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La syndication bancaire : une s tratégie efficace pour le financement des entreprises (Extrait de

La syndication bancaire : une stratégie efficace pour le financement des

entreprises (Extrait de mémoire présenté en 2010 à l institut Supérieur de

Finance du Sénégal par Mantané Diop).

I Généralités sur la syndication bancaire

La

syndication

des

prêts

bancaires,

à

l inverse

des

modes

de

financement

classiques, représente une source de financement externe importante et flexible pour

les emprunteurs de taille moyenne et grande.

En règle générale, suite à un appel d offres, l emprunteur sélectionne une banque

chef de file qui se voit octroyée un mandat pour organiser et gérer le processus de

syndication du prêt.

Les alternatives dont dispose l emprunteur pour son financement sont : un prêt

classique dans le cadre d une relation bancaire (bilatéral agreement), un club deal

(des banques déjà en relation avec l emprunteur décident d octroyer ensemble un

prêt), une émission d obligations.

Dans le cadre d une syndication, deux ou plusieurs banques s accordent ensemble

pour octroyer un ou plusieurs prêts à un emprunteur. On peut ainsi concevoir le prêt

syndiqué comme un « mélange » de prêt relationnel et de prêt transactionnel. En

effet, la banque chef de file du syndicat analyse et contrôle l emprunteur dans un

cadre de relation bancaire puis cède une partie du prêt aux autres banques du

syndicat dans un cadre de finance directe via la syndication (Dennis et Mullineux,

2000). Dans ce cadre, chaque membre du syndicat a une créance propre sur

l emprunteur au sein d un deal unique.

Aux cours des dix dernières années, la syndication bancaire internationale s est

affirmée comme un levier essentiel du développement économique. Elle a permis de

lever des capitaux de plus en plus importants, destinés à financer les grands projets

publics
publics

et privés, les opérations de fusions-acquisitions d entreprises, les plans de

redressement d économies nationales défaillantes, les crédits de campagne, etc.

Selon Jean-Jacques Pluchart dans son livre intitulé « L ingénierie financière des

projets : édition d organisation, 1999 », ce développement des pools bancaires est

notamment

attribuable

aux

« changements

institutionnels »,

et

à «

l efficacité

adaptative » des banques internationales. Ces banques ont en effet, dû faire face à

la

fois au

repli

de « l état providence », à la désintermédiation bancaire, aux

avancées de la finance de marché, aux montées des risques-pays Ainsi, les prêts

syndiqués ont connu depuis les années 90 un fort engouement de la part des

banques et des entreprises dans l ensemble des pays développés et émergeants

L en- cours mondial des nouveaux prêts en 2003 s élevait à 1600 milliards de dollars,

soit trois fois plus qu en 1993(Gadanez, 2004). Cette croissance spectaculaire s est

poursuivie

pour

atteindre

en

2005,

3700

milliards

de

dollars

(Commission

Européenne : rapport 2005). Il convient de noter que ce mode de financement en

expansion en Europe et aux USA, connait un début très timide en Afrique.

Au Sénégal par contre, la campagne arachidière a été financée depuis 1993, à

hauteur de 40 millions de dollars, sur le marché londonien, avec comme banque

leader la Citibank. Cette stratégie a été perpétuée par la Société Capital Finance qui

a mobilisé au moins 300 millions de dollars pour le compte de la SONACOS au cours

des dix dernières années.

II Comment se forme un pool bancaire ?

Le pool bancaire (ou syndication bancaire) est une institution découlant de la

pratique. Tout d abord utilisé pendant la période de l après guerre, dans le but de

rationaliser les crédits dans une époque marquée par les difficultés économiques et

par la pénurie des capitaux, elle co nnaît ensuite un véritable essor dans les années

par la pénurie des capitaux, elle connaît ensuite un véritable essor dans les années

70 avec le premier choc pétrolier, puis avec l apparition des euro-crédits syndiqués.

Les besoins financiers croissants des entreprises, conduisent les banques, avec

l augmentation du montant de leurs engagements, à s organiser sous forme de pools

bancaires pour mieux maîtriser les risques de crédit.

Ce désir de mutualisation du

risque constitue le principal objectif de la syndication, notamment dans le cas de

projets engagés dans des zones à fort risque-pays.

Les établissements financiers réduisent le risque d insolvabilité des emprunteurs en

limitant leurs participations dans les pools bancaires. Ils peuvent ainsi :

 

-

mieux gérer leur portefeuille de risques associés aux projets financés,

 

-

franchir

les

barrières

capitalistiques

à

l entrée

des

grands

projets

internationaux,

- promouvoir leur image de marque, en étant associés à des opérations

prestigieuses sans obérer leurs ratios d engagement et de solvabilité.

III Objectifs du pool bancaire

Les crédits syndiqués ou crédits structurés sont des opérations courantes dans la vie

des entreprises. Ils répondent à de forts besoins de financement. Ses objectifs sont

multiples et variés.

Tout d abord, le crédit syndiqué sert à financer les investissements de l entreprise.

Tel est le cas, du crédit syndiqué ouvert en 1987 par 217 banques pour un montant

initial de 7,5 milliards d euros à Eurotunnel pour financer la construction du tunnel

sous la Manche.

Il peut également financer le déve loppement externe de la société. En mai 2004, Sanofi-Synthélabo

Il peut également financer le développement externe de la société. En mai 2004,

Sanofi-Synthélabo conclut un crédit syndiqué de 16 milliards d euros pour payer la

partie en cash de son offre sur Aventis.

En 2008, LA SENEGALAISE DE L AUTOMOBILE a lancé une émission de billets de

trésorerie d un montant de 6 500 000 000 CFA (9 909 187 euros) par le canal de la

Banque Régionale de Marché (BRM) comme banque leader.

En dernier lieu, le crédit syndiqué peut servir à couvrir le besoin de trésorerie présent

ou à venir de l entreprise.

IV Stratégie de syndication bancaire

La stratégie de syndication adoptée par chaque banque repose sur la taille du projet

à financer. Lorsque les capitaux nécessaires à son financement portent sur des

montants ne remettant pas en cause le risque d illiquidité de la banque, la levée de

crédit peut être opérée auprès d une seule banque ou d un pool restreint : les

emprunteurs négocient alors avec un nombre réduit de banques leaders (lead banks)

engagés à parts souvent égales dans le projet.

Dans le cas d un besoin financier beaucoup plus important (100 à 500 millions de

dollars par exemple), ceci nécessitera une levée de fonds internationaux. Ainsi, le

syndicat devient structuré dans sa constitution : on parlera de « club deal » ou « club

de banques ». Ainsi, un chef de file principal (Manager bank) éventuellement assisté

de plusieurs cochefs de file (Co managers), doit être désigné.

Lorsque le montant du financement est plus élevé, on parlera de « jumbo loan » qui

nécessitera la création d un pool international hiérarchisé, comportant un syndicat de

direction : c est le cas par exemple du financement des projets comme Eurotunnel,

Eurodisney et du Stade de France. Ce syndicat de direction regroupe plusieurs

banques leaders, cordonnées par des chefs de files et des co chefs de file. Dans

certains cas, le syndicat de directio n peut compter plus de 30 banques (jusqu à

certains cas, le syndicat de direction peut compter plus de 30 banques (jusqu à 225

dans le financement d Eurotunnel), structurées en chefs de files principaux (lead

managers), cochefs de file principaux (co- lead managers), chefs de file (managers)

et cochefs de file (co-managers).

V L architecture juridique du syndicat

Le crédit peut être octroyé par un cercle restreint de partenaires ou par plusieurs

centaines d établissements. C est cette réunion d établissements de crédit que l on

dénomme syndicat, pool ou consortium bancaire.

Le pool bancaire est un groupement sans personnalité morale d établissements de

crédit organisé en vue du financement d un client ou d une opération (lamy : droit du

financement, n° 2808, page 1396).

Il peut regrouper aussi bien des établissements bancaires établis au Sénégal qu à

l étranger ; d où leur forte connotation internationale.

Cette absence de personnalité juridique ne signifie pas que le pool n est pas

structuré. En effet, depuis les années 30, période à laquelle la syndication bancaire

est apparue en France, la pratique bancaire a mis en place des règles d organisation

du pool dans laquelle une banque se voit attribuer un rôle prédominant : c est le chef

de file ou l arrangeur. Elle est l interlocutrice majeure de l emprunteur tant dans la

phase de montage du crédit que dans sa gestion.

Elle a pour mission de monter l opération : elle va sélectionner les établissements

bancaires susceptibles de répondre à la demande de crédit et prendre contact avec

eux. En général, l arrangeur négocie les conditions du crédit avec l emprunteur. Il

établit également un mémorandum d information à destination de ses partenaires

financiers. Ce document donne un certain nombre d informations sur l emprunteur :

l opération.
l
opération.

son profil économique, son activité, sa situation financière et sur les modalités de

Une fois le crédit attribué, l arrangeur devient l agent des banques et il a pour rôle la

gestion administrative du crédit : mise à disposition des fonds, encaissement des

remboursements, répartition de ces encaissements entre les membres du pool etc.

L arrangeur et l agent se font rémunérer leur rôle de gestionnaire du dossier par le

biais de commissions plus importantes, et bien entendu, le prêt est octroyé en

contrepartie d une rémunération.

41. Les différents pools

Si les pools peuvent être définis de façon assez générale, leur organisation ne peut à

elle seule être systématisée. Il existe en effet autant de pools bancaires que de

situations différentes ; la réputation des banques et les enjeux financiers étant

considérables. Néanmoins, tous les pools sont organisés autour d'un participant dont

la fonction est essentielle : l'agent ou chef de file. C'est en effet lui qui va, après avoir

été contacté par l'emprunteur, démarcher les banques à même de constituer le

groupement. Ce choix est déterminant dans la mesure ou les sommes empruntées

représentent des millions ou des milliards d euros. Il est nécessaire que les

partenaires financiers soient solides. Ils doivent en effet avoir une situation financière

qui leur permette de pouvoir supporter de tels risques.

Le chef de file va ensuite négocier puis conclure la convention de crédit. Ici encore

son rôle est primordial car la nature juridique des pools bancaires étant incertaine, la

convention fait foi en cas de litige. Le contrat étant la loi des parties, sa rédaction en

est d'autant plus importante.

Lorsque le contrat est conclu, c'est encore par le chef de file que vont transiter les

fonds. Les banques partenaires préf èrent en effet verser l'argent au chef de file qui

fonds. Les banques partenaires préfèrent en effet verser l'argent au chef de file qui le

reversera ensuite à l'emprunteur. Ce dernier remboursant les fonds alloués au chef

de file qui les répartira ensuite entre les différentes banques en fonction du prorata

de participation de chacune. Le chef de file est ainsi un commercial, un rédacteur de

contrat et un gestionnaire du prêt. Son rôle est d'autant plus important que si chacun

des préteurs est juridiquement autonome, ils participent tous à un financement

commun. Cette complexité est accentuée par les opérations fréquentes de sous

participation.

Le chef de file est chargé par l emprunteur d une mission déterminée à savoir le

montage d une opération de crédit consortial. A ce titre, il est lié par un contrat avec

l emprunteur donneur d ordre. Sa responsabilité peut donc être engagée en raison

d une action ou omission de sa part.

Afin de se prémunir contre une éventuelle action en responsabilité engagée à son

encontre par l emprunteur, le chef de file prend soin de prévoir des clauses par

lesquelles il se dégage de toute responsabilité, sauf pour faute lourde ou dol, née

des actes qu il a pu effectuer pendant la période précontractuelle et relatifs aux

contrats passés avec l emprunteur. Une telle clause peut aussi bien être insérée

dans la lettre d engagement que dans le contrat d ouverture de crédit lui-même et

porter tant sur les actes accomplis pendant la période précontractuelle que sur ceux

accomplis au cours de la période précédant

la signature du contrat. Ces clauses

sont licites à moins qu elles n exonèrent totalement le chef de file en présence d un

dol ou d une faute lourde.

Ainsi

le

chef

de

file serait coupable

de

dol

si,

connaissant l insolvabilité ou

l incompétence des banques intéressées, il laissait croire à l emprunteur qu elles

étaient à même d octroyer le crédit.

Cependant, l agent n est pas pour a utant garant de l exécution par les

Cependant, l agent n est pas pour autant garant de l exécution par les banques de

leurs obligations nées de la convention. Ainsi, il ne garantit pas leur solvabilité à

l emprunteur. De ce fait, il n est aucunement tenu de pallier ou de supporter la

défaillance d une banque du pool que ce soit lors de la mise à disposition des fonds

ou lors du recouvrement des sommes avancées. En effet, les banques ne sont pas

solidaires les unes des autres : chacune, dans une relation de syndication directe,

s est engagée séparément avec l emprunteur. De ce fait, l agent n est pas garant de

la bonne exécution par l emprunteur de ses obligations à savoir l obligation de

rembourser le crédit. En revanche, s il a déjà remboursé les fonds aux banques mais

que l emprunteur n a pas respecté ses obligations, il pourra se retourner contre lui et

le poursuivre en répétition de l indu.

La situation est tout autre en cas de syndication indirecte : Le chef de file étant tenu

de rembourser les banques sous participantes et cela que l emprunteur ait ou non

fait face à ses obligations.

Il a pour seule mission de gérer le crédit en servant d interlocuteurs entre les

différents participants.

Le chef de file est également engagé auprès des banques. Il leur doit d abord une

obligation précontractuelle d information au titre de son devoir de loyauté. Il doit ainsi

les

informer

sur

les

données

essentielles

du

contrat.

En

effet

si

le

défaut

d information a vicié le consentement du co-contractant, le contrat de syndication

pourra être annulé. Néanmoins et dans la mesure où le chef de file contracte avec

des professionnels, ses obligations sont allégées. En effet, la constitution d un pool

ne fait pas disparaître le devoir de vigilance qui pèse sur chaque prêteur. Ils ne sont

pas censés s être déchargés sur le chef de file de la charge de suivre l évolution du

risque du crédit.

Au titre du devoir de loyauté, il ne p eut, sauf acte de gestion courante,

Au titre du devoir de loyauté, il ne peut, sauf acte de gestion courante, engager seul

les banques participantes qu avec leur autorisation préalable et expresse. A défaut,

tout acte de disposition pris sans autorisation préalable et écrite sera inopposable à

la banque. Ainsi, il ne peut décider unilatéralement de consentir un abandon de

créances, de signer un protocole de règlements amiables, autoriser des paiements

échelonnés, modifier les modalités ou le montant du crédit alloué.

Face aux responsabilités encourues, le chef de file inclut généralement dans la

convention des clauses exonératoires de responsabilité qui portent aussi bien sur les

informations fournies que sur le montage de l opération. La clause d exonération de

responsabilité quant aux informations fournies précise que le chef de file n est pas

responsable de la véracité ni de l exhaustivité des déclarations de l emprunteur. De

plus, cette clause contient une disposition propre aux banques elles mêmes en vertu

de laquelle elles reconnaissent s être engagées sur la base des investigations

qu elles ont elles-mêmes effectuées et ne pas s être fondées sur les informations

fournis par le chef de file.

Une autre clause peut exonérer le chef de file de sa responsabilité pour toute faute

commise par lui dans le montage de l opération.

42.Le Fonctionnement du pool

Le chef de file a pour missions de préparer, de négocier et de conclure, avec les

banques participantes, la « convention de crédit » (credit agreement) dont l objet est

de fixer les rapports entre les membres du pool et les conditions du concours

financier consenti au consortium emprunteur. Les conventions sont de plus en plus

détaillées et standardisées, conformément aux pratiques bancaires actuelles.

Dans la plupart des projets étudiés , chaque arrangeur se spécialise dans une des dimensions

Dans la plupart des projets étudiés, chaque arrangeur se spécialise dans une des

dimensions du montage en fonction de ses compétences de base : l arrangeur

technique (technical bank) teste la faisabilité du projet ; l arrangeur économique

(modeling bank) estime la rentabilité économique du projet tandis que l arrangeur

juridique (documentation bank) conçoit et réalise le montage juridique.

Notons en passant que la syndication présente la forme d une alliance de « co-

intégration », puisqu elle associe des banques leaders et underwriters cherchant à

réaliser des économies d échelle et à répartir des risques.

Le pool peut être également qualifié d alliance « complémentaire » puisqu il réunit

des firmes aux compétences et aux rôles différents aux stades successifs du

montage.

43. L Organisation du pool

Le pool bancaire est organisé par le chef de file, à partir des règles qui régissent la

syndication. Ce chef de file exerce les responsabilités de courtier-mandataire vis-à-

vis de l emprunteur, des banques participantes et des tiers. Ces responsabilités sont

variables selon que l offre du chef de file est ferme, conditionnelle ou mixte.

A l égard des emprunteurs, il accomplit sa mission en respectant trois impératifs :

l exécution des instructions, le devoir de diligence et le devoir de loyauté. Il doit en

particulier leur rendre compte du déroulement et des résultats de ses missions. Il

peut éviter certaines actions en responsabilité en ne se déclarant responsable que

de ses fautes lourdes et/ou intentionnelles.

A l égard des banques participantes, il doit se garder des fautes et omissions

susceptibles de leur porter préjudice.

d information

lors

des

démarchages

Il doit notamment s acquitter de son devoir

des

banques.

Le

chef

de

file

introduit

fréquemment dans le mémorandu m d information, une clause d exonération de responsabilité par laquelle

fréquemment dans le mémorandum d information, une clause d exonération de

responsabilité par laquelle il ne se porte pas garant de la fiabilité des informations qui

lui ont été communiquées par le consortium emprunteur.

Face

aux tiers, la responsabilité du chef de

file

n est

en

pratique que

quasi

délictuelle : vis-à-vis des créanciers commerciaux de la société, le chef de file peut

être notamment accusé d avoir consenti un « crédit abusif », d un montant hors de

proportion avec les cash- flows futurs de la société.

5 .

Processus de syndication d un prêt bancaire

La syndication d un prêt est un processus séquentiel, qui peut être décomposé en

trois phases principales :

5.1. La phase de pré-mandat

Dans

cette

phase,

l emprunteur

entame

des

négociations

avec

des

prêteurs

potentiels et sollicite des offres de leurs parts. Ces offres doivent porter sur les

caractéristiques du prêt. Ces prêteurs se placent dans une situation de concurrence

pour obtenir le mandat. A partir des propositions qu il reçoit, l emprunteur sélectionne

une banque ou un groupe de banques chefs de file pour conseiller et gérer le

processus de syndication. Il négocie alors un accord de prêt préliminaire qui spécifie

les termes du

contrat de dette. La banque chef de file est responsable de la

négociation

des

caractéristiques

du

prêt

avec

l emprunteur.

Elle

agit en

tant

« qu agent » du syndicat, en administrant les fonds, calculant les intérêts, et en

surveillant les différentes clauses contractuelles. Ces différentes tâches peuvent

cependant être séparées et confiées à d autres banques qui jouent alors le rôle

d agents spécialisées : agent administratif (collecte les remboursements), agent de

documentation (rédige les contrats de dette et prend en charge les aspects juridiques

de la syndication), agent de gar antie (gère la garantie du prêt) syndication (le souscripteur

de la syndication), agent de garantie (gère la garantie du prêt)

5.2. La phase de post-mandat

et agent

de

Ace stade, la banque chef de file entame le processus de syndication, à savoir :

- L élaboration du contrat de prêt initial,

- La préparation d une documentation pour les participants potentiels,

- L invitation de ceux-ci à rejoindre le syndicat.

Le chef de file structure le prêt en tranches et détermine les commissions. Ensuite, il

sélectionne les participants potentiels sur la base de ses relations passées, de leurs

expériences de prêt avec des emprunteurs du même secteur ou de la même région

géographique, ou de leur expérience passée avec l emprunteur. Les banques

invitées par le chef de file sont généralement des établissements avec lesquelles il a

des relations privilégiées. L expérience et la réputation de la banque chef de file joue

un rôle prépondérant à ce stade.

Le chef de file et l emprunteur rédigent collectivement un mémorandum pour informer

les

participants

potentiels

sur

la

qualité

du

crédit

de

l emprunteur

et

les

caractéristiques du prêt. Les banques qui reçoivent ce document signent un accord

de confidentialité. Une réunion d information (road show) est ensuite organisée par le

chef

de file et l emprunteur avec les participants potentiels. Les informations

contenues dans le mémorandum sont présentées et discutées en détail avec les

participants. Les banques invitées peuvent émettre des commentaires et suggestions

à ce moment là, afin d influencer la structure et la tarification du prêt syndiqué. Elles

sont également libres de proposer des engagements sur n importe quelle tranche. La

taille de l engagement est détermin ée en fonction de la taille de la banque,

taille de l engagement est déterminée en fonction de la taille de la banque, de sa

Suite à cette réunion, le chef de file invite formellement les participants au syndicat.

L emprunteur peut intervenir à ce stade. Le chef de file souhaite inviter les banques

ayant le plus « d appétit » afin d être sûr que la souscription du prêt se fasse dans sa

totalité. En effet, la banque leader souhaite éviter la sur souscription pour ne pas

atomiser le prêt. Elle souhaite également éviter la sous souscription du prêt pour ne

pas nuire à sa réputation d une part mais aussi pour pas se voir contrainte de garder

une part plus importante du prêt à son bilan.

En règle générale, l emprunteur et la banque chef de file s accordent sur le mode de

syndication : une stratégie générale en une étape ou une stratégie en deux étapes

avec souscription. La première stratégie implique une distribution du prêt à un

groupe de banques suffisamment important pour qu il puisse s engager à financer la

totalité des engagements.

Dans le cadre de la seconde stratégie, la banque chef de file et un groupe de

banques restreint souscrivent le prêt puis proposent des parts à un groupe de

banques plus large. Plus précisément, le syndicat peut être assemblé selon les deux

manières ci après :

- Premièrement : Engagement de la société (firm commitment) : la banque

chef de file s engage à octroyer la totalité du prêt sur la base des termes

prédéfinis. Il réunit ensuite les autres membres du syndicat afin de réduire

son exposition vis-à-vis de l emprunteur. Celui-ci se voit garantie la totalité

de la valeur faciale du prêt. Dans ce cas, le prêt peut être syndiqué après

la clôture de la syndication (closing). Le prêteur prend le risque de ne

dans son bilan.
dans son bilan.

pouvoir redistribuer le prêt et par conséquent de le conserver en totalité

 

-

Deuxièmement : Meilleur effort (best effort) : la taille du prêt est déterminée

 

par

les

engagements

des

différentes

banques

qui

participent

à

la

syndication. La totalité de la valeur faciale du prêt n est plus garantie pour

l emprunteur et celui-ci court le risque de devoir payer un spread et/ des

commissions plus importantes

pour inciter davantage

de banques à

participer à la syndication. Le prêteur s engage à octroyer une partie du

prêt et placer le reste sur le marché de la syndication. Dans ce cas le prêt

doit être syndiqué avant la clôture.

 

Après

la

clôture

de

la

syndication,

les

participants

peuvent

revendre

leurs

engagements sur le marché secondaire. Les termes de la syndication ainsi que la

banque chef de file ne peuvent être modifiés sans l accord unanime des membres.

5.3. La phase post signature

Après la signature, le prêt devient opérationnel et les prêteurs et l emprunteur sont

liés par le contrat de prêt. Lorsque le contrat de dette est signé, les banques séniors

perçoivent une commission qualifiée de « praecipium » (arrangement fee) pour la

mise en place du syndicat. Ils perçoivent également une commission de clôture (up

front fee) en compensation du travail fourni pour l approbation du prêt. Le montant de

cette commission s établit entre 20 et 200 points de base. L emprunteur verse

également une commission d engagement (commitment fee ou facility fee) sur tout

montant

non

tiré

de

la

ligne

de

crédit.

Cette

commission

est

généralement

proportionnelle à l engagement et rémunère les coûts du capital règlementaire.

Cette commission vaut environ 50 p oints de base par an. Le taux d intérêt

Cette commission vaut environ 50 points de base par an. Le taux d intérêt d un prêt

syndiqué est généralement composé d un spread défini par rapport à un taux

interbancaire, comme le libor, l euribor, etc.

Dès que la ligne est tirée, l emprunteur paie également une commission d utilisation

(utilisation fee) afin de couvrir les coûts de gestion du prêt. Les autres participants

peuvent percevoir une commission de participation (participation fee) en contrepartie

de leur accord pour rejoindre le syndicat et de cofinancer le prêt. Il existe également

des

commissions

légales

(qui

rémunèrent

le

conseiller

juridique),

et

de

remboursement anticipé. La commission d agence ( agent fee) rémunère la banque

qui joue le rôle d agent pour l ensemble du syndicat.

Conclusion

Bien que très développé sur le marché Européen et Américain, ce mécanisme est

cependant peu répandu en Afrique du fait la plupart des entreprises privées qui s y

trouvent sont des filiales de sociétés étrangères où les stratégies d investissement ne

se décident généralement pas sur place.

Par ailleurs, les banques sont peu enclines à faire de tels montages financiers avec

les sociétés nationales en raison de la présence très marquée des états dans la

gestion administrative et financière de ces entreprises. En effet, certains états

considèrent les sociétés nationales comme des « gouffres à sous ».

Il convient que les états, pour financer leurs investissements ont souvent recours à

d autres modes de financement comme le lancement d emprunts obligataires ou le

recours au système de B OT « Build operation transfert » qui consiste à laisser

l exploiter de l investissement au créancier pendant une durée au terme de laquelle

l état entre en possession de son actif tangible.

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