar est autant mé-
prisable et Aranwë aussi énigmatique. Il se passe quelque chose dont je
suis exclu et ça me perturbe. Je faillis même être tué par Ohtar pour mon
« insolence ». Je comprends pourquoi il s’occupe d’exécuter tous ceux
qui ont failli aux règles de la forêt et ceux qui sont atteint d’une maladie
jugée trop grave par la Délivreuse afin d’éviter les épidémies dans le vil-
lage. C’était le travail de mes parents – avant leur mort. Ils le faisaient
avec plus de respect pour les condamnés. Lorsqu’ils ont attrapés tous
deux la maladie des esprits et qu’ils ont commencés à avoir des halluci-
nations de toutes sortes, ils ont été tués par Ohtar et il a pris leur place
dans le camp.
Moi, j’ai échappé à la maladie de peu. C’est à ce moment que j’ai
compris que j’étais trop important pour mourir. Que j’allais devenir un
guerrier si puissant, tellement agile que la mort ne pourrait m’emmener.
Ma sœur s’est occupée de moi jusqu’à mes seize hivers. Jusqu’à ce que je
finisse ma formation aux armes.
A présent, je vis comme un vrai guerrier.

– NAKTAM !
– Quoi encore !? Ça devient une habitude de me réveiller comme ça ?
– Dépêche-toi de venir !
Heureusement, c’est Aranwë qui m’avait appelé. Je me serais fait ar-
racher les tripes pour mon arrogance si ça avait été Ohtar.
Je me lève et sors de ma tente faite de peaux d’animaux rapiécées. J’ai
un peu creusé le sol hier soir, et j’ai donc un peu plus d’espace. Quand je
vois Ohtar qui dort dans la tente principale, si spacieuse que l’on peut
tenir debout à l’intérieur !
Dehors, Aranwë m’attend. Il a l’air préoccupé.
– Qu’est-ce qui t’arrive, y’a un problème ? m’enquis-je.
– Non, non, ne t’inquiète pas.
– Arrête de me raconter n’importe quoi ! Ça fait quelques jours que
vous me cachez quelque chose. Je suis un guerrier, je suis assez vigou-
reux pour être courant ! Je pourrai peut-être même vous aider !

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Cette simple parole m’a mis hors de moi. Je suis capable de tuer
quelqu’un je crois. Mais pas Aranwë, il doit d’abord me dire ce qui se
passe.
– Calme-toi… On dirait Ohtar quand il était plus jeune…
Alors là, c’est la goutte d’eau qui fait déborder la rivière ! Être compa-
ré à Ohtar ? Cette brute épaisse ? Ce… Cette montagne qui se pense su-
périeur ? Mais avant de lui lancer toutes les insultes de la forêt à la fi-
gure, je vois sa mine se décomposer.
– Tu sais bien que ce n’est pas une bonne chose, n’est-ce pas ? conti-
nue-t-il.
– Où veux-tu en venir, Aranwë ?
Mon ton est sec. Aranwë commence à me faire moisir les cheveux et
je veux qu’il me dise tout, tout de suite.
Il parait soudainement avoir pris de l’âge. Pratiquement assez d’âge
pour ressembler à ces antiquités qui nous donne les conduites à tenir à
travers leurs histoires...
– N’oublie jamais : fais tout ce qui est en ton pouvoir pour ne pas lui
ressembler.
– Je… Quoi ?
Sous mon regard perplexe, il reprend ses couleurs et sa jeunesse et me
lance sur son ton habituel :
– Je vais chasser.
Alors il se lève et s’en va, me laissant là, médusé. C’est dans des mo-
ments pareils qu’on se demande si on n’est pas dans une forêt de fous.

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