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LES ANALYSTES D’AFFAIRES ET L’ÉCONOMIE NUMÉRIQUE Conseil des technologies de l’information et des communications
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LES ANALYSTES D’AFFAIRES ET L’ÉCONOMIE NUMÉRIQUE

Conseil des technologies de l’information et des communications

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LES ANALYSTES D’AFFAIRES ET L’ÉCONOMIE NUMÉRIQUE

Table des matières

SÉRIE DE LIVRES BLANCS DU CTIC

Sommaire

 

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Les analystes d’affaires et l’économie numérique

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1. Introduction

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2. Méthodologie

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2.1

Comprendre la population active des analystes d’affaires

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3. Pénuries d’analystes d’affaires au Canada

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4. Perspectives mondiales: analystes d’affaires

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5. Former un analyste d’affaires

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5.1 Études et formation

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5.2 Rôle de l’industrie, du gouvernement et des universités

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6. Conseils pour l’embauche d’analystes d’affaires

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7. Pallier les pénuries des analystes d’affaires au cours des trois étapes de carrière

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8. Conclusions

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9.

Notes en fin d’ouvrage

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10. Références

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À propos du CTIC

Le Conseil des technologies de l’information et des communications (CTIC) est un centre d’expertise en renseignements straté- giques sur les TIC, en recherche sur le marché du travail, en élaboration de politiques et en solutions liées à la main-d’œuvre. Le CTIC permet aux industries de maintenir un avantage concurrentiel sur le marché mondial et de développer les compétences des futurs travailleurs qualifiés et novateurs du Canada.

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SÉRIE DE LIVRES BLANCS DU CTIC

Sommaire

D’année en année, le Canada renforce sa position à titre de chef de file et d’innovateur au sein de l’économie numérique mondiale; nous savons toutefois qu’il est essentiel de maintenir un avantage concurrentiel dans cet environnement en constante évolution. L’adoption incessante et la demande insatiable de tout ce qui touche les technologies de l’information et des communications (TIC) au Canada et à l’étranger entraînent des changements permanents dans les modèles de gestion et le comportement à l’égard de la consommation des services des TIC. Ces changements s’appliquent également à tous les secteurs de l’économie mondiale.

Le Canada, tout comme de nombreux autres pays, bénéficie d’une gamme de récentes innovations prometteuses en TIC, provoquée par l’émergence de nouvelles plateformes, dispositifs, vitesses d’accès, applications et services. La vague de changement qui balaie actuellement les secteurs du divertissement, de la santé, des banques, des communications, des jeux vidéo et de nombreux autres secteurs de l’économie entraînera des changements généralisés dans les entreprises au Canada et dans le monde entier. La capacité de comprendre les technologies et de les transposer en des possibilités d’affaires s’impose rapidement comme le principal catalyseur pour la réussite et l’avantage concurrentiel de l’industrie dans l’économie numérique mondiale. Puisqu’on fait appel aux analystes d’affaires pour exécuter ces fonctions et comprendre le milieu dans lequel les TIC s’appliquent, ils sont à l’intersection des technologies et de la productivité, jouant ainsi un rôle pivot dans toutes les entreprises.

On compte actuellement 150 000 analystes d’affaires et professionnels connexes employés au Canada et d’ici 2016, les employeurs canadiens devront embaucher 171 000 analystes d’affaires pour répondre à la demande de main-d’œuvre. Cela se traduit par une demande d’embauche de 41 000 travailleurs au total. La profession d’analyste d’affaires connaît des pénuries généralisées dans toutes les régions du Canada; ainsi, les employeurs canadiens auront de la difficulté à trouver des analystes d’affaires qualifiés ayant les compétences et l’expérience voulues pour remplir ce rôle essentiel et en évolution.

À la lumière de ces constatations, le CTIC a entrepris une étude sur l’offre et la demande des analystes d’affaires sur le marché canadien du travail. La fonction et l’importance des analystes d’affaires prennent de l’expansion de façon exponentielle dans l’ensemble des industries. Par ailleurs, dans l’économie numérique du XXIe siècle, cette tendance devrait s’intensifier puisque les industries au sein du Canada adoptent des technologies de plus grande complexité.

La présente étude a pour objet de proposer des recommandations qui pourraient être mises en œuvre par les intervenants pour pallier les pénuries actuelles et prévues des analystes d’affaires au cours des cinq prochaines années (2012-2017). Elle sert également à déterminer les principales pénuries de compétences dans le bassin national des analystes d’affaires, et ce, en fonction des trois niveaux du cycle professionnel (niveau d’entrée, niveau intermédiaire, niveau supérieur). L’étude cerne les compétences essentielles que doivent posséder les analystes d’affaires, la façon dont ils acquièrent ces compétences et comment l’industrie canadienne et les universités peuvent obtenir un plus grand nombre d’analystes d’affaires au sein de l’économie numérique.

Pour mener l’étude, le CTIC a fait appel à la recherche primaire et secondaire. La recherche primaire comprenait des enquêtes et des entrevues, qui ont été menées dans l’ensemble du Canada auprès des entreprises de plusieurs secteurs, notamment les services gouvernementaux, les TIC, les voyages et le tourisme, la vente au détail, les services professionnels et le secteur de l’énergie. Les spécialistes en la matière regroupent des cadres, des gestionnaires de ressources humaines (RH) et des analystes d’affaires eux-mêmes.

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Le rôle des analystes d’affaires comprend des compétences liées à quatre grands domaines : 1) les compétences techniques; 2) la connaissance des affaires; 3) la connaissance de l’industrie ou du domaine; et 4) les compétences générales. Au cours des entrevues, le CTIC a cerné un ensemble de compétences « fondamentales » que doivent posséder les analystes d’affaires et que les gestionnaires des RH recherchent à l’embauche d’analystes d’affaires, notamment d’excellentes compétences en communication; une pensée critique et un raisonnement analytique; la résolution de problèmes et des compétences organisationnelles.

En fonction des constatations de l’étude, le CTIC estime que :

1. L’industrie et le secteur éducatif devraient soutenir l’analyse d’affaires comme étant une discipline

en mettant l’accent sur la demande sans cesse croissante d’analystes d’affaires dans diverses industries, comme les TIC, les services gouvernementaux, la vente au détail, les services professionnels et le secteur du pétrole et du gaz.

2. Il faut raffermir les partenariats entre l’industrie et le secteur éducatif en vue de cerner les

compétences essentielles des analystes d’affaires et de concevoir des programmes qui concordent avec les besoins de l’industrie.

3. L’industrie devrait appuyer les réseaux des analystes d’affaires professionnels pour aborder les

préoccupations communes et établir des pratiques exemplaires pour cette profession émergente et essentielle.

4. Le gouvernement devrait envisager d’établir une définition professionnelle (à savoir un ou des

codes de la CNP) pour la profession d’analystes d’affaires qui décrit de façon plus précise les rôles et les responsabilités des analystes d’affaires.

Les solutions visant à pallier les pénuries d’analystes d’affaires au niveau d’entrée devraient généralement porter sur l’accélération de la transition des nouveaux diplômés aux postes d’analystes d’affaires, en particulier en réglant les pénuries de compétences clés et en permettant aux élèves de bâtir leur expérience de travail à l’aide de programmes tels que les programmes coop.

Les recommandations visant les analystes d’affaires en mi-carrière devraient être axées sur le recrutement de professionnels d’expérience ayant une connaissance du domaine et appuyer le développement des compétences en cours de carrière en vue de parfaire les compétences des professionnels du niveau intermédiaire.

Pour ce qui est des analystes d’affaires de niveau supérieur, les entreprises devraient envisager de mettre en œuvre des programmes de mentorat officiels ou non officiels pour préparer les analystes d’affaires de niveau intermédiaire à des fonctions supérieures. Les compétences requises pour les analystes d’affaires de niveau supérieur peuvent également s’acquérir par le biais d’études supérieures sous la forme de « mini- MBA » ou de programmes semblables à un MBA pour cadres.

Afin que le Canada puisse s’affirmer à titre de chef de file et d’innovateur au sein de l’économie numérique mondiale, les industries canadiennes ont besoin d’analystes d’affaires bien informés qui sont à même de comprendre des technologies complexes et de les transposer en besoins fonctionnels. À mesure que la fonction des analystes d’affaires devient un des principaux catalyseurs assurant la réussite économique au sein de l’économie numérique, l’industrie, le gouvernement et l’université doivent travailler ensemble en vue de pallier les pénuries d’analystes d’affaires au Canada.

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Les analystes d’affaires et l’économie numérique

1 Introduction

SÉRIE DE LIVRES BLANCS DU CTIC

D’année en année, le Canada renforce sa position à titre de chef de file et d’innovateur au sein de l’économie numérique mondiale; nous savons toutefois qu’il est essentiel de maintenir un avantage concurrentiel dans cet environnement en constante évolution. L’adoption incessante et la demande insatiable de tout ce qui touche les technologies de l’information et des communications (TIC) au Canada et à l’étranger entraînent des changements permanents dans les modèles de gestion et le comportement à l’égard de la consommation des services des TIC. On assiste actuellement à une vague de changement qui balaie les secteurs du divertissement, de la santé, des banques, des communications, des jeux vidéo et de nombreux autres secteurs de l’économie au Canada et dans le monde entier. La capacité de comprendre les technologies et de les transposer en des possibilités d’affaires s’impose rapidement comme le principal catalyseur pour la réussite et l’avantage concurrentiel de l’industrie dans l’économie numérique mondiale. Puisqu’on fait appel aux analystes d’affaires pour exécuter ces fonctions et comprendre le milieu dans lequel les TIC s’appliquent, ils sont à l’intersection des technologies et de la productivité, jouant ainsi un rôle pivot dans toutes les entreprises.

On compte actuellement 150 000 analystes d’affaires et professionnels connexes employés au Canada et, d’ici 2016, les employeurs canadiens auront besoin de 171 000 analystes d’affaires pour répondre à la demande en main-d’œuvre. Cela se traduit par une demande de 41 000 travailleurs au total. La profession d’analystes d’affaires est aux prises avec des pénuries généralisées dans l’ensemble du Canada; ainsi, il sera difficile pour les employeurs canadiens de trouver des analystes d’affaires qualifiés ayant les compétences et l’expérience voulues pour exécuter les fonctions de ce poste essentiel et en évolution.

Selon l’International Institute of Business Analysis (IIBA), l’analyse d’affaires peut être considérée comme une discipline plutôt que comme des responsabilités d’une personne portant le titre d’analystes d’affaires. L’analyse d’affaires peut être exécutée par les personnes portant le titre, entre autres, d’analyste d’affaires, d’analyste des systèmes d’information, de gestionnaire de projet, d’analyste d’AQ et d’architecte de solutions principales. 1 D’après l’IIBA, l’analyste d’affaires constitue un « … lien entre les intervenants en vue de comprendre la structure, les politiques et les activités d’une organisation, et de recommander des solutions qui permettront à l’organisation d’atteindre ses objectifs. » 2 [traduction]

Les analystes d’affaires sont embauchés par des entreprises d’experts-conseils et des unités opérationnelles dans diverses industries. Les analystes d’affaires travaillent pour le compte de clients en vue de déterminer les meilleures solutions visant à répondre aux exigences opérationnelles particulières. Ils mènent de la recherche et élaborent des procédures et des plans de développement de systèmes d’information pour les entreprises du secteur public, sans but lucratif ou privé dans l’ensemble de l’économie. Selon les dernières données du CTIC, on compte environ 150 000 analystes d’affaires et professionnels connexes au Canada, qui sont classés sous la profession générique d’analystes et consultants en informatique (CNP 2171). Ils représentent 25 % des employés des professions noyaux de l’industrie des TIC dans l’ensemble de l’économie, comme le témoigne le CTIC. 1 Les employeurs types d’analystes d’affaires comprennent des entreprises qui offrent des services de conception de systèmes informatiques et services connexes; des fabricants de matériel informatique et de communication; des sociétés financières et d’assurance; le secteur des télécommunications et des entreprises liées à l’administration publique.

1 Les professions qui portent principalement sur la production ou le soutien d’un produit, service, système ou application des TIC et pour lesquels il faut au moins un an de formation reconnue en TIC et habituellement beaucoup plus. Les programmeurs informatiques et les techniciens de l’assistance aux utilisateurs sont des exemples de ces professions.

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L’analyse d’affaires est devenue une discipline essentielle dans l’ensemble de l’économie. Les professions qui ont recours à l’analyse d’affaires, comme les ASI, sont devenues une ressource clé pour les industries des TIC ou utilisatrices des TIC dans divers secteurs. Les systèmes d’information (SI) ont évolué de façon importante au cours des deux dernières décennies, ce qui a obligé les entreprises à évaluer soigneusement

l’efficacité des fonctions des SI. 3

Les ASI font affaire avec des utilisateurs finaux et transposent leurs besoins en

programmation. Les ASI évaluent les besoins opérationnels des utilisateurs finaux et prodiguent de l’information essentielle concernant le nombre d’utilisateurs et la nature des applications qui sont conçues.

Avec la croissance du marché international et le fait qu’on accorde plus d’importance aux compétences en communication, les analystes en général doivent faire preuve de polyvalence et de créativité afin qu’ils puissent livrer des produits complexes. Cela signifie que les analystes d’affaires doivent posséder d’excellentes compétences analytiques et doivent pouvoir communiquer leurs idées à une grande diversité de collègues de travail. Les principales qualités recherchées d’un analyste d’affaires sont : l’autonomie, la créativité, la capacité de travailler en équipe, et ce, dans le but de comprendre les besoins de leur entreprise. 4

la capacité de travailler en équipe, et ce, dans le but de comprendre les besoins de

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2 Méthodologie

À la lumière des pénuries sans cesse croissantes des analystes d’affaires au Canada, le Conseil des

technologies de l’information et des communications (ICTC) a entrepris une étude concernant l’offre et

la demande des analystes d’affaires sur le marché du travail canadien. 2

de proposer des recommandations pouvant être mises en œuvre par les intervenants pour s’attaquer aux pénuries actuelles et projetées d’analystes d’affaires au cours des cinq prochaines années (2012- 2017). Pour la recherche primaire et secondaire sur les analystes d’affaires, le CTIC suggère ce que les gouvernements, universités et l’industrie peuvent faire ensemble pour élargir le bassin d’analystes d’affaires qualifiés. L’étude a cerné les compétences essentielles que doivent posséder les analystes d’affaires, comment acquérir ces compétences et comment le secteur canadien et les universités peuvent développer un plus grand nombre d’analystes d’affaires pour l’économie numérique.

Lorsque le CTIC a mené l’étude, il a fait appel à la combinaison de recherche primaire et secondaire suivante :

Cette étude avait pour objet

analyse préliminaire (à savoir, examen de la documentation) de la recherche concernant les analystes d’affaires et les professions semblables au Canada et à l’échelle internationale, notamment les données de Statistique Canada et les ressources internes du CTIC;

sondages et entrevues de suivi dans l’ensemble du Canada auprès de plusieurs organisations des TIC, services gouvernementaux, secteur du détail, services professionnels et secteur de l’énergie. Les sondages et les entrevues ont été menés avec les dirigeants, les gestionnaires des RH et les analystes d’affaires.

Cette étude vise à cerner les solutions pratiques et efficaces en vue de répondre aux exigences de travail des analystes d’affaires au Canada et de déterminer les principales lacunes de compétences dans le bassin national des analystes d’affaires dans les trois niveaux du cycle de carrière (niveau d’entrée, niveau intermédiaire et niveau supérieur). En faisant appel à la participation des employeurs de l’industrie et du gouvernement, le CTIC a établi un portefeuille de stratégies clés pour l’embauche et le maintien en poste des analystes d’affaires sur le marché du travail canadien. Ces stratégies, dans une certaine mesure, reflètent également les tactiques qu’utilisent les grandes entreprises au Canada.

2.1 COMPRENDRE LA POPULATION ACTIVE DES ANALYSTES D’AFFAIRES

Le système de Classification nationale des professions (CNP) ne reconnaît pas officiellement l’analyste d’affaires en tant que profession distincte, mais regroupe cette profession et autres professions connexes sous le code CNP 2171, ou analystes et consultants des systèmes d’information (ISA). Il peut être profitable

2 La demande d’emploi fait référence à la croissance de l’emploi liée à la demande et au remplacement dans la profession (p. ex., à mesure que les retraités quittent le marché de l’emploi).

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de comprendre l’analyse d’affaires en tant que discipline qui a lieu dans diverses professions connexes, sa portée étant déterminée par l’entreprise et ses besoins particuliers.

Dans des publications antérieures, le CTIC a présenté une évaluation du marché du travail pour la profession des analystes d’affaires en vertu du code CNP 2171, qui comprend une liste des titres d’emploi communs des analystes d’affaires, tels analystes d’affaires des TI et analystes de systèmes opérationnels.

En tant que fournisseur de renseignements pertinents sur le marché du travail, le CTIC raffine et redéfinit continuellement la classification des professions des TIC en vue de mieux faire connaître l’importance et la contribution des travailleurs des TIC à l’égard de l’économie canadienne et de prendre le pouls de ce secteur en constante évolution. Ces raffinements apportés par le CTIC concernant les travailleurs des TIC sont entrepris pour s’assurer, en premier lieu, que la magnitude de la contribution des travailleurs des TIC à l’économie canadienne est reconnue et, en deuxième lieu, que l’élaboration des programmes et des initiatives dans le but de recruter et de retenir les travailleurs des TIC est détaillée. Ce processus d’évaluation et d’expansion ou de contraction du nombre de professions des TIC qui sont compris dans les travaux du CTIC concernant le marché du travail constitue un processus permanent.

Le gouvernement classe la discipline liée à l’analyse d’affaires en vertu de la CNP 2171, tandis que l’industrie utilise le titre d’analyste d’affaires. En raison de la croissance de l’importance de l’analyse d’affaires, les emplois qui entrent dans cette discipline comprennent une vaste catégorie de professionnels.

Il peut être utile de définir l’ASI comme étant une personne qui se sert de l’analyse d’affaires principalement au sein du domaine des TIC en offrant des solutions axées sur les TIC quant aux exigences opérationnelles, tandis que l’analyste d’affaires aborde les problèmes et les possibilités en matière d’affaires dans le contexte des besoins de l’entreprise et ne se limite ainsi pas aux TIC. 3

Aux fins de la présente étude, les travailleurs dont l’analyse des affaires constitue leur principale fonction sont classés à titre d’analystes d’affaires, contrairement à la classification gouvernementale très agrégée. Toutes les entrevues et études menées par le CTIC utilisent le titre d’analyste d’affaires, qui se rapproche davantage aux besoins de l’industrie.

3 Pour une liste des titres de poste courants d’ASI et d’analystes d’affaires, consulter les sites Web du gouvernement du Canada et du gouvernement de l’Ontario : http://www.travailleraucanada.gc.ca/rapport-fra.do?lang=fra&cnp=2171, http://www.tcu.gov.on.ca/fre/

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3 Pénuries d’analystes d’affaires au Canada

Selon les prévisions du CTIC dans la Perspective, les employeurs canadiens devront embaucher 171 000 analystes d’affaires et professionnels connexes d’ici 2016 en vue de répondre à la demande de travailleurs. 5 Avec l’offre actuelle de 130 000 analystes d’affaires dans l’ensemble du Canada, les pénuries de main-d’œuvre et de compétences auront une incidence sur les entreprises dans toutes les régions.

Une pénurie de main-d’œuvre dans le secteur des TIC signifie qu’il y a un manque de candidats qualifiés ayant les titres de compétences (à savoir diplôme postsecondaire) pouvant postuler un emploi dans le domaine des TIC.

Une pénurie de compétences a lieu lorsque les employeurs ne peuvent pas recruter un nombre suffisant de travailleurs ayant les compétences et l’expérience voulues.

La profession d’analystes d’affaires a besoin d’employés ayant des compétences techniques, des

connaissances organisationnelles et des compétences complémentaires. 4,6

recensement de 2006, les analystes d’affaires et professionnels connexes travaillent dans de nombreuses industries, notamment en conception de systèmes informatiques (40 %), en administration publique (16 %), en finance et assurances (8 %), en fabrication (6 %) et en commerce de gros et de détail (6 %). 7

La croissance dans l’architecture axée sur le service (AAS), un secteur des logiciels en expansion et aux exigences de sécurité des TI plus pointues, entre autres, a entraîné à la hausse la demande d’analystes d’affaires et d’ASI au cours des dernières années. Cependant, l’entrée dans la population active par les diplômés du niveau postsecondaire et les immigrants sera vraisemblablement insuffisante pour combler les futurs besoins d’embauche. Dans la plupart des régions du Canada, il existe trop peu de programmes postsecondaires qui préparent les diplômés pour ce type de carrière multidisciplinaire que représente la profession d’analyste d’affaires.

Selon les données du

4 Compétences complémentaires : compétences générales comme les aptitudes pour la communication écrite, la capacité de communi-

quer avec des collègues de travail non techniques et les connaissances propres à un domaine, qui découlent de la compréhension du contexte

opérationnel dans lequel les TIC sont appliquées

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4 Perspectives mondiales: scolarité et rémunération des analystes d’affaires

Selon l’enquête salariale des analystes d’affaires en 2010 comptant plus de 4 100 professionnels du cycle de développement de systèmes (CCS)/logiciels du monde entier, la majorité des analystes d’affaires travail- lent dans le secteur des finances et le secteur des logiciels des TI. 5 Aux États-Unis, 33,1% des répondants travaillent dans le secteur des services financiers, tandis qu’à l’échelle mondiale, un plus grand nombre d’analystes d’affaires travaillent dans le secteur des logiciels des TI (26,1 %).

Figure no 1 Secteur des analystes d’affaires aux États-Unis et dans le reste du monde entier (enquête de

2010)

et dans le reste du monde entier (enquête de 2010) Source : Mantica, D. (2010). 2010

Source : Mantica, D. (2010). 2010 ASPE-SDLC, Ravenflow & IIBA Business Analyst Salary Survey. ASPE, Ravenflow et IIBA.

5 Environ 56 % des répondants étaient des États-Unis. Les six autres principaux pays étaient le Canada (12,3 %), l’Australie (4,1 %), la

Grande-Bretagne (2,3 %), l’Inde (2 %), la Nouvelle-Zélande (1,8 %) et l’Afrique du Sud (1,8 %). Au total, l’étude a reçu des réponses de 63

pays.

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Au Royaume-Uni, les analystes d’affaires se classaient, en 2010, parmi les cinq premières professions en demande dans le secteur des TI et des télécommunications. Avec les développeurs de systèmes, les développeurs de systèmes de niveau supérieur, les gestionnaires de projet et les analystes de test, les analystes d’affaires représentent 48 % des postes vacants en TI et en télécommunication. Cela n’est pas surprenant, compte tenu que de nombreux employeurs du R.-U. considèrent les compétences en affaires, les compétences techniques et les connaissances propres au domaine comme étant les compétences les plus difficiles à obtenir. Les pénuries de main-d’œuvre des TI et des télécommunications sont plus importantes au sein des moyennes et grandes entreprises. 8

Figure no 2 Scolarité des analystes d’affaires (enquête salariale des analystes d’affaires en 2010)

(enquête salariale des analystes d’affaires en 2010) Source. Mantica, D. (2010). 2010 ASPE-SDLC, Ravenflow &

Source. Mantica, D. (2010). 2010 ASPE-SDLC, Ravenflow & IIBA Business Analyst Salary Survey. ASPE, Ravenflow & IIBA.

Selon l’enquête, un diplôme universitaire est généralement requis pour travailler à titre d’analyste d’affaires. Aux États-Unis, environ 80 % des répondants détiennent un baccalauréat ou un diplôme supérieur. Les tendances se ressemblent à l’échelle internationale, où environ 70 % des répondants détiennent un baccalauréat ou un diplôme supérieur.

L’enquête indique que la grande majorité des répondants sont âgés de 30 à 60 ans, ce qui laisse présumer que les employeurs exigent une grande expérience pour la plupart des postes d’analystes d’affaires. Aux États-Unis, 32,7 % des répondants au sondage indiquent qu’ils sont des analystes d’affaires de niveau supérieur, par rapport à 30,4 % à l’échelle internationale. Environ 35 % des répondants américains indiquent que leur titre d’emploi est analyste d’affaires, par rapport à 40 % à l’échelle internationale. Les répondants comptaient 8,9 années en moyenne d’expérience en tant qu’analystes d’affaires aux États-Unis et 7,5 années à l’échelle internationale.

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Le salaire moyen est sensiblement plus élevé aux États-Unis, où les répondants gagnent en moyenne de 82 493 $ à titre d’analystes d’affaires, par rapport à 70 237 $ à l’échelle internationale. Plus de 20 % des répondants des États-Unis ont un salaire annuel de 100 000 $ ou supérieur, par rapport à environ 14 % des répondants internationaux. Malgré ces différences, environ 57 % des répondants ont reçu une hausse salariale en 2009.

Bien que l’enquête indique clairement que les analystes d’affaires profitent d’un salaire plus élevé que la moyenne, le secteur et le sexe ont une incidence marquée sur la rémunération. Aux États-Unis, il n’est pas rare pour les femmes de gagner un salaire supérieur à celui des hommes dans certaines industries, comme les sciences de la vie, la vente au détail ou les organismes sans but lucratif. Cependant, il est peu probable que les femmes gagnent plus à l’échelle internationale. Sauf pour le secteur sans but lucratif et certains secteurs de services gouvernementaux, les hommes obtiennent des revenus supérieurs à ceux des femmes. En moyenne, le fait d’être un homme accroît le salaire de 3 933,21 $. Le salaire augmente également avec l’âge, puisque chaque nouvelle année accroît le salaire de 380,17 $. Pour chaque année d’expérience à titre d’analyste d’affaires, le salaire augmente de 923,37 $. 9

380,17 $. Pour chaque année d’expérience à titre d’analyste d’affaires, le salaire augmente de 923,37 $.

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5 Former un analyste d’affaires

Le rôle de l’analyste d’affaires comprend un ensemble unique de compétences dans trois grands domaines : 1) les compétences techniques; 2) la connaissance des affaires; 3) la connaissance de l’industrie ou du domaine. Outre ces compétences clés, les analystes d’affaires doivent avoir suffisamment de compétences générales comme des compétences en communication et interpersonnelles. Comme dans tout rôle de leadership, les analystes d’affaires acquièrent leurs compétences par 1) les études et la formation; 2) le mentorat professionnel; et 3) l’acquisition de connaissances propres au domaine des analystes d’affaires. Les analystes d’affaires qui réussissent le mieux combinent la scolarité et l’expérience du monde réel avec les éléments suivants : 1) la connaissance de la génération des besoins; 2) l’analyse de rentabilité; 3) la capacité de gérer les exigences liées aux systèmes et 4) la planification en matière d’ingénierie des systèmes. 10

Le rôle de l’analyste d’affaires est devenu essentiel pour les entreprises oeuvrant dans une variété de secteurs autres que celui des TIC. Puisqu’on repose de plus en plus sur des applications technologiques de plus en plus complexes, il en de même pour la fonction d’analyste d’affaires. L’évolution continue des technologies entraîne une spécialisation accrue des fonctions professionnelles techniques et, conséquemment, des besoins plus élevés en matière d’interprétation en vue d’assurer une communication efficace entre le client et l’équipe technique.

Figure no 3 : Compétences des analystes d’affaires

Figure no 3 : Compétences des analystes d’affaires Les enquêtes et les entrevues menées par le

Les enquêtes et les entrevues menées par le CTIC ont révélé les compétences « fondamentales » recherchées par les employeurs lorsqu’ils embauchent des analystes d’affaires :

De fortes compétences en communication sont constamment mentionnées par les interviewés comme étant essentielles à la réussite d’un analyste d’affaires. La capacité de comprendre et d’interpréter les besoins d’un client et de communiquer les nuances avec précision à l’équipe technique pour l’exécution est cruciale au rôle d’analyste d’affaires. Cela comprend la capacité de communiquer de façon efficace

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les besoins des clients à une équipe du développement technique dans un langage technique commun et la capacité de communiquer les considérations techniques aux clients dans un langage d’affaires et propre au domaine.

De fortes compétences analytiques sont nécessaires pour établir des solutions efficaces en analysant le déroulement des activités en vue de répondre à des impératifs organisationnels précis.

Des compétences en résolution de problèmes sont requises pour gérer les incertitudes, atténuer les risques et élaborer de nouvelles stratégies tout au long du cycle de vie des projets.

Des compétences organisationnelles sont requises pour le contrôle stratégique de deux parties intrinsèquement différentes : le client/utilisateur et l’équipe technique.

Selon le sondage de T3 du 2010 mené par Forrester Research et l’IIBA, les analystes d’affaires ont également cerné cinq compétences générales comme étant les plus importantes pour exécuter leur travail. Elles comprennent : (1) des compétences de communication orales et écrites; (2) une pensée analytique et critique; (3) la collaboration; (4) l’orientation axée sur les clients et les résultats; et (5) la planification et l’organisation. 11

Les analystes d’affaires ont également cerné les cinq principales techniques qu’ils ont besoin pour accomplir leurs fonctions, soit : (1) l’entrevue; (2) la facilitation; (3) la modélisation; (4) la négociation; et (5) la conception de règles de conduite. 12

5.1 ÉTUDES ET FORMATION

Compte tenu de la diversité des fonctions d’analyste d’affaires, les exigences en matière de scolarité et de formation varient. Les secteurs des TIC requièrent généralement des candidats qui ont reçu de la formation intensive en TIC, avec un diplôme en informatique, en génie informatique, en génie logiciel ou dans une discipline connexe. Un diplôme en administration des affaires, combiné à une expérience professionnelle et/ou un diplôme collégial en informatique est également suffisant. Puisque la profession des analystes d’affaires intègre des fonctions liées aux affaires, aux TIC et propres à un domaine, les candidats sont recrutés dans divers domaines, notamment la programmation et l’analyse, tandis que les autres ont des antécédents en affaires avec une formation liée aux TIC. C’est cet agencement de compétences qui donne le meilleur analyste d’affaires. 13

Le sondage T3 de 2010 mené par Forrester Research et IIBA révèle que 75 % de tous les répondants ont travaillé dans le domaine pendant plus de cinq ans, ce qui laisse penser que la certification officielle n’est pas nécessaire pour réussir à titre d’analyste d’affaires. Le sondage indique également que même si la plupart des analystes d’affaires ont un baccalauréat ou un diplôme d’études supérieures en informatique et/ ou en affaires, 10 % des répondants ont reçu un diplôme des programmes en arts libéraux, avec presque

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20 % ayant seulement un diplôme d’études secondaires, un diplôme collégial ou un diplôme d’associé. 14

Les grandes entreprises estiment qu’il est relativement facile de recruter de récents diplômés du niveau postsecondaire pour travailler à titre d’analystes subalternes. Elles peuvent les aider à obtenir les compétences requises. Cependant, les petites et moyennes entreprises (PME) n’ont souvent pas cette option et doivent tenir compte des caprices du marché du travail pour satisfaire aux exigences des ressources humaines.

Un nombre insuffisant d’analystes d’affaires dans les années à venir pourrait entraver l’investissement dans de nouveaux systèmes et applications technologiques au sein du secteur des TIC. Cela aurait des répercussions négatives sur la compétitivité du Canada à l’échelle internationale. Si le secteur des TIC ne prend pas de décisions menant sans tarder à des mesures pour pallier les lacunes en matière de compétences et de main-d’œuvre qui ont une incidence sur la profession des analystes d’affaires, le problème s’accentuera probablement au fil des ans.

5.2 RÔLE DE L’INDUSTRIE, DU GOUVERNEMENT ET DES UNIVERSITÉS

Il est essentiel que l’industrie et le secteur éducatif appuient l’analyse d’affaires en tant que discipline en mettant en évidence la demande croissante d’analystes d’affaires dans diverses industries, notamment dans les TIC, les services gouvernementaux, le détail, les services professionnels, le pétrole et le gaz. Par ailleurs, des partenariats solides sont nécessaires entre l’industrie et le secteur éducatif pour cerner les compétences essentielles des analystes d’affaires et concevoir des programmes qui répondent aux besoins de l’industrie.

Les analystes d’affaires eux-mêmes doivent également établir des réseaux et des associations avec l’appui de l’industrie dans le but d’aborder les préoccupations communes et de mettre en place des pratiques exemplaires pour cette profession essentielle et émergente. Puisque les analystes d’affaires doivent transposer les technologies en débouchés, ils doivent se tenir au fait des tendances technologiques. Les réseaux d’analystes d’affaires devraient appuyer cette initiative en offrant à leurs membres de l’information sur les nouvelles technologies émergentes, ainsi que sur les compétences requises pour travailler avec eux.

Enfin, le gouvernement devrait envisager d’établir une définition professionnelle (à savoir, un code de la CNP) pour la profession d’analyste d’affaires qui reflète plus précisément les rôles et les responsabilités de l’analyste d’affaires.

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6 Conseils pour l’embauche d’analystes d’affaires

The following strategies reflect the insights gathered from executives, HR managers and BAs from a range of industries from across Canada. These recommendations are intended to support organizations involved in the hiring and recruitment of BAs.

IDENTIFY THE BA SKILLS YOUR COMPANY NEEDS

Malgré les pénuries actuelles et projetées des analystes d’affaires dans l’ensemble du Canada, les gestionnaires des RH interviewés par le CTIC ont fait part d’une grande satisfaction à l’égard de leur personnel d’analystes d’affaires, en grande partie en raison du processus d’entrevue à multiples niveaux qui met à l’épreuve la pensée critique, les compétences analytiques et comportementales des analystes d’affaires.

Outre le processus d’entrevue à multiples niveaux, les gestionnaires des RH soumettent souvent les candidats à des examens dans le but d’évaluer les compétences analytiques et de résolution de problèmes. Bien que l’on puisse acquérir la connaissance d’un domaine par l’expérience de travail, les compétences comme la pensée analytique, la résolution de problèmes et la communication doivent être démontrées pendant la phase de recrutement.

Les dirigeants interviewés par le CTIC ont indiqué que le rôle d’analyste d’affaires est indispensable pour atteindre la vision de l’entreprise. Les dirigeants déterminent ce qui est mis en œuvre, tandis que les analystes d’affaires déterminent comment le mettre en œuvre. En tant que leaders, les dirigeants peuvent grandement tirer parti des analystes d’affaires qui ont les compétences « fondamentales » en analyse d’affaires et les compétences générales comme les communications et les compétences interpersonnelles. Les analystes d’affaires ayant plusieurs de ces compétences seront mieux outillés pour concevoir des solutions qui répondent aux besoins du dirigeant.

Les entrevues ont relevé une importante caractéristique au sujet de la profession d’analyste d’affaires :

nommément, ses fonctions sont uniques pour chaque industrie et organisation. Bien que la plupart des entreprises embauchent des analystes d’affaires ayant des compétences exceptionnelles en analyse et en communication, la nature du travail varie grandement d’une industrie à l’autre et d’une entreprise à une autre. Puisque chaque entreprise a différents impératifs économiques, il est essentiel que les services de RH établissent leur propre dictionnaire de compétences pour les analystes d’affaires. Cela permettra de s’assurer que les gestionnaires en RH recrutent des analystes d’affaires en fonction des besoins de leur entreprise. En développant ces compétences, il serait utile de tenir compte des points suivants :

déterminer les capacités en TIC de votre entreprise et comment les aligner avec le modèle de gestion de votre entreprise;

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• déterminer les défis de l’entreprise et des TIC auxquels votre entreprise est aux prises;

• déterminer si ces défis doivent être relevés par un généraliste ou un spécialiste en la matière;

déterminer les besoins de vos clients.

OBTENIR LES COMPÉTENCES ESSENTIELLES LIÉES AUX ANALYSTES D’AFFAIRES

Compétences comportementales : pensée critique et réflexion analytique, compétences générales comme les compétences en communication et l’esprit d’équipe.

Connaissances opérationnelles : connaissance des procédés d’ingénierie et techniques opérationnelles.

Gestion : capacité de gérer efficacement les relations et les changements.

Analytique : expertise conceptuelle, planification, gestion des besoins opérationnels.

DÉVELOPPER LES COMPÉTENCES LIÉES AUX ANALYSTES D’AFFAIRES

Leadership

Esprit d’équipe

Compétences informatiques avancées

Techniques de modélisation complexes

Compétences en gestion

• Certification professionnelle dans les programmes d’analystes d’affaires ou programmes connexes.

COMPRENDRE LE RÔLE DES TIC

• Les analystes d’affaires doivent habituellement posséder des compétences en TIC afin qu’ils puissent écrire des programmes, appliquer des techniques de vérification et de validation et déterminer les meilleures solutions en TIC aux problèmes opérationnels.

Cependant, pour la plupart des entreprises, le rôle d’analyste d’affaires est fortement axé sur les affaires, combiné à des compétences en TIC qui complètent les solutions opérationnelles fournies par l’analyste d’affaires.

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S’INFORMER SUR LES ÉTUDES, LA FORMATION ET LE CHEMINEMENT DE CARRIÈRE

La vaste majorité des entreprises n’embauchent pas des analystes d’affaires à moins qu’ils possèdent un diplôme universitaire.

Bien que les analystes d’affaires aient habituellement différents antécédents, comme l’informatique, les affaires et à un moindre degré, les arts libéraux, une compréhension de la façon dont les TIC gèrent le processus opérationnel est un important atout.

• Une certification d’études supérieures comme une maîtrise constitue un grand atout.

• Bien que les certifications professionnelles d’analystes d’affaires puissent prendre de l’importance dans les années à venir, elles ne sont pas essentielles.

En général, les entreprises recrutent des analystes d’affaires ayant au moins de trois à cinq années d’expérience professionnelle, bien que certaines entreprises offrent les programmes de recrutement postsecondaire.

Les nouveaux diplômés ne connaissent habituellement pas le cheminement menant à la carrière d’analystes d’affaires et, par conséquent, n’acquièrent pas de certification dans ce domaine.

Les compétences requises pour devenir un analyste d’affaires changent en fonction de l’étape dans le cycle de carrière. Par exemple, les compétences en gestion prennent de l’importance à mesure qu’ils vont de l’avant.

SUIVRE DE PRÈS LES PERSPECTIVES DE CROISSANCE

On prévoit que la demande d’analystes d’affaires devrait accroître de façon importante; des entreprises privées sont à établir des relations avec des organismes d’accréditation et les praticiens du secteur éducatif, ainsi qu’à construire des communautés d’analystes d’affaires et accroître les efforts en vue de rehausser l’image des analystes d’affaires.

COMPRENDRE LES PERSPECTIVES DE RECRUTEMENT

• Modéré à difficile, en fonction du niveau de spécialisation requis. Bien que les entreprises tirent le meilleur parti du bassin de travailleurs d’expérience, trouver des analystes d’affaires ayant une combinaison des compétences techniques et de l’expérience professionnelle n’est pas facile. Même si les récents diplômés possèdent souvent de fortes compétences techniques, leur manque d’expérience professionnelle fait en sorte qu’il leur est plus difficile de trouver un emploi dans des sociétés qui n’ont pas de programmes de recrutement postsecondaire ou qui offrent peu de débouchés au niveau d’entrée.

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Il est essentiel d’établir des partenariats avec des collèges/universités pour s’assurer que le marché offre des analystes d’affaires suffisamment qualifiés. Les entreprises peuvent grandement bénéficier de programmes multidisciplinaires qui produisent des analystes d’affaires à l’aise dans le domaine des TIC.

CONNAÎTRE L’ÉCHELLE SALARIALE ANNUELLE TYPE

• Analyste d’affaires subalterne : 65 000 $ à 75 000 $

• Niveau intermédiaire : 80 000 $ à 90 000 $

• Analyste d’affaires de niveau supérieur : 90 000 $ à 100 000 $ et plus

S’ADAPTER – EMBAUCHER DES ANALYSTES D’AFFAIRES AU SEIN DE L’ÉCONOMIE NUMÉRIQUE

Déterminer les programmes postsecondaires qui conviennent le mieux pour perfectionner les compétences des analystes d’affaires et investir de plus grandes ressources dans le recrutement postsecondaire dans le but de doter les jeunes travailleurs des connaissances pratiques dont ils auront besoin pour exceller dans leur fonction d’analyste d’affaires.

Offrir au personnel d’analystes d’affaires des possibilités de développement professionnel, particulièrement aux analystes d’affaires généralistes qui doivent acquérir une connaissance du domaine et le sens des affaires.

• Établir un dictionnaire normalisé des compétences des analystes d’affaires afin que votre entreprise puisse mieux isoler le type d’analyste d’affaires dont elle a besoin.

• Établir des techniques d’examen liées à l’évaluation des compétences de pensée critique et de réflexion analytique en plus du processus d’entrevue; cela inclut la mise en place de techniques visant à évaluer les compétences comportementales des candidats.

Le mentorat et la formation jouent un rôle important au sein des entreprises qui ont connu du succès dans le recrutement d’analystes d’affaires; encourager l’utilisation de détachements et d’affectations par rotation peut être avantageux pour l’élaboration de compétences d’un analyste d’affaires au sein d’une entreprise.

Investir dans des programmes coop et de stages pour les récents diplômés peut aider votre entreprise à recruter des jeunes de talent qui peuvent se transformer en analystes d’affaires au niveau intermédiaire au fil des ans.

Accroître le recrutement de professionnels formés à l’étranger (PFÉ).

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7 Pallier les pénuries d’analystes d’affaires au cours des trois étapes de carrière

1. Niveau d’entrée

Les solutions visant à pallier les pénuries de compétences liées aux analystes d’affaires au niveau d’entrée devraient généralement porter sur l’accélération de la transition des nouveaux diplômés aux rôles des analystes d’affaires, en particulier pour ce qui est de gérer les principales pénuries de compétences et de permettre aux élèves d’acquérir de l’expérience de travail par le biais de programmes tels que les programmes coop.

Parmi les recommandations concernant les analystes d’affaires au niveau d’entrée, on constate ce qui suit.

Rehausser et améliorer la reconnaissance du secteur des programmes d’accréditation des analystes d’affaires.

Mettre l’accent sur la formation multidisciplinaire au niveau postsecondaire et promouvoir le rôle d’analyste d’affaires en tant qu’option de carrière dynamique ayant de grandes possibilités professionnelles.

Intégrer un plus grand nombre de stages et de programmes coop dans les programmes d’études des collèges et des universités.

Fournir des occasions pour des échanges latéraux interservices et créer un plus grand nombre de possibilités de mentorat pour des professionnels de niveau d’entrée.

2.

En milieu de carrière

Les recommandations concernant des solutions d’analystes d’affaires en milieu de carrière devraient porter sur le recrutement de professionnels d’expérience ayant une connaissance de domaine et appuyant le perfectionnement des compétences en cours de carrière pour enrichir les compétences professionnelles de niveau intermédiaire.

Concentrer les efforts sur le recrutement de professionnels en milieu de carrière qui démontrent un bel équilibre des compétences fondamentales d’analystes d’affaires.

Explorer les possibilités d’embauche de professionnels provenant de multiples industries pour le poste d’analyste d’affaires.

Organiser des ateliers de formation sur l’utilisation des outils et des processus liés à l’analyse d’affaires.

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Élargir et faciliter le recrutement de travailleurs étrangers.

3. Niveau supérieur

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Pour ce qui est des analystes d’affaires de niveau supérieur, au cours du moyen à long terme, les entreprises devraient tenter de mettre en place des programmes de mentorat en vue de préparer les analystes d’affaires en milieu de carrière à occuper des postes de niveau supérieur. Les compétences requises pour les analystes d’affaires de niveau supérieur peuvent également être acquises par le biais de programmes éducatifs ou de programmes de perfectionnement professionnel.

8 Conclusions

La profession d’analystes d’affaires est une profession hautement spécialisée et multidisciplinaire qui demande de l’expérience, des connaissances en affaires, la compréhension du domaine et des compétences techniques. Les analystes d’affaires doivent posséder de fortes aptitudes en communication, un esprit hautement analytique, de solides compétences en résolution de problèmes et des compétences organisationnelles exceptionnelles. Il s’agit d’une profession essentielle dont la demande surpassera l’offre de professionnels qualifiés, à moins que des mesures ne soient prises rapidement pour répondre à la demande anticipée. Si la demande est comblée de façon satisfaisante, les entreprises tireront profit de ce que ce poste peut apporter à notre économie numérique.

Selon le Rapport annuel du CTIC, on a observé un taux d’inemploi de 3,0 % dans le secteur des TIC en 2011, ce qui est sensiblement inférieur au taux de chômage canadien de 7,5 %. En 2011, le secteur des TIC a contribué 61,33 milliards de dollars au PIB canadien, représentant 4,8 % de la production canadienne. La contribution du secteur des TIC au PIB canadien était de 59,56 milliards de dollars en 2010.

Notre capacité à préparer la main-d’œuvre de demain et à soutenir le talent novateur sera essentielle pour assurer l’avantage concurrentiel du Canada sur un marché mondial de plus en plus rapide et branché. Le Canada doit encourager et favoriser toutes les ressources humaines potentielles à prendre part aux TIC, notamment les femmes, les Autochtones et les travailleurs étrangers. Il sera également essentiel que nous comblions le fossé entre les besoins de l’industrie et les programmes proposés par l’université en préparant les diplômés au nouveau paradigme commercial et en accélérant leur déploiement au sein du secteur. À mesure que nous avons une meilleure connaissance des technologies et que nous la transposons aux exigences opérationnelles pour ainsi devenir le principal catalyseur de la réussite de l’industrie, les intervenants pertinents (industrie, gouvernement, universités) doivent travailler ensemble pour chercher des solutions visant à remédier aux pénuries d’analystes d’affaires au Canada.

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9 Notes en fin d’ouvrage

1IIBA (mars 2009). Kevin Brennan. A Guide to the Business Analysis Body of Knowledge (2.0 ed.). p. 2, http://www.geneva.theiiba.org/

2

Idem, p. 2.

3

Ainan Sulaiman, A. and Hisham, N.H. (2008), Applying Importance-Performance Analysis to Information Systems: An Exploratory Case Study,

4 Service Canada (2010), Analystes et consultants en informatique. http://www.servicecanada.gc.ca/fra/qc/emploi_avenir/statistiques/2171.

5 Conseil des technologies de l’information et des communications (2011). Perspective sur les ressources humaines dans le marché du travail

6 Conseil des technologies de l’information et des communications (2008). Perspective sur les ressources humaines dans le marché du travail des TIC, 2008-2015. http://www.ictc-ctic.ca/uploadedFiles/What-We-Do/Research/Forecast/Outlook_2008/Report_Items/ICTC_

Outlook_2008-2015_f(1).pdf.

7 Service Canada (2010), Analystes et consultants en informatique, shtml

8 UK Sector Skills Council Ltd (2011). Technology Insights 2011. https://www.e-skills.com/Documents/Research/Tech-Insights-2011/

9 Mantica, D. (2010), 2010 ASPE-SDLC, Ravenflow & IIBA Business Analyst Salary Survey, pp. 2-6, 8-11, 15. http://modernanalyst.com/

10 Hass, K. (2007), The business analyst: The pivotal IT role of the future, p. 12. http://h10076.www1.hp.com/education/protf.pdf.

11 Webb, M. (2011), Get to know your business analysts. http://www.forrester.com/rb/Research/get_to_know_2010_business_analysts/q/

id/58419/t/2.

12 Idem.

13 Hass, K. (2007), The business analyst: The pivotal IT role of the future, Hewlett-Packard Company, pp.3-5, http://h10076.www1.hp.com/

14 Webb, M. (2011), Get to know your business analysts, Forrester, http://www.forrester.com/rb/Research/get_to_know_2010_business_

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10 Références

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Hass, K. (2007), The business analyst: The pivotal IT role of the future, Hewlett-Packard Company. Extrait le 12 janvier 2012 du site http://h10076.www1.hp.com/education/protf.pdf.

Conseil des technologies de l’information et des communications (2008). Perspective sur les ressources humaines dans le marché du travail des TIC, 2008-2015. Conseil des technologies de l’information et des communications. Extrait le 12 janvier 2012 du site http://www.ictc-ctic.ca/uploadedFiles/What-We-Do/

Conseil des technologies de l’information et des communications (2011). Perspective sur les ressources humaines dans le marché du travail des TIC, 2011-2016. Conseil des technologies de l’information et des communications. Extrait le 12 janvier 2012 du site http://www.ictc-ctic.ca/Outlook_2011/index_fr.html.

International Institute of Business Analysis (2009). A Guide to the Business Analysis Body of Knowledge (2.0 ed.). International Institute of Business Analysis. Extrait le 9 janvier 2012 du site http://www.geneva.theiiba.

Mantica, D. (2010), 2010 ASPE-SDLC, Ravenflow & IIBA Business Analyst Salary Survey. ASPE, Ravenflow & IIBA, pp. 2-6, 8-11, 15.Extrait le 12 janvier 2012 du site http://modernanalyst.com/Portals/0/Public%20

Service Canada (2010), Analystes et consultants en informatique. Service Canada. Extrait le 9 janvier 2012 du site http://www.servicecanada.gc.ca/fra/qc/emploi_avenir/statistiques/2171.shtml.

Sulaiman, A. and Hisham, N.H. (2008). Applying Importance-Performance Analysis to Information Systems:

An Exploratory Case Study, Journal of Information, Information Technology, and Organizations 3, p. 95, Extrait le 9 janvier 2012 du site http://jiito.org/articles/JIITOv3p095-103Ainin112.pdf.

UK Sector Skills Council Ltd (2011). Technology Insights 2011. UK Sector Skills Council Ltd. Extrait le 12 janvier 2012 du site https://www.e-skills.com/Documents/Research/Tech-Insights-2011/eskills_2011_ TechInsights_UK.pdf.

Webb, M. (2011), Get to know your business analysts. Forrester. Extrait le 12 janvier 2012 du site http://

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