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Au-delà de l'affaire Dutroux La réalité de la pédocriminalité et des réseaux protégés.

Attention : Les informations dans cet article ne conviennent pas à toute personne âgée de moins de 18 ans, car elles impliquent des faits d'extrême violence sur des enfants. Une certaine quantité des preuves visuelles sont considérées illégales *1.

Le plus grand secret de Belgique.

"Ce que vous devez comprendre, John, est qu'il y a parfois des forces et des événements tellement grands, tellement puissants, avec tellement d'enjeux pour d'autres personnes ou institutions, que vous ne pouvez rien faire à leur propos, peut importe à quel point ils soient diaboliques ou mauvais et peu importe à quel point vous soyez dévoué et sincère ou combien de preuves vous avez. C'est simplement un des faits les plus durs de la vie auquel vous devez faire face. "

- Ancien directeur de la CIA et membre du Cercle William Colby donnant à son ami, le sénateur John Decamp, l'exhortant d'arrêter ses investigations dans l'affaire de pédocriminalité Franklin et d'écrire un livre sur ses expériences

*2

"Dans la maison des Kincora de l'Est de Belfast Boys, via Leicestershire, Staffordshire et à Londres, au domicile des enfants de Clwyd, nous avons assisté à 25 ans de couverture. Une couverture non pas pour protéger les innocents, mais pour protéger les éléments régulièrement mis en cause de l'institution britannique, qui font surface à chaque fois qu'une affaire de réseaux de pédocriminalité est exposés. Des écoles privées aux églises catholiques et anglicanes, la pédocriminalité n’as pas fait l’objet de scandales. Pourtant les travailleurs sociaux, la police, les services de sécurité, les figures politiques locales et nationales restent les dénominateurs communs des retombées des enquêtes

Cas après cas le cycle est décrit : un enfant est "pris

en charge", puis abusé dans une maison, mis sur des réseaux pédophiles

externes et remis dans des circuits de location/prostitution enfantine, s'ils

vivent assez longtemps

avec l'autorité, puis avec les lois sur la diffamation, pour publier la vérité sur un vaste réseau de violence. « *3

Les journalistes doivent d'abord se confronter

"Je le regarde [l'inspecteur De Baets], et je veux vraiment le croire, mais quelque part, je sais qu'il ne le fera jamais. Les gens que j'ai connu sont trop puissants, trop influents, trop intouchables. Je le sais; les enquêteurs pas encore."*4

"Imaginez, vous entendez partout cette histoire d'un dossier de chantage dans lequel des organisations d'extrême droite sont en possession de photos ou de vidéos sur lesquelles un nombre de personnes importantes dans et aux alentours de Bruxelles ont des relation sexuelles avec des jeunes filles :

des mineurs comme on dit.

L'existence de ce dossier a toujours été démentie avec véhémence. Jusqu'à ce qu'il soit prouvé que des témoignages et des vidéos de cette affaire étaient en effet en la possession des services de police. Un officier de la police judiciaire (Marnette, H.G.) a nié l'existence de ces vidéos, alors qu'après le supérieur de cette personne a admis qu'elles existaient, qu'elles étaient gardées par la police judiciaire à Bruxelles, mais qu'elles ne valaient rien. Etrange, car ces choses doivent être déposées au greffier, non pas gardées en possession d'un service de police.

Par la suite, le juge d'instruction Jean-Marie Schlicker confirme que ce dossier existe bien, mais qu'il ne veut pas témoigner à ce propos. Ce dossier, d'abord inexistant, existe. Les vidéos sans substance se sont alors révélées assez intéressantes après tout pour être remises au juge d'instruction chargé de l'enquête sur le Gang de Nijvel. Mais cette personne est ensuite effrayée de témoigner ! Que pensez-vous qu'il ce soit passé ici ?"*5

"Quand je vis dans quel pétrin il s'était mis (*6) et la façon dont mon

propre dossier avait évolué, j'ai décidé d'arrêter. Dans tous les cas, même

à

cette époque on pouvait déjà voir comment les gens autour De Baets ont été collectivement évasives. Ils n'avaient aucune chance." *7

"Il reste très peu de journalistes qui m'écoutent, écoutent mes appels à

l'aide. Ils ne sont pas autorisés à publier ou à diffuser. Ils me disent tous

que leurs patrons leur interdisent de parler

magasines, journaux et programmes télévisés sont effrayantes. Cela n'est plus normal,

c'est une guerre dans laquelle les victimes sont devenues des déchets jetables.

Les

agressions des

"

Avant-propos.

De nombreux livres en français et en allemand sont apparus concernant l'affaire Dutroux depuis 1996, dont un plus particulièrement. Il s'agit du livre de

1999,

en général difficile à trouver, "Les dossiers X", écrits par les journalistes d'investigation respectés Marie-Jeanne Van Heeswyck, Annemie Bulté et Douglas De Coninck.Page après page, ils expliquent comment les aspects les plus importants de toute l'enquête Dutroux, où Dutroux est finalement devenu un détail mineur, ont été manipulés et, finalement écartés. Ce livre présentait le cas le plus puissant possible d'une dissimulation massive. Malgré cela, il y avait une chose que les auteurs ne pouvaient pas faire, qui était de publier les noms de ceux qui ont été accusés par toute une série de témoins. La raison est évidente : si les auteurs avaient publié ces noms, ils en auraient subit les conséquences le reste de leur vie

Beaucoup d'informations dans cet article peuvent être trouvées dans le livre "Les dossiers X", mais la principale différence étant que tous les noms des agresseurs présumés ont été inclus. Cela a été possible parce que le dossier Dutroux, en incluant les

témoignages des témoins X, ont été transmis à un certain nombre de journalistes à la fin des années 1990. Le dossier Dutroux final, qui a été largement amputé de toute information importante, et le résumé des rapports officiels d'août 1996 à mai/juin 1997 ont été utilisés par cet auteur pour vérifier les affirmations portées dans de nombreux livres et pour trouver l'identité des agresseurs présumés. Voir les noms et lire les biographies peut être un choc dans un premier temps, mais cela va aussi clarifier comment une dissimulation de cette magnitude a été possible.

Le pouvoir de l'affaire Dutroux et ses dossiers X est qu'il va permettre à tout un chacun de voir comment un état peut être contrôlé et ébranlé par une cabale capable de placer ces propres membres dans des positions cruciales dans toute enquête qui pourrait mener à sa propre exposition.*9

La question de savoir pourquoi la majorité des médias est si coopérative est le seul aspect qui ne peut être expliqué en détail dans cet article, bien qu'on puisse démontrer que les médias travaillent volontairement avec les enquêteurs officiels dans la manipulation et la démystification de tous les aspects d'une enquête qui ne sont pas appréciés par la cabale.

Certains pourront trouver contraire à l'éthique de publier les noms de simple suspects, spécialement lorsqu'on parle de pédocriminalité organisé. L'auteur est en total accord avec cet argument, mais uniquement dans des circonstances normales pour lesquelles une enquête est menée de la façon dont elle devait l'être. Cela n'est pas arrivé durant l'affaire Dutroux, durant laquelle les chercheurs honnêtes, compétents et dévoués, ainsi que les témoins les plus importants, ont été injustement persécutés, harcelés, goudronnés et plumés par les médias et la justice, avec l'aide de quelques uns des présumés

agresseurs

d'enfants.*10

C'est pourquoi l'investigation, qui a été tuée et enterrée depuis quelques années maintenant, devrait être rendue publique. Et n'oublions pas que les dossiers X impliquent une série de témoins dont les déclarations se recoupent, et dans de nombreux cas impliquent des détails extrêmement spécifiques qui ont été vérifiés par des enquêteurs.

On peut aussi faire valoir que la presse grand public a été tout sauf discrète fin 1996, quand ils ont publié les noms des politiciens Elio Di Rupo et Jean-Pierre Grafe en tant que présumés agresseurs d'enfants. Les preuves sur lesquelles ces affirmations étaient fondées sont pour le moins maigres et beaucoup moins puissantes que les témoignages combinés des témoins X. Mais, bien sûr, l'objectif de cet événement n'était pas d'informer le public; c'était un effort pour discréditer les rumeurs à propos d'implication à haut niveau des réseaux pédocriminels. On savait qu'à plus ou moins long terme les témoins X auraient fait la une et il s'agissait ici d'une des attaques préventives contre ces témoins.

Plusieurs appendices ont été attachés à cet article. La plupart de ces appendices, qui incluent une longue liste d'accusés, de victimes, d'enquêteur et de supposés assassinés, étaient plus ou moins finis avant le début de l'écriture de cet article. Il aura fallu près d'un an et demi pour remplir toutes les biographies et traduire les passages nécessaires des sources utilisées en français et allemand, mais cela valait la peine car cela a donné un aperçu extraordinaire de ce qui s'est déroulé en Belgique depuis la fin des années 1970, et a fourni une certaine perspective aux rapports qui venaient des

États-Unis et d'ailleurs. C'est sans doute la dernière chose à laquelle vous vous attendiez de la part d'un pays de seulement 10 million d'habitants, mais l'histoire de la subversion interne en Belgique demande un certain temps

à

comprendre.

Quand tout a commencé : Le règne de la terreur de Dutroux.

Le 13 août 1996, des progrès ont finalement été réalisés. Un certain nombre d'individus ont été arrêtés sur de fortes suspicions quant au fait qu'ils avaient été responsables d'une vague d'enlèvements de jeunes filles. En quelques jours ces soupçons ont été corroborés par des preuves solides, mais l'arrestation de Dutroux et de certains de ses associés ne s'est avérée être que le début du plus grand scandale de l'histoire belge. L'attention des médias a commencé en juin 1995 avec la disparition de deux filles de 8 ans, Julie Lejeune et Melissa Russo. Presque exactement 2 mois plus tard, An Marchal, âgée de 17 ans, et Eefje Lambrecks, 19 ans, sont portées disparues. Ce dernier cas a attiré d'autant plus l'attention des médias car la dernière chose que ces jeunes filles firent fut de visiter l'exposition de Rasti Rostelli, un magicien de renom, dans laquelle elles avaient été hypnotisées. Inutile de dire que cette affaire a mis fin à la carrière du magicien, bien qu'il ait été presque immédiatement été lavé de tout soupçon. Fin 1995, le BOB ( FBI belge et branche de la gendarmerie ) a largement cessé d'enquêter sur l'affaire. Malgré tout, la disparition de An et Eefje restait marquante, parce qu'une fondation nommée Marc & Corinne, créé plusieurs années auparavant, et tenant son nom de deux adolescents qui ont été brutalement tués, utilisa ses fonds limités pour afficher des posters des visages des fillettes dans toute la Belgique et les Pays Bas. Finalement, cela ne fit aucune différence : les filles n'ont pas été retrouvées, ni les responsables, et en mai 1996 l'histoire se répéta. Cette fois Sabine Dardenne âgée de 12 ans disparut, et là encore le BOB n'a pas été capable de retrouver ni les ravisseurs ni la fille. Les gens devinrent plus inquiets pour leur enfant à chaque enlèvement. La confiance dans la police et la justice, déjà traditionnellement assez faible (*11), a commencé à tomber plus bas que jamais. Les choses ont changé plus tard dans l'année. Le 9 août 1996, Laetitia Delhez âgée de 14 ans a disparu à Bertrix, ville située dans la région de Neufchateau, près de la frontière française et luxembourgeoise. Michel Bourlet, procureur du roi à Neufchâteau, a été chargé de l'affaire et

a

nommé juge d'instruction Jacques Langlois pour coordonner l'enquête.

Lorsque

Langlois parti en vacances le lundi suivant, Bourlet l'a remplacé par son proche collègue Jean-Marc Connerotte.Le duo avait déjà commencé à être connu en 1994 pour ne pas avoir été autorisé à résoudre l'assassinat d'André Cools, homme politique socialiste.

Le lundi même où Connerotte a pris le relais de Langlois, l'adjudant

Jean-Pierre Peters du BOB fait état d'une percée dans l'enquête. Sur les plusieurs douzaines de tuyaux, deux se sont avérées très utiles. Deux

témoins

ont vu un vieux van blanc rouler aux alentours de Bertrix le jour où Laetitia a

disparu. Dans l'un des deux cas, un étudiant avait peur que le conducteur

du

van ait l'intention de voler son vélo. Par chance, le jeune homme de 22

ans

avait une passion pour les voitures et a signalé à la police le type exact du van et une bonne partie de sa plaque d'immatriculation, car les trois

premières

lettres lui ont rappelé le nom de sa sœur. En un rien de temps, le nom de Dutroux, un pédophile connu, est sorti de l'ordinateur. Une réunion de

crise

s'est tenue à Bertrix ce soir là et le jour suivant Dutroux, sa femme

Michèle

Martin, et son bras droit Michel Lelievre étaient arrêtés. Quelques jours

plus

tard, leurs témoignages ont permis de retrouver deux filles, Sabine et

Laetitia, dans la cave de Dutroux. L'affaire du siècle en Belgique était sur

le

point de commencer.

Echec pour attraper Dutroux.

Les mois et les années suivants, des détails apparurent, à propos de l'échec de la police et du BOB pour attraper Dutroux dans un stade plus précoce de l'enquête.

Bien que généralement on ne le présente pas de cette façon, la plupart de

ces

échecs plutôt étranges peuvent être attribués à René Michaux du BOB.

En tant que chef de l'Opération Othello, une opération de surveillance

contre

Dutroux du 10 août 1995 à Janvier 1996, il savait pratiquement tout ce

qu'il

fallait savoir au sujet de ce pédophile, déjà condamné, et violent. De tous les cotés, des preuves se sont présentées à lui montrant que Dutroux n'avait pas seulement enlevé Julie et Mélissa, mais aussi An et Eefje. Malgré tout, Michaux ignora les preuves présentées par des informateurs tel que Claude Thirault, à qui Dutroux avait expliqué comment enlever une jeune fille et combien vous pouvez gagner avec elle; la mère de Dutroux, qui a réuni des preuves, provenant du voisinage de son fils, qu'il était très probable qu'il fut impliqué dans l'enlèvement; et l'officier de police Christian Dubois, qui précédemment était sur la piste du gang de Nihoul, qui aurait immédiatement conduit à Dutroux.

Entre tous ces rapports, les caméras vidéo filmant la maison de Dutroux à Marcinelle dans le cadre de l'opération Othello a omis d'enregistrer Dutroux apportant An et Eefje, le 22 août, pas plus que l'équipe de Michaux ne nota l'évasion échouée le 25 août de Eefje, pendant laquelle elle est montée brièvement par la fenêtre de salle de bains pour crier au secours. An et Eefje ont été sorties de la maison en Septembre et assassinées.

Quand il fut au final forcé de chercher la maison à Marcinelle de Dutroux pour des raisons liées aux enlèvements, Michaux décida d'ignorer les voix de deux jeunes filles, n'essayant apparemment même pas d'obtenir une réponse d'elles. Il n'a pas non plus pensé que le sous-sol étrange en forme de L de Dutroux, avec un mur beaucoup plus récent que tous les autres, était une raison suffisante pour le détruire, et il n'a pas eu conscience de l'importance des éléments tels que de la crème vaginale, un spéculum, des chaînes, et une cassette vidéo avec le nom d'un programme portant sur les enfants disparus. Deux autres vidéos qui auraient montré Dutroux travaillant dans son sous- sol et le montrant violé une fille de 14 ans ont été renvoyées à la femme de Dutroux, apparemment sans même avoir été visionnées par son équipe. Cet échec de la fouille de la maison de Dutroux aurait conduit à la mort de Julie et Melissa, dont on

pense qu'elles sont mortes de faim dans la cave de Dutroux. Cela a aussi mené à l'enlèvement de Sabine et Laetitia après la sortie de prison de Dutroux en mars 1996. En août 1996, après que Dutroux ait été arrêté sur des suspicions qu'il ai enlevé Laetitia, Michaux fit une recherche durant trois heures dans la maison à Marcinelle de Dutroux dans laquelle étaient enfermées au même moment Sabine et Laetitia. Inutile de dire que non seulement Michaux ne réussit pas à trouver les filles, ce qui a pu mener à la relaxe de Dutroux, mais il n'a pas remarqué non plus les lettres que Sabine avait cachées sous le tapis de Dutroux. Heureusement, la localisation des filles sera signalée par Dutroux 48 heures plus tard, après qu'il soit devenu clair pour lui il n'y avait pas moyen de s'en sortir cette fois, surtout pas avec son laquais Michel Lelièvre vendant la mèche.

Les échecs de Michaux ont amené de fortes critiques de la part des parents de An march, venus inspecter la cave de Dutroux d'eux mêmes. Les parents de Melissa Russo ont rempli une plainte officielle contre lui. Quand Bourlet critiqua Michaux en 2004 a propos de son échec pour trouver les lettres de Sabine, et qu'il laissa entendre que cela pourrait ne pas avoir été intentionnel, Michaux ne put réagir qu'en traitant Bourlet de "menteur" et en précisant qu'«il n'aurait certainement pas trouvé Laetitia sous le tapis". Ces réponses intellectuelles furent bientôt suivies par des menaces de poursuite pour diffamation. L'incompétence extrême de Michaux a été récompensée avec un nouveau poste de commissaire de police local.

Ce qui suit est un bref récapitulatif de la vie de Dutroux et d'à quel point l'extraordinaire incompétence de la justice a du être pour lui permettre de continuer à enlever des filles.

* Dutroux avait une longue histoire d'agression physique sur des femmes. * Condamné en Novembre 1988 pour enlèvement, photographie, torture et viol de cinq filles âgées de 11 à 19 ans. Il a également été reconnu coupable d'avoir torturé une femme plus âgée en mettant une lame de rasoir dans son vagin. Il a

essayé de la forcer à lui donner de l'argent.

* En avril 1992, le ministre de la Justice Melchior Wathelet a approuvé la

libération de Dutroux de prison. S'il est normal en Belgique d'être libéré après avoir purgé un tiers de la peine, bon nombre de personnes dans le système

qui ont travaillé avec Dutroux n'étaient pas d'accord avec cette décision. Dutroux était connu d'eux comme un psychopathe manipulateur sans aucun regret pour ses crimes. En fait, il n'a même jamais avoué. Fait intéressant, Wathelet serait accusé dans les Dossiers X d'être un violeur d'enfants violent lui- même, avec certains de ses protégés connus et associés (1).

* Après sa libération, Dutroux a reçu une quantité exceptionnellement

élevée de somnifères et de sédatifs de son médecin, qu'il utilisera plus tard pour calmer les filles qu'il enlevait (2).

* Dans sa maison à Marcinelle, près de Charleroi, où il vécu la plupart du

temps, Dutroux commença la construction de pièces aménagées cachées dans sa cave. Plus tôt durant l'année 1993, le sans emploi, petit délinquant, Claude Thirault, qui louait une des maisons de Dutroux, a été engagé par Dutroux comme homme de main pour installer des canalisations d'eau sous une de ses maisons nouvellement achetées. Bien que Thirault pense que c'était quelque peu inusuel, il n'eut pas de réticence à le

faire. Mais après quelques jours à travailler, deux filles passèrent devant la maison sur laquelle ils travaillaient, incitant Dutroux à faire remarquer à Thirault: "Si tu veux les enlever, tu te feras 150.000 Francs (environ

4000 euros)

pousse les dans la voiture, et bloque les portes."(3) Dutroux en arriva à expliquer comment il eut des plans pour enlever des filles, les enfermer dans sa cave et les transporter à l'extérieur (4). Thirault, un informateur occasionnel pour la police, alla voir la police, et comme résultat, les maisons de Dutroux furent fouillées quelques mois plus tard, en décembre, la raison officielle

derrière cela étant qu'il était soupçonné de vol de voiture. Les officiers de police notèrent que Dutroux avait modifié sa cave, mais ne trouvèrent aucune fille. Sa maison fut fouillée à nouveau en juin 1994 et il apparu aux policiers qu'il avait arrêté de travailler sur sa cave.

* En juin 1995, Dutroux était poursuivi pour avoir illégalement élargi sa

Attrape

les par derrière, met un sédatif sous leur nez,

cave afin de mettre un tube de ventilation (5).

* Thirault retourna à la police après l'enlèvement de Julie et de Melissa

pour leur rappeler les idée de Dutroux quant à l'enlèvement de filles et les

modifications de sa cave. La police revint vers Thirault quelques jours plus tard et lui demanda s'il avait des preuves plus solides, apparemment nécessaires pour entreprendre une fouille chez ce pédophile connu (6).

* Le 24 juin 1995, le juge d'instruction Martine Doutrewe fut placée à la

tête de la "cellule Julie et Melissa", chargée de trouver les jeunes filles disparues. Malheureusement pour les filles, Doutrewe partit en vacances en Italies au bout de quelques jours à ce poste et ne reviendra pas avant le 9

août (elle avait 38 ans à l'époque, elle souffrait d'un cancer et avait déjà prévu de se remettre d'une opération. Elle mourut en 1999; en 1995, son mari était sous enquête pour avoir détourné des millions d'euros).Aucun autre juge d'instruction permanent n'a été nommé à sa place ce qui a considérablement affecté l'efficacité de toute l'enquête (7). Doutrewe ne sera jamais sérieusement impliquée dans l'opération du BOB consistant à surveiller les activités quotidiennes de Dutroux. Le magistrat n'a également jamais essayé d'organiser une écoute téléphonique, un mandat de perquisition ou une approbation pour une enquête financière (Cool.

* Le 10 août 1995, un groupe d'officiers du BOB commencèrent à

enregistrer les mouvements de Dutroux sous le nom de code Opération Othello. Une caméra vidéo a été utilisée moins de 2% sur la période d'observation totale (9) et les opérations ont été suspendues à 10 heures chaque soir (10). L'opération était si inefficace que le 2 août, Dutroux fut capable d'enlever An et Eefje et les enfermer dans sa maison - sans que cela soit noté. Le 25 août, Eefje arriva à attraper ses vêtements, se glisser par la fenêtre de la salle de bain, et crier à l'aide. Bien qu'elle fut ramenée à l'intérieure par Dutroux en quelques secondes, les observateurs n'ont rien remarqué. Quelques semaines plus tard, les filles ont été amenées en dehors de la maison - encore inaperçu - et tuées. Dutroux fut aussi capable d'enlever trois adolescents qu'il suspectait de l'avoir doublé et de les enfermait dans sa maison sans que des caméras ou des

observateurs ne s'aperçoivent de rien. De plus, Dutroux a tué Berhard Weinstein durant la période où il était observé. * Le 4 septembre 1995, la mère de Dutroux, qui avait mis en garde lors de la libération de son fils en 1992, a informé anonymement René Michaux, à la tête de l'Opération Othello, que les voisins de Dutroux étaient très suspicieux de ses activités. Les fenêtres étaient noircies, Dutroux faisait sans arrêt du bruit dans la cave, le jardin était rempli de pneus usés, et deux filles "de 16 ou 18 ans" avaient été vues dans le jardin. Ces filles n'ont jamais été observées en plein jour. Cette information n'est d'une façon ou d'une autre pas arrivée à l'équipe d'investigation qui travaillait sur le cas d'An et Eefje, qui avaient 17 et 19 ans (11). * Le 6 décembre 1995, Dutroux fut arrêté pour avoir été impliqué dans le vol d'un camion et l'enlèvement et la torture de trois adolescents qu'il suspectait d'avoir volé à nouveau le véhicule (un des adolescents s'est échappé et a informé la police.) Sous la direction de l'officier gendarme Rene Michaux, la maison de Dutroux fut fouillée le 13 décembre et à nouveau le 19 décembre. Un ou plusieurs enfants ont été entendu crier par Michaux et le serrurier (cette personne ne savait rien à propos des soupçons pesant sur Dutroux dans l'enlèvement de filles) l'accompagnant. Ils allèrent voir dans la cave, qui avait clairement toute une section qui avait été récemment modifiée (12), mais ils ne trouvèrent rien, laissant Michaux conclure que les voix avaient du venir de l'extérieur (13). Les parents de Julie Lejeune, une des enfants qui étaient enfermées là à cette époque, montreront plus tard qu'une communication normale était possible avec quelqu'un enfermé dans une des cellules (14). De plus, pendant la fouille de la cave de Dutroux le 13 décembre, Michaux trouva de la crème vaginale, du chloroforme, un spéculum (instrument médical utilisé pour dilater les orifices corporels) et des chaînes, ce qui pour lui n'était pas une raison pour s'alarmer. Des vidéos furent confisquées, montrant Dutroux travaillant dans sa cave et violent un certain nombre de filles (inconnues). Sur une des cassettes le texte "Perdu de vue, Marc" était écrit dessus, une référence au programme télévisé, qui traitait des enfants perdus, et dans lequel Julie et Melissa avaient aussi fait une apparition. Michaux et son équipe n'ont jamais regardé les bandes et les ont rendues à la femme

de Dutroux, Michel Martin (15).

* Dans l'après midi du 13 décembre, après la fouille désastreuse de la maison

de Dutroux à Marcinelle, Michaux rencontra l'officier de police Christian Dubois.Tous deux avaient travaillé sur un phénomène récent impliquant les occupants de Mercedes blanches suivant et photographiant des écolières.

A cette

occasion, Dubois informa Michaux qu'il avait un informateur qui avait déclaré que les mercedes blanches appartenaient à un réseau pédocriminel centré autour d'une société appelée Achats Service Commerces (ASCO; à ne pas confondre avec

l'abus de X1 et de l'usine de snuff) située dans la banlieue de Bruxelles. D'après l'informateur, les occupants de la mercedes blanche rassemblaient des catalogues de photos d'enfants (*12). Leurs clients pouvaient choisir un de ces enfants, qui serait alors enlevé, enfermé en Belgique pendant un certain temps, puis exporté vers l'europe de l'est ou la thailande. Le prix de chaque enfant était d'environ 7500 euros. Pendant cette conversation, Michaux parla de Dutroux à Dubois. Dubois se rappelait :"Je me souviens que Michaux m'a dit

que Dutroux était allé dans des pays d'europe de l'est avait

mentionné pour l'enlèvement étaient similaires à celles données par mon

informateur

responsable. Après coup, en 1996, je me suis renseigné sur

Dutroux

sentez. C'était l'homme que nous recherchions !" Michaux n'entreprit aucune action et la commission Verwilghen se grattera la tête pour savoir pourquoi. ASCO se révéla être une société très intéressante. Elle fut incorporée le 2 juillet 1991, d'abord par Jean-Louis Delamotte, ami et partenaire d'affaire régulier de Michel Nihoul. Nihoul, Bernard Weinstein, Michel Lelievre et Michèle Martin (pas Dutroux) avaient tous été repérés régulièrement dans les environs immédiats de l'entreprise. Des personnes dans le voisinage avaient aussi noté que Nihoul était souvent entouré de jeunes filles noires et qu'ils avaient l'impression que ces filles étaient en transit. Cinq matelas et du lait pour bébé furent trouvés dans le siège social de la société après qu'elle fut mise en banqueroute en 1994. La société de Delamotte, Soparauto, enregistrée à la même adresse, possédait cinq mercedes blanches, toutes avec des plaques françaises, comme cela a été reporté (16).

Les sommes qu'il

Même

le

aujourd'hui cela me tiens éveillé la nuit. Je me sens

vous

Delamotte

sera aussi désigné comme étant un des voyous qui intimida un des témoins X (17) et possiblement aussi la personne qui la surveillait.

* Le 20 mars 1996, Dutroux est relâché anormalement tôt pour des

"raisons humanitaires"; sa femme allait avoir un bébé. L'opération Othello, le programme qui surveillait les mouvements de Dutroux, a été arrêtée en janvier, car Dutroux était en prison. L'opération n'a pas été relancée après sa relâche.

* En août 1996, Dutroux est enfin attrapé par Michel Bourlet et Jean-Marc Connerotte. Sabine, une des deux filles enfermées dans sa cave, avait caché des

lettres sous le tapis de Dutroux. Michaux n'avait pas réussi à les trouver, pour cela il sera critiqué par Michel Bourlet en 2004 (18).

* Bien que plus de 10 ans se soient passés depuis l'arrestation de Dutroux

pour des soupçons d'enlèvement de Laetitia, en grande partie à cause de Michaux il y a toujours une sorte de mystère concernant le nombre de vidéos confisquées fin 1995 et en août 1996 (19). Les rapports initiaux après l'arrestation de Dutroux déclaraient que le département de justice disposait de plus de 300 vidéos

(20);

en quelques semaines ce nombre s'élevait à 5000 vidéos. Des rumeurs que les complices de Dutroux, incluant de nombreux officiels de haut niveau, pouvaient être vus sur ces films ont aussi commencé à apparaître (21). Finalement, il semblerait qu'il y a eu une grosse exagération (22), bien que le nombre exact de vidéos reste un mystère (23). La pluparts des estimation aujourd'hui sont en dessous de 100, et seulement une portion de ces vidéos montreraient Dutroux abusant de jeunes filles.

Nihoul

Une des plus importantes raisons de spéculer autour d'un réseau a été Michel Nihoul. Cette personne a été arrêtée le 16 août après que les enquêteur de Bourlet et Connerotte aient trouvé que le 10 août, un an après

l'enlèvement de Laetitia par Dutroux et Lelievre, Nihoul a fourni à Lelievre, sans charges, mille pilules XTC. Les enquêteurs suspectèrent immédiatement que ces pilules ne servent de payement pour l'enlèvement de Laetitia, des soupçons qui ont été seulement alimentés quand Nihoul n'a pas été en mesure de fournir un alibi pour

le 8 août (24), le jour où au moins huit témoins prétendent avoir vu Nihoul

à

Bertrix, à et près de l'endroit où Laetitia sera enlevée le jour suivant. De plus, certains de ces témoins disent avoir vu Nihoul en présence de Dutroux (ou de son van), qui réalisait une surveillance initiale ce jour là (25). La femme de Dutroux, Michel Martin, ainsi que Michel Lelievre, ont spécifié que Dutroux, au moins dans certains cas, enlevait des filles selon les demandes spécifiques des clients. Martin déclara qu'au moins un de ces clients était Michel Nihoul.

Michele Martin, femme de Dutroux : "J'ai entendu Marc disant personnellement

à Lelievre qu'il devrait ramener une fille pour Michel Nihoul. Si je ne l'avais pas mentionné auparavant, c'est que je suis effrayée par ce gang, c'est à dire Nihoul, Marc Dutroux et d'autres à Bruxelles. Je parle d'individus bien placés que Nihoul connaissait. Les connexions de Nihoul m'ont fait craindre pour mes

enfants et moi même

et Michel Lelievre faisaient parti d'un gang qui était impliqué dans toutes sortes d'affaires, comme les drogues, les pilules, les filles et les faux papiers (

*13)

J'avais

peur, car Jean-Michel Nihoul, Marc Dutroux

Je dois dire qu'à l'époque de l'enlèvement de Sabine et Laetitia, Michel Nihoul, comme je l'ai déjà déclaré, appelait souvent à la maison, de Sars. Il cherchait Marc Dutroux. Il n'appelait pas pour moi. Quand Nihoul essayait de contacter Marc, il restait toujours vague. Je n'ai jamais su pourquoi il appelait si souvent Marc Dutroux. Avec le temps, je suis devenue de plus en plus convaincue que Marc Dutroux et Jean-Michel Nihoul faisaient des choses qui ne pouvaient pas supporter la lumière de jour et que je n'étais

pas censée savoir." (26)

"Au fait, Marc m'a dit qu'il allait de plus en plus souvent à Bruxelles et rencontrait un nombre croissant de personnes liées à ses activités avec Michel

Nihoul

connexions sur lesquelles il pouvait compter. Marc Dutroux m'a dit que Nihoul avait pris

soin de plusieurs problèmes de Lelievre : il avait empêché qu'il soit arrêté,

il avait réglé ses amendes et résolu ses problèmes d'argent. Marc avait précisément

senti qu'il pourrait tirer profit à continuer à voir Nihoul, du fait de ses connexions et de celles de sa femme, l'avocate. Plus ils se voyaient, plus ils s'ouvraient les uns aux autres bien sur. Je pense qu'à un certain moment une confiance mutuelle s'est installée. Je tiens pour preuve la conversation entre Lelievre et Marc que j'ai entendu par coïncidence et dans laquelle Dutroux disait qu'ils devaient ramener une fille pour Nihoul. Je pense que Jean- Michel

a eu une influence sur Marc Dutroux. Marc me disait souvent qu'il était impressionné par les connexions de Nihoul."(27)

Nihoul

m'a toujours donné l'impression d'avoir beaucoup de

Michel Lelievre: "Marc m'a toujours dit qu'il enlevait des filles pour des personnes lui ayant passé commande. Quand il est sorti de prison en mars 1996, je lui ai demandé qui exécutait les commandes quand il était en prison. Il me répondit que quelqu'un d'autre le faisait et qu'il n'était surement pas le seul. Quand

il est allé chercher une fille, Marc voulait qu'elle corresponde à la commande, petites hanches. Il m'a donné une description de la fille que nous recherchions.

[Un jour] je lui ai demandé pourquoi elles [An et Eefje] étaient toujours avec lui alors qu'il prétendait avoir une commande. Il me dit que les gens qui avaient passé commande étaient venus, mais elles ne les intéressaient

pas

obéissantes et soumises quand elles arrivaient chez les clients

Dutroux

m'expliqua qu'il avait conditionné les filles à être

" (28)

"Je voudrais révéler d'autres choses à propos de Jean-Michel Nihoul, mais je ne veux pas que ces témoignages soient ajoutés au dossier. Comme je l'ai dit, je crains pour ma vie et celle de mes proches. Je vous rappelle que

Nihoul m'a dit ce qui suit:'Si tu me croises, je te détruirai'.Avec ces mots il m'a fait savoir qu'il me tuerait ou me ferait tuer." (29)

Bien que condamné pour fraude financière, trafic de drogues et d'êtres humains en raison d'une énorme quantité de preuves (30), Nihoul fut en fin de compte acquitté des charges d'implication dans les enlèvements et les meurtres de toutes les filles de Dutroux. Cependant, pour quiconque s'est penché profondément sur ce cas, il est clair que tout un tas de pistes ont dû être ignorées et rejetées avant que cette conclusion soit atteinte (32), ce qui soulève deux questions importantes: Comment, et pourquoi?

*1 elles ont été censurées

*2 The Franklin Coverup, 2nde édition, Avant-propos.

*3 le 6 juin 1996, The Guardian, 'True scandal of the child abusers'. Ces lignes ont été écrites par l'auteur de l'article et ne sont pas des citations.

*4 -témoin-victime Regina Louf (X1) de Belgique décrit ses pensées lorsqu'elle a commencé à témoigner en secret en septembre 1996 (1998, 'Zwijgen is voor Daders,' p. 203).

*5 -Septembre 1989, Hugo Coveliers, membre du congrès, secrétaire du comité spécial d'investigation chargé d'évaluer la façon dont le banditisme et le terrorisme est combattu en Belgique (1988-1990), à Humo magazine (1990, Hugo Gijsels, 'De Bende & Co', p. 133-134). Coveliers devint sémateur en 1995. *6 le sergent Michel Clippe, qui l'a convaincue de témoigner

* 7-Témoin-Victime X2, officier de police. Du fait de son travail, elle a reconnu plusieurs juges et avocats parmis ses anciens aggresseurs. Certains noms et détails ont aussi été donnés par X1 et d'autres témoins (1999, 'De X-dossiers', p. 321). *8 -témoin-victime Regina Louf (X1) à propos de la reaction des médias aux rapports sans préjugés sur le cas X1 par De Morgen et Panorama en janvier 1998 (1998, 'Zwijgen is voor Daders,' p. 257).On pourra ajoutez a ce propos que dans beaucoup de ce genre d’affaires on évite de salir les vrais responsables

*9 ce qui nous fait étrangement pensé au agissement de la secte dégénérée de la franc maçonnerie dans différentes affaires voir le livre de sophie coignard un état dans l’état , les scandales de la loge P2 ect….

*10 comme nous l’avions fait remarqué l’étrange similitude d’opérations maçonniques dans des affaires similaires

*11 nous notons a ce sujet que la véritable justice n’as jamais été du au fait de l’importance de la franc maçonnerie qui œuvre pour le nouvel ordre mondial

*12 voir l’affaire des CDs de Zandvoort

*13 pour lesquels Nihoul sera en effet plus tard condamné, tout comme le trafic humain.

La chose probablement la plus importante (et non rapportée) qui est arrivée encontre coup de l'affaire Dutroux fut qu'un nombre de victimes de réseaux pédophiles sentirent que s'était l'opportunité qui ne se présenterait qu'une fois dans leur vie de témoigner à propos de ce qu'ils avaient vécu. Jusqu'à ce que Connerotte et Bourlet arrivent à arrêter Dutroux et Nihoul, et à retrouver deux filles disparues, ces témoins-victimes ne savaient pas à qui elles pouvaient faire confiance au sein du département de justice. Plusieurs de ces victimes avaient déjà essayé de parler aux autorités, mais les enquêtes ne décollèrent jamais. Les victimes en connaissaient la raison : parmi leurs abuseurs se trouvaient les hommes les plus puissants de Belgique :

commissaires de police, officiers de gendarmerie, juges, banquiers, hommes d'affaires, politiciens et hautes figures de la noblesse.

la plupart de ces victimes qui étaient venues à Neufchateau pour témoigner à propos du "réseau" elle furent désignées par un X, suivi d'un nombre.

Bien qu'il se soit avéré par la suite que certaines de ces femmes se connaissaient par le réseau, à l'époque où elles décidèrent de témoigner à Neufchateau, aucune d'elles n'avait été en contact depuis des années. Leurs entretiens étaient réalisés séparément et elles n'avaient pas accès aux témoignages des autres. Ci-suit une courte introduction sur chaque victime(33)

X1

Né en 1969. Abusée et négligée par ses parents. A 2 ans, envoyée à sa grand-mère à Knokke, qui possédait un hôte- villa utilisée comme maison close par des pédocriminels et des sadiques de haut niveau. Des vidéos pédocriminelles ont aussi été tournée à cet endroit.

Introduite à son proxénète, Tony Vandenbogaert, à l'âge de 4 ans, qui commença à l'emmener dans d'autres lieux pour l'abuser sexuellement et la torturer.

Renvoyée à ses parents à Gent en juin 1979 pour diverses raisons. Extrêmement négligée par ses parents pendants plusieurs mois jusqu'à ce que son ancien proxénète refasse surface.

Pendant des années elle fut amenée dans des soirées où étaient pratiqués des abus sexuels et de la torture. Elle réussit à sortir avec un garçon dont elle tomba amoureuse, se maria, et déménagea immédiatement en 1988, ce qui apparemment l'aurait sauvée de finir dans un snuff movie. Elle ne réussit jamais à rompre complètement les liens avec le réseau. Parfois quand son mari quittait la maison pour quelques jours en tant que routier, son proxénète et certains de ses associés apparaissaient et l'emmenaient dans des lieux où des enfants étaient abusés.

Durant ces occasions, elle était violée elle même ou devait participer à l'abus des autres. On a diagnostiqué chez X1 un trouble de la personnalité multiple/trouble dissociatif de l'identité (TPM/TDI).

Nathalie C. (X7) Née en 1969. Contactée par la BOB après les témoignages de X1. D'abord, elle nia savoir quoi que ce soit au sujet de X1. Il se révéla

rapidement qu'elle était sévèrement traumatisée et avait probablement un TPM/TDI. Après avoir été amenée pour un entretien, elle commença à parler de son père, comment il l'avait abusé sexuellement, et comment il aimait mutiler sa sœur avec des cigarettes. Elle confirma alors qu'elle avait été la meilleure amie de X1, qu'elle était au courant des relations sexuelles avec Tony et qu'elle avait eu l'interdiction d'aller au premier étage de l'hôtel-villa de la grand mère de X1. Les entretiens furent annulés par les enquêteurs suivants. X4 identifia X7 comme étant une fille qui était forcée de jouer dans des films pédocriminels.

Chantal S. Née en 1968. Une autre femme contactée par le BOB après les témoignages de X1.Elle sut immédiatement de quoi il était question. Abusée sexuellement par ses parents. Sa grand mère était dans le satanisme.

Elle déménagea avec ses parents à Knokke à l'age de 6 ans et fut amenée certaines fois à l'hôtel-villa de la grand mère de X1. Là- bas, elle a aussi été abusée sexuellement, bien qu'elle n'eu pas à endurer les sessions d'extrême torture. Elle confirma qu'un des abuseurs était surnommé "Monsieur".

Elle avait vu X1 se faire menacer avec un revolver par sa grand mère. Comme X7, elle avait l'interdiction d'aller au premier étage. Le témoignage de Chantal a donné lieu à une lutte verbale entre son mari et ses parents, durant laquelle son père admit l'avoir amenée chez la grand mère de X1. Elle essaya de se suicider et fut ramenée dans un établissement psychiatrique. X4 identifia aussi Chantal comme étant une fille qui était forcée de jouer dans des films pédocriminels.

X2

l’officier de police qui travaillait sur un aspect de l'enquête Dutroux. Quand le cas X1 fut discuté lors d'une réunion, les participants remarquèrent qu'elle semblait très troublée. Après avoir raconté son histoire d'enfant abusée à un de ses officiers supérieurs elle décida de devenir un témoin. X2 avait fini par devenir la maîtresse d'un magistrat à Bruxelles et plus tard d'un officier de niveau supérieur et porte-parole du ministère de la Justice qui était un membre du Rotary (1*). Ces deux hommes faisaient parti du réseau dans lequel elle avait été abusée du milieu à la fin des années 1980. X2 a été épargnée des sessions d'extrême torture, mais elle entendait d'autres filles parler de meurtres d'enfants et était présente à une partie de chasse d'enfants, ce dont plusieurs autres X ont aussi parlé. Certains des abuseurs et des lieux où cet abus s'était déroulé se révélèrent être les

mêmes que ceux mentionnés par X1 et d'autres X. Se retira en tant que témoin quand elle vit que l'enquête avait été sabotée, chose qui ne l'étonna pas.

X3

X3 était dans le réseau il y a longtemps, de 1950 à 1962. De 3 à 12 ans, elle a été sévèrement maltraitée et torturée à la maison, avec sa sœur. Après cet âge, son père et son groupe d'amis influent l'amenèrent dans le réseau. Elle décrivit les mêmes éléments que les autres témoins X, bien que l'échelle de l'une des réunions qu'elle a décrit est difficile à accepter sans aucun des autres témoins confirmant les pratiques à cet endroit précis (certains de ceux qui y avaient participé furent en fait mentionnés par d'autres). Avant de contacter Neufchateau, X3 avait déjà écrit anonymement sur ses expériences avec la maltraitance sur enfants et était très respectée pour son travail avec d'autres enfants victimes de maltraitance. Il fallut cinq entretiens avant que les enquêteurs n'écrivirent quoi que ce soit, et même après avoir écrit des résumés de son témoignage il a été tenté de mettre à l'écart la famille royale autant que possible - une règle tacite en Belgique, parce que le roi, en théorie, ne peut être poursuivi .

X4

Née en 1965. Comme X1, X4 a été persuadée de témoigner par un ami. Jeune enfant, elle fut prêtée par sa mère à un proxénète nommé Jacques V., qui produisait des films sado-maso avec des enfants. Son histoire est en grande partie parallèle à celle de X1, bien que X4 expérimenta tout cela au sein de différentes sectes. Elle reconnu deux amis d'enfance de X1 qui avaient été abusés, et nomma certains des mêmes auteurs que les autres témoins. Les parents de X4 se révélèrent vivre près d'une villa où X1 affirma qu'une amie fut maltraitée à tel point qu'elle était décédée.

Nathalie W. Née en 1965. Avec l'aide de son thérapeute elle donna son premier témoignage à la gendarmerie en février 1996, six mois avant l'affaire Dutroux. L'officier qui fit l'entretien refusa d'écrire un rapport officiel. En juillet 1996, elle trouva deux autres officiers de gendarmerie prêts à travailler avec elle. Nathalie raconta comment elle avait été violée par son père, membre du Rotary(*1), depuis l'âge de 6 ans. Peu de temps après elle fut amené dans le réseau et fut maltraitée par les amis de son père dans des soirées dans différentes villas dans la région de Waterloo. A l'âge de 10 ans, elle fut remise par son père à un prince et son aide principale, qui ont continué à l'amener à diverses soirées où on la maltraitait, en Belgique. Elle confirma l'histoire de X1 sur le club Les Atrebates, Nihoul et Tony. En retour, X1

reconnu Nathalie comme étant une fille du réseau et précisément à "Les Atrebates". Bien que Nathalie confirma des aspects de l'histoire de X1, elle fut facilement discréditée par ses nouveaux interrogateurs, car elle ne souffrait pas seulement de traumas psychologiques (TPM/TDI) mais aussi de pathomimie (*2 ). Cette dernière bizarrerie psychologique semble avoir refait surface principalement après que ses interrogateurs d'origine aient été remplacés par deux autres très violents (comme se fut le cas avec X1). Elle ne pût pas tenir sous cette pression et arrêta de témoigner en mars 1997. Nathalie a été durement persécutée pour avoir osé faire un pas en avant avec son histoire, peut-être plus encore que X1.

VM1

Un truand qui vint à Neufchateau en février 1997. Il dit comment il avait été amené dans un orphelinat à Mont-Saint-Guibert. De 9 à 13 ans, il était régulièrement sortit de cette maison par un juge pour enfants local qui l'amenait à des soirées de maltraitances dans des villas autour de Bruxelles. Il dit avoir travaillé plus tard comme enfant prostitué à Le Mirano, un club élitiste visité par certains des mêmes hommes cités dans les témoignages des autres témoins-victimes ci dessus, dont Nihoul. Deux jours après son prétendument témoignage secret, VM1 fut arrêté dans la rue et menacé de mort.

Remarquez comment ces victimes finirent dans le réseau : au lieu d'avoir été pris dans la rue, ils étaient amenés par leur propre famille, ou, pour un des cas, pris dans un orphelinat.

Au moins en Europe de l'ouest, l'idée d'un pédophile isolé prenant les enfants dans la rue semble applicable dans relativement peu de cas (spécialement les enlèvements permanents). Il y a une quantité significative de preuves que beaucoup d'abus sur enfants se déroulent dans des réseaux constitués de familles dégénérées et leurs connaissances (34), qui sont exploités et protégés (pour des raisons encore mal comprises) par des personnes en haut de la chaîne alimentaire (35). Les enfants dans le réseau sont souvent forcés d'amener d'autres enfants (36). Les nouveaux sont alors contrôles grâce à certaines routines psychologiques comprenant des menaces, de la honte et du remord (37).

Bien que les témoins-victimes rapportent avoir été témoins de plusieurs meurtres dans ces réseaux, dont des enfants d'europe de l'ouest, les données sur les disparitions d'enfants et les morts ne sont pas classés et donc inconséquentes (38). Pour l'ensemble de la Belgique, les estimations vont de "au moins" 43 disparitions entre 1973 et 1996 (39) à un nombre énorme de 1022 disparitions en un an, le bureau D.A. à Bruxelles affirmant qu'environ

280 enfants disparaissent par an uniquement à Bruxelles (40). De plus, si les victimes de ces réseaux ou si certains des nombres précédents sont corrects, la conclusion évidente est que les médias ne font pas attention à certaines, voire la plupart, des disparitions ou des morts d'enfants, ce qui, dans le cas des médias britanniques, semble être vrai (41).

Un aspect intéressant sur lequel plusieurs témoins-victimes de différents pays ont témoignés est une approche psychologique très similaire pour permettre aux victimes, même des maltraitances les plus sadiques, de fonctionner (d'une certaine façon) en société, et donc de ne soulever aucune question réellement alarmante dans les environs immédiats des enfants. Nous faisons ici référence à l'incitation et au maintient de troubles de la personnalité multiple (TPM) chez les victimes (42). Le TPM a été renommé en Trouble de Dissociation de l'Identité ( TDI). Il s'agit basiquement d'un trouble psychologique dans lequel l'esprit et la mémoire des victimes sont brisés en dix, cent ou possiblement un millier de différentes sous personnalités, faisant du témoignage un processus extrêmement difficile et très long. Plusieurs témoins du dossier X souffraient toujours énormément de ce trouble au moment ou ils commencèrent à témoigner.

*1 genre de clubs privés international comme les lion’s club terrain propice aux francs maçons pour le recrutement des frères lucifériens dégénérés ( voir les travaux de l’abbé barruel , les livres lucifer et le pouvoir occulte, lucifer démasqué …)

*2 qui est une tendance à infliger des dommages physiques à son propre corps pour jouer les victimes

Interroger les "états de personnalité".

Bien que ce soit un trouble psychologique confirmé à cent pour cent, TPM/TDI reste controversé aux yeux du public ( pour ceux qui en ont déjà entendu parler). Il est vrai que le TDI est un trouble complexe. Mais c'est en grande partie le résultat d'un manque d'information, et si certains des arguments politiquement corrects sont démontés, les véritables raisons sous-jacentes à la controverse deviennent tout à fait simples.

D'abord, les TDI sont intrinsèquement liés aux abus les plus extrèmes sexuellement et psychologiquement sur des enfants. Dans 97 à 98 pourcent des cas de TDI,les victimes disent avoir été abusées sexuellement depuis leur jeune age (43). Il n'est pas rare pour des patiens

à TDI de donner des détails sur des abus qui sonnent si bizarres, effrayants et énormes que, quelles que soient les preuves , cela prendrait un certain temps et répétitions pour qu'un individu moyen acceptent cela comme étant possible. Les réseaux protégés de maltraitances et tortures sur enfants impliquant des individus bien connus seraient un exemple primaire de cela.

La seconde raison est que ces réseaux sont protégés par ceux impliqués, qui ont apparament le pouvoir de faire en sorte que chaque petite information sur ces troubles apparaissent dans le domain public. En plus, un assez petit mais très influent groupe de "sceptiques", organisés autour de la fondation états unienne False Memory Syndrome Foundation (FSMSF), ont réalisé une contre attaque depuis le début des années 90 quand les rapports sur des abus rituels devinrent un peu trop répandus (44). Ce groupe a fait tout ce qui est en son pouvoir pour convaincre le public et la communauté des psychologues que les TID étaient créés par des psychologues incompétents. A cause d'une façon incorrecte de poser les questions, ces psychologues auraient insérés des "faux souvenirs" dans l'esprit de leur patient. Bien que plus d'une douzaine de membres de la FMSF aient été accusés d'abus sur enfants eux-mêmes, se soient prononcés en faveur de la pédophilie, ou aient un passé dans les recherches de contrôle mental pour tout un tas d'agences de renseignement (45), pratiquement aucun média n'a ressenti le besoin de le faire remarquer. Comme on pouvait s'y attendre, les partisans allemand et belges de cette fondation FMSF n'ont pas pu resister de tenter de discrediter X1 avec des tactiques de manuels de désinformation (46).

Mais même si les partisans de la FMSF ont essayé de brouiller les pistes d'une certaine façon, tous les manuels de psychologie font une distinction claire entre les TID et la schizophrénie. Cette dernière est caractérisée par des idées délirantes, des hallucinations et un manque de sentiment d'identité. Les différents états de personnalité d'une personne souffrant de TDI, cependant, ont tous une identité propre, et bien que leur mémoire n'est pas à cent pour cent précise et qu'il reste une possibilité de manipulation, ces états de personnalité ont vécu quelque chose de traumatisant qui est réellement arrivé à cette personne. Un court article sur le site internet de Merck, une grosse compagnie pharmaceutiques, donne un des meilleurs résumés de ce qu'est le trouble de désordre de l'identité :

"Le TID apparait comme étant un [d'autres sources disent que les TDI sont assez rares]. On peut le trouver chez 3 à 4% des personnes hospitalisées pour d'autres troubles de santé mentale et dans une minorité mesurable de personne dans les centres de traitement de la toxicomanie. Cependant, certaines autorités [la FMSF] pense que beaucoup de cas de ce trouble reflètent l'influence de thérapistes sur des personnes suggestibles "

"Le TID semble être causé par l'intéraction de plusieurs facteurs.Il s'agit

notamment d'un stress énorme; d'une capacité de séparer les souvenirs, les perceptions ou l'identité de la conscience de quelqu'un; d'une développement psychologique anormal, et d'une protection et d'une nourriture insuffisantes pendant l'enfance. Entre 97 et 98% des adultes avec un trouble dissociatif de l'identité disent avoir été abusés durant leur enfance "

"Certains symptomes peuvent refleter l'intrustion d'expériences passés dans le présent. Par exemple, la tristesse peut indiquer une dépression

coexistante, ou cela peut être du au fait qu'une des personnalités vit à

nouveau des émotions associées à des malheurs passés

ayant ce trouble sont enclins à se blesser eux mêmes. Ils peuvent se livrer à l'auto-mutilation. Beaucoup tentent de se suicider."

Les personnes

"Certaines des personnalités de la personne sont conscientes d'importantes informations personnelles, alors que d'autres ne le sont pas. Certaines personnalités semblent savoir et intéragir avec une autre dans un monde intérieur élaboré. Par exemple, la personnalité A peut être conscient de la personalité B et sait ce que fais B, comme si elle observait le comportement de B; la personnalité B peut, ou non, être consciente de "

la personnalité A

"Comme leurs personnalités intéragissent entre elles, les personnes avec un TDI disent entendre des conversations internes et les voix de leurs personnalités commentant leur comportement ou s'adressant à elles [à ne pas confondre avec des hallucinations]. Elles font l'expérience de distorsion du temps, avec des éllipses temporelles et des amnésies

"

"Les personnes souffrant d'un trouble dissociatif de l'identité peuvent ne pas être en mesure de se rappeler ce qu'ils ont fait ou tenir compte des changements dans leur comportement. Ils se réfèrent souvent à eux mêmes par « nous », "il" ou "elle". Alors que la plupart des gens ne se rappelle pas grand-chose des 3 à 5 premières années de leur vie, les personnes souffrant d'un trouble dissociatif de l'identité peuvent avoir une amnésie pour la période entre 6 et 11 ans." (47)

X1 souffrait de tous les symptomes décrit ci-dessus, et plus encore. Elle dit combien d'états de personnalité ont toujours le même âge qu'à leur création, ou comment son écriture diffère selon l'était qui était actif (48). Comme cela est évident du fait de ses antécédents de violence extrême, ces symptômes ont commencé à un âge précoce. Son proxénète n'a non seulement pas été surpris quand il a rencontré pour la première fois les états de personnalités de X1, en fait il les cultivait.

"Plus que jamais, j'ai découvert qu'il me manquait de temps. j'ai été à l'école, eu de bonnes notes, j'ai même connu plusieurs camarades de classe qui me parlait, mais d'une certaine façon tout cela s'était déroulé sans moi.C'était comme si quelqu'un d'autre prenait le dessus dès que les portes de l'école se refermaient derrière moi. Comme si la Ginie

maltraitée était mise de coté jusqu'à ce que Tony se tienne à nouveau dans mon lit ou à la porte de l'école. La Ginie maltraitée était difficilement consciente de l'école et de la vie de famille, l'autre Ginie ne semblait pas présente durant les abus, et donc vivait 'normalement'."

"Cela avait toujours été comme ça. A Knokke, chez ma grand mère, les adultes s'étaient rendu compte que je parlais aux voix dans ma tête, que je changeais rapidement d'humeur, ou même que je commençais à parler avec une autre voix ou accent. Bien que je n'avais que 5 ou 6 ans, je compris que quelque chose comme ça était bizarre et n'était pas permis. J'ai aprris à cacher mes voix, mes autres 'moi'. Après ce qui était arrivé à Clo, les voix, et le sentiment bizarre que j'étais parfois menée par les voix internes (personnes ? - sic) devint plus fort. Après l'initiation, je ne résistais plus aux voix. J'étais heureuse de disparaître dans le néant, et seulement reprendre conscience quand Tony était là. La douleur semblait plus supportable. "

"Tony était le seul adulte qui comprit que quelque chose n'allait pas dans ma tête. Il ne devint pas fou à propos de cela, mais il le cultivait. Il me donnait différents noms: Pietemuis, Meisje, Hoer, Bo. Les noms devinrent lentement une part de moi. La chose étrange était que s'il mentionnait un nom, l'humeur qui correspondait au nom était immédiatement appelée. Pietemuis (petite souris) devint le nom de la petite fille qu'il ramenait à la maison après l'abus - une fille effrayée et nerveuse qu'il pouvait réconforter en lui parlant d'une façon bienveillante et paternelle. Meisje (fille) était le nom de la partie de moi qui appartenait uniquement à lui. S'il m'abusait dans mon lit tôt le matin, par exemple, ou s'il n'y avait personne autour de nous. Hoer (pute), le nom de la partie de moi qui travaillait pour lui. Bo, la jeune femme qui s'occupait de lui s'il était saoûl et avait besoin qu'on veille sur lui."

"'Maintenant tu me laisse m'occuper de ça,' disait-il quand je lui demandait avec curiosité pourquoi il me donnait tant de noms, 'papa Tony te connais mieux que tu ne te connais toi même.' C'était aussi vrai." (49)

Parmis la centaine d'états de X1,se trouvaient Kenny, un jeune état qui avait affaire à certaines des pires tortures; Stone, un des plus durs qui répondait à Tony et pouvait contrôler ses peurs; et Moon, née pour faire face avec un extrême sang froid (50).

Malgré plusieurs années avec un psychiatre, X1 souffrait toujours énormément de TPM/TDI quand elle contacta pour la première fois la cellule d'enquète de Neufchateau en septembre 1996. Il fallut du temps avant que ses interrogateurs, Patriek De Baets et Philippe Hupez, commencent à comprendre comment travailler avec elle, mais à la fin, témoigner se révela être la façon la plus productive de réintégrer l'esprit de X1 (51). Ce fut un process long et extrèmement stimulant cependant, et pas seulement pour X1. Parfois, les longs silences et les attaques de panique rendaient presque fou les enquêteurs. Un exemple de l'une des

séances d'entrevue:

Meisje "

douleur et de tristesse. Elle sent la présence d'autres victimes si bien qu'elle peut presque les toucher avec ses pensées. Frissonnante, elle

rampe contre la boiserie de la fenêtre et se serre contre elle comme si elle

veut disparaître en elle

appuyé contre le rebord de la fenêtre.

'Quelles sont les filles dont tu te souviens toujours, fillette ?' demanda-t-il, prononçant par coïncidence son nom [de l'état actif, "Fille"]. '

'Vero, Mieke, Clo, Noelle, Chrissie

souvint de chaque visage, chaque enfant. Patriek était perplexe. Après une audition si difficile, tout d'un coup, il entendait son témoignage, avec la voix d'une jeune fille, donner une série de noms qui le rendit silencieux. 'Sont elles toujours en vie?' Meisje [fillette] leva ses épaules. 'Certaines oui, je pense. D'autres non.' 'Qui est mort?' demanda-t-il calmement. 'Chrissie,' murmurais-je. Patriek demanda comment. 'Ils l'ont brulé.' 'Où ?' 'Dans une cave,' murmura-t-elle encore plus silencieusement. Et elle se

retira au fond d'elle-même, luttant contre l'odeur du liquide qu'ils avaient versé sur elle. Alors qu'il voulut en demander plus, elle secoua la tête. 'Je veux rentrer à la maison,' supplia-t-elle. Loin de ces souvenirs horribles. Mais Chrissie ne sortait plus de sa tête.

Ses cris, ses appels à l'aide

ensemble cette semaine, comme si le temps était quelque chose de maléable, et devenait vivant à nouveau dès que les images étaient rappelées. Mon fils, que j'avais chéri; Chrissie qui peu après a été horriblement

punie; les cris dans ma tête. La folie que j'avais ressentie les jours suivant.

[fillette] est assise sur le rebord de la fenêtre, saturée de

Patriek [De Baets] est debout à côté d'elle,

dit-elle de façon fluide, car elle se

Tiu [l'enfant assassiné de Regina]. Tout vint

La folie qui avait commencée quand ils "

images venir

mais je refusais de laisser les

" Douleur ? En effet. Cela fait tellement mal que je pouvais seulement dire via un détour qui était avec Chrissie ce jour là. Cela fit presque sauter Patriek et Philippe au plafond. Devant eux ils voyaient une femme adulte, effrayée alors qu'ils devaient communiquer avec Kenny, l'état fortement traumatisé, qui était devenu presque autiste après la mort de Tiu et Chrissie. Kenny détenait cette information, mais ne pouvait pas

parler

BOB. Ce n'est que grâce au soutien des autres états, qui écoutaient tout du long et se trouvaient près de lui, qu'il a été possible pour Kenny,

Têtu,

effrayé, fuyant, il a repoussé les questions des agents du

bégayant et divagant, de raconter son histoire. "(52)