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LA MAGIE DANS L’ÂNE D’OR, OU

LES MÉTAMORPHOSES D’APULÉE


INTRODUCTION

L’ambition du présent travail n’est aucunement d’établir une liste exhaustive des
occurrences en lien avec la magie, ni même d’épuiser le sujet sur la question, mais de
suggérer une étude contrastive entre ses pratiques exposées dans l’Âne d’or, la
conception-même qu’Apulée s’en fait et le contexte dans lequel ils s’inscrivent. Nous
essaierons de montrer, sans nous laisser piéger par les procès qui lui ont été intentés,
comme il n’est pas évident qu’Apulée ait adhéré à l’exercice de la magie, ou du moins,
pas sous toutes ses formes.

Il faut bien avoir à l’esprit que la magie était omniprésente dans l’empire romain 1 :
dans les marchés (astrologues, ingrédients magiques2,…), sous formes d’amulettes ou
de statues protectrices,… et tout était perçu comme normal. On consultait souvent
des astrologues, pour connaître, par exemple, le moment le plus propice pour un
événement, que ce soit un mariage ou une bataille. En cela, la présence d’un Chaldéen
se trouve tout à fait justifiée. On leur attribue l’invention de l’astrologie et, de ce fait,
le terme même en est venu à désigner tout astrologue.

II.12. […] Il y a, par exemple, chez nous, maintenant, à Corinthe, un


Chaldéen de passage, qui bouleverse toute la ville par ses réponses
étonnantes et révèle à tout venant, moyennant quelques sous, les secrets
des destins […]

Leurs prophéties pouvaient s’appuyer sur d’autres supports comme la lecture dans les
entrailles d’animaux, l’analyse du vol des oiseaux, l’interprétation des rêves,…

1
Elle l’était plus encore en Égypte.
2
Nous verrons plus tard l’exemple des « lames écrites ».
1
APULÉE

ÉLÉMENTS BIOGRAPHIQUES

Ce que nous savons de la vie d’Apulée est majoritairement issu de ses propres œuvres,
principalement des Florides, une anthologie réunissant quelques-uns de ses
nombreux discours, et de son Apologie, plaidoyer le disculpant des accusations de
magie prononcées à son encontre par sa belle-famille.

On apprend, dans son Apologie, qu’il aurait dû naître aux alentours de 123. Il
s’adresse, en effet, au proconsul Claudius Maximus, ayant exercé ses fonctions en
158/159. Les Florides abondent dans ce sens puisqu’il y indique, dans un
fragment3, qu’il a fait ses études en même temps que Strabo Aemilianus, proconsul en
156. Or, l’âge requis pour être consul suffectus (ou subrogé) est de 33 ans minimum.

Son Apologie nous indique qu’il est issu d’une colonie autre que Carthage et
Sabrata, sans plus de précision. La tradition tend à désigner Madaure4 comme son
lieu de naissance, endroit-même où il aurait étudié la littérature et la rhétorique. De
plus, dans les Métamorphoses 5 , un songe le présente comme un « homme de
Madaure, mais quelqu’un de très pauvre » ou, plus précisément, « adisse mitti sibi
Madaurensem sed admodum pauperem ». Malgré quatre épigraphes présentes à
Madaure, mentionnant la gens Apuleia, il est impossible de savoir si la famille
d’Apulée est arrivée en colon ou si elle en est originaire.

Il a étudié à Carthage, puis profita de son héritage pour séjourner et entamer des
études à Athènes, où il s’intéressa au platonisme et au pythagorisme. Il est allé à
Samos, passa un peu de temps à Rome et se rendit à Hieropolis, en Phrygie. Il rentre
ensuite à Carthage. Rhéteur actif, philosophe, il aurait exercé la fonction de sacerdoce
sur la province et, par là, aurait été membre du sénat carthaginois. Nous restons sans
informations sur ses occupations ultérieures.

Il serait mort dans les années 170.

3
Flor., XVI, 36. […] cum primis commemoravit inter nos iura amicitiae a
commilitio studiorum eisdem magistris honeste inchoata […]
4
Actuellement M'daourouch, ville d’Algérie.
5
Mét., XI, 27
2
SON ŒUVRE

La variété de sa production est la meilleure démonstration de ses compétences


intellectuelles. Elle peut être divisée en trois branches. D’une part, se trouvent les
œuvres dont on dispose, réparties en textes rhétoriques (l’Âne d’or, ou les
Métamorphoses ; l’Apologie ; les Florides) et philosophiques (De Deo
Socratis ; De Platone et eius Dogmate ; De Mundo), d’autre part, ses
travaux perdus (Ludicra ; De Proverbiis ; Hermagoras ; Phaedo ;
Epitoma Historiarum ; De Re Publica, probablement influencé par Platon et
Cicéron) ; Libri Medicales ; De Arboribus ; Erotica ; Arithmetica ; et
d’autres œuvres d’astronomie ou concernant la nature) ainsi que les textes lui ayant
été attribués par erreur (Asclepius ; Herbarius ; Physiognomia).

SON RAPPORT À LA MAGIE

Influencé par les philosophes alexandrins6, Apulée ne nie pas l’existence de la magie
et en distingue, lui aussi, deux types. L’une de ses formes, qu’il qualifie de vulgaire,
permet à l’usager d’obtenir tout ce qu’il souhaite – souvent rien de bien exemplaire –
par le biais d’incantations précises. La seconde, bénéfique, se base essentiellement
sur des connaissances strictes tant des sciences que des cultes et rituels. Cette
dernière plaît aux dieux dans la mesure où elle témoigne de la manière la plus
convenable et appropriée de s’adresser à eux, puisque étant le fruit d’une
connaissance exacte de leur culte. Cette double considération – nous allons le voir –
se retrouve dans les Métamorphoses.

LE PROCÈS

Malade lors d’un voyage à Alexandrie, il s’arrêta à Oea, auprès d’un ami, Sicinius
Pontianus, dont il s’est épris de la mère, Aemiliana Pudentilla. L’affaire n’enchanta
guère la famille, qui vit s’envoler l’héritage de cette riche veuve. Déjà accusé de magie,
c’est suite à un procès intenté contre Pudentilla, qu’il défend, que le grief prendra
effet : on l’accuse d’avoir usé de sortilèges pour conquérir le cœur de celle-ci, et
obtenir son argent. Le procès n’aura pas lieu dans la ville d’Oea, mais à Sabrata, face
6
Ils distinguaient goétie (magie malfaisante, recours aux mauvais démons) et
théurgie (magie bienfaisante, recours aux bons génies). A la Renaissance, on parlera
plus volontiers de « magie noire » et « magie blanche ».
3
au proconsul Claudius Maximus. Deux circonstances favorables à Apulée qui, d’une
part, n’est pas devant le peuple qui l’accuse, d’autre part, parce qu’il partage avec
Claudius Maximus une formation philosophique similaire.

Apulée répondra de ses accusations dans son Apologia siue de magia. On


l’inculpe de détenir des espèces rares de poissons intervenant dans la composition de
recettes en matière de magie amoureuse. Il s’agit, en vérité, d’animaux qu’il étudie en
vue de la rédaction d’un ouvrage concernant la nature. On lui reproche également
d’être en possession d’objets magiques, notamment un « objet entouré d’un
mouchoir »7. Ce ne sont là, se défend Apulée, que des ustensiles empruntés à
différents cultes qu’il a pu côtoyer durant ses voyages. L’objet qui nourrira le plus la
polémique est une statuette, qu’il vénère. Il est accusé, par ailleurs, d’avoir prononcé
des incantations, muni d’un petit autel, d’une lampe et de quelques complices, à
l’égard d’un jeune garçon ainsi ensorcelé. Il serait tombé au sol et, se relevant sans
reprendre conscience, leur aurait révélé l’avenir. Il se justifie en précisant qu’il
s’agissait là d’un enfant épileptique sur lequel il n’entreprenait rien d’autre qu’une
expérience potentiellement profitable à la science.

La plupart du temps, Apulée s’innocente par des explications philosophiques,


religieuses, voire scientifiques. Mais il faut noter combien la frontière peut être
mince, plus encore à l’époque où beaucoup reste à expliquer, entre philosophie,
religion et magie. Enfin, Saint-Augustin évoque le fait que si Apulée avait été le grand
magicien que l’on prétend, il n’aurait point vécu dans la condition qui fut la sienne,
étant donné l’ambition qui le démangeait.

On ignore quelle fut la sentence mais il y a tout lieu de croire qu’Apulée ait été relaxé,
en témoigne son activité littéraire qui n’a pas connu d’interruption notoire. De plus,
les Métamorphoses, œuvre ultérieure à l’accusation, traitent encore – cette étude
en est la preuve – largement de magie.

7
Apol., LIII, 2, « quaedam sudariolo inuoluta »
4
L’ÂNE D’OR, OU LES MÉTAMORPHOSES

LE TITRE

[…] La qualification d’aurea ou dorée donnée à la légende fabuleuse des


saints allégoriques en indique assez le caractère. L’or aux yeux des initiés
est de la lumière condensée, ils appellent nombre d’or les nombres sacrés
de la kabbale, vers dorés de Pythagore, les enseignements moraux de ce
philosophe, et c’est pour la même raison qu’un livre mystérieux d’Apulée
où un âne joue un grand rôle a été appelé l’âne d’or. […]8

Ce titre condense le projet d’Apulée, à savoir, confronter la magie (métamorphose en


âne) à la grandeur du culte religieux (or). L’âne est, ainsi, qualifié d’or parce que son
parcours s’achève par un rapprochement de la déesse Isis.

Si les Métamorphoses apparaît comme le titre original (cf. source grecque), il


n’empêche que le texte, à la Renaissance, a été traduit avec l’intitulé l’Âne d’Or.
C’est également par ce dernier que Saint-Augustin fait allusion à l’ouvrage d’Apulée.
Par contre, dans le résumé qu’il donne du conte de Psyché, Fulgentius parle des
Métamorphoses.9

SOURCES

LE RÉCIT

La question des sources de l’ouvrage fait, encore aujourd’hui, l’objet de débats sans
véritables conclusions.

Le texte d’inspiration primaire, aujourd’hui perdu, serait grec : Metamorphoseis,


attribué à un certain Lucius de Patras, mais il semblerait qu’il n’en soit pas l’auteur.
Les philologues, du moins certains, s’accordent sur le fait que les
Metamorphoseis ne contenaient que l’aventure de Lucius, sans aucune

8
Eliphas Lévi, p. 212
9
“Apuleius and Metamorphosis”, The American Journal of Philology, Vol. 93, No. 2.
(Avr., 1972), p. 306
5
digression. Ainsi, la paternité, ou l’originalité des épisodes connexes à l’intrigue
principale10, est encore discutée.

Par ailleurs, contemporaine à celle d’Apulée, Lucien donne une œuvre comparable :
l’Âne. La version de ce dernier se termine de façon burlesque11

LE THÈME DE LA TRANSFORMATION

La transformation d’un homme en un âne par l’intervention de la magie ne provient


pas d’une tradition mythique ou folklorique précise. Il n’y a pas de source directe
puisée dans la mythologie ou les légendes grecques. L’épisode, dans l’Odyssée
d’Homère, où des compagnons d’Ulysse sont changés en cochons par la déesse Circé 12
ne semble pas être une inspiration immédiate pour Apulée. Il en est de même pour
les Métamorphoses d’Ovide, où les transformations sont à sens unique.

Le thème de la transformation trouverait davantage son origine dans la tradition


égyptienne, où nombre de Dieux ont apparence animale. Apulée y ferait-il, lui-même,
référence ?

I.1. […] pourvu que tu daignes jeter les yeux sur ce papyrus égyptien, que
la pointe d’un roseau du Nil a couvert d’écriture – et tu t’émerveilleras en
voyant des êtres humains changer de nature et de condition pour prendre
une autre forme, puis par un mouvement inverse se transformer à
nouveau en eux-mêmes […]

Les Fables d’Ésope, traduites en latin par Phèdre, ont, elles, dû lui suggérer
quelques anecdotes, qu’il adapte.

RÉSUMÉ DE L’OEUVRE

Livre I : Lucius se rend en Thessalie, désireux d’y apprendre la magie. Il croise


Aristomène sur son chemin, qui lui raconte son histoire : son ami Socrate a eu affaire
avec la sorcière Méroé, qui transforme ses proies en animaux. Leur chemin se sépare
à l’entrée d’Hypata, ville dans laquelle Lucius cherche Milon, à qui il doit remettre

10
Nous pensons entre autres à ceux d’Aristomène (I), de Thélyphron (II), de la fête du
dieu Rire (III), le récit des brigands (IV), de Psyché (IV – VI), de Charité (VIII),…
11
Celle qui aimait Lucius-âne, se refuse à lui, une fois redevenu humain.
12
HOMÈRE, Odyssée, X.
6
une lettre de la part de Déméas de Corinthe. Il parvient chez lui et est accueilli comme
un roi.

Livre II : Au marché, il rencontre une dame qui prétend être la tante l’ayant élevé,
Byrrhène. Celle-ci le met en garde contre Pamphile, femme de Milon, qui est une
puissante sorcière. Cela ne fait qu’exciter la curiosité du jeune homme. Lors d’un
repas chez son hôte, Lucius raconte les prédictions que lui a faites Diophane, un
Chaldéen connu dans la région : il lui a prédit un voyage glorieux. Lucius entretient
une relation avec Photis, servante de la maison. Invité chez Byrrhène, Lucius y
rencontre Thélyphron, qui raconte son expérience personnelle avec une sorcière qui
venait mutiler les morts. En rentrant chez Milon, Lucius tue trois brigands.

Livre III : Dès le matin, on vient l’arrêter pour le mener au jugement. Les trois
brigands n’étaient rien d’autre que trois outres gonflées. Il s’agissait, en réalité, d’une
mise en scène organisée par Photis, malgré elle, en l’honneur du dieu Rire qui,
désormais, accompagnerait Lucius partout. Ayant confiance en lui, elle va lui
expliquer les secrets de la maison : Pamphile se sert de pouvoirs magiques quand elle
tombe sous le charme d’un jeune homme. Une fois de plus, la curiosité de Lucius est
excitée et il demande à sa bien-aimée de le laisser, secrètement, assister à ces
pratiques nocturnes. Il voit ainsi Pamphile se transformer en hibou et implore Photis
de le métamorphoser à son tour en oiseau. Celle-ci se trompe de boîte d’onguent et
Lucius, tout en conservant son intelligence d’homme, est changé en âne. Le remède,
lui indique Photis, est de manger des roses. Lucius n’en a pas le temps, des voleurs
entrent dans la maison et emportent le cheval et les ânes de l’écurie.

Livre IV : les brigands s’arrêtent dans une maison retirée de tout, où une vieille
femme les attend. C’est le point de ralliement des deux groupes : ceux qui sont allés
chez Milon et les autres, moins chanceux, qui racontent leurs péripéties. Durant la
nuit, ils reviennent avec une jeune fille en échange de laquelle ils espèrent obtenir une
rançon. Elle se lamente auprès de la vieille, qui lui raconte l’histoire de la (trop) belle
Psyché.

Livre V : Suite de l’histoire de Psyché.

Livre VI : Fin de l’histoire de Psyché. Lucius, menacé par les brigands pour son
invalidité, s’enfuit, accompagné de la captive, qui lui promet grande récompense s’il

7
la ramène chez elle. La vieille se pend. Ils sont recapturés par les brigands, qui
discutent de leur peine.

Livre VII : En ville, Lucius est accusé du vol opéré chez Milon. Du côté des brigands,
ceux-ci amènent une nouvelle recrue, Haemus de Thrace. Il s’agit, en réalité, de
Tlépolémos, le mari de la jeune fille, qui vient les sauver. Elle confie Lucius à un
marchand de chevaux avec l’ordre de traiter l’âne dignement, mais il l’attache à une
meule. Une fois remis en liberté, ce sont les chevaux qui l’attaquent, puis il subit les
fourberies d’un garnement qui se plaît à le maltraiter.

Livre VIII : Lucius est accusé de la mort du garnement, dévoré par un ours. Un
message arrive et annonce la mort de Charité, la jeune fille. Tout est la faute d’un
certain Thrasylle, jaloux de Tlépolémos. Tous les bergers, craignant un nouveau
maître, s’enfuient, laissant à Lucius, la vie sauve. Il s’arrête dans un village et est
vendu à Philèbe. En sa compagnie, ils parcourent les villages, annoncent des
prophéties imaginaires et s’enrichissent sur le dos des crédules. Ils veulent tuer
Lucius, mais finalement, ils le gardent pour qu’il porte la « déesse », une statue.

Livre IX : Ils sont arrêtés et Lucius est vendu à un boulanger. Il connaît une
nouvelle série de mésaventures. La femme trompe son mari, qui la répudie. Celle-ci
fait appel à une sorcière pour se venger. Le boulanger est tué et Lucius vendu à un
pauvre paysan. Ils sont invités, pour un service rendu, chez un riche bourgeois, où il
se passe des miracles. Ceux-ci annoncent un grand malheur : les trois fils de l’hôte
sont morts. Leur père se suicide. Lucius et le jardinier reprennent leur route et ils
sont arrêtés par un soldat, qui veut ravir Lucius. Ils s’enfuient, sont cachés, mais
dénoncés et retrouvés. Le soldat s’empare alors de Lucius.

Livre X : Le soldat est chargé par un tribun d’apporter une lettre au Prince, à Rome.
Avant son départ, il vend Lucius à deux frères esclaves cuisiniers. Admiratifs de ce
que Lucius mange ce qu’ils cuisinent, ils le donnent en spectacle. Leur maître,
« l’offre » même, pour une nuit, à une riche dame, folle amoureuse de Lucius,
pourtant âne. Désigné pour assumer le châtiment d’une terrible criminelle (ils
doivent faire l’amour en public), Lucius parvient, néanmoins, à s’enfuir.

Livre XI : Procession à Isis et retour à l’apparence humaine.

8
STRUCTURE

Il est majoritairement question de magie dans les trois premiers livres, et dans le
dernier. De manière un peu grossière, nous pouvons établir le plan suivant :

1. Lucius avant la transformation (I –III) : voyage en quête de magie, curiosité


intense ;

2. Lucius pendant la transformation (IV – X) : péripéties, rebondissements ;

3. Lucius après la transformation (XI) : mystique.

LA MAGIE DANS LES MÉTAMORPHOSES

LA THESSALIE

II.1. […] Je me disais que je me trouvais en plein cœur de la Thessalie, un


pays célèbre dans le monde entier pour les incantations magiques dont il
est le berceau […]

A l’époque, cette région de Grèce est directement apparentée à la magie qui y serait
même née. La Thessalie est réputée receler des sorcières aux rites abominables.
Femmes n’étant plus en mesure d’assouvir leurs envies, elles jalousent cruellement
l’amour et la vie. Ainsi, elles profanaient les sépultures en quête de quelques caresses
de jeunes hommes qui ne sont plus en mesure de les refuser. Le discours prononcé
par Thélyphron13 manifeste cet appétit morbide. Par ailleurs, envieuses de leur
fraîcheur, elles capturaient de jeunes enfants qu’elles sacrifiaient impitoyablement
tantôt les laissant mourir de faim, tantôt s’emparant de leurs membres pour
composer des mixtures14 qui les soulageaient. Ménandre témoigne, déjà au 4e siècle
A.C., dans sa comédie la Thessalienne, des pouvoirs dont disposaient ces
sorcières de la région, notamment, celui d’effacer la lune du ciel.

13
Mét., II, 22
14
Eliphas Lévi nous en donne le détail dans son Histoire de la Magie : « les autres
leur coupaient la tête, les pieds et les mains, et faisaient réduire leur graisse et leur
chair dans des bassins de cuivre, jusqu’à la consistance d’un onguent qu’elles
mêlaient aux sucs de la jusquiame, de la belladone et des pavots noirs. Elles
emplissaient de cet onguent l’organe sans cesse irrité par leurs détestables désirs ;
elles s’en frottaient les tempes et les aisselles, puis elles tombaient dans une léthargie
pleine de rêves effrénés et luxurieux ».
9
LES SORCIÈRES

Comme nous aurons l’occasion de l’apprécier dans les cas suivants, Apulée, et il est le
premier, a inclus la métamorphose dans l’ensemble des pouvoirs caractéristiques de
la sorcière.

MÉROÉ

Socrate fait à Lucius une description épouvantable de Méroé, sorcière et


nécromancienne terrifiante.

I.8. […] Une sorcière, dit-il, une possédée, capable d’abaisser le ciel, de
suspendre la terre, de tarir les fontaines, de dissoudre les montagnes, de
faire remonter les morts et descendre les dieux, d’éteindre les astres,
d’illuminer le Tartare lui-même […]

Tout comme la Simaitha15 de Théocrite, ou la prêtresse massylienne venue d’Éthiopie


et dont Didon se dit l’héritière16, Méroé est censée pouvoir se faire aimer à son gré.
Cette pratique est courante. Par contre, ce qui ne l’est pas, c’est qu’elle est capable de
séduire à distance, de conquérir des hommes d’autres continents.

I.8. […] se faire aimer à la folie, je ne dis pas des gens de l’endroit, mais
même des Indiens ou des habitants des deux Ethiopies, voire de ceux des
Antipodes, c’est pour elle l’enfance de l’art et pure amusette […]

Aussi, a-t-elle condamné une jalouse à une grossesse perpétuelle. Voici les deux
premiers exemples de l’exagération à laquelle se livre Apulée quand il traite des
pratiques magiques « vulgaires ».

A ceux qui lui résistent, elle n’hésite pas à répondre par son pouvoir de les
métamorphoser en animaux divers : castor, grenouille, bélier.

Punie pour ses méfaits à la lapidation, par des pratiques macabres, elle enferma tous
les habitants du village chez eux l’espace de deux jours entiers.

15
THÉOCRITE, La Magicienne.
16
VIRGILE, l’Enéide, IV, [478 – 489]
10
I.10. […] de même cette sorcière, en se livrant sur une fosse à des
conjurations de nécromancie […] enferma tous les habitants, chacun
dans sa demeure, par l’intervention mystérieuse des puissances
surnaturelles, si bien que, pendant deux jours entiers, ils ne purent ni
forcer les serrures, ni arracher les portes, ni même enfin percer les
murailles jusqu’à ce qu’enfin ils se fussent tous entendus pour lui
promettre à grands cris, avec les serments les plus solennels, qu’ils ne
porteraient pas la main sur elle, et que, si l’un d’eux s’avisait du contraire,
ils lui porteraient secours et la sauveraient. […]

Elle sanctionne personnellement l’instigateur de ce mouvement populaire à son


encontre par le déplacement, par des pouvoirs surnaturels, de sa maison à des
kilomètres de là, à l’entrée d’un autre village se trouvant au sommet d’un mont
escarpé.

I.10. […] Mais l’auteur du mouvement, par une nuit noire, fut enlevé
avec sa maison entière, je veux dire les murs, le terrain et toutes les
fondations, telle qu’elle était, toute fermée, et transportée à cent milles,
dans une autre ville, située au sommet d’un mont escarpé […]

Peut-on voir chez elle l’influence d’une magie étrangère ? Enfermer des habitants est
un pouvoir que l’on retrouve chez les chamans du folklore du sud de la Russie. Aussi,
la pratique de l’ablation du cœur trouverait un correspondant en Sibérie où les
chamans toungouses de l’Onon recueillaient le sang de la victime pour s’en
approprier l’énergie. L’Afrique noire, et plus précisément le Congo, présente des
coutumes identiques.

PAMPHILE

Décrite par Byrrhène comme une puissante sorcière, Pamphile est, au contraire, aux
yeux de sa servante Photis, détentrice de secrets merveilleux au moyen desquels elle
se fait obéir des Mânes (bienfaisantes)17. Ses pouvoirs sont proches de ceux de Méroé.

Elle ne peut pratiquer son art que la nuit pour que ses enchantements soient
efficaces. Elle en use, à des fins personnelles, pour obtenir les faveurs de jeunes
hommes sous le charme desquels elle tombait facilement.

17
Mét., III, 15
11
La lampe apparaît comme un instrument de magie attesté. De même qu’Apulée en
emporta une pour effectuer le rituel nocturne qui lui valut accusation, de même
Pamphile s’en sert pour annoncer la pluie du lendemain18. Certes on peut imaginer,
dans le cas d’Apulée, un simple objet d’éclairage, il n’empêche que la mention
explicite ne doit pas être innocente.

Il convient de distinguer, d’une part, la lampe, qui donne une « fausse » lumière,
d’autre part, la lumière elle-même. La première, Apulée la fait intervenir dans les
actes magiques19, comme nous l’avons vu, la seconde est celle qui permet de voir la
réalité des choses, leur côté juste et vrai. Il n’est alors pas étonnant que l’initiation de
Lucius soit présentée comme une illumination, sous la protection d’une Isis
rayonnante. De la sorte, Apulée déconsidère les pratiques magiques et place
l’approche mystique sur un piédestal. Un autre indice réside dans le fait que
Pamphile ne peut prononcer ses enchantements que la nuit, en l’absence de cette
lumière « bienveillante ».

III.16. […] Je l’ai entendue hier soir, je l’ai entendue, dis-je, de mes oreilles
menacer le soleil lui-même, parce qu’il n’avait pas quitté le ciel assez vite
et cédé assez tôt la place à la nuit pour qu’elle pût pratiquer ses
enchantements, de le plonger dans un nuage obscur et des ténèbres
éternelles […]

Comme Lucius, qui approchera spirituellement Isis-Hécate, le symbole de la lampe va


évoluer, jusqu’à être évoquée entre les mains d’un prêtre20.

Ses pouvoirs ne se limitent pas à la prédiction. La rumeur la décrit comme une


sorcière redoutable, capable d’assujettir les astres et d’évoquer les morts.

18
Mét., II, 11 « […] Pamphile s’écria en observant la lampe : « Quelle pluie nous allons
avoir demain !» ».
19
La garde de Thélyphron, la métamorphose de Pamphile,…
20
Mét., XI, 10.
12
II.5. […] On la considère comme une sorcière de premier ordre et passée
maîtresse en toute sorte d’incantations sépulcrales. Elle sait, en soufflant
sur des baguettes, des cailloux et de petits objets de cette sorte, plonger
toute la lumière de notre univers et de nos astres dans le fond du Tartare
et l’antique Chaos. […]

Cela ne fait qu’amplifier cette tension entre la lumière artificielle, à laquelle elle doit,
dès lors, recourir, et la lumière « vraie ».

Enfin, comme Méroé, elle détient le pouvoir de se faire aimer ou, tout au moins, les
techniques nécessaires pour appâter sa proie.

III.15. […] Tu vas savoir ce qui se passe chez nous, tu vas savoir les
secrets merveilleux de ma maîtresse, grâce auxquels elle se fait obéir des
Mânes, bouleverse les astres, contraint les dieux, tient les éléments dans
sa dépendance. Et jamais elle ne se sert davantage de la puissance que lui
donne son art que lorsqu’elle a remarqué quelque jeune homme bien fait
et joli garçon, ce, à la vérité, lui arrive fort souvent.

Appartenant à la magie vulgaire en ce qu’elles ne recouvrent rien de bénéfique, les


pratiques mystérieuses de Pamphile sont présentées de manière démesurée. On
comprend qu’il s’agit un choix délibéré d’Apulée puisque dans son Apologie, la
description de l’acte de magie est beaucoup plus restreinte et dans une certaine
mesure réaliste, ou réalisable. Cet épisode est le deuxième exemple de nécromancie
présent dans l’ouvrage, il est particulièrement cadavérique et d’une horreur trop
excessive pour qu’il puisse être l’exemple d’une pratique attestée en la matière. Il
s’agit davantage d’une réfutation des capacités de cette magie par une ouverture sur
la voie de l’imaginaire.

III.17. […] Elle commence par disposer dans son laboratoire infernal
l’appareil habituel, toutes les sortes de parfums, des lames écrites en
langues inconnues, des fragments d’épaves de navires naufragés, et
expose d’innombrables morceaux de cadavres de morts déjà pleurés ou

13
même déjà mis au tombeau : ici des nez et des doigts, là des clous avec
des lambeaux de chair et provenant de gibets, ailleurs, du sang de gens
assassinés, que l’on avait recueilli, et des crânes mutilés arrachés à la
dent des fauves. 18. Puis, après avoir prononcé des incantations sur des
entrailles encore palpitantes […]

Les « lames écrites » font


référence à des languettes
de métal21, ou defixiones
(du latin defigere, charmer,
enchanter, envoûter), sur
lesquelles étaient inscrites
des formules magiques en
caractères étrangers, ou
appartenant à un monde
surnaturel. Elles étaient
souvent disposées (cachées,
enterrées, submergées) de
telle manière que l’esprit
concerné, ou la divinité, ne puisse les lire et se défendre de leur effet. D’autres étaient
disposées proche de leur cible, soit pour qu’elle soit la seule à pouvoir les lire, soit à
son insu. Outre l’écriture, ces tablettes requéraient des compétences en matière
d’invocation de purification, de prières, etc., qui venaient accompagner leur
élaboration et laissent supposer l’existence de professionnels dans le domaine de la
magie. Vu des espaces blancs remarqués sur certaines d’entre elles à l’endroit où il
s’agit de signaler le nom de la victime, on peut croire que ces tablettes étaient
préparées à l’avance en vue d’être vendues.

21
Il s’agissait, le plus souvent, de plomb, facile à se procurer et à graver.
14
MAGIE ET RELIGION

La tension entre magie et religion est notamment marquée par l’usage du nombre 7,
tout au long du récit22. D’une part bien ancré dans la tradition magique23, chez les
Hébreux, par exemple, ce nombre symbolise l’alliance avec Dieu.

A côté de la magie dite « vulgaire » qui requiert des incantations précises, coexiste
une magie « noble » qui recourt à l’aide des dieux, dans l’optique du Bien. Si, certes,
la magie traditionnelle (« vulgaire ») faisait, elle aussi, appel à la participation divine,
il n’empêche qu’Apulée, n’en fait, aucune mention. Cependant, son Apologie 24
témoigne du fait qu’il avait bien connaissance du recours à des rituels antiques dans
l’exercice de la magie.

Dans l’Âne, Lucien faisait intervenir de l’encens dans une préparation magique
destinée à la métamorphose en hibou de la femme d’Hipparque. Si Apulée supprime
un épisode de ce type, c’est certainement pour indiquer sa volonté de séparer la noble
religion de la magie impie. D’autant plus qu’il savait bien que l’encens avait son rôle
dans les rites religieux25.

Toutefois, dans les emplois lexicaux, il n’y a pas de distinction entre la volonté divine
et les pouvoirs accordés aux sorcières, tous deux étant désignés par l’unique terme
numen. Dans son Apologie, Apulée note la différence et nomme daemones les
pouvoirs des mages. Dans le Deo Socratis, Apulée précise le rôle des « démons ».
Il s’agit d’intermédiaires, de divinités moyennes, entre les dieux et les hommes. Par
eux, les premiers transmettent leur secours aux prières des seconds, et
réciproquement ils amènent les demandes humaines aux dieux26.

Cela dit, l’exemple du récit de Thélyphron nous montre combien le recours aux dieux
traduit les desseins utiles et bénéfiques de l’exécutant, quand bien même il fait usage

22
Mét., II, 24 ; VI, 8 ; IX, 6 ; IX, 10 ; …
23
Égypte, Palestine, Babylone.
24
Apol., XXXI
25
Apol., XXXII, [10 – 12] ; XLVII, [21 – 22] ; LXIII [7 – 10]
26
L. DE SIVRY, J. B. J. CHAMPAGNAC, Dictionnaire des pèlerinages anciens et modernes,
1860, p. 952
15
de nécromancie. En l’occurrence, un prêtre égyptien est appelé pour ramener à la vie
un jeune homme de sorte qu’il fasse part de la vérité27.

Le livre XI signe le triomphe de cette magie vraie, en ce qu’elle est alliée à la religion.
Encore une fois, il s’agit là d’un choix délibéré de la part d’Apulée, puisque dans
l’Âne, Lucius recouvre l’apparence humaine au théâtre. Ici, c’est une alliance entre
les recommandations magiques de Photis (manger des roses) et l’intervention d’Isis.

Une série d’indices indiquent qu’une lecture de l’Âne d’Or comme une satire du
christianisme n’est pas exclue. En effet, les juifs samaritains symbolisaient la
crédulité par la figure de Thartac, un dieu représenté avec un livre, un manteau et une
tête d’âne. Ils reprochaient à la « foi vulgaire » son aveuglement, privilégiant la
crédulité à l’intelligence et la science.

Il n’empêche que la magie, telle qu’elle est envisagée dans l’ouvrage dans sa version
bénéfique, est étroitement liée avec le culte des dieux, en l’occurrence, le culte d’Isis-
Hécate. En cela, l’influence provient, à nouveau, directement d’Égypte et des cultes
alexandrins. Dans son approche vulgaire, il y a un véritable mépris des dieux et une
satire volontaire de ces pratiques néfastes par l’exagération ou la caricature
systématique des incantations et des instruments envisagés28.

ISIS-HÉCATE

Cette divinité gréco-égyptienne aux multiples dénominations29 est celle à qui démons
et sorciers vouent leur culte. Personnification de la lune, elle intriguait par les rayons
qu’elle diffuse tout au long de la nuit noire et, pour cela, est devenue patronne des
sorcières. On lui confiait les prodiges et les découvertes d’enchantements, on lui
imputait d’être responsable de la peur que provoque l’obscurité en surgissant
métamorphosée en femme, en vache ou en chienne. Ainsi, dans la mesure où des
ingrédients entraient dans des compositions magique, ceux-ci se retrouvaient dans le

27
Mét., II, 28
28
v. chap. « Pamphile » ; Mét., III, 17 – 18
29
« […] Hécate était fille de Jupiter et de Latone, et sœur d’Apollon, que l’antiquité
appelle la Lune dans le ciel, Diane sur la terre et Proserpine dans les enfers […]
Apulée nous apprend qu’Hécate était la même qu’Isis […] », nous indique Jacques-
Paul Migne dans son Dictionnaire universel de mythologie ancienne et moderne,
1855.
16
culte qui était réservé à la déesse : « les reptiles et les animaux immondes, les
philtres et les compositions dégoutantes, les exorcismes et les formules bizarres »30.

« Heqt », ou « Heqet » est un titre que portaient des reines égyptiennes, pour
personnifier la déesse Isis, reine des dieux, maîtresse des mots de pouvoir et déesse
des sorts.31

UNE CRITIQUE DE LA MAGIE

D’emblée, Apulée met en question les qualités prophétiques des astrologues. En effet,
alors que le voyage de Lucius est placé sous les augures de Diophane, Milon réfute la
valeur de ce que ce dernier peut annoncer et met plutôt en avant le salaire qu’il a
engrangé grâce à ses mensonges.

II.13. […] Ici aussi, chez nous, il a fait à beaucoup des révélations, et il
avait gagné non pas quelques sous, mais de fort beaux salaires, lorsque
la maladresse ou je devrais plutôt dire la malignité de la fortune a fait
trébucher le malheureux […]

Les mises en garde contre la magie sont multiples, explicites et en gradation. Il


n’empêche que Lucius ne s’en méfie pas et fonce droit à sa punition. Déjà le récit
d’Aristomène l’avertit contre le danger de métamorphose à qui est confronté de trop
prêt à un détenteur de pouvoirs magiques. En effet, Méroé, comme il a été indiqué
plus haut, transforme ses prétendants hostiles en animaux de différentes espèces.
Ensuite, en guise de second avertissement, l’épisode tragique prononcé par
Thélyphron prouve à quel point le risque peut être douloureux et mener à la
mutilation. En l’occurrence, autre signe annonciateur de la métamorphose, le crime a
été perpétré par une sorcière transformée en belette. Enfin, ultime prophétie, Lucius
lui-même a été la cible d’un complot d’assassinat de trois outres vues par lui comme
trois brigands par le biais d’incantations magiques prononcées à son encontre, suite à
une « erreur » de la part de Photis.

CONCLUSION

30
C’est ainsi que nous le rapporte Louis Ferdinand Alfred Maury dans son ouvrage
consacré à la magie et l’astrologie (v. bibl.)
31
“Hecate in Egypt”, Folklore, Vol. 53, No. 2. (Jun., 1942), pp. 112-113
17
En confrontant deux types de magie, Apulée a montré combien l’un prend le dessus
sur l’autre. L’épisode final marque nettement sa préférence pour une magie pieuse,
ou blanche, comme elle sera appelée plus tard. Plus encore, il se comporte en
véritable mystique et parodie la magie traditionnelle par l’exagération, de sorte
qu’elle n’appartienne plus qu’à l’imaginaire.

Enfin, on peut lui attribuer le fait d’avoir, par transfert, humanisé la figure de la
sorcière. En effet, il a déplacé, dans leur pouvoir de métamorphose, le statut animal
que leur réservaient ses prédécesseurs.

18
BIBLIOGRAPHIE

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1967.

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Desoer, 1820. pp. 205-219. Vol. 2.

Feuilleret, Henri. 1845. Apulée - étude sur l'Afrique païenne au deuxième siècle.
Paris : H. Feret, 1845. pp. 102-103.

Fick-Michel, Nicole. 1991. Art et Mystique dans les Métamorphoses d'Apulée.


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2001. La structure littéraire des « Métamorphoses » d'Apulée. Étude des jeux de


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216.

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[En ligne] juillet-décembre 2005. [Citation : 05 mars 2007.]
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2004.

Maury, Louis Ferdinand Alfred. 1880. La magie et l'astrologie dans l'antiquité


et au moyen âge, ou étude sur les superstitions païennes qui se sont perpétuées
jusqu'à nos jours. Paris : Didier et Cie, 1880. pp. 52-55.

19
O'Donnell, J.J. Apuleius, Apologia: seminar. [En ligne] [Citation : 16 mars 2007.]
http://ccat.sas.upenn.edu/jod/apuleius/.

Todd Lee, Benjamin. 2005. Apuleius' Florida, a commentary. Berlin : Walter de


Gruyter, 2005. pp. 3-12.

20
TABLE DES MATIÈRES

Introduction......................................................................................................................1

Apulée................................................................................................................................2

Éléments biographiques...............................................................................................2

Son œuvre......................................................................................................................3

Son rapport à la magie..................................................................................................3

L’Âne d’Or, ou Les Métamorphoses.................................................................................5

Le titre...........................................................................................................................5

Sources...........................................................................................................................5

Le récit.......................................................................................................................5

Le thème de la transformation.................................................................................6

Résumé de l’oeuvre.......................................................................................................6

Structure........................................................................................................................9

La magie dans les Métamorphoses..................................................................................9

La Thessalie...................................................................................................................9

Les sorcières................................................................................................................10

Méroé.......................................................................................................................10

Pamphile...................................................................................................................11

Magie et Religion.........................................................................................................15

Isis-Hécate...............................................................................................................16

Une critique de la magie..........................................................................................17

Conclusion.......................................................................................................................17

21
Bibliographie...................................................................................................................19

22