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POUR EN FINIR AVEC
LA THÉORIE DE L’ÂGE D’OR
04
FRONTIÈRES EN SÉRIES
PARTIE 3 - « SMUGGLERS AND KILLERS »
52
LES SÉRIES TV
PRODUITS DE CONSOMMATION JETABLES ?
30
LORNE MICHAELS ET
L’EMPIRE SATURDAY NIGHT LIVE
42
NETFLIX, UNE INTÉGRATION DIFFICILE
DANS LE PAYSAGE AUDIOVISUEL FRANÇAIS
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RIEN N’EST SIMPLE DANS LES HAMPTONS
INTERVIEW DE NICK WECHSLER (JACK PORTER)
REMERCIEMENTS
Merci à Ioanis Deroide, Yann K, Damien Choppin, Corentin Pondaven et Aurélie Corbin pour leur participation.
À Florian Etcheverry, Cindy Thibaut, Allan Colpaert et Damien Choppin pour la traduction. Et un dernier merci à
Prutha S. Patel, Nick Wechsler et Mona Loring pour l’interview et leur temps.
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SO WE CAN GET OVER
THE GOLDEN AGE THEORY
52
TV SERIES
DISPOSABLE CONSUMER PRODUCTS?
30
LORNE MICHAELS AND
THE SATURDAY NIGHT LIVE EMPIRE
42
NETFLIX, FITTING IN
THE FRENCH MEDIA WON’T BE SO EASY
18
NOTHING’S SIMPLE IN THE HAMPTONS
INTERVIEW WITH NICK WECHSLER (JACK PORTER)
04
BORDERS IN SERIES
PART 3 - « SMUGGLERS AND KILLERS »
THANKS
Thank you to Ioanis Deroide, Yann K, Damien Choppin, Corentin Pondaven and Aurélie Corbin for their contri-
bution. To Florian Etcheverry, Cindy Thibaut, Allan Colpaert and Damien Choppin for the translation. And a last
thank you to Prutha S. Patel, Nick Wechsler and Mona Loring for the interview and their time.
APRÈS AVOIR ABORDÉ LA FRONTIÈRE COMME UNE LIGNE À
PASSER puis comme une barrière à franchir (More TV n°1
et n°2), posons-nous un peu dans les espaces frontaliers
et prenons le temps de voir ce qui s’y passe et surtout
quels délits et crimes y sont com-
mis. Les séries américaines nous
présentent ces territoires comme
des «  zones grises  », où l’autorité
de l’État peine à s’exercer, ce qui
laisse le champ libre aux malfai-
teurs, du simple trafiquant au ter-
rifiant serial killer.
«  A LITTLE TOWN CALLED PASO
ALTO, ABOUT 40 MILES SOUTH
OF THE LINE  » LE MARSHALL À
CHEYENNE QUI CHERCHE À LO-
CALISER DES BRAQUEURS DE
BANQUE.
Les westerns des années 1950 à
nos jours ont popularisé, dans
leur vision du Far West, l’image
de la petite ville frontalière (côté
états-unien ou côté mexicain)
occupée par des bandits qui
terrorisent la population : Have Gun, Will Travel (4.17),
Cheyenne (1.4), The Virginian (4.10) sont des exemples
parmi d’autres. Plus près de nous, l’épisode de Walker,
Texas Ranger intitulé « On The Border » (6.11, 1998) s’ins-
crit dans cette tradition. Ici, le bad guy, c’est le shérif cor-
AFTER DEALING WITH THE BORDERS AS A LINE TO CROSS,
then as a barrier (More TV, issues 1 and 2), let’s settle
for a while in the bordering areas and take a closer look
at what’s happening there and especially what crimes
and ofenses are committed
there. American TV shows of-
ten depict these territories as
« grey areas », where the au-
thority of the State is clum-
sily enforced, which leaves
free reins to thugs, from the
local dealer to the terrifying
serial killer.
« A LITTLE TOWN CALLED PASO
ALTO, ABOUT 40 MILES SOUTH
OF THE LINE » THE MARSHALL
OF CHEYENNE, TRYING TO
LOCATE BANK ROBBERS, IN
CHEYENNE.
In their vision of the Far
West, from the 1950s until
now, western shows popula-
rized the image of the small
border town (whether on the
Mexican side or on the American side) occupied by ban-
dits that terrorize the inhabitants : Have Gun, Will Travel
(4.17), Cheyenne (1.4), The Virginian (4.10) are examples
among others. Most recently, the Walker Texas Ranger
episode « On The Border » (6.11, 1998), carries on tradi-
TEXTE : IOANIS DEROIDE - TRADUCTION : FLORIAN ETCHEVERRY
04
BORDERS IN SERIES - « SMUGGLERS AND KILLERS »
FRONTIÈRES EN SÉRIES
« SMUGGLERS AND KILLERS »
rompu de la localité de Mournful. Il n’hésite pas à tuer
un honnête chaufeur routier qui refusait de participer à
ses trafics et maquille l’assassinat en accident. Arrivé sur
place, Walker découvre une population hostile et apeu-
rée et voit bien vite ses soupçons confirmés, notamment
grâce au témoignage d’un oficier de la police des fron-
tières :
Une autre bourgade sans foi ni loi a fait l’objet d’une série
historique très marquante dans les années 2000 : Dead-
wood. Le choix du lieu (un campement de chercheurs d’or
implanté illégalement en territoire indien) et du moment
(les années 1876-1877) permet de montrer la progres-
sive intégration de cette ville-frontière aux États-Unis,
qui passe par une annexion à
ce qui est encore le Territoire
du Dakota. La série excelle à
montrer la violence, l’immo-
ralité et l’injustice qui règnent
à Deadwood : les règlements
de compte sanglants y sont
fréquents, la prostitution et la
corruption y sont manifestes.
Mais elle prend soin, aussi, de
narrer une progressive organi-
sation de la communauté des
habitants qui choisissent par
exemple de se doter d’un shé-
rif (1.12).
tion. In this episode, the bad guy is the corrupt sherif
of Mournful. He has no hesitation about killing a honest
truck driver who refused to partake in his traficking and
covers up the murder as suicide. When he gets in town,
Walker finds the population scared and hostile and his
suspicions are confirmed when a border police oficer
testifies :
Another outlawed town was the subject of a very me-
morable period show in the 2000s : Deadwood. Picking
that location (a gold diggers camp illegally set in Indian
territory) and the period (the years 1876-1877) begets a
depiction of the progressive integration of that border
town in the United States, through what is the annexa-
tion of what is still known,
at that time, as the Territory
of Dakota. The show excels
in showing the violence, the
immorality and the injus-
tice that still reign in Dead-
wood : the bloody settling
of scores are frequent, pros-
titution and corruption are
commonplace. But it also
is narrating carefully a pro-
gressive organization of the
community, that choose, for
instance to appoint a sherif
(1.12).
05
Walker : Parlez-nous de Mournful.
Oficier : Eh bien la rumeur dit que c’est un paradis
pour les trafiquants. C’est juste une rumeur bien sûr.
Personne n’a été capable de prouver quoique ce soit.
Walker : Que peux-tu nous dire au sujet du Sherif
Bell ?
Oficier : Il est comme la ville. Aimable en surface.
Mais sevère et méchant au fur et à mesure.
Walker : Tell us about Mournful.
Oficier : Well, rumor has it it’s a smugglers’ paradise.
That’s just rumor of course. No one has never been
able to prove anything.
Walker : What can you tell us about Sherif Bell ?
Oficier : He’s like the town. Seems real pleasant on
the surface. But underneath he’s as tough and as
mean as they come.
BORDERS IN SERIES - « SMUGGLERS AND KILLERS »
Ian McShane et Timothy Olyphant / Deadwood
Si la décennie 1950 est marquée par un traitement « wes-
ternien  » de la frontière qui, on l’a vu, perdure au-delà
du XXe siècle, elle est aussi celle qui voit arriver, dans sa
dernière année, la première fiction à épisodes consacrée
spécifiquement aux espaces frontaliers contemporains :
Border Patrol (1959). L’image de la frontière comme un
territoire de crimes et de dangers y est déjà bien for-
mée. Au cours des 34 épisodes, le héros, chef-adjoint de
cette police des frontières, vole de la Floride à l’Arizona,
de la Nouvelle-Orléans au Canada pour démanteler des
réseaux d’immigration
clandestine (le plus
souvent) ou des trafics
d’armes ou de drogues
(plus rarement).
Il est à noter que deux
épisodes de Border Pa-
trol se distinguent par
leur thème politique (1.2 et 1.7) : dans les deux cas, la
victime est une personnalité réfugiée aux États-Unis et
qui se trouve menacée par les autorités de la dictature
qu’elle a fuie. Ces intrigues, inspirées par le contexte de
la guerre froide, révèlent que les périls auxquels sont
exposés les États-Unis n’ont plus seulement une origine
géographiquement proche (les Indiens, les bandits mexi-
cains, etc) mais aussi une provenance plus lointaine et
une source plus globale : le communisme, péril global.
« YOU DON’T SEE MANY PIRATES THESE DAYS », TITRE DE
L’ÉPISODE 10.2 DE HAWAII 5.0
Il est donc logique que les séries délaissent l’explora-
tion des territoires frontaliers ou ignorent la dimension
frontalière d’un territoire. Par exemple, dans The Fugi-
tive (1963-1967), le Dr Richard Kimble parcourt le pays
et quelques épisodes le conduisent dans des régions
proches de la frontière mexicaine (1.27, 2.10, 2.18, 3.24 )
mais cette proximité ne joue pas de rôle dans le scénario.
If the decade of the 1950s is significantly impacted by a
« western » treatment of the border that, as we’ve seen,
will remain well beyond the 20th century, it’s also the de-
cade that ofers, in its final year, the broadcast of the first
serialized fiction specifically dealing with contemporary
border areas issues : Border Patrol (1959). The depiction
of the border as a setting for crime and danger is already
fully detailed. Through the course of the 34 episodes, the
hero, deputy chief of the border patrol, flies of to Flo-
rida, Arizona, New Orleans or Canada, to dismantle ille-
gal immigration rings
(mostly), or drug and
gun smugglers (less
commonly).
Two episodes of Border
Patrol are notable for
their political theme
(1.2 and 1.7) : in both
cases, the victim is a refugee that seeked asylum to the
United States, and who is threatened by the authorities
of the dictatorship he (or she) got away from. These sto-
ries, inspired by the Cold War background, reveal that the
travails faced by the United States don’t have a domestic
origin anymore (Native Americans, Mexican bandits, etc.)
but also have a more distant origin : communism, a glo-
bal threat.
« YOU DON’T SEE MANY PIRATES THESE DAYS », TITLE OF
EPISODE 10.2 OF HAWAII 5.0
It is, then, obvious that TV shows are getting away from
the exploration of the border areas, or ignore the borde-
ring aspect of a territory altogether. For instance, in The
Fugitive (1963-1967), Richard Kimble travels through the
country, and several episodes find him in towns near the
Mexican border (1.27, 2.10, 2.18, 3.24 ) but that proximity
plays no part in the story. Similarly, in Hawaii 5-0 (1968-
1980), there’s next to no episode showing the archipelago
BORDERS IN SERIES - « SMUGGLERS AND KILLERS »
LA DÉCENNIE 1950 EST MARQUÉE PAR
UN TRAITEMENT ‘WESTERNIEN’ DE LA FRONTIÈRE
THE DECADE OF 1950 IS SIGNIFICANTLY IMPACTED BY
A ‘WESTERN’ TREATMENT OF THE BORDER
06
De même, dans Hawaii 5.0 (1968-
1980), presque aucun épisode ne
montre l’archipel comme parti-
culièrement exposé aux trafics
(1.7, 11.21), à la corruption ou
à d’autres maux dont peuvent
soufrir des régions éloignées,
dificiles à contrôler, à la fois
isolées et soumises à de multi-
ples influences extérieures. Par
exemple, quand la série traite de
piraterie, ce n’est que dans sa 10e
saison et pour rappeler, comme
l’indique le titre cité plus haut, le caractère exceptionnel
du phénomène. Pourtant, les îles de Hawaii, situées à
peu près au centre de l’Océan Pacifique, à presque 4 000
km des côtes californiennes, peuvent être présentées
comme une «  zone grise  ». C’est le choix opéré dans le
remake (2010-) où, pour s’en tenir à la saison 1, on croise
des trafiquants chinois et serbes, des terroristes philip-
pins et russes, des policiers corrompus, un cartel de la
drogue et des pirates.
Si les frontières n’attirent pas davantage les scénaristes
et les patrons de chaîne dans les années 1970, c’est aussi
en partie car elles sont alors clairement supplantées par
les grandes villes déliquescentes du Nord-Est, et en pre-
mier lieu New York, qui s’afirme comme le lieu de tous
les dysfonctionnements et de toutes les violences. Dans
Serpico (1976-1977), la courte série adaptée du film épo-
nyme, les enquêtes du héros le confrontent à des trafi-
quants de drogue et d’armes, à un réseau de passeurs
clandestins serbes, et surtout à la corruption du monde
politique et de la police (quoique de manière moins pro-
noncée que dans le long-métrage). Bref, si New York n’est
pas un poste-frontière au sens strict (mais tout de même
une porte d’entrée sur le territoire américain), la méga-
pole est bien représentée, à son tour, comme une « zone
grise ».
as particularly vulnerable to traficking (1.7, 11.21), cor-
ruption or other ills other insular areas may sufer from,
ills that are hard to regulate, both isolated and exposed
to multiple external influences. For instance, when the
show deals with acts of piracy, it’s in its 10th season and
to remind us, as stated earlier, of the rarity of such inci-
dents. Nevertheless, the Hawaii islands, located nearly
3000 miles from the California coast, can be seen as a «
gray area ». That’s the choice the remake (2010-) makes,
where, to cite examples from the first season, we cross
Chinese and Serbian smugglers, Filipino and Russian ter-
rorists, corrupted policemen, a drug cartel and pirates.
If borders are not of interest to writers and network exe-
cutives in the 1970s, it’s also because they are clearly
replaced by the great decaying Northeastern cities, with
New York to the forefront, seen as the city of all misde-
meanors and violence. In Serpico (1976-1977), the short-li-
ved show adapted from the movie of the same name, the
hero’s investigations lead him to drug and gun rings, a
network of Serbian smugglers, and especially avowed
corruption of the politicians and the police (though not
as characterized as in the movie). In other words, if New
York is not a border city by definition (though it is a point
of entry into the American territory), the megalopolis is
well represented as a « gray area ».
BORDERS IN SERIES - « SMUGGLERS AND KILLERS »
Jack Lord / Hawaii 5.0
07
Dans les années 80, une ébauche de synthèse est opérée
dans Miami Vice (1984-1989). D’un côté, nous sommes
toujours dans une métropole portuaire, plutôt que le
long d’une frontière terrestre, et l’on pourrait ajouter
que Miami Vice est proche thématiquement de Serpico
: mêmes flics infiltrés déjouant des trafics (surtout de
drogue dans la série floridienne) et révélant des afaires
de corruption. D’un autre côté, par sa fonction d’inter-
face entre les États-Unis et l’Amérique Latine, Miami est
autant voire davantage une ville frontière que San Die-
go ou El Paso. La question des migrants et des réfugiés y
est régulièrement abordée, la figure du serial killer y est
récurrente (1.15, 2.2, 2.15, 3.15, etc), les projets d’assas-
sinats politiques nombreux. En somme, les principaux
ingrédients des intrigues frontalières des décennies sui-
vantes sont déjà présents. De manière plus générale,
Miami Vice annonce le retour de la frontière comme es-
pace crucial où se concentrent des enjeux économiques,
politiques, culturels et humains qui engagent l’avenir du
pays.
In the 1980s, a tentative synthesis is executed in Miami
Vice (1984-1989). On one hand, we still are in a port metro-
polis, rather than alongside a terrestrial border, and we
might add that Miami Vice is thematically close to Serpi-
co : undercover cops cracking down on traficking (most-
ly drug traficking in the Florida-set show) and exposing
corruption scandals. On the other side, as it is functio-
ning as an interface between the United States and Latin
America, Miami is just as much, or more of a bordertown
as San Diego or El Paso. The matters of immigrants and
refugees are ofen dealt with, and the serial killer trope
is recurring (1.15, 2.2, 2.15, 3.15, etc), conspiracies of
political assassinations are numerous. In a word, all the
characteristics of future border-set shows for decades to
come are found. More generally, Miami Vice heralds the
return of the border as a crucial area where economical,
political, cultural and human stakes intersect that are of
relevance to the future of the country.
BORDERS IN SERIES - « SMUGGLERS AND KILLERS »
Philip Michael Thomas et Don Johnson / Miami Vice
08
Cependant, pour que la frontière redevienne pleinement
l’espace de toutes les tensions, il reste à rappeler sa part
de mystère. C’est ce que fait Twin Peaks (1990-1991) en
utilisant l’autre frontière, la canadienne. La série part de
deux repères familiers : un lieu interlope (le One Eyed
Jack, casino et bordel situé juste de l’autre côté de la
frontière) et des personnages peu recommandables (les
frères Renault impliqués dans un trafic de drogue trans-
frontalier). Elle les utilise comme une porte d’entrée vers
une approche résolument fantastique où les frontières,
les seuils (la forêt, la Loge Noire), rapprochent de réalités
surnaturelles.
Une fois ces deux dimensions mises en place, tout est
prêt pour que soient créées les séries frontalières et
transfrontalières d’aujourd’hui. Nous les évoquerons
dans le prochain volet de « Frontières en séries ».
However, for the border to regain its status as the area
where all tensions collide, we have to be reminded of its
mysterious properties. That’s what Twin Peaks (1991-93)
does, using the other American border, that separates
it from Canada. By using two interloping locations (the
One Eyed Jack, casino and brothel located on the other
side of the border), and unsavoury characters (the bro-
thers Renault, involved in a transborder drug ring). The
show uses that as a gateway to do a fantasy approach,
where borders, lines (the forest, the Black Lodge), are ta-
king us closer to supernatural realities.
Once both of those borders are born, the place is set for
all the contemporary border and crossborder shows to
exist. We’ll deal with it in the next issue of « Borders in
Series ».
BORDERS IN SERIES - « SMUGGLERS AND KILLERS »
Ioanis Deroide est enseignant d’histoire-géographie et s’intéresse en particulier à la repré-sen-
tation des territoires dans les séries. Il a écrit Séries TV : Mondes d’hier et d’aujourd’hui (Ellipses,
2011) et sa dernière publication est un chapitre consacré à la wilderness dans l’ouvrage collectif
dirigé par A. Blot et A. Pichard : Les séries américaines, la société réinventée ? (L’Harmattan, 2013).
À PROPOS DE L’AUTEUR
Black Lodge / Twin Peaks
09
Six décades de création tous azimuts pour constituer
l’univers des séries télévisées tel que nous le connaissons
seraient finalement négligeables ! Une seule période
temporelle bien délimitée sufirait à définir les règles de
l’art. Ne cherchez plus, si vous souhaitez prétendre au
savoir sériel, c’est très simple, il vous sufit de déguster
l’âge d’or... Et d’ignorer tout le reste.
Can it be that six decades of creation of all kinds, buil-
ding the universe of TV-series as we know it, are in fact
insignificant in the end? Indeed, a single time period
could be enough to define the standard practice. Don’t
look further, you only need to taste the Golden Age…
and forget the rest.
SO WE CAN GET OVER THE GOLDEN AGE THEORY
POUR EN FINIR AVEC
TEXTE : YANN K. - TRADUCTION : CINDY THIBAUT
LA THÉORIE DE L’ÂGE D’OR
10
Dans son numéro 22, Sofilm retrace l’émergence d’HBO,
la chaîne câblée dont l’apparition des trois lettres sur
un fond gris neigeux ont bercé et berce encore un public
toujours plus nombreux. Le reportage, jalonné d’entre-
tiens avec ceux qui ont participé aux débuts du difuseur
payant, est tout à fait intéressant mais, ne cherchez pas,
rien dans ce texte ne viendra confronter la période en
question avec le reste d’une histoire sérielle longue d’un
gros demi-siècle. A quoi bon ? Puisqu’on vous dit que
c’était l’âge d’or et que les aventures de Tony Soprano
sont les seules à mériter de s’aficher sur votre écran !
L’ÂGE D’OR, MAIS LEQUEL ?!
L’histoire des programmes télévisés remonte à un peu
plus loin que le 8 novembre 1972 (la date du lancement
d’HBO). Dans les années 50, la boîte à images se démo-
cratise progressivement et le médium est l’objet d’expé-
rimentations dans la continuité de deux univers qu’elle
tente de faire fusionner : le théâtre et la radio. Jusqu’au
milieu des années 60, la télévision américaine va pro-
duire son premier âge d’or.
Je l’évoquais dans un article sur l’anthologie (voir Mo-
reTV n°1), la période nous aura laissé des séries emblé-
matiques comme Alfred Hitchcock Presents et The Twi-
light Zone (La Quatrième Dimension). De nombreuses
adaptations du répertoire théâtral classique tiennent le
haut du pavé mais des écrivains comme Gore Vidal, Pad-
dy Chayefsky, Rod Serling ou un tout jeune Woody Allen
composent alors des oeuvres originales et marquantes
comme par exemple Marty qui sera par la suite adapté
au cinéma (et récompensé de plusieurs Oscars).
In its 22nd issue, Sofilm recounted the emergence of
HBO, the cable channel, whose three letters appearing
on a grey snowy background nurtured, and is still nurtu-
ring, an always more abundant audience. The article, in-
terspersed with interviews of people who witnessed the
beginning of the paid broadcaster is very interesting. But
don’t even try to find something about the confrontation
with the rest of the series’ history, lasting for half a cen-
tury. What for? We all know that was the Golden Age and
Tony Soprano’s adventures are the only one that ought
to be on your screen!
WHICH GOLDEN AGE?!
History of television programs goes back to a little ear-
lier than November the 8th, 1972 (date of HBO’s launch).
During the 50s, television became more and more acces-
sible and the medium came in the center of new experi-
mentations regarding the two fields it was then trying to
blend: theater and radio. Until the mid-1960s, American
broadcasting was in its first Golden Age.
As I said in an earlier article about the anthology, this time
knew a lot of emblematic series, such as Alfred Hitchcock
Presents and The Twilight Zone. Numerous adaptations
of classical plays were on top, but writers such as Gore
Vidal, Paddy Chayefsky, Rod Serling or the young Woody
Allen created original and significant works such as Mar-
ty that will later be adapted for film (and Oscar-winner).
On screen, people discovered or rediscovered actors like
James Dean, Grace Kelly, Paul Newman or Lee Grant.
They were then under the direction of George Schaefer,
Sidney Lumet, John Frankenheimer or Yul Brynner.
SO WE CAN GET OVER THE GOLDEN AGE THEORY
«  C’était l’âge d’or. L’âge de tous les succès, de toutes
les innovations et de tous les paris transformés. Tout
au long des années 2000, HBO révolutionna la télé,
en enchaînant les créations exigeantes, innovantes et
souvent dérangeantes. »
«  It was the Golden Age, the time of all successes, of
all innovations and successful attempts. All along the
2000s, HBO brought about a revolution in the TV sector,
by stringing together the demanding, innovative and
ofen bothering creations. »
11
À l’écran, les téléspectateurs découvrent
ou retrouvent des acteurs comme James
Dean, Grace Kelly, Paul Newman ou Lee
Grant. Ils sont alors entre les mains de
metteurs en scènes comme George Schae-
fer, Sidney Lumet, John Frankenheimer
ou Yul Brynner.
Des générations de téléspectateurs se
souviendront de cette époque marquée par l’urgence du
direct, le support vidéo n’est pas encore disponible, don-
nant ainsi une toute autre valeur au travail des acteurs.
Malgré des prises de vues forcément statiques et des
contenus souvent revus pour faire plaisir aux sponsors,
qui vont alors jusqu’à envahir le titre des programmes
(The Goodyear TV Playhouse, The Texaco Star Theater,
The US Steel Hour), la vitalité de cette époque marquera
durablement les esprits.
Dans son livre intitulé Television’s Second Golden Age et,
comme son titre l’indique, Robert J. Thompson, profes-
seur à l’université de Syracuse, distingue une autre sé-
quence temporelle digne, selon lui, d’attentions parti-
culières. Au début des années 80, les networks prennent
conscience de l’importance du câble basique. Un quart
des foyers américains y sont désormais abonné. Progres-
sivement, une nouvelle doctrine s’installe, l’idée qu’il est
possible de créer un contenu à destination d’une catégo-
rie du public bien précise et non plus envers sa globalité.
Thompson n’est pas dupe, les années 80 c’était K 2000 et
bien d’autres. Mais il souligne l’importance d’NBC sous
la houlette d’un patron inspiré, Grant Tinker, qui installe
dès 81 un trio de qualité : les dramas Hill Street Blues et
St Elsewhere ainsi que la comédie Cheers.
Chez CBS, il retient la policière Cagney & Lacey pour son
duo d’actrices qui redéfiniront le rôle de la femme sur
le petit écran. Enfin il souligne l’importance de Moon-
lighting à l’antenne d’ABC comme étant à l’origine d’un
genre qui deviendrait majeur par la suite : le dramedy.
Generation of viewers will remember this time mar-
ked by the emergency of live-shows. Video-support did
not exist yet, and actors were working in a lot diferent
way than they are today. Despite ofen static shots and
contents that were ofen modified to please sponsors,
that were be so invasive as to be included in the names
of the shows (The Goodyear TV Playhouse, The Texaco
Star Theater, The US Steel Hour), the dynamic of this time
will always stay in people’s minds.
In his book entitled Television’s Second Golden Age and,
as the name states, Robert J. Thompson, teacher at the
Syracuse University, diferentiates another time period
that can be worth special attentions. At the beginning
of the 80s, networks started to apprehend the signifi-
cance of cable channels. A quarter of American homes
had subscribed by then. A new doctrine gradually came:
the idea to create content destined to a specific kind of
audience, and no more to a whole.
Thompson is not fooled, the 80s are represented by K
2000 and many other stuf. But he emphasizes the signifi-
cant role of NBC, then under the guidance of an inspired
patron: Grant Tinker, who broadcasted in 1981 this qua-
lity trio: the dramas Hill Street Blues and St Elsewhere,
but also the comedy Cheers.
At CBS, he remembers Cagney & Lacey for its duet of
actresses that redefined the role of women on TV. He
then speaks about the importance of Moonlighting on
ABC, that is the origin of a genre that will become signifi-
cant: the dramedy.
Texaco Star Theater
SO WE CAN GET OVER THE GOLDEN AGE THEORY
12
En 2013, Kevin Spacey est invité à prononcer un
speech à l’Edinburgh International Television
Festival. Il y livre un plaidoyer en faveur de sa
nouvelle paroisse, Netflix, et cite alors un cer-
tain Brett Martin. Martin n’est pas un critique
TV a proprement parler. Correspondant pour le
magazine GQ, il a suivi de près la confection des
Sopranos et croit qu’il y a là matière révolution-
naire. Il élargit son spectre au delà de la série et
publie un livre (Dificult Men, behind the scenes
of a creative revolution) dans lequel il souscrit
au concept d’un troisième âge d’or, largement
appuyé sur les premières productions d’HBO, et qu’il
prolonge avec les deux titres phares d’AMC que sont Mad
Men et Breaking Bad.
Martin n’est pas le premier à évoquer un âge d’or contem-
porain. Alan Sepinwall l’évoquait déjà en 2012 (The Revo-
lution was Televised) en défendant une vision plus large,
englobant notamment Friday Night Lights. Martin, quand
à lui, a choisi de mettre en avant la dominante théma-
tique de cet âge d’or, l’émergence de l’antihéros.
In 2013, Kevin Spacey is asked to
make a speech at the Edinburgh
International Television Festival.
He pleads for his new fav: Netflix;
and talks about a certain Brett Mar-
tin. Martin is not a real TV-critic. As
a reporter for GQ, he followed the
making of The Sopranos and belie-
ves it to be revolutionary. He goes
beyond these series and releases
a book (Dificult Men, behind the
scenes of a creative revolution) in
which he talks about a third Golden Age, emphasizing
the first production of HBO, and the two main titles of
AMC: Mad Men and Breaking Bad.
Martin is not the first to talk about a contemporary Gol-
den Age. Indeed, Alan Sepinwall already talked about
one in 2012 (The Revolution was Televised), defending a
larger vision, including Friday Night Lights. Martin, as for
him, chose to highlight the dominant theme of this Gol-
den Age: the emergence of anti-heroes.
Kevin Spacey / Edinburgh International Television Festival
SO WE CAN GET OVER THE GOLDEN AGE THEORY
13
LA NOSTALGIE EST-ELLE DE MISE ?
On peut légitimement s’interroger sur cette multiplica-
tion des âges d’or. L’expression perd sûrement de sa va-
leur lorsqu’elle désigne non plus une exception mais se
trouve associée à plusieurs séquences temporelles. Un
retour aux sources s’impose !
À l’origine, elle fait référence au mythe du premier âge
de l’humanité relaté par Hésiode (source). Elle est de-
venue depuis à même de qualifier indiféremment une
période d’apogée révolue. En substance, on parle ainsi
d’un passé glorieux qui est désormais hors d’atteinte au-
quel s’ajoute une dimension nostalgique, le regret de ne
plus pouvoir en jouir. L’expression est un incontournable
du chant culturel. Il y a un âge d’or pour le cinéma Hol-
lywoodien, les comics, la peinture néerlandaise, l’alpi-
nisme, etc.
On se doit d’admettre, quelles que soient ses préfé-
rences, que l’histoire des séries télévisées n’a pas été un
long fleuve tranquille, et cette inconstance peut ou doit
IS IT PURE NOSTALGIA?
It is legitimate to wonder about the multiplication of
Golden Ages. Maybe the phrase loses its meaning when
it doesn’t refer to an exception anymore and becomes
associated with several time periods. It is essential to go
back to the roots!
Originally, it refers to the myth of the first age of Huma-
nity as told by Hesiod (source). It became later used to
refer to an apex that is over as we speak. It is also used
to talk about a glorious past that is now out of our reach,
the phrase has then a nostalgic dimension that implies a
regret not to be able to benefit from it. The phrase can-
not be got round in cultural singing. There is a Golden
Age for Hollywood film, comic books, Dutch painting, al-
pinism, etc.
We must admit, no matter our favorites, that the history
of series has been no bed of roses, and this inconsistency
needs to be characterized.
A first assessment is needed. The three time periods
SO WE CAN GET OVER THE GOLDEN AGE THEORY
Kyle Chandler et Connie Britton / Friday Night Lights
14
être caractérisée.
Un premier constat s’impose. Les trois périodes recon-
nues sont parfaitement dissemblables et il aurait peut
être été plus judicieux de suivre l’exemple historique
jusqu’au bout en employant pourquoi pas l’analogie
avec l’âge de bronze.
Mais, je vous accorde
que ce n’est pas aussi
sexy !
Admettons cette mul-
tiplicité. Je dois vous
avouer que ce n’est pas
ce qui me gêne le plus dans l’emploi de cette tournure
dorée. Comme nous le définissions un peu plus haut,
parler d’un âge d’or, c’est afirmer que ce qui précède
s’est appauvrit. Quand bien même les faits démontre-
raient cette baisse de qualité, l’existence d’autres âges
d’or vient en partie contredire l’afirmation initiale.
Si l’on reprend les trois séquences sérielles évoquées pré-
cédemment, vous remarquerez que l’emploi de l’expres-
sion se justifie plus ou moins bien au regard de cet après
soit disant déclassé. Il est vrai qu’au delà des années 60,
les dramas difusés Live ont disparu de l’antenne. De la
même manière, les networks n’ont plus été a même de
fournir un tel niveau de prise de risque après les 80 mais
nous serons sûrement d’accord pour reconnaître qu’il y
a là déjà plus matière à débattre. Enfin la
période actuelle n’en a sûrement pas ter-
miné avec les antihéros. Il sera sans doute
dificile d’assister aux méfaits d’un autre
Tony Soprano mais qui sait et surtout
pourquoi nous priverions nous de cette
éventualité ?
Allez dire à Charlie Brooker, le créateur de
Black Mirror, que l’anthologie n’avait de
raison d’être que cinquante ans plus tôt.
admitted as Golden Ages are perfectly dissimilar and it
would have been smarter to follow the historic example
all the way and talk about Bronze Age, for instance. But I
have to admit that it is a lot less sexy!
Let’s admit this multi-
plicity. I have to confess
that it is not what bo-
thers me the most in
the use of that phrase.
As we stated a little ear-
lier, talking about Gol-
den Age is saying that
everything that was made before became impoverished.
Even if we had proof of this loss of quality, the other Gol-
den Ages refute the first afirmation.
If we take the three time periods we talked about earlier,
you will notice that the use of the phrase can be more
or less justified, compared to what follows. It is true that
afer the 60s, dramas disappeared from the Live channel.
On the same manner, broadcaster were not able to pro-
duce such risk-taking afer the 80s. But we will obviously
agree that it is another debate. Moreover, the current
series probably will continue with anti-heroes. It will be
dificult to watch the adventures of another Tony Sopra-
no but, who knows? And why should we take this even-
tuality away?
SO WE CAN GET OVER THE GOLDEN AGE THEORY
PARLER D’UN ÂGE D’OR, C’EST AFFIRMER QUE
CE QUI PRÉCÈDE S’EST APPAUVRIT
TALKING ABOUT GOLDEN AGE IS SAYING THAT
EVERYTHING THAT WAS MADE BEFORE BECAME IMPOVERISHED
Toby Kebbel / Black Mirror
15
Allez dire à Bryan Fuller, showrun-
ner d’Hannibal, qu’il n’y a plus
rien d’intéressant à faire sur les
networks depuis près de 20 ans.
Enfin, allez dire à Steven Soder-
bergh que son personnage de
John Thackery dans The Knick est,
quoi qu’il arrive, voué à rester dans
l’ombre de Tony Soprano !
Ma connaissance sérielle est limi-
tée mais si jamais j’accédais à un
savoir complet dans l’avenir (on
peut toujours rêver) je me refuse
tout simplement à adopter la pos-
ture d’un blasé, de celui qui croit
avoir tout vu finalement.
En définitive, l’âge d’or n’est rien
d’autre qu’une facilité pour s’éviter
la démarche de définir les finesses
d’un courant, d’un sursaut, bref
d’une «nouvelle vague» !
Go say to Charlie Brooker, the crea-
tor of Black Mirror, that his anthology
should have been made fify years
ago. Go say to Bryan Fuller, show-run-
ner of Hannibal, that there has been
nothing interesting on channels for
20 years. Go say to Steven Soderbergh
that his character of John Thackery in
The Knick is, no matter what, doomed
to stay in the shadow of Tony Sopra-
no!
My knowledge on series is limited but
if I had the opportunity to access a
full knowledge in the future (a dear
dream), I refuse to simply become
blasé, as the one that believes he has
seen everything.
To conclude, the Golden Age is a
comfort phrase we use to avoid de-
fining a movement, a jold or a « new
wave »’s subtleties.
SO WE CAN GET OVER THE GOLDEN AGE THEORY
Sériephile qui s’ignore depuis Twin Peaks, j’ai fait mon coming out grâce à un blog que j’alimente
depuis environ 4 ans. J’y écris de manière subjective dans une prose savamment dosée en mau-
vaise foi. J’y défends principalement deux thèses. Oui, le genre sériel peut et doit devenir formel-
lement supérieur au septième art. Et oui, le superviseur musical sériel est un génie !
À PROPOS DE L’AUTEUR
Television's Second Golden
Age From Hill Street Blues to Er
Robert J. Thompson (1997)
Syracuse Univ Pr (Sd)
The Revolution Was Televised:
The Cops, Crooks, Slingers,
and Slayers Who Changed TV
Drama Forever
Alan Sepinwall (2012)
Touchstone; Reprint edition
Des hommes tourmentés
Le nouvel âge d’or des séries :
des Soprano et The Wire à Mad
Men et Breaking Bad
Brett Martin (2013)
La Martinière
OUVRAGES
SOURCES
1
2
3
Clive Owen / The Knick
16
On ne peut pas nier que Revenge, qui a attaqué sa sai-
son 4 sur ABC depuis le mois dernier, a sorti le grand jeu
pour mettre en place ce que l’on peut considérer comme
le « couple favori des fans » : Emily Thorne (née Amanda
Clark ; interprétée par Emily VanCamp), et Jack Porter.
Des flashbacks de leur rencontre pendant leur enfance,
en passant par Jack qui nomma son voilier en son nom
après qu’elle ait disparu de sa vie et maintenant les re-
gards en chien de faïence sporadiques; cette authentique
histoire entre Amanda et Jack sera celle qui manquera à
toute relation futur qui sera amorcée par chacun d’entre
eux avec un autre personnage. N’importe quel jour, en
se connectant sur Twitter, il est probable qu’on puisse y
lire des messages se résumant à « Jack et Amanda en-
semble, c’est la fin de la série ». Comme tout « Revenger »
ne le sait que trop bien, RIEN n’est simple dans les Hamp-
tons ; et en discutant du tandem avec Nick Wechsler (It’s
Always Sunny In Philadelphia, Roswell), il avait beaucoup
d’arguments contre la concrétisation de ce couple, du
moins, pour le moment. Mais ne vous inquiétez pas trop,
les shippers : il avait une excellente raison à ça.
It is undeniable that ABC’s Revenge, which began its four-
th season earlier this month, has gone to great lengths
to set-up what may perhaps be considered the show’s
«  fan favorite ship  » (or couple): Emily Thorne (born
Amanda Clark; portrayed by Emily VanCamp) and Jack
Porter. From flashbacks of the duo meeting as child-
ren, Jack growing up to name his sailboat afer she di-
sappeared from his life and now to the more current
sporadic glances from afar; this genuine shared history
between Amanda and Jack, is one that any characters
introduced in the future as love interests for either will
always lack. Head over to Twitter on a on any given day
and one is likely to see tweets stating things along the
lines of « Jack and Amanda are end game. » As any « Re-
venger  » knows all too well, NOTHING is simple in The
Hamptons; and when discussing this pairing with Jack
Porter himself, Nick Wechsler (It’s Always Sunny in Phila-
delphia, Roswell), he had a lot to say against the couple
getting together just yet. Don’t worry too much, Amanda
and Jack shippers; he had a great reason for his opinion.
RIEN N’EST SIMPLE DANS LES HAMPTONS
INTERVIEW DE NICK WECHSLER
18
Bonjour ! Merci beaucoup de
m’accorder cet entretien au-
jourd’hui.
Bonjour ! Pas de problème. Mer-
ci de prendre le temps pour ça.
J’ai récemment découvert que
vous aviez démarré votre car-
rière d’acteur en voulant être
un comédien. Si vous pouviez
jouer dans une comédie à l’an-
tenne actuellement, ce serait
laquelle ?
It’s Always Sunny In Philadel-
phia, je pense.
À en juger par vos tweets, vous
avez un grand sens de l’hu-
mour. Seriez-vous partant pour
être le « host » de Saturday Night Live ?
Je voulais faire partie de la troupe de SNL. C’était avant
que je décide d’être un « acteur sérieux », et en fait je
ne suis toujours pas sûr que ce soit toujours le cas. J’ai
commencé parce que je voulais être dans la comédie, et
parce que certaines pressions pour un acteur de drama
n’existaient pas pour des comédiens. Une partie de moi
est jalouse des acteurs de comédie, la partie « acteur de
drama »… En bref, je ne me vois pas le faire maintenant,
mais si les choses fonctionnent… je choisirais des rôles
comiques, carrément. Au fait, un de mes anciens colocs
est dans la troupe de l’émission actuellement.
C’est pas vrai ?!
Oui, Taran Killam. C’est un excellent imitateur et scéna-
riste. Il est à l’origine de beaucoup de sketches. C’est lui
qui fait les imitations de Brad Pitt. Lui et moi, on vivait
en colocation pendant un bout de temps et un jour, il
m’a demandé si je voulais l’accompagner faire un truc.
Hi. Good morning! Thanks so
much for sitting down with me
today.
Hi, of course. It’s no problem at
all. Thanks for taking the time.
I recently found out that you got
into acting because you wanted
to be in comedy. If you could be
on any comedy right now, which
would like to be on?
It’s Always Sunny in Philadelphia,
I think.
Judging by your tweets alone,
you have a great sense of humor,
would you ever want to host an
episode of Saturday Night Live?
I used to want to be a cast
member on SNL. That was before I wanted to be an « ac-
tor actor, » which I am actually still not sure I want to be.
I got started because I wanted to be in comedy, because
there were pressures as a dramatic actor that wouldn’t
be there if I were a comedic actor. A part of me is still
jealous of the comedic actors, the dramatic part of me is
jealous. Yeah, but basically, I can’t imagine it right now,
but maybe if things go particularly well…I would do that,
absolutely. By the way, an old roommate of mine is ac-
tually on there now.
No way!
Yeah, Taran Killam. He’s a great impressionist and wri-
ter…he has come up with a lot of great skits. He’s one
of the guys who does the Brad Pitt impressions. He and
I lived together for a little while and he one day he was
asking me if I wanted to go with him to something. He
was always hilarious, but so he was going somewhere
where people who ofen get on the show go to train.
INTERVIEW WITH NICK WECHSLER
19
Il a toujours été hilarant, mais il allait à un endroit où les
gens, qui sont souvent pris pour faire l’émission, vont
pour s’entraîner. Et je me souviens lui avoir dit que je
n’irais pas avec lui sur ce coup. Et quelque temps après,
il a été pris à SNL. Je ne dis pas que si je l’avais accom-
pagné, j’aurais été pris, je dis juste qu’un de mes amis
s’est assez investi pour suivre cette voie. Il a fini par réus-
sir et il a réalisé un de mes rêves d’enfant, faire partie de
l’émission… Ce qui est super et me rend fier de lui.
C’est super. Je l’ai vu dans l’émission et il assure.
Oui. Il assure.
Serais-tu prêt à te payer la tête des autres acteurs le
temps d’un sketch ?
Je pense, et je suppose que
dans ces cas-là, au moment
où on le voit à l’antenne, le «
host » a déjà appelé ses amis
pour leur faire savoir qu’ils al-
laient être parodié.
Donc il faut les prévenir.
Voilà, faut les prévenir et dans l’idéal, qu’ils voient ça
comme une boutade gentille plutôt qu’une descente au
vitriol.
Vous vous êtes récemment joint aux autres acteurs
de Roswell pour un évènement à Los Angeles, quel est
votre meilleur souvenir de tournage ?
C’est une colle, il y en a tellement d’excellents. Il y en a
beaucoup, vraiment. Je les confonds tous les uns avec
les autres parce que je me souviens qu’on se marrait
toujours tous ensemble. On se faisait constamment rire,
entre nous. Pour moi, c’était avant que je prenne le mé-
tier d’acteur au sérieux. Aux auditions j’étais très pro,
mais je n’étais pas un acteur sérieux. Je faisais des trucs
bizarres juste pour me divertir. Il y avait beaucoup d’oc-
And I remember told him I wasn’t going to go with him
that time. And then later on, he went on to SNL. I’m not
saying had I gone I’d have gotten on the show too, I’m
just saying that a friend of mine was driven enough to go
pursue that specific path. He ended up succeeding and
he reached a childhood dream of mine of being on SNL…
which is really great and I am proud of him.
That’s great. I actually have seen him on the show and
he does great.
Yeah, he does.
Would you be able to make fun of any of your cast
mates for a skit?
I think so, I guess because in those instances, by the
time we see it air, the host
of the show has been able to
call their friends and just be
like, «  Listen…we’re going to
spoof you. »
So give them a heads up.
Yeah, give them a heads up
and ideally they would see it as an honor rather than a
harsh skewering.
True. So you recently joined some of the Roswell cast
for a reunion in Los Angeles, what’s your best memory
on the set of Roswell?
That’s a hard one; there are just so many great ones.
There are a lot of them really. They sort of bleed together
because I remember we were all always laughing. All of
us just constantly made each other laugh. For me, that
was sort of before I even took acting seriously. For audi-
tioning, I was very professional but I wasn’t like a serious
dramatic actor. I just did weird shit to entertain myself.
There was a lot of that and so I was a larger presence in
the blooper reel. All I did in the blooper reel was that I
IL A RÉALISÉ L’UN DE MES RÊVES D’ENFANT,
FAIRE PARTIE DE L’ÉMISSION
HE REACHED A CHILDHOOD DREAM OF MINE OF
BEING ON STARUDAY NIGHT LIVE
NOTHING’S SIMPLE IN THE HAMPTONS
20
casions et donc je suis très présent dans les bêtisiers.
Tout ce que je faisais, c’était répéter la même phrase : «
Oh merde, ma braguette est ouverte », un truc du genre.
Je sortais un juron parce que je m’en voulais. Sur le tour-
nage de Roswell, je disais des trucs juste pour faire cra-
quer les autres acteurs.
Ca a l’air très insouciant, tout le monde était si jeune à
l’époque.
Exactement.
Gardez-vous le contact avec certains des acteurs de
Roswell ?
Oui. J’avais l’habitude de sortir plus souvent avec Bren-
dan [Fehr]. Majandra [Delfino] et moi, on se voit de temps
en temps, je souhaite la voir plus parce que je me sou-
viens que c’était toujours hilarant et que c’est quelqu’un
de bien. Colin [Hanks] aussi, on s’est toujours très bien
entendu et on allait toujours voir des films ensemble
comme Tenacious D. Je me souviens qu’on avait vu «
High Fidelity » ensemble parce qu’on était des gros fans
de Jack Black. C’était bien avant que je grandisse. Ouais,
on est plus autant en contact qu’auparavant mais j’aime-
rais qu’on le soit plus.
Emily Van Camp, qui incarne Emily Thorne, était aussi
dans « Captain America 2 : Le Soldat de l’Hiver » comme
Sharon Carter/Agent 13. Si vous deviez incarner un su-
perhéros, lequel serait-il ? Et pourquoi ?
Merde, ça c’est dur. Les seuls films de superhéros que j’ai
repeat the same phrase: « Oh f*** my fly’s open » or so-
mething. I would just blurt out something, just a curse
because I’m mad at myself. On Roswell, I would say
things to get the other person to break.
Seems a bit carefree, since everyone was so young.
Exactly.
Are you still in touch with any of the Roswell actors?
Yes, I am. I used to hang out with Brendan [Fehr] a lot
more. Majandra [Delfino] and I see each other from time
to time, I do want to hang out with her more because I
remember it was always hysterical and she’s just a very
good person. Colin [Hanks] too, we always got along
great and we’d go see movies together, like Tenacious D.
I remember we saw High Fidelity together because we
were both big Jack Black fans. This was all before I really
even grew up. Yeah, not in contact as much as before but
I’d like to be.
Emily VanCamp, who plays Amanda Clark on Revenge,
was also in Marvel’s Captain America: The Winter Sol-
dier as Sharon Carter/Agent 13; if you had the choice to
play any superhero, which one would you want to be?
And why?
Shit, that’s hard. The only superhero movies that real-
ly do it for me are the newest Batman movies and
Watchmen. Not only because of Christopher Nolan’s ap-
proach to Batman but also that there are so many who
aren’t actually « super. »
INTERVIEW WITH NICK WECHSLER
21
aimé c’est les derniers Batman et Watchmen. Pas seu-
lement à cause de la vision de Christopher Nolan pour
Batman mais parce qu’il y a tellement de héros qui ne
sont pas vraiment « super ».
Oh, oui c’est sûr. Ce sont des justiciers.
Oui ce sont juste des mecs qui sont là pour faire régner
la justice. Dans Watchmen seuls certains d’entre eux sont
des superhéros. Je ne sais pas si je pourrais le faire parce
que ça a déjà été fait si bien par Christian Bale, et dans
le cas de Watchmen on peut pas faire mieux que Jackie
Earle Haley en Rorschach.
Rorschach est génial, c’est bien vu. Qu’est-ce que vous
préférez dans le fait de faire partie du cast de Revenge
? Entre la lecture du scénario et les tournages qui
peuvent durer jusqu’au lendemain, la plupart des casts
de série semblent s’entendre comme une famille : est-
ce que c’est le cas avec celui de Revenge ?
Oui, absolument. On a tous été au cinéma ensemble sa-
medi, sauf Henry qui est sur le tournage d’un film. On
s’entend très bien, et hier soir, j’essayais de lire le script
du deuxième épisode, et c’était un peu la guerre sur mon
portable parce qu’on n’arrêtait pas de s’envoyer des SMS.
Les SMS, c’est la chose idéal
dans ces cas-là.
Ouais.
Quel est votre personnage
préféré dans Revenge et pour-
quoi ?
C’est une autre question difi-
cile parce que j’ai toujours aimé
Emily. On doit la pousser dans
ses derniers retranchements
pour que cela lui vienne natu-
rellement. Et c’est quelqu’un
Ok, yeah. I totally understand. They’re vigilantes.
Yeah, they are just dudes who are vigilante justice. In
Watchmen there are only a few that are super. I don’t
know if I could do it because it has already been done so
well by Christian Bale and in the case of The Watchmen
you don’t get any better than what Jackie Earle Haley
did for Rorschach.
Rorschach is so awesome, very true. What’s your favo-
rite part about the Revenge cast? With table reads and
filming schedules that can go on until the next day,
most casts understandably somehow seem to end up
described as a family unit; do you feel that way about
the Revenge cast?
Yes, absolutely we all just went to a movie on Saturday,
literally everyone except Henry who is currently out of
town filming a movie. We all get along incredibly well.
Last night I was trying to read the script for episode two,
and there was huge fight going on my phone because we
are all like text chained together.
Text chains are a good thing for planning things like
that, it’s a good thing.
Yeah.
Who’s your personal favorite
character on Revenge and
why?
Well, that’s a tough one too
actually, because I have
always loved Emily. Emily
maybe has to generally get
pushed for it to come natu-
rally. And she does come of
as very natural because it’s
her character’s show. I see
clarity of purpose for her cha-
racter. I think it’s cool. This
NOTHING’S SIMPLE IN THE HAMPTONS
22
Revenge Season 2 Wrap Party
de très nature. Cette série, c’est celle de son personnage.
Je pense que ses intentions sont claires. Je pense que
c’est cool. La fillette qui a été enlevée à son père, et qui
possède cette innocence aussi. Une innocence qu’elle
est presque amenée à perdre. Elle travaille dur pour me-
ner à bien ses buts, parce qu’elle est tellement inconso-
lable qu’elle fait appel à la vengeance pour rectifier ce
tort. Je pense que c’est génial. Le personnage de Nolan à
qui Gabriel [Mann] a donné une couleur si unique est ex-
cellent. J’aime aussi mon personnage, c’était le préféré
du public, et maintenant on le voit changer. J’ai toujours
aimé Amanda, Margarita [Levieva] l’interprète avec tel-
lement de fragilité et de crainte à la fois. Je crois que j’ai
toujours aimé Aiden [Barry Sloane]. Il a été entraîné pour
devenir un tueur et être un « vengeur ». Il est un peu ce
que j’aimerais que Jack soit, un peu plus dur à cuire.
Donc plus fort sur le plan physique, capable d’accepter
certaines missions et de juste faire en sorte que ce soit
fait ?
Oui, mais Jack ne participe pas trop à l’action parce
qu’on doit préserver sa pureté. Mais dans la vraie vie,
pour quelqu’un dont on a tel-
lement abusé, qui a tellement
été floué, le public se dit : «
Attendez un peu, Jack est un
idiot ! » Il n’est pas sceptique,
mais il fait tellement confiance
aux gens. Mais Aiden est très
cynique, il a un côté plus sombre. Si quelqu’un fait du
mal à Emily, Aiden va lui foncer dessus et le défoncer.
Jack, d’un autre côté, est raisonnable et pèse le pour et
le contre. C’est presque moins romantique de mon point
de vue. Donc, Aiden c’est le meilleur.
Donc vous interviendriez ?
Oui, s’il n’y a pas de conflit d’intérêt. À ce stade, c’est
juste pour aider une personne que j’aime à survivre.
little girl whose father was taken from her, but yet she
has this innocence too. She has an innocence which she
almost loses. She is working hard for her goal, because
she is so heartbroken that she turned to vengeance to
right this wrong. I think it’s awesome. Nolan’s character
which Gabriel [Mann] has given such a unique characte-
rization, it’s great. I like my character too obviously, he
was the audience’s favorite and now we’re seeing him
change. I have also really loved Amanda, Margarita [Le-
vieva] plays her with such an amazing vulnerability but
also some dread. I think I have always really liked Aiden
[Barry Sloane]. Aiden has mindlessly been trained to be
a killer and to be a « revenger. » He is kind of what I wish
Jack was, a bit tougher.
So stronger in a physical aspect in that sense, where he
is able to take on certain missions of a sort and just get
it done?
Well yeah, but Jack doesn’t take that much action be-
cause he has to be kept pure. And in real life, for some-
body who has been dumped on as much as he has, or
tricked as much as he has, then the audience just goes,
« Wait a minute, maybe Jack’s
an idiot!  » He’s not skeptical
yet, he is so trusting. But Aiden
is very cynical, he has a darker
sensibility. If someone hurts
Emily, Aiden like will charge
him and beat the shit out of
him. Jack on the other hand, is so considerate and consi-
ders the consequences. It’s almost less romantic to me.
So I think Aiden is it.
So you’d step in?
Yeah, if there’s no moral conflict there. At that point, now,
I’m just helping someone I love survive.
JACK EST RAISONNABLE,
IL PÈSE LE POUR ET LE CONTRE
JACK IS SO CONSIDERATE AND
HE CONSIDERS THE CONSEQUENCES
INTERVIEW WITH NICK WECHSLER
23
Jack a eu un arc narratif tellement dur que beaucoup
de téléspectateurs espèrent qu’il va avoir droit à son
happy end. Ce qui est plutôt amusant, vu que la série
s’appelle Revenge. Est-ce que vous pensez que Jack va
finir avec Emily ? Ou que les scénaristes décideront de
le mettre dans les bras de quelqu’un d’autre ?
Bonne question. Je veux dire, je ne soutiens pas beau-
coup l’idée de les voir ensemble.
Vraiment ? Oh, c’est intéressant.
Je ne pense pas qu’ils devraient finir ensemble, mais je
pense qu’on devrait toujours vouloir qu’ils finissent en-
semble.
Intéressant… Donc laisser une porte ouverte, ou
quelque chose comme ça ?
Oui. Je pense que tout le monde est de leur côté du fait
de leur histoire. On est revenu assez en arrière du côté
d’Aiden la saison dernière, et les gens ont commencé à
être plutôt de leur côté. Et j’ai fait « Oh, oooh… » parce
qu’on a tellement développé cette intrigue… on a pas
continué à montrer au public la réalité des choses entre
Jack et Emily. On ne leur a pas montré qu’ils étaient faits
Jack has had one of the toughest storylines on the show
and many viewers are hoping Jack ends up with his
much deserved happily ever afer; which is a bit amu-
sing since we’re talking about a show called Revenge.
Do you think Jack will eventually be with Emily? Or do
you think the writers will have him fall for someone
else?
Good question. I mean, I’m not a big advocate of the idea
of them getting together.
Oh really? That’s interesting!
I don’t think they should end up together, but I think that
we should always want them to end up together.
Interesting…so keep an open door available or so-
mething?
Yeah. I think everyone is rooting for them because of
their history. We went pretty far back in the Aiden path
last season and then people started to root for them a
bit. And I’m like « UH OH, » because we are so down that
storyline’s path that now…we basically didn’t continue
to remind the audience of the Jack and Emily thing. We
didn’t show them kind of belonging as much. And now
NOTHING’S SIMPLE IN THE HAMPTONS
24
Nick Wechsler (Jack Porter) et
Emily VanCamp (Amanda Clarke) / Revenge
l’un pour l’autre. Et avec le départ d’Aiden, cela nous
laisse juste avec Jack. Et au lieu de le montrer, on doit
faire quelque chose du style « Eh, je sais que l’autre type
est mort… Mais, vous vous rappelez, Jack ? » Essayons
de revenir à lui maintenant !
Un ou deux flashbacks de plus, ça devrait faire l’afaire.
Exactement. Je l’espère. Je pense que c’est important,
mais plus vous représentez… réfléchissez au nombre
de scènes montrant les sentiments particuliers qu’ils
éprouvaient l’un envers l’autre. Dans la saison 1, il n’en
y avait pas tellement, la saison 2 il était avec quelqu’un
qu’il croyait être elle, et à certains moments il y avait cet
échange de regards, genre, « cette nana est vraiment
pas mal, elle déchire ». Ensuite, la saison dernière elle
était avec Aiden, et il était avec
quelqu’un d’autre, et les gens
les veulent toujours ensemble,
à cause des saisons 1 et 2. Et
cela, alors qu’on ne leur a pas
donné quelque chose en ce
sens depuis un certain temps.
On doit juste rappeler leurs
liens au public. Si on présente quelqu’un au public qui
est nouveau, même s’il était comme Jack sur certains
aspects, il lui manquerait toujours cette histoire, qu’ils
partagent. Donc ils soutiennent cette histoire, et voilà. Le
problème est qu’on doit pondérer ce que l’on montre au
niveau moral, qu’elle essaie d’avoir sa vengeance, tout en
ayant Jack de son côté. Je ne pense pas qu’il devrait être
là. Je pense que ce serait une conséquence de cet amour
qu’elle a imaginé et protégé si longtemps. Je pense que
si Emily décide d’arrêter de se venger, je pourrais la voir
finir avec Jack.
C’est un aspect intéressant, cela va avec la « bonté » de
son personnage.
Oui.
that Aiden is gone, we are just lef with Jack. And rather
than showing it at all, we have to be to like « Hey, I know
that the other guy died, but like… remember Jack?  »
Let’s start getting with him now!
Couple more flashbacks should do it.
Exactly. I hope so. I think it’s always important, but the
more you represent…look at how much of their scenes
have been about them feeling this special way about each
other. Season one didn’t really show it, season two he
was with someone he thought was her, maybe occasio-
nally they have these looks across the room, like, « that
girl there is pretty f***k**g cool.  » Then last season he
was with someone else and she was with Aiden, people
are still rooting for them together because of seasons
one and two, my point is look
at how much people are roo-
ting for them when we haven’t
even thrown them a bone in a
while. We just need to remind
the audience of their connec-
tion. If there was anyone new
that was introduced, even if
he was in anyway like Jack, they still wouldn’t have that
shared history. That history is what they are rooting for
and so, yeah. The problem is that you have to consider
what you’re showing morally, if she goes out and tries to
get revenge the whole time and then just finishes and ex-
pects Jack to be there at the end. I don’t think he should
be there. I think that would be a consequence to this love
she has imagined and protected for so long. I think if she
abandons revenge and stops, I could see her ending up
with Jack.
That’s an interesting point, goes along with his charac-
ter’s « goodness. »
Yeah.
SI EMILY DECIDE D’ARRÊTER DE SE VENGER,
JE POURRAIS LA VOIR FINIR AVEC JACK
IF EMILY ABANDONS REVENGE AND STOPS,
I COULD SEE HER ENDING UP WITH JACK
INTERVIEW WITH NICK WECHSLER
25
Si Revenge introduisait un nouveau personnage pour
Jack, quel serait votre casting idéal ?
Vous voulez dire… une relation potentielle ?
Oui, comme une copine potentielle. Avec qui aime-
riez-vous travailler dans ce cas ?
Oh merde, j’ai jamais pensé à ça. Je ne sais même pas
pourquoi, d’ailleurs. Étrange. Je n’ai jamais eu à y réflé-
chir auparavant. Hmmm… J’essaie de penser à des gens
de mon âge… Je sais pas. Je n’arrive pas à répondre à ça,
c’est dur. Vous pensez à quelqu’un en particulier ?
Je n’y arrive pas non plus. C’est pas grave, je vous repo-
serai la question via Twitter d’ici quelques mois.
Bien. Faites-le.
Jack a tellement de scènes en commun avec Margaux
Le Marchal, avez-vous appris quelque chose en Fran-
çais avec Karine Vanasse ? Et si oui, quoi ?
Ah, euh non. Je ne pense pas qu’elle m’ait dit quelque
chose en français mais à vrai dire, je sais comment pro-
noncer son nom correctement. La dernière syllabe du
nom ressemble au mot « mouse ». Si elle ne l’avait pas
expliqué, je n’aurais sans doute jamais su la bonne ma-
nière de le faire.
Malheureusement, je ne parle
pas français, mais beaucoup
de lecteurs de More TV si.
C’était intéressant de voir son
nom de famille, et moi aussi
j’ai fourché en le prononçant.
Je ne suis pas sûr que ce soit
français à part entière, je crois
que c’est un mélange avec une
autre culture, mais je n’aurais
jamais su si elle ne l’avait pas
prononcé.
If Revenge were to introduce someone new for Jack,
who would your dream casting be?
Like for a love interest?
Yeah, for a love interest. Is there anyone you can think
of who you’d like to work with perhaps?
Oh shit, I haven’t thought of that. It’s weird; I don’t know
why I’ve never thought about that! I don’t know why, I’ve
never had to consider this before. Hmm…I’m trying to
think of people my age. Hmm, I dunno. I actually can’t
answer that, that’s hard. Can you think of some people?
I can’t right now either, it’s early. It’s alright, I’ll tweet
this question to you a couple months from now I’ll just
tweet it to you to bring it back up.
Good. Do it.
Jack has many scenes with Margaux LeMarchal, have
you learned any French words from Karine Vanasse? If
so, what?
Hah, um no. I don’t think she ever properly told me any-
thing…but I do know the proper pronunciation of her
name. The last part almost sounds like the word mouse.
If she wouldn’t have said it then I probably would have
never known the right way.
I unfortunately don’t speak
French either, but many of
the readers of More TV do.
It was interesting to see the
last name and I did initially
stumble over it myself.
I’m not even sure if it’s even
straight forward French, it mi-
ght have been mixed with some
other culture but I’d have never
known had she not said it that
way.
NOTHING’S SIMPLE IN THE HAMPTONS
26
Quel est votre point de vue sur votre
personnage ? On l’a vu évoluer de ma-
nière significative, de la saison 1 où il
était prêt à mettre les voiles vers Haï-
ti, en passant par le retour de sa mère,
jusqu’à être questionné sur le kidnap-
ping de Charlotte en saison 3. Cela n’a
pas été de tout repos pour lui !
Oui, je sais ! C’est un type bien. Un peu
trop pour être honnête, mais je pense
que c’est une bonne chose qu’on veuille
le voir finir avec Emily ; c’est le meilleur personnage, et
s’en prendre à lui est le meilleur moyen d’afecter Emily.
Également le meilleur moyen de lui montrer les réper-
cussions de ses actions. C’est pour ça que je pense que
ce ne serait pas juste qu’elle finisse avec lui à la fin. Sur-
tout après qu’elle met sa vie sans dessus dessous, si elle
continue avec sa vengeance, alors non. Il y a des limites
aux occasions où tu peux me faire de la peine, avant de
laisser tomber l’idée de nous en tant que couple. Elle
est devenue une personne totalement diférente… mais
je pense qu’elle est totalement aveuglée par cette idée
de vengeance. Tout le monde dans la série n’arrête pas
d’agiter le chifon rouge et de provoquer ces situations.
Donc tout le monde peut être touché, mais vous faites :
« AH OUI, attendez ! » Jack la supplie d’arrêter de faire
ce qu’elle fait. Jack est le meilleur moyen de montrer les
efets des choix d’Emily. Je pense que c’est cool. Pas seu-
lement en termes métaphoriques, mais parce que Jack
est un bon rouage.
Oui, rien n’est simple dans les Hamptons.
Oui, exactement.
Depuis qu’Emily a révélé sa véritable identité à Jack,
au fil de la saison 3, il est de plus en plus impliqué dans
ses plans. Est-ce ce qui nous attend en saison 4 ? Pou-
vez-vous nous dire quoi que ce soit ?
How do you feel about your character overall? We’ve
seen him come quite a long way from possibly sailing
to Haiti in season one, to the return of his mother and
now being taken in for questioning regarding Char-
lotte’s kidnapping in Season 3, he doesn’t really seem
to catch a break!
Yeah I know! He’s a good guy. He’s too good for his own
good, BUT I do think that him being the one that we sort
of always root for Emily to be with is good; he’s the best
character, and hurting him is the best way to afect Emily.
It’s also the best way to show the efects of her choices.
Which is why I think her just getting him in the end isn’t
right. Especially afer she completely f**ks with his life, if
she continues with her revenge, then no. Like I can only
have you break my heart so many times, before I give
up on the idea of us. You’ve basically become a diferent
person, holding on to this idea…but I think this girl is suf-
focated by her revenge. Everyone else on the show is sort
of whacking the hornet’s nest with a stick. So everyone
else may get stung, but you are like «  OH YEAH, wait!  »
Jack is begging her to stop doing what she is doing. Jack
is the best way to the show the efects of Emily’s choices.
I think that’s his function. I think that’s cool, not just me-
taphorically, but because his character is a cool device.
Yeah, nothing’s simple in The Hamptons.
Yeah, exactly.
INTERVIEW WITH NICK WECHSLER
27
Vous savez, en fait je n’en sais rien. Ma théorie est que…
on ne sait pas…. Parce qu’à partir de là où on commence,
Conrad est mort et Victoria est dans un asile. Donc la
question est : qu’est-ce qui reste pour aider Emily ? Donc
maintenant, je peux quasiment vous assurer que Jack
va être très impliqué et va vouloir l’aider. Mais mon per-
sonnage ne va pas en être ravi. Je suppose que ça va ar-
river à un moment ou à un autre. Je pense que ce sera
plus facile pour lui cette fois-ci, parce que quelqu’un en a
après Emily… Si elle était en train de faire du mal à autrui
et d’exercer sa vengeance, je penserais : « C’est ridicule,
non. » Mais là, c’est diférent.
Se mêler à l’action quand elle a besoin de l’aide de
Jack, c’est cohérent. Et enfin, avez-vous un message à
faire passer aux lecteurs et aux téléspectateurs de Re-
venge ?
Juste un grand merci. Je pense que c’est la première
chose à laquelle j’ai participé et où les gens sont vrai-
ment enthousiastes. Et ça signifie beaucoup pour moi  :
Since Emily revealed who she really was to Jack, over
the course of the third season, we see Jack becoming
more and more involved in her agenda. Is that the case
you think we’ll be seeing in Season 4…that is if you’re
allowed to comment on anything about it right now?
You know, I actually don’t know. My guess is…I actually
don’t know…because where we’re starting from is that
Grayson’s gone and Victoria is an institution. So it’s kind
of like, what is there to even help Emily with? So, right
now I can almost guarantee that Jack is going to get
drawn in and will want to help her…but I won’t be happy
to help. It will still probably happen…eventually. I think
it’ll be easier for Jack to help her this time compared to
before because this time, if it’s someone coming afer
her…like, if she was just going around hurting people
and “revenging, » I’d just be like « this is ridiculous, no. »
But if someone’s coming afer her, it’s diferent.
Get in the action when she needs Jack’s help, makes
sense. And lastly, is there anything else you’d like to
NOTHING’S SIMPLE IN THE HAMPTONS
28
Mike Kelley, Elizabeth Barnes et Corbin Bronson, tous
ont parié sur moi et m’ont permis de faire partie de cette
série. Je n’ai pas eu d’emploi à long terme depuis très
longtemps, et j’étais celui qui avait le moins d’expérience
lorsque le casting original a été constitué. Et c’est un cast
tellement riche, tellement compétent. Ça signifiait beau-
coup pour moi, et pour les fans qui sont derrière la sé-
rie et qui me soutiennent. En fait, partout où je vais, on
me montre du soutien ; alors que je ne rêve pas d’auto-
graphes et tout le toutim, cela fait du bien. La bienveil-
lance à mon égard est quelque chose que je n’avais ja-
mais vécu auparavant, de toute ma carrière.
Cela doit être super à vivre.
Oui c’est magnifique. Et je veux remercier les gens qui
regardent la série, qui la soutiennent et qui nous sou-
tiennent, le cast et moi.
Concernant les autographes, il y a beaucoup de per-
sonnes dans cette ville (Los Angeles) qui seraient in-
téressées, donc je ne pense pas que ça posera de pro-
blème à l’avenir. Merci infiniment de m’avoir accordé
cette interview ce matin.
Oui, sans problème.
say to all the readers and viewers of Revenge?
Well, just a huge thanks. I think this is the first thing I
have been a part of, that people have been really enthu-
siastic about. And it’s meant a lot to me, like Mike Kelly,
Elizabeth Barnes and Corbin Bronson, all took a chance
on me and allowed me to be part of the show. I haven’t
had a big gig in a long time and yeah, I think I had worked
the least out of everyone at the time of casting. And it’s
such a long, great cast. That was a huge deal for me, but
also the fans who stuck with the show and me. Basically
everywhere I go, I get shown support; while I also don’t
daydream about signing autographs and stuf it’s still
nice. The good will towards me is unlike anything I have
ever experienced in my career before.
It has to be a great feeling.
Yeah, it’s beautiful. So I just want to thank everyone for
getting behind the show and supporting it, us and me.
Hey, as for autographs there are a bunch of people in
my hometown who are more than interested in those,
so I don’t think that’s going to be a problem in the fu-
ture. Thank you so much for your time this morning.
No problem!
INTERVIEW WITH NICK WECHSLER
29
Prutha S. Patel is an avid fan of many things and has grown up being told by her mother that she
simply watches too many films and TV shows. Instead of listening to her mother, she decided to
delve even further by moving to the west coast from the east coast to study at Southwestern Law
School in Los Angeles. Prutha aspires to become an entertainment attorney and hopes to learn
as much as she can about the vast realm of entertainment from the amazing people she happens
to meet along the way. Fortunately for her, her parents not only don’t mind her being a fan of so
many things now, but they are also fully supportive of her aspirations.
ABOUT THE INTERVIEWER
REVENGE, SUNDAYS AT 10|9C ON ABC REVENGE, LES DIMANCHES SUR ABC
LORNE MICHAELS
L’EMPIRE SATURDAY NIGHT LIVE
TEXTE ET TRADUCTION : DAMIEN CHOPPIN
Le 25 Août dernier, comme tous les ans, tout le gratin de
la télévision américaine s’est retrouvé à Los Angeles pour
la cérémonie des Emmy Awards. Et si de l’avis de beau-
coup le palmarès ne reflète pas vraiment ce qui se fait de
mieux à la télévision américaine pendant les 12 mois qui
précèdent, ils sont un bon indicateur du prestige et de la
reconnaissance qu’accorde l’industrie Hollywoodienne
à un programme ou un network (en témoignent la pluie
de nominations reçues par HBO). Parmi les programmes
les plus nominés cette année, Game Of Thrones, Fargo,
American Horror Story, Breaking Bad ou encore The Nor-
mal Heart. Mais en sixième position arrive une émission
qui n’a pourtant pas été au cœur des discussions avant
et pendant la cérémonie : Saturday Night Live, qui avec
14 mentions arrive pourtant devant des séries comme
House of Cards, Orange is The New Black, Modern Family
ou True Detective.
Pourquoi tant de discrétion? Peut-être parce que c’est
devenu tellement habituel de voir le sketch show de NBC
récolter plus d’une dizaine de nominations par année.
Avec 156 nominations, c’est le programme le plus nomi-
né de l’histoire. C’est aussi le plus récompensé, avec 40
On August 25th, like every year, television’s biggest stars
gathered in Los Angeles for the Emmy Awards. And even
though a lot of people will tell you the winners’ list isn’t
really representative of the best of television in the past
12 months, it will give you a good idea of the prestige
and the acclaim Hollywood grants to a program or a
network (HBO’s important number of nominations is a
great example). Among the most nominated shows this
year, Game Of Thrones, Fargo, American Horror Story,
Breaking Bad or The Normal Heart. But in sixth place co-
mes a show that wasn’t part of the online conversation
before or during the ceremony: Saturday Night Live, even
though, with 14 nods, it was more present than House of
Cards, Orange is The New Black, Modern Family or True
Detective.
Why so much discretion? Maybe because it has become
so common to see NBC’s sketch show adding a dozen of
nominations to its tally every year. With 156 nods, it’s the
most nominated program in the history of the Emmys. It
is also the program with the most awards, with 40 over
39 seasons. An exceptional longevity, all the more since
the same man has been in charge since the inception of
LORNE MICHAELS AND THE SATURDAY NIGHT LIVE EMPIRE
31
Amy Poehler et Seth Meyers / Emmy Awards 2014
statuettes au cours de ses 39 saisons. Une longévité hors
du commun d’autant que depuis le début, avec pour
seule exception 5 années au début des années 80, c’est
le même homme qui mène la barre : Lorne Michaels,
Le canadien à l’origine de cette institution de la culture
américaine, fabrique de stars du cinéma et de la télévi-
sion, a aujourd’hui une influence omniprésente. Sans
Saturday Night Live, pas sûr que la comédie américaine
ait le même visage.
Ce qui fait de SNL une véritable institution, c’est surtout le
fait que l’émission suive la même recette depuis sa créa-
tion en 1975. Les épisodes ont toujours la même struc-
ture : au rythme d’une vingtaine d’épisodes par saison,
en direct le samedi de 23h30 à 1h du matin, s’enchaînent
une dizaine de sketchs. La troupe d’acteurs de l’émission
(avec les « repertory players » qui sont les stars du show
et les « featured players » moins mis en avant à l’antenne)
est rejoint chaque semaine par un invité star du cinéma,
de la télévision, de la musique, du sport, ou même de la
politique, qui fait ofice de présentateur d’un soir (« guest
host ») pour l’émission (en plus de participer aux sketchs,
son rôle est d’accueillir les téléspectateurs avec un mo-
nologue d’ouverture juste après le générique, de présen-
ter l’invité musical, et bien sûr de dire au revoir à la fin de
l’émission). Les grands rendez-vous d’un épisode type de
SNL sont le sketch d’ouverture, avant même le générique,
the show, except for 5 years in the early 80s: Lorne Mi-
chaels, the Canadian who is at the origin of this Ameri-
can cultural institution, a factory of TV and movie stars,
now has an ubiquitous influence. American comedy pro-
bably wouldn’t have looked the same without Saturday
Night Live.
What makes SNL the cultural institution it is today is the
fact it follows the same formula since the first live show
in 1975, with a frequency of about twenty episodes per
season, broadcast live on Saturdays between 11:30pm
and 1am. A dozen of comedy skits performed by the cast
(with its repertory players -the stars of the show-, and
its featured players –who are in the supporting roles-)
joined each week by a guest host who is either an actor,
a comedian, a musician, an athlete, or even a politician
(besides taking part in almost every skit, the host also
welcomes the viewers with an opening monologue right
afer the credits, introduces the musical guest, and of
course says good night at the end of the show). The big
moments in a typical SNL episode are the cold-open -a
LORNE MICHAELS AND THE SATURDAY NIGHT LIVE EMPIRE
32
Julia Louis-Dreyfus en 1983 dans Saturday Night Live
Lorne Michaels en 1992 avec un Emmy Award à la main
qui traite la plupart du temps de l’actu de la semaine, le
monologue d’ouverture (qui arrive donc après le géné-
rique), la première prestation de l’invité musical arrive
à la moitié du show, juste avant le « Weekend Update »
un faux JT où le ou les présentateurs ironisent sur des
faits d’actualité à coup de brillants one-liners. Puis vers
la fin de l’émission vient la seconde prestation musicale,
avant les tous derniers sketchs. L’émission se termine
par le guest host entouré de tous les acteurs remerciant
l’équipe et saluant les téléspectateurs.
Si SNL a révélé de nombreuses stars de cinéma au cours
de ses 4 décennies d’existence, parmi lesquelles Jim Car-
rey, Eddie Murphy, Robert
Downey Jr., Dan Aykroyd et
John Belushi (dont le film
culte The Blue Brothers est à
l’origine un sketch de l’émis-
sion), Mike Myers et plus
récemment Adam Sandler
et Will Ferrell, c’est à la télé-
vision que l’impact de l’émission et de son producteur
est peut-être le plus important. Il y a bien sûr les late
shows de NBC, qui sont aujourd’hui tous deux produits
par Lorne Michaels, avec à leur tête des anciens de SNL
(Jimmy Fallon pour le Tonight Show et Seth Meyers pour
Late Night), mais il y a aussi tout un tas de stars de séries
télévisées révélées par Saturday Night Live. Petit passage
en revue.
sketch covering current events-, the opening monologue
(afer the credits), the first performance by the musical
guest at the middle of the show, followed by « Weekend
Update  » –a newscast parody where the anchor, or the
anchors, make fun of the week’s headlines with brilliant
one-liners. Then, towards the end of the show comes the
second musical performance, before the very last skits.
The show ends with guest host surrounded by the whole
cast on stage, thanking the team and waving goodbye to
the viewers.
SNL has been the launching pad for a lot of movie stars
during the past four decades, among them Jim Carrey,
Eddie Murphy, Robert Dow-
ney Jr., Dan Aykroyd and
John Belushi (whose classic
movie The Blues Brothers
is an adaptation of a sketch
from the show), Mike Myers
and more recently Adam San-
dler or Will Ferrell; but it is on
television that the show’s impact is maybe the most im-
portant. There is of course both late-night talk shows on
NBC, which are produced today by Lorne Michaels, both
starring an SNL alum (Jimmy Fallon on The Tonight Show
and Seth Meyers on Late Night), but there’s also a lot of
other television stars who started on Saturday Night Live.
Here’s a quick review.
C’EST À LA TÉLÉVISION QUE L’IMPACT DE L’ÉMISSION
EST PEUT-ÊTRE LE PLUS IMPORTANT
IT IS ON TELEVISION THAT THE SHOW’S IMPACT
IS MAYBE THE MOST IMPORTANT
LORNE MICHAELS AND THE SATURDAY NIGHT LIVE EMPIRE
33
Rachel Welch, Chevy Chase et Lorne Michael
pendant le sketch « Weekend Update » en 1976
Devenue star de la télévision grâce à son rôle d’Elaine
pendant 9 saisons dans Seinfeld, Julia Louis-Dreyfus a
débuté sa carrière de comédienne dans SNL. En rejoi-
gnant l’émission à seulement 21 ans, elle était la plus
jeune cast member de son histoire à l’époque. Elle y
côtoie la star du show Eddie Murphy, mais aussi Jim
Belushi, Billy Crystal, Martin Short et surtout Larry Da-
vid, auteur sur l’émission et qui créera par la suite, avec
Jerry Seinfeld, la sitcom emblématique du nom de ce
dernier. Depuis 2012, elle renoue avec la satire politique,
un genre qui est dans l’ADN de SNL, en interprétant une
vice-présidente qui accumule les bourdes et est entou-
rée d’un staf d’incapables dans la série Veep sur HBO,
un rôle qui lui a valu l’Emmy de la meilleure actrice dans
une comédie 3 ans de suite.
She became a TV star playing the role of Elaine for 9 years
in Seinfeld, but Julia Louis-Dreyfus started her acting
career on SNL. Joining the show at only 21, she was the
youngest cast member in the show’s history back then.
There, she shared the stage with the star of the show,
Eddie Murphy, as well as Jim Belushi, Billy Crystal, Mar-
tin Short and, more importantly, met Larry David, who
was a writer on the show and later co-created with Jerry
Seinfeld, the iconic sitcom named afer the latter.
Since 2012, she’s back to political satire, a genre which
is part of SNL’s DNA, playing the role of a vice-president
who blunders and is surrounded by an incompetent and
cynical staf on HBO’s Veep, a part that got her the Emmy
for Best Actress in a Comedy Series three years in a row.
JULIA LOUIS-DREYFUS
LORNE MICHAELS AND THE SATURDAY NIGHT LIVE EMPIRE
34
LORNE MICHAELS AND THE SATURDAY NIGHT LIVE EMPIRE
Comme de nombreuses stars dans l’histoire du show,
Will Ferrell a intégré le cast à un moment où Lorne Mi-
chaels a voulu réinventer SNL. Il en deviendra le visage
emblématique de la deuxième partie des années 90,
grâce à ses imitations comme celle George W.
Bush et ses sketchs récurrents cultes
comme The Roxbury Guys avec Chris
Kattan (dont la version avec Jim
Carrey est probablement l’extrait le
plus connu de l’histoire de l’émis-
sion). Si c’est surtout au cinéma qu’il
brille ensuite, Will Ferrell va aussi, en
tant que producteur, faire sa marque
sur internet et à la télévision. En 2007,
il créé Funny or Die avec Adam McKay, an-
cien scénariste en chef de SNL, un site qui
s’est fait une notoriété avec des vidéos humo-
ristiques et parodiques. Il produit via la même
société la minisérie The Spoils of Babylon, une pa-
rodie des grands feuilletons des années 70 et 80.
Dans un style loufoque et complètement sur-
joué, ce sketch géant de 6x30 minutes retrace
la vie de la riche famille Morehouse au cours
du vingtième siècle, on y retrouve Kristen
Wiig, une autre ancienne de SNL, dans
un rôle qui lui a valu une nomination
aux Emmy Awards cette année, parmi
d’autres stars comme Tobey Maguire,
Jessica Alba, Tim Robbins et Michael
Sheen.
WILL FERRELL
Like many stars in the history of the show, Will Ferrell
joined the cast at a moment when Lorne Michaels wanted
to reinvent SNL. He would become its most emblematic
face during the second part of the 90s, thanks to impres-
sions like his George W Buh and cult recurring sketches,
like The Roxbury Guys with Chris Kattan (of which the
incarnation along with Jim Carrey is probably the most
famous moment in the history of the show). Even though
Will Ferrell will mainly focus his career on movies af-
ter SNL, he will also leave his mark online and on
television. In 2007, he created Funny or Die with
Adam McKay, former SNL head writer, a web-
site who came to fame for its parodies and
other comedic videos. With the same
company, he produced The Spoils
of Babylon, a miniseries paro-
dying the great event series
of the 70s and 80s. In a crazy
and overplayed style, this
6x30-minute long sketch re-
lates the lives of the rich Mo-
rehouse family through the
20th century. It stars Kristen
Wiig, another former SNL star
who earned an Emmy nomi-
nation for that role, along with other big
names such as Tobey Maguire, Jessica
Alba, Tim Robbins or Michael Sheen.
35
LORNE MICHAELS AND THE SATURDAY NIGHT LIVE EMPIRE
Arrivée à SNL en tant qu’auteur en 1997, Tina Fey rem-
place Adam McKay en tant que scénariste en chef en
1999, devenant la première femme à occuper le poste.
C’est en 2000 qu’elle commence à apparaître réguliè-
rement dans des sketchs. Elle devient aussi présenta-
trice du Weekend Update, le faux JT difusé à la moitié
de chaque émission, en compagnie de Jimmy Fallon. Si
elle quitte l’émission en 2006, c’est son imitation de Sa-
rah Palin lors de 4 émissions à l’automne 2008 qui mar-
queront le plus les esprits des américains. 17 millions de
téléspectateurs ont vu l’émission du 18 Octobre avec le
cameo de la vraie Sarah Palin, l’épisode le plus vu depuis
1994.
Si Tina Fey a quitté SNL au printemps 2006, c’est parce
que NBC avait commandé pour l’automne suivant sa
sitcom 30 Rock, produite par Lorne Michaels lui-même,
une série où elle joue Liz Lemon, la scénariste en chef
d’une émission à sketch, bien évidemment inspirée de
sa propre expérience, et où Alec Baldwin (un habitué de
SNL) joue Jack Donaghy, le patron de la NBC fictionnelle
et le mentor de Liz (un rôle inspiré de Lorne Michaels),
aux côtés de Tracy Morgan (ancien cast member de SNL)
et Jane Krakowski. Dans 30 Rock, Tina Fey utilise les re-
cettes qui ont fait le succès de Saturday Night Live, avec
un humour satirique trufé de références à la pop culture
américaine mais aussi à des commentaires politiques
brillants grâce à la dynamique entre Jack Donaghy, per-
sonnage républicain, et Liz Lemon, démocrate. La série
a aussi souvent recours à des guest stars de renom qui
n’ont pas peur de payer de leur personne. Au cours de
ses 7 saisons, la série a été nominée pour 57 Emmys et
en a remporté 11.
TINA FEY
She arrived at SNL as a writer in 1997 and replaced Adam
McKay as head writer in 1999, then becoming the first
woman in that position. In 2000 she started to appear
on screen. She becomes an anchor for Weekend Update,
the fake newscast airing at the middle of the show, along
with Jimmy Fallon. Even though she lef the show in
2006, it’s her impression of Sarah Palin during 4 shows
in fall 2008 that will remain her most emblematic SNL
moments. 17 million viewers saw the episode that aired
on October 18th, featuring a cameo of the actual Sarah
Palin; it was the most viewed episode since 1994.
Tina Fey lef SNL in the spring of 2006 because NBC had
ordered her sitcom 30 Rock for the following fall, pro-
duced by Lorne Michaels himself, where she plays Liz
Lemon, the head writer of a sketch show, obviously ins-
pired by her own experience. Alec Baldwin (a SNL regular
himself) plays Jack Donaghy, the boss of NBC and Liz’s
mentor (a character inspired by Lorne Michaels). The
show also stars Tracy Morgan (another former SNL cast
member) and Jane Krakowski. On 30 Rock, Tina Fey uses
the same formula that made Saturday Night Live’s suc-
cess, with a satirical humour filled with pop culture refe-
rences as well as brilliant political commentary thanks to
the dynamic between Jack Donaghy, a republican, and
Liz Lemon, who is a liberal. The show will also welcome
well-known guest stars who aren’t afraid to be made fun
of. During its 7 seasons, the show garnered 57 Emmy no-
minations and won 11.
36
LORNE MICHAELS AND THE SATURDAY NIGHT LIVE EMPIRE
Arrivée à SNL en 2001, Amy Poehler s’est elle aussi distin-
guée notamment par ses imitations, dont Hillary Clinton.
En 2004, elle remplace Jimmy Fallon à la présentation du
Weekend Update, et forme avec Tina Fey un duo comique
adoré encore aujourd’hui (on les retrouve maintenant à
la présentation des Golden Globes). Elle quitte elle aussi
l’émission pour intégrer une nouvelle série de NBC dont
elle est l’actrice principale, Parks and Recreation, lancée
en 2009. Elle y joue la fonctionnaire passionnée Leslie
Knope, un des personnages féminins les plus embléma-
tiques de la télévision américaine actuelle. Dans Parks
la satire est aussi présente, mais cette fois-ci plutôt que
de s’intéresser à de grands centre de pouvoirs comme
Washington dans Veep ou New York dans 30 Rock, la série
se passe à Pawnee, une petite ville du midwest avec ses
personnages loufoques et caricaturaux qui font de cette
série une sorte de version des Simpson en chair et en os.
Il faut dire que l’un des co-créateurs, Greg Daniels, est
un ancien scénariste de la série animée culte, qu’il avait
rejoint en 1990, après trois ans dans l’équipe des scé-
naristes de… Saturday Night Live. Avant de créer Parks
and Recreation, il fut l’artisan de la version américaine
de The Ofice. L’autre moitié du duo à l’origine de Parks,
Mike Schur, est lui aussi passé par SNL (où il côtoyait Amy
Poehler, puisqu’il a quitté l’émission en 2004), avant de
rejoindre The Ofice. Logique donc de voir apparaitre plu-
sieurs membres du cast de SNL, comme Andy Samberg
ou Fred Armisen dans la série.
AMY
POEHLER
When she arrived at SNL in 2001, Amy Poehler also came
to fame for her impressions such as Hillary Clinton. In
2004, she replaces Jimmy Fallon at the Weekend Update
desk, and becomes one half of a comedic duo that is still
loved today with Tina Fey (we can now watch them host
the Golden Globes). She will also leave the show to star
in a new NBC sitcom, Parks and Recreation, launched
in 2009, in which she plays passionate government em-
ployee Leslie Knope, one of the most emblematic women
currently on television. In Parks, satire is also present,
but this time rather than dealing with places of power
like Washington in Veep or New York in 30 Rock, the show
focuses on the politics of a small midwest town and the
life of its zany inhabitants that make the show a sort of
live-action version of The Simpsons. The comparison
isn’t so silly when you learn that one of the co-creators
of the show, Greg Daniels, is a former writer of the cult
animated comedy, which he joined in 1990, afer three
years on the writing team of…Saturday Night Live. Before
creating Parks and Recreation, he was the man behind
the American version of The Ofice. The other half of the
Parks duo, Mike Schur, also spent time at SNL (where
he rubbed shoulders with Amy Poehler, since he lef the
show in 2004), before joining The Ofice. It’s not surpri-
sing then to see several SNL cast members showing up
on the show, such as Andy Samberg or Fred Armisen.
37
LORNE MICHAELS AND THE SATURDAY NIGHT LIVE EMPIRE
Being a former SNL star and star in a Lorne Michaels pro-
duction isn’t always enough for success. Afer being a
fixture in the cast between 2000 and 2007, Maya Rudol-
ph lef the show and started to focus on a movie career
(most notably in Bridesmaids, film co-written by Kristen
Wiig, in which she also played the main part). In 2011, she
tried to make her TV comeback in Up All Night, a Lorne
Michaels production broadcast on NBC, where she plays
a talk show host, who is the boss of one of the two main
characters. Even though her performance was praised,
the show never found its audience and got cancelled af-
ter its second season. Because she’s a great singer and
entertainer, she got the opportunity to be the star of her
own variety show, a mix of comedy skits and songs, The
Maya Rudolph Show, also on NBC, and also produced by
Lorne Michaels. A pilot episode was ordered and broad-
cast last May. We don’t know yet whether NBC will renew
this experiment or not.
Être une ancienne star de SNL et jouer dans une série
produite par Lorne Michaels n’est cependant pas tou-
jours synonyme de succès. Après avoir été un pilier du
cast entre 2000 et 2007, Maya Rudolph quitte l’émission
et se consacre principalement au cinéma (notamment
dans Mes Meilleures Amies, film co-écrit par Kristen Wiig,
avec cette dernière dans le rôle principal). En 2011, elle
tente un retour à la télévision dans Up All Night, une pro-
duction Lorne Michaels difusée sur NBC, où elle joue une
présentatrice de talk-show qui est la patronne d’un des
deux personnages principaux. Même si sa performance
est bien accueillie, la série ne trouvera jamais son public
et sera annulée avant la fin de sa deuxième saison. Ex-
cellente chanteuse et show-woman, Maya Rudolph va se
voir alors ofrir la possibilité d’être au centre de sa propre
émission de variétés, The Maya Rudolph Show, toujours
sur NBC, alliant chansons et humours, là aussi produite
par Lorne Michaels. Un épisode pilot est commandé et
difusé en Mai dernier. On ne sait toujours pas si NBC re-
nouvellera l’expérience.
MAYA RUDOLPH
38
LORNE MICHAELS AND THE SATURDAY NIGHT LIVE EMPIRE
En 2012, Andy Samberg quitte SNL après 7 ans passés au
sein de l’équipe. On lui doit notamment la participation
aux Digital Shorts avec son groupe The Lonely Island,
une série de sketchs pré-enregistrés (et non difusés en
direct comme le reste de l’émission) qui prennent sou-
vent la forme d’une chanson à l’humour graveleux et ré-
gressif, et où les stars invitées de l’émission se prennent
au jeu (la plus célèbre étant « Dick in a Box », avec Justin
Timberlake). Un an après son départ, on le retrouve à la
télévision, non pas sur NBC, mais sur FOX, dans une sé-
rie qui est tout de même produite par NBC Universal, et
surtout créée par Mike Schur et Dan Goor (autre ancien
scénariste de Parks and Recreation): Brooklyn Nine-Nine.
Dans cette série, les deux créateurs appliquent la for-
mule de la « workplace comedy », très bien développée
dans The Ofice et Parks, à l’univers des commissariats de
police. Le succès critique est au rendez-vous et la série
remporte deux Golden Globes lors de sa première saison.
In 2012, Andy Samberg lef SNL afer 7 years in the cast.
During his time on the show, he was known in part for the
Digital Shorts he created with his comedy group The Lo-
nely Island, a series of pre-recorded skits, ofen musical,
with racy and immature humour, in which guest hosts
ofen took part (the most famous example being «  Dick
in a Box » with Justin Timberlake). A year afer his depar-
ture, he made his TV return, not on NBC but on FOX, in a
comedy produced by NBCUniversal, and created by Mike
Schur and Dan Goor (another former Parks and Recrea-
tion writer): Brooklyn Nine-Nine. In this show, the two
creators applied the workplace comedy formula of Parks
and The Ofice to a police precint. The series is a critical
success and the show will win two Golden Globes in its
first season.
ANDY SAMBERG
39
LORNE MICHAELS AND THE SATURDAY NIGHT LIVE EMPIRE
FRED ARMISEN
JOHN MULANEY
Fred Armisen est l’un des rares membres du cast de SNL
à avoir commencé un autre rôle à la télévision, tout en
continuant d’être présent dans l’émission. En efet, alors
qu’il a quitté le show en 2013 après 11 saisons de pré-
sence, il est, depuis 2011, l’une des deux stars et co-créa-
teur de Portlandia, avec Carrie Brownstein, une série à
sketchs décalée difusée sur la chaîne câblée IFC, et pro-
duite par Lorne Michaels.
Celui qui tente à son tour l’aventure de la sitcom après sa
sortie de SNL n’est pour une fois pas un ancien acteur de
l’émission, mais un qui resta pendant des années auteur
de sketchs. John Mulaney est en efet au centre d’une sé-
rie, difusée depuis le 5 Octobre sur FOX, qui porte son
nom, et dans laquelle il joue un comédien qui travaille en
tant qu’auteur dans un talk-show dont la star est jouée
par un autre ancien de SNL, Martin Short. On retrouve
aussi au casting une autre ex-SNL, Nasim Pedrad. Le tout
étant bien entendu produit par Lorne Michaels. Pourtant
difusée juste après la populaire Family Guy, Mulaney n’a
réuni que 2,3 millions de téléspectateur (pour un taux de
1.0 sur la cible des 18/49 ans), c’est le démarrage le plus
faible de l’histoire pour une comédie sur un des quatre
principaux networks.
Fred Armisen is one of the rare SNL cast members to star
in another TV show, while still being on SNL. Indeed,
while he lef the shows in 2013 afer 11 seasons, he was
already, since 2011, one of the two leads and the co-crea-
tor, along with Carrie Brownstein, of Portlandia, a very
lef-field sketch show broadcast on cable network IFC,
and produced by Lorne Michaels.
The one SNL alumn who tried this season to take the
sitcom road is for once not a former cast member but a
former writer. Since October 5th, John Mulaney stars in
his own creation, a sitcom named afer himself in which
he will play as a writer working for a talk show which
star is played by another former SNL cast member, Mar-
tin Short. Nasim Pedrad, yet another SNL alumni, is also
on the casting. A show obviously produced by Lorne Mi-
chaels. Although it aired afer the popular Family Guy,
Mulaney only managed to get 2.3 million viewers (that’s
a 1.0 rating in the 18/49 demographic), the least-watched
comedy series premiere ever on one of the four main
networks.
Damien est étudiant et passionné de pop culture. Quand il ne se couche pas à 5h du matin pour
suivre une cérémonie de récompenses, il regarde 30 Rock, Weeds ou Fringe. Ses modèles dans
la vie sont Tina Fey, April Ludgate et Beyoncé. Il tweete impulsivement sur @dchoppin et écrit
(parfois) à propos des séries sur son propre blog.
À PROPOS DE L’AUTEUR
40
TEXTE : CORENTIN PONDAVEN - TRADUCTION : CINDY THIBAUT
NETFLIX
UNE INTÉGRATION DIFFICILE
DANS LE PAYSAGE AUDIOVISUEL FRANÇAIS
42
FITTING IN THE FRENCH AUDIOVISUAL MEDIA WON’T BE SO EASY
QU’EST CE QUE NETFLIX ?
Afin de mieux comprendre le battage médiatique au-
tour de cette arrivée, il est nécessaire de présenter la
compagnie de Reed Hastings. Fondée en 1997, Netflix
s’est d’abord essayé à la location de DVD sans limite de
temps, avant de s’installer sur le marché de la vidéo à la
demande. Les raisons du succès sont multiples. Premiè-
rement, le prix : Entre 8 et 12$
par mois, pour un nombre il-
limité de visionnages, sans
publicité ni attente. En-
suite, son algorithme pointu
qui permet à la plateforme
d’adapter le contenu proposé
à chaque utilisateur en fonc-
tion de ses goûts, des notes
attribuées aux films ou séries
visionnées, mais aussi de son
historique de programmes.
Les adeptes de ce système
sont nombreux et conquis
par le service qui compte
plus de 50 millions d’abon-
nés à travers le monde. La
magie a donc opéré aux États-Unis mais également dans
les diférents pays où le service s’est exporté par la suite.
Et cela ne semble pas devoir s’arrêter : le magazine Va-
riety prédit déjà plus de 5 millions d’abonnés en France
d’ici 2020 ! Mais cela est-il réellement possible ?
L’ARRIVÉE EN FRANCE
C’est en décembre 2013 que les représentants de Net-
flix ont rencontré pour la première fois David Kessler,
ex-conseiller des médias à l’Elysée. Cette entrevue avait
pour but d’analyser la possible exportation de la plate-
forme américaine. Mais dès lors, cette visite de courtoisie
a fait couler beaucoup d’encre. Aurélie Filippeti, ex-mi-
nistre de la culture, déclarait fin janvier dernier, que si
WHAT IS NETFLIX?
So you can better understand the huge press coverage
around Netflix, Reed Hastings’s company should be in-
troduced. Founded in 1997, Netflix first tried its hand at
renting DVDs, without time limitation, before it arrived
on the VOD market. It succeeded for several reasons: the
first being the price. It costs between 8 and $12 a mon-
th for an unlimited number
of viewings, without ads or
waiting. Then, its refined al-
gorithm allows the platform
to adapt the content to each
user, depending on one’s
taste, one’s rates to the films
and series one watched, but
also one’s history of pro-
grams.
The system seduced lots of
people and now counts more
than 50 million subscribers
around the world. It worked
not only in the US, but also
in all the countries where the
service set up. It seems to be
going on: the Variety magazine already predicts more
than 5 million subscribers in France from now until 2020!
Is this really possible?
NETFLIX’S ARRIVAL IN FRANCE
Netflix’s spokesmen met David Kessler, ex-adviser for
Media, at the Elysée Palace for the first time in December
2013. They aimed at analyzing the possible export of
Netflix in France. The press took up the subject and by
the end of January, Aurélie Filippeti, ex-French Minister
for Culture, announced that if the group wanted to come
in France, they had to comply to «  the laws that contri-
bute to the success of French industries.  » (Interview in
Journal du Dimanche)
43
FITTING IN THE FRENCH AUDIOVISUAL MEDIA WON’T BE SO EASY
le groupe souhaitait s’implanter dans l’hexagone, il lui
serait nécessaire de se « plier aux régulations qui font le
succès des industries françaises » (Interview Journal du
Dimanche).
La première de ces régulations concerne la chronologie
des médias. En efet, la législation française impose un
délai de 36 mois avant la mise à disposition d’un film sur
un service de VOD. Une attente dificile à accepter pour
le consommateur qui recherche l’instantanéité des ser-
vices, et qui est pourtant un des grands arguments de
vente de l’entreprise de l’autre côté de l’Atlantique.
Vient ensuite le système de soutien financier au ciné-
ma français. Cette loi implique que les difuseurs, dont
le siège social est situé en France, doivent participer au
financement d’œuvres françaises et européennes. Un
point important sur lequel insiste également le conseil
supérieur de l’audiovisuel : ce dernier exige qu’un quota
d’œuvres françaises et européennes soit difusé. Mais la
prise en compte de ces diférentes régulations ne semble
pas au programme pour le lancement de Netflix.
Tout d’abord le siège social, basé jusque là au Luxem-
bourg, est situé à Amsterdam. Cette situation géogra-
The first of these laws is the media chronology. Indeed,
the French legislation demands a period of 36 months
before you can make a film available on VOD. The user
finds it hard to accept since he is looking for instan-
taneousness – instantaneousness being one of the main
selling point of Netflix in the US.
Then, the French financial support system to French ci-
nema implies that distributors, whose headquarters
are in France, must take part to financing French and
European movies. The French Broadcasting Authority is
very insistent on this point and demands that a quota of
French and European movies be broadcasted. But Netflix
does not seem to be accepting these conditions. First,
their headquarters, which used to be in Luxemburg, are
now in Amsterdam and allows them to avoid the manda-
tory financing of French and European movies.
Moreover, the quota of French movies that the French
Broadcasting Authority agreed on will not be observed.
Indeed, Netflix’s success is not only due to its huge ca-
talog, but even more to its algorithm, allowing to target
what the user wants. Listening and understanding the
user’s needs is the main factor of success, it is then nor-
mal that they wish to bring it to France, so it seems com-
FITTING IN THE FRENCH AUDIOVISUAL MEDIA WON’T BE SO EASY
Sortie en salle
In theaters
DVD
VàD à l’acte
DVD
VOD on act
TV Payante
(1
ère
difusion)
Pay Television
(1
st
broadcasting)
TV Payante
(2
ème
difusion)
TV en clair
et autres
4
Pay Television
(2
nd
broadcasting)
Unscrambled TV
and others
4
TV Payante
et autres
5
Pay Television
and others
5
VàD par
abonnement
Subscription
VOD
VàD gratuite
Free VOD
+ 4 mois
+ 4 months
1
+ 12 mois ou
+ 14 mois
+ 12 months or
+ 14 months
2
+ 22 mois ou
+ 24 mois
+ 22 months or
+ 24 months
3
+ 30 mois
+ 30 months
+ 36 mois
+ 36 months
+ 48 mois
+ 48 months
1
Possible exemption granted by the CNC at + 3 months for movies that had less than 200
viewings in the fourth week in theaters
2
+ 12 months in case of no agreement with professional cinema organizations
3
+ 24 months in case of no agreement with professional cinema organizations
4
Paying services that use 3.2% of their turnover for co-productions
5
Paying services that use less than 3.2% of their turnover for co-productions
1
Dérogation possible accordée par le ndt du CNC à + 3 mois pour les films ayant fait
moins de 200 entrées au cours de la 4ème semaine.
2
+ 12 mois en l’absence d’accord avec les organisations professionnelles du cinéma
3
+ 24 mois en l’absence d’accord avec les organisations professionnelles du cinéma
4
Services payants consacrant 3,2% de leur CA à la coproduction
5
Services payants consacrant moins de 3,2% de leur CA à la coproduction
44
phique permet alors au groupe
d’éviter de prendre part au finance-
ment obligatoire des œuvres hexa-
gonales et européennes.
Par ailleurs, le quota imposé par
le CSA ne sera vraisemblablement
pas respecté. Le succès de Netflix
ne tient pas tant de son catalogue,
mais de son algorithme lui permet-
tant de cibler au mieux ses clients.
L’écoute des besoins du public est
LE facteur de succès du groupe. Et
ce facteur de succès, la compagnie
américaine souhaite logiquement
l’importer en France. Il paraît alors
compliqué d’intégrer 40% de films
français (quota obligatoire) dans la
bibliothèque d’un fan de blockbusters hollywoodiens.
LA RIPOSTE FRANÇAISE
Puisque le groupe californien ne souhaite pas se sou-
mettre à ces règles, qui fondent l’exception culturelle
française, le gouvernement est monté au créneau fin
juillet. Aurélie Filippeti a annoncé un remaniement de
la chronologie des médias dans une interview au Figaro.
En réduisant le délai entre la sortie en salle et sa mise à
disposition en VOD, l’Elysée souhaite ainsi développer le
marché de la vidéo à la demande, dont les chifres sont
en baisse ces derniers mois. Mais ce changement ne sera
efectif que pour les « services qui participent au finan-
cement et à l’exposition des œuvres françaises et euro-
péennes ». Un moyen de défense et de valorisation du «
made in France » qui sonne comme un coup d’épée dans
l’eau. En efet, quand on sait que 70% des contenus vi-
sionnés sur la plateforme américaine sont des séries té-
lévisées, et que celles-ci ne sont pas concernées par la
chronologie des médias, cette réforme ne semble que
peu handicapante pour la firme américaine.
plicated to put 40% of French movies (mandatory quota)
in the library of a Hollywood blockbuster fan.
THE FRENCH RESPONSE
Since the Californian group does not want to comply with
these rules, that are the core of the French exception, the
French government stepped into the breach by the end
of July. Aurélie Filippeti announced a reorganization of
the Media Chronology during an interview for Le Figaro.
By reducing the period between the release in theaters
and its availability on VOD, the French government aims
at developing the French VOD market, that is not working
very well for the last months. This will only be available
for « services taking part to the financing and broadcas-
ting of French and European movies. » This defense aims
at highlighting « made in France » productions but only
seems to be flailing at the air. Indeed, we know that 70%
of broadcasted programs on the American platform are
series. Yet, series are not afected by media chronology,
so this reform doesn’t seem very bothering for the Ame-
rican firm.
FITTING IN THE FRENCH AUDIOVISUAL MEDIA WON’T BE SO EASY
Aurélie Filippeti et Arnaud Montebourg
45
Au contraire, cette réforme « anti-netflix » permet même
de positionner ce dernier comme une référence dans la
SVOD, lui ofrant une exposition médiatique très profi-
table pour la marque. Mais ce remaniement a été béné-
fique pour d’autres acteurs du marché : profitant de ce
parti-pris du gouvernement, les concurrents français se
préparent à cette arrivée.
En premier lieu, Canal + qui a déjà mis en avant son ofre
Canal Play, et dont le slogan est on ne peut plus clair :
«  Des milliers de films, séries et
dessins animés partout, tout de
suite, en illimité ». À partir de 7€99
par mois, pour un visionnage sur
ordinateur, tablette et smart-
phone, et jusqu’à 9€99 par mois,
pour un accès direct à la TV. Une
ofre mise en avant fin août 2014,
dans une publicité intitulée « Dans
la peau d’un vampire », où l’acteur
John Malkovich vante les mérites
de l’ofre.
Tout semble donc déjà bien huilé
du côté de Canal, et notamment
au niveau des moyens de difu-
sion. Un avantage non négligeable
face à Netflix puisque deux FAI
(fournisseurs d’accès internet) ont tardé à prendre po-
sition. Stéphane Richard, PDG d’Orange, a annoncé que
le service ne serait pas proposé sur sa box. Évoquant la
position de Netflix face à la législation française, le pro-
blème semblait également financier. Là où Canal+ ofre
une forte somme aux opérateurs pour une intégration
dans leur box, l’entreprise de Reed Hastings semble bien
moins généreuse. Et pourtant, face au succès rencontré
lors du lancement de la plateforme le 15 septembre der-
nier, Bouygues Télécom a annoncé proposer le service de
SVOD sur sa box dès le mois de novembre. Un choix sur
On the contrary, this « anti-netflix » even allows the lat-
ter to become a reference in the SVOD sector, by ofering
it a first-class exposure for the brand. This reorganiza-
tion has done good for other actors in the VOD market:
French competition could prepare for the arrival of Net-
flix in France.
First, Canal Plus already introduced its VOD service, Canal
Play, with a slogan that cannot be clearer: « Thousands of
films, series and cartoons everywhere, right now and wi-
thout restriction, » prices from 7.99
€ a month for viewings on compu-
ters, tablets and smartphones, to
9.99 € a month for direct access on
TV and an advertising campaign
called «  Being a vampire,  » where
John Malkovich sings the praises
of the service, since August 2014.
Everything sounds good for Canal
Plus, especially on its broadcas-
ting. They have a significant ad-
vantage on Netflix, since two In-
ternet Service Providers have been
slow taking a position. Stéphane
Richard, Orange CEO, announced
they won’t ofer Netflix in their pac-
kage. It was not only due to Netflix’s
position regarding the French legislation, but it also see-
med to be a problem of money. While Canal Plus ofers
a generous amount of money for ISP to be included in
their package, Reed Hastings seems to be less generous.
However, in view of the success of the platform’s launch
on September 15, Bouygues Telecom announced it will
ofer the SVOD service in his package in November. A
choice that Orange decided to follow. Only SFR and Free
haven’t yet made a decision, but there is no doubt about
the imminent arrival of Netflix on these two ISP who may
wish to put themselves on the level of their competitors.
FITTING IN THE FRENCH AUDIOVISUAL MEDIA WON’T BE SO EASY
46
lequel s’est alors calqué Orange. Seuls SFR et Free n’ont
pour le moment rien décidé, mais il n’y a guère de doute
quant à l’arrivée prochaine de Netflix chez ces deux der-
niers FAI qui souhaiteront se mettre au niveau de leurs
concurrents. Outre Canal, un autre antagoniste, né à la
demande d’Arnaud Montebourg, semble sur les rails :
l’OrangeCast. Il s’agit d’une clef, développée par Orange,
se branchant au port HDMI du téléviseur qui donne alors
accès à la chaîne OCS (Orange Cinéma Séries), plusieurs
chaînes nationales et internationales, mais aussi des
jeux vidéos et un accès à Deezer.
Il faudra également compter sur la box de Vidéo Futur,
qui tentera de se faire une place au soleil grâce à son
ofre permettant d’accéder à une bibliothèque de films
et séries, aux chaînes de la TNT et services de replay. Nu-
méricable a lui lancé un service dédié aux séries et nom-
mé, pour le moment, Séries-Flix. Le marché semble donc
déjà bien préparé à l’arrivée de l’étatsunien. L’avantage
de ces concurrents ne réside pas tant dans leurs ofres,
mais dans la base de clients et la renommée déjà ac-
quise. Netflix devra donc déployer une stratégie de com-
munication infaillible pour faire face à Canal + et ses 30
ans d’expérience. Mais cette communication aura égale-
ment pour but de démocratiser la SVOD, encore peu an-
crée dans les mentalités françaises.
NETFLIX : UNE RÉVOLUTION CULTURELLE ?
Cette arrivée laisse présager une évolution dans les habi-
tudes de consommation de produits culturels en France.
Mais de là à parler de « révolution Netflix », il faut at-
tendre quelque temps.
Tout d’abord, la chronologie des médias va imposer une
bibliothèque de films datés d’au minimum 3 ans. Netflix
perd là son avantage face à la vente directe des produits,
mais aussi au téléchargement illégal qui propose géné-
ralement les films au moment même de leur sortie en
salle (avec une qualité cependant variable).
Another rival came at Arnaud Montebourg’s request:
OrangeCast. It is a key developed by Orange that you
can plug at your TV which gives you access to the OCS
(Orange Cinema Series) channel, several other national
and international channels, but also videogames and
Deezer.
We will also have to count on the box of Video Futur, which
will try to find its place thanks to a package that grants
access to a library of films and series, to the main chan-
nels and to replay services. Numericable also launched
a service dedicated to series named, for now, Series-Flix.
The French VOD market seems ready to welcome the
American rival. Its advantage is not its ofer, but rather
its database of clients and reputation. Netflix will have to
work harder on its advertising strategy to face Canal Plus
and its 30 years of experience. This advertising campaign
will also aim at generalizing VOD, which is still not a na-
tural reaction in French minds.
NETFLIX: A CULTURAL REVOLUTION?
The arrival of Netflix will certainely trigger an evolution
in the habits of French consumers of cultural products.
But we will have to wait some time before we can talk
about a « Netflix revolution ».
First, the media chronology will require a library of more
than 3 year old movies. Netflix will then lose its advan-
tage on direct selling, but also on illegal downloads,
thanks to which one can get a movie as soon as it is re-
leased in theaters (in variable quality).
FITTING IN THE FRENCH AUDIOVISUAL MEDIA WON’T BE SO EASY
47
puisque seuls 2 FAI ont choisi de proposer le service sur
leurs boxes, Netflix n’est pas accessible pour tous sur les
écrans télés. Avec un accès sur ordinateurs et une ap-
plication dédiée sur tablettes et smartphones, la firme
américaine n’est certes pas en reste, mais part tout de
même avec un certain handicap face à ses concurrents.
De plus, les habitudes de consommation françaises sont
bien diférentes de celles du pays de l’oncle Sam. Là bas,
l’accès à la télévision est très coûteux, et nombreuses
sont les personnes à cumuler diférents abonnements
pour s’ofrir un catalogue des plus complets. Ce service
révolutionnaire est donc la solution parfaite grâce à son
prix accessible et à son large choix de programmes. En
France, avec 25 chaînes gratuites et les diférents services
de replay, les besoins ne sont clairement pas les mêmes
pour le grand public, et le service de Reed Hastings devra
donc s’y adapter.
Mais outre les films et le support, c’est au niveau des sé-
ries que Netflix est le plus attendu, notamment grâce à
son large catalogue. Mais sera t-il adapté au public fran-
çais ? Car même si nous pouvons décrier celles-ci, les
séries françaises connaissent un beau succès auprès du
grand public. L’absence de « Joséphine, ange gardien », «
Camping Paradis » ou « Plus belle la vie » pourrait réduire
l’adhésion du plus grand nombre, et donc limiter le ser-
vice à un certain segment de clientèle.
Afin de ne pas laisser de côté ces potentiels clients, le
groupe a annoncé préparer une nouvelle série originale,
et française cette fois. Cette série intitulée sobrement «
Marseille » est décrite comme House of Cards made in
France. Avec Dan Frank à la réalisation, le tournage de-
vrait commencer au printemps 2015 dans la cité pho-
céenne. Les séries originales estampillées Netflix ont
connu un grand succès auprès du public et de la critique,
et cette production devra donc frapper fort pour rester
au niveau. Mais aussi pour combler l’absence du plus
gros succès de Netflix !
Moreover, since only two ISP entered into a contract
with Netflix, it won’t be available for everybody on a TV
screen. With an access on computers and an application
on tablets and smartphones, Netflix starts with a certain
disadvantage on its rivals.
In addition, French habits are a lot diferent from the
ones in the United States, where TV is very expensive and
people tend to have several packages to have a complete
library. This revolutionary service was the perfect solu-
tion thanks to its price and its large choice of programs.
In France with more than 25 free channels and the seve-
ral replay services, the public needs are simply not the
same, and Netflix will have to adapt.
Apart from the movies and the material, Netflix is even
more longed-for for the series, especially because of its
large catalog. Will it live up to French users’ expecta-
tions? Indeed, even if we criticize them, French series are
very successful among the general public. If « Joséphine
Ange Gardien  », «  Camping Paradis  » or «  Plus Belle La
Vie  » are not in the library, it would mean a decrease in
the number of subscribers, and then it would restrict the
service to a particular part of clients.
In order not to push those clients, Netflix decided to
create a new original series, a French one this time. So-
berly entitled Marseille, this series is described as the
House of Cards made in France. Directed by Dan Frank,
filming is expected to begin this spring in the Medi-
FITTING IN THE FRENCH AUDIOVISUAL MEDIA WON’T BE SO EASY
48
En efet, fin août, le couperet est tombé : Le difuseur ne
peut pas proposer le programme House of Cards à ses
abonnés, puisque les droits ont été cédés en exclusivi-
té au groupe Canal +, par le studio Media Rights Capital
(MRC) avant même que Netflix ne songe à s’exporter sur
le territoire français. Il s’agit donc d’un coup dur pour de
nombreux fans, qui ne pourront pas profiter d’une difu-
sion similaire à celle proposée aux États-Unis.
En plus de la production de séries, c’est dans son vision-
nage que Netflix semble pouvoir changer la donne.
En premier lieu grâce à son interface. Le service propose
tout ce dont un sériephile peut rêver : la possibilité de
regarder toutes ses séries en VO, la personnalisation des
sous-titres, retenir l’avancement dans une série ou dans
un épisode, passer les génériques de fin…
De plus, la nouvelle mode grandissante aux États-Unis,
consiste à regarder de façon continue les programmes :
le binge-watching. Et les adeptes sont nombreux, à tel
point que Netflix a décidé de proposer le même jour tous
les épisodes d’une même saison pour ses séries
originales phares. De quoi satisfaire la crise de
boulimie des fans de Frank Underwood (House Of
Cards) ou PornStache (Orange is the New Black).
En France, les grandes chaînes nous ont habi-
tués à ce genre de consommation avec
un certain succès. Là où les américains
doivent attendre au minimum 7 jours
entre chaque épisode, nous avons
généralement deux à trois épisodes
par soir ! Dernièrement lors de la dif-
fusion de Scandal, M6 n’a pas hésité à
difuser 4 épisodes à la suite tous les
mardis ! Le public semble donc prédis-
posé à cette mode. Autre avantage, la
firme ofre la possibilité de regarder
ses épisodes dans l’ordre. Et non pas
terranean city. The Netflix series were very successful
among the general public and the critics, and this new
one will have to hit hard to keep up, but also to overco-
me the absence of Netflix’s biggest success. Indeed, by
the end of August, it was oficial: Netflix isn’t allowed to
broadcast House of Cards, since the rights were sold to
Canal Plus by Media Rights Capital (MRC) before Netflix
thought about coming to France. Quite a hard blow for
the numerous fans who will not enjoy a broadcasting si-
milar to the one in the United States.
In addition to the series production, Netflix wants to
change things about viewings. Thanks to the interface
first, Netfix ofers everything a series-lover could dream
of: all series in the original language, customization of
subtitles, keeping the progress in the viewing of the se-
ries, skipping the end credits…
Moreover, the new trend in the United States is to watch
several episodes at a time: the binge-watching. Adepts
are so numerous that Netflix decided to ofer all episodes
of a season on the same day for its ori-
ginal series, in order to fulfill the needs
of the many fans of Frank Underwood
(House Of Cards) or PornStache (Orange is
the New Black).
In France, national channels got us
used to that kind of viewing
with great success. When
American people must wait
seven days between each
episode, we usually have
two or three episodes on the
same night. Lately, M6 even
broadcasted 4 episodes of
Scandal each Tuesday. The
French audience seems to
be predisposed to this trend.
FITTING IN THE FRENCH AUDIOVISUAL MEDIA WON’T BE SO EASY
49
de façon aléatoire comme le font les chaînes publiques,
sur ordre du CSA, du fait des restrictions d’âge. Il s’agit
là d’un intérêt non négligeable pour suivre ses séries et
l’évolution des protagonistes.
La SVOD permet également de regarder ses épisodes à
son rythme, et ne pas se soumettre à la difusion irrégu-
lière et discontinue des grandes chaînes. Ainsi, les fans
pourront profiter de leurs séries dans leur entièreté, à
l’inverse d’une difusion télévisée. Dernièrement TF1 a
ainsi arrêté la difusion de Person Of Interest, deux épi-
sodes avant la fin. Ces épisodes ayant été difusés bien
plus tard sans réellement prévenir les téléspectateurs. Il
en est de même pour la série Ugly Betty, qui n’a jamais vu
sa saison finale difusée sur la première chaîne.
Une chose est donc claire, la SVOD va bouleverser le
PAF pour la rentrée 2014, et Netflix est un pion majeur.
Grâce à ses prix attractifs, et son 1er mois gratuit, plus de
100.000 français se sont abonnés dans les 15 premiers
jours. Mais pour bon nombre la déception a été forte, et
ce à cause du faible catalogue disponible. Le groupe pro-
met cependant 50% de contenu en plus d’ici un an. Mais
ces nouveautés, qui arrivent au compte-goûte, sont-
elles vraiment un argument pour fidéliser la clientèle ?
La question est donc maintenant de savoir combien de
personnes sur ces 100.000 abonnés le resteront une fois
le mois d’essai gratuit expiré ?
Other advantage, Netflix allows his subscribers to watch
the episodes in order, whereas other channels have to
comply with the CSA age restrictions. This a significant
advantage in order to follow the series and the charac-
ters’ evolution.
SVOD also allows the subscribers to watch the episodes
at their own pace, without having to comply with the
random broadcasting of national channels, so subscri-
bers will be able to watch the whole series as they want.
Lately, TF1 did not broadcast the two last episodes of
Person Of Interest, and broadcasted them much later wit-
hout any warning. The same happened to Ugly Betty, the
final season of which was never broadcasted at all.
One thing for sure, SVOD will disrupt French broadcas-
ting from 2014 on, and Netflix is one of the main actors
of it. Thanks to the attractive price, and free month trial,
more than 100,000 French have subscribed in the first 15
days. But for many it was a big disapointment, because
of the small catalog available. However, the group pro-
mises 50% more content within a year. But these signi-
ficant changes, arriving sparingly, are they really an ar-
gument for customer loyalty ? Now the question is how
many people on these 100,000 subscribers will remain
once the free month trial will expired?
FITTING IN THE FRENCH AUDIOVISUAL MEDIA WON’T BE SO EASY
J’ai grandi devant La trilogie du samedi et cette passion pour le genre sériel n’a fait que croître
depuis toutes ces années. Je teste tous les pilotes pour être sûr de ne rien rater, et je choisis de
façon à regarder uniquement ce qu’il me plaît. Aujourd’hui âgé de 21 ans, en dernière année de
master e-marketing, je m’intéresse aux facteurs de succès de ces diférentes séries d’un point
de vue économique comme sociologique, tout en me goinfrant de M&Ms devant les-dites séries.
Sinon je suis aussi sur Twitter où je raconte ma vie entre deux/trois épisodes. @CorentinP2
À PROPOS DE L’AUTEUR
50
51
 
L’année dernière, les cinq grandes chaînes américaines
ont commandé 58 nouvelles séries télévisées (hors rea-
lity show et cartoon). À la fin de l’année, 36 d’entre elles
ont été annulées après une saison, pour notre plus grand
bonheur… ou malheur. Pourquoi y’a-t-il autant de pertes
? Faut-il blâmer les studios, les producteurs, les distribu-
teurs ou les téléspectateurs ? Pourquoi les séries télévi-
sées sont-elles devenues des produits de consommation
si facilement jetables ? Petite réflexion sur le triste destin
des séries qui ne dépassent jamais la première saison.
Last year, the big four ABC, CBS, FOX, NBC and The CW or-
dered 58 new television series (except reality shows and
animated series). At the end of the year, 36 of them were
cancelled afer one season, for our own enjoyment… or
misfortune. Why so many losses? Are the studios, pro-
ducers, distributors or viewers to blame? Why television
series have become consumer products so easily dispo-
sable? Little reflection on the sad fate of series which ne-
ver make it past first season.

TV SERIES, DISPOSABLE CONSUMER PRODUCTS?
LES SÉRIES TV
TEXTE : AURÉLIE CORBIN. - TRADUCTION : ALLAN COLPAERT
PRODUITS DE CONSOMMATION JETABLES ?
52
Que vous soyez sérieusement accroc aux séries télévi-
sées ou que vous n’ayez que quelques shows phares à re-
garder chaque semaine, vous avez sûrement déjà pesté
contre une chaîne américaine après l’annulation d’une
série. Une annulation est toujours douloureuse, qu’elle
survienne après une, deux ou huit saisons. Mais force est
de constater que ces dernières années, de plus en plus
de séries ne dépassent pas la première saison. Résultat
? Certains téléspectateurs se découragent d’avance lors
de l’arrivée de nouveaux shows et préfèrent attendre un
éventuel renouvellement pour se lancer dans l’aventure.
DES ANNULATIONS DIFFICILES À COMPRENDRE
Voir une série s’achever trop tôt, c’est d’autant plus frus-
trant quand on a l’impression qu’elle recevait un gros
soutien de la part des fans. Sauf que les chaînes de télé-
vision ne cherchent pas à nous faire plaisir mais à géné-
rer des profits, avant tout par la publicité, d’où l’impor-
tance des audiences, ou « ratings » en VO. Mais là encore,
il ne faut pas croire une série sauvée parce qu’elle fait
des audiences raisonnables : en efet, les chaînes s’inté-
ressent surtout aux audiences des 18-49 ans, qui seront
potentiellement les plus touchés par les publicités difu-
sées. Plus cette audience sera élevée, et plus les encarts
publicitaires seront vendus chers. En plus du critère de
l’audience, les producteurs et les chaînes de télévisions
s’intéressent à la présence du show sur Internet, ou « di-
gital presence  ». C’est là que Twitter rentre en jeu par
exemple. Vous comprenez mieux la multiplication des
comptes consacrés aux séries, ou pourquoi les stars de
certains shows en font la pub et «  live-tweetent  » pen-
dant certains épisodes.
Whether you are seriously addicted to television series
or that you have only a few flagship shows to watch each
week, you have probably railed against a network afer
a cancelation. A cancelation is always painful, be it afer
one, two or eight seasons. But it is clear that in recent
years, more and more series do not exceed first season.
The result? Some viewers are discouraged before the
premiere of new shows and prefer to wait until a poten-
tial renewal to embark on the adventure.

CANCELATIONS HARD TO UNDERSTAND
See a show to end too soon is even more frustrating when
you feel it received a huge support from fans. Except the
networks are not looking to please us but to generate
profits, primarily through advertising, hence the impor-
tance of ratings. But again, do not believe a show is saved
because it has reasonable ratings: in fact, the networks
are particularly interested in the 18-49s, which will po-
tentially be afected by the commercials aired. The more
that audience will be high, the more the ad inserts will
be expensive. In addition to this criterion, producers and
television channels are interested in the digital presence
of a show. For example, this is where Twitter comes into
play. That explains the multiplication of accounts de-
voted to series, and why stars are advertising them and
live-tweet during some episodes.
TV SERIES, DISPOSABLE CONSUMER PRODUCTS?
53
Matthew Perry pour Go On
Scandal
Malheureusement, les «  ratings  »
ne sauvent pas toujours une sé-
rie, et il existe d’autres causes à
leur annulation, comme son coût
de production ! La série de Steven
Spielberg, Terra Nova, en a fait
l’amère expérience : avec un pilote
ayant coûté 20 millions de dollars,
elle n’était pas assez rentable !
Parfois, une série est simplement
annulée parce qu’il fallait faire un
choix entre une série produite en
interne par la chaîne et une série
produite par une compagnie exté-
rieure.
Évidemment, ceci n’est pas une
science exacte et il existe toujours
des exceptions, comme Glee, qui
aurait du être annulée à cause de
ses audiences en baisse, mais qui a
été renouvelée pour deux saisons grâce aux très bonnes
ventes des CDs et produits dérivés. La série n’était plus
rentable grâce à la publicité, mais a gagné du répit grâce
aux profits extérieurs !
LES TÉLÉSPECTATEURS, DEVENUS TROP EXIGEANTS ?
On l’a vu, des audiences trop basses sont souvent la
cause d’annulations en série. Alors faut-il forcément blâ-
mer le téléspectateur ? Cela pourrait paraître logique : si
une série n’est pas assez regardée, c’est qu’elle mérite de
laisser sa place à une nouveauté. Mais encore une fois, ce
n’est pas si simple.
Les plannings des chaînes sont des sujets très discu-
tés lors de la rentrée des séries, et pour cause. La pro-
grammation d’un show dans une certaine case horaire
peut parfois signer son arrêt de mort, ou au contraire
Unfortunately, ratings do not
always save a show, and there
are other causes of cancela-
tion, as the cost of production!
Steven Spielberg’s Terra Nova
has had a bitter experience:
with a 20 million dollars pilot,
it was not profitable enough!
Sometimes, a series is simply
cancelled because there was
a choice to make between a
show produced internally by
the network and a show pro-
duced by an external com-
pany.

Obviously, this is not an exact
science and there are some
exceptions, such as Glee,
which should have been can-
celled due to its low ratings,
but which has been renewed for two seasons thanks to
strong sells of CDs and by-products. The show was no
longer profitable through advertising, but won a break
with external profits!
HAD VIEWERS BECOME TOO DEMANDING?
As we have seen, low ratings ofen cause cancellations
in series. So should we blame the viewer? It might seem
logical: if a show has not enough viewers, it deserves
to give way to a new one. But once again, it is not that
simple.
Networks schedules are subjects to a lot of discussions
in the Fall, and for good reason. Programming a show in
a certain time slot can, sometimes, signed its death war-
rant or, on the contrary, enable its success. Thus, to boost
a new show, networks sometimes try to schedule it afer
54
TV SERIES, DISPOSABLE CONSUMER PRODUCTS?
Lea Michele pour Glee
permettre son succès. Ainsi,
pour booster une nouveauté, les
chaînes essaient parfois de la
programmer à la suite d’un show
à succès, dans l’espoir que les té-
léspectateurs ne changent pas de
chaîne. Inversement, les shows
moins gâtés niveau audience se
retrouvent coincés entre deux
shows populaires et peuvent es-
pérer récupérer leurs audiences.
Mais il existe également le « Friday
night death slot », soit la case du vendredi soir, mortelle
pour la plupart des séries. Une série programmée le ven-
dredi soir (et pire, en deuxième partie de soirée) a peu
de chance de survivre, sauf s’il s’agit d’une série « culte »
vieille d’une dizaine de saisons…
La mauvaise programmation d’une nouveauté peut
donc être un premier élément de réponse pour expli-
quer son annulation. Mais les semaines ne comptent
que 7 jours et les journées seulement 24 heures, et il faut
bien programmer les centaines de séries qui existent. Et
c’est bien ça le problème : l’abondance de séries. Il n’y
a qu’à comparer les chifres (et croyez-moi, j’en ai passé
du temps sur Wikipédia, à
compter les nouveautés
par saison et « network »)
: depuis cinq saisons, les
commandes ne cessent
d’augmenter… Les
chaînes cherchent la for-
mule du show parfait et
multiplient les essais, proposant de nouveaux concepts,
de nouveaux synopsis, ou encore de nouveaux cast. Im-
possible de tout regarder, à moins de passer sa vie de-
vant la télévision, et encore. Lassés, les téléspectateurs
auront tendance à ne garder que les valeurs sûres et ne
a successful show, hoping that viewers do not change
the channel. In return, shows less fortunate when it co-
mes to ratings are stuck between two popular ones and
can hope to pick up their viewers. But there is also the
« Friday Night Death Slot », which can be fatal for most of
the shows. A television series scheduled in this slot (and
worse, in late evening) is unlikely to survive unless it is a
10 seasons « cult » show…
Poor programming of a new show can be a first answer
to explain its cancellation. But there are only 7 days in a
week, 24 hours in a day , and we must program the exis-
ting hundreds of television series. And that’s the problem:
the abundance of series.
We must compare the nu-
mbers (and believe me, I
have spent times coun-
ting new shows per sea-
son and per network on
Wikipedia): for five years,
orders do not cease to in-
crease. Channels are looking for the perfect show formu-
la and are multiplying trials, introducing new concepts,
new synopsis, and new casts. It is impossible to watch
everything, unless to spend our life watching television,
even then.
55
TV SERIES, DISPOSABLE CONSUMER PRODUCTS?
0
12
24
36
48
60
2008-2009 2009-2010 2010-2011 2011-2012 2012-2013 2013-2014
34
33
36
42
44
58
Nombre de séries commandées
SÉRIES-1
Description 2008-2009 2009-2010 2010-2011 2011-2012 2012-2013 2013-2014
Nombre de séries
commandées
34 33 36 42 44 58
LES CHAÎNES CHERCHENT LA FORMULE DU
SHOW PARFAIT ET MULTIPLIENT LES ESSAIS
CHANNELS ARE LOOKING FOR THE PERFECT
SHOW FORMULA AND ARE MULTIPLYING TRIALS
Source : Wikipedia
s’attachent qu’aux nouveautés qu’en cas de gros coup
de cœur car suite aux difusions vient le moment d’éli-
miner les vilains petits canards. C’est mathématique :
les chaînes annulent régulièrement entre 50% et 70% de
leurs nouveautés, mais comme les commandes augmen-
tent, ils annulent de plus en plus de shows.
À LA RESCOUSSE DES SÉRIES DISPARUES TROP TÔT
Ceci dit, le paysage audiovisuel évolue constamment et
s’adapte à cet aflux de nouvelles séries. Ainsi, les pro-
ducteurs se tournent vers les mini-séries et vers les «one
shot», ces séries qui ne comptent qu’une saison avec une
fin écrite d’avance, ou encore vers les séries d’antholo-
gie (avec une histoire diférente par épisode ou saison)
comme American Horror Story, Black Mirror, True Detec-
tive, Fargo… Une façon d’éviter que le téléspectateur se
lasse et fasse baisser les audiences.
Tired, viewers will tend to keep watching safe bets and
will not become attached to a new show unless of a
heart-stopper. Afer the airings comes the time to re-
move the ugly ducklings. This is mathematical: chan-
nels regularly cancel between 50% and 70% of their new
shows, and as orders increase, they cancel more and
more shows.
TO THE RESCUE OF TELEVISION SERIES GONE TOO SOON
That said, the media landscape is constantly evolving
and adapting itself to the influx of new shows. Thus,
producers are taking interest in mini-series and «  one-
shots  », those series that have only one season with a
planned ending, or in anthology series (with a diferent
story per episode or season) as American Horror Story,
Black Mirror, True Detective, Fargo… One way to avoid
that the viewer gets bored and lowering ratings.
56
TV SERIES, DISPOSABLE CONSUMER PRODUCTS?
SÉRIES
Description 2008-2009 2009-2010 2010-2011 2011-2012 2012-2013 2013-2014
Séries renouvelées 35 % 48 % 33 % 38 % 48 % 38 %
Séries annulées 65 % 52 % 67 % 62 % 52 % 67 %
SAISON 2008-2009
65 %
35 %
Séries renouvelées Séries annulées
SAISON 2009-2010
52 %
48 %
Séries renouvelées Séries annulées
SAISON 2010-2011
67 %
33 %
Séries renouvelées Séries annulées
SAISON 2011-2012
62 %
38 %
Séries renouvelées Séries annulées
SAISON 2012-2013
52 %
48 %
Séries renouvelées Séries annulées
SAISON 2013-2014
64 %
36 %
Séries renouvelées Séries annulées
34 séries commandées 33 séries commandées 36 séries commandées
58 séries commandées 44 séries commandées 42 séries commandées
SÉRIES
Description 2008-2009 2009-2010 2010-2011 2011-2012 2012-2013 2013-2014
Séries renouvelées 35 % 48 % 33 % 38 % 48 % 38 %
Séries annulées 65 % 52 % 67 % 62 % 52 % 67 %
SAISON 2008-2009
65 %
35 %
Séries renouvelées Séries annulées
SAISON 2009-2010
52 %
48 %
Séries renouvelées Séries annulées
SAISON 2010-2011
67 %
33 %
Séries renouvelées Séries annulées
SAISON 2011-2012
62 %
38 %
Séries renouvelées Séries annulées
SAISON 2012-2013
52 %
48 %
Séries renouvelées Séries annulées
SAISON 2013-2014
64 %
36 %
Séries renouvelées Séries annulées
34 séries commandées 33 séries commandées 36 séries commandées
58 séries commandées 44 séries commandées 42 séries commandées
L’arrivée de nouveaux difuseurs comme Netflix, Yahoo!
ou Amazon a également changé la donne. Jusqu’ici, les
séries annulées n’avaient qu’un seul espoir : espérer être
sauvées et rachetées par d’autres chaînes de télévision.
Aujourd’hui, Internet vient à la rescousse. En 2009, You-
tube difuse les 5 épisodes de The Beautiful Life alors que
la série avait été annulée après 2 épisodes difusés. En
2013, Netflix ressuscite Arrested Development, pourtant
annulée en 2006 par la Fox. Dernièrement, c’est Yahoo!
qui a annoncé avoir récupéré la série Community pour
une sixième saison. Derrière ces sauvetages particuliè-
rement appréciés par les fans se cachent évidemment
un avantage économique : des ventes d’encarts publici-
taires pour Youtube, Amazon et compagnie, et une pos-
sible augmentation de ses abonnés pour Netflix ! Mais si
cela peut permettre de prolonger quelques bonnes sé-
ries.
À force de vouloir plaire au plus grand nombre et de viser
la rentabilité à tout prix, les grandes chaînes américaines
finissent par miser sur la quantité plutôt que sur la qua-
lité… Une stratégie dificilement payante, car il est com-
pliqué de mettre en valeur autant de shows ! Espérons
qu’avec l’apparition de ces nouveaux venus du secteur
audiovisuel, on parvienne à éradiquer cette tendance de
voir les séries comme des produits (trop) facilement je-
tables… En attendant, armez-vous de patience si vous
comptez tester la soixantaine de nouveautés pour la ren-
trée 2014-2015 !
57
TV SERIES, DISPOSABLE CONSUMER PRODUCTS?
The arrival of new broadcasters like Netflix, Yahoo! or
Amazon also changed that. So far, canceled series had
only one hope: to be saved and bought by another chan-
nel. Today, Internet comes to the rescue. In 2009, You-
Tube broadcasts the remaining filmed episodes of The
Beautiful Life afer it was canceled afer 2 episodes aired.
In 2013, Netflix resurrects Arrested Development, yet can-
celed by FOX in 2006. Lately, Yahoo! announced the re-
covery of Community for a sixth season… Behind these
rescues, mainly appreciated by fans, there is an econo-
mic advantage: sales flyers for YouTube, Amazon and co.,
and a possible increase of subscribers for Netflix! But if it
helps some good shows.
By trying to please the greatest number and to target
profitability at all costs, the major broadcast networks
end up betting on quantity rather than quality… A hardly
winning strategy because of the dificulty to highlight so
many television series! Hopefully, with the appearance
of these newcomers in the audiovisual sector, we ma-
nage to eradicate the tendency to see television series as
products (too) easily disposable… In the meantime, arm
yourself with patience if you plan to test about sixty new
television series of the 2014-2015 season !
Rédactrice web pour un site féminin, Aurélie a nourri sa passion des séries TV dès sa folle jeu-
nesse à coups de Trilogie du Samedi et de Séries Mag. Aujourd’hui, à 24 ans, elle se donne comme
mission de regarder chaque pilote de nouveautés tout en continuant à regarder ses séries préfé-
rées : pire que les 12 travaux d’Hercule, en somme. Et comme elle n’arrive pas à garder toutes ses
découvertes pour elle-même, Aurélie parle de séries sur Smallthings.fr et sévit sur Twitter sous
le pseudo @TheGirlyGeek !
À PROPOS DE L’AUTEUR
58
TV SERIES, DISPOSABLE CONSUMER PRODUCTS?
THE ASSETS
LUCKY 7 WE ARE MEN ZERO HOUR
MADE IN JERSEY DO NO HARM
Annulée par CBS après 2 épisode.
Cancelled by CBS afer 2 episodes.
Annulée par NBC après 2 épisode.
Cancelled by NBC afer 2 episodes.
Annulée par ABC après 2 épisode.
Cancelled by ABC afer 2 episodes.
Annulée par ABC après 2 épisode.
Cancelled by ABC afer 2 episodes.
Annulée par CBS après 2 épisode.
Cancelled by CBS afer 2 episodes.
Annulée par CBS après 2 épisode.
Cancelled by CBS afer 2 episodes.
HIEROGLYPH EMERALD CITY
Annulée par Fox avant même d’être difusée !
Cancelled by Fox before its broadcasting!
Annulée par NBC avant même d’entrer en production !
Cancelled by NBC before going into production!
8 ANNULATION EXPRESS
PROCHAINEMENT
NUMÉRO 4

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