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LES FORCES AGISSANT SUR UN

PONT A HAUBANS
INTRODUCTION
Comme toute structure, un pont à haubans est soumis à plusieurs forces qui jouent
un rôle essentiel dans l’équilibre de celui-ci. Contrairement à d’autres types de
ponts qui sont soutenus par des arches ou des piliers (doc. 1), le tablier d’un pont
à haubans est retenu seulement par ses haubans. En effet, les piliers ne servent
qu’à attacher les haubans et ils ne sont pas directement attachés au tablier. Cette
structure originale provoque plusieurs interrogations :
 Comment un pont à haubans se tient-il en équilibre s’il est soutenu
seulement par des câbles ?
 Est-ce que le poids du tablier est également distribué sur chaque
pilier ?
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Grâce à l’étude des forces on peut donc répondre à ces questions.


Doc 1. Schéma montrant les forces agissant
sur un pont en arche, en poutre et en porte à
faux.

I. LE POIDS EXERCÉ SUR LES HAUBANS PAR LE TABLIER

1. LE POIDS
C’est avant tout grâce à la force d’attraction gravitationnelle exercée par la terre qu’on pont à haubans se tient
en place.
Le poids du tablier a une importance directe sur la tension et l’épaisseur nécessaire des haubans. Il peut être
facilement calculé grâce à la relation :
𝑷=𝒎×𝒈
𝑃 est le poids en newtons (𝑁)
𝑚 est la masse en 𝑘𝑔
𝑔 est l'intensité de pesanteur qui se mesure en 𝑁 × 𝑘𝑔−1 - 𝑔 est une constante, en France elle vaut environ
9,81𝑁 × 𝑘𝑔−1

Prenons pour exemple le viaduc de Millau,


 Le poids du tablier d’acier est d’environ 36000 tonnes soit 3,6 × 107 𝑘𝑔
 L’intensité de la pesanteur à Millau est d’environ 9,81𝑁 × 𝑘𝑔−1
 𝑃 =𝑚×𝑔
𝑃 = 3,6 × 107 × 9,81
𝑷 = 𝟑, 𝟓 × 𝟏𝟎𝟖 𝑵

2. LES CHARGES
Dans la construction d’un pont à haubans on doit tenir compte à la
fois du poids de la structure et aussi des charges ajoutées.

En effet en dehors de la masse de la structure d’un pont à haubans Doc. 2 : Schéma du voussoir illustrant la pente
(le tablier, les haubans, les piliers…) on doit aussi tenir compte des de 2,5% sur le viaduc de Millau qui assure que
charges dont la masse vient s'ajouter à celle du tablier et des l’eau des pluies ne reste pas sur la surface du
haubans. Leur rôle est important car si le poids augmente, la tension tablier
exercée par les haubans devra augmenter aussi, sous peine de ne
plus soutenir le poids du pont et d’ainsi de rompre l'équilibre.
Il existe deux grandes catégories de charges ajoutées :

A. LES CHARGES VEHICULAIRES


La charge véhiculaire est la charge exercée par l’ensemble des véhicules sur un pont.
Pour calculer sa valeur, on calcule le poids maximal des véhicules sur un pont. Pour ceci on doit tenir compte
de toute situation possible, par exemple en cas d'embouteillages, lorsque
tous les véhicules sont entassés sur le pont.

B. LES CHARGES CLIMATIQUES


Les charges climatiques sont les phénomènes naturels tels que la neige ou
encore la pluie qui viennent s'ajouter au poids du pont et donc vont
influencer la tension des haubans. Sur des nouveaux ponts grâce à des
systèmes de drainage efficaces cette charge est normalement négligeable
par rapport à la charge véhiculaire (doc. 2). Cependant dans des endroits
où il y a beaucoup de neige qui peut vite s’accumuler sur le tablier on doit
Doc 3 : Sitka Harbor Bridge, Alaska
tenir compte des charges climatiques dans la construction du pont (doc.3).

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C. LE POIDS DES CHARGES POUR LE VIADUC DE MILLAU


Pour calculer le poids des charges théoriques, on utilise l’équation :
𝑃𝑜𝑖𝑑𝑠 𝑑𝑒𝑠 𝑐ℎ𝑎𝑟𝑔𝑒𝑠 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑙𝑒 𝑉𝑖𝑎𝑑𝑢𝑐 𝑑𝑒 𝑀𝑖𝑙𝑙𝑎𝑢
= 𝑃𝑜𝑖𝑑𝑠 𝑑𝑒𝑠 𝑐ℎ𝑎𝑟𝑔𝑒𝑠 𝑣éℎ𝑖𝑐𝑢𝑙𝑎𝑖𝑟𝑒𝑠 + 𝑃𝑜𝑖𝑑𝑠 𝑑𝑒𝑠 𝑐ℎ𝑎𝑟𝑔𝑒𝑠 𝑐𝑙𝑖𝑚𝑎𝑡𝑖𝑞𝑢𝑒𝑠 × 1,5
= 𝐿𝑎 𝑝𝑟𝑒𝑠𝑠𝑖𝑜𝑛 𝑞𝑢𝑖 𝑝𝑒𝑢𝑡 ê𝑡𝑟𝑒 𝑎𝑝𝑝𝑙𝑖𝑞𝑢é𝑒 𝑠𝑢𝑟 1𝑚3 𝑠𝑢𝑟 𝑙𝑒 𝑉𝑖𝑎𝑑𝑢𝑐 𝑑𝑒 𝑀𝑖𝑙𝑙𝑎𝑢
× 𝑙𝑎 𝑙𝑜𝑛𝑔𝑢𝑒𝑢𝑟 𝑑𝑢 𝑉𝑖𝑎𝑑𝑢𝑐 × 𝑙𝑎 𝑙𝑎𝑟𝑔𝑢𝑒𝑢𝑟 𝑑𝑢 𝑉𝑖𝑎𝑑𝑢𝑐
NB. On multiplie par environ 1,5 pour être sur que les câbles ne casseront jamais (même lors d’un
remplacement de câble)
 D’après les chercheurs de l’université de Bath :
<http://www.bath.ac.uk/ace/uploads/StudentProjects/Bridgeconference2007/conference/mainpage/
Saxton_Millau.pdf>
La pression qui peut être appliquée sur 1𝑚3 sur le tablier du Viaduc de Millau est de 9,5𝑘𝑁/𝑚3
 La longueur du Viaduc de Millau est 2460𝑚
 Le largueur de la Viaduc de Millau est 32𝑚
Et donc :
𝑃𝑜𝑖𝑑𝑠 𝑑𝑒𝑠 𝑐ℎ𝑎𝑟𝑔𝑒𝑠 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑙𝑒 𝑉𝑖𝑎𝑑𝑢𝑐 𝑑𝑒 𝑀𝑖𝑙𝑙𝑎𝑢 = 9,5 × 103 × 2460 × 32 = 𝟕, 𝟓 × 𝟏𝟎𝟖 𝑵

3. CALCUL DU POIDS THEORIQUE D’UN PONT A HAUBANS


On appelle le poids théorique d’un pont à haubans :
𝑃𝑜𝑖𝑑𝑠 𝑡ℎé𝑜𝑟𝑖𝑞𝑢𝑒 = 𝑃𝑜𝑖𝑑𝑠 𝑑𝑢 𝑡𝑎𝑏𝑙𝑖𝑒𝑟 + 𝑃𝑜𝑖𝑑𝑠 𝑑𝑒𝑠 𝑐ℎ𝑎𝑟𝑔𝑒𝑠
On a ainsi :
𝑃𝑜𝑖𝑑𝑠 𝑡ℎé𝑜𝑟𝑖𝑞𝑢𝑒 = 3,5 × 108 + 7,5 × 108
𝑷𝒐𝒊𝒅𝒔 𝒕𝒉é𝒐𝒓𝒊𝒒𝒖𝒆 = 𝟏, 𝟏 × 𝟏𝟎𝟗 𝑵

II. BILAN DES FORCES D’UN PONT A HAUBANS

1. PRESENTATION DES DIFFERENTES TYPES DE FORCES


Dans le référentiel terrestre, une structure, comme un pont à haubans peut être soumis à six différentes
1
forces :
 La force gravitationnelle (cf. I.1.Le poids)
 La force de compression
 La force de tension
 La force de flexion
 La force de torsion
Doc 4 : Les différents types de forces
 La force de cisaillement
Différentes parties d’un pont à haubans sont soumises
à certaines de ces forces.

A. LA FORCE DE COMPRESSION
La force qui tente d’écraser le matériau sur lequel il agit s’appelle la force de compression. Sur un pont à
haubans les piliers sont soumis à celle-ci.

 𝐹 = 𝐹′
 𝐹 et 𝐹′ ont des sens opposés 𝐹 𝐹′
 Le solide gris est comprimé

B. LA FORCE DE TENSION
L’opposé de la force de compression est la force de tension.

1
On néglige les forces : d’interaction forte, d’interaction faible et d’électromagnétisme

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Sur un pont à haubans elle s’exerce sur les haubans, supporteurs des tabliers. Plus il y a d’haubans, moins la
force de tension est grande sur chacun des haubans, car le poids du tablier doit être distribué sur plus de
câbles.

 𝐹 = 𝐹′
 𝐹 et 𝐹′ ont des sens opposés
 Le solide gris est en extension 𝐹 𝐹′

C. LA FORCE DE FLEXION
Pour des très grandes portées on ne peut pas utiliser un
pont en poutre à cause de la force de flexion (qui est en
effet une combinaison de la force de compression et la
force de tension.
Dans un pont à haubans la force de compression
n’intervient pas car les haubans retiennent le tablier.

D. LA FORCE DE TORSION
La force de torsion n’intervient pas dans l’équilibre d’un pont à haubans ; cependant il intervient dans des
conditions climatiques exceptionnelles (par exemple des vents très violents), et dans ce cas il peut tordre le
tablier.

E. LA FORCE DE CISAILLEMENT
Sauf dans des cas extrêmes, le cisaillement de flexion ne s’applique pas aux
ponts à haubans. C’est en effet un des avantages de ce type de ponts puisque
la force de cisaillement peut-être très dangereuse et couper même les plus
durs matériaux.

2. BILAN DES FORCES D’UN PONT A HAUBANS

A. METHODE POUR CALCULER LA TENSION D’UN HAUBANS


On définit 𝑃 comme étant le poids de deux segments du tablier :
𝑁𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑠é𝑔𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑑𝑢 𝑡𝑎𝑏𝑙𝑖𝑒𝑟 = 𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 ℎ𝑎𝑢𝑏𝑎𝑛𝑠
Calculons la tension du câble (𝑪𝟏 )
Pour pouvoir définir les forces qui s'exercent sur le pont à haubans il faut premièrement définir certains
éléments:
 Le système étudié est un pont à haubans
 On prend pour référentiel le référentiel terrestre (un référentiel galiléen)
D'après le principe d'inertie, comme dans le référentiel terrestre le pont est immobile donc 𝐹𝑒𝑥𝑡 = 0
Ici, 𝐹𝑒𝑥𝑡 = 𝑃 + 𝑇𝐴 + 𝑇𝐵 = 0
Dans le repère(𝑂; 𝑖; 𝑗),
 Sur l’axe (𝑂; 𝑖) : 𝑇𝐴𝑥 + 𝑇𝐵𝑥 + 𝑃𝑥 = 0
 Sur l’axe (𝑂; 𝑗) : 𝑇𝐴𝑦 + 𝑇𝐵𝑦 + 𝑃𝑦 = 0 𝐶1 𝐶2
Or : 𝑃1
 𝑇𝐴𝑥 = 𝑇𝐴 × cos 𝛼 𝑃2
 𝑇𝐵𝑥 = 𝑇𝐵 × cos 𝛼
 𝑇𝐴𝑦 = 𝑇𝐴 × sin 𝛼
 𝑇𝐵𝑦 = 𝑇𝐵 × sin 𝛼
 𝑃𝑥 = 0
 𝑃𝑦 = 𝑃
Et donc :
 Sur l’axe (𝑂; 𝑖) : 𝑇𝐴𝑥 = 𝑇𝐵𝑥 ⇔ 𝑇𝐴 × cos 𝛼 = 𝑇𝐵 ×

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cos 𝛼 ⇔ 𝑇𝐴 = 𝑇𝐵
La norme des deux tensions est la même
Comme 𝑇𝐴 = 𝑇𝐵 :
 Sur l’axe (𝑂; 𝑗) : 𝑇𝐴𝑦 + 𝑇𝐵𝑦 + 𝑃 = 0
⇔ 𝑇𝐴 × sin 𝛼 + 𝑇𝐵 × sin 𝛼 = 𝑃
⇔ 2𝑇𝐴 × sin 𝛼 = 𝑃
⇔ 𝑻𝑨 = 𝑷 ÷ (𝟐 × 𝐬𝐢𝐧 𝜶 )

B. LES TYPES DE PONTS A HAUBANS


Il existe quatre types de ponts à haubans :
 éventail : les haubans sont ancrés en un seul point d’ancrage en tête de pylône
 harpe : les haubans sont parallèles entre eux
 semi-éventail : les haubans sont ancrés sur une hauteur donnée en tête d’ancrage et se déploient
ensuite en éventail
 étoile : les haubans sont ancrés aux extrémités du tablier
Sur chacun de ces types de ponts à haubans on peut choisir le nombre de haubans (en général on utilise
une multitude de câbles pour mieux répartir le poids du tablier).
RESUME DES TYPES DE PONTS A HAUBANS

Simple Double Triple Multiple Combinaison

Éventail

Harpe

Semi-éventail

Étoile

D’après des calculs préliminaires on se rend vite compte qu’une configuration d’haubanage en étoile a
seulement une valeur esthétique, il n’est donc pas nécessaire de faire le bilan des forces de cette
configuration.
De la même façon, un pont à haubans en semi-éventail est seulement un « mélange » entre un haubanage en
éventail et un haubanage en harpe, il n’est donc pas nécessaire de faire le bilan des forces.
Étudions donc le bilan des forces sur un pont en éventail et un pont en harpe.

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C. ÉTUDE DES FORCES SUR UN HAUBANAGE EN EVENTAIL


Si on suppose que chaque segment du pont a un poids de 10𝑁 il est donc facile de calculer la tension de
chacun des fils.

Grâce à l’étude d’un haubanage en éventail on peut en déduire que plus le câble est éloigné du tablier, plus la
tension est grande.

D. ÉTUDE DES FORCES SUR UN HAUBANAGE EN HARPE


Si on suppose que chaque segment du pont a un poids de 10𝑁 il est donc facile de calculer la tension de
chacun des fils.

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Grâce à l’étude des forces, on peut remarquer qu’on des principaux avantages de cette configuration est que
tous les câbles ont la même tension. Cependant ce haubanage, peut provoquer des torsions du tablier lors de
vent violents puisque les câbles sont parallèles entre eux. Même si la somme de la tension des haubans est
plus grande sur un pont à haubans en harpe, le coût pour acheter les câbles ne serait pas forcement plus grand
car on peut acheter une grande quantité de câbles de la même épaisseur.
Conclusion :
Comme on a dit avant, le pont à haubans en semi-éventail est un « mélange » entre un haubanage en éventail
et un haubanage en harpe. Il représente donc le choix la plus intéressante car il possède les avantages des
deux types de ponts

F. CALCUL DE LA TENSION ET DE L’EPAISSEUR D’UN HAUBAN DU VIADUC DE MILLAU

TENSION
Par la relation 𝑻𝑨 = 𝑷 ÷ (𝐬𝐢𝐧 𝜶 ) on peut facilement calculer la tension d’un des haubans du Viaduc de
Millau.
NB. On fera l'approximation que le Viaduc de Millau à un haubanage en éventail et donc que la tension de
chaque fil est la même.
NB. Dans ce cas 𝑃 est le poids d’un segment du viaduc.
Données :
 Poids théorique : 1,1 × 109 𝑁
 Nombre de haubans : 154
 Angle moyen des haubans : 45°
Calcul du poids 𝑃 d’un segment du viaduc :
𝑃 = 𝑃𝑜𝑖𝑑𝑠 𝑡ℎé𝑜𝑟𝑖𝑞𝑢𝑒 ÷ 𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 ℎ𝑎𝑢𝑏𝑎𝑛𝑠 = 1,1 × 109 ÷ 154 = 7,14 × 106 𝑁
Calcul de la tension :
𝑻𝑨 = 𝑷 ÷ (𝐬𝐢𝐧 𝜶) = (𝟕, 𝟏𝟒 × 𝟏𝟎𝟓 ) ÷ 𝐬𝐢𝐧 𝟒𝟓 = 𝟏, 𝟎 × 𝟏𝟎𝟕 𝑵

EPAISSEUR
Grâce à l’équation de la résistance d’un câble on peut calculer l’épaisseur d’un des haubans du Viaduc de
𝑇𝐴
Millau. 𝑇𝐴 = 𝑅 × 𝜋 × 𝑟 2 ⇔ 𝑟 =
𝑅×𝜋
 𝑇𝐴 est la tension du hauban (en N)
 𝑟 est le rayon du câble (en mm)
 𝑅 est la résistance du câble (en N/mm ) : 𝑅 ≈ 𝑅𝑚𝑎𝑥 ÷ 2
2

 𝑅𝑚𝑎𝑥 est la résistance à la rupture, aujourd’hui les câble ont une résistance d’environ 1700N/mm
2

Calcul du rayon d’un hauban du Viaduc de Millau


𝑇𝐴 1,0×10 7
 𝑟= = = 61𝑚𝑚 = 6,1𝑐𝑚
(𝑅𝑚𝑎𝑥 ÷2)×𝜋 (1700 ÷2)×𝜋
D’après nos calculs un hauban du Viaduc de Millau a un diamètre d’environ 12,2𝑐𝑚

BILAN
Grâce à des recherches sur internet le vrai diamètre d’un hauban du viaduc de Millau varie de 14𝑐𝑚 à 7𝑐𝑚 et
donc nos calculs sont à peu près justes.

III. LES SOLUTIONS MISE EN PLACE CONTRE L’INSTABILITE

1. LA RESONANCE
On parle de résonance quand un objet est excité à la même fréquence (fréquence fondamentale plus ses
harmoniques) que sa fréquence propre, l'objet excité se met à vibrer, ou ses oscillations s'amplifient si celui-ci
est déjà en mouvement. Le phénomène de la résonance est un danger majeur pour les ponts. En effet de
nombreux exemples dans l’histoire montrent que l’effet de la résonance sur un pont peut le détruire :

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A. LE PONT DE LA BASSE-CHAINE (ANGERS)


Le 16 avril 1850, le Pont de la Basse-Chaîne qui franchit la Maine à Angers a cédé au passage d’une troupe
avançant au pas cadencé, provoquant la mort de plus de 225 personnes. On a pu expliquer le phénomène par
le fait que le pont est entré en résonnance au passage de la troupe, qu’il s’est alors mis à osciller avec une
grande amplitude avant de rompre ses attaches. Depuis cet
événement, il est interdit, dans l’armée, de faire franchir un pont au
pas cadencé.

B. LE CAS DU PONT DE TACOMA


C’est également la résonance qui explique l’effondrement du pont de
Tacoma Narrows (état de Washington) en 1940. Sous l’effet de
brusques vents périodiques le pont a commencé à se tondre (cf. force
de torsion). Le pont est donc entré en résonance et le mouvement de
torsion a brisé le tablier. Après la catastrophe des ingénieurs
démontrent que l’effondrement était en grande partie dû aux parapets
qui présentaient une prise de vent trop importante.
Dix ans plus tard le pont de Tacoma a été reconstruit en tenant compte
Doc 5 : Le 7 novembre 1940, des vents de
des effets de la résonance, aujourd’hui il est toujours en place.
plus de 64km/h ont entrainé
l’effondrement du pont de Tacoma
C. TECHNIQUES POUR COMBATTRE LA RESONANCE
La technique la plus commune utilisée par les ingénieurs pour combattre cette force est de construire le pont
en plusieurs segments, parce que dans ce cas, les oscillations ne passent pas d’un segment à un autre.

2. L’ACTION DU VENT
Le vent est un élément qui peut entrainer des forces très importantes sur un
pont à haubans car un c’est une structure longue et mince, donc plus exposée
à l’action du vent.
Le vent entraîne deux types de forces :
 Les forces de portance (dirigées suivant la verticale).
 Les forces de traînées (dirigées suivant une horizontale parallèle au
vent et dans le même sens que ce dernier).
En effet le tablier offre une surface portante relativement conséquente au
vent. D’après les documents 6 et 7 on peut voir que le tablier d’un pont a un Doc 6. Coupe de la travée du viaduc de Millau
profil similaire à celui d’une aile d’avion. Ceci pose donc un problème
aérodynamique, en particulier lors d’importants vents latéraux, car une
force de portance forte exercée sur le tablier peut engendrer un
déséquilibre du pont.
Afin de résister à l’écoulement de l’air sans engendrer une portance
verticale vers le haut, on retourne le profile et on le conçoit d’une manière
symétrique (doc. 8).
Au final, le tablier a la forme caractéristique d’une double aile d’avion
retournée. Cette forme lui assure une stabilité face au vent. En effet, celui- Doc 7. Schéma du profil d’un tablier
ci va produire une dépression en dessous du tablier donc il va subir une
force qui l’attire vers
le bas et qui le
stabilise sur les piles
lors des grands vents,
car le vent est un Doc 8. Schéma de l’action du vent sur un tablier
ennemi redoutable
pour le viaduc: cette solution assure une compression
des piliers et en conséquence l’intégrité du pont.

Doc 9 : Carte des vents moyens en


France

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3. L’ACTION SISMIQUE
Tout comme les vents, les tremblements de terre provoquent des
oscillations sur le tablier et sur le reste du pont suspendu.
Les oscillations provoquées par ces phénomènes se décomposent
suivant les trois directions de l'espace.
Pour prévenir les problèmes dus à ces phénomènes, on étudie des
informations directes ou indirectes sur les tremblements de terre. Les
informations directes sont des graphiques appelés accélérogrammes.
Ces graphes représentent l'évolution de l'accélération au cours du
temps (en g/sec).
Les informations indirectes dont on dispose sur les tremblements de
terre sont l'observation de leur fonctionnement, de leur propagation,
de leur force et de leurs effets.
En combinant toutes ces données, on peut établir des règles et des
calculs dont on déduit les caractéristiques du pont à construire.
La difficulté vient du fait que le mouvement se décompose suivant les
Doc 10 : L’action sismique en France
directions de l'espace. Mais même si de premier abord, aucune
direction n'est privilégié, on peut observer que l'amplitude de vibration
est la plus faible suivant la verticale. Dans les deux directions horizontales, l'amplitude est plus prononcée. Il
faut toutefois combiner les vibrations des trois directions de projection pour fixer la valeur limite de la
vibration que le pont pourra supporter. Cette valeur limite sera telle que la moyenne des tremblements de
terre qu'on rencontre habituellement dans la région considérée ne la dépasse pas.
Mais l'amplitude et la fréquence de vibration du pont dépendent de
paramètres que l'on ne contrôle pas (la nature du sol, la magnitude et la
position de l'épicentre du tremblement de terre,...). On doit donc se
restreindre à calculer cette valeur limite sans pouvoir modifier les
paramètres qui la déterminent.

Dans les ponts à haubans plusieurs techniques sont utilisées pour


« défendre » la structure contre les séismes notamment dans les
fondations. On peut utiliser par exemple des amortisseurs qui peuvent
absorber une grande quantité d’énergie issue des séismes. Il existe trois
types d’amortisseurs :
 les amortisseurs élastoplastiques peuvent absorber les efforts
sismiques horizontaux et dissiper l’énergie par plastification
alternée. Doc 11 : Amortisseur visqueux sur un
des haubans d’un pont à haubans
 les amortisseurs par frottements convertissent l’énergie
horizontale d’un pont à haubans en chaleur
 les amortisseurs visqueux absorbent à la fois l’énergie verticale et horizontale, ce sont des dispositifs
assimilables à un vérin hydraulique. Ils ont une forte capacité d’énergie

4. LA DILATION
La dilatation est l’expansion du volume d’un solide occasionné par son réchauffement. Un pont s’allonge ou se
raccourcit en fonction de la température. Lorsque celle-ci augmente, les atomes de fer et de carbone dans
l’acier prennent plus de place : le pont s’allonge.
On peut calculer la variation de longueur en mètre du Viaduc de Millau par la relation suivant :
 ∆𝑳 = 𝜶 × 𝑳𝟎 × ∆𝑻
 ∆𝐿 est la longueur de variation en mètre
 𝛼 est le coefficient de dilatation linéaire en Kelvin
-1

 𝐿0 est la longueur initiale en mètre (m)


 ∆𝑇 est la variation de température en Celsius ou en Kelvin
Données
 Le coefficient de la dilation linéaire de l’acier, principale composant des ponts est de 12,0 × 10−6 𝐾 −1

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 Le Viaduc de Millau a une longueur de 2460m


 La variation de température à Millau est d’environ 55 (entre
−15℃ et 40℃)
Calcul :
∆𝐿 = 𝛼 × 𝐿0 × ∆𝑇 = 12,0 × 10−6 × 2460 × 55 = 1,62𝑚
Lors d’un été très chaud le pont peut s’allonger de 1,62m.

Pour combattre l’effet de la dilation les ponts à haubans tels que le


Viaduc de Millau utilisent une technique innovante. Comme on voit
sur le document 1, la mise en place d’un joint de dilation permet à un
pont à haubans de s’agrandir de plus de 1𝑚.

Doc. 12 Joint de dilatation sur le Viaduc


de Millau

CONCLUSION
Grâce à notre étude sur les forces agissant sur un pont à haubans et les solutions mis en place contre
l’instabilité on peut en déduire plusieurs avantages d’un pont à haubans :
 Par rapport au pont suspendu, on économise sur l'énorme câble qui supporte l'ensemble du poids de
l'ouvrage. Il est donc moins cher à construire.
 La répartition des forces au niveau des piliers rend inutile la réalisation de massifs d'ancrage dans les
berges.
 Au niveau la maintenance, contrairement à un pont suspendu il n'est plus nécessaire d'arrêter
entièrement la circulation pour replacer un hauban, les autres haubans peuvent supporter le poids du
pont.
 Les ponts à haubans modernes, comme le Viaduc de Millau, utilisent de diverses méthodes pour
rester stables même dans des conditions climatiques extrêmes.
 Pour un pont à haubans en harpe on peut utiliser la même épaisseur de câble pour chaque hauban,
car la tension sur chacun des haubans sera pareille.

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