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I) Résumé du film Harry Potter

Harry Potter, un futur sorcier, vit chez son oncle Vernon et sa tante Pétunia. Le jour de son
anniversaire, Harry reçoit la visite d'un géant dénommé Hagrid, un envoyé spécial de l'école de
magie et de sorcellerie de Poudlard. Ce dernier sensibilise Harry à ses talents de jeune sorcier, et
l'invite à s'inscrire à Poudlard, chose que Harry accepte sans trop d'hésitation. Sur le chemin de
Traverse, allée de boutiques de sorcellerie de Londres, Hagrid dévoile à Harry l'origine de sa
cicatrice présente sur son front; celle-ci est en fait la marque de Voldemord, un sorcier criminel
qui a assassiné les parents de Harry. Très vite, Harry prend conscience des raisons de sa
popularité au sein du milieu des sorciers. Pendant son voyage en train de Londres à Poudlard,
Harry fait la connaissance de Ron Weasley et de Hermione Granger, personnalités qui exerceront
une grande influence sur lui tout au long de sa scolarité et qui deviendront ses meilleurs amis. À
Poudlard, Harry, Ron et Hermione sont admis à la maison des Gryffondors, maison réputée pour
être l'hôte de sorciers courageux et érudits. Mais les choses sont loin d'aller de soi pour Harry.
Alors qu'il découvre ses talents d'attrapeur au jeu de Quidditch, Harry doit faire face à un
énigmatique professeur de potions, Severus Rogue, lequel il soupçonne de pratiquer de la magie
noire. Un jour, alors qu'Harry erre innocemment avec Ron et Hermione dans le couloir du
troisième étage de Poudlard, il se retrouve nez-à-nez avec un chien à trois têtes assis sur une
trappe. Harry conclut donc que cette créature doit supposément garder la pierre philosophale,
pierre précieuse pouvant garantir l'immortalité à son détenteur. Puni pour avoir erré dans les
couloirs de Poudlard la nuit, Harry est confronté à sa grande stupeur à Voldemord dans la forêt
interdite de Poudlard. Sauvé par un centaure, Harry s'empresse résolument de partir avec Ron et
Hermione à la recherche de la pierre philosophale. C'est alors que commence une série
d'aventures rocambolesques. Après avoir réussi à descendre dans la trappe protégée par le chien à
trois têtes, Harry Ron et Hermione doivent très vite faire preuve d'une solidarité exceptionnelle.
Pris au piège dans un dédale de salles souterraines, Harry, Ron et Hermione doivent jouer et
gagner une partie d'échecs contre un adversaire invisible mais tout de même redoutable par son
pouvoir de déplacer les pièces sur l'échiquier. La partie gagnée, Harry doit poursuivre seul son
aventure, Ron s'étant blessé lors de la partie d'échecs. Craintif mais déterminé, Harry poursuit son
chemin et rencontre, à son grand étonnement, le professeur Quirrell. Revêtant une apparence

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totalement inoffensive, Quirrell s'avère néanmoins maléfique dû au fait qu'il partage son corps
avec celui de Voldemord. Voldemord ordonne en vain à Quirrell de tuer Harry Potter, mais ce
dernier arrive à mettre un terme à la vie de Quirrell à l'aide de ses propres mains! La morale de
l'histoire est : Que vous soyez petit ou grand, la force de l'amour et du bien l'emporte toujours sur
l'intolérance et le mal.

II) Harry Potter et la religion

Dès les premières scènes du film, des éléments s'apparentant à l'univers religieux se font
remarquer. Lors de la scène du zoo, la vitre de l'aquarium dans lequel reposait un serpent se
volatilise comme par magie, et Dudley, le cousin d'Harry Potter, qui se tenait appuyé sur la vitre,
tombe dans l'aquarium. Pour se voir attribuer des traits religieux, cette scène doit être analysée
dans un contexte plus large. Dudley est un enfant très gâté alors qu'Harry Potter est mis à l'écart
par oncle Vernon et tante Pétunia. De plus, Dudley peut se permettre de commettre des actes
immoraux et vilains à l'année longue alors qu'Harry est puni par son oncle au moindre délit. La
scène du zoo peut donc être interprétée comme étant une manifestation de la punition divine;
Dieu, en faisant disparaître la vitre de l'aquarium, punit Dudley pour ses actes malsains commis
dans le passé.
Harry Potter, par sa popularité dans le monde des sorciers, rappelle à certains moments Jésus
Christ. L'expression «Le gamin qui a survécu », évoquée à maintes reprises dans le film, et la
mort atroce à laquelle Harry a échappé fait du protagoniste un personnage proche de la sainteté.
Par ailleurs, la cicatrice présente sur le front d'Harry Potter fait quant à elle allusion aux stigmates
infligés à Jésus- Christ lors de sa crucifixion.
L’école de Poudlard forme quant à elle un univers rappelant à bien des égards celui de la religion.
Du point de vue des lieux, les nombreux vitraux et arcs brisés s’apparentent à l’architecture
gothique des cathédrales font allusion à l’univers religieux. Si le lieu où se déroule l’action
rappelle le religieux, l’intrigue et les personnages incarnent quant à eux des valeurs religieuses.
L’école de Poudlard est divisée en quatre maisons : Gryffondor, Poufsouffle, Serdaigle et
Serpentard. Ces maisons partagent chacune leurs propres valeurs, parmi lesquelles on retrouve
celle du courage pour les Gryffondors et celle du talent intellectuel pour les Serpentards. Ces

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quatre maisons sont sous la tutelle d’un chef commun, le directeur de Poudlard Albus
Dumbledore. Mise en parallèle avec la religion, l’école de Poudlard peut être interprétée comme
étant une ville-siège du christianisme dans laquelle a lieu un schisme entre ses différents
adhérents. Les Gryffondors, très fidèles à Dumbledore, peuvent être perçus comme catholiques.
Les Serpentards, plus revendicateurs et plus distanciés vis-à-vis de Dumbledore, peuvent
davantage être vus comme protestants. De plus, chaque maison a son propre fantôme légendaire.
Comparé à la religion, le fantôme peut référer à un personnage mythique (Abraham pour les juifs,
par exemple). Au fur et à mesure de l’enchaînement des scènes du film, les valeurs religieuses
semblent gagner en importance notamment à travers les actions des personnages. Lorsque Ron,
Hermione et Harry posent le pied dans le couloir du troisième étage de Poudlard, ils sont vite
confrontés à un milieu insalubre, sombre et ténébreux. La découverte d’un chien à trois têtes dans
une des salles du troisième étage élève l’atmosphère ténébreuse de ce lieu à son paroxysme,
situation qui rappelle étrangement le monde de l’Enfer de la religion.
Au cours d'un de leurs cours, Harry, Ron et Hermione étudient la lévitation. À l'aide de leurs
baguettes magiques, ils doivent faire léviter une plume d'oie. Cette tâche exige cependant
énormément de minutie (mouvement de baguette très précis, prononciation de la formule
magique très articulée, etc.). D'ailleurs, seule Hermione réussit à compléter cet exercice. La
lévitation magique peut donc dans cette scène du film être perçue comme soeur de la méditation
bouddhiste; la capacité de léviter la plume d'oie peut s'apparenter à l'action consistant à détacher
le corps de son esprit, signe d'harmonie et de sagesse. En effet, Hermione est le personnage le
plus sage du film. Elle est sage au point d'avouer elle-même sa culpabilité lors de la scène du troll
dans les toilettes. Alors qu'Harry et Ron dînent dans la salle à manger de Poudlard, le professeur
Quirrell signale à Dumbledore la présence d'un troll dans les toilettes. Préoccupés par le sort de
Hermione, Harry et Ron filent sur le champ vers les toilettes. Après avoir vaincu le troll, ils sont
chicanés par le professeur McGonagoll qui leur reproche d'avoir enfreint le règlement intérieur de
Poudlard. Voyant ses deux meilleurs amis dans un état de désolation, Hermione avoue
solennellement sa culpabilité. La scène du troll vient mettre un terme à la querelle qui séparait
Hermione de Ron et Harry. Or, la situation a été résolue par la compassion. Pour les bouddhistes,
la compassion occupe une place importante car c'est elle qui unit les individus et mène au
progrès. Dans Harry Potter, la compassion incarne également la fonction de réconciliation et de

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progrès.
Au cours du match de Quidditch opposant les Gryffondors aux Serpentards, le professeur Quirrell
ensorcèle le balais de Harry. Faisant preuve une fois de plus de compassion, Hermione, pour
détourner l'attention du professeur Rogue (Hermione soupçonne à tort Rogue d'être le coupable),
va enflammer la cape de ce dernier. Ici, la compassion mène une fois de plus au progrès car le
geste de Hermione permet aux Gryffondors de remporter le match. Mais la scène du Quidditch
marque aussi le début d'une manifestation de la pédagogie divine. En outre, les jours suivant le
match de Quidditch sont pour Harry, Ron et Hermione assez éprouvants. À Noël, Harry reçoit
d'un destinateur anonyme une cape d'invisibilité à laquelle est jointe une lettre stipulant :
« Fais-en bon usage. »

Ce message anonyme peut être associé à un message divin, d'autant plus que l'usage que fera
Harry de sa cape d'invisibilité s'avèrera, pour le protagoniste, source de révélation. C'est
notamment grâce à sa cape d'invisibilité que Harry réussit à pénétrer dans la section interdite de
la bibliothèque de Poudlard où il met le doigt sur des livres le renseignant au sujet de Nicolas
Flamel.
Mais c'est surtout le combat opposant Harry au professeur Quirrell qui constitue l'apogée de la
pédagogie divine. Alors que Harry soupçonnait profondément le professeur Rogue d'être un
partisan fidèle de Voldemord, le professeur Quirrell lui apprend que c'est lui, et non pas Rogue,
qui a essayé de le tuer lors du match de Quidditch. De plus, Harry se rend compte que le
professeur Quirrell partage son corps avec Voldemord, ce qui lui confère une puissance
supérieure. La confrontation Harry-Quirrell rappelle à bien des égards le combat de David contre
Goliath. Dans Harry Potter, Quirrell incarne le rôle de Goliath, en particulier lorsqu'il prononce
les mots suivants :

« Harry, il n'y a ni bien ni mal; il n'y a que le pouvoir.»

Mais Harry refuse de céder aux convocations de Quirrell. Faisant preuve de courage et de
sagesse, Harry décide de mourir plutôt que de collaborer avec les forces du mal. Lorsque Quirrell
attaque Harry, celui-ci arrive à l'anéantir en poussière à l'aide de ses seules mains. Cet exploit

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peut être interprété comme étant une manifestation de la récompense divine, laquelle bénit,
puissants ou pas, les gens justes aux dépens des gens mauvais.

III) Appréciation globale de Harry Potter

Ce que j'apprécie le plus de Harry Potter, c'est qu'il s'agit d'un film pouvant être visionné sous de
multiples facettes. Pour les petits, Harry Potter prend la forme d'un univers merveilleux faisant
rêver. Pour d'autres, il aborde de grandes questions philosophiques, telles que la question de
l'amitié, du bien et du mal, et de l'apprentissage. Pour des étudiants s'intéressant à la religion, il
est une source de réflexion et d'interprétation de grands thèmes religieux. Quoi qu'il en soit,
Harry Potter peut être vu sous différents angles.

Mais Harry Potter est, à mon avis, également un film dangereux sur le plan moral. Le danger
vient du fait que ce film met en scène des personnages aux attributs humains évoluant dans un
univers situé à mi-chemin entre la réalité et la fantaisie absolue. Or, les personnages du film sont
aux prises avec des problèmes humains dans un cadre spatio-temporel plutôt inhumain,
contrairement aux traditionnels contes de sorcières où tout est fictif. D'autre part, de grandes
questions humaines (connaissance, amitié, bien et mal) se trouvent à être résolues dans Harry
Potter en très peu de temps, alors qu'elles relèvent d'une complexité beaucoup plus grande. Cette
simplification des enjeux humains pourrait à tort laisser croire aux jeunes enfants que le monde
est une sorte de casse-tête où l'assemblage des pièces est réalisable par une simple résolution
d'énigmes (le livre de Nicolas Flamel, par exemple).

D'un autre côté, la simplification de la condition humaine dans Harry Potter peut, pour d'autres
personnes, servir de schéma explicatif des grandes questions humaines. Dans la vie de tous les
jours, il est souvent difficile de résoudre des situations conflictuelles, tant celles-ci sont
complexes. Le film Harry Potter a la qualité de simplifier des situations conflictuelles au point de
n'en faire ressortir que le noyau, pourtant si difficile à repérer dans la vie courante. Par exemple,
la question de la collaboration et de la fraternité est, dans Harry Potter, résumée à travers une
partie d'échecs.

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