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Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

83

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 83 CHAPITRE III
CHAPITRE III
CHAPITRE III

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

84

3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 84 1 Introduction   86 2 Mesure

1 Introduction

 

86

2 Mesure indirect

87

2.1 Introduction

87

2.2 Méthodologie de mesure

87

2.2.1

Mesure répétitive

87

2.2.1.1

Mode répétitif

87

2.2.2 Bande passante

88

2.2.3 Mesure de courant

88

2.2.3.1

Les transformateurs de courant

89

 

2.2.3.1.1 passif

89

2.2.3.1.2 Les sondes à base d’effet Hall

90

2.2.3.1.3 Les sondes actives

90

2.2.3.2

Les shunts

91

2.2.4 Mesure de tension

91

2.2.5 Interactions entre sonde/oscilloscope/platine

92

2.2.5.1 Interactions sonde /oscilloscope

92

2.2.5.2 Interactions sonde /platine

93

 

2.2.5.2.1 Effet de la capacité

93

2.2.5.2.2 Effet sur le temps de montée

95

2.2.6 Résolution de l'oscilloscope et temps de

96

2.2.7 Précautions systématiques

97

2.2.7.1

Le décalage temporel des sondes

97

 

2.2.7.1.1

Etude théorique de l'influence du retard différentiel des sondes

97

2.3 La platine de mesure

99

2.3.1

Platine de test

99

2.4

Modélisation de la mesure

100

2.4.1

Introduction

100

2.4.1.1 Généralités

101

2.4.1.2 Modèles directs

102

 

2.4.1.2.1 Modèle directs d’une sonde / onde

102

2.4.1.2.2 Modèle direct d’une sonde / bergeron

103

2.4.1.2.3 Modèle direct d’une sonde / circuit RLC

108

2.4.1.2.4 Modèle direct d’une sonde / fonction de transfert

113

2.4.1.2.5 Modèle inverse d’une sonde / bergeron

115

2.4.1.2.6 Modèle inverse d’une sonde / onde mobile

116

3 Comparaison des résultats

117

3.1

Banc de test

117

 

3.1.1

Circuit de test

117

 

3.1.1.1.1 Pilotage

118

3.1.1.1.2 Banc de mesure

118

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

85

3.1.1.1.3 Mesure

118

3.1.1.1.4 Sondes de mesure

118

3.1.2 Energies et Pertes

125

3.1.3 Mesures des délais virtuels

130

4 Mesure directe

137

4.1 Description du prototype

140

4.2 Extraction des différentes valeurs d’énergie

142

4.2.1

Analyse des pertes dans un composant en régime cyclique

144

4.2.1.1

Etudes des dépendances des pertes dans la cellule de commutation

148

5 Conclusion

153

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

86

3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 86 1 Introduction Chapitre 3 Méthodologie de

1

Introduction

Chapitre 3

Méthodologie de mesure

Nos travaux de recherche visent le développement d’une technique de construction automatique des modèles moyens non linéaires incluant les pertes et les délais. Les paramètres d’un tel modèle dépendent des composants à semi-conducteur (chapitre 1) et de la forme du convertisseur (chapitre 2). En fait nous avons montré que la représentation la plus simple d’un convertisseur pendant une commutation est la cellule de commutation, associant un composant commandable et d’une diode. Un convertisseur peut contenir plusieurs cellules de commutation.

La qualité du modèle moyen dépend de l’identification correcte des délais virtuels et des termes d’énergie. Cette phase d’identification peut s’envisager de deux manières : par des mesures, ou par des estimations à partir de résultats de simulation précises (qui nécessitent eux-mêmes des résultats expérimentaux pour l’identification des modèles utilisés). Dans ce chapitre, nous abordons essentiellement la problématique d’estimation des délais et des termes d’énergie. Ceci nécessite une mesure satisfaisante des ondes de courant et de tension. Les distorsions dues au système de mesure sont tout d’abord illustrées, et vient ensuite l’exposé des méthodes de correction des mesure, notamment avec un modèle inverse de câble. La qualité de ces corrections est validée sur l’estimation de pertes d’un dispositif : grandeurs qui nous paraissent les plus délicates à estimer. La mesure des pertes dans un convertisseur ou plus simplement dans une cellule de commutation est possible par voie directe ou indirecte. Dans la voie directe nous exploitons des techniques de calorimétrie, alors que pour la voie indirecte nous allons utiliser des mesures de courants et de tensions. La voie indirecte suppose la cellule de commutation soit instrumentée par des capteurs, ce qui contrarie l'optimisation de la cellule de commutation. Ces capteurs, les sondes de tension et de courant, distordent les signaux et les modèles précis de ces sondes sont nécessaires pour corriger les distorsions. L’insertion des sondes modifie également la géométrie du circuit et donc son fonctionnement. Nous développons au cours de ce chapitre les modèles directs et surtout les modèles inverses des sondes qui permettent l'estimation précise des pertes en tenant compte des déformations introduites par les sondes. La mesure directe des pertes est

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

87

3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 87 précise, mais délicate à mettre en

précise, mais délicate à mettre en œuvre. Elle ne peut être réservée qu’à une validation des mesures par voie indirecte, par exemple.

2

Mesure indirect

2.1

Introduction

La mesure avec une bonne précision de la puissance ou de l’énergie consommée dans une phase de commutation ou de conduction d’un interrupteur de puissance est un objectif commun à de nombreux expérimentateurs en électronique de puissance. Des travaux ont été déjà réalisés à ce sujet, telle que la thèse de Yves Lembye [47] au LEG où il a traité les méthodologies de mesure dans les convertisseurs. De même la thèse de Patrick Poulichet du LESiR-SATIE [48] intitulée « modélisation et conception de capteur de courant », dont nous nous servirons pour comparer la mesure de courant avec un shunt et un capteur de courant à double tore. Nous étudierons les problèmes soulevés par l’estimation de la puissance (ou de l'énergie) consommée par un composant lors de la commutation et lors de la conduction. Nous verrons quels sont les problèmes soulevés par la mesure du courant, par la mesure de la tension et nous examinerons les précautions supplémentaires à prendre pour assurer le synchronisme des mesures. Nous développons des modèles directs et inverses de sondes pour résoudre le problème de distorsion. Nous décrirons, par la suite, les bancs de tests exploités pour la mesure en commutation. L'appareillage utilisé pour effectuer les mesures sera présenté.

2.2

Méthodologie de mesure

2.2.1

Mesure répétitive

Les techniques de mesure envisageables, ainsi que le choix du matériel, dépendent fortement des signaux que l'on désire observer.

2.2.1.1 Mode répétitif

La plupart du temps, les composants des convertisseurs statiques sont soumis à des signaux périodiques. L'acquisition en mode répétitif est donc bien adaptée à la mesure des contraintes

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

88

3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 88 imposées à un interrupteur fonctionnant dans

imposées à un interrupteur fonctionnant dans un montage réel. Les limitations technologiques du matériel de mesure, aussi bon soit-il, rendent très difficile l'acquisition de toute l'information souhaitée en une seule période du signal. Différentes méthodes, telles que le « moyennage », permettent d'acquérir l'information requise en un temps s'étalant sur plusieurs périodes identiques. Ces méthodes sont exploitables en mode répétitif, lorsque les signaux sont périodiques. Ceci suppose un équilibre thermodynamique du système. Ainsi cette méthode nous permet de gagner quelques « bits » supplémentaires en précision. En utilisant le mode répétitif (ou "average") par 16, nous passons de 8 bits à 10 bits de résolution.

par 16, nous passons de 8 bits à 10 bits de résolution. Le rapport signal sur

Le rapport signal sur bruit s’améliore en N , N nombre de répétitions. L’amélioration d’un

facteur 4 (

16 ) correspond à 2 bits supplémentaires. Cette méthode sera retenue pour nos

16 ) correspond à 2 bits supplémentaires. Cette méthode sera retenue pour nos

mesures.

2.2.2

Bande passante

Pour des mesures de commutation rapide, nous avons besoin d’un appareil de mesure avec une bande passante importante. Pour suivre un signal qui a un temps de montée (t r ), on est limité par le temps de montée maximum autorisé par l’appareil de mesure (t m ) et le « slew rate » des amplificateurs d’entrée. Ainsi, le temps de montée restitué à la sortie de l’appareil de mesure (t s ) est supérieur à t r . La relation entre ces temps est donnée par [3]-[49] :

ttt = +

s

r

m

2

22

Le temps de montée t m est évalué par la formule suivante [49]:

t

2

r

=

22

tt

sm

, si on veut déterminer le temps de montée du signal.

t

0.35

m f

m

(en ns)

(3.1)

(3.2)

Où f m (MHz) est une fréquence de coupure haute significative dans le signal. Pour minimiser l’influence de l’appareil de mesure (oscilloscope + sonde), il faut que t m soit négligeable devant t r (t m << t r ). Le temps de blocage de la diode est assez faible (qq10ns soit f r très supérieure à 35MHz). Dans notre cas, pour un oscilloscope (Tektronix TDS744A) on a : f m =500 MHz soit t m de l’ordre de

0.7ns.

2.2.3

Mesure de courant

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

89

3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 89 Nous citerons ici la thèse de

Nous citerons ici la thèse de Patrick Poulichet du LESiR-SATIE [48]. Il développe la modélisation et la conception de capteurs de courant, dont le transformateur de courant TC à double tores. Certaines comparaisons d’un tel capteur avec un shunt seront réalisées au cours de ce chapitre. La mesure des courants en électronique de puissance demande des sondes de bonne qualité et performantes. Ces sondes doivent avoir de large bande passante, non sensible aux interférences magnétiques et capables de mesurer de forts courants contenus (DC, AC transitoires) sans distorsion. Durant la commutation, les inductances et les capacités parasites du câblage et des composants de puissance créent des oscillations de courant qui s’ajoutent au signal à mesurer d’où une fréquence d’oscillation de l’ordre de 50MHz. Donc, des sondes à grande bande passante sont nécessaires (100MHz-250MHz) pour étudier ces phénomènes. Parmi les techniques de mesure du courant, on peut citer : les transformateurs de courant (TC), les dispositifs à effet Hall, et les shunts : ( Tableau 3-1).

 

Ordre d’amplitude

Bande passante

Sensibilité.

Précision.

Effet-Hall

1 A à 1 kA

DC

à 100 kHz

Elevé

1-5%

Trans. de courant

10 mA à10 kA

100 Hz à 200 MHz

moyenne

1-5%

Shunt

25A

DC

à 2 GHz

moyenne

-

Tableau 3-1 Comparaison des performances des sondes de courant [55]-[56].

2.2.3.1

Les transformateurs de courant

2.2.3.1.1

passif

Le capteur, le plus souvent mis en œuvre pour cette mesure, est un transformateur de courant (T.C.). La bande passante s’étend de quelque 10Mhz à 200Mhz. Celui-ci effectue un filtrage du signal assimilable, en basse fréquence, à un filtre passe-haut du premier ordre qui bloque la composante continue du signal, mais ce type de transformateur présente une limitation de sensibilité pour les courants continus qui saturent le transformateur [55] ainsi que, la bande passante basse et haute. D’où des sondes à deux TC qui sont montées en série pour améliorer la performance des bandes passante [48]. D’autre part leur taille est non négligeable en terme d’inductance, comparée à celle introduite par le shunt résistif (figure ci-dessous). Nous allons

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

90

3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 90 utiliser un TC développé par le

utiliser un TC développé par le LESiR-SATIE [48] a titre de comparaison avec d’autre type de capteurs.

4 2 0 -2 -4 -6 -8 Capteur TC Shunt -10 -12 -14 -16 -18
4
2
0
-2
-4
-6
-8
Capteur TC
Shunt
-10
-12
-14
-16
-18
140,0n
160,0n
18 0,0n
20 0,0n
22 0,0n
Courant (A)
Temps (s)
Temps (s)

Comparaison entre une mesure avec shunt et le capteur TC développé par le LESiR (sans correcion), (I F = 1.5A, V R = 150V, BYT12PI600, IRF740)

2.2.3.1.2 Les sondes à base d’effet Hall

Les sondes à effet Hall sont bien adaptées pour les forts courants contenus et les moyennes fréquences (inférieures à 100 kHz) mais ils sont sensibles aux interférences électromagnétiques [55]. Pour celles qui sont basées sur le « Zéro-Flux », elles supportent de forts courants, bien adapter pour les faibles fréquences et présentent des mesures précises [55], mais demandent des circuits électroniques un peu compliqué et qui sont sensibles à la CEM.

2.2.3.1.3 Les sondes actives

Pour les sondes actives (sondes + amplificateur), l’information sur le courant à basse fréquence (à partir du dispositif à effet Hall) et à haute fréquence (à partir du transformateur de courant ) sont combinées dans un amplificateur [exp. AM531]. Ce type de sonde est souvent utilisé pour la mesure des signaux de grande amplitude (30A, 500A). En règle générale, plus le capteur est apte à traiter de forts signaux, plus sa bande passante est faible. Voici une comparaison de différentes sondes. (Tableau 3-2).

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

91

3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 91 Sondes Type Fréquence de Courant crête

Sondes

Type

Fréquence

de

Courant crête

Produit Maximum (A.µs)

coupure haute

(A)

(MHz)

A6303/AM503

Active

15

500

10000

A6302/AM503

Active

50

50

100

P6021

Passive

60

15

500

P6022

Passive

120

16

9

Pearson 2877

Passive

200

2.5

4000

CT-2

Passive

200

36

50

Tableau 3-2 Différents types de sondes de courant [3-49-57].

Nous remarquons que les sondes actives permettent de mesurer des valeurs plus élevées de courant par contre leur bande passante sera limitée.

2.2.3.2 Les shunts

Les shunts aselfiques permettent la mesure des courants et procurent une large bande passante. Ils apportent d’excellents résultats (réponse fréquencielle, valeur de courant). Leur utilisation est limitée au niveau thermique. Les shunts ne présentent pas d'isolation galvanique entre le circuit d'insertion et la sortie mesurée. Il n'en demeure pas moins que, pour des mesures précises en laboratoire, ce type de capteur demeure l'un des plus performants qui soit [54]. Voici quelques types de shunt (T&M research products) (Tableau 3-3).

Type

Résistance ()

Bande

passante

Temps de montée (n sec)

Energie (Joules)

(MHz)

SDN-414-05

0.05

2000

0.18

2

SDN-414-025

0.025

1200

0.3

3

Tableau 3-3 Différents types de shunts [56].

2.2.4 Mesure de tension

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

92

3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 92 Une difficulté de mesure classique est

Une difficulté de mesure classique est celle qui correspond à la mesure à la fois des chutes de tension à l’état passant et l'état bloqué. La tension de quelques volts qui apparaissent aux bornes de l'interrupteur à l’état passant est à l'origine des pertes en conduction qui ne peuvent pas être négligées. Cette tension doit donc être mesurée avec une précision correcte sachant qu’en même temps le composant supporte une tension de l’ordre d’une centaine de volts à l’état bloqué et passe d’un état à l’autre très rapidement. En général, les sondes peuvent se classer en trois types ; Sondes passives X10 à fortes impédances, sondes passives X10 à faibles impédances(Z 0 ) et sondes actives. Chacune de ces sondes offre des avantages et des inconvénients selon le type d’application. Le Tableau 3-4 montre quelques types de sondes [49] :

Type de sonde

Bande passante

Tension maximale

Passive X10, haute impédance (10M )

600 MHz

600 V

Passive X10, faible impédance (1K-500 )

8

GHz

20

V

Active (Exp.P7240)

4

GHz

30

V

Tableau 3-4 Différents types de sonde de tension [49].

Malheureusement, la connaissance de la réponse fréquencielle et de la tension maximale à mesurer ne sont pas suffisantes pour sélectionner une sonde de tension. D’autres caractéristiques telle que la capacité d’entrée, l’impédance équivalente de la tête de la sonde par exemple, ont un grand effet sur la performance de ces sondes, et leur interaction avec le circuit.

2.2.5 Interactions entre sonde/oscilloscope/platine

Une sonde de tension interagit avec l’oscilloscope, à cause de l’impédance d’entée de ce dernier. Elle interagit aussi avec la platine de test et le composant sous test.

2.2.5.1 Interactions sonde /oscilloscope

Une sonde interagit avec l’oscilloscope par le schéma équivalent suivant :

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

93

3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 93 tête de sonde C t C

tête de sonde

C t C o R t R o Sonde Oscilloscope
C
t
C
o
R
t
R
o
Sonde
Oscilloscope

Figure 3.1 Schéma équivalent d'une sonde de tension atténuatrice

Connectée à un oscilloscope.

Gain à basse fréquence GBF = R 0 / R 0 +R t .

Gain à haute fréquence GHF = C t / C t +C 0 .

Soit H(s) la fonction de transfert de ce circuit équivalent.

H(s)=

G

BF

(

1

+ s

τ

1

)

(

1

+ s

τ

2

)

(3.3)

Avec τ 2 =

R

0

.

R

t

R

0

+

R

t

(.

C

0

+

C

t

) , τ 1 = R t C t .

Bien évidement afin d’obtenir une même atténuation pour toutes les fréquences il faut que τ 1

soit égale à τ 2 .

C’est à dire R t C t =R o C o .

Pour R t C t <R o C o la sonde est dite sous-compensée.

Pour R t C t >R o C o la sonde est dite sur-compensée.

L'Annexe 4.4 présente une application sur la Sonde P6139A, Oscilloscope Tek. TDS 744A.

(3.4)

2.2.5.2

Interactions sonde /platine

2.2.5.2.1

Effet de la capacité

Pour étudier les influences qui résultent de la connexion du système de mesure (oscilloscope +

sonde ) sur le circuit de test, nous pouvons remplacer le schéma 3.1 qui représente l’entrée de

sonde/oscilloscope par un circuit équivalent Cp//R p (Figure 3.3.a).

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

94

3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 94 En haute fréquence, la capacité de

En haute fréquence, la capacité de la sonde + oscilloscope joue un rôle important; elle diminue

l’impédance d’entrée (affecte l’amplitude et la phase), la bande passante, le temps de décalage

et augmente le temps de montée.

Donc il est intéressant de choisir une sonde dont la capacité d’entrée est la plus faible possible.

Quelques valeurs de C t sont données dans le Tableau 3-5 suivant :

Type de sonde (Tektronix)

Atténuation

Bande Passante

Capacité C t

Tektronix P6139A

10X

300

MHz

8pF

Tektronix P5100

100X

250

MHz

2.75pF

Tableau 3-5 Exemple de sondes de tension [49].

D’une manière générale plus l’atténuation est grande plus la capacité est faible. Pour les sondes

actives (Exp. P6205) la capacité est encore plus faible ce qui est intéressant. Mais l’amplitude

maximale mesurable est plus faible, c’est à dire incompatible avec des hautes tensions.

Le Tableau 3-6 ci-dessous montre le résultat de mesure effectué par Tecktronix [49] sur un

circuit logique. Il représente l’erreur introduite par l’effet de la capacité d’entrée de la sonde sur

un circuit logique.

Capacité

R

0 C t /t r

t pd

Erreur

de

Type de sonde

d’entrée

 

mesure en %

0.15pF

0.025

9psec

3

Tektronix P6150

0.4pF

0.07

24psec

8

Tektronix

P6207/p6217

Active FET

0.6pF

0.10

45psec

15

HP 54701A Active

1.0pF

0.17

51psec

17

Tektronix P6156 Z 0

1.0pF

0.17

51psec

17

Tektronix P6243/P6245

2.0pF

0.33

105psec

35

Tektronix P6205 FET

3.0pF

0.50

120psec

40

Tektronix P6201 FET(1X)

8.0pF

1.33

300psec

100

Tektronix P6139A Passive

Tableau 3-6 Erreur introduite par l’effet la capacité d’entrée de la sonde

sur un circuit logique de la famille ECLipse [49].

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

95

3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 95 900 dIr/dt 530,0 525,0 850 520,0
900 dIr/dt 530,0 525,0 850 520,0 800 dIf/dt 515,0 750 510,0 700 505,0 650 500,0
900
dIr/dt
530,0
525,0
850
520,0
800
dIf/dt
515,0
750
510,0
700
505,0
650
500,0
600
495,0
550
490,0
500
485,0
0,0
20,0p
40,0p
60,0p
80,0p
100,0p
diF/dt
dIr/dt

Capacite (F)

117 7,0 turnOff.vRM (tension) 116 7,0 115 7,0 114 6,9 113 turnOff.iRM (courant) 112 6,9
117
7,0
turnOff.vRM (tension)
116
7,0
115
7,0
114
6,9
113
turnOff.iRM (courant)
112
6,9
111
6,8
110
6,8
0,0
20,0p
40,0p
60,0p
80,0p
100,0p
Courant(A)
Tension (V)

Capacite(F)

Figure 3.2 Influence de la capacité d’entrée de la sonde (C t ) sur

les paramètres de mesure (BYT12PI1000, I F =2A, V R =100V).

Shunt C t V R C R Diode IGBT MO Signal Source R s Entrée
Shunt
C t
V R
C
R
Diode
IGBT
MO
Signal Source
R s
Entrée de la sonde
C p
E s
C s
R p
a
R s
C p + C s
E s
b

Figure 3.3 Modèle de sonde/circuit sous test.

I

F

A

l’influence d’une capacité en parallèle avec le composant sous test (Diode) sur

la figure 3.2, nous représentons

les paramètres de mesures obtenues par

simulation (dI R \dt, dI F \dt, V RM , I RM ). Ceci prouve que la capacité équivalante d’une sonde influe le circuit de test, aussi d’après la figure 3.2, on remarque que les paramètres dI r \dt, V RM , I RM varient en fonction de la capacité C t .

2.2.5.2.2

Effet sur le temps de montée

La figure ci-dessous montre que la résistance et la capacité d’entrée de la sonde sont ajoutées au circuit. Si on ne connecte pas la sonde, le temps de montée du signal E s est t r1 . Maintenant, connectant la sonde, si R p >>R s, le schéma équivalent devient après simplification (Figure 3.3.b):

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

96

3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 96 Dans ce cas le temps de

Dans ce cas le temps de montée t r2

t r2 =2.2R s (C p +C s ).

La variation relative du temps de montée vérifie la relation :

tr 2 -tr 1 /tr 1 =C p /C s .

L’atténuation est donnée par la relation suivante [49] :

devient plus élevé que t r1 , sachant que t r1 =2.2R s C s et

(3.5)

Atténuation =

1
1
1 + ( 2 π fR ( C + C )) 2 sp s
1
+
( 2
π
fR
(
C
+
C
)) 2
sp
s

(3.6)

En conclusion :

- plus t r1 est grande, plus l’erreur est faible.

- plus la capacité C p est élevée, plus l’erreur est grande.

Donc plus la capacité C p est faible, plus l’erreur diminue. Au début de l’ouverture de la diode, la capacité de la jonction C j est grande d’où une erreur moins importante sur la mesure que lorsque la tension inverse de la diode est grande.

2.2.6 Résolution de l'oscilloscope et temps de récupération.

La résolution d'un oscilloscope de 8 et 12 bits est, respectivement, de 1/256ème ou 1/4096 ème de la gamme d'entrée. En mode répétitif, la technique dite de "moyennage" permet d'augmenter la résolution apparente du convertisseur. Le mode "Average" par 16, nous fait passer de 8 bits de résolution à 10 bits de résolution. Pour augmenter la résolution de la mesure de la chute de tension V Dsat aux bornes de la diode, il est envisageable d'augmenter la sensibilité verticale de l'oscilloscope, afin d'observer les variations fines de la tension de saturation. Dans ce cas, il faut savoir qu'après le dépassement de l'une de ses limites de linéarité lors de la mesure de la haute tension à l'état bloqué du composant de puissance, les dispositifs électroniques (capacités d'entrées des amplificateurs de l'oscilloscope saturées) ne retournent pas instantanément à leurs fonctionnements nominaux [47]. Ainsi, après chaque saturation de l'entrée de l'oscilloscope (pendant un temps appelé "temps de récupération") aucun crédit ne peut être accordé à la courbe écrêtée visible sur l'écran. Ce temps va de quelques dizaines de (ns) à plusieurs (µs) suivant le matériel choisi et les conditions d'utilisations. Il est donc, parfois, nécessaire d’utiliser un "écrêteur" rapide [47]. Mais celui-ci agit, par les éléments parasites qu’il introduit, sur le fonctionnement du circuit.

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

97

3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 97 Dans le cas de mesure des

Dans le cas de mesure des délais virtuels (chapitre 2), nous somme obligés de mesurer en même temps durant une période, la conduction et le blocage d’une diode.

2.2.7 Précautions systématiques

2.2.7.1 Le décalage temporel des sondes

Lors du calcul de la puissance instantanée il est essentiel que les signaux courant et tension soient parfaitement synchronisés (sera détaillé plus loin). Il est donc nécessaire de connaître, pour chaque couple de sondes utilisé, le retard différentiel à corriger. Ce procédé ne présente un intérêt que lorsque les retards introduits par les longueurs des câbles sont de plusieurs mètres et pour certain câble de sonde (qq ns). Une étude théorique simple [47] a montré qu’il est souhaitable de réaliser cette compensation avec une erreur inférieure à 0.5ns si le composant commute en 50ns. Nous montrons plus tard que la compensation de ce retard s’avère encore insuffisante pour l’estimation des pertes dans les composants, surtout en commutation rapide et forcée.

2.2.7.1.1 Etude théorique de l'influence du retard différentiel des sondes

Pour illustrer l'effet de ce décalage temporel, considérons la fermeture d'un interrupteur idéal sur une charge résistive.

Vmax

t d Imax t c
t
d
Imax
t c

Décalage non corrigé (t d 0) tc : temps de commutation, td : retard différentiel des sondes.

Figure 3.4 Influence du décalage temporel des sondes.

Si l’on désire que l’erreur maximale sur la puissance estimée, soit inférieure à 5% il faut que t d soit inférieure à 2.53% du temps de commutation t c [47].

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

98

3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 98 Figure 3.5 Influence du décalage temporel
3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 98 Figure 3.5 Influence du décalage temporel

Figure 3.5 Influence du décalage temporel sur l’estimation

de la puissance maximum et l’énergie [47]; Erreur en % sur le calcul de puissance et l'énergie en fonction du décalage des sondes/au temps de commutation (%).

Si on veut garantir une précision de 10% sur le calcul de la puissance, le décalage entre les réponses données par les sondes (réponses utiles au calcul de la puissance), ne doit pas excéder 8% du temps de commutation de la cellule étudiée. Ce chiffre est à ramener à moins de 4% si la précision visée est 5%.

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

99

3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 99 2.3 La platine de mesure 2.3.1

2.3

La platine de mesure

2.3.1

Platine de test

La platine de mesure utilisée pour effectuer les mesures expérimentales est donnée par le schéma de la figure 3.6. Ca mise au point a été initié dans la thèse de CC. Lin [3]. Elle met en œuvre une cellule de commutation et une source de commande rapprochée, contrôlée via une fibre optique, par un générateur de signal (Figure 3.7). Les mesures qui ont été relevées sont indépendantes du transistor MOSFET tant que l’on reste dans la limite de la zone qui a été déterminée dans le chapitre 1.

V R

Shunt C R Diode IGBT MOS Figure 3.6 La platine de test.
Shunt
C
R
Diode
IGBT
MOS
Figure 3.6 La platine de test.

I F

Générateur de cycles (Asic). Fibre optique. Logique de cammande + driver.
Générateur de cycles
(Asic).
Fibre
optique.
Logique de
cammande
+ driver.

Figure 3.7 Circuit de commande.

Le transistor MOSFET (IRF740), assure un blocage rapide de la diode. Le transistor IGBT (MUP304), moins rapide mais plus robuste que le MOSFET, conduit la majorité du temps. Ceci évite l’échauffement du transistor MOSFET et de la diode lors de nos mesures répétitives.

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

100

3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 100 Les signaux de commande sont représentés

Les signaux de commande sont représentés sur le schéma de la figure 3.8.

32µs IGBT IGBT t 20µs MOS MOS MOS t ~5µs ~5µs V Comman
32µs
IGBT
IGBT
t
20µs
MOS
MOS
MOS
t
~5µs
~5µs
V Comman

Figure 3.8 Signaux de commandes pour la cellule de commutation.

2.4

Modélisation de la mesure

2.4.1

Introduction

L’estimation des pertes peut s’effectuer par la simulation. Mais pour obtenir des résultats assez précis et fidèles à l’expérience il faut modéliser tous les éléments du circuit électrique et donc nous avons besoin de modèles :

- Des composants (Diode, MOSFET) : modèles déjà développés (voir chapitre 1).

- Des éléments parasites (résistances, inductance, mutuelle) du câblage ; déterminés à partir du logiciel INCA [58].

- Des sondes de mesure, que nous allons modéliser dans cette partie du manuscrit.

Dans notre cas, nous avons besoin du modèle de MOSFET et de la Diode. Ces modèles ont été abordés dans le chapitre 1 [1]-[6]-[8].

Pour identifier les inductances de câblage et les résistances, nous avons utilisé le logiciel INCA [58], développé au LEG. Un ajustement de ces valeurs au cours de la comparaison entre simulation et expérience a été nécessaire.

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

101

3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 101 2.4.1.1 Généralités INCA (Inductance Calculation) [58]

2.4.1.1

Généralités

INCA (Inductance Calculation) [58] est un logiciel qui va permettre de caractériser, le câblage et les différents types de couplage au sein d’un équipement. Pour l’instant, seules les résistances, inductances, mutuelles inductances entre deux conducteurs sont estimées. La maille de puissance et la disposition des composants sont données à la figure 3.9.

disposition des composants sont données à la figure 3.9. Figure 3.9 La maille de câblage. La

Figure 3.9 La maille de câblage.

La Figure 3.10 ci-dessous, illustre le phénomène «d’effet de peau » ; on peut tracer les variations de L et R et la répartition du courant à travers une piste en fonction de la fréquence. Mais comme les simulations sont temporelles nous ne pouvons pas utiliser des modèles fréquenciels et nous négligeons l’effet de peau dans nos modélisations.

et nous négligeons l’effet de peau dans nos modélisations. Figure 3.10 Phénomène: « effet de peau

Figure 3.10 Phénomène: « effet de peau ».

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

102

3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 102 2.4.1.2 Modèles directs Dans cette partie

2.4.1.2 Modèles directs

Dans cette partie nous développons les différents modèles directs de câble appliqués à une

sonde.

2.4.1.2.1 Modèle directs d’une sonde / onde mobile.

Xh

i i s =i b e =i a i cs Ch i e Câble-ligne Cs
i
i s =i b
e =i a
i cs
Ch
i
e
Câble-ligne
Cs
Rs
Vb=Xs
Rh
Va
Ve

Figure 3.11 Schéma représentatif d’une sonde.

La figure 3.11 représente le schéma équivalent d’une sonde de tension. La tension et le courant

(V, I) du câble de la sonde vérifient en chaque point les équations (3.7). La solution du système

dite de d’Alembert [63]-[83] pour le cas d’une ligne sans perte (R=G=0) est donnée par (3.8)

(Démonstration : Annexe 3-1).

La méthode « Onde Mobile » est la résolution exacte du système d’équation (3.9) qui n’est

autre que le développement des équations de sonde (Figure 3.11) y compris celle de la ligne

(3.8).

∂ ∂ V I = L + RI ∂ ∂ x t I ∂ V
∂ ∂
V
I
=
L
+
RI
∂ ∂
x
t
I
V
=
∂ L C
+
G V
∂ ∂
x
t
V
()
tt
=
V
()
X
()
t
a
e
h
i s
(
t
) =
(
V
(
t
−τ −
)
V
()).
ti (
Y
+
t
a
s
Z
e
(3.8)
i (
t
) =
(
V
()
tt
V
(
−τ
)).
Y
+
i (
t
e
a
s
Z
s
X
( )
t
s
i ()
t
=
i
()
t
cs
s
R
s
(3.9)
X
( )
t
h
i ( )
t
=
i
( )
t
ch
e
R
h
d
X
(
t
)
i
(
t
)
h
Ch
=
dt
C
h
d
X
(
t
)
i
(
t
)
s
Cs
=
dt
C
s

τ

τ

)

)

(3.7.a)

(3.7.b)

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

103

3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 103 Avec Y Z = 1 ,

Avec

Y Z

=

1

,
Z

propagation,

V

s

Z

()

t

L C
L
C

= est l’impédance caractéristique de la ligne,

=

Vi

tt

bs

(),

()

=

i

b

()

t

.

υ =

1

LC
LC

2.4.1.2.2 Modèle direct d’une sonde / bergeron

est le vitesse de

2.4.1.2.2.1 Principe

Considérons une ligne avec perte de capacité linéique C, d’inductance linéique L, de résistance

série R, et de résistance de fuite G.

La tension et le courant (V, I) au différent point de la ligne vérifient la relation générale de ligne

du système suivant :

V

x

=

L

I

t

I

V

= C

x

t

+

+

RI

GV

2.4.1.2.2.2 Ligne sans perte

(3.10.a)

(3.10.b)

Cette méthode initialement développée par « BERGERON » [77] a été implantée sur ordinateur

sous diverses formes. Elle a été utilisée au premier lieu en Europe sous le non de Méthode de

Bergeron. Elle a été appliquée dans les problèmes hydrauliques en 1928, puis en électricité.

Considérons une ligne sans perte de capacité linéique C et d’inductance linéique L. la tension et

le courant (V, I) vérifient en chaque point les équations des télégraphistes (3.11).

I

V

= L

∂ I V = L ∂

∂ ∂

x

∂ ∂ x

t

I

x

=

C

V

t

(3.11.a)

(3.11.b)

Nous supposons que la ligne est sans perte et que la conductance est assez faible pour être

négligée dans la résolution du système. Par dérivation de (3.11) on obtient:

2

V

1

2

V

=

x

2

2

I

x

2

22

υ

1

t

2

I

= −

22

υ

t

(3.12.a)

(3.12.b)

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

104

3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 104 Avec υ = 1 LC la

Avec

υ =

1

LC
LC

la vitesse de phase et

Z =

L C
L
C

impédance caractéristique de la ligne.

C’est l’équation de d’Alembert [63]-[83], dont la solution (Annexe 3-1) est donnée par :

V

V

e

e

()

()

tZt

+

.

I

e

tZt

.

I

e

()

()

=

=

V

V

s

s

(

(

t

t

)

)

++τ

−−τ

Ve

(

Zt

I

Zt

e

.

I

e

(

.

+τ

)

(3.13.a)

τ

)

(3.13.b)

e

Ie

t

Is

+ τ ) (3.13.a) − τ ) (3.13.b) e Ie t Is s Vs Figure 3.12
+ τ ) (3.13.a) − τ ) (3.13.b) e Ie t Is s Vs Figure 3.12

s

Vs

Figure 3.12 Présentation d’une ligne sans perte.

où τ = ν
où τ
=
ν

représente le retard (par unité de longueur) entre le point e et s.

Ceci permet de remplacer la ligne par un schéma équivalent formé de deux sous-réseaux indépendants (Annexe 3-2). A partir de ce principe, nous pouvons développer tous les éléments nécessaires d’un réseau R, L, C sous la forme de schéma équivalent comportant des sources de courant (Annexe 3-2). En utilisant les éléments ainsi développés, nous pouvons construire nos modèles du câble et par la suite de la sonde (Figure 3.13).

Câble Vb Va is ie i1 Yz=1/Z Rh Ve Yz=1/Z Vs YCs Yr=1/Rs YC h
Câble
Vb
Va
is
ie
i1
Yz=1/Z
Rh
Ve
Yz=1/Z
Vs
YCs
Yr=1/Rs
YC h
Avec
I
()
t
=−
Y
.
(
V
()
tt
V
()
)
11
Ch
e
a
I
12 () t
=−
(
Y
.
V
s ()
t
i
()
t
)
z
s
(3.14)
I
21 () t
=−
(
Y
.
V
a ()
t
+
i
()
t
)
z
e
.( ())
I
() t
= −
Y
V
t
Cs
Cs
s

Figure 3.13 Schéma équivalent de la sonde au sens de Bergeron, connectée sur une charge résistive R s (t: pas de calcul, τ : retard).

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

105

3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 105 Dans la figure 3.14 nous présentons

Dans la figure 3.14 nous présentons le résultat de simulation d'un simple exemple d’application

obtenu avec Matlab/Simulink [85]. Le modèle utilisé est celui d'un câble adapté avec une

résistance Rs (Z) auquel nous appliquons un pulse d’amplitude 100V. Le système d'équations à

)

V (

g e

a t

o l
V

résoudre pour déterminer la tension est le suivant : V ( t −τ ) −⋅Z
résoudre pour déterminer la tension est le suivant :
V (
t −τ ) −⋅Z i
s (
t −τ =V tZ−⋅i t
)
()
()
s
e
e
V (
t +τ +⋅Z i
)
s (
t +τ =V
)
()
tZ+⋅i t
()
s
e
e
V ()
t
= R
⋅ i
s () t
s
s
110
100
90
80
70
Ve
)
60
V (
g e
50
Z=40Ω
a t
l
o
V
40
Vs
30
20
10
0
0
1
2
3
4
5
6
Temps(s)
x 10 -8

(3.15.a)

(3.15.b)

(3.15.c) 140 120 100 Vs 80 60 Ve Z=60Ω 40 20 0 0 1 2
(3.15.c)
140
120
100
Vs
80
60
Ve
Z=60Ω
40
20
0
0
1
2
3
4
5
6
Temps(s)
x
10 -8

Figure 3.14 La réponse du modèle du câble (pour : Dt=125 ps, Z=40 W , et Z=60 W).

Nous appliquons le système d’équation (3.15) à un câble connecté sur une charge résistive.

is ie Modèle Ve De câble Rs
is
ie
Modèle
Ve
De câble
Rs

Vs

Ve

Vm

Ve Vs 0 τ 2τ 3τ 4τ 5τ t
Ve
Vs
0
τ
t

Figure 3.15 Une application du modèle de câble

sur une charge résistive.

Sachant que le pas de calcul est de même valeur que τ (le retard engendré par la longueur du

câble) et que R s =2/3.Z, la résolution du système donne :

Pour t[1τ ,2τ ] : is=0, Vs=0, ie=Ve/Z.

Pour t[2τ ,3τ ] : is=6Ve/5Z, Vs=4Ve/5, ie=Ve/Z.

Pour t[3τ ,4τ ] : is=6Ve/5Z, Vs=4Ve/5, ie=19Ve/15Z.

Et ainsi de suite. Ce calcul est également connu sous le nom de « méthode du tableau ».

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

106

3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 106 La figure 3.16 représente une comparaison

La figure 3.16 représente une comparaison entre le modèle de « Bergeron » et celui du circuit R, L, C, G (RLC) équivalent. Nous remarquons que les courbes sont similaires. On note que plus le nombre d’élément RLC est grand plus l’approximation est bonne.

140,0 Edge Bergeron's RLC Circu it (n=74) RLC Circuit (n=4) RLC Circu it (n=15) 120,0
140,0
Edge
Bergeron's
RLC Circu it
(n=74)
RLC Circuit
(n=4)
RLC
Circu it
(n=15)
120,0
100,0
80,0
135
n=4
n=15
60,0
n=74
130
40,0
125
20,0
0,0
120
3,0n
4,0n
5 ,0n
6,0n
7,0n
0,0
5,0n
10,0n
15,0n
Voltage (V)
Tim e (s)
Tim e (s)

Figure 3.16 La réponse du modèle de Bergeron et RLC (R=180m, C=60pF, L=54nH) pour un câble (Z=30).

Quant à la figure 3.17, elle représente la réponse du modèle de câble à une courbe de commutation à l’ouverture (2A-50V) pour différentes valeurs de τ (retard). On constate que plus le retard est grand (plus le câble est long) et plus la déformation est importante.

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

107

3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 107 ) V ( g e a

)

V (

g e

a t

V o l

20

0

-20

-40

-60

-80

-100

-120

-140

-160

Retard=1.5n. Retard=1.5n. Retard=3n. Retard=3n. 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 Temps(s) x 10 -7
Retard=1.5n.
Retard=1.5n.
Retard=3n.
Retard=3n.
0.6
0.8
1
1.2
1.4
1.6
Temps(s)
x 10 -7

Figure 3.17 La réponse du modèle de câble à

une courbe de commutation (Dt=125ps, Z=45, pour τ =1.5ns, et τ =3ns).

Une ligne réelle de transmission possède souvent un facteur d’amortissement. C’est le cas de la

sonde de tension [49] (Figure 3.19). Une approximation de la solution des équations de ligne

[83] consiste à partager la ligne en deux et ajouter une série de résistance, comme le montre le

schéma (Figure 3.18) :

t

t/2 t/2 R/2 R/4 R/2
t/2
t/2
R/2
R/4
R/2
montre le schéma (Figure 3.18) : t t/2 t/2 R/2 R/4 R/2 Figure 3.18 Modèle simple

Figure 3.18 Modèle simple d’une ligne amortie (résistance total = R ).

simple d’une ligne amortie (résistance total = R ). Figure 3.19 Réponse d’une sonde de tension

Figure 3.19 Réponse d’une sonde de tension (P6139A) à

une courbe de commutation pour un amortissement de R=200et 360

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

108

3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 108 La Figure 3.20 montre une comparaison

La Figure 3.20 montre une comparaison entre le modèle de Bergeron et un circuit RLC pour

une sonde de tension P6139A. La sonde introduit un retard et aussi une déformation (Figure

3.21).

0.0 10.0n 20.0n 30.0n 40.0n 50.0n 200.0 200.0 180.0 Pulse 180.0 Methode de Bergeron 160.0
0.0 10.0n
20.0n
30.0n
40.0n
50.0n
200.0
200.0
180.0
Pulse
180.0
Methode de Bergeron
160.0
160.0
140.0
140.0
120.0
120.0
100.0
100.0
80.0
80.0
60.0
60.0
40.0
40.0
Circuit RLC
20.0
20.0
Pulse
0.0
0.0
-20.0
-20.0
0.0 10.0n
20.0n
30.0n
40.0n
50.0n
Tension (V)

Temps (s)

20 0 9V -20 6ns -40 -60 -80 Ve -100 -120 Vs -140 6V -160
20
0
9V
-20
6ns
-40
-60
-80
Ve
-100
-120
Vs
-140
6V
-160
0.5
0.6
0.7
0.8
0.9
1
1.1
1.2
1.3
1.4
1.5
1.6
Temps(s)
x
10 -7
Tension(V)

Figure 3.20 Comparaison entre le modèle

Figure 3.21 Réponse du modèle de sonde

de « Bergeron » et circuit « RLC »

pour la sonde P6139A.

(P6139A) à une courbe de commutation.

P6139A : (R=336, C=49pF, L=700nH).

2.4.1.2.3 Modèle direct d’une sonde / circuit RLC

2.4.1.2.3.1 Modèle de sonde

Comme nous venons de voir, les principaux défauts des sondes sont : l’atténuation et le retard

(engendré par le câble).

Pour faire l’étude de ces phénomènes, il faut modéliser la ligne et la tête de sonde. Les modèles

utilisés pour la ligne sont les modèles en Τ ou en π [63]-[148].

Les modèles de ligne sont caractérisés par les constantes linéiques R l , L l ,G l , C l qui sont : la

résistance et la self d’un mètre de ligne, la capacité et la résistance de fuite entre les brins d’un

mètre de ligne.

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

109

3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 109 2.4.1.2.3.2 Modèle de ligne sans perte

2.4.1.2.3.2 Modèle de ligne sans perte

L L L CCC
L L
L
CCC

Figure 3.22 Schéma équivalent d'une ligne à faible perte.

Ce circuit équivalent possède seulement des inductances et des capacités linéiques. Ces éléments sont distribués uniformément tout au long de la ligne.

Dans ce modèle, les deux termes importants qui caractérisent la ligne de transmission sont : la vitesse du signal u et l’impédance caractéristique Z qui sont reliés aux caractéristiques électriques par [71]-[74] :

1

υ = C l ⋅ Ll L l Z= C l
υ =
C l
Ll
L
l
Z=
C
l

(3.16)

(3.17)

Le temps de retard τ engendré par la sonde dépend de la longueur du câble et de la vitesse.

τ=/ν

(3.18)

2.4.1.2.3.3

Modèle de ligne avec perte

Quand les pertes sont significatives dans les câbles, alors on est obligé d’introduire la résistance série R l et la résistance de fuite G l . Le modèle du circuit équivalent devient :

R L R L C C G G
R
L
R
L
C
C
G
G

Figure 3.23 Schéma équivalent d'une ligne à forte perte.

Les formules qui expriment les trois grandeurs qui définissent le comportement des lignes sont :

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

110

3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 110 - Le coefficient d’affaiblissement exponentiel de

- Le coefficient d’affaiblissement exponentiel de l’onde au cours de la propagation :α.

- L’impédance caractéristique Z.

Ces grandeurs sont données par les formules générales [71]-[74] suivantes :

γα=+ jjR β = ( + ω L l ) /( G + j ω
γα=+
jjR
β =
(
+
ω
L
l ) /(
G
+
j
ω
C
)
l
l
l
Z
=+  ( R
j
ω
L
)
(
G
+
j
ω
C
l
l
l
l
) 

avec γ : constante de propagation.

En haute fréquence on a :  R G  l l α = 1/2
En haute fréquence on a :
R
G
l
l
α
=
1/2
L
⋅⋅
C
+
l
l
L
C
 
l
l
L
l
Z
=
C
l

(3.19)

(3.20)

(3.21)

(3.22)

Dans le cas d’une ligne idéale (le diélectrique et les conducteurs sont parfaits), υ peut

s’exprimer en fonction de µ et ε suivant la relation suivante [71] :

fonction de µ et ε suivant la relation suivante [71] : υ =1/ εµ (3.23) Dans

υ=1/ εµ

(3.23)

Dans notre cas, nous allons utiliser le modèle en T avec pertes, et donc le modèle le plus

général.

2.4.1.2.3.4

Choix du nombre d’élément du modèle

Physiquement le retard introduit par la ligne d'une sonde ou d'un câble dépend de la vitesse de

propagation et de la longueur. Mais dans le modèle de ligne, ce retard dépend du nombre

d’éléments utilisés. Par exemple la figure 3.24 donne les retards pour n=1 et n=6 pour la sonde

Tektronix P6139A. En fait, ce retard augmente avec n, mais il atteint rapidement une valeur

limite.

Une façon de déterminer le nombre convenable d’éléments est justement de choisir n de telle

sorte que le retard n’augmente plus.

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

111

3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 111 Tension (V) 60 40 (signal ideal)
Tension (V) 60 40 (signal ideal) 20 (n=6) (n=1) 0 20.0n 25.0n 30.0n 35.0n 40.0n
Tension (V)
60
40
(signal ideal)
20
(n=6)
(n=1)
0
20.0n
25.0n
30.0n
35.0n
40.0n
45.0n
50.0n

Temps (S)

Figure 3.24 Variation du retard estimé pour deux valeurs de n (Sonde P6139A).

2.4.1.2.3.5 Identification des paramètres des sondes

Tête de sonde Le corps de la sonde oscilloscope C t Câble-ligne R L R
Tête de sonde
Le corps de la sonde oscilloscope
C t
Câble-ligne
R
L
R
L
R t
R cor
C o
C
C
G
G
R
C
o
cor

Figure 3.25 Modèle complet de sonde [49].

2.4.1.2.3.5.1

Technique de mesure.

D’après les mesures effectuées avec l’impédance-mètre HP4194A (40MHz) et l’Analyseur

HP8751 (500 MHz), nous identifions les caractéristiques de la sonde et les valeurs suivantes

des paramètres du modèle:

Sonde P6139A (TEKTRONIX) : R l = 225 , C l = 38 pF, G l = 1.2 pS, L l =538 nH, C cor =7 pF,

R cor =100 , R t =10 M, C t =8 pF. Nous déterminons n = 14.

Câble coaxial (1mètre) : R l = 80 m, C l = 100 pF, G l = 30µS, L l = 240 nH. Nous déterminons n

=7.

Les réponses fréquencielles de la sonde mesurée est illustrée à la figure 3.26. La simulation

avec SMASH [160] du modèle permet de retrouver très correctement cette réponse

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

112

3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 112 fréquencielle. S’agissant d’un modèle linéaire, la

fréquencielle. S’agissant d’un modèle linéaire, la validation fréquentielle implique le bon comportement du modèle dans les simulations temporelles.

Amplitude Phase (Ohm) (degré) 100M Amplitude m easure sim u la tio n 10M 1
Amplitude
Phase
(Ohm)
(degré)
100M
Amplitude
m easure
sim u la tio n
10M
1 M
100k
Phase
10k
1 k
100
1 0
100
1k
10k
100k
1M
10M
100M
1G

Fréquence (H Z)

0,0

-20,0

-40,0

-60,0

-80,0

-100,0

Figure 3.26. Réponse fréquencielle (Sonde P6139A) simulée (SMASH) et mesurée (HP).

Nous avons remarqué que pour identifier les paramètres de la sonde par simulation, il vaut mieux utiliser la sonde sans charge et la comparer à la mesure. Car la réponse fréquencielle sera plus sensible à la variation des paramètres à identifier (L l , R l , C l , G l ). Nous avons vu que le retard dépend du nombre d’élément LC (Figure 3.24). La réponse de la sonde à une onde de commutation et à une onde indicielle est représentée ci- dessous. Nous remarquons que la sonde engendre un retard (méthode classique) ainsi qu’une déformation.

140 0,0 Courbe de simulation à la tete de sonde Courbe de simulation au 120
140
0,0
Courbe de simulation à
la tete de sonde
Courbe de simulation au
120
-50,0
corps de la sonde
100
6 ns
-100,0
6ns
80
Tension à l'entrée de sonde
-150,0
60
Tension à la sortie
de sonde
-200,0
40
Diode:
BYT12P1000
-250,0
20
-300,0
0
-350,0
-20
0.0
20.0n
40.0n
60.0n
80.0n
100.0n
60,0n
80,0n
100,0n
120,0n
140,0n
160,0n
180,0n
200,0
Temps (s)
Temps (s)
V diode (V)
Tension (V)

Figure 3.27 Réponse du modèle de sonde (Sonde P6139A) à une courbe de commutation (150V,2A) et à une onde indicielle (100V).

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

113

3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 113 2.4.1.2.4 Modèle direct d’une sonde /

2.4.1.2.4 Modèle direct d’une sonde / fonction de transfert

Soit une ligne de longueur étant décomposée en n quadripôles élémentaires figure 3.28, on a

(Annexe 3.4): V V = V VVV . V V = ( 1 − (
(Annexe 3.4):
V
V
=
V
VVV
.
V
V
=
(
1
(
2
ZZ
)
+
(
ZZ c
n+ 11
213
2
nn+
1
c

)

2

)

n

V

1 1
1
1

l/n

) + ( ZZ c n+ 11 213 2 nn+ 1 c ) 2 ) n
n V
n
V

n

(3.24)

Figure 3.28 Le tronçon de ligne de longueur l

décomposé en l/n quadripôles élémentaires.

Or il est facile de calculer rigoureusement la fonction de transfert V V du quadripôle
Or il est facile de calculer rigoureusement la fonction de transfert
V
V
du quadripôle en Té
2
1
élémentaire lorsqu’on débite sur une résistance fixe
R
=
(Zc=Rs).
s
= (
V
V
1
( 2
ZZ
c )
+
(
ZZ c
)
2 )
(3.25)
2
1
dans le cas d’une ligne faiblement résistive on trouve une relation du genre [71] :
n
=
.
=
((
2
p )))
V
V
VVV
V
V
1
(
2
)
(
)
)
.
(
ZZ ccZZ +
1
−∆
(
Z
2 Z
(3.26)
V n+
11
213
2
nn+
1
l
Z p est une impédance idéal, Z = Z p +∆Z, avec
∆=
Z
(
jL
ω +
R
)
.
n
Nous pouvons obtenir cette relation par le développement temporel des équations de mailles,

mais c’est plus compliqué. Apres avoir développé les équations du modèle (élément passif),

nous obtenons une équation différentielle donnée par :

V s = F ( t, (V e ), (V e ) 1 , (V e ) 2 , ….( V e ) 2n ).

Au cours de la simulation nous apercevons d'un « bruit » qui accompagne le signal de sortie Vs,

d'autant plus que nous augmentons la précision ou le nombre de bloc n (Figure 3.31). Donc

cette méthode s’avère inutilisable.

Nous avons voulu modéliser le câble par une seule cellule (n=1), afin de mettre en évidence le

bruit que peut engendrer cette cellule. Un retard pur a été introduit pour tenir compte du retard

(3.27)

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

114

3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 114 du câble que nous ajoutons. Nous

du câble que nous ajoutons. Nous constatons qu’on perd de l’information sur le signal de sortie par rapport au bruit. Prenons l’exemple du modèle de câble qui est le plus simple, celui ci peut être représenté de la manière suivante :

L L V e (t) C Rs
L
L
V e (t)
C Rs

V s (t)

Ve

de la manière suivante : L L V e (t) C Rs V s (t) Ve

Vs

(1+a.p.Ve+b.p 2 .Ve+c.p 3 .Ve)

(1+a.p.Ve+b.p 2 .Ve+c.p 3 .Ve)
(1+a.p.Ve+b.p 2 .Ve+c.p 3 .Ve)
(1+a.p.Ve+b.p 2 .Ve+c.p 3 .Ve)
Rs V s (t) Ve Vs (1+a.p.Ve+b.p 2 .Ve+c.p 3 .Ve) Figure 3.29 Model inverse de

Figure 3.29 Model inverse de sonde (n=1).

tu
tu

[T,U]

[T,U]

Tableaux

Sonde e s1 Clock Scope Courbe
Sonde
e
s1
Clock
Scope
Courbe

t

Figure 3.30 Schéma de l’implantation du model sous Matlab/Simulink.

Les résultats de simulation sont représentées par les figures suivantes, pour un pas de calcul Dt=0.5ns représenté à droite et Dt =1ns à gauche. Nous remarquons que le bruit augmente si nous sommes exigeants au niveau du pas de simulation.

20 0 -20 -40 Ve -60 -80 -100 -120 Vs -140 -160 0.5 0.6 0.7
20
0
-20
-40
Ve
-60
-80
-100
-120
Vs
-140
-160
0.5
0.6
0.7
0.8
0.9
1
1.1
1.2
1.3
1.4
1.5
x
10 -7
600 400 200 0 -200 -400 -600 Vs -800 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4
600
400
200
0
-200
-400
-600
Vs
-800
0.4
0.6
0.8
1
1.2
1.4
1.6
1.8
x
10 -7

Figure 3.31 La réponse du Modèle de transfert (Matlab/Simulink) d' un câble.

Pour ces diverses raisons, nous abondons cette méthode pour la détermination du modèle direct et inverse.

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

115

3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 115 2.4.1.2.5 Modèle inverse d’une sonde /

2.4.1.2.5 Modèle inverse d’une sonde / bergeron

Nous remarquons bien que le système d’équation déjà développé (3.14) du modèle direct de sonde est inversible, ainsi nous pouvons récupérer la tension d’entrée Ve connaissant Vs. Le système d’équation devient :

I

Cs

()

t

=

Y

Cs

. V

s

()

t

i

s

( )

t

=

Y

ch

arg

e

.

+

VVY

()

t

s

Cs

s

()

t

I

+

Cs

()

t

−∆

t

21 (

I

I

V

t

τ =−

12

a

()

t

()

t

(

(

I

s

)

i

()

t

Y V

z

s

( ))

t

)) /(

( )

t

= − − i ()

s

t

+

=−

21

()

t

+

I

Y V

z

s

12

(

t

τ

Y

Z

− i () s t + =− 21 () t + I Y V z s

I 11 () t

V

e

() t

=−

(

V

e

()

tt

a

V

()

)

.

Y Ch

=

1

Y Rh

+ Y

.

Ch

 

V

a

()

t

(

Y

Ch

+

Y

Z

+ Y

z

)

)

+

I

12

(

t

τ

)

I

11

(

−∆

tt

)

 

(3.28.a)

(3.28.b)

(3.28.c)

(3.28.d)

(3.28.e)

(3.28.f)

(3.28.g)

Apres avoir développé le modèle inverse, nous avons voulu le tester et valider son fonctionnement. Pour cela nous avons appliqué un signal Ve au modèle direct, nous appliquons la sortie de ce dernier au modèle inverse. La sortie de celui-ci doit être identique au signal Ve si nos modèles fonctionnent correctement. Les figures suivantes illustrent ceci sur une onde de commutation.

1) Ve M.D. 3) V ’e M.I.
1) Ve
M.D.
3) V ’e
M.I.
2) Vs
2) Vs

50

0

-50

-100

-150

V ’e V e
V ’e
V e
0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 x 10 -7 50 0 Ve -50 -100 Vs
0.6
0.8
1
1.2
1.4
1.6
x 10 -7
50
0
Ve
-50
-100
Vs
-150
0.5
0.7
0.9
1.1
1.3
1.5
x
10 -7

Figure 3.32 Validation du modèle inverse de la sonde (P6139A) sur une onde de commutation typique.

Chapitre 3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes

116

3 : Méthodologie de mesure et estimation des pertes 116 2.4.1.2.6 Modèle inverse d’ une sonde

2.4.1.2.6 Modèle inverse d’une sonde / onde mobile

La méthode dite « Onde Mobile », repose comme celle de Bergeron, sur la résolution exacte des équations de lignes, et après développement, le modèle inverse s’écrit sous la forme 3.29. En appliquant la discrétisation Euler rétrograde, on obtient le système 3.30 :

i

i

d

X

s ( t )

b (

t )

=

i Cs

dt

( t )

+

R

s

Cs (

t )

=

. C

s

X

( )

s t

( )

t

VV

a

=

b

(

t

)

++τ

V

b

(

).

tZ

−+τ

[

I

b

()

t

+−τ

I

b

i

a () t

=

V

a

t

()

V

b

(

t

τ

)

+

i

b

(

t

 

)

Z

τ

i

a

( ) =

t

C

h

dX

h

dt

t

( )

+

X

h

R

t

( )

h

 

V

()

=

()

ttt

V

+

X

h

()

i

e

Cs

() =

t

[

a

X

s

t

()

X

s

(

−∆

tt

)].

C

s

 

t

i

b

( ) =

t

i

Cs

t

( )

+

X

( )

s t

 

R

s

( )

t

VV

a

=

b

(

t

)