Vous êtes sur la page 1sur 9

Calcul des assemblages vissés

Assemblages soumis à une charge excentrée. Partie 1

par Jean GUILLOT

Professeur Émérite Institut national des Sciences Appliquées de Toulouse (INSAT)

  • 1. Présentation générale

BM 5 5562v2 - 3

  • 2. Modèle VDI 2230 .................................................................................

— 3

3

....................................................................

  • 2.1 Principe de la modélisation

  • 2.2 Détermination des raideurs équivalentes suivant les différents cas

.................................................................................................

de charge

— 4

  • 2.3 Détermination du facteur de charge

......................................................

— 5

  • 2.4 Détermination de la force minimale de serrage nécessaire

................

5

  • 2.5 Détermination du moment de flexion et des contraintes dans le boulon .........................................................................................

6

  • 2.6 Détermination du facteur d’introduction de la charge γ ......................

— —

8

  • 2.7 Prise en compte du décollement ...........................................................

8

  • 2.8 Validité du modèle VDI 2230 ..................................................................

Pour en savoir plus

— 8 Doc. BM 5 562v2

  • D ans cet article et dans le suivant, nous présentons les deux principaux modèles analytiques qui peuvent être utilisés pour le calcul des assem-

blages réels comportant un seul élément de fixation (vis ou boulon).

Dans le présent article, nous exposons la modélisation proposée par les recommandations VDI 2230. C’est le modèle le plus ancien et sans doute encore le plus employé. Nous verrons qu’il doit être utilisé avec précaution et réservé au dimensionnement statique d’assemblages dont les déformations de flexion restent très faibles sous le chargement imposé.

Dans l’article BM 5 563v2, nous présentons la modélisation dite « poutre fléchie » bien adaptée aux assemblages de pièces pour lesquelles les déforma- tions de flexion ne peuvent être négligées : c’est-à-dire celles dont l’épaisseur est faible par rapport aux autres dimensions et notamment par rapport à l’excentration du chargement.

Après avoir analysé et comparé ces deux modèles, nous décrivons une approche nouvelle permettant l’extension du domaine d’utilisation du modèle « poutre fléchie » ; puis nous montrons sur quelques exemples significatifs la pertinence de cette modélisation. Une généralisation du modèle est également proposée permettant de l’appliquer rapidement à la plupart des situations réelles.

Enfin, après avoir montré l’importance de la précontrainte installée dans le comportement d’un assemblage soumis à des chargements de fatigue, nous développons une procédure d’optimisation des assemblages, prenant en compte les conditions de mise en précontrainte.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite. © Editions T.I.

BM 5 562v2 – 1

CALCUL DES ASSEMBLAGES VISSÉS

___________________________________________________________________________________________________

 

Notations et symboles

Symbole

Unité

Désignation

A B , A P

 

2

Sections équivalentes du boulon

mm

et des pièces

A s

mm

2

Section résistante du filetage

C

N · mm

Couple de serrage

C

1

N · mm

Couple de torsion dans la vis

 

Diamètre extérieur de la zone

D

a

mm

de contact de la tête de la vis

 

sur la pièce

D

P

mm

Diamètre équivalent des pièces

D

t

mm

Diamètre du trou

 

Module d’élasticité longitudinal

E P , E B

MPa

du boulon et des pièces

F

N

Effort

F c

N

Résultante des forces de contact

Forces de traction

F B , F P

N

(ou de compression) du boulon

et des pièces

F E

N

Force extérieure

I

mm

4

Moment quadratique

4

Moment quadratique de la section

I 0 , I s

mm

de diamètre d et d s

I B , I P

 

4

Moment quadratique équivalent

mm

du boulon et de la pièce

 

Raideur en tension (ou compression)

K B , K P

N/mm

du boulon et des pièces

Raideur en flexion du boulon

K FB , K FP

N/mm

et des pièces

L

mm

Longueur

M

E

N · mm

Moment extérieur appliqué à la pièce

M

FB

N · mm

Moment de flexion dans le boulon

P

mm

Pas

Q

N

Force de serrage des pièces

R e

MPa

Limite apparente d’élasticité

Souplesse (inverse du coefficient

S

mm/N

de raideur)

S B , S P

mm/N

Souplesse du boulon et des pièces

b

mm

Largeur des pièces

d

mm

Diamètre nominal de la vis

d

2

mm

Diamètre sur flanc du filet

d

s

mm

Diamètre du cylindre de section A s

f

sans

Coefficient de frottement dans le filet

dimension

(vis/écrou)

f 2

sans

Coefficient de frottement pièce

dimension

(ou rondelle)/écrou

 

Notations et symboles (suite)

Symbole

Unité

Désignation

f B

mm

Flèche au point B

h P

mm

Épaisseur de la pièce

Épaisseur des pièces d’introduction

h t

mm

de l’effort

Longueur des pièces dans le modèle

mm

considéré

012

,

,

mm

Longueurs des différentes parties

du boulon

B

,

P

mm

Longueurs du boulon et des pièces

m

mm

Excentration de la charge

s

mm

Excentration de la force de contact

u

mm

Longueur de la zone d’appui

p c

Pa

Pression de contact

sans

α 0 , α 1

dimension

Coefficients de calcul des raideurs

sans

α s

dimension

Coefficient d’incertitude de serrage

sans

γ

dimension

Facteur d’introduction de la charge

δ

Espacement entre deux boulons

mm

(ou vis) successifs

F B

N

Supplément d’effort dans le boulon

N

Supplément de moment de flexion

MF B

dans le boulon

O

mm

Déplacement relatif écrou/boulon

Allongement du boulon sous charge

OB ( B )

mm

Q (sous F B )

Diminution de longueur des pièces

OP ( P )

mm

sous charge Q (sous F P )

θ

radian

Angle de rotation

radian

Angle de rotation au point C

θ C θ E

et au point E

sans

λ

dimension

Facteur de charge de l’assemblage

ξ

mm

1

Coefficient de rigidité en flexion

σ

a

MPa

Contrainte alternée (dynamique)

σ

e

MPa

Contrainte normale équivalente

σ D

MPa

Contrainte limite de fatigue

σ m

MPa

Contrainte moyenne (statique)

MPa

Contrainte suivant l’axe z (pression

σ z

de contact à l’interface)

BM 5 562v2 – 2

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite. © Editions T.I.

CALCUL DES ASSEMBLAGES VISSÉS

____________________________________________________________________________________________________

 

Liste des indices

a

alternée

B

boulon

C

compression

c

contact

E

écrou, extérieur

P

pièces

ex

excentré

crit

critique

max

maximale

min

minimale

m

moyenne

s

serrage

V

vis

1. Présentation générale

Dans la réalité industrielle, il est très rare de trouver des assem-

blages où la résultante du chargement est portée par l’axe de la

vis. Il n’y a guère que le cas de l’assemblage tige-piston des vérins

qui puisse être classé dans cette catégorie et relever pour son

dimensionnement des expressions développées en [BM 5 561].

Pour certains assemblages, considérés comme particulièrement

critiques, les concepteurs adoptent des dispositions telles que

l’excentration de la résultante de la charge soit minimale. C’est le

cas des ferrures dites « piano » utilisées en construction

aéronautique (figure 1 ) ou de certaines brides cylindriques de

lanceurs spatiaux (figure 2 ). L’objectif est de se placer dans une

situation où le modèle de comportement de l’assemblage pré-

contraint est bien connu et ainsi d’éviter autant que possible la

flexion de la vis. Toutefois, ceci est obtenu au prix d’une

complexité de la forme des pièces, qui entraîne un coût tel que ces

solutions ne sont pas envisageables dans la construction méca-

nique courante. D’autre part, les connaissances et les outils de

simulation, dont on dispose actuellement, permettent de dessiner

des formes de pièces plus simples, tout en garantissant la tenue

des éléments d’assemblage.

Les modèles analytiques de prédimensionnement ont été

complétés et améliorés et, s’ils sont bien utilisés, ils permettent

des dimensionnements rapides et sûrs. Ce sont des modèles à un

seul élément d’assemblage (le plus chargé) ce qui, pour les assem-

blages réels, notamment ceux qui comportent plusieurs éléments,

pose le problème, toujours délicat, de la détermination du charge-

ment équivalent.

Dans cet article et dans le suivant, nous présentons les princi-

paux modèles, en nous attachant à montrer leurs limites d’utilisa-

tion afin d’éviter des calculs trop aventureux.

2. Modèle VDI 2230

Cette modélisation, proposée par la recommandation VDI 2230

de 1977 et complétée dans l’édition de 1983, a été reprise par la

norme FD E 25-030, sans que les limites d’application soient clai-

rement définies , ce qui peut entraîner des calculs erronés dans les

cas d’excentration importante des efforts extérieurs ou dans le cas

de faible rigidité en flexion des pièces assemblées.

CALCUL DES ASSEMBLAGES VISSÉS ____________________________________________________________________________________________________ Liste des indices a alternée B boulon C compression c contact

Figure 1 – Ferrure « piano » : jonction de l’aile

CALCUL DES ASSEMBLAGES VISSÉS ____________________________________________________________________________________________________ Liste des indices a alternée B boulon C compression c contact
CALCUL DES ASSEMBLAGES VISSÉS ____________________________________________________________________________________________________ Liste des indices a alternée B boulon C compression c contact

Figure 2 – Bride de lanceur spatial

L’édition de 2003 [1] précise la notion de coefficient d’intro-

duction de la charge et propose une méthode approximative de

calcul des efforts lorsqu’il y a décollement à l’interface.

Nous allons essayer de préciser l’esprit de cette modélisation

afin d’éclairer l’utilisateur sur ses possibilités et ses limites.

Pour l’utilisation de ce modèle dans des situations où la forme

des pièces est très différente de celle du solide prismatique en

flexion présenté dans cet article, il sera bon de consulter [1].

2.1 Principe de la modélisation

Notons tout d’abord que vraisemblablement, l’objectif premier

des concepteurs de ce modèle était qu’il soit proche du modèle

bien connu à chargement axial (voir [BM 5 561]) de manière que le

cas du chargement axial ne soit qu’un cas particulier du char-

gement excentré.

La figure 3 définit le solide considéré dans le cas d’une charge

extérieure appliquée F E excentrée de m et dans le cas d’une vis

excentrée de n par rapport à l’axe principal d’inertie de la section

considérée. Il peut s’agir d’un ou de plusieurs boulons en ligne.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite. © Editions T.I.

BM 5 562v2 – 3

CALCUL DES ASSEMBLAGES VISSÉS

___________________________________________________________________________________________________

CALCUL DES ASSEMBLAGES VISSÉS ___________________________________________________________________________________________________ m O S n D a F E X X P
m O S n D a F E X X P F E O S D
m
O S
n
D
a
F E
X
X
P
F E
O S
D a + Pimin
2
u
Coupe X-X
GG
b
GG
b
z
Figure 3 – Définition du « solide en flexion » en application
du modèle VDI 2230
Pimin

Cette modélisation impose que :

2 u D

a

+

Pi min

avec

Pimin

épaisseur la plus faible des pièces assemblées,

et que l’on prenne :

bD =+ a b δ =
bD
=+
a
b δ
=

Pi

min

pour

δ D

>+

a

Pi

min

pour

δ D

a

+

Pi

mmin

Si l’on respecte ces conditions dimensionnelles qui définissent

un solide prismatique, les hypothèses de calcul suivantes peuvent

être considérées comme réalisables .

• Toutes les sections transversales de ce solide prismatique

restent planes et la distribution des contraintes dans chaque

section est linéaire.

• La rigidité en flexion de la vis est négligeable devant celle

du solide de flexion.

• Sous l’action des forces appliquées au solide, la pression

de contact (contrainte normale de contact) dans l’interface n’est

nulle en aucun point de la surface.

2.2 Détermination des raideurs

équivalentes suivant les différents

cas de charge

Dans la mesure où les hypothèses précédentes sont respectées,

on peut calculer les souplesses (inverses des raideurs) définies

comme le quotient des déplacements P , pris sur l’axe de la vis,

par la force de compression des pièces F .

Pour une disposition de vis concentrique et pour une introduc-

tion concentrique de la charge (figure 4 a ), on a :

S P
S
P

1

P

P

===

KF

P

P

E

P

D’une manière pratique, S P sera prise égale à la souplesse des

pièces, calculée par une des méthodes exposées en [BM 5 561,

§ 2.3].

Alors, A P est la section équivalente définie dans le même article.

Pour une disposition de charge excentrée d’une distance n par

rapport à l’axe principal d’inertie G z de la section et avec une

introduction de charge située sur l’axe SS de la vis tel que m = n

(figure 4 b ), on obtient le déplacement suivant l’axe du boulon :

*

∆∆

P

=

P1

+

P2

avec P1

P2

= F

P

A E

P P

déplacement dû à l’effort de compression,

= F

n

2 P

E

I

P P

déplacement dû au moment de flexion, I P étant

le moment quadratique de la section des pièces, sans tenir

compte du trou, car la vis participe à la rigidité en flexion

de l’ensemble.

Pour le modèle simple, figure 3 :

I P =

b (2u )

3

12

. Pour des situations

de forme complexe, on pourra se référer à [1].

On en déduit immédiatement la souplesse :

soit :

P *

S

1

P *

P

1

+

n A

P

2

===

P *

K

F

EA

P

P

I

P

P *

S

  • 1 (1)

P

n

==

P *

K

P

I

P

P

E

I

P P

S

1

+

 =

S

+

P

2

n A

2

Pour une disposition avec l’axe de la vis excentré de n et une

introduction de la charge extérieure à la distance m (figure 4c), on

a dans le cas le plus général :

P **

S

1

S P
S
P

1

+

mnA

P

=

S P
S
P

+

mn

P

==

P **

K

I P
I
P

E I

P P

avec m distance de F E à l’axe Gz,

n

distance OS affectée du signe :

(2)

(+) si F E et F B sont du même côté de l’axe Gz,

(–) si F E et F B sont de part et d’autre de l’axe Gz.

BM 5 562v2 – 4

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite. © Editions T.I.

CALCUL DES ASSEMBLAGES VISSÉS

____________________________________________________________________________________________________

P F P /2 /2 /2 /2 P P P P /2 /2 /2 /2
P
F
P /2 /2 /2 /2
P P P
P /2 /2 /2 /2
P P P
F
a
a

solide comprimé concentriquement

dans l’axe de la vis (n = 0)

O n S F * * * P /2 /2 /2 P P * * *
O
n
S
F
* * * P /2 /2 /2
P P
* * * P /2 /2 /2
P P
F
O
S
b
b

axe de la vis de serrage excentré par

rapport à l’axe principal d’inertie

F Interface F m O n S * * * * P * * * *
F
Interface
F
m
O
n
S
* * * * P * * * * /2 /2 /2 /2
P P P
* * * * P * * * * /2 /2 /2 /2
P P P
O
S
c
c

axe de la charge extérieure excentré par

rapport à l’axe principal d’inertie

Figure 4 – Influence de l’emplacement de l’axe de la charge sur la déformation élastique du « solide en flexion »

2.3 Détermination du facteur de charge

Comme on n’admet pas de décollement des pièces, l’allon-

gement de la vis et la diminution de la compression des pièces,

mesurés suivant l’axe de la vis, doivent être égaux (figure 5). Pour

un chargement situé dans les plans extrêmes des pièces et en

posant

S B
S
B
= ( 1 ) K B
= (
1
)
K
B

souplesse du boulon :

– l’allongement supplémentaire du boulon sous F B vaut S B F B ;

– la détente des pièces sous F P = F E F B vaut

**

FS

EP

− ∆

*

FS

BP

.

On obtient donc immédiatement :

S F

B

B

=

**

FS

EP

− ∆

*

FS

BP

Soit :

F

B

=

F

E

P **

S

P *

S S

+

B

De la même manière que pour les assemblages chargés axia-

lement, pour un chargement situé à un niveau quelconque des

pièces défini par le coefficient γ, on aurait :

F

B

=

γ

P **

S

P *

S S

+

B

F

E

Soit un facteur de charge :

λ

ex

=

γ

S

P **

S

P *

+

S

B

(3)

(4)

qui, calculé en fonction des raideurs, devient :

λ

ex

=

γ

K

B

1 +

mn

P

E

I

P P

KK

P

+

B

1

+

n

2

P

E

P I PP

avec n affecté du signe :

(5)

(+) si F E et F B sont du même côté de Gz,

(–) si F E et F B sont de part et d’autre de Gz.

Remarquons que lorsque n = 0, c’est-à-dire lorsque l’axe du bou-

lon est porté par l’axe de symétrie de la pièce (ce qui est une situa-

tion relativement courante) :

λ

ex

=

λγ

=

K

B

K

B

+

K

P

(6)

expression identique à celle établie pour les assemblages chargés

axialement [BM 5 561 § 1.2.2].

2.4 Détermination de la force minimale de serrage nécessaire

Il est difficile de s’assurer qu’une précontrainte minimale Q minex

évite l’ouverture de l’interface dans le cas d’un chargement excen-

tré, car la distribution des pressions à l’interface ne peut être

supposée linéaire que pour des pièces de très faible section. Dans

cette hypothèse (figure 5), un calcul simple peut être développé en

déterminant les contraintes σ (x ) et en écrivant que, pour une force

extérieure donnée

F E , au point U : σ (u ) = 0.

On obtient :

avec

σ

(

x

) = −

Q

( 1

)

λ

F

ex E

+

F

(

m

λ

ex

)

n Qn

A

P

E

I

G

z

x

A P

section réelle à l’interface,

I Gz moment quadratique de la section

A P

.

En écrivant que σ (u ) = 0, on obtient immédiatement la valeur de

la précontrainte minimale nécessaire :

Q

min ex

=

(

um n

)

I

G

z

A

P

+

nu

F

E

+ (

1

)

λ

F

ex E

(7)

D’où l’on peut déduire immédiatement la force de contact mini-

male qui résulte de ce chargement :

F

P

min

ex

=

(

um n

)

I

G

z

A

P

+

nu

F E
F
E

(8)

Nous conseillons de n’utiliser ce modèle qu’à la condition de

respecter la valeur de précontrainte minimale calculée à l’aide de

l’expression (7). En effet, cela garantit que l’on va bien respecter

les conditions de validité du modèle. Toutefois, dans un grand

nombre de situations réelles, cette valeur minimale de pré-

contrainte tend à surdimensionner l’élément d’assemblage.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie

est strictement interdite. © Editions T.I.

BM 5 562v2 – 5

CALCUL DES ASSEMBLAGES VISSÉS

___________________________________________________________________________________________________

X X Interface P F E F E y S O S O x Pi min
X
X
Interface
P
F E
F E
y
S
O
S
O
x
Pi min

2u

O O n y F P F P S F B F B S u m
O
O
n
y
F P
F P
S
F B
F B
S
u
m
u
F E
U
F E
V
x
GG b x
GG
b
x

Coupe X-X

  • U, V points à interface

z

X X Interface P F E F E y S O S O x Pi min

Figure 5 – Détermination de la force minimale de contact pour le modèle VDI 2230

Exemple : soit une pièce prismatique conforme à la figure 5 avec

les données suivantes :

Vis : M 10 : d s = 8,6 mm, D a = 17 mm, D t = 10,1 mm,

Pièces :

E B = 2,05 × 10 5 MPa

P

= 78 mm, b = 40 mm, 2u = 40 mm,

I Gz = 212 822,5 mm 4 , A P = 1 519 mm 2 , γ = 0,3,

m = 10 mm, n = 0, E P = 2,05 × 10 5 MPa.

On obtient, pour F E = 8 000 N :

F

Pminex

=

mu A

P

I

G

z

F

E

11 420

N

λ

ex

=

γ S

P

S

P

+

S

B

= 0, 019 17

QF

min

=

P

min

ex

(

1

+−

λ

ex

)

F

E

19 266 N

F

B

= λ

ex

F

E

153 N

Remarque : on constate que l’application est très simple,

mais que le supplément d’effort dépend pour beaucoup du

choix judicieux du coefficient γ (voir § 2.6).

2.5 Détermination du moment de flexion et des contraintes dans le boulon

On a représenté sur la figure 6 les efforts appliqués sur la pièce

supérieure de l’assemblage. Dans le cadre des hypothèses

générales de définition du modèle, l’ensemble peut être considéré

comme une poutre fléchie d’axe Gy. Le boulon, dont la tête reste

en contact avec la pièce, est soumis à un moment de flexion M FB

qui va entraîner des contraintes supplémentaires dans la tige.

Toutefois, compte tenu de la faible rigidité en flexion de la tige du

boulon K FB , comparée à la rigidité en flexion des pièces K FP ,

celles-ci sont en général très faibles et n’ont de l’importance que

dans le cas des sollicitations de fatigue.

C’est pourquoi l’on ne prend en général pas en compte leur

influence dans le calcul des contraintes statiques, et en particulier

pour le calcul de la contrainte équivalente maximale.

BM 5 562v2 – 6

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie

est strictement interdite. © Editions T.I.

CALCUL DES ASSEMBLAGES VISSÉS y m F E min n M FB2 2 F B2 F
CALCUL DES ASSEMBLAGES VISSÉS
y
m
F E min
n
M
FB2
2
F B2
F P2
M
FP2
G

____________________________________________________________________________________________________

y y m m n n F E M FB1 M FB F F F B
y
y
m
m
n
n
F E
M
FB1
M
FB
F F F B B B
P1
F P1
0
F F F P P P
M
x
M
FP
FP1
GG
G
P2
1
O S
2u
b
GG
z
mF
(
M
moment de flexion dans le boulon
FB
M
moment de flexion dans les pièces
FP
0 , 1 longueurs du boulon
K
FP
1 devant
K
FB

λ

ex

F E max F B1
F E max
F B1

Figure 7 – Déformation de flexion sous chargement d’intensité

variable F Emax et F Emin

En considérant les deux états de chargement sous F Emax et F Emin

représentés à la figure 7, on a :

θ

mF

E

max

nF

B

1

M

FB

1

M

FB 1

1

θ

=

mF

E

min

K

FP

nF

B 22

M

FB

2

=

K

M

FB

FB 2

2

=

K

FP

 

=

K

FB

  • x d’où l’on déduit immédiatement par différence, en introduisant le facteur de charge λ ex :

Emax

F

Emin

)

1

n

K

FP

m

FB

K

FB

= ∆

M

+ 1

Compte tenu des valeurs relatives des rigidités, on peut négliger

et l’on obtient finalement :

Figure 6 – Détermination des sollicitations dans le boulon

pour le modèle VDI 2230

M

FB

K

FB

1

n

K

FP

m

λ

ex

m F

E

(11)

On définit :

Les contraintes de calcul correspondantes deviennent :

La rigidité en flexion des pièces K FP telle que :

1

1

P1

P2

K FP

I

Gz

E

P1

=

++ ...

E

P2

(9)

avec E Pi module d’élasticité de chaque pièce,

I Gz

moment quadratique de la section des pièces.

σ

σ

λ

F

M d

ex

E

+

FB s

=

a

emax

CALCUL DES ASSEMBLAGES VISSÉS y m F E min n M FB2 2 F B2 F

2

A

s

4 I

s

=

Q

+

λ

ex Emax

F

A

s



2

+

3

16C

1

 πd s

3

2

    1 / 2         
1 / 2

(12)

• La rigidité en flexion du boulon K FB telle que :

1

1

0

+

α

0

d

+

1

+

α

1

d

 

K

FB

E

B

I

0

I

s

=

avec E B

module d’élasticité du boulon,

I 0

64
64

= πd 4

et

  • I s

πd

=

4 s , 64
4
s
,
64

0 et

  • 1 longueurs définies figure 6,

(10)

α 0 et α 1 coefficients qui permettent respectivement de tenir

compte de la rigidité en flexion de la tête de vis et

de l’écrou [4].

Remarque : si l’on ne souhaite pas négliger le supplément de contrainte statique dû à la
Remarque : si l’on ne souhaite pas négliger le supplément
de contrainte statique dû à la flexion sous le chargement
maximal, on calcule :
K
n
FB
M
=
1
λ
mF
Fmax
ex
Emax
K
m
FP
et la contrainte équivalente maximale :
1 / 2
2
2
Q
+
λ
F
M
d
 16 
C
ex Emax
Fmax s
1
σ
=
+
+
3
(13)
emax
A
2
I
 πdd s
3
s
s

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie

est strictement interdite. © Editions T.I.

BM 5 562v2 – 7

CALCUL DES ASSEMBLAGES VISSÉS

___________________________________________________________________________________________________

1 a D a a 0,9 0,8 a/h = 0,1 a/h = 0,1 a/h = 0,1
1
a
D a
a
0,9
0,8
a/h = 0,1
a/h = 0,1
a/h = 0,1
F E
0,7
P
h
0,6
a/h = 0,2
a/h = 0,2
a/h = 0,2
0,5
0,4
a/h = 0,3
a/h = 0,3
a/h = 0,3
0,3
a/h = 0,4
a/h = 0,4
a/h = 0,4
0,2
a/h = 0,5
a/h = 0,5
a/h = 0,5
a/h = 0,6
a/h = 0,6
a/h = 0,6
0,1
0
0
0,1
0,2
0,3
0,4
0,5
0,6
0,7
0,8
0,9
1
h/ P
Figure 8 – Facteur d’introduction de la charge
(d’après [1])

2.6 Détermination du facteur d’introduction de la charge

Ce facteur défini en [BM 5 561 § 1.2], pour l’assemblage théo-

rique chargé axialement, permet de tenir compte du niveau auquel

est appliquée la charge.

Lorsque le chargement est excentré, de nombreux travaux de

modélisation [2] [3] ont montré, que cette vision simple n’avait

plus de sens et que γ dépend de l’ensemble de la géométrie de la

liaison. Il est alors plus correct de le considérer comme un coeffi-

cient de calage du modèle qui dépend à la fois de la forme de la

liaison et de la position de l’effort appliqué.

Pour le cas des assemblages centrés (n = 0) symétriques, [1]

donne des valeurs de γ qui sont le résultat de simulations et de

mesures (figure 8).

Pour des géométries plus complexes, on pourra consulter

l’annexe C de [1]. Nous verrons que cette approche donne une

évaluation approximative qui ne peut être considérée comme tota-

lement satisfaisante. Toutefois, les valeurs de γ sont toujours bien

inférieures à 1, et pour de nombreux cas classiques, les supplé-

ments d’efforts calculés étant très faibles par rapport à l’effort total

dû essentiellement à la précontrainte, ce type d’évaluation s’avère

suffisant.

2.7 Prise en compte du décollement

Comme nous l’avons précisé précédemment, le respect de la

condition d’existence du contact sur toute l’interface n’est possible

que si les dimensions de l’interface restent faibles et si la pré-

contrainte installée reste suffisante.

Pour les assemblages très chargés, pour lesquels il est néces-

saire d’installer une précontrainte minimale très grande, compte

tenu de l’incertitude sur les moyens de serrage, cela revient à

surdimensionner statiquement l’assemblage, c’est-à-dire à choisir

un élément de diamètre et de classe de qualité permettant d’instal-

ler cette précontrainte. Or, dans la plupart des cas, un léger

décollement peut être admis sans perturber le fonctionnement de

l’assemblage, dès l’instant où la tenue statique et en fatigue de la

vis peut être garantie par le calcul.

– Q 0 F E déc m u + + n u Arc de cercle Arc
– Q
0
F E déc
m
u + + n u
Arc de cercle
Arc AArcrc de ddee cercle
ccercle ercle
B
F E
B
B
I

Figure 9 – Prise en compte du décollement (d’après [1])

D’autre part, pour les assemblages de dimension d’interface

plus grande ( > D

a + Pimin

), le décollement existe dès la mise en

précontrainte pour toute la zone de l’interface extérieure au cône

de compression et tout effort excentré supplémentaire va augmen-

ter celui-ci, en déplaçant la zone de contact.

La condition de non-décollement est donc une condition extrê-

mement restrictive du modèle. Pour pallier cet inconvénient, on

propose dans [1], de façon tout à fait arbitraire, à partir de la valeur

de l’effort au début du décollement, d’approximer la courbe don-

nant le supplément dans la vis (F B ) en fonction de l’effort exté-

rieur F E , par un arc de cercle défini de la manière suivante

(figure 9) :

1) Sur la droite représentative de F B = λ ex F E , on détermine le

point qui représente la valeur de F B au début du décollement : on

peut tirer F Edéc directement de (7) pour une précontrainte Q donnée.

2) Lorsque le décollement est maximal, si l’on se réfère à la

figure 5, de façon théorique, on peut admettre que les solides tour-

nent autour de l’arête passant par V. Le supplément d’effort est

alors donné par une simple équation de moment :

F

B

=

F

E

+

m u

+

u n

Q

(14)

3) On assure la continuité entre ces deux droites par un arc de

cercle dont il est facile d’écrire l’équation (1).

Remarque : on assure ainsi la continuité de la fonction

F B = f (F E )

mais de façon tout à fait arbitraire et cette

« méthode » ne peut en aucun cas permettre de faire des

calculs de résistance en fatigue pour des assemblages pour

lesquels le décollement à l’interface est important.

2.8 Validité du modèle VDI 2230

De nombreux essais et simulations ont été réalisés pour valider

le modèle VDI 2230. Nous retiendrons ici ceux de Massol [2], qui

ont été réalisés sur des pièces correspondant parfaitement à la

définition géométrique du modèle (figure 10).

Les courbes du supplément d’effort F B en fonction de la charge

extérieure F E pour trois valeurs de la précontrainte et pour le cas

défini figure 10b sont données figure 11. Sur cette figure, on a

également tracé la droite représentative des résultats obtenus avec

le modèle VDI 2230 avec, pour chaque précontrainte, la valeur

limite admissible de l’effort extérieur qui garantit (au sens du

modèle) qu’il n’y a pas décollement F Edéc (une valeur limite par

précontrainte).

BM 5 562v2 – 8

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie

est strictement interdite. © Editions T.I.

CALCUL DES ASSEMBLAGES VISSÉS

____________________________________________________________________________________________________

F E y z
F E
y
z

Mors de la machine de traction

Boulon avec précontrainte Q

Rondelle

Bride

x

x

  • définition du montage expérimental

7 Ø39 Ø26 Ø24 2 20 30 20 Ø22 222 2 Ø24 2244 32,5 38 38
7
Ø39
Ø26
Ø24
2
20
30
20
Ø22 222 2
Ø24 2244
32,5
38
38

12

38 38
38
38

Vue de dessus
200

Les cotes sont en millimètres.

b
b

dimensions de la liaison

Figure 10 – Essai de bride pour validation du modèle VDI 2230

d’après [2]

Asymptote Q Q Q Q Q 1 = 100 kN Q 2 = 200 kN F
Asymptote Q
Q
Q
Q
Q 1 = 100 kN
Q 2 = 200 kN
F E (kN)
F E déc 1
F E déc 2
F E déc 3
Asymptote Q
Asymptote Q
Asymptote Q
Asymptote Q
N N N
Asymptote Q
B
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
160
= = =
2 2 2
1 1
2 2
0
120
140
0
0
40
20
10
60
1 1 1
80
3 3 3
= 20 0 kN
= 10 0 kN
Q
Q = 100 kN
Q
Q = 200 kN
k k k
2 2 2
6 0 0
8 0 0

Figure 11 – Validité du modèle VDI 2230 d’après [2]

L’analyse de ces courbes amène aux observations suivantes :

1) Le supplément d’effort F B n’est pas proportionnel à l’effort

appliqué F E , même dans la partie où (au sens du modèle) il n’y a

pas décollement.

2) Le supplément d’effort F B est fortement dépendant de la

précontrainte (il en est de même du moment de flexion induit par

la charge excentrée).

3) Le supplément d’effort F B croît très rapidement à partir des

valeurs critiques du chargement voisines des valeurs F Edéc calcu-

  • 35 lées.

4) La droite représentative du comportement de la liaison entiè-

rement décollée apparaît bien comme l’asymptote de la courbe

  • 35 F B = f (F E ), ce qui a entraîné Massol [2] et Bakhiet [3] à proposer des courbes de raccordement arbitraires hyperboliques.

Conclusion

• Si γ est bien choisi, le modèle VDI 2230 donne des résultats

convenables et conservatifs, à condition de respecter les

conditions géométriques de définition du modèle ainsi que la

valeur de la précontrainte minimale à installer.

• Ce modèle (linéaire) ne représente pas bien le comporte-

ment réel de l’assemblage (très non-linéaire et fortement

dépendant de la précontrainte) ; les différences étant notable-

ment amplifiées lorsque l’excentration de la charge est grande

et l’épaisseur relative des pièces petites.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie

est strictement interdite. © Editions T.I.

BM 5 562v2 – 9