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La logique de Leibniz : d'après des documents inédits / par Louis Couturat, ... Source gallica.bnf.fr
La logique de Leibniz : d'après des documents inédits / par Louis Couturat, ... Source gallica.bnf.fr

La logique de Leibniz :

d'après des documents inédits / par Louis Couturat, ...

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Couturat, Louis (1868-1914). La logique de Leibniz : d'après des documents inédits / par Louis Couturat,ici pour accéder aux tarifs et à la licence 2/ Les contenus de Gallica sont la propriété de la BnF au sens de l'article L.2112-1 du code général de la propriété des personnes publiques. 3/ Quelques contenus sont soumis à un régime de réutilisation particulier. Il s'agit : *des reproductions de documents protégés par un droit d'auteur appartenant à un tiers. Ces documents ne peuvent être réutilisés, sauf dans le cadre de la copie privée, sans l'autorisation préalable du titulaire des droits. *des reproductions de documents conservés dans les bibliothèques ou autres institutions partenaires. Ceux-ci sont signalés par la mention Source gallica.BnF.fr / Bibliothèque municipale de ... (ou autre partenaire). L'utilisateur est invité à s'informer auprès de ces bibliothèques de leurs conditions de réutilisation. 4/ Gallica constitue une base de données, dont la BnF est le producteur, protégée au sens des articles L341-1 et suivants du code de la propriété intellectuelle. 5/ Les présentes conditions d'utilisation des contenus de Gallica sont régies par la loi française. En cas de réutilisation prévue dans un autre pays, il appartient à chaque utilisateur de vérifier la conformité de son projet avec le droit de ce pays. 6/ L'utilisateur s'engage à respecter les présentes conditions d'utilisation ainsi que la législation en vigueur, notamment en matière de propriété intellectuelle. En cas de non respect de ces dispositions, il est notamment passible d'une amende prévue par la loi du 17 juillet 1978. 7/ Pour obtenir un document de Gallica en haute définition, contacter reutilisation@bnf.fr . " id="pdf-obj-1-2" src="pdf-obj-1-2.jpg">

Couturat, Louis (1868-1914). La logique de Leibniz : d'après des documents inédits / par Louis Couturat,

....

1901.

Couturat, Louis (1868-1914). La logique de Leibniz : d'après des documents inédits / par Louis Couturat,ici pour accéder aux tarifs et à la licence 2/ Les contenus de Gallica sont la propriété de la BnF au sens de l'article L.2112-1 du code général de la propriété des personnes publiques. 3/ Quelques contenus sont soumis à un régime de réutilisation particulier. Il s'agit : *des reproductions de documents protégés par un droit d'auteur appartenant à un tiers. Ces documents ne peuvent être réutilisés, sauf dans le cadre de la copie privée, sans l'autorisation préalable du titulaire des droits. *des reproductions de documents conservés dans les bibliothèques ou autres institutions partenaires. Ceux-ci sont signalés par la mention Source gallica.BnF.fr / Bibliothèque municipale de ... (ou autre partenaire). L'utilisateur est invité à s'informer auprès de ces bibliothèques de leurs conditions de réutilisation. 4/ Gallica constitue une base de données, dont la BnF est le producteur, protégée au sens des articles L341-1 et suivants du code de la propriété intellectuelle. 5/ Les présentes conditions d'utilisation des contenus de Gallica sont régies par la loi française. En cas de réutilisation prévue dans un autre pays, il appartient à chaque utilisateur de vérifier la conformité de son projet avec le droit de ce pays. 6/ L'utilisateur s'engage à respecter les présentes conditions d'utilisation ainsi que la législation en vigueur, notamment en matière de propriété intellectuelle. En cas de non respect de ces dispositions, il est notamment passible d'une amende prévue par la loi du 17 juillet 1978. 7/ Pour obtenir un document de Gallica en haute définition, contacter reutilisation@bnf.fr . " id="pdf-obj-1-10" src="pdf-obj-1-10.jpg">

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7/ Pour obtenir un document de Gallica en haute définition, contacter reutilisation@bnf.fr.

LA

DE LEIBNIZ

A LA

MÊME

LIBRAIRIE

DU MÊME

AUTEUR:

De

Platonicis

De

l'Infini

mythis,

mathématique,

thèse

latine

1 vol.

(épuisé). grand in-8.

EN

PRÉPARATION

Opuscules La Logique

et fragments algorithmique.

inédits

de

Leibniz.

12 Ir.

Coulommicrs.

Imp.

I'all

UKODAKD.

1:11-1001.

LA

LOGIQUE DE LEIBNIZ

D'APRES

\\vj>y

DES DOCUMENTS

INEDITS

PAR

C II A 11 G0

Louis

COCUS

COUTURAT

A

I.

U N I V K II S I TA DE TOULOUSE

ANCIENNE

 

Cum

Deus

calculat.

 

fit

nnindus.

 

PhiL,

VII,

191.

 

PARIS

FÉLIX

ALCAN,

ÉDITEUR

 
 

LIBRAIRIE

GERMER

BAILLIÈRE

 

ET

Ci,,

108,

BOULEVARD

S AlftT-UE

ItM

AIN,

108

 

1901

 

Tous

droits

réservés.

A

EMILE BOUTROUX

V -i>m '

PUOF.K.SSjCpl(

DE L'UNIVERSITÉ

DE PARIS

JlKMItKE

DE

L'INSTITUT

Hommage

respectueux

et reconnaissant.

A G E

La Logique

système

qui

de Leibniz

a été

le plus

est

assurément

négligée

par les

la partie historiens

de son

de la

philosophie à bon

droit

d'attention

et des mathématiques.

par

sa métaphysique,

v ses doctrines

purement

Les philosophes,

séduits

n'ont

logiques,

accordé que et n'ontguère

peu

étudié

doute

D'autre

Leibniz

son projet à cause

de

d'une

Caractéristique

la

forme

mathématique

part,

l'inventeur

les mathématiciens du Calcul

ont

différentiel

universelle, qu'il surtout et intégral,

sans revêtait. vu dans et ne

se sont

de ses théories

la valeur

essais

générales

sur ni de ses

pas et la portée d'application dédaigneusement résulte

que

pris les la source

occupés de la méthode

de l'Algèbre comme

ni les

uns

mathématique,

à la Logique,

de

considéraient Il en

qu'ils

la métaphysique.

n'ont

est

ni les autres

pleinement pu remonter

com-

du système,

et n'ont

principes

d'où

jusqu'à

découlent

v la fois

le Calcul

infinitésimal

et

la Monadolotjie. lls ont,

il est

vrai,

pour

Leibniz

relatifs

il la Logique

excuse

n'ont

été

que les publiés

opuscules

de

que

tardive-

1. Nous

adoptons du philosophe

tuelle

l'orthographe

(cf.

Klopp,

Lkibniz, IX, ¡il).

conforme

il la signature

habi-

VIII

PRÉFACE

ment

sont

taires,

et très dispersés notamment

et qu'aujourd'hui

partielles

éditions

incomplètement,

dans

encore et fragmen-

diverses

éditions les deux

dans

Gerhardt

a

ils

si

malencontreusement

distribué

les OEucres

-n i a Ihéma tiques

et les

OEuvres

philosophiques*;

comme

si l'on pouvait

découper

en tranches

dont la philosophie

l'oeuvre

d'un savant encyclopédique,

était nourrie

de l'élude

de toutes

les

sciences,

et a inspiré

en retour

scientifiques.

S'il y a un penseur

toutes

ses découvertes

que l'on ne puisse

dédou-

bler ainsi impunément,

c'est bien celui qui disait

) Métaphysique Mathématiciens

est toute mathématique

ont autant

besoin

d'estre

ou encore

philosophes

« Ma

« Les

que

les philosophes sion artificielle

d'estiv Mathématiciens

et arhitraire

opérée

entre

3 »

Cette

des œuvres

divi-

con-

temporaines

qui se pénètrent

et s'éclairent

mutuellement

v eu pour résultat

de dissimuler

l'unité

du système

et d'en

cacher

rable

les véritables

Ainsi l'absurde

principes. des « lettres

scission

» et des « sciences

et déplo- » ne com-

promet

pas seulement

l'avenir

de la philosopliie

elle fausse

son histoire

spéculations

et rend son passé inintelligible,

scientifiques

où elle a toujours

en l'isolant

des

pris racine.

On

1.

Il y a dans

les

Œuvres

philosophiques

cules d'un contenu mathématique,

des opus- comme la Letlre ci Makbranche du

des

lettres

ou même

  • 4 août J079 {Phil., I, 342) et le '1'cntamcn Anagogicum (phil., VII, 270;

classé dans les manuscrits

les Œuvres mathématiques

intérêt philosophique,

Math., VII,

Et en revanclie,

il y a dans d'un grand

une foule de lettres et de fragments

notamment la

correspondance avec Tschirnhaus,

et plusieurs opuscules sur la philosophie ou la logique des mathéma-

tiques (v. Chap. VI, § 7; Chap. IX, 4).

  • 2. Lettre ci VUospital, 27 déc. 1094 (Math., 11,258).

    • 3. Lettre ci Makbranche, la!?3 mars 1099 (Phil., I, 3-JO). Cf. Lettrc ti la

princesse Sophie, d2 juin 1700 (citée p. 202, note 1). Leibniz disait lui-

même de sa correspondance

« Il y aura un mélange

avec

Arnauld, qu'il projetait de publier

curieux de pensées

philosophiques et Mathéma-

de la nouveauté. »

tiques qui auront peut estre quelquefois la grace

Lettre Basnage dc Buauval, 3/13 janv. 1096, P. S. (l'hil., IV, 499).

PRÉFACE

IX

aisément

que

toute

comprend

pâtir

Logique,

de

ses

plus

précisément

spéculations

que la philosophie dans

autre,

et,

parce

qu'elle

métaphysiques

de Leibniz

ait dû en

cette

philosophie,

la

est le centre

et le lien

et de

ses

inventions

mathématiques

Non

seulement

i.

les

éditions

de Leibniz

sont

incomplètes

et « unilatérales

»

mais

les œuvres

culièrement

négligées.

Sans

doute

logiques

RASPE,

y ont été parti- Eudmaxn

puis

et

enfin

Gerhardt

ques

fragments;

nous

ont

fait

tour

v tour

l'aumône

mais

pour

un

qu'ils

ont

publié,

de quel- ils en ont

laissé

aclievés,

presque

de

côté

vinyl

sinon

davantage,

tous

les fragments

telle

négligence

que

par

autres

aussi

importants est le plus

et, ce qui datés.

que

On ne peut les éditeurs

le fait

et

aussi

incroyable,

expliquer une dè Leibniz,

n'ont

cier

rien

compris la valeur.

Aussi

à ces

fragments

avons-nous

travail,

prendre

connaissance

des

et n'ont

dû, pour manuscrits

pu en appré- compléter notre conservés

il

la Bibliothèque

de Hanovre,

les.plus

intéressants,

que

et en

extraire

nous

publierons

les

bientôt

fragments 8. Nous

1. L'étroite métaphysique

clans

connexion

de

qui existe est affirmée

du 3/13

operis

entre

le

Calcul

infinitésimal et nettement non hac

ipsa

et la

Leibniz

définie

erit,

infi-

hac-

cluibus

expressément

101)0

la Lettre

ex intimo

consuetas

solis

ci Fardella

in prœfalione philosophie

« Portasse

nostra

inutile

analysi

ultra

sept.

Lui de

ut nonnihil

niti,

tenus

pêne

inventa

fonte derivata, id est ultra

lueem

analysis

accipient

dabunt.

ce qui

dans

attendre

cette

directeur

d'une

travail;

qua matllesis imaginahilia, sese immergebanlur. a nostris

» (Gvolefcnd, la pensée

notiones, et partim autoritalem de séparer

pas

attollit,

liactenus

Et nova

pliilosoplicmatibus,

p. 210.)

de

Leibniz

témoigner

malhemalica

rursus

crime

N'est-ce

était

partim pas intimement 2. Nous

un

notre

qui,

permis

ipsis

que

si

uni? ne voulons

occasion pour de l'Enseignement

toute

reconnaissance en nous

il M. Liard,

à cet

supérieur,

nous

Bodemann,

effet

mission en Allemagne, il. M. le conseiller

a

chargeant

de mener

à bien

ce double

bibliothécaire

en chef de Hanovre,

qui nous a libéralement

ouvert

trésor dont il a la garde;

et à M. Vacca, assistant

de mathématiques,

le

il

l'Université

de Turin,

qui nous en a montré

le chemin.

·

x

PRÉFACE

croyions

n'avoir

plus

qu'à

nous

avons

nouveaux,

ment

notre

rapporté que nous

une

avons

livre

et de récrire

Toutefois,

ces

documents,

glaner

moisson

tant

après si riche

d'éditeurs;

or

de documents

été obligé

de

refondre

entière-

certains Chapitres si considérables

en totalité'.

qu'ils

soient

par leur nullement

nombre,

obligé

leur

étendue

et leur

de modifier

notre

plan

intérêt, ni même

nos conjectures des lacunes

chronologiques; et confirmer

notre

ils n'ont

fait

interprétation.

ne nous

ont

de corriger combler

que

Ils ont

sur-

tout apporté essentielle

un

supplément

de notre

travail,

de

Leibniz

repose

uniquement

de

preuves v savoir que

sur

les

il la

conclusion

la métaphysique principes de

sa

Logique,

Cette

àjustifier,

et en procède

tout

entière

2.

conclusion, se trouve

que les œuvres

déjà

publiées

corroborée

entre

autres

par

suffisaient

un admi-

rable

fragment

inédit

où Leibniz

a résumé

en quatre

pages

toute

raison,

sa métaphysique formule

qu^il

en

la déduisant

rigoureusement

du principes comme suit

de

Dans

toute

proposition

saire

ou contingente, en d'autres termes,

vraie,

universelle

le prédicat

est

ou

singulière, contenu dans

néces-

le sujet;

toute

vérité

est réductible

à une

propo-

sition

identi.(luc,

et doit

pouvoir

se démontrer

ct priori

par

l'analyse

de

ses

termes,.

De

la Leibniz

déduit

d'abord

le

de

principes puis une suite de dénominations

symétrie

et

le principes

des indiscernables,

de conséquences

métaphysiques

il n'y a pas

purement

extrinsèques;

la notion

com-

1. Notamment Calcul

le Chap.

III (la' Langue

qu'est

logique). il la même

2. C'est

conclusion

prétation

losophy

toute

of Leibniz

3. Phil., p. 208, note

VIII,

1.

différente

(Cambridge,

0-7. Voir

d'ailleurs,

dans

les

1900).

extraits

universelle)

et le Chap.

VIII

(le

arrivé

M. Russell,

par

sa Critical

Exposition

une inter- of the Phi-

cités

Chap.

VI,

§ 17,

notamment

PRÉFACE

XI

plète

dicats

avec

d'une

substance

passés,

présents

individuelle

et futurs,

enveloppe et par suite

tous

l'univers

tous

ses états

successifs;

toutes

les

substances

ses

pré-

entier,

créées

ne sont

que

une

substance

des

expressions

individuelle

diverses

exerce

sur

d'un

toutes

même

univers:

les autres

une

action

physique,

mais

non

une

action

métaphysique,

d'où

suit

.vide

l'hypothèse

ni d'atomes;

divisée

actuelle

v l'infini;

déterminée;

de l'harmonie

toute

parcelle a dans

il n'y

l'espace,

le

sont

que des

phénomènes

vrais;

une

« forme

» analogue

l'Ame;

préétablie; de matière

il n'y

a pas de,

est actuellement

les

corps aucune et le mouvement

figure

temps la. substance

enfin,

ne

des corps_est substance

aucune

ne peut

nnttre

ce sont

toutes

ni périr les thèses

naturellement.

essentielles

Comme

on

le voit,

de la Mon ado lof/

ie qui

dérivent

et précis

de ce seul

est celui-ci

principe « Toute

de raison, vérité

dont

le sens

est

analytique.

exact

» En

conséquence,

tout

dans

démontrable

méthode

logiquement des sciences

est

le monde

doit

être

par

de purs

concepts,

intelligible et la seul

et

la déduction.

C'est

ce qu'on

peut

appeler

sophie

complète

tualiste

le postulat de Leibniz

de l'universelle

ainsi

La philo-

intelligibilité.

comme l'expression du rationalisme

la pensée

la plus intellec-

apparaît

et la plus il y a accord

systématique

parfait

entre

et les choses,

entre

trable

Pour

la nature

et l'esprit;

la réalité

il la raison, caractériser

parce

qu'elle

cette

métaphysique

est entièrement

est

pénétrée

péné- de raison.

d'un

seul

mot,

c'est

un pan logis/ne

Ce mot

suffit

l.

il indiquer

la place

capitale

que

la Logique

1. Cette Leibniz soutenant

interprétation et de Kant.

l'existence

nous

paraît

Celui-ci

s'oppose des jugements

propre

radicalement

synthétiques

il éclairer

son

ci priori.

les rapports prédécesseur

de

en

XII

PRÉFACE

doit

n'était

occuper de notre

dans

part

le vouloir

et presque

le système ni cherchée

de Leibniz.

ni même

malgré

nous

que

nous

Cette

conclusion

prévue y avons

c'est

sans

abouti.

Nous

nous

proposions

simplement

d'étudier

en Leibniz

le

précurseur

lyser

son

reconstituer

de la Logique Calcul

logique

algorithmique

et son

Calcul

ridée

de sa Caractéristique

moderne,

géométrique,

universelle.

d'ana-

et de

Mais,

quand

nous

avons

voulu

remonter

aux

principes

philoso-

phiques

de

ces

théories,

nous

avons

aperçu,

d'une

part,

qu'elles

procédaient

de la conception

originale

que

Leibniz

se faisait

tion

juvénile

de la Mathématique de la Combinatoire;

universelle,

d'autre

et de son

inven-

part,

qu'elles

se

rattachaient

étroitement

à ses essais

de Langue

universelle.

ainsi

qu'à

son

grand

projet

d'Encyclopédie

démonstrative

toute

qui l'occupa thèses

rale

philosophiques », c'est-à-dire

avons

été amené

sa vie;

enfin,

qu'il

déduisait

toutes

ses

des

principes

de sa « Science

géné-

de sa Méthodologie. à découvrir

que

C'est

sa Logique

ainsi

était,

que

nous

non

seu-

lement

le cœur

et l'âme

de son activité

intellectuelle

de

son système, et la source

mais

de toutes

le centre

ses inven-

tions,

caché,

et il reconnaître

d'où

jaillirent

en elle le foyer

tant

de lumineuses

obscur,

ou du moins

« fulgurations

».

AVERTISSEMENT

Nous

devoir

donner

de notre

ici quelques ouvrage. L'état

indications

croyons

matérielle

où

de dispersion immense

lant

disposition de désordre

multiple

se trouve

l'œuvre

présentement et démembrée

de Leibniz,

morcelée

entre

sur

la

et

et

d'édi-

tions fragmentaires, un seul lravailleur

fait qu'il de rassembler

est

difficile, et d'avoir

sinon

sous

impossible, la main

à

tous

les textes

conque

étudiants,

guant

livre

nécessaires

du système et même

à l'étude

Nous

d'une

approfondie avons donc

partie

quel-

aux

être

utile

pensé de leurs

de manière

à quelques-uns et les références, de textes

maîtres, à faire

en prodi- de notre

mesure

per-

les citations un recueil

qui pût suppléer

en quelque les citations

à l'absence

de telle

ou telle édition

2. De plus,

mettent

des rapprochements

instructifs

textes

séparés

analogues

dans

une

références,

nous

ou contemporains

même les avons

édition

qui ou dans

multipliées,

ou curieux se trouvent

plusieurs. dans l'espoir

entre

des

souvent

Quant aux de remé-

1. Nous n'y jointes de la

Cousin,

2. Voir

générale,

par

suite,

avons

Sorbonne,

du

réussi

nous-même de l'École

grâce et de la bibliothèque l'aris.

qu'à

bibliographiques.

les plus

etc.,

aux

ressources

que

Normale

réunies

Abréviations

ressources il lat fin nous nous

qui ne se trouvent

volume

renvoyé

cité

nos

avons

de préférence les éditions

aux éditions

n'avons

Dutcns,

Erdmann,

con-

Victor

En règle

récentes;

que

pour

les textes

qui

cité

parallèlement,

manquent

aux

lorsqu'il

éditions

y avait

[Math., Phil. et Briefwechsel).

ultérieures.

lieu, les

Toutefois,

trois

éditions

nous

avons

Gerhardt

XIV

AVERTISSEMENT

dier,

d'Index

guide

lopper

tions

sur quelques

points

dans

à ceux

les éditions qui voudront

au moins, Gerhardt.

vérifier

au manque Elles pourront notre interprétation,

si regrettable servir

de

en déve-

et compléter accessoires

quelques

que

nous

parties,

avons

ou étudier laisser

certaines de côté

ques-

Nous

avons

connexes

dans

les

traité

dans les Appendices qui se rattachaient

plan.

les

Nous

avons

documents

de ces questions

toutefois

quelques-unes à notre sujet

renvoyé

sans

entrer dans divers trouver nos cita- Ger-

en

notre

Note.s,

dans

à la fin du volume,

cités

ne pouvaient

qui se

trouvaient

endroits

place

tions

du livre, les notes

ou qui par leur courantes.

philosophiques

étendue

Enfin, comme se réfèrent

toutes à l'édition

des œuvres

hardl',

aisément

table

encore

éprouvé

Leibniz

sommes

il nous

a paru

utile,

dans

de les retrouver de dresser une n'existe

qui

un

mot,

ayant

de

présentes nous nous et fastidieuses

pour

l'édition

les

permettre

et sûrement

de correspondance nulle part

par

rendent

efforcé

Erdmann,

entre

deux

éditions,

En

à notre

connaissance. combien les incommode au lecteur

nous-même

l'étude

d'épargner

éditions

et pénible, de longues

recherches,

faire

profiler

souvent

stériles

le

plus

possible

et toujours du résultat

hasardeuses,

des

nôtres.

et de le Nous

serions

pouvait

attirer

amplement

faciliter

l'attention

récompensé à d'autres

l'étude

des chercheurs

de nos peines,

si notre ouvrage de Leibniz,

si vaste

de la philosophie sur son œuvre

et si

mal

connue,

et susciter

d'autres

augmenter

sa gloire

et à restaurer

travaux

sa pensée.

qui contribuent

à

1. Voir

exemple

les notes machines

(p. 130,

a);

sur

par

les

(p. 05, 1); sur Leibniz

posés

par

logiques

sur

les travaux

philologiques

de

(p.

i((i,

l'Algèbre

2);

sur

de Descaries

les dialogues

(p.

1 il,

Leibniz

com-

2);

sur

l'argument

sur

tel

avons

qu'il

Janet

ontologique

(p. l'JÎJ, 3); sur le principe etc.

(p.

V Index

20"», 4); des noms

Essais,

divisions

éditions

Paris,

de continuité

(p. 2'A'A, 4); relatives

nous

parce

l'édition

la machine

ou tel auteur, 2 Sauf

pour

préféré

y en

(2 vol.

les notes

arithmétique consulter les Nouveaux renvoyer aux

nombreuses 2c édition,

Pour

propres. la Théodicéc

intrinsèques

classiques,

Alcan,

11)00).

et la Monadoloçiic; de ces ouvrages, exemhle

par

a de

in-8°;

it

LOGIQUE

LA

DE

LEIBNIZ

CHAPITRE

I

LA SYI.LOCISTIQUE

1.

tlvant

d'étudier

Logique,

la

Logique

particulier

il convient traditionnelle de la théorie

les

vues

de

rechercher

originales

d'abord

de

Leibniz

sur

ce

qu'il

pensait

la

de

d'AmsTOTE

du

syllogisme.

et

des

Scolastiques,

Il professa

toujours

et

en

pour

celle-ci

une

grande

admiration

des

hles.

Je

tiens

que

l'invention

plus

helles

de

l'esprit

C'est

une

espèce

de la

forme

des

humain,

et

même

de

mathématique

syllogismes

des

plus

universelle',

est

une

considéra-

dont

l'importance

n'est

pas

assez

connue;

et

l'on

peut

d'infaillibilité

y est

contenu,

pourvu

qu'on

sache

s'en

bien

servir,

La

meilleure

ce qui

preuve

n'est

pas de la valeur

toujours

que

permis

Leibniz

dire

qu'un

art

et qu'on

puisse

2. »

reconnaissait

à

1. remarquer

cette

lalùllie

(§ (i), cL que

expression,

qui

nous

comprendrons

se Irouve mieux

l'cpûtOe

plus

plus

tard

loin

(Voir

par'Phi-

Chap.

Il,

§ 1,

2.

(Phil.,

Letlrc

elChap.

VU,

$14).

Nouveaux

Essais,

IV, xvh,

§

VU,

481);

ci Lang

du

Lettre

juin

au

P. tlcs

1710

(Note

4 (1704). Cf. Lettre

« lioch

Bosses

du

2 mai

1710

XVIII)

Lettre

ci Eler

du i;i juillet

{PhiL,

Il,

du

10 mai

1715

402);

1710

(Note

XVII).

Coutuhat.

Lojjic[uo

de

Leibniz,

1

2

CHAPITRE

1

la Logique

formelle,

et notamment

dans

Denis

le fait qu'il

l'employa

avec

succès

Papin

touchant

la Dynamique

au

dans

syllogisme, sa controverse

1.

Ils

poussèrent

mentation

bèrent

jusqu'au d'accord,

12" ou 13° syllogisme,

après

quoi

tandis qu'auparavant

ils ne réussissaient

consiste

avec

l'argu-

ils tom-

pas à

s'entendre

2.

Mais

théorie

l'oeuvre

et

ce culte

de la forme

et son

admiration

logique

pour de considérer

la corriger

du syllogisme d'Aristote

pas Leibniz

n'empêchaient

et de vouloir

comme

à l'exemple il écrivait

imparfaite, des Scolastiques

ces lignes,

la compléter,

eux-mêmes.

Vers

sa propre

la fin de sa vie,

qui résument

la

théorie

« La Logique

de Syllogismes

est véritablement ou la Géométrie.

qu'il

aussi

démonstra-

demontré

tive, tout dans

figures,

modes

comme l'Arithmétique non seulement

est aisé 3, mais

sauroit

donne

J'ay y a véritablement

que chaque

ma jeunesse, ce qui utiles,

quatre

a six

au lieu

et à

Figure

et n'en

avoir

ny moins

à la première

ny plus que quatre

4.

on n'en

qu'ordinairement la seconde,

et cinq à la quatrième

2. La démonstration

à laquelle

Leibniz faisait ainsi allusion

se trouve dans sa Disserlalio

de Arle combinaloria*,

composée

1. De Icgibus

nalurw

et vel'a

xstimutione

virium

molricîum

contra

Carte-

siunos,

responsio

ad