Vous êtes sur la page 1sur 1

Note de lecture

Le gène de l’innovateur : cinq compétences qui font la différence
Clayton Christensen, Jeffrey Dyer et Hal Gregersen 
Pearson, 2013, 304 pages 
ISBN : 978‐2‐7440‐5407‐5 

Note de lecture de Jean‐Michel Paguet 
Les auteurs nous proposent une analyse de l’innovation avec un regard original articulant, en deux 
parties, compétences individuelles de l’innovateur (I) et capacités de l’organisation à créer ce que 
l’on pourrait appeler une « action collective » (II). La première partie tente de répondre à deux 
questions : « Naît‐on avec un ADN d’innovateur ? » et « Quelles sont les compétences spécifiques à 
l’innovateur ? » La réponse proposée repose sur une série d’exemples d’entreprises dont la 
réputation est attachée à un innovateur (Apple, Amazon, e‐Bay ou encore Google). À partir de ces 
exemples, cinq compétences propres à la démarche innovante sont identifiées : 
 « l’association », compétence permettant à l’innovateur d’associer des idées, des choses, des 
fonctions entre elles ; 
 « le questionnement », action de déclencher une compréhension et de remettre en cause 
des ordres établis ; 
 « l’observation », permettant d’identifier des opportunités et les moyens de les saisir ; 
 « le réseautage », permettant de trouver et de tester des idées et les moyens de les 
développer en renseignant sur les expériences passées ; 
 « l’expérimentation », permettant d’obtenir des données et de valider des choix. 
L’innovateur serait donc capable d’action, de générer des idées nouvelles, mais également de 
remettre en question et d’adapter son comportement en fonction des situations. 
Dans la seconde partie du livre, les auteurs développent une dimension davantage collective en 
analysant les moyens par lesquels les organisations définissent leur propre code de l’innovation, 
c’est‐à‐dire les moyens par lesquels les dirigeants s’attachent à développer dans leur entreprise les 
capacités d’innovation susceptibles de générer des opportunités de croissance. Les nombreux 
exemples retenus servent à examiner dans quelle mesure ce potentiel d’innovation peut affecter les 
liquidités futures. Les entreprises considérées comme innovantes se distinguent selon trois critères : 
 le personnel. Les entreprises innovantes seraient majoritairement composées de personnels 
excellant dans les cinq compétences développées dans la première partie ; 
 les processus, par lesquels ces entreprises développent et valorisent ces compétences chez 
les salariés ; 
 la philosophie reposant sur un collectif afin de développer des innovations de rupture, un 
fonctionnement en mode projet et une prise de risque calculée afin de développer 
l’innovation. 
L’intérêt de ce livre très agréable à lire repose sur une analyse de la place de l’acteur dans les 
organisations et sur les relations entre l’individuel et le collectif. Il est nourri d’exemples d’actualité 
et notamment choisi dans le secteur de l’économie numérique. Cependant, ces exemples sont 
présentés, parfois de façon récurrente, de manière illustrative pour chacun des points et non sous la 
forme d’un cas complet sur lequel l’analyse du processus d’innovation aurait pu prendre appui.