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Madame et Messieurs les Questeurs,
Madame la Secrétaire générale de la Présidence,
Monsieur le Secrétaire général de la Questure,
Madame la présidente de l’association des journalistes
parlementaires,
Mesdames et Messieurs les journalistes,
Et à travers vous, mes chers compatriotes,

C’est la troisième fois que je me présente devant vous pour
cette conférence de presse, dont j’ai pris l’engagement qu’elle
se tiendrait chaque année, au seuil de la session ordinaire.

Me voilà presque à mi-mandat. Le bon moment pour revenir
avec vous sur la période écoulée, et nous projeter dans celle
qui vient.

Où en sommes-nous ?

Ce qui a guidé la première partie de mon mandat à la tête de
l’Assemblée nationale, c’est une certaine idée de la « morale
publique ».

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Avant de prétendre réclamer des efforts à nos compatriotes,
encore faut-il faire la démonstration de notre propre
exemplarité. Il en va de l’autorité de l’Etat et du crédit de la
parole politique. C’est le sens de toute l’action entreprise
depuis deux ans et demi.

Au nom de la morale publique, jamais autant de réformes
n’auront été conduites à l’Assemblée nationale en si peu de
temps :
- Nomination d’un nouveau déontologue et obligation pour
tous les députés de lui transmettre une déclaration d’intérêts ;
- Publication de l’usage de la réserve parlementaire – avant
même que la loi nous y contraigne – et répartition équitable de
son montant ;
- Certification de nos comptes par la Cour des comptes ;
- Mise en place d’une nouvelle réglementation pour encadrer
l’activité des lobbys ;
- Renforcement des règles de transparence des votes ;
- Publication des comptes des groupes parlementaires et
obligation de se conformer à un statut associatif.
- Transparence des déclarations de rattachement à un parti
pour le financement des partis politiques.
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Au nom de la morale publique, l’Assemblée nationale a voté,
sous l’impulsion du Président de la République, la création
d’une Haute Autorité pour la transparence de la vie publique,
chargée de contrôler les 8 000 plus hauts responsables publics.

Au nom de la morale publique, ce travail sera poursuivi. Je
présenterai au mois de novembre, pendant la semaine réservée
au Parlement, une proposition de résolution visant à modifier
le règlement de l’Assemblée nationale. Seront alors gravées
dans le marbre plusieurs règles en matière de publicité et de
déontologie. La publication des travaux législatifs des
commissions permanentes et non des seules auditions,
deviendra la règle de droit commun. Le rôle du déontologue
sera également reconnu et consacré.

Morale publique, mais aussi revalorisation du travail
parlementaire. Cette réforme du règlement aura également
pour objet d’améliorer l’efficacité du contrôle parlementaire,
de renforcer les droits des groupes minoritaires et de
rationaliser le travail législatif. Ce dernier point sera d’ailleurs
l’un des chantiers phares de l’année qui vient.
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Car je l’ai dit l’an passé, la procédure législative n’est pas
satisfaisante dans notre pays. Ce ne sont même plus
simplement les lois qui s’empilent, mais les rapports sur
l’inflation législative et sur la mauvaise qualité de la norme.

L’Assemblée nationale est souvent à tort montrée du doigt,
alors qu’elle en est la première victime. Rappelons que 80%
des textes que nous examinons sont issus du gouvernement.
Rappelons surtout que cette inflation législative a des
conséquences sur la manière dont nous travaillons. C’est en
raison de ces excès que les séances de nuit sont devenues
quasiment la règle dans notre pays. Comme si on légiférait
mieux à 4h du matin…

Les cadences imposées sont devenues intenables. Les chiffres
parlent d'eux-mêmes. Si l’on s’en tient aux deux premières
années, la procédure accélérée a été engagée 23 fois sous la
12
ème
législature, 57 fois sous la 13
ème
et 110 fois sous la 14
ème

législature !

Cela suppose une réaction de la part du Parlement.
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Voilà pourquoi j’avais décidé de créer, en novembre dernier,
une mission d’information en vue de la simplification de la
procédure législative.

La présidente de cette mission, la députée Laure de La
Raudière, et son rapporteur, le député Régis Juanico, viennent
de me rendre leurs conclusions. Leur rapport contient 15
propositions. Pour une grande partie d’entre elles, je les fais
miennes. J’entends les porter et les défendre. Je ne reviendrai
pas en détail sur chacune de ces propositions, mais je voudrais
insister sur trois points.

Premier point, je suis convaincu, comme Laure de la Raudière
et Régis Juanico, qu’il est indispensable d’enrichir l’étude
d’impact jointe par le gouvernement à tout projet de loi. Je
propose donc que chaque étude d’impact ait l’obligation de
préciser les charges administratives créées par le texte
proposé. Je souhaite également que soient précisées dans
l’étude d’impact, les charges administratives qui seront en
contrepartie supprimées. Avec la règle suivante : une charge
supprimée pour une charge créée.

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Deuxième point, je souhaite que cette étude d’impact fasse
l’objet d’une contre-expertise par une autorité administrative
indépendante. C’est un système qui a fait ses preuves dans de
nombreux pays européens. Cette autorité aurait pour mission
de se prononcer publiquement sur la qualité de l’étude
d’impact et de préciser si le Parlement dispose ou non des
informations nécessaires sur le projet de loi présenté par le
gouvernement. Cela en toute transparence et en toute
impartialité. Éclairé par cet avis, le Parlement pourrait choisir
d’inscrire le projet de loi à l’ordre du jour ou demander au
gouvernement de revoir sa copie, comme le lui permet l’article
39 de la Constitution.

Troisième point : la publicité de l’avis du Conseil d’État sur
les projets de lois. Aujourd’hui, ces avis ne sont connus que
du seul gouvernement. Pourtant, la publication de ces
documents permettrait d’améliorer la qualité de la loi. Les
auteurs du rapport soulignent d’ailleurs que dans de nombreux
pays, l’avis du Conseil d’État ou de l’institution équivalente,
est rendu intégralement public. Pourquoi ne pas en faire de
même en France, a minima pour la partie de l’avis qui porte
sur les études d’impact ?
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Voilà trois mesures qui pourraient être mises en œuvre au
cours de ce mandat. Le rapport formule également des
propositions, qui nécessiteraient une révision
constitutionnelle. Elles n’en demeurent pas moins
indispensables, si l’on veut demain améliorer véritablement la
fabrique de la loi. Je pense notamment à la modification de la
procédure dite accélérée afin de préserver un délai minimal
entre le dépôt d’un texte et sa discussion en séance.

Cette année sera également placée sous le signe de la
révolution numérique.

Nous le savons, la révolution numérique n'est pas seulement
une évolution technologique. C'est une révolution
démocratique, culturelle, sociale, et l'Assemblée nationale ne
peut en rester à l'écart : une Assemblée numérique pour une
République numérique.

Déjà, l’an dernier, nous avons passé un cap. Je pense aux
efforts déployés par l’administration, sous la houlette de
Corinne Luquiens, dans le domaine de la dématérialisation.
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Plutôt que des chiffres, une image : avec la dématérialisation,
l’Assemblée nationale a réussi à libérer un étage entier du
Palais Bourbon (210 m2) qui servait auparavant à stocker les
documents parlementaires dans leur version papier !

Je pense également à la Commission de réflexion et de
propositions que nous avons créée sur « le droit et les libertés
à l'âge du numérique », composée de députés et de
personnalités extérieures reconnues pour leurs compétences.
La commission, qui a déjà rendu plusieurs recommandations –
et tout dernièrement sur le projet de loi de lutte contre le
terrorisme – poursuit ses travaux sous la présidence de
Christiane Féral Schuhl et de Christian Paul, que je salue ici.

Dans la même inspiration, trois actions seront entreprises cette
année.

D’abord, nous entendons faire de l’Assemblée nationale le
parlement le plus performant en matière de visite numérique.


Jamais l’Assemblée n’a accueilli autant de monde.
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L’ouverture aux visites libres le samedi et le succès des
journées du patrimoine sont autant de signes d’attachement
des Français – et des étrangers – à ce lieu. A nous maintenant
d’investir le champ virtuel et de viser l’excellence. J’ai
demandé à Bernard Roman, Premier Questeur, de formuler
des propositions en ce sens.

Ensuite, nous allons lancer, à l'Assemblée nationale, un vaste
programme sur le modèle de celui qui a été récemment mis en
œuvre aux États-Unis au sein de la Maison blanche. Un
programme dit d' « innovation fellow ». L'idée est simple : au
terme d'un concours et d'un appel à projets, nous désignerons
les personnes qui se verront engagées pour un an au sein de
l'Assemblée nationale. Elles pourront circuler librement dans
chaque service, et formuler toutes les recommandations pour
que soit mieux prise en compte la dimension numérique au
Parlement.

Nous expérimenterons également pour la première fois une
consultation numérique des citoyens sur un projet de loi.
Ce ne sera pas simplement un débat participatif mais un
échange éclairé grâce à des données qui seront librement
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mises en ligne. Le débat aboutira à un rapport de synthèse qui
sera versé aux documents mis à la disposition du rapporteur.
Le projet de loi sur la fin de vie et celui sur le numérique
seront les deux textes qui nous permettront d’expérimenter ce
nouveau dispositif.

***

Mesdames et Messieurs, voilà les réformes réalisées depuis
deux ans et demi ; voilà celles que je compte engager.

Et pour autant… Malgré les efforts déployés, malgré les
consensus forgés, constatons-nous une amélioration
significative du lien de confiance entre les Français et leurs
représentants ? Ou même, ne serait-ce qu’un frémissement ?
Car, fondamentalement, c’est bien de cela qu’il s’agit. Sinon,
à quoi bon ?

Nous avons voté le non-cumul des mandats. Il est à l’œuvre.

Des engagements ont été pris pour moraliser la vie
parlementaire. Ils sont tenus.
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De nouveaux instruments de contrôle ont été institués. Ils
opèrent – et nous l’avons constaté il y a quelques semaines
encore.
Et pourtant, citez-moi un signe, un seul, de regain de
confiance ou d’amélioration de l’image de la démocratie…

Cette question est tout sauf anodine. On ne peut pas faire
comme si le poison de l’abstention n’agissait pas à intervalles
réguliers. Ni comme si le venin de l’antiparlementarisme
n’était pas infiltré dans la société.

Tout cela, il faut accepter de le regarder droit dans les yeux,
sauf à consentir à une « démocratie sur pilotis », hors sol, en
apesanteur de la société française, de ses doutes, de ses peurs,
de ses espérances aussi.

Voilà plus de deux ans que mes pairs m’ont confié la
responsabilité de présider l’Assemblée nationale.
En deux ans, j’ai beaucoup appris et j’ai encore mûri.

J’ai pu mesurer à la fois la solidité de la Vème République et,
trop souvent, la faiblesse du débat démocratique. J’ai pu
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jauger l’écart entre notre Constitution et le monde dans lequel
nous vivons.

Au terme de deux ans de pratique des institutions, je fais le
constat qu’à régime constant, nous ne parviendrons pas à
engendrer le renouveau démocratique dont a tant besoin notre
pays.

Je vous rassure : je ne suis pas ici pour vous présenter une
solution clé en main. Je n'en ai ni la prétention, ni la volonté.
D’ailleurs, ce renouveau démocratique ne se fera pas en un
jour, et ne sera pas le fruit de l'imagination d'un seul homme
détenant la vérité révélée.

Je ne suis pas non plus venu ici pour vous dire que tout ce que
nous avons fait auparavant est obsolète, et que tout doit être
jeté aux oubliettes.



Je suis venu vous dire que nous devons engager un débat sur
l'avenir de nos institutions, et que je m'impliquerai,
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personnellement et à ma place, pour le faire vivre.

Pourquoi ?

Nous vivons dans un monde qui a connu de profondes
mutations, culturelles, politiques, économiques, sociales,
technologiques. Un monde où les institutions ont été
"désanctuarisées". Où l'autorité ne part plus d'en haut. Un
monde où une décision n'est plus acceptée simplement parce
que l'exécutif l'a décrétée, mais parce qu'elle a été débattue de
manière claire et informée.

Nos institutions n’ont pas été conçues pour ce monde-là. Bien
sûr, elles peuvent s’adapter. Des institutions le peuvent
toujours. Mais à quel prix ? Car le problème fondamental,
c’est que notre régime a fait le choix de donner tous les
moyens à l'exécutif pour gouverner, et, dans une certaine
mesure, d’affaiblir pour cela le débat démocratique dans notre
société.

Pour obtenir la stabilité, nous avons sacrifié le principe de
responsabilité. Nous avons mis le Président de la République à
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l'abri, derrière de larges murailles, et demandé au Premier
ministre d'assumer la responsabilité de décisions prises à
l'Elysée. Ce faisant, nous avons fait du Président de la
République un homme seul, dont nous attendons une fois tous
les cinq ans qu’il se comporte en sauveur suprême.

Je comprends que certains soient inquiets à l'idée de faire
évoluer notre régime. Que certains soient convaincus que c'est
une mauvaise idée. C’est leur droit. Mais sont-ils vraiment
sûrs que nous n’avons pas déjà changé de Constitution depuis
1958 et cela à plusieurs occasions ? La Vème République
aujourd'hui ressemble-t-elle vraiment à celle de 58 ?

La vérité, c'est que nous avons connu 24 révisions
constitutionnelles. 24 ! Personne n'avait prévu en 1958,
l'élection du président de la République au suffrage universel
direct, la montée en puissance du Conseil constitutionnel, les
transferts de compétences en direction de l'Union européenne,
ou bien encore la décentralisation et le non-cumul des
mandats.
La vérité, c'est que nous n'avons cessé de toucher au texte
constitutionnel. Par petites touches, mais de plus en plus
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fréquemment. Parce que nous n’avons jamais mené de
réflexion de fond, en partant de l'état de la France et de ses
habitants.

Voilà en quelques mots pourquoi je souhaite engager un débat
sur ce que devraient être nos institutions à l’époque de la
mondialisation et à l’heure de l’Europe.

Dans un livre d’entretiens avec Hélène Bekmezian, journaliste
au Monde, que nous publions aujourd'hui, je formule un
certain nombre de propositions tranchées. Quelquefois même
un peu tranchantes. Mais que voulez-vous, il est une tradition
bien française qui veut qu’un grand débat commence toujours
par un bon pavé dans la mare ! Alors, ces propositions, je les
verse à la mare du débat démocratique.

J’ai donc décidé de mettre en place une « mission sur l’avenir
de nos institutions » que j’aurai l’honneur de coprésider avec
Michel Winock, historien, spécialiste de l’histoire de la
République française.

Cette mission, pluraliste, sera composée de parlementaires et
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bien évidemment de juristes. Mais elle s’ouvrira aussi à des
historiens, philosophes, économistes, acteurs de terrain.

Je présenterai, en accord avec Michel Winock, sa composition
dans les tous prochains jours en conférence des présidents.
Des propositions seront formulées au printemps prochain.

J’en suis persuadé, cette question sera au cœur de la prochaine
campagne présidentielle. Elle sera sans doute même tranchée
dans ce cadre. Et pourquoi pas avant.

Une chose est sûre : c’est une question trop importante pour
que l’Assemblée nationale s’en désintéresse. Trop importante
pour qu’elle ne soit pas débattue par les citoyens et leurs
représentants.

***


Mesdames et Messieurs, je l’ai dit, je crois que l’Assemblée
nationale doit prendre toute sa part dans la morale publique et
dans la modernisation de l’action de l’Etat. Je crois même
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m’être efforcé de le démontrer chaque jour en ayant à cœur de
mettre cette Maison en perpétuel mouvement.

Mais elle ne peut se contenter d’être un simple meccano de la
chose institutionnelle. L’Assemblée nationale, pour qu’elle
demeure le cœur battant de la démocratie, doit être
constamment tournée vers la vie de nos compatriotes et vers
les grands enjeux de notre époque.

Aussi, quelle que soit la pertinence de réformes internes ou la
puissance d’une réforme institutionnelle, rien ne sera possible
sans améliorations significatives dans la vie des Français.
Autrement dit, des résultats économiques, du progrès social et
environnemental, encadrés par un récit national et un combat
européen.

Gage à cette assemblée d’incarner tout cela, et de faire de cette
rentrée parlementaire une rentrée utile aux Français.

A la fois, en étant les solides défenseurs de notre modèle
social, supposant l’attachement à quelques totems du progrès
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et une attention accrue portée à l’emploi des jeunes, au
logement, à l’investissement public.

Et, dans le même temps, en étant porteurs du « temps
d’avance » sur les grands sujets de société – je pense à la
question de la fin de vie – et sur les politiques d’avenir, au
premier rang desquelles la transition écologique.

A nous d’incarner cela, disais-je, en faisant également sauter
le verrou de l’impuissance. Ce verrou, c’est l’idée d’une
puissance publique grignotée par les deux bouts : inapte sur la
question sociale car sommée de transposer le fruit du
compromis entre partenaires sociaux ; et surtout inapte sur la
question économique car priée de transcrire les desideratas de
Bruxelles.

Il faudra bien que cela cesse si l’on veut re-monétiser la parole
politique. Les élus du peuple ne sauraient être les gentils
greffiers de la Commission.
Et c’est tout le sens de la proposition que j’ai formulée
d’instituer un Congrès des parlements nationaux.

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C’est un combat plus que jamais d’actualité quand on voit de
quelle manière l’Europe bloque toute tentative d’intégration
des Parlements nationaux dans le processus de décision
économique européen. C’est ce qui s’est hélas encore produit
le 29 septembre dernier, à Rome, pour la troisième Conférence
interparlementaire sur la gouvernance économique de l’Union
européenne, où Danielle Auroi, Présidente de la Commission
des Affaires européennes, et Valérie Rabault, Rapporteure
générale du Budget, ont pu constater, avec Karine Berger et
Christophe Caresche, le peu de cas que les institutions
européennes font des parlements nationaux. Je prendrai tout
prochainement une initiative auprès de mes homologues
européens, en ce sens. Qui pourrait imaginer que l’Europe file
tout droit vers le monde de la déflation, avec son cortège de
souffrances, sans que les parlements n’aient leur mot à dire ?

La Représentation nationale doit être là où se prennent les
grandes décisions qui engagent notre pays.

A nous d’incarner cela, enfin, en étant plus unis que jamais.

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Unis, bien évidemment – et ne m’en voulez pas de m’écarter
un instant de ma neutralité républicaine – au sein de ma propre
famille politique et de la majorité parlementaire, que j’aurai
toujours à cœur de rassembler, quelles que soient les
circonstances, quelles que soient les entraves que parfois nous
nous inventons nous-mêmes. Cette majorité a vocation à
cheminer ensemble.

Mais unis aussi au-delà de nos chapelles. De gauche à droite
de l’hémicycle, en passant par le centre, il y a des différences
profondes entre le projet des uns et le projet des autres – et
c’est l’honneur du débat démocratique. Mais nous devons être
capables aussi de trouver le chemin de la concorde
républicaine sur quelques grandes causes qui nous
transcendent. Singulièrement au moment où la France, en lutte
contre le terrorisme, est engagée à l’extérieur et menacée sur
son territoire.



Tout cela ne sera sans doute pas une tâche facile…
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Mais comme le disait le grand philosophe de la démocratie,
Cornelius Castoriadis, citant Thucydide : « Il faut choisir : se
reposer ou être libre ».