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Dynamique : Le problème de Kepler

Soit une planète de masse m orbitant autour d’une étoile de masse M.

& y v r = r r m r r M θ O
& y
v r
= r r
m
r
r
M
θ
O

Fig. 1

x

Dans un référentiel ayant pour origine le centre de l’étoile, soit r r le rayon vecteur repérant la planète. La force de gravitation attirant la planète vaut :

r

r Mm r

F

= −

G

2

r r

(1)

Comme l’étoile est beaucoup plus massive que la planète, on peut admettre que le référentiel

r =

lié à l’étoile est galiléen. Le second principe de la dynamique F

GM

r

r

r

2

r

r

= r

&&

r

mr

&&

1. Constantes du mouvement

conduit à :

(2)

La résolution de cette équation différentielle est facilitée si l’on fait intervenir les constantes du mouvement, qui sont la vitesse aréolaire et l’énergie.

Vecteur vitesse aréolaire :

r

C =

1

2

(r v)

r

×

r

(3)

r

Le module de C

vecteur vitesse aréolaire est constant. En effet, prenant sa dérivée, il vient :

représente la surface balayée par le rayon vecteur r r par unité de temps. Le

&

r

C =

1 r

)
2

(

&

r

r

r × v

+

1 (
2

& )

r

r × v

r

=

1 (
2

v r × v r

)

+

1

2

r r × && r r =

0

Le second terme est nul car, en vertu de (2), && r r est proportionnel à r r . (Force centrale).

r

Le vecteur vitesse étant constamment perpendiculaire au vecteur fixe C , la trajectoire est

est constant, donc la vitesse aréolaire est constante (2 ème loi de

donc plane. Le module de C

Kepler).

r

Probleme_de_Kepler_v3

Le problème de Kepler

Page 2

L’énergie totale de la planète est la somme de son énergie cinétique et de son énergie potentielle.

La force d’attraction est conservative. Elle dérive du potentiel :

V (r) = −

GMm

r

(4a)

Énergie totale

E

=

V

=−

r

GMm r

 

r

2

r

r

r

E

cin

= −

GMm

r

+

1

2

mv

r

F = −

∂

V

(

r

)

+

2

(4b)

(5)

r &

Pour montrer que l’énergie totale est constante, multiplions scalairement l’équation F

par v r :

r

= mv

 

r

&

r r r

 

F

v

r

dr

V

=

mv

v

dt d ⎛ ⎜

r r

v

v

r

dt

r

0 =

dt d ⎛ ⎜ V

= m

+

1

2

2

⎟=

dE

 

2

mv

dt

2. Équations du mouvement en coordonnées polaires

& & r ⎛ ⎞ x ⎛ r cos θ ⎞ r ⎛ x ⎛
&
&
r
⎛ ⎞
x
r
cos
θ ⎞
r
x
r & cos
θ − r
θ θ
sin
⎛ cos
r
⎟ ⎞ = ⎜
= ⎜ ⎜
&
y
r
sin
⎝ ⎟ ⎟ ⎠ = ⎜ ⎜ ⎝
θ ⎠
v = ⎜ ⎜ ⎝ y & ⎠ ⎟
r & sin
θ + r
θ
cos
θ
sin
⎜ ⎝
⎟ ⎟ ⎠ = r & ⎜ ⎜ ⎝
2
2
&
Carré de la vitesse
v
2 = r&
+ r
θ 2
1
r
r
1
2
&
Vitesse aréolaire
C =
r
×
v
=
r
θ
2
2
L’équation de la conservation de l’énergie s’écrit :
GMm
(
2
2
2
&
)
E =−
+
1 m r&
+
r
θ 2
r

&

θ

θ

⎟ + r

⎛− sin

θ

&

θ

cos

θ

(6)

(7)

En remplaçant θ par sa valeur tirée de (7), nous obtenons une équation qui ne fait intervenir

que r et sa dérivée r& :

E =−

GMm

1

⎜ ⎜

2

4 C

2

 

+

r &

+

 

m

r

2

2

r

⎟ ⎠

Le problème de Kepler

Page 3

En résolvant par rapport à

r&

2

, il vient :

r&

2

 

2

E

2

GM

4

C

2

=

+

 

m

 

r

r

2

 

(8)

Cette expression devant être positive, il en résulte des conditions sur le domaine de variation de r.

Si E 0 la distance r est comprise entre une valeur minimum et l’infini ; on peut montrer que cela correspond au cas des trajectoires hyperboliques, ou à la limite paraboliques.

Si E < 0 la distance r est comprise entre deux limites

aux trajectoires elliptiques, que nous allons traiter en détail ci-après.

r

min

et

r

max

; cela correspond

Calculons les deux limites

r et . Pour cela, il faut résoudre l’équation du 2 ème degré : min
r
et
. Pour cela, il faut résoudre l’équation du 2 ème degré :
min
r max
2
GMm
2 mC
r 2 +
r
=
0
E
E
2
2
GMm
GMm
2
mC
=−
+
r min
2
E
2
E
E
2
2
GMm
GMm
2
mC
=−
+
+
r max
2
E
2
E
E

De (7) et (8), nous déduisons les équations différentielles du mouvement :

⎧ ⎪ ⎪ 2 dr 2 E 2 GM 4 C = + − 2
⎪ ⎪
2
dr 2
E 2
GM
4 C
=
+
2
dt
m
r
r
d θ
2 C
=
2
⎩ dt
r

(9)

Sous cette forme, ces équations se prêtent au calcul numérique. En revanche la recherche d’une solution analytique est laborieuse : en intégrant la première équation, on obtient t en fonction de r ; en principe, il faudrait la résoudre pour obtenir r(t) , puis substituer l’expression trouvée dans la seconde équation et intégrer. Une méthode plus habile consiste à obtenir d’abord l’expression de la trajectoire, soit r en fonction de θ et ensuite θ en fonction de t.

Le problème de Kepler

Page 4

3. Calcul de la trajectoire r (θ )

En divisant membre à membre les équations (9), on obtient :

Poser :

1

r

= ρ

d’où :

1

r

2

dr

2 2 dr r 2 E 2 GM 4 C = + − 2 d
2
2
dr
r
2
E
2
GM
4 C
=
+
2
d
θ
2
C
m
r
r
dr
d θ=
E
GM
1
2
r
+
2
2
2
2
mC
2C r
r
=
− d
ρ
d =
θ
E GM
2
+
ρ ρ
2
2
mC 2
2 C

(10)

Faire apparaître une différence de deux carrés sous la racine :

Poser :

Alors :

θ

d =

− d ρ 2 2 E ⎛ GM ⎞ ⎛ GM ⎞ + ⎜ ⎟
− d
ρ
2
2
E
⎛ GM ⎞ ⎛
GM ⎞
+ ⎜
− ⎜
ρ
2
2
2
2
mC
4
C
4 C

K

2

=

E

GM

+ ⎜

2

mC

2

4 C

2

2

et

u =ρ

GM

4C

2

.

d

θ =

− du 2 2 K − u
− du
2
2
K
− u

et on reconnaît la dérivée de arccos(u / K ).

θ = arccos u / K + θ ( ) (où θ est une constante
θ = arccos u / K + θ
(
)
(où θ
est une constante d’intégration)
0
0
GM
ρ
u
2
cos
(
4
C
θ θ
)
=
=
0
K
K
GM
ρ=
+ K
cos
(
θ−θ
)
2
0
4 C
2
1
GM
E
⎛ GM ⎞
=
+
+ ⎜
cos
(
θ−θ
)
2
2
2
0
r
4
C
2
mC
4 C

Le problème de Kepler

Page 5

Poser :

2 GM GM 8 EC 1 = + 1 + cos ( θ−θ 2 2
2
GM
GM
8 EC
1 =
+
1
+
cos
(
θ−θ
2
2
2
2
0
r
4
C
4 C
G M
m
2
1
GM
8 EC
=
et
e
= 1 +
2
2
2
p
4 C
G M
m

)

(11)

On reconnaît, sous forme polaire, l’équation d’une ellipse de paramètre p et d’excentricité e. La masse M occupe l’un des foyers (1 ère loi de Kepler).

1 1 + e cos θ − θ ( ) 0 = r p r
1
1 +
e
cos θ − θ
(
)
0
=
r
p
r
r
& y
v
=
r
m
r
p
r
a
b M
θ
θ
0
F
1
c
O
F
2

Fig. 2 Trajectoire

x

(12)

L’angle

distance entre les masses passe par un minimum.

θ

0

indique la direction du grand axe de l’ellipse. L’angle

θ θ

0

est nul lorsque la

r

min

=

p

1 + e

=

a

(1

e

)

r

max

=

p

1 e

=

a

(1

+

e

)

a = −

GMm

2 E

(13)

Axes de l’ellipse :

a =

p p b = 2 1 − e 2 1 − e
p
p
b =
2
1
− e
2
1
e

Distance du centre de l’ellipse à un foyer :

c = ae =

2 2 a − b
2
2
a
− b

Paramètre :

p

=

b

2

/ a

(14)

(15)

(16)

Le problème de Kepler

Page 6

Enfin, démontrons la 3 ème loi de Kepler.

La période de révolution est égale à la surface de l’ellipse divisée par la vitesse aréolaire :

 

T =

π ab

 
 

C

Compte tenu de (11) et (13), il vient :

 

T

2

=

π

2

2

a b

2

=

π

2

2

a

(

ap

)

=

π

2

a

3

4

C

2

=

4

π

2

3

 

C

2

C

2

C

2

GM

 

GM

a

Les carrés des temps de révolution sont proportionnels aux cubes des grands axes.

Période de révolution

T =

3 π ab a = 2π C GM
3
π ab
a
=
C GM

(17)

(Si la masse de la planète m n’est pas considérée comme négligeable devant M, il faut remplacer M par M+m dans la formule ci-dessus.)

4. Calcul de la vitesse en fonction de θ

En combinant les équations (6), (7) et (9), il vient :

2

E

+

2

GM

4

C

2

+ r

2

2

C

2

=

2

E

+

2 GM

m

 

r

r

2

 

r

2

 

m

 

r

GM

 

et donc :

 

2

=

GM

 

2

GM

r

v

2

= +

r

r

2

&

2

2

&

2

θ =

E =−

Tenant compte de (13) :

 

v

 

+

m

a

a

 

4 C 2

 
 

.

 

p

2

=

4

C

2

2

1

− ⎟=

4

C

2

2

1

e

2

v

p

r

a

 

p

r

p

En utilisant (11), on peut remplacer GM par

(18)

Au moyen de l’expression de la trajectoire, on obtient la relation suivante en fonction de θ :

v

2

=

4

C

2

2

1

+

e

cos(

θ θ

0

)

1

e

2

 

p

 

p

p

 
 

2

 

v 2 =

4

C

2

p

 

(1

2

+ e + e θθ

2 cos(

0

))

(18’)

Le problème de Kepler

Page 7

5.

Hodographe

L’extrémité du vecteur v r décrit un cercle de rayon

2C .

p

Pour démontrer cette proposition, redéfinissons le repère Oxy de telle sorte que Ox coïncide avec le grand axe de l’ellipse. L’équation de l’ellipse (12) s’écrit alors p r = er cosθ .

r

En définissant le vecteur e = (e,0) , l’équation de l’ellipse se met sous la forme :

 

r r

p

r

− =

e

r

(13’)

Soit ψ l’angle entre le vecteur vitesse et l’axe Ox. En dérivant (13’) par rapport au temps :

& r r

r = e v = ev cosψ

r

v

y ψ p b r a r θ r e x F C c F
y
ψ
p
b
r
a
r
θ
r
e
x
F
C
c
F
1
2
v y r v ψ
v
y
r
v
ψ

Fig.3 Trajectoire et hodographe (axes choisis de telle sorte que

θ =

0

0

)

v

(19)

x

θ

ψ

r

v

   

p

 

2

C

0

π / 2

r

min

= =

a )
1

+ e

(1

e

v

max

=

p

(1

+ e

)

π / 2

 

p

2 C 2 1 + e
2
C
2
1
+
e
 
 

p

 

π

a

2 C 2 1 − e
2
C
2
1
e
 
 

p

   

p

 

2

C

 

π

3π / 2

r

max

= =

a )
1

e

(1

+

e

v

min

=

p

(1

e

)

Le problème de Kepler

Page 8

r

Maintenant, multiplions vectoriellement le vecteur vitesse aréolaire C

fixe et perpendiculaire au plan Oxy, on obtient un vecteur orienté selon Oy.

r

par e r . Comme C

Soit :

r

q

r

q

r = 2 ×

C

= ( r r × v r )×

e r

r

e

= (

q r = ⎜

2

0

eC

e r r rr ) v

(

e r v rr ) r

r

q

= (

1

v r =

p

(q

r

+

r ) v r

rv r

v r

p

r

q

p

= 1 (rv r p

+ r & r r

r r r

&

)

r

r & r

)

r 2 r q 1 1 2 v − = rv r − r &
r
2
r q
1
1
2
v −
= rv r
− r & r r
=
2
2
p
p p

(

2

r v

r v

2

2

& (

rr v

r r r

)

2

+ r & r

2

)

Mais v r r r

=

rr&

et tenant compte de (6), il vient finalement :

r 2 r q 1 v − = 2 p p
r
2
r q
1
v −
=
2
p
p

(

2

r v

2

r &

2

r

2

)

=

C’est l’équation d’un cercle de rayon

Cqfd.

r

2

2

p

(

v

2

&

r

2

)

=

r

2

2

p

2C et de centre

p

(

2

&

θ

2

)

=

r

2

⎛ ⎜

2

C ⎞ ⎟

2

=

r

r

q

=

0,

p

2

2

eC

r

⎞ ⎟

 

p

p

 

p

.

2 C

2

6. Calcul de t en fonction de θ

En combinant les équations (9) et (12) et en choisissant l’orientations des axes de telle sorte

que

θ

0

=

0

, il vient :

dθ

=

2

C

1

= 2 C

+ e

cos

θ

dt

r

2

d

θ

=

2

p

C

dt

 

(

1

+ e

cos

)

θ

2

2

p

 

d

θ

2

C

 
 

=

t

(

1

+ e

cos

θ

)

2

p

2

⎟ ⎠

2

est

Le problème de Kepler

Page 9

La constante d’intégration s’annule si l’on choisit l’origine de t en θ = 0 . L’intégrale se calcule par le changement de variable u = tan(θ / 2) ; on la trouve aussi dans les tables.

2

C

2

p

t

=

d

θ

(

1

+

e cos

θ )

2

=

e

sin

θ

1

2

2 C 2 p t = ∫ d θ ( 1 + e cos θ )

(

e

2

(

1) 1

+

e

cos

)

θ

e

2

1

2 1 − e
2
1
e

arctan

⎛ (1 − e ) tan ( θ / 2 ) ⎞ ⎜ ⎟ ⎜
(1
e
) tan
(
θ
/ 2
)
2
1
e

Après quelques manipulations :

t =

2

p

2

C

(1

2

e

)

⎡ ⎤ − e sin θ 2 ⎛ 1 − e θ ⎞ ⎜ ⎟
e sin
θ
2
1
− e
θ
+
arctan
tan ⎜ ⎛
⎟ ⎞
(
1
+ e
cos
θ
)
2
1
1 − e
2
⎜ ⎝ + e
⎠ ⎥ ⎦

Cette expression est valable dans l’intervalle θ ] π ,π ].

2 p ⎡ 2 π ⎤ π p p π ab T t = =
2
p
2
π
π
p
p
π
ab
T
t =
=
=
=
2
2
2
C
(1
e
)
2
2
1 − e
2
2
C
1 − e
2
C
2
1 − e
2
T
1 −
e
θ
e
1
− e
sin
θ
t =
arctan
tan ⎜ ⎛
π
1 + e
2
2 1
(
+ e
cos
θ
)

Pour θ = π , elle donne :

⎢ ⎣ ⎝ ⎠ ⎦ ⎥ Pour θ = π , elle donne : (20) 0.5

(20)

0.5 0.4 0.3 0.2 0.1 0 0 pi/4 pi/2 3pi/4 pi Temps t/T
0.5
0.4
0.3
0.2
0.1
0
0
pi/4
pi/2
3pi/4
pi
Temps t/T

Angle θ

Fig.4a Équation (20) pour e = 0,6

1.4 1.2 1 0.8 0.6 0.4 0.2 0 0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 Angle
1.4
1.2
1
0.8
0.6
0.4
0.2
0
0
0.1
0.2
0.3
0.4
0.5
Angle θ − 2*pi*t/T

Temps t/T

Fig.4b θ (t) après soustraction de

2πt

T