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Sujet n°2 : Les rôles respectifs de l’État et du marché dans la répartition et la redistribution de revenus depuis
la fin du XIXe siècle

1. Analyser le sujet

État et marché sont deux éléments essentiels pour le fonctionnement de l’économique. Ici, c’est leur rôle
spécifique dans la répartition et la redistribution des revenus qui est interrogée.
Pour traiter un tel sujet, pointu, technique et exigeant, il est impératif du mode de réflexion binaire – que l’on
retrouve également sur le thème « néoclassiques versus keynésiens » - et qui bien souvent s’accompagne en plus
de jugements de valeurs du type Etat = bien, marché = mal (ou vice-versa selon les opinions politiques des
détracteurs). La crise financière et économique actuelle a fait revenir en force cette dichotomie : on a coutume
d’y voir, un peu rapidement, la défaite du marché et le retour de l’Etat. A bien des égards, c’est un point de vue
erroné.

L’erreur à ne pas commettre : il ne faut pas assimiler de manière abusive la paire « marché /
planification » à « marché / État ». « État » et « planification » ne sont pas des termes équivalents, même
s’il y a un fond de vérité là-dedans : les formes de planification les plus ambitieuses ont été historiquement mises
en œuvre par des États, c’est-à-dire des organisations bénéficiant du monopole de l’exercice de la violence
légitime sur un territoire donné, selon la définition de Max Weber. Par définition, le marché est l’antithèse de la
planification, puisqu’il s’agit de « l’espace » où se rencontrent une offre et une demande de manière
décentralisée, c’est-à-dire sans que quelqu’un n’ait besoin de faire lui-même les ajustements de prix pour
coordonner l’offre et la demande. Par « espace » (ou « lieu » selon les définitions), il ne faut pas seulement
entendre lieu géographique, puisque le plus souvent le marché n’a pas de localisation géographique, mais plutôt
un ensemble de règles et de normes délimitant ce qui est autorisé ou interdit dans l’activité de marchandage.
L’État n’a pas le monopole de la planification. En fait, toute organisation fait de la planification. C’est la
fameuse distinction entre coordination marchande et coordination administrative (ou hiérarchique) mise en
avant par Ronald Coase dans son article « The Nature of the Firm » (1937) et que la théorie des coûts de
transaction a depuis systématisé. Mais il est vrai qu’il y a une différence fondamentale : une organisation planifie
sa propre activité, tandis que l’Etat ambitionne parfois de planifier l’activité des agents qui lui sont extérieurs.
Mais il s’agit uniquement d’une différence de degré et non d’une différence de nature. En clair, il y a une limite
de complexité au-delà de laquelle réguler les activités par la hiérarchie et la contrainte administrative devient
impossible ou relativement moins efficace que d’autres alternatives. Ce point est au cœur d’ailleurs de
l’argument de Hayek selon lequel l’Etat a toute légitimité pour recourir à des règles administratives (thesis), mais
uniquement pour gérer sa propre organisation. En revanche, au-delà de cette frontière, l’Etat doit renoncer à
toute velléité constructiviste et laisser les interactions sociales être régulées par les règles négatives ayant
spontanément émergées (nomos). Il semble qu’il y ait opposition ici entre marché et Etat, mais ce n’est qu’une
apparence.
Hayek fait partie de ces auteurs qui envisagent le marché comme une institution. En d’autres termes, et comme
le rappelle Daron Acemoglu, le marché (free-market) n’est pas un marché non régulé (unregulated market) : pour
fonctionner, il lui faut pouvoir s’appuyer sur un ensemble de règles constitutives (selon l’expression de John
Searle). Une règle constitutive est une règle qui définit l’activité qu’elle régule. Pensez par exemple aux règles du
jeu d’échecs, tout du moins les plus importantes. Elle s’oppose aux règles régulatives, dont le contenu peut
varier sans affecter la nature de l’activité régulée. Le fait pour un gardien de but au foot de ne pas avoir le droit
de prendre le ballon avec les mains lors d’un pas en retrait d’un de ses coéquipier est un exemple de règle
régulative. Tout le monde s’accorde pour dire que le marché a besoin de règles régulatives pour fonctionner.
Mais l’argument clé, c’est que le marché a également besoin de règles constitutives. Deux des règles majeures
sont les droits de propriété et la monnaie. En l’absence de ces deux éléments, aucun marché ne peut exister. Nous
arrivons finalement au nœud du problème : d’où viennent ces règles ?
La réponse la plus probable à cette question est : d’un processus évolutionnaire au cours duquel elles ont
progressivement émergé et se sont renforcées. Mais l’Etat lui-même, en tant qu’institution, est également le
produit de ce même processus évolutionnaire au cours duquel il s’est progressivement constitué comme l’entité
garante de ces règles. Les adversaires au monopole étatique pour ce qui concerne la monnaie diront qu’il s’agit
là d’un monopole source d’inefficacité et que la monnaie doit pouvoir se passer de l’emprise étatique. D’autres
diront au contraire que la monnaie et la propriété ne peuvent exister sans Etat. Entre ces deux points de vue, il
est impossible de trancher. Dans une stricte perspective évolutionniste, le marché (c’est-à-dire les règles
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constitutives qui le régulent) et l’Etat sont tous deux des produits spontanés de l’évolution. C’est un argument qui
peut être difficile à comprendre et pourtant… Au même titre que le marché en tant qu’institution, si l’Etat a pu
émerger et se développer c’est que, d’une manière ou d’une autre, il était adapté à l’environnement.
Marché et Etat ont donc évolué concomitamment et ce n’est probablement pas un hasard : pour se développer,
l’un avait besoin de l’autre. Avner Greif montre dans ses travaux que le développement de l’Etat de droit a été
favorisé, voire rendu nécessaire, par l’importance des relations d’échange impersonnelles en Europe à partir du
XIVe siècle.
Quand on réfléchit aux questions d’actualités concernant la crise financière et sur l’importance de la
réglementation, on se rend compte alors que le problème n’est pas de savoir s’il faut plus ou moins de régulation
publique. Arguer qu’un accroissement de la réglementation n’est peut être pas une bonne idée ne veut pas dire
fondamentalement qu’il faut « moins d’Etat ». Il s’agit plutôt de dire qu’il faut repenser les règles, pas les
supprimer. Bien sûr, on peut prétendre que le marché peut en théorie se passer de toute régulation publique.
On peut, à l’inverse, défendre l’idée que le marché n’est pas la fin de l’histoire et que l’on trouvera un autre
mode d’allocation des ressources fondé sur d’autres arrangements institutionnels (étatiques ou non). Il y a des
arguments théoriques et empiriques pour et contre ces thèses. Mais, ce que l’on peut dire, c’est que le processus
d’évolution a favorisé l’émergence d’une étroite coopération entre marché et Etat prenant la forme d’une
économie de marché aux formes diverses.

2. Définir les termes du sujet

• État
Organisation bénéficiant du monopole de l’exercice de la violence légitime sur un territoire seulement à
certaines conditions :

• Marché
Lieu de rencontre d’une offre et d’une demande, qui aboutit à la formation d’un prix. Le marché en lui-même
n’est pas efficace. Il l’est à certaines conditions : un certain degré de « perfection » de la concurrence et surtout
l’absence de défaillances de marché. Or, ces conditions n’émergent que rarement spontanément. D’où l’utilité
des pouvoirs publics dans l’encadrement des marchés. Mais on peut également faire remarquer que même en
présence de défaillances de marché, l’intervention de l’Etat ne se justifie pas nécessairement : il faut notamment
prendre en compte les éventuelles « défaillances de gouvernement » et voir quel arrangement (marché ou Etat,
sachant que les choses sont rarement si simples) est comparativement le plus efficace. On peut aussi noter que les
problèmes d’asymétrie d’information sont souvent résolus par les acteurs privés eux-mêmes parfois relativement
satisfaisants, mais toujours supérieur au résultat que produirait l’intervention des pouvoirs publics.
Remarquons surtout que le marché n’apparaît pas spontanément. Une certaine vulgate, très à la mode
notamment au moment de la chute de l’Union soviétique, propageait l’idée que la nature a horreur du vide et
que, lorsqu’il n’y a plus rien (entendre pas là : une fois que les derniers stigmates du communisme auront
disparus), les marchés « poussent » spontanément. Cette idée dépasse même la vulgate libérale. Un auteur
comme Oliver Williamson a par exemple écrit un jour « in the beginning, there were markets ». Souvent, l’idée que le
marché émerge spontanément repose sur une définition minimaliste du marché comme « ensemble d’échanges
faisant circuler des biens ». Une telle définition n’est pas très satisfaisante puisque si dès qu’il y a quelques
échanges, on a un marché, alors effectivement il y a toujours eu des marchés et le concept ne sert à rien. Une
définition plus sérieuse et plus exigeante suppose que, pour qu’il y ait marché, il y ait de nombreux agents, que les
relations soient impersonnelles et que les échanges se produisent par le biais de prix déterminés de manière
décentralisée. Avec une telle définition, on s’aperçoit que le marché existe depuis très longtemps (probablement
depuis le VIIe siècle avant notre ère selon certains anthropologues) mais qu’il ne peut pas « pousser »
spontanément.
Il ne fait aucun doute que les hommes échangent depuis la nuit des temps. Seulement, l’échange ne passe pas
automatiquement par le marché : il peut se faire au travers de la famille, de la guilde, de la coalition et autres
institutions. Il ne fait également pas de doute que par leurs échanges les individus donnent spontanément
naissance à des ensembles d’institutions qui appuient ces échanges. Mais pas forcément au marché. Pourquoi ?
Parce que pour qu’il y ait des échanges impersonnels, il faut qu’un certain nombre de conditions soient
satisfaites : des droits de propriété clairement définis, une ou des monnaies fiables, des recours en cas de fraude
ou de violence. Tant que les échanges prennent place dans de petits groupes où les gens se connaissent, les
mécanismes de réputation suffisent le plus souvent à engendrer un équilibre auto-renforçant, c’est à dire à créer
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une situation où chacun a confiance dans l’autre et participe ainsi aux échanges. C’est le mécanisme des
coalitions. On peut éventuellement considérer cela comme un marché, mais alors à la croissance
nécessairement limitée. Et on connaît ce qu’a écrit Smith (et d’autres après lui) là-dessus : division du travail et
taille du marché s’alimentent mutuellement. Un marché de taille restreinte limite la division du travail et limite
donc l’expansion du marché. Quand on regarde l’histoire, on s’aperçoit que l’émergence du marché tel qu’on le
connaît dans nos économies de marché modernes a pris du temps et a nécessité un nombre considérable
d’évolutions institutionnelles intermédiaires : le système de la responsabilité communautaire en Europe au
Moyen-âge, puis l’édification d’un droit « rationnel » au sens de Weber, lui-même précurseur de l’Etat de droit,
certains facteurs culturels et religieux (l’acceptation du prêt à intérêt, l’impact du protestantisme selon Weber,
l’individualisme selon Avner Greif). De manière générale, on est forcé de constater le parallélisme entre le
développement de l’économie de marché et celui de l’Etat de droit.
Une certaine vision finaliste de l’histoire considère que le marché se répand là où les contraintes sur les
individus s’affaiblissent : « laissez faire » et les marchés émergeront spontanément. En fait, l’analyse de l’histoire
du point de vue de l’économie institutionnelle contredit totalement cette vision. Pour que les marchés émergent,
il faut que plusieurs conditions soient remplies simultanément et, historiquement, la « main visible » de l’Etat a
souvent contribué à permettre la réunion de ces conditions – bien que l’État ne fasse pas lui-même partie de
ces conditions. Tout ceci nous apporte au moins deux enseignements :
- en économie, il est souvent erroné d’adopter la vision binaire marché versus Etat
- pour les pays en développement, tout en se gardant d’un constructivisme abusif, il ne suffit pas de
« laisser faire » pour voir des marchés apparaître. Repérer les prérequis institutionnels est indispensable,
les mettre en place est ensuite une autre histoire.
Conclusion : les marchés n’apparaissent pas spontanément et ils ne sont pas forcément spontanément efficaces.
Les market-fundamentalists sont de ce point de vue probablement dans l’erreur. Maintenant, le marché est
probablement l’une des institutions humaines les plus formidables, à mettre aux côtés du langage et de la
monnaie, source de prospérité et de liberté. Elle est d’autant plus précieuse qu’elle est difficile à mettre en place.
L’opinion publique a tendance a sous-estimer l’efficacité des mécanismes de marché, à plus forte raison
actuellement où l’on explique que les marchés financiers sont devenus « fous ». Alors, il faut le dire : le marché,
ce n’est pas magique, ça ne fonctionne pas tout seul, ça n’apparaît pas spontanément et des fois, ça a des ratés,
mais c’est souvent terriblement efficace. La crise financière actuelle doit faire réfléchir tout le monde : les free-
marketeers les plus invétérés comme ceux qui se réjouissent d’un « retour de l’Etat ».

• Répartition et redistribution des revenus


Il s’agit de deux modes différents d’allocation des ressources. On doit les envisager conjointement, car ces deux
notions sont profondément liées, comme on va le montrer.

Répartition : partage des richesses ou des revenus au sein d’un pays ou d’un groupe social. Ce partage des
revenus créés par l’activité économique est un thème fondateur chez les économistes classiques (analyse de la
répartition entre classes sociales) :
- Ricardo s’intéresse aux proportions dans lesquelles « le produit total est partagé entre les propriétaires,
les capitalistes et les travailleurs » (= 3 types de revenus : la rente, le profit et le salaire)
- Marx fait du mécanisme de la plus-value le mécanisme central de la répartition des revenus dans une
économie capitalistes
Aujourd’hui, les mécanismes de la répartition du revenu national son étudiés à travers les concepts de la
comptabilité nationale. On distingue :
- la répartition fonctionnelle, ou répartition entre les facteurs de production (capital, travail, ressources
naturelles)
- la répartition personnelle ou répartition entre les ménages ou les individus (une même personne peut
recevoir des revenus du capital et du travail)
- la répartition primaire (découlant directement de l’activité économique) est modifiée par l’existence de
revenus sociaux (retraites, allocations chômage, etc.)

Redistribution : ensemble des prélèvements et des réaffectations de ressources opérés par les administrations
publique affectant les revenus des ménages. Cette action, qui consiste en une modification de la répartition des
revenus primaires ne peut être le fait que de l’État ou des organismes sociaux. Les prélèvements consistent
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essentiellement en cotisations sociales et impôts. Les réaffectations consistent dans les prestations sociales et les
consommations collectives.
On distingue habituellement :
- la redistribution horizontale (le bien-portant paie pour le malade, l’actif pour le retraité, le célibataire
sans enfants pour les familles nombreuses), sur la base de laquelle fonctionne la Sécurité sociale
- la redistribution verticale qui est une notion plus globale et envisage les transferts sociaux en termes de
réduction des inégalités entre les catégories sociales (ouvriers, agriculteurs, employés, cadres…), et dont
les résultats sont plus difficiles à appréhender (ils semblent assez faibles et incertains).

Il faut commencer par se mettre au clair sur ce qu’est la valeur ajoutée. C’est la richesse créée par une
entreprise, un secteur institutionnel ou une branche au cours d’une période donnée.
VA = Production - Consommations intermédiaires
ou VA = Valeur des biens et services produits - Valeur des biens que l’entreprise se procure auprès d’autres
entreprises pour produire ou vendre.
(exemples de consommations intermédiaires : matières premières, électricité, assurances, fournitures diverses,
produits semi-finis, publicité, transports, etc.)

Le PIB correspond à la somme de toutes les valeurs ajoutées réalisées par les entreprises résidentes. On
comprend donc que le PIB est l’un des indicateurs économiques les plus importants dans la mesure ou il reflète
l’activité productive d’un pays au travers des richesses produites par ses entreprises.

Prenons un exemple simple : les comptes de résultat de la société X

CHARGES PRODUITS
Achat de marchandises 180 000 Vente de marchandises
Travaux d’entretien ou de réparation 10 000
Publicité 10 000
Transports de biens 40 000
Impôts, taxes et versements assimilés 50 000
Rémunération du personnel 80 000
Charges de sécurité sociale 50 000
Charges d’intérêts 20 000
Dotations aux amortissements 30 000
Total des charges 470 000 Total des produits 500 000
Solde créditeur : Bénéfice 30 000
Total général 500 000 Total général 500 000

Calculons la valeur ajoutée de cette entreprise :


500 000 - (180 000 + 10 000 + 10 000 + 40 000) = 260000
En effet, dans cet exemple, seules les charges suivantes sont considérées comme consommations
intermédiaires devant être déduites de la valeur de la production (500 000) :
- les achats de marchandises
- les frais de transports
- la publicité
- les frais d’entretien.

La valeur ajoutée d'une entreprise se compose donc des


éléments suivants (cf. diagramme)

Au regard de la composition de la valeur ajoutée, on peut


donc dire que celle-ci se répartit principalement entre les
salariés, l’État, et les apporteurs de capitaux.
Remarquez que chacune des composantes de la
valeur ajoutée représente un revenu pour une
catégorie d’agent économique.
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La logique Production - Revenu - Dépense qui correspond aux « 3 temps de la valse économique » (selon
l’expression consacrée) se vérifie donc également dans le mécanisme de répartition de la valeur ajoutée.

Quels sont les niveaux de répartition ?


On constate sur ce schéma qu’il existe deux niveaux dans la répartition du revenu national :
- 1e niveau : répartition de la production
- 2e niveau : prélèvements obligatoires par l’État sur les revenus primaires et redistribution
Au 1e niveau, c’est-à-dire celui de la répartition de la production, on parle de répartition « fonctionnelle ».
Tous les agents économiques qui participent à production perçoivent une rémunération – les prêteurs de
capitaux perçoivent un intérêt (banques et organismes financiers), les apporteurs de capitaux perçoivent un
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dividende (actionnaires ou détenteurs de parts sociales), les salariés perçoivent un salaire, etc. La production est
donc directement à la source du revenu dit « primaire ». Le revenu primaire correspondant au revenu
directement issu de la production.
Au 2e niveau, l’État et les collectivités territoriales procèdent à des prélèvements obligatoires sur ce revenu
primaire et les redistribuent ensuite sous forme de revenus de transfert pour corriger les inégalités. Les
prélèvements obligatoires sont constitués des cotisations sociales et des impôts (impôt sur le revenu des
personnes physiques, impôt sur les sociétés, impôts locaux tels que taxe d’habitation, taxe foncière, etc.). La
redistribution s’effectue sous forme de revenus de transfert – il s’agit par exemple des indemnités de maladie, de
chômage, du RMI, des prestations sociales et des services gratuits que l’État peut fournir.
Si l’on ajoute au revenu primaire les revenus de transfert et que l’on retranche les prélèvements obligatoires, on
obtient donc le revenu disponible. Le revenu disponible se repartira ensuite en consommation et en épargne.

Quel est le rôle de l’État dans la répartition ?


L’État providence a développé ses interventions depuis la fin de la G2. Selon cette conception assez élargie du
rôle de l’État, il s’agit avant tout de réduire les inégalités de revenus et d’influencer la conjoncture économique.
L’État intervient donc non seulement au niveau de la répartition primaire mais également au niveau de la
répartition et de la redistribution des revenus.
→ Au niveau de la répartition primaire, on peut dire que rares sont les décisions des pouvoirs publics qui
n’ont pas d’incidence à ce niveau. Par exemple, toute politique de lutte contre l’inflation exercera une influence
certaine sur la répartition du revenu (le pouvoir d’achat des consommateurs sera différent si cette politique est
restrictive et consiste à freiner la demande). Le taux de profit des entreprises subira également les effets d’une
telle politique (politique de blocage des prix par exemple).
Toujours au niveau de la répartition primaire, la volonté des pouvoirs publics depuis la fin de la G2 s’est
nettement affirmée dans le sens de la fixation d’un salaire minimum (la loi du 11 février 1950 a créé le SMIG
devenu SMIC le 2 janvier 1970). Dès 1952, le SMIG a été indexé sur l’indice des prix à la consommation.
Si le SMIC est automatiquement revalorisé tous les 1er juillet de chaque année, il n’en va pas de même pour les
autres salaires. L’État ne tient pas à contrôler la politique des salaires et l’indexation automatique de l’ensemble
des salaires est interdite : l’État cherche à éviter qu’une trop grande rigidité pèse sur les salaires car cela
présenterait des risques d’inflation par alourdissement des coûts de production des entreprises. L’État cherche
ainsi à casser la fameuse spirale inflationniste des prix et des salaires (désindexation des salaires depuis 1982).
Notons toutefois que, dans certaines branches d’activités, les conventions collectives sont assez avantageuses
pour les salariés dans la mesure où elles prévoient non seulement une indexation automatique des salaires sur les
prix mais encore une progression du pouvoir d’achat des salariés. Bien entendu, de tels avantages ne peuvent
être obtenus par les salariés que dans les secteurs clés de l’économie.
→ Au niveau de la redistribution des revenus, le rôle de l’État consiste d’une part à redistribuer les
impôts en accordant par exemple des subventions à certaines entreprises ou en finançant des régimes de
solidarité, et d’autre part à redistribuer le revenu disponible pour corriger les inégalités sociales (cette
redistribution s’effectue sous forme d'allocations familiales, allocations chômage, etc.)

Les inégalités de répartition


Durant ces 30 dernières années la croissance a été très lente et le pouvoir d’achat n’a que faiblement augmenté.
La crise économique des années 1970 a accentué les inégalités mais tout le monde n’en a pas subi les
conséquences de la même façon.
D’une manière générale, la situation concernant les inégalités peut être résumée de la manière suivante :
→ Ce sont les cadres, les ouvriers et les jeunes qui ont été le plus touchés.
En effet, les cadres et les ouvriers ont dû réduire leurs prétentions salariales pour retrouver des emplois à un
niveau de rémunération souvent très inférieur à l’ancien. Quant aux jeunes, ils ont dû accepter des salaires
d’entrée dans le monde du travail de plus en plus bas. Par exemple, en 1994 (dernier chiffre disponible à ce
jour) les jeunes entre 25 et 30 ans ne touchaient en moyenne que 70 % du salaire des quadragénaires contre
80 % 20 ans plus tôt.
→ Les richesses ne sont pas réparties de manière égale : il est clair que les salaires ont eu tendance à stagner et
les revenus du capital ont très fortement progressé. Les salaires n’ont progressé que de 15 % environ en 10 ans
(décennies des années 90) alors que les revenus du capital (profits et revenus de la propriété) ont progressé de
plus de 90 % pendant la même période.
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On constate donc que les stratégies mises en œuvre par les entreprises (dans le souci de mieux lutter contre un
avenir incertain et dans le souci de faire face à l’exacerbation de la concurrence internationale) ont entraîné des
gains de productivité importants qui ont eu pour effet de modifier le partage de la valeur ajoutée dans le sens
d’une augmentation de la part des profits au détriment des salaires. De ce point de vue, on peut dire que la
dernière décennie a été celle du capital plus que celle du travail.
→ Les inégalités de rémunération entre les hommes et les femmes se réduisent. On peut dire qu’il s’agit ici du
seul point sur lequel les inégalités se sont réduites de manière assez significatives. En effet, l’allongement de la
scolarisation des filles, les changements de mentalités et la tertiarisation de l’économie ont abouti à une
réduction assez importante (bien que des progrès restent à faire !) des inégalités entre les rémunérations des
femmes et des hommes. « Le rapport entre le salaire des femmes et celui des hommes stagnait dans les années
50 et 60 : les femmes gagnaient en moyenne à temps plein un tiers de moins que les hommes. Petit à petit,
l’écart a diminué. Au milieu des années 90, le salaire féminin représente plus de 80 % du salaire masculin.
Depuis 1995, il semble cependant que cette marche en avant soit stoppée. En 1999, ce rapport a même baissé,
sans que l’on puisse préjuger d’un retournement de fond. ». (Alternatives Economiques)

D’où la nécessité d’une redistribution C’est la progression des inégalités qui conduit, dans certains cas,
les États à s’impliquer activement en vue d’une redistribution des revenus.

Introduction
Depuis les années 1990, on assiste à une remise en cause du rôle de l’État, et de façon générale à un recul
apparent de son intervention dans l’activité économique. Après une période pendant laquelle l’État s’est
considérablement développé, notre époque semble ainsi renouer avec les théories originelles du capitalisme qui
voulaient faire du marché le mécanisme essentiel de la régulation de l’économie.
On a coutume de considérer que l’État intervient opportunément pour faire face aux imperfections du marché.
Mais on peut se demander s’il est un « bon intervenant », c’est-à-dire si on ne peut pas trouver mieux que l’État
pour gérer ces imperfections.

Donc on peut raisonner en 3 moments

I. La répartition des revenus est le fait du marché

A. Les premiers théoriciens du capitalisme contre l’État : le marché comme « ordre naturel »
Pour ces premiers théoriciens, l’État est un frein à la croissance : il doit donc se cantonner dans ses fonctions
régaliennes (sécurité intérieure et extérieure). L’individualisme de la bourgeoisie montante au XIXe siècle
condamne unanimement l’intervention de l’État dans l’activité économique. L’État est vue comme un préleveur
de richesses que le Prince utilise selon son bon vouloir, au lieu de les laisser à la disposition des marchands et des
entrepreneurs. On lui dénie tout compétence pour dire ce qu’il faut produire et comment : si une activité
économique est nécessaire et efficace, nul besoin de privilèges et de réglementations, qui ne font qu’introduire
des rigidités. On considère alors qu’il n’existe pas d’intérêt collectif susceptible de légitimer l’intervention de
l’État. La recherche par chacun de son propre intérêt suffit pour parvenir au bonheur de tous. Adam Smith
admet tout juste que l’État peut être en charge de certains biens collectifs. Notons de plus qu’au XIXe siècle,
l’émission de monnaie est souvent considérée comme relevant d’une activité bancaire privée et soumise à la
concurrence (principe du free-banking).

B. L’efficacité du marché pour la répartition de la richesse paraît évidente


On peut assez aisément donner raison à ces tenants de la liberté du marché, pour lesquels son libre jeu, selon les
principes de l’offre et de la demande, et en vertu de l’intervention de la « main invisible » chère à Adam Smith,
suffit non seulement à la production, mais encore à la répartition de la richesse. Tentons une expérience de
pensée qui doit permettre d’expliquer de manière pédagogique l’avantage comparatif du marché sur la
planification dans l’allocation des biens. Imaginons que vous décidez de mener une expérience sur deux groupes
de 10 personnes. Pour chacun de ces groupes, vous avez trois objets différents que vous voulez allouer aux
individus. L’expérience s’arrête quand tous le monde est satisfait. Dans le premier groupe, vous décider
d’octroyer les trois biens à trois personnes choisies aléatoirement puis vous les laissez marchander entre eux
avec leur propre denier. Dans le second, vous vous comportez en commissaire priseur walrassien en centralisant
l’information que chaque participants vous donne sur le prix qu’il est prêt à mettre pour chaque bien puis vous
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allouez les biens sur cette base. Dans les deux cas, l’expérience s’arrête une fois que tous les individus sont
“satisfaits” (plus personne ne veut échanger ou faire recommencer la collecte d’information). Question : lequel
des deux groupes va parvenir le plus rapidement à un consensus ? Réponse : difficile à dire, probablement le
premier, mais ce n’est pas certain. Reprenons maintenant la même expérience, mais multiplions tout par 10 :
les groupes sont maintenant composés de 100 personnes avec 30 biens de types différents. Quel groupe
parviendra le plus rapidement à un consensus ? Incontestablement le premier groupe. Trouvez-vous ça
convaincant ? Une remarque pertinente pourrait être de dire : « il faut aussi multiplier par 10 le nombre de
commisaire-priseurs », cela dit vu qu’il faut que les commissaires priseurs se coordonnent également entre eux,
je pense que l’on peut facilement montrer que cela ne facilite pas les choses. Le but de cette expérience est de
montrer qu’un ensemble de marchandages bilatéraux décentralisés débouche sur un traitement
de l’information concernant les préférences des agents qui est plus efficace qu’un
traitement centralisé dès lors que l’on ne postule pas l’existence d’une intelligence dépassant les limites de la
cognition humaine. Effectivement, l’introduction de l’informatique change sans doute la donne.

C. Au chevet du capitalisme naissant, l’État semble largement absent


L’État semble d’ailleurs dans un premier temps ne pas défendre sa place (XVIIIe-XIXe siècle). Si, dans l’histoire
économique des PDEM (et principalement de la France et de la Grande Bretagne), l’État tend à reculer comme
entrepreneur au cours du XIXe siècle, il joue un rôle essentiel en émettant et en garantissant la monnaie, sans
laquelle il n’y a pas de production de richesse, ni a fortiori de répartition de celle-ci, qui tienne.
L’État entrepreneur recule : les nouvelles activités économiques qui se développent appartiennent au secteur
privé. En France, les grandes manufactures mercantilistes « à la Colbert » sont remises en grande partie à des
entrepreneurs privés.
L’État régulateur recule pendant tout le XVIIIe-XIXe siècle : il ne cherche plus à fixer les prix ni les salaires, pas
plus qu’il ne réglemente les conditions de salaire. Lois Le Chapelier et loi d’Allarde (1791) en France, Workmen’s
Combination Bill (1799) et Poor Law (1834) en Grande Bretagne : le marché organise des relations purement
contractuelles entre salariés et employeurs et entre marchands et consommateurs.
Sur le plan monétaire, les banques centrales sont des organismes privés, contrôlés la plupart du temps par les
autres banques (la Haute Banque en France) et par les milieux d’affaires). La monnaie scripturale prend une
place croissante dans la circulation monétaire, et les banques peuvent émettre cette « monnaie privée » de façon
largement indépendante de la banque centrale.
Mais il y a des exceptions. Ainsi en Russie, en Allemagne ou au Japon (décollage économique dans le dernier
tiers du XIXe siècle, sous l’ère Meiji), la révolution industrielle s’est faite « par le haut » : l’État se fait alors
clairement investisseur, entrepreneur, banquier et organisateur, poussant à la cartellisation, contrôlant la
banque centrale et garantissant, les indispensables emprunts internationaux. D’où la nécessité pour cet État, qui
assume aussi la transformation en profondeur de l’organisation sociale, d’ériger de barrières douanières élevées
(Zollverein protégeant l’Allemagne naissante). L’intervention étatique se révèle également nécessaire dans le cas
des pays du Tiers-Monde qui, pour combler leur retard économique à partir des années 1950-1960, ont besoin
d’une action volontariste assumée par un État véritable maître d’œuvre (action sur la démographie, mobilisation
de l’épargne pour financer la croissance, lutte contre les consommations improductives, contre le gaspillage des
ressources), d’où le choix d’une voie de développement économique de type « socialiste » (Algérie de
Boumédiène).
L’État peut concevoir son rôle différemment (parfois entrepreneur comme au Japon ou en Allemagne, d’autres
fois seulement facilitateur comme au États-Unis avec la concession de terres vierges par le Homstead Act en 1862).

II. …mais l’État est un indispensable régulateur de l’activité économique

L’État est un acteur essentiel de la répartition des revenus, pour pallier les imperfections du marché, mais pas
seulement…

A. L’État est garant de la monnaie


L’État est le gardien de la monnaie : il accorde le monopole de l’émission monétaire à la banque centrale qui
garantit le versement de la rente.

B. Budget, pouvoir réglementaire et biens collectifs : un État indispensable


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Par son budget, l’État reste le premier agent économique. Tout au long du XIXe siècle par exemple, alors
même que l’État recule, son budget est toujours de l’ordre d’au moins 10 % du revenu national. Mais la
structure des recettes fiscales, qui évolue, est révélatrice de l’implication de l’État dans la répartition et la
redistribution des richesses. Ainsi, en France, les impôts sont les plus importants sont indirects et assis sur la
consommation, alors qu’en Grande Bretagne une part croissante est accordée à l’impôt sur le revenu (1799). La
situation française évolution bien sûr considérablement par la suite, mais il faut attendre l’après Première
Guerre mondiale (1917) pour voir un impôt sur le revenu créé en France.
L’État est le premier employeur et le premier dépensier (achats militaires qui sont un important débouché pour
l’industrie nationale).
L’État conserve un pouvoir de réglementation : rôle dans le financement de l’économie, politique douanière…
Il a un rôle d’impulsion indéniable pour générer de la richesse
C’est aussi le garant de l’ordre social : il fixe les conditions de fonctionnement de la propriété privée, de la
liberté d’entreprendre et de l’autorité patronale. Législations sur les mines, sur les sociétés par action et sur la
concurrence, sur les brevets, sur les expropriations d’intérêt public (pour l’installation de grands équipements
collectifs), concessions dans le domaine social. L’État intervient pour « préserver le marché » mais aussi pour
l’orienter.
Politiques douanières et coloniales. Subventions à certains secteurs d’activité au détriment d’autres (en 1846
l’Angleterre abolit ses Corn Laws et choisit donc explicitement de vivre de ses exportations industrielles, aux
dépens de l’agriculture et des propriétaires fonciers).
Biens collectifs (richesses réparties pur l’ensemble de la population) : l’État prend en charge certaines
productions que le marché n’assure pas. Production des infrastructures (routes, ponts, télégraphe, canaux,
chemins de fer, égouts, systèmes d’irrigation…). Rôle majeur dans l’éducation (formation des cadres et des
techniciens qui participent ensuite à la production de la richesse.

III. Toutefois, la redistribution, qui est une correction de la répartition des revenus, est le
fait exclusif de l’État

A. Extension progressive des politiques économiques et sociales


Déploiement de l’État keynésien dans les PDEM des années 1945 aux années 1970 : l’État comme « réducteur
d’incertitudes » via des politiques conjoncturelles.
Importance des politiques monétaires, subordonnées à des banques centrales nouvellement nationalisées (au
moins en France et en Grande Bretagne, elles restent juridiquement indépendantes en RFA et aux États-Unis).
Notamment lutte contre l’inflation.
Importance des politiques sociales : généralisation de l’État-Providence, mais avec une assise financière et
institutionnelle variable (modèle bismarkien avec une protection sociale financée par cotisations sociales et
organisée par branche, ou modèle beveridgien financé par l’impôt et administré directement par l’État).
Intervention de l’État dans les politiques salariales destinées à répartir des gains de productivité.

B. L’État face aux imperfections du marché


Les hypothèses du modèle concurrentiel peuvent être autant de conditions qui ne réalisent pas aisément : les 5
conditions de la « concurrence pure et parfaite » sont délicates à réunir).
Il n’est par ailleurs pas sûr que les marchés restent spontanément concurrentiels. En fait, le marché tend à
s’auto-détruire : l’État doit intervenir et mener une « politique de concurrence » pour préserver le marché. Le
problème, c’est que la différenciation des produits, les économies d’échelle, la concentration réduisent le degré
de concurrence dans une branche. Les marchés s’éloignent donc de la situation optimale et fournissent une
rente à certaines entreprises, au détriment du consommateur. Par la politique de concurrence, l’État prévient et
sanctionne les entreprises qui cherchent à limiter le libre jeu du marché : lois anti-trust aux États-Unis contre la
domination d’une forme sur toute une branche (cas d’IBM dans les années 1960, de Bell dans les années 1980,
ou plus récemment de Microsoft) ou en France loi sur les « relations équitables » entre producteurs et
distributeurs, ordonnance de 1945 et traité de Rome qui permettent d’interdire les prix imposés, les refus de
vente, les entrave à l’entrée les positions dominantes ou les ententes.
De plus, c’est toujours l’État qui garde la main sur l’attribution des droits de propriété.
Certains activités ne peuvent pas être guidées par le marché (biens collectifs, activités produisant des
externalités)
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C. Deux acteurs complémentaires
État et marché peuvent être considérés comme tels, notamment parce qu’ils ne raisonnent pas selon les mêmes
temporalités : l’État peut se permettre de prendre des décisions dont la rationalité se révèle seulement sur le long
terme, alors que le marché raisonne à court terme. On peut dire que le marché est myope : il ne voit pas loin.
Ainsi, il ne récompense par certaines externalités positives parce qu’elles ne se révèlent qu’à long terme (cas de
l’éducation).
On assiste en fait à une répartition des tâches progressives. Vagues de déréglementation et de privatisations
depuis les années 1980 (amorcées d’abord dans les pays anglo-saxons), mais selon des rythmes très différents
(privatisations plus tardives en France : on nationalise encore après 1982, alors que la Grande Bretagne a déjà
commencé à privatiser). Progressive soumission de l’État-Providence aux exigences du marché : aux États-Unis
les fonds de pension et les HMO (Health Maintenance Organizations) ont d’ores et déjà étendu les mécanismes de
marché dans le système des assurance sociales, mais de nombreux pays conservent, bon an mal an, leurs
systèmes de protection sociale (cas français ou britannique : même Margaret Thatcher n’a pas osé s’attaquer au
National Health Service).
Globalement, réduction de la place de l’État en matière de répartition et de redistribution de la richesse :
- À l’intérieur, les politiques économiques, monétaires, budgétaires, dont largement dépendantes des
marchés financiers. Réduction du pouvoir réglementaire de l’État par les règles du libre-échange et les
accords internationaux. Concurrence sur les capitaux et les travailleurs qualifiés en lien avec la
mondialisation : l’État perd même la main sur sa fiscalité (concurrence au « moins-disant fiscal »).
- À l’extérieur, progression du libre-échange qui interdit de plus en plus à l’État d’intervenir. Aujourd’hui,
les marchés financiers s’imposent même aux banques centrales qui ne font plus le poids pour défendre
leur monnaie sur les marchés des changes.
Mais l’État demeure le garant de l’environnement du système productif (garant de la cohésion sociale). Son
poids demeure important, même après deux décennies de remise en cause, parce que, s’il recule sur certains
fronts (la fiscalité par exemple), il occupe aujourd’hui une place nouvelle (notamment dans son rôle à l’égard de
l’institutionnalisation du marché).

Conclusion
Même si nous vivons dans le cadre d’économies dites « de marché », l’État est un acteur essentiel. Il ne faut pas
le cantonner dans un rôle d’ « empêcheur » de marché. Il joue aussi un rôle actif et positif sur ce plan.

On pourrait aussi intégrer quelque part une tentative de typologie, en classe les expériences de différents pays le
long d’un axe qui irait du « moins d’État » au « plus d’État ». On rencontre alors une multitude de
configurations, selon le lieu et selon l’époque depuis un « État minimum » en Grande Bretagne au début de la
première révolution industrielle jusqu’à un « État maximum » dans les pays socialistes à parti de la révolution
de 1917.