Vous êtes sur la page 1sur 12

Dossier sur le thème de la socialisation différentielle et la construction sociale de la virilité pour préparer le raisonnement argumenté de lépreuve composée du jeudi 16 octobre

Le premier constat au vu des lectures et des enquêtes menées par des sociologues, majoritairement américains pour ce qui est du XXème siècle, est que les hommes ont peur de l’homosexualité. Ceci a

été montré lors d’une enquête dans laquelle a été testé le comportement de couples hétérosexuels confrontés à l’homosexualité affichée de leur psychologue : face à un psychologue portant un badge sur lequel est exprimé explicitement son homosexualité, le mari tend à se mettre le plus loin possible ; en revanche, devant une psychologue qui, de la même façon, est explicitement lesbienne, il n’a pas été observé que l’épouse se place particulièrement loin (étude réalisée aux Etats-Unis dans les

années 90). Cette peur qui s’illustre à travers l’éloignement

l’impression que s’ils étaient homosexuels ou étaient trop proches d’homosexuels, cela pourrait toucher à leur caractère masculin, qu’ils ne seraient plus vraiment des hommes. Cette conclusion a été donné lors de la fin de l’enquête et d’autres auteurs tel que Goffman ont mis en évidence la peur des hommes hétérosexuels face à l’homosexualité masculine.

Hallucinant ? En fait pas du tout, d’après l’enquête américaine, cette peur n’est pas liée à un comportement homophobe, mais vient simplement du fait que l’éducation donnée dès l’enfance, voulant séparer au plus profond les comportements dits féminins et ceux dits masculins ; alors même que par nature ces comportements ne sont pas sexués, c’est la grande différence entre sexe et genre, le sexe étant notre sexe biologique et le genre notre sexe social intégré par l’éducation et les normes de la société.

En effet, il a été prouvé que si on éduque une petite fille comme on éduque un petit garçon rien ne les différenciera à part leur sexe. L’idée qu’une fille est plus sage, plus timide, plus peureuse… ne sont que des constructions sociales. C’est dès l’enfance, par l’intégration des normes sociales, que les enfants vont assimiler les comportements en vigueur par rapport à leur sexe. Par exemple, chez les Inuits un enfant s’il nait avec un sexe masculin mais si on lui attribue un prénom féminin sera considéré comme une fille et recevra l’éducation d’une fille et par conséquent agira de la même façon qu’une fille née avec un sexe féminin. D’ailleurs si l’on passe d’une société à l’autre, d’un pays à l’autre, on voit bien qu’il y a une différence de comportement ce qui prouve que naitre avec un sexe masculin ou féminin n’influence pas sur l’attitude, ce n’est qu’une question d’éducation. C’est une des conclusions qu’a donné la sociologue Margaret Mead.

vient du fait que les hommes ont

sociologue Margaret Mead. vient du fait que les hommes ont L’idée sous -jacente derrière cette séparation

L’idée sous-jacente derrière cette séparation du masculin et féminin est que perdre sa virilité c’est perdre une partie de l’identité masculine. Voilà pourquoi les hommes redoutent d’avantage l’homosexualité que les femmes, car une association est souvent

faite, sans réel fondement, entre virilité et hétérosexualité et, a contrario, entre homosexualité et absence de virilité.

Mais sans parler de sexualité, on voit depuis plusieurs années le fait que la virilité tend à se perdre, comme beaucoup de choses à caractère masculin : « la force, le manque d’expression dans les sentiments ». Sont dorénavant valorisés les comportements que l’on qualifiait avant de féminins. On ne dit plus par exemple que c’est une force de garder ses sentiments mais que c’est de la froideur. On dévalorise les comportements qui étaient avant associés à l’identité masculine.

Certains parlent de féminisation des hommes (comme Guillaume Malochet). Pour les extrêmes, qui se fondent sur les caractères morphologiques de l’homme d’aujourd’hui, de corpulence de plus en plus androgyne, l’homme serait même amené à disparaître ! Bien heureusement, cette « extinction » de l’homme n’est pas prévue de si tôt…

Pour continuer dans le jargon sociologique on parle aussi de dévirilisation de l’homme. En effet, il ne se trouve plus en haut la hiérarchie sociale, il doit lui aussi participer à la vie domestique, s’accoutumer à l’évolution que les femmes ont connue. Avant, le système en vigueur dans la société était clair : l’homme facteur de production (travail) et la femme servant à la reproduction (enfant, maison). Une hiérarchie sexuelle s’établissait donc. Seulement avec l’émancipation de la femme tout ceci a été revu et par conséquent la virilité aussi : la virilité était aussi accompagnée d’une idée de domination or, si la femme arrive au même niveau que l’homme, la virilité tend à être remise en question.

L’image de l’homme virile est devenue obsolète. Selon le sociologue Michel Maffesoli, professeur à la Sorbonne et directeur du Centre sur l’Actuel et le Quotidien, « L’homme en tant que valeur, dans le sens qu’on lui créditait pendant toute la modernité, est en passe de disparaître. Avant, l’identité masculine était facilement identifiable par des attributs de comportement, le rapport à l’argent, la réussite professionnelle, la capacité de plaire aux femmes. Jusqu’au jour où elles sont sorties de chez elles. »

Source Johanna Usinabia , De la construction sociale de la virilité, http://www.revue- ganymede.fr/de-la-construction-sociale-de-la-virilite/