Histoire de l’art L1-S1 Lettres Modernes

Huyen-Anh NGUYEN







La pie, 1868-1869, Claude Monet, Huile sur toile 89 x 130 cm, Paris Musée d'Orsay

Histoire de l’art L1-S1 Lettres Modernes

Huyen-Anh NGUYEN
Claude Monet est un des plus grands peintres impressionnistes du XIX
è
siècle. Le
mouvement a même « emprunté » son nom Impressionnisme au tableau de Monet,
Impression, soleil levant (1872). La Pie, peint en hiver 1868-1869, à Étretat (Normandie),
fait partie des œuvres du début de sa carrière mais elle contient déjà toutes les marques de
la modernité « impressionniste ».
Le tableau représente une journée hivernale ensoleillée comme on pourrait très
bien observer dans le tableau. Le choix du sujet est déjà une rupture avec tout ce qui est
classique. L’artiste ne puise plus son inspiration dans les grandes scènes religieuses ou
historiques. Le tableau est un simple paysage de neige. D’ailleurs, pour avoir cette sorte
de peinture réaliste, l’artiste a dû sortir de son atelier et aller peindre dans la nature
même, ce qui rompt aussi avec la tradition des ateliers de peintres.
La composition de La Pie est plutôt simple avec la ligne d’horizon qui divise le
tableau en deux parties quasi-égales. Le premier plan est constitué d’une autre ligne
horizontale qui est une sorte de haie à couleur sombre, couverte par une épaisse couche
blanche de neige et du tapis de neige blanc alterné par le gris des ombres. À gauche,
l’oiseau noir – le sujet principal du tableau – est posé sur les barrières à couleur foncée. À
l’arrière-plan, les lignes horizontales que sont les toits chargés d’une neige blanche
bleutée et les bandes de nuages gris dans le ciel sont découpées par les troncs horizontaux
des arbres.
On reconnaît facilement, dans ce tableau, la confusion entre le sol couvert par la
neige et le ciel, entre les toits et la neige encombrés sur les branches. Il n’y a pas de
contour net autour des choses, donc pas de dessin, ce dont les maîtres de la peinture
classique sont si fiers. Tout n’est qu’un jeu des couleurs et de la lumière. La palette assez
réduite du tableau est construite principalement autour du contraste entre les teints clairs
de toute une gamme de blanc bleuté, grisé, jauni, bruni de la neige et du ciel et les teints
foncés (le marron, le noir) de la haie, des troncs d’arbres et de la pie. L’oiseau noir qui
ressort sur le fond blanc attire tous les regards des spectateurs.
Le contraste entre le blanc grisé de la partie du sol couverte par les ombres de la
haie et le blanc lumineux du reste constitue le jeu de la lumière dans le tableau. On sent
bien l’intensité de la lumière de cette journée hivernale qui est représentée à travers ce
contraste et surtout la luminosité de la neige. Malgré la neige épaisse qui est partout dans
le tableau, les spectateurs ressentent une certaine chaleur grâce aux tons plutôt chauds
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(une sorte de marron-orange du mur, les blancs jauni, bruni, orangé de la neige et du
ciel…) et surtout grâce à cette force présence de la lumière solaire.
Bref,