Vous êtes sur la page 1sur 906
Huygens, Christiaan (1629-1695). Oeuvres complètes de Christiaan Huygens. 1888. 1/ Les contenus accessibles sur le
Huygens, Christiaan (1629-1695). Oeuvres complètes de Christiaan Huygens. 1888. 1/ Les contenus accessibles sur le

Huygens, Christiaan (1629-1695). Oeuvres complètes de Christiaan Huygens. 1888.

1/ Les contenus accessibles sur le site Gallica sont pour la plupart des reproductions numériques d'oeuvres tombées dans le domaine public provenant des collections de la BnF.Leur réutilisation s'inscrit dans le cadre de la loi n°78-753 du 17 juillet 1978 :

*La réutilisation non commerciale de ces contenus est libre et gratuite dans le respect de la législation en vigueur et notamment du maintien de la mention de source. *La réutilisation commerciale de ces contenus est payante et fait l'objet d'une licence. Est entendue par réutilisation commerciale la revente de contenus sous forme de produits élaborés ou de fourniture de service.

2/ Les contenus de Gallica sont la propriété de la BnF au sens de l'article L.2112-1 du code général de la propriété des personnes publiques.

3/ Quelques contenus sont soumis à un régime de réutilisation particulier. Il s'agit :

*des reproductions de documents protégés par un droit d'auteur appartenant à un tiers. Ces documents ne peuvent être réutilisés, sauf dans le cadre de la copie privée, sans l'autorisation préalable du titulaire des droits.

*des reproductions de documents conservés dans les bibliothèques ou autres institutions partenaires. Ceux-ci sont signalés par la mention Source gallica.BnF.fr / Bibliothèque

municipale de

(ou autre partenaire). L'utilisateur est invité à s'informer auprès de ces bibliothèques de leurs conditions de réutilisation.

4/ Gallica constitue une base de données, dont la BnF est le producteur, protégée au sens des articles L341-1 et suivants du code de la propriété intellectuelle.

5/ Les présentes conditions d'utilisation des contenus de Gallica sont régies par la loi française. En cas de réutilisation prévue dans un autre pays, il appartient à chaque utilisateur de vérifier la conformité de son projet avec le droit de ce pays.

6/ L'utilisateur s'engage à respecter les présentes conditions d'utilisation ainsi que la législation en vigueur, notamment en matière de propriété intellectuelle. En cas de non respect de ces dispositions, il est notamment passible d'une amende prévue par la loi du 17 juillet 1978.

7/ Pour obtenir un document de Gallica en haute définition, contacter reutilisation@bnf.fr.

ŒUVRES

CHR~STIAAN

COMPLÈTES

DE

HUYGEJS'S

PUBLIÉESPAR LA

SOCIÉTÉ HOLLANDAISE DES SCIENCES.

ŒUVRES COMPLÈTES

M

CHRISTIAAN HUYGENS.

Imprimerie de JoH. ENSCHRDÉ & Fin, Harlem.

(~

(~<<M'

'2~6~

~Î?D

frère de Christiaan, d'âpre un mcdai))ot) appartenant au mx~ccommxnattteta Haye et se trom'ant maixtenaot Atitre

dcpre[aumu:ee-Huy);e))st!of\ijckaVoorburg.

Lt.'J"

?<fct'!f'f~i;'('tC<t'.N\'t;f\M~<'f'tM')~"t.)<~o

t'ftnt.;)))f'));fi).~ft.)frf)~r~

ŒUVRESCOMPLÈTES

f!t'.FI

CHR.ISTLAAN HUYGENS

t'UttUÉM PAR LA

SOCIÉTÉ HOLLANDAISE DES SCIENCES

TOME VINGT.ET-UNIÈME

COSMOLOGIE

LA HAYE

MARTINUS NIJHOFP

'9~4

COSMOLOGIE

Avertiffement

général.

Nous rëuni(!bnsdansce Tome toutes les Pièces à l'exception des Journaux de voyage, et d'un atîez grand nombre de "Varia",parmite(que)sles "Variaacademica", dont fait partie la Pièce publiée en topg fur la forcemouvantede l'explofion de la poudre à canon qui n'ont pas encore vu le jour dans les Tomes précédents1).

Elles peuvent toutes, nous (embte-t-it, être appelées cofmologiques; car l'homme lui-même, microcofme qui confidère l'univers, ne fait-il paspartie du Cofmos?Les rénexionsde Huygens, non feulementfur la cofmogonie, maisencore fur la (bciété humaine, fur la vie et lamort desindividus,furleur raifon '), furleur dénrde gloire3)

et de bien-être, fur leurs afpirationsdiverfes, trouvent fort bien leur place, penfons- nous, parmi les Piècesde nature aftronomique. En effet, le Cp/w<~o~ lui auffi,i,

dernier ouvrage de Huygens,par lequel le préfent Tome fe termine, traite en partie d'agronomie proprement dite et en partie de confidérationsfurleshabitantsde nocre planète et fur ceux qu'on peut fc figurer fur les autres.

') A)adernierepage(p.6:2)duT.XXnousavonsrenvoyck)e<fteurauT.XX!pour!es,,Hxcerpt3

G. G. L."

Nous pensionsque le

T.

')

exepistotaC.H.Z.ad

contenir les différents ,Varia". Ceci s'étant montré impossible, c'est dans le T. XXH qu'il fau-

dra chercher nos remarques sur les ~Ëxcerpn". Voyez ta p. 663.

XXIpourrait, outre iaCosmotogic,

~) M~ fuiv

ctTfro'~t y* xzt eu(3L«ù< 9ttTo)o<~t' ft!~<

!!iade XX!! 304-305).

Mfa< Tt *stt !T?etifM[7<''j{f:TJ'9tt (Hoînere,

Comparez la note t ï de)a p.5:f où nouscitons unpOt'medcLongfe))')~ai))fiquc)ap.

5

où nous publions des vers de

Huygens tui-m~me.

AVF.R. TtSSbMENTGÊNEUR.

Le T. XV, voué à l'agronomie pure, ne contenait pas encore tout ce qui <e rap-

porte à ce fujct. !) refait des Pièces importance!. telles que celles fur le

planétaire,fur

)'aftroicopia compendiaria", fur la forme ipherdidate de la terre, fur la caufede la pcfanccur. En étudiantces Pièceset les autres publiées dansle préfentTome, nousavons pu

conftaterquc Huygens,déjà avant l'apparition des ,,Principia" de Newton,(efeniait de plus cn plus attire par la théorie de Kepler des orbites elliptiques des planètes, tout en n'étant pas entièrementconvaincude la réalitéde cette tonne. Ce n'eft qu' après avoir lu Newton qu'il accepta fansréfervela théoriedes orbes elliptiques, et

cela tant pour les comètes que pour les planètes.Quantat'hypothete de forcesin- erfement proportionnellesaux carrésdes dittances,exercées, apparemmenc difhnce (inftantanement, à travers un efpaceabfolu, fansaucun intermédiaire),par chaque particule matériellefur toutes les autres ~), il n'a pu l'accepter dansfa généralité. Ce- pendant voyez notre Avertiftemeniau Difcoursde la Cau<ëde )aPe(anteur,ainf1 que la p. 3?~ qui fuit il parait douteuxfi ion hyporhefe de tourbillonsmultilaté- raux ~), expliquant non feulementla pesanteur ten'enre maisaufticelle des planètes et des comètesvers le foleil,laquelle il a maintenue jufqu'à fa mort, le facisfaifait plei- nement. L'influencede Defcartesfur lui refta toujoursgrande, maison le voit s'en émanciper de plus en plus, ce qui appert auffi par le fait qu'il croit devoircombattre fa métaphytique~). On remarquera en outre voyez e.a. la p. gt t l'influence des écrits philofophiques de Cicéron.Nous ngnatons d'autre part cellede fon con- temporainaîné, la Mothe le Vayer.

'*) Voyez sur le

sentiment de ~'e~'ton lui-mêmetes p. ~33 et ~p~ qui snive))t.

2).2.?–5~7,602, <!6/ et Sa6.

') Mentionnée aussi aux p. 50~506.

(note

~) Voyez not~mmoit )e. p.

HUYGENS À L'ACADÉMIE ROYALE

DES SCIENCES. ASTRONOMIE.

Avertiffement.

L'obfervation iy~ématique des étoiles fixesdans le but d'établir leurs coordon- nées devint poulble à Paris dès qu'on put difpofer des inftrumentsnécenaires.On

peut trouver un aperçu des perfectionnements créant en ces jours une ~véritable révolutiondans l'art d'obferver" e.a. dans l'article ,,Hi(toire de la Phyfique"par Ch. Fabry publié en 1024. et faifant partie du Recueil ,,Hifbire des Sciencesen France" '). Nous avons déjà imprimé dans le T. XIX') le difcours (ou la note écrite) de Huygens fur la poflibilité de faire des tablesbien plus exactes que celles antérieurementconduites des lieux des étoilesfixesainf) que du mouvementdes aftreserrants.

La premièrePièce, tirée du Regiftre de l'Académie,qui fuit-les fept autres font de fimples renvois au T. XV et, dans deux cas, au T. XIX date de i666(ct en

partie de 166~) commele difcoursmentionné qui peut même être cenfé en faire partie, ce que le titre de la Pièce1 fait voir. Caffinine vint en France qu'en 166~ et

achevé qu'en 1672. En t666 et dansles annéesfuivanteson

obfervait encore, en fe

l'Obfervatoirene fut

fervant des ,inftrumens qu'on a defia" 3), dans le jardin de

')

L'article se trouve dans le T. XIV (Histoire des Sciences en France, Premier Volume, Intro-

duction génërtte par Emile Picard) de )' "Histoire de la Ntdon fronp~ise"(dir. G. Hanotaux), Paris, Soc. de Fhist.ntt. Librairie Pion.

') T. XIX, p. 258363. Voyez à la p. 39 le § t de la Pièce t qui suit.

3) T. XIX, (. $ d'en bas de la p. :6~. Voyez )t p. 87 du T. VI sur un ~rtmt "quadrant" que, d'après une lettre de Huygens de novembre 1666, on construisait en ces jours "sur le pignon d'une maison".

8

AVERTt&iMtEKT.

)a Bibliothèquedu Koi ~). Le titre de la Pièce 1 rappelle autnI' ,,0b)ervation déj~ publiée dans le T. VI <) de t'Eclypte du Soleildu 2' Juillet 1606 faite dans la mai)bnde MonfieurColbert" ~): elle eft en effet tirée, elle au(f!, des pages du Re- gillreque nous conndéronsici. Parmi ,,tes inftrumens qu'on a" ilconvientde Hgnaler

les horloges du Huygensqu'il avait apportées de la Haye: elles furent employées danst'obtervationde l'éclipfe",). Les communicationsde Huygens de la Piècet font partie d'un eniemMede com- municationset de discudionsentre divers membresde l'Académie.Une publication

intégrale de cet enionHe feraitfansdoute phisinftru~h'e.C'efM'cpoquedontFabry dansl'articlecité plus haut (Chap. II. Le dix-fepticmenccle) dit: ,,Des réfultatstrès importants furent obtenus en agronomieainfi que dans l'art des obfervations; c'eft pendant cette périodeque fut inventéle micromètre pour les obfervationsafirono-

miques nous difons quelques mots fur ce fujet un peu plus loin ')

réatife l'emploi des tunettes pour la mefure des angles et t'ufage des horlogespour lesobfervations agronomiques, et ce fut vraimentune œuvrecolleétive.En phyuque, les réfuttatsfurent moins importants, bien que certaines expériences tur le pendule, fur t'étafticitédes gaz, fur t'écoutementdes liquides aientcertainement été, en partie, le résultat d'une collaborationene<ftiveentre les académiciens ~). Toutefois, cette collaborationdevint de moinsen moins profitable". Cette publicationintégrale ferait cependantdéplacée dansles Oeuvresde Huygens. Commeailleursnous fuivonsune

que fut

-*) Rue Vivienne. Voyez la note 3 de la p. 498 du T. XVH. La maison de Colbert (voir le

texte)

était fort pre.s de la Bibliothèque du Roi (T. Vt, p. 212). Comparez l'endroit du T. VI, se

rapportant au "quadrant" de 666,que nous avons cite dans la note précédente.

!)T.V!,p.s8-66.

~) Vous avons déjà dit dans la note de la p. tti du T. XVH! qu'on fit évidemmentusage en cette occasion des horloges/?;/<'fwem<.yM~et non pasd'hortoge< ~'<'n/M/ comme <edit la p. <~f du T. VI ces dernières étaient des horloges w< ~)P. f8–!9.

") Vovcz sur t'ccouk'ment des liquides et de l'air comprimé, etc. iesp. !66–

et 120 -142 du

T.XtX. l'our ptu< de défaits, notamment sur t'astronomie dont nous traitons ici, on

ment consulter aussi )' ,,His[oirede t'Academie Royale des Sciences,depuis son établissement

en t&66 iusqu'.) t6po". T. I, Paris, (;. Martin e. a. MDCCXXXHt, et, pour avoir une vue

d'ensemble, on

au T. XVtH) qui se trouve dans le T. VI de

put'tice sous la direction de K. !.aviséeet A. Rimbaud.

évidem-

peut

encore lire i'articte "Les

peut

Sciencesen Europe" de P. Tannery(cité aussi t'Histoire!;enera!edu tV'siëcte~nosjour!

AVERTISSEMENT.

9

voie moyenne9). La tedure de ces pages du Regi~re donne en effet l'imprefrionque c'eft furtout au début que les membress'intëre~renc gënératemenc à l'aftronomie.

La Pièce1 débute par un difcours d'Auzout; commeil s'agit icid'une feuillecollée dansle Régime dont la date précise eft indéterminable, nous ignorons fi ce difcours eft antérieur ou poftérieur à la levure dansl'Académiedu programme de Huygens publié dans le T. XIX'°) qui commence, conformémentau difcours d'Auzout, par l'alinéa: ,,Trouver la ligne meridieneet la hauteur du pole de Paris, qui font les fon- dementsde toutes autresobfervations agronomiques". Ce fut Auzout ") qui ,,cxpo(a le premier à Louis XIV l'utilité de conftruireun

obfervatoire Paris" "). Huygens,lui, était convaincu longtemps avant 1665 de ta nécefntëde trouverexaétementla ligne méridienneet la hauteur du pole: voyez, à la

p. 520 du T. XV, le début du § g datant probablement de 1658 ,,Stetlarum omnium fitus ope horologii et binorum perpendiculorum defcribi poterunt fi poli attitude et meridianusloci exa~c cognitus fuerit". Ce “§ s" de 1658 correfpond d'ailleursau

~)VoyezdansieT.X!Xte!p.

Hâta

~Statique" et

!7o(note i), t73(avant-derniera)inea), tSt–îS~

(Appendice

de 666

à la "Dynamique"), 255 (note 2; ici il s'agit de la note d'Auzout

ou 1667, § de la p

des observations et des discours de Cassini et de Picard sur les comètes), 203 (note 3, même

sujet), 3)0 (discours de Cassini sur )e même sujet), 330–331, 339–340, 344–345, 400

(note 6 traitant des observations des satellites de

439441 (notes), 63001 suiv. (différents mémoiressur la cause de la pesanteur).

5 qui suit), 257 (note 7), 262 (note t), 283 (note i, où il est question

Jupiter), 4~, 432 (sateiiites de Jupiter),

-)T.X'X,p.=5s-257.

") Consultez sur

des sciences.Les

Auzout (né en 1630 s'il faut ajouter foi à E. Maindron ~L'ancienne académie

académiciens < 666–<7p3", Paris, Tignol,

t8p5)ia note 3 de iap.3p) du T.

que peu

aussi la p. 267

avant le départ dennitifde Huygens de Paris; voyez son nom

(voyez

question

d'observations de la comète de t68o–

déjà

rencontré Auzout

t, où nous avons dit qu'il quitta Paris en 1668 pour se rendre en Italie

du T. VI). !) ne revint

dans la note 3 de la p. 293 du T. XIX où il est

t68t. La lettre de Huygensata page citée du T.Ifait voir qu'il avait

en <6~ )orsdesa première visite à Paris. li le vit de nouveau à Paris en )663.En t664ii entra

en correspondance avec lui; voyez le T. V. ") Nous citons L. F. A. Moury "Les académiesd'autrefois. L'ancienne académie des sciences",

Paris, Didier et C.

t864. Voyez la Dédicace au Roi de l' ~Ëphéméride du Comète de la fin

l'année t665" par Auzout, Paris, t66$. Comparcx

de l'année t664 et du commencement de

aussi la fin de la note 2 de ia p. 955 du T. XIX.

i

tO

AVERTISSEMENT.

préfent§ s" de la p. 28 la divifionen §~provient toujours de nous fans qu'il s'agifïe, bien entendu, d'une traductionlittérale du latin en français. Sans parler direc- tement du prêtent § 5, nous avonsdit dansce T. XV de io2< en citant au long la ,,Regi:e ScientiarumAcadcmia:Hilloria" de t/oi de du Hamet: "La méthodedé- crite dans ce paragraphe[S 5 de 1658] fut communiquée en t66~ [te brouilloneft de 66~ voyez l'Appendice 11 que nous citonsauffià la fin du 2 a ta p. 2~ qui fuit] à l'Académiedes Sciencesde Paris".

Déjà en 1658, un an après l'inventionde l'horloge à pendule,Huygcns <erendit parfaitementcompte nous l'avons dit à la p. ~t8 du T. XV du fait que cette invention "mec lesagronomesa mêmede remplacer la mefuredes hauteurs par l'ob- fcrvationdes pafïages", ce qui eft le fujet traité dans l'un et l'autre § 5. Nous avons brièvementréfumé !e <; de 16~8 dans le deuxièmealinéa de la p. 521 du T. XV difant qu' "il démontre que l'obfervationdu padage d'un afire par lesdeux plans AB

et AC[ce(bnt dans la Fig. 3 de la p. 30 qui fuit, les planspauani refpecnvementpar les filsverticauxAB et CD d'une part, AB et EF de l'autre] ne donne pas feulement t'ascennondroite maisencorela déclinaifonde l'afire".

N'aurait-on jamaisfongé à appliquer cette ingénieufe méthodeà l'obfervatoircde Paris pendant le féjour de Huygen;<dans cette ville? Nous'~) avons dit dans le T. XV en citant un livre de 8~~ '~) que ,,cette nouvelleméthodeallait développer l'agronomie pratique d'une manièretout-a-fait imprévue dansla fecondemoitiédu

dix-feptièmeuecte", puifque vers 1689 t'mu~re aftronomedanoisOle Rumer conftruiut t'inftrumentde patfage,précurfeur du cercle méridien"; que ,idée de Huygens ne s'eft pas réatifee tout-de-fuite,que nous fachions ce n'eft que vers 168p [plus de 21 ans après la communicationà l'Académie]que Rômer conttruifit

(on iiiftrumentde paflage[,,machinaazimutha)is"]qui pouvait être orienté, fbitdans le méridien, foit dans le plan du premier vertical". (On voie une partie du cercle

'~) Ou,pourparlerplusclairement, lesrédacteursduT. XV.

'~) P. 5 18et ~at; il s'agit de la "Geschichteder Astronomie" de R.Wotf(Munchen, R. Olden-

bourt;). R. Wo)fécrit:

~[Esjsetxte etwa 680 Rumerdcm[TychonischenMtuer-JQuadrxn-

tanger AchseimMéridien spielendes

Passagen-instrumentes emen

[enein sog.Pasjageninstrumcnt an dieSeitc.d.h.einan

Fcrnrohr.Den naheliegenden Gedanken an der Achsedes

Kreisxn befestigen, derebeoso genaueHôhenabiesungen erta.ubtalsdasFernrohrEinstcllun-

gen, haKezwarebenfallsschonRomernicht nurgefeMt,!ondernauchmit Erfo)gau<gefi)hrt", commecelaressortdesa correspondance avecLeibniz.

AVERTISSEMENT.

1 1

horizontal, et au(Hune partie du cercle vertical, mobileautour d'un axe vertical, de cette ,,machina aximuthatis"ou azimutal, dansla Fig. 100 de la p. 60 de noire T. XVIII). Nous aurions pu citer aufnDelambre qui dans le,,Difcourspreliminaire" de fon ,,Hiftoire de l'agronomiemoderne"de t82tdit en parlant de Picardet du ,,(y-

fième d'Agronomie pratique, qu'il avait expofé à l'Académiedès l'an i66p" '<):

"On lui fit attendredix ans le quart de cerclemural qu'il demandaitavec des inftan-

ces continuelles; il n'eut pas le plaifir de le placer lui-mêmedans)e méridien, il était mourant [en 1682] quand enfinl'inftrumentfut terminé.En attendant, il avait cuayé de faire tourner une lunette dans le plan du méridien.Cette idée fut réatiiec par fon élève Roemer, et perfe~ionnéepar tes modernes.Elle a fournil'un des deux inftru- mens fondamentauxde t'Anronomie.Roemer conftruint donc la première lunette méridienne". (Cette longue lunette méridienne, mobilefeulementdansle méridien, conn:itueun deuxièmeinftrumentde Roemer qu'il ne faut donc pas confondreavec fon azimutal; il l'avait dans fa maifbn et la déngne par conséquent par !e nom ,,machina domeftica". L'azimutal avait deux lunettes courtes tournant fur des axes courts). On peut auni tenir compte de publicationsplus récentes que cellesde

182 ou 18~. D'ailleursDelambre(avait déjà fort bien quc"les observationsd'Au-

zout de Roemer [amené par Picardà Parisoù il (ejouma de !6/a à 168!] ont été perdues. Touteslesrecherches qu'on a pu faire pour les retrouverontété vaines'~)." Voyezcependant chez Horrebowune obfervationconfervéede Roemerde t6~3 '~).

Roemertravaillaitfansdoute beaucoup à l'obiervatoh'epuifqued'après les "Comptes des Bâtimentsdu roi Louis XIV ") il recevaitune pennon et des gratifications; en 1680il reçut 3200 livresde penfion et 1000 livresde gratification"en conndération

's)P.xm!.

'*)

Delambre ~Histoire de l'astronomie moderne", T. II, p. 620. Deiambrcle dit en citant te H\ re

de )~~t de P. Le Monnier qui faisait la même remarque: ~Histoire celeste, ou Recuei! de tou-

tes les observations astronomiques faites par ordre du Roy, avec un Discours prctiminaire sur le progrès de l'astronomie où l'on compare tes plus récentes observations à celles qui ont été

faites immédiatement après la fondation de

nicr se proposait de publier deux volumes, il n'a pu publier que le premier.

l'Observatoire roya)" (Paris, liriasson). Le Mon-

'~) P. Horrebow.~nasisAstronomia' sive Astronomie Pars Mechanica", !/3$. Voyci! le titre

complet à la p. 600 du T. XVIII. Onlit aux

in observatorio Regio anno )6~, etc." I) s'agit ici de la ~tnethodusobservandi irquinoctia" avec l'instrument de Roemer ~amphioptra sive tubus reciprocus". Horrebow dit avoir copié

depuis.

p. to6–)o~Sequiturobservatiohabita!'arisiis

l'observation d'un papier de Roemer brù)e

'~) Cités par C, Wolfauxp. soo–aot de son livre de )possur)'0bservatoirede Paris.

122

AVKRTt&iEMENT.

des découvertes qu'il a faites en l'agronomie" '~). Il eft d'autre part certain que

Rocmeravait déjàpendant fon féjoura Paris,plus précifémentdepuis67$ environ, le deffeinde conftruirefon inftrumentde paffage(ou fes inftrumentsde panage)

puifqu'il écrit en 1700 à Leibniz: ,,Ex magna proindecogitationumfarrajine,hac vice defumamarticulumde Inftrumento, cui uni aptum sedincium jam per XXV annos exoptavi, fed nunquam obtinere licuit, omni ex parte voto iaiisfaciens" '°).

C. Wolf écrit à ce propos: "Roemer fe plaint de n'avoir pu, pendantvingt-cinqans,

trouver nu!!e part un emplacement tout à fait propre à t'in(ta!tationde fa lunette méridienne.U n'y avait pas en effetà l'Obtervatoireun endroit qui luioffritdeuxmurs folides etc. "). A Copenhague, où il était le maitre, Roemerne fut pas d'abord plus heureuxetc." Puifque nous avons cité plus haut Delambrefur Picardet le cercle mural, nous obfervonsencore que, d'après les papiers de Cafïmi (C. Wolf, p. 204), celui-ciavait fait conftruiredès fonarrivéeà l'Obfervatoire, de nombreux in~ruments, e.a. "deux quarts de cerclemuraux, plufieursquarts de cercle mobiles, un azimutalpourvude ~M~cercles entiers, etc. (Voyez d'alleursau S t de la Pièce1 qui fuitce qu'Auzout difait déjà en 1666 ou ï 667 fur la nëcefitie d'avoir "un azimuthalioint au quart de cercle" ou ,,un azimuthala part avec des filetsou autrement"). Quant aux obferva- tions de Caffini, celles-cin'ont été publiéesqu'en i poopar G. Bigourdan, agronome de l'Obfervatoire,fousles aufpices de l'Académiedes Sciences; maisil y a une lacune du s juin 674 jufqu' à 680 (C. Wolf. p. ao6–208). Somme toute, on peut confidérercommenullement improbableque les travaux de Roemerexécutés à Copenhaguedepuis t68t *') fe rattachent à fes travaux, et

plusgénéralement à des travaux,exécutésà l'Obfervatoirede Paris ~).

'~) Voyez sur le micromètre de Roemer le Cap. XIII (,,De Micromeiro Roemeriano")deit ~Basis astronomie" de Horrebow.

'") Même endroit. H s'agit d'une lettre du t s dec. t/oo publiée dans les ~Miscettene: berolinen-

sia", continuttio

t7:7, p. 276.

") R. Radau dans son article de t868 dans la "Revue des deux Mondes" de Paris (,, L'observa-

toire de Paris depuis M fondation") va juiqu'i) dire: “)€ donjon que Perrault avait conçu, et qui fut exécuté m<)p'é tes réclamations les plus énergiques des hommesdu métier, était com- pt~tement impropre aux observationsdu ciel".

de sa

mort, ainsi que cellesde son élève Horrebow qui lui succéda, sont également perdues t d'inn-

mes restes près, par suite de t'incendie qui dévora l'observatoire de Copenhague en t/aS.

")!)f)Ut noter que les observations de Roemer

faites à Copenhaguejusqu'en t~to.annëe

AVERTISSEMENT.

1 g

Il eit toutefoisabfolumentcertain que la méthodede Huygens ne fut pasappliquée

à Paris pendant fon féjour autant qu'elle le méritait puifqu'après fon départ il écrit à de la Hire: ,Je vous recommandefur tout de fairemettre en e(ht le grand quart de cercle pour les hauteursmeridieness'il ne t'e(t pas encoreet de fonger enfuite à dé- terminer les lieux des efloilesfixes par le moyen de ces hauteurset des differences des afcenfionsdroites.Comme depuispeu j'ay ettudie d'avantage en Agronomie que

partepa(Te a l'occasionde la machine planétaire.jereconnoisau(!tdep!usenptus le befoin que l'Agronomiea de cette correctiondes lieux des efloiles qui fercde fon- dementa tout le re<te" ~).

Nous croyons apercevoirque plus tard de la Hire a appliqué à Paris la méthode de Huygens'!).

Uigourdan dans son livre de 1920 "L'astronomie, évolution des idées et des méthodes"

(Bibl.d. philos. scientif. E. Flammarion, Paris) dit à bon droit

dansteChap.

question

VI ("Application

est difficileà tran-

nous ignorons

des lunettes et du micromètre aux quarts de cercle. Instruments modernes" l "Instruments méridiens"): "Avec son quart de cercle murai placé dans le méridien, Picard voulait évidem-

ment déterminer les hauteurs méridiennesdes astres; mals voulait-il employer le mêmeinstru-

ment

cher. Nous l'avons vu installer une lunette murale mobile dans le méridien, mais

si son axe était court comme celui des quarts de cercle, ou s'il était long; et la question est

importante, car avec

un plan parfait. C'est du moins ce

lunette sur un long axe et créa ainsi la lunette méridienne; mais nous manquonsde <<

l'invention de cet instrument

à la détermination des différencesd'ascension droite? Cette

un axe court il serait à peu prés impossible de faire décrire à la lunette

qu'aperçut bien son éiéve Roemer qui plaça une [longue]

[nous soutignonsj'.

sur

~) Dans sa ~Geschichte der tStronomischen

(Leipzig,

MeMwerkzeuge von Purbach bis Reichenbach, 145°

W. Engelmann) Joh. A. Repsold exprime des doutes sur la con-

struction de l'azimutal de Picard. Mais ces doutes ne reposent sur aucun document. Au con-

bis 1830" de !po8

traire, Repsold nous apprend que cet azimutal est dit avoir été construit en

pour le prix de fr. 387.

1678 par Migon

C'est uniquement ce prix peu élevé qui le rend méfiant.

Magni jussu

24) Lettre du tp février t689, p. 344 du T. VIII.

") Dans ses ~Tabula; astronomice Ludovici

et munificentia exaratte et in tucem

de la Hire écrit

(voyez

sur

edite" etc. de [70:

la détermination de la réfractiox atmosphérique la suite du présent Avertissement) p. 07:

("Usus Tabularum", Preceptum

etiam

meridiana sit po

toris in loco obscrvationis, ex

nous citons la deuxième édition de !7:7

XIX):

,,A)tera refractionis observandi Methodus. Possumus

refractionis quantitatem obtinere, ex observatione uniusejusdemste)tf,cujus altitudo

graduum,

aut

paucis gradibus minor. Cognita enim altitudine Poli vel Aequa- altitudine meridtana stettKhabebitur ejus vcra dcclinatio, cum

circa verticem vel Zenith refractiones sint Insensibiles.

AVERTUSEMBNT.

En confidérantlesinftruments précurfeurs des inttrumentsde pafîagedeRoemer,

on peut aumavoir égard à ce que Huygens écrit aux p. 35 et 3~, datant de i 68o, du

ManufcritF: ,,La melinelunette pourra fervir et pour prendre les egales hauteurs d'étoile, eftant fufpenduepar un fil; et dans le cerclemeridienefhnt t'ufpendue[à des fils] par les deux bouts. les bouts d'en haut [de ces nts] font attacheza deux petites avancesde leton fcelleesdans un mur qui foit difpofè nord et fud, commeles co~ezdes fenêtres meridionaleset feptentrionales de t'obtervotoire. l'on connoi (tra fi la vifuellede la lunette, haufîeeou baiuee, demeuredansun même azimut,par

le renvcrfementde la lunette ~)." Il eft permis de fuppofer confultez l'Appendice

IV qui fuit datant de 1674 que Roemer converfaitfouvent avee Huygens~)

fur des fujets d'agronomie. Voyezl'Appendice V fur les pages citées de !68o du ManufcritF.

Une difficultéetTentieUe qui fe préfente dans la détermination précife de la hau-

teur d'un aflrc nousle difons

c'eft la rcfra~ion atmofphérique. À

toujours h propos de cette méthodede Huygens

la p. 2 (non numérotée) de fon ouvragedéjà cité

dansla note!0 Le Monnierdit: ,,Per(bnncn'ignoreaujourd'huiquelprogrès )'A<tro- nomiefit tout d'un coup en Francedèst'étab!i(Iementde l'Académie:M" Huyghens, Picard& Auzout publièrent alors de fi bellesdécouvertesfur la manierede perfec- tionnerles infiruments,qu'on reconnutbientôt tout le prix de leurs Obfervations,& quelsavantages ellesavoientfur cellesde tous les autresAgronomes qui les avaient précédés". Et à la p. V du DiscoursPréliminaire: ,a découvertedes Réfractions

Sed si ad ;!inguio~gradusa![itudiniiSte)tz,tempusin horo)ogiooscii)atorionota[um obscr-

vemr, nec non tempus transitus stetta* per meridianum,quod obtinebimus

dcm s[et):c xquates ad ortum & ad occasum, habebimusin triangulo spha-rico arcum distantix

inter Polum & Zenith, dectinationissce))~ comptementum,&angutumii!defnarcnbuscom-

prehensum, scilicet differentiam temporis medii inter trttnsitum stellx per meridianum,&

ejus

per altitudines ejus-

locum pro quo calculus instituitur, in gradus & minuta conversam, quibus addenda erit

huic

quamob-

locum: sed etiam ex obser-

vntione attitudinh ste))aceundem habuimusarcum apparentem; erit igitur eorum arcuum diffe- rentia refractionis quantitas in aitittidine stei)e. Ex simili caicuio, ad singulosgradus aititudinis sce))e colligetur refractio". ~) H s'agit d'une rotation de 180° de la lunette autour de son axe. =*) Voyez e.a. sur des conversations sur d'autres sujets les p. iiaduT.VH!,6o3du T. XVHI et 4~0 du T. XX.

tempori conveniens pars proportionaiis mottls medii Solis 59'. 8". rem reperietur verus arcus verticalis inter Zenith & steNteverum

unius diei spatio;

AVBRTMSKMKNT.

15

Agronomiques ayant été un des principaux objets des Agronomes de l'Académie dès

les premières années de fon établiuement, M. Huygens propofa à ce fujet diverfes

méthodes qui donnerent lieu aux obfervations des étoiles Septentrionales, & des hau-

teurs du Soleil, qui font rapportées [ici]".

H ne faut certes pas parler avec légèreté des connaifrances des anciens, ni fur ce

fujet, ni fur beaucoup d'autres. Nous savons maintenant qu'il n'ett pas vrai comme le

dit Cafnni qui avait conftruit déjà en tooa, après Tycho I3rahé, une table de la

réfraftion atmosphérique '") que celle-ci leur était demeurée inconnue '"). Au dix-

(eptieme fiècle on ignorait apparemment que Ptoicmée

fur lequel Alhazen (cite

à la p. Sto du T. XV) fe bâte

parle, comme femble le faire Cafnni encore en 1693 29), d'un changement de direc-

tion, d'une réfraction, du rayon de lumière droit et reflant tel en un endroit précis:

avait déjà traité ce fujet dans fon Optique ~°): il y

~) Voyez

~)

la p. 520 du T. XV.

Cassini écrit à la p. 36 de son article de ;6p3suivant Delambre "Histoire de l'astronomie

moderne", T. !t, p. 545, il avait d'ailleurs ~)u cette histoire )'Académie dès toS:" !)

l'origine et des progrès de l'astronomie et de son usage tion (Mémoires de l'Acad. R. d. Sciences depuis t666

Librnires, <73o): Pour établir solidement les

qu'avant toutes choses il falloit s'appliquer à distinguer les fausses apparences d'avec les véri- tables. Lesanciens~t'CMM~ supposéque les ~Mt desastres t'/f/W~ M /<f </r<M'<) M<T

oeil. On s'estoit bien apperceti ~f/w~t'yoM «M</t'f/~ que cettesupposition ne s'accorde pas avec les observations; & on avoit reconnu que les rayons se rompent en passant de l'aether

principes de l'Astronomie, l'Académie jugea

dans la géographie et dans la naviga- jusqu'à 1699, T. VIII, Paris, 0' des

dans

ne sont en effet, & que prés de l'horison elle eteve le soleil & la lune plus que la grandeur de leurs diamétres: Mais les plus célébres astronomes moderness'estoient encore trompez, en ce

qu'ayant remarqué que les réfractions deviennent

plus grandes, ils avoient prétendu que les réfractionsdesétoilesfixesdeviennent imperceptibles

à la hauteur de 30 degrez, & celles du soleil a ta hauteur de 45". Ce passage fait voir que Cas-

sini parte de Tycho Brahé et de ses successeursen laissant dans l'ombre les savants antérieurs.

l'air qui environne la terre, que cette réfraction fait paroistre tes astres plus etevez qu'ils

plus petites

à mesure que les hauteurssont

H ef~vrtiqu'it ne pouvait guère avoir lu l'Optique de Ptotémëedonttetextegrec est perdu:

qu'

fort peu de

au dix-septième siècle les manuscrits de la traduction latine n'étaient connus

personnes. Mais il aurait

pu savoir qu'au premier siècle de notre ère Cléomède mentionne la

réfraction atmosphérique (Ku~mt: j<MCtft ~T~Mx t, t), et c'est surtout Alhazen écrivant au t~' siècle qu'il aurait dû mentionner. ~°) Comparez le dernier ttinéa de la note précédente. Ce ne fut qu'au dix-neuvième siècle que fut publiée "I: Ottica di Claudio Tolomeo da Eugenio Ammiragllo di Sicitia, Scrittore del Secolo XII, ridotta in tatino sovra la traduzione araba di un testog)ecoimperfetto"(ëd.G.Co\i,

Turino, Stamperia Reale della Dita G. B. ParaviaE.C.dH.Vigiiardi, < 885). Nous citonsdaos tetexteiap.i~) de cène édition.

16

AVER. TMÏEMENT.

,,in loco contiguationis aërisad ztherem fit nexiovifibilisradii propter diveruiatem i~orum corporum duorum".Nous avons parlé dansle T. XIX ~') de l'idéede rayons courbés; mais même lorfqu'on admet leur exigence (voyez dans la PièceII de la p. 84.qui fuit ce que Picard,après Defcarteset Hooke, dirades rayons courbésdans fa ,,Me(ure de la Terre" de t6/t) comment calculer,en partant de cette idée, de com- bien la réfractionfait varierla hauteurdes étoiles?Il eft fort compréhenfibleque ceux qui ont fait des calculsau dix-feptième fiècles'en foient tenusaux rayons droits ~').

Voyez la PièceV de Huygensqui fuit. Or, la méthoded'obfervationde Huygens dont il a été queflion écartela difnculté de l'erreur due à la réfraction atmofphérique bienentendu: /or/~ /~A<?~F~M

~<<'efl c.v<7<3!fM<rc~M

puifque,e paffage d'une étoile par un plan vertical

e~ absolument indépendant de la réfraction" 33).

Il fallait donc d'abord tâcher malgré la réfra~ionde déterminerexa~cmeni la hauteurdu p6te. Heureufement voyez la fuite du préfent Averciflement à la hauteur où le pole fe trouve à Paris, la correction pour réfra~ione(t certainement petite. Ayant enfuitedéterminé d'après la méthodede Huygens la véritable hauteur d'une étoile, les agronomesde l'obiervatoireauraient pu (comme il le dit) en ob(er- vant cette hauteur directement,calculer, en prenant la différencedes deux hauteurs, de combienla réfractionfait paraitre un a(h'e plus haut qu'il n'ett.

s')

~)

T. XIX, p. 392. Voyez aussi les p.

Jt est vrai que Morin (qui s'en tient à la théorie, d'ailleurs sans faire des calculs) écrivait déjà

avant ~otiap.

685-686 du mêmeTome.

337 du livre cité j)ia p. i~(Pars Kona,Cap.n~u~ëMRefringunturradij

coelestes ab Atmosphizra de

esse ab occurrente densitate medij, qujtm ab occurrente superficie cùm Atmotphfraf regio

in suprema sui parte rarior, & in infima propè Terram densior idcirco crepuscula fient in

Atmosphaera subiimiori parte, refra~ione! verô

sité augmentant graduellement et dans ses figures les rayons se brisent en atteignant la M/ff ~~r~M qui sépare la région bassede l'atmosphère de sa région élevée.

in depressiori", mais il ne parle pas d'une den-

dubitationes enodantur"): ~certum est refra~ionem magis

qua

Aujourd'hui encore on ne peut

calculer une valeur précise de )a réfracnon atmosphérique

la constitution (d'ailleurs variable) de i'atmospi)6re. Heureuse-

qu'en partant d'hypothèses sur

ment la partie principale de la correction à apporter de ce chef la hauteur d'une étoile se tire

des hauteurs observées eHes-mëmes, savoir ies hauteurs correspondant aux deux culminations; on le savait déjà au dix-septième siècle. ")T.XV,p.sao.

AVERTISSEMENT.

17

Nous obfervons encore, au fujet du cercle méridien,que déjà dans un livre de

tdg~to~o ,,A(tronomiajam a fundamentis integre et exacte re(tituta"~))'auteur,

J. B. Morin, parlant"de accuratifrimatabularuma~ronomicarumreftitutionein uni-

verfum" ~) exhorte le ,,Principem"qui ,,ve!itdeincepsipfam tabularumconftruc- tionem aggredi" à ériger fur le ,,Mons Valerianus prope Pari~os"une ,,quadratam formam lapidibusquadris" où il y ait une ,,)inea meridianaaccurad(Hme ~nnpta" et

au-deffusde cette ligne un ,,quadranscupreus" avecune ,,a!hidada" en cet endroit il n'eft pas encore queftion de lunette 36) difant: ,,nuHa eft altera via cum hac,

facilitate, certitudine& praecinonecomparandaquandoquidemKeplerus etiam con- queritur de obferuationibusaflrorum per difhntias fumptas cum fextantibusvel

o~antibus,quz tamen prxcipuis huiusfxcuti aftronomis,frcquentifnmë in ufu fuere,

obMOM~MMbenè ~/w~<w;

Nousavons mentionnéà la p. 255 du T. XIX le quart de cercle qu'on po~edait h

Paris déjà en t666 auquel fut adaptéplus tard une lunette ~).

~M~~< f~'f~/<M'M~w

[nous foulignons]".

Hauteur du /)~. Nous avons dit dans la note 4 de la p. 266 du T. XIX que

Huygensprend en 166~ 48~3' pour !ahauteurdupô!ea Paris ~),candisqueCa(nni en 1681 prend corre~ement 4.8°$o'~). ToutefoisCaffinin'e(t pas bien certainde cecce

~)

~)

~)

Avee )e sous-titre ~Compicc~ens IX. P!.rtesha~enusoptata:Scienti!cLongitudinumcoe)estium

ncc-oon terrestrium

Opus astronomicistabu)isexactissimecondendisnbs(j)utcnccessarium.

Ad eminentissimum Cardina)e)n Richelium, d uceme[Francia'parem".Authnre)on))ne))np- tista Morino. Parisiis,apud authorem, tum apud Libert, MDCXL. Titre du Cap. VIII de la Pars Nona.

Cependant c'est Mor!n, parait-il,

qui a prëconisé le premier en France voyez aussi ce que

Repsold dans son tivre cité plus haut dit (t, p. ~)) sur son contemporain t''r.(!o)crini

l'emploi de )a!nnctte adaptée

nomie moderne, T. H (Paris, V" Courrier, tRst), p. =42, dans t'artide ,,Morin": ~Morin]

aux instruments de mesure. M. Delambre, Histoire de t'astro-

proposa un quart de cercle avec deux )unettes etc." Comparez la ). )$ de la p. ) ) qui procède.

3') En janvier 1668 Huygens ne parte pas encore d'une lunette a tuyau~fw/);/

il écrit (T. VI, p.

de cercle etc. c'est comme une lunette

t,*t)qu'onsesertàParisdeM~'crresde)unette~)/(':nux

sans tuyau".

les pinnules:

pinnutes de quarts

~) AiaBib)iothéqueduRoi.Huygensecritprobab)emcnt~8° 53'et non pas 48° 5: 45' –voye.

la Pièce )A

qui

suit pour s'en tenir à un nombre entier de minutes.

39) ,,Abrege des observations& des rcllexionssur )n comete qui a paru au moisde Décembre )6Ho

etc.

p.

34: "La Vi!!e de Pari'' qui est cioi);ncedu i'n!cde4) dc~rex to min.

)t <emhk

18

AVERTtMtMZNT.

valeur.Sonarticle de 1603: ,,S'it cft arrivédu changement dansla hauteurdu Pole, ou dans le cours du Soleil'?" ~°) fait voir qu'il obfcrvacette hauteur tant à Rome,

qu'à Paris, à Uranibourg et auteurs, p. 25) ,,A Paris on a auffi remarqué[comme aiHeurx] en peu de tems une variationfenfibledans la hauteur du Pole etc." U s'agit de variationsde plus d'une demi-minute.Canmia l'habituded'ôter précisément,,une minuteà caufede la refraction" -"). Pierre Petit dans fa didertationfur la hauteurdu pote à Paris,qui fuit l'ouvrage en dialogues de t 66o dej. U. Duhamel ,,A~ronomia phyfica, feude luce, naturaet motibus corporumcoelefiium, libriduo" prenait48°sa' pour la latitudede Paris ~').

Au § t Auzout dit qu'il faut fe fervir d' ,,inftrumcin.sbienju(tes". Nous avons cité

à la p. t

du T. XV fon ,,Trai[é du micromètre

p. ~o53

etc." de t66;7, ou il eft queftion et to t du même Tome, ainf) que la

d'un nlicromcr~; à vis. Confultez lcs

note 3 de )". p. ;;9 du T. V! (cicadon de )'Hiftoire de !'Academie Roya)e des Scien-

pourtant que Cassinientend parler de la hauteur du pole <) /<'yt'f,

s'accorde à peu prësavecceXedeHuygens.Aiap.as) de l'article cité dans le texte

auquel cas sa valeur

sur techa))-

gcment de cette hauteur il dit qu'en 66~ il trouva avec Picard 48°53o', hauteur apparente A

la Bibliothèque du R.oi,c.a.d.~8°~')o'at'endroitde)'(.)bservatoirc,corresponda))tàune hauteur vraie 4.8°~o'!o'(comparez la note suivante). Delambre "Histoire de l'astronomie

moderne" de 18 21, T. II, p. < ) (article sur Picard)ajoute: "On trouve aujourd'hui 3' de p!us". '*°) Mémoires de l'Académie Royale des Sciences depuis )666 jusqu'à )6pp, T. X, p. 9~6:$/.

-) Dans son édition de )68~ du ~Traite du Kiveikment" de Picard, amptinepar

iui-meme (voyez

la p. '3 qui suit) Ph. de la Hire écrira; ~J'ay donné les vrayes hauteurs de Pole à la place des

apparentes, les ayant diminuéeschacune d'une minutte,quic.t à peu près )'t')evation que cause la refractionà la hauteur de t'i~toite Polaire d'où on les avoit déduites, suivant ce que M. Cas- sini avoit observa le premier, & que nous avons confirmé dans la suite par un trcs-~rand nom- bre d'Observations". '") f) s'agit du prêtre de l'Oratoire Duhamelqui fut le premier secrétaire de )'AcademiedesScicn- ces et l'auteur de la HHistoriaRegia;Scientiarum Académie" de t/o). Voyez sur son ~Astrono-

mia physica" la p S37

Delambre. Puisque nous avons eu l'occasionde noter nous-mëme!!ce

du T. H de l'"Histoire de l'astronomie moderne" de t8:t de M.

qui se rapporte j) ) tuy~ens dans

les Registres de l'Académie, nous lisons avec intérêt dans une note de la p. LU! du T. 1 du même livre de ))etambre qu'il a ~eu t'occasion de compulser tous les anciens registres de t'Aca- demie. en ce qui concerne Huygens, Picard, Cassiniet Richer". Consuttex aussi la p. )9p qui suit.

AVERTISSEMENT.

'9

ces"), fur tes difpofirifsmicrométriques antérieursde Huygens, doncd'aillcursil parle au(!ià la p. 92 qui fuit en traitant de fon niveaude) 67~ ~8o~). mérite d'être

remarquéque Huy~ens n'a jamais reconnu que pour mcfurerles diamètres apparents des ptanetes les ,,)ameHa;"employéspar lui (braientintérieuresaux micromètresà fils (et à vis) ~). Voyez encore fur ces mefuresde Huygens la p. 670 qui fuit.

A)a fin du § ~~), où il eft queflion de tamefurede rafcenfiondroite des étoiies, Huygens fait remarquerque ces obfervations(erventen même temps à déterminer t'ohtiquité de l'écliptique. C'eft là auffiune des centrantes, ou plutôt une des gran-

deurs,fondamentales, dont il était queftion dans le programmegénéra) de Huygens

a

l'Académie.En i688 a6) Huygens écrira: ,,L'ob)iquitè de l'Ecliptique determinee

n

l'Academiedes Sciencesa Paris, eft de ag'ao'

Au